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Ta seule issue de Giles Kristian

édition Harper Collins – 336 pages

Présentation de l’éditeur :

Les ténèbres à perte de vue. Une tempête pour tout horizon. La mort qui rôde. Comment en sont-ils arrivés là ? Erik et sa fille avaient pourtant prévu un simple trek dans les montagnes norvégiennes. Un moyen de se retrouver, après le drame qui a brisé leur famille. Mais à cause d’un accident, leur voyage tourne au cauchemar. Alors qu’ils ont trouvé refuge dans une maison isolée, ils sont témoins d’un crime atroce. Le père et la fille doivent fuir à tout prix. Fuir pour survivre. C’est le début d’une traque sans merci à travers des étendues hostiles…
Une chasse à l’homme dans une nature brute et inhospitalière

Mon avis :

J’aime les polars, j’aime les thrillers, je crois que ce n’est un secret pour personne, et je peux difficilement résister quand on m’en propose un.

Cependant, je me suis questionnée à la lecture de celui-ci, parce que je peinais franchement à le lire, et cela ne me ressemblait pas. J’ai donc fait une pause, lu un autre roman policier, que j’ai apprécié – force était donc de constater que le souci ne venait pas de moi, mais que je n’accrochais pas à ce livre.
Pourquoi ? J’ai eu l’impression de me retrouver dans le film Taken, avec Liam Neeson, film dans lequel le héros met tout en oeuvre pour sauver sa fille. C’est aussi le cas ici, si ce n’est que le narrateur n’est pas un agent surentraîné, mais un charpentier (comme Joseph) qui doit affronter quatre tueurs que l’on peut supposer doués, sauf si la Russie a envoyé en Norvège un quatuor de bras cassés, ce dont je doute.

J’ai trouvé que le roman était sans surprise d’un côté, et que de l’autre, c’était « trop » : trop de blessures, trop de morts, trop de secrets révélés. Pour ces derniers, que je ne vais pas dévoiler, j’aurai aimé que l’on aille encore plus loin dans ces révélations – mais ce n’est que mon avis.

J’aime le froid, j’aime la neige, mais, ce qui m’a dérangé aussi dans ce roman, c’est que j’ai eu l’impression, n’étaient les révélations du dernier tiers du roman, que l’action aurait pu se situer n’importe où, et pas nécessairement en Norvège. De même, j’aurai aimé que l’on en apprenne plus sur la culture sámi, qui n’est évoquée qu’en pointillé.

Restent les relations père/fille, qui sont encore plus soudées depuis la tragédie survenue il y a peu.  Là, je me questionne à nouveau – questionnement que certains jugeront peut-être vains, qu’ils passent leur chemin – mais pourquoi la mère est-elle toujours à l’extérieur de ce récit, y compris lors de la tragédie ? Elle aussi doit souffrir, s’interroger, s’inquiéter, mais non, elle sera toujours en dehors, pour resserrer l’intrigue entre le père et la fille, pour créer un univers uniquement masculin (ils croiseront très peu de femmes lors de leur parcours, comme si la nature excluait forcément les éléments féminins) ou comme si, après ne pas avoir pu protéger sa fille aînée (mais personne ne l’aurait pu), Erik ne pouvait que se surpasser pour sauver sa cadette. Note : le méchant n’est pas très très futé – menacer la fille, c’est forcément forcer le père à aller au-delà de ses forces, à moins d’imaginer que celui-ci ne soit naïf et ne préfère se rendre.

Un rendez-vous manqué pour moi.

Merci à Babelio et aux éditions Harper Collins pour ce partenariat. 05

 

Eleanor oliphant va très bien

Présentation de l’éditeur :

Éléanor Oliphant est un peu spéciale.
Dotée d’une culture générale supérieure à la moyenne, peu soucieuse des bonnes manières et du vernis social, elle dit les choses telles qu’elle les pense, sans fard, sans ambages.
Fidèle à sa devise « Mieux vaut être seule que mal accompagnée », Éléanor évite ses semblables et préfère passer ses samedis soir en compagnie d’une bouteille de vodka.
Rien ne manque à sa vie minutieusement réglée et rythmée par ses conversations téléphoniques hebdomadaires avec « maman ».
Mais tout change le jour où elle s’éprend du chanteur d’un groupe de rock à la mode.
Décidée à conquérir de l’objet de son désir, Éléanor se lance dans un véritable marathon de transformations. Sur son chemin, elle croise aussi Raymond, un collègue qui sous des airs négligés, va lui faire repousser ses limites.
Car en naviguant sur les eaux tumultueuses de son obsession amoureuse et de sa relation à distance avec « maman », Éléanor découvre que, parfois, même une entité autosuffisante a besoin d’un ami…

Mon avis : 

Vous voulez connaître pire qu’un partenariat que l’on n’a pas apprécié ? Un roman que l’on vous a offert et que vous avez du mal à apprécier. J’ai lu les 170 premières pages, soit plus du tiers, sans vraiment apprécier le personnage principal, qui est aussi la narratrice de l’histoire. Elle mène une vie réglée comme du papier à musique, et je me dis « pourquoi pas ? » Elle évite à peu près tout le monde. C’est une chose d’éviter les autres, s’en est une autre d’être franchement désagréable et peu attachante. Je me demandais simplement « pourquoi ? » il y avait forcément une raison parce que la personne qui m’a recommandée ce livre me connait bien, et ne me l’aurait pas offert pour rien. J’ai apprécié en revanche le personnage de Raymond, qui fait tout pour se rapprocher d’elle, sans pour autant se montrer intrusif. Non, il s’agit juste de créer des rapports humains ordinaires avec elle, et cela prend beaucoup de temps – même si les circonstances jouent parfois en faveur de Raymond.

Par petites touches, l’on se doute qu’Eleanor a vécu, ce que l’on appelle pudiquement, des « événements douloureux », qui ont sans doute amené son placement dans une famille d’accueil où elle ne fut pas bien traitée – euphémisme, encore, à la lecture du rapport de la protection de l’enfance et des propos que la famille d’accueil tient sur elle. Vu de l’extérieur, j’ai surtout eu l’impression qu’ils étaient incapables de répondre à ses besoins les plus élémentaires. Non, je ne parle pas d’avoir un toit sur la tête, d’être nourri et vêtu correctement. Je parle des besoins affectifs élémentaires, ceux sans lesquels un enfant ne peut pas correctement se développer.

Puis survient… de grands bouleversements, qui m’amèneront (après cette fameuse page 170, justement) à voir Eleanor, ses maladresses sociales autrement. Après tout, ne jette-t-elle pas un regard différent sur certains faits qui nous semblent tout ce qu’il y a de plus banal – voir Eleanor au fast-food, par exemple. Ce qui change, c’est aussi qu’elle rencontre pour la première fois des personnes qui, au lieu de la fuir, se préoccupent d’elle. J’ai déjà cité Raymond, mais je pense aussi à Laura, ou à Sammy, qui aura une place particulière dans le cheminement de vie d’Eleanor. Je pense aussi au cheminement de la jeune femme pour exprimer enfin ce qu’elle ressent, pour s’autoriser à parler de son passé, pour être enfin en paix avec lui. J’aime aussi ce que certaines personnes lui ont dit. Le mot « bienveillance » n’était pas encore aussi fréquemment utilisé à l’époque, et pourtant, il est des personnes qui font preuve d’une grande bienveillance envers Eleanor. Même autour de nous, aujourd’hui, il est des personnes qui ne se comporteraient pas ainsi envers elle – la bêtise est intemporelle.  J’ai vraiment préféré la seconde partie du roman, qui est une véritable montée en puissance, jusqu’à ce qu’enfin, Eleanor puisse dire qu’elle va très bien.

Noël au bord de l’eau de Jenny Colgan

Présentation de l’éditeur :

Flora MacKenzie a troqué sa vie londonienne pour ouvrir un charmant café au bord de l’eau sur l’île écossaise de Mure, où elle vit désormais avec Joel, son ancien patron au caractère bien trempé. A cette période de l’année, c’est le moment de cocooner, de s’étirer devant le feu de cheminée et de regarder des vieux films avec les gens que vous aimez.
A moins, bien sûr, que la vie ne vous réserve une belle surprise et que vous ne sachiez pas comment l’annoncer. Pendant ce temps, Saif, le médecin réfugié de Syrie organise son premier Noël avec ses fils, loin de la guerre. La petite famille reconstituée pourra-t-elle trouver du réconfort et de la joie ?

Mon avis :

La couverture annonçait la fin de la trilogie, mais deux autres titres ont paru depuis (je vais tenter de lire le cinquième en anglais).

Nous sommes sur l’île de Mure, une île sur laquelle la communauté est particulièrement soudée. Flora MacKenzie y est revenue, elle y a ouvert un salon de thé qui marche très bien, elle est proche de ses frères, dont Fintan, marié à Colton. Noël approche, elle est débordée et… elle apprend une grande nouvelle qui va bouleverser sa vie. Elle n’est pas la seule à vivre des événements importants en cette fin d’année.

Romance ? Oui, mais pas seulement. Prenons le personnage de Saif. Il a quitté la Syrie avec ses deux fils, il a été séparé de sa femme et espère toujours avoir de ses nouvelles. Médecin, il exerce sur l’île de Mure et s’interroge, sur beaucoup de choses. Ses fils ne seraient-ils pas plus heureux ailleurs ? Et lui-même, a-t-il le droit d’être heureux alors qu’il ne sait pas ce qu’est devenue la femme qu’il aime, avec qui il pensait passer sa vie ?

Romance ? Si ce terme inclut toutes les étapes d’une relation amoureuse, oui, parce qu’une relation peut aussi prendre fin, mais pas forcément de la manière dont on le pensait. Aimer l’autre, c’est aussi respecter les choix qu’il fait pour lui-même, le soutenir dans ses choix, même si l’on n’est pas d’accord avec lui.

Il aurait été simple de faire sombrer ce roman dans le mélodrame, ou dans la guimauve. Il n’en est rien, et c’est peut-être aussi ce qui fait le succès de l’autrice. Je dis « peut-être » parce que cette saga est la seule que je connaisse de Jenny Colgan, même si je vais prochainement en découvrir une autre (offerte par l’une de mes meilleures amies).

Evidemment Martha de Meg Mason

Présentation de l’éditeur :

Quelque chose ne tourne pas rond chez Martha, et depuis longtemps. Lorsqu’elle avait dix-sept ans, une petite bombe a explosé dans son cerveau et elle n’a plus jamais été la même. Et malgré toutes les consultations, thérapies sans fin et traitements hasardeux, elle ne sait toujours pas ce qui ne va pas… Pourquoi passe-t-elle des journées entières au fond de son lit ? Et pourquoi continue-t-elle à se mettre à dos des inconnus, et des proches, avec ses remarques cruelles et désinvoltes ?

Aujourd’hui, son mari l’a quittée et elle n’a plus nulle part où aller, si ce n’est dans la maison de son enfance, une maison bohème (délabrée) dans un quartier romantique (délabré) de Londres. Et rien d’autre à faire que retrouver sa mère, une sculptrice au talent confidentiel – et très alcoolique – et son père, un poète célèbre – bien que jamais publié… Mais comment survivre là-bas sans sa sœur dévouée, grande gueule, qui rendait tout ce chaos supportable pendant leur enfance, et qui est maintenant trop occupée ou trop fatiguée pour prendre soin d’elle ?

Peut-être qu’en repartant de zéro, Martha pourra écrire un meilleur dénouement pour son histoire ratée – ou découvrir que cette histoire n’est pas encore tout à fait terminée.

Mon avis :

J’ai téléchargé et lu le livre dans la foulée. J’aimerai vous dire « je n’ai pas pu m’arrêter de le lire, je l’ai lu d’une traite », mais le fait de nourrir des chatons de trois semaines et de deux cents grammes chacun fait que … j’ai fait des pauses, mais j’ai terminé le livre en une journée.
C’est un livre puissant, fort, un livre qui nous montre les errances d’une femme et, devrai-je dire, les errances d’une famille, parce que, quand une des membres est souffrant, c’est toute la famille qui souffre avec elle. J’ai littéralement été emportée par cette lecture. Alors qu’importe que la maladie dont souffre Martha n’est pas précisément nommée, qu’un tiret la remplace, qu’importe – il est bien des maladies qui ont changé de nom au fur et à mesure des découvertes médicales. L’important n’est pas le nom de la maladie, l’important est d’enfin pauser un nom sur elle, d’enfin pouvoir verbaliser, réellement, ce que fait cette maladie.

Le récit est rédigé à la première personne, nous voyons tout, passionnément, désespéramment aussi avec les yeux de Martha, elle qui a grandi dans une famille dysfonctionnelle. J’entends déjà des personnes qui s’insurgent, parce qu’il aurait peut-être fallu que quelqu’un fasse quelque chose pour elle, pour sa soeur – parce qu’elles n’ont pas eu tout l’amour et toute l’attention dont elles avaient besoin ? Elles sont nées dans un foyer artistique, entre un père poète qui ne publie plus depuis longtemps, et une mère qui se consacre toute entière à la sculpture et à l’alcool. Leur tante, mariée à un homme aisé, assure l’intendance, mais pas la tendresse. Elle ne semble pas non plus en manifester beaucoup à ses propres enfants, au point que moi, lectrice, je ne sais plus qui a commencé à faire preuve de cynisme envers qui – comme si la tante de Martha avait été obligée d’adopter parce qu’il fallait qu’elle ait un enfant (désir réel ? désir de son mari ? poids de la société ?) afin de finalement parvenir à en mettre au monde deux. De même, la dureté de son mari n’est peut-être, du moins c’est ce que j’ai pu penser en lisant la fin du roman, qu’une manière de cacher une certaine forme de sensibilité.

La narration à la première personne entraîne le fait que ce que nous voyons est biaisé. Nous sommes entraînés à penser ce que pense Martha, à croire ce qu’elle croit. Puis, quand enfin l’intrigue se dénoue, nous voyons, comme Martha, que nous nous sommes fourvoyés une partie du récit. L’important est de dire, de verbaliser, de ne pas penser que la personne souffrante est la seule à être en souffrance. Parce qu’il est un moment où ceux qui entourent, même s’ils aiment Martha, n’en peuvent plus – parce qu’eux aussi ont une vie, parce qu’ils ne perçoivent pas ce qui a été vécu de la même manière que Martha.

Je me suis interrogée aussi, comme en passant, sur le rôle des médecins, sur leur incapacité, à eux aussi, à mettre des mots, sur les interdits qu’ils font peser sur les femmes, sur les préjugés, aussi, qu’ils peuvent avoir, se contentant de poser leurs idées reçues sur les symptômes qui leur sont décrits, incapables de sortir de leur routine de soignants pour s’intéresser à l’être humain qui est devant eux. Le personnage de Martha est le reflet des difficultés non seulement de poser un diagnostique, mais aussi d’accepter que ceux qui souffrent de troubles mentaux aient une place à part entière dans la société – et non une place entièrement à part.

Merci aux éditions Le cherche midi et à Netgalley pour ce partenariat.

frrrrrrrrrrr (Annunziata, le 5 juin vers 23 h 23)

Une insolente curiosité de Lynn Messina

Présentation de l’éditeur :

Rien ne gâche mieux une fête qu’un meurtre sanglant dans la bibliothèque… Beatrice Hyde-Clare détonne au sein de la noblesse anglaise : orpheline sans mari, elle dépend de la générosité de son oncle et de sa tante. Elle s’efforce donc de rester docile, respectueuse et à sa place. Mais quand Bea trébuche sur le corps sans vie du pauvre monsieur Otley dans la bibliothèque de la demeure des Skeffington, elle oublie aussitôt de se comporter en véritable lady et se lance en quête de la vérité, quitte à manquer de respect aux autres invités… et au divin duc de Kesgrave.

Mon avis :

Merci aux éditions les escales et à Netgalley pour ce partenariat.

Tout d’abord, je pourrais tenter de faire de l’humour. Je pourrai vous dire qu’un accident de bibliothèque est vite arrivé, et qu’il ne faut surtout pas emprunter un livre à ses hôtes sous peine de rentrer en collision avec un chandelier. C’est fou ce que ces petites bêtes peuvent être traitresse. Ce serait peut-être drôle, ce le serait moins pour Beatrice Hyde-Clare, qui a trébuché sur le corps et qui se retrouve très vite nez à nez avec un autre invité, qui lui aussi se retrouve très tard dans la bibliothèque. (Note : mais de quoi je me plains ? En tant que lectrice compulsive, je devrais être contente du nombre de personnes qui se retrouvent tard le soir dans le but de trouver un livre à lire !). Que faire ? Enquêter ? Eh bien… oui. Même si cela lui est fortement déconseillé. Tout d’abord, de par son statue même : elle est une orpheline, recueillie par son oncle et sa tante quand elle avait cinq ans, et ils lui font bien comprendre quelle extrême générosité a été et est encore la leur. Ensuite, même si elle n’était pas une vieille fille de 26 ans, elle serait de toute façon une femme, qui se doit de rester à sa place de femme, d’avoir des sujets de conversations totalement insignifiants, tel le choix des couleurs qu’il convient de porter en hiver (passionnant, je vous le dis). Elle se doit aussi de maîtriser absolument le savoir-vivre inhérent à la bonne société britannique : le chapitre consacré aux cartes de visite est à ce sujet édifiant.

Bea enquête donc, et découvre des secrets qui ne demandaient qu’à le rester, secret, justement. Et là aussi, c’est édifiant. Elle se rend compte aussi que sa culture est loin d’être complète, elle qui est amené à se renseigner sur le climat de l’Inde, un sujet que l’on aborde rarement autour d’une tasse de thé. Les inimitiés peuvent durer très longtemps. Et les amitiés ? C’est plus compliqué.

Une enquête, et une série de livres (le 2 est d’ors et déjà paru) pour les amateurs de cosy mystery.

Les oiseaux chanteurs de Christy Lefteri

Présentation de l’éditeur :

Chypre, 2016. Nisha Jayakodi disparaît un soir sans laisser de trace. Son employeuse Petra Loizides s’inquiète de la disparition de la nounou qui élève sa fille de 9 ans depuis sa naissance. Yiannis, le
locataire qui occupe le premier étage de sa maison, est lui aussi bouleversé : se serait-elle enfuie suite à sa demande en mariage la veille ? Mais la jeune femme sri-lankaise a laissé derrière elle son passeport, l’écrin qui renferme la photo de son défunt mari et la mèche de cheveux de sa propre fille Kumari restée au pays.
Quand Petra tient à signaler sa disparition à la police, celle-ci refuse d’ouvrir une enquête, sous prétexte que cette main-d’œuvre immigrée a tendance à s’enfuir pour des postes plus rémunérateurs.
Impuissant, Yiannis continue de son côté ses activités illégales : ancien banquier, ruiné par la crise de 2008, il vit du braconnage des oiseaux, prisonnier d’un réseau mafieux puissant et dangereux.
Ensemble Petra et Yannis vont enquêter auprès de nombreuses femmes invisibles comme Nisha et découvrir la facette sombre d’un pays gangréné par la corruption et les trafics en tous genres.

Mon avis :

« Ce roman ne prétend pas être la voix des migrants, il ne cherche pas à parler à leur place ».

C’est ainsi que l’autrice s’adresse au lecteur, à la fin du roman. Oui, son roman ne parle pas à la place des migrants, il nous montre cependant à voir ce qu’ils vivent, ce qu’elles vivent puisqu’il s’agit ici essentiellement de femmes.

Ce sont deux voix qui se font entendre, deux narrateurs, Petra et Yiannis, deux chypriotes. Ce qui les unit est d’abord le fait qu’ils vivent dans la même maison – Petra loue un appartement à Yiannis, qui vit en toute indépendance. Ce qui les unit ensuite, même si Petra ne le sait pas encore, c’est Nisha. Elle est une parmi tant d’autres. Qui ça ? Une de ses femmes qui a quitté sa famille, son pays pour travailler à l’étranger et envoyer ainsi plus d’argent à sa famille qu’elle n’en aurait gagné en restant au pays.

Je serai assez crue : ce que nous montre le récit, c’est que ces femmes sont à peine considérées comme des êtres humains. Elles ne pensent pas comme nous, elles ne vivent pas comme nous, elles  cherchent toujours de meilleures situations, voilà en gros ce que la majorité pense d’elle. Petra, elle, ne pense pas. Elle est tellement habituée à la présence de Nisha, qui est sa domestique depuis dix ans, qu’elle n’ pas pris conscience ni de tout ce qu’elle fait pour elle, ni de tout ce qu’elle ignore d’elle. Nisha est pourtant « bien traitée », elle a sa chambre, une journée de congé par semaine, des horaires convenables. Elle qui a dû laisser Kumari sa fille unique au Sri Lanka a élevé Aliki, la fille de Petra. Il faut que Nisha disparaisse pour que Petra se rende compte de toute ce qu’elle faisait pour elle (impossible pour Petra de cuisiner, elle peine à savoir où sont rangés les aliments dont elle a besoin), pour qu’elle se rende compte aussi que Nisha est une parmi tant d’autres, et qu’elle, Petra, n’a jamais fait attention à toutes ses femmes qui vivent plus ou moins bien. Plutôt moins.

De l’autre côté, nous avons Yiannis. La crise l’a jeté dans la pauvreté, il a perdu son emploi et sa femme, qui tenait davantage à son statut social qu’à son mari. Il vit de contrebande, piégeant des oiseaux pour les revendre aux restaurants chypriotes. Il aime Nisha. Il en sait plus sur elle que Petra, que tout le monde à vrai dire. Il s’interroge sur les causes de la disparition, lui qui espère la revoir, lui qui va chercher ce qui lui est arrivé. Leurs points communs ? Yiannis et Petra sont tous les deux pris au piège de leur situation, lui parce qu’il commet des actions illégales pour la « mafia » locale, elle parce qu’elle est piégée – dix ans plus tard, elle doit toujours de l’argent à ceux qui l’ont fait venir du Sri Lanka. La différence est que s’il arrivait quelque chose à Yiannis, la police bougerait peut-être. Elle n’ouvre pas d’enquête pour la disparition de Nisha, et tant pis si elle a laissé derrière elle ses effets personnels et son passeport, elle est forcément partie pour mieux revenir.

Indifférence ? Pas seulement. L’autre, l’étranger, le migrant n’est pas considéré comme un être humain. Ce n’est pas qu’il y a deux poids, deux mesures, c’est qu’il n’existe pas de mesure pour eux. Ils n’existent tout simplement pas !

Je voudrai aussi parler du second sujet abordé dans ce roman : celui de la maternité. J’aurai pu dire « parentalité », mais soit les pères sont décédés (Nisha comme Petra sont veuves), soit ils ne le sont pas encore. Petra a porté sa fille, l’a mise au monde, mais son veuvage fait qu’elle ne parvient pas à être mère, elle ne parvient pas à s’occuper de sa fille. Tous les gestes qu’elle voudrait faire, tous les mots qu’elle voudrait dire, c’est Nisha qui les a faits et dits pour elle. Ce n’est pas que Pétra n’aime pas sa fille, loin de là, c’est qu’elle ne parvient pas à lui montrer son amour : il faudra l’électrochoc de la disparition de Nisha, la prise de conscience de ce que cela implique pour Kumari pour que Petra parvienne enfin à exprimer ce qu’elle ressent.

Merci aux éditions du Seuil et à Babelio pour ce partenariat.

Briseurs de coeur par Helen Cox

Présentation de l’éditeur :

Kitt est bibliothécaire à York. Fan de romans policiers, elle aime aussi beaucoup le Lady Grey, son chat Iago et sa meilleure amie Evie, une masseuse aux doigts de fée fan de vintage. Côté coeur, en revanche, c’est plutôt morne plaine.

Une vie paisible, donc, jusqu’à ce que l’on retrouve l’ex d’Evie assassiné, un stylo plume planté dans le coeur. Si tout indique que son amie est la coupable, Kitt ne doute pourtant pas de son innocence. Épaulée par son assistante aux dons de cyberfouineuse, notre bibliothécaire au caractère bien trempé décide de mener l’enquête. C’est sans compter sur le charme électrisant de l’inspecteur chargé de l’affaire, qui ne l’aide pas à garder la tête froide…

Mon avis :

Les cosy mystery ont le vent en poupe, et j’ai passé un très bon moment avec celui-ci.

La couverture en dit presque trop, dès le début, ou plutôt, laisse croire à une orientation du récit, qui ne sera pas tout à fait celle-là. Qu’importe ! Ce qui compte réellement est le plaisir de la lecture, dû à la construction de l’intrigue mais aussi à la personnalité des personnages principaux. En fait, si je devais trancher, je dirai que nous sommes plutôt dans une romance particulièrement sanglante.

Kitt a une vie simple, bien rangée, elle est bibliothécaire et ne s’en laisse pas compter, ni par les usagers parfois indélicats, ni par sa chef, particulièrement tatillonne, ni par Ruby, une vieille dame excentrique qui se dit voyante extra-lucide. Elle a des amies, elle adore lire mais sa vie sentimentale est plutôt vide, puisqu’elle n’a jamais réussi à accorder sa confiance à un homme depuis une rupture douloureuse. On peut aussi inverser les termes, et elle en a très conscience : elle n’a plus assez confiance en elle pour se lancer dans une relation amoureuse.

Seulement, l’ex de sa meilleure amie Evie – elles sont amies depuis huit ans – a été assassiné, et je vous laisse deviner qui est accusée, même si elle a un alibi – j’ai envie de dire un vrai alibi, un de ceux qui ne semble pas planifié. Mais… cela n’empêche pas les deux enquêteurs d’être soupçonneux, de chercher les indices, la faille, bref, de penser qu’Evie est coupable. Autant dire que le sang de Kitt ne fait qu’un tour et qu’elle décide, avec l’aide de son assistante, de mener l’enquête.

On peut admirer son talent, sa persévérance. On peut aussi se rendre compte que, plus nous prolongeons la lecture, plus nous nous rendons compte que celle-ci est glauque, que le ou les meurtriers ne reculent devant pour… Pour quoi, au juste ? Nous le saurons, je vous rassure. Nous connaîtrons aussi les secrets de Kitt, d’Evie, de l’inspecteur chargé de l’enquête aussi. Et quand je parle de « secrets », je ne parle pas de faits glauques, non, je parle de faits que seuls les proches véritables connaissent, et que l’on n’a pas envie de crier sur les toits.

Si le dénouement m’a semblé un peu trop « heureux », ce qui est un comble après tout ce qui vient de se passer dans le roman, il me donne singulièrement envie de lire une autre enquête en compagnie de ces personnages si attachants.

Merci aux éditions Les presses de la cité et à Netgalley pour ce partenariat.

La Dernière Balade de Jean Townsend par Fred Vermorel

Présentation de l’éditeur :

Londres, 1954. Jean Mary Townsend, une jeune styliste travaillant dans le monde du spectacle, est retrouvée étranglée. Les circonstances du meurtre restent obscures, tout autant que l’identité de l’assassin. Le jeune Fred Vermorel lit en une de l’Evening Standard un compte rendu de ce fait divers qui, toute sa vie, va l’obséder. Sept décennies plus tard, il nous livre les clés et, peut-être, la solution de cette incroyable affaire.
Son enquête acharnée nous mène dans les milieux de la nuit londonienne, que Jean fréquentait assidûment. Là où se croisaient grand banditisme, show-biz, politique, de Joan Collins à la princesse Margaret en passant par Rock Hudson, Profumo, les frères Krays ou encore Sarah, la fille de Winston Churchill. Des clubs généralement clandestins, des bars gay, des lieux transgressifs, ouverts à tous les délires sexuels, où la drogue circulait à foison. Des endroits de perdition pour des jeunes filles souvent trop naïves.

Merci aux éditions Sonatine et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

J’ai eu l’impression d’avoir entre les mains un livre véritablement déroutant, de par sa forme et de par son contenu. En effet, il ne s’agit pas d’un roman, mais d’une enquête sur la mort de Jean Townsend, une jeune femme retrouvée assassinée dans un terrain vague. Elle n’est malheureusement pas la seule jeune femme à qui un tel sort est arrivé. Cependant, à cause d’erreurs, de secrets trop enfouis, son meurtre n’a jamais été élucidé. L’auteur était un enfant quand ce crime a eu lieu. 67 ans plus tard, il publie ce livre qui contient la somme de ses recherches sur ce crime.

Le premier point qui m’a surpris est le nombre de refus qu’il a essuyés, le nombre de personnes qui ont refusé de parler, certaines dans le but de respecter le secret de l’instruction – le dossier est en effet scellé, et il faudra encore de nombreuses années avant qu’il puisse être ouvert. Pour quelles raisons ? Qui cherche-t-on à protéger ? Ce sont spontanément les questions que je me suis posées.

Ce n’est pas seulement une enquête sur Jean Townsend que mène l’auteur, mais aussi une enquête sur les milieux dans lequel elle évoluait. Le premier constat que je fais est à quel point, déjà, les enfants pouvaient être livrés à eux mêmes. Le XXIe siècle n’a rien inventé, si ce n’est que la protection de l’enfance (ou tout autre service) se montrerait sans doute plus actif qu’il ne l’était dans les années 40/50. Les violences conjugales étaient elles aussi bien réelles, déjà, comme le prouve le témoignage de Liz Baron qui, heureusement, a pu obtenir le divorce de son mari. Le second constat est que je me suis parfois perdue en lisant ce livre. Oui, Fred Vermorel explore toutes les pistes possibles, vraiment toutes, et nous donne par la même occasion son sentiment sur les différents suspects potentiels. La fin de la guerre n’était pas si loin, les américains étaient encore là. Les aristocrates n’étaient pas des anges non plus, l’on croisera la princesse Margaret, son mari, et même le prince Philip. Cotoyer des artistes (photographes, peintres, stylistes), c’est aussi toucher de prêt une faune assez interlope.

En refermant ce livre, je me dis que ce qui a aussi fasciné l’auteur, c’est cette période en particulier, les années 50 au Royaume-Uni, période dont on parle peu, parce qu’elle a été éclipsée par celle qui a suivi.

Un livre à lire pour ceux qui aiment les enquêtes minutieuses et ne craignent pas de se perdre dans un dédale d’information.

 

Mort sur le transsibérien de C.J. Farrington

Présentation de l’éditeur :

Bienvenue à Roslazny, un petit village assoupi de Sibérie, enseveli sous la neige, engourdi par le froid. Olga Pushkin est la garde-barrière du village. C’est elle, notamment, qui veille au bon déroulement du passage du majestueux Transsibérien, depuis la petite maison où elle vit seule avec son hérisson et son amour de la littérature. Car la littérature, c’est la grande affaire de la vie d’Olga ; et son rêve, c’est de rejoindre l’université de Tomsk – l’Oxford sibérien – et de quitter Roslazny où jamais rien ne se passe… Mais la chape de silence et de froid qui semble congeler le village va bientôt se fissurer : lettres anonymes et petits larcins vont réveiller la rumeur de l’existence d’une Baba Yaga, ces sorcières féroces qui se cacheraient dans les immensités gelées de la taïga russe. Et lorsqu’un touriste américain tombe du Transsibérien après avoir été égorgé, la bouche pleine de pièces de 10 roubles, l’angoisse s’empare de Roslazny. Un deuxième mort, et c’est la panique dans le village ; d’autant plus que l’inspecteur en charge de l’enquête, l’énigmatique et boudeur Vassily Marushkin, se retrouve emprisonné par son machiavélique supérieur, l’inspecteur-chef Babikov. Alors Olga va devoir mener elle-même l’enquête, d’abord pour disculper Vassily, puis pour comprendre qui sème ainsi le trouble à Roslazny. Mais le temps presse, et les pistes semblent se perdre dans la brume qui encercle le village…

Merci aux éditions Hugo Thriller et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

En découvrant le sous-titre « Une enquête d’Olga Pouchkine », j’ai eu l’impression que l’auteur amorçait ainsi une série, ce dont j’ai eu la confirmation en découvrant sa biographie. Lui-même a vécu en Russie, et a écrit ce livre alors qu’il était en congé parental pour s’occuper de sa fille Acacia.

En lisant ce titre, je me suis rappelée pourquoi je me suis détournée de la littérature russe depuis des années. Oui, je sais, l’auteur est anglais, et pourtant, je me suis retrouvée perdue au fin fond de la Russie avec son héroïne Olga Pouchkine. Non, elle n’a aucun lien avec l’auteur, mais elle rêve de devenir auteur, d’écrire, ce dont presque personne ne la croit capable. Elle a 34 ans, elle est devenue garde-barrière parce qu’elle n’avait pas vraiment le choix, auprès d’un père victime d’un accident du travail qui l’aurait laissé incapable de travailler, mais totalement capable de s’enivrer, de jouer au poker, ce qui est pourtant interdit en Russie, et de dilapider le plus d’argent possible, quand il ne rêve pas à retrouver le trésor dont Tatiana, sa femme, lui a parlé sur son lit de mort. Olga pense aussi souvent à sa mère, elle se souvient des belles choses, de l’amour que sa mère portait à ses enfants, et n’a que faire de ce « trésor », les souvenirs qu’elle a de sa mère n’ont pas de prix.

La vie s’écoule, paisible, ponctuée par l’alcool ingurgité par les hommes, au détriment des soins qu’ils devraient à leur famille. Et le roman s’écoule lentement lui aussi. J’ai trouvé que l’on passait beaucoup trop de temps sur la vie privée (de presque tout) d’Olga, sur ses rêves, ses désirs d’écriture, la description de son passé, du passé de ses parents, notamment ce qui a amené une jeune fille telle que Tatiana, venue d’un milieu cultivé, à s’unir avec le père d’Olga et de Pascha (son frère, militaire, que nous découvrirons au cours du récit). J’ai eu parfois l’impression que l’action était ralentie, tant l’on passait du temps, parfois, sur des faits que je ne trouvais pas pertinent, mais qui devaient l’être, sinon, l’auteur ne les aurait pas écrits ! Je pense, par exemple, au moment où Olga rend visite à Vassily Marushkin et où une page de description (les intentions d’Olga, le maquillage qu’elle a mis) sépare le moment où elle arrive devant le poste de police et celui où, enfin, elle frappe à sa porte, pour finalement découvrir qu’elle est venue pour rien, il ne lui dira rien. Un policier intègre, c’est rare.

Oui, je pense que si je regarde cette oeuvre comme un roman sur Olga, ses désirs, ses aspirations, et, finalement, sa bonté quotidienne (voir le soin qu’elle porte à Dimitri, hérisson de son état), il est plus simple de l’apprécier, d’apprécier son rythme, lent, ses moments où Olga réfléchit à sa vie, se questionne, elle qui, comme de très nombreuses femmes, pour ne pas dire toutes les femmes, souffrent des remarques sexistes de leurs supérieurs en particulier, et de presque tous les hommes qui les entourent. A Roslazny, le quotidien ne permet pas vraiment de rêver, il permet à peine de vivre, dans un lieu qui pourrait être hors du temps – à croire que le progrès, le confort y est impossible – mais où trafic, magouilles et autres corruptions se donnent rendez-vous. La vie humaine semble n’y avoir vraiment aucune importance, et les personnages comme Olga ou Vassili, qui garde espoir jusqu’au bout, sont rares.

Un livre à conseiller si le froid, la Russie et le récit de vie quotidienne (presque) banale ne vous effraie pas. En revanche, si vous aimez les polars purs et durs, passez votre chemin.

The Magpie society (tome 1) par Zoe Sugg et Amy McCulloch

Présentation de l’éditeur :
Quand une des élèves de la prestigieuse Illumen Hall boarding school est retrouvée morte, une mystérieuse pie tatouée dans la dos, Audrey et Ivy, deux pensionnaires que tout oppose, découvrent un secret terrifiant caché au coeur de leur école à l’apparence si parfaite. Puisant dans la tradition des légendes victoriennes et celle des romans d’internat anglais, la trilogie séduira les fans de Pretty Little Liars ou Riverdale.

Mon avis :

Le quatrième de couverture annonce une trilogie. C’est une bonne nouvelle pour moi, je craignais vraiment que l’intrigue ne se délite dans un trop grand nombre de tomes. Si je devais faire court, je dirai que j’ai aimé ce roman plus que je ne le pensais après avoir lu quelques pages.

La cause ? Le début avait réellement été un début-choc, nous assistons en direct à la découverte du corps de Lola. Puis, dès que l’on tourne la page, la pression retombe. Tout semble redevenu normal, pour ne pas dire banal : nous découvrons l’arrivée d’une nouvelle élève, Audrey, dans l’école. En soi, la confrontation entre un nouvel arrivant et un univers clos, fermé, dans lequel tous, de l’élève au professeur se connaissent, n’a rie de bien étonnant. Que la nouvelle élève; Audrey, soit américaine et arrive ici presque en exilée volontaire a de quoi surprendre. Pourquoi a-t-elle quitté sa Georgie natale (l’état, pas le pays, même si elle ne savait pas que ce dernier existait) ? Pourquoi se retrouver dans un internat anglais, au règlement guindé et à l’organisation presque poussiéreuse ? Je me suis demandée si les adultes se rendaient compte à quel point les ados étaient capables d’enfreindre certaines règles sans se faire prendre !

Pour Ivy, c’est tout le contraire. Cet internat a été une planche de salut pour elle et sa famille. Excellente élève, sportive et musicienne, elle a obtenu une bourse qui a permis à sa famille de surnager financièrement. Très investie, elle prend son rôle à l’internat très à coeur, même si, de prime abord, elle n’accueille pas avec joie la présence de cette américaine aux goûts excentriques avec joie. Mais un autre événement vient perturber la vie de l’internat. Déjà qu’il est difficile de faire comme si tout était normal après la mort accidentel de Lola, mais le fait qu’un mystérieux podcasteur promette des révélations au sujet de la mort de Lola, affirmant que l’enquête a été bâclé, que certains faits ont été classés sans suite trop vite jette une chape de brume sur l’établissement.

J’ai aimé suivre ses podcasts, j’ai aimé, surtout, voir le rapprochement entre Ivy et Audrey. Aller au-delà des apparences, toujours, oser aller contre la « meute », ceux qui se liguent contre une personne, parce qu’à plusieurs, on oublie à quel point ce que l’on fait est mal, voire peut déraper très rapidement. Ne pas être coupable est une chose, ne pas être responsable en est une autre, et Audrey sait faire la différence entre les deux, Ivy aussi. De même, reconnaître ses torts, c’est bien, ne pas recommencer, c’est mieux aussi.

Le dernier tiers du roman les voit toutes deux se plonger dans des recherches complexes non seulement pour savoir véritablement ce qui s’est passé, la nuit où Lola est morte, mais aussi pour connaître ce qui se cache derrière la fameuse et angoissante (à mes yeux) société des pies. J’ai aimé l’ambiance qui se dégageait de ses pages, j’ai aimé le regard qu’Audrey porte sur ce qu’elle découvre, même si, comme Ivy, je pense aussi qu’il ne faut pas se fier aux rumeurs de toutes sortes.

Le tome 2 sort bientôt, il est évident pour moi que je le lirai.