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Justin Case, tome 3 : De poussière et de sang de Jean-Luc Bizien

Présentation de l’éditeur :

Les journaux télévisés du Moyen-Orient ne parlent que des événements tragiques qui secouent l’Egypte et l’on passe sous silence un abominable fait divers : on a découvert des cadavres dans les pyramides ! Des corps trop récents pour être momifiés, et pour cause : ce sont des touristes. Très vite, les soupçons se portent sur un coupable idéal, surpris sur l’un des chantiers alentours. Son mobile ? D’après les autorités, ce pilleur de sépultures aurait voulu dévaliser ses proies. Conclusion trop facile. Trop rapide. Sonny Boy et Justin en arrivent aux mêmes conclusions : l’enquête a été bâclée…

Mon avis : 

Je lis cette série un peu à l’envers, puisque j’ai commencé par le tome 4, et je poursuis par le tome 3. Mes impressions se trouvent assez confirmées.

Justin Case est le héros. Soit. Je le sens pourtant toujours en retrait, par rapport à Matthew Slides, qui est davantage à mes yeux le héros que Justin. N’est-ce pas à lire que l’on doit la séquence d’ouverture ? N’est-ce pas à cause de lui qu’un certain mécanisme s’enchaîne, emmenant une partie de l’aventure à prendre une toute autre direction ? Matthew, qui veut bien vieillir, qui reste discret sur son passé (certes, on en saura plus dans le tome 4). Il a, à mes yeux, plus de consistance que Justine, ce tout jeune adulte millionnaire et qui emploie sa fortune à aider la justice. Je pense toujours à Largo Winch avec ce personnage, un Largo jeune, sans conquête féminine à son bras, sans les difficultés aussi pour diriger le groupe W. Justin a des ennemis, mais alors que son ami Sonny Boy peut localiser n’importe qui, n’importe quoi dans le monde, personne ne parvient à ce jour à déterminer qui est à l’origine de la mort de ses parents, ni pourquoi. Puis, Largo est un mauvais garçon – Justin n’est pas l’homonyme d’un certain Bieber pour rien.

Le roman, d’ailleurs, s’inscrit dans le monde contemporain de deux manières. Il évoque les grands succès musicaux de l’année mais surtout le printemps arabe et le procès Georges Zimmermann, deux faits qui montrent une histoire en mouvement, qui montrent surtout que rien n’est jamais gagné.

Et l’intrigue, me direz-vous ? Il est question de pilleurs de tombeau, professions lucratives s’il en est, et ce, depuis fort longtemps. Il est question de concours de circonstances, de pression politique, de personnes qui sont prêtes à tout pour arriver à leurs fins. Ce n’est pas « tant pis pour les dommages collatéraux », c’est que pour eux, les dommages collatéraux n’existent pas ! Il est question aussi d’un pays magnifique, l’Égypte, dans lequel ses habitants veulent simplement vivre le plus librement et le plus démocratiquement du monde. Tout sauf facile. Justin et les siens repartiront comme ils sont venus, reprendront leur vie libre, et même s’ils soutiennent une ou deux personnes, eux auront toujours la possibilité de vivre ailleurs, autrement.

Le mystère du fantôme de minuit d’Helen Moss

Présentation de l’éditeur :

Castle Key accueille le tournage d’un film, mais Savannah Shaw, l’actrice principale disparaît. Le fantôme du château l’aurait-il enlevée ? Emily fait appel à ses amis Scott et jack pour l’aider à résoudre l’énigme et à sauver Savannah.
L’île de Castle Key cache bien des mystères !
Partez à l’aventure avec ces nouveaux détectives en herbe !

Mon avis :

J’ai retrouvé ce livre en faisant du rangement dans l’une de mes bibliothèques. Ce sont des choses qui m’arrivent. Il y était depuis cinq ans. Je l’ai lu très rapidement, bien qu’il mesure un peu plus de deux cents pages : la police utilisée est grande, si le chapitre se termine sur une page impair, la page paire suivante est laissée blanche, ce qui augmente la vitesse de lecture.

Au final, il ne me restera pas grand chose de ma lecture. J’ai retenu en premier le nombre de fois où les trois personnages Emily, Scott et Jack enfourchent leur vélo pour aller se promener ou mener l’enquête. C’est bien, ils font du sport. Ils ont un téléphone portable, qu’ils oublient régulièrement d’allumer, comme des grands. Leurs parents, leur tante, sont très souvent absents du récit. Oui, je vous rassure, ils sont là, ils vont bien, ils les autorisent à sortir, cependant, ils m’ont semblé très transparents, comme si faire allusion à eux une fois ou deux, les montrer dans le récit, suffisait à faire d’eux des personnages à part entière.

Puis, je retiens l’éternel effet Club des cinq, qui restent le maître étalon de la littérature jeunesse policière, quoi qu’en disent ceux qui trouvent cette série très mauvaise et mal écrite – l’ont-ils lu en anglais, au moins ? Nous avons deux garçons, une fille, à la fois courageuse et trouillarde, et bien sûr un chien, pas formidablement bien dressé, mais capable de suivre une piste tout de même.

L’enquête ? Elle existe, oui, un peu. La disparition d’une star de cinéma bouleverse surtout les journalistes, pas la police, qui ne croit ni à un enlèvement, ni à la résurgence d’une légende locale, comme quoi une sorcière hanterait le château. J’aurai aimé, finalement, que l’on en sache beaucoup plus sur cette femme, qui fut exécuté trois siècles plus tôt. Comme souvent, elle était une guérisseuse, une solitaire, et pas une sorcière. J’aurai aimé aussi que certaines péripéties ne soient pas aussi peu réalistes. Oui, le lectorat visé est jeune, cependant certains faits sont un peu tirés par les cheveux.

Cette lecture ne fut pas désagréable, cependant je n’ai pas envie de découvrir un autre roman avec ces personnages.

La légende de Podkin Le Brave – Le trésor du terrier maudit de Kieran Larwood

Présentation de l’éditeur :

Podkin, Pook et Paz se sont réfugiés dans un terrier maudit et abandonné: Trou Noir. Alors que le jeune guerrier en explore les galeries, sa dague magique siffle et s’agite: un passage secret! Podkin se lance tête baissée vers ce nouveau mystère. Le jeune guerrier gaffeur et terriblement attachant poursuit sa quête héroïque. Le deuxième tome d’une trilogie mêlant danger, humour et magie pour les futurs lecteurs de Tolkien.

Mon avis :

On peut être émue en lisant un livre de littérature jeunesse parce qu’il est porteur de valeurs importantes à mes yeux. Attention ! Il ne s’agit en aucun cas d’être moralisateur, mais de laisser à chacun les possibilités de développer ses qualités, de se chercher, et de se trouver aussi, même si sa voie paraît peu empruntée. Il ne faut pas oublier que les plus âgés ont beaucoup de choses à nous dire, à transmettre, et qu’il ne faut pas refuser cette transmission.

Alors non, dans ce second volume, tout n’est pas résolu, loin de là. Les blessés, les affaiblis, ont besoin de tous les soins des leurs. Il faut aussi être sur le qui-vive : l’ennemi n’a pas renoncé, il est puissant, peut surgir de nulle part, et entend bien poursuivre son oeuvre.

Alors Podkin, aidé par les siens – sa soeur Paz a un rôle toujours important, et tant pis pour ceux qui pensent qu’une fille ne peut pas s’investir dans la lutte. Même Pook sera bien présent.

Pook. Maintenant, nous le savons, c’est lui qui raconte le récit au présent, lui qui éprouve de la tendresse pour son frère, pour celui qui lui a enseigné l’art de conter, mais qui se cache aussi – de qui, de quoi ? Il raconte en tout cas la véritable histoire de Podkin, parce qu’il faut bien que quelqu’un montre ce qui s’est réellement passé, qui est allée au bout des choses, a dévoilé des capacités qu’il ne soupçonnait pas, qui a fait preuve de courage, de prudence, qui est allé au bout de ses forces – qui a trahi aussi. Oui, c’est un véritable souffle épique qui parcourt ce roman de littérature jeunesse, avec un juste dosage entre l’aventure et les conséquences des aventures vécues – on ne sort pas indemne de bataille.

Une très belle série, que je recommande fortement à ceux qui ont des enfants, ou à ceux qui ont gardé une âme d’enfants.

 

 

Les Filles au chocolat, tome 3.5 : Coeur salé de Cathy Cassidy

édition Pocket Junior – 101 pages.

Présentation de l’éditeur :

Shay Fletcher est le petit ami de Cherry. Musicien hors pair, il est ravi lorsqu’un agent artistique le repère et lui propose un contrat. Mais comment convaincre son père de le signer, lui pour qui la reprise de l’entreprise familiale compte plus que tout, et qui n’accorde que mépris à sa passion pour la musique ? Voilà qu’en plus Honey, son ex-petite amie, la demi-sœur de Cherry, a soudain besoin de son aide. Comment la secourir sans risquer de susciter la jalousie de Cherry ? Entre rêve déçu et déception amoureuse, la vie de Shay devient soudain très compliquée…

 

Mon avis :

Ces tomes « demi » présentent un personnage masculin, lié à l’une des sœurs – ou à plusieurs. Shay est le petit ami de Cerise, il est aussi l’ex d’Honey, la plus borderline des soeurs. Il a grandi dans l’ombre du grand frère parfait, Ben, le modèle absolu, entre un père rigide, pour qui l’avenir de ses fils est tout tracé, et une mère effacée, obéissant à son mari, le servant comme une domestique, quoi qu’il arrive. Un idéal de vie, une norme pour certaines femmes. Soit. Lui, sa passion, c’est la musique, autant dire que ce n’est pas du tout une carrière envisageable pour son père, fermé à toute négociation. Avoir des enfants comme faire-valoir. Note : il est très rare d’avoir des parents qui soutiennent de telles vocations. Shay attend donc d’être majeur pour pouvoir enfin vivre comme il l’entend. Parfois, la vie est rude dans une petite ville perdue au fin fond de l’Angleterre.

Le volume est un peu court, il ne permet pas à l’histoire de se dérouler aussi pleinement qu’elle aurait pu. Bon, on fait avec, c’est un choix de l’auteur (ou de l’éditeur ?). Faire avec, c’est aussi voir l’histoire se résoudre non pas facilement, mais aller de révélation et de révélation assez rapidement. Ce ne sont pas des coups de théâtre, plutôt la découverte de ce qui se cache derrière la réalité dans laquelle Shay a grandi qui apparaît peu à peu. S’il découvre seulement maintenant certains faits, c’est aussi parce que ce tome est un moment-clef de sa vie, où il découvre ce qui s’est caché derrière certaines apparences – où il découvre aussi que sa mère est capable de tenir tête à son père – enfin, ai-je envie de dire.

Bien sûr, on retrouve Cherry – et Honey. Ce tome tend un miroir sur ce qui s’est passé dans le premier tome, en inversant un peu la situation, si ce n’est que Cherry n’est pas Honey – et qu’Honey n’est pas si antipathique qu’elle veut bien le paraître. Etre honnête n’est pas toujours facile, c’est cependant moins dangereux que de mentir, soit disant pour ne pas inquiéter.

Un tome sympathique, à réserver aux fans.

 

Le grand livre de l’horreur – tome 5 : Sur les traces de Sherlock Holmes

Edition Albin Michel Jeunesse – 144 pages

Présentation de l’éditeur :

Pour sa dernière mission, Virgile est envoyé dans l’univers du plus célèbres des détectives : Sherlock Holmes ! Accompagné de son lapin, Pollop, Virgile doit aider Holmes à vaincre le chien des Baskerville, un monstre dont le souffle enflammé dévaste tout sur son passage. Une tâche qui s’annonce d’autant plus ardue que le Maliseur guette…. Virgile parviendra-t-il à triompher de cette ultime épreuve ?

Mon avis :

Dernier tome de la série… et c’est avec tristesse que je quitte Pollop, ce lapin blanc si particulier, capable de parler, et surtout de se plaindre, dès qu’il était plongé dans une histoire terrifiante.
Pardon ?
C’est Virgile le héros ?
Certes, mais je préfère tout de même Pollop, qui doit de plus faire avec le chien de la maison, adopté à la SPA – il n’a pas encore de nom, Mahaut cherche l’inspiration.
En tout cas, elle n’aurait pas dû tant chercher car la voici avec son frère sur la lande, en train de poursuivre, ou plutôt d’être poursuivie par le chien des Baskerville.
Vaste programme.
Surtout que le Maliseur a bien l’intention de les neutraliser.
Bref, même si Virgile et sa soeur se chamaillent comme frère et soeur, ils savent très bien s’unir si nécessaires.
Une jolie lecture, où l’humour est toujours présent.

 

Un Bruit Sec et Sonore par Jean-M. Firdion

édition Didier Jeunesse – 206 pages.

Présentation de l’éditeur :

Quelques coups de feu, et la vie de Jérôme, 14 ans, bascule. Une balle lui perfore l’abdomen, et la voiture de ses parents s’écrase sur l’autoroute. L’adolescent déclare ignorer l’identité de ses agresseurs. Pourtant, il s’estime responsable du drame. Confié à une famille d’accueil, il se lie d’amitié avec leur fille Zoé. Seul témoin survivant, il craint pour sa vie. Les gendarmes piétinent, mais la disparition d’un autre adolescent relance l’enquête. Aidé par son psychiatre, Jérôme devra affronter une vérité redoutable.

Merci aux éditions Didier Jeunesse et à Netgalley pour leur confiance.

Mon avis :

Les romans, en général, nous montrent souvent l’avant, mais rarement l’après – ou si, après une agression, une enquête a lieu, nous avons le point de vue des enquêteurs, rarement celui de la victime.
Ici, nous n’avons pas l’avant, parce que Jérôme n’a que des bribes de souvenirs. En revanche, il a bien reçu une balle dans le ventre, et, alors que sa famille tentait de fuir ses agresseurs, ils furent victime d’un dramatique accident de voiture. Cela fait beaucoup pour un seul adolescent, qui tente de se reconstruire face à un personnel médical qui lui en dit le moins possible. Comment annoncer à un adolescent, déjà sévèrement blessé, que ses parents sont décédés ? Non, même avec la meilleure volonté du monde, ce n’est pas simple. Quant à sa famille dite « proche », à savoir son oncle et sa tante, ils n’ont jamais été proches, justement, et brillent par leur absence.
Pendant les deux tiers du livre, nous sommes quasiment dans un huis-clos, avec Jérôme, qui doit faire avec ses peurs, lui qui pensent que ceux qui l’ont agressé pourront vouloir finir le travail, lui qui veut surtout retrouver sa région parisienne – et quitter ce lieu où il n’était, après tout, qu’en vacances.
Que s’est-il donc passé ? Il serait tentant de tout dévoiler, et forcément, je n’en ferai rien. Disons simplement que nous voyons la police, les médecins, les infirmières exercer leur métier à travers les yeux de Jérôme, et que ce n’est pas facile pour lui. Le lecteur découvre un adolescent qui ne s’entendait pas trop avec son père, un peu plus avec sa mère, et qui menait une vie des plus ordinaires – jusqu’à ce que la violence fasse irruption dans sa vie.
Nous découvrons aussi, à travers ce roman, ce qu’il advient des jeunes à qui on doit trouver une nouvelle famille. Cela ne se fait pas en un claquement de doigts, ni en quelques minutes, même si l’urgence est là. J’ai aimé le sérieux avec lequel ce point était traité – et le fait de montrer que l’on peut être une famille d’accueil qui vit à la campagne, tout en étant une très bonne famille d’accueil.
Un bruit sec et sonore n’est pas seulement un roman de littérature jeunesse, c’est véritablement un livre qu’adolescents et adultes peuvent lire, ne serait-ce que pour s’interroger : oui, en 2019, les situations décrites dans ce roman sont encore, malheureusement, possibles.

La légende de Podkin Le Brave, tome 1 : Naissance d’un chef de Kieran Larwood

édition Gallimard Jeunesse – 269 pages
Présentation de l’éditeur :
Podkin est le fils d’un chef de clan.Il n’est pas encore le héros aux multiples surnoms – le Brave, Oreille-Tranchée – et préfère s’amuser en toute insouciance avec sa sœur aînée, Paz et leur petit frère, Pook. Jusqu’à ce que son terrier soit attaqué par les Gorm, de redoutables lapins vêtus de métal. Podkin va devoir protéger les siens et découvrir son exceptionnelle destinée…
Mon avis :
Venez écouter la belle histoire de Podkin le brave, le héros courageux dont les bardes comptent les exploits en se rendant dans des veillées. Podkin est le fils d’un chef de clan, et comme tous les jeunes garçons, eh bien, il n’en fait qu’à sa tête, s’endormant pendant les cours, les séchant, au grand dam de sa soeur Paz qui voudrait bien, elle, être à sa place – mais les filles ne peuvent être chefs de clan.
Un jour, le drame survient : les Gorm attaquent leur terrier. Seuls Podkin, Paz parviennent à s’enfuir, emmenant avec eux leur petit frère Pook, pendant que leur père résiste vaillamment à l’envahisseur. Comment survivre, quand on est trois jeunes lapereaux égarés et pas indépendants du tout ? C’est un rude apprentissage, mais ils feront des rencontres déterminantes – sachant que les Gorm sont toujours à leur trousse, puisque leur père leur a confié le Don laissé par la déesse.
C’est un beau roman de littérature jeunesse que nous avons là, qui a crée un univers de fantasy parfaitement autonome, avec des héros qui, grandes oreilles ou pas, sont proches des jeunes lecteurs, qui peuvent s’identifier à l’un ou l’autre personnage. Rien n’est facile, chaque nouvelle épreuve est un recommencement, Podkin apprend de ce qu’il doit affronter. L’attaque des Gorm n’a pas fait du passé table rase, et certains sont prêts à lutter.
Un beau roman à faire découvrir.