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Les bas-rouges se bougent de Kate Saunders

Présentation de l’éditeur :

Les deux sorcières Boud’ et Grelu sont en émoi : leur ami le vicaire va se marier.
Celui-ci ne veut pas leur présenter sa fiancée Alice, de peur qu’elles ne l’effraient. Boud’ et Grelu sont quand même décidées à faire à sa connaissance ! Elles se transforment, non sans quelques bavures, en vieilles dames  » comme il faut « … Et soudain, c’est le drame !

Mon avis : 

Voici déjà quelques temps que P’tit Boudin et Grande-Greluche vivent dans le beffroi de Tramper’s End, avec un chat qui parle. Cette situation ne dérange plus personne. Si ce n’est que le vicaire, revenant de vacances, leur annonce une grande nouvelle : il va se marier ! Essayez donc de présenter de jeunes sorcières de cent cinquante ans à votre fiancée, vous m’en direz des nouvelles. Il leur demande donc de se faire les plus discrètes possibles, pour ne pas dire invisibles. Oui, il aurait voulu se mettre les sorcières à dos qu’il n’aurait pas procédé autrement, surtout que leur plus grand rêve est d’assister à un mariage, voire d’être demoiselles d’honneur. Même les sorcières peuvent avoir des rêves de midinettes.
Il n’avait pas prévu ce qui surviendra. Et nos deux sorcières ne sont pas forcément les responsables des grosses catastrophes qui surviennent. Elles seront bien plus difficiles à expliquer à Alice, sa jolie promise, que le teint verdâtre d’une de ses amies. Moralité : on a toujours besoin de quelques sorcières pour vous aider – les deux éléments de la phrase ne sont pas forcément incompatibles.
Nos deux sorcières, accompagnées de leur chat qui parle, vont relever tous les défis pour sauver Alice et le vicaire par la même occasion. L’amour est si rare au pays des sorcières qu’elles tiennent vraiment à le faire triompher.
Une jolie aventure !

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Miss monde des sorcières de Clair Arthur

Présentation de l’auteur :
C’est l’effervescence dans le monde entier : un concours est organisé afin d’élire la plus belle des sorcières. Pas question pour Germaine Chaudeveine de participer à une telle idiotie ! Mais le grand jour arrive…

Mon avis :

Le moins que je puisse dire est que ce livre est trop court. L’idée était pourtant originale que ce concours afin d’élire la plus belle des sorcières. Seulement, il aurait été amusant d’en savoir plus sur chacune des concurrentes, et sur les raisons qui ont fait qu’elles ont changé d’avis, après avoir refusé de se présenter à ce concours. Les sorcières viennent du monde entier, elles sont chacune leur particularité, leur tour de magie préférée, leur compétence extraordinaire, pourtant aucune ne retient l’attention, si ce n’est Germaine, héroïne de la série, laide à faire peur, ce qui est le but d’une sorcière. J’aurai aimé aussi savoir qui a organisé ce concours et pour quelles raisons, même si la transformation en citrouille ne manque pas de piquant. De même, le choix de la gagnante m’a semblé pour le moins étonnant. Bref, ce livre est sans doute intéressant pour un jeune lecteur, mais il faut que celui-ci apprécie les fins ouvertes.

Le complot du trident de Tristan Koëgel

Présentation de l’éditeur :

Dans le port d’Ostie, le trafic maritime est bloqué par un navire inconnu. Publius et son neveu Lucius enquêtent. Ils ne vont découvrir à son bord que des cadavres, morts de la peste. À leur cou, un pendentif en forme de trident. Rome est menacée et la peste n’est que le premier fléau infligé à la ville et à ses habitants. Une enquête haletante débute pour le duo…

Mon avis :

Un roman policier dans la Rome Antique, voici qui est plutôt rare.
L’empereur qui règne est Titus, celui qui a abandonné la reine Bérénice et qui a déjà inspiré des auteurs. Les fléaux sont nombreux sous son court règne, dont la peste. Nous le rencontrerons, au cour de ce livre, lui qui n’a véritablement confiance en personne. L’histoire romaine ne peut lui donner tort.
Nous commençons quasiment par la fin. Nous savons qu’un meurtre a été commis, le coupable est en prison (pas de présomption d’innocence pour ceux qui lui rendent visite). Avec Lucius, 15 ans, neveu de l’enquêteur Publius, nous remontons le temps pour comprendre comment l’on en est arrivé à ce point – il est plus confortable que les prisons romaines.
Des deux enquêteurs, Publius est le plus intéressant. Expérimenté, mature, il ne se fit pas aux apparences, il n’a pas peur de se mouiller, encore moins de prendre des risques. Lucius, plus impulsif, plaira davantage aux jeunes lecteurs.
Le complot du trident montre un univers essentiellement masculin et offre une vision détaillée de l’empire romain, des différents peuples conquis qui la composent. De sa décadence aussi : la paresse, l’appât du gain sont bien présents.
Dernier point : les interventions du narrateur, brève, mais qui ne manque pas d’humour.
Le complot du trident est un roman qui devrait plaire aux adolescents.

Hotel grand amour

Présentation de l’éditeur :

Au moment où Vic, 13 ans, marque le but qui qualifie son équipe, son père s’effondre, victime d’un infarctus. Il est emmené d’urgence à l’hôpital et Vic et ses trois soeurs doivent alors gérer seuls l’hôtel familial.

Mon avis :

Vic est fils unique : il a trois soeurs (formule valable quel que soit le nombre de soeurs, d’ailleurs) et parfois, la situation est pesante, surtout quand il devient le seul homme de la famille, à la suite du malaise de son père. Il lui faut à la fois mener sa vie de collégien/futur footballeur et gérer l’hotel familial, qui part un peu à vau l’eau, tout en allant régulièrement prendre des nouvelles de son père – en lui faisant croire que tout va bien, ce qui n’est pas vraiment le cas.
La force de ce roman de littérature jeunesse est que l’auteur sait contourner les clichés – et pourtant, il aurait été facile de sauter à pied joint dans toutes les facilités d’écriture qu’offrait le sujet. Vic et ses soeurs ont perdu leur mère, et chaque membre de la famille vit avec cette mort à sa manière. Et la maladie de leur père font qu’ils feront front, avec leur personnalité, et leur proposition pour que tout aille pour le moins pire. Leur père a fait ce qu’il pensait être le mieux pour les protéger, pour qu’ils puissent vivre leur adolescence, leur jeunesse le mieux possible et eux aussi tâcheront de faire de leur mieux.
L’originalité vient aussi que c’est Vic, le garçon, qui est le narrateur principal, et qui tient un journal intime – ou plutôt qu’il l’enregistre. Nous l’écoutons avec lui, après coup, comme en un récit rétrospectif – avec quelques commentaires aussi, pas les siens, non, ceux de quelqu’un qui lui est proche. Rétrospectif ne signifie pas que nous saurons dès le départ comment tout se termine, cependant ce regard permet de voir certains faits sous un éclairage différent, de dédramatiser certains épisodes.
Hotel grand Amour, un roman qui devrait plaire aux jeunes adolescents.

Marche à l’étoile d’Hélène Montardre

Présentation de l’éditeur :

À 150 années de distance, un jeune esclave enfui d’une plantation du Sud des États-Unis et son descendant, un Américain d’aujourd’hui, entament une traversée. Des montagnes aux vastes plaines, des marécages aux grands fleuves, Billy marche sans répit, traqué par un chasseur d’esclaves. Son but, son étoile : conquérir sa liberté. D’une petite chambre new-yorkaise aux quartiers bourgeois de Bordeaux, Jasper avance dans les pas de son ancêtre. Sa quête : comprendre qui il est.

Merci à Netgalley et aux éditions Rageot pour ce partenariat.

Mon avis : 

Quels sont les livres accessibles pour les adolescents et qui parlent de l’esclavage sans fard ? Mis à part les aventures d’Huckelberry Finn de Mark Twain, il en est peu qui me viennent à l’esprit spontanément. Il en est d’autres, mais il en est peu qui s’intéresse à ma fuite d’un jeune esclave.
Billy est un esclave comme les autres, jusqu’au jour où, convoqué par son maître, il est menacé d’une sanction et s’enfuit. J’ai failli mettre « injustifiée » pour qualifier la sanction, mais il n’était, pour un esclave que des sanctions disproportionnées et injustifiables. A travers les yeux de Billy, nous découvrons l’Amérique en dehors de la plantation qu’il n’a jamais quitté, l’Amérique des esclavagistes, ceux pour qui tous les moyens sont bons pour garder ou retrouver leurs esclaves – la loi est de leur côté, l’Amérique de ceux qui, sans être forcément anti-esclavagistes, considèrent Billy et les siens comme des hommes avant tout, non comme des marchandises. Il en est qui s’engage activement pour aider les esclaves en fuite à gagner le Canada, où ils seront réellement en sécurité. Il suffit parfois de petits riens pour aider mais il s’agit toujours de prendre des risques, et d’en assumer les conséquences.
150 ans plus tard, la vie semble nettement plus simple pour Jasper. C’est par le plus grand des hasards qu’il découvre qui était Billy et qu’il veut partir sur ses traces – y compris celles qui l’ont mené jusqu’aux Etats-Unis. c’est l’autre versant du trafic d’esclaves que nous découvrons avec lui, de l’Afrique au Nouveau Monde en passant par la France, ce fameux commerce triangulaire dont on parle peu, même pendant les cours d’histoire. Si Billy se devait d’avancer dans le secret, Jasper découvre que d’autres secrets ont perduré. Il n’était pas de plantations dans certains états d’Amérique. Il n’était pas de familles françaises qui se sont enrichies par le commerce du bois d’ébène. Il est par contre de jolies histoires pas vraiment vraies que l’on se transmet de génération en génération.
Ce qui m’a intéressé aussi est l’importance qui est donné au nom. Alors que certain(e)s (voir les magazines féminins) attachent peu d’importance au nom de famille, qui n’est pas vraiment le nôtre (a qui est-il alors ?) Jasper veut connaître l’origine du sien, et celui que peut-être, il aurait dû porter. Ôter son identité à quelqu’un, la nier – première étape vers la réificiation.

Megumi et le fantôme d’Eric Senabre

Présentation de l’éditeur : 

Megumi n’a peur de rien. Surtout pas d’un fantôme irlandais qui hante la maison de ses ancêtres ! Saura-t-elle lever la malédiction qui pèse sur lui ? Une histoire pleine de rebondissements où l’on croise Yokaï et robots dans le Japon des années 80.

Merci à Netgalley et aux éditions Didier Jeunesse pour ce partenariat.

Mon avis : 

Si vous ne connaissez pas Eric Senabre, ce roman est l’occasion de découvrir cet auteur, son style, et ses sources d’inspiration variées.
L’action se passe au milieu des années 80 et les parents de Megumi ont décidé de partir en vacances en Irlande. C’est en arrivant dans ce pays que Megumi apprend par sa mère qu’un de leurs ancêtres est irlandais. Megumi, curieuse, découvre ce qui reste de sa maison, mais aussi la présence du fantôme de son aïeul. Il est un peu du fantôme de Canterville dans ce fantôme attaché à sa maison, à sa terre, mais Horatio est un fantôme immédiatement sympathique, qui ne cherche pas vraiment à effrayer la petite fille qui est venu dans cette demeure, pas au mieux de sa forme (la maison, pas la petite fille). Commence alors une amitié pour le moins inattendu entre Horatio et sa descendante. Comment pourra-t-elle perdurer, puisque Megumi doit repartir après les vacances ? Et comment faire pour lever la malédiction dont, comme presque tout fantôme qui se respecte, qui attache Horatio à sa maison ?
Et l’on découvre alors que le Japon est l’autre pays des fantômes, ou plutôt le pays des yokai, ces créatures surnaturelles qui, pour certaines, ont les capacités de se métamorphoser. Il est question aussi des récits fantastiques japonais qui, de mon point de vue, sont moins connus du jeune public que les mangas. L’on découvre aussi la vie quotidienne d’une écolière ordinaire entre école et cours de musique, rapprochement ou rivalité avec d’autres élèves, professeurs stricts et parents parfois un peu loufoques. Même si le père de Megumi est ingénieur, il essaie surtout de créer robot et jeux video lors de leurs premiers balbutiements, avec plus ou moins de bonheur. Débuter, c’est le plus difficile.
Narrer ainsi, l’histoire semble presque uniquement amusante. Pourtant, il est aussi question de séparation, de deuil, de douleurs. IL s’agit aussi pour Megumi de comprendre pourquoi le fils d’Horatio est parti pour le Japon, et s’il connaît les circonstances de la mort d’Horatio, il restera bien d’autres faits à éclaircir.
Megumi et le fantôme est une jolie histoire d’amitié au pays du soleil Levant.

L’espionne qui aimait la cantine de Pamela Butchard

Présentation de l’éditeur :

Isa et ses amis sont très heureux lorsque leur maîtresse leur annonce l’arrivée d’Eileen, une nouvelle élève venue d’Angleterre. Sauf qu’Eileen, qui est censée parler français, ne répond à aucune de leurs questions, ne sourit jamais, les regarde bizarrement et… se ressert à la cantine ! C’est là qu’Isa comprend tout : la nouvelle est une espionne, qui cherche à découvrir leurs secrets !

Mon avis :

Il est des écoles qui sont beaucoup plus mouvementées que d’autres. Celle dans laquelle est scolarisée Isa en fait partie ! Je ne vous parlerai pas de ce qu’ils ont enduré, elle et ses amis dans le premier tome, je ne vous parlerai pas de ce qui est prévu dans le tome 3 que je lirai avec plaisir (et oui, le directeur serait un vampire, ce sont des choses qui arrivent) mais là, c’est rien moins qu’une espionne qui serait dans l’école et aurait pour but…. mais quel pourrait-il bien être ?
Accompagnée de Benji, Perrine, Lyne (qui s’évanouit pour un oui, un non, ou un peut-être), Isa mène l’enquête et c’est tout sauf facile. A croire que les adulte ne remarquent absolument rien ! A leur décharge, ils sont menacés par une inspection qui entraînerait la fermeture de l’école si elle se passait mal. Autant dire que le directeur et les professeurs sont sur les dents, pour ne pas dire plus ! Cela ne les empêche pas d’enseigner, de mener à bien un projet sur l’Antarctique et de se régaler des plats de la cantine – ce qui distingue nettement les adultes des enfants. Comme le dit si bien la couverture : Aucun plat de cantine n’a été vraiment avalé pendant la création de ce livre. 
Ce roman est inventif, bourré d’humour et de comique. L’enquête menée par Isa amènera découverte et révélation, y compris sur certains personnages qu’elle côtoie quotidiennement. Bref, un sympathique moment de lecture !