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Kate Daniels, tome 3 d’Ilona Andrews

Présentation de l’éditeur :

La magie frappe et Atlanta menace de s’écrouler : c’est un boulot pour Kate Daniels. Engagée par l’Ordre des Chevaliers de l’Aide Miséricordieuse, Kate a tant de problèmes paranormaux à régler ces derniers temps qu’elle ne sait plus où donner de la tête. Pourtant lorsque Derek, son ami loup-garou, est retrouvé presque mort, elle est confrontée à son défi le plus crucial : trouver l’auteur du crime et déjouer un sombre complot qui implique la communauté des Changeformes… Voilà qui n’arrange pas son planning.

Mon avis :

Oui, j’ai eu envie, dans cette période de l’année que j’apprécie entre toute (Halloween !!!!!!) de me plonger dans le tome 3 de cette série, parce qu’une lecture « légère » fait toujours du bien. Légère, oui, mais pas que, parce qu’elle pose tout de même de sérieuses questions, au détour d’une intrigue de bit-lit, et parce que l’héroïne ne se jette pas d’entrée de jeu dans les bras de Curran, seigneur des bêtes de son état. Elle a une mission dans la vie, et elle entend bien la mener à bien – même si la mener à bien entraîne sa mort, elle ne serait pas la première à se sacrifier.

Quand je parlais de sérieuses questions, je pose d’abord celle-ci : êtes-vous réellement prêts à tenir une promesse quand vous en faites une ? Kate, oui, même si elle se mord les doigts après, parce que si elle ne s’était pas engagée à … je ne vous dirai pas quoi, Derek n’aurait pas été retrouvé aux portes de la mort et de la folie. Est-ce à dire qu’il ne faut pas respecter ses promesses ? Non. Si la situation avait été « normale », tout aurait été bien. Derek n’a pas mesuré dans quoi il mettait les pieds, et Kate n’a pas eu la possibilité de prévenir ce qui allait se passer.

Deuxième sérieuse question : jusqu’où êtes-vous prêt à aller pour vous sortir d’une situation inextricable ? Kate est prête à se sacrifier, cela, vous l’aurez compris, sans rien demander à personne. Derek aussi est capable de le faire. Mais les autres ? Il en est qui savent très bien se servir d’autrui, ouvrir grand les yeux en matière de violence, tant que cela sert leurs intérêts. Ne cherchez pas, beaucoup de personnages de ce roman sont ainsi. Je ne parle même pas de ceux qui veulent une race « pure », et souhaitent la disparition de tous les métis de tous bords, et pour le coup, de tout poils. Quelques questions dans un roman de bit-lit, pour moi, c’est toujours cela de pris.

Bien sûr, le roman contient tous les ingrédients du genre, et parfois, notamment lors de scènes de combats dans l’arène bien…. je me suis un peu ennuyée, parce que ce sont des scènes convenues, attendues, dont le dénouement ne m’inquiétait pas trop. Cependant, il est de vrais morceaux de bravoure, en dehors de ceux-ci. Je pense aux scènes finales, par exemple. Ce ne sont pas les seules. Je pense à l’humour aussi, pas omniprésent, mais suffisamment là pour permettre de respirer un peu.

Bref, une lecture agréable et aventureuse – c’est déjà ça !

 

Sarah Deraly, tome 2 : Accro de Michelle Rowen

Présentation de l’éditeur :

Je m’appelle Sarah Dearly et j’ai de gros problèmes.
Le mois dernier, j ai été transformée en vampire.
Et il se pourrait bien que je sois à l origine d une guerre entre les paisibles buveurs de sang et une bande de chasseurs sociopathes qui m a surnommée la Tueuse des Tueurs. J’en ai assez ! J’en peux plus.
Il y a un moment où une vampire doit prendre sa vie en main pour obtenir ce qu’elle veut.
Et dès que j’aurai trouvé, c’est exactement ce que je ferai…

Mon avis :

Sarah a de gros problèmes, et je ne parle pas seulement du fait qu’elle ne peut plus rien manger depuis qu’elle a été transformée en vampire. Elle et Thierry ont eu beau passer des moments merveilleux au Mexique, rien n’est acquis entre eux. Ce n’est pas la faute de Sarah, qui est sûre d’elle, non, Thierry, du haut de son expérience de vampire de presque six cents ans, sait à quel point il n’est pas facile de vivre avec lui, pour des raisons qui seront partiellement explicitées dans ce second tome. De plus, il semblerait que des chasseurs de vampire aient décidé de tuer Sarah – de façon fortement définitive, cette fois-ci. Elle ne devra sa survie qu’au loup-garou qu’elle héberge chez elle (pour l’instant, il semble coincé sous sa forme de loup) et qui, ressentant un besoin pressant, a demandé à prendre l’air, juste avant que l’appartement n’explose – ce qui aurait tué tout le monde, loup comme vampire.
Bit-lit ? Oui et non. Pour moi, ce roman se rapproche plus du genre de la romance, avec quelques clichés – pour ne pas dire une belle brouette de clichés, pour peu que l’on ne soit pas très généreux avec Sarah. Elle aime Thierry, il l’aime, il paie même des gardes du corps pour la protéger, il l’aime tant qu’il veut même partir, s’éloigner pour qu’il ne représente plus un danger pour elle. C’est beau, non ? Non. Prendre la fuite et croisez les doigts pour qu’il n’arrive rien à la femme que l’on aime, c’est moyen. Surtout que c’est Sarah, entre deux soucis personnels et professionnels, qui devra :
– démêler quelques-uns des problèmes qui se posent à eux ;
– sauver la vie de Thierry.
Moralité : on peut avoir plus de six cents ans et être abominablement naïf. Sarah l’est, elle a une excuse, elle est une vampire débutante ! On lui a fait porter des vêtements trop grands pour elle. Etre une vampire, c’est déjà être une cible, alors être une tueuse de tueurs de vampires, n’en parlons même pas. Puis, à force de fuir – cela ne lui arrive pas souvent, mais cela lui arrive tout de même – Thierry en a oublié que, par moment, il fallait aussi régler les comptes avec le passé – avec son passé. Et ne pas mentir, ne pas se mentir. C’est un vaste sujet, un vaste cliché que celui de l’homme « chevaleresque », et il serait bon de le déboulonner une fois pour toute, et de montrer la part de lâcheté qu’elle contient.
Sarah a de l’humour, heureusement, et cela apporte un peu d’originalité à cette intrigue. Sont introduits aussi deux nouveaux personnages, que l’on retrouvera sans doute dans la suite, que je n’ai pas très envie de lire. Oui, la saga Sarah Dearly est distrayante, j’ai sorti de ma PAL les deux titres que je possédais et qui y dormaient depuis neuf ans, je n’irai pas plus loin.

Mordue de Michelle Rowen

édition Milady – 446 pages

Présentation de l’éditeur :

Chère maman,
Je risque d’être un peu en retard pour le mariage de ma cousine Missy. La semaine a été rude. Il se trouve que mon rendez-vous de l’enfer s’est avéré être littéralement de l’enfer. Le mec m’a mordu. La seule chose dont je me souviens, c’est d’avoir été poursuivie à travers toute la ville par des tueurs de vampires. Et je t’ai pas dit. J’ai été virée aussi…
Le bon côté, c’est que j’ai rencontré un mec. Thierry de Bennicoeur. Cool comme nom, n’est ce pas ? Enfin passons. Il est sexy, il a 600 ans et un chouillat suicidaire mais personne n’est parfait, hein ? Et on a un deal, il va me montrer les ficelles du monde des vampires et je suis supposée l’aider à en finir avec son existence. Ou alors je vais lui démontrer que la vie vaut le coup d’être vécue; pas une mince affaire avec les immortels, je te raconte même pas. J’admets que c’est une relation compliquée. Mais avec un peu de chance, j’aurai quelqu’un pour m’accompagner à ce mariage finalement..

Mon avis :

Vous savez depuis combien de temps ce livre se trouvait dans ma PAL ? Depuis février 2012 ! L’année 2012 fut une année particulière pour ma famille et nombre de livres que j’ai acquis avant le 22 octobre 2012 se sont retrouvés passés à la trappe, surtout s’ils n’appartenaient pas au genre du polar.

Ai-je bien fait d’attendre si longtemps pour le lire ? Je dirai surtout qu’il se lit vite, mais alors vraiment très vite. Je dirai que l’écriture n’a aucune aspérité, ne représente aucune difficulté, que rien n’est fait pour que l’on s’attarde sur un point ou un autre de l’intrigue. C’est dommage : certains faits auraient mérité d’être davantage creusés, peut-être n’était-ce pas le but pour une lecture détente.

En cause ? Le fait que nous suivions toujours le point de vue de Sarah Dearly, qui se retrouve métamorphosée par accident en vampire, alors que sa seule connaissance du sujet est le fait qu’elle ait regardé Buffy contre les vampires. J’ai parfois eu l’impression que le roman cherchait d’ailleurs à se démarquer de la série, montrant que les vampires étaient de gentilles personnes, en général, et que les chasseurs étaient des « vilains » qui tuaient les « gentils » sans penser aux conséquences, et sans être inquiétés non plus par les autorités – peut-être parce que le secret de l’existence des vampires est bien gardé. Les vampires ont changé, qu’on se le dise !

Cela n’empêche pas Sarah, et d’autres, d’être poursuivie par les fameux tueurs de vampires, qui ne sont pas si faciles que cela à détecter. Elle a la chance d’être, pour l’instant, sous la protection de Thierry de Bennicoeur, vampire âgé de six cents ans. Il a cependant un gros défaut, qui aurait pu être davantage exploité : il en a marre de la vie, il veut en finir, et ce n’est pas facile quand on est un aussi vieux vampire. Aussi demande-t-il l’aide de Sarah, la toute jeune vampire. Il fallait y penser ! Il y pense, mais pas aussi fréquemment que cela dans le premier volume (la série en comporte cinq).

Alors oui, il y a des combats (un peu), il y a de l’humour, cependant, j’ai trouvé certains personnages un peu naïfs, pas assez sur leur garde, et si cela me paraît logique pour Sarah, qui vient d’être transformée, cela ne devrait pas être le cas pour tout le monde. Ce roman de vampires est aussi une romance : c’est fou le nombre de couples qui se sont formés au cours de ce volume !

Le volume 2 est dans ma PAL (depuis presque aussi longtemps), je vais enchaîner avec sa lecture. Ces deux livres ont été lus dans le cadre de la lecture commune du forum Partage-Lecture.

Elvira Time, tome 2 : Jail Time par Mathieu Guibé

Présentation de l’éditeur :

Pour certains, le lycée, c’est l’enfer. Pour moi, la situation s’est pourtant considérablement améliorée depuis que Ludwig, le savant fou prépubère, m’invente des armes sur mesure pour embrocher du vampire pendant que Belinda, sous les traits de ma prétendue avocate, me permet de toucher la prime de mes exécutions, avant ma majorité. Mais bien entendu, il a fallu que les politiques s’en mêlent : je n’ai certainement pas besoin d’une réorientation gouvernementale quant à l’intégration des Tolérés. Ma bienveillante croisade anti-raclures multicentenaires dans les couloirs du bahut va être bien plus hard, s’il m’est dorénavant interdit d’exploser un ou deux de ces petits vampires à collier. Dénuée de la fibre patriotique, née pour zoner du mauvais côté de la légalité, d’aucuns disent que je suis à deux doigts de verser dans le crime, ce qui se traduit maintenant par verser du sang de Toléré. Il faut bien l’admettre, ces gens sont loin d’avoir tort.

Mon avis :

Voici le second tome des aventures d’Elvira Time, accompagné de Jericho, son meilleur ami, fantôme depuis un peu plus d’un an et le dénouement nous permettra d’en savoir un peu plus sur lui et sur ce qui a causé sa mort. Je spoile ? Il reste encore deux tomes ! Parfois, je me dis qu’Elvira a eu beau reprendre le flambeau tenu précédemment par son père, elle a beau être une tueuse de vampires aguerrie, elle manque singulièrement de sens de l’observation. Oui, je sais, c’est plus facile à lire qu’à vivre.

J’aime beaucoup Elvira mais je crois que j’apprécie encore plus Belinda, prototype même de la lycéenne un peu gourde, juste un peu, qui a une forte tendance à tomber amoureuse des bad boy, en l’occurrence, des bad vampires (j’allais écrire « vlad », cela revient quasiment au même) et qui est une excellente comédienne. Je me demande d’ailleurs quelle carrière elle pourra embrasser plus tard. Elle fait toujours de son mieux pour aider Elvira, même si celle-ci … reste Elvira.

Le roman commence fort, et plus forte encore est la révélation qui suivra : oui, le gouvernement veut intégrer les tolérés, et quoi de mieux que de leur offrir un poste au lycée. Elvira n’apprécie pas, et elle mettra tout en oeuvre pour le montrer. Problème : il en est d’autres qui mettront tout en oeuvre pour la neutraliser.

Je ne vous dirai pas « il est des pages difficiles à lire », sauf si vous êtes allergiques au sang et aux débris vampiriques. Je vous dirai que Jail Time revisite les thèmes du procès (vive un système judiciaire pas du tout corrompu) et du séjour en prison, sans pour autant que cela soit le centre du roman – même si Elvira risque gros. Mais peut-être risquer plus que sa vie, ce qu’elle fait déjà ?

A suivre….

Kate Daniels, tome 2 : Brûlure magique d’Ilona Andrews

édition Milady – 349 pages

Présentation de l’éditeur :

Kate Daniels, mercenaire spécialisée dans le « nettoyage » des problèmes surnaturels, en a vu des choses inouïes… mais pas ça: un véritable tsunami d’énergie magique, durant lequel les dieux eux-mêmes vont revenir! C’est en s’engageant à retrouver des cartes volées à la Meute, le clan des Changeformes, qu’elle découvre que ces puissances divines entament un combat épique: elles s’affrontent dans l’espoir de renaître! Kate doit tout faire pour éviter le cataclysme…

Mon avis :

Pour peu que l’on ne soit pas trop sensible à la débauche de sang et autres substances, ce récit reste lisible – et donne envie de répéter : prenez soin de vos animaux, zut à la fin ! Il est vrai que certains ne sont déjà pas capables de prendre soin de leurs enfants, alors….

Ce second tome est rempli de magie et de bagarres. Il est beaucoup plus mouvementé que le tome 1, parce que les personnages sont connus – ravie de retrouver Derek, parce que l’univers est posé. La magie lutte contre la technologie, et quand un tsunami de magie envahit la ville d’Atlanta, cela pose des soucis à tous, y compris à ceux qui ont l’habitude de vivre avec la magie – voir la coupe de cheveux de Curran, le seigneur des Bêtes.

Kate se sent seule – quand elle rentre chez elle, quand elle constate l’état de son compte en banque. Pourtant, elle n’est pas seule, elle a des amis (pas beaucoup, certes, mais des amis fiables) et un employeur qui ne l’oublie pas quand il y a du travail pour elle. Elle a des secrets, cela, nous le savions depuis le tome 1, et elle découvre que d’autres en ont : si chacun ignore les secrets des autres, les secrets seront bien gardés, non ? Kate ne manque pas non plus d’humour, elle fait un usage très particulier des vampires. Elle a aussi beaucoup de sensibilité, et elle est prête à aller au bout de ses possibilités pour sauver une personne sans défense. Par contre, elle ne sauvera pas quelqu’un qui est totalement irrécupérable – et il est l’un des personnages qui est franchement imbuvable, pour ne pas dire pire.

Une lecture détente, finalement, parfaite entre deux lectures plus difficiles. Il me reste à savoir où j’ai bien pu ranger le tome 3 (j’ai le 4 sous la main).

Le repaire des vampires, tome 1 : Rencontre mortelle de Kelly St. Clare

Présentation de l’éditeur :

Sortez les crocs et entrez dans le repaire des vampires. Direction le soixante-sixième étage ! À minuit, les dés seront jetés. En tant qu’héritière d’une grande fortune, ma vie aurait dû se résumer à siroter des mojitos à la fraise et conduire des voiturettes de golf, n’est-ce pas ? En tout cas, c’est à ça qu’elle se résumait avant que je décide de tracer ma propre route. Résolue à échapper aux jeux frivoles de mes semblables, j’ai fui le domaine familial à vingt et un ans. Trouver un pseudonyme : check. Un endroit où dormir : euh… presque check ? Un boulot : ne parlons pas de sujets qui fâchent… En quelques jours, j’ai supporté plus de choses que je ne m’en pensais capable… mais ce n’était que le début des ennuis ! Ma ville est un échiquier géant. Et les joueurs ? Des êtres surnaturels (des foutus vampires !), en particulier un prince autoritaire dont l’attention pourrait me mener à ma perte. Je dois désormais participer à leur jeu mortel, si je veux pouvoir protéger ma grand-mère et ma meilleure amie.

Merci aux éditions MxM Boolmark et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Lire un livre en ebook, ce n’est pas forcément se rendre compte de la taille du sus-dit livre. Je découvre donc que Rencontre mortelle mesure 642 pages en édition papier. Au temps pour moi. Les vampires prennent de la place.

J’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire, sans doute parce que j’avais du mal à comprendre Basilia, qui passe un temps fou à dire, à hurler : « ne m’appelez pas Basilia ! ». Ce sera donc Basi. Elle a décidé de vivre de manière indépendante. Elle a beau aimer, adorer sa grand-mère Agatha, elle ne veut plus dépendre de la fortune familiale, et prouver qu’elle est capable de se débrouiller seule. Je vous épargne ses errances, je les ai lues. Ce n’est pas que j’ai été déçue, c’est que j’ai trouvé Basi bien naïve, il paraît que c’est normal pour une jeune fille qui a été surprotégée toute sa vie, et qui va découvrir qu’elle s’est jetée non dans la gueule du loup, mais dans celles des vampires.

Je dirai même plus, dans celle d’un vampire très puissant, qui flashe totalement sur elle. De là à dire que cela va augmenter sa dose de problèmes, soucis, et autres préoccupations, il n’y a qu’un pas que je franchis allégrement. Même si les péripéties, les liens entre les deux familles de vampire évoquées dans le récit sont différents de ce que j’ai lu dans d’autres livres avec des vampires pour héros, je n’ai pas trouvé le thème de l’attirance/répulsion entre Kyros et Basi très original. J’ai peut-être davantage de tendresse pour Laurel, Débitrice dévouée, finalement, ainsi que pour toutes les autres Débitrices, qui sont loin de s’amuser tous les jours. Beaucoup de personnages féminins, et peu de personnages féminins réellement indépendants. Même Agatha, la super grand-mère de Basilia, dépend de son chauffeur/domestique/garde et Basi a beau chanter les louanges de sa grand-mère sur tous les tons et sur tous les modes, je n’ai pas réussi à voir en elle un personnage « réel ». Il m’est donc impossible de m’inquiéter pour elle, comme le fait sa petite-fille qui ne veut absolument pas lui donner de nouvelles néanmoins, voire même de ressentir quoi que ce soit pour ce personnage immatériel.

Restent Tommy et Rhys, les deux humains les plus importants du récit, mis à part Basi. Bon. Elle veut se débrouiller seule, c’est son leitmotiv. cela provoque aussi de gros problèmes, voire des catastrophes, et je me dis qu’elle devra encore vivre beaucoup d’aventures pour être enfin, peut-être, attentive à ce qui se passe autour d’elle. Je reconnais cependant qu’elle sait très bien se servir d’une perceuse. Un talent utile.

Le souffle du mal, Mercy Thompson tome 11 de Patricia Briggs

Présentation de l’éditeur :
Mercy Thompson doit faire face à un ennemi mortel pour défendre tout ce qui lui est cher…Mon nom est Mercedes Athena Thompson Hauptman, et je suis mécanicienne. Et changeuse coyote… Et la compagne de l’Alpha de la meute du bassin du Columbia. Mais rien de tout ça ne poserait de problème si je n’avais pas accepté d’endosser la responsabilité de protéger tous ceux qui vivent sur notre territoire. Sur le moment, ça semblait être la chose à faire. Ça aurait dû se limiter à traquer des gobelins tueurs, des chèvres zombies et un troll de temps à autre. Au lieu de cela, notre foyer est à présent considéré comme une zone neutre où les humains peuvent négocier avec les faes sans danger. En réalité, rien ni personne n’est en sécurité. Tandis que généraux et politiciens affrontent les Seigneurs Gris des faes, une tempête approche… Et son nom est la Mort. Mais nous sommes la meute, et nous avons donné notre parole. Qu’importe le prix.

Mon avis :

Quand je lis un roman de Patricia Briggs, il m’arrive de penser à ce qu’une autre autrice aurait fait avec le même synopsis. Oui, ne cherchez pas, je compare très souvent Mercy Thompson avec Anita Blake – ou comment avoir un ami vampire, Stefan pour Mercy, qui reste un ami, fidèle, prête à aider, mais un ami. Mercy, dans cette onzième aventure; a bien besoin de tous ceux qui peuvent l’aider, elle et la meute du bassin de Columbia.

Pourtant, au tout début du récit, c’est l’aide de Mercy qui est sollicité, la sienne et celle de la meute. Elles se trouvent même toutes les deux un peu débordées par les phénomènes anormaux qui s’accumulent dans la région. On n’a pas fini de parler des « chèvres zombies miniatures » qui ont sévi dans la région. Ce serait oublier que ces vingt chèvres appartenaient à une famille ordinaire, heureuse, bien sous tout rapport, qui se trouve mêlée bien malgré elle à une lutte de pouvoir, famille que Mercy et les siens vont protéger. Mais contre qui ? Qui peut être assez tordu pour transformer des chèvres, des chevreaux en zombi ? Le récit ne fait jamais dans la joliesse, ne rend pas glamour quelque chose qui ne l’est pas.

Des actes horribles, abjects, Mercy en découvrira beaucoup dans ce récit. A aucun moment, elle ou les loups ne seront admiratifs. Oui, celles qui ont agi ainsi ont du pouvoir. Elles ont surtout l’outrecuidance de penser que leur soif de puissance les autorise à torturer, à tuer, à asservir. Oui, l’image qui est donné des sorcières usant de la magie noire n’est pas glamour, mais alors là, pas du tout. Oui, cela change des personnages gentillets de sorcière que l’on croire ici ou là. La frontière est vraiment ténue entre la magie grise, et la tentation de plonger dans la magie noire. Adam l’a dit : il ne tolérera pas que l’on use de magie noire sur son territoire. Lui, Mercy, et leurs alliés agissent dont en conséquence – en des scènes intenses mais aussi émouvantes. Il ne faut pas toucher aux innocents, quels qu’ils soient.

Comme si ce problème n’était pas assez énorme à régler, une conférence humain/faes doit être organisé, et c’est la meute qui est chargée d’assurer la sécurité des participants. Dire que cela ennuie Mercy est un euphémisme – elle a vraiment autre chose à faire que jouer les potiches pendant des conférences. Par contre, elle a beaucoup à faire quand il s’agit de limiter les catastrophes ou d’ouvrir le dialogue avec des personnes qui n’apprécient pas du tout les loups garous.

S’il est un fait que je retiens de ce tome 11, particulièrement prenant, sanglant, intense, c’est la possibilité de lutter, de surmonter, encore et toujours, les épreuves. Ne pas s’avouer vaincu, ne pas céder face à l’abjection sont déjà des victoires.

La faille de la nuit de Patricia Briggs

édition Milady – 480 pages.

Présentation de l’éditeur :

Fuyant son nouveau compagnon violent, Christy, l’ex-femme d’Adam, fait un retour fracassant dans les vies d’Adam et Mercy. La cohabitation n’est pas simple. Surtout lorsque Christy décide de monter la meute contre Mercy afin de récupérer Adam. Et la situation empire lorsque son petit ami retrouve sa trace : les cadavres s’empilent et Mercy va devoir mettre ses problèmes personnels de côté pour affronter une créature bien décidée à réduire son monde en miettes !

Mon avis :

Je me suis rendue compte que je n’avais pas lu les aventures de Mercy Thompson depuis longtemps, et pourtant, je suis fan. Comme quoi… Ce huitième tome aurait pu nous faire craindre le pire : Christy, l’ex-femme d’Adam, est de retour. La mère de sa fille est en effet poursuivie par un ex…. violent ? Non, il est plus que cela : totalement obsédé par Christy, il ne craint pas de laisser quelques cadavres derrière lui. Adam ne peut pas ne pas la protéger, parce qu’il est un Alpha, et que son devoir d’Alpha est de protéger toute personne qui se trouverait en danger. Christy a de plus gardé quelques amis au sein de la meute, des personnes qui n’ont jamais réellement accepté Mercy. Autant dire qu’ils sont tout prêts à la protéger eux aussi.

Oui, cohabiter avec l’ex très féminine et très séduisante de son mari n’est pas de tout repos. Mais même si Adam la protège, il est le mari de Mercy – plus celui de Christy, qui a choisi de le quitter. Pour lui, tout est clair. Il est encore des membres de la meute, cependant, pour soutenir cette pauvre Christy : elle les a connus avant Mercy, elle a vécu dans cette maison, elle l’a aménagée – et elle a déjà fait tourner en bourrique quelques membres de la meute.

Les mesquineries de l’ex d’Adam, son espoir insensé de le reconquérir pourrait presque être drôle si la menace n’était réelle. Mercy elle-même sera menacée, comme d’autres. La différence est qu’elle sait se défendre, qu’elle a déjà vécu le pire, qu’elle s’est relevée. Même si elle sait compter sur ses alliés, elle sait aussi que la mort peut être au bout du combat – pour les siens, pour elle.

Je ne vais pas trop dévoiler l’intrigue. Je dirai simplement que ce roman contient de belles scènes de combat et de tension, que l’intrigue nous emmènera loin, dans le temps, dans l’espace. Je dirai aussi que Mercy rencontrera, de manière tout à faite inédite, l’un de ses « frères », qui l’aidera dans ses missions. Je dirai également qu’à force de mesquinerie, l’on récolte ce que l’on sème.

Mercy Thompson – une série toujours intéressante à suivre.

Alpha & Omega, tome 5 : Dans la gueule du loup de Patricia Briggs

édition Milady – 382 pages

Présentation de l’éditeur :

Ce sont les loups sauvages et blessés. Les loups-garous trop brisés pour vivre en toute sécurité parmi les leurs. Pour leur propre bien, on les exile à la périphérie de la meute du Marrok ; suffisamment près pour obtenir de l’aide, assez loin pour ne blesser personne.
Mais le Marrok est absent quand Charles et Anna reçoivent un appel à l’aide de la part du compagnon fae d’une de ces louves, victime d’une tentative d’enlèvement. Charles et Anna devront utiliser tous leurs talents de guerrier et de diplomate pour retrouver les assaillants et faire face à une magie des plus sombres, surgie d’un passé aussi lointain que difficile…

Mon avis :

Mais que m’arrive-t-il ? J’aime pourtant beaucoup les romans de Patricia Briggs, et là, ma lecture a connu deux faux départs : j’ai commencé à lire le livre, je l’ai reposé, j’ai recommencé la lecture quelques temps plus tard, toujours rien, et ce n’est qu’après un séjour de deux ans dans ma PAL et une série de lecture difficile, que j’ai eu besoin d’une série de lecture facile et que j’ai enfin lu de bout en bout ce roman. J’ai juste eu du mal pendant les 27 premières pages – presque rien.
Le Marrock est absent – mais que fait-il en Afrique avec son fils Samuel ? Certes, l’enlèvement de Mercy a été un choc pour lui, mais tout de même – et Charles dirige la meute tout en gérant les comptes, ou plutôt en les examinant à la loupe. Nous en étions là d’activités assez banales…. Ah, pardon, on me souffle dans l’oreillette que l’entente est tout sauf parfaite entre Leah, l’épouse du Marrock, et Anna, celle de Charles. L’une prépare une pâte à brownie (avec de l’orange, quelle horreur du point de vue de Léah), l’autre des cookies au beurre de cacahuète (recette disponible sur simple demande, je l’ai sur un livre de recette). Il est question aussi de refaire des soirées musicales et… Anna n’a pas vraiment idée à quoi elles ressemblaient, ces fameuses soirées (l’épilogue du roman nous en donnera une idée assez juste). La routine, jusqu’à ce qu’un des sauvageons du Marrock n’appelle – ou plutôt le conjoint d’Hester, une sauvageonne, et appelle parce qu’il a un problème : Hester, louve-garou instable de son état, a été kidnappée. La routine, presque.
Oui, Charles et Anna vont y aller, et vont découvrir une organisation assez inquiétante derrière cet enlèvement. Ils vont découvrir aussi que la menace est toujours là, que tous les sauvageons sont en danger. Les sauvageons, ce sont des loups qui ont des « troubles », qui ne parviennent plus, pour diverses raisons, à vivre dans une meute, mais qui, cependant, parviennent encore à vivre seuls, isolés, sans trop de dangers pour eux ou pour les autres : le Marrock veille, et sait ce qu’il doit faire au cas où l’un de ces loups-garous deviendrait ingérable.
C’est donc après des combats mémorables et douloureux que les membres de la meute doivent avertir et protéger les sauvageons – l’autrice n’oublie jamais que la mort d’un des leurs n’a rien d’anodin. Asil, le Maure, n’a pas oublié la femme qu’il aimait et qui n’est plus. Et l’on ne se remet pas forcément des agressions que l’on a subi : Anna a été maltraitée, torturée, dans la première meute à laquelle elle a appartenu, et même si elle est forte, même si elle est une combattante, il est des traumatismes qui sont restés, surtout quand son passé lui revient en pleine face et que sa charge d’omega l’amène à puiser au fin fond de ses possibilités. Et au fin fond de celles de la meute.
Je terminerai par une mention spéciale pour Leah, une louve bourrée de qualités, celle notamment de dire tout ce qu’elle pense, de ne pas avoir de secrets, et de ne jamais négliger son entrainement. Il en est deux qui ne sont pas près de l’oublier !
Une citation, pour prouver que Leah n’est pas la compagne du Marrock pour rien :
« Elle [Leah] aimait de tout son coeur égoïste l’enfoiré insensible et imparfait qu’était son mari et compagnon. »

Kate Daniels, tome 1 : Morsure magique d’Ilona Andrews

édition Milady – 341 pages.

Présentation de l’éditeur :

À Atlanta deux réalités s’opposent : celle de la technologie et celle de la magie.
Pendant une vague magique, les mages sauvages lancent leurs sorts et des monstres apparaissent, les armes à feu refusent de fonctionner et les voitures ne démarrent plus. Puis la vague se retire aussi vite qu’elle est venue en laissant derrière elle toutes sortes de problèmes paranormaux. Nous vivons une époque dangereuse. Mais dans le cas contraire, je serais au chômage. Quand les gens ont des ennuis qui relèvent de l’occulte et que la police ne veut ou ne peut pas régler, on fait appel aux mercenaires de la magie comme moi.
Mais quand un nécromancien anéantit la seule famille qui me reste, je n’attends plus les ordres et je dégaine mon sabre.

Mon avis :

Cela vous est-il déjà arrivé ? Vous commencez un livre et vous avez l’impression d’être perdue, et d’être perdue pendant tout de même un certain temps. En effet, soit il manque des pages à mon édition (ce dont je doute furieusement) soit il faut absolument lire le quatrième de couverture et l’avoir bien en tête avant de débuter la lecture du roman : le livre commence à la mort de l’oncle de Kate, et nous ne saurons rien du contexte magico-technologique, non plus des diverses créatures qui vivent à Atlanta. Nous connaîtrons aussi peu de détails biographiques sur l’oncle de Kate, ce n’est que peu après que nous saurons qu’il est le « Divin », un des chevaliers chargés de protéger la ville et sa population. Nous ne saurons pas non plus (et pourtant, je ne pense pas avoir sauter des pages) comment ont disparu les parents de Kate. Nous saurons simplement que son oncle est divorcé d’Anna, une voyante empathe qui se préoccupe réellement de Kate. Bref, c’est comme se retrouver plongée au milieu d’une intrigue dont on ignore presque tout, si ce n’est que Kate est une mercenaire, et qu’elle pourrait faire partie de l’Ordre des Chevaliers de l’Aide Miséricordieuse, si elle le voulait, si ce n’est qu’elle ne le veut pas – elle a un petit souci avec l’autorité.

Elle a aussi un souci avec la féminité – attention, ne pas être féminine ne lui pose pas de problème, elle sent bien, cependant, que cela en pose à d’autres. Oui, elle est musclée, oui, elle n’a pas de ses courbes que l’on attend, dans la littérature bit-lit, des tueuses et autres chasseuses. Elle choisit d’abord ses vêtements pour leur côté pratique – ou comment être sûre qu’elle pourra combattre correctement avec ce pantalon – quand elle ne les conserve pas pour leur facilité de nettoyage (ses baskets). Bref, elle est une héroïne qui préfère mener ses missions à bien plutôt que séduire – sa vie amoureuse étant d’ailleurs en cours de réanimation, la manière dont elle a traité son aspirant chevalier servant n’est pas la meilleure pour le conquérir, d’autant plus qu’il ne connait pas grand chose à son monde.

Violent, sanglant, salissant – voici comment le définir. Kate n’a pas peur de se salir les mains, et tant pis si on lui envoie des ennemis peu ragoûtants, ou si on lui confie des missions qui nécessitent d’utiliser beaucoup de Javel après. Aussi, quand on s’en prend à son oncle Greg, non seulement elle fera tout (y compris des erreurs) pour trouver le responsable, mais elle reprendra aussi l’enquête qui a causé sa mort. Oui, aux yeux de beaucoup, elle n’est qu’une mercenaire parmi d’autres, qui cherche un peu à se faire connaître, et pourtant, ils devront vite se rendre compte que la situation n’est pas aussi simple que certains le pensaient.

Alors oui, certaines scènes sont sanglantes, pour ne pas dire écoeurantes (cela se voit que je n’avais pas lu de bit-lit depuis longtemps) mais le texte comporte aussi des touches d’humour, comme quand le seigneur des Bêtes apporte gentiment une côte de deux kilos et demi à l’un de ses « hommes » pour qu’il récupère plus aisément de ses blessures (un métamorphe végétarien, ce n’est pas vraiment le moment).

Ce fut une lecture qui m’a sortie de mes habitudes littéraires (et pourtant, j’en ai lu, des romans de bit-lit à une époque pas si lointaine), qui fut loin d’être désagréable après des lectures plus « lourdes », et qui m’a donné envie de découvrir le deuxième tome de la saga, lui aussi dans ma PAL depuis un certain temps.