Archive | avril 2018

Les grands détectives n’ont pas froid aux yeux de Kyotaro Nishimura

Présentation de l’éditeur :

Que Maigret, Ellery Queen et Hercule Poirot sont-ils allés faire à Tôkyô ? En les invitant, M. Sato a son idée : se faire voler deux millions de dollars, sous leurs yeux. Quel plaisir d’offrir à ses détectives favoris le luxe d’une enquête sur le vif… Bien entendu, un vieux détective japonais est de la partie : Kogoro Akechi, le héros d’Edogawa Ranpo.

Mon avis :

Il fallait sans doute être un auteur japonais pour oser mettre dans un même roman ces trois héros occidentaux à la retraite. Oui, il y a une avis après le quai des Orfèvres, après des enquêtes menées tambour battant ou qui ont largement sollicités les petites cellules grises. Il faut avoir l’ouverture d’esprit nécessaire également pour lire ses héros sous une autre plume.

M. Sato leur offre une enquête inédite, mélange de vol, d’agression et, il faut bien le dire pour la suite des événements, de meurtre. Le narrateur est d’ailleurs un peu déçu par ses gloires vieillissantes. Et oui : accompagner l’ancien commissaire Maigret faire du tourisme, comme un touriste ordinaire qui cherche à visiter les coins les plus populaires de Tokyo (et à ramener des souvenirs pour sa femme), franchement, il espérait mieux d’un aussi grand policier. La retraite, vous dis-je.

L’enquête, qui nous entraîne en chambre close, est tout simplement tortueuse. L’erreur de M. Sato est simple : sous-estimer ceux qu’il a engagés, croire qu’ils ne résoudraient pas l’enquête. Etait-ce bien raisonnable ? Non.

Les grenouilles samouraïs de l’étang des Genji d’Hino Kazunari

Mon avis :

Ce livre met en image un conte japonais, qui nous fait revivre, par le biais de grenouilles, La fabuleuse épopée japonaise des clans rivaux Genji et Heike. Nous découvrons de magnifiques paysages remplis de nuances de vert, sur lesquels des fleurs blanches, roses et jaunes finement ciselées s’épanouissent.

Grand-père crapaud raconte aux petits tétards une histoire, une histoire de samouraïs, une histoire de protection d’un lieu particulièrement aimé. Les samouraïs et leur armement, leurs armures sont soigneusement dessinés. D’ailleurs, les images nous renseignent elles-mêmes sur les temporalités du récit. Les dessins montrent le temps présent, et le temps passé, puis le dessin se consacre uniquement au passé, avant de revenir à un présent apaisé. La berceuse finale, dédiée aux fleurs de printemps et d’automne, est d’ailleurs magnifique.

A faire découvrir !

Le passager de la Toussaint de Jean Failler

Présentation de l’éditeur :

De retour à Quimper après une longue convalescence, le commissaire Fabien me confie une bien étrange mission : rencontrer un magnat du commerce qui aurait des ennuis.
Le genre de job que j’affectionne, comme vous le savez.
Mais voilà, ce.Monsieur m’est recommandé par un ponte de la place Beauvau, l’ineffable commissaire Mervent, devenu bras droit du ministre de l’Intérieur.
Pour faire preuve de bonne volonté, car Mervent m’a rendu un signalé service lors d’une précédente enquête, je décide de rendre visite à monsieur Pinchard en son domicile de Landévennec.
Celui-ci me révèle que son fils Matthieu, condamné à vingt ans de réclusion criminelle pour le meurtre «le son meilleur ami et en fuite depuis sa condamnation, vient d’être retrouvé.

Mon avis :

J’aime bien lire, de temps en temps, des enquêtes de Mary Lester, ne serait-ce que parce qu’elles me permettent de parcourir une région que j’apprécie particulièrement (après la Normandie, forcément) : la Bretagne.
Mary Lester se retrouve à Quimper pour enquêter sur un cold case qui vient brusquement de se réchauffer : le coupable d’un meurtre vient d’être arrêté, vingt ans après s’être échappé. Où, quand, comment ? Je ne vous le dirai pas, à vrai dire, je vous en dirai le moins possible pour ne pas vous gâcher le plaisir de la lecture. Je vous dirai simplement que ce livre brasse des thèmes intéressants. Que reste-t-il d’une affaire criminelle classée, vingt ans plus tard ? Que deviennent ceux qui ont été amis avec la victime, avec le coupable, et qui ont continué à vivre, et dont la vie, parfois, a pris un tournant très différent ?
Et le coupable ? Mathieu Pinchard venait d’être jugé et condamné. Il n’est plus l’homme qu’il était – si tant est qu’il ait vraiment parfaitement collé au portrait que l’on voulait bien faire de lui. Il est sans doute le plus sympathique de tous les personnages que l’on rencontre dans cette enquête parce que la vie qu’il s’est construite, ce n’est pas une arrestation, ni même l’emprisonnement, qui pourrait la lui ôter. Malgré ce qu’il a vécu, malgré ce qu’il a subi (on le découvrira au cours de l’intrigue), malgré ce qu’il se reproche, il a su faire donner un sens à sa vie. Tous ne l’ont pas fait.
Il faut dire que la société dans laquelle il a grandi est particulièrement misogyne. Les femmes doivent rester à leur place de femme, plus encore si elles ne peuvent pas devenir mères. Récit daté ? Pas tant que cela, j’en connais qui, en 2018, pensent de même. Ce n’est pas tant une entreprise qu’a crée et géré son père, mais un empire au sens dynaste du terme. Il ne manque même pas les soldats pour le protéger. J’exagère à peine.
Le passager de la Toussaint est une contre-enquête intéressante à lire : il faut toujours aller au-delà des apparences.

Disparitions à Versailles de Virginie Platel

Présentation de l’éditeur :

Alors qu’elle travaille au Louvre, Elfi découvre que La Paix ramenant l’Abondance de la célèbre portraitiste de Marie-Antoinette, Élisabeth Vigée Le Brun, a disparu… Pas seulement du musée mais bien de la conscience collective. C’est comme s’il n’avait jamais existé. Aussi, lorsqu’un ami scientifique qui ?uvre pour un laboratoire secret à Monaco, lui propose de tester un incroyable voyage dans le temps, Elfi y voit aussitôt l’opportunité de percer le secret de la disparition du tableau. Propulsée, en compagnie d’Inès, en plein c?ur du XVIIIe siècle, elle n’aura que quelques heures pour résoudre des énigmes dont dépendent à la fois leur destin et leur survie dans le turbulent Paris de l’époque, avec Élisabeth Vigée Le Brun en personne, mais aussi dans le Versailles de la dernière reine de France…

Merci à Netgalley et aux éditions MxM pour ce partenariat.

Mon avis : 

Aimez-vous les romans d’aventures ? Aimez vous les romans historiques ? N’êtes-vous pas contre une touche de fantasy ? Si oui, alors ce roman devrait vous plaire. J’ajoute que si, comme moi, vous êtes passionnée par tout ce qui touche à Marie-Antoinette, vous êtes vraiment au bon endroit.
J’ai eu envie de secouer Elfi, qui correspond au prototype de la parfaite épouse telle que j’en ai trop croisé dans ma vie. Ce que j’entends par là ? La jeune femme qui a fait des études, brillantes, qui a un poste à la hauteur de ses qualifications, et qui abandonne un travail qui lui plait pour son « couple » et surtout, pour la carrière de son mari. Bien sûr, c’est un échec – et très souvent, dans la vie aussi.
Tout se brouille après dans sa vie, elle perd ses derniers repères artistiques et c’est là qu’on lui fait une proposition qu’elle ne refuse pas, parce qu’elle ne voit pas vraiment quel sens donner à sa vie. Pour cette mission – car s’en est une – elle rencontre Inès qui est quasiment son contraire. Malgré ses secrets, elle est volontaire, dynamique, débrouillarde, et toujours prête à venir au secours d’Elfy.
Avec elles, le lecteur se trouvera projeté dans un monde très finement reconstitué – parfois un peu trop, j’ai eu parfois l’impression que cela ralentissait l’action. Qu’importe finalement, nous nous trouvons plongés dans ce monde pré-révolutionnaire, dans lequel il fait encore bon vivre pour la noblesse, pas très bon pour tous les autres. Je ne vous parle même pas de la place des femmes. Cela tombe bien, j’aime aussi beaucoup l’oeuvre de madame Vigée-Lebrun, son rapport avec Marie-Antoinette.
Mais le roman historique n’est pas tout, ce livre présente un autre aspect que j’ai presque envie de vous laisser découvrir seul. Il s’agit du volet aventure, mâtinée d’espionnage, sur lequel se clôt le roman. Qu’en sera-t-il dans le tome 2 ? A voir !

Le printemps des écureuils de Kazuo Iwamura

Présentation de l’éditeur :

C’est le dégel. Nic, Nac et Noc explorent les alentours encore enneigés. En fondant, la neige forme un petit ruisseau. Nic, Nac et Noc grimpent sur un bout de bois et se laissent flotter au gré du courant qui les mène à l’étang voisin. Les canards sauvages viennent à la rescousse des trois écureuils apeurés

Mon avis :

Ai-je besoin de vous le préciser ? Je suis une fan des albums d’Iwamura, et celui-ci ne fait pas exception. Ce ne sont pas des souris qui sont à l’honneur, mais trois petits écureuils intrépides.

L’hiver est en train de partir, le printemps s’annonce, et c’est un autre visage de leur lieu de vie qu’ils découvrent. La couleur blanche s’en va pour laisser la place au vert, à la nature qui renaît, aux animaux qui réapparaissent. L’apparition des canards, leur rôle dans l’aventure des petits écureuils est à ce titre emblématique de ce réveil de la nature, de cette mise en mouvement des éléments. Les dessins sont, comme toujours, très beaux, très soignés, très précis, un vrai régal pour les yeux.

Un album à lire en toute saison.

Au sorbier des oiseleurs de Jo Ann Van Haff

Présentation de l’éditeur :

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs…
Venez déguster un thé et des pâtisseries au Sorbier des Oiseleurs, l’endroit le plus prisé, et sûrement le plus magique, de tout Aucelaire…
Vous y ferez la connaissance de Ginie, une jeune femme brimée par les convictions religieuses d’une mère abusive et qui n’a connu l’amour qu’à travers les romans qu’elle lit en cachette au cœur de la forêt.
Vous y rencontrerez Tito, un bel Andalou mystérieux, de passage, même s’il semble être un habitué de la cité. Vous assisterez à leur rencontre et à la naissance de leur amour… un amour rendu impossible par bien plus que la distance qui les sépare.
Mais surtout, en ouvrant ce livre, vous plongerez dans le premier conte d’Aucelaire de Jo Ann von Haff, un conte qui vous emportera dans un monde unique, entre imaginaire et fantastique, saupoudré de mystère et de romance.

Merci à Netgalley et aux éditions MxM BookMark pour ce partenariat.

Mon avis :

Le sorbier des oiseleurs est un livre très troublant, parce qu’il ne vous emmène pas du tout là où vous le pensiez. Je pensais qu’il serait doux comme une pâtisserie, il était plutôt âpre comme du chocolat au poivre. Ginie est l’héroïne de ce roman. Elle vit dans une ville à la fois imaginaire et réelle, moderne et hors du temps, comme ce magnifique salon de thé du Sorbier des oiseleurs où elle se réfugie régulièrement. Rien de mieux qu’un salon de thé pour bien se porter. Ce salon est le seul refuge pour elle, mis à part le logement de sa meilleure amie. Le seul refuge parce que son lieu de travail est une zone sinistré, et que son logement est tenu par sa mère, que je ne qualifierai pas de bigote, non, mais de névrosée que la plus stricte des sectes ne saurait renier – sachant que sa place serait davantage en hôpital psychiatrique qu’en ville.
Il est des mystères dans ce roman, et tous ne seront pas levés, sans que cela gène véritablement la compréhension de l’intrigue. Nous en saurons suffisamment, nous serons finalement dans la même position que Ginie, qui découvre cet univers tout comme nous.
Je me suis demandée comment elle avait pu vivre aussi longtemps dans une telle situation et en supporter autant. Ce n’est pas une forme de masochisme, non, mais la manière de vivre d’une personne qui, finalement, n’a jamais rien connu d’autre – avant de s’en délivrer. J’ai beaucoup aimé le personnage de Tito et celui de Benita, sa mère, deux personnages prêts à tout pour les personnes qu’ils aiment – et tant pis pour les « lois ».
A découvrir.

La chambre des merveilles de Julien Sandrel

Présentation de l’éditeur : 

Louis a 12 ans. Ce matin, alors qu’il veut confier à sa mère,    Thelma, qu’il est amoureux pour la première fois, il voit bien  qu’elle pense à autre chose, à son travail sûrement. Alors il part, fâché et déçu, avec son skate, et traverse la rue à fond. Un camion le percute de plein fouet. Le pronostic est sombre. Dans quatre semaines, s’il n’y a pas d’amélioration, il faudra débrancher le respirateur de Louis.  En rentrant de l’hôpital, désespérée, Thelma trouve un carnet sous le matelas de son fils. À l’intérieur, il a dressé la liste de toutes ses « merveilles », c’est-à-dire les expériences qu’il aimerait vivre au cours de sa vie. Thelma prend une décision : page après page, ces merveilles, elle va les accomplir à sa place. Si Louis entend ses aventures, il verra combien la vie est belle. Peut–être que ça l’aidera à revenir. Et si dans quatre semaines Louis doit mourir, à travers elle il aura vécu la vie dont il rêvait. Mais il n’est pas si facile de vivre les rêves d’un ado, quand on a presque quarante ans…

Merci aux éditions Calmann-Lévy et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis : 

Quand je rédige un avis, je mets forcément beaucoup de moi. J’ai le même âge que l’héroïne, mais, contrairement à elle, cela fait très longtemps que je distingue ce qui est urgent de ce qui ne l’est pas. Peut-être parce que j’ai été confrontée très jeune à la perte d’un proche, et que l’arrivée du dernier jour ne prévient pas toujours.  Je ne dis pas qu’il est possible de s’entendre bien, tout le temps, avec tout le monde. Je dis simplement que le travail n’est pas tout dans la vie, surtout si aucune vie ne se retrouve mise en jeu.
Mais revenons au livre, nous sommes tout de même là pour cela. Autant vous dire qu’il faut avoir un bon moral avant de le lire. Il n’est pas forcément réjouissant de lire l’histoire d’une mère qui veille son fils unique, plongé dans le comas, comas dont il ne pourrait jamais sortir. Mère qui, par la même occasion, se rapproche de sa propre mère, des valeurs qu’elle lui a inculqué, et met de l’ordre dans sa vie professionnelle – enfin, pourrait-on dire. Thelma veut aider son fils, et pour cela, elle va vivre ses rêves – à sa place – et découvrir tout ce qu’elle ne savait pas sur son fils. Tout ce à quoi elle n’avait pas fait attention.
Oui, certaines pages sont savoureusement drôles, et paraîtront parfois improbables. Peu importe : le récit se tient, allant crescendo dans les défis. Ils amènent aussi Thelma à s’interroger sur sa solitude, qu’elle n’avait pas vu jusque là, tant elle était plongée dans son travail. S’ouvrir à nouveau aux autres est possible, même quand le temps est compté.
La chambre des merveilles est un livre riche, qui parle de notre époque et nous interroge sur notre rapport aux autres, sur nos priorités aussi. Gardez tout de même une boite de mouchoirs à portée de main.

Journal d’un louveteau garou – 25 avril 2018

Cher journal

En un mot comme en cent
J’irai droit au but
Moi-même je n’en reviens pas.
Figure-toi qu’une authentique louvetelle a déclaré sa flemme à mon frère.
Autant vous dire que j’ai de sérieux doutes sur la lucidité de cette toute jeune membre de la meute.
Il paraît que ses amies n’en avaient déjà plu depuis longtemps.
Là où je suis pleinement rassuré, c’est que mon frère lui a mis un râteau de compétition. Namého, il ne faut pas exagérer, son coeur est à Gentiane, il n’est à personne d’autres.
Sinon, ce sont les vacances. Ouf.
Je commençais à ne plus supporter certains membres de ma classe.
Je vous passe sous silence ceux qui n’ont pas le sens de l’orientation. Un comble quand on est un loup garou.
Je vous passe sous silence ceux qui passent leur temps à se vernir les griffes ou à se mettre du baume sur les coussinets.
Notre vaillant professeur de sport a jeté l’éponge, le gant, les ballons, enfin, tout : il a ouvert un club de jardinage. Et notre professeur de maths, un club de cuisine.
Sur ce, je te laisse, je vais faire la sieste.
Anatole Sganou, 3e Bleu.

Le mur du silence d’Hakan Nesser

Présentation de l’éditeur :

Deux appels anonymes signalent la disparition d’une adolescente séjournant dans un camp de vacances. Bientôt, la police trouve un premier cadavre. Van Veeteren, désigné pour mener l’enquête, découvre non pas un camp de vacances, mais une secte très fermée. Propulsé dans un monde de silence aux règles sinistres, l’inspecteur avance à tâtons, avec pour seul guide son intuition…….

Mon avis :

La dernière enquête d’un commissaire de police est un thème récurrent, que ce soit dans les romans ou dans les séries télévisées – vous noterez dans ce dernier cas, le nombre incroyable de policier qui meurent au cours de cette fameuse dernière enquête. Il reste aussi à déterminer ce qui cause cette dernière enquête : l’heure du départ a-t-elle sonné, ou bien est-ce autre chose qui a motivé ce départ ? De même, dans quel état d’esprit cette ultime enquête est-elle abordée ? Ne surtout pas faire de vague, pour ne pas compromettre un départ dans le calme, ou bien tout donner parce que l’on n’a plus rien à perdre ?
Van Veeteren, lui, n’en peut plus. Il ne supporte plus toutes les horreurs qu’il a vues, et réfléchi sérieusement à changer d’orientation professionnelle. Pour son orientation personnelle, c’est déjà fait : il est divorcé, mais son ex-femme souhaite un rapprochement qu’il est loin de désirer. Oui, ses petits-enfants peuvent mener une vie épanouie sans voir grand-mère et grand-père ensemble. Il projetait d’ailleurs ses prochaines vacances très loin… jusqu’à ce qu’on lui demande un service : rien de très grave, si ce n’est un coup de fil anonyme au sujet d’un camp de vacances. Mais Van Veeteren doit un service, et surtout, ne veut pas laisser un jeune collègue dans la panade. Il se rend donc sur place, et la situation est bien différente.
Camp de vacances ? Non, secte, et c’est pour une préparation à la communion que les parents laissent leurs filles, âgées d’une douzaine d’années, sept semaine dans ce camp, sans communication extérieure – nous sommes en 1997, et les téléphones portables ne sont pas aussi courant que maintenant, et je ne vous parle même pas des communications internet. Secte dont les pratiques ne dérangent quasiment personne – ils sont si discrets ! Même la condamnation du « prêtre » n’a pas empêché les adeptes de se multiplier – les vrais croyants ont toujours été persécutés, n’est-ce pas ?
La réalité se fait plus sombre, plus cruelle quand le corps d’une adolescente est découvert, puis un autre. Mais comment enquêter quand les adultes et les enfants se taisent, et quand le gourou est en fuite ? De là à dire qu’il signe là sa culpabilité, il y a un pas que certains franchissent allègrement, alors que les membres de la Vie Pure lui laissent entièrement leur confiance. Peu importe les méthodes utilisées : enquêter prend du temps quand on se heurte au silence.
Van Veeteren et les autres enquêteurs sont profondément humains – heureusement. Les touches d’humour qui parsèment le récit, leur coup de gueule aussi font du bien. Rester indifférent en certaines circonstances est impossible.

L’honneur du samouraï de David Kirk

Présentation de l’éditeur :

Honneur, Loyauté, Vengeance.

Japon 1600. Musashi Miyamoto était le plus grand guerrier de tous les temps. Avant que lui et ses hommes ne soient vaincus lors de la bataille de Sekigahara qui a vu les Armées de l’Est renverser l’ancien pouvoir.
Survivant mais seul, Musashi doute. Jusqu’alors, il avait vécu et combattu comme un samouraï, fier de sa tradition, loyal aux préceptes de la Voie. Depuis sa défaite, se soumettre aux exigences de l’Honneur, l’une des sept vertus du samouraï, signifie se donner la mort. Et Musashi veut vivre.
Mais, considéré comme un ennemi de la nation, sa tête est mise à prix. S’il a renoncé à la violence, il lui faut se protéger et préparer sa vengeance contre ceux qui veulent sa mort. Pour cela, il n’a qu’un adage : « Le sabre donne la vie. Le sabre donne la mort ».

Mon avis : 

Merci aux éditions Albin Michel et à Babelio pour ce partenariat.
Musashi Miyamoto est un jeune samouraï. Il aurait dû mourir, non pas mourir au combat, il a combattu et survécu, mais se suicider, comme la Voie le demandait. Il avait un but : vivre. Il n’a pas respecter les règles que d’autres voulaient lui imposer. D’autres, d’ailleurs, qui l’ont transformé en fugitif, pour une question d’honneur – le leur, forcément.
Les paysages qui sont décrits sont pourtant si beaux, et ils se retrouvent le théâtre d’affrontements violents. Ne cherchez pas une lutte aseptisée. le sang coule, les blessures ne cicatrisent pas facilement, elles s’infectent même, et les soins qu’il faut apporter pour guérir prennent souvent le temps d’une saison. Quand on vous laisse la possibilité de guérir, évidemment. Oui, c’est la vérité nue des chairs que nous voyons, jusque dans la mort aussi.
Cette violence ne constitue jamais de rebondissements gratuits, elle fait partie de l’intrigue, du corps du roman. Musashi a renoncé à la violence, sauf quand il juge le combat nécessaire.
Traque ou poursuite ? Ces deux éléments se recoupent et pourtant, ce n’est pas exactement la même chose. Misashi fuit, un temps, se fond littéralement dans l’environnement qui l’entoure, avant de rechercher ceux même qui ont lancé la traque – parce que la paix ne serait pas possible sinon.
Et quelle paix, d’ailleurs, dans ce Japon où tout ce qui est au nord d’Edo est vu comme barbare ? Puisque ce livre est un second tome, verra-ton une suite, pour continuer le chemin avec Musashi Miyamoto.