Archive | novembre 2018

Meurtre à Westmount, une enquête de Russel Teed de David Montrose

Présentation de l’éditeur :

MONTRÉAL, FIN DES ANNÉES 1940. Russell Teed est enquêteur privé à l’emploi de compagnies, habituellement pour tirer au clair des affaires de fraude. Une vieille connaissance de son Westmount natal lui confie une enquête qui le change de son ordinaire: Martha Scaley veut connaître le véritable état matrimonial de son gendre, John Sark. Une lettre anonyme lui fait soupçonner qu’il était déjà marié avant de convoler en justes noces avec sa fille Inez.
Et chez les Scaley, on est riche et respectable, et on ne fait pas dans la bigamie. L’affaire s’annonce d’autant plus brumeuse que Sark est introuvable depuis près d’une semaine; elle le devient davantage quand Teed découvre le disparu refroidi devant son frigo. En voulant aller au bout de cette histoire, Teed fait la connaissance de toute une galerie de personnages interlopes, pour la plupart avides de discrétion et chatouilleux de la gâchette.

Mon avis :

J’ai retrouvé ce livre dans ma PAL et je me suis dis : pourquoi ne pas l’en sortir ? Après tout, il n’y était que depuis dix-huit mois !
J’aime découvrir de nouveaux auteurs. David Montrose et son privé m’ont entraînée dans le Montreal des années 40 finissantes. Et pourtant, l’intrigue pourrait presque être contemporaine, entre trafic de drogue et lutte de pouvoirs. « Pourrait » parce que certains faits seraient bien plus difficiles à mettre en scène de nos jours.
Mais… revenons au commencement. Russel Teed est un privé spécialisé dans les grosses fraudes à l’assurance. Pour une fois, pour rendre service à une amie de longue date, il accepte une enquête très différente : il doit prouver que son gendre, qu’elle apprécie peu et qu’elle apprécie encore moins depuis que sa fille est rentrée à la maison, a déjà été mariée ou, pour être plus précise, est toujours marié à sa première femme, ce qui rend son second mariage nul et non avenu. Seulement, ce ne sera pas si simple que cela à découvrir, d’autant plus que quelqu’un a eu la bonne idée de raccourcir la vie du mari récalcitrant. Celui-ci était loin d’être un doux agneau, et gérait un business rémunérateur et glauque.
Autant vous le dire tout de suite, j’ai trouvé l’intrigue assez embrouillé, et je me suis perdue face à tous ces personnages qui ne sont pas du tout ce qu’ils paraissent être. Seul Framboise, le policier d’origine québécoise, fait exception à cette règle. Comme nous suivons toute l’enquête du point de vue de Russell Teed, et bien, nous en savons autant que lui ou, pour mieux dire, nous nous trompons autant que lui, pour ne pas dire que l’on patauge dans la semoule. Teed paie de sa personne, il faut bien le reconnaître, et n’est pas sans ressembler à l’archétype du privé. Les femmes fatales ne manquent pas autour de lui, qu’elles se nomment Carole ou Pamela. Restent à savoir à qui elles seront fatales.
Un roman un peu trop classique à mon goût.

Les six compagnons au gouffre Marzal de Paul-Jacques Bonzon

Présentation de l’éditeur :
Un accident au gouffre Marzal ? Non, mais d’inquiétantes présences nocturnes. Les guides sont aux cent coups.
Les guides, ce sont six garçons qui n’ont pas froid aux yeux : les fameux Compagnons de la Croix-Rousse. Avec leur chien Kafi, bien entendu.
Quand ils sont arrivés, pendant leurs vacances, pour remplacer les guides officiels, ils ne se doutaient guère qu’ils auraient affaire à d’aussi étranges clients!

Mon avis :

Il est des séries qui vieillissent mal, il en est d’autres qui vieillissent bien, ce qui est le cas pour les six compagnons. Certes, l’intrigue est le reflet de son époque, avec un personnage féminin qui est légèrement en retrait de ses camarades; mais c’est le cas pour tous les livres. Oui, l’on peut être jeune et ne pas rester enfermé chez soi : là est la grande différence avec la jeunesse actuelle (et les romans qui les représentent). Pour être ensemble, il fallait véritablement l’être. Pour se parler, il fallait le déplacer. Et plutôt que de découvrir un nouveau jeu video ou un nouveau compte FB, on découvrait la spéléologie (note : la gaffe du début, j’aurai été tout à fait capable de la faire, d’ailleurs, j’en ai faite une presque semblable).
L’intrigue est très bien construite, les péripéties sont variés et les personnages sont attachants – ce que vous savez sans doute déjà si vous connaissez la série. Les six amis se retrouvent en Ardèche, sur la trace de mystérieux cambrioleurs qui cherchent quelque chose, et bien dans les grottes ? Mais que peut-il bien se cacher dans ces gouffres, au fin fond de l’Ardèche ? La solution apportée à l’énigme est non seulement crédible, elle est aussi enrichissante pour ouvrir l’horizon des jeunes lecteurs. Le texte est bien écrit, ce qui ne gâte rien : il prouve que l’on a pu écrire pour la jeunesse sans se sentir obligé de mal écrire. Bref, une série à recommander et à faire découvrir – elle se trouve toujours en bonne place dans les bibliothèques.

La soeur de Judith de Lise Tremblay

édition Boréal – 166 pages.

Présentation de l’éditeur :

Chicoutimi-Nord, les années 70. L’été sera long. Il y a bien Judith, la meilleure amie. Il y a aussi Claire, la sœur de Judith, la plus belle fille de la ville. Mais il y a surtout cette mère qui « explose » tout le temps, qui ne laissera pas sa fille épouser le premier venu et qui est prête à tout pour que ses enfants ne soient pas des ignorants.

Mon avis :

J’ai découvert cette auteur au cours du festival América. Ce qui m’a attiré ? La couverture ! Elle me rappelait une certaine vision des années 60.
Nous y sommes presque, après tout. Les années 70 débutent, c’est la guerre au Vietnam, on en parlera, un peu, à la fin du roman. La narratrice, c’est Judith, une toute jeune adolescente qui va dans une école tenue par les soeurs – les soeurs partiront bientôt. Sa mère, qui « explose » fréquemment, veut le meilleur pour elle,  la meilleure éducation qui soit pour qu’elle puisse choisir la vie qu’elle veut, épouser un homme qui ne soit pas un ouvrier – menace latente que l’on retrouve aussi dans La Place d’Annie Ernaux. En attendant, la narratrice vit par procuration le rêve de Claire, la grande soeur de Judith, qui participe à un concours pour devenir danseuse et accompagner un chanteur en tournée – la plus belle fille de la ville est en bonne place. Elle est fiancée au fils d’un médecin, et il n’est guère que la mère de la narratrice pour n’avoir aucune illusion sur les véritables projets matrimoniaux du jeune homme, et l’influence que sa famille peut avoir sur lui.
Ce que nous vivons à travers ce livre, c’est véritablement un moment de la vie de la narratrice, une transformation, pas seulement parce qu’elle change d’établissement scolaire, mais parce qu’elle perd une amitié, celle de Judith, qui s’éloigne peu à peu d’elle.
Au cours de cet été, chacun réorganise sa vie. Le lecteur comprend, à mots couverts, ce qui se passe dans certaines maisons. La mère de la narratrice ne brode pas, non, elle dit la vérité au sujet de la vie de Lisette, son amie d’enfance, elle ne dit pas tout, parce que tout n’est pas dicible.
Oui, la modernité fait irruption dans ce Québec des années 70. La modernité, ce peut être des vêtements qui ne conviennent pas aux religieuses, parce qu’ils sont trop à la mode. Ce peut être un roman de Françoise Sagan. Ce peut être aussi un couple qui vit ensemble sans être marié – et non un couple qui se marie parce que la jeune femme est enceinte.
La soeur de Judith – ou une rafraîchissante tranche de vie.

Brille tant que tu vis ! d’Alice Quinn

Présentation du roman :

Anita est en colère. Elle se sent flouée. Elle en veut au monde entier. Quand elle apprend sa maladie, elle refuse d’être le jouet du destin et décide de devancer la mort pour en garder le contrôle. Pourtant, la voilà obligée de différer son suicide, car son fils a besoin d’elle à Noirmoutier.
Mais la vie, pleine de surprises, joue des tours aux plus méthodiques et se ligue contre elle pour la faire changer d’avis. Et quand un beau ténébreux croise sa route, elle découvre qu’elle n’y est pas insensible. Pourtant elle refuse ce bouleversement de toutes ses forces. Anita va devoir se battre pour atteindre son objectif : mourir tranquille.
Et si l’existence n’était pas toujours aussi bien calibrée qu’un haïku, pour le pire, mais parfois aussi pour le meilleur ?

Mon avis :

Tout d’abord, je tiens à remercier l’auteur qui m’a permis de découvrir son roman, à la fois différent et proche de ses oeuvres précédentes.
Ce récit nous offre un moment coupé du monde, mais pas coupé du temps. Le temps est au contraire compté puisque l’héroïne, Anita, a choisi de mettre fin à ses jours. Elle met tout en scène, cérémonieusement, sur son île, lieu de retraite privilégié mais aussi lieu où l’isolement est le plus facile à obtenir.
Puis la vie, la vie extérieure si j’ose dire fait irruption, parce qu’elle ne s’est pas arrêtée autour d’Anita, la vie moderne, en quelques sortes, avec ces couples qui font le point. D’une île à une autre, Anita prend le chemin de Noirmoutiers.
Sa voix alterne avec celle de René, le bien nommé (celui qui est né à nouveau). Il est passionné par les haïkus, il tient même un site sur le sujet. Il est artisan, il prend soin de ses nièces si nécessaires. Pourtant, comme Anita, il a lui aussi renoncé à quelque chose, non pas à la vie, mais à l’amour – depuis que celle qui était son grand amour est morte. Sans qu’ils le sachent, ces deux solitudes éprises de poésie vont se rencontrer.
En dépit de thèmes lourds, le récit de ce morceau de vie n’est jamais minant. On suit les personnages, on a envie de savoir ce qu’ils vont devenir, si et comment ils vont s’en sortir – de leurs souffrances morales et physiques. S’il est un message dans ce livre, il est de profiter de la vie, en dépit des coups du sort. Chaque jour est unique, chaque jour peut apporter son lot de bonheur, même s’il s’agit de l’écriture d’un haïkus (ou de la découverte d’un salon de thé au sortir d’une séance de chimio, message personnel). Et ne pensez pas à l’âge, il ne fait rien à l’affaire.
Une romance ? Non, un moment de bonheur.

Au lycée des louveteaux garous – II

Anatole ressentait une profonde fatigue d’ordre psychologique. Les devoirs ? Merci, ils étaient faits. L’écriture ? Mais comment fallait-il le dire ! Il n’avait plus aucune envie de tenir son journal, et ce n’est pas Sarah, qui pestait contre l’absence de qualités littéraires du roman qu’elle était en train de lire, ou l’absurde dénouement de sa saga préférée qui le ferait changer d’avis. Et pourtant, elle y mettait tout son énervement : Anatole se rendait-il compte que l’héroïne se mettait finalement en couple avec son meilleur ami, enfin, celui qui avait été son meilleur ami pendant les douze tomes de la saga, alors qu’elle en avait aimé un autre, nettement plus héroïque ? Mais quelle louve était assez stupide pour se mettre en ménage avec son meilleur ami ?

– Sarah, répondit Anatole, entre deux bâillements, j’en connais plein. Y compris ma propre mère.

Anatole pensait sérieusement en avoir fini avec cette pot de colle super glue qu’était Sarah. C’était sans compter qu’au beau milieu de l’après-midi, Sarah se posterait au beau milieu de la magnifique cours du lycée et se mettrait à hurler comme si c’était la pleine lune.

– Alerte, alerte ! Une intrusion a été signalée au pensionnat des louveteaux ! Tous au boulot !

Et crac ! Une super métamorphose plus tard – et quelques vêtements définitivement inutilisables – tous filèrent en direction de leur ancien pensionnat.

J’aimerai vous dire « plus de peur que de mal », mais ce n’est pas si simple. On en aurait presque été à regretter les chevaliers dragons. Parce que là, une meute de Troll incontrôlée, azimutée, chtarbée en train de baguenauder un peu partout, c’est franchement déstabilisant.

Comme d’habitude, madame Cobert et madame Lecerf, dos à dos, luttaient contre la déferlante.

– Non mais là, je cauchemarde ! dit madame Lecerf en envoyant un grand coup de balai dans la tronche d’un troll, la dernière fois qu’ils ont perdu les pédales, je portais encore des couettes !
– Et moi, je ne savais même pas que les trolls existaient quand c’est arrivé.
– C’est dans ces moment-là que l’on se demande pourquoi l’on enseigne pas dans un établissement plus conventionnel.

N’écoutant que son inconscience, Sarah mordit la fesse d’un gros Troll. Rémy envoya un « pain dans la gueule » d’un troll vert tout en chantant – c’était l’heure de ses gammes, et il n’était pas certain que sa maman louve prendrait bien le fait qu’il ait omis sa séance sous prétexte qu’il se battait contre les trolls. Anatole cherchait Valère, qui avait eu le réflexe de protéger les plus jeunes membres de la meute avec d’autres louveteaux. Comme tous, il savait que les trolls pouvaient disjoncter, mais à ce point-là, non. Gaël de Nanterry, principal définitif du pensionnat, y allait carrément à coup de… et bien à coups de casseroles, qui étaient nettement moins solides que l’ossature des trolls.

– J’ai vécu pendant quatre ans avec un spécialiste des trolls, disait-il au CPE, qui n’en menait pas large. Il m’a toujours affirmé qu’ils étaient très calmes. J’aimerai bien savoir ce qu’il dirait s’il était ici en ce moment !

Erectus de Xavier Müller

édition Xo – 440 pages

Présentation de l’éditeur :

Et soudain l’humanité se mit à régresser À Richards Bay, en Afrique du Sud, c’est le choc. Un homme s’est métamorphosé. Il arbore des mâchoires proéminentes, est couvert de poils, ne parle plus. Bientôt, à New York, Paris, Genève, des Homo erectus apparaissent en meutes, déboussolés, imprévisibles, semant la panique dans la population. De quel virus s’agit-il ? Que se cache-t-il derrière cette terrifiante épidémie ? Une scientifique française, Anna Meunier, se lance dans une course contre la montre pour comprendre et freiner cette régression de l’humanité. Partout, la question se pose, vertigineuse : les erectus sont-ils encore des hommes ? Faut-il les considérer comme des ancêtres à protéger ou des bêtes sauvages à éliminer ?

Merci à Netgalley et aux éditions XO pour ce partenariat.

Mon avis :

Je cherche comment qualifier ce roman. Ce n’est pas seulement un roman policier, c’est aussi un thriller scientifique, entre science-fiction et roman politique. Le point de départ est l’apparition d’un virus, qui fait régresser d’abord les animaux, puis les plantes, et enfin l’homme. Autant dire que la première phase est consacré au choc ressenti, à l’établissement de la preuve scientifique de l’existence de ce virus et de ses conséquences. Mais, après, que faire ?
Nous suivons des personnages qui sont directement concernés par le virus – parce qu’ils l’ont vu à l’oeuvre, parce qu’ils l’ont isolé, parce qu’un de leurs proches a été contaminé. Les problèmes qui se posent sont nombreux : comment l’empêcher de se propager ? Comment le guérir ? Et que faire des personnes atteintes, impossible à guérir au sens où on l’entend habituellement. Sont-ils encore des hommes ? Plus encore que la maladie, c’est le traitement que les grands de ce monde veulent réserver aux malades – parce qu’ils sont avant tout des malades, le lecteur ne doit pas l’oublier – qui fait froid dans le dos. Et si cela devait se produire, une épidémie de ce type ou un autre fléau qui exclurait une partie de la population, aurions-nous la force de nous rebeller ? C’est la vraie question que nous pose ce roman.
Erectus, un thriller efficace et effrayant.

Les prénoms épicènes d’Amélie Nothomb


Edition Albin Michel – 162 pages.

Mon avis :

Fan d’Amélie Nothomb, passez votre chemin, mon avis ne va pas vous plaire.  Merci aussi de ne pas me dire que je ne l’ai pas compris : un avis est forcément personnel, et j’ai pu voir dans un roman des choses que vous n’avez pas forcément vu, et vice-versa.
Quand j’ai commencé à lire le livre, prêté par un ami, je me suis étonnée de la vitesse à laquelle j’ai tourné les pages. Quoi ? Si vite ? Il faut dire que l’intrigue est vraiment conçue à l’économie. Comme dans Le crime du comte Neville, ce roman parle des rapports père/fille – sauf qu’ils sont bien différents. Claude, le père, hait sa fille, et nous ne saurons que très tardivement pour quelle raison il la hait depuis sa naissance. Les thèmes du romans sont là : la haine et la vengeance.
Cependant, le roman m’a semblé bien vide, pour ne pas dire creux. Il est constitué essentiellement de dialogues, jeu de l’esprit, ou transcription du vide des personnages. L’utilisation des dialogues est d’autant plus intéressante que les personnages oublient de se dire des choses essentielles. Dominique oublie de parler à son patron de son fiancé et des circonstances de leurs rencontres, tout comme son patron ne l’interroge pas sur son fiancé – parce que cette jeune fille si effacée n’aurait pas répondu aux questions. Epicène oublie de renouer le contact avec celle qui fut son amie pendant des années, elle oublie de lui dire qui était vraiment son père – des mots haineux de celui-ci ont suffi à briser cette amitié. Je pourrai citer d’autres exemples, je me concentrerai plutôt sur les grands-parents, ceux de Dominique, qui ne posent jamais de question, quoi qu’il arrive. Ce peut être une qualité, mais à ce point-là, ne pas demander à sa fille pourquoi elle les a laissés sans nouvelle pendant quinze ans, cela frôle dangereusement l’indifférence, pour ne pas dire la négligence.
En lisant le livre, je me suis souvent demandé ce qu’un autre romancier aurait pu faire avec un tel thème. Autre chose, bien sûr, mais surtout j’aurai aimé que certains faits soient approfondis, ne serait-ce que le choix d’un prénom épicène pour Claude et Dominique – indifférence, encore une fois, pour les parents ? Le prénom leur plaisait-il ? J’aurai aimé aussi que les lieux soient davantage caractérisés. Que l’on soit dans la ville de province où a grandi Dominique, que l’on soit à Paris, l’on pourrait presque être ailleurs, tant les rues, les appartements, les écoles et collèges se ressemblent. Je vous passe également quelques clichés, sur le champagne, le parfum, ou l’amitié. Quelques répliques mordantes, par ci, par là, merci à la professeur de latin. Bref, j’ai lu des avis très enthousiastes sur ce roman mais, pour ma part, je suis très vite passé à un autre livre.