Archives

Tarzan, poney méchant – Mon meilleur ennemi par Cécile Alix

Présentation de l’éditeur :

Tarzan, poney ronchon du club des Edelweiss, ne supporte personne : ni les moniteurs, ni Jeanne « la boulette », sa cavalière, ni même les autres poneys. Comme si ça ne suffisait pas, surgit dans sa vie Django la mouche, qui ne respecte ni son silence, ni son crottin !
Et si celui-là devenait son … meilleur ennemi ?

Mon avis :

Quelle joie de retrouver Tarzan ! Il a toujours aussi mauvais caractère, sa vie au centre équestre est toujours aussi douloureuse. C’est bien simple, il ne supporte toujours personne, sauf les chèvres qu’il va rejoindre quand il fugue. Je vous entends, cela ne compte pas, puisqu’elles ne vivent pas au centre équestre.

Alors que ce jour-là, tout avait presque bien commencé, voilà que Tarzan est embêté par … une mouche. Il fera tout pour s’en débarrasser, mais attention ! Pas touche à sa mouche, il ne faut pas exagérer. Etre tranquille est une chose, faire preuve de cruauté envers les animaux, même s’il s’agit d’une simple mouche, hors de question.

Tarzan se découvre des affinités avec cet insecte insupportable, capable de se fourrer dans les pires situations – comme un certain Tarzan, me direz-vous – et forcément attachant. Ce livre est drôle, rempli de rebondissements, de situations cocasses, et de remarques pleines de bon sens. A déguster !

La meilleure façon de se débarrasser d’un casse-sabot, c’est de faire comme s’il n’existait pas.

Louisiana de Kate Di Camillo

Présentation de l’éditeur :

Louisiana vit seule depuis toujours avec sa grand-mère dans une grande précarité. Mais la vieille dame a le talent de transformer le réel en épopée ou en conte de fée. En pleine nuit, elle entraîne sa petite fille dans un voyage sans retour. Louisiana n’a pas le temps de dire au revoir à ses amies ni à son chat Archie. Sa grand-mère veut atteindre la Georgie au plus vite pour briser le mauvais sort qui pèse sur toute la famille. La fillette devra faire face à la folie grandissante de la vieille dame ; au risque d’en apprendre davantage sur son passé…

Merci aux éditions Didier Jeunesse et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Ce roman est un court moment de la vie de Louisiana. C’est elle qui nous raconte son histoire, histoire qu’elle subit, comme on oublie trop souvent que les enfants les subissent. On nous montre très souvent des enfants débrouillards, qui vivent des aventures extraordinaires, avec des parents équilibrés qui tentent de les canaliser. On nous montre rarement des enfants ballotés par des adultes instables. Louisiana est orpheline, ce qui est déjà douloureux. Elevée par une grand-mère extrêmement pauvre, elle doit tout abandonner du jour au lendemain, maison, école, amies, animaux de compagnie, pour lever une malédiction familiale.

Cela pourrait être une grande épopée. C’est surtout une fuite en avant, un road trip avec pas un sou en poche, pas même de quoi se payer un casse-croute. Autant vous dire que je ne vous parle même pas de de l’essence dans la voiture, ou de la chambre d’hôtel pour la nuit. Louisiana a beau être avec sa grand-mère, elle est profondément seule, et suffisamment âgée, mature pour comprendre la différence entre la débrouillardise et le fait d’embobiner les gens – le tout est d’y parvenir, puis de partir, avant qu’ils se rendent compte de quoi que ce soit. Les ennuis dentaires de la grand-mère vont modifier le cours des choses.

Oui, Louisiana va faire de belles rencontres, avec des personnes à la fois fantaisistes et réalistes. On peut cuisiner de superbes gâteaux pour la tombola annuelle et prendre soin des siens. Bien sûr, parfois, Louisiana n’a pas le réconfort ou la solution qu’elle aimerait, comme avec le pasteur – il est cependant bien plus bienveillant que certaines femmes du coin.

Louisiana – le personnage. Louisiana – le roman d’une immense précarité dans une Amérique quasiment intemporelle, où l’on peut fuir sans laisser d’adresse, traverse un état puis un autre, ne pas laisser de trace, enfin – oui, c’est possible de tendre à l’invisibilité – même si je n’ai pas l’impression que cette histoire prend place à l’heure du numérique. Parfois, on peut se demander comment certains « faits » ont pu être possible. L’important est que l’auteur parvienne à nous les faire croire. Puis, ils n’ont été possible que parce que Louisiana était encore suffisamment jeune pour ne pas être à même de creuser certains faits. Il a été bon que sa route croise celles de certains adultes, capables de la rassurer, et de remettre les faits en perspective.

Tranche de vie, oui, et preuve que de la Floride à la Georgie, il n’y a parfois qu’un pas.

Le prince et la grenouille de Gilles Abier

Présentation de l’éditeur :

Le prince s’amuse et la princesse se rebelle !
La sorcière bout de colère : tout le royaume la craint (et s’écarte de son chemin) sauf le prince Prado, qui une fois encore vient de la remettre à sa place (devant tout le monde). Comme elle ne peut pas jeter de sort au fils du roi, la méchante Pignole ruse… et s’en prend à sa fiancée, qu’elle transforme en une grenouille immonde. Prado s’amuse : il aime tant la princesse Eline qu’il bisera la grenouille sans dégoût pour lever le sort ! Ce qu’il ignore, en revanche, c’est qu’Eline se plaît bien sous cette forme et n’a pas prévu de se laisser embrasser…

Merci à Babelio et à Poulpe fictions pour ce partenariat.

Mon avis :

C’est avec grand plaisir que j’avais été choisie pour la Masse Critique Jeunesse pour ce livre de la collection Mini Poulpe, lancé par l’éditeur Poulpe Fiction. Ai-je besoin de redire à quel point j’apprécie cette maison d’éditions ? Cette nouvelle collection vise un public plus jeune, tout en conservant l’état d’esprit des livres pour les plus grands : bousculer les idées reçues.

Tout avait pourtant bien commencé : le prince et la princesse vont se marier. Pas de chance : une sorcière se montre très agacée par le prince. Se venger sur lui ? Non. Enfin, pas directement. Se venger sur la princesse ? Oui, et la métamorphoser en grenouille illico. Attention, la sorcière Pignole n’est pas une sorcière comme les autres, elle est une sorcière lettrée qui s’exprime avec grâce : « Puisque tu te moques de ce qui est moche, puisque tu hais ce qui est laid, je transforme ta belle Eline en Crapouille, la grenouille.  » J’ai envie de plussoyer : il est important de ne pas juger, de ne pas repousser ce qui ne correspond pas à la norme.

Ce qui n’était pas du tout prévu, c’est que la princesse serait ravie de cette nouvelle vie dans les marais. Elle découvre le bonheur de vivre sans devoir contrôler le moindre de ses gestes, sans craindre le regard des autres, qui pourraient juger/critiquer/rapporter ce qu’elle a fait, voire les trois à la fois. On me dira que c’est peut-être un peu tôt pour aborder ce thème avec de jeunes lecteurs. Je répondrai que les enfants sont de plus en plus tôt en contact avec des images, qui ne correspondent pas forcément à une réalité, et qu’il est intéressant de pouvoir parler avec eux de l’envers des contes de fée.

Croyez-vous que le prince et les siens restent les bras ballants ? Non ! Et là aussi, l’auteur nous montre les contraintes, pas seulement de la vie de cour, mais de la vie d’adultes. Oui, l’on ne fait pas toujours ce que l’on veut. Cependant, il faut persévérer si l’on veut vraiment quelque chose. Reste à savoir ce que c’est : vivre avec la princesse, ou vivre avec Eline. Ce n’est pas tout à fait la même chose.

Une jolie histoire qui revisite le thème des contes de fée.

Les filles au chocolat, tome 4 : Coeur Coco de Cathy Cassidy

édition Pocket – 246 pages.

Présentation de l’éditeur :

Coco est la plus jeune des sœurs Tanberry, mais elle a déjà un caractère bien à elle. Sa passion : la nature et les animaux. Et elle adore par-dessus tout ses cours d’équitation.
Ainsi, quand son cheval préféré, est vendu, Coco enquête aussitôt sur son nouveau propriétaire. Malheureusement, ce qu’elle apprend ne la rassure pas du tout… Mais, entre sa grande sœur Honey qui est en pleine crise et Summer qui se remet tout juste de son trouble alimentaire, Coco ne peut compter sur le soutien de sa famille. Pourra-t-elle sauver la ponette toute seule ? Ou… avec l’aide d’un nouvel ami ?

Mon avis :

Je n’avais pas lu de volumes de cette série depuis longtemps,et pourtant, je les ai quasiment tous. C’est une question d’occasion,et le challenge Un mot, des titres, en était une.
Coco a tout pour être ma sœur préférée. Elle a beau être jeune, elle s’investit à fond dans la défense des animaux. Elle est la petite dernière, et a donc parfois du mal à être prise au sérieux par ses aînées, qui ont leur propre préoccupation, leurs propres soucis : ce n’est pas parce qu’un volume est consacré à chacune des soeurs que leurs soucis prennent fin une fois que celui-ci est refermé.

« Je n’ai pas envie de faire plus mûre. J’ai envie de rester moi-même » dit-elle à ses amis, et elle a parfaitement raison.

S’investir pour sauver les tigres, les pandas, c’est bien. Il ne faut cependant pas oublier que la maltraitance, elle est le plus souvent très proche de nous. On ne parle jamais réellement des centres équestres, on nous en montre toujours une visite idyllique, « mignonne », avec de gentilles petites filles qui montent de joyeux poneys presque tout roses. On ne montre pas les poneys qui sont revendus parce qu’ils ne conviennent pas, ou plus. On ne montre pas à qui ils sont vendus, et quelles est leur destination finale. Bien sûr, vous vous doutez bien que je mentionnerai ici Négus de Longuemare. issu du même élevage d’Urgente, je le voyais chaque fois que j’allais voir ma grand-mère. Un jour, ses propriétaires ont décidé de le vendre – à la boucherie si nécessaire. C’est ma grand-mère qui l’a racheté.

Ce n’est pas exactement ce qui se passent pour Coconut et l’autre pensionnaire, bien pleine, et ne recevant pas les soins nécessaires. Un centre équestre est avant tout un business, envisager d’en ouvrir un aussi. Sous ses dehors sucrés, cette série nous montre aussi que maltraiter un animal, c’est exercer un pouvoir sur lui, c’est vouloir qu’il se plie à la volonté de son maître. Certains reportent leur frustration sur les animaux, et exercent cette domination, d’autres étendent leur domination sur les animaux et sur les humains. Pessimistes ? Oui. Il est bon de pouvoir en parler, de partager, de dire ce qui est. Même en cas de gros coups durs, la famille de Coco fait de son mieux pour prendre soin des siens, de ceux qui en ont besoin, et c’est déjà beaucoup dans une aire où l’individualisme est érigé en norme.

 

Coeur piment de Cathy Cassidy

Présentation de l’éditeur :

Le dernier tome de la série, dans un mini format !Après avoir passé deux merveilleuses semaines à Tanglewood, avec Honey, Ash a repris son tour du monde. Le voilà maintenant en Europe, direction Paris ! Mais le coeur n’y est plus. Il ne retrouve pas l’excitation de ses premiers mois de voyage : Honey lui manque trop, et sans elle rien n’a plus d’intérêt. Il n’y a que lorsqu’il lui raconte ses visites et ses impressions par mail qu’il se sent heureux. C’est pourquoi la perspective de rentrer bientôt en Australie alors que Honey reste en Angleterre, inquiète Ash… Et si elle finissait par l’oublier ?

Mon avis :

J’ai acheté ce livre cette semaine parce que je voulais compléter ma collection – et j’ai l’impression que ce livre a été écrit un peu aussi pour exploiter le filon que représente Les filles au chocolat. D’ailleurs, parfois, avec tous ses cœurs, on s’y perd.

Ce dernier volume est pimenté, et met en scène Ash, l’amour d’Honey, soeur aînée de la sororie. Il n’est pas un adolescent, il entre dans l’âge adulte et s’interroge sur son avenir, lui qui a pris une année sabbatique pour découvrir le monde avant de commencer ses études universitaires. Ici, après avoir parcouru de nombreux pays, il quitte Madrid pour Paris – oui, la ville des amoureux. Il prendra une grande décision pour son avenir – à moins qu’un coup de pouce du destin ne vienne l’aider à la prendre, cette décision. Vivre un amour à distance est difficile à tout âge, alors à dix-huit ans, c’est très compliqué. Pourtant, il lui faut bien regagner l’Australie. Que faire ?

Je suis un peu restée sur ma faim avec ce volume, très court, très petit format, qui manque d’originalité et parle nettement moins des soucis de société qui ont pu être évoqués dans les précédents volumes. Ce fut une lecture agréable, sans plus.

 

Les DIY de Maélie de Marilou Addison

Présentation de l’éditeur :

Bon, salut tout le monde! Super contente de voir que vous avez été plusieurs à réagir à ma demande et à m’envoyer des questions. Étant donné que vous êtes de plus en plus nombreux à me suivre, je crois qu’il était temps que je fasse une foire aux questions, plus connue sous le nom de FAQ! En fait, il y a une raison bien particulière pour laquelle j’ai eu envie de faire cette FAQ. C’est que… je dois vous avouer quelque chose. Premièrement, ce n’est pas la première chaîne You Tube que je démarre. Mais j’ai dû fermer l’autre parce que j’ai subi beaucoup d’intimidation, à mon ancienne école.Je sais que je ne suis pas la seule à en vivre, et c’est pour éviter que ça vous arrive que j’en parle aujourd’hui. Je crois que l’important, c’est de jamais baisser les bras. Et de pas avoir honte.

Merci à Netgalley et aux éditions Boomerang pour ce partenariat.

Mon avis :

Attention, attention ! Ne vous fiez pas à un visuel coloré et chatoyant : le sujet du livre est plus profond, plus complexe qu’il n’y paraît. Comme quoi, la littérature jeunesse peut vraiment aborder toutes les thématiques.
Maélie est une adolescente comme les autres. Ou presque. Elle se fait des amies – ou pas – elle fréquente des parties – ou pas – elle vit son premier amour – ou presque. Oui, la vie de Maélie n’est pas si simple, puisqu’elle vit chez Sam et a dû effectuer sa rentrée dans un nouvel établissement. Pourquoi ? Les raisons ne sont pas simples. L’on découvre qu’elle a été victime de cyberharcèlement, et qu’elle a donc choisi de clôturer tous ses comptes. Elle a du mal à s’en remettre, forcément, d’autant plus qu’elle ne s’est pas confiée à ce sujet, et qu’il suffirait d’un rien, comme de rouvrir une chaîne youtube, un compte FB pour que cela recommence. Sa chance ? Croiser la route de Paméla, qui n’est pas du genre à se laisser faire ou à garder les choses pour elle. N’oublions jamais : la première chose à faire pour lutter contre le harcèlement, c’est d’en parler. Spécial dédicace aux professeurs qui pensent encore qu’en parler, c’est rapporter, et ce n’est « pas bien ». Non, ils ne sont pas dans le livre, ils sont dans la vraie vie, et je suis heureuse de ne pas travailler avec ce genre de collègues.
Maélie, en plus, a une vie familiale compliquée. Elle a été adoptée, ses parents ne le lui ont pas caché, non plus que l’identité de sa mère biologique, décédée dans un accident de voiture quand elle avait deux ans. En revanche, ils n’ont jamais été très présents pour elle, peu de tendresse, peu de communication, aucun manque de confort matériel, néanmoins. Maélie en souffre, oui, et n’ose pas leur dire puisqu’ils pensent tout faire pour le mieux. Elle souffre aussi de revenir dans la région natale de sa mère, entourée de personnes qui en savent bien plus long sur Lili qu’elle-même n’en a jamais su, entre rumeur et vérité. il n’est pas facile pour elle de se frayer un chemin au milieu de personne qui ont l’impression de la connaître, tant elle leur rappelle Lili, sa mère. Lili qui étouffait dans le carcan familial, Lili qui voulait simplement être libre, à une époque où être fille mère n’était pas simple. Quoi qu’on puisse dire sur elle, elle reste pour moi éminemment sympathique.
Une belle découverte québécoise.

Carmen Sandiego : Opération chasse au trésor par Catherine Hapka

Présentation de l’éditeur :

Lorsqu’ils tombent sur une carte vieille de plusieurs siècles, Carmen Sandiego et son équipe se lancent un nouveau défi : en déchiffrer le code secret pour découvrir un trésor pirate. Des rues pavées de Londres jusqu’à une cité engloutie aux Caraïbes, Carmen doit garder une longueur d’avance sur ses ennemis jurés si elle veut mettre la main sur le trésor… Aide Carmen à résoudre l’énigme !

Merci à netgalley et aux éditions Hachette pour ce partenariat.

Mon avis :

Ce fut vraiment une lecture plaisante que celle de ce roman. Je ne connais toujours pas la série télévisée, qu’importe ? J’apprécie toujours autant cette héroïne atypique, dans la lignée d’un Arsène Lupin ou d’un Robin des Bois.
Oui, elle maîtrise parfaitement les techniques de vol qui lui ont été inculqués, elle sait s’appuyer sur ses alliés, qui sont des personnes de confiance : voler est une chose, voler pour redistribuer justement le butin en est une autre. Surtout, ses adversaires n’ont vraiment, mais alors vraiment pas les mêmes objectifs qu’elles, et ont surtout une solide organisation derrière eux.
L’intrigue nous permet aussi de nous intéresser à une catégorie de « vilains » mythique, vilains et héros à la fois : les pirates. Il est question aussi de la place des femmes de la piraterie, parce que, dans quasiment tous les domaines historiques, les femmes ont été oubliées, et même si elles sont rares, elles ne doivent pas être laissée de côté. D’ailleurs, les cruautés des pirates ne sont pas non plus oubliés, et elles ne peuvent que faire réagir, donnant ainsi un portrait loin des figures romantiques qui ont pu être disséminés dans la littérature.
Autre adversaire, et non des moindres (mais, parfois, des plus drôles) : Chase Devineaux. Il est obtus, il est obtus, les nuances, très peu pour lui ! Tous les moyens (de transport) sont bons pour arrêter Carmen. Il lui faudrait simplement un peu plus de largeurs d’esprit, dans tous les sens du terme.
Je n’ai garde d’oublier le dossier final, qui nous apprend plus sur Tortuga ou la Tour de Londres.
Vive Carmen.