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Bienvenue à Mother’s Rest de Lee Child

Présentation de l’éditeur :

Pourquoi cette ville s’appelle-t-elle « Mother’s Rest » ? C’est la question qui pousse Jack Reacher à descendre d’un train, en pleine nuit, dans cette bourgade perdue de l’Oklahoma.À la gare, une femme splendide semble l’attendre. Mais Michelle Chang,  ex-agent du FBI, l’a pris pour Keever, qu’elle cherche désespérément.  Son collègue a disparu. Sans hésiter une seconde, Reacher décide de  l’aider à le retrouver. Mais ce qu’il ignore, c’est qu’après un périple à  travers tout le pays et dans les profondeurs du Darknet, il se retrouvera  à la case départ, à Mother’s Rest, face au pire cauchemar imaginable. «  Ce que j’aime Lee Child  !  »Haruki Murakami

Merci à Netgalley et aux éditions Calmann-Lévy pour ce partenariat.

Mon avis :

Jack Reacher n’a vraiment pas de chance. il rentre de France, où se passait sa dernière aventure, il se promène à nouveau dans tous les états d’Amérique, et découvre une petite bourgade de l’Oklahoma au nom évocateur – ce n’est pas la seule ville à avoir un nom bizarre, et s’il vivait ses aventures en France, peut-être se questionnerait-il sur l’origine de nom de communes telles que Le pont qui penche ou Tilleul Dame Agnès.
Mais le plus américain des héros crée par un anglais est bien en Oklahoma, et il entend bien satisfaire sa curiosité. Seulement… les habitants ne sont pas très loquaces, comme si la question ne leur avait jamais été posée. Chacun offre bien une explication, si ce n’est qu’elle est bidouillée à la minute pour satisfaire la curiosité de ce fouineur qu’est Jack Reacher, ce voyageur sans bagage.
Et pourtant, il voyagera encore plus que prévu dans ce nouveau volume de ses aventures, parce qu’il rencontre une ancienne agent du FBI, reconvertie en détective, qui est elle-même à la recherche de son partenaire, disparu dans cette charmante bourgade. Sauf qu’elle n’a rien, pas même les motifs qui ont guidé ces pas vers ce village quasiment hors du temps, où les téléphones portables ne passent pas.
Jack Reacher va morfler – un peu, beaucoup. Si l’entraînement militaire est toujours opérationnel, comme s’il restait toujours ce policier militaire, prêt à toutes les éventualités, les adversaires eux aussi sont entraînés, et n’ont aucun scrupule : « Espérer le mieux, se préparer au pire » est le mantra de Jack dès que la phase des combats commence. Il n’est pas seul, certes, mais l’allié dont il a besoin, en plus de Chang, est un spécialiste du net (Jack et la technologie, sauf militaire, cela fera toujours deux), pas des combats – et la violence a une forte tendance à faire irruption dans la vie de personnes très ordinaires, qui s’attendaient à tout sauf à avoir une arme, voire plusieurs braquées sur elles.
Se pose aussi dans ce livre la question que d’autres ne posent pas aussi implicitement : quand a-t-on le droit de tuer ? Si, quand sa vie ou celle de personnes sans moyen de se défendre est directement en jeu, la question ne se pose pas, il n’en est pas le cas… autrement. Reacher tranche, forcément, à chacun, ensuite, de se faire son opinion, comme Chang est amenée à le faire.
D’autres questions se posent au fil de l’intrigue, qui emmène Jack de la campagne à la ville – celle dont on ne montre pas vraiment les quartiers déshérités. Les intrigues des romans de Lee Child sont ancrées dans un réel social, pour ne pas dire, parfois, une misère sociale. Je voudrais simplement ne pas trop en dévoiler.
Bienvenue à Mother’s Rest est une enquête qui devrait plaire aux inconditionnels de l’auteur et de son héros fétiche.

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L’autre côté du paradis de Sally Koslow

Présentation de l’éditeur :

Sheilah Graham, de son vrai nom Lily Shiel, issue d’une famille juive venue d’Ukraine dans les années 1910, est abandonnée par sa mère à l’âge de cinq  ans dans  un orphelinat londonnien.  À  sa sortie, pour survivre, elle vend des brosses à dents, avant de  rencontrer un employeur galant, Sir John Gillam  qui, sous le charme de sa beauté et de son tempérament, l’épouse alors qu’elle n’a que dix-neuf  ans  (il en a quarante-deux). Grâce à  lui,  elle fréquente la haute société britannique, rencontre entre autres Randolph  Churchill, un « amant de première classe  », et le marquis de Donegall, qui voudra à son tour l’épouser. En 1934, avec l’accord de son mari dont elle divorcera peu après, elle part aux  États-Unis  où  elle devient chroniqueuse pour divers journaux. Installée à Hollywood, le monde du cinema est à ses pieds.  En 1937, elle rencontre Scott Fitzgerald. Leur histoire d’amour est fulgurante, tumultueuse, durant les trois dernières années de la vie de l’écrivain, dont la notoriété littéraire est sur le déclin. La dépendance à l’alcool de Fitzgerald est terrible, elle manque à plusieurs reprises de ruiner leur passion, mais malgré ses accès de violence et des comportements insupportables, Sheilah Graham lui conservera son amour jusqu’à la fin (il meurt dans ses bras en 1940), après l’avoir aidé à retrouver un dernier élan créatif pour écrire Le Dernier Nabab,  resté inachevé.
Ce biopic écrit d’une plume alerte, emporte le lecteur dans  une histoire d’amour émouvante et méconnue.

Merci aux éditions Jean-Claude Lattès et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

L’envers du paradis, c’était le premier succès de Fitzgerald, c’était aussi, implicitement, le couple Zelda/Francis Scott. Le titre de ce roman biographique est sans doute un clin d’oeil à ce roman. En effet, Zelda est indissociable de Francis, et si on lit ces biographiques, on trouve peu de traces, si ce n’est fugaces, du dernier amour de Fitzgerald.
L’histoire commence d’ailleurs par la fin, quand Francis meurt, à quarante-quatre ans. Sheilah est l’autre femme, celle dont il est amoureux depuis trois ans et demi, celle dont la vie a été bouleversée par sa rencontre avec l’écrivain déchu : en 1936, on ne lit plus, on n’édite plus, on ne publie plus Fitzgerald. Scénariste, tous ses projets ou presque échouent. Il veille sur Zelda, qui est internée. Il entretient une abondante correspondance avec sa fille Scottie, qu’il couvre de conseils. Bref, il n’a pas grand chose pour séduire Sheilah, qui est fiancée à un aristocrate anglais. Il n’empêche : c’est l’étincelle, et l’histoire d’amour commence.
Retour en arrière, comme dans un film : nous découvrons qui est réellement Sheilah, tout ce qu’elle a caché, tout ce qu’elle a mis en oeuvre, ce qu’elle a renié aussi pour en arriver là. L’on découvre alors l’antisémitisme ordinaire du début du XXe siècle, pour ne pas dire un antisémitisme décomplexé, parfaitement assumé par les riches et les heureux de ce monde – et de mieux comprendre pourquoi la petite orpheline ne pouvait dire ses origines. Je ne dirai pas que ce sont les pages les plus intéressantes de ce retour en arrière, parce qu’elles le sont toutes, notamment quand Lily, en Allemagne, ressent le besoin de partir à la recherche de la tombe de son père – et de laisser de côté tous ceux qui apprécient tant la compagnie des officiers nazis.
Retour au présent, après les aléas de sa vie sentimentale, voici sa vie quotidienne avec Fitzgerald, rongé par le doute, par la reconnaissance qui s’est enfui, par l’alcool qui a affaibli son coeur. Ou comment vivre au jour le jour, tout en continuant, pour Sheilah, à exercer son métier de chroniqueuse mondaine. Il ne s’agit pas seulement de faire bouillir la marmite, il s’agit – aussi – de se construire réellement – pour ne plus avoir peur.
Et après ? Oui, nous saurons ce qu’il est advenu après, ou comment Sheilah a, si j’ose dire, accompli ses rêves.
Un livre pour tous ceux qui aiment l’oeuvre de Francis Scott Fitzgerald et qui veulent en savoir plus sur ses années dont on parle peu, et sur l’écriture de son dernier roman inachevé.

Une journée d’automne de Wallace Stegner

édition Gallmeister – 160 pages.

Présentation de l’éditeur :

Suspendue au bras de son mari Alec, Margaret guette avec impatience l’arrivée du train de sa sœur Elspeth, venue d’Écosse pour vivre avec eux dans l’Iowa. Vive et malicieuse, s’émerveillant d’un rien, Elspeth respire la joie de vivre et ne tarde pas à illuminer leur vie de riches fermiers bien installés. Mais alors que l’automne s’annonce, un triangle amoureux se forme peu à peu entre Alec et les deux sœurs. Lorsque survient l’irréparable, celui-ci ne tarde pas à se transformer en piège dramatique. Il faudra alors sauver ce qui peut l’être.

Merci à Babelio et aux éditions Gallmeister pour ce partenariat.

Mon avis :

Une histoire simple.
Nous sommes dans l’Iowa, un état qui ne fait pas parler de lui. Nous découvrons Margaret, dure et digne. Puis, retour en arrière : nous voici dix-huit ans plus tôt, Margaret accueille sa jeune soeur Elspeth, venue tout droit d’Écosse. Elle découvre alors la vie dans une ferme, ou plutôt la vie d’un riche propriétaire fermier, auprès de sa soeur. Margaret semble déjà s’être fossilisée dans sa respectabilité, elle qui veille à ce que rien ne donne prise aux rumeurs. D’où vient cette soif inextinguible de respectabilité au point que la soeur qu’a connu Elspeth disparaît peu à peu dans la froideur, à l’image de ce magnifique mais guindé salon de réception, qui dévore la maison ? Cette sécheresse est contrebalancée dans la narration par les luxuriantes descriptions de la nature, d’une rare poésie.
Puis survient le drame qui scelle le destin de ce trio. En lisant cette partie du récit, et son épilogue, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à une nouvelle de Georges Simenon Le deuil de Fonsine, qui montre aussi la rivalité de deux soeurs – jusqu’au bout, dans sa sécheresse, sans rémission ni pardon. C’est le silence, qui domine alors; l’incapacité, de se parler, de se confier, et au milieu, quelqu’un qui fait comme s’il n’était pas la cause de ce froid silence entre les soeurs. La joie, le bonheur, sont ailleurs, loin des deux soeurs.

Moi, je la prive de toi, toi, tu la prives de moi.

Pas de retour en arrière possible. En filigrane, est aussi évoqué le mal du pays, que certains, comme Ahlquist, ne rêvent que de retrouver.
Roman bref, oui, mais l’analyse est fine, le regard cruel et cette première oeuvre de Wallace Stegner fut justement récompensée à sa parution.

Mortelle protection de Robert Crais

Présentation de l’éditeur :

L.A., Hollywood boulevard, en pleine nuit. Lancée à 160 km/h, Larkin Conner Barkley, vingt-deux ans, n’a que faire des feux rouges. Jusqu’au drame qui va faire basculer sa vie : ce que la riche héritière voit cette nuit-là, à la lueur de ses phares brisés, sonne le glas de son conte de fées…
Devenu un témoin gênant dans une affaire qui la dépasse, sa vie ne tient plus qu’à un fil. Son seul gage de survie : Joe Pike, ancien flic du LAPD reconverti dans le privé qui assure sa protection. La course poursuite peut commencer. Attention : dérapages assurés…

Mon avis :

Cette enquête d’Elvis Cole met en valeur Pike, l’associé, le second, celui qui surgit toujours quand on a besoin de lui – si ce n’est qu’il est la vedette de cette enquête.
Ce n’est pas que l’on en apprend un peu plus sur le passé de Pike, c’est que l’on apprend tous les éléments de son passé qui ont fait de lui le marine, le policier, l’homme en fait qu’il est devenu, et qui se met au service de ses convictions. D’ailleurs, c’est son passé qui est venu le retrouver, son ancien mentor dans la police qui vient lui demander de protéger une jeune fille, témoin protégée, pas suffisamment néanmoins pour que l’on n’attente pas à sa vie – déjà – et que Bud ne cherche quelqu’un de fiable pour veiller sur elle – Joe Pike.
Le récit démarre sur les chapeaux de roue, puisque l’on tente encore de la tuer – encore, encore. Oui, il y a une taupe dans l’entourage de la jeune fille. Qui ? Pike demande de l’aide à tous ses amis, dont Elvis Cole qui se remet (physiquement) de sa dernière enquête. Il a toujours un humour aussi peu drôle, et c’est justement ce qui est amusant.

Servir de nounou à une bombe sexuelle pétée de thune? Ça devrait être dans mes cordes.

Bien sûr, il y a des passages attendus, puisque l’on se doute que la jeune fille, habituée à être le centre de l’attention, ne va pas se satisfaire de cette vie de recluse en compagnie du mutique Joe Pike. Cependant, les surprises sont au rendez-vous, pas seulement dans les retours en arrière qui nous montrent Pike jeune, mais dans l’élucidation de l’enquête. Mention spéciale pour John Chen, le spécialiste heureux d’être l’ami de Pike, que dis-je, la personne à qui il demande tant de services et dont les accès de trouille bleue sont proprement hilarants.

Mais le souci… c’est la fin. Là, j’ai pensé à une mauvaise série télévisée. C’est une chose d’agir en légitime défense, s’en est une autre de traquer et de tuer de sang froid, voire de s’acharner. On pourrait dire que je spoile, oui, et certains se l’interdisent. Certes. Seulement, il ne faut pas rester sans réagir devant un roman, ou une série, qui nous entraîne à accepter certaines choses, insensiblement. J’ai lu récemment un autre roman avec le même type de dénouement, si ce n’est que dans ce second roman, la « victime » était tout aussi dangereuse, voire bien plus, que la personne qui l’a mise hors d’état de nuire.

Le bikini de diamants de Charles Williams

édition Gallmeister – 256 pages

Présentation de l’éditeur :

Cette année-là, Billy passe l’été chez son oncle Sagamore. Entre les visites du shérif, persuadé que Sagamore distille de l’alcool clandestinement, et le lac où il apprend à nager, le garçon ne va pas s’ennuyer. Mais ses vacances deviennent véritablement inoubliables au moment où Choo-Choo Caroline, strip-teaseuse pourchassée par des gangsters, se réfugie dans la propriété. Lorsque celle-ci disparaît, l’oncle Sagamore décide d’orchestrer comme la plus lucrative des fêtes foraines une chasse à l’homme pour la délicieuse Caroline uniquement vêtue de son bikini de diamants.

Mon avis :

– Allô ? Une femme a disparu. Oui, mobilisez toutes les troupes. Caractéristique de la femme : elle porte un bikini en diamants. Oui en diamants. Je savais bien que cela motiverait les troupes !

Si vous avez envie de lire ce roman de Charles Williams, paru initialement sous le titre Fantasia chez les ploucs, choisissez cette nouvelle traduction parue aux éditions Gallmeister, qui vous fera oublier l’ancienne. Elle est nettement plus savoureuse, pour un roman qui l’est déjà.
Le narrateur, c’est Billy, un enfant de sept ans, naïf comme l’est un enfant de sept ans qui a grandi sans mère et a accompagné son père sur tous les champs de courses du Texas. C’est à travers ses yeux que nous découvrons les aventures de son père, de son oncle, qui n’a pas travaillé depuis que le shériff est en poste – et même bien avant – de quelques autres membres de sa famille assez particuliers mais aussi de toute cette charmante communauté rurale un peu frappée. Oui, Billy est naïf mais il n’est pas idiot, et, avec les professeurs qu’il a à sa disposition, on ne peut douter de so évolution.
Il faut dire que son oncle Sagamore Noonan est un génie. Non, pas un génie incompris, là, malheureusement, c’est affreusement fréquent. Pas un génie ignoré qui ne sera reconnu qu’après sa mort, non. Un génie discret, caché, qui jette toute sa force vive dans le fait de gagner de l’argent sans travailler officiellement. Faire tourner en bourrique le shériff et ses hommes, aussi brillants que du fer forgé rouillé est un petit plus dans son labeur harassant. Un tour de force qui se laisse admirer tout au long de l’ouvrage !
Je ne pourrai pas citer le passage qui m’a le plus fait sourire – il en est tant ! La magnifique installation des attractions, qui doivent divertir tous les hommes qui se sont courageusement lancés à la recherche de Choo-Choo Caroline en est un. Oui, il faut vraiment saluer le courage de tous ses hommes qui ont répondu à l’appel.
Un roman hautement recommandable.

L’ange traqué de Robert Crais

Présentation de l’éditeur :

Détective privé à Los Angeles, Elvis Cole reçoit un jour la visite de la belle Jillian Becker et de son patron, Bradley Warren : le manuscrit de l’Hagakure, ou Code du samouraï, que Warren s’apprêtait à exposer dans l’un de ses hôtels de luxe, a disparu. Cole comprend vite que son employeur n’est pas aussi innocent qu’il y paraît. Il y a trop de yakuzas parmi ses amis et le FBI les a tous, depuis longtemps, sous surveillance. Pas assez pourtant : la fille de Bradley Warren, Mimi, est enlevée au nez et à la barbe du détective…

Mon avis :

Elvis Cole est un très bon détective, c’est à dire qu’il n’a pas besoin nécessairement d’un client en plus pour boucler sa fin de mois. Tout va très bien, je vous remercie. Aussi quad Bradley Warren le prend de haut, de très haut, d’encore plus haut quand il l’engage, et bien Cole met les choses au point très vite. Détective, oui, larbin, non. Précisons que l’affaire concerne un vol, et qu’il n’y a pas mort d’homme – pas encore, suis-je tentée de dire.

En effet, les menaces s’accumulent, et elles se trouvent mises à exécution. Je n’irai pas jusqu’à dire que personne n’avait rien vu venir, du moins rien de ce qui se passe pour Elvis Cole et pour la famille Warren. Cole ne va alors plus seulement enquêter, il va chercher à comprendre comment il a pu être dupé ainsi – si j’ose dire.

Ce n’est que la deuxième enquête que je lis, j’ai l’impression que ce n’est pas la meilleure, justement parce que certains rebondissements arrivent un peu comme un cheveu sur la soupe. Certains personnage se réfugient dans leur passé, en oubliant justement qu’il est derrière eux et qu’ils ne peuvent le recréer – même s’ils essaient. Ils sont là, personnages secondaires à la périphérie de l’intrigue principale.

Que nous raconte-t-elle, d’ailleurs, cette intrigue principale ? L’histoire du vol d’un code de samouraï ? Une histoire d’amour contrarié ? L’histoire d’une famille en train de se déliter sous le coup de secrets qui n’en sont peut-être pas ? Où se trouve la vérité ? Beaucoup de questions pour ce titre, et pas toujours les réponses attendues – comme Cole, le lecteur reste un peu dans l’attente, sur sa faim. Je tiens tout de même à préciser que j’aime toujours autant le personnage de Pike, qui comprend, dans cette enquête, plus finement les motivations d’un des protagonistes que Cole.

Une lecture agréable, certes, mais pas inoubliable.

Les morsures du froid de Thomas O’Malley et Douglas Graham Purdy

édition Du Masque – 400 pages.

Présentation de l’éditeur :

Hiver 1951, le plus rude que Boston ait jamais connu. Et, à Dorchester, où une grande plaque de verglas s’étend dans la baie, le corps nu d’une femme est retrouvé ; la dernière victime suspectée d’un serial killer surnommé le Boucher de Boston. Mais aussi la soeur de la défunte femme de Dante. Cet héroïnomane qui tente désespérément de rester clean décide de faire appel à son vieil ami Cal, ancien flic abîmé, pour trouver l‘assassin et peut-être, une forme de rédemption. Alors que les deux héros de fortune, entravés par leurs propres faiblesses, poursuivent la justice jusqu’aux coulisses du pouvoir, les meurtres continuent…

Mon avis :

Lecture pas forcément facile que celle de ce roman. Il s’agit de la première enquête qui réunit ce nouveau duo, et pourtant, à sa lecture, j’ai cru qu’il existait un tome précédent tant il est fait référence au passé des deux enquêteurs. Je ne suis même pas sure que le terme « enquêteur » convienne. Cole, ancien soldat qui ne s’est jamais réellement remis de ce qu’il a vécu pendant la guerre, dirige une société de sécurité qui vivote, sa femme est infirmière et souhaite qu’il change de vie, de lieu de vie aussi. Dante est son meilleur ami, il est accro à l’héroïne, comme l’était sa femme, morte un an plus tôt d’une surdose. Et aujourd’hui, c’est Sheila, la jeune soeur de sa femme, qui a été assassinée. Elle n’est pas la seule femme qui a été tuée avec ce mode opératoire, et la police peine à trouver le tueur. Le fait que ce soit des prostituées qui disparaissent les uns après les autres expliquent aussi la lenteur de l’enquête. Et le temps ! L’hiver est rude, très rude à Boston. Dante et Cole sont des anti-héros, qui cherchent à savoir ce qui est vraiment arrivé à Sheila.
Sauf que… Dante n’avait pas vu sa belle-soeur depuis un an. Elle et Margo avaient été abandonnées par leur mère, et leur enfance très difficile avait fait d’elles les femmes qu’elles étaient devenues. Ce qu’il découvre sur Sheila est glauque, très glauque. D’ailleurs « glauque » est vraiment l’adjectif qui peut caractériser le livre tout entier, tant nous découvrons des personnes que l’on n’a pas l’habitude de croiser (prostituées, drogués, prostituées se droguant, clients en recherche de drogue…) et tant la violence est omniprésente. Bagarres, fusillades, tortures…rien ne nous est épargné, Dante et Cole sont plusieurs mis en fâcheuses postures, quand ils ne se retrouvent pas très grièvement blessés, que ce soit au physique ou au moral.
Ce n’est pas que la lecture est éprouvante, c’est qu’elle n’est pas franchement agréable. Je suis allée au bout du livre, parce que je voulais savoir, après toutes ses épreuves, ce qu’il allait advenir de Dante, de Cole, et du peu de proches qui leur restaient. Il existe un second tome, qui se déroule trois ans plus tard, je ne suis pas certaine d’avoir envie de le lire.