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Le souffle de la pierre d’Irlande, tome 1 : le feu d’Eric Simard

Présentation de l’éditeur : 

L’Irlande… le pays où mon père a disparu. Pourquoi ma mère qui refusait de retourner sur cette île a-t-elle soudain changé d’avis ? Les landes balayées par les vents réveillent en moi un monde sauvage. Mais un mystère me hante : qui est Fiona, cette jeune aveugle qui vient d’arriver au collège ? Elle surgit dans ma vie comme un feu envoûtant. Elle n’aime pas qu’on touche à la terre, qu’on creuse pour déterrer les choses restées longtemps dans l’obscurité. Je l’ignore encore, mais sa rencontre va bouleverser mon existence.

Mon avis : 

J’ai vu cette série à plusieurs reprises à la bibli, je me suis finalement lancée, et je n’ai pas regretté. La lecture est facile. Les chapitres sont courts mais bien conçus- ils ne coupent pas en deux une action importante pour la délayer, ils contiennent une vraie unité narrative. Le vocabulaire et la syntaxe sont simples, ce qui ne veut pas dire que l’on verse dans un lexique familier ou une construction de phrase relâchée. De la littérature jeunesse accessible mais pas démagogique, c’est déjà ça.

Le narrateur est William, il a douze ans et sa mère, qui a 34 ans, a décidé de partir vivre en Irlande, non sur les traces de son père, déclaré décédé presque un an plus tôt, mais sur celles de ses recherches. Lui et son associé Georg étaient à la recherche d’une tombe, les indices étaient contenus dans un manuscrit, que Georg et Elizabeth continuent à décoder. Ils gardent leurs recherches secrètes, au grand dam du jeune garçon qui voudrait en savoir plus. Pendant ce temps, il vit sa vie d’ado, s’intègre dans son nouvel établissement et est fasciné par Fiona, une jeune fille aux yeux d’émeraude aveugle. Ils deviennent amis, et grâce à elle, il en découvre bien plus qu’il n’aurait voulu, non seulement sur ce que cherchait son père, mais aussi sur son père lui-même.

Cette série en cinq volumes semble avoir connu un beau succès à une époque, elle paraît aujourd’hui délaissée (elle n’est quasiment jamais empruntée) et c’est bien dommage.

Journal intime de la (pas si) cruelle belle-mère de Blanche-Neige

Mon résumé:

Reine, cruelle belle-mère de Blanche-Neige, vient de suivre une thérapie pour se détacher de son apparence et réparer le mal qu’elle a fait. Elle est prête à sortir – les autres sont-ils prêts à l’accueilir ?

Mon avis :

Chouette collection, qui s’intéresse à l’après, et réhabilite les « méchants » – et tant pis si certains trouvent que cela nuit à l’image des contes de fée.
La cruelle belle-mère a survécu, elle est même presque présentable extérieurement, elle n’a simplement pas le droit d’utiliser des miroirs, et ce n’est pas la seule chose dont elle est privée, toujours pour mener à bien sa thérapie.
Pas facile de changer, pas toujours drôle non plus de devoir constamment prouver aux autres que l’on a changé. Elle n’est pas la seule, d’ailleurs, et Blanche-Neige a bien changé elle aussi. On ne s’intéresse pas assez au devenir des gentils.
Une lecture sympathique et reposante.

cof

cof

Mathieu Hidalf et la bataille de l’aube de Christophe Mauri

Présentation de l’éditeur : 

Cette fois, Mathieu Hidalf en a trop fait et se retrouve banni de l’école de l’Elite. Reclus au manoir familial, il semble se résigner à sa défaite. Mais c’est mal le connaître : affronter la noblesse du royaume et les terribles Cœurs noirs pour reprendre sa place, voilà un nouveau défi à la hauteur de son génie ! Pour Mathieu Hidalf et ses amis, une nouvelle bataille commence…

Mon avis : 

Attention ! Ce tome est le meilleur de la série, du moins, le meilleur des quatre premiers – le cinquième est en cours de lecture. Mathieu devrait être dans ce tome au bout du rouleau, fini, condamné à suivre les péripéties de l’extérieur de l’école – véritablement. Il devrait suivre la voie tracée par son père, qui est presque soulagé, se résoudre, se résigner. Et bien, non : il choisit une voie radicalement différente, étonnante, qui contraint la famille Hidalf à faire front, véritablement. Mention spéciale pour la maman de Mathieu, profondément dévouée, porteuse d’espoir alors que d’autres se seraient résignés. Le lecteur sait alors de qui Mathieu tient sa ténacité.
Oui, sa décision chamboule tout, et là encore, elle nous entraîne dans une voie étonnante, surtout si l’on a bien intégré tous les codes de la fameuse école de l’élite. Si Juliette d’Argent a veillé sur son frère (si, si, c’est possible), Juliette d’Airain a fait faire de gros progrès à la société. Quant à Juliette d’Or, elle effectue vraiment des choix étonnants elle aussi. Comme quoi, trois personnages peuvent porter le même prénom et être parfaitement individualisés.
Vite, la suite !

Sauveur et fils, saison 3 de Marie-Aude Murail

Présentation de l’éditeur :

Au numéro 12 de la rue des Murlins, à Orléans, vit Sauveur Saint-Yves, un psychologue antillais de 40 ans, 1,90 mètre pour 80 kg. Dans son cabinet de thérapeute, Sauveur reçoit des cas étranges comme ce monsieur Kermartin qui pense que ses voisins du dessus ont installé une caméra de vidéosurveillance dans le plafond de sa chambre à coucher ou comme Gervaise Germain qui s’interdit de prononcer le son « mal » par crainte qu il ne lui arrive un MALheur. Mais Sauveur reçoit surtout la souffrance ordinaire des enfants et des adolescents : Maïlys, 4 ans, qui se tape la tête contre les murs pour attirer l’attention de ses parents, Ella, 13 ans, cyberharcelée par ses camarades de classe, Gabin, 17 ans, qui ne va plus au lycée depuis qu’il passe ses nuits dans World of Warcraft, Margaux, 15 ans, qui en est à sa deuxième tentative de suicide ou sa sœur, Blandine, 12 ans, que son père aimerait mettre sous Ritaline pour la « calmer »…Sauveur peut-il les sauver ? Il n’a que le pouvoir de la parole. Il ne croit pas au Père Noël, mais il croit en l’être humain.

Précision : le livre a été lu, la chronique débuté avant les événements de Londres. Il ne faut jamais baisser les bras.

Mon avis :

Que dire, si ce n’est que ce troisième roman est très réussi et conclut en beauté ce cycle romanesque ? Et bien voilà, c’est dit !
Nous avions laissé certains personnages dans une situation plus que difficile, nous les retrouvons quasiment dans la même situation. Et oui, l’auteur ne choisit pas la facilité en résolvant leurs problèmes d’un coup de baguette magique, ou en profitant de l’ellipse narrative qui prend place entre les deux tomes. Là, pour le coup, cela aurait été vraiment décevant.
Encore une fois, Marie Aude Murail ose parler de tous les sujets, et elle en parle très bien. Elle n’est pas tendre avec les médecins qui prescrivent des médicaments à leurs patients, quel que soit leur âge, plutôt que de prendre le temps de les écouter. Elle me rappelle ainsi le regretté Pierre Bottero, qui montrait que certains « spécialistes » avaient déjà un diagnostic tout prêt, et la souffrance de leur patient se devaient de coller à celui-ci (voir Le garçon qui voulait courir vite). L’un comme l’autre rappellent qu’il est des médecins qui prennent le temps de regarder, d’écouter leurs patients, qu’ils soient généralistes ou spécialistes.
Moins de hamsters dans ce troisième tome, même si l’on assiste encore à quelques lâchés de Bidule lors des petits déjeuners dominicaux. Tout autant de situations parfois très cocasses à force de tragique – ou comment résister, pour Sauveur, à la tentation de passer par la fenêtre un patient qui n’a que trop tendance à passer à travers elle. Pas de situations convenues : tout ne se termine pas comme on aurait pu s’y attendre. Jusqu’au dénouement, la facilité est absente. A la fin du livre, Marie-Aude Murail nous livre d’ailleurs ses sources d’inspiration – force est de constater que j’en connaissais déjà beaucoup.
Sauveur et fils : une trilogie très réussie.

Wonderpark,tome 2 : Mégalopolis de Fabrice Colin


Présentation de l’éditeur :

Après avoir traversé Libertad, le monde des pirates, Mervin et Jenn se trouvent désormais dans l’univers de Mégalopolis, immense cité peuplée de superhéros aux pouvoirs incroyables. Ils espèrent y retrouver les ravisseurs de leur petite sœur grâce à l’aide de leur amie Orage, elle-même…

Mon avis :

J’ai préféré ce second tome au premier. Bien sûr, il aurait pu être encore plus abouti, mais il ne laisse pas une impression d’inachevé.
Ce second tome ne perd pas de temps : pas de longues explications sur les pouvoirs des trois amis, sur les liens qui les unissent ou sur ce qui les poussent à visiter Wonderpark. Il est bon de faire confiance à ses lecteurs, même jeunes.
Mégalopolis est la cité des super-héros, qui doivent leur pouvoir à des expériences qui ont bouleversé la morphologie de certains, tels l’Archange, qui est tantôt homme, tantôt femme, ou Lupin – l’expérimentation est parfois poussé très loin, sans véritablement choquer les habitants de ce monde.
Au début, j’avais peur que ce tome ne soit manichéen: les gentils super héros de l’un, les méchants super héros de l’autre. Rien n’est aussi simple qu’il n’y paraît. Les méchants peuvent paraître gentils, les gentils peuvent se demander à qui penser, en premier, à soi ou aux autres, qu’ils sont sensés protéger ?
Le livre se suffit presque à lui-même. Les trois amis maîtrisent de mieux en mieux leurs pouvoirs, ils prennent confiance en eux sans se trahir mutuellement. Ils confondent encore parfois « courage », et « témérité » – qui a dit qu’ils devaient être parfaits ?
Pour faire bonne mesure, des éléments maléfiques parviennent à s’échapper d’un tome à l’autre – vers un grand affrontement final ?

Sauvuer et fils, saison 1 de Marie-Aude Murail



Présentation de l’éditeur :

Quand on s’appelle Sauveur, comment ne pas se sentir prédisposé à sauver le monde entier ?
Sauveur Saint-Yves, 1,90 mètre pour 80 kg de muscles, voudrait tirer d’affaire Margaux Carré, 14 ans, qui se taillade les bras, Ella Kuypens, 12 ans, qui s’évanouit de frayeur devant sa prof de latin, Cyrille Courtois, 9 ans, qui fait encore pipi au lit, Gabin Poupard, 16 ans, qui joue toute la nuit à World of Warcraft et ne va plus en cours le matin, les trois soeurs Augagneur, 5, 14 et 16 ans, dont la mère vient de se remettre en ménage avec une jeune femme…
Sauveur Saint-Yves est psychologue clinicien.
Mais à toujours s’occuper des problèmes des autres, Sauveur oublie le sien. Pourquoi ne peut-il pas parler à son fils Lazare, 8 ans, de sa maman morte dans un accident ? Pourquoi ne lui a-t-il jamais montré la photo de son mariage ? Et pourquoi y a-t-il un hamster sur la couverture ?

Mon avis :

Le titre, et la mention des saisons, pourraient presque faire croire que nous nous trouvons face à une série télévisée. D’ailleurs, il est une série dont le personnage principal, incarné par Pierre Arditi, se prénommait Sauveur. A contrario, la couverture, son cochon d’Inde dans une posture très choupinette, suggère plutôt un livre tout doux pour de jeunes lecteurs qui ne seraient pas effrayés par l’épaisseur de l’ouvrage – un peu plus de trois cents pages. Mais il y a aussi, en couverture,le nom de l’auteur : Marie-Aude Murail, et ses fans savent déjà qu’elle ne choisit pas la facilité.
Sauveur est psychologue clinicien et il se retrouve face à des adultes, des adolescents qu’il doit aider à résoudre leurs problèmes, ce qui ne signifie aucunement qu’il les résout à leur place. Trop souvent, on oublie qu’il faut écouter les autres au lieu de s’écouter parler – et Sauveur écoute, sans jamais juger.
Aucun sujet ne fait peur à Marie Aude Murail – et ce qui pourrait sembler « trop » dans un autre contexte ne l’est pas dans le cabinet d’un psychologue. Les choix effectuées ont des conséquences bien plus durables qu’on ne peut le penser. Prenez Sauveur, par exemple, oui, lui qui aide les autres à extirper des secrets trop longtemps contenus, comme celui des parents d’Ella, il n’a pas encore pu parler à Lazare, son fils, de sa mère et des circonstances de son décès, lui, Sauveur, le « bounty » – noir dehors, blanc à l’intérieur disent ceux qui ont connu petit cet enfant noir abandonné adopté par un couple de blancs. Anédoctique, dira-ton. Pas vraiment, répondrai-je, quand des personnes s’autorisent à tenir des propos racistes tout en affirmant qu’elles ne le sont pas.
Sauveur et fils, un livre qui ose parler de sujet que d’autres n’osent pas aborder.

Wonderpark, tome 1 : Libertad de Fabrice Colin

Présentation de l’éditeur :

À l’école, Jenn et son frère, Mervin, ont fait la connaissance d’une fille au nom étrange : Orage. Son père est le concepteur de WonderPark, un parc d’attractions mystérieux et désaffecté. Quand leur nouvelle amie leur propose de visiter l’endroit, Jenn et Mervin sont ravis. Mais à peine sont-ils entrés dans le parc que Zoey, leur petite sœur, disparaît. Les enfants découvrent alors que WonderPark est le portail de mondes magiques et pourtant bien réels. Sans hésiter, Jenn, Mervin et Orage s’engouffrent dans Libertad, le monde des pirates, où la traîtrise est un art et le courage une nécessité.

Mon avis :

Il est des livres qui sont véritablement des livres jeunesse, c’est à dire des livres qui plairont sans doute à un jeune public, mais qui ne plairont pas forcément à des lecteurs adultes. Note : je n’ai pas vraiment de jeunes lecteurs sous la main pour tester le livre mais je ne crois pas trop me tromper.
Nous avons deux héros, un frère, une soeur, différents mais qui s’entendent bien, même si certains commentaires de leurs parents ne sont pas forcément faits pour favoriser leur épanouissement : Mervinn et Jenn étaient aussi différents que peuvent l’être un frère et une soeur (leur mère répétait qu’ils étaient comme le jour et la nuit, sans dire qui était l’un et qui était l’autre – ce qui n’était pas très difficile à deviner). Ils sont de plus dotés d’une petite soeur avec laquelle ils s’entendent bien également, ce qui est suffisamment rare pour être souligné : dans la vraie vie, les petites soeurs sont souvent considérées comme des fléaux à écarter. Mervinn et Jenn deviennent amis avec la mystérieuse Orage, qui vit dans un parc d’attraction que je qualifierai volontiers de « désaffecté » si tant est qu’il ait fonctionné un jour.
Oui, le début est un peu lent, l’action tarde à se mettre en place, dans ce parc d’attraction qui me paraissait pourtant prometteur parce que :
– Jenn et Mervin y ont rencontré des personnages étranges ;
– les attractions ne sont pas ce qu’elles paraissent être ;
– ils rencontrent d’authentiques pirates ;
– ils se retrouvent dotés d’aides pour le moins magiques.
Cependant, j’ai trouvé que toutes ses situations, tous ses éléments n’étaient ni assez développés, ni utilisés à leur juste mesure. A peine le lecteur a-t-il eu droit à un hors d’oeuvre de pirates assortis d’une entrée de trahison que l’aventure se dénoue. J’aurai aimé passer plus de temps en leur compagnie – et j’espère que le tome 2 contiendra bien plus d’aventures.

cof

cof