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Le monstre nounou de Tuitikki Tolonen

Présentation de l’éditeur :

Il y a des nounous rigolotes, des nounous trop sévères, d’autres qui vous laissent faire les 400 coups, et puis il y a… le monstre nounou !
En l’absence de leurs parents, Halley, Koby et Mimi vont être gardés par cette étrange créature poilue et poussiéreuse qui sent fort le renfermé. Voilà qui promet des vacances pas comme les autres…

Mon avis :

On dirait que les monstres sont vraiment des créatures familières aux finlandais. En effet, alors que les mères de famille gagnent toutes le premier prix d’un voyage et une cure de remise en forme, des monstres sont envoyés pour les remplacer, et personne ne s’étonne. Halley, l’aînée, est pourtant la plus rationnelle des trois enfants ! Ce n’est pas le cas de Mimi, qui converse avec sa robe de chambre bleue, et est tout à fait prête à s’entendre avec le gros monstre poilu qui les garde.

Très vite, un autre mystère apparaît : d’autres monstres sont là, et d’autres créatures aussi ! Bienvenue aux fééstiques qui piquent les monstres comme les moustiques les humains ! Par contre, les sorcières, qui se présentent comme les « propriétaires » des monstres ne sont pas du tout, mais alors là pas du tout sympathiques.

En dépit (ou grâce à) leur grande soeur, Mimi et Koby vont chercher à en savoir plus sur les monstres, leur manière de vivre, et ne pas se contenter de leur feuille de route très injonctive. Qui sait vraiment ce qui est bon pour les monstres ? Peut-être un certain Runnar, qui a écrit un livre sur eux, que Koby s’empresse d’emprunter à la bibliothèque, et de lire, même si ce n’est pas toujours très bien ordonné.

Deux mondes se télescopent, en fait, celui des adultes qui est presque rationnel – voir les articles de journaux qui, même avec une photo à l’appui, ne veulent pas croire à l’existence des monstres – et celui des enfants, qui est encore ouvert au merveilleux – jusqu’à ce que les adultes les amènent consulter. Il faut dire aussi que certains adultes sont singulièrement absents, tel le père de nos trois héros, surnommé « la voix invisible ». Combien sont-ils de père à se rendre compte que leurs enfants ont grandi et qu’ils n’ont rien vu ?

Le monstre nounou est un livre très agréable à lire, avec des illustrations absolument superbes. A recommander pour les enfants et pour les adultes qui ne sont pas insensibles au merveilleux.

 

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Le suivant sur la liste – tome 1 de Manon Fargetton

Merci aux éditions Rageot et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis : 

Je commencerai par un conseil : ne faites pas comme moi, ne vous plongez pas dans le livre avant de vous endormir, en vous disant : « je lis le début, je verrai bien ce que cela donne ». Pour ma part, je me suis retrouvée à lire le livre d’une traite, en le terminant à 23 h 45.
Pourquoi ce livre est fort ? Déjà, il commence là où d’autres l’auraient terminé : par la mort d’un des personnages-clefs de l’intrigue. Il fallait oser cette « vraie » mort dès le début, en montrer les conséquences et la cause véritable. Un livre de littérature jeunesse qui ne cède pas à la facilité, et court le risque que les jeunes lecteurs le referment très vite, c’est rare.
Les personnages survivants, si j’ose dire, sortent aussi de l’ordinaire. Morgane, de prime abord, semble la plus banale : elle est la reine du collège ! Tout lui réussit, que ce soient les études ou les loisirs. Sa vie est cependant bien plus compliquée qu’elle ne le laisse voir. Izia et Samuel sont élèves dans le même collège, mais eux sont plutôt les moutons noirs, les impopulaires, et ils ne s’en portent pas plus mal. Reste Timothée, cousin de Nathan, l’adolescent décédé, qui est un personnage à part, dans tous les sens du terme.
L’intrigue se passe à Saint-Malo, ville que j’apprécie particulièrement et brasse des thèmes très importants. Je ne parle pas seulement de l’usage des nouvelles technologies, ou du rôle de l’intelligence artificielle, non. Il s’agit aussi, et surtout, de ce que l’on veut pour ses enfants. « Le meilleur », entend-on toujours dire. il est nécessaire de s’interroger sur ce que signifie vraiment cette expression.
Un thriller scientifique jeunesse très réussi!!!!

Un dossard pour l’enfer de Jean-Christophe Tixier

Présentation de l’éditeur : 

Passionné par les défis, Alex, 17 ans, participe à un trail en haute montagne. Cette compétition de l’extrême est réservée aux plus endurants, dotés d’un mental d’acier ! Stessy, son amie, l’encourage sur le parcours.

Merci à Netgalley et aux éditions Rageot pour ce partenariat.

Mon avis : 

Ce livre devrait plaire aux jeunes lecteurs sportifs. En effet, j’ai souvent entendu des plaintes de leurs parts quand ils lisent des romans parlant de sport puisqu’ils n’y retrouvaient pas les sensations qu’ils avaient éprouvées. Ce n’est pas du tout le cas dans ce livre : le lecteur est parfaitement dans la peau du sportif.
Il répond d’abord à une question implicite : pourquoi se lance-t-on dans une telle épreuve ? Le récit met en avant l’envie de mesurer ses limites mais aussi de se dépasser soi, plutôt que de dépasser les autres. L’importance de la préparation physique, de la manière de gérer le trail, pas à pas, fait partie intégrante du récit, tout comme la notion de préparation mentale, et ce en quoi elle consiste réellement – développant la capacité de l’athlète à s’adapter au fur et à mesure de la compétition. Le soutien des proches est aussi important, comme celui de Stessy, amie d’Alex qui comprend ses désirs et connaît l’importance d’être là pour lui quand il le faut
Seulement… pratiquer un sport n’est que rarement solitaire, et certains faits viennent polluer les compétitions : l’appât du gain, le dopage, le racisme. Croire que cela n’existe plus n’aide personne à lutter contre ces phénomènes.
Du coup, j’en oublie presque l’intrigue policière, bien construite : c’est parce qu’elle s’imbrique parfaitement avec les pratiques sportives qui sont décrites.
Un roman policier sportif, qui peut être apprécié même par quelqu’un comme moi (c’est à dire une adepte du « no sport »).

Poules, renards, vipères, tome 3 : Célis

Présentation de l’éditeur :

Les trois royaumes des poules, des renards et des vipères savent désormais qu’ils habitent sur une île et que la montée des eaux les menace. Alors que les trois peuples œuvrent de concert pour construire une digue, Grinoir et Hagard aident Griffsec à s’échapper de la prison des Trois Crêtes pour mettre au point leur vengeance. Grâce à leurs forces combinées, ils reprennent rapidement le contrôle du Triangle sans Nom. Mais Célis, Zora, Albin et leurs amis ne s’avouent pas vaincus et préparent une contre-attaque.

Mon avis :

Voici la fin et l’épilogue d’une trilogie jeunesse tout sauf gnan-gnan. Nous retrouvons avec plaisir les héros des tomes précédents en un moment crucial : les trois espèces ont décidé de s’unir pour lutter contre la menace commune. Je ne parle pas seulement des coups bas faits par certains dissidents  du côté des poules et des renards, mais de la menace naturelle qui pèse sur le territoire des trois espèces. Nous vivons tous sur la même terre, c’est une évidence que certains ont tendance à oublier, alors il vaut mieux s’entraider avant qu’il ne soit trop tard.
Le danger, ou plutôt les dangers sont bien réels, et ce ne sont pas de simples blessures que risquent les personnages. Leurs ennemis ne sont pas des tendres, et c’est bien leur élimination pure et simple qui est souhaitée.
L’intrigue est bien conçue et contient un nombre certain de rebondissement. S’adapter à la situation, oser ce que l’adversaire n’avait pas prévu, voici les clefs de leur réussite. Tout n’est pas figé, et l’on peut changer – ou pas.
Une belle conclusion.

Poules, renards, vipères, tome 2 : Zora de Paul Ivoire

Présentation de l’éditeur :

Albin et Zora sont montés tout en haut du Mont Chicken : ils habitent bien sur une île ! Et avec la montée des eaux, le territoire des serpents va bientôt être inondé, mettant en péril l’équilibre des trois peuples ennemis. Il faut convaincre les 3 royaumes de s’unir, mais Griffsec et Hagard le Solitaire, un renard cruel, ont d’autres idées en tête…

Mon avis : 

Ce tome 2 met l’accent sur les renards après que le tome 1 nous a fait découvrir celui des poules. Ils ont non pas un roi, mais un chef de clans, qui a bien du soucis lui aussi avec la montée des eaux, avec les vipères également, sans oublier les poules qu’il faut un peu effrayer. Il a aussi à faire avec les Solitaires, qui ne reconnaissent pas son autorité, et avec Zora, la fille d’un des ouvriers qui vient de s’égarer après sa première mission dans la première équipe d’éclaireur. Bref, cela fait beaucoup pour un seul chef de clan, surtout que Hagard, le chef des solitaires, se montre particulièrement actif.

Pendant ce temps, le lecteur suit également ce qui se passe dans le royaume des poules, qui est passablement agité, pour ne pas dire totalement mouvementé. Griffsec est un véritable stratège, pas du tout un ennemi qui serait facile à vaincre. Nous ne sommes pas dans l’attente, nous sommes véritablement dans la lutte – et toute guerre fait des victimes, il ne faut pas l’oublier, même si nous sommes dans un livre de littérature jeunesse. Il ne s’agit pas seulement de choisir son camp, il s’agit aussi de faire preuve de courage et d’agir. Certaines phrases font passer des notions qu’il est important à mes yeux de partager, comme celle-ci : « – Répandre la terreur est une stratégie pour prendre le pouvoir, répondit Zora. Lorsque les populations ont peur, elles sont plus soumises. »

Un tome 2, oui, mais pas du tout un tome de transition dans lequel il ne se passerait rien, un tome dans lequel des faits essentiels se passent pour amener le dénouement.

Wiggins et la nuit de l’éclipse de Béatrice Nicodème

Présentation de l’éditeur :

Angleterre, 1894. Trois années ont passé depuis que Sherlock Holmes a disparu dans les chutes de Reichenbach après une lutte sans merci contre l’infâme Moriarty. Inconsolable, Wiggins est plus que jamais déterminé à se montrer digne du grand détective. Lorsqu’il est appelé au collège de Midhurst pour veiller sur le jeune Lowell Summerfield dont le père, un juge connu et redouté, a reçu des lettres de menaces, il voit là l’occasion de gagner enfin ses galons de détective-consultant.
À Midhurst, il découvre un monde surprenant qui vit replié sur lui-même. Derrière la façade austère, les règles strictes et le code de l’honneur, la violence rôde. La nuit, de mystérieuses réunions se tiennent dans la chapelle, et il arrive que des pas résonnent dans le grenier. Les grands, chargés de faire respecter la discipline parmi les plus jeunes, ont parfois une conception bien curieuse de l’autorité, et même les professeurs semblent avoir leurs petits secrets.

Mon avis : 

Beaucoup d’auteurs s’inspirent de Sherlock Holmes pour écrire des histoires le mettant en scène – ou pas. Béatrice Nicodème a choisi, dans ces livres, de mettre en scène Wiggins, ce gamin des rues qui était un des auxiliaires de Sherlock Holmes, un de ceux que l’ont ne voit pas, auquel on ne fait pas attention, et qui, du coup, peut voir beaucoup de choses.

Wiggins a grandi, il est d’ailleurs presque adulte en cette année 1894, trois ans après la disparition de Sherlock Holmes. Si c’est à lui que l’on confie cette mission, c’est parce qu’il est suffisamment jeune pour passer inaperçu dans un collège. Problème, malgré tout : Wiggins n’a pas fait d’études, et il va détonner, un peu, auprès de ceux qui l’ont chargé de mener l’enquête.

Le fils d’un juge d’instruction est en effet menacé de mort, et son père n’a pas l’intention de céder au chantage, ni d’avertir son fils, qui est très bien dans sa pension. Néanmoins, Wiggins sera chargé de sa protection : il est hors de question d’entacher la réputation de l’établissement. Sauf que c’est vraiment mal parti.

La description de ce qui se passe n’est pas des plus reluisantes. Tout ne peut pas être parfaitement sous contrôle, et certains n’hésitent pas à abuser du petit pouvoir qui leur est alloué. Il n’est pas tant question de diviser pour mieux régner, que d’isoler ceux qui sont déjà différents des autres, comme ce jeune étudiant venu tout droit des Indes.  Comme dans tout bon roman historique, l’on en apprend un peu plus sur cette époque, et pas seulement sur ce qui se passait en Angleterre.

L’intrigue est bien construite, et contient son lot de rebondissements qu’il est vraiment prenant de découvrir. Un roman jeunesse à partager avec les jeunes amateurs de romans policiers – ou pour leur faire découvrir le genre.

La tente d’en face de Pascal Ruter

Merci à Netgalley et aux édition Didier Jeunesse pour ce partenariat.

Présentation de l’éditeur :

Cet été, au camping d’Arcachon, deux tentes se font face…
D’un côté, celle de Titus, toute tordue et mal montée. Il faut dire que son père, qui ressemble comme deux gouttes d’eau à Johnny Depp, n’est pas très bricoleur !
De l’autre, la tente de Bérénice, toujours impeccable et rangée.
Une rencontre qui va faire des étincelles !

Mon avis : 

Après Joséphine et Napoléon dans Barracuda for ever, ce sont Titus et Bérénice qui sont les héros de La tente d’en face.
Nous voici face à une histoire de départ en vacances -au camping, thème très prisé dans les émissions de télé-réalité ou même de série télévisée. Si ce n’est que là, nous sommes dans un camping standard, presque intemporel, que les parents des jeunes lecteurs et les jeunes lecteurs eux-mêmes peuvent connaître. Un camping non loin de la mer, où les personnes peuvent aussi s’entraider – y compris quand un nouvel arrivant ne sait pas très bien monter sa tente.
Les parents de Titus et Bérénice sont aussi très différents, l’une des familles est imprévisible, fantaisiste, l’autre prévoit tout dans les moindres détails – vous avez dit psycho-rigide ? Les deux enfants vont pourtant réinventer leurs vacances, sous le signe de la fantaisie et de l’invention, à ne pas confondre avec la duperie. Il est à signaler que les vacances ne se passent pas sous le signe des nouvelles technologies, preuve qu’il est tout à fait possible de s’amuser autrement.
Un joli roman à partager en famille.