Archive | octobre 2013

Les balais de l’espace de Kate Saunders

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Présentation de l’éditeur :

Les deux sorcières P’tit Boudin et Grande-Greluche rêvent de remporter la coupe de la Plus Belle Courgette de la fête des Fleurs de leur village. Pour gagner le concours, P’tit Boudin se procure un charme qui fait grossir les courgettes. Mais si ce charme fait pousser les légumes, il a aussi le pouvoir de ressusciter la créature la plus maléfique…

HallowweenMon avis :

Pour Halloween, je vous présente Les balais de l’espace, qui est le sixième tome des aventures de nos sorcières bien-aimés, du pasteur gourmand et du mince vicaire. Entre le tome 2 et le 6, celui-ci s’est marié à la douce Alice et est devenu père de Thomas, dont les deux sorcières sont les heureuses marraines. Elles ont (quasiment) renoncé à la sorcellerie, et se contentent de fournir des aides généreuses à des villageois en détresse, quand elles ne mesurent pas avec frénésie le diamètre… de leur courge.

Heureusement, elles peuvent retourner dans leur pays natal, qui les célèbre pour les avoir débarrassé à tout jamais d’Euphémia Cadabra. Les retrouvailles sont très émouvantes, jamais tant de sorcières n’eurent la larme à l’oeil. Puis, cela permet aux lecteurs de mieux découvrir ce magnifique pays, ses coutumes, et ses loisirs – sans oublier ses hors-la-loi. Qui vous a dit que les sorcières ordinaires n’étaient pas honnêtes ? Imaginez donc à quoi ressemblent celles qui ne le sont pas.

Tout était trop beau pour durer – pour l’instant. La catastrophe qu’elle provoque (et oui, une seule sorcière est en cause, je ne vous révèlerai pas laquelle) est unique en son genre. La manière dont elle la gardera en mémoire aussi. La lutte finale reprend un thème bien connu, et pourtant Kate Saunders parvient à rester originale, et à insuffler un peu de chevalerie dans son monde déjanté, le tout pour un final très réussi.

Les sorcières du beffroi sont une délicieuse saga de littérature jeunesse, pour qui n’a pas peur des potions ratés et de la beauté hors norme de ses héroïnes.

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Le vrai monde de Natsuo Kirino

couv50259438Présentation de l’éditeur :

Banlieue de Tokyo. Quatre jeunes filles, Toshiko, la sérieuse, Terauchi, la douée, Yuzan, la paumée et Kirazin la fêtarde, passent un mois d’août horriblement lourd et studieux dans une école spécialisée dans le bachotage lorsque, un matin, Toshiko entend du bruit dans la maison d’à côté. Intriguée, elle demande au fils de la voisine si tout va bien et celui-ci, surnommé « le lombric » parce qu’il est mal foutu et ne réussit pas en classe, lui répond que oui.Quelques heures plus tard, Toshiko s’aperçoit qu’on lui a volé son vélo au lycée. Elle n’en dit rien et se tait sur ses soupçons, car rentrée chez elle, elle s’aperçoit que « le lombric » a disparu et que sa mère a été assassinée à coups de batte de base- ball. Aussitôt alertées et mises dans le secret par « le lombric » en personne, les quatre jeunes filles vont s’acoquiner pour aider le jeune assassin que, pour des raisons propres à chacune, elles considèrent comme une espèce d’antihéros de la société japonaise.

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Mon avis :

Ce roman est le deuxième livre que je lis de cette auteur, après Intrusion, en 2011. Le point commun entre ses deux livres est qu’ils sont considérés comme des romans policiers, alors qu’ils ne le sont pas à mes yeux. Je considère plutôt Le vrai monde comme un état des lieux de la jeunesse japonaise, à l’égal des romans de Ruy Murakami.

Nous avons quatre adolescentes, délaissées par leurs parents. Ceux-ci sont trop pris par leur travail, ou par d’autres centre d’intérêt (les bars semblent avoir leurs attraits). Elles préparent pourtant l’entrée de prestigieuses universités, sachant que l’important, ensuite, est de se trouver un bon mari, qui vous offrira une bonne situation – et non d’avoir un métier qui vous convienne et vous permette de vous épanouir.

C’est peu de dire qu’elles se cherchent. Pour certaines, elles sont même carrément paumés ! La preuve ? Elles aident « le lombric » à prendre la fuite, lui qui vient d’assassiner sa mère, le plus « normalement » du monde. N’essayez même pas d’imaginer une once de remords de son côté, son acte est tout à fait justifier à ses yeux – deux mondes vivent l’un à côté de l’autre, celui des adultes, et celui des enfants.

Le fait que chaque chapitre épouse le point de vue de chacun des protagonistes aide à mieux comprendre le mal-être, la dérive des quatre amies – et du lombric. Même si Thoshiko prend un pseudo pour exister, elle semble plus lucide, plus mûre, moins engluée dans une quête identitaire. Yuzan aussi sait qui elle est – elle a simplement beaucoup de mal à l’assumer. Terauchi et Kirazin n’en sont pas là, elles oscillent entre ce qu’elles paraissent être, et ce qu’elles sont réellement – mais le savent-elles elles-mêmes ? Les adultes qui les côtoient sont soit indifférents, soit extrêmement durs avec eux – quand ils ne cherchent pas à profiter de jeunes étudiantes.

Ce « vrai » monde est froid, inquiétant. Le dénouement lui-même est perturbant. Une oeuvre forte.

écrivains

 

Les soeurs de la lune, tome 5 de Yasmine Galenorn

Présentation de l’éditeur :

Manifestement les sorcières du destin ont décidé de s’amuser avec moi !
Mon petit ami Chase murmure le nom d’une autre femme dans son sommeil tandis que le seigneur de l’automne me place au centre de projets très spéciaux. Les choses empirent encore quand Karvanak refait son apparition… et prend Chase en otage. Mes soeurs et moi devons maintenant trouver un moyen de sauver l’homme que j’aime sans mettre en péril la sécurité d’Outremonde et de la Terre…

Hallowween

Circonstance de lecture :

Ce livre a été lu dans le cadre d’une lecture commune. Voici les avis des autres participants :

Mon avis :

J’ai terminé la lecture de ce livre depuis quelques jours déjà, et mon souci fut la rédaction de cette avis. La lecture du livre fut sympathique, sans plus. Certes, les péripéties sont nombreuses, mais de là à dire que j’ai tout retenu… il y a un pas que je ne franchirai pas. Heureusement, Delilah est la soeur d’Artigo qui m’intéresse le plus, avec sa capacité à se métamorphoser en chat, sinon, je crois que j’aurai encore plus de mal à me souvenir de l’intrigue.

Il faut dire que, comme ses sœurs, sa vie sentimentale est des plus mouvementées. Elle a aussi un désir de maternité qui émerge dans ce roman – bien que ce ne soit pas le moment d’avoir un enfant, encore moins un chaton. Ce que je retiens surtout, c’est sa vie amoureuse, des plus compliquées – et si en plus, ces charmants amants se mettent eux aussi à avoir une vie agitée, où allons-nous, je vous le demande ? Dans un très joli chaos. Les humains sont fragiles, et forment de très beaux otages, faciles à abimer, torturer.

Je retiens pourtant un élément important, que je ne dévoilerai pas, qui survient à la toute fin du volume. J’espère que l’on en saura un peu plus dans le tome suivant.

Skeleton creek, tome 1 de Patrick Carman

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Présentation de l’éditeur :

Il se passe des choses étranges à Skeleton Creek. Des choses terrifiantes.
Avec Sarah, ma meilleure amie, j’ai tenté de percer un sinistre secret. J’ai failli en mourir. À présent, je suis coincé chez moi, une jambe dans le plâtre. Je ne peux plus faire confiance à personne. C’est à peine si j’ose croire à ce que j’ai vu et entendu.
Depuis que nos parents nous ont interdit de communiquer, Sarah et moi, je suis désespérément seul. Je m’efforce de mettre cette effrayante histoire par écrit pendant que Sarah, armée de sa caméra, poursuit notre enquête. À chacune de ses découvertes, elle m’envoie un mot de passe qui me permet de visionner la vidéo en cachette.
Ainsi, ensemble, nous continuons à traquer le mystère, prêts à tout pour exhumer la vérité. Mais, nous le savons, rien n’est plus dangereux que de vouloir déterrer les fantômes du passé. Surtout dans une ville comme Skeleton Creek.

Hallowween

Mon avis :

Bienvenue dans l’Oregon, à Skeleton Creek, une petite bourgade perdue au milieu de nulle part. Elle a pourtant été beaucoup fréquentée : la New Yorkaise or et argent y possédait l’une de ses dragues.  A la suite d’accidents, elle a fermé, et la société a regagné ses pénates, bien à l’abri dans la grande ville.

Seulement cette drague, vouée à la destruction, a intrigué Sarah et Ryan, deux ados inséparables, au point qu’ils sont allés y enquêter. Le roman commence après la catastrophe, puisque nous découvrons Ryan, gravement blessé, immobilisé dans sa chambre. Il lui est interdit de communiquer avec Sarah, par quelques moyens que ce soit : leurs parents jugent en effet que c’est leur amitié commune qui a provoqué la catastrophe. Comme si deux ados munis d’ordi et de téléphone portable allaient s’avouer si facilement vaincus.

L’intérêt de ce livre est double. Tout d’abord, la forme du journal est très bien rendue, que ce soit par la pagination ou la police de caractère utilisé que par la narration, au gré des angoisses de Ryan, des nouvelles informations qu’il reçoit (avec difficulté) et des précautions qu’il doit prendre pour ne pas être découvert par ses parents. De l’autre, ce livre est novateur parce que les vidéos, et les réactions de Ryan après les avoir vus, participent à la création de l’angoisse et du suspens.

Alors… Ryan et Sarah oseront-ils aller jusqu’au bout ? Y a-t-il vraiment un fantôme à la drague ? A découvrir dans le tome 2 !

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Ma maison hantée d’Angie Sage

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Présentation de l’éditeur :

Moi, c’est Araminta Spookie et j’habite une maison hantée d’enfer,., enfin presque hantée ! Disons que je n’ai pas encore trouvé de fantôme mais ça, je suis sûre que c’est parce que les revenants ont peur de tante Tabby !. D’ailleurs, moi aussi, si j’étais un fantôme, elle me ferait peur ! En plus, elle veut vendre la maison ! Mais, j’ai des armes secrètes : elle va voir ce qu’elle va voir !

Hallowween

Mon avis :

Ce livre est le premier tome des aventures d’Araminta Spookie, et avec lui, nous faisons connaissance de sa famille. Tout d’abord, Araminta n’a plus ses parents : ils ont disparu lors d’une mission, et cette disparition est définitive. Aussi, elle a été confiée à sa tante Tabby et à son oncle Drac, qui présente de très légères ressemblances avec un vampire. Je pense à sa dentition, à son amour des chauve-souris (il dort en leur compagnie, dans un sac de couchage). En revanche, il est vraiment adorable – contrairement à un vrai vampire.

Araminta a une passion : les fantômes. Elle cherche désespérément, dans toute la maison, un ou plusieurs fantômes qui lui permettraient d’assouvir sa passion, et le moins que je puisse dire, c’est qu’elle n’a pas encore trouvé l’ombre d’un suaire ou d’une chaîne au cours de ses recherches. Et le temps presse : tante Tabby rend les armes, c’est définitif, elle vend la maison. Et pourquoi ? A cause d’un combat perdu contre la chaudière ! Ce n’est pas le premier combat, ce n’est pas la première défaite, mais celle-ci fut cuisante.

Autant dire que le temps presse, et qu’Araminta livre bataille sur deux fronts, empêcher la vente et débusquer un fantôme. Cela donne un récit très drôle, aux nombreuses péripéties, dont le final ne déçoit pas.

Le chat mystérieux de Kate Saunders

 

?BionCø7BKȒoäq¿ÿÀިݽ½?´«ßlrëPrésentation de l’éditeur :

P’tit Boudin et Grande Greluche, bien installées dans leur clocher, mènent une vie tranquille. Elles préparent Noël et s’en font une fête… jusqu’au jour ou, déprimées de ne pouvoir offrir un cadeau « spécial » à leurs amis le pasteur et le vicaire, elles décident de reprendre une gorgée de sirop extra-fort. Pompettes, elles mettent au point des recettes qui aboutissent à un vrai désastre. Les villageois, révoltés, veulent emprisonner leurs sorcières !

HallowweenMon avis :

Réjouissant ! Ce tome 2 des aventures de P’tit Boudin et Grande Greluche tient ses promesses. Elles ont un peu le mal du pays, les deux sorcières, même si elles aiment beaucoup leur appartement (le beffroi), son ameublement (les deux cloches) et le garde-manger (chauve-souris juteuses à volonté).

Elles aiment aussi leurs deux amis, le pasteur et le vicaire, et elles leur offrent des cadeaux… inoubliables. Comme quoi, leur comportement est une vraie démonstration des ravages de l’alcoolisme chez les sorcières. Elles ne sont pas au bout de leur peine, cependant, car si elles se repentent bien mieux et bien plus vite que des mafiosos siciliens aguerris, elles sont en revanche les victimes d’un affreux complot qui risque de les conduire tout droit en prison et surtout, de leur faire perdre l’amitié du pasteur et du vicaire.

Heureusement, l’auteur sait jouer des codes de la littérature jeunesse pour nous emmener dans des aventures particulièrement mouvementés, dans lesquelles les talents et le courage de nos deux sorcières seront reconnus à leur juste valeur.  Comme quoi, la loyauté paie, même dans le monde des sorcières. Chacun peut changer, reconnaître ses erreurs – ou pas.

Je laisserai le mot de la fin au pasteur et au vicaire :

Le pasteur s’arma du rouleau à pâtisserie.
– C’est peut-être un fantôme… chuchota-t-il. Ou un assassin !
– Voyons, mon révérend, protesta le Vicaire en claquant des dents. Il n’y a pas eu de meurtres dans ce village depuis quatre cents ans !
– Justement ! Quelqu’un veut peut-être rattraper le temps perdu ! rétorqua le pasteur d’une voix étranglée.

 

Le chat qui mangeait de la laine de Lilian Jackson Braun

©°ion4x/è^ion˜`àÝPrésentation de l’éditeur :

Nous retrouvons ici notre vieille connaissance Jim Qwilleran, chroniqueur au Daily Fluxion et son ineffable compagnon, le chat siamois Kao K’o Kung, dit Koko. Qwilleran se voit assigner le poste de rédacteur en chef d’un nouveau magazine de décoration, Le Gai Logis. Le premier numéro est un succès. Malheureusement la maison qu’il avait choisie pour illustrer le journal est cambriolée.

moisamericainMon avis :

Il est toujours amusant de lire ou de relire des romans, si on les a appréciés. Le chat qui mangeait de la laine est le deuxième volume des aventures de Qwilleran et de Koko.  Jim n’est pas encore un riche héritier – ce ne sera le cas que dans la seconde époque de ses aventures, qui regroupe la majorité des romans. Il est un journaliste, divorcé, presque un célibataire endurci. Il ne boit plus une goutte d’alcool et peine à entretenir son chez-soi, qu’il est d’ailleurs sur le point de perdre. Au niveau professionnel, ce n’est pas tellement mieux : sa « promotion » n’en est pas vraiment une, elle est plutôt un placard un peu mieux aménagé.

Et pourtant, Qwill s’en tire bien, presque trop bien, au désespoir des femmes qui convoitent sa place – comme si la décoration était un domaine strictement réservée aux femmes. Seulement, la suite des événements – un cambriolage, un décès – ne laisse pas de soulever des questions. Les coïncidences, très peu pour Qwill. Il n’en faut pas plus pour réveiller l’enquêteur qui est en lui.

Autant dire qu’on cherche à le décourager, très vite. Autant dire qu’il fait la sourde oreille et mène discrètement ses investigations, tout en continuant à s’occuper du Gai logis avec soin. Les ennuis, les complications ne sont jamais loin. Même Koko fait des siennes ! Je ne parle pas de sa passion subite pour la laine ou la décoration, de petits troubles digestifs, je vous parle de volonté d’aller voir ailleurs si Qwill y est ! En effet, Koko, seul la plupart du temps s’ennuie. Que faire ? Consulter ! Et si vous connaissez un peu la série, vous vous doutez du verdict de la spécialiste – surtout que la première victime laisse derrière elle une charmante siamoise, dont son délicat mari n’a aucune envie d’hériter.

Le chat qui mangeait de la laine est un sympathique roman policier, qui montre des personnages en proie au doute, trahis parfois, machiavélique souvent. Jim et ses amis paient de leur personne dans cette enquête – qui a dit qu’être journaliste était une partie de plaisir ?

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