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Homer Pym et le garçon du film d’Anne Plichota et Cendrine Wolf

Présentation de l’éditeur :

Voilà cinq ans que le père d’Homer Pym a disparu, en plein tournage d’un film sur les voyages mythiques d’Ulysse. Même la police a renoncé à le chercher. Le jour de ses douze ans, Homer reçoit en cadeau Bibi Two, une gerbille très spéciale qui le conduit dans un monde parallèle, peuplé d’êtres extraordinaires. Le garçon découvre alors l’impensable : son père est prisonnier du film qu’il a créé ! Homer et ses meilleurs amis, Lylou et Sacha, vont devoir faire preuve de ruse et de courage pour libérer M. Pym. D’autant qu’il n’est pas le seul à être bloqué dans le mauvais monde… Amitié, dangers, suspense, phénomènes étranges… L’aventure n’a pas fini de surprendre Homer et sa bande !

Merci aux éditions Hachette et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Je commence mon avis par un fait simple : dans ce livre, les deux romancières s’adressent à des lecteurs un peu plus jeunes que pour leurs séries habituelles, Oska Pollock, Tugdual ou 5/5. Après les banalités, passons à l’originalité : Homer est un collégien tout ce qu’il y a de plus normal, il a des amis, un animal de compagnie, il s’ennuie parfois au collège. Seulement, son père, cinéaste, a disparu depuis cinq ans, et depuis, sa mère se noie littéralement dans le travail, et laisse sa jeune soeur prendre le relais et s’occuper de son neveu préféré.
Mais, et le mais est énorme, un nouvel événement bouleverse sa vie, levant un pan de la disparition de son père, le plongeant dans un monde mythologique. En effet, nous connaissons presque tous, même vaguement, Ulysse et son Odyssée. Connaissons-nous tous les détails ? Mieux : savons-nous ce qu’il devint à son retour d’Ithaque ? Oui, si l’on a poursuivi sa découverte du mythe en dehors de l’oeuvre d’Homère, il est très rare de le faire.
C’est dans ce monde parallèle que se situe la clef de la disparition de son père. Se pose aussi le problème de la création de personnages dans une oeuvre : que se passe-t-il quand ceux-ci se retrouvent projetés dans le monde dit « réel » ? Vaste question, à laquelle l’intrigue mouvementée tente d’apporter des réponses. Oui, Homer est un tout jeune adolescent, et il est bien moins libre que d’autres héros pour mener sa quête à bien. Il a certes des alliés, dont une gerbille qui s’exprime en vers, et qui cache très certainement sa véritable identité – comme d’autres.
En dépit de la gravité qui point à l’horizon – l’un des personnages n’est-il pas interné depuis cinq ans – le récit réserve des plages d’humour et d’aventures pures. Oui, un braquage peut être fort drôle, même si ce n’est pas pour tout le monde.
Une réécriture du mythe d’Ulysse à découvrir – l’Antiquité inspire toujours, et pas seulement Rick Riordan.

Au service de sa majesté la Mort, tome 2 : De vieux ennemis de Julien Hervieux

édition Castelmore – 320 pages

Présentation de l’éditeur :

Un peu partout dans le monde, des imprudences ont récemment coûté la « vie » à des Revenants. S’agit-il de pures coïncidences ou l’Ordre est-il en train d’être attaqué ? Voilà qui complique sérieusement la mission de l’Ordre de Londres, toujours à la recherche de l’énigmatique W.
Et ce n’est que le début des ennuis. Pour tenter de maîtriser la situation, Elizabeth va devoir se rendre à Venise et rencontrer Charon en personne…

Mon avis ;

Tout pourrait aller pour le mieux dans la meilleure des morts, dans le meilleur des métiers post mortem si les attaques contre les Revenants ne se multipliaient. Pas le temps de se reposer !
Maintenant que les bases ont été posées dans le premier tome, l’action est menée tambour battant dans le second, alors qu’Elizabeth découvre à quel point le réseau des Revenants est vaste, à quel point certains de ses membres sont étonnants, et sans scrupules.
Avec elle, le lecteur va de surprise, en surprise. Ce ne sont plus des seulement sur la terre que les forces en présence s’affrontent, c’est aussi sur la mer, et ce n’est absolument pas de tout repos, ni pour combattre, ni pour dissimuler leurs actes aux yeux des humains ordinaires.
N’hésitez pas à vous laisser surprendre et émouvoir avec Elizabeth.

Dossier Evan Cartier – Tome 1 – Héritage crypté par Déborah J. Marrazzu

édition Hachette – 380 pages

Présentation de l’éditeur :

Evan Cartier n’est pas un adolescent comme les autres. Il est expert en piratage informatique… et depuis peu, chercheur de reliques aux prétendus pouvoirs magiques. Œuvrant aux côtés d’un groupe de hackeurs professionnels, il est la clé pour retrouver l’artefact du nombre d’or, qui, s’il tombe entre de mauvaises mains, pourrait répandre le chaos sur le monde. Pourquoi lui ? Parce qu’il est le seul à pouvoir comprendre l’indice menant à l’artefact, laissé sur une clé USB par son père défunt. Or, cela a aussi fait de lui la cible d’une légion malintentionnée… Des catacombes au Vésuve en passant par Florence, de courses-poursuites en énigmes, les aventures d’Evan ne font que commencer !

Merci à Netgalley et aux éditions Hachette pour ce partenariat

Mon avis :

Evan est orphelin, ce qui est tout sauf facile à vivre. Il a cependant eu de la chance – un peu – puisque sa grand-mère a pu s’occuper de lui après la disparition de ses parents. Evan est lucide, elle souffre de la mort de son fils, il n’est cependant pas question pour elle d’ajouter sa douleur à la douleur de son petit-fils. Surtout, Evan était très lié avec son père, il partageait avec lui la passion de l’informatique en général, et ses capacités à hacker en particulier. Attention ! Il s’agit avant tout de s’occuper de ce qui peut nuire sur le net, non de nuire via le net.
Et un jour, alors que sa vie n’était pas vraiment un long fleuve tranquille, débarque dans son existence des personnes qui vont lui rappeler le souvenir de son père, et surtout, le lancer à la poursuite d’un artefact essentiel pour eux – Evan, lui, en avait ignoré l’existence, tout comme il avait méconnu les véritables activités de ses parents. Le lecteur se retrouve face à des « espions » des temps modernes, entre hackers et archéologue.
Les aventures qu’il va vivre s’enchaînent sans temps mort, et pourtant, j’ai envie de m’attarder sur deux scènes – celles de torture. Je sais très bien qu’en découvrant ces scènes, des adultes bien intentionnés refuseront que leurs enfants, leurs élèves lisent ce livre et qu’il rejoindra ainsi la logue liste des oeuvres « non lisibles » avant… Avant quoi ? Avant sa majorité ? Avant qu’ils disent « je lis ce que je veux ? » A mes yeux, ces scènes sont importantes, à une époque où, dans les séries télévisées de toute sorte, elles sont banalisées, à une époque où des jeunes se disent pour la torture, si elle peut servir à quelque chose, ils sont pour. Alors lisons ces scènes, et voyons si c’est « tolérable ». La réponse est simple : non.
Mais revenons à l’intrigue, aux personnages, qui doivent faire des choix, pas toujours les meilleurs, pas forcément les pires, il s’agit de choisir pour Evan et pour ceux qui l’aident, et choisir, c’est agir – ils ne se laissent pas porter par les événements. Mention spéciale pour Léa, attachante et hors-norme.
Un roman d’aventures à partager.

 

Irineï et le Grand Esprit du mammouth, tome 2 par Val Reiyel

L’agence Pendergast Le Prince des ténèbres par Christophe Lambert

Présentation de l’éditeur :

Au pied de la statue de la Liberté se cache une organisation secrète très spéciale, l’Agence Pendergast. Ses super agents ont pour mission d’intercepter les créatures paranormales qui arrivent à New York dans le flot des migrants. Entre Joe, l’Indien cogneur, et Célia, la liseuse de cartes, la bande de l’Agence cherche à s’agrandir. Pourquoi pas avec ce jeune voleur des rues, pris la main dans le sac ? Filou et intrépide, Sean Donovan est la nouvelle recrue de M. Pendergast.

Mon avis :

Un très bon livre jeunesse policier et fantastique.
Oui, je sais, je prends l’habitude de rédiger des avis courts et précis. Il faut dire que le livre est aussi courts, mais que son intrigue est bien construite. Nous suivons les pas de Sean, dont l’histoire elle-même est romanesque. Ses parents ont tenté la conquête de l’Ouest. Las ! Ils ont été tués par les indiens, qui ont eu la gentillesse d’épargner le bébé, le vouant néanmoins à une mort certaine. Tel un Oliver twist américain, Sean a été secouru par un homme qui a fait de lui un voleur accompli. Un de plus, un de ses enfants perdus qui n’ont pas rencontré à New York Peter Pan mais le double de Fagin. Seulement, Sean a le coeur tendre, et il est difficile de voler quand on ne veut pas léser son prochain. Il fait aussi non une mauvaise rencontre, mais une rencontre qui va changer sa vie.
Monsieur Pendergast dirige une agence – un peu comme Pinkerton – et cette agence s’occupe de créatures qui sortent de l’ordinaire. Oui, elles existent, je vous rassure tout de suite, même si cela ne rassure pas vraiment Sean. Il rencontre aussi Joe, un indien qui le prend un peu en grippe – c’est réciproque – et Célia, qui veut l’amener à remettre en cause ses idées sur certains de ses compatriotes. Travailler dans l’agence Pendergast, c’est travailler contre les créatures paranormales mais aussi avec les autres membres de l’équipe.
Dans ce livre, les moments « de réflexion » alternent avec des scènes plus tendues, plus saignantes aussi : les combats ne sont pas là gratuitement, ce sont vraiment deux adversaires qui s’opposent, et pas seulement physiquement, même si cet aspect compte.
j’espère une suite !

Au service de Sa Majesté la Mort, tome 1 : L’ordre des revenants de Julien Hervieux

édition Castelmore – 320 pages.

Présentation de l’éditeur :

Londres, 1887. Prise dans le carcan de la société victorienne, Elizabeth, jeune journaliste indépendante, n’a d’autre choix pour exercer son métier que de passer un accord avec un journaliste qui lui sert de nom de plume. Un accord funeste : quand ce dernier est assassiné sous ses yeux, Elizabeth, devenue gênante, est sommairement abattue…
… pour se réveiller dans sa propre tombe. Commence alors pour elle une toute nouvelle « existence ». Sous la surveillance d’un étrange chaperon, Elizabeth rejoint, à son corps défendant, les rangs des Revenants, des morts-vivants chargés de traquer ceux qui tentent de repousser la venue de leur dernière heure.
Elle œuvre désormais pour le compte de Sa Majesté la Mort elle-même, une activité bien loin du repos éternel…

Mon avis :

Elizabeth est une jeune fille pleine de rêves. Elle rêve de devenir journaliste, mais quand on est une jeune fille dans le Londres victorien, il est difficile, voir impossible de trouver du travail. Du coup, elle a conclu un pacte avec une ancienne gloire du journalisme, William Ward, trop imbibé en permanence pour parvenir encore à tenir la plume longuement. Seulement, il a tout de même très envie, ce cher William, de récrire vraiment, de retrouver une enquête digne de ce nom. Pas de chance : son véritable retour dans la profession lui vaudra d’être assassiné, et Elizabeth, qui se trouvait au moment endroit au mauvais moment, est tuée à son tour. Ce qu’elle n’avait pas prévu est qu’elle serait sortie de sa tombe. Non, elle n’est pas devenue un vampire, ni une zombie, elle a été recrutée par la Mort en personne pour mettre de l’ordre dans ses affaires : trop de personnes cherchent à repousser l’échéance, et c’est le rôle des services secrets de la Mort de veiller à ce que chacun la rejoigne à l’heure dite.
Ce premier tome (cette série est annoncée comme une trilogie) montre l’apprentissage d’Elizabeth dans son nouveau métier, avec ses difficultés, ses contraintes, ses inconvénients. Elle qui avait choisi ce qu’elle voulait faire dans la vie se retrouve maintenant à ne pas choisir ce qu’elle fait dans la mort, à vivre encore plus douloureusement la séparation d’avec ses parents – les recontacter, c’est les mettre en danger, et pour elle, cela signifie mourir, définitivement. Son mentor ? Turner, un mort fantasque aux méthodes plutôt abrupte, même pour un Revenant. Sa supérieur hiérarchique ? Iseult, prisonnière à tout jamais de son corps d’adolescente, dirigeant la cellule de Londres d’une main de fer.
Seulement, il y a un os, voire même plusieurs, quelque chose qui dépasse la traque habituelle des Trompe-la-Mort, un complot plus vaste. L’ensemble de la cellule doit déployer tout son savoir faire pour en venir à bout – ou pas.
L’intrigue met du temps à se mettre en place, mais il est intéressant de voir, de connaître Elizabeth bien vivante, de ressentir l’amour que ses parents avaient pour elle, pour mieux comprendre la Revenante qu’elle est devenue. Novice, oui, prompte à agir et réagir aussi, pour le bien de tous, morts et vivants.
Le combat ne fait que commencer.

Dans la maison de Philip Le Roy

Présentation de l’éditeur :

Huit lycéens d’une section Arts Appliqués ont l’habitude de faire la fête le samedi soir dans une maison de campagne isolée. Pour changer, l’un d’eux propose d’organiser une soirée frissons. Le but du jeu : effrayer les autres, et les faire boire. Mais avec des ados aussi créatifs, les bonnes blagues laissent bientôt la place à des mises en scène angoissantes. L’ambiance devient pesante. Et quand un orage éclate, le groupe se retrouve coupé du monde. Bientôt, des bruits étranges retentissent dans la maison, des pierres surgissent de nulle part, un garçon disparaît, puis une fille… La soirée bascule dans un huis clos horrifique.

Mon avis :

Attention, la lecture de ce roman peut vous causer un choc thermique. En effet, nous sommes bien face à un roman d’horreur pour adolescents, et pas seulement, les adultes peuvent l’apprécier aussi. Choc, parce que je vous mets au défi de trouver un seul de ses huit adolescents sympathiques. Ils sont tous imbus d’eux mêmes, ils ne vivent que pour leur art dont ils ont une vision très précise – le leur est forcément supérieur aux autres, leur conception de l’œuvre d’art aussi. Ils sont aussi adeptes de performance artistiques et sont capables de disserter indéfiniment sur elles. Ils sont jeunes, riches, beaux, ne vont surtout pas se mélanger aux autres et excluent les autres de leur petit groupe.

Ils se sont donc organisés un week-end dans la villa d’un des leurs, dans le but simple de se faire peur. l’objectif ? Etre le plus créatif possible pour effrayer les autres, et là, ils vont se surpasser, un peu trop même puisqu’un de leur camarade ne parviendra jamais à destination, et que des phénomènes réellement inexplicables ont lieu – ou pas : ils sont vraiment très fort pour créer des processus effrayants.

Alors oui, plus le roman avance, plus nous nous demandons jusqu’où nous irons – et si enfin, nous saurons ce qui est réellement arrivé. Effrayant ? Autant que créatif – autant que difficile de lâcher le livre une fois qu’il est commencé. Comme je ne crains pas les insomnies, c’était facile d’aller jusqu’au bout, avec un dernier chapitre tout aussi créatif que le reste du livre. Mention spéciale pour les parents indifférents à leurs progénitures, et pour les secrets de famille pas si bien gardé.

Une réussite ? Oui !