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Justice indienne de David Heska Wanbli Weiden

Présentation de l’éditeur :

Sur la réserve indienne de Rosebud, dans le Dakota du Sud, le système légal américain refuse d’enquêter sur la plupart des crimes, et la police tribale dispose de peu de moyens. Aussi les pires abus restent-ils souvent impunis. C’est là qu’intervient Virgil Wounded Horse, justicier autoproclamé qui loue ses gros bras pour quelques billets. En réalité, il prend ses missions à cœur et distille une violence réfléchie pour venger les plus défavorisés.
Lorsqu’une nouvelle drogue frappe la communauté et sa propre famille, Virgil en fait une affaire personnelle. Accompagné de son ex-petite amie, il part sur la piste des responsables de ce trafic ravageur. Tiraillé entre traditions amérindiennes et modernité, il devra accepter la sagesse de ses ancêtres pour parvenir à ses fins.

Merci à Gallmeister et à Babelio pour ce partenariat.

Mon avis :

Justice ? Quelle justice ? On peut être en droit de se le demander en lisant ce livre.
Que l’on commence par le début ou par la post-face, on fait le constat que la justice n’existe pas pour les indiens – pas le fameux système légal américain, tant vanté. La police tribale ? Elle a très peu de moyens, trop peu. Quant à ceux qui pourraient enquêter, eh bien, la réponse est le plus souvent « non » – parce qu’ils ont mieux à faire, parce que ce sont des histoires d’indiens, voire de simples histoires de violences conjugales.

Attention spoiler : Je crois que ce livre est le seul pour lequel j’ai senti une immense compassion pour une personne qui a tué son chat. Alors je vais ouvrir une parenthèse, parler de ces textes que d’aucun juge « résistant », c’est à dire dure à lire et à faire lire, dans lequel rentre la catégorie « scène dans laquelle on tue un animal » – comme s’il fallait à tout prix prouver que l’on était un « bon » lecteur parce que l’on était près à lire sans ciller ce genre de scène, comme si, par extension, il fallait dans la vie regarder sans ciller des animaux se faire tuer parce que, parce… Ici, dans Justice indienne, la jeune femme qui tue son chat est au-delà de la douleur qui lui a été infligé, de la justice qui ne lui a pas été rendue. Elle ne tue pas son chat, elle emmène avec elle, dans la mort, le seul être vivant qu’elle aimait encore. Elle est une des personnes, pour ne pas dire LA personne qui a fait de Virgil Wounded Horse : un justicier. Quelqu’un qui règle avec ses poings ce que la loi, la justice, la police n’a pas pu régler. De tels hommes existent réellement, comme le précise l’auteur à la fin de son livre, ce sont simplement les statistiques qui manquent pour signifier l’ampleur du phénomène.

La soeur de Virgil est morte, aussi élève-t-il son neveu Nathan seul. Son point faible ? Oui, c’est ce que j’ai pensé, surtout quand Nathan fait une surdose de drogue, quand la vie du jeune homme n’a plus tenu qu’à un fil et que Virgil a découvert que des dealers ne cherchaient qu’à inonder la réserve avec une nouvelle drogue. La surdose de Nathan n’est que le début de l’affaire. J’ai aimé le rythme du récit, qui nous fait partager les espoirs et les peurs de Virgil – pas pour lui, non, pour ceux qui l’entourent. J’ai aimé ce livre qui dresse un état des lieux de ce qui se passe dans les réserves, de la manière dont ses habitants sont traités par ceux qui se considèrent comme plus américains qu’eux. Il nous parle des violences ordinaires subies dès l’enfance, de la précarité, du manque de solidarité. Il nous parle aussi de la culture indienne, de personnes absolument lumineuses telles Jerôme. J’ai à peine évoqué Mary. Elle a vécu une courte histoire d’amour avec Virgil, elle en a vécu une autre encore plus courte avec Rick, un des dealers. Son obsession ? Faire tout ce qui est possible pour que la vie des Lakota soit meilleure – et quand je lis certains faits, j’ai l’impression que l’action ne se passe pas de nos jours, qu’il est impossible que toute une communauté vive dans une telle précarité. Mary qui ne lâchera pas Virgil dans sa quête pour sauver Nathan, quoi qu’il dût lui coûter.

 

Une évidence trompeuse de Craig Johnson

édition Gallmeister – 416 pages

Présentation de l’éditeur :

Un accident apparemment banal, en marge d’un rassemblement de motards dans le Wyoming, laisse un jeune homme entre la vie et la mort. Mais l’affaire semble partir en roue libre pour Walt Longmire et Henry Standing Bear, appelés sur les lieux, tant le gang de motards auquel appartenait le jeune homme se fait menaçant. Pour ne rien arranger, la mère de la victime, l’extravagante Lola, n’est autre qu’une ex-petite amie de Henry et garde un ascendant certain sur lui. Dans la confusion qui s’ensuit, Walt et Henry, aidés par Vic, se raccrochent aux faits indubitables. Mais un témoignage qui paraît vrai ne l’est pas forcément, car comme le dit si bien Sherlock Holmes “il n’y a rien de plus trompeur qu’une évidence”.

Mon avis :

Lire un roman de Craig Johnson,  c’est la certitude de retrouver des personnages que l’on connaît bien, et qui ne nous décevront pas. Si certains se souviennent encore de l’enquête précédente et de son slogan « Sauvez Jen », cela assoit la popularité du shérif presque malgré lui. Pourtant, ce récit aurait dû être presque reposant pour Walt : n’accompagne-t-il pas son ami Henry Standing Bear à une course de moto très populaire, course à laquelle Henry s’obstine à participer depuis des années ? Seulement voilà, un jeune motard a eu un accident peu avant leur arrivée, accident qui n’en est sans doute pas un, et Walt est sollicité pour enquêter. Le jeune motard est en effet le fils d’une certaine Lola. Oui, LA Lola à cause de laquelle la Thunderbird bleu ciel de l’Ours, et la petite-fille de Walt par ricochet, s’appellent Lola. Enfin nous la rencontrons, pourrait-on dire, femme fatale, égérie des motards, tenant à ce que Walt et Henry Standing Bear lui apportent leur aide. Et qui leur apportera de l’aide, à eux ? Et bien Vic ! Sans oublier Cody, même à distance.
Une évidence trompeuse est une immersion dans le milieu des motards, mais aussi un éclairage sur le passé d’Henry. il est aussi un appel à considérer, reconsidérer tout ce qui peut semble trop évident, ou pas assez. Il apparaît presque comme une pause dans les enquêtes de Walt, loin de son comté d’Absaroka. Je me demande ce qu’il en sera de sa prochaine enquête.

Le Marathon d’Honolulu de Hunther S Thompson

Présentation de l’ouvrage :

La mode du marathon, prétexte à une nouvelle équipée délirante et sauvage de l’auteur de Las Vegas Parano. Hunter S. Thompson repart en vadrouille, pour couvrir avec son comparse Ralph Steadman le marathon d’Honolulu, à Hawaï. On est au début des années 1980. La majorité des rebelles des deux décennies précédentes se sont rangés et mis à la course à pied… Ce qui dégoûte profondément Hunter. Mais Honolulu, c’est aussi les expéditions du Capitaine Cook, la divinité Lono, la pêche au gros. Comme d’habitude, le reportage est un fiasco, et le récit du fiasco un fabuleux reportage !

Mon avis :

Ou comment lire un récit qui ne parle quasiment pas de marathon, mais beaucoup des difficultés du journaliste qui n’a pas vraiment envie de faire un reportage, qui n’aime pas le sport (je le comprends), qui a quelques soucis avec les hôteliers et autres personnes croisées pendant son séjour. Un journaliste qui a usé et abusé de quelques psychotropes, pour ne pas dire de beaucoup de psychotropes, tandis que son ami Ralph Steadman était aussi victime d’un malencontreux accident de surf. Ce sont des choses qui arrivent quand on s’essaie au sport et que le seul que l’on ait pratiqué jusque là, c’est :
– regarder un match de football ;
– suivi une course automobile, toujours sous psychotropes ;
– couru pour échapper à des poursuivants divers et variés.
Oui, je sais, je ne suis pas très sympa avec le sus-dit comparse, mais Thompson ne s’embarrasse pas non plus de finesse, lui qui n’hésite pas entre plusieurs substances alcoolisées, il les testera toutes. Le fond de ce reportage qui part dans tous les sens, c’est aussi ce constat sur les origines de l’engouement pour la course à pieds, et cela fait assez mal :

« Courir pour la vie… le sport, parce qu’il ne reste plus que ça. Ceux-là même qui brûlèrent leur ordre d’incorporation dans les années 60, et qui s’égarèrent dans les années 70, sont désormais à fond dans la course à pied. Quand la politique a échoué et que les relations interpersonnelles se sont avérées ingérables ; après que McGovern est tombé et que Nixon a explosé sous nos yeux… après que Ted Kennedy a chopé le syndrome Harold Stassen du type qui se présente à chaque coup et ne gagne jamais et que Jimmy Carter a déçu jusqu’au dernier de ses fidèles, et après que la nation s’est massivement ralliée à la sagesse atavique de Ronald Reagan.
Ma foi, nous voilà, après tout, dans les Années 80, et l’heure est enfin venue de savoir qui a des dents et qui n’en a pas. Ce qui peut éventuellement, mais ce n’est pas une certitude, expliquer l’étrange spectacle de deux générations de militants politiques se transformant finalement – vingt ans plus tard – en joggeurs.
Pourquoi cela ? »

Nous n’aurons pas la réponse à ce questionnement, peut-être est-ce avant tout à nous de la trouver, ou pas, à moins de nous inscrire nous aussi au prochain marathon. Et après cela, le reportage dégénère complètement, entre deux extraits du dernier voyage du capitaine Cook. Le livre part dans à peu près tous les sens, sauf celui de la course, il parlera de pêche aussi, des aléas climatiques non prévus et de la masse d’ennui générés par les excès en tout genre de notre valeureux reporter. Je ne connais rien au journalisme gonzo, et ne cherche pas forcément à enrichir ma culture sur le sujet. Je pense cependant qu’il faudra un certain temps avant que je ne me replonge dans la lecture d’un des ouvrages d’Hunter S. Thompson.

Les aventures de Tom Sawyer de Mark Twain

Présentation de l’éditeur :

Pour Tom Sawyer, il y a des choses plus importantes que l’école.
Aller à la pêche, se battre avec les nouveaux venus au village et, surtout, retrouver son ami Huckleberry, qui mène une vie de vagabond… Mais à force de se prendre pour des bandits et de faire des expériences de sorcellerie à la nuit tombée, Tom et Huck vont se trouver mêlés à un véritable crime, avec de vrais assassins et un authentique trésor…

Mon avis :

Je crois que tous ceux de ma génération ont découvert Tom, Huck et Becky d’abord par le dessin animé, avant de se tourner (ou pas) vers le roman. Mark Twain le dit à la fin, il choisit de s’arrêter au beau milieu de l’enfance plutôt que de nous proposer un Tom adulte. Celui-ci grandit dans un petit village, avec sa tante, la soeur de sa défunte mère, son demi-frère (par le père ?) et sa cousine Mary, plus âgée. Il multiplie les bétises, et tante Polly ne sait plus si elle doit être indulgente avec lui, ou au contraire sévir avec virulence. Quoi qu’elle fasse, elle a des remords face au fils de sa soeur.
Tout pourrait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes, les bétises de Tom ne dérangeant pas grand monde dans le village. Pourtant, il se montre particulièrement inventif, surtout quand il a décidé, entraînant son meilleur ami Joe Harper avec lui, de devenir pirates, ou, pour faire court, de fuguer, découvrant ainsi, s’il ne le savait pas déjà, l’attachement que tante Polly a pour lui. Mais un méchant rôde, LE méchant par excellence, celui qui est devenu le symbole du personnage de méchant : Joe l’Indien. Il est métis, donc à la marge de la société. Il a été arrêté plusieurs fois, pour vagabondage. Cinq meurtres lui sont imputés, dont celui du jeune docteur auquel Huck et Tom ont assisté. Joe l’Indien n’attire pas la sympathie, mais est-il une seule personne, dans sa vie, qui ait été bienveillante à son égard ? Je ne crois pas.
Un roman à lire ou à relire.

 

Lots of love de Francis et Frances Scott Fitzgerald

édition Le livre de poche – 275 pages

Présentation de l’éditeur :

Francis Scott Fitzgerald (1896-1940) et sa fille Frances Scott Fitzgerald (1921-1986) se sont écrit régulièrement pendant les quatre dernières années de la vie du romancier. Des lettres graves, parfois sentencieuses, toujours sensées lorsqu’elles viennent du père, bien plus légères et, à l’occasion irritantes, lorsqu’elles viennent de la fille. Toujours empreintes d’un amour et d’une sincérité sans bornes. Pendant que Zelda, l’épouse et la mère, abattue par la maladie, souffre le plus souvent en clinique, les Fitzgerald père et fille tentent de tenir tête à la vie en s’accrochant l’un à l’autre. Les lettres de Scottie sont toutes inédites en France, et une grande partie de celles de Scott n’avaient jamais encore été publiées.

Mon avis :

Ce recueil de lettres était dans ma PAL depuis longtemps, très longtemps, trop longtemps, et il était largement temps de l’en sortir. Ces lettres ont été échangées pendant quatre années, de 1936 à 1940, date de la mort à 44 de Francis Scott Fitzgerald. Faut-il répéter à quel point il a brûlé sa vie et son talent par les deux bouts ? Faut-il répéter que son âge d’or est derrière lui, qu’il date d’avant la crise de 1929 qui a changé beaucoup de choses aux Etats-Unis et dans le monde ? Fitzgerald travaille désormais, ou essaie de travailler pour les studios hollywoodiens. Il écrit des scénarios, qui sont souvent refusés, quand il n’est tout simplement pas crédité au générique. Il a besoin d’argent, pour vivre (logique), mais aussi pour Zelda, qui est internée, et pour Scottie, leur fille.

Dans ces lettres, Francis Scott Fitzgerald n’est pas un écrivain, il est avant tout un père. Il n’oublie pas de joindre à chaque lettre un chèque, et Scottie le dira : c’est davantage ce chèque, dont elle avait besoin, auquel elle faisait attention, que le courrier lui-même. « Je savais bien que ses lettres étaient des chefs-d’oeuvre. J’aurais souhaité lui témoigner davantage mon estime, mais naturellement, je ne soupçonnais pas qu’il mourrait si tôt »

Compter, compter, et encore compter. Oui, Fitzgerald a dépensé beaucoup quand il avait les moyens. Il sait néanmoins compter au plus juste chaque dépense, les nouveaux vêtements dont Scottie a besoin, ses sorties, ses voyages aussi. Il sait la tancer vertement, et plus encore quand elle contrevient au règlement de son pensionnat, et l’une de ses lettres, tout en reproches froids, mesurés et cinglants, est un modèle de ce que la colère paternelle peut produire de plus redoutable. La colère et la peur : Francis Scott Fitzgerald le dit, il craint que sa fille ne souffre de son hérédité et ne développe un jour les mêmes troubles que sa mère, il veut tout faire pour l’en empêcher. C’est pour cette raison qu’il l’encourage fortement à faire et à terminer ses études. Se marier, oui, mais plus tard – il l’encourage d’ailleurs à rechercher les étudiants en droit (Scottie épousera un avocat). Lucide, il l’encourage aussi à se méfier des gens qui s’intéressent à elle ou veulent profiter d’elle parce qu’elle se nomme Fitzgerald.

Dit ainsi, on aurait l’impression que j’oublie l’essentiel : ces lettres sont un témoignage unique de l’amour d’un père pour sa fille, d’une fille pour son père. Et c’est suffisamment rare dans la littérature pour que ce soit dit et répété.

Alors, que vous connaissiez bien l’oeuvre de Fitzgerald, ou que vous ne la connaissiez pas du tout, n’hésitez pas à découvrir ce recueil « lots of love ».

Je vous rappelle que le challenge Challenge Fitzgerald et les enfants du jazz. court toujours.

Ténèbres, prenez moi la main de Dennis Lehane

Mon avis :

Ce livre est seulement, après Shutter Island et Mystic river, le second titre que je lis de Dennis Lehane – pas faute d’avoir plusieurs de ses romans dans ma PAL. Mon premier constat est simple, les fans n’auront que faire de mon avis, ils auront lu le livre. Quant à ceux qui ne connaissent pas Dennis Lehane, je ne suis pas certaine qu’ils se tournent vers ce titre – parce qu’il n’est pas récent, et que l’immédiateté a une place (trop) importante en littérature.

Premier fait : le titre est magnifique, et c’est ce titre qui m’a donné envie de le lire et de proposer, inlassablement, le mot « ténèbres » pour le challenge « Un mot, des titres ». Et, bien sûr, le titre va parfaitement à cette intrigue, des plus sombres, noires, désespérées. Une intrigue qui puise dans le passé de chacun des personnages, y compris celui de Patrick Kenzie, passé qu’il avait oublié, et non occulté – parce qu’il est impossible de se souvenir de tous les détails de son enfance.

Oui, je crois que « noirceur » est le mot qui s’applique le mieux pour parler de cette intrigue, dans laquelle la vengeance personnelle a cédé la place, depuis trop longtemps, à la justice. Ce n’est pas un questionnement sur le système judiciaire américain, c’est un constat : il est beaucoup trop de gens qui prétendent rendre la justice eux-mêmes. Il est beaucoup trop de personnes, aussi, qui connaissent bien les rouages du système judiciaire et qui s’en servent pour leur avantage ou leur profit. Les dommages collatéraux ? Ils n’y pensent même pas, puisqu’ils estiment avoir rendu la justice.

Patrick et Angela ne devaient, au départ, qu’exercer une surveillance de routine, chacun ayant trouvé une certaine stabilité dans sa vie privée, couple pour Patrick, divorce d’un mari violent pour Angela. Ils se retrouvent à devoir traquer puis se protéger de tueurs qui prouvent à eux seuls toutes les failles du système.

En ai-je trop dit ou pas assez ? Peu importe. Le style de Dennis Lehane, remarquable, vaut à lui seule la lecture.

Le pacte des tueurs de Barry Eisler

 

Présentation de l’éditeur :

Sans loi pour les protéger, leur seule issue est la vengeance.
Dans le cadre d’une enquête sur un réseau de pédopornographie international, la détective Livia Lone est visée par un complot qui vire au fiasco. Soupçonnant le FBI d’être derrière l’attaque, Livia fait appel à l’ancien sniper des Marines, Dox. Ensemble, ils mettent sur pied un groupe spécial, dont fait partie John Rain, expert en « morts naturelles » à la retraite, pour identifier et neutraliser la menace qui pèse sur eux. La bande compte également Delilah, agent du Mossad et spécialiste des « pièges à miel », ainsi que les soldats des opérations secrètes Ben Treven, Daniel Larison et leur ancien commandant, le colonel Scot « Hort » Horton.
De Tokyo à Seattle, de Washington à Paris, le groupe devra déjouer une série de conspirations étroitement liées, chacune se rapprochant un peu plus des hautes sphères du gouvernement américain.
Entre loyautés incertaines, motivations douteuses et enchevêtrements amoureux, les sept agents auront du mal à travailler en équipe. Mais dans un contexte aussi tumultueux, mieux vaut s’en remettre à un clan de tueurs.

Merci aux éditions Amazon Publishing France et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Je n’avais que modérément apprécié le tome 2 des enquêtes de Livia Lone, et j’ai beaucoup apprécié le tome 3. J’ai aussi, à l’occasion de cette lecture, fait quelques recherches, et découvert que John Rain a été le héros de plusieurs romans de Barry Eisler avant celui-ci, et cela m’a donné envie d’en savoir un peu plus sur ce personnage.
Livia Lone est-elle plus prudente depuis la précédente enquête ? Non, pas vraiment. Elle enquête toujours sur les crimes sensibles, sur les réseaux de pédophilie, pour que plus aucun enfant n’ait à subir ce qu’elle et sa soeur ont subi. Dès le début de ce volume, elle et les deux personnes qui travaillent avec elle mettent au jour un réseau qui dérange – mais qui dérange qui ? Tout enquêteur devrait être dérangé par la pédophilie ! Force est de constater que ce n’est pas le cas.
On va alors chercher à éliminer Livia. Seulement, depuis le temps que Livia mène une vie plus que dangereuse et qu’elle a appris à prendre le plus de précautions possibles, depuis le temps qu’elle enseigne aux femmes comment être toujours vigilantes dans la rue, comment repérer les signes avant-coureur d’un danger, il est évident qu’elle appliquera son enseignement à elle-même !
C’est presque la même chose, finalement, pour les joyeux compères au passé plus que mouvementés qui vont se joindre à elle. On peut être un ancien tueur, un ancien militaire et avoir des principes : ne pas faire de mal ni à une femme, ni à un enfant. On peut aussi se découvrir des ennemis communs, des personnes qui ont la bonne idée de vous faire sortir presque malgré vous de votre retraite et qui s’étonnent ensuite de votre acharnement à leur encontre. A croire qu’un grand pouvoir et de grandes escroqueries n’empêche pas une certaine… naïveté ? Inconscience, plutôt. A force de ne jamais se faire prendre, on peut être tenté de croire que l’on ne sera jamais pris.
Le pacte des tueurs est un roman rempli de scènes d’actions, parfois extrêmement spectaculaires. Ce n’est pas un roman complaisant envers la violence, certaines scènes nous sont épargnés, elles ne sont « vues’ qu’à travers la réaction de ceux qui les découvrent. L’enquête nous emmène très loin et montre les aspects lumineux de personnages au passé plutôt compliqué, des personnages qui aimeraient pouvoir continuer à mener leur combat, tout en avançant dans leur vie privée.
Cette fois-ci, j’ai vraiment envie de poursuivre l’aventure littéraire avec Livia Lone.

Nickel boys de Colson Whitehead

Présentation de l’éditeur :

Dans la Floride ségrégationniste des années 1960, le jeune Elwood Curtis prend très à cœur le message de paix de Martin Luther King. Prêt à intégrer l’université pour y faire de brillantes études, il voit s’évanouir ses rêves d’avenir lorsque, à la suite d’une erreur judiciaire, on l’envoie à la Nickel Academy, une maison de correction qui s’engage à faire des délinquants des « hommes honnêtes et honorables ». Sauf qu’il s’agit en réalité d’un endroit cauchemardesque, où les pensionnaires sont soumis aux pires sévices. Elwood trouve toutefois un allié précieux en la personne de Turner, avec qui il se lie d’amitié. Mais l’idéalisme de l’un et le scepticisme de l’autre auront des conséquences déchirantes.

Mon avis :

Tout d’abord, je tiens à remercier les éditions Albin Michel et Francis Geffard pour l’envoi de ce livre, que j’ai mis un temps fou à chroniquer, d’un confinement à l’autre.
Pour ce livre, commençons par la fin, commençons par l’épilogue que j’ai lu deux fois, pour être sûre de moi, pour être sûre de l’impact ressenti, de l’émotion éprouvée. Je le dis souvent, pour les grincheux, ceux qui pinaillent et cherchent LE détail qui leur aura déplu : attachez vous plutôt à ce qui a été sublime dans une oeuvre, à ce qui a été bouleversant. Si une oeuvre contient des pages qui sortent de l’ordinaire, du moyen, et vous tire vers le haut, alors cette oeuvre a atteint son but.
Ce n’est pas que l’on oublie, c’est plutôt que l’on ne sait pas ou que l’on cache. Le roman débute quasiment dans le présent, et il nous renvoie à la Floride des années 60. La Floride, cet état qui fait rêver de nombreuses personnes, symboles d’une retraite dorée au soleil. La Floride, c’est aussi et surtout un état du Sud, où la Ségrégation existe bel et bien. Alors, être un adolescent noir, c’est tâcher de se faire une place dans la société, une place que la société vous refuse de toute façon – parce que vous êtes noir. Etre victime d’une erreur judiciaire est impossible – vous êtes noir, les erreurs judiciaires ne sont pas possibles.
Et vous êtes alors envoyés dans une maison de correction, un endroit où l’on fera de vous un homme honnête. Les méthodes ? Les mauvais traitements, les sévices, la torture, le viol. Le meurtre. Si ces méthodes n’ont jamais corrigé personne, elles réduisent au silence ceux que l’on estime « poser problèmes ». Parce qu’ils ont commis des délits mineurs. Parce qu’ils sont orphelins et parce que l’Etat ne sait pas quoi faire d’eux. Parce qu’ils sont noirs.
L’espoir ? Il s’en va, insidieusement, au fil des pages, et même ceux qui ont quitté Nickel ne le quitteront jamais tout à fait.
Nickel boys – une oeuvre forte, définitivement.

Dans la vallee de l’ombre de la mort de Kirk Mitchell

Présentation de l’éditeur :

Au beau milieu du carnage de la Guerre de Sécession, un tueur s’attaque à des femmes Dunkers, ces Baptistes allemands qui refusent de porter les armes pour l’un ou l’autre camp. Le colonel Simon Wolf, Juif Sudiste engagé dans l’armée du Nord, va traquer le meurtrier jusqu’au bout dans ce gâchis absurde où l’on entasse bras et jambes coupés dans un chariot et où le typhus finit le travail commencé par les armes parce qu’on a installé les latrines de l’hôpital près de la seule source disponible.

Mon avis :

Ce roman était depuis très longtemps dans ma PAL – trop longtemps. Dans la vallée de l’ombre de la mort a un titre magnifique, et c’est un roman historique passionnant. il se déroule pendant la guerre de Sécession et nous suivons le colonel Simon Wolf. Il est juif, il est chirurgien, il est engagé auprès de l’armée unioniste alors qu’il est originaire du Sud. Au cours d’une bataille – une parmi tant d’autres qui déchireront cette guerre – il est gravement blessé et est amputé du bras droit. S’il ne peut plus opérer, il peut quand même soigner, et reste dans l’armée. Il se retrouve mêler à une affaire de meurtres, affaire dans laquelle il est quasiment le seul à vouloir faire toute la vérité.

Est-ce un roman policier ? Non, pas tant que cela. Il s’agit plutôt d’une plongée dans la folie des hommes. Les règles de la guerre ? Tuer, même un ennemi désarmé. Les généraux ? Assoiffés de sang. Le personnage que j’ai trouvé le plus sympathique – en dehors de Simon, qui fait ce qu’il peut, y compris mettre sa vie en jeu, pour sauver autrui – est Mosby, militaire confédéré, plus respectueux de la vie humaine que Custer ou Sheridan. J’ai été soulagée, en faisant des recherches, de découvrir qu’il avait survécu à cette guerre. Quant à Custer, il n’en est ici qu’à ses premiers faits d’armes – malheureusement.

Les victimes sur lesquelles Simon Wolf enquête ? Ce sont des dunkers, des fermiers d’origine allemandes profondément pacifistes : ils refusent de porter les armes pour l’un ou l’autre camp. Nous faisons une plongée dans leur monde, à travers les yeux de Rebekka, une jeune veuve, mère d’un nourrisson, Hannes. Alors oui, leur mode de vie peut paraître très strict, cependant, leur pacifisme, leur absence de cupidité me les rendent sympathiques. Simon Wolf a bien du courage de s’obstiner à soigner, à enquêter, étant donné les moyens de l’époque, et quelques aberrations en prime.

Un superbe roman.

Tombes Oubliées par Lincoln Child & Douglas Preston

Présentation de l’éditeur :

Nora Kelly, de l’Institut archéologique de Santa Fe, est approchée par l’historien Clive Benton pour localiser le Campement perdu de l’expédition Donner, introuvable depuis 1847, afin d’y effectuer des recherches historiques… et mettre la main sur un trésor.
Benton a en effet trouvé le journal d’une victime de l’expédition, au cours de laquelle des pionniers, coincés par une tempête de neige dans la Sierra Nevada, n’ont eu d’autre choix que de s’entredévorer pour survivre…
Mais, outre de vieux ossements et quelques pièces d’or, ce qu’ils vont découvrir va faire grimper la température de plusieurs degrés. D’autant que la jeune agente du FBI Corrie Swanson, qui a rejoint Nora et son équipe, leur apprend que les fouilles en cours ont un lien avec des exactions commises de nos jours…
Dans le premier volet de cette nouvelle série, Preston & Child braquent le projecteur sur deux femmes, déjà croisées dans certaines des enquêtes de l’inspecteur Pendergast, du FBI, leur personnage fétiche

Mon avis :

Je tiens à préciser que j’ai eu la chance de lire ce livre en avant-première, alors qu’il n’était pas question de reconfinement, et, qu’hélas, ce livre paraîtra en plein reconfinement. Ou après. Je poste malgré tout mon avis, parce qu’il est important de lire et de partager.
Tout d’abord, j’ai aimé retrouvé Corrie Swanson, que j’ai découvert au fin fond du Kansas dans les croassements de la nuit. Je suis surtout heureuse de voir que les deux auteurs ont su développer leur personnage – devenue la collègue de Pendergast. Elle se voit attribuer sa première mission !
De son côté, Nora (qui connait aussi Pendergast, le monde est petit), est elle aussi plongée dans une nouvelle mission, d’un tout autre genre : localiser le Campement perdu, qui n’a pas été localisé depuis 1847. S’il y a peu de chance qu’il reste des témoins de cette époque, en revanche, le journal d’une des membres de l’expédition vient d’être retrouvé, et se trouve riche en enseignements. Soyons clair : ce n’est pas pour l’enseignement que la directrice de l’Institut archéologique de Santa Fe donne son feu vert pour avancer des capitaux en vu de retrouver le campement. L’histoire des pionniers américains, c’est bien. Retrouver leur or, c’est mieux.
Ce n’est pas exactement la petite maison dans la prairie qui nous attend à la lecture de ce roman. Les pionniers n’ont pas hésité à pratiquer le cannibalisme pour survivre. Ou plutôt pour tenter de survivre – quand on en arrive à cette extrémité, c’est que, déjà, plus grand chose ne va dans la caboche. Le récit est d’autant plus horrible qu’il a donné naissance à des légendes, qui, comme toute légende, sont basées sur des faits réels : Samantha, six ans pour toujours, chercherait sa jambe, qui a été prélevée sur son cadavre, pour être mangé. Bien que morte depuis cent cinquante ans, Samantha est un personnage essentiel de l’intrigue, qui révèle l’humanité des personnages – ou son absence. Oui, contrairement à ce que certains journaleux écrivent, chacun a droit de reposer en paix.
Même si certains faits sont sanglants, ils sont cependant très crédibles, et montrent une autre facette de la Conquête de l’ouest. Ce qui est toujours d’actualité, malheureusement, c’est la soif de l’or, que rien ne semble pouvoir désaltérer. J’ai aimé aussi l’aspect surnaturel qui nimbe ce roman : oui, certains faits ne trouvent son explication que si l’on croit aux fantômes, ou si l’on accepte d’y croire. Pourquoi pas ? Tant que l’on nous raconte de belles histoires…..
Un roman que j’ai aimé lire, des héroïnes que j’ai très envie de retrouver à nouveau. Que demander de plus ?

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