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Youtubeurs d’Olivier Simard

Présentation de l’éditeur :
Je m’appelle Henri Bastien, j’ai 14 ans. Au Collège, je suis invisible. Noémie, la fille que je suis sur Instagram, est mille fois trop cool pour moi. Mais tout ça va changer. Mon swag caché est sur le point d’être révélé. Avec l’aide de mon ami Tam, j’ai décidé de devenir Henri OMG. Bientôt, je serai un youtubeur aussi populaire que Norman, EnjoyPhoenix ou Cyprien. Et Noémie finira bien par savoir que j’existe!

Mon avis :

Ce roman devrait plaire aux jeunes lecteurs, parce que j’en connais plusieurs qui souhaitent devenir le nouveau Norman ou le nouveau Cyprien. Leur but n’est pas (encore) de gagner leur vie, il s’agit de recevoir la reconnaissance des autres collégiens. En effet, tous ou presque sont actifs sur les réseaux sociaux, voire possèdent déjà leur propre chaine. Ce n’est pas qu’il y en a pour tous les goûts, c’est plutôt que l’on peut trouver tout et n’importe quoi.

Objet livresque de son temps, le roman inclut des images et aussi des petites phrases d’accroche comme on peut en trouver sur le net. cependant, Henri peut compter sur le soutien de ses proches : son meilleur ami un peu désabusé,  notamment sur les filles et leur attitude sur le net (il est si facile de liker sans aimer), sa mère, son premier soutien parfois maladroit, et grande connaisseuse des jeux télévisés.

Je ne suis clairement pas la cible de ce livre, cependant je le recommanderai fortement à de jeunes adolescents, parce qu’il parle d’eux, parce qu’il montre aussi que les réseaux sociaux ne sont pas forcément très sociaux, et que liker une photo, une video, ne signifie ni aimer une personne, ni la connaître réellement.

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Les aventures du jeune Jules Verne par le capitaine Némo

Présentation de l’éditeur :

Quand Jules Verne et ses amis du Club des aventuriers du XIXème siècle entendent parler de l’arrivée d’une montgolfière en ville, ils ne résistent pas à la tentation d’aller la voir en cachette. Mais alors qu’ils explorent l’intérieur de la nacelle, des saboteurs délient les attaches… et l’engin s’envole ! Après un fabuleux voyage en ballon, Jules et ses amis atterrissent en catastrophe sur une mystérieuse île déserte…

Mon avis : 

Les auteurs espagnols aiment à inventer la jeunesse d’auteurs. Si Ana Campoy s’intéresse à celle d’Agatha Miller (épouse Christie) et d’Alfred Hitchock, ce mystérieux capitaine Némo raconte la jeunesse de Jules Verne, ou plutôt publie les cahiers de Caroline, la cousine de Jules.

Je n’attendais pas grand chose de ce livre, que j’avais réservé à la bibliothèque. Bonne nouvelle : il n’y a pas grand chose non plus. Je n’ai guère eu le temps de m’ennuyer parce que le roman se lit vite, et je n’ai pas grand chose à en dire. Non, parce que, quitte à prendre Jules Verne comme héros, lui qui allait tout de même dans la démesure dans ses romans, autant aller aussi dans la démesure dans sa jeunesse, lui qui a essayé d’embarquer en étant un jeune adolescent pour impressionner sa fameuse cousine Caroline dont il était amoureux !

Tout est un peu trop guindé, strict, prévisible, alors que les amitiés nouées par le jeune Jules sont hautement improbables. Bien sûr, les ronchons me trouveront ronchon : « nan mais on s’en fout que ce soit pas vrai historiquement !  » Vous, oui, moi j’aurai aimé lire un livre remplies d’aventures, avec un style nettement moins simpliste. Les oeuvres de Jules Verne ne sont pas si faciles que cela à lire, et ce n’est pas forcément rendre service aux lecteurs quel que soit leur âge de leur servir du « prêt à lire ».

Heureusement, la deuxième partie, quand commencent véritablement les aventures est un peu moins ennuyeuse. Ce qui se passe sur l’île perdue sort enfin un peu de l’ordinaire, tout en restant logique. Néanmoins, ce n’est pas suffisant pour que j’ai envie de lire la suite, qui tient pourtant une très belle place dans les librairies et les bibliothèques.

La montagne noire de Maria Jalibert

Présentation de l’éditeur :

Discret et rêveur, Rémi se sent à l’écart dans la colo où il passe l’été. À tel point que lors d’un pique-nique dans la Montagne Noire, il est oublié par le groupe. Difficile de ne pas se laisser submerger par la peur, seul et perdu au coeur d’une forêt pleine de mystères !

Mon avis :

Je tiens à remercier Netgalley et les éditions Didier Jeunesse pour ce partenariat.
Le point positif de ce livre est que l’enfant que j’ai été aurait aimé ce livre autant que l’adulte que je suis devenue (enfin, cela reste à vérifier pour le terme « adulte ».) La fin, notamment, m’a beaucoup plu, parce qu’elle reste dans la logique de l’histoire qui nous a été contée, même si elle ne résout pas tout, loin de là. La part de mystère demeure.
Rémi, pourtant, au début du roman, est un garçon presque ordinaire. Presque, parce qu’il est orphelin. Recueilli par une oncle et une tante aimants, mais parfois dépassés, il est envoyé en colonie de vacances afin qu’il passe, justement, les vacances les plus normales possibles. Si ce n’est que rien ne se passe comme prévu.
Rémi se trouve perdu au milieu de la nature et découvre les lieus d’une façon très différente. Il y fait également des rencontres étranges et inattendues. Et si vous voulez vous aussi découvrir ce qui se cache sur les flancs de la maontagne noire, n’hésitez pas à plonger dans l’univers de Maria Jalibert.

La villa du sommeil de Caroline Quine

Présentation de l’éditeur :

Les soeurs Parker n’ont pas peur de grand-chose. C’est pour cela, sans doute, qu’elles viennent à bout des énigmes les plus difficiles, comme celle de la villa où tout le monde s’endort sans savoir pourquoi.
Il est merveilleux de voir ce que peuvent révéler à leurs esprits toujours en éveil la rencontre de deux jeunes Chinois, une grange curieusement tapissée de toiles d’araignées, et bien d’autres détails qui les mettent peu à peu sur la voie d’une découverte… inattendue!

Mon avis :

A l’occasion d’une visite chez le bouquiniste, je me suis replongée dans la lecture des enquêtes des soeurs Parker. Quand j’étais enfant, je les préférais à Alice pour une raison simple : Alice, Beth et Marion faisaient toujours une « pause » dans leur enquête, le temps que leurs petits amis respectifs viennent leur donner un coup de main. Et oui, une fille, si brillante soit-elle, ne peut s’en sortir sans un homme à ses côtés – c’est du moins le message que j’y voyais, si jeune que j’étais. Pas de petits copains pour les soeurs Parker, il faut dire que le pensionnat dans lequel elles effectuent leur scolarité n’est pas mixte (le livre a été écrit en 1938) et que leur entourage familial est peu propice aux rencontres : Liz et Ann Parker, orphelines, sont élevées par leur oncle et leur tante, tous les deux célibataires.
Bien sûr, on ne peut se dispenser de certains clichés. Les soeurs Parker excellent dans toutes les matières, quoi qu’il arrive. Letty, leur ennemi jurée, a beau avoir un père très riche, cela ne la rend pas plus douée, mais toujours apte à leur mettre des bâtons dans les roues. Heureusement, la directrice, sévère mais juste règne. Autre cliché : la manière dont sont décrits les immigrants chinois, dont l’accent est assez marqué dans leurs paroles. Certains y verront le reflet d’une époque, d’autres un racisme toujours bien présent. Après tout, je ne me souviens pas avoir croisé un personnage « de couleur » dans une des aventures des soeurs Parker – je ne les ai pas toutes lues non plus.
La seconde guerre mondiale n’a pas encore eu lieu. L’on circule encore dans de petits avions, l’on abandonne son métier du jour au lendemain quand on se marie, on poursuit encore les voleurs de bétails à cheval. L’on distingue aussi les enfants adoptifs des enfants biologiques. Et oui, les enfants Blore ont mal tourné malgré l’amour de leur mère adoptive. Est-ce un effet de la traduction ? A chaque fois qu’il est question d’eux, il est toujours question de leur état d’adopté, comme s’ils ne pouvaient pas devenir des adultes « bien » à cause de leur naissance.
Je dirai simplement que c’est un livre jeunesse qui n’a pas très bien vieilli.

Arsène Lagriffe nage dans le brouillard de Jennifer Gray

Présentation de l’éditeur :

Arsène et la famille Cheddar fêtent le Nouvel An en Écosse. Mais un vent de mystère souffle sur la lande : un félin géant rôde la nuit, une malédiction plane sur les ancêtres des Cheddar, et un ancien trésor attise bien des convoitises… Arsène fait face à la plus brumeuse des énigmes. Arrivera-t-il à la résoudre ?

Mon avis :

Voici la sixième enquête d’Arsène Lagriffe, la première sans qu’il soit opposé à ses ennemis de toujours – ou presque. Il vient de fêter Noël avec sa famille et ses amis et, en cadeau, l’inspecteur a reçu son arbre généalogique. Voici qu’il se découvre des origines écossaises et qu’il décide de se rendre, en famille et avec ses amis, dans les Highlands. Il ne sera pas déçu par ce qu’il va découvrir, et nous non plus.
Nous partons donc direction l’Écosse, pour trouver la trace des ancêtres de l’inspecteur, et rencontrer des personnages fort sympathiques, experts en lancer de fromage (une nouvelle épreuve des Higlander games ?), aimant les tatouages, et possédant presque une barbe pull comparable à celle de leur ami pêcheur espion. Surtout, nous vivons des moments rares avec l’inspecteur Cheddar, qui prend la défense d’Arsène Lagriffe ! Il faut dire que la famille se trouve plongée au coeur des légendes – l’Ecosse est le pays des fantômes, il ne faut pas l’oublier.
Dans leur petit village ou en Ecosse, il est des personnes cupides, prêtes à tout pour s’enrichir et peu soucieuses des autres. Malheureusement, la famille Cheddar va encore croiser la route d’une de ses personnes. Comment s’en sortiront-ils ? De manière fort originale !
Une lecture qui devrait ravir les jeunes lecteurs.

 

 

Hercule, chat policier – Pièges à la gym ! de Christian Grenier

Présentation de l’éditeur :

Lola est une championne de gym. Mais quelqu’un veut l’empêcher de participer au concours. Puisque les humains sont incapables de la protéger, Hercule le chat décide d’enquêter.

Mon avis :

Après un tome 5 qui nous parle d’enlèvement et de condition animale, le tome 6, qui nous replonge dans la vie quotidienne d’Hercule et de sa famille, paraît presque plus léger. Paraît seulement, parce qu’il est question d’empêcher une championne de gymnastique de concourir. Ce n’est pas vraiment anodin ! Ce peut même être très dangereux, parce que si certaines méthodes ne mettent pas sa santé en danger, ce n’est pas forcément le cas pour toutes.
Hercule arrive à se faufiler partout, ce qui prouve qu’il n’a pas besoin de faire du sport, lui. Je ne fais pas allusion aux jumelles Albane et Joyeuse, mais à certains félins que je côtoie. Il est aidé par un fidèle bouledogue baveux qui, comme Hercule, a une maîtresse fan de gymnastique. Il faut aussi parfois, pour enquêter, compter non sur la chance, mais sur la motivation du saboteur : chercher à nuire à quelqu’un n’est pas sans conséquence pour l’estime de soi, quoi que l’on montre dans des romans qui ne s’intéressent pas assez au réalisme de leur situation.
Une enquête réussie, et j’espère qu’elle sera suivie par encore beaucoup d’autres.

Caribou Baby de Meg Rosoff

Présentation de l’éditeur :

Jess a 17 ans et elle vient d’avoir un bébé. Bon… pas n’importe quel bébé : un bébé caribou. Personne ne sait comment c’est arrivé. On n’avait rien détecté. Avec Nick, son copain bien humain, Jess apprend à accepter l’absurdité de la vie, à devenir mère, à comprendre que son enfant est un individu, parfois encombrant, mais un individu à part entière. Un être qu’il faut choyer… et savoir laisser vivre et libérer le moment venu.

Mon avis :

Fable ? Conte ? La narratrice met au monde un bébé pas comme les autres : il s’agit d’un bébé caribou ! Nous suivons donc le développement d’un bébé qui se développe comme un caribou mais possède certaines caractéristiques humaines (du moins, certains membres de leur famille en sont persuadés) : il peut s’habiller, aller à l’école, jouer, regarder la télévision, avec une préférence pour les documentaires animaliers.

Fable, parce que l’on peut reconnaître des comportements typiquement humains : les grands-parents qui n’apprécient pas leur belle-fille (elle non plus n’était pas celle qu’ils attendaient) et espèrent que leur petit-fils sera « normal », les nourrices, les crèches, les écoles qui n’acceptent pas cet enfant « différent », les associations de parents, pour qui « tout va bien », la confrontation avec les frères et soeurs dans la norme, ou dans cet accéléré, être confronté à la puberté de leur enfant.

La narratrice veut, comme Nick le père de son fils, le meilleur pour son enfant, même si ce n’est pas toujours le meilleur pour soi.

Roman court, mais drôle et touchant à la fois.