Archive | 30 décembre 2013

17 Lunes de Garcia et Strohl

Présentation de l’éditeur :

Ethan n’aurait jamais imaginé que Lena pouvait le fuir ou lui cacher des choses. Qu’un jour arriverait où ils ne se comprendraient plus. Son statut de Mortel lui interdisait l’accès au monde des Enchanteurs, mais était-ce une raison pour rompre tout lien ? Après le désastre du seizième anniversaire de Lena, il avait pensé que l’aimer et la soutenir suffiraient. Et que leur amour, indestructible hier, était à présent voué à l’échec.

chall32Mon avis :

J’aime cette saga, je passe de très bons moments à la lire, à la chroniquer (pas forcément dans l’ordre de lecture) et il n’y a aucune raison pour me priver de ce plaisir.

L’une des forces de cette série n’est pas dans son héroïne, dans ses doutes et ses tergiversations, mais dans son héros, Ethan. Il est un mortel, et alors ? ai-je envie de dire. Au moins, il n’est pas un benêt, et met toute son énergie à aider son amie et à résoudre leurs problèmes. De là à dire que c’est efficace, il y a un pas que je ne franchirai pas.

Il est pourtant à même de comprendre ce qu’elle ressent : lui aussi a perdu un être cher, un an plus tôt. Il doit de plus faire face à l’absence de son père, parti en maison de repos pour soigner son propre mal-être, lui qui ne peut se remettre de la mort de sa femme.

Il est cependant un problème de taille qu’Ethan ne peut résoudre, même avec tous ses efforts, même avec ses proches, Amma, Link ou Marian : Lena s’écarte de lui, se rapproche dangereusement des Ténèbres, et ne semble même pas se rendre compte de la gravité de ses choix. Pour l’aider, Ethan doit redoubler d’énergie, comme s’il était le seul à croire encore à un avenir possible pour eux deux et pour Gatlin.

Gatlin. Belle ville du Sud, toujours imprégnée de son passé, avec son lycée dans lequel Ethan n’a guère envie de se rendre, sauf pour aider Léna, son cimetière divisé en deux sections (selon la richesse de ceux qui y reposent), ses concours de tartes et de conserves, sans oublier sa bibliothèque. Les auteurs font bien sentir tout à quel point cette ville est centrée sur elle même, non pas jalouse de son passé, mais toujours apte à en préserver sa vision des choses, même si elle est infiniment étriquée.
J’ai beaucoup aimé le personnage de Link, jeune adulte apaisant son chagrin d’amour en composant des chansons, ami fidèle toujours prêt à en découdre, quel qu’en soient les conséquences pour lui. Et c’est loin d’être facile, surtout quand le lecteur découvre que les dés étaient pipés dès le départ pour Ethan. Comment être efficace quand des informations capitales vous manquent ?

Léna ne sera pas la seule à devoir choisir son camp, bien des révélations attendent les lecteurs de ce second tome de la saga, des revirements inattendues, des découvertes stupéfiantes. A lire donc, pour tous ceux qui ont aimé 16 Lunes, et pour ceux qui n’ont pas du tout aimé l’adaptation filmique de la saga.  moisamericainchallenge-cartable-et-tableau-noir-saison-21

Notes de Hiroshima

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Présentation de l’éditeur :

En août 1963, Kenzaburô Oé, alors brillant écrivain de vingt-huit ans, part à Hiroshima faire un reportage sur la neuvième Conférence mondiale contre les armes nucléaires. Indifférent à la politique politicienne, il est immédiatement sensible aux témoignages des oubliés du 6 août 1945, écartelés entre le « devoir de mémoire » et le « droit de se taire » : vieillards condamnés à la solitude, femmes défigurées, responsables de la presse locale et, surtout, médecins luttant contre le syndrome des atomisés, dont la rencontre allait bouleverser son oeuvre et sa vie. Dans leur héroïsme quotidien, leur refus de succomber à la tentation du suicide, Oé voit l’image même de la dignité. Quel sens donner à une vie détruite ? Qu’avons-nous retenu de la catastrophe nucléaire ?

Mon avis :

Je n’ai que peu de choses à dire sur ce livre. Il est superbe et bouleversant.

Kenzaburô Oé a reçu le prix Nobel de littérature en 1994. Cette récompense a-t-elle permis de faire découvrir au plus grand nombre son oeuvre ? Je l’espère. Comme Underground d’ Haruki Murakami, il devrait être lu par tous ceux qui ont la prétention d’écrire un livre en recueillant des témoignages. Parce qu’il est nécessaire, pour cela, de laisser la parole aux autres, de ne pas juger, ceux qui choisissent de se taire, ceux qui parlent, crient leur révolte. Au contraire, il est nécessaire de s’interroger toujours, de montrer ce que certains auraient voulu tenir secret. Les survivants d’Hiroshima, les secouristes, les médecins firent face. Du mieux qu’ils purent. Avec ce qu’ils avaient. Vingt ans après, les conséquences de ce jour-là font toujours partie de leur vie.

Oé reste-t-il impartial ? Non, et l’existence de cette série d’article le prouve. Il salue le courage de tous, du jeune homme qui affronte la leucémie qui le gagne, vingt ans après les bombardements à ces jeunes femmes défigurées qui exposent leur visage au grand jour – ne plus se cacher. Il parle des médecins, souvent impuissants face aux conséquences du bombardement, de la difficulté à se faire soigner pour les malades, de refaire sa vie en dehors d’Hiroshima – comme si tous étaient condamnés à rester sur les lieux de leur supplice. Il n’est pas impartial, mais il se garde bien de digression sur tout ce qui n’aurait pas trait à Hiroshima, au contraire de  certains auteurs français (je ne citerai pas de nom), qui ne peuvent s’empêcher de parler de leurs dernières paires de chaussures ou d’un trajet au taxi.

Notes sur Hiroshima est un livre nécessaire et très beau.

écrivainspetit bac