Archive | 16 décembre 2013

Minuit-Cinq de Malika Ferdjoukh

tous les livres sur Babelio.com

Mon résumé :

Minuit-cinq vit dans la rue, avec sa petite soeur Bretelle et d’autres gamins de son âge. Il cotoie aussi Emil, dompteur de poux sauvages et heureux propriétaires de trois souris, Froufrou, Nana et Zizi. Leur quotidien ? Trouver l’argent nécessaire pour se payer une nuit dans la cour d’une auberge, et éventuellement de quoi se nourrir. La disparition du collier de la comtesse Daniela Danilova arrive à point nommé. Et s’ils le retrouvaient ? Ils toucheraient ainsi la récompense promise. Quel beau cadeau de Noël !

chall32

Mon avis :

Si vous aimez les contes de Noël qui jouent merveilleusement avec les codes du genre, ce livre est fait pour vous et pour les bambins qui vous entourent (à partir de neuf ans).

Antonin, dit Minuit-Cinq, et Bretelle, sa soeur au prénom imprononçable, ont fui l’hospice Saints-Fidèle-et-Méthode, et survivent comme ils peuvent dans la rue. Si les disputes font rage dans la journée avec une bande rivale, la nuit, une trêve est respectée. Il vaut mieux dormir en sécurité que savoir quel groupe est le plus débrouillard.

Du côté des beaux quartiers, la vie est nettement plus rose – ce n’est pas Ruby, directrice avec son mari d’un théâtre ambulant, qui s’évanouirait opportunément, elle en a trop vu, elle a trop souffert. La comtesse Daniela Danilova peut tomber en pâmoison dans les bras de l’aristocrate qui la poursuit de ses assiduités après la perte de son collier, elle remplit parfaitement son rôle d’héroïne en détresse, qui n’attend qu’un preux chevalier pour venir à sa rescousse.

Je m’égare un peu. La vraie détresse, la douleur, ont la politesse d’avancer masqués. Les compagnons d’infortune savent s’unir quand il le faut, et se réjouir des petites victoires sur les coups du sort. Cette période de Noël, propice aux « chants sacrés » et aux « saveurs sucrées » voit également la rencontre entre de bons chrétiens, qui ont oublié la véritable signification de cette fête (n’est-ce pas, Comtesse Danilova) et des juifs, tel l’usurier Mordechai Meisl, accompagné d’un petit chien qui n’est pas sans rappeler le compagnie d’Aggie (autre héroïne de Malika Ferdjoukh) qui pratiquent davantage les vertus chrétiennes que ces beaux messieurs des beaux salons de Prague. La « vermine » n’est pas là où l’on pense.

Tout finira bien – ce livre est aussi un conte de Noël. Reste à savoir quelle définition l’on donne à ce mot « bien ». Conte de Noël, oui, conte de fée, non.

cerclelogo