Archive | novembre 2012

L’embellie d’Ava Audur Olafsdottir.

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Présentation de l’éditeur :

C’est la belle histoire d’une femme libre et d’un enfant prêté, le temps d’une équipée hivernale autour de l’Islande par la route côtière.
En ce ténébreux mois de novembre islandais, exceptionnellement doux au point de noyer l’île sous les pluies et les crues, la narratrice, qui ne cesse de se tourner elle-même en dérision, voit son mari la quitter sans préavis et sa meilleure amie, Audur, lui demander de s’occuper, pour au moins une saison, de son fils de cinq ans.

Mon avis ou comment on reparle de mon insensibilité légendaire :

Autant vous le dire tout de suite : j’ai lu beaucoup d’avis positifs sur ce livre. Autant vous le dire tout de suite : le mien ne le sera pas. J’ai même été hérissée très rapidement par l’héroïne, sa meilleure amie, les invraisemblances que j’ai relevées, l’opinion que la sus-dite meilleure amie a des femmes enceintes françaises et italiennes, les nombreux animaux qui finissent tués d’une manière ou d’une autre dans le roman.  Je ne vous parlerai pas non plus des méthodes éducatives que subit Tumi de la part de « l’enseignante » qui en a la charge. Appelez-moi désormais Sharon le porc-épic.

J’ai (un peu) été touchée par l’écriture, juste un peu, pas suffisamment. Ne me demandez pas d’être touchée par une femme plaquée par son mari et son amant en même temps, cela me ferait plutôt sourire. Ne me demandez pas non plus de ressentir de l’émotion quand ce qui est raconté l’est avec un détachement certain. Bien sûr, elle devient un peu plus sympathique au fur et à mesure qu’elle s’occupe de Tumi, qu’elle prend soin d’un autre être qu’elle-même. A cause de tout ce que j’ai cité plus haut, je ne me suis pas attachée à elle.

Curieux, non ? Je suis pourtant une grande fan de littérature islandaise, d’habitude. A croire que seule la littérature policière islandaise parvient à m’émouvoir.

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Mephisto Club

Circonstance d’écriture :

J’avais le choix ce soir entre rédiger un billet sur un livre que je n’ai pas aimé, et rédigé un billet sur un livre que j’ai apprécié. Le choix fut rapide.

Mon résumé :

Noël approche. Les criminels se moquent des fêtes et c’est une bien cruelle mise en scène qui attend Maura Isle, la « reine des morts ». Elle et Jane Rizzoli, mariée et jeune maman, ne sont qu’au début d’une enquête chargée de rebondissements.

Mon avis :

Lire un roman policier aussi bien construit est un vrai plaisir – un plaisir dérangeant, car je ne vous conseille pas de le lire le soir, vous risqueriez de faire des cauchemars.

Pourtant, ce ne sont pas les meurtres, ou les scènes d’autopsie qui sont si dérangeantes – j’en ai lu d’autres, et des plus sanglantes. Alors qu’est-ce qui l’est tant que cela ?

Être dans la tête du tueur ? Oui, en partie. Bien sûr, son identité n’est pas dévoilée, mais nous suivons les méandres tortueux de son esprit, à l’époque où il n’était pas encore un tueur, mais un adolescent comme les autres – ou presque.

Ressentir l’empathie que les enquêteurs, Maura Isle en tête, ressentent pour les victimes ? Oui, aussi. A l’heure où dans certains romans policiers, les victimes ne sont guère plus que des numéros, et où tout l’intérêt réside à empêcher que leur nombre ne s’accroisse, il est toujours intéressant de rencontrer des personnages qui s’intéressent à ce qu’elles ont été, à leurs proches et au moyen de soulager, ne serait-ce qu’un peu, leur incommensurable douleur.

Mais pas seulement. Maura et Jane, en dépit d’une vie personnelle mouvementée et parfois fort pimentée (il n’est jamais facile de voir maman quitter papa, même quand on approche de la quarantaine) ne se laissent manipuler, et le font savoir. Bien entendu, ce peut être fort dangereux – ce n’est pas à elles qu’il faut l’apprendre, mais aux membres du Club Mephisto. Ils combattent le mal sous toutes ses formes ? Formidable. Ils veulent recruter Maura ? Merveilleux. Qu’ils aient autant d’esprits critiques qu’elle, et ils remporteront plus facilement leur combat.

Méphisto Club est un roman policier comme je les aime, hautement recommandable.

Challenge Thriller et polar par Liliba

Michel Berger : Haute Fidélité

Parole : France Gall – Photos : Thierry Boccon-Gibod.

Merci à Babelio et aux éditions Fetjaine pour ce partenariat, que je chronique très en retard.

Mon avis :

Tous ceux qui me connaissent savent que je suis fan de Michel Berger depuis 1985. Sa disparition en 1992 n’a pas entraîné la disparition de mon admiration pour lui, pour ses chansons. Je n’ai pas voulu lire de biographie de Michel Berger. A quoi bon ? Sa vie privée doit le rester, je préfère écouter et ré-écouter ses chansons.

Pourtant, lors de l’avant-dernière opération de Masse critique, je me suis portée volontaire, parce que ce livre n’est pas une biographie mais un album souvenir, qui nous dévoile un peu de l’intimité de cet homme si discret et si pudique. Les paroles sont de France Gall, les images de Thierry Boccon-Gibod, photographe qui a connu Michel Berger au lycée et le photographia pendant plus de vingt ans.

Plus qu’un livre à lire du début à la fin, en un temps record (vous connaissez mes habitudes de lectures), ce beau livre invite à la flânerie, au retour en arrière, aux arrêts sur image pour des photos particulièrement intimes. Thierry Boccon-Gibod le dit, certaines photos révèlent des moments d’intimité et n’ont pas été publiées à l’époque. Je pense notamment à cette très belle photo de France Gall et de Michel Berger lors des répétitions de Starmania. Intimité, oui, voyeurisme, jamais.

Ce livre est axé sur les temps forts de la vie et de la carrière de Michel Berger : les premières années, Starmania, la première scène, les succès partagés, Double jeu et la pochette si saisissante de l’album, dont nous pouvons quasiment voir le making-off. Je n’ai garde d’oublier l’engagement, avec ce texte « Opération Delta », présenté sur une double page. Plus de vingt ans après, les « ironiques » et les « indifférents » dont il parle sont toujours là (et bien là). La volonté de s’engager des plus jeunes aussi, je peux en témoigner.

Je ne peux terminer cet article sans chanson. Voici ma préférée, qui donne son titre à une des parties de cet album :

La guerre des clans, tome 1 d’Erin Hunter

Circonstance de lecture :

Ce livre m’a été prêté par un de mes élèves. Je le remercie sincèrement.

Mon résumé :

Rusty est un jeune chaton domestique, ami avec Ficelle, le chaton des voisins. Cependant, cette vie ne le satisfait pas : manger des croquettes fades, boire de l’eau encore plus fade, très peu pour lui. Aussi, il s’aventure dans la forêt, et rencontre deux chats sauvages, membres du Clan de Tonnerre. Ils lui proposent, après avoir évalué ses possibilités, de se joindre à eux, sans possibilité de retour. Rusty accepte et devient Nuage de feu.

Challenge Jeunesse/Young adult chez Mutinelle et Kalea.

Mon avis :

Ce livre est le premier tome d’une longue saga, qui n’est pas sans me faire penser aux Chevaliers d’Emeraude, pour la longueur – la niaiserie en moins. Vous me direz que j’ai bien lu les douze tomes des chevaliers – oui, et j’ai beaucoup ri aux derniers, pas sûre que ce soit volontaire.

Ici, pas de rire, mais la lutte pour la survie du clan du Tonnerre. Etoile bleue, leur chef, est inquiète : la nourriture vient  à manquer, son fidèle lieutenant, Plume Rousse, est mort au cours d’un affrontement, un autre guerrier et son apprenti ont survécu, pas forcément en bon état pour l’apprenti. Il est temps de former de nouveaux guerriers. Je serai presque tentée, en ailourophile convaincu, de dire « d’apporter du sang neuf » : la consanguinité n’est pas bonne non plus pour les chats, et je sais de quoi je parle ! Bref, l’arrivée de Rusty, futur guerrier phénoménal est propice à ce que souffle un vent nouveau. C’est qu’il faut aussi que les membres du Clan accepte ce chat domestique, et rien n’est gagné pour lui, non qu’il regrette sa vie d’avant, il regrette juste ses amis d’avant.

L’intrigue est bien construite. Pendant les cent cinquante premières pages, j’ai été tentée de dire qu’elle était classique. Puis, survient Croc Jaune, personnage éminemment intéressant. Chatte solitaire ? Traitresse ? L’ancienne guérisseuse du clan des Ombres suscite peur et interrogation. Si elle n’a pas la beauté de la guérisseuse du clan du Tonnerre (une écaille de tortue), cette ancienne guerrière n’en est pas moins courageuse et charismatique. Comme dans tous les romans d’aventures, la traitrise est passible de morts. Reste à savoir quelle peut être la pire des trahisons, et qui est véritablement traitre.

Un dernier conseil : ne lisez pas la longue liste de personnages en début d’ouvrages. Il est bien plus facile de mémoriser les noms quand on découvre les personnages au fur et à mesure (mention spéciale pour une ancienne borgne et presque sourde).

Challenge God Save the livre organisé par Antoni

Salon du livre de Radio-France

Aujourd’hui et demain se tient le second salon du livre de Radio France, juste en face la maison de la radio. Comme j’avais aimé la première édition, je suis allée à la seconde, en faisant le choix d’être raisonnable et de privilégier les rencontres (si possible) à la quantité de livres acquis.

J’ai donc pris le train et lu pendant le trajet deux cents pages de l’Embellie d’Ava Audur Olasfsdottir. Après une pause gourmande

j’ai pris le métro et me suis rendu sous le chapiteau dressé pour l’occasion.

Ce qui est sympa est le fait que ce ne soit pas un salon à taille humaine, où j’ai eu le temps de discuter avec les auteurs que ce soit Barbara Constantine ou Olivier Adam (qui a pu constater à quel point j’étais logique, moi qui ai lu tous ses romans « adultes » sauf le premier qu’il a écrit !), Nicolas d’Estienne d’Orves (j’en ai profité pour lui parler du bouleversant Je pars à l’entracte, seule oeuvre que j’ai lu de lui)ou Anne Goscinny, dont Le bruit des clefs vient de paraître dans la très belle collection L’affranchie.

Je terminerai par  deux longues rencontres, la première avec Emmanuel Arnaud, qui a su me convaincre de découvrir son roman Le théorème de Kropst. La seconde, c’est avec Nicolas Le Golvan, auteur de Reste l’été premier roman que j’ai beaucoup aimé. Cet échange fut sans doute pour moi le meilleur moment de ce salon.

Voici maintenant mes achats :

Swap Nordique

Ce swap a été organisé par Myiuki22. Il s’agit en fait de sa deuxième édition : ayant raté la première, je me suis inscrite pour la seconde, qui, au thème de la littérature nordique, joint celui de Noël.

Le colis devait contenir :

1 livre de poche dont l’auteur est nordique 
1 ou 2 marque-page,
1 carte avec un petit mot,
1 surprise

J’ai choisi d’avoir une partenaire surprise, et je dois dire que Myiuki22 a bien fait les choses. En effet, ma binôme est Fersenette, et nous habitons dans le même département ! Nous avons pu ainsi nous rencontrer dans un des plus beaux villages de notre région dimanche dernier, et échanger nos colis dans un petit café. Voici donc les photos :

Je commencerai par… les livres. En effet, Fersenette a choisi pile le livre que je souhaitai le plus recevoir dans ma wish-list, à savoir Zona frigida de Anne B. Radge. Mieux : pour que je puisse mieux apprécier le style de cette auteur, Fersenette a joint un autre livre de Anne B Radge, La terre des mensonges. Connaissant mon goût pour les polars, elle a ajouté Ombre et soleil, d’Ake Edwardson, auteur suédois.

Quant au marque-page, il est tout simplement magnifique puisqu’il représente… des chats ! (Non, Nunzi, je ne te le prêterai pas pour tes propres challenges).

Je passerai maintenant aux surprises. Les premières d’entre elles sont des décorations de Noël, bien en rapport avec le thème du swap, que j’ai immédiatement installées en rentrant chez moi (oui, je décore très tôt cette année).

Je ne vous parlerai pas des bonbons, du moins, presque pas, car je ne vous cacherai pas que je les ai presque tous mangés !

Je vous parlerai en revanche du disque du duo suédois Koop : Fersenette a joint leur dernier album à mon colis. Je vous laisse écouter cet extrait :

Merci Myiuki22 pour l’organisation de ce mini-swap.

Merci Fersenette pour toutes ses délicates attentions.

Une place à prendre de JK Rowlings

édition Grasset – 690 pages.

Synopsis :

Bienvenue à Pagford, petite bourgade anglaise paisible et charmante : ses maisons cossues, son ancienne abbaye, sa place de marché pittoresque… et son lourd fardeau de secrets. Car derrière cette façade idyllique, Pagford est en proie aux tourmentes les plus violentes, et les conflits font rage sur tous les fronts, à la faveur de la mort soudaine de son plus éminent notable.

Entre nantis et pauvres, enfants et parents, maris et femmes, ce sont des années de rancunes, de rancœurs, de haines et de mensonges, jusqu’alors soigneusement dissimulés, qui vont éclater au grand jour et, à l’occasion d’une élection municipale en apparence anodine, faire basculer Pagford dans la tragédie.

Circonstance de lecture  :

Merci à Olivier de Priceminister pour l’envoi de ce livre, pour les matchs de la rentrée littéraire.

Mon avis :

J’ai lu Harry Potter, j’ai aimé Harry Potter, alors j’ai lu le premier roman « adulte » de JK Rowlings. Pour le caractériser, je dirai qu’il est sombre, très sombre, rien à voir avec les couleurs vives de sa couverture, qui la rendent très facilement repérable.

L’événement initial est lui-même dramatique : la mort subite d’un notable, et le vide qu’il laisse. Même mort, Barry Fairbrother est sympathique, et peu importe les ragots. Il était issu d’un milieu défavorisé, et son parcours était la preuve qu’il était possible de s’en sortir. Gênant pour les notables de Pagfort ? Ce n’est rien de le dire : Barry ne reniait pas ses origines, il aidait même activement les jeunes issus de Yarville. Il croyait en eux, lui. Autant dire que nombreux sont ceux qui se réjouissent de sa mort, plutôt que de la déplorer.

Le premier tiers du livre est saisissant à cet égard, dans cette présentation des personnages, des forces en présence devrai-je dire. J’ai été confrontée aux personnages tels qu’ils paraissent être, et tels qu’ils sont réellement, dans leur cercle de famille qui devrait être un lieu « protecteur », surtout pour les enfants. Nous avons ici des exemples rares de tyrans domestiques ou de lâches chroniques. Mesquinerie, bassesse, racisme ordinaire et feutré, rien n’est passé sous silence – et encore, je ne vous dévoile pas tout. Les thèmes abordés sont très lourds, et pourtant, ils passent, grâce sans doute à la fluidité du style et à la maîtrise de l’auteur.

Terminé voici quelques jours, Une place à prendre n’est pas un roman que j’ai quitté facilement. La preuve en est que je n’ai pas commencé un autre livre depuis.

Voici le lien du livre : Une place à prendre sur Priceminister.

Ma note : 16/20.

Challenge God Save the livre organisé par Antoni