Archive | décembre 2013

Que le spectacle commence ! mon challenge personnel

Satin et Silver-LukeJe vous rassure tout de suite : je ne suis pas en train de créer un nouveau challenge, non. La preuve : ce logo m’est totalement personnel.

J’ai envie de réunir, sous une même appellation, des livres qui parlent de spectacles (cinéma, théâtre, opéra…). Ainsi, je viens de lire Le quadrille des maudits, en plein dans l’industrie cinématographique naissante, et je m’apprête à lire Le crime de l’albatros, qui parle aussi de cinéma. Mon but est de montrer quel est la place de ces arts à l’intérieur de la littérature, et aussi de rapprocher différents romans.

Peut-être existe-t-il un challenge « officiel » sur le sujet, mais je n’ai nulle envie de le chercher. En 2014, je pense participer de moins en moins à des challenges, mais peut-être que je me trompe et que je retrouverai ma challengite aigue.

Bilan livresque de l’année 2013

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Je dresse rarement des bilans, et si je me tourne vers l’année passée, c’est pour en retenir les souvenirs positifs et l’évolution de mon blog.

Tout d’abord, je suis véritablement revenue à mes amours, à savoir les romans policiers et les polars. J’en ai lu une soixantaine l’an dernier, dont quarante depuis juillet. Je reste également fidèle à cette habitude que j’ai reprise depuis octobre 2012 de lire à la file plusieurs romans d’un auteur que j’aime. C’est ce que j’ai fait avec les romans de Ken Bruen ou ceux de  Gilda Piersanti. Je n’ai garde d’oublier Andrea Camilleri. L’indigestion littéraire ne m’a jamais fait peur.

La littérature jeunesse a également une place importante, et pas seulement à cause de mon métier : les productions actuelles sont bien différentes de ce qui était proposé dans ma jeunesse. J’ai découvert cet année deux auteurs anglais fabuleux

Ils ne sont pas les seuls que j’ai appréciés, et la lettre K semble le point commun de mes chouchous de l’année :

Madame Pamplemousse et la confiserie enchantée de Rupert Kingfisher.

43, rue du vieux cimetière de Kate et Sarah Klise

17 Lunes de Kami Garcia et Margareth Strohl

Seule exception  :Montmorency d’Eleanor Updale.

La littérature anglo-saxonne est toujours aussi présente, avec près de 80 livres lus et chroniqués depuis le début de l’année. Et ce n’est pas fini : je ne vois pas l’intérêt de me priver de la littérature qui me plaît !

Je voudrai également citer deux premiers romans, dont les auteurs sont à suivre à mes yeux :

Corpus Equi de Diane Ducret.

Bérénice 34-44 d’Isabelle Stibbe

Ce qui m’attriste, en revanche, est le déclin de la littérature nordique sur mon blog. J’ai lu un roman policier danois, un autre finnois (oubliable)  un roman épistolaire islandais, un roman de littérature jeunesse norvégien, et c’est tout. Et quand je relis mon bilan de l’année 2012, c’est vraiment étonnant : mes cours de cœur étaient alors islandais.

Autre déclin : les mangas (ils étaient très nombreux lors du bilan 2012). J’en lis de moins en moins, et ne les chronique pas toujours.

Par contre, j’ai lu quelques bandes dessinées, j’ai découvert ainsi de belles séries comme Les quatre de Baker Street. Et je ne compte plus combien de livres je lis par mois.

Je vous laisse sur ces quelques mots, et vous souhaite de bonnes fêtes de fin d’année.

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1q84 d’Haruki Murakami, livre 1 : avril-juin de Murakami.

Murakami

Présentation de l’éditeur :

C’est l’histoire de deux mondes, celui réel de 1984 et un monde parallèle tout aussi vivant, celui de 1Q84. Deux mondes imbriqués dans lesquels évoluent, en alternance, Aomamé et Tengo, 29 ans tous deux, qui ont fréquenté la même école lorsqu’ils avaient dix ans. A l’époque, les autres enfants se moquaient d’Aomamé à cause de son prénom, « Haricot de soja », et de l’appartenance de ses parents à la nouvelle religion des Témoins. Un jour, Tengo l’a défendue et Aomamé lui a serré la main. Un pacte secret conclu entre deux enfants, le signe d’un amour pur dont ils auront toujours la nostalgie.
En 1984, chacun mène sa vie, ses amours, ses activités.

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Circonstance de lecture :

Ce roman est dans ma PAL quasiment depuis sa parution. Je l’ai lu cette semaine, entre deux soins à mes chats malades.

Mon avis :

Ai-je aimé ou non ce livre ? Pas suffisamment pour avoir envie d’enchaîner avec le tome 2.

Ce livre est déroutant,il nous plonge dans un univers riche et distordu par rapport au nôtre. Nous sommes en 1984, comme dans le roman de Georges Orwell, référence assumée, mais le monde est différent de ce qu’avait imaginé Orwell, comme le monde imaginé est différent de celui que les lecteurs de 2013 ont connu.

Pour moi, ce livre devrait être lu après Underground , en dépit de l’ordre de traduction en France : Underground a précédé l’écriture de 1Q84, et je suis persuadée que les témoignages recueillis par Murakami sur la secte Aum a influencé le choix de son sujet  : il est aussi question d’une secte, repliée sur elle-même, qui n’admet en son sein que des personnes cultivées, déçues par le monde dans lesquelles elles vivent. L’un des personnages est aussi lié à une mouvance religieuse dissidente : Aomamé a eu le courage de fuir les Témoins de Jéhovah, leurs croyances et de quitter ses parents alors qu’elle était toute jeune. Rares sont ceux qui ont autant d’audaces si jeunes… Ceci explique peut-être la construction (solitaire) d’Aonamé, et son métier si particulier, non de tueuse à gages, mais de vengeresse non masquée pour les femmes qui ont eu à subir la brutalité des hommes. Comme si la société japonaise n’offrait aucune réponse légale, judiciaire aux violences faites aux femmes – et que celles-ci n’avaient d’autres échappatoires que la mort ou la violence. Constat sombre ? Oui, indubitablement.

De l’autre côté (dans l’autre monde ?), nous avons Tengo, enseignant, célibataire, une maîtresse qui le satisfait pleinement, un roman en cours d’écriture. En apparence, il est un jeune homme équilibré. En apparence seulement, car lui aussi a subi une enfance dysfonctionnelle, très éloignée de celles de ses camarades de classe. Il devient de plus un écrivain à part puisque sa propre oeuvre est laissée de côté, au profit de la réécriture du première roman d’une toute jeune fille, rescapée (comme Aonamé) d’une secte.

L’écriture et la lecture sont, me semble-t-il un autre thème phare de cette oeuvre, pas seulement à cause d’Orwell, mais aussi à cause de Tchekhov, et de son voyage à l’île de Sakhaline, et des connaissances littéraires de Fikaeri, presque anachronique : elle a appris ces dits en les écoutant, non en les lisant. Paradoxe d’une œuvre écrite qui fait appel à l’ouïe : l’oeuvre débute par une évocation de la Sinfonietta de Janacek, fil rouge musical de ce premier tome.

Ce que je crains pour la suite de la trilogie ? Non le style de Murakami, tout en fluidité, mais des digressions pas toujours intéressantes : les nombreuses aventures sexuelles d’Aonamé, par exemple, ne m’ont pas réellement intéressées. Et telle que je me connais, il faudra au moins un an avant que j’ouvre le tome 2.

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2013 en révision

Les lutins statisticiens de WordPress.com ont préparé le rapport annuel 2013 de ce blog.

En voici un extrait :

Le Concert Hall de l’Opéra de Sydney peut contenir 2.700 personnes. Ce blog a été vu 23  000 fois en 2013. S’il était un concert à l’Opéra de Sydney, il faudrait environ 9 spectacles pour accueillir tout le monde.

Cliquez ici pour voir le rapport complet.

17 Lunes de Garcia et Strohl

Présentation de l’éditeur :

Ethan n’aurait jamais imaginé que Lena pouvait le fuir ou lui cacher des choses. Qu’un jour arriverait où ils ne se comprendraient plus. Son statut de Mortel lui interdisait l’accès au monde des Enchanteurs, mais était-ce une raison pour rompre tout lien ? Après le désastre du seizième anniversaire de Lena, il avait pensé que l’aimer et la soutenir suffiraient. Et que leur amour, indestructible hier, était à présent voué à l’échec.

chall32Mon avis :

J’aime cette saga, je passe de très bons moments à la lire, à la chroniquer (pas forcément dans l’ordre de lecture) et il n’y a aucune raison pour me priver de ce plaisir.

L’une des forces de cette série n’est pas dans son héroïne, dans ses doutes et ses tergiversations, mais dans son héros, Ethan. Il est un mortel, et alors ? ai-je envie de dire. Au moins, il n’est pas un benêt, et met toute son énergie à aider son amie et à résoudre leurs problèmes. De là à dire que c’est efficace, il y a un pas que je ne franchirai pas.

Il est pourtant à même de comprendre ce qu’elle ressent : lui aussi a perdu un être cher, un an plus tôt. Il doit de plus faire face à l’absence de son père, parti en maison de repos pour soigner son propre mal-être, lui qui ne peut se remettre de la mort de sa femme.

Il est cependant un problème de taille qu’Ethan ne peut résoudre, même avec tous ses efforts, même avec ses proches, Amma, Link ou Marian : Lena s’écarte de lui, se rapproche dangereusement des Ténèbres, et ne semble même pas se rendre compte de la gravité de ses choix. Pour l’aider, Ethan doit redoubler d’énergie, comme s’il était le seul à croire encore à un avenir possible pour eux deux et pour Gatlin.

Gatlin. Belle ville du Sud, toujours imprégnée de son passé, avec son lycée dans lequel Ethan n’a guère envie de se rendre, sauf pour aider Léna, son cimetière divisé en deux sections (selon la richesse de ceux qui y reposent), ses concours de tartes et de conserves, sans oublier sa bibliothèque. Les auteurs font bien sentir tout à quel point cette ville est centrée sur elle même, non pas jalouse de son passé, mais toujours apte à en préserver sa vision des choses, même si elle est infiniment étriquée.
J’ai beaucoup aimé le personnage de Link, jeune adulte apaisant son chagrin d’amour en composant des chansons, ami fidèle toujours prêt à en découdre, quel qu’en soient les conséquences pour lui. Et c’est loin d’être facile, surtout quand le lecteur découvre que les dés étaient pipés dès le départ pour Ethan. Comment être efficace quand des informations capitales vous manquent ?

Léna ne sera pas la seule à devoir choisir son camp, bien des révélations attendent les lecteurs de ce second tome de la saga, des revirements inattendues, des découvertes stupéfiantes. A lire donc, pour tous ceux qui ont aimé 16 Lunes, et pour ceux qui n’ont pas du tout aimé l’adaptation filmique de la saga.  moisamericainchallenge-cartable-et-tableau-noir-saison-21

Notes de Hiroshima

tous les livres sur Babelio.com


Présentation de l’éditeur :

En août 1963, Kenzaburô Oé, alors brillant écrivain de vingt-huit ans, part à Hiroshima faire un reportage sur la neuvième Conférence mondiale contre les armes nucléaires. Indifférent à la politique politicienne, il est immédiatement sensible aux témoignages des oubliés du 6 août 1945, écartelés entre le « devoir de mémoire » et le « droit de se taire » : vieillards condamnés à la solitude, femmes défigurées, responsables de la presse locale et, surtout, médecins luttant contre le syndrome des atomisés, dont la rencontre allait bouleverser son oeuvre et sa vie. Dans leur héroïsme quotidien, leur refus de succomber à la tentation du suicide, Oé voit l’image même de la dignité. Quel sens donner à une vie détruite ? Qu’avons-nous retenu de la catastrophe nucléaire ?

Mon avis :

Je n’ai que peu de choses à dire sur ce livre. Il est superbe et bouleversant.

Kenzaburô Oé a reçu le prix Nobel de littérature en 1994. Cette récompense a-t-elle permis de faire découvrir au plus grand nombre son oeuvre ? Je l’espère. Comme Underground d’ Haruki Murakami, il devrait être lu par tous ceux qui ont la prétention d’écrire un livre en recueillant des témoignages. Parce qu’il est nécessaire, pour cela, de laisser la parole aux autres, de ne pas juger, ceux qui choisissent de se taire, ceux qui parlent, crient leur révolte. Au contraire, il est nécessaire de s’interroger toujours, de montrer ce que certains auraient voulu tenir secret. Les survivants d’Hiroshima, les secouristes, les médecins firent face. Du mieux qu’ils purent. Avec ce qu’ils avaient. Vingt ans après, les conséquences de ce jour-là font toujours partie de leur vie.

Oé reste-t-il impartial ? Non, et l’existence de cette série d’article le prouve. Il salue le courage de tous, du jeune homme qui affronte la leucémie qui le gagne, vingt ans après les bombardements à ces jeunes femmes défigurées qui exposent leur visage au grand jour – ne plus se cacher. Il parle des médecins, souvent impuissants face aux conséquences du bombardement, de la difficulté à se faire soigner pour les malades, de refaire sa vie en dehors d’Hiroshima – comme si tous étaient condamnés à rester sur les lieux de leur supplice. Il n’est pas impartial, mais il se garde bien de digression sur tout ce qui n’aurait pas trait à Hiroshima, au contraire de  certains auteurs français (je ne citerai pas de nom), qui ne peuvent s’empêcher de parler de leurs dernières paires de chaussures ou d’un trajet au taxi.

Notes sur Hiroshima est un livre nécessaire et très beau.

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Le rossignol de Stepney – Etien, Legrand et Djian.

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Présentation de l’éditeur (extrait) :

Hiver 1891. Londres est sous la neige et nos héros sont dans la panade. Chargés par leur célèbre mentor de garder un oeil sur un jeune lord amoureux d’une jolie chanteuse de cabaret, nos apprentis détectives se retrouvent bientôt aux prises avec la pègre de l’East End…

Mon avis :

Je termine par cette lecture mon incursion cette année dans le monde des Quatre de Baker Street. Il me reste à lire le hors-série, qui raconte notamment comment ils se sont rencontrés, et à attendre la parution du tome 5.

Après la pluie, omniprésente dans le tome 2, c’est la neige que doivent affronter les quatre – et ce n’est pas le moindre de leur souci. Sherlock Holmes, lui, est ravi car il a trouvé un adversaire à sa taille, le Napoléon du crime, j’ai nommé le bien connu professeur Moriarty. Tout à son enthousiasme, il confie une mission aux Quatre car il n’a pas le temps, mais alors vraiment pas, de s’occuper d’affaires banales, c’est à dire de surveiller un jeune lord qui s’encanaille dans l’East End alors que ce cher Watson, lui, s’encroûte littéralement dans les joies de la vie conjugale. Sherlock Holmes apparaît peu au début de cette aventure, mais les vignettes qui lui sont consacrées sont vraiment lyriques.

Mission facile ? Les Quatre se réjouissent mais ils vont très vite déchanter. Dans l’East End règne la pègre, et la police n’est pas très regardante, du moment qu’elle touche sa part dans le rackett organisé qui sévit en ces lieux. Et si la beauté du Rossignol n’a d’égal que la pureté de sa voix, elle laisse insensible le trop fameux Bloody Percy.

Il a beau emprunté son prénom à un célèbre chevalier, le Mal est la seule chose qui l’intéresse. Il a également une vanité démesurée, comme surplus de qualités.  Grâce à ces talents de destructeur, il offre de très belles scènes d’incendie, de carnage, et donne ainsi l’occasion aux Quatre de prouver leur astuce et leur courage – essayer de sauver quelqu’un, c’est bien, y parvenir, c’est mieux.

Mais leurs problèmes, et surtout ceux de Lord Neville, le jeune homme qu’il devait surveillers, ne sont pas résolus pour autant. Plus implacables que les voyous de l’East End sont les aristocrates des beaux quartiers – ils ont la loi, l’argent et le pouvoir de leur côté. Rien ne doit venir ternir leur image. Aucun scandale ne doit venir entacher leur nom. Les Quatre, et surtout Charlie, devront utiliser tous leurs atouts pour mener à bien la mission qu’ils se sont fixés – et dire que Sherlock Holmes est injoignable.

Le rossignol de Stepney est une implacable réussite, qui nous montre les facettes les plus brillantes et les plus obscures du Londres victorien.

 

 

 

 

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