Archive | avril 2013

Challenge amérindiens par La petite marchande de prose

Non, je ne suis plus une boulimique de challenge, et ce n’est pas certains organisateurs qui diront le contraire. (Je ne cite pas de noms).

Cependant, ce challenge amérindien m’a tentée, et je me suis inscrite hier.

challenge amérindien

La petite marchande de prose nous propose nous un Challenge Amérindiens (qu’ils soient du sud ou du nord du continent). L’idée, c’est d’offrir toutes nos chroniques tous domaines confondus (Littérature au sens large tant qu’il est question d’amérindiens quelque part, mais aussi art, histoire, ethnologie, spiritualités et pourquoi pas cinéma, expositions…). Pour nous aider, une petite bibliographie littéraire est disponible, et je dois dire qu’elle m’a bien aidé. Les billets rétrospectifs sont admis.

Le challenge est ouvert jusqu’au 31 août 2014. Pour vous inscrire, rendez-vous sur le billet d’inscription du challenge.

Il existe quatre catégories :

– Petit Tonnerre : de 1 à 3 livres

– Homme Médecine : de 3 à 5 livres

– Chef de guerre : de 5 à 10 livres (j’ai choisi celle-ci, j’ai quatre livres dans ma PAL, j’en trouverai bien un cinquième).

– Grand Mystère : plus de 10 livres (il y a un an, j’aurai choisi celle-là.)

Challenge Cap au Nord

J’avais participé l’an dernier au challenge organisé par Myiuki. Devant le succès rencontré, Myiuki reprend ce challenge, qui débutera le 1 mai et se terminera
Cap au Nord Cap au Nord

Le principe est simple : lire autant de livres que possible dont l’auteur est originaire d’un des pays suivants …

–    Norvège
–    Suède
–    Finlande
–    Islande
–    Danemark
Pour cette deuxième édition, Miyuki étend ce challenge à d’autres auteurs venus du froid :

–    Russie
–    Canada
–    Pays Baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie)
–    Groenland
–     Alaska (ce n’est pas un pays… néanmoins, il n’y fait pas vraiment chaud)

Pas de genre pré-défini, tout est accepté : littérature, bande dessinée, manga, albums pour enfants, etc. Le but ? Se faire plaisir, et vu mon peu d’appétence pour la littérature nordique en ce moment, je n’espère pas m’illustrer brillamment, mais au moins, limiter le désastre et vider ma PAL nordique.

Pour s’inscrire, rendez-vous sur le forum Livraddict Inscriptions]Challenge Cap au Nord ![01/05/2014 et sur le blog de Myiuki :  http://coeurdelibraire.over-blog.com/.

Il existe cinq catégories. J’ai choisi la catégorie 4 :

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Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 1er avril 2014.

Voici les livres que je compte lire :

Suède :

L’homme inquiet, le chinois et Les chiens de Riga d’Henning Mankell.

Norvège :

Zona frigida et La terre des mensonges d’Anne B Radge.

Cent ans et l’héritage de Karna d’Herbjorg Wassmo.

Seuls les morts ne rêvent pas de Vidar Sundstol.

Finlande :

Le potager des malfaiteurs ayant échappé à la  pendaison et la douce empoisonneuse d’Arto Paasilina.

Islande :

Trois romans d’Arnaldur Indridason et un roman d’Arni Thorarinsson

Danemark :

Un curé d’enfer de Jorn Riel.

Le démon de Ken Bruen

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Quatrième de couverture :

Pauvre Jack Taylor ! Lui qui pensait prendre un nouveau départ aux États-Unis, il s’est fait refouler par la police des frontières et l’avion a décollé sans lui… Il renoue alors une idylle désabusée avec l’Irlande, son pays, dont les vieux démons ont été réveillés par la crise.
Carburant au cocktail Xanax-Guiness-Jameson, Jack s’engage dans une affaire diabolique : des cadavres martyrisés selon un rituel satanique font surface dans les rues de Galway. Surtout, il ne cesse de croiser la route d’un mystérieux Mr K., sans jamais réussir à le cerner…
Avec l’aide de ses fidèles acolytes — Stewart, le dealeur zen repenti, Ridge Ni Iomaire, la fliquette lesbienne, et le père Malachy — Jack Taylor s’engage dans un combat contre le mal qui redonne du piment à sa vie.

Mon avis :

Si je vous disais « ce billet a été difficile à rédiger », je ne suis pas sûre que vous me croiriez, car il est le neuvième que je consacre à cet auteur. Pourtant, je maîtrise un peu moins la saga Jack Taylor, que j’ai pris en cours de route avec En ce sanctuaire de Ken Bruen. même si j’ai l’impression, après avoir lu ce tome, de côtoyer le héros depuis toujours.

J’ai bien dit « héros », car je n’ai pas envie de me lancer dans une classification héros/antihéros. Entre En ce santuaire, qui marquait un début de rédemption, et Headstone, que je lis en VO, Jack Taylor vit presque une parenthèse qui n’a rien d’enchantée, face à un adversaire qui tient plus du fantastique que du policier. Le démon, ou l’incarnation du mal tel que la religion catholique se le représente, et les crimes sont accomplis dans ce volume sont quasiment insoutenables, par leur violence, leur gratuité aussi. Tout aussi insoutenable est le manque de justice – voir l’impunité dont certains sont les bénéficiaires, pendant que leurs victimes n’ont parfois même plus leurs yeux pour pleurer. Autant vous dire que pour lire ce texte, il faut avoir les nerfs bien accrochés, même si l’humour est largement présent.

S’en est presque étonnant, car Jack Taylor n’est ni Porter ni Brant. Cette manière d’affronter l’ennemi avec dérision serait-elle dû à l’abus de Xanax, ou à la nécessité de lutter contre ses propres démons ? Il le fait en tout cas de manière très expéditive, au point que l’on peut se demander s’il a rêvé ses actes ou s’il les a réellement accomplis. Dans cette Irlande qui n’est plus celle de sa jeunesse (heureusement, par certains aspects) et qui n’est pas pour autant sortie de la crise, Jack se remémore sans nostalgie ses pires enquêtes, qui ont façonné et meurtri l’homme qu’il est aujourd’hui. Ces souvenirs ne l’incitent pas vraiment à diminuer sa consommation de ses trois meilleurs amis. Quant au dénouement, il n’est pas franchement rassurant et annonce le chaos de Headstone.

Fan de Ken Bruen ? Définitivement !

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La figure jaune de Sir Arthur Conan Doyle.

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Présentation du recueil :

Ce livre est,à mon sens, destiné à un jeune publie et aux enseignants, dans le but de faciliter l’étude de la nouvelle policière. Il comporte trois récits : la figure jaune, l’interprête grec, et le pouce de l’ingénieur.

Mon avis :

Des trois nouvelles qui sont rassemblées ici, La figure jaune a ma préférence, parce qu’elle traite de thèmes qui sont toujours d’actualité aujourd’hui. Je ne vous les dévoilerai pas, car les deux plus importants ne sont dévoilés qu’au moment du dénouement, relativement heureux, il faut bien le dire. Puis, il est toujours intéressant de voir Sherlock Holmes victime lui aussi de ce qu’il dénonce : dresser une théorie en se basant sur des préjugés est très dangereux. Lui, au moins, reconnaît ses erreurs, et n’hésite pas à le souligner.

L’interprête grec est bien plus tragique. Un échec de Sherlock Holmes ? Presque oui. Les efforts du détective ne peuvent rien contre la lâcheté (presque généralisée chez les proches de la victime), la ruse et la cupidité. S’il y a une justice, elle est bien tardive. Cette nouvelle, particulièrement sombre, nous permet de rencontrer Mycroft, frère aîné de Sherlock, et de découvrir les origines françaises des deux frères.

Le pouce de l’ingénieur porte bien son titre. Nous découvrons d’abord Watson, jeune marié, dans l’exercice de sa profession. Il a enfin un cabinet, commence à avoir une pratique fidèle, puisque d’anciens patients n’hésitent pas à lui en envoyer de nouveau. C’est dans ce cadre qu’il rencontre l’ingénieur qui donne son nom au titre et son intervention est l’une des plus sanglantes dans l’ensemble des enquêtes de Sherlock Holmes.  Pourtant, c’est dans son salon, feutré, que Sherlock résoudra l’enquête, avant de prendre le train jusqu’au lieu où l’ingénieur, plus chanceux que l’interprête grec, a failli perdre la vie. Là encore, la justice n’est pas réellement rendue et le dénouement concerve en partie un aura de mystère qui le rapproche du genre fantastique.

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Mauvais garçon de Michael Morpurgo

Michael Morpurgoédition Gallimard Jeunesse – 144 pages.

Présentation de l’oeuvre :

«Mauvais garçon !» On l’a toujours appelé comme ça. Petit, il faisait les quatre cents coups. En grandissant, il est devenu un vrai voyou et a été placé en maison de redressement où on lui mène à son tour la vie dure. Un jour, M. Alfie, un vieil homme qui s’occupe de chevaux, lui offre une seconde chance et lui confie Dombey, un cheval maltraité et farouche.
Mon avis :
Ce roman est une oeuvre de Michael Morpurgo : plaisir de lecture rime avec qualité d’écriture.  Il explore les thèmes qui lui sont chers – ce ne doit pas être un frein pour vous, si vous souhaitez découvrir ce roman. On ne reprochera pas à un auteur de polars de nous narrer ses histoires de tueurs en série, je ne vois pas pourquoi l’on reprocherait à un auteur de littérature jeunesse de parler de l’enfance, de la guerre, des animaux – et de souffrances aussi.
Le récit est rétrospectif – une autre constance de l’écriture de Morpurgo, quand il parle de la guerre. Une manière de créer un lien entre le passé, que les plus jeunes ne connaissent pas nécessairement, et le présent. Une manière aussi de rassurer le lecteur – quels que soient les péripéties rencontrées, le personnage principal s’en sortira.
Le narrateur est né en 1943, il a connu la fin de la guerre et l’absence du père. Quoi qu’en aient dit certains manifestants en France, il faut bien un homme et une femme pour concevoir un enfant, en revanche la présence des deux pour son éducation est des plus aléatoires. La mère du jeune héros est débordé par ses six enfants (elle est loin d’être un cas isolé) et son attitude lorsque son fils est envoyé en maison de redressement n’est pas non plus unique en son genre. Loin d’être accusateur, le jeune héros reconnaît sa part de responsabilité dans ce qui est arrivé – l’argent facile, la frime, l’envie de briller avec le seul moyen qu’il connaissait dans son quartier. En filigrane, apparaît cependant un système éducatif qui stigmatise ceux qui ne rentrent pas dans la norme, ceux qui ont des difficultés sur lesquels on n’avait pas, à l’époque, mis de noms.
Pour se sortir de la spirale de la délinquance (pas encore nommée ainsi elle non plus), il faut prendre confiance en soit, et pour cela, il faut que d’autres vous fassent confiance. Des adultes bienveillants, qui ont su voir ce que d’autres n’avaient pas discerné.
Mauvais garçon est, à nouveau, un roman hautement recommandable de Michael Morpurgo.

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Désir d’histoire, 98

Je crois que j’ai fait une bêtise en acceptant la proposition du chef de la meute du Sud. Cependant, diriger un pensionnat de louveteaux m’avait semblé une bonne idée, après toutes les épreuves que j’avais traversées.
Les professeurs m’avaient accueilli avec soulagement. Mon prédécesseur était si désespéré qu’il avait choisi de partir… dans le coffre de sa voiture. Il s’était décidé subitement.

–          Il était devenu paranoïaque à un point qui défiait l’entendement, me dit monsieur Guéry, professeur d’histoire des lycanthropes. Il n’osait plus « tenter une sortie » en dehors des heures de cours. J’ai cru comprendre que vous étiez…
–          Vampirologue et lycanthropologue, précisai-je. (Vous m’aurez peut-être reconnu si vous avez suivi V comme vampire : Gaël de Nanterry).
– Belle combinaison, reprit-il. Heureusement pour nous, il est rarement des vampires enfants. Les malheureux, je les plaindrais. Rester ado toute la mort, ce n’est pas une vie.
–                 Sinon, ajouta monsieur Frédéric, professeur de mathématiques, êtes-vous au courant de la catastrophe ? Trois fois rien, je vous assure. Disons que… à la suite d’un léger conflit entre le principal et certains élèves, deux salles de classes sont impraticables, à croire que les murs ont été construits en craie. Disons qu’ils se sont un peu effondrés. Juste un peu.
– Cela a fait un de ces bruits, commenta monsieur Guéry, contredisant son collègue.
– Je vous rassure, reprit son collègue, une équipe de Trolls très compétents a commencé les réparations. L’immeuble a résisté à leur arrivée.
Non, pas des Trolls, surtout pas.
Je sais : la dernière fois que je vous ai donné des nouvelles, nous nous rendions avec le haut-conseil vampirique, le haut-conseil faerique, le comité trollesque et bien sûr, pleine de loulou garous au Val Fleury, pour conjuguer nos efforts afin de déjouer un complot.
C’était le mois dernier.
J’ai l’impression que c’était il y a un siècle.
Le complot ? Il a été déjoué, je vous rassure tout de suite.
On ramasse les pots cassés, actuellement.
Enfin, si je peux appeler cela des pots.
Et c’est un peu repoussant.
Regarder deux salles de classe démolies est reposant, à côté.
Sauf quand j’ai vu qui dirigeait l’équipe de Troll.
Un spécialiste des Trolls.
Mon ex, Silas Chépukoi.
Oui, nous avons rompu, ou plutôt, « pris un temps de recul afin de reconsidérer notre relation ».
Nous avions reculé dans la même direction, apparemment.
Je l’ai salué, ai posé quelques questions sur les travaux, puis je suis allé jusqu’à mon bureau et me suis enfermé dedans, pour ne ressortir qu’après le départ des Trolls.
Sauf que Silas m’attendait.
Soit.
La soirée allait être longue.
Surtout si je vous explique en détails comment nous en sommes arrivés là.

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La mort n’a pas d’amis de Gilles Schlesser

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Quatrième de couverture :

Paris, décembre 1924. Un crime est commis rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie dont la mise en scène intrigue les enquêteurs. Il est suivi d un autre puis d un troisième, tout aussi étranges. Les victimes n ont pas de rapport apparent entre elles et la police ne dispose d aucun indice si ce n est que le meurtrier s inspire manifestement du tableau de Max Ernst, Au rendez-vous des amis. La toile est un portrait de groupe des principaux animateurs du courant surréaliste, lesquels sont évidemment les premiers suspectés, individuellement ou en association. Tandis que la police piétine, Camille Baulay, dite Oxy, reporter au Petit Journal, mène ses investigations qui la conduisent à fréquenter de près Breton, Éluard, Aragon, Desnos, Prévert… et le très énigmatique Dédé Sunbeam.

Merci à la maison d’édition Parigramme de m’avoir envoyé ce livre. Je l’ai reçu pour mon anniversaire (les coïncidences) et j’ai (beaucoup) attendu pour le chroniquer, étant donné qu’il paraissait le 7 mars.

Mon avis :

Vous noterez ma manière toute personnelle de rédiger mes avis très largement en retard. Il faut dire que, contrairement à d’autres lecteurs,  je n’avais jamais lu de romans de Gilles Schlesser, je ne connaissais pas grand chose en matière de peinture, n même de surréalisme… En revanche, je suis une grande lectrice de romans policiers, de romans historiques, je ferai donc avec mes compétences… littéraires.

Camille m’a fait penser au personnage de Louis Denfert, de Brigitte Aubert (l’art de se raccrocher à ce que l’on connaît) dont la compagne se nomme… Camille. Cette Camille Baulay, en revanche, n’a pas besoin d’un homme dans sa vie, et surtout pas pour prendre des décisions à sa place, ou prendre des risques inconsidérées. Elle y parvient très bien toute seule, et devrait surprendre les lecteurs qui pensent que les femmes des années 20 étaient toutes soumises et dociles. Camille assume ses choix, ses amours, même si ce n’est pas toujours évident (pas pour elle, pour ses partenaires) et doit faire avec le fantôme qui peuple ses nuits. On oublie trop souvent de nos jours le traumatisme laissé par la première guerre mondiale, et les conséquences, pas toujours négatives il est vrai, pour les femmes qui ont su prendre leur destin en main.

Autant dire que Camille et sa manie d’enquêter dérange, et pas seulement les policiers. Les rivalités qui déchirent les surréalistes, leurs petites méchancetés presque gratuites ne donnent pas d’eux une image reluisante. Nous sommes bien loin de la littérature ou de la peinture quand les préférences de certains les font écarter du mouvement sans ménagement.Bref, dans ce Paris des années 20, ils ne valent guère mieux que ceux qu’ils critiquent.

Cette intrigue me renvoie à un précepte qui m’est cher : il faut s’intéresser aux victimes et à leur vie pour découvrir le coupable. Nous ne sommes pas ici dans une intrigue où la surenchère de cadavres sert de prétexte à une course contre la montre pour arrêter un tueur et où l’identité des victimes devient secondaires. Le mobile du crime, fort ou léger, puise sa source dans leur passé – ce qui ne veut pas dire que le meurtrier se trouve excusé, loin s’en faut.

Après cette découverte, je compte me lancer prochainement dans la lecture de Mortelles voyelles.