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Le bon fils de Steve Weddle

Présentation de l’éditeur :

À vingt-six ans, Roy Allison retrouve la liberté après dix années passées en prison. De retour chez lui, il a la ferme intention de redevenir un type bien. Pas question de replonger. Mais dans cette région à la frontière de l’Arkansas et de la Louisiane, la crise économique a fait des ravages, la guerre a brisé des familles, et le monde qu’il retrouve part à la dérive. Et personne n’a oublié les raisons pour lesquelles Roy s’était retrouvé derrière les barreaux ni ne lui a pardonné ses erreurs. Alors, à quoi sert de se comporter en bon fils dans ce pays en ruine où seul le crime vous donne encore l’impression d’être en vie ?

Mon avis :

Allô ? Oui ? Bonjour ! Je suis perdue. Où ça ? Au beau milieu de l’Arkansas ! Non, je ne sais pas où précisément, sinon, vous croyez franchement que je vous appellerai !

Tout avait pourtant presque bien commencé. Le premier texte m’avait plu. Puis, je suis passée au second, et là, patatras ! j’ai nettement moins compris. Bien au contraire, j’en suis venue à me demander si j’étais face à un recueil de nouvelles, ou à un roman. Je n’ai pas vraiment tranché. Je dirai simplement que nous avons une unité de lieu, de temps et que chaque chapitre (nommons-les ainsi) nous entraîne dans une autre partie de l’histoire, avec des personnages différents. Roy Allison semble être le personnage fil conducteur de ce récit. Pourtant, nous sommes souvent entraînés sur d’autres chemins, dont le point commun est la violence. Cambriolage, braquage, enlèvement aussi, meurtres… La violence est omniprésente, pour ne pas dire affreusement banalisée, comme si agresser l’autre était le seul moyen de survivre, sans avoir l’impression de faire le mal. Le shériff ? Il fait ce qu’il peut, et c’est vraiment tout ce qu’il parvient à faire. L’espoir ? Où ça ? Nulle part. La violence a toujours été là, dix ans plus tôt, vingt ans plus tôt, deux générations plus tôt. Rien ne semble pouvoir y mettre fin.
Alors non seulement c’est ici un roman dans lequel je me suis perdue, mais aussi un roman dans lequel tous les protagonistes semblent perdus. Constat amer ? Oui.

Un été mortel: Darling Investigations, T1 de Denise Grover Swank

Présentation de l’éditeur :

Il y a dix ans, Summer Butler était la détective adolescente la plus populaire de la télévision. Depuis lors (comme les sites de potins adorent le rappeler) elle est tombée bien bas. Quasiment ruinée, trahie, brouillée avec sa mère et blacklistée par les employeurs, elle n’a d’autre choix que d’accepter l’offre-d’emploi-des-stars-has-been : faire de la télé-réalité. Incarnant une (fausse) détective, elle va devoir résoudre des mystères dans sa ville natale de Sweet Briar, en Alabama. Et pour couronner le tout, elle va devoir cotoyer le chef de police, Luke Montgomery, son premier (et seul) grand amour. Quand Summer tombe sur un vrai cadavre, l’émission Darling Investigations prend une tournure inattendue.

Mon avis :

Roman policier, romance, roman de la deuxième chance, Un été mortel est un peu tout cela. Summer se confond dans l’imaginaire du public avec le personnage de détective ado qu’elle a incarné, au point qu’elle n’a pas rebondi après la fin de la série. Tous ou presque l’ont laissé tomber, dont sa mère, pour laquelle elle était avant tout un moyen, non un enfant à choyer et à protéger. Summer cache en outre d’autres secrets, comme le fait qu’elle a aidé son grand-père, aujourd’hui décédé, à renflouer la ferme familiale, en Alabama. Las ! Sa grand-mère lui a claqué la porte au nez, à la suite de complexes affaires familiales, et de caractère assez épouvantable aussi.

Seulement, l’argent vient sérieusement à manquer, on ne propose plus rien à Summer, aussi est-elle presque obligée d’accepter une proposition de télé-réalité, qui la renvoie au fin fond de l’Alabama, où elle ne pensait jamais retourner. C’est là que vit sa grand-mère. C’est là que sa propre mère organise des concours de beauté, profitant de l’argent qu’elle a détourné. C’est là aussi que vivent, dans la ferme familiale avec leur grand-mère, ses cousins Teddy et Dixie, qui a été accusée d’avoir causé, lors d’un incendie criminelle, la mort de ses parents et de son grand-père. C’est là aussi que son premier et seul amour Luke Montgomery est devenu policier. Autant dire que Summer ne souhaitait pas ce retour, dans une émission de télé-réalité où elle devra incarner une détective privée authentique ou presque.

Non, parce que l’autrice démonte bien les mécanismes de la télé-réalité. Filmons quatre fois la scène, gardons la meilleure. Cherchons des détails croustillants, n’hésitons pas à provoquer des situations croustillantes, faisons appel à des paparazzis, voir à des fans un peu zinzins, tout, pourvu que l’on parle de nous et que l’on fasse de l’audience. Tant pis si, à Sweet Briar, certains savent déjà tout des adultères, ou des amours compliqués du chien du coin. En revanche, l’affaire principale, celle de la disparition d’Otto, s’avère beaucoup plus complexe que prévue, avec des ramifications que Lauren, la réalisatrice de télé-réalité, n’avait pas vu venir – ce qui ne l’empêche pas de s’en réjouir. Oui, Otto n’est pas que le poivrot du coin, entouré d’amis qui aiment autant la bouteille que lui – vision simple d’un homme que personne ne détestait, que quelques-uns appréciait même, dans sa volonté de survivre à ce qui lui était arrivé. Un personnage, finalement, que l’on verra peu, qui sera caractérisé de manière indirecte, mais qui est attachant.

En revanche, j’ai trouvé la romance entre Summer et Luke assez classique, finalement, avec une bonne dose d’incompréhension, de non-dits, de « j’étais jeune, j’étais trop bête aussi ». Le point positif est que Summer joue toujours franc jeu avec Luke – et tant pis si on lui dit de ne surtout pas tout dire à Luke, elle veut avant tout que justice soit faite.

Il existe un tome 2… J’espère qu’il sera traduit à son tour.

 

Des gens comme nous de Leah Hager Cohen

Présentation de l’éditeur :

Walter et Bennie Blumenthal s’apprêtent à célébrer le mariage de leur fille et de sa petite amie. L’heure devrait être à la fête, mais Walter et Bennie ont pris une décision qui pourrait bouleverser leur vie. Pour l’instant, il s’agit d’accueillir les premiers invités.
Cinq jours durant, des liens se (re)noueront, des actes antisémites seront commis, des policiers s’inviteront à la noce, une alliance disparaîtra et des secrets – certains dissimulés depuis des décennies – seront percés à jour.

Merci à Babelio et aux éditions Actes Sud pour ce partenariat.

Mon avis :

Une fois le livre refermé, je ne parviens pas à dire si j’ai aimé ou non ce livre. En fait, si je creuse un peu, je crois que je ne l’ai pas vraiment aimé. Il fut agréable à lire, cependant je n’ai pas accroché à cette histoire, et quand je n’apprécie pas totalement, je me lance toujours dans de grandes explications.
Tout d’abord, l’action se passe pendant cinq jours, mais le lecteur se trouve très souvent embarqué, emmené bien plus loin dans le passé que ces cinq jours. A vrai dire, il se retrouve dans le passé de chacun des personnages, et si cela permet d’en savoir beaucoup sur les différents protagonistes, ce procédé littéraire n’est pas vraiment mon préféré. De même, l’on en apprendra aussi sur le devenir de certains – notamment le mariage de Clem et Diggs, l’avenir professionnel de Tom. Pour faire court, le présent du roman s’enrichit avec les retours en arrière et les anticipations.
En effet, nous sommes à Rundle Junction, dans l’état de New York, et la maison des Blummenthal a vu grandir cinq générations, avant que Walter et Bennie ne songent à vendre. C’est un des secrets qu’il ne faudra pas révéler avant la cérémonie. Cinq générations, plus d’un siècle, des événements douloureux aussi qui sont tellement ancrés dans la mémoire collective que les Blummenthal ne s’interrogent pas sur eux. Ainsi, dix-huit enfants de la commune sont morts en 1927, lors d’un immense incendie : tante Glad, l’arrière-grande-tante nonagénaire de Clem, a porté toute sa vie les cicatrices – physiques et morales. Fait-on vraiment attention aux personnes à côté de qui l’on vit ? Ou, plus largement, parvient-on à vivre avec autrui et non à côté ?
Walter, et surtout Bennie tentent de maintenir la cohésion au cours de ces cinq journées, autour des membres de la tribu qui sont tous venus. Je pense à Lloyd, en particulier, le petit frère, dont les choix de vie, les errances, n’ont pas véritablement convenus à ses soeurs – ou comment s’échapper de la vie que l’on avait souhaité pour vous.
Oui, ce livre suscite aussi beaucoup de questionnement – qu’est-ce qu’appartenir à une communauté ? Que reste-t-il de l’existence d’un homme ? Alors même si je n’ai pas apprécié ce livre, même si je me suis peu attachée aux personnages, à l’exception de Lloyd, Tom et tante Glad, il n’en reste pas moins un grand livre.

Un petit quelque chose en plus de Sandy Hall

Présentation de l’éditeur :

Tout le monde sait que le courant passe entre Lea, une timide maladive, et Gabe, un garçon mystérieux. Quatorze personnes racontent l’histoire, comme le chauffeur du bus, la serveuse du restaurant où Gabe et Lea mangent, même un écureuil dans le parc.

Mon avis :

Ce livre, d’après Livraddict, existe avec deux couvertures, une bleue, une rose, cela « tombe » bien, entre deux lectures très noires : j’ai la rose. J’avais gagné ce livre lors d’un concours organisé par Mutinelle.

Un petit quelque chose en plus est un roman heureux, mais pas un roman niais, ce qui est assez rare, finalement. Il est aussi un roman choral, avec une pincée de fantastique aussi. Tous savent mieux que Léa et Gabe qu’ils sont amoureux, mais ils sont aussi trop timides, trop pudiques, trop maladroit aussi pour se le dire. Pourquoi fantastique ? Ah oui : même le banc et l’écureuil ont la parole, l’un, qui se plaint du manque d’attention de ceux qui s’assoient sur lui, l’autre, parce qu’il apprécie d’avoir des personnes qui lui parlent (si, si : encore un point commun entre Gabe et Léa).

Ce sont des jeunes gens normaux, ils suivent des études qui leur conviennent plus ou moins, sans sécher les cours. Ils ont des amies, des personnes qu’ils apprécient moins – la vie, enfin. Une vie, et des accidents de la vie dont ils n’ont pas forcément envie de parler – parce que cela ne les définit pas nécessairement. Accepter ce que l’on est devenu, accepter ce que l’on a perdu n’est pas toujours facile.

J’ai l’air sombre en parlant ainsi. Il faut se rendre compte que, si le roman est rempli de personnes bienveillantes, ou de personnes légèrement agacées par ces deux amoureux inconscients d’être amoureux l’un de l’autre, ce sont surtout des personnes qui n’ont pas souvent l’occasion de voir des personnes heureuses ou même d’avoir le temps de regarder autour de soir : les cadences de travail sont soutenues, pour ceux qui sont obligés d’accomplir des métiers peu gratifiants.

Oui, Gabe et Léa prennent leur temps, ce qui ne les empêchent pas de s’amuser, ce qui, dans ce roman, ne signifie pas se jeter dans les bras du premier venu et/ou d’enchaîner les conquêtes : chercher à tout prix à être deux n’est pas une fin en soi. Puis, Léa comme Gabe peut compter sur ses amis, surtout Danny, meilleur ami et gay. J’ai failli dire « l’inévitable meilleur ami gay », comme on le voit très souvent dans les comédies américaines. Oui, mais la professeure d’écriture créative est mariée à une femme, et personne ne s’en soucie. Ouf. Je regrette d’ailleurs, qu’en fac de lettres il n’existe pas (à ma connaissance du moins) des cours d’écriture créative. Décortiquer les textes des autres, c’est bien. Ecrire les siens, c’est tout de même mieux.

L’Amérique n’est pas la France, et en France, on oublie trop souvent à quel point les études peuvent coûter cher de ce côté de l’Atlantique. On oublie aussi que la sécurité sociale n’existe pas, et que les assurances ne font pas tout : l’accident de Gabe a contraint ses parents à prendre une seconde hypothèque sur leur maison.

Un petit quelque chose en plus – un roman heureux mais pas tout rose.

Allegheny River de Matthew Neill Null

Présentation de l’éditeur :

Avec Le Miel du lion, un roman salué par la critique, Matthew Neill Null avait apporté la preuve de son incroyable talent pour saisir le monde sauvage et interroger notre rapport à l’environnement.
Dans Allegheny River, animaux et humains cohabitent au fil du temps, dans un équilibre précaire, au sein d’une nature ravagée par la main de l’homme. Tour à tour épique et intimiste, c’est un univers de violence et de majesté qui prend vie sous la plume lyrique de ce jeune écrivain.

Mon avis :

Tout d’abord, je tiens à remercier les éditions Albin Michel pour leur confiance.

Allegheny River est un recueil de nouvelles, et ce premier constat est presque réducteur. En effet, chacun de ses neuf textes crée véritablement un univers complet, riche, parfaitement construit et autonome. Ces neuf nouvelles sont autant de morceaux d’une mosaïque qui nous parle de la Virginie Occidentale, cet état qui a fait sécession avec la Virginie pendant une certaine guerre, et des rapports entre la nature et l’homme.

Elle reprend souvent ses droits, la nature, il ne faudrait pas l’oublier, y compris quand l’homme est presque sûr de l’avoir canalisée. Cela pourrait être presque drôle – presque – quand, dans Ressources naturelles, l’on découvre comment la population d’ours est géré, et comment certains oublient que l’ours est avant tout… et bien un animal sauvage. Presque bien sûr, parce qu’il s’agit avant tout de montrer que l’homme est incapable de protéger ces espèces menacées. Il y a des règles, il y a des lois, il y a aussi des sanctions prévues pour ceux qui s’en prendraient à des espèces protégées. Mais les hommes, dans ce monde rural, quasiment loin de tout, ont toujours vécu ainsi, et essayeront de vivre ainsi – tant pis pour les sanctions. L’auteur ne juge pas ces personnages, d’ailleurs, j’ai même l’impression qu’il éprouve de la tendresse pour ceux qui, comme beaucoup, essaient avant tout de survivre.

La nature, et surtout l’Allegheny, cette rivière qui rythme la vie, qui fait montre de sa force comme dans « La saison de la Gauley ». Dans cette nouvelle, ce sont les sportifs qui l’exploitent, s’offrant, en la descendant, quelques minutes de grands frissons qui peuvent tourner au drame et changer le cours de toute une vie. Dans « L’île au milieu de la grande rivière », elle isole ceux qui ont été mis à l’écart de la société, par risque de contagion, sans penser à ce que ces personnes, définitivement bannies, même en vie, du monde des vivants, pourraient ressentir. Cette nouvelle, d’ailleurs, n’épouse pas leur point de vue, mais celle d’un jeune garçon curieux, qui brave les interdits sans songer aux risques Dans « La lente bascule du temps », nous voyons des hommes au travail, au rythme des troncs d’arbre que la rivière charrie, avec Sarsen et Henry. Peut-être la nouvelle que j’ai préféré dans ce recueil, par l’émotion qu’elle dégage.

En terminant cet avis, que j’ai mis beaucoup trop de temps à rédiger, je m’aperçois que j’ai peu évoqué la somptuosité des descriptions, leur puissance évocatrice, que le récit se passe dans le présent ou dans le passé. Alors, après Allegheny River, il est évident que je vais me plonger très vite dans Le miel du lion, son premier roman.

Au prix fort de Robert Dugoni

La reine du bal de Mary Higgings Clark et Alafair Burke

Présentation de l’éditeur :

Ce soir-là, elle était la reine du bal… pour la dernière fois : la riche et mondaine Virginia Wakeling a été tuée lors du gala du Metropolitan Museum dont elle était l’une des plus généreuses donatrices, vraisemblablement précipitée du toit. Par qui ? L’affaire n’a jamais été élucidée. Trois ans plus tard, Laurie Moran, l’enquêtrice phare de l’émission Suspicion, s’empare du cold case. Elle découvre vite que Virginia était une femme très courtisée : un petit ami nettement plus jeune qu’elle, désigné à l’époque comme le principal suspect, mais également nombreuses de personnalités en vue – collectionneurs, promoteurs immobiliers, entrepreneurs… – avaient noué avec elle d’étroites relations. Tous étaient présents lors de la célèbre soirée caritative. Mais qui aurait eu intérêt à se débarrasser de Virginia ?

Mon avis : 

Lire un roman de Mary Higgins Clark, c’est retrouver une recette testée et approuvée par de nombreux lecteurs, par de nombreux fans qui sont aujourd’hui en deuil de la reine du crime. C’est assez reposant aussi. Nous sommes dans un milieu riche, très riche, sans trop de problèmes. Certes, le mari de Laurie Moran a été assassiné. Cependant, elle n’a jamais eu de soucis financiers, de soucis de santé, elle a toujours trouvé quelqu’un pour prendre soin de son fils. Elle a un très bon travail et même si quelques rivalités apparaissent dans ce tome, elle n’est pas réellement à plaindre.

Non plus que Virginia, riche et mondaine victime. Elle est le prototype même du personnage de téléfilm américain vu l’après-midi sur la 6. Elle était riche, mais elle attendait que ses enfants fassent leurs preuves par eux-mêmes, qu’ils en « bavent » comme son mari en avait bavé en son temps. Elle est déçue par son fils, qui devait reprendre la firme familial, mais qui n’est pas trop intéressé. Déçue aussi parce qu’il est divorcé, n’a pas d’enfants, et n’a pas l’intention de se remarier. Elle et son mari ont élevé leurs deux enfants en faisant des « différences », et leur fille veut surtout faire le contraire : que sa fille ne se sente pas inférieure parce qu’elle est une fille. Quant à Virginia cette veuve, mère et grand-mère parfaite, elle était en train de ruer dans les brancards puisqu’elle s’était mise en couple avec un homme de vingt-et-un ans son cadet, coach sportif de son état. Est-ce la cause de sa mort ? En tout cas, c’est ce qui l’a fait accuser de son assassinat – accuser, oui, mais libre, les preuves contre lui étant beaucoup trop faibles.

Laurie accepte d’en faire le nouveau numéro de suspicion. Elle doit faire avec un nouveau présentateur, qui ne lui convient guère, et une vie privée qui n’avance pas vraiment – le bel Alex est en pleine ascension professionnelle et en a un peu assez de la situation qu’elle lui a imposée. Je ne me sens pourtant pas très inquiète pour elle, quelles que soient les péripéties du récit – oui, il y a des péripéties, c’est la moindre des choses, malgré tout. Seulement… j’ai eu l’impression que le coupable arrivait un peu comme un cheveu sur la soupe. Non, il n’arrive pas au moment du dénouement, je vous rassure, mais, comme dans d’autres romans de l’auteur, il faisait partie de l’équipe « ah, zut, personne ne l’a soupçonné jusque là, c’est vraiment bizarre qu’il soit justement le coupable, non ? « . En fait, la police n’a pas soupçonné grand monde, n’a suivi qu’une piste, celle qui était gentiment montrée par les riches héritiers. Bizarre, non ?

Autre point qui revient fréquemment dans les romans de Mary Higgins Clark et Alafair Burke (j’ai un peu tendance à l’oublier) : la recherche de ceux qui ont participé, de près ou de loin, à cette affaire. Quand elle a eu lieu vingt ans plus tôt, je comprends que cela puisse être compliqué de retrouver les protagonistes. mais trois ans… Il est difficile de croire que des personnes aient totalement disparu, ou que l’on ait du mal à les retrouver, que d’autres aient tant à cacher qu’elles aient préféré se taire plutôt que de faire toute la lumière sur un meurtre. A croire que Virginia est tombée toute seule.

Une lecture pas désagréable, assez reposante aussi, en hommage à la reine du crime.