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Les veuves de Malabar Hill de Sujata Massey

édition Charleston – 624 pages

Présentation de l’éditeur :

La première avocate de Bombay mène l’enquête

Années 1920, Inde.
Perveen Mistry vient de rejoindre le cabinet d’avocats de son père, devenant la toute première femme avocate en Inde, un statut qui ne manque pas de faire débat. Mais quand un meurtre est commis dans une riche maison musulmane pratiquant la purdah (séparation stricte des femmes et des hommes) elle est la seule à pouvoir mener l’enquête. En effet, les seules survivantes – et potentielles témoins du crime – sont les trois veuves du riche marchand, vivant recluses dans une partie de la maison interdite aux hommes. Seule Perveen peut comprendre ce qui s’est réellement passé à Malabar Hill …
Une enquête passionnante, qui nous plonge au cœur de la société indienne du début du XXe siècle et de la place qu’y occupent les femmes.

Mon avis :

Mon rythme de lecture et mon rythme d’écriture diffèrent grandement. Qu’à cela ne tienne : voici ma chronique sur Les veuves de Malabar Hill, premier roman policier mettant en scène Perveen Mistry.

Nous sommes dans les années 20, nous sommes en Inde, pays qui est toujours à l’époque, il est bon de le rappeler, sous domination anglaise. Perveen a d’ailleurs étudié à Oxford, d’où elle est sortie diplômée. Elle a même gagné au cours de ses études une amie, Alice, amitié que ses parents ne voient pas forcément d’un bon oeil, les parents d’Alice non plus. L’on saura dans le cours du roman pourquoi elle n’a pas pu poursuivre ses études en Inde. Elle ne peut pas plaider, elle n’en a pas le droit, par contre, elle peut travailler dans le cabinet de son père, avocat reconnu : elle l’aide à préparer ses dossiers, à faire des recherches. Un jour pourtant, il semble qu’elle pourra, non pas plaider, mais exercer véritablement. Un des clients de son père, Omar Farid, vient de mourir – de mort naturelle. Ses trois veuves ne peuvent avoir de contact avec des hommes qu’à travers le jali, un mur grillagé qui, dans leur logement, sépare le quartier des hommes du quartier des femmes. Quand je dis « contact », je devrai plutôt dire « elles ne peuvent parler ». Aussi Perveen propose-t-elle de les aider, pour gérer la succession qui ne s’avère pas des plus faciles. Comme si la situation n’était pas déjà épineuse, l’homme qui devait veiller sur elle, cet homme de confiance, est assassiné dans la maison de Malabar Hill. Qui peut avoir commis ce crime ? Pourquoi ? Surtout, les trois veuves et leurs enfants se retrouvent désormais sans protection. La police mène l’enquête mais, sans trop en dévoiler, ne se défie pas assez des apparences, et surtout, peine à comprendre les contraintes liées à la pratique de la purdah.

Parallèlement, certaines parties du roman, nettement délimitées, nous renvoient cinq ans en arrière, quand Perveen était encore une jeune fille assez naïve. Oui, quand on lit les premiers chapitres, on peine à le croire. Et pourtant…. ces retours dans le passé nous font mesurer le chemin qu’elle a parcouru, les embûches qu’elle a dû surmonter, et les liens qui existent encore entre son passé et son présent. Être sur ses gardes, ne pas tomber dans des pièges, ne pas céder à une fausse compassion – Perveen a encore des combats à mener pour se libérer de ce passé.

Les veuves de Malabar Hill n’est pas un thriller sanglant. Je le qualifiera plus volontiers de « roman policier historique », qui nous en apprend énormément sur cette société indienne des années 20, notamment sur le sort qui était réservé aux femmes. Je pense que certains passages feront bondir littéralement le lecteur, du moins, je l’espère. Mesurer le chemin parcouru ne signifie pas nécessairement la fin des combats – voir la situation actuelle des femmes en Inde.

L’épaisseur du livre ne doit pas faire peur, parce qu’il est vraiment très prenant. J’ai eu envie de savoir ce qu’il allait advenir pour Razia, la première épouse, et sa fille unique Amina, aussi vive qu’elle est attachante, pour Sakina, la seconde veuve, mère de trois enfants dont un fils, le seul fils d’Omar Farid, pour Mumtaz enfin, dernière épouse, musicienne de son état, la seule à ne pas avoir d’enfant, celle dont la situation est la plus précaire. Bien sûr, j’ai eu envie aussi de savoir comment Perveen allait aider l’enquête à avancer, comment elle allait aider les trois veuves, ne serait-ce qu’à préserver le peu de droit qu’elles ont.

Un roman à découvrir.

 

La grange d’Angie Kim

Présentation de l’éditeur :

Lauréat du Edgar Award du premier roman 2020.
Servi par une intrigue originale aux multiples tiroirs et au décor insolite, un roman d’atmosphère ingénieux et déroutant, qui nous rappelle que la vérité se loge dans un épais camaïeu de gris… Installés en Virginie, Young et Pak Yoo, couple d’immigrés modèles, ont investi toutes leurs économies pour transformer leur grange en centre de soins alternatifs. Depuis, une poignée de patients réguliers se pressent dans leur cabine pressurisée, réputée pour traiter diverses pathologies. Ici, chacun se connaît, s’apprécie. Et puis, un soir : une étincelle dans l’oxygène, une explosion mortelle. Henry, un petit garçon autiste, meurt sur le coup.
Acte de négligence ? Homicide volontaire ? L’effroi est total.
Un an plus tard, la dizaine de personnes présentes à la grange ce soir-là se retrouve à la barre dans un procès retentissant. La police, les médias ont choisi leur coupable. Mais qu’en est-il de la vérité ?

Merci aux éditions Belfond et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Angie Kim est américaine mais elle est née à Séoul, en Corée du Sud. Comme Mary, la fille de Young et Pak Yoo, elle est arrivée aux Etats-Unis à l’adolescence. Elle et sa famille se sont installées à Baltimore puis elle a fait des études de droit à Stanford et Harvard. Il n’est donc pas étonnant qu’elle connaisse aussi bien le milieu du droit et tout ce qui peut se passer dans une famille qui a tout quitté pour donner un avenir meilleur à son enfant.

Oui, le roman s’ouvre sur un procès, qui devra clore le drame qui a eu lieu en Virginie. Young et Pak Yoo ont en effet transformé leur grande en centre de soin alternatif. Késako ? Il s’agit d’une nouvelle thérapie, pas totalement reconnue par la médecin, mais qui semble donner de bons résultats. Les parents se pressent d’amener leur enfant atypique pour tester cette thérapie, à laquelle d’autres s’opposent avec virulence, montrant les dangers de cette thérapie, et questionnant ces parents qui veulent que leurs enfants autistes changent. Pourquoi ne pas les accepter tels qu’ils sont ? Pour ma part, je serai claire, nette et précise : quand un de vos enfants est en souffrance, et que vous êtes parents, c’est insupportable. Alors oui, l’on peut vouloir tout tenter, parce que cette vie est douloureuse pour lui, pour ses parents, pour ses proches. Elizabeth s’est investie totalement, a tout tenté pour son fils, traquant dans l’alimentation les substances qui pourraient augmenter ses troubles. Aujourd’hui, c’est elle pourtant qui est sur le banc des accusés : ce serait elle qui aurait provoqué l’explosion de la grange, causant ainsi la mort d’Henry, son fils, et d’une de ses meilleures amies.

La tension est bien présente dans le récit, que ce soit pendant les scènes de procès, ou pendant les retours en arrière qui nous permettent de découvrir les personnages qui tous ou presque ont quelque chose à cacher. Parfois, ils estiment que les mensonges ne sont pas très graves, il est tellement facile de se dédouaner soi-même. Il est tellement difficile de vivre avec les accusations que l’on se porte soi-même.

Etre mère, ce n’est pas simple, ce n’est pas instinctif quoi que certain(e)s pensent encore. Ce n’est pas l’accomplissement absolu et rêvé pour une femme. C’est beaucoup de douleurs, ce sont des pensées que l’on a et qu’il faut taire, parce qu’elle tranche avec les idées communément admises sur la maternité, et répandue un peu partout. Ne parlons même pas d’avoir un enfant différent. C’est toujours à la mère de se sacrifier, de mettre tout sa vie entre parenthèses parce qu’il nécessite tout son temps, toute son énergie, tous ses soins. Se plaindre ? La société n’est pas prête à l’entendre. Prendre du temps pour soi ? Impensable. Etre mère, ce n’est pas tout rose, et ce n’est pas Young qui dira le contraire.

Young m’a fait penser à d’autres héroïnes de romans coréens. Oui, elle obéit à son mari – c’est lui qui a pris la décision du départ pour les Etats-Unis, lui qui a choisi de rester au pays, le temps qui était nécessaire pour qu’ils puissent tous les trois s’installer correctement. Oui, c’est elle qui a travaillé énormément, les parents qui les ont recueillis ne l’ont pas fait par charité, voyant finalement très peu sa fille Mary. Celle-ci n’est pas que ballotée entre deux cultures, elle reproche clairement à sa mère de ne pas s’être opposée à son père, bref, d’avoir respecté la tradition. Et je me suis demandé, au cours de ma lecture, si elles allaient prendre toutes deux leur destin en main – Mary est elle aussi une victime de l’explosion, elle a tenté de porter secours aux patients.

La grange est un premier roman. Il est avant tout pour moi un livre d’une très grande richesse, comportant véritablement plusieurs strates de lecture. Il peut intéresser les lecteurs qui apprécient les romans policiers, ceux qui aiment la littérature américaine, ou encore ceux qui veulent en savoir plus sur la Corée du Sud. Bref, La grange est un livre qui a de quoi intéresser un large public.

 

Les heures furieuses de Casey Cep

 

édition Sonatine – 400 pages

Présentation de l’éditeur :

Sur les traces du manuscrit perdu de Harper Lee.
Années 1970. Alabama. Le révérend Willie Maxwell est accusé de cinq meurtres. Avec l’aide de Tom Radney, avocat hors pair, il parvient à échapper à la justice… avant d’être abattu lors des funérailles de sa dernière victime présumée. En dépit des centaines de témoins présents, Robert Burns, son assassin, est acquitté – grâce, une nouvelle fois, à Tom Radney.
Dans la salle d’audience, une femme passionnée par l’affaire est venue de New York pour suivre les débats. Son nom : Harper Lee. Dix-sept ans après Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, elle trouve dans cette histoire tous les ingrédients pour écrire enfin son deuxième livre et rivaliser avec De sang-froid de son ami Truman Capote. Un an d’enquête dans la région, puis un an chez elle à travailler à sa propre version des faits, pour finalement aboutir à un manuscrit que personne ne retrouvera jamais.

Merci aux éditions Sonatine et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

C’est par curiosité que j’ai voulu découvrir ce livre – et parce que j’aime beaucoup les éditions Sonatine aussi.

Harper Lee est une autrice que j’ai découvert par le plus grand des hasards, et je ne peux pas dire que la lecture de son roman Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur fut pour moi un coup de coeur. Je l’ai lu, j’ai passé un moment dans l’Alabama poisseux aux secrets bien cachés, et c’est ma foi tout. Ce n’est pas une raison pour ne pas découvrir le parcours de cette femme.

Tout commence avec l’envie d’écrire un livre, un autre livre que celui qui la poursuit depuis sa parution, livre qui l’a mise à l’abri du besoin, livre dont elle ne veut surtout pas parler – et elle donnera fidèlement son amitié à ceux qui respecteront ses choix.

Années 1970. L’Alabama a-t-elle changé ? Les proches du révérend Willie Maxwell décèdent les uns après les autres, sa première femme, sa seconde femme, son neveu, sa belle-fille…. Ils décèdent tous de morts violentes, pour ne pas dire assassinés. Les coupables ne sont pas retrouvés ou plutôt, le révérend est souvent soupçonné, presque toujours innocenté. Je dis « presque » parce que, alors qu’un nouveau procès s’ouvrait, Willie Maxwell est assassiné par un proche de la dernière victime. Pas de suspens inutile : tout comme le révérend lors de son premier procès, Robert Burns sera acquitté. Avoir un très bon avocat – le même pour les deux hommes, ironie du sort quand tu nous tiens – cela aide.

Essai ? Biographie ? Chaque partie de cette oeuvre est consacrée à l’un de ses protagonistes, le révérend, l’avocat ou l’auteur. Il nous parle également du contexte dans lequel l’action a eu lieu – si les assurance-vie n’avaient pas connu un immense essor, peut-être rien de tout ceci n’aurait eu lieu. Quant à Robert Burns « Big Tom », il a essayé de faire une carrière politique dans l’Alabama raciste des années 60-70, Etat qui n’appréciait pas vraiment que l’on puisse défendre les droits des Afro-américains. Le harcèlement, les menaces, ne sont pas seulement des fléaus de notre temps.

Et Harper Lee ? Nous suivons son parcours, de sa naissance, petite dernière d’une famille de quatre enfants, à sa mort; Nous la croisons avec Truman Capote, son voisin, son ami d’enfance avec qui elle partira enquêter – les notes de Nelle ne sont pas pour rien dans l’écriture de De Sang-froid. Nous suivons, avec elle, la difficulté d’écrire, la difficulté de recueillir un matériel, puis de le mettre en mot, en forme, de construire une oeuvre cohérente, pour ne pas dire construire une oeuvre tout court. Que veut-on dire, que veut-on démontrer quand on écrit l’histoire d’un révérend assassiné, de son assassin quasiment acquitté et de leur avocat ? Harper Lee a certainement écrit pendant des années, pendant toutes ses années, sans parvenir à écrire une oeuvre qui correspondrait à ses exigences, à ses attentes. Il est question aussi… d’écrire une oeuvre qui pourra être publié, qui conviendra à un éditeur. Oui, avant de trouver son public, un roman doit aussi trouver son éditeur.

Les heures furieuses est une oeuvre dense, complexe, qui nous parle à la fois de l’Amérique sudiste, de l’Amérique qui ne voit même pas ses dysfonctionnements, et de la difficulté d’être – d’être Harper Lee, tout simplement.

L’enfant du silence d’Abigail Padget

édition Rivages/Noir – 272 pages.

Présentation de l’éditeur :

Un enfant de quatre ans, de race blanche, a été retrouvé sur la réserve indienne des Barona, dans une bâtisse inhabitée, à cinq heures trente du matin. Il était attaché à un matelas par une corde à linge. Bo Bradley, du service de protection de l’enfant, a été chargée de son dossier. Pourquoi était-il attaché, et la personne qui l’a mis là avait-elle l’intention de revenir ? Bo découvre que l’enfant est sourd, et s’attache à lui. Mais, bientôt, des tueurs surgissent à l’hôpital où est soigné le rescapé et cherchent à le tuer. Bo engage alors une course contre la montre pour découvrir quelle malédiction pèse sur l’enfant et essayer de le sauver.

Mon avis :

A ma connaissance, les enquêtes mettant en scène Bo Bradley ne comportent que cinq tomes. Aussi, même si celui-ci était dans ma PAL depuis deux ans, c’est un choix de ma part de ne pas l’en avoir sorti plus tôt : faire durer le plaisir (il me reste encore deux tomes à lire). Le hasard fait que la bibliothèque municipale comporte les tomes 3 et 4, je me suis donc procurée plus tard les 1, 2 et 5.

Ce tome est celui qui nous permet de faire connaissance avec Bo. Elle est ce que l’on nommait à l’époque maniaco-dépressive et que l’on nomme maintenant atteinte de troubles bipolaires. Bo connaît parfaitement sa maladie, elle se voit, et juge les symptômes qu’elle ressent, elle sait quand elle a besoin d’un traitement, elle sait dans quelle phase de sa maladie elle se trouve et les conséquences que cela peut avoir dans son comportement, dans ses perceptions. Elle sait également que sa soeur Laurie en est morte – elle s’est suicidée à l’âge de vingt ans, et cela a changé du tout au tout la vie de Bo, qui sombra dans la dépression et fut internée pendant trois mois. Elle résolut aussi de ne pas avoir d’enfant, ce que ne comprit pas son mari, qui divorça : avec deux frères prêtres, il était nécessaire pour lui d’avoir une descendance – pour lui. Bo ne voulait pas transmettre ses tourments à un enfant, elle sait ce que c’est d’être au fond de la dépression, au point que l’on ne veut jamais, ni revivre cela, ni l’affliger à un autre être humain.

Bo accomplit parfaitement son métier, elle travaille à la protection de l’enfance. Les feux des projecteurs ont malheureusement été braqués sur eux après qu’une fillette, dont la garde a été rendue à la mère, a été tuée par le compagnon de celle-ci. Le docteur Andrew La Marche, chantre de la protection de l’enfance, n’a pas de mots assez durs pour stigmatiser les services sociaux. Et que croit-il ? Qu’Angela, l’agente qui a témoigné en faveur de la mère, ne se demande pas ce qu’elle n’a pas vu ? Quant à Bo, elle sait très bien que chacun peut mentir, de façon suffisamment convaincante pour être cru.

Bo et La Marche n’étaient pas vraiment fait pour s’entendre. Et pourtant : un petit garçon les réunit, un petit garçon blanc qui a été trouvé attaché à un radiateur dans une réserve indienne. La vieille femme qui l’a trouvé a les pieds sur terre, et la tête dans le monde des esprits. Elle sait… que l’histoire ne fait que commencer, que le danger est toujours là. Et si ce petit garçon ne communique pas, ce n’est pas parce qu’il est attardé, c’est parce qu’il est sourd.

Ce serait presque simple, les rouages de la protection de l’enfance sont bien huilés, n’était… l’instinct de La Marche, l’instinct de l’infirmier chargé de veiller sur l’enfant, qui sauve la vie de ce dernier. Oui, un autre infirmier est tué – en se portant au secours de Weepoo, nom qui d’après Bo est le sien – mais il faut toujours se rappeler, en lisant un polar – ou en écoutant les informations télévisées à visée sensationnelle – que le responsable d’un meurtre, c’est celui qui l’a commis, non la victime qui a eu la vie sauve grâce à un sacrifice. Et ce roman nous montre qu’il est des personnes qui sont prêtes à tout pour sauver la vie d’un enfant. Je préfère nettement retenir ses personnes que celles qui n’ont définitivement aucune empathie et se moquent du mal qu’elles sèment autour d’elles. C’est vers cette direction que tend le roman tout entier, penser à ceux qui oeuvrent pour le bien, qui sont prêts à s’oublier pour les autres.

Bo, Andrew La Marche, ont plus de points communs qu’ils ne le pensent, eux qui vivent avec le poids de la mort d’un proche dont ils se sentent responsables, comme si leur vie respective n’était qu’un long chemin douloureux qu’ils s’imposaient pour expier leurs fautes, ou ce qu’ils considèrent comme telles. Avec La Marche et Weepo, nous plongeons dans une société américaine en quête de respectabilité et de « noblesse », et si nous voyons avec Andrew comment il en est revenu, faisant un examen de conscience strict et douloureux, nous comprenons que d’autres ne sont pas prêts à abandonner les apparences, la quête de pouvoir et de puissance pour s’intéresser à l’humain. Ce serait vraiment trop leur demander.

L’enfant du silence est une oeuvre magnifique, qui va bien au-delà du genre policier.

Lu pour le challenge Un mot, des titres chez Azilis

 

 

11 h 14 de Glendon Swarthout

Présentation de l’éditeur :

Jimmy ne sait rien refuser à son ex-femme Tyler. Même quand elle lui demande de se rendre au Nouveau-Mexique enquêter sur la mort suspecte de son amant, il finit par céder. Il est vrai que l’histoire est intrigante : Tyler est persuadée qu’il s’agit d’un meurtre, dernier rebondissement de la tragédie sanglante qui a opposé ses deux grands-pères au début du siècle. Jimmy débarque donc à Harding, la petite ville natale de Tyler, avec son look new-yorkais et sa Rolls de collection. Et la trouille au ventre. A juste titre d’ailleurs, car très rapidement, on essaie de le tuer, lui aussi…
Mon avis :
Jimmy est un homme charmant. Il est ce que l’on appellerait de nos jours un adulescent (le roman a été écrit en 1979), un ado qui ne veut surtout pas grandir et qui le dit haut et fort à son ex-femme Tyler. Celle-ci a eu en effet une drôle d’idée : demander à Jimmy de l’accompagner à l’aéroport pour chercher le cercueil contenant le corps de son nouveau compagnon, Max Sansom. Jimmy refuse – un temps. Là où l’affaire se corse, c’est quand Tyler demande à Jimmy d’enquêter au Nouveau-Mexique sur la mort de Max, romancier scandaleusement à succès qui s’est fait connaître en tirant sur l’une de ses ex-femmes. Jimmy, ses costumes Cacharel et sa rolls, se rendent donc dans la petite ville d’où est originaire Tyler, ville célèbre pour deux procès qui opposèrent ses deux grands-pères dans les années 1910. Jimmy entendra maintes et maintes fois la légende locale, et découvrira que, finalement, beaucoup de faites restent cachés !
C’est peu dire qu’il détonne, notre écrivain de livres pour enfants fier de ce qu’il écrit et de son succès – et pourquoi ne le serait-il pas ? Il n’a qu’une hâte : rentrer chez lui après avoir assuré Tyler que Sansom était mort accidentellement. Si ce n’est que des faits assez étranges surviennent : la vie de Jimmy, auteur de livres pour enfants, rappelons-le, est menacé. Bon sang de bonsoir, que s’est-il passé à Harding en 1910 et en 1916 pour justifier ce qui se passe en 1977 ?
Jimmy découvre que Tyler lui a caché bien des faits. Il découvrira des faits qu’il aimerait lui cacher – parce que les apprendre la bouleverserait trop. Ce n’est pas que B. James Butters se retrouve dans une affaire qui le dépasse, non, c’est qu’il est embarqué dans une affaire qui dépasse depuis longtemps les survivants des deux retentissants procès, empoisonnant jusqu’à leurs descendants.
Ce que j’aime dans ce livre, c’est l’humour et la distance avec laquelle l’histoire nous est raconté par Jimmy. Il semble quasiment dire : « je ne suis pas concerné par cette histoire, je suis là totalement par hasard, surtout, surtout, faites comme si je n’étais pas là ! » Et pourtant, il est là, il est mordant, caustique avec certains, les pousse dans leurs retranchements, sait appuyer là où cela fait mal et creuse là où s’est nécessaire. Par contre, il sait parfaitement être… non, pas bienveillant, ce n’est pas un mot de cette époque. Charmant ? Oui, charmant avec ceux qui le méritent vraiment. Charmant et charmeur d’ailleurs, ne se départant jamais ni de son humour ni de sa franchise. Se retrouver en plein western à la toute fin des années 70 : qui aurait pu le lui prédire ?
PS : la signification du titre ? Ah non, pour la découvrir, il faut vraiment que vous lisiez ce livre !

Le dard du Scorpion par Douglas Preston et Lincoln Child

Meurtres et charlotte aux fraises de Joanne Fluke

Présentation de l’éditeur :

Hannah est de retour ! Incapable de fonctionner sans café et toujours en proie à ses passions dévorantes pour son chat et pour le chocolat, la jeune femme s’apprête à participer au concours du meilleur pâtissier de la ville. C’est l’occasion, elle en est certaine, d’offrir une très bonne publicité à sa boutique de cookies. Mais la fête est vite gâchée : Boyd Watson, entraîneur de l’équipe de basket du lycée, est retrouvé mort, le visage enfoncé dans la charlotte aux fraises de notre pauvre Hannah. Les premiers soupçons se tournent vers Danielle, la femme de Boyd, victime de maltraitance. Bien décidée à prouver l’innocence de cette dernière, Hannah décide de s’en mêler, malgré les avertissements de son « prétendant », le policier Mike Kingston. Mais ce genre d’enquêtes, apparemment, Hannah y a pris goût ! Rebondissements incessants, personnages délicieux et recettes fatales… Les amateurs de surprises et de sucreries vont se régaler !

Mon avis :

J’ai découvert que cette série comptait à ce jour une vingtaine de tomes. C’est seulement maintenant que les tomes 1 et 2, datant de 2000 et 2001 sont traduits. Bref, quand je l’ai découvert, j’ai eu un petit coup de mou qui a retardé l’écriture de cet avis.
Je me rends compte que je n’ai pas non plus grand chose à en dire. Oui, la lecture fut divertissante sauf les scènes mettant en scène… le dentiste. Oui, la mère d’Hannah espère que sa fille se mettra en couple avec le dentiste local et l’encourage vivement à le fréquenter. De plus, il sera indispensable pour la résolution de l’enquête. Tout le monde a des secrets, mais tout le monde, contrairement à Hannah, ne respecte pas les secrets des autres. La confiance, c’est important, et elle prouve que les autres peuvent avoir confiance en elle.
Nous sommes en 2001, et pourtant, s’il est une chose qui n’a pas changé, c’est le sort des femmes battues, et l’emprise que leurs maris peuvent avoir sur elles. Boyd Watson est un très bon entraîneur, droit, loyal. Il bat sa femme, pour un oui, pour un non, le matin, ou le soir. Mais sinon, il est « très gentil », et parfois, c’est un peu la faute de sa femme – dit celle-ci. L’aider ? Hannah essaie, mais il est difficile d’aider quelqu’un qui est tellement conditionnée qu’elle ne voit pas comment s’en sortir. Dire que ses hommes savent donner le change à l’extérieur est une évidence malheureuse.
Boyd est assassiné, et un assassinat n’est jamais une raison de se réjouir. Surtout, si la vérité venait à éclater au grand jour, peu de personnes soutiendrait Danielle, pour ne pas dire qu’elle ferait une coupable toute trouvée.
Tout en travaillant pour le concours du meilleur pâtissier de la ville, Hannah enquête, avec l’aide de sa soeur avec laquelle elle ne s’entend pas si mal qu’elle le pensait, en dépit (ou grâce à ?) leur différence de caractère. Leur petite ville cache bien plus de secrets, on en revient là, qu’elles ne le pensaient.
Meurtres et charlotte aux fraises, et ses nombreuses recettes de cuisine, fut une lecture agréable. Je manque simplement de courage et de patience littéraire pour attendre la parution, la traduction de tous les autres tomes.

Tous les noms qu’ils donnaient à Dieu d’Ajali Sachdeva

Edition Albin Michel – 292 pages
Présentation de l’éditeur:
Mêlant passé, présent et avenir, Anjali Sachdeva signe un premier recueil magnétique et délicieusement inventif qui plonge le lecteur entre effroi et émerveillement. S’y côtoient une femme, au temps de la conquête de l’Ouest, qui attend son mari dans une maison perdue au milieu des Grandes Plaines et finit par trouver refuge dans une grotte secrète ; deux jeunes Nigérianes kidnappées par Boko Haram se découvrant le mystérieux pouvoir d’hypnotiser les hommes ; ou encore un pêcheur embarqué sur un morutier qui tombe éperdument amoureux d’une sirène dont chaque apparition engendre une pêche miraculeuse…
La prose étrange et magnifique d’Anjali Sachdeva embrasse le connu et l’inconnu avec une grâce et une puissance rares. Chacune de ses nouvelles interroge les forces implacables, cruelles ou bienveillantes, qui nous gouvernent, et donnent au lecteur la sensation de marcher sur un fil. Une révélation.
Merci aux éditions Albin Michel pour leur confiance.
Mon avis :
Il n’est pas facile de chroniquer un recueil de nouvelles, genre hélas sous-estimé en France, sans tomber dans les clichés. Vais-je les éviter ? J’essaierai en tout cas !
Dans ce premier recueil, Anjali Sachdeva nous emmène dans des univers différents, des univers qui ne sont pas forcément les miens, et parvient à faire se côtoyer la science-fiction, le policier ou le roman historique – s’il faut voir un lien entre les nouvelles, je vois d’abord une progression chronologique. Je vois aussi l’émotion que peuvent nous procurer les personnages. Je m’attarderai ainsi sur la première héroïne, Sadie. Albinos, elle ne supporte pas la lumière du jour, et effraie ceux qui la croisent – ne pas aller plus loin que ce que la superstition ou la crédulité leur dicte. Elle est pourtant mariée, depuis peu, et attend le retour de son mari, parti chercher fortune ailleurs. Elle est seule, inexorablement mais elle explorera une grotte, qu’elle a découverte, seule, toujours. Son destin, son courage, sa dignité aussi, sont poignants.
Jusqu’où peut-on aller par amour ? Très loin. C’est ce que fait Henrick van Jorgen, l’un des personnages principaux de « Poumons de verre » pour sa fille. Danois émigré à New York, il est resté handicapé après un accident du travail, comme nous dirions de nos jours. Mais nous ne sommes pas de nos jours, nous sommes et c’est avec courage qu’il prendra soin de sa fille, qu’elle prendra soin de lui, et qu’au bout du compte, ils se retrouveront en Egypte, à la recherche d’un tombeau.
Jusqu’où peut-on aller pour survivre ? Oui, les deux héroïnes de « Tous les noms qu’ils donnaient à Dieu » se vengent, elles se vengent de ceux qui les ont enlevées, violées, torturées, mariées de force. C’est une vengeance extra-ordinaire, une vengeance qui les fait aussi, non pas retourner dans leur vie d’avant, elles savent que c’est impossible, mais de renouer avec elle, peu à peu, sans être constamment dans la crainte.
J’ai trouvé presque drôle, en comparaison, l’aventure de Robert dans « Logging Lake ». Il a rompu avec Linda, sa compagne de longue date, il a rencontré une autre femme, Terri, et voici que lui, le sportif du dimanche (et encore) se retrouve à partir en randonnée. il vivra des péripéties parfois cocasses, parfois tragiques, et restera avec une énigme non résolue, et une vie remise dans… le droit chemin ? Peut-être.
Autre nouvelle qui se teinte de policier, « Tout ce que vous désirez » est l’histoire d’une jeune femme prisonnière de son milieu aisé, prisonnière de son père, et qui tend à s’émanciper, tout en cherchant à obtenir l’homme qu’elle désire. Au lecteur de voir jusqu’à quel point elle suit les préceptes de son père, et à quel point elle peut s’en désolidariser.
En écrivant cet article, j’ai déjà l’impression de beaucoup trop en dévoiler, et de risquer de gâcher le plaisir de lectures, si je parlais trop par exemple de « Robert Greenman et la Sirène »  ou de « Tueur de rois » qui sont deux nouvelles teintées de fantastique. Cependant, si vous aimez la science-fiction, les nouvelles « Manus » ou « Les Pléiades » devraient vous interpeler, vous questionner, sur ce que l’être humain est prêt à accepter, ou sur ce que l’être humain est capable de tenter. Pour le meilleur ? Parfois oui. Il est des personnes qui sont capables d’aller très loin pour faire (enfin) réagir les autres.
Un superbe recueil.

La lune du chasseur de Philip Caputo

Présentation de l’éditeur :

Couverte de forêts, peuplée d’ours, de cerfs, d’élans et d’innombrables espèces d’oiseaux, la péninsule supérieure du Michigan est une région splendide et sauvage. Will Treadwell, propriétaire d’un pub près du lac Supérieur, y joue à l’occasion les guides de chasse.
Pour lui et ses semblables, les temps sont durs. Les valeurs de ces hommes « d’un autre temps » sont mises à mal, leurs femmes et leurs enfants les comprennent de moins en moins. À la crise économique qui frappe la région, s’ajoute une crise existentielle : nos héros subissent aujourd’hui les affres d’une époque où ils ne trouvent plus leur place. La dépression guette, et une nature magnifique n’est pas toujours suffisante pour la tenir à distance.
Philip Caputo nous conte ici les histoires de Will et de ceux qui l’entourent. Autant de portraits sensibles de ces hommes qu’il connaît, qu’il côtoie, et qui ne s’y retrouvent plus. Des hommes aux prises avec leurs émotions, qui, longtemps, ont préféré affronter seuls leurs démons plutôt que d’avouer leur fragilité. Mais les temps changent…

Merci aux éditions Le cherche-Midi et au Picabo River Book Club pour ce partenariat.

Mon avis :

J’ai ouvert ce livre sans a priori, sans horizon d’attente, sans me projeter dans une intrigue. Je voulais simplement me laisser porter par les mots, et ce fut une belle découverte.

Je me suis retrouvée plongée, réellement, au coeur du Michigan : sa faune, sa flore, sa forêt devrai-je plutôt dire, sont au cœur des récits qui prennent place dans ce roman. Will Treadwell est le personnage qui sert de « fil conducteur » aux différentes intrigues qui se nouent, se dénouent au fil des saisons, donnant l’impression de se trouver dans un livre qui ferait le lien entre le roman et la nouvelle. Will tient un pub, et officie aussi en tant que guide de chasse. Nous retrouvons les habitués, ceux qui viennent tous les ans, sont amis de longues dates, ont évolué ensemble, ou constaté les ravages du temps qui passent, de la crise économique, des difficultés à surnager, et ceux qui viennent pour la première fois parce qu’ils veulent chasser un ours, une grouse, un mouflon….

Il y a aussi les habitants du coin, ceux qui tentent de survivre eux aussi à cette fameuse crise qui ravagent tout, ceux qui n’ont pas eu la vie qu’ils voulaient. Il en est qui prennent un nouveau départ. Il en est d’autres qui donnent plutôt une coup d’arrêt brutal à la trajectoire qu’ils avaient jusque là empruntée.

J’ai souvent eu l’impression d’être au milieu des ténèbres en lisant ce livre – j’aime les ténèbres, je tiens à le préciser. L’homme se confronte à la nature, et je ne parle pas seulement des animaux qu’il chasse, je parle aussi de ses grands espace dans lesquels s’il se perd, s’il se blesse, il n’est pas forcément sûr d’obtenir du secours – ou de sauver autrui.

L’homme et la femme. Même si la chasse semble réservée aux hommes, et un moyen pour se retrouver entre amis ou en famille, les femmes qui apparaissent dans ce récit ne sont en rien des personnages falots qui attendent tranquillement leur conjoint à la maison. Elles savent faire face, affronter les épreuves, être lucides aussi.

Qui est prêt(e) pour une longue promenade dans le Michigan ?

Mac sur un toit brûlant de Melinda Metz

édition l’Archipel – 340 pages.

Présentation de l’éditeur :

Chat kleptomane épris d’indépendance, MacGyver – le Cupidon félin – a le don de se fourrer dans des situations impossibles. Mais, lorsqu’il tombe sur une portée de quatre chatons orphelins, il fond. Pour ne pas les laisser livrés à eux-mêmes, Mac décide de s’occuper de ces petites boules de poil – le temps de trouver des humains qui les adopteront. Mais Mac, suspect n° 1 d’une série de larcins commis dans le voisinage, est assigné à résidence par ses maîtres Jamie et David – qui s’étaient rencontrés grâce à lui. Avec cinq chatons à caser – et deux matons à ses trousses –, notre matou a de quoi exercer sa sagacité légendaire. Sauf qu’une jolie minette croisée récemment lui fait perdre jusqu’à son sixième sens…

Merci aux éditions de l’Archipel et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

La vie est dure pour Mac. Si, si. On a beau être un chat qui vit dans un beau quartier, qui mange largement et abondamment, qui se promènent quasiment comme il veut dans le quartier, sans que ses maîtres ne le sachent, on peut vivre des moments difficiles. La preuve : il découvre quatre chatons orphelins. Et il n’est absolument pour rien dans leur existence, David et Jaimie, ses maîtres, ont pris les précautions qui s’imposaient. S’occuper de chatons, c’est compliqué. Il faut les nourrir et pas forcément en chassant des souris, il semble ne pas y en avoir dans le quartier, les éduquer, ils ont tout à apprendre, ces petites bêtes, et les socialiser (tout un programme – un chat adulte fera toujours mieux qu’un humain, puisqu’il sait comment s’y prendre). L’un des personnages a cependant raison, quand il dit qu’un chat adulte peut tuer un chaton (ou le blesser grièvement). Mais un chat stérilisé peut aussi prendre soin de chatons qui ont besoin d’être éduqués (je pense à Chablis et ses trois chablettes) tout est une question de territoire.

J’ai beaucoup aimé tout ce qui avait trait à Mac, à Doggy, le colocataire chien de Mac et aux quatre chatons, Pitchou, Fripouille la bien nommée, Zoum et Sushi, j’ai aimé les explorations de Mac dans le voisinage, sa recherche du maître idéal en fonction de la personnalité des chatons, de sa quête, aussi, pour résoudre les problèmes des humains qu’il a croisés – et ils en ont, des problèmes, les pauvres, quand ils ne s’en créent pas eux-mêmes. J’ai moins aimé tout ce qui concernait les humains, finalement. Je me suis perdue avec Eric, le policier, et Serena, qui reprend sa carrière de comédienne. J’ai été moyennement intéressée, pour ne pas dire pas du tout, par les scènes d’audition ou de tournage – parce que ce n’est pas pour cette raison que j’avais envie de lire le livre. Heureusement, l’intrigue ne se contente pas de ronronner, et sort des sentiers battus – un peu. En revanche, j’ai trouvé plus intéressant ce qui avait trait à Daniel, le comédien en devenir de 35 ans et de son frère Marcus, ou de Charlie, assigné à résidence, humain parfait pour Pitchou – parce que les chatons s’invitent assez vite avec eux. Quant à Sushi et sa passion pour les sauterelles et les insectes, elle est débrouillarde, il faut bien le dire, si ce n’est que, parfois, manger n’importe quoi peu être dangereux (et ce n’est pas Chanel n°2 qui dira le contraire).

Mac sur un toit brûlant est le troisième tome de la série, et même si quelques allusions sont faites aux tomes précédents, il n’est pas nécessaire de les avoir lus pour suivre cette intrigue. Ne ratez pas l’épilogue, qui montrera le devenir des charmants chatons.