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Soleil rouge de Mathew McBride

Présentation de l’éditeur : 

Dans le comté de Gasconade, la méthamphétamine dicte sa loi. Les paumés, les ouvriers, les banquiers y sont accros. On la fabrique dans les garages, les remises ou les chambres d’enfants. Même les flics se laissent parfois tenter. Et lorsque le shérif adjoint Dale Banks découvre 52 000 $ cachés dans le mobile home d’un trafiquant de drogue, il ne résiste pas et s’empare de l’argent. Banks a beau avoir agi pour de bonnes raisons, il devra tout faire pour se sortir de ce mauvais pas, car le dealer et ses associés, parmi lesquels un révérend illuminé et violent, ne sont pas du genre à partager.

Mon avis :

Bonjour à tous !
Je suis votre guide pour découvrir les beautés cachées du Missouri.
Surtout, mettez-vous en file indienne, et suivez bien mes pas, on peut faire des rencontres parfois bizarres. Et je ne vous parle même pas des aléas climatiques. On ne vous prévient absolument pas que la météo risque d’être pourrie, que les rivières peuvent déborder et que les balles sont susceptibles de tomber à verse. Non, pas très fréquemment – enfin, en temps normal.
Suivez-moi, nous allons découvrir l’industrie locale. Non, pas les usines, enfin, pas vraiment. Non, je ne vous ferai pas goûter la production, ce serait vraiment à vos risques et périls. Oui, dans ce joli comté du Missouri, vous pouvez trouver partout, mais alors vraiment partout, des labos dans lesquels l’on fabrique de la meth. Bienvenue dans le Missouri.
Oui, l’ensemble est presque classique. Nous avons de bons gars, comme le shérif adjoint Dale Banks, marié, deux enfants, un couple harmonieux, soudé. Ou Olen qui, comme il le dit lui-même, lui qui a perdu tous ceux qu’il aimait : « C’était l’amour d’un bon chien et la haine d’un mauvais coq qui le maintenait en vie. » Or Banks tombe sur une somme d’argent qu’il n’aurait jamais dû découvrir et les ennuis sont au rendez-vous, pour lui, et pour les autres policiers, notamment Bo Hastings, le « gamin », qui traîne une lourde casserole familiale (pour ne pas dire la batterie de casserole entière).
Dans ce joli coin du Missouri, vous trouverez des personnes que vous ne voudriez pas avoir comme voisin. A vrai dire, vous ne voudrez même pas devoir les croiser, tant ils sont particuliers. Rien à voir avec Miss Peregrine.
Soleil rouge est un roman noir, bien noir, qui pourrait amener à désespérer du genre humain, comme le dit si bien Banks. Il est cependant des toutes petites lueurs d’espoir, comme la présence de la bien nommée Grace, fille de Banks. Je terminerai par cette citation, à méditer et pas seulement si vous êtes en visite dans le Missouri : A présent âgée de six ans, elle [Grace] était si pleine de vie, avec ses mots et ses remarques. Elle était lente, mais étonnante comme peuvent l’être les enfants handicapés. Elle ne prenait rien et offrait en retour amour et sourires.

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Hillbilly élégie de JD Vance

#MRL17

quatrième de couverture : (Editeur)

Dans ce récit à la fois personnel et politique, J.D. Vance raconte son enfance chaotique dans les Appalaches, cette immense région des États-Unis qui a vu l’industrie du charbon et de la métallurgie péricliter.
Il décrit avec humanité et bienveillance la rude vie de ces « petits Blancs » du Midwest que l’on dit xénophobes et qui ont voté pour Donald Trump. Roman autobiographique, roman d’un transfuge, Hillbilly Élégie nous fait entendre la voix d’une classe désillusionnée et pose des questions essentielles. Comment peut-on ne pas manger à sa faim dans le pays le plus riche du monde ? Comment l’Amérique démocrate, ouvrière et digne est-elle devenue républicaine, pauvre et pleine de rancune ?

Mon avis :

Ce livre m’a profondément émue et bien qu’il ne comporte que 288 pages, c’est à dire moins que ce que je suis capable de lire vite (et bien), j’ai eu du mal à progresser au sein de cette communauté, surtout après avoir lu Un jour dans la mort de l’Amérique de Gary Younge qui, s’il n’évoque pas cette communauté, montre une Amérique que l’on ne veut pas voir.

D’ailleurs, qui est JD Vance ? Quel est son véritable nom, lui qui a été abandonné par son père biologique, au sens propre du terme, puis adopté par le nouveau mari de sa mère, avant que celui-ci ne parte à son tour et ne soit remplacé par un autre homme, puis encore un autre ? Vous direz peut-être que j’attache trop d’importance à un simple détail, pourtant le nom est ce qui nous définit dès la naissance, et ces changements successifs ne sont qu’une des facettes de l’instabilité de la vie du jeune JD.

Hillbilly Elegie pourrait être une autobiographie, mais ce serait trop simple, trop réducteur. JD évolue au sein d’une famille dont les normes sont celles de leur milieu. Reste à définir ce qu’il est et ce n’est pas toujours précis parce que nous ne sommes pas dans un ouvrage de sociologie. Pourtant, certaines parties s’en rapprochent, comme le moment où il analyse les rumeurs, les fausses croyances qui ont donné lieu à de la défiance envers Barack Obama, ce qui semble à peine croyable à nos yeux d’occidentaux (enfin… aux miens).

Nous sommes avant tout face au destin d’une famille – à la fois biographie collective et roman d’apprentissage pour ce futur avocat, à qui personne, dans sa jeunesse, n’avait donné les codes pour accéder à l’université. Lui, comme sa mère avant lui, a grandi dans un climat de violence continuelle, pas tant de violence physique (encore que….) que de violence verbale – ou l’impossibilité de communiquer sereinement. Tout comme la sérénité, la confiance en soi, en l’autre, semblent difficile, voire impossible à construire quand l’on grandit dans un tel climat.

Hommage aussi, et malgré tout, à la figure de ses grands-parents, qui n’étaient plus ceux qu’ils étaient quand leurs propres enfants étaient jeunes. Ils ont été l’élément stable dans la vie de leur petit-fils, ce sont eux qui lui ont donné le goût des études, eux auprès de qui il pouvait se réfugier quand cela n’allait pas avec sa mère. Oui, les gens peuvent changer, il ne faut pas l’oublier.

Merci aux éditions Globe et à Priceminister pour l’envoi de ce livre dans le cadre des matches de la rentrée littéraire. 

matches rentree litteraire

Le canyon des ombres de James D Doss

Présentation de l’éditeur : 

D’étranges phénomènes se produisent sur la réserve des Indiens Utes : un vieux berger disparaît, des animaux sont retrouvés atrocement mutilés… Charlie Moon, le policier indien, va commencer son enquête avec l’aide de Scott Parris, le shérif de la ville voisine. Mais le FBI se mêle à l’affaire quand le corps mutilé d’un homme est retrouvé dans un canyon.

Mon avis : 

Pour moi, lire les romans de James D Doss est toujours un plaisir, même s’ils présentent la rude réalité de la vie quotidienne sur la réserve des indiens Utes.
Charlie Moon a de la chance – c’est Scott Parris qui est nommé chef intérimaire, moyen pour lui de s’aérer un peu, moyen pour les deux amis de passer du temps ensemble parce que, il faut bien le dire, il ne se passe pas grand chose. Enfin, au début. Parce qu’après, un taureau est retrouvé tué, mutilé, et cela fera bouger bien des choses : il n’est pas le premier animal à subir ce sort. De là à passer qu’un mutilateur en série est en action, il n’y a qu’un pas. Enquêter ? Oui, parce que le propriétaire du taureau avait fait assurer l’animal, et que l’assureur n’a pas l’intention de payer la prime – sauf si la mort est due à des causes naturelles. Parce que Charlie Moon apprécie énormément la fille de l’éleveur, Bénita, aussi intelligente qu’elle est belle. Et parce que Daisy Perika a fait des rêves prémonitoires et à eu des visions glaçantes.
Je ne vous ai pas encore parlé de l’agent du FBI qui viendra les épauler – ou plutôt leur compliquer la vie. L’agent de liaison habituel étant indisponible, ils vont faire connaissance avec le petit nouveau. Il peut sembler drôle, au début, émule des Dupont et Dupond qui veulent se fondre dans la population locale et semblent à peine déguisés. Il devient ensuite carrément imbuvable, odieux, et l’on a alors qu’une envie : qu’il s’en prenne plein la figure. Ce n’est pas très charitable, il est vrai, mais son jugement sur les indiens est tellement raciste que l’on peut se demander comment c’est encore possible de penser ainsi et de prétendre être un enquêteur digne de ce nom.
A Scott et Charlie de gérer les véritables problèmes, de faire face aux coupables et à leur propre sentiment de culpabilité – qui a dit qu’être policier était facile ?

La marche du mort de Larry McMurtry

Présentation de l’éditeur :

Aux confins d’un Texas encore sauvage, les jeunes Augustus McCrae et Woodrow Call viennent de s’engager pour faire régner un semblant d’ordre dans ce pays en devenir. Sous-équipés, piètrement entraînés et mal dirigés, ils s’apprêtent à traverser une série d’expéditions et d’aventures plus dangeureuses les unes que les autres. Tour à tour poursuivis par des Indiens, l’armée mexicaine ou des ours, ils devront se battre au milieu d’une nature hostile. Heureusement que les femmes sont là pour les laisser rêver à des jours meilleurs.
Ce premier roman de la série Lonesome Dove nous présente la génèse du plus grand des westerns littéraires. Nous y découvrons Gus et Call jeunes, intrépides et encore naïfs dans un savoureux mélange d’aventures, de drame, de romance et de dérision à la mode western.

Merci au forum Partage Lecture et aux éditions Gallmeister pour ce partenariat.

Mon avis : 

Ce livre est le premier de la série Lonesome, non dans l’ordre d’écriture, mais dans l’ordre chronologique. Il permet de découvrir Gus et Call jeunes, bien avant qu’ils deviennent… mais qui, au juste ? Robert Duvall et Tommy Lee Jones, les héros de la série télévisée éponyme ? A vous de lire.
Pour l’instant, ils sont surtout deux amis qui se sont engagés dans les Texas Rangers (oui, je sais, vous pensez vous aussi à une autre série télévisée). Ils sont jeunes, ils sont un peu naïfs mais ils vivront très vite un baptême des flèches au cours de la première partie de ce roman qui en comporte trois. Cette première partie a pour moi un effet miroir, puisque le hasard, la chance, le respect des consignes de sécurité (allez dire cela à des cow boys) sont partie prenante pour rester en vie, ou pour mourir sans être torturé. Oui, la violence est là, et elle n’est pas qu’un mot. Et les conséquences sont bien là, dans les chairs, dans les descriptions particulièrement évocatrices. Le lecteur « sent », « voit » vraiment ce qui s’est passé en des scènes concises et frappantes.
Ils sont beaux, nos cow-boys, ou plutôt, ils forment presque une équipe homogène par son hétérogénéité. Laissez-moi vous présenter le major Chevallie, qui ne pense qu’à retrouver sa femme et se demande bien ce qu’il fait là ou Kirker, chasseur de scalp – ou la face sombre de la conquête de l’Ouest. N’oublions pas les éclaireurs, ou les rangers expérimentés – il est bon d’avoir des hommes qui ont des armes et savent s’en servir. Des hommes et une femme : Matilda, prostituée de son état. Elle n’est pas avec eux par altruisme, non, mais ses interventions sont totalement hors-normes, et ce, tout au long de ce long périple qui sera le leur. Oui, ce voyage nous fera rencontrer peu de femmes, mais elles seront toutes remarquables et remarquées.
La conquête de l’ouest est un épisode inscrit dans notre mémoire collective, même si nous ne sommes pas américain. Nous avons tous vu des westerns présentant de courageux cow boys et de cruels indiens – avant une vague plus réaliste.  Nous sommes ici servis en ce qui concerne le réalisme, par la précision des descriptions. Oui, il fait chaud, oui, la sécheresse est bien présente, l’eau et la nourriture viennent à manquer. Les hommes souffrent, et je ne vous parle même pas des animaux. Tout est danger, tout peut dissimuler un danger. Personne n’est à l’abri, ce qui change des livres trop manichéens dans lesquels les héros s’en sortent sans une égratignure. Personne n’est à l’abri, pas même quand on est dans le « bon » camp.
Et je reviens aux indiens, ou plutôt à un indien, qui cristallise à lui tout seul les peurs : Buffalo Hump. Il pourrait n’être qu’une légende épouvantable, il prend corps dès les premiers chapitres. Il est une figure puissante, symbolique, même si je regrette que « le camp des indiens » reste aussi manichéen.

La marche du mort – ou la preuve que le western a encore de beaux jours devant lui.

Une histoire des loups d’Emily Fridlund

Présentation de l’éditeur :

Une famille emménage de l’autre côté du lac, en face de chez Madeline, une adolescente un peu sauvage. Alors que le père travaille beaucoup, la mère propose à la jeune fille de l’aider à s’occuper de leur petit garçon. Peu à peu, Madeline s’intègre à ce foyer, sans en déceler la part cachée. Premier roman.

Mon avis : 

Soyez prévenu, il n’y a pas de loups dans cette histoire, sauf ceux qui passionnent l’héroïne/narratrice Madeline/Linda.
Ce récit est celui d’une histoire simple vue rétrospectivement. Maddie a 37 ans quand elle nous raconte ce qu’elle a vu 22 ans plus tôt. Elle nous le raconte petit à petit, par bribes, mêlant des morceaux de son présent à ces moments de son passé. Maddie ne semble pas avoir construit sa vie, parce que rien n’a été construit autour d’elle, dans sa jeunesse. Vous voulez savoir ce qui se passe après la dissolution d’une communauté hippie ? Voyez la vie de la jeune Madeline, c’est un peu ça. Elle est scolarisée, elle partage des activités avec ses parents, mais elle ne dialogue pas avec eux, elle ne reçoit pas de marque d’affection, pour tout dire, elle est livrée à elle-même, se demandant même si cet homme et cette femme sont ses parents – après tout, les enfants étaient élevés en communauté eux aussi. Ni frère, ni soeur, ni ami, seulement le souvenir d’une autre gamine de la communauté – et l’observation d’une camarade de classe, presque aussi ostracisée qu’elle. Cela semble un cliché mais ces seuls vrais amis sont ses chiens.
Puis, des voisins s’installent, au milieu de nulle part. Un couple presque parfait, un couple d’intellectuels, de ceux que l’on écoute sans trop comprendre les paroles mais à qui l’on n’ose pas demander des explications. Un homme plus âgé, scientifique, une femme qui se consacre à son fils Paul, si mignon, si précoce, si étrange que soit la manière dont les siens prennent soin de lui.
Une histoire des loups est une oeuvre particulière parce que l’on en apprend beaucoup sur Maddie, son ressenti, ses émotions. Nous avons presque son examen de conscience, quand elle se demande comment elle aurait pu empêcher ce qui s’est produit, alors qu’elle n’était qu’une enfant. Nous découvrons aussi les « ratés » de la justice américaine, et la grande importance, le poids de la religion, au nom de qui on peut faire à peu près tout. Cependant, je ne peux pas dire que j’ai réellement accroché à cette lecture. Les personnages sont trop dans l’attente, la contemplation et pas assez dans l’action. Bref, ce n’est pas vraiment mon genre de lecture, même si j’aime toujours autant les éditions Gallmeister.

Le sympathisant de Viet Thanh Nguyen

Présentation de l’éditeur :

Au Vietnam et en Californie, de 1975 à 1980
Avril 1975, Saïgon est en plein chaos. À l’abri d’une villa, entre deux whiskies, un général de l’armée du Sud Vietnam et son capitaine dressent la liste de ceux à qui ils vont délivrer le plus précieux des sésames : une place dans les derniers avions qui décollent encore de la ville.
Mais ce que le général ignore, c’est que son capitaine est un agent double au service des communistes. Arrivé en Californie, tandis que le général et ses compatriotes exilés tentent de recréer un petit bout de Vietnam sous le soleil de L.A., notre homme observe et rend des comptes dans des lettres codées à son meilleur ami resté au pays.

Merci aux éditions Belfond et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis : 

Je suis allée au bout de ma lecture, mais je dois dire que j’ai eu beaucoup de mal à entrer dans ce livre. Et encore, suis-je vraiment entrée dedans ? Je n’en suis pas sûre.
Je ne me suis pas sentie proche du narrateur/personnage principal qui était omniprésent puisqu’il s’agit de ses confessions, de ses mémoires, comme on voudra. Il nous raconte son double jeu, d’un côté, homme de confiance d’un général pro-américain, de l’autre agent secret communiste. Il ne choisit pas son camp parce que sa naissance a fait de lui un être double, occidental par son père, oriental par sa mère, jeune fille séduite par un prêtre français – abusée me semble plus juste.
Au cours de la lecture, on découvre la nature de ses trahisons et des renseignements qu’il transmet au pays. Ce livre aurait pu être une histoire d’amitié mais non, pas vraiment, bien que ses deux amis les plus proches soient bien présents dans l’ensemble du récit. Il aurait pu être une histoire d’amour, mais ce n’est pas non plus le cas. Le narrateur-capitaine côtoie pourtant des femmes, il entame même une liaison, presque une vie commune avec l’une d’entre elle. Leur histoire n’ira pas vraiment très loin. Elles font pourtant partie des rares personnages, avec les deux amis, à posséder un prénom. Les autres sont plutôt désignés par leur grade, leur rôle, leur caractéristique, voire un mélange des deux (l’adjudant glouton), pion d’idéologies qui dérapent.
Le capitaine est l’homme de deux camps dont au final aucun des deux ne gagne, chaque idéologie ayant des méthodes bien à elle, bien différentes, mais tout aussi coercitives.
Ce roman offre une vision très large, dans le temps et dans l’espace de la guerre du Vietnam, jusqu’à ses conséquences ultimes, sur un peuple, sur ceux qui le composent, chair et esprit souffrant. Un roman pour ceux que la culture vietnamienne et la culture américaine passionnent.

Sans défense d’Harlan Coben

Présentation de l’éditeur :

Un adolescent est retrouvé à Londres dix ans après avoir été kidnappé aux États-Unis. Que s’est-il passé ? Patrick et Rhys, amis et voisins, ont été kidnappés alors qu’ils jouaient ensemble. Leurs parents ont versé une rançon mais les petits garçons n’ont jamais réapparu, laissant les deux familles dans l’angoisse et le doute. Dix ans plus tard, à Londres, Win, l’oncle de Rhys, croit reconnaître l’un des deux garçons. Il appelle en renfort son meilleur ami, le détective Myron Bolitar. Ils retrouvent Patrick mais Rhys reste introuvable. Peut-il encore être sauvé ? Que s’est-il passé pendant ces dix années ? Pourquoi Patrick refuse-t-il de confier ce qu’il a vécu ?

Mon avis : 

Je n’avais pas lu d’aventures de Myron Bolitar depuis Peur noire (et encore, je l’avais lu en VO, c’est dire si cette lecture est ancienne). Je retrouve aujourd’hui Myron dans ce qui semble être sa dernière aventure : son neveu Mickey a dors et déjà pris le relais. Là, par contre, je ne peux rien dire : je n’ai lu aucune de ses aventures.

Oui, je suis déçue. De Myron, je préférais les toutes premières aventures jusqu’à ce que les intrigues basculent dans le grand n’importe quoi et que je décroche. Là, j’ai l’impression que ce livre a été écrit pour les fans de la série, ceux qui se languissaient de savoir ce qu’était devenu leur héros – et ce qu’était devenu Win, mon personnage préféré.  Alors oui, je n’aime pas trop la façon dont certains personnages ont évolué, ou plutôt ont régressé. J’ai l’impression qu’il a fallu, presque en catastrophe, décider de leur devenir. Ils sont là, fidèles au poste, et n’apportent pas grand chose à l’intrigue à mes yeux : j’aurai préféré rester concentrer sur Win, j’ai beaucoup aimé les chapitres dont il était le narrateur. Mais il fallait bien satisfaire tout le monde, et parfois, meubler, comme lorsque le passé de Myron est rappelé avec forces détails – ceux qui suivent la série depuis le début les connaissaient déjà.

Du coup, le récit policier passe au second plan. Après tout, nous avons presque à faire avec un cold case : les deux enfants ont disparu depuis dix ans et les enquêteurs officiels ont cruellement manqué d’efficacité. La réapparition de l’un des deux est un ressort très utilisé dans les romans policiers contemporains. L’intrigue reste presque classique pour un pays comme les Etats-Unis, et ne pourrait pas avoir lieu ailleurs. Non qu’il n’y ait des disparitions d’enfants dans d’autres pays ou sur d’autres continents – d’ailleurs, le roman nous entraîne en Europe, comme souvent chez Harlan Coben, mais la manière dont l’enlèvement et ses conséquences sont traités sont typiquement américains. Le roman reste efficace, cependant, j’ai tourné les pages rapidement, tout en notant des choses pas vraiment cohérents, pas vraiment possibles, comme dans ces séries américaines que l’on regarde et qui ne doivent leur efficacité qu’au fait qu’on ne s’attarde pas trop sur la construction de leurs intrigues.

L’épilogue laisse à penser que l’on s’arrêtera là, qu’il n’y aura pas d’autres aventures, puisque tout est bien qui finit presque bien. Je ne dirai pas « dommage », je dirai que je relirai peut-être les trois premières enquêtes de Myron Bolitar.