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Soeurs de sang – tome 2 : Feu sacré de Nicki Pau Preto

Présentation de l’éditeur :

Elles étaient tels le jour et la nuit, et pourtant elles n’étaient rien l’une sans l’autre… On ne choisit pas toujours son destin. Mon cœur me souffle que là où ma main a tremblé, la tienne sera ferme. Là où j’ai échoué, tu triompheras. Au lendemain de sa première bataille contre les forces impériales, Véronyka voit enfin son rêve s’accomplir : une place d’Apprentie lui est offerte au sein de l’ordre très masculin des Dresseurs de phénix. Mais, bien loin de se satisfaire de son nouveau statut, elle ronge son frein face à la passivité du commandant, Cassian, qui refuse d’engager ses troupes dans une guerre ouverte. Or, pour la jeune fille et son ami Tristan, passé chef de patrouille, rien de pire que cette attente pesante. De son côté, l’empire, que Sev a réintégré en qualité d’agent infiltré, multiplie les provocations pour attirer les rebelles aux oiseaux de feu hors de leur patrie, Pyra. Le comble ? Il se raconte que des Dresseurs de phénix auraient rejoint les armées impériales… Se pourrait-il que ce soit l’œuvre de Val ? Car, prête à tout pour faire perdurer l’héritage des reines Pyromaque d’antan, celle que Véronyka considérait autrefois comme sa sœur ne semble pas avoir dit son dernier mot.

Merci à Netgalley et aux éditions Lumen pour ce partenariat

Mon avis :

Je n’avais que moyennement apprécié le tome 1, et j’ai beaucoup aimé le tome 2, qui dépasse les sept cents pages. J’ai mis du temps à le lire, plus de temps que je ne l’aurai pensé, mais j’ai véritablement apprécié ce livre, et je lirai le tome 3 très certainement.
Tout d’abord, l’une de mes grandes inquiétudes a été levée : nous retrouvons bien Sev et Kade dans ce tome, mes deux personnages préférés. Ces deux personnages gagnent en profondeur, se rendant compte eux-mêmes du chemin qu’ils ont parcouru, de leur fidélité aux engagements qu’ils ont pris, même s’ils ne sont pas toujours faciles à suivre. Se questionner, prendre la bonne décision, agir, penser à l’avenir : oui, j’aurai volontiers passer plus de temps avec eux.
Ils ne sont pas les seuls personnages à gagner en profondeur. Cassian est de ceux-là, et ce que nous découvrons sur lui donne beaucoup plus de richesse à son personnage. Quant à son fils Tristan, il était déjà complexe dans le tome 1 – son attachement avoué à Veronyka ne le rend pas simpliste dans ce tome 2.
Je parle, je parle des personnages, mais l’intrigue est elle aussi très bien construite. Nous sommes très loin, lors du dénouement, de la situation initiale de ce second volume. Que de chemin parcouru, d’aller et retour, de batailles, de sang versé, mais aussi de courage. Prendre la bonne décision, et surtout, vouloir la paix, pour qu’enfin chacun puisse vivre librement : l’autrice ne nous épargne pas dans quel état se trouve la société dans laquelle nous évoluons.
J’ai gardé pour la fin les deux héroïnes qui donnent leur nom à cette série de roman : Véronyka et Val. Véronyka est parfois toujours aussi naïve (soupirs), cependant elle évolue aussi de façon positive, marchant, en l’assumant parfaitement, dans les traces de sa mère, ayant compris aussi jusqu’où Val était prête à aller.
Val, ou plutôt Alvakyra Pyromaque. J’aime pourtant les personnages de méchants, de « beaux » méchants, et reconnaissez qu’Harry Potter aurait nettement moins de saveurs si l’ennemi à vaincre n’avait pas le charisme de Voldemort. Le gros problème d’Alvakyra, c’est qu’il n’y a rien à sauver, pour moi, de ce personnage. Rien. Elle apparaît quasiment comme une coquille vide, une caricature de méchante. Elle veut dominer le monde, et se moque de tout détruire sur son passage. Elle ne tire aucune leçon de son passé. Elle n’aime qu’elle-même, et encore, il y aurait fort à dire sur elle, dont la plus grande richesse, en plus de ses pouvoirs, est son immense confiance en elle. Elle ne mérite pas les phénix qui l’ont entourée, au cours de ses deux vies.
Le tome 3 devrait paraître en anglais en juillet 2021 – espérons pouvoir le lire démasqués.

Fascination de Stephenie Meyer

Mon avis :

Livre lu pour la première fois quasiment à sa parution. Je me souviens avoir alors fait un pari avec les élèves de qui lirait la tétralogie le plus vite. J’ai perdu. A l’époque, je ne tenais pas encore de blog, et je lisais moins que maintenant, préférant le cinéma. Si j’ai voulu relire ce livre, c’est aussi pour le considérer d’un oeil neuf, par rapport aussi à mon évolution personnelle – il est des faits, dans mes lectures, qui n’attiraient pas forcément mon attention à cette époque.
Tout d’abord, j’ai pris ce livre pour ce qu’il était, à savoir un divertissement.
A la relecture… non, certains faits ne m’énervent pas, mais je me questionne. Bella, diminutif d’isabella, est très maladroite. Ce sont des choses qui arrivent. Elle appelle son père « Charlie » et non « papa », sans que je comprenne véritablement pourquoi. Certes, ses parents sont divorcés, certes, elle a été élevée par une mère totalement immature, à moins qu’elle n’ait élevé sa mère, qui se comporte un peu comme une adolescente attardée. Je n’ai pas trop aimé non plus le jugement que porte Bella sur le remariage de sa mère. oui, elle a épousé un homme plus jeune, et alors ? Bella avance quelques hypothèses sur ce choix – et si, tout simplement, sa mère était amoureuse. Pour ne pas « gêner » sa mère, Bella choisit d’aller vivre avec son père et là, elle se transforme en…. j’hésite ? Bonne épouse ? En tout cas, c’est elle qui tous les soirs fait la popote pour son père, qui lui rappelle,grommelant un peu, qu’il a très bien su se nourrir seul pendant dix-sept ans.
Quant au Cullen, pour ma part, il m’ont paru plus inquiétants que séduisants. Inquiétants aussi, les jugements que l’on peut porter sur une famille dans laquelle tous les enfants ont été adoptés, jugement que j’avais lu dans un roman datant de 1938, et que je ne pensais plus lire dans un roman contemporain. Puis, ces cinq adolescents ne mangent jamais à la cantine. Certes, je veux bien que la cantine ne soit pas très bonne, mais il faudrait au moins que les chers petits fassent un peu semblant de grignoter, ou de manger « ailleurs », eux qui vont déjà camper très souvent, sans que cela dérange plus que cela l’organisation du campus.
Il est aussi des incidents qui, s’ils se passaient dans la vie réelle, sans vampire amoureux, feraient se terminer le roman bien plus vite que prévu. Vivre dans de petites villes de l’état de Washington peut donc être extrêmement dangereux.
L’on compte aussi une communauté indienne, dont l’un des membres est très ami avec Charlie. Bella sympathise aussi avec eux. Ce sont eux, qui, les premiers, parlent à Bella des « sang-froid », ce qui n’a rien à voir avec leur calme. Bella fait donc des recherches sur les vampires – au cas où le bel Edouard en serait un. Bingo ! Non, je ne divulgue pas une part importante de l’intrigue, depuis le temps, tout le monde sait que les Cullen sont des vampires végétarien. Le roman paraîtrait de nos jours, ils seraient des vampires vegan (je me moque… à peine).
D’ailleurs, neuf ans plus tard, j’avais complètement oublié la principale péripétie du roman. Non, pas le fait qu’Edward brille au soleil (fond de teint, BB crême, m’enfin, les cosmétiques font des miracles) mais le fait qu’un groupe de trois vampires se promènent dans la région et interrompent leur partie de base-ball. Leur description dans le roman est très différente de ce que l’on peut voir dans le film, et c’est dommage – un vampire, c’est dangereux, ce n’est pas séduisant. Je reconnais cependant que James est un « beau méchant », et qu’il est presque dommage qu’il apparaisse si tard dans le récit. Son influence pèsera un peu sur la suite de la saga, et surtout, il démontre qu’il ne suffit pas d’être un vampire centenaire ou tricentenaire pour être futé.
J’ai préféré les personnages secondaires, finalement : Rosalie, qui sait ce qu’il en coûte d’être une vampire, Alice, qui s’adapte à une situation exceptionnelle. Je me sens en revanche mal à l’aise avec le bon docteur Cullen, qui s’est trouvé une compagne à son goût, finalement, et a aussi formé des couples, avec quelques « ratés » parfois (Oui, Rosalie et Edward, cela n’a pas fonctionné, Rosalie s’est donc trouvé un chéri toute seule comme une grande).
Non, je ne relirai pas la suite – je pense avoir déjà beaucoup lu !

La guilde des aventuriers tome 1 de Zach Loran Clark et Nick Eliopulos

édition Bayard Jeunesse – 448 pages

Présentation de l’éditeur :

Bienvenue dans la Guilde des Aventuriers.
Nul ne connaît leur nombre exact. Elle est composée d’illuminés à la cervelle ensorcelée et autres créatures corrompues par les démons, tous lourdement armés.
Voici la consigne : rester en vie jusqu’à demain matin.
Pierrefranche est l’une des dernières cités survivant à l’assaut des monstres qui ont envahi le monde. Différentes guildes y organisent la résistance. Parmi elles, celle des Aventuriers a mauvaise réputation :
Ses apprentis sont recrutés de force.
Ses membres meurent jeunes.
Zed, un demi-elfe aux pouvoirs magiques, est désigné pour rejoindre la guilde des Aventuriers. Son meilleur ami Brock décide alors de se porter volontaire pour l’accompagner. L’intrépide Liza, elle, née d’une famille de nobles, a toujours rêvé d’entrer dans la Guilde.
Zed, Brock et Liza vont peu à peu découvrir, derrière les murailles de la ville, un monde aussi dangereux que merveilleux. Or, les Aventuriers sont la dernière ligne de protection de la ville.

Merci aux éditions Bayard et à Babelio pour ce partenariat.

Mon avis :

Utiliser de bons ingrédients et suivre une recette classique permet d’obtenir un livre sans grande surprise mais agréable à lire, efficace et bien construit. C’est le cas pour ce premier tome de la guilde des aventuriers, et, ce qui m’inquiète souvent, n’est pas le devenir du premier tome, mais la réception des suivants.
Il y aura d’autres tomes certainement, qui nous plongeront dans cette civilisation en voie de disparition. Nous voici à Pierrefranche, parce que le lecteur n’a pas trop le choix, c’est une des rares villes qui a tenu le choc face à l’apparition des « Dangers » ces monstres qui ne veulent qu’une chose : détruire le monde (pas pratique) pour se l’approprier (logique). Cette société survivante est très codifiée – un repli sur soi physique, avec les murailles de la ville, et psychologique, avec ces guildes. Si l’une d’entre elles vous intègre, vous êtes sauvés. Si ce n’est pas le cas, votre existence sera compliqué. Bien sûr, il est des guildes plus prestigieuses que d’autres, la guilde des chevaliers, pour ne citer qu’elle. Etre fils de chevalier ne vous préserve pas, si vous êtes le troisième de la progéniture, vous serez condamné à devenir un guérisseur et perdrait tous vos privilèges – une manière comme une autre de réguler les naissances. Bien sûr, si vous êtes une fille, ne vous attendez pas à devenir chevalier – vous êtes une fille.

C’est pour cette raison que Liza, soeur jumelle de l’imbuvable Micah, s’est engagée dans la fameuse Guilde des aventuriers. Elle ne voulait pas être celle qu’on la contraignait à devenir – et la guilde des aventuriers n’est pas dirigée par une femme, Frond ? Une femme qui dérange, il faut bien le dire. Une femme qui ne se préoccupe pas de son apparence – ces innombrables cicatrices le prouvent assez. Une femme qui ne fait pas de politique, mais qui fait ce qu’elle a à faire : protéger la cité, protéger les siens. La guilde des aventuriers vaut bien mieux que sa réputation. Personne ne sera laissé de côté, personne ne sera abandonné sur le champ de bataille – parce que tout ce qui se trouve en dehors de Pierrefranche en est un.

Alors oui, ses manières, ses méthodes choquent certains, notamment ceux qui pensent avant tout à la politique, ou  plutôt à s’enrichir. Frond ne pense ni à l’un, ni à l’autre, et c’est aussi pour cela qu’elle devient, pour certains, la personne à abattre – comme si Pierrefranche ne courait pas déjà de grands dangers, sans la priver de sa seule défense efficace. Certes, la guilde des aventuriers pourrait continuer sans Frond, c’est cependant elle qui insuffle véritablement son énergie, son absence de diplomatie, et tant pis pour sa mauvaise réputation.

J’ai déjà parlé de Liza et de son frère jumeau, je parlerai également des trois autres recrus Zed, Brock et Jett. Si, pour Zed, le semi-elfe, son entrée dans la Guilde est une catastrophe, pour Brock c’est à la fois une obligation et une manière de rester près de son ami. Brock est peut-être le personnage que j’ai trouvé le moins sympathique, coincé qu’il est entre ses obligations et ce qu’il découvre au sein de la Guilde. Jett, lui, est le personnage qui, avec Micah, évoluera le plus – à son corps défendant.

Et si le problème n’était pas tant les dangers que la société elle-même ? Vaste sujet que le dénouement, sous forme de coup de théâtre, nous permettra sûrement d’explorer dans le tome 2.

 

Le prince cruel d’Holly Black

Présentation de l’éditeur :

Enlevée au monde des mortels lorsqu’elle n’était qu’une enfant, Jude vit parmi les Fæs, des créatures sublimes, immortelles… et cruelles. Mais être humaine à Terrafæ est un défi incessant. Et savoir manier l’épée, maîtriser les usages, se protéger des sortilèges, tout cela ne suffit pas. D’autant que Jude s’est fait un ennemi de choix : le Prince Cardan, héritier de la couronne. Pour gagner sa place à la cour, appartenir vraiment à cette terre de magie, Jude doit le défier, quelles qu’en soient les conséquences.

Merci aux éditions Rageot et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Je sais que ce livre était attendu par de nombreux lecteurs, il semblait y avoir un grand engouement autour de ce titre. Cependant, c’est sans attente particulière que je l’ai ouvert, et je n’ai pas vraiment été conquise, tout simplement parce que ce livre est très éloigné du genre de livre que j’aime. Attention ! Je ne dis pas que ce livre n’est pas bon, je dis simplement que je ne l’ai pas aimé, et je vais expliquer pourquoi.

Jude et ses soeurs vivent dans le monde des Fæs, un monde extrêmement cruel. Il faut dire que les circonstances qui les ont amenées dans ce monde l’étaient tout autant. Jude passe son temps à se prémunir contre les moqueries, les humiliations, voire les agressions de ses camarades de classe, et cette atmosphère m’a semblé excessivement étouffante. Lire ce que subit Jude était vraiment dur à lire, parce que personne ne lui vient réellement en aide, elle ne peut compter que sur elle-même, d’abord parce que sa soeur jumelle fait tout de son côté pour ne surtout pas être importunée, ensuite parce que Jude n’a pas non plus de soutien de la part de ceux qui l’ont élevé. On pourra toujours objecter que Jude pourrait ne pas provoquer les Fæs – cela reviendrait à dire que les agressions sont le fait des victimes.

La violence est omniprésente dans cet univers, et c’est ce qui m’a déplu. Cependant, l’univers des Fæs est extrêmement riche, complexe. Rien n’est gratuit dans ce qui nous est raconté, décrit, tout fait sens, tout illustre ce monde où tous les coups sont permis – ce qui m’a fait penser à l’univers empoisonné des Borgias – l’abondance des poisons et autres utilisations des épées n’y est pas pour rien. Ce sont de sublimes, d’étranges et de cruelles créatures, prêtes à manipuler tout le monde, y compris les personnes qui leur sont les plus proches. J’excepte cependant Vivi, la soeur aînée de Jude et Taryn. Elle a beau être une Fæ, elle aime sincèrement la jeune fille – humaine – qu’elle a rencontré sur terre, et souhaite véritablement vivre avec elle – reste à savoir comment le faire sans qu’elle souffre. Si les Fæs aiment les humains, c’est à la manière d’un jouet dont on peut faire ce que l’on veut, y compris le casser, l’abimer, et s’en débarrasser très vite.

La construction de l’intrigue est très intéressante. Nous voyons tout à travers les yeux de Jude, et c’est un vrai travail de lecteur de se distancier de son regard subjectif. Si je ne trouvais pas Cardan si cruel que cela – il en est bien d’autres qui étaient pire que lui dès le début – il en est d’autres qui m’ont bien plus inquiété, comme ses frères, ou son ami Valérian. Et le coup de théâtre qui surgit au trois quart du récit, je ne l’avais pas vu venir.

Recommanderai-je ce livre à mes élèves ? A ceux qui aiment la fantasy et ne se laissent pas rebuter par les pavés, oui, sans aucun doute.

 

Détective LaChance Les cartes musicales par S.L. Pennyworth

Présentation de l’éditeur :

Le détective Lachance est bougon, fatigué, et pressé de prendre sa retraite de la Préfecture de Paris. Malheureusement, impossible de se reposer car une nouvelle affaire terrible lui tombe dessus : des femmes de bonne famille sont retrouvées assassinées aux quatre coins de la capitale. Et sur elles, on retrouve systématiquement une carte musicale pour un orgue de Barbarie. Qui pourrait s’en prendre à ces demoiselles ? Et pourquoi ? Lachance va devoir mettre de côté sa mauvaise humeur pour espérer résoudre ces meurtres sordides

Merci aux éditions 404 Editions et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Livre divertissant, qui ne plaira pas à tout le monde, à cause de la personnalité du détective Gustave Lachance. Il est à deux doigts de la retraite, pour ne pas dire qu’il aurait dû la prendre depuis quelques années mais, hélas pour lui, sa supérieure Adélaïde a refusé sa démission un nombre conséquent de fois depuis quinze ans, alors que lui ne rêve que de partir dans les Vosges, profiter de sa retraite pour ne rien faire, si ce n’est s’occuper de ses chats et pécher. Il est particulièrement misogyne, ne supporte pas la nouvelle co-équipière qu’Adélaïde lui a assigné, lui qui n’a pas eu de co-équipier depuis quinze ans – il faut déjà quelqu’un qui puisse le supporter, et ce n’est vraiment, mais alors vraiment pas gagné, tant ses remarques sont acerbes. Il a une très bonne descente, il fume de l’opium occasionnellement, a les poumons très encrassés et ne fait rien pour les décrasser. Il a tout de même trois qualités :
– il aime les chats ;
– il est un excellent enquêteur ;
– il n’est pas raciste, et le dit en des termes clairs : « Jamais compris pourquoi des gens se font suer juste parce que le type d’en face a des oreilles pointues ou pas le bon nombre de doigts à la main. Qu’est-ce que ça peut leur foutre ? »
Peut-on dire que le meurtrier qu’il traque n’est pas raciste puisque toutes les races y passent ? Humain, fée, troll, nain, le seul point commun est que les victimes sont des femmes de la haute société, dont les familles ont été liées à des événements historiques majeurs. Majeurs dans leur monde : oui, nous sommes dans une dystopie, en 1909, à Paris, Paris peuplé de fées, de trolls et autres orcs, mais les événements majeurs ne sont pas oubliés (la prise de la Bastille ou la construction de la tour Eiffel), tout en conservant un peu d’argot (vive les hirondelles).
Ce roman policier fantasy fut facile et agréable à lire, à cause aussi de la personnalité bougonne et irascible du détective, qui ne sera pas au bout de ses surprises pendant cette enquête.

Les princesses de glace, tome 04 : La cascade enchantée d’Astrid Foss

édition Pocket Jeunesse – 128 pages

Présentation de l’éditeur :

Les triplées ont réunie les Lumières Eternelles, mais une dernière mission les attend : les porter tout en haut de la cascade Silfur le jour du Soleil de Minuit. Ainsi seulement la magie de Nordovia sera sauvée. Cette dernière épreuve sera la plus difficile de toutes, et la Sorcière des Ombres plus déterminée que jamais à les vaincre.

Mon avis :

C’est la fin des aventures des trois soeurs et de leur ourson Oscar. Oui, je tiens à l’inclure, d’abord parce qu’il n’est pas oublié sur la couverture, ensuite parce qu’il est vraiment indispensable au bon déroulement de la mission des triplées.
Il ne reste plus qu’une chose à faire : porter les Lumières tout en haut de la cascade. C’est plus facile à écrire qu’à faire puisqu’elles sont un peu prises par le temps, et surtout par le danger : leur tante ne recule devant rien pour parvenir à ses fins, elle n’a pas les scrupules de ses nièces.
Alors, qui triomphera ?

Iceland de Guillaume Lebeau

édition Mango – 171 pages

Présentation de l’éditeur :

L’île d’Iceland agonise depuis l’invasion des gens d’Eyyr, qui en exploitent la glace et en oppriment les peuples. Dans cette nature livrée aux forces élémentaires surgit Leif Sigur, le guerrier. Armé de Thingvellir, la double hache symbole de la loi, il porte sur ses larges épaules le destin de son monde. En chemin, il va rencontrer Vigdis, la jeune magicienne blanche. Leif et Vigdis partent alors en quête du salut :l’Arbre boréal. Tandis qu’ils affrontent le géant de givre et les assassins envoyés par la maison d’Eyyr, une rumeur se répand dans le peuple : Leif sigur va sauver Iceland.

Mon avis :

Je suis toujours étonnée quand je tombe sur un livre qui n’a que peu ou pas de critiques alors que je m’attendais à ce qu’il en ait plus.
Le livre date de 2007, et il a été « desherbé » de ma bibliothèque, c’est ainsi qu’il est rentré dans ma PAL – en 2007, je lisais surtout des « classiques » de la littérature jeunesse, genre que trop de professeurs de français fréquentent peu, et je ne m’intéressais pas trop aux nouveautés.
Nous sommes ici au coeur de l’Iceland, terre légendaire comme dans les sagas nordiques. Leif est un guerrier. J’ai envie d’ajouter « de glace » tant sa formation l’a endurci, tant il reste inflexible dans son objectif, lui, le dernier de sa race – ceux de sa famille qui ne sont pas morts au combat ont été massacrés inexorablement. Ils ne sont pas les seuls à avoir été tués à cause de la soif de puissance des trois rois, de leur veulerie aussi. Ils ont été incapables de s’entendre pour diviser le royaume, ils s’entendent presque bien pour conquérir, détruire et massacrer.
Leif n’hésite pas à se mettre au service de ceux qui en ont besoin, pour lutter contre d’autres monstres tout aussi légendaires. Je pense aussi au harfang géant, rapace que je ne connais (en taille « normale ») que dans les zoos. Je pense au krii-kull, ce géant des glaces redoutable, qu’il pourchasse jusqu’à parvenir à le neutraliser. Sur son chemin, il fera des rencontres. Il louera le courage de ceux qui n’hésitent pas à se sacrifier pour les leurs. Il rencontre aussi Vigdis, une jeune magicienne, la dernière des Völva – il ne faut pas croire tout ce que disent les légendes, il existe encore, parfois, des survivants, déterminés à faire bouger les choses.
Le récit ne prend pas les jeunes lecteurs pour des nigauds, et si la violence est là, le déroulement de l’intrigue, la construction du récit sont parfaitement rigoureux. De même, les descriptions de ce pays de glace sont bien présentes, sans alourdir le récit, et si le passé des protagonistes est évoqué, c’est par petites touches, pour mieux les caractériser et donner de la profondeur au récit.
Iceland – un livre injustement méconnu.

Silver Batal et la pierre de coeur de K.D. Halbrook

édition Lumen – 384 pages

Présentation de l’éditeur :

Après avoir échappé de peu aux griffes de la reine Imea, Silver Batal et son dragon d’eau, Hiyyan, sont forcés de fuir la cité royale de Calidia. Traqués par des mercenaires, les deux amis décident de quitter le désert et de trouver refuge au nord du continent. Or ces vastes étendues enneigées sont pleines de danger : elles abritent non seulement de nombreuses créatures des montagnes, mais aussi de féroces dragons des glaces à la morsure empoisonnée.
Parti avec sa dresseuse explorer un glacier truffé de cachettes, Hiyyan se fait attaquer par un dragon belliqueux et tombe gravement malade. Pour lui sauver la vie, Silver est contrainte de se lancer à la recherche d’une des légendaires pierres de cœur de dragon d’eau. Sa quête l’emmène aux confins du pays, depuis les sommets d’une vertigineuse chaîne de montages où vivent les énigmatiques Guetteurs, jusqu’aux petites îles côtières où l’attendent des rencontres surprenantes.

Merci aux éditions Lumen et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

J’ai aimé ce second tome, qui est le prolongement parfait du premier tome. Nous sommes ici loin de Jasparton, dans la neige, le gel et le froid. L’union entre Silver et son dragon d’eau est forte, ils sont accompagnés par Mele et Luap, autre duo dresseur/dragon, même si le relief, le climat, rend les déplacements plus difficiles pour eux. Nebekker aussi est de la partie, avec la mère d’Hiyyan, toujours fidèle au poste. Mele et Nebekker sont davantage des amies que des adjuvantes : oui, elles aident Silver, mais elles ont toutes les deux leur propre quête à mener, qui sont toutes aussi importantes que celle de Silver – différentes, mais pas dévalorisées. L’estime dans laquelle on tient ses amis fait aussi des personnages bien plus riches que celui qui accepte l’aide, et ne donne rien en retour.
Les épreuves sont toujours là, multiples, variées, inattendues. Le danger peut venir de n’importe où, des créatures cachées dans la montagne – rares sont celles qui sont amicales – des êtres humains (qui a bien pu embaucher ces mercenaires ?) et des ennemies déjà indentifiées dans le premier tome, j’ai nommé la reine Imea et Sagittaria Prodigo, qui n’est plus vraiment l’idole de Silver. La championne de course, dans ce second tome, a une position assez étonnante, mystérieuse sur les relations entre les dragons et les humains, et nous pouvons, tout comme Silver, nous interroger sur ce qu’elle entend faire à l’avenir pour ce « lien ». Sagittaria, bien qu’elle soit une grande championne, a encore des rêves, des désirs.
Dans ce second tome, l’aventure est à la fois physique et spirituelle pour Silver. C’est l’occasion pour elle de s’interroge sur ce fameux lien qui l’unit à Hiyyan, et sur ce qu’elle veut véritablement créer avec lui. Plus largement, elle est amenée à s’interroger sur la place des dragons dans la société dans laquelle elle vit, ou plutôt, sur celle que les hommes veulent bien leur accorder. Les Guetteurs, qu’elle a rencontré, détiennent une très large bibliothèque, et lui permet d’en savoir un peu (beaucoup) plus sur les dragons, sur leur histoire, sur Gulad Nakim, qui protégea de son mieux les Aquinders.
Silver Batal et la pierre de coeur est un roman riche et intéressant, à l’univers original. J’espère qu’un tome 3 verra le jour.

Silver Batal et le dragon d’eau de K.D. Halbrook

édition Lumen – 470 pages

Présentation de l’éditeur :

Silver Batal habite une ville fascinante au milieu du désert : perchés à flanc de falaise, des dizaines d’ateliers accueillent les artisans les plus divers – potiers et joailliers, ébénistes et souffleurs de verre. À treize ans, elle est censée travailler dur pour succéder à son père, l’un des bijoutiers les plus renommés de la région. Seul problème ? Son cœur n’appartient pas au désert, mais aux flots de l’océan : elle rêve de participer aux courses de dragons d’eau qui, chaque année, font vibrer le pays tout entier.

Mon avis :

Ce livre est venu enrichir ma PAL pendant le confinement. Je dis bien « enrichir » parce que l’éditeur l’a proposé gratuitement – un beau geste.
La couverture est très belle – oui, je fais partie de celles et ceux qui aiment les belles couvertures – montrant Silver Batal et son dragon. Silver a en effet un rêve : faire comme son idole, Sagittaria Prodigo, à qui elle écrit régulièrement sans susciter la moindre réaction. La jeune fille a une passion pour les courses de dragon, et rêve de devenir dresseuse à son tour. Il faut dire que sa voie est loin d’être toute tracée – pour effectuer ce métier. Sa famille a un passé compliqué et son père a relevé le niveau de son atelier de joaillerie. Il s’attend donc à ce que sa fille reprenne sa succession, comme tous les enfants de Jaspaton avant elle. Oui, tous semblent avoir un destin tout tracé, et ce n’est pas Brajon, son cousin, qui dira le contraire : lui est descendu docilement à la mine quand l’âge est venu de le faire, comme son père avant lui. Costaud, gardant difficilement un secret, il est cependant tout dévoué à sa cousine préférée, c’est à dire Silver.
Deux faits viennent bouleverser l’existence de Silver – ou comment perdre ses illusions sur une personne que l’on admirait, et découvrir que si sa seule amie, Nebekker, ne l’a pas aidée, c’est qu’elle avait effectivement d’autres personnes qui avaient bien plus besoin d’elles que Silver. Quelles personnes ? Deux dragons d’eau, une race « interdite », dont les spécimens sont tous éradiqués – croit-on. Silver est tout de suite ravie :

– Un autre Aquinder, s’émerveilla Silver. Un petit !
Nebekker, elle, n’avait pas l’air particulièrement ravi.
– Oui, si ta définition de « petit » est « à peu près grand comme mon salon »…soupira-t-elle, les mains sur les hanches.

Bien sûr, si l’intrigue s’arrêtait ici, ce serait presque reposant, sauf qu’un accident survient, et que Silver part, avec son cousin Brajon, pour un voyage initiatique qui l’amène à quitter son désert pour la cité royale. Avant d’y parvenir, elle subira plusieurs périls, et pourra compter sur des adjuvants inattendus, prouvant qu’avoir aidé quelqu’un est toujours utile, quoi qu’en pensent certains. Si la jeune fille n’est pas à l’aise dans la cité, elle découvre le milieu des courses, celui où toutes les tricheries ou presque, tous les coups bas sont possibles. Elle fera de belles rencontres, et affrontera de nombreuses péripéties : tous les dangers sont possibles, pour les dragons, mais aussi pour leurs dresseurs. Silver n’est d’ailleurs pas sans s’interroger sur le sort qui est réservé aux dragons, et qui n’est pas toujours des plus appréciables.
Ce premier tome nous permet non seulement de découvrir les protagonistes de l’action, il nous plonge aussi au coeur de l’intrigue.
J’ai enchaîné avec le tome 2.

La passe-miroir, tome 3 : la mémoire de Babel de Christelle Dabos

édition Folio – 567 pages

Présentation de l’éditeur :

Thorn a disparu depuis deux ans et demi et Ophélie désespère. Les indices trouvés dans le livre de Farouk et les informations livrées par Dieu mènent toutes à l’arche de Babel, dépositaire des archives mémorielles du monde. Ophélie décide de s’y rendre sous une fausse identité.

Mon avis :

J’ai mis moins de temps entre la lecture du tome 2 et 3 qu’entre celle du tome 1 et 2. Heureusement, parce que, sinon, je me serai perdue à nouveau.
Trois années sont passées, trois années pendant lesquelles Ophélie a été surveillée par les doyennes, dans l’impossibilité de faire ce qu’elle aimerait tant faire : partir à la recherche de Thorn. Elle ne peut pas non plus voir Victoire, sa filleule, qui se porte bien et a (forcément) déjà trois ans. Aussi, quand l’occasion lui est enfin donnée de partir et de se rendre sur l’arche de Babel pour tenter de le retrouver, elle n’hésite pas. Simplement, elle s’engage seule, pour ne mettre personne en danger.
C’est à nouveau un univers complexe, et différent de ce que le lecteur a pu découvrir dans les tomes précédents que nous voyons ici. Il est question de mémoire, surtout celle qui a été perdue, par les hommes, mais aussi par les esprits de famille. Il est question de ce que l’on souhaite conserver, mais aussi détruire, pour que la mémoire de certains faits se perde définitivement. Vertigineux ? Oui, parce que même si nous sommes dans un univers de fantasy, il est cependant évident, et possible qu’une telle société puisse exister – on a déjà brûlé des livres parce qu’ils ne convenaient pas.
Ophélie est partie sur Babel, et vivra de nouvelles, de nombreuses épreuves. Si j’ai des regrets, c’est le fait de ne plus vraiment voir des personnages auxquels je m’étais attachée dans le second tome. C’est aussi le fait que d’autres ressortent totalement fracassés de cette aventure, non du fait d’Ophélie, mais des événements qui se déroulent et qu’elle tente d’empêcher. Et si je dois retenir autre chose de la lecture de ce roman, c’est aussi qu’à force de dire que tout va bien dans la meilleure société possible, l’on finit par le croire.