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Charlock : Tome 2, Charlock et le trafic des croquettes de Benjamin Lacombe et Sebastien Perez

Présentation de l’éditeur :

New York, 1917.
Grosse dispute entre chiens et chats.
Ed le loubard, le chien aux grandes oreilles, accuse le clan des Chappucini de vouloir empoisonner leurs croquettes.
Gang des chiens, contre gang des chats : voilà une nouvelle mission périlleuse pour Charlock qui doit vite rétablir la paix…

Mon avis :

Voici le second tome des aventures de Charlock, qui nous emmène cette fois-ci à New York en 1917. Oui, les chats ont plusieurs vies, ils peuvent donc se promener dans le temps et dans l’espace, et se faire à chaque fois de nouveaux amis. Ne testez cependant pas ces capacités à revenir sur votre propre animal, merci (oui, quand j’apprends certaines choses, je n’ai pas très confiance en l’être humain). Or, à New York, en 1917, la guerre des gangs sévit : d’un coté, nous avons les Chappucini, des chats qui n’hésitent pas à sortir les griffes quand on les attaque, de l’autre, ce sont les Pet shop dogs qui les accusent d’empoisonner les croquettes. Autant dire qu’ils auront bien besoin de Charlock pour faire toute la lumière sur cette histoire.

Charlock est aidé dans son enquête par Claude, un pigeon voyageur qui à la suite d’un accident de coquille, a un peu de mal à voler correctement, à atterrir correctement, bref, sa carrière de pigeon voyageur a été tuée dans l’oeuf. Qu’à cela ne tienne, il est un ami fidèle, et il saura seconder Charlock et Ed dans cette enquête qui va plus loin que ce que l’on peut attendre d’un livre pour très jeunes lecteurs. Il est en effet question de la difficulté à vivre dans la rue, et de la difficulté encore plus grande d’avoir perdu son maître et d’être à la rue.

Comme le tome 1, le tome 2 des enquêtes de Charlock est un charmant livre à partager.

Sauveur et fils, saison 5 de Marie-Aude Murail

édition L’école des loisirs – 310 pages

Présentation de l’éditeur :

Alors que deux années se sont écoulées depuis le précédent volume, le lecteur replonge dans la vie de Blandine et Margaux Carré, Samuel Cahen, Lionel et Maïlys, Ella-Elliot, Frédérique Jovanovic et la famille recomposée de Sauveur. Louane se réconforte grâce à ses animaux et Madame Tapin découvre le féminisme à 81 ans.

Mon avis :

Les gens changent, je change, ou alors la saga Sauveur et fils change. Cela fait beaucoup de changements dès les premières phrases de cet avis. Aurai-je développé une hypersensibilité qui n’est pourtant pas mon genre, du moins quand je lis un livre de littérature jeunesse ? En tout cas, si j’avais conseillé chaleureusement les quatre premiers tomes à mes élèves, je ne suis pas certaine que je leur mettrai dans les mains de mes élèves sans précaution. Je crois que cela fait longtemps que les parents ne lisent plus les livres avant de les donner à leurs enfants – surtout que le public cible, à mon avis, est tout de même les plus de 14 ans.

Le tome 4 s’était terminé sur les attentats du 13 novembre 2015 (et il est  des personnes qui souhaitent « invisibilisés » les victimes des attentats). Le tome 5, en dépit de sa couverture, n’est pas des plus lumineux. Nous retrouvons, deux ans après, certains des patients historiques de Sauveur Saint-Yves, ceux que nous suivons depuis le tome 1. Je pense notamment à Blandine et Margaux Carré, dont le demi petit frère devient lui aussi un patient de Sauveur, avec d’autres troubles que ses soeurs, que sa mère, ou que la première femme de son père – oui, monsieur Carré détruit tout le monde psychologiquement autour de lui. Ce n’est pas le cas de Camille, le père d’Ella-Elliot. Sa mort est un choc, au début de ce récit. Mais cet homme, qui a bien conscience de ne pas avoir mené la vie qu’il aurait voulu, lui qui ne s’est pas rebellé, lui qui a pris les mauvaises décisions, ne veut surtout pas que son fils (oui, il disait bien son fils) se fourvoie lui aussi. Sauveur, lui, comme beaucoup de personnes, se sent un peu dépassé, entre théorie du genre et transsexualité. Mais se sentir dépassé ne veut pas dire ne pas chercher à en savoir plus, à dépasser préjugés et idées reçues – ce que tout le monde n’est pas capable de faire.

Ce tome cinq colle aussi à l’actualité, une actualité que l’on ne voit pas, voit plus, que l’on a oublié parfois. Qui se soucie que des vaches meurent parce que des gens paresseux, peu soucieux de l’environnement et des autres, jettent leurs canettes dans la nature ? En revanche, il est des personnes pour faire des pétitions contre des livres qu’ils n’ont pas lus, parce qu’ils estiment qu’il véhicule des clichés sexistes. Si vous ne vous en souvenez pas, je vous invite à taper « livre jeunesse pétition 2018 » dans un moteur de recherches, à constater à quels points les commentaires de personnes qui n’ont (je le souligne) pas lu le livre, ou en ont vu un extrait de ci, de là, sont virulents. A l’heure où l’on parle tant de la liberté d’expression, il est bon de rappeler qu’un tribunal populaire a stoppé la réédition d’un livre qui parlait de puberté. Il est bon aussi de rappeler qu’il est des parents qui ne parlent pas du tout de ce sujet avec leurs enfants, et qu’il faut bien que les adolescents trouvent les informations quelque part.

Un tome très sombre (oui, je me répète) qui nous emmène en 2018, et qui emmène aussi Sauveur sur les traces de son passé, lui qui était à deux doigts du burn out à force de se consacrer à ses patients, et d’avoir l’impression de ne pas assez s’occuper des siens. En avoir l’impression, c’est aussi la preuve que l’on s’occupe d’eux, de son mieux, et de rappeler que, même pour un psy, il n’est pas toujours facile de verbaliser ce que l’on ressent.

 

Trouille académie – tome 3 : l’orchestre aux dents pointues de Bertrand Puard

éditions Poulpe fictions – 168 pages

Présentation de l’éditeur :

Charles est admis au conservatoire de musique ! Pour suivre les cours, l’adolescent loge dans le manoir du directeur. Mais son rêve se transforme en cauchemar : des hurlements le réveillent en pleine nuit, ses camarades semblent hypnotisés et des instruments s’animent seuls ! Sans compter l’attitude inquiétante du directeur….
Déterminé à éclaircir ces mystères, Charles saura-t-il surmonter les terrifiantes épreuves qui l’attendent ?

Mon avis :

Pauvre Charles ! Si, si, je vous assure, pauvre Charles ! La musique, c’est super. Etre accepté dans une école prestigieuse, c’est magnifique. Se rendre compte très rapidement que quelque chose cloche, cela ne va plus du tout. Oui, nous sommes en 2020, et Charles n’est pas naïf, il lui suffit de quelques jours pour se rendre compte que quelque chose cloche dans sa nouvelle école. Il en vient plutôt à chercher ce qui est parfaitement normal et, mis à part deux professeurs, et deux élèves, personne ne semble l’être ! Heureusement, il peut compter sur la Trouille académie, même s’il trouve ce nom franchement bizarre.

Ce troisième volume est celui que j’ai préféré des trois, sans doute parce que nous rentrons très vite dans le vif du sujet et parce que le héros n’a pas l’intention de se laisser faire. De même, j’ai beaucoup aimé la manière dont le problème se trouvait résolu. L’orchestre aux dents pointus a un objectif, met tout en oeuvre pour l’atteindre – après tout, ils ont tout leur temps – et je ne peux presque pas leur en vouloir de semer – un peu – la peur autour d’eux.

Un livre très réussi, à lire pas seulement pour Halloween.

Avalon park d’Eric Senabre

Présentation de l’éditeur :

Au large de la Sicile, un soir de tempête. Dans un canot à la dérive, Nick et Roger tentent de sauver leur peau. Pourquoi leur père les a-t-il brusquement largués en pleine mer, sans explication ? S’ils s’entendaient jusque-là, la relation des deux frères va être mise à rude épreuve, surtout lorsqu’ils échouent à Avalon Park. Sans adultes et livrés à eux-mêmes dans un parc d’attraction géant, les enfants de l’île ne voient pas tous le danger de la même façon. A qui faire confiance ?

Mon avis :

Je suis fan des romans d’Eric Senabre, ce n’est pas une nouvelle. Comme lui, je suis fan de Star Trek, que je préfère très nettement à Star Wars. Pour la rédaction de cet avis, je commencera par la fin : oui, l’idée de ce roman est né avant la pandémie que nous vivons actuellement, et oui, je ne vois pas pourquoi l’auteur aurait dû censurer, modifier une partie de sa narration.
J’ai pensé à plusieurs oeuvres en lisant ce roman. A l’Odyssée, avec cette dérive en méditerranée par les deux frères. A Sa majesté des mouches. A deux ans de vacances. J’ai pensé aussi aux parcs d’attraction abandonnés, voire recyclés. Qui se souvient de Mirapolis ?
Nick et Roger sont frères, et c’est leur propre père qui les a mis dans un canot de sauvetage – pour les sauver, a-t-il dit ? Est-ce vrai ? Les deux frères oscilleront entre les deux avis. Et nous oscillerons nous-même, lecteurs, pendant le récit. Qui a raison ? Qui a tort ?
Ce n’est pas sur une île merveilleuse que les deux frères ont accosté, c’est dans un parc abandonné où vivent, où se terrent des enfants, dirigés par un certain Nunzio, prénom que je n’ai pas manqué de retenir, forcément. Eux voient le monde extérieur comme un danger, les adultes, une menace. Nick n’aspire qu’à un retour à sa vie d’avant, qu’à être secouru, ou à s’enfuir. Qui a raison ? Qui a tort ?
Si certains chapitres ne sont pas faciles à lire, montrant que la dureté de la vie quotidienne de ces enfants, qui en ont vu beaucoup, qui en disent peu. Plus que tout je crois, j’ai aimé le tout dernier chapitre de cette dystopie. A vous de voir si vous voulez vous laisser embarquer.

La guilde des aventuriers tome 1 de Zach Loran Clark et Nick Eliopulos

édition Bayard Jeunesse – 448 pages

Présentation de l’éditeur :

Bienvenue dans la Guilde des Aventuriers.
Nul ne connaît leur nombre exact. Elle est composée d’illuminés à la cervelle ensorcelée et autres créatures corrompues par les démons, tous lourdement armés.
Voici la consigne : rester en vie jusqu’à demain matin.
Pierrefranche est l’une des dernières cités survivant à l’assaut des monstres qui ont envahi le monde. Différentes guildes y organisent la résistance. Parmi elles, celle des Aventuriers a mauvaise réputation :
Ses apprentis sont recrutés de force.
Ses membres meurent jeunes.
Zed, un demi-elfe aux pouvoirs magiques, est désigné pour rejoindre la guilde des Aventuriers. Son meilleur ami Brock décide alors de se porter volontaire pour l’accompagner. L’intrépide Liza, elle, née d’une famille de nobles, a toujours rêvé d’entrer dans la Guilde.
Zed, Brock et Liza vont peu à peu découvrir, derrière les murailles de la ville, un monde aussi dangereux que merveilleux. Or, les Aventuriers sont la dernière ligne de protection de la ville.

Merci aux éditions Bayard et à Babelio pour ce partenariat.

Mon avis :

Utiliser de bons ingrédients et suivre une recette classique permet d’obtenir un livre sans grande surprise mais agréable à lire, efficace et bien construit. C’est le cas pour ce premier tome de la guilde des aventuriers, et, ce qui m’inquiète souvent, n’est pas le devenir du premier tome, mais la réception des suivants.
Il y aura d’autres tomes certainement, qui nous plongeront dans cette civilisation en voie de disparition. Nous voici à Pierrefranche, parce que le lecteur n’a pas trop le choix, c’est une des rares villes qui a tenu le choc face à l’apparition des « Dangers » ces monstres qui ne veulent qu’une chose : détruire le monde (pas pratique) pour se l’approprier (logique). Cette société survivante est très codifiée – un repli sur soi physique, avec les murailles de la ville, et psychologique, avec ces guildes. Si l’une d’entre elles vous intègre, vous êtes sauvés. Si ce n’est pas le cas, votre existence sera compliqué. Bien sûr, il est des guildes plus prestigieuses que d’autres, la guilde des chevaliers, pour ne citer qu’elle. Etre fils de chevalier ne vous préserve pas, si vous êtes le troisième de la progéniture, vous serez condamné à devenir un guérisseur et perdrait tous vos privilèges – une manière comme une autre de réguler les naissances. Bien sûr, si vous êtes une fille, ne vous attendez pas à devenir chevalier – vous êtes une fille.

C’est pour cette raison que Liza, soeur jumelle de l’imbuvable Micah, s’est engagée dans la fameuse Guilde des aventuriers. Elle ne voulait pas être celle qu’on la contraignait à devenir – et la guilde des aventuriers n’est pas dirigée par une femme, Frond ? Une femme qui dérange, il faut bien le dire. Une femme qui ne se préoccupe pas de son apparence – ces innombrables cicatrices le prouvent assez. Une femme qui ne fait pas de politique, mais qui fait ce qu’elle a à faire : protéger la cité, protéger les siens. La guilde des aventuriers vaut bien mieux que sa réputation. Personne ne sera laissé de côté, personne ne sera abandonné sur le champ de bataille – parce que tout ce qui se trouve en dehors de Pierrefranche en est un.

Alors oui, ses manières, ses méthodes choquent certains, notamment ceux qui pensent avant tout à la politique, ou  plutôt à s’enrichir. Frond ne pense ni à l’un, ni à l’autre, et c’est aussi pour cela qu’elle devient, pour certains, la personne à abattre – comme si Pierrefranche ne courait pas déjà de grands dangers, sans la priver de sa seule défense efficace. Certes, la guilde des aventuriers pourrait continuer sans Frond, c’est cependant elle qui insuffle véritablement son énergie, son absence de diplomatie, et tant pis pour sa mauvaise réputation.

J’ai déjà parlé de Liza et de son frère jumeau, je parlerai également des trois autres recrus Zed, Brock et Jett. Si, pour Zed, le semi-elfe, son entrée dans la Guilde est une catastrophe, pour Brock c’est à la fois une obligation et une manière de rester près de son ami. Brock est peut-être le personnage que j’ai trouvé le moins sympathique, coincé qu’il est entre ses obligations et ce qu’il découvre au sein de la Guilde. Jett, lui, est le personnage qui, avec Micah, évoluera le plus – à son corps défendant.

Et si le problème n’était pas tant les dangers que la société elle-même ? Vaste sujet que le dénouement, sous forme de coup de théâtre, nous permettra sûrement d’explorer dans le tome 2.

 

Winterwood de Shea Ernshaw

édition Rageot – 400 pages.

Présentation de l’éditeur :

Certains disent que les bois de Wicker Woods sont magiques. Hantés, mêmes.
Nora Walker, héritière d’une longue lignée de sorcière, sait à quoi s’en tenir : toutes les femmes de sa famille partagent un lien particulier avec la forêt. Et c’est ce lien qui met Oliver Huntsman sur sa route. Lorsque l’adolescente le retrouve, gelé, au milieu de ces arbres inquiétants, elle n’en croit pas ses yeux. Oliver, c’est le garçon du Camp de Redressement pour jeunes en difficulté qui a disparu en pleine tempête de neige voilà plusieurs semaines.
Il devrait être mort. Et pourtant, il est là, vivant. Nora le recueille chez elle et tombe amoureuse de lui. Mais elle ne peut s’empêcher de remarquer qu’en présence du jeune homme les bois réagissent étrangement et de se demander comment il a pu survivre à cette nuit de tempête qui aurait dû le tuer. Elle comprend que son nouvel ami cache un secret. Oliver, de son côté, est prêt à tout pour garder ses secrets enfouis.
Car il n’est pas le seul à avoir disparu cette nuit-là.

Merci aux éditions Rageot et à Netgalley pour leur confiance.

Mon avis :

Si vous avez aimé le premier roman de cette autrice, il est fort probable que, comme moi, vous aimiez celui-ci. Simple, clair, précis : pas même besoin de lire une chronique.

Nous sommes cette fois-ci non au bord de l’eau (quoique) mais près d’un bois, les Wickers Woods. Les pire légendes entourent ces bois : ils seraient hantés. Près de ces bois vit Nora Walker, et pour les habitants du coin, elle est une sorcière, comme sa mère, sa grand-mère, et toutes les femmes de la lignée avant elle. Ce n’est pas si simple pour Nora, gardienne des traditions familiales. Oui, elle sait que ses ancêtres détenaient des pouvoirs, elle partageait même un lien privilégié avec sa grand-mère, qui n’avait de cesse de l’initier aux traditions familiales. Mais non, elle-même n’a pas de pouvoirs, et ne sait pas comment faire face à ce qu’il advient.

Nous sommes quasiment dans un huis-clos, entre la maison de Nora et la forêt, qui redevient, comme au Moyen-âge, le lieu où toutes les aventures, tous les sortilèges sont possibles. Comme dans les contes, ou les récits de chevalerie, il est des règles à respecter, des interdits à ne pas franchir, ce que certains apprendront à leur dépens. Nora se préoccupe avant tout d’Olivier, ce jeune homme porté disparu qu’elle-même a retrouvé dans les bois. Que cache-t-il ? Et les autres garçons du camp, pourquoi semblent-ils eux aussi garder un secret ? Avec Nora, le lecteur se retrouve entraîné sur des fausses pistes, parce que la vérité peut être bien pire que ce que craignait Nora. Cependant, la jeune fille, dernière descendante des Walkers, est pleine de ressources, de courage, et il lui en faudra pour aller jusqu’au bout de ce pour quoi elle est faite.

Un beau roman à découvrir.

La maison du chat noir d’Angès Marot et Bruno Salamone

Présentation de l’éditeur :

Un chat noir, une vieille maison… pour une drôle d’histoire frissonnante !
Depuis l’annonce du déménagement, rien ne va plus pour Zoé : ses parents ne font plus attention à elle et l’obligent à s’occuper de son petit frère. Comble de l’horreur, leur nouveau domicile ressemble à une maison hantée ! Zoé ne s’y sent pas en sécurité, surtout depuis la rencontre avec ce mystérieux chat noir…
Zoé parviendra-t-elle à apprivoiser cette étrange créature aux grands yeux jaunes ?

Mon avis :

Les parents de Zoé ont déménagé, et n’ont pas trop le temps de s’occuper de leur fille. Ils n’ont pas trop le temps de s’occuper de leur fils non plus, et Zoé se retrouve très souvent à prendre en charge son petit frère. Elle aimerait tellement que sa vie soit différente – elle n’aime pas vraiment sa nouvelle maison, elle manque de temps pour elle. Et là, boum ! Un mystérieux chat noir apparaît, et ses parents sont enchantés. Zoé ne voulait-elle pas un chat ? Maintenant, ils ont la place pour en avoir un. Ils trouvent même une explication très rationnelle à la présence de ce chat dans cette vieille maison. Alors pourquoi Zoé constate-t-elle des événements assez étranges, qu’elle est la seule à remarquer ?

La maison du chat noir est un roman parfait pour les fêtes d’Halloween et pour les jeunes lecteurs. Il contient de la magie, du mystère, sans être trop effrayant. Il rappelle aussi que les parents ne peuvent pas être toujours disponibles pour leur enfant, qu’il est des « boums » d’activité qui font qu’ils sont occupés ailleurs. J’ai aimé aussi le personnage du chat, qui montre à Zoé, finalement, l’importance de faire ses propres choix, et les conséquences qu’ils peuvent avoir.

Emile Titan Opération « Salicorne » de Vincent Baguian et Baptiste Vignol

Charlock : Tome 1, Charlock et la disparition des souris de Sébastien Perez et Benjamin Lacombe

édition Flammarion Jeunesse – 96 pages.

Présentation de l’éditeur :

Étrange fait divers à Paris : Magali la souris a disparu !
Et avec elle, toutes les souris du quartier.
Grâce à son grand courage, Charlock et ses voisins à plumes ou à quatre pattes se lancent à sa recherche.
Charlock n’a (presque) peur de rien !Par les moustaches de Charlock, encore une enquête à résoudre !

Mon avis :

Voici l’histoire de Charlock, qui était au départ un charmant chaton, placé dans une animalerie et adopté par Mamzelle Marcelle, une charmante vieille dame qui vit dans un appartement dont elle n’utilise pas toutes les pièces : l’aspect fantomatique de certains meubles laissent à penser à des jours meilleurs. Mais Mamzelle Marcelle n’est pas malheureuse, elle a des amies, elle sort parfois avec elle, et surtout, elle regarde la télévision en compagnie de Charlock – nous sommes en 1975, ne l’oublions pas.
Et Charlock ? Il s’ennuie un peu, il faut bien le dire, mais pas au point d’attraper les souris ! Elles sont là, elles existent dans l’immeuble mais loin de lui – sauf Magali, avec laquelle il a sympathisé. Ils partagent donc ensemble un certain goût pour les émissions culinaires. Seulement voilà : un jour Magali disparaît, et Charlock va enquêter, avec l’aide d’autres animaux qui n’ont pas envie de voir leurs amies poilues à moustache disparaître.
L’enquête est facile à suivre, et n’est pas sans utiliser des éléments propres aux contes. Les illustrations sont absolument superbes, ce qui n’étonnera pas les fans de Benjamin Lacombe :  il suffit de voir à quel point chaque souris se retrouve individualisée. Un charmant moment de lecture à partager.

Dragonland Tome 1 – Le secret de la vallée des dragons par Johan Heliot

Je suis contente de voir que c’est un premier tome : j’ai aimé l’univers d’Idyllia tel qu’il nous a été présenté, et il a suffisamment de potentiel pour permettre le développement d’autres aventures.

A Idyllia, les dragons sont des montures comme les autres – il faut dire que ce sont les seules montures qui existent. Elles sont donc omniprésentes dans la vie quotidienne, que ce soient celles des chevaliers, de leurs écuyers, mais aussi des marchands de dragon, qui ont parfois fort à faire avec leur marchandise. Oui, il est des dragons qui crachent du feu inopinément, c’est un peu le rôle d’un dragon, on aurait tort de l’oublier. Heureusement, quelqu’un a inventé des colliers spéciaux, qui permettent de maîtriser ses animaux. Heureusement (bis), il se présente parfois des chevaliers tellement prétentieux que l’on a une immense envie de leur fourguer la marchandise, belle mais capricieuse.

Ce chevalier, c’est sire Kendrick. Oui, il en a assez de son ancienne monture, Oom, qui ne crache plus vraiment du feu et ne se montre plus très pimpant. Sûr de lui, de son aura, de sa bedaine (ah, non, pardon, ce sont les autres qui la voient), il n’hésite pas à demander un magnifique dragon, Arzach, le troquant contre Oom et son écuyer Artémus. Oui, quand on ne peut pas (véritablement) payer, on troque. C’est le début d’une quête que personne n’aurait pu prévoir. Artémus n’est pas un écuyer comme les autres, il est très attaché à Oom, et, finalement, très heureux de pouvoir rester auprès de lui, et, qui sait ? l’aider  à réaliser son rêve : rejoindre la vallée des Dragons, où le vieux destrier souhaite finir ses jours. Pour cela, il recevra l’aider d’Iselle, dont la mère est partie en mission un an plus tôt et n’est toujours pas revenue. A-t-elle, finalement, trouvé cette vallée des dragons ? Iselle l’espère. Je pourrai vous parler d’inversion des rôles, puisqu’Iselle est véritablement celle qui mène la mission, et Artémus qui suit, mais plutôt que d’inversion, je vous parlerai de complémentarité, de volonté de progresser, et d’être honnête aussi : Iselle n’a pas peur de dire qu’elle est terrifiée, et rappelle à Artémus que cela ne sert à rien de le cacher.

Comme dans toute quête traditionnelle, ils feront des rencontres, traverseront des épreuves, et trouveront des alliés inattendus, comme sir Kendrick, ou certains dragons qui ne demandent qu’une chose, être libres.