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Débarquement de Riika Ala-Harja

Mon résumé :

Julie, ancienne thésarde, est gui sur les plages du Débarquement. Son couple va mal, son mari Henri a pris ses distances. C’est à ce moment qu’elle découvre que sa fille Emmma, huit ans, ne va pas bien. Le verdict tombe : leucémie. Les combats commencent.

Mon avis :

j’ai l’impression vraiment de poursuivre un cycle, celui du rapport des femmes à la maternité. Ici, la situation est tragique : la fille unique de Julie est atteinte de leucémie, et même si, de nos jours, elle a 80 % de chance de guérir, Julie n’oublie jamais, face à tous les protocoles, toutes les précautions à prendre, drastiques, afin d’éviter les complications et les rechutes. Pour paraphraser le médecin-chef qui suit Emma, nous sommes loin des années 70 et de son taux élevé de récidive.
Seulement, Julie a un autre combat à mener, d’ordre intime : son mari s’est éloigné d’elle, définitivement semble-t-il. le reconquérir ? Impossible, au vue de l’échec de ses tentatives, bien avant la maladie de sa fille. Divorcer ? Pas si simple quand il faut présenter un front uni face au cancer, même si la moitié des couples se sépare après la maladie de leur enfant, que l’issue soit heureuse ou non – une statistique que je ne connaissais pas.
Ce qui m’a frappé, à cette lecture, est l’échec du couple, et l’absurdité des concessions faites par l’un et l’autre pour que leur couple perdure. Julie n’est jamais allée au bout de sa thèse, Henri a renoncé à sa belle carrière de journaliste parisien parce que Julie voulait vivre en Normandie – pour être proche des plages du Débarquement. Elle n’a jamais vraiment eu son mot à dire pour l’aménagement de leur maison, signe de leur réussite sociale et amoureuse – il a toujours choisi tout ce qui était à bas prix. Elle vit désormais dans un appartement, comme beaucoup de femmes divorcées, loin de ce symbole de réussite qu’est la maison, ayant la garde partagée de sa fille, et ne pouvant avoir aucun contact avec elle quand elle est avec son père (Note : il est des couples qui se séparent en prenant davantage en compte les enfants).
Ce qui m’a frappé est la reproduction de l’unicité : Henri et Julie, dont les prénoms riment, semblent être enfant unique. Tous deux n’ont que peu de lien avec leurs mères qui, du moins dans un cas, ont choisi l’éloignement. Quant à la meilleure amie de Julie, elle n’a qu’une seule fille, Léa, parce que la deuxième, Anna, est décédée de la mort subite du nourrisson et qu’elle a refusé de suivre les conseils des médecins, en ayant un autre enfant. Des prénoms qui, ici encore, se ressemblent, sont « à la mode », pratiques, courts, féminins – et presque interchangeables.
Eux n’ont pas de prénoms, ce sont les soldats, ceux du Débarquement, ceux qui étaient déjà sur place – les Allemands – dont Julie évoque le parcours pour chacun des groupe qu’elle guide. Pas d’érudition abusive, dans aucune des parties du roman, le lecteur en apprend beaucoup plus sur ce qui s’est passé ce jour-là, sur la vie quotidienne en Normandie, sur les choix que certaines ont fait pour que les leurs vivent mieux. Julie se garde bien de juger, elle est historienne, elle est mère.
Et moi, en refermant ce livre, de me demander ce qui a pu attierr une auteur finlandaise à nous compter avec tant de force ce Débarquement.

Le royaume des perches de Martti Linna

Edition Gaïa – 188 pages.

Présentation de l’éditeur :

Ilpo Kauppinen, pêcheur taciturne d’une soixantaine d’années, ne vit que pour les perches, et Hilkka, son épouse. Lorsque celle-ci disparaît brusquement, Ilpo continue de pêcher sur le lac. Le capitaine Sudenmaa mène l’enquête, entre deux coups de fil de son ex, paumée alcoolique, et avec à la maison une ado presque-femme. Un polar au coeur de la Finlande.

Mon avis :

Bienvenue au coeur de la Finlande ! Le rythme de ce polar risque de surprendre les amateurs de péripéties rocambolesques et autres retournements de situations aussi rapides à écrire qu’à lire. Ce n’est pas tant que l’enquête prend son temps que l’enquête s’adapte au temps d’Ilpo, ce pêcheur de perches qui a appelé parce que sa femme avait disparu, dans le bungalow qu’ils louaient de mai à septembre – saison de la pêche oblige. En France aucune enquête n’aurait même été ouverte – Hillka est majeure, elle a certes disparu après avoir averti son mari qu’un homme essayait d’entrer dans le bungalow mais aucune trace de lutte n’a pu être trouvé. Son mari, même s’il a averti la police, est inquiet mais confiant. Et la pêche n’attend pas ! Seule la soeur de la victime est persuadée qu’Hillka a été assassinée par son mari. Fait troublant : la soeur en question est l’ex-femme d’Ilpo. Véritable walkyrie, elle est bien différente de sa terne soeur, douce maître nageuse et vestale qui passait des heures à attendre son mari pêcheur passionné, acceptant ses petites manies et ses petits travers.
Comment enquêter dans ses conditions, avec, de plus, des adjoints qui ne sont pas vraiment en phase avec leur seul et unique témoin ? Le capitaine, lui, fait ce qu’il peut, sans affoler Ilpo ( et ses poissons), sans avoir non plus réellement d’espoir. Huis clos lacustre, les protagonistes de cette histoire sont tous réunis autour de l’eau qu’aiment tant Ilpo et Hillka. Quant à Seika, la soeur de la disparue, elle met plus d’énergie à accuser son ex-mari, à l’humilier (et donner une image peu flatteuse de sa soeur) qu’à réellement recherche Hillka. Tous les moyens sont bons pour se venger, non ?
Comme tout bon policier, le capitaine a des soucis dans sa vie privée. Séparé depuis dix ans de sa femme Irene, il élève sa fille et palie comme il peut aux défections de son ex-femme, qui noie son mal de vivre dans l’alcool et les aventures sans lendemain. Cela aussi, le capitaine doit le gérer.
Les chapitres sont courts, et nous font découvrir les pensées, les sentiments des deux hommes du roman, Ilpo et Sudenmaa. Ce qui n’était pas prévu, c’est le dénouement bien différent de ce à quoi l’on pouvait s’attendre. Les polars nordiques valent décidément le détour.

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Les Filouttinen, tome 3 de Siri Kolu

Mon résumé :

Peu de jours ont passé depuis la fin du tome 2. Liisa a fait une découverte extraordinaire, une lettre écrite par le premier chef bandit, qui doit mettre sur la trace du guide des guides celle qui a remporté l’épreuve du Bluff. Toujours aidée par les Filouttinen, Liisa se lance sur sa piste. Les embûches sont cependant plus nombreuses qu’elle ne le croit.

Mon avis :

Je suis une fidèle de la série des Filouttinen. En effet, cette série de littérature jeunesse a un grand atout à mes yeux, tous les volumes de cette série sont d’égale qualité, ce qui est suffisamment rare pour être signalé. De plus, les personnages évoluent. Normal, me direz-vous, pour une adolescente comme Liisa, confrontée à des situations hors-normes. Certes. Cependant, dans les séries qui montrent des adolescents comme héros récurrents, les auteurs tablent plutôt sur l’immobilisme de leurs personnages, afin de fidéliser ses lecteurs. Liisa murit, sa soeur aînée Julia aussi, par la force des choses, tout en restant toutes deux avec des personnalités très différentes. Évolution ne signifie pas lissage des caractères. Heureusement. J’ai vraiment du mal à imaginer les Filouttinen rangés, travaillant à des horaires de bureau à des activités par forcément réjouissantes. Après tout, les Filouttinen sont unis, proches les uns des autres, se soutenant quoi qu’il arrive – ce n’est déjà pas si mal.

Tout n’est pas radieux dans le monde des bandits, et si certaines familles (pas toujours liées par les liens du sang, d’ailleurs), sont très sympathiques, d’autres n’ont de cesse d’accroître leur suprématie, et par là même leur territoire. Ce n’est pas sans rappeler les manières conquérantes des rois de jadis, et ce n’est pas pour rien qu’il existe un roi des bandits, chargé de surveiller la communauté et de veiller aux respects des lois. Pas de vacances pour les maitres brigands. Pas de week-end non plus.

Dans ce troisième tome, où certaines familles se disent que toutes les trahisons sont permis, un peu comme une gigantesque épreuve de bluff, Liisa devra non pas jouer double jeu, mais faire le maximum pour protéger ses deux familles. Et ces aventures lui réservent bien des surprises.

Les Filouttinen ? Une série hautement recommandable pour tous les lecteurs !

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Les Filouttinen, tome 2 : coup de bluff de Siri Kolu

Présentation de l’éditeur :

Liisa est au comble du désespoir : les Filouttinen ne lui ont pas donné signe de vie depuis des mois et la voici en colo musique pour les vacances. Cet été, ce sera carottes vapeurs et solfège à toutes les sauces. Mais ses amis les bandits n’ont pas dit leur dernier mot…

Mon avis :

Un an s’est écoulé depuis le tome 1, et Liisa de se demander si, finalement, les Filouttinen ne seraient pas comme sa famille : totalement oublieuse des promesses faites. En effet, il ne faut pas se leurrer : ce n’est pas parce que leur fille cadette a été enlevée que ses parents sont plus attentifs à elle. Non, les apparences, les apparences : quoi de mieux qu’un stage de musique pour montrer à quel point on est de bons parents, puisque l’on a su se débarrasser de sa fille comme d’un colis encombrant. Heureusement, Helena Filloutinen, fille du chef de bande, sous-chef elle-même, a plus d’un tour dans son sac, et parvient à délivrer Liisa. En route pour le camp des bandits !

Là, j’en révèle un peu sur le tome 1, je n’ai pas trop le choix : l’an dernier, la fête des bandits ne s’est pas très bien terminé, en partie à cause des Filouttinen, et certains bandits en ont payé les conséquences. Comment accueilleront-ils la fameuse famille de bandit, presque sédentarisée ? Pas vraiment les bras ouverts.

Ceci n’est pourtant pas le coeur de l’intrigue, plutôt les fameuses épreuves qui permettront de savoir qui sera le nouveau chef des brigands. Je vous recommande la TaLu, mélange de cuisine et de lutte. Les recettes ne sont pas à refaire, sauf si vraiment vous voulez faire fuir vos invités ! Le bluff n’est pas mal non plus, beaucoup d’hommes politiques pratiquent cette activité régulièrement (mais sans être chatouillé, ce qui est dommage). Liisa se révèle une compétitrice hors pair, une vraie Filouttinen, et les nombreux coups de théâtre qui émaillent ce séjour ne sont pas pour déplaire.

A bientôt pour le tome 3, que l’épilogue du 2 annonce généreusement.

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Les Filouttinen, tome 1 de Siri Kolu

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Présentation de l’éditeur :

Alors qu’elle s’apprête à passer les vacances les plus ennuyeuses de sa vie, Liisa, dix ans, est kidnappée par les Filouttinen, une famille de bandits complètement loufoques, prêts à braquer une voiture et à défier la police pour un simple paquet de bonbons !

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150113081711974778Défis Premier roman

Mon avis :

J’ai beaucoup aimé lire ce livre… alors pourquoi ai-je mis tant de temps à déposer mon avis ? Sans doute parce que le plaisir de lecture était supérieur au plaisir de l’écriture ! Nous passons de très bons moments en compagnie des Filouttinen, voleurs de grands chemins, qui nous font réfléchir sur ce qui est utile (ou pas), et sur les liens qui nous unissent les uns aux autres. A l’heure où l’on nous parle de la famille, et de l’importance de la protéger, l’héroïne de ce roman ne prouve-t-elle pas que sa vraie famille est celle que l’on se choisit.

Et la vraie famille de Liisa ? Je ne dis pas qu’ils ne sont pas inquiets pour elle, qu’ils ne mettent pas certains processus en oeuvre pour la retrouver mais…. ils ne se montrent pas aussi actifs qu’ils auraient dû l’être dans une telle situation, comme si des considérations plus importantes entraient en ligne de compte – l’image que l’on donne de soi, par exemple. Quand certains publicitaires nous vantent l’importance de se réunir autour d’une table, il faut aussi se demander ce qu’on y fait, si l’on se parle les uns les autres ou si chacun reste enfermé dans ses préoccupations – voir avec son téléphone portable. Les Filloutinen restent unis quoi qu’il arrive et s’ils ne sont pas une famille parfaite, ils n’abandonneraient pas l’un des leurs.

A bientôt pour le tome 2.

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La guerre d’hiver de Philip Teir

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Présentation de l’éditeur :

À presque soixante ans, c’est l’heure du bilan pour Max Paul. Après avoir connu la célébrité dans les années 1990 lors de la parution de son étude sur la vie sexuelle des Finlandais, le professeur de sociologie a l’impression d’être un has-been qui n’arrive plus à écrire.
Sa vie familiale lui donne tout autant de soucis, entre sa femme, Katriina, éternelle insatisfaite qui cherche à tout régenter, et ses filles, l’aînée Helen, enseignante passablement lassée, maman un peu dépassée, et la cadette Eva, étudiante en art rêveuse et désinvolte, plongée en pleine crise existentielle.
Reste la jeune et jolie Laura, son ancienne élève venue l’interviewer à l’occasion de son anniversaire, dont la présence n’est pas pour lui déplaire, mais qui pourrait bien semer la zizanie.

150113081711974778Défis Premier roman

Mon avis :

Ne jamais commencer un livre quand l’on est souffrant, ja-mais, à moins que ce ne soit un livre-doudou, un auteur-chouchou, et non un premier roman. Après l’avoir commencé (malade, donc), et avoir éprouvé des difficultés à le lire, je l’ai reposé, l’a repris, et n’ai plus du tout perçu ce qui me gênait initialement.

Je connaissais la « guerre d’hiver » qui donne son nom au titre grâce au Géomètre d’Arto Paasilina, guerre qui opposa finlandais et russe, et n’eut pas de perdant, dit-on. Aussi, la « guerre » qui oppose les deux époux ne donne pas lieu à de violentes scènes de ménage avec bris de glace et de vaisselles, pas de coups bas, de volonté d’attirer les enfants dans l’un et l’autre camp. Non, c’est à une guerre bien plus feutrée que se livrent les deux protagonistes. D’ailleurs, pour être plus précise, je ne crois pas que Max Paul ait l’impression d’être en guerre contre Katriina. Il n’a même pas conscience, lui le sociologue bombardé spécialiste de la sexualité, des causes des reproches que lui adresse sa femme. Et oui : on peut détester une personne pour les mêmes raisons qui l’ont fait aimer trente ans plus tôt. On peut aussi ne plus se comprendre parce que l’on ne communique plus – ou mal.

Le roman se livre à une analyse très minutieuse du couple, des personnalités, à chacun des âges de la vie. Il est fascinant de voir à quel point certains s’en tiennent aux apparences, croient bien connaître ceux qui les entourent et se fourvoient complètement. Comme le fait aussi, de tout donner pour que leurs enfants s’épanouissent, ne leur permettent pas de se réaliser aussi bien que leurs parents le croient ou le pensent. Ce ne sont pas les grandes erreurs et les grosses incompréhensions qui provoquent les crises. Non, ce sont les petites failles, les petits glissements, les minces erreurs de compréhensions qui entraînent des catastrophes. Les petits lâchetés du quotidien, également : ne pas voir ce qui est important pour l’autre – encore faut-il que l’autre veuille bien le partager.

Qu’est-ce qu’un couple, finalement ? La vision qui nous est donné dans ce roman n’est pas rose, non, elle nous questionne, simplement. Serait-ce deux personnes qui renoncent à leur individualité pour ne faire plus qu’un, dans le but d’avoir deux enfants ? Serait-ce une association de biens communs, que l’on se dispute en cas de séparation, quitte à exiger ce que l’autre aime le plus, afin de l’en priver ? Quel part tient l’amour dans le couple, et la sexualité ?

Il nous parle aussi du temps qui passe, et de ses effets sur le couple, de sa naissance, quasiment sous nos yeux pour Eva, la plus jeune des filles, à son explosion pour ses parents, où l’un découvre qu’il aime encore alors que l’autre ne le supporte plus, en passant par le couple avec enfants – si tant est que la parentalité n’a pas effacé la partie « couple » de l’équation.

Pauvre Max, finalement, qui est un mari dépassé, un fils qui croit prendre soin de sa mère, un père qui connaît très mal ses filles, et un grand-père qui peine à endosser ce rôle. Katriina paraît bien plus à l’aise – il faut dire que rien ne semble capable de la mettre mal à l’aise bien longtemps, elle dont le franc parler peut indisposer. Même si l’action est bien ancrée dans la société finlandaise – et le livre de nous rappeler que la Finlande est un pays jeune, je pense que cette histoire de couples qui se nouent et se dénouent pourraient prendre place dans d’autres pays, tant les sentiments éprouvés sont universels. D’ailleurs, la Finlande n’est pas un pays fermé, et ce qu’Eva vit à Londres au cours de ses études, les infirmières que Katriina part recruter aux Philippines, nous rappelle que la mondialisation n’est pas un concept, mais une réalité.

La guerre d’hiver est un premier roman maîtrisé et très agréable à lire.

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Moumine le troll, tome 1 : le chapeau du sorcier de Tove Jansson

Présentation de l’éditeur  :

C’est le printemps ! Moumine le Troll se réveille de sa longue hibernation. Quel plaisir de revoir ses parents et ses amis ! Avec le Renaclerican, l’Emule, Snif et mademoiselle Snorque, ils trouvent un magnifique chapeau haut-de-forme. A qui peut-il bien appartenir ? Petit à petit, Moumine découvre les étranges pouvoirs de ce chapeau magique…

Mon avis :

Tout d’abord, je tiens à remercier les éditions Nathan, qui ont le bon sens de numéroter les tomes, permettant ainsi au lecteur de les lire dans le bon ordre.

Premier tome des aventures de Moumine, le chapeau du sorcier permet aux jeunes lecteurs de découvrir la vallée des Moumines, et tous les amis qui la peuplent. Les Moumines, en effet, hibernent, c’est ce que nous apprend le prologue, et leur réveil, au printemps, les rend plus attentif à l’éveil de la nature qui les entoure.

Les personnages ont tous des caractéristiques très différents. L’un a très mauvais caractère, l’autre est timoré, certains partent, d’autres restent, presque tous changent, et la vie passe ainsi au gré des saisons. On y croise des créatures extraordinaires, qui annoncent déjà le tome suivant : L’été dramatique de Moumine.

Surtout, on y croise un sorcier, qui a oublié son chapeau, tant il est obnubilé par la quête d’un objet qui lui a été pris. Ce chapeau est-il maléfique, bénéfique ? Il permet en tout cas à Moumine de vivre de sacrés aventures : tout objet qui est placé dans le chapeau est transformé, et c’est ainsi que de simples coquilles d’oeufs deviennent des nuages qui transportent Moumine et ses amis. Ce chapeau peut être dangereux, si on le garde trop longtemps sur la tête, il métamorphose complètement la personne qui le porte. Aussi, je préfère la traduction « chapeau du sorcier » à celle, plus ancienne, qui parle de « chapeau du magicien ». Jouer avec les choses et les êtres n’est pas indifférent. D’ailleurs, le sorcier lui-même est un peu victime d’une malédiction. S’il peut beaucoup pour les autres, il ne peut pas grand chose pour lui-même – les Moumines sont gentils, serviables, et toujours prêts à résoudre les conflits.

Une jolie ballade au pays des Moumines.