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La danse de l’ours de James Crumley

Présentation de l’éditeur :

Détective privé, Milo Milodragovitch exerce dans le Montana, et ce qu’il aime avant tout, c’est la coke et le peppermint. Normal pour quelqu’un qui s’apitoie sur sa vie passée avec ses cinq ex-épouses et vit reclus dans une région où l’hiver ne pardonne pas. Une certaine Sarah Weddington lui écrit qu’elle souhaiterait le voir. Notre homme part la trouver et il apprend que Sarah est une ancienne maîtresse de son père. Elle lui demande d’enquêter sur les agissements d’un couple qui a l’étrange manie de se rencontrer chaque jeudi après-midi non loin de chez elle, pour s’échanger la modique somme de 5 000 dollars…

Mon avis :

Laissez-moi vous présenter Milo, un exemple rare de détective privé particulièrement hors norme. Non, il n’est pas brillant, non, il n’est pas capable de détecter des indices que personne ne perçoit, il n’est pas particulièrement habile en filature ou dans le maniement des armes, il est privé de toute affaire. D’ailleurs, il n’est plus vraiment détective privé, il est vigile de nuit tant ses compétences font l’unanimité. Son travail, d’ailleurs, est extrêmement reposant, il ne se passe jamais rien !
Enfin, si, tout de même, il se passe quelque chose : Milo retrouve une vieille connaissance, Sarah, le dernier amour de son père, et la source de ses premiers émois amoureux. Ne connaissant pas la réputation de Milo, ou plutôt son absence de réputation, elle veut l’engager pour trois fois rien (je ne parle pas de son salaire, entendons-nous), pour satisfaire sa curiosité : pourquoi un homme et une femme se retrouvent-ils toutes les semaines au même endroit, sans faire grand’chose ? Même si Milo a un micro-état d’âme (cela fait beaucoup d’argent pour un faible travail), il accepte, cela ne peut faire de mal à personne, non ? Non.
Le début était un peu morne, un peu lent, presque contemplatif, et là, boum ! La catastrophe commence, et vous avez intérêt à bien vous accrocher à votre fauteuil si vous voulez suivre. En effet, les péripéties se succèdent à un rythme effréné, laissant à peine le temps à Milo de protéger ses miches et à tenter de protéger la charmante vieille dame qui l’a embauché et qui a disparu. Lui qui était jusqu’à présent très peu actif est sur tous les fronts, obligé de bouger sans cesse, de se renouveler sans cesse. Devient-il pour autant un excellent détective ? Pas vraiment. Il est toujours la proie de ses démons – un classique – et les personnes qu’il croise sont loin d’être animés de bonnes intentions. Enfin, cela dépend de quel point de vue on se place, évidemment. Il est des personnes pour qui la fin justifie les moyens, et tant pis si cela engendre quelques victimes collatérales. Il en est d’autres, comme Milo, ne pense qu’aucun projet, si louable soit-il, ne mérite que l’on y sacrifie une vie ou plusieurs vies et que l’on s’en balance après. A méditer.
Milo se retire du monde… mais il reste encore trois volumes de ses aventures.

 

Les cygnes de la cinquième avenue de Melanie Benjamin

Présentation de l’éditeur :

New York, fin des années 50. Truman Capote, personnage hors norme, émerge sur la scène littéraire et devient vite célèbre. De toutes les femmes les plus en vue de la haute société new-yorkaise, Barbara – « Babe » – Paley est celle qui a tout pour être heureuse : l’argent, la beauté, des amies, un mari influent, William Paley, le fondateur de CBS. Mais derrière cette image se cache une femme fragile en manque d’un amour vrai. C’est alors que Truman Capote surgit dans sa vie ; de cette rencontre naîtra une amitié exceptionnelle et Babe lui ouvrira les portes lui permettant de faire son entrée dans les vies de celles et ceux qui sont l’élite sociale. Mais quand Truman Capote, après l’immense succès de De sang froid, est en mal d’inspiration, il voudra capturer ce monde qui le fascine. Or, en en révélant les secrets les plus inavouables, il écrira une histoire cruelle et désenchantée qui fera scandale et le conduira à son « suicide social. »

Merci à Babelio et aux éditions Albin Michel pour ce partenariat.

Mon avis :

Bien que le titre de ce roman soit pluriel, bien que Truman Capote soit présenté en premier dans le quatrième de couverture, c’est bien Babe qui, pour moi, est l’héroïne de ce livre. Elle est là, omniprésente, des années 50 aux années 70 qui ouvrent le livre, avec la parution d’un nouveau texte de Truman Capote et ses conséquences.
Qui découvrons-nous en 1975 ? Des cygnes déchues, non parce qu’elles ont vieilli mais parce qu’elles ont lâché prise, dans un monde qui n’est plus le leur, un monde que l’une des leurs s’apprêtent à quitter, un monde qu’une autre femme vient de quitter volontairement à cause d’un homme, Truman Capote. Il apparaît en filigrane, dans ses chapitres où l’alcool se le dispute au fiel. Lui qui fut leur ami, leur confident, leur amuseur, non pas le fou du roi mais le fou de sa reine les a trahis en écrivant ce qu’elles lui ont confié dans l’intimité de leur salon, de leur boudoir.
Ces femmes fascinaient le jeune écrivain, devenu écrivain confirmé, abîmé physiquement par l’acte d’écrire lui-même. Pourquoi ? Elles étaient belles, elles symbolisaient l’élégance, les photographes les attendaient à la moindre de leur sortie. Elles apparaissaient toujours impeccables, elles sont mariées à des hommes riches et puissants et j’avais une forte envie de les secouer. Élégantes, oui, mais femme objet, femme potiche, dont tous les actes tendent à être un beau trophée au bras de leur mari, auquel elles sont entièrement dévouée jusqu’à la servilité, éloignant tranquillement leurs enfants pour le bien être et la tranquillité de leur cher et tendre. Ainsi ont-elles été élevées, ainsi parfois, se rappellent-elles qu’elles doivent aussi élever leurs enfants. Bien sûr, parfois, l’une d’elles se rebellent, pas pour longtemps : vivre sans être riche, vivre sans être vu, regardé, admiré leur semble impossible.
Alors oui, ce livre est intéressant, pour nous montrer une société qui n’existe plus mais qui a donné naissance à la société du spectacle que nous connaissons actuellement, après bien des détours. Et Truman ? Son enfance, sa solitude, son besoin d’aimer, de désirer, d’être aimé sont bien présents. Sa solitude, leur solitude : voici ce qui restera au final de ce livre.

Vent froid de C.J. Box

Mon avis :

Vous détestez votre belle-mère, dans la plus grande tradition de la comédie française un peu lourdaude ? Ce livre est fait pour vous ! Vous constaterez que la belle-mère de Joe, garde chasse consciencieux de son état, est un personnage plus que complexe.
Une belle-mère et au moins six beaux-pères successifs : Joe lui-même est étonné quand tous les noms de famille de la mère de sa femme sont égrenés dans le tribunal. Oui, le tribunal : elle est accusée du meurtre de son dernier mari en date, un richissime propriétaire et entrepreneur (elle avait déjà dépouillé son prédécesseur, qui lui garde une rancune tenace). Non seulement elle l’aurait assassiné, mais elle aurait orchestré ce meurtre de façon spectaculaire puisque que le corps de Earl, son cher et tendre, a été retrouvé suspendu à une éolienne, ces mêmes éoliennes qu’il a promues, construites, en achetant au passage quelques terres à bas prix à des ranchers. Pas besoin d’être avocat pour préparer une plaidoirie toute en trémolo en précisant qu’une frêle vieille dame, deux fois et demi grand-mère (elle a du mal à considérer sa petite-fille adoptée comme une petite-fille à part entière), ne peut avoir commis ce sinistre forfait.
Joe enquête, donc. Il n’enquête pas par amour pour sa belle-mère, mais par amour de la vérité, quitte à ne pas forcément plaire à ce qui instruise l’enquête, et qui se sont arrêtés dès qu’ils ont eu une suspecte crédible.
Parallèlement, nous découvrons un autre personnage, Nate que les fans de la série doivent déjà connaître. Ancien « proche » de Joe, il vit très discrètement, lui et sa compagne. Jusqu’au jour où son passé le rattrape.
Dans ces plaines âpres, balayées par le vent, la solidarité existe encore – parfois. Et l’appât du gain règne, comme ailleurs. Il faut beaucoup d’intelligence pour survivre, il n’en faut pas beaucoup pour tuer.

La trilogie Jim Chee, tome 1 : le peuple des ténèbres

Mon avis :

Après une premier lecture d’un roman de Tony Hillerman, j’ai profité des vacances pour découvrir la trilogie Jim Chee, trois livres (logique pour une trilogie) centrés autour de Jim Chee, notamment de son début de carrière. « Plus traditionnel  et moins sûr de lui » selon Tony Hillerman lui-même que Joe Leaphorn, Jim Chee doit faire un choix : entrer au FBI ou dans la police tribale. Pour l’instant, il doit surtout enquêter sur un mystérieux cambriolage, ou plutôt ne pas enquêter sur lui : même dans les réserves indiennes, les querelles de juridiction compliquent bien la vie des valeureux enquêteurs. Le shérif LAWrence Sena (il tient à ce que « Law » soit mis en avant) déconseille fortement à Jim de se mêler de l’affaire. Note : Sena gagne à être connu.

Chee avait déjà reçu un contre-ordre, il en reçoit un autre quand le mari de sa future-ex-cliente lui affirme que c’est sa femme qui a volé le coffret, et qu’elle sait donc où il est  caché. Le croyez-vous ? Non, et Jim Chee non plus. Comme deux négations s’annulent, Jim Chee enquête, et c’est le début d’ennuis assez conséquents, et d’une enquête qui plonge ses ramifications dans le passé, passé qui est encore bien présent pour certains. Ce n’est pas le shérif Sena qui dira le contraire.

Dans une grande phrase bien littéraire, je pourrai vous dire que ce livre nous en apprend beaucoup sur les Navajos. Je préfère vous dire qu’elle nous permet de découvrir un enquêteur qui connaît et respecte la culture et les croyances des Navajos – et l’on comprend très bien quels résultats catastrophiques entraîneraient un enquêteur maladroit et cartésien. A cet égard, Mary, l’institutrice qui se lie d’amitié avec Jim (et plus si dangers communs à affronter), représente l’archétype de la jeune femme blanche autant attirée par la culture indienne que par le bel indien qui lui permettra d’en savoir plus sur elle. Et si elle est (parfois) mise à l’écart par Jim, elle a suffisamment de présence d’esprit pour ne pas s’en formaliser et respecter le rythme, les précautions des interlocuteurs de Jim. Lui-même admet ne pas comprendre certaines pratiques des Blancs – il ne l’admettra pas à haute voix devant Mary.

Si le récit se focalise sur Jim, certains chapitres sont centrés sur le tueur. N’étaient ses actes, il paraîtrait presque touchant par sa quête personnelle obsessionnelle, les manques ressentis dans son enfance. Une bribe d’explication pour ce qu’il est devenu ? Peut-être, mais ce n’est en aucun cas une excuse. D’ailleurs, il est bien des manières de tuer, et Jim, dans sa quête de l’assassin, distingue bien les crimes indiens des crimes des blancs – les mobiles ne sont pas les mêmes.

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Mascarade de Ray Celestin

Présentation de l’éditeur :

1928. Chicago est la cité de tous les contrastes. Du ghetto noir aux riches familles blanches, en passant par la mafia italienne tenue par Al Capone, la ville vit au rythme du jazz, de la prohibition et surtout du crime, que la police a du mal à endiguer. C’est dans ce contexte trouble qu’une femme appartenant à l’une des plus riches dynasties de la ville fait appel à l’agence Pinkerton. Sa fille et le fiancé de celle-ci ont mystérieusement disparu la veille de leur mariage. Les détectives Michael Talbot et Ida Davies, aidés par un jeune jazzman, Louis Armstrong, vont se charger des investigations.

Mon avis :

Je découvre cet auteur avec ce second volet des aventures des détectives Michael Talbot et Ida Davies et je dois dire que je n’ai pas été déçue – manière de dire que j’ai vraiment beaucoup aimé ce livre, dont l’épaisseur m’avait pourtant un peu effrayée au début. Epaisseur qui n’est pas gratuite : il n’est rien à retrancher dans cette enquête.
Des détectives chargés de retrouver une jeune fille disparue et, éventuellement, son fiancé : un classique. Ce qui l’est moins est la couleur de la peau des détectives – pourquoi une riche femme blanche engagerait-elle des détectives de couleur ? Ah, oui : parce que son futur gendre aimait à s’encanailler dans certains quartiers chauds. Surtout, pourquoi le père de la jeune fille et le père du jeune homme sont-ils bien d’accord sur un point : ne rien faire pour les retrouver. Tout détective respectueux de sa hiérarchie (il s’agit de la fameuse agence Pinkerton, tout de même) cesserait aussitôt d’enquêter. Sauf qu’ils sentent que quelque chose clochent. Sauf que leur hiérarchie restera toujours leur hiérarchie, il n’y aura pas de moyen de gravir les échelons pour Ida. Sauf que leur première cliente leur offre les moyens (peut-être) de quitter l’agence.
Parallèlement à cette enquête, nous découvrons Dante, qui revient à Chicago après plusieurs années hors de cette ville, plusieurs années pour oublier, pour survivre avec sa culpabilité. Il revient, parce qu’Al Capone a besoin de lui, lui que tous ou presque croyaient mort. Il l’était – presque – et son retour n’a rien d’une renaissance. Il se retrouve en pleine guerre des gangs, et presque tous les coups sont permis pour obtenir la suprématie sur un territoire le plus vaste possible.
Guerre des gangs ou pas, le noyau de ce livre est la famille, les siens, les proches. Que veut-on pour ses enfants ? Le meilleur ? Mais le meilleur pour qui ? Pour Michael Talbot, c’est évident : permettre à ses enfants de faire des études de leur choix. Quand on dirige un gang ou quand on s’est enrichi de manière  pas vraiment honnête, on pense avant tout aux apparences, à ce qui est mieux pour soi, piégeant parfois son enfant avec des directives contradictoires. L’époque veut cela, me dira-t-on : on ne demandait pas son avis à ses enfants. Certes. On peut cependant éviter de choisir le plus déraisonnable.
Et la musique ? Elle nous réserve de beaux moments, sincères. Louis Armstrong aide Ida Davies, mais il est aussi le joueur de jazz en plein ascension, bien décidé lui aussi à garder son indépendance musicale. Il est un homme, pris entre deux amours, dévoué à son neveu Clarence, handicapé mental depuis un accident.
Il est tant d’autres choses que j’aurai à dire sur ce livre. Tenez, je n’ai pas encore parlé de Jacob, le photographe qui aide lui aussi Ida, figure charismatique et émouvante. J’aurai à dire aussi que certaines « victimes » (si vous lisez le livre, vous comprendrez le pourquoi de ces guillemets) ont subi ce qui est resté longtemps l’une de mes pires phobies. Mais je serai sympa, je ne donnerai pas les détails des interventions qu’ils ont subies – mais vous pouvez toujours demandé à Nunzi.
Mascarade, un polar musical historique aux intrigues complexes et développées.
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Le chat qui déplaçait des montagnes de Lilian Jackson Braun

Présentation de l’éditeur :

Après cinq années de procédure, Jim Qwilleran entre en possession de la fortune dont il a hérité et qui lui pose un sérieux dilemme : que va-t-il faire maintenant ? Cherchant un lieu paisible, il décide de partir, avec ses deux chats siamois, passer l’été dans les Potato Mountains. Mais il arrive au milieu d’une controverse. Les Taters, habitants de la montagne, militent en faveur de la préservation de l’environnement et de l’écologie, tandis que la vallée cherche à se développer pour devenir un centre touristique. Un Tater a été condamné à la prison à vie pour le meurtre d’un riche promoteur. Certains pensent que ce n’est pas lui qui a tué, mais dans ce cas, qui est coupable ? Sûr que si Qwilleran, aidé par Koko et Yom Yom, se mêle de l’affaire, le véritable meurtrier ne restera pas longtemps impuni.

Mon avis :

Je relis les romans qui mettent en scène Jim Qwilleran et ses chats, et après avoir lu notamment des auteurs de Nature Writing, ce livre-ci prend une autre résonance.
Jim a besoin de repos, avec ses chats – qui devront faire connaissance avec le vétérinaire du cru. Il n’en trouve pas vraiment, sans doute parce qu’il est une chose qu’il ne supporte pas : l’injustice. Il est des personnes qui luttent pour préserver « leur » montagne, ils ne veulent pas qu’elle devienne la proie de ceux qui ne veulent que leur profit et imaginent déjà des hôtels de luxe et autres établissements très rentables. Ils vivent bien avec ce qu’ils ont, ce qu’ils produisent de leurs mains, ce qu’ils parviennent à faire pousser, et Jim n’a pas trop de ses vacances pour les découvrir, les rencontrer, les apprécier, ces Taters qui étaient là bien avant que des prometteurs ne débarquent (au pied de la montagne, il ne faut pas exagérer non plus, ils ne vont pas gravir les pentes). Ce n’est pas qu’à un moment, Jim ne croit pas ce qu’il a entendu dire sur eux – chacun a ses moments de faiblesse, surtout quand on vient d’être victime d’un accident – c’est que les circonstances lui prouvent très rapidement que les gens sont vraiment ce qu’ils paraissent être.
Dans ce soin perdu des USA, tout aussi imaginaire que le comté de Moose, mais tout autant inspiré par des lieux réels, le clivage entre ceux qui ont l’argent et le pouvoir et ceux qui ont le talent et l’espoir chevillé au coeur, au corps, est immense. Dire que la justice est à deux vitesses est aussi une évidence : tout le monde n’a pas la chance d’avoir une famille qui vous soutient, ou de croiser un Jim Qwilleran sur sa route.
La famille peut apporter le meilleur, ou le pire, c’est selon. Forest, condamné pour meurtre, peut compter sur sa mère, sa soeur, sa compagne pour clamer son innocence et être positives : son innocence, un jour, sera reconnue. Les amis peuvent être un soutien précieux, ou vous entraîner dans les pires ennuis. Les romans de Lilian Jackson Braun sont toujours d’une lecture agréable, ils sont plus profonds qu’ils n’y paraissent.

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Le voleur de temps de Tony Hillerman

Edition Payot Rivage/322 pages.

Présentation de l’éditeur :
Quand une anthropologue notoire arrive dans les montagnes sacrées du pays Anasazi, elle est d’abord furieuse de découvrir que le site funéraire pré-navajo a été pillé ; puis elle est terrifiée par ce qui surgit de l’ombre. Des semaines plus tard, le lieutenant Joe Leaphorn, en examinant un rapport selon lequel l’anthropologue a dérobé de précieux objets, découvre aussi qu’elle a disparu. L’affaire prend un tour sinistre lorsque Jim Chee, à la recherche de matériel de fouilles disparu également, trouve autre chose de nettement plus macabre dans une fosse. Leaphorn et Chee devront unir leurs forces pour exhumer le passé et résoudre une longue série de meurtres, plus étranges les uns que les autres.

Mon avis :

Vous ne connaissez pas Tony Hillerman ? Pour être franche, il y a huit jours, je ne connaissais pas non plus. c’est une collègue qui m’a parlé de cet auteur, qu’elle apprécie énormément. Je l’ai aussitôt rapproché de Kirk Mitchell, que j’adore. Direction la librairie la plus proche, et j’ai acquis le seul tome qui était disponible, le voleur de temps, et j’ai adoré.

Pourquoi ? Nous avons des enquêteurs humains, complexes, qui prennent des décisions pesées, muries, des décisions que d’autres ne prendraient ni ne comprendraient mais qu’ils prennent en connaissance de cause. Ils acceptent les conséquences. Ils changent aussi d’avis, parfois, ce qui ne fait pas d’eux des girouettes, mais des êtres humains, avec leurs moments de faiblesse et leur force. Je ne peux pas dire que je préfère l’un à l’autre. Joe Leaphorn, enquêteur chevronné, vient de vivre le pire qu’il pouvait lui arriver : la mort de sa femme adorée, Emma. Chee n’est pas seulement un enquêteur, il est aussi un homme-médecine, débutant, certes, mais authentique et croyant.

En effet, Le voleur de temps est une immersion dans la culture indienne, dans ses croyances, sans jugement aucun, sans digressions folkloriques également. Ce livre est un roman policier qui met en scène des indiens, il n’est pas un prétexte pour parler d’eux.

L’enquête, ensuite. Qu’est devenue Eleanor, cette anthropologue qui semblait sur le point de faire une importante découverte et qui se retrouve accusée de pillages ? Ses collègues s’inquiètent et le temps qui passe n’arrange rien. Les deux meurtres de petits trafiquants de reliques non plus. Alors ? Leaphorn et Chee feront tout pour la retrouver, y compris des actions qui en font des enquêteurs presque comme les autres : C’est vous, le trompe-la-mort qui veut prendre l’air par un temps pareil ? Moi, je suis le trompe-la-mort qu’est là pour vous emmener.

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