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Mon ami Adèle de Sarah Pinborough

LOUISE
Mère célibataire, elle est coincée dans un quotidien minuté. Un soir pourtant elle embrasse un homme dans un bar… sans savoir qu’il est son nouveau patron.
DAVID
Psychiatre renommé et dévoué à sa femme, il regrette ce baiser mais ne peut s’empêcher de tomber amoureux de son assistante.
ADÈLE
L’épouse de David semble n’avoir aucun défaut. Si ce n’est de vouloir à tout prix devenir l’amie de Louise… Fascinée par ce couple modèle, Louise se retrouve malgré elle piégée au coeur de leur mariage. Et peu à peu, elle commence à entrevoir des failles.
David est-il l’homme qu’il prétend être ?
Adèle, aussi vulnérable qu’elle y paraît ?
Et par quel secret inavouable sont-ils liés l’un à l’autre ?

Mon avis :

Ma tâche est de vous donner envie de lire ce livre sans vous dévoiler la fin, qui, comme dans tout bon roman qui s’inscrit dans le genre policier,vous faire revoir tout ce que vous avez lu auparavant sous un autre jour.
Le début du roman semble pourtant nous orienter vers un récit plus intimiste. Nous rencontrons une femme, Louise, divorcée, seule avec son fils, qui a une aventure d’un soir avec un homme qui se révèle son patron. Elle découvre ensuite qu’il est marié avec une femme superbe, qu’elle est amenée à rencontrer et qui sympathise avec elle.
Qui sympathise avec elle, tout est là, Louise n’a pas souhaité se rapprocher d’Adèle, c’est Adèle qui, en fine stratège, se rapproche de Louise, qu’elle juge avec acuité, tandis que Louise a le jugement troublé par son sentiment de culpabilité. Elle est de plus à un moment douloureux de l’après-divorce : son ex-mari a refait sa vie et s’apprête à devenir père à nouveau. Autant dire qu’elle est une proie facile. Mais pour qui ? Et surtout, pourquoi ?
Si l’on peut lire en Louise comme dans un livre ouvert, Adèle et David ont bien plus de choses à cacher. Nous découvrons, au cours de retour en arrière, le passé commun d’Adèle et David – cette pauvre petite fille riche qui avait tout par ses parents, sauf leur attention. Cette lecture est vraiment très prenante, et j’ai été étonnée de la rapidité avec laquelle je progressais dans le récit qui sait maintenir le lecteur en haleine – et le surprendre très souvent.
Mon amie Adèle – lecteur trop sensible s’abstenir.

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La cible était française de Lee Child

Présentation de l’éditeur :

Émoi dans tous les services de sécurité du monde: un inconnu vient de tirer sur le président de la République française à Paris, et la balle est américaine. Le sniper a touché l’écran de protection à la distance phénoménale de 1 400 mètres et l’avertissement est clair : la prochaine fois, ce sera au sommet du G8. Et Dieu sait combien il y fera de victimes.
Mais qui est ce tireur d’élite ? Seuls quatre hommes sont susceptibles d’avoir accompli cet exploit, et l’un deux, John Kott, est un Américain que Jack Reacher a fait mettre en prison quinze ans plus tôt. Aujourd’hui libéré, l’homme reste introuvable. Et c’est Jack Reacher que l’armée missionne en secret pour mettre la main sur le tireur.

Mon avis : 

Retrouver Jack Reacher, c’est un peu comme retrouver James Bond : l’on sait que l’on vivra des aventures mouvementées à ses côtés et que le dénouement le verra partir comme un poor lonesome soldier (pour le cow boy, il lui manque Jolly Jumper).
Après le tome précédent, qui bouclait la boucle en quelque sorte, je me demandais où nous entraîneraient les aventures de Jack Reacher. La réponse est simple : en Europe ! Au passage, on ne peut pas vraiment accuser Jack d’être francophile ou anglophile. La cible était française, nous dit le titre, mais l’autre personne que le tireur cherchait à atteindre, c’était bien Jack Reacher. Dans certains cas, la vengeance est un plat qui se mange froid.
Ce n’est pas tant le passé qui rattrape Jack, que ses souvenirs. La jeune Casey, qui l’accompagne pour cette mission, lui rappelle Dominique, et les mauvaises décisions qui ont conduit à la mort de la jeune femme, des années plus tôt. Casey n’est pas Dominique, ne cesse de se répéter Jack. Il ne cesse non plus de tenter de lui donner davantage confiance en elle, puisqu’elle n’est pas arrivée par hasard à son poste.
Oui, Jack est prévisible, il le dit lui-même, et certaines de ses réactions le sont, effectivement. Et si Casey a encore des états d’âme, pour Jack, il s’agit avant toute chose de se tirer d’affaire, tout en effectuant la mission qui lui a été confiée. Prévisible, on vous dit, mais lucide aussi.
Je me demande où nous entraînerons ces prochaines aventures.

La ferme du bout du monde de Sarah Vaughan

Quatrième de couverture :

Cornouailles, une ferme isolée au sommet d’une falaise. Battus par les vents de la lande et les embruns, ses murs abritent depuis trois générations une famille… et ses secrets.1939. Will et Alice trouvent refuge auprès de Maggie, la fille du fermier. Ils vivent une enfance protégée des ravages de la guerre. Jusqu’à cet été 1943 qui bouleverse leur destin. Été 2014. La jeune Lucy, trompée par son mari, rejoint la ferme de sa grand-mère Maggie. Mais rien ne l’a préparée à ce qu’elle y découvrira. Deux étés, séparés par un drame inavouable. Peut-on tout réparer soixante-dix ans plus tard ?

Merci à Netgalley et aux éditions Préludes pour ce partenariat.

Mon avis :

La trame commence de façon presque classique : une jeune femme, qui a quitté les Cournouailles pour vivre à Londres, voit sa vie s’éparpiller. Non seulement son couple ne va pas fort, mais cela rejaillit dans sa vie professionnelle, au point qu’elle retourne se reposer auprès de sa grand-mère et de sa mère. On pourrait dès lors croire que l’on se retrouverait face à la lente histoire d’une reconstruction : pas tant que cela. En effet, la situation est délicate à la ferme. Oui, les Cournouailles, c’est très joli mais les touristes ne viennent pas forcément en masse dans les chambres d’hôte, l’agriculture comme ailleurs est en crise et même les nouvelles initiatives pour s’en tirer nécessitent des financements et un coup de pouce du climat. Autant dire que la sérénité n’a pas vraiment sa place. Lucy devra regarder les choses en face, que ce soit la situation de sa famille, certains faits du passé mais aussi son mariage.
Le passé a son importance puisqu’une partie du roman nous ramènera pendant la seconde guerre mondiale. Le sort des enfants qui ont été déplacés pendant la guerre est peu souvent évoqué, du moins dans les livres traduits en français (j’excepte Le monde de Narnia) et le récit de la vie quotidienne est très réaliste. Encore une fois, nous ne sommes pas dans une romance. Nous passons d’une époque à l’autre sans que le lecteur ne s’y perde. Passé et présent finissent par se rejoindre.
La ferme du bout du monde est un roman fort et réaliste.

Des femmes remarquables de Barbara Pym

Présentation de l’éditeur : 

Londres, dans les années 1950. Mildred Lathbury, jeune femme célibataire au quotidien partagé entre la vie de la paroisse et les tâches domestiques, voit son existence bouleversée lorsque débarque dans son immeuble une fougueuse anthropologue au bras d’un très bel homme…

Merci à Netgalley et aux éditions Belfond pour ce partenariat.

Mon avis :

Barbara Pym est une auteur à mes yeux injustement oubliée, rarement éditée ou rééditée. Cette nouvelle parution est l’occasion de la redécouvrir.
L’action se situe dans le Londres de l’après seconde guerre mondiale, ce qui ne veut pas dire que la situation soit larmoyante. Le milieu dans lequel la narratrice évolue semble assez épargné : des vieilles filles et des vieux garçons qui ont des emplois de bureau, des pasteurs célibataires et pas toujours jeunes.
Londres, oui, mais surtout un de ses quartiers, un quartier de la classe moyenne, ni chic, ni miséreux. Les appartements disposent d’une salle d’eau – à partager. Ou comment discuter avec ses voisins de l’achat du papier toilette et du récurage de la baignoire.
Et justement, le quotidien de Mildred se trouve modifié par l’arrivée d’un couple de locataire, bien différent de ceux qu’elle côtoie. Elle est anthropologue, il est un officier qui a brillé surtout par ses talents d’intendant. Ils se sont mariés, parce que c’était la guerre – et leur couple résiste mal au retour à la vie civile. Le second bouleversement est que le pasteur et sa soeur louent une partie de leur logement à une veuve de pasteur – bien différente de l’idée que l’on peut se faire d’une veuve de pasteur en lisant ce roman.
Bouleversements, oui, mais Mildred n’est pas du genre à se laisser abattre : elle est fille de pasteur, et a l’habitude de tous les impondérables de la vie de pasteur. Elle se définit elle-même comme étant assez commune, banale, avec son travail à mi-temps hors-norme (elle aide les femmes nécessiteuses), sa vie quotidienne si bien réglée, ses vêtements passe-partout. Bref, elle se juge avec justesse, sans s’embellir, sans se dévaloriser. Elle est certes une vieille fille, ce qui n’est pas forcément bien vu, ce qui fait aussi que certaines personnes lui prêtent des sentiments amoureux, des espoirs qui ne sont pas les siens. Mildred, qui connaît bien les petits soucis, les petits conflits que le quotidien peut engendrer – combien de rupture à cause d’un plat brûlé ? – a la sagesse de laisser dire, mais pas de laisser s’installer des situations qui ne lui conviendraient pas.
Oui, Barbara Pym s’intéresse au quotidien, à l’ordinaire, à ses femmes remarquables qui entourent non pas de grands hommes, mais des hommes dont les activités sont répétitives, pas forcément agréables, mais nécessaires pour qu’une communauté fonctionne. Ses femmes remarquables ne sont pas seulement leurs épouses, non, plutôt leurs soeurs, des vieilles filles, les religieuses aussi, des personnes si discrètes que les hommes les remarquent à peine.
Mildred jette un regard non dénué d’humour et d’ironie sur ceux qui l’entourent. Telle une miss Marple sans enquête policière, elle ne manque pas de lucidité sur la nature humaine, bien qu’elle aimerait parfois qu’elle soit différente.
Des femmes remarquables, un roman à remettre en lumière.

Un Noël à New York d’Anne Perry.

Présentation de l’éditeur :

Jemina Pitt, la fille du célèbre directeur de la Special Branch, a 23 ans durant l’hiver 1904. Elle décide d’accompagner sa jeune amie Delphinia Cardew à New York, sur le point de se marier avec l’aristocrate Brent Albright. Dans la haute société new-yorkaise, ce mariage est une grande affaire qui liera deux familles prodigieusement riches. Mais Jemina détecte une ombre mystérieuse planant sur la célébration. Maria, la mère de Delphinia, est absente de la fête et les Albright refusent de mentionner son nom. Et quand le frère du marié demande à Jemina de l’aider à retrouver Maria afin de prévenir un scandale, elle n’hésite pas à se lancer dans une enquête aussi inattendue que périlleuse.

Mon avis :

Ce livre est une romance policière. Oui, encore une. Qu’entends-je par ce terme ? Une romance policière est pour moi un livre où se mêle intrigue policière et histoire d’amour.
Nous allons assister à un mariage, un mariage bien comme il faut : deux héritiers sont sur le point de s’unir, eux et leur futur héritage. Il ne faudrait surtout qu’un incident vienne troubler le mariage et nuire à tout jamais à la réputation et à la vie mondaine du couple. De quel incident s’agit-il ? Et bien, de la venue de la mère de la mariée, qui est sortie de sa vie quand la jeune fille avait trois ans.
Paraître, paraitre, toujours paraître, et la ville de New York n’est pas si différente de Londres à cet égard. Elle se veut une ville moderne, elle a pourtant son lot de laissez-pour-compte, de quartiers très pauvres, sans oublier d’autres faits auxquels Jemima n’avait pas été accoutumée.
Sans trop vous en dévoiler, je puis vous dire que Jemima est confrontée à l’égoïsme ordinaire, au chacun pour soi des classes aisées, bien plus préoccupant que celui des pauvres puisque leurs seuls problèmes sont mondains ou financiers. L’action a beau se passer à Noël, elle aurait pu se passer n’importe quand en hiver. La neige est jolie sur Central Park, nous sommes en hiver, et c’est tout.
Un livre pour ceux qui aiment les belles histoires d’amour – et les romans policiers, un peu.

Le chat assassin tombe amoureux d’Anne Fine

Présentation de l’éditeur :
Aimer ? Quelle horreur ! Tuffy ne veut pas en entendre parler. D’ailleurs, l’Amour c’est pour les nuls et ça rend bête. Comme sa maîtresse Ellie qui l’inonde de « je t’aime » ou sa copine Bella qui se languit pour le chat le plus moche du quartier. Pas question pour le chat assassin de tomber amoureux. Jamais !
Vraiment ? Alors pourquoi son coeur de pierre fait-il une roulade arrière lorsqu’il apprend que la merveilleuse Coco, au poil luisant, aux yeux brillants est de retour dans le quartier

Mon avis :

C’est beau l’amour. Enfin…. sauf pour Tuffy, bien sûr. Il ne l’avouera pas, du moins, presque pas – même s’il nous récapitule ses coups de coeur passés et pas toujours réciproques.
Elles sont quatre, quatre à avoir fait battre son coeur. A l’une, il n’a pas osé se déclarer, et elle a déménagé. Une autre était très engagée dans la cause féline, sans se rendre compte que ses engagements et autres manifestations n’auraient pas lieu d’être si elle était vraiment consciente de tous les avantages de la vie de chat qu’elle mène. Quant à la dernière en date, elle avait un vocabulaire très restreint, mais très pratique si son compagnon désirait une compagne soumise.
Ce livre confirme une chose : ce sont les chats les plus bagarreurs qui ont le plus de succès. Il confirme aussi que l’amour, c’est bien, mais l’amitié, c’est mieux. Et je ne vous parle même pas de tous les soins que lui apporte Ellie, en dépit de toutes les bêtises qu’il a commises.
Un nouveau tome qui emballera les enfants.

cof

cof

Alfie Bloom et le voleur de talisman de Gabrielle Kent

Présentation de l’éditeur :

Être propriétaire d’un château vieux de plusieurs siècles n’est pas de tout repos ! Alors qu’Alfie Bloom vient à peine de découvrir son fantastique héritage, il doit de nouveau affronter le danger : Ashford, le majordome aux étranges pouvoirs, a disparu, et le château de Hexbridge subit le siège d’une armée d’elfes malveillants. Alfie n’a plus qu’une solution… utiliser un peu de la magie sauvage qui lui a été léguée. Mais parviendra-t-il à maîtriser cette magie séculaire qui peut, aussi, se révéler très destructrice ?

Merci à Livraddict et aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat.

Mon avis :

Le premier tome des aventures d’Alfie était sympathique, ce second tome l’est tout autant. Du temps s’est écoulé entre ce tome et le premier, ce qui rend l’intrigue cohérente : Alfie a eu (un peu) le temps de se remettre de ses émotions, des faits ont pu se développer pendant ce temps… et provoquer le rebondissement qui ouvre ce récit. De plus, les vacances sont là, ce qui donne tout le temps à l’aventure pour se déployer. Les éléments merveilleux sont toujours présents, et la magie peut se déployer – dans tous les sens du terme – dans un cadre réaliste et pacifiée : la campagne anglaise cache décidément bien ses secrets.

Je ne sais pas ce qui se passe avec la littérature contemporaine, mais les elfes ont vraiment mauvaise presse. Nous sommes très loin du Seigneur des anneaux ! Leur plus grande qualité, ici, est sans doute leur pugnacité, que l’on peut nommer plus sûrement obstination. Je n’ai garde d’oublier leur extrême possessivité. Bref, des personnes qu’il ne faut pas énerver – même involontairement.

Alfie a la chance d’avoir des amis qui sont aussi des alliés sur lesquels il peut compter. Certains peuvent sembler très ordinaires, comme Maddie, Robin, les jumeaux, ou Amy, adolescents charmants et courageux. D’autres sont plus extraordinaires, comme Artan, toujours partant pour une aventure ou un sauvetage. Et si l’un d’entre eux est en danger, ils sont tous unis pour le sauver, quelles que soient les difficultés rencontrées. Il est toujours réconfortant, pour de jeunes lecteurs, de rappeler que l’amitié existe et qu’à plusieurs, on est plus fort. De plus, le texte ne présente pas de difficultés de lecture, ce qui ne peut que plaire.  La seule difficulté pourrait provenir des jeux avec la chronologie, indispensable pour le bon fonctionnement de l’intrigue, mais c’est vraiment peu de choses.

Alfie et le voleur de talisman est un livre hautement recommandable pour tous les fans de magie.

cof