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Ris – police scientifique, saisons 7 et 8 (approximativement)

Bonjour à tous

Je n’ai pas fermé l’oeil de la nuit, ou presque pas, et du coup, je suis tombée sur la rediffusion de RIS – police scientifique, ou, si vous préférez, la version française des Experts (charisme en moins, forcément, même si, à mon avis, certains acteurs ont dû se demander ce qu’ils venaient faire dans cette galère).
Avantage de cette série, comme toute série policière française digne de ce nom : vous pouvez la regarder d’un seul oeil, l’écouter d’une seule oreille, non seulement vous comprendrez quand même, mais en plus, vous aurez plein de choses qui vous dérange – du moins moi, cela a été mon cas.

Première chose qui m’a dérangé, et cela tiendra une grande place : le rôle des femmes. Même si, au cours de la dernière saison, une femme prendra la tête du RIS, elle sera en talon aiguille, en robe, bras nu et somptueusement pomponnée, le RIS reste un monde d’homme. Je commence la joyeuse énumération :

– Julie, pour qui en ont pincé successivement plusieurs enquêteurs de la brigade, a été assassinée dans l’explosion de son appartement. Elle est la deuxième membre du RIS à mourir d’une explosion. Fatalité ? C’est comme vous voulez.

– le docteur Alessandra Joffin est enceinte. Primo, elle ne veut pas dire qui est le père de son enfant (en quoi cela intéresse quelqu’un, je vous le demande). Deuxièmement, elle prend très mal que l’on remette en cause ses compétences. Attention ! Ce n’est pas parce qu’un officier anglais critique tout ce qu’elle a fait qu’elle le prend mal, ce sont ses hormones qui parlent, donc il ne faut pas en tenir compte. Ou comment annuler les compétences d’une femme. Du coup, au tribunal, tiendra-t-on compte de son rapport d’autopsie ou dira-t-on : « on ne sait pas de quoi la victime est morte, problèmes d’hormone ? »

– Emilie Durringer se plaint de la manière de se comporter des hommes mais elle se comporte comme un homme – du moins, c’est un homme qui le lui dit. Primo, une femme a parfaitement le droit d’avoir une aventure d’un soir et ô surprise ! de très bien se porter après, d’en être même heureuse. Par contre, le commentaire du collègue, frustré au fond de ne pas avoir été ce coup d’un soir, c’est moche.

– les femmes policières ont forcément des liaisons avec leurs collègues, et s’en remettent moins bien que leurs collègues après rupture. Vous pouvez prendre n’importe quelle série policière, cette vérité scénaristique peut s’appliquer quasiment à toutes, du moment que la série, bien sûr, comporte un personnage féminin.
Prenons à cet égard le personnage de Marie, dont j’ai totalement oublié le grade, si ce n’est qu’elle est à la crim’, qu’elle a eu une liaison avec Maxime Vernon (comme la ville), l’actuel patron du RIS, qui l’a quitté quand « elle avait le plus besoin de lui » – note, lui venait de perdre son fils, et il « essayait de sauver son mariage » – je vous le dis tout de suite, cela a raté. Pour faire bonne mesure, elle s’est mariée, elle est très heureuse avec son architecte de mari, ils sont même en train de creuser une piscine. Pas de bol : le tueur en série qui avait fait sombrer Maxime Vernon trois ans plus tôt a la délicatesse de lui laisser un cadavre dans la poubelle devant chez lui. Je vous spoile un peu (si vous aviez décidé de regarder, tant pis) : Marie, trois ans plus tôt, a assassiné celui qu’elle suspecté (à juste titre) d’être le tueur en série. Pas de bol (bis) : il avait un amant, et l’amant est venu se venger. j’ai presque envie de dire « normal, quoi », et de me demander par quel mécanisme mental on en arrive à penser que :

– tuer quelqu’un dont on ne parvient pas à trouver suffisamment de preuves pour l’arrêter est normal. Je vous renvoie à cet égard à L’affaire de leur vie qui montre que des grands policiers n’ont pas toujours réussi à arrêter leur suspect, faute de preuve, faute de la prescription aussi. Ils ne sont pas devenus des assassins pour autant.

– être suffisamment sadique pour le torturer avant de tuer et ne pas éprouver de remords est normal. Ne surtout pas être suspectée aussi.

– continuer à vivre malgré tout avec mariage et projet bébé : c’est une femme. Et ce n’est même pas une bonne policière entre autre, puisque, en plus d’être largement sortie des clous, elle n’est pas capable de travailler en équipe.

Pour terminer, n’oublions pas que les filles des enquêteurs aussi sont tout à fait capables de se mettre dans des situations impossibles, la fille de Maxime Vernon ne fait pas exception, digne émule des filles de Julie Lescaut.

Peut-être d’autres défauts me reviendront, mais je crois que j’ai tout de même fait le tour.

Edit de 13 h 50 : en faisant réchauffer ma ratatouille dans le coaltar, je me suis souvenu que l’un des enquêteurs, ramenant une belle témoin chez elle (non, parce qu’elle aurait été moche, elle aurait pu y aller à pinces), se fait carjacké son véhicule avec toutes les preuves dedans. Je ne sais pas s’il faut lui donner le prix de flic le plus maladroit, surtout que son agresseur n’est pas très doué, ou le prix du scénario le plus débile. Je pense lui attribuer les deux, et écrire une petite chanson : « promenons-nous dans Paris, avec les preuves dans le coffre aussi. Si le voleur y est, il les trouvera, si le voleur n’y est pas, il ne les trouvera pas ».

 

Un peu de musique : le générique de PJ

Ce générique, qui ponctua les treize saisons de la série PJ, nous le devons à Richard Galliano : New York Tango.

PJ, c’est la série d’un temps révolu, celui d’avant les attentats de 2015, d’avant Charlie, d’avant le Bataclan.
C’est aussi une série qui, en dépit de quelques coups de théâtre (la mort du commandant Vincent Fournier), en dépit de départ en cascade, parfois (mais la vie d’un commissariat de proximité est-elle un long fleuve tranquille ?) collait à la réalité. Certains faits restent cruellement d’actualité, comme le manque de personnel, la difficulté à recruter, les emplois jeunes, un peu oubliés, le racisme ordinaire… et l’on se dit que certaines choses existent toujours, même vingt ans plus tard.

C’est aussi l’occasion, en cas de rediffusion (si, si, j’en ai découvert une récemment) de retrouver des acteurs qui, pour certains, tournent encore (je pense à Charles Schneider, dans Plus belle la vie, ou à Bruno Wolkovitch) ou à d’autres, qui ont disparu des écrans (je pense à Lilah Dadi, interprête pendant la première saison du lieutenant Mourad Beckaoui ou Cécile Richard, interprête du capitaine Maud Saurin). Hommage aussi à Marc Betton et Charlotte Maury-Sentier, interprètes respectifs du commissaire Henri Meurtaux (ah ! sa manière inoubliable de terminer une réunion en tirant dans le plafond) et de sa femme Simone.

Article futile : une péripétie de série télévisée qui m’agace.

Si vous avez lu le titre, vous comprendrez bien que ce billet est tout sauf de la plus haute importance. Pourtant, après une nuit quasi blanche et une journée à somnoler (j’ai tout de même lu un roman), j’ai eu envie de parler d’un sujet futile, à savoir cette péripétie si souvent utilisée dans les série qui consiste à faire revenir d’entre les morts un personnage qui est censé être mort, qui a même parfois été enterré de manière solennelle et qui au détour d’un épisode réapparaît en meilleur santé que moi. Ce phénomène me semble si fréquent qu’à chaque fois qu’un personnage passe de vie à trépas, je me demande s’il ne va pas réapparaître.

Le cas le plus célèbre, pour ne pas dire le tout premier du genre, est sans doute « Bobby » de Dallas pour lesquels les scénaristes ont vraiment dû se torturer le cerveau pour justifier sa réapparition.

Tout récemment, c’est Michael Scofield qui est revenu – et la série avec lui.

Pourquoi ce phénomène ?

On peut penser, dans un premier temps, qu’il s’agit de raisons financières – acteurs en cours de renégociation de contrat. Dans un second temps, il s’agit aussi de mesurer aussi l’attachement des fans à un personnage. Ne comptez pas sur moi pour écrire à PBLV pour demander un quelconque retour, trop de personnages sont décédés dans cette série, à se demander si des comptes sont tenus du taux de mortalité de la région télévisuelle ! Je cite cette série parce que, eux aussi, par le passé, ont fait revenir un personnage – mais alors, pourquoi le faire partir ? Ah, parce que l’acteur souhaitait « retrouver sa liberté créatrice ». Zigouiller son personnage, ou le moyen de lui ôter toute possibilité de retour, s’il ne trouve pas mieux ailleurs.

Je soupçonne aussi, dans un troisième temps, la panne d’inspiration des scénaristes : que faire d’un personnage qui ne convient plus ? On ne supprime ! Ah, zut, j’en ai besoin plus tard. On ne ranime !

J’appelle ce phénomène céder à la facilité scénaristique, et faire plaisir, aussi, aux spectateurs qui aiment beaucoup les intrigues pré-digérées.

Je fais cependant une exception, parce que la saison 1 de cette série est basée sur le fait que tous ou presque pensent un des personnages décédés : Hatufim, série israélienne dont la diffusion fut pour moi un choc, dans le bon sens du terme.

 

Les séries policières

Je profite de ce mois du polar pour parler des séries policières qui envahissent nos écrans télévisées. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il est difficile de trouver une série non policière, mais presque.  Quel que soit le jour de la semaine, il est possible, j’en suis presque sûre, d’en trouver une à regarder. D’ailleurs, pendant que je mets la dernière touche à cet article, je  regarde un épisode de Maigret avec Bruno Cremer. Et si certaines séries sont excellentes, d’autres sont désolantes. Voici le genre de phrase ou de situation que je ne supporte plus de voir ou d’entendre.

« J’ai besoin d’être seul(e). » Réplique valable pour n’importe quelle série ou téléfilm, quand le scénariste ne sait plus comment terminer la scène.
« J’ai l’intuition qu’il/elle n’est pas coupable. » A se demander ce que l’enquêteur a appris à l’école de police. Ou comment il a eu son concours. Suivre son intuition, et ne conserver que les preuves qui la confirment, n’est-ce pas le début d’une erreur judiciaire ? Petite précision : cette phrase est très souvent prononcée par une femme.
– L’enquêteur a de gros problèmes familiaux, qui occupe une bonne partie de l’épisode. C’est très méchant, mais je m’en fous un peu.
L’enquêteur n’a pas de problèmes familiaux, mais sa vie de famille occupe une bonne partie de l’épisode. Il faut bien meubler la vacuité du scénario.
La fliquette fait une fausse couche/accomplit un acte héroïque qui provoque la fausse couche. Oui, c’est en contradiction avec ce que j’écris plus haut, mais cela simplifie la vie des scénaristes.
– L’enquêteur a une tumeur au cerveau, en fin de saison, et l’on ne sait s’il survivra. Il serait intéressant de confronter les statistiques et la réalité.
Le présumé coupable/le suspect principal est abattu par la police/se suicide. Du coup, d’un simple point de vue judiciaire, l’affaire risque de ne jamais être résolue, puisque sans procès, le suspect ne sera jamais, aux yeux de la loi française, un coupable. Je vous laisse compter, si vous en avez la patience, le nombre de séries françaises qui ont recours à ce dénouement.
Et vous, qu’est-ce qui vous agace dans les séries policières ?

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Monk

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Le mois américain touche à sa fin, et, bien qu’ayant le choix entre plusieurs lectures, j’ai préféré terminer sur une note optimiste, à savoir présenter une série télévisée bien connue (du moins je le pense) : Monk.

Huit saison, 125 épisodes, c’est le temps qu’il aura fallu à Adrien Monk pour se débarrasser de quelques-unes de ses phobies (parmi les 300 et quelques qu’il possède) et surtout, mener à bien de très nombreuses enquêtes. La plus connue, celle qui sert de file rouge à ces huit saisons, est celle sur la mort de son épouse bien-aimée, Trudy, la seule qui avait réussi à apaiser ses troubles obsessionnels compulsifs de cet ancien policier de San Francisco.

Monk ne serait pas Monk sans les personnages qui l’entourent. Je pense notamment à ses deux infirmières, Sharona, d’baord, pendant trois saisons, et Nathalie, pendant les cinq dernières saisons. Sharona est à cet égard emblématique puisque, si elle doit supporter les nombreuses phobies de son patron, lui n’a de cesse de lui faire passer sa phobie pour les éléphants  (pas de manière très réussie, il faut bien le dire). Si Sharona appelle Monk par son prénom (de mémoire), Nathalie ne l’appelle que « monsieur Monk ». Toutes deux sont mères de famille, un garçon pour Sharona, séparée de son mari, une fille, Julie, pour Nathalie, qui elle, est veuve.

Je n’ai garde d’oublier les deux enquêteurs officiels, ceux qui utilise les talents de consultant privé deMonk (ou, qui parfois, ne peuvent plus le supporter) : le capitaine Leland Sottlemeyer et le sergent Randy Disher. Le premier a une vie sentimentale plus qu’agité : sa première femme sera gravement blessée (Monk viendra à la rescousse pour trouver le coupable, puisqu’il comprend parfaitement ce que le capitaine ressent), un divorce, une nouvelle compagne que Monk fera arrêter pour meurtre, et finira se remarier, avec une jeune femme nommée Trudy. Randy, lui, est d’une naïveté confondante – et il faut bien de la patience à Leland pour supporter tout ce beau monde.

Pour terminer, le générique de la série, interprêté à Vienne par son auteur Randy Newman :

 

Close to home

Même si je n’ai pas autant d’acharnement qu’avant avec les challenges littéraires, je tiens cependant à aller le plus loin possible dans certains d’entre eux. Pour le challenge 50 états, 50 billets, je ne suis pas certaine d’aller au bout, mais je tiens absolument à ce que mes « états fétiches » soient présentés. Si la Louisiane avec le génial  Black Cherry Blues, de J. Lee Burke, le Maine avec Dark tiger, de W. G. Tapply, il me reste à écrire des chroniques sur l’Indiana et le Kentucky.

Pour l’Indiana, je vous présente une série télévisée, qui doit être actuellement rediffusée sur TMC : Close to Home. La rediffusion en est actuellement au troisième épisode de la première saison.

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L’héroïne en est Annabelle Chase, substitut du procureur à Indianapolis. Elle est (relativement) jeune, elle est belle, blonde, revient tout juste de congé maternité après la naissance de sa fille Hailey. Heureuse en ménage, elle entend pas moins mener son travail à bien.

Présentée ainsi, la série peut paraître caricaturale. Il n’en est rien. Le producteur n’est autre que Jerry Bruckeimer, à qui l’on doit Les Experts, FBI porté disparu ou encore Cold case – bref, pas des séries réputées pour leur niaiserie.

Ici, nous découvrons une Amérique bourgeoise, croyante, bien comme il faut, bref, une Amérique sans problème apparent. Autant vous dire que cela fait très mal quand ils apparaissent aux yeux de tous. Je pense par exemple au pilote de la série, dans lequel une mère de famille met le feu à sa maison alors que ses deux enfants sont à l’intérieur – l’horreur du geste se dispute à l’horreur du mobile, une fois découvert. Je pense à cette femme qui poignarde son mari qui voulait divorcer et se justifie en disant que « Dieu l’avait poussée » à commettre ce geste.

Les rouages du système judiciaire américain sont aussi bien démontés – et il faut parfois faire le choix entre sauver une victime ou emprisonner un suspect.

Cette série a été arrêtée au bout de deux saisons. C’est dommage, car comme tous les séries arrêtées inopinément, elle se termine un peu en queue de poisson.

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