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8848 de Silène Edgar

Présentation de l’éditeur :

À quinze ans, Mallory est la plus jeune française à avoir gravi une montagne de 8000 mètres. Son nouveau défi, c’est le sommet de l’Everest. Le manque d’oxygène, l’effort physique et les conditions extrêmes ne lui font pas peur car elle est avec son père, son pilier, son modèle. Mais elle va apprendre à le faire aussi pour elle-même.
Un exploit unique qui va lui faire ouvrir les yeux sur le monde : la pollution des alpinistes, la fonte des glaces, les dangers mortels d’un tel effort pour le corps, la pensée bouddhiste et surtout… l’importance du message qu’elle renvoie à son pays, en tant que jeune, adulte en devenir.

Mes impressions :

Ce n’est pas un livre que j’ai lu parce que j’avais envie de le lire, c’est un livre que j’ai lu pour le collège, c’est à dire pour mes élèves. Il fait partie de la sélection d’un prix de littérature jeunesse, et sans cela, je ne serai pas allée vers ce livre.

Pourquoi ? Les livres qui parlent de sport et de dépassement de soi m’intéressent peu. La montagne, surtout si elle est très éloignée, encore moins. Je l’ai lu en un peu plus de deux heures, ce qui est la seule performance sportive que j’ai accomplie à sa lecture, en partie avec Ambre ou Ruby sur moi.

Ce que j’ai retenu ? L’importance de la post-face de l’autrice, qui nous présente son projet d’écriture. Comme quoi, le personnage le plus important du livre n’est pas celui que l’on pouvait penser. En fait, ce sont davantage certains personnages secondaires qui m’ont intéressée, ceux qui vivent « sur place », ceux qui dépendent de ces alpinistes de l’extrême pour vivre, et qui n’ont que deux mois par an pour accumuler assez d’argent pour faire vivre leur famille l’année durant. Grimper l’Everest a un coût, et il est difficile de le faire sans sponsor. Grimper l’Everest demande également du temps, une longue préparation physique, y compris sur place, et aussi une grande lucidité. Chaque année, des morts sont à dénombrer, notamment parce que certains ont outrepassé leurs forces, ne tenant pas compte des conseils qui leur sont prodigués. Note : il faut dire aussi que l’on répète, aux sportifs, aux non-sportifs, qu’il ne faut surtout pas s’écouter, qu’il ne faut pas tenir compte des signaux d’alarme que nous envoient notre corps, que tout est dans le mental. Mouais. On ne parle jamais des séquelles après, ou des sportifs qui ont dû interrompre leur carrière parce qu’ils étaient allées trop loin.

Je ne me suis pas non plus attachée aux personnages, surtout pas aux parents de Mallory. Le choix des prénoms des enfants, d’abord, signe de leurs passions respectives, comme une manière de montrer à leurs progénitures la voie à suivre. Tu feras de la danse Isadora. Tu iras en montagne Mallory. A chaque fois, deux personnalités décédées tragiquement. Ensuite, les parents s’opposent avec violence à ce que la religion entre dans leur foyer. Aucune instruction religieuse, même aucune discussion autour de la religion. Et non, je n’applaudirai pas à l’ouverture d’esprit, parce que cela n’en est pas. Ne pas répondre aux questions de ces enfants, surtout sur des sujets que l’on rejette, c’est courir le risque qu’un jour, ils cherchent les réponses ailleurs.

Je n’en dirai pas plus, je ne sais même pas si je publierai ou pas cet avis. Je le garde, pour l’instant (17 octobre 2021). Finalement, j’ai choisi de le publier le 21, au cours d’une nuit d’insomnie assez carabinée, due à la tempête qui sévit en Normandie.

Quatre soeurs enquêtent de Sophie Rigal-Goulard.

Présentation de l’éditeur :

Que se passe-t-il dans l’immeuble des Quatre soeurs et leur quartier parisien ? Vols et actes malveillants se succèdent. Un individu au look bizarre semble prêt à passer à l’action dans la rue. Décidées à ne pas céder à la menace, Lou, Laure, Lisa et Luna traquent les indices. Avec leur ami Artus amateur de romans policiers, elles font le guet, écoutent le voisinage, notent les allées et venues et émettent de multiples hypothèses.
Leur périmètre de surveillance va des greniers au sous-sol de leur immeuble ! Mais une nuit, tout s’accélère…

Merci aux éditions Rageot et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Je commencerai par un fait important à mes yeux. Oui, cette série montre quatre soeurs, et oui, ces soeurs ont des amis – des amis garçons, pour développer comme le feraient certains de mes élèves. Elles n’ont cependant pas besoin d’attendre les garçons, d’attendre leurs conseils ou leur protection pour faire quoi que ce soit, encore moins pour enquêter.

En effet, il se passe de drôles de choses dans l’immeuble où vivent les quatre soeurs. Des vols surviennent. Que fait la police ? Elle agit, je vous rassure. Mais les quatre soeurs vont agir aussi. Qui connaît mieux l’immeuble et ses habitants qu’elles ? Elles vont devoir aussi apprendre à cohabiter avec Artus – qui s’avérera un charmant garçon. Oui, il est bon de montrer aussi dans les romans de littérature jeunesse qu’il existe une grande diversité dans la gente masculine adolescente – tous ne sont pas des bad boys !

Elles veillent, surveillent, elles sont toutes très attentives, et… elles obtiendront des résultats. Si, si : il n’y a pas d’âge pour commencer une carrière d’enquêtrice – ou pour apprendre à jouer d’un instrument de musique.

Un roman très plaisant à lire.

Beurre breton et sucre afghan

Présentation de l’éditeur :

Dans un petit village breton, Lily vit avec son père Maël, au chômage, sa mère Soizic, chauffeur de car, son petit frère Roméo et sa tortue Pissenlit. Petite fille angoissée, Lily se débat avec sa peur de l’inconnu. Un jour, la mairie annonce l’arrivée d’un groupe de migrants afghans qui provoque l’hostilité des habitants. D’abord méfiante, Lily finit par se lier à un garçon de son âge, qui la suit partout.
De leur amitié va naître de grands bouleversements… Une fable contemporaine, humaniste et sociale d’une primo-romancière.

Mon avis :

La version simple et efficace vous dirait simplement que j’ai adoré ce roman, et qu’il a pour moi tous les critères pour que je le fasse découvrir à mes élèves, de la sixième à la troisième (oui, tous mes élèves sans exception, y compris les plus jeunes), un roman que j’ai aimé lire, parce qu’il parle à la fois de sujets d’actualité, et parce qu’il ne nous fait pas croire que tout est rose.

Prenons la vie de Lily, la jeune narratrice de ce roman. Son père est au chômage, depuis la fermeture de la conserverie, et c’est sa mère, chauffeur de car, qui fait bouillir la marmite, selon l’expression consacrée. Elle en a assez, Soizic, parfois, que ce soit elle qui fasse tout, ou presque, parce que Maël n’est plus capable de faire face. Il n’a plus rien – plus la force, plus la force de chercher du travail, de s’occuper un peu de la maison, de préparer les repas, lui qui aime pourtant cuisiner. Vous l’aurez compris, Maël est profondément dépressif, et Soizic est épuisée. Lily, au milieu, se fait toute petite ou presque, et ne parle pas à ses parents de ses cauchemars.

Puis, un jour, la vie change. Ah non, ce n’est pas subitement la conserverie qui ouvre, ou Maël qui ose enfin se lancer dans un autre secteur d’activités que le sien. Maël qui, jeune, a dû brider ses rêves pour faire comme ses parents, comme ses frères, comme tout le monde en fait. Non, le maire annonce que sa commune accueillera des migrants afghans. Les réactions hostiles ne se font pas attendre. Le pire ? Elles sont parfaitement crédibles, ce qui montre que l’autrice a vraiment sondé l’air du temps. L’on ne pense pas assez à ce qui se passe dans les petits villages, à ce rejet pour tout ce qui vient d’ailleurs, parce que, n’est-ce pas, on ne sait jamais ! L’impression que rien ne change, et que l’on pourrait rejouer à l’infini un célèbre sketch de Fernand Raynaud « Le pain des français ».

Lily n’a pas ces préjugés, elle qui subit déjà ceux des autres, et elle devient ami avec un des jeunes élèves de son établissement. Le retour à la vie, c’est aussi le retour dans les établissements scolaires. Le retour aussi à des choses qui nous paraissent simples, comme cuisiner les plats que l’on aime, partager ses plats, en découvrir d’autres, célébrer « ses » fêtes. Nouer des amitiés aussi. Rien ne sera facile, car les embûches seront aussi nombreuses que les préjugés. Un très beau roman !

Merci aux éditions Actes Sud junior et à netgalley pour ce partenariat.

Mon cheval de bataille de Delphine Pessin

Présentation de l’éditeur :

C’est un grand jour pour Arthur. Il assiste à un spectacle de voltige équestre, sa passion ! À sa grande surprise, l’un des chevaux sort du rang pour le saluer affectueusement. Ce qu’il ignore c’est que ce cheval est spécial et sait détecter les personnes malades. Quelques jours plus tard, tout bascule : Arthur fait un malaise… Dans l’épreuve qui l’attend, le garçon pourra compter sur sa grande sœur. Pour mieux livrer bataille, elle a même quelques idées un peu folles… Un roman qui chamboule le cœur, nous fait pleurer et sourire tout à la fois !

Mon avis :

C’est un très beau roman. Cela devrait suffire de le dire ainsi. Ce livre m’a tellement plu que je n’ai pas envie de le décortiquer, d’expliquer pourquoi, en suivant le style, la construction de l’intrigue, la répartition des points de vue, il est un très bon roman. Cela devrait suffire de dire qu’il m’a totalement emporté dans son univers, qu’il m’a profondément ému, bien que je sache que certains parents détourneront leurs enfants de la lecture de ce livre. Pourquoi ? Il parle d’un sujet dont on parle peu, comme si ne pas en parler suffisait à conjurer le sort : le cancer chez l’enfant.

La famille d’Arthur est une famille ordinaire, ses parents travaillent beaucoup, ils sont passionnés par leurs métiers respectifs, mais ils s’entendent bien, s’occupent de leurs deux enfants, et trouvent enfin le temps de se rendre à un spectacle équestre pour passer enfin un moment en famille, faire plaisir à Arthur, passionné d’équitation, et tant pis si Viviane la grande soeur râle, tant pis si la sortie compromet sa vie sociale de lycéenne. Là, l’incroyable se produit : Zahir, un des chevaux, s’approche d’Arthur. Zahir n’est pas un cheval ordinaire, il sait détecter les personnes malades. Impensable, voilà la réaction du père. Seulement, quand Arthur est conduit à l’hôpital quelques jours plus tard, il demande à ce que les examens soient approfondis tout de suite, et le verdict tombe : cancer.

Le récit suit au plus près la réalité du traitement, sans pathos, sans faire croire non plus que tout est rose, court, facile, comme on peut le voir dans certaines séries télévisées. Oui, le traitement rend malade, oui, c’est éprouvant pour la famille, et c’est dans ces moments-là que la solidité d’un couple est mise à l’épreuve. Il est facile d’écrire « répartition des tâches, arrêt du travail pour être près de l’enfant malade ». Il est nettement plus difficile de combattre au jour le jour, de faire face à toutes les épreuves du quotidien. Il est difficile de mener, à côté, une vie que l’on nous pousse à avoir la plus normale possible. J’ai apprécié que Viviane tente des blagues foireuses, pleines d’humour noir face à son frère – parce que cela permet de voir quel est réellement l’état d’esprit d’Arthur. J’ai aimé aussi que le médecin, les infirmiers, prennent le partie de dire la vérité au patient, à ses proches, même si la vérité n’est pas facile à entendre. J’ai toujours eu l’impression que la perte du combat contre la maladie commence au moment où quelqu’un dit : « non, ne lui disons pas, cela ne sert à rien. » Tout peut être dit, même la pire nouvelle comme celle qu’apprend Arthur au cours du récit. Le tout est de prendre le temps et la peine de le faire.

Il faut être fou, comme beaucoup d’autres disait Molière, dans le malade imaginaire. Viviane osera tenter des choses complètement folles pour aider son frère à sortir du désespoir. J’ai beaucoup aimé ce personnage, parce qu’elle est celle que tous ou presque oublie, celle avec laquelle certains ne savent plus comment se comporter, celle aussi qui voit ces amis qui « oublient » de prendre des nouvelles. Celle qui est prête à se battre aussi – parce que le combat contre le cancer est un combat qui ne se gagne pas seul, un combat de longue haleine dans lequel tout compte, même les soutiens les plus inattendus.

Mon cheval de bataille est un très beau roman, signé Delphine Pessin, une autrice que j’apprécie décidément énormément.

Sangliers de Pascal Ruter

Présentation de l’éditeur :

C’est l’histoire d’un peuple de sangliers qui vit paisiblement dans la forêt, avec pour seuls ennemis les chasseurs. Mais au cours d’un hiver particulièrement froid, La Gonfle, le doyen faisant office de sage, radicalise son discours et instaure un régime totalitaire. Plus question d’accepter les sangliers estropiés et encore moins les Sanglochons (mélange de sangliers et de cochons) qui se cachent parmi eux et qui sont responsables de tous leurs maux. C’est le début d’un terrible exode pour Lilly qui verra ses frères être embrigadés dans les funestes escadrons noirs (brigade chargée de l’ordre et des rafles), et apprendra qu’elle est elle-même une Sanglochone…

Mon avis :

J’ai la faiblesse de croire qu’il y a un temps pour tout, qu’il y a aussi un temps pour les livres. Ce partenariat est dans ma PAL depuis deux mois, et je ne parvenais pas à l’en sortir, impossible de progresser dans ma lecture. Puis, voici deux jours, la situation s’est débloquée et je suis passée de quelques pages lues à un ouvrage terminé en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire et l’écrire.

Bien sûr, en découvrant ce texte, j’ai immédiatement pensé à La ferme des animaux. Il existe pire en termes de références littéraires.

Nous sommes dans une forêt, et les animaux sauvages vivent presque paisiblement, les territoires étant strictement délimités, hors de questions de s’aventurer au-delà du territoire des Longs Poils bruns. Leur ennemi ? Les Deux Pattes, qui viennent régulièrement et tuent. Cela a beau survenir régulièrement, les sangliers ne tirent pas de leçon de ce qui s’est passé, chaque saison est pour eux un éternel recommencement. Sauf pour Lilly. Elle est différente. Elle a beau suivre l’enseignement de la Gonfle, il lui arrive de penser à cette fameuse question interdite : pourquoi ? Pourquoi, notamment, n’a-t-on pas le droit de fréquenter les sang-mêlé, ceux qui sont métissés, ceux qui sont différents, un peu plus roses, avec une queue en tire-bouchon ?

Bien sûr, ce livre nous parle de nous, maintenant, et avant. Il nous parle de l’accueil que l’on peut faire à des personnes qui sont différentes, et que l’on juge inférieures, toutes ces personnes que l’on tolère, notamment si elles ont réussi, mais que l’on n’accepte pas, que l’on n’intègre pas réellement et que l’on rejette, que l’on accuse de tous les maux dès que la moindre crise surgit. Il faut un bouc émissaire, et qui de mieux que celui qui est différent ? Puis, être endoctriné, c’est aussi tellement facile : l’opinion publique est comme une girouette, et elle suit facilement le leader qui promet des jours meilleurs, assurant avoir trouvé la cause de tous les problèmes, et donc les moyens de les résoudre.

Au cours de ce texte, fortement aussi inspiré de certains pans de notre histoire, on verra aussi ce que deviennent les personnes qui se sont réjouis de suivre la nouvelle idéologie en place, et qui en sont ensuite devenues les nouvelles victimes expiatoires. Réaliste ? Oui, sous couvert de fables. Et je pense aussi qu’il est important d’écrire un tel livre en ce moment, à une époque où certains sont tentés par des théories assez extrêmes, qui semblent tellement extrêmes justement que l’on se dit : « non, pas possible, ils ne croiront tout de même pas…. » Et bien si. Tout est possible, surtout pour un peuple qui n’a pas de mémoires.

Un livre à faire découvrir et à partager.

Merci aux éditions Didier Jeunesse et à Netgalley pour ce partenariat.

Mélo-Méli chez Marie Curie La découvreuse du polonium et du radium par Paul Beorn & Lilie Bagage

Présentation de l’éditeur :

Mélo-Méli sont deux jumeaux du 22ème siècle. Pour leur chaîne Utube, ils voyagent dans le passé et vivent de folles aventures avec les héros et héroïnes de la science ! Cette fois, ils débarquent en 1898 dans le laboratoire de Marie Curie et patatras ! Ils font disparaître tout son stock de minerais. Mais Marie Curie en a absolument besoin pour découvrir le polonium et le radium… Le robot NOUNOU arrivera-t-il à réparer les bêtises de Mélo et Méli ?

Mon avis :

Je commence à nouveau sur un regret pour cette nouvelle collection qui devrait comporter deux titres supplémentaires : les livres sont trop courts ! Si les illustrations, très dynamiques et très drôles (voir, pour commencer, le métro volant), ont tout à fait leur place dans les aventures des jumeaux Méli, Mélo, et leur robot NOUNOU, je regrette en revanche que les personnages ne puissent davantage s’épanouir. Je pense notamment au professeur Létourdi, qui mériterait plus de place – pour ses étourderies.

Cette fois-ci, nous sommes sur les traces de Marie Curie, et l’arrivée de la machine va à nouveau provoquer quelques incidents. Ce moment crucial est bien montré, il est assez répété aussi l’importance de la pechblende mais (oui, encore des oppositions) je regrette que tous les efforts que Marie Curie a dû fournir pour arriver à cette découverte n’aient pas été davantage mis en valeur. Cependant, les conséquences, encore de nos jours, de cette découverte, ont bien été montrées. Ouf.

Tout comme l’ouvrage précédent, j’espère qu’il existe des livres jeunesse qui permettent d’en savoir davantage sur elle et sur son mari.

Merci à Netgalley et à Scrineo pour ce partenariat.

Mélo-Méli chez Alexander Fleming

édition Scrinéo – 57 pages.

Présentation de l’éditeur :

Découvrez la première histoire de notre nouvelle collection  » Mélo-Méli « , des récits illustrés en couleurs pour apprendre en s’amusant ! Mélo-Méli sont deux jumeaux du 22ème siècle. Pour leur chaîne Utube, ils voyagent dans le passé et vivent de folles aventures avec les héros et héroïnes de la science ! Cette fois, ils débarquent en 1928 dans le laboratoire du professeur Fleming, le découvreur du premier antibiotique. Et là, catastrophe ! Ils cassent tout avec leur machine. Heureusement, le robot NOUNOU est toujours là pour les aider…

Mon avis :

Cette collection est faite pour de très jeunes lecteurs, et c’est peut-être pour cette raison que je n’ai pas réellement accroché. Je n’ai pas vraiment aimé les personnages de Mélo-Méli, leurs blagues et leurs approximations langagières. Je me dis parfois que les jeux de mots feront plus rire les parents que les enfants. Ces jumeaux, complémentaires pour provoquer des catastrophes, sont les héritiers des youtubeurs de maintenant, eux qui veulent à tout prix des événements et des photos pour alimenter leurs comptes. Et ils auront leur compte, en retournant dans le passé, et en rencontrant le professeur Fleming, pile au moment où il découvre le premier antibiotique.

Dans cette collection, c’est davantage l’aspect aventure humoristique que l’aspect scientifique qui est mis en avant. Il faut beaucoup d’aventures et de catastrophes pour arriver jusqu’au professeur, il en faut nettement moins pour faire connaissance avec lui et partager sa découverte. Pour moi, c’est un peu dommage, et je me demande, en tant qu’adulte, quel sera l’impact sur le jeune lecteur : voudra-t-il en savoir plus, et si oui, où trouvera-t-il de quoi en apprendre davantage ?

Ceci est un tome 1…. A ce soir pour le tome 2 !

Merci aux éditions Scrineo et à Netgalley pour ce partenariat.

L’agence Pendergast, tome 3 : les sirènes du Mississippi de Christophe Lambert

édition Didier Jeunesse – 160 pages

Présentation de l’éditeur :

Les agents Sean, Célia et Joe embarquent sur un bateau à aube sur le Mississippi comme saltimbanques vedettes pour enquêter sur des vols qui ont lieu à bord. Cette aventure les mène dans le temple d’une cité perdue, en compagnie d’une femme mystérieuse. Avec un marque-page détachable.

Mon avis :

Pour moi, les sirènes du Mississippi me font toujours penser à Tom Sawyer, et surtout à Huck, qui parcourut le fleuve en quête de liberté. Je pense moins aux créatures extraordinaires qui pourraient hanter le fleuve – ou pas.

La mission semblait presque classique, pourtant, Sean, la jeune recrue de l’agence, Célia et Joe devaient enquêter sur des vols mystérieux commis sur un bateau à aube. Premier obstacle : se faire engager comme artistes à bord. C’est déjà une épreuve en soi ! Deuxième obstacle : ne pas être soupçonné d’enquêter, mais être soupçonné d’être des voleurs. Il est des enquêteurs professionnels qui sont en effet remplis de préjugés. Ce n’est qu’après avoir surmonté tout ceci, et bien d’autres choses encore qu’ils pourront se concentrer sur tout ce que cette affaire peut avoir de paranormal, sans se laisser prendre aux jeux des apparences, ce qui aurait été très (trop ?) facile. Un roman d’aventures pour la jeunesse n’est pas forcément simpliste.

Pas le temps de se reposer : à peine cette aventure finie que nos agents sont déjà repartis vers d’autres horizons.

Le monstre des égouts de Christophe Lambert

édition Didier Jeunesse – 137 pages

Présentation de l’éditeur :

Recruté depuis peu par M. Pendergast, Sean doit encore faire ses preuves. Adieu les vols à la sauvette et bonjour les ennuis paranormaux ! New York cache dans ses recoins les plus sombres des créatures extraordinaires. Les trolls et les nains se terrent sous les égouts, loin de toute vie humaine. Mais l’équilibre entre ces deux populations est menacé depuis une étrange disparition. L’Agence Pendergast doit vite résoudre ce mystère si elle ne veut pas se retrouver avec une guerre souterraine sur les bras ! Elle envoie Sean et ses fidèles coéquipiers, Célia et Joe l’Indien, enquêter dans les égouts ! Y rentrer est simple, mais, en sortir indemne est mission impossible…

Mon avis :

Voici le second tome des aventures des membres de l’agence Pendergast. Du nouveau membre pour l’un d’entre eux, devrai-je dire. Sean vit toujours dans les rues de New York, il lui arrive encore de voler à la sauvette, mais il participe à l’occasion à des missions. Celle-ci sera pour le moins surprenante sur le plan culinaire (voir le chapitre 7, ce n’est pas tous les jours que des nains invitent des agents à partager leur copieux repas), elle l’est aussi parce qu’elle permet à Sean de découvrir un peu plus les créatures surnaturelles qui se cachent aux yeux des humains, tout en, peut-être, se rapprochant de Joe, qu’il déteste par principe. Les parents de Sean ont été tués par des indiens, Joe est un indien, donc Sean déteste Joe. Le raisonnement suivi par le jeune garçon n’est hélas pas très éloigné de celui suivi par des adultes sûrs de leur bon droit.

Ce que va apporter à Sean cette aventure ? Beaucoup de choses. Renvoyer (un peu) dans les cordes Barrie, cet agent anglais qui lui demande s’il a des chances auprès de Célia ? Fait. Rencontrer des nains, des trolls, et un monstre des égouts ? Fait. Assister à des batailles sanglantes, prendre des initiatives ? Fait aussi. Renouer avec son passé, proche ou lointain ? Fait. Tout ce qu’il a vécu dans ce tome comptera à mon avis énormément pour la suite.

J’ai pour l’instant lu deux tomes de l’agence Pendergast, mais elle me semble une très bonne série d’aventures pour la jeunesse – et pour ceux qui sont restés jeunes d’esprit.

Les mots fantômes de David Moitet

Présentation de l’éditeur :

Eliott est en maison de repos, sa mère vient de mourir. Cependant, il est clair pour lui que cette mort est suspecte, et qu’il ne s’agit pas du suicide qu’on veut lui faire croire. Lilas, une pensionnaire du centre, a un choc en voyant une photo de la mère d’Elliot : c’est une des apparitions qui la hante tous les jours. Elle comprend qu’elle a le don de voir les morts, ce que sa famille s’évertue à lui cacher depuis des années. Les deux adolescents se lancent dans une double enquête, à la recherche de la vérité, au péril de leur vie…

Mon avis :

Quand je lis les « nouveaux » livres pour adolescents, je me questionne toujours : trouveront-ils leur public ? Les mots fantômes ne font pas exception. Déjà, il ne peut pas être rangé dans une case, ce qui est pourtant commode pour tous : libraires, enseignants et parents. Il est à la fois un roman contemporain, un roman policier, et un roman fantastique. Le plus simple (presque) aurait été de le cantonner dans la case policier, avec Eliott qui ne croit pas au suicide de sa mère et veut découvrir la vérité, envers et contre tout. Même la police exprime parfois des doutes sur ce qui s’est vraiment produit, mais manque d’indices pour lancer véritablement une enquête.

Ce n’est pas tant que le livre bascule alors dans le fantastique, formule ô combien traditionnelle, c’est plutôt qu’il nous emmène aux portes de la folie. Lilas a des hallucinations. Ses crises étaient passées, du moins l’espérait-elle, elles reprennent de plus belle et elle se retrouve en maison de repos, terme pudique, poli, pas effrayant du tout, qui m’amène à me questionner : comment aider ces jeunes qui souffrent ? Oui, c’est difficile, et oui, j’ai toujours l’impression que la société est en retard et ne met pas tous les moyens possibles pour les aider (expérience de professeur).

Lilas et Eliott vont s’unir, mettre en commun leurs différences, leurs interrogations en cherchant la vérité. Lilas ne se doutait vraiment pas de ce qu’elle allait découvrir. Lilas et Eliott sont tous les deux des adolescents, mineurs, des êtres qui sont entièrement dépendants de ce que les adultes trouvent être le mieux pour eux. La situation est exactement la même face à un parent âgé : l’adulte sait aussi ce qui est mieux pour lui ou pour elle, soi-disant pour le protéger, ce qui revient à l’infantiliser. J’ai toujours pensé qu’à partir du moment où l’on trouvait une personne âgé trop fragile pour lui dire certaines choses, alors c’était vraiment le commencement de la fin pour elle, puisque l’on (ses enfants ? ses médecins ?) choisissait de la couper, un peu, du monde (parce qu’elle ne devait pas y rester encore longtemps ?).

Je n’oublie pas Charles, troisième personnage qui donne son nom à des chapitres. Ce n’est pas qu’il n’est pas intéressant, c’est qu’il ne m’a pas intéressé. Avec lui, c’est le pire dont est capable un être humain que nous découvrons. Parce qu’avec tout ce que j’ai écrit, j’en aurai oublié un des sujets principaux : le deuil, la perte violente d’un être aimé.

Merci aux éditions Didier Jeunesse et à Netgalley pour leur confiance.