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Un Noël à New York d’Anne Perry.

Présentation de l’éditeur :

Jemina Pitt, la fille du célèbre directeur de la Special Branch, a 23 ans durant l’hiver 1904. Elle décide d’accompagner sa jeune amie Delphinia Cardew à New York, sur le point de se marier avec l’aristocrate Brent Albright. Dans la haute société new-yorkaise, ce mariage est une grande affaire qui liera deux familles prodigieusement riches. Mais Jemina détecte une ombre mystérieuse planant sur la célébration. Maria, la mère de Delphinia, est absente de la fête et les Albright refusent de mentionner son nom. Et quand le frère du marié demande à Jemina de l’aider à retrouver Maria afin de prévenir un scandale, elle n’hésite pas à se lancer dans une enquête aussi inattendue que périlleuse.

Mon avis :

Ce livre est une romance policière. Oui, encore une. Qu’entends-je par ce terme ? Une romance policière est pour moi un livre où se mêle intrigue policière et histoire d’amour.
Nous allons assister à un mariage, un mariage bien comme il faut : deux héritiers sont sur le point de s’unir, eux et leur futur héritage. Il ne faudrait surtout qu’un incident vienne troubler le mariage et nuire à tout jamais à la réputation et à la vie mondaine du couple. De quel incident s’agit-il ? Et bien, de la venue de la mère de la mariée, qui est sortie de sa vie quand la jeune fille avait trois ans.
Paraître, paraitre, toujours paraître, et la ville de New York n’est pas si différente de Londres à cet égard. Elle se veut une ville moderne, elle a pourtant son lot de laissez-pour-compte, de quartiers très pauvres, sans oublier d’autres faits auxquels Jemima n’avait pas été accoutumée.
Sans trop vous en dévoiler, je puis vous dire que Jemima est confrontée à l’égoïsme ordinaire, au chacun pour soi des classes aisées, bien plus préoccupant que celui des pauvres puisque leurs seuls problèmes sont mondains ou financiers. L’action a beau se passer à Noël, elle aurait pu se passer n’importe quand en hiver. La neige est jolie sur Central Park, nous sommes en hiver, et c’est tout.
Un livre pour ceux qui aiment les belles histoires d’amour – et les romans policiers, un peu.

Le chat assassin tombe amoureux d’Anne Fine

Présentation de l’éditeur :
Aimer ? Quelle horreur ! Tuffy ne veut pas en entendre parler. D’ailleurs, l’Amour c’est pour les nuls et ça rend bête. Comme sa maîtresse Ellie qui l’inonde de « je t’aime » ou sa copine Bella qui se languit pour le chat le plus moche du quartier. Pas question pour le chat assassin de tomber amoureux. Jamais !
Vraiment ? Alors pourquoi son coeur de pierre fait-il une roulade arrière lorsqu’il apprend que la merveilleuse Coco, au poil luisant, aux yeux brillants est de retour dans le quartier

Mon avis :

C’est beau l’amour. Enfin…. sauf pour Tuffy, bien sûr. Il ne l’avouera pas, du moins, presque pas – même s’il nous récapitule ses coups de coeur passés et pas toujours réciproques.
Elles sont quatre, quatre à avoir fait battre son coeur. A l’une, il n’a pas osé se déclarer, et elle a déménagé. Une autre était très engagée dans la cause féline, sans se rendre compte que ses engagements et autres manifestations n’auraient pas lieu d’être si elle était vraiment consciente de tous les avantages de la vie de chat qu’elle mène. Quant à la dernière en date, elle avait un vocabulaire très restreint, mais très pratique si son compagnon désirait une compagne soumise.
Ce livre confirme une chose : ce sont les chats les plus bagarreurs qui ont le plus de succès. Il confirme aussi que l’amour, c’est bien, mais l’amitié, c’est mieux. Et je ne vous parle même pas de tous les soins que lui apporte Ellie, en dépit de toutes les bêtises qu’il a commises.
Un nouveau tome qui emballera les enfants.

cof

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Alfie Bloom et le voleur de talisman de Gabrielle Kent

Présentation de l’éditeur :

Être propriétaire d’un château vieux de plusieurs siècles n’est pas de tout repos ! Alors qu’Alfie Bloom vient à peine de découvrir son fantastique héritage, il doit de nouveau affronter le danger : Ashford, le majordome aux étranges pouvoirs, a disparu, et le château de Hexbridge subit le siège d’une armée d’elfes malveillants. Alfie n’a plus qu’une solution… utiliser un peu de la magie sauvage qui lui a été léguée. Mais parviendra-t-il à maîtriser cette magie séculaire qui peut, aussi, se révéler très destructrice ?

Merci à Livraddict et aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat.

Mon avis :

Le premier tome des aventures d’Alfie était sympathique, ce second tome l’est tout autant. Du temps s’est écoulé entre ce tome et le premier, ce qui rend l’intrigue cohérente : Alfie a eu (un peu) le temps de se remettre de ses émotions, des faits ont pu se développer pendant ce temps… et provoquer le rebondissement qui ouvre ce récit. De plus, les vacances sont là, ce qui donne tout le temps à l’aventure pour se déployer. Les éléments merveilleux sont toujours présents, et la magie peut se déployer – dans tous les sens du terme – dans un cadre réaliste et pacifiée : la campagne anglaise cache décidément bien ses secrets.

Je ne sais pas ce qui se passe avec la littérature contemporaine, mais les elfes ont vraiment mauvaise presse. Nous sommes très loin du Seigneur des anneaux ! Leur plus grande qualité, ici, est sans doute leur pugnacité, que l’on peut nommer plus sûrement obstination. Je n’ai garde d’oublier leur extrême possessivité. Bref, des personnes qu’il ne faut pas énerver – même involontairement.

Alfie a la chance d’avoir des amis qui sont aussi des alliés sur lesquels il peut compter. Certains peuvent sembler très ordinaires, comme Maddie, Robin, les jumeaux, ou Amy, adolescents charmants et courageux. D’autres sont plus extraordinaires, comme Artan, toujours partant pour une aventure ou un sauvetage. Et si l’un d’entre eux est en danger, ils sont tous unis pour le sauver, quelles que soient les difficultés rencontrées. Il est toujours réconfortant, pour de jeunes lecteurs, de rappeler que l’amitié existe et qu’à plusieurs, on est plus fort. De plus, le texte ne présente pas de difficultés de lecture, ce qui ne peut que plaire.  La seule difficulté pourrait provenir des jeux avec la chronologie, indispensable pour le bon fonctionnement de l’intrigue, mais c’est vraiment peu de choses.

Alfie et le voleur de talisman est un livre hautement recommandable pour tous les fans de magie.

cof

Jack Reacher : Never go back

Présentation de l’éditeur :

Des déserts glacés du Dakota du Sud à son ancien bureau de la 110e unité de police de WashingtonDC, la route est longue et semée d’embûches, mais après bien des péripéties et avoir expédié au tapis deux individus qui lui conseillaient de filer s’il ne voulait pas être traduit en cour martiale, Reacher, intrigué et séduit, pousse enfi n la porte du bureau de celle dont il ne connaît pourtant que la voix, le major Susan Turner. Et là, surprise: il tombe sur un commandant Morgan qui l’informe que «le major Susan Turner n’est plus là».

Mon avis :

Ce livre est la dix-septième aventure de Jack Reacher – et j’ai renoncé à compter combien j’en ai lu. Avantage : Jack voyage beaucoup et nous permet de découvrir toutes les facettes de l’Amérique, qu’elle soit profonde ou huppée. Aujourd’hui, après maints détours, le voici enfin revenu chez lui – c’est à dire au 110e régiment. Non, il ne veut pas réintégrer l’armée, même si le bureau qu’il a cabossé est toujours à sa place. Il veut rencontrer Susan, son successeur. Il tombe mal : elle vient d’être arrêtée. De plus, il est mis en accusation pour deux affaires différentes, dont il ne se souvient même plus des protagonistes. L’armée est magnanime, et lui fournit deux avocates pour lui permettre de plaider coupable. Le système judiciaire américain est fabuleux.

L’armée américaine aussi. On peut la remercier pour avoir formé quelqu’un comme Jack Reacher ou Susan Turner, toujours prêts au combat ou à se dissimuler dans la population quoi qu’il arrive. On peut la remercier aussi de protéger ses hommes – ou pas – quel que soit le coût que cela entraîne. On peut la remercier aussi d’avoir du mal à déceler les brebis galeuses qu’elle abrite dans ses rangs, et de ne pas vraiment se soucier de ceux qui rentrent de mission définitivement traumatisés. Pour l’aide psychologique et la capacité à leur apprendre à maîtriser leur agressivité, vous repasserez. Ou comment relâcher des tueurs potentiels dans la nature.

Soyons honnête : quand on lit une aventure de Jack Reacher, ce qui nous intéresse n’est pas de savoir s’il va s’en sortir mais comment il va s’en sortir. Tous les moyens sont bons pour le tenir en dehors de l’affaire principale. Tous les moyens lui seront bons pour parvenir jusqu’à elle. Et même si le dénouement est attendue, même si les rencontres qu’a faites Jack l’amène à défendre encore et toujours ceux qui n’ont pas les moyens de le faire, ceux qui sont laissez-pour compte, lire une de ses aventures est toujours très agréable.

Le monde perdu de Sir Arthur Conan Doyle


Présentation :

Le monde perdu : univers oublié, disparu ? Pas pour tous : Edouard Malone, dit Ned,reporter à la Daily Gazette, va tenter de prouver à la belle Gladys et à l’effrayant professeur Challenger qu’il existe encore.
L’aventure commence dans les méandres de l’Amazone, mais les serpents venimeux et les esprits des bois ne sont pas les moindres dangers. La découverte des monstres du jurassique inaugure une série de catastrophes que le courage des aventuriers et l’intelligence des scientifiques ne parviennent pas toujours à maîtriser.

Mon avis :

Que ne faut-il pas faire pour impressionner la jeune femme dont on est amoureux ! Toute une époque – j’espère que les choses ont changé. Pas pour tout le monde, il est vrai. Alors que Ned Malone s’en va courir le monde pour prouver son courage à sa belle Gladys, et risquer sa vie, bien entendu, elle reste tranquillement chez elle à l’attendre – un homme se doit de la mériter ! Le seul personnage féminin du roman, que l’on ne rencontre que dans ce qui constitue l’épilogue et le prologue de l’action, n’est pas le personnage le plus positif.

Les savants ne le sont pas forcément. Prenez le professeur Challenger, au physique un peu hors norme, et à l’orgueil démesuré (pour ne pas dire plus simplement la vanité). Si sa découverte est extraordinaire, sa capacité à se mettre en colère et, éventuellement, à se battre l’est tout autant. S’il était le seul à s’emporter ainsi, tout irait bien ou presque. Il faut croire que les savants anglais ont besoin de sport pour se remettre de leurs longues recherches – ou d’une bonne expédition. Et c’est justement ce qui va se passer.

En lisant ce roman, j’ai repensé aux oeuvres de Jules Verne, à Voyage au centre de la terre ou De la terre à la lune, dans lesquels les membres de l’expédition découvrent un monde inconnu, ou finissent par se réconcilier malgré leurs différents. Et, pour protéger ses savants et le responsable du compte-rendu, c’est à dire le jeune Ned, vous pouvez compter sur Lord John Roxton, soldat émérite et ingénieux, non dénué d’humour (anglais, bien sûr).

N’allez pas croire cependant que cette expédition soit une partie de plaisir. Aucune ne peut se targuer de l’être, et les péripéties sont nombreuses, de trahison en alliance inattendue, avec un dénouement qui laisse la place à l’imagination.

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Le grenier des enfers de Preston et Child

Présentation de l’éditeur :

Des meurtres mystérieux dans les sous-sols de Manhattan ! Deux cadavres sont repêchés dans les égouts de New York par la brigade fluviale… Les marques retrouvées sur les corps inquiètent les autorités… D’autant qu’au même moment une série de meurtres de sans-abri plonge la ville dans une psychose collective. Le criminel ? Ni un homme ni un animal… Le flegme et l’intelligence d’Aloysius Pendergast suffiront-ils à apaiser les esprits ?

Mon avis :

Ce livre est la suite de Relic…. Je n’ai pourtant pas ressenti le besoin de rechercher le premier tome, tout est suffisamment clair pour que l’on comprenne le récit.

L’intrigue commence de façon presque classique – presque : un plongeur, dont c’est la première mission, repêche deux squelettes sans tête alors qu’il devait retrouver un paquet de drogue. Snow se serait bien passé d’une telle frayeur – et D’Agosta, d’une nouvelle enquête. Si l’une des victimes est rapidement identifiée, ce n’est pas le cas pour la seconde, bien que les légistes travaillent de leur mieux. D’Agosta retrouve d’ailleurs Margaux, qui a survécu, comme lui, au monstre de Relic et en a vu sa vie transformée – pas forcément dans le sens positif du terme. Qui peut se vanter d’avoir survécu à cette épreuve sans séquelles ? personne. Ah, si, peut-être Pendergast qui, dans sa deuxième enquête, apparaît presque comme un personnage secondaire, ou du moins comme un enquêteur parmi d’autres. il est cependant possible de classer les policiers en deux catégories : ceux qui font preuve de courage et de réflexion, ceux qui font preuve de couardise et pensent réfléchir. Au cours de cette enquête, le lecteur verra qu’il n’est pas forcément plus confortable d’appartenir à la seconde catégorie.

Courageux ou pas, les enquêteurs doivent affronter. Qui? Quoi ? Difficile à dire tant l’on découvre de nouvelles disparitions. Comme souvent, si l’une des victimes n’était pas la fille d’une des femmes les plus riches de la ville, sans doute peu de choses auraient bougé. Qui se préoccupe de la disparition d’un ou de plusieurs SDF, si ce n’est, comme certains, pour s’en réjouir. Qui les montre, d’ailleurs, si ce n’est de rares romans. Pour parodier une formule célèbre, on ne naît pas SDF, on le devient, et les causes qui les ont conduits dans la rue, puis sous terre, sont aussi nombreuses qu’il est d’individus. Il n’y a d’ailleurs pas de « fin heureuse » pour eux : on ne les voit pas, ou plus, donc ils n’existent pas.

Oui, le roman peut paraître un peu « binaire » : les riches/les SDF, le monde d’en haut/ le monde d’en bas. Tout va bien dans que les deux mondes sont bien étanches. Tout va bien tant qu’aucune métamorphose ne survient. On ne dira jamais assez l’importance de la communication. Autre opposition : les hommes/les femmes. Les hommes imposent leur loi – même Pendergast, parfois. La différence est que lui peut changer d’avis. Margaux, comme Laura, sont des personnages qui comptent, et continueront de compter.

Le grenier des enfers – ou l’antichambre du pire dont l’homme peut être capable. Il n’a pas besoin d’aide.

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Les mots entre mes mains de Guinevere Glasfurd

Merci à Netgalley et aux éditions Preludes pour ce partenariat.

Présentation de l’éditeur :

Quand Helena Jans van der Strom arrive à Amsterdam pour travailler chez un libraire, la jeune femme, fascinée par les mots, a appris seule à lire et à écrire. Son appétit pour la vie et sa soif de connaissance trouveront des échos dans le cœur et l’esprit du philosophe René Descartes. Mais dans ce XVIIe siècle d’ombres et de lumières, où les penseurs sont souvent sévèrement punis, où les femmes n’ont aucun droit, leur liaison pourrait les perdre.
Descartes est catholique, Helena est protestante. Il est philosophe, elle est servante. Que peut être leur avenir?

Mon avis :

Je dois avouer que le sujet m’attirait : un roman historique inspirée de la vie d’un philosophe français avait tout pour me plaire. Pourtant, je suis restée un peu extérieure à ce roman, que j’ai eu l’impression de découvrir par le petit bout de la lorgnette. Nous avons beau découvrir la vie quotidienne d’Helena, servante de M. Sergeant, libraire anglais en Hollande de son état, puis de Monsieur, son hôte français (Descartes), nous découvrons surtout ce qu’est être une domestique en même temps qu’Helena, qui n’était pas préparée à cette vie. Tâches (très) ingrates, mépris de tous, parce que servante, parce que femme, isolement, éloignement des siens, Helena ne vaut guère mieux, aux yeux de ses employeurs, qu’un objet qu’on se prête, et qui n’a guère de valeurs en lui-même.
Il faut attendre le tiers du roman pour que, dans cet univers feutré et meurtri, la vie d’Helena change – un peu. L’a rencontre de deux solitudes, de deux incompris, dirai-je, si le terme ne sonnait pas si moderne, si peu philosophique se noue en histoire d’amour. La lutte pour savoir (un peu) d’un côté, la lutte pour développer le savoir (de l’autre). Et les instants d’apaisement, de plénitude sont rares, très rares, en un temps où la quête du savoir pouvait mener à la prison ou à la mort.
Les mots entre mes mains (le titre est particulièrement évocateur) montre une époque dont on n’a plus vraiment conscience, à une époque où savoir lire, écrire est une évidence, où l’accès au savoir est extrêmement facile – du moins en France.  Un roman pour nous rappeler que tout n’a pas toujours été aussi simple, et que les auteurs que l’on étudie aisément aujourd’hui ont dû se battre uniquement pour pouvoir écrire.

Edit de 16 h 29 : voici quelques citations, pour vous permettre de mieux cerner le livre.

« J’imagine ce que ce serait d’écrire sans cesse, de remplir mes journées de mots. Cela paraît si incroyable de passer son temps ainsi, de ne pas avoir à tirer de l’eau, à préparer le feu, les repas, nettoyer, balayer, récurer. »

« Désormais, Monsieur, que reste-t-il ? Qui sommes-nous maintenant qu’elle n’est plus ? A-t-elle fait de nous ce que nous étions, plus que nous ne pouvions être ? Est-ce qu’une partie de nous s’en est allée avec elle ? Sa perte est un gouffre qu’aucun océan ne peut remplir ; un gouffre dans lequel l’océan se déversera à jamais.  »

« Je ne peux supporter que mes mots survivent et pas elle. «