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L’éveil des sorcières tome 3 par Cordélia

Présentation de l’éditeur :

Après quelques mois d’apprentissage, je vais enfin rencontrer d’autres élèves de mon âge ! Ce week-end, j’assiste à mon premier rassemblement de sorcières, j’ai hâte ! Et en même temps, je suis un peu stressée, c’est un moment important : elles vont décider si elles réservent l’apprentissage aux élèves avec des sorcières dans leur famille. J’espère bien que non car sinon, comment on va faire Maelys, Rajan et moi ? En parlant de Rajan, il est impatient lui aussi : il va enfin rencontrer un autre apprenti garçon ! Mais sa rencontre avec Arthur, un fils de sorcière, ne se passe pas du tout comme prévu…

Mon avis :

Voici le troisième et derniers tomes des aventures de Nora, apprenti sorcière qui a la particularité, comme ses amis Rajan et Maelys, de ne pas avoir une mère sorcière. Je trouve toujours agréable de lire une série qui non seulement ne comporte pas trop de tomes (trois, c’est raisonnable) mais qui va aussi au bout de ses aventures – j’ai en tête deux séries que je suivais, dont les derniers tomes ne sont jamais parus.

Nora est toujours la narratrice, et ici, il ne sera pas question de l’école, de la vie quotidienne mais de sa participation à son premier sommet de sorcellerie – un grand moment pour toute sorcière. Elle y va avec Harmonie, la sorcière qui s’occupe de leurs apprentissages, Maelys et Rajan. Il lui faudra garder le secret de Maelys (voir le tome 2 – je ne vais quand même pas le révéler ici) et avoir pour condisciple un des rares sorcières garçon du sommet. Moralité : un de mes élèves avait bien raison, les sorcières garçons, cela existe.

Le sommet est un excellent moyen de rencontrer d’autres sorcières à des moments différents de leur vie, de leur apprentissage. Nora fait preuve de beaucoup d’humour, de beaucoup d’acceptation aussi, face aux autres, sauf si cette personne est intolérante ou méprisante. or, Nora découvre dans ce tome que le monde des sorcières n’est pas aussi idyllique qu’elle le pensait. Les sorcières sont tout à fait capables de lancer des sortilèges contre des rivales (c’est de bonne guerre, paraît-il) mais surtout d’ostraciser des participantes qu’elles jugent inférieures à elles en raison de leurs origines. C’est même devenu leurs combats : exclure de la possibilité d’étudier la sorcellerie toutes celles dont la mère ne serait pas une sorcière. Si ce type de combat vous en rappelle d’autres, vous avez parfaitement raison. Il existe toujours des personnes qui veulent en exclure d’autres, aujourd’hui plus que jamais. Et pourtant, s’il est des femmes qui devraient savoir ce que c’est que d’être exclu, ce sont bien les sorcières qui se sont vues trahies des siècles plus tôt par les hommes; Mais cela explique aussi leur volonté de garder le secret le plus possible.

Qu’adviendra-t-il ? Oui, tout ne se passera pas comme prévu, mais ce n’est peut-être pas plus mal que cela.

Le Petit Lord Fauntleroy de Frances Hodgson Burnett

Présentation de l’éditeur : 

Depuis la mort de son père, Cédric vit avec sa mère en Amérique, où il s’est fait beaucoup d’amis. Un jour, il doit partir en Angleterre auprès de son grand-père, un vieux lord dur et orgueilleux qui veut faire de Cédric un vrai petit lord. Cédric est heureux de devenir comte mais il commence à s’inquiéter lorsqu’il apprend que sa mère ne pourra plus vivre sous le même toit que lui…
Quand Cédric arrive à la maison, une voiture est stationnée devant la porte. Un monsieur est là, qui l’examine avec insistance.
« Voici donc le petit Lord Fauntleroy », dit-il.
Et c’est vrai! Cédric est désormais l’unique héritier du comte de Dorincourt, son grand-père. Le jeune garçon quitte son faubourg de New York, son ami le cireur de bottes, son petit coin dans la boutique de M. Hobbs, l’épicier, et il s’embarque pour l’Angleterre. Là-bas, dans son château, le grand-père l’attend.
Alors commencent de curieux rapports entre un garçon souriant, au coeur d’or, et un vieil homme sévère et hautain, que tout le monde redoute…

Mon avis :

Noël, les Noël de mon enfance, était ponctué non par les téléfilms de Noël qui inondent actuellement les écrans mais par la diffusion, la rediffusion du Petit lord Fauntleroy (avec Alec Guiness dans le rôle du comte de Dorincourt). J’ai aussi lu le livre, et d’autres livres de Frances Hodgson Burnett, mais ma préférence va vraiment à celui-ci.

Cédric est un enfant américain comme les autres. Il est élevé avec beaucoup d’amour par sa mère, surnommée « Chérie », qui est veuve. Il est attentif à tous ceux qui l’entourent – avec gentillesse et générosité. Son univers est bouleversé quand lui et sa mère – enfin surtout lui – sont appelés en Angleterre parce que Cédric est l’unique héritier du comte de Dorincourt.

Le comte avait trois fils. Il a renié le troisième parce qu’il a épousé, par amour, une jeune américaine roturière sans le sou. Peu lui importait : il avait deux autres fils, plus dissolus l’un que l’autre, et leurs excès ont fini par les emporter. Il ne lui reste donc que Cédric, qu’il pense, en partie, pouvoir séduire par l’étendue de sa fortune. Il ne se doute pas que Cédric, si jeune soit-il, connaît bien la valeur de l’argent, et qu’il suffit souvent d’une somme modeste, pour aider quelqu’un à s’en sortir, qu’il soit épicier ou cireur de chaussures.

Oui, c’est un livre « jeunesse », c’est aussi un livre qui montre la rencontre de deux être que tout oppose, une sorte de « choc des cultures » entre un comte anglais qui n’a jamais, ou presque, quitté sa tour d’ivoire, qui ne s’est pas intéressé aux gens qui l’entouraient, pas même ses propres fils, et Cedric, jeune américain attentif à tous. A son contact, le comte va (enfin !) regarder un peu ce qui se passe autour de lui. Il n’est jamais trop tard.

L’agence Pendergast, tome 4 : Les griffes de la forêt de Christophe Lambert

Présentation de l’éditeur :

Un troupeau de boeufs vient d’être massacré : voilà une nouvelle mission de taille pour Sean, Joe et Célia, les super agents de M. Pendergast ! Les éleveurs suspectent un abominable homme des forêts, surnommé Big Foot.
Lorsque la créature jette son dévolu sur Célia et la kidnappe, l’enquête se corse… et une piste bien plus inquiétante voit le jour !

Mon avis :

J’ai attendu ma réservation du tome 4 à la bibliothèque pendant trois mois, c’est pour cette raison que j’ai lu le 5 avant. Cependant, ce ne fut pas gênant, même si ce quatrième tome marque un tournant dans leur aventure.

Sean, Joe et Célia sont toujours inséparables, et cette fois-ci, ils sont envoyé au fin fond du Wyoming. En effet, cette ancienne ville minière est devenue très pauvre. Sa seule richesse ? Les bovins, qui partent ensuite à l’abattoir, source d’emplois pour ceux qui n’ont rien d’autres. Aussi cette attaque est-elle catastrophique pour la ville.

En arrivant sur place, les trois agents découvrent en plus une petite communauté d’immigrés, mise à mal par la population locale, la même qui, une génération plus tôt, était elle aussi composée d’immigrés. Attention ! C’est différent, ce n’est pas pareil, et ceux qui sont nés là ont acquis, selon eux, le droit de critiquer ceux qui sont nés ailleurs et ont pris des risques pour parvenir jusqu’ici.

Mais, pendant leur route, ils ont fait une rencontre que je qualifie de « désagréable » : un aristocrate qui ne peut voyager sans sa calèche, ses chevaux (des excentriques, il en faut) et surtout son arme fétiche. Son objectif ? Ajouter la créature mystérieuse jugée responsable de la mort des vaches à son conséquent tableau de chasse. Au passage, il glisse aussi quelques critiques envers les indiens. Aucun des trois agents ne l’apprécie. Ils ont bien raison.

Sean, Joe, Célia, au cours de cette enquête, en viendront à remettre en cause ce pour quoi ils travaillaient. Est-il vraiment juste d’emprisonner (dans le meilleur des cas) ou de tuer des créatures qui n’ont fait d’autre mal qu’être nées différentes ? Sean se posait déjà la question en arrivant, il se la pose encore plus en découvrant que Big Foot est loin d’être le monstre sanguinaire imaginé.

Un bel avant-dernier tome.

Le duel des génies de Sophie Doudet

Présentation de l’éditeur :

Une biographie romancée envoûtante de deux génies de la Renaissance
Florence 1488, Fils de Ludovico Buonarroti, magistrat, Michel-Ange suit des études de lettres mais préfère se consacrer à l’art, contre l’avis de son père. Il est doué, intelligent mais laid et sauvage. Il est vite repéré par l’artiste Ghirlandaio qui paye son père pour l’avoir dans son atelier. De fil en aiguille, il entre sous la protection de Laurent le magnifique, qui règne sur Florence, puis d’autres humanistes qui lui permettent d’exprimer son talent de sculpteur. C’est à Bologne qu’il rencontre l’artiste le plus en vue du moment, Léonard de Vinci, de vingt ans son aîné. Celui-ci l’invite à partager son atelier, mais très vite une rivalité s’installe avec le jeune ami du peintre, Salaï. Quels sentiments dévorent Michel-Ange à ce moment ? De la fascination pour Léonard, élégant, séducteur, sociable ? de la jalousie pour celui qu’il trouve injustement glorifié ? de la rancœur car il lui a préféré Salaï ? Un besoin en tous cas de démontrer à tous qu’il est plus talentueux que son rival. Chaque œuvre, du David de Florence aux peintures de la Chapelle Sixtine, sera une occasion de pousser les limites de l’excellence.

Merci aux éditions Scrinéo et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Je me rends compte que j’ai traversé une période pas si simple que cela du point de vue de la lecture et de l’écriture. Alors oui, je lis toujours beaucoup. Cependant, je peine à lire certains livres et du coup, je peine encore plus à rédiger les avis qui leur correspondent.
C’est le cas pour ce roman que, sûrement, en d’autres circonstances, j’aurai lu et chroniqué beaucoup plus vite. Ce roman nous parle, avant tout de la Renaissance italienne, nous sommes littéralement plongés dedans – une histoire, une manière de vivre, de croire, d’apprécier l’art ou au contraire de chercher à le détruire qui parait presque impensable aujourd’hui. Presque ? Il suffit pourtant de regarder autour de nous et de se dire que l’obscurantisme n’est jamais très loin. Il aura toujours des personnes pour rejeter ce qui est différent : plus ils ont de pouvoir, d’audience, plus ils peuvent faire du mal au nom de ce qu’ils estiment être le bien. C’est en ce lieu, à cette époque que se côtoyèrent deux génies, Michel-Ange d’un côté, Léonard de Vinci de l’autre – biographie romancée, certes, pour atteindre les plus jeunes, mais biographie de qualité. L’autrice a certainement dû beaucoup se documenter pour écrire, sans que cela n’alourdisse le récit, sans que cela donne l’impression d’être un étalage de culture.
Le parcours de Michel-Ange fut tout sauf simple, celui de Léonard de Vinci, que je connais mieux, semble presque plus simple – presque, bien sûr. Peut-être parce qu’il semble plus sûr de lui que Michel-Ange. Peut-être aussi parce que nous le découvrons dans le roman au sommet de son art. Michel-Ange aurait pu n’être que l’hériter de son père, et renoncer, comme d’autres l’ont fait avant lui, comme d’autres l’ont fait après lui, à toute carrière artistique. Sa vie fut un combat, une lutte pour créer et trouver des personnes qui apprécient son oeuvre, en des temps où il ne faisait pas toujours bon protéger un artiste.
Le duel des génies est un roman intéressant. J’espère qu’il a pu trouver son public.

L’affaire du cheval qui savait compter de Natacha Henry.

Présentation de l’éditeur :

Berlin, 1904. Charlotte, 16 ans, est livreuse de fruits et légumes. Elle se précipite comme tous les Berlinois rue Griebenow, où un pur-sang nommé Hans fait sensation. Du sabot, le cheval compte juste, choisit une carte à jouer et répond aux questions de son maître ! Est-il un génie ou un truqueur ? Décidée à le savoir, la jeune fille l’observe, puis se rend à la bibliothèque et au zoo pour enquêter.
Son ami Théo et Bona Peiser, la première femme bibliothécaire d’Allemagne, l’aident. Des sociétés savantes viennent observer le cheval prodigieux. Un jour, un savant invite Charlotte à tester Hans. Et..

Merci aux éditions Rageot et à Netgalley pour leur confiance.

Mon avis :

Voici un peu plus d’un an, je lisais L’affaire des fées de Cottingley de Natacha Henry, et je n’appréciai pas vraiment cette lecture. J’ai lu, difficilement, Le cheval qui savait compter, et mon avis est quasiment le même, je n’ai pas aimé, et je ne peux pas dire que j’ai aimé. Je n’ai pris aucun plaisir à la lecture de ce livre. Il est inspiré de faits réels, et j’ai envie de dire « c’est pire encore » surtout quand on est ce qui est arrivé à Hans le malin et à son maître. J’ai presque envie de dire : « commencez par la fin, cherchez ce qui s’est vraiment passé », ce que j’ai trouvé plus intéressant que le roman lui-même. A son sujet, je pourrai toujours égrener les lieux communs pour m’en sortir : ce livre nous montre que l’on a commencé à s’intéresser aux ressentis des animaux, on a commencé à les étudier. Ce livre nous permet de découvrir la condition des femmes, de nous montrer à quel point les milieux scientifiques étaient misogynes. Voilà, c’est dit. Les publications qui mettent les femmes et les jeunes filles du passé à l’honneur pour montrer à quel point se faire une place étaient difficiles se multiplient actuellement. Pensons aussi à toutes ses femmes, ses jeunes filles anonymes qui n’ont pas pu se sortir de leur condition.
Il est question aussi de l’Allemagne du début du XXe siècle, de la création de la première bibliothèque publique. Bref, beaucoup de thèmes pour un livre très court dont je livre à nouveau la chronique très en retard.

Les monuments de l’ombre, tome 3 : Le secret de la neuvième heure d’Alain Surget

Présentation de l’éditeur :

A la recherche du trésor des Templiers, Morgane et Ludovic arpentent le Palais des Papes d’Avignon, attentifs au moindre détail qui pourrait les mettre sur la piste. Mais l’Aigle, qui les a précédés, compte bien être le premier à trouver la salle du trésor. De cette course contre la montre, qui sortira vainqueur ?

Mon avis :

Court, mais bien écrit et intense.

Pour ceux qui auraient oublié les deux tomes précédents, un court résumé en début de volume permet de se remettre dans le bain. Morgane et Ludovic sont en vacances à Avignon et ils espèrent bien découvrir enfin le trésor des templiers (loin de Gisors ? Oui, je sais, je suis casse-pied sur ce point). Ils se doutent aussi que l’Aigle, leur ennemi, n’est pas loin. Etre toujours sur ses gardes, ce n’est pas drôle. Pour un peu, j’aurai presque pitié de l’Aigle en question, qui n’est pas l’adversaire le plus futé que les enfants puissent avoir. Certes, il est pressé, certes, il en a assez de se faire damner le pion par des enfants, certes, il doit rendre des comptes à une puissante organisation. Cependant, il se précipite trop : il aurait fallu lui confier la lecture de « comment bien dérober un trésor ? » si un tel livre existe.

Ce tome est la fin d’un cycle, et j’espère mettre la main sur le suivant, qui comportera aussi trois titres.

session Mémoire chez Azilis

En marche d’Eléonore Cannone

Mon avis :

C’est un tout petit livre, à peine 46 pages. C’est l’histoire de Hugo, adolescent dont les parents veulent absolument qu’ils perdent ses kilos superflus, qu’il cesse de manger des bonbons, et qu’enfin, il se mette au sport ! Par conséquent, les vacances à lézarder sur la place s’éloignent à tire-d’aile, alors que les vacances composées de joyeuses randonnées en famille approchent à grands pas. En plus, Justine, la soeur d’Hugo, adore marcher, rien ou presque ne peut l’arrêter !

Alors ? Alors, si Hugo est un adolescent « classique », qui rechigne à faire ce que ses parents lui demandent, un comportement tout ce qu’il y a de plus banal pour un adolescent (il est des actes de rébellions bien plus graves), ce court récit prend des allures de contes – et tant pis pour tous les instruments, modernes ou pas, qui auraient dû empêcher que l’histoire prenne un tel tournant.

Un charmant récit !

Ma première nuit à la belle étoile d’Alex Cousseau

édition du Rouergue – 51 pages.

Présentation de l’éditeur :

Pour leur première nuit à la belle étoile, Cléo et son cousin campent dans le jardin. Au fur et à mesure que la nuit s’installe, les deux enfants se racontent leurs peurs, petites ou grandes. Un récit tendre et plein d’humour sur l’imagination des enfants.

Mon avis :

C’est un livre qui, de prime abord, peut faire peur. Et n’est-ce pas le but ? Le narrateur et sa cousine, qui ont sensiblement le même âge, vont dormir tous les deux à la belle étoile, dans le jardin des parents de Cléo. Les parents ne sont pas loin, ils sont dans la maison, et ils ont édicté quelques règles aussi. Bref, les enfants sont en sécurité.

Cependant, le jeune garçon sent qu’il y a autre chose. Cléo a peur, elle ne veut plus dormir dans sa chambre. Pourquoi ? Elle ne veut pas le lui dire. Alors c’est lui qui lui confie une de ses peurs, pourquoi lui aussi, cinq ans plus tôt, avait peur de dormir dans sa chambre. Mais… son père est venu, a identifié ce qui causait le bruit si effrayant, et mettre des causes sur un fait a permis au jeune garçon de se sentir mieux. Il se propose de faire la même chose avec sa cousine.

Il ne s’agit pas seulement ici de se dire que toutes les peurs doivent être prises au sérieux, même celles qui nous semblent, avec nos yeux d’adulte, causées par presque rien. La peur de Cléo avait une cause bien réelle, elle en avait aussi une autre, plus implicite, toutes ces images violentes qu’elle voit à la télévision, qui est dans sa chambre et qu’elle regarde, me semble-t-il, autant qu’elle le veut. Les mots sont importants, et son cousin est bien d’accord, mais les mots qu’elle connaît, qui parlent de violence, sont-ils aussi importants que ceux que connait son cousin ? La chélidoine ne passe pas au 20 heures, elle est pourtant importante.

Je terminerai par cette citation :

Si je dis à ma cousine qu’elle a peur, cela ne l’empêche pas d’avoir peur. Nous aurions besoin de quantité d’autres mot pour comprendre cette peur, et pour la vaincre.

L’incroyable voyage de Coyote Sunrise

Présentation de l’éditeur :

Coyote, douze ans, vit avec son père Rodéo dans un vieux bus scolaire. Ensemble, ils sillonnent les États-Unis au gré de leurs envies, embarquant parfois quelques auto-stoppeurs à l’âme en peine.
Quand Coyote apprend que le parc de son enfance va être détruit, elle décide de tenter l’impossible : convaincre son père de traverser le pays en quatre jours pour arriver avant les bulldozers. Un défi de taille, puisque ce dernier a juré de ne plus retourner sur les lieux de la tragédie qui les a précipités sur les routes, cinq ans auparavant.
Mais le voyage est parfois plus important que la destination…

Mon avis :

Il n’est pas simple à écrire, parce qu’il serait très facile, trop facile, de tomber dans le sirupeux, dans les bons sentiments, de dire à quel point cette histoire est merveilleuse. Si j’écrivais ainsi, j’aurai l’impression de passer à côté de ce livre.

Coyote et son père Rodéo sillonnent les routes des Etats-Unis. Cela étonne les bonnes âmes qui les croisent, certaines appellent même la police et imaginent le pire. Mais le pire, Coyote et son père l’ont déjà vécu : l’accident, la mort d’Ava, de Rose et de leur mère. C’était il y a cinq ans. Depuis, à bord de Yageurs, ils vont où leurs envies les mènent, loin, très loin de l’endroit où ils ont vécu et où ils furent heureux tous les cinq. Seulement, l’appel de la grand-mère de Coyote l’amène à vouloir rentrer à la maison. Pourquoi ? Pour récupérer les souvenirs qu’elle a enterré au pied d’un arbre, dans un parc qui va être détruit dans moins de cinq jours – en écrivant, je me rends compte de l’importance du chiffre cinq. Ne dit-on pas « uni comme les cinq doigts de la main ? »

Il ne s’agit pas de convaincre ni de persuader son père de se rendre sur les lieus, ce serait un échec, parce qu’il ne peut pas y retourner. Rodeo vit avec son deuil, avec sa souffrance, et il offre à sa fille la meilleure vie qu’il puisse lui offrir, d’Etat en Etat. Alors Coyote, par des moyens détournés, cherche comment, finalement, retourner à la maison.

Touristique, le voyage ? Pas vraiment. Coyote n’est pas la seule à ne pas apprécier la police, d’autres ont des motifs de la craindre – parce qu’ils n’ont plus de travail, plus de maison, parce qu’ils sont partis ou parce qu’ils ont été abandonnés, rejetés. S’il est des personnes qui savent à quel point avoir ses enfants à ses côtés est important, il en est d’autres qui n’hésitent pas à les rejeter à cause de leurs préférences amoureuses. Heureusement, si j’ose dire, tant que l’on est en vie, tout peut encore être changé.

L’incroyable voyage de Coyote Sunrise est un roman tendre, qui parle simplement, humainement de thèmes douloureux, et qui montrent comment Ella (le véritable prénom de Coyote) et son père parviennent à vivre ensemble, avec leurs douleurs. Il serait vraiment dommage de passer à côté de ce livre.

 

 

L’Agence Pendergast, tome 5 : Les Enfants de la lune de Christophe Lambert

édition Didier Jeunesse – 160 pages

Présentation de l’éditeur :

Dans cette dernière aventure, Sean, Joe et Célia s’infiltrent au grand rendez-vous des paranormaux qui a lieu en Arizona.
Sorte de Burning man à la sauce fantastique, le rassemblement est dirigé par un vampire… qui n’est autre que le jumeau caché de Sean !
Ce leader maléfique rêve de débarrasser l’Amérique des humains et prépare une attaque mortelle.
En apprenant sa véritable origine, Sean va se retrouver piégé par sa seule famille, et va y laisser quelques plumes.
Révélations, émotions et affrontements sont au rendez-vous !

Mon avis :

Voilà, c’est fini ai-je envie de dire. Avec ce tome, c’est avec la fin de la saga L’agence Pendergast que nous avons à faire. Sean, Joe et Célia doivent se rendre sur le terrain pour assister à un rassemblement de toutes les créatures surnaturelles qui vivent – cachés – aux Etats-Unis. Depuis le volume précédent, Sean commence à remettre en cause le bien-fondé de la traque à laquelle ces créatures sont soumises, ayant sympathisé avec une meute de loups-garous et leur chef. Il le retrouvera dans ce dernier volume, tout prêt à le soutenir dans sa quête et se demandera si, après tout, il e faudrait pas mieux apprendre à vivre ensemble plutôt que de s’opposer constamment.

En effet, ce tome 5 est celui des révélations, celui des secrets enfin dévoilés, ce qui sera dur à entendre et à vivre pour Sean, lui qui croyait enfin (presque) tout savoir sur ses origines. L’humour ne sera pas absent : ou comment rire devant ses élèves pendant le quart d’heures lecture. Il y aura, dans ce volume 5, des scènes épiques : je crois qu’il n’y a jamais eu autant de combats aussi spectaculaires dans la saga que dans ce volume-ci. Et c’est non sans un certain pincement au coeur que l’on dit au revoir à Sean, Célia, et surtout à Joe.