Archive | août 2017

Un astronaute en Bohème de Jaroslav Kalfar

Présentation de l’éditeur : 

 »  La Terre était maintenant un point brillant dans les profondeurs des cieux,un foyer réduit à une unité de ponctuation. »
Jakub est un astrophysicien missionné par la République tchèque pour partir dans l’espace analyser un inquiétant nuage qui recouvre Vénus. À la veille de son départ et alors que des hordes de caméras le suivent partout, Jakub n’a qu’une hâte, se retrouver enfin seul. Cependant, au bout de treize semaines de voyage, il apprend par écran interposé que sa femme Lenka le quitte.

Merci à Netgalley et aux éditions Calmann-Lévy pour ce partenariat

Mon avis : 

Parmi tous les titres de la rentrée littéraire 2017, celui-ci m’avait interpellé parce qu’on associe rarement « astronaute » et « Bohème », cette région historique d’Europe centrale. De plus, il s’agit d’un premier roman, tout pour attiser ma curiosité.
Je n’ai pas été déçue par ce roman qui mélange les genres et les tons. Les genres, parce que ce roman tient de la science-fiction et du roman historique. Science-fiction, il revisite le thème de la conquête de l’espace, de la recherche scientifique, de l’existence d’une vie extraterrestre en écrivant sur un projet quasiment délirant, non parce qu’il s’agit d’analyser un mystérieux nuage, mais parce que la petite République Tchèque songe à battre au poteau les puissances américaine et russe. Roman historique, il nous plonge dans le passé du pays, par le biais de son narrateur et personnage principal, l’astrophysicien Jakub.
Il est un symbole de la réussite de son pays, mais aussi de sa dualité. Enfant, il a vécu la transition entre le communisme et le capitalisme, à laquelle la société tchèque s’est parfaitement adaptée – la description de la modalité de la mission ressemble à une gigantesque émission de télé-réalité, avec maints placements de produits. A travers les yeux de Jacob, nous découvrons les facettes de ce pays, des méthodes du communisme, qui n’ont pas vraiment été oubliées par ceux qui dirigent le pays aujourd’hui.
Ce n’est pas seulement le voyage dans l’espace  de Jakub que nous découvrons dans ce roman. C’est aussi son itinéraire personnel, son introspection, après qu’il a appris que Lenka, sa femme (diminutif d’Héléna) le quittait. Il lui en faudra, du temps (le voyage ne dure-t-il pas huit mois ?) pour parvenir à ses conclusions, pour prendre certaines décisions. Il semble que chaque pays a besoin de héros, non ?
Une belle découverte.

Je ne résiste pas à dédier ce billet à un autre Jakub (francisé en Jacob), et à une autre Héléna (surnommée Héla).

Maudit printemps d’Antonio Manzini

édition Denoël – 292 pages.

Mon résumé : 

Un accident de voiture, voici la nouvelle enquête de Rocco Schiavone, en exil depuis neuf mois dans la vallée d’Aoste. Seulement, la requête d’une jeune fille, divers éléments le mènent sur les traces d’une affaire bien plus sordide.

Mon avis : 

Couvre-toi, prends une aspirine et monte sur la moto !

Le moins que je puisse dire est que Rocco Schiavone ne s’embarrasse pas de précautions oratoires pour donner ses ordres – et encore, j’ai choisi une citation dans laquelle il est de bonne humeur. Le sous-préfet Schiavone, c’est un homme brut de décoffrage, qui ne supporte pas les ennuis susceptibles de gâcher encore plus sa journée qu’elle ne l’est déjà. Il supporte encore moins les injustices et c’est pour cette raison qu’il ferme les yeux sur certaines choses : ne comptez pas sur lui pour dénoncer les clandestins qu’il a débusqué par hasard. Par contre, comptez sur lui pour perdre le sommeil – et le faire perdre aux policiers qui sont sous ses ordres afin de faire toute la lumière sur la disparition d’une toute jeune femme, Chiara.

Tout en oeuvre, cela signifie que ce sous-préfet utilise pour la sauver – oui, en cas d’enlèvement, ce que ses parents refusent à admettre, leurs cernes, leur nervosité parlent pour eux, il est encore possible de sauver la victime – sont bien plus proches des techniques des malfrats que des techniques des policiers. A l’époque d’internet, les méthodes artisanales sont parfois les meilleures. Après tout, il est des personnes qui excellent à faire disparaître le plus possibles leurs traces.

Nous sommes en Italie, oui, nous sommes surtout dans différentes régions italiennes, avec leurs accents, leurs coutumes. Nous sommes loin de Rome, chère au coeur de Schiavone pour moultes raisons. Rome viendra jusqu’à lui, et le passé aussi. Ce n’est pas tout à faire la dolce vita, nous en sommes même loin, l’auteur nous donne à voir les laissez-pour-compte de l’Italie, ceux qui tentent de s’en sortir, ceux qui n’y parviennent pas parce que tout ne va pas bien au coeur de l’Europe.

Une série dont je ne me lasse pas.

Mets le feu et tire-toi de JamesMcBride

Présentation de l’éditeur :

« Au cours de ses quarante-cinq ans de carrière, James Brown a vendu plus de deux cents millions de disques, il a enregistré trois cent vingt et un albums, dont seize ont été des hits, il a écrit huit cent trente-deux chansons et a reçu quarante-cinq disques d’or. Il a révolutionné la musique américaine. Il était extraordinairement talentueux. Un danseur génial. Un spectacle à lui tout seul. Un homme qui aimait rire. Un drogué, un emmerdeur. Un type qui avait le chic pour s’attirer des ennuis. Un homme qui échappait à toute tentative de description. La raison ? Brown était l’enfant d’un pays de dissimulation : le Sud des États-Unis. »

Mon avis : 

Je ne suis fan ni de James Brown, ni des biographies. Et pourtant, j’ai été absolument séduite par la passion, l’incandescence qui se dégage de ce livre. James McBride est un grand auteur, pour ceux qui en douteraient.
Il semble avoir mis en oeuvre un des préceptes de Sue, la journaliste à laquelle il donne la parole à la fin du livre et qui ne donnerait pas d’informations qui ne soient fiables – et tant pis si cela dérange.
Comme Léon, ami pour la vie avec James Brown, comme Emma, la femme de Léon, il fait preuve de bienveillance, et non d’indulgence, ce qui n’est pas la même chose. A l’heure où l’actualité nous rappelle que le racisme n’est pas qu’un mot aux USA, James McBride nous montre le parcours de ce gamin des rues qui a révolutionné la musique et l’importance qu’il a pour la communauté noire américaine. Il nous parle de son acharnement, de puissance de travail, de sa dureté, de sa violence aussi, sans sombrer dans le récit de « on-dit » sordides. Oui, ces faits sont là, James McBride ne le cache pas mais il y a eu tant d’autres faits, tant d’actes de générosité. Il donne la parole à ceux qui ont véritablement été proches de James Brown, ceux qui l’ont véritablement apprécié, et réciproquement. Voir les récits de sa première femme et de son petit-fils William.
Il nous parle aussi à un autre musicien noir à la puissance de travail impressionnante, qui admirait profondément James Brown : Mickaël Jackson.
Il parle également de lui, James McBride et c’est sans doute parce qu’il est musicien que le livre est aussi réussi. Il ne nous fait pas croire que jouer, c’est facile, que donner des concerts soir après soir n’est pas épuisant, que composer, c’est facile, surtout quand on ne maîtrise pas le solfège – et d’évoquer les relations parfois conflictuelles entre ceux qui savent lire la musique et ceux qui ne le savent pas. IL remet en lumière ceux qui ont fait la réussite de James Brown et d’autres chanteurs en composant, en jouant des accompagnements qui sont devenus mythiques et dont le nom des créateurs est aujourd’hui oublié.
Pour se quitter, quelques citations :
« Même ma mère était impressionnée. — Vous voyez ? a-t-elle lancé. Écoutez bien James Brown. N’arrêtez pas l’école ! Mais qui se souciait de ce qu’elle disait? »
« Le succès, c’est réussir tel que vous êtes, et non pas changer ce que vous êtes pour réussir. »
« ls entendent les cris. Ils entendent les hurlements. Ils entendent le rythme. Ils entendent la perfection du jeu. Alors, vous vous dites : Ils se souviendront de lui. Il fera en sorte qu’ils se souviennent de lui. Il rugit depuis l’arrière du bus de l’histoire pour qu’ils sachent qui il est. [….] Et s’ils savent qui il est, peut-être qu’ils sauront un jour qui ils sont.
Et à cet instant, juste à cet instant précis où ils hurlent son nom, tout va bien dans le monde.
– James Brown ! »

La ferme du bout du monde de Sarah Vaughan

Quatrième de couverture :

Cornouailles, une ferme isolée au sommet d’une falaise. Battus par les vents de la lande et les embruns, ses murs abritent depuis trois générations une famille… et ses secrets.1939. Will et Alice trouvent refuge auprès de Maggie, la fille du fermier. Ils vivent une enfance protégée des ravages de la guerre. Jusqu’à cet été 1943 qui bouleverse leur destin. Été 2014. La jeune Lucy, trompée par son mari, rejoint la ferme de sa grand-mère Maggie. Mais rien ne l’a préparée à ce qu’elle y découvrira. Deux étés, séparés par un drame inavouable. Peut-on tout réparer soixante-dix ans plus tard ?

Merci à Netgalley et aux éditions Préludes pour ce partenariat.

Mon avis :

La trame commence de façon presque classique : une jeune femme, qui a quitté les Cournouailles pour vivre à Londres, voit sa vie s’éparpiller. Non seulement son couple ne va pas fort, mais cela rejaillit dans sa vie professionnelle, au point qu’elle retourne se reposer auprès de sa grand-mère et de sa mère. On pourrait dès lors croire que l’on se retrouverait face à la lente histoire d’une reconstruction : pas tant que cela. En effet, la situation est délicate à la ferme. Oui, les Cournouailles, c’est très joli mais les touristes ne viennent pas forcément en masse dans les chambres d’hôte, l’agriculture comme ailleurs est en crise et même les nouvelles initiatives pour s’en tirer nécessitent des financements et un coup de pouce du climat. Autant dire que la sérénité n’a pas vraiment sa place. Lucy devra regarder les choses en face, que ce soit la situation de sa famille, certains faits du passé mais aussi son mariage.
Le passé a son importance puisqu’une partie du roman nous ramènera pendant la seconde guerre mondiale. Le sort des enfants qui ont été déplacés pendant la guerre est peu souvent évoqué, du moins dans les livres traduits en français (j’excepte Le monde de Narnia) et le récit de la vie quotidienne est très réaliste. Encore une fois, nous ne sommes pas dans une romance. Nous passons d’une époque à l’autre sans que le lecteur ne s’y perde. Passé et présent finissent par se rejoindre.
La ferme du bout du monde est un roman fort et réaliste.

La falaise de Paimpol de Christian Querré

Mon résumé :

Franck Malbert est journaliste à L’écho du Goëlo. Marié à Arlette, atteinte de sclérose en plaques et surnommée « la dame aux mouettes », il arrondit ses fins de mois en traficotant avec son copain Martial Pinard dit Latreille et un certain Fouchardon. Or, celui-ci vient à manquer à l’appel. Que s’est-il passé ?

Mon avis : 

« J’aime Paimpol et sa falaise […] j’aime surtout ma paimpolaise qui m’attend au pays Breton. »

Oui, je n’ai pas résisté à l’envie de commencer mon billet ainsi. Il faut dire qu’il en sera question, dans ce livre, de cette « falaise » de Paimpol qui n’existe que dans la chanson de Théodore Botrel – et sur un tableau qui passera son temps à apparaître et à disparaître.
Franck Malbert est le narrateur de ce récit, et c’est lui, sa faconde, son style qui font vraiment toute la valeur, tout le plaisir de lecture de ce roman. Journaliste, il n’est ni honnête ni malhonnête, non. Disons qu’il a une combine avec son ami Latreille et qu’il achète des objets de valeur bien en dessous de leur valeur chez des personnes âgées. Abus de faiblesse ? Abus de confiance plutôt, puisqu’il a sous-estimé leur valeur, mais n’a pas usé de violence et n’a rien volé – il est toujours plus facile d’écouler la marchandise ainsi.
Rien volé ? Si ce n’est ce tableau qui se trouvait dans le grenier de la mairie, cette « falaise de Paimpol » – mais ce n’est pas lui, c’est Latreille. Quant à Fouchardon, il était assez long à s’acquitter de la partie du travail, au point que Latreille est allé… récupérer leur bien. C’est presque Noël avant l’heure. Si ce n’est que Malbert, par souci d’honnêteté, ira tout remettre en place (la porte était presque ouverte) et se trouvera nez à nez avec les décorations de Noël et avec le cadavre de Fouchardon.
Ce qui précédait cette découverte contenait déjà des scènes fort drôles – voir l’exposition de cet artiste qui a « découvert » la Bretagne. La suite en contiendra tout autant même si l’une d’entre elles est bien sanglante. Ne comptez pas trop sur la police ou sur les gendarmes pour démêler l’affaire – le narrateur ne les tient pas en haute estime, et l’on ne peut pas dire qu’on les voit beaucoup à l’ouvrage dans ce roman. L’affaire, comme dans tout roman policier qui se respecte, aura pourtant un dénouement, avec un zeste de folie. La peinture n’adoucit pas toujours les moeurs.

Mes années grizzly de Doug Peacock

Edition Gallmeister – 400 pages.

Présentation de l’éditeur :

Revenu brisé de la guerre du Vietnam, Doug Peacock a trouvé à se reconstruire en passant vingt années de sa vie dans les montagnes de l’Ouest américain, sur les traces d’un formidable prédateur : le grizzly, dont il est à ce jour l’un des plus grands spécialistes au monde. Son récit captivant nous entraîne de l’Alaska à la mer de Cortez, à la découverte d’un animal mystérieux, bien plus proche de nous que nous ne saurions l’imaginer. Dans ses relations avec ses semblables aussi bien qu’avec l’homme et son environnement, le grizzly incarne puissamment liberté et sauvagerie, que menacent pourtant les avancées notre civilisation.

Mon avis :

Ce livre, je l’avais symboliquement gardé pour mes vacances parce que j’avais envie de prendre le temps de rencontrer Doug Peacock. Je le connaissais déjà, un peu : c’est lui que le grand Edward Abbey avait pris comme source d’inspiration dans Le gang de la clef à molette (livre que je ne saurai trop recommander). Il sera question de son ami Ed dans le livre. Il sera question de bien d’autres amis aussi.
Ce livre est double, et sa couverture est particulièrement réussie : Doug Peacock a été un béret vert pendant la guerre du Vietnam. Il est revenu convaincu de l’inutilité de cette guerre. Mes années grizzly est le récit écrit pour tenter de redonner un sens à sa vie. Il raconte à la fois les mois passés, chaque année, à observer les grizzlis et les années passées au Vietnam, les combats qu’il a menés, les attaques subis, les blessés, les morts.
Il n’est pas le seul à tenter de reconstruire sa vie, pas de la façon dont l’Amérique pourrait s’y attendre. Mais qu’a fait l’Amérique, pour ses vétérans ? Les statistiques parlent d’eux mêmes. Peacock, ceux qu’il croise et qui vivent avec leur pension d’invalidité demandent surtout qu’on leur fiche la paix, pendant que l’Amérique, elle, continue sa course à la modernisation, à l’argent, et au pouvoir. Pour le respect de la nature et des hommes qui ont choisi d’y vivre, vous repasserez, sauf à compter sur une poignée d’activiste et quelques sabotages.
Un peu plus, et je ne vous parlais pas des grizzlis que Peacock observe, ceux qu’il retrouve tous les ans, ceux qui sont devenus mythiques. Je ne vous parlai pas non plus des familles qu’il peut observer, de ses jeunes qui jouent parfois. Je ne vous parlai pas non plus des dangers, bien réels et des difficultés pour mener à bien ses observations.
Je vous dirai simplement : si vous avez aimé Edward Abbey ou Rick Bass, découvrez Doug Peacock !

Premier bilan du challenge Thriller et polar 2017-2018

Bonjour à tous !

Je ne sais pas si je parviendrai à tenir le rythme mensuel des bilans, mais en voici au moins un ! Surtout, en voici un dont je suis en tête (si, si) et cela ne va pas m’arriver souvent dans l’année.

Après cette minute d’auto-satisfaction, je tiens aussi à préciser que le challenge démarre sur les chapeaux de roue cette année, et j’espère qu’il continuera de même ! Merci à tous pour vos participations, et n’hésitez pas à me signaler les oublis ou les erreurs – et à m’envoyer d’autres liens !

Voici le bilan de chacun des participants.

Belette : 1 Ciel rouge de Luke Short 2 Dusk de Sébastien Bouchery L’ordre des choses de Frank Wheeler Jr. De cauchemar et de feu de Nicolas Lebel Le cri de Nicolas Beuglet

Chroniques littéraires (Miss Marple) :

Claudia :

Frankie (Montalbano): Sa présentation du challenge

De soie et de sang, cinquième enquête de l’inspecteur Chen de Qiu Xiaolong

Ju lit les mots : son billet de présentation

Licorne (Montalbano) : son billet de présentation Le septième prophète de Matt Verdier

Livre d’après (Montalbano) :

Livre d’un jour (Montalbano) : 1 Code 93 de Olivier Norek 2 La mue de l’assassin de Dorothée Lizion 3  Tout pour plaire de Ingrid Desjours Seules les bêtes de Colin Niel Livia Lone de Barry Eisler

L’Ornitho (Erlendur) :

Lucie Chipounette :

Mamoun :

Martine (Montalbano) : sa présentation du challenge ; 1Una vacanza di petra d’Alicia Gimenez Bartlett 2 La briscola à cinq de Marco Malvaldi

Mrs Pepys (Miss Marple) :

Sandrion (Miss Marple): 1 La glace noire de Michael ConnellyUne fibre meurtrière de Kylie Fitzpatrick

Syl (Miss Marple) :

Titoulematou : 1 Naija de Thierry Berlanda De sinistre mémoire (Jacques Saussey) Les ombres innocentes de Guillaume Audru

Vive les bétises :

Virginie :

Zofia :

et Sharon (Sherlock Holmes)  : 1 Les marais sanglants de Guérande de Jean-Luc Bannalec Nozze nere, tome 1 de Jerôme Sublon Tout ce qui meurt de John Connolly  4  La dernière licorne de Tobby Rolland Le sang de la vigne, tome 19 de Jean-Pierre Alaux et Noël Balen Merde à Vauban de Sébastien Lepetit Cauchemar dans les Cotes de nuits de Jean-Pierre Alaux et Noël Balen Commissaire Morteau, tome 2 : L’origine du crime de Sébastien Lepetit Un vélodrame en Normandie de Robert Vincent 10 Sept jours pour survivre pour Nathalie Bernard