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Les Koboltz, tome 1 : Mission Uluru de Benoît Grelaud

Présentation de l’éditeur :

Les Koboltz ont pour véritable obsession de ne pas polluer la planète. Ils ne mangent aucun animal, cultivent leurs céréales, leurs fruits et légumes sans produits chimiques, et traitent absolument tous leurs déchets. Alors quand les hommes décident de créer un insecticide pouvant entraîner une véritable catastrophe écologique, le petit peuple vivant sous terre décide de mener une mission afin d’empêcher la création de ce poison. Mais pour cela, ils vont avoir besoin de l’aide de Rakiriko, un koboltz banni de son peuple plusieurs années auparavant, mais qui seul sait comment se rendre invisible aux yeux des humains. Rakiriko va-t-il accepter de venir en aide à son peuple qui l’a rejeté ?

Mon avis :

Comme souvent, je lis et chronique le tome 2 avant le tome 1 – ce sont des choses qui m’arrivent. Cela n’ôte en rien les qualités de ce tome 1, qui nous permet de découvrir le monde des Koboltz. Ce sont des créatures sympathiques, qui sont à fond pour la préservation de la planète, et elles ont bien raison. Nous n’en avons qu’une, il n’y a pas de planète de rechange.

Délivrer un message n’empêche pas de construire une intrigue et de faire preuve d’humour, pour le plus grand plaisir du lecteur. Délivrer un message n’oblige pas l’auteur à se transformer en moralisateur ennuyeux. J’ajoute que l’objet livre est particulièrement soigné, ce qui ne gâte rien.

Mon passage préféré ? L’arche de Noé souterraine – j’ai presque envie de dire « évidemment ». Un extrait qui ne plairait pas à certains philosophes qui voient dans le fait de se préoccuper des animaux un signe préoccupant pour notre société.

PS : plutôt que la couverture du livre, j’ai mis la dédicace de l’auteur, au salon du Mans 2017.

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Apolline et le renard mauve de Chris Riddel

Présentation de l’éditeur :

Apolline est une petite fille passionnée d’énigmes en tout genre. Dans ce quatrième tome (que l’on attendait depuis sept ans !), elle fait la connaissance d’un renard violet, qui vit au coin de la rue, en bas de chez elle. Il va lui faire découvrir les habitants du quartier. En retour, Apolline fera découvrir l’amour au beau renard violet…

Mon avis : 

J’aime beaucoup Chris Riddell, un auteur tout en poésie, pas suffisamment connu en France à mes yeux. Apolline est l’une de ses séries (Ottoline en VO). Elle vit dans un immeuble fabuleux, le Poivrier, avec monsieur Munroe, son ami très poilu, tout droit venu des marécages norvégiens. Ils vont découvrir de nouveaux amis, notamment Myrrh Arbresoeur et mademoiselle Mac Intosh, qui renvoient comme un miroir aux deux héros de cette série, avec un effet d’intertextualité supplémentaire puisqu’Apolline découvre grâce à Myrrh Lili Goth et la souris fantôme, une autre héroïne de Chris Riddell avec laquelle elle est sûre de bien s’entendre – et moi aussi.

Autre découverte : le fameux renard mauve. Il montrera toutes les créatures qui vivent la nuit dans la ville, et elles sont toutes très intéressantes, preuves de la créativité sans cesse renouveler de Chris Riddell. En revanche, si le renard mauve est très observateur pour autrui, il ne l’est pas tant que cela pour lui-même, puisqu’il ne se rend pas compte de ce qui se passe tout près de lui.

J’espère que nous n’attendrons pas sept ans le tome suivant.

 

Les cousins Karlsson – Tome 8 Pièges et contrefaçons de Katarina Mazetti

Présentation de l’éditeur :

Cet été, les quatre cousins ont l’île aux Grèbes pour eux seuls ! En attendant que leur tante Frida les rejoigne, Bourdon, Julia, Alex, George et leur fidèle Chatpardeur profitent de ces vacances de rêve. Mais bien vite, des événements mystérieux se produisent…
D’où viennent ces pièges dont ils sont victimes ? Qui dépose ces affreux tableaux devant la maison chaque jour ? Quand Alex croit apercevoir un troll rôdant dans la forêt, cette fois, c’est la crise ! Et les cousins entrent en action.

Mon avis :

Huitième tome des aventures des quatre cousins, qui sonnent comme un club des cinq suédois, si ce n’est que le chien Dagobert est remplacé par un chat, et que leurs parents respectifs ne me paraissent pas toujours à la hauteur . C’est vrai, qui laisserait ses enfants à la garde de leur soeur, après tous les problèmes qu’ils ont vécu sur l’île ? De plus, Frida n’est quasiment jamais là, le téléphone ne fonctionne pas formidablement, et quand quelqu’un leur rend visite ce n’est qu’en coup de vent ! Par moment, je ne me demande si cela ne vaudrait pas le coup de prévenir les services sociaux suédois – débordés, il faut bien le dire si l’on lit d’autres oeuvres suédoises.
Oui, si l’on passe ces incohérences, le roman reste agréable à lire – heureusement – même si je trouve que la police suédoise est véritablement inconséquente, et que je comprends pourquoi la « délinquance » parvient toujours à s’implanter sur l’île. Heureusement, les quatre cousins ont trouvé un allier en la personne d’un journaliste blogueur, un peu l’équivalent d’Oeil de Lynx pour Fantômette. C’est tout de même embarrassant, non ?
L’intrigue ? Ah oui : un intrus s’est introduit sur l’île – encore. Un ou plusieurs, d’ailleurs, et toujours au moment où les cousins y passent leurs vacances. On peut aussi compter une nouvelle pensionnaire à quatre pattes dont je ne vous dirai pas plus, pour vous laisser tout de même un peu de surprises, dans ce tome qui nous montre à nouveau le milieu de l’art et des faussaires.
Une saga sympathique mais pas forcément novatrice.

Les filles ne mentent jamais de Flo Jailler

Présentation de l’éditeur :

Banlieue-en-France, des années 70 à nos jours.
Elles sont quatre « moineaux de téci » : Fatou, Nadia, Marie-Jo et Katérina. Quatre filles racontant tour à tour leur histoire commune, des bancs de l’école à l’âge adulte. C’est la petite Marie-Jo qui espère que les mots peuvent guérir, « comme l’alcool à 90° ».
C’est la révolte adolescente de Nadia l’insoumise.
C’est Fatou, devenue maman, qui reprend la parole qu’on lui avait volée…
C’est l’exclusion de Katérina l’Ukrainienne.
Quatre portraits vivants, quatre voix qui s’écri(v)ent, dessinant des existences colorées, chahutées, lumineuses…

Mon avis : 

Je me demande ce qui fait qu’un livre occupe une place prépondérante dans la littérature, ou qu’il sombre très vite dans l’oubli. Je n’ai trouvé qu’une critique de ce livre sur Babelio – contre 225 pour Sauveur et fils, tome 1. La première fois que ma route littéraire a croisé celle de Flo Jallier, c’était en 2011, à la parution de Les déchaînés, livre dont tout le monde, dans mon milieu professionnel, disait le plus grand bien, pour des raisons diverses et variées, raisons pour lesquelles je n’ai pas lu ce livre : si un livre ne m’attire pas, je ne me force pas, quel que soit le jugement donné sur lui.
Aujourd’hui, à la bibliothèque, je suis tombée sur Les filles ne mentent jamais. Le sujet est très intéressant : le destin de quatre jeunes filles issues d’horizons différents, qui ont toutes les quatre grandi en banlieue. Y sont évoqués le poids de la religion, des grands frères, mais aussi l’excision. Le lecteur peut voir comment Marie-Jo, Nadia, Fatou et Katérina s’en sortent – ou pas. Ce ne sont pas forcément celles qui ont tiré les meilleures cartes qui s’en sortent le mieux. Ces sujets, très forts, auraient-ils effrayé parents et professeurs – les premiers prescripteurs après tout ? Je ne crois pas. Je crois que, ce qui a dérangé, et a fait que j’ai failli très vite refermer le roman est le mode narratif choisi. L’auteure écrit comme l’on parle, apocope, aphérèse et élision comprises. Elle essaie de retranscrire le langage d’un enfant de huit ans, auquel s’ajoute celui d’une jeune immigrée ukrainienne. Ce n’est pas que c’est ardu à lire, c’est que c’est très pénible. Vous l’aurez compris, je n’ai pas vraiment apprécié ce parti pris, parce qu’il représente à mes yeux la manière dont l’auteur voit la transcription du langage d’un groupe d’enfants de huit ans. Je suis quasiment certaine que c’est ce parti-pris qui a écarté des lecteurs. A tort, à raison ? L’auteure a fait son choix, les lecteurs ont aussi le droit de faire le leur.
Du coup, à cause de la forme, on s’écarte du fond – le texte devient plus lisible quand les enfants sont devenus adultes, il redevient moins lisibles quand sont retranscrites les paroles de Katérina. Les autres enfants se moquaient de sa façon de parler, elle ne percevait pas vraiment leur ironie, et c’est avec sa voix que se conclut le roman. Elle aime les chevaux, elle est issue d’un autre milieu, elle qui partira dans une école d’équitation, que les filles de la « teci ». Que penseraient les actuelles jeunes filles, qui vivent en banlieue, de ce livre ? J’aimerai bien le savoir.

La famille Cerise, tome 3 : l’effet champignon de Pascal Ruter

édition Didier Jeunesse – 150 pages.

Présentation de l’éditeur :

C’est trop injuste, l’école de Savigny les Mimosas risque de fermer parce qu’il manque un élève, ordre du ministre ! Les soeurs Cerise et les frères Belpom cherchent une solution, car il est hors de question de séparer leur joyeuse bande. Clarisse, leur amie actrice, prétend avoir la solution… Mais, manque de chance, ses chiens et elle goûtent un champignon hallucinogène. Et voilà qu’elle oublie tout et qu’elle se prend pour une factrice ! Zouille, Yoyo, Max et Papillon vont devoir user d’imagination pour régler cette drôle de situation !

Mon avis : 

Si vous aimez l’humour, la fantaisie et la campagne, alors ce livre est fait pour vous et vos enfants. Par contre, si vous êtes allergiques aux personnages attachants et motivés, passez votre chemin. Les soeur Cerise et les frères Belpom ont appris une catastrophe : l’école va être fermée parce qu’il y manquera désormais un élève pour les fameux « quotat » de l’éducation nationale. Sur le papier, tout est facile : les enfants iront dans d’autres écoles, et tant pis pour la fatigue, tant pis pour les amitiés gâchés. Tant pis aussi pour le village, qui risque de mourir à petits feux : une école attire les parent et les futurs parents, c’est le dernier endroit vivant le plus souvent. Et là, boum ! Tout s’arrête.
Comme si cela ne suffisait pas, Clarisse, la seule personne qui avait une idée viable perd la mémoire et la tête en même temps. Je vous passerai sous silence ce qu’il advient de ses courageux et adorables dalmatiens – ils en ont pour quelques années de thérapie comportementale pour s’en remettre.
Ce qu’ils vivront pour sauver leur école est à la fois drôle et poétique. Les villageois sont très mobilisés et très fatalistes à la fois. Toutes les méthodes sont bonnes, après tout, pour sauver l’école – celle de Clarisse reste cependant la meilleure.

Une série familiale et drôle à découvrir.

Il y a un loup-garou dans ma tente ! de Pamela Butchard

Présentation de l’éditeur :

Mystère en classe verte…
Isa et ses amis sont extrêmement contents de partir en classe verte ! Il y aura des tentes, des chamallow et presque jamais de douche ! Mais il arrive bientôt des choses bizarres. Des sons effrayants la nuit, des saucisses qui disparaissent et c’est presque la pleine lune…

Mon avis :

Je ne veux pas dire, mais l’éducation nationale écossaise laisse franchement à désirer. Ils ont déjà laissé pénétrer une espionne à la cantine, ils ont engagé un directeur vampire, et maintenant, ils emmènent un professeur loup garou camper avec les élèves. Déjà que camper est tout sauf facile, mais avec un loup garou en liberté à l’approche de la pleine lune, je ne vous raconte même pas la galère !
De plus, Isa doit veiller sur ses amis, et ce n’est pas vraiment facile. Certes, ils font preuve de bonne volonté, ils cherchent même des informations pour venir en aide à la malheureuse professeur lupine, pourtant, ils ne sont pas vraiment aidés – franchement, vous avez déjà vu un loup garou avouer qu’il en est un, même s’il se ressert en côtelettes pour la cinquième fois ?
L’intrigue est drôle, les rebondissements fréquentes, les élèves gaffeurs. Vous ne verrez plus les classes vertes de la même façon !

La vie compliquée de Léa Olivier de Catherine Girard-Audet

Présentation de l’éditeur :

L’existence de Léa Olivier est chamboulée lorsque ses parents lui annoncent qu’elle devra quitter son village natal pour s’installer avec eux et son grand frère Félix à Montréal. Grâce aux chats et aux mails échangés avec sa meilleure amie Marilou, son amoureux Thomas et ses « nouveaux amis », Léa nous raconte les hauts et les bas de son adaptation dans la grande métropole: un frère trop beau et trop populaire, des notes d’anglais plutôt médiocres, une relation à distance houleuse, une bande de filles qui lui causent des ennuis… Bref, La vie compliquée de Léa Olivier !

Merci aux éditions Kennes et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Ce roman est destinée à un public adolescent – ce que je ne suis plus. Léa Olivier a une vie compliquée, mais elle n’a pas à mes yeux de vrais problèmes : ses parents, son frère, elle-même sont en bonne santé, ils n’ont pas non plus de soucis financiers. Certes, ils se sont installés à Montréal, cependant déménager n’est pas l’événement le plus insurmontable. C’est peut-être pour cette raison que ce livre peut plaire aux ados : il n’arrive rien de véritablement grave à Léa.
De plus, grâce à la technologie moderne – vive l’accès illimité à internet – elle peut converser autant qu’elle le veut avec sa BFF Marilou, avec Thomas, son petit ami, avec lequel elle teste les amours longues distances. Et oui, Léa, 14 ans, est en couple avec Thomas, 16 ans, et pour elle, c’est pour la vie. Elle découvre aussi ses nouveaux camarades de classe, et elle craint plus que tout d’être rejetée. Elle ne demande pas à être populaire – quoique – mais qu’on la laisse tranquille, évitant les « nunuches » – les filles les plus populaires.
Je me répète, ce roman plaira aux adolescentes qui se retrouveront dans ses confidences, dans ses tourments. Comment se remettre d’une rupture amoureuse ? Comment faire quand on a un frère aîné très populaire et très Don Juan ? Quelle tenue porter pour la prochaine party ? Faut-il ou non retrouver sa meilleure amie pour les prochaines vacances ? Aura-t-elle des places pour le concert de Justin Bieber ? Il permet aussi d’en découvrir un peu plus sur la vie au Québec et sur son système scolaire – sans oublier les expressions typiquement québécoises.