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La ville sans vent d’Éléonore Devillepoix

édition Hachette – 448 pages.

Présentation de l’éditeur :

A dix-neuf ans, Lastyanax termine sa formation de mage et s’attend à devoir gravir un à un les échelons du pouvoir, quand le mystérieux meurtre de son mentor le propulse au plus haut niveau d’Hyperborée.
Son chemin, semé d’embûches politiques, va croiser celui d ‘Arka, une jeune guerrière à peine arrivée en ville et dotée d’un certain talent pour se sortir de situations périlleuses. Ça tombe bien, elle a tendance à les déclencher…
Lui recherche l’assassin de son maître, elle le père qu’elle n’a jamais connu.
Lui a un avenir. Elle un passé.
Pour déjouer les complots qui menacent la ville sans vent, ils vont devoir s’apprivoiser.

Merci aux éditions Hachette et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

J’ai vraiment été curieuse de découvrir ce roman de fantasy dont beaucoup parlent, ce qui est suffisamment rare pour être signalé : la fantasy française est très (trop) souvent la grande laissée pour compte de la littérature.
Tout d’abord, nous sommes dans un univers très particulier, et très bien construit. Le revers de la médaille est que la mise en place de l’intrigue est un peu longue, parfois répétitive, tant l’univers dans lequel les personnages évoluent est riche. Il est aussi sans pitié, pour ceux qui sont tout en bas de l’échelle – dans le sens propre du terme.

Nous avons deux personnages principaux, et c’est à travers leurs yeux que nous voyons les événements. Ils ne sont pas redondants, mais complémentaires : chacun des deux a un parcours particulier, et, parfois, surtout dans le cas d’Arka, des faits qu’il n’a pas envie de partager avec autrui (note : j’ai beaucoup aimé le personnage de Nabot). Arka est en effet une amazone, les ennemis juré d’Hyperborée, celles dont on a juré vengeance. Elle est venue ici pour développer sa magie, mais aussi pour retrouver son père, dont elle ne sait quasiment rien, si ce n’est qu’il était originaire d’Hyperborée, ce qui ne l’a pas empêché d’avoir une relation avec une amazone.

C’est à une quête que nous assistons – des quêtes, devrai-je dire, entre pouvoir, recherche de ses origines, réconciliation avec ses origines, et malédiction ancestrale. Une intrigue riche, donc, avec une gravité peu fréquente dans les romans dit « jeunesse » – comme si un roman fantasy se devait d’être féérique. Même si nous sommes dans une ville sans vent, une ville qui semble préservée, ceux qui vivent en haut ignore souvent ceux qui vivent en bas et essaient de se hisser, dans la crainte de ne pas y parvenir. L’ascension sociale n’est pas une métaphore à Hyperborée. Et, quant à la place des femmes dans cette société, elle n’est pas si différente de ce qu’elle était dans la nôtre voici quelques décennies : à rappeler, à méditer, en se souvenant que ce n’est qu’en osant, en transgressant que l’on fait bouger les choses.

Un personnage m’a intrigué, étonné, il est le troisième narrateur de cette histoire, l’un des seuls qui sait où il veut en venir, il en sait plus qu’Arka et Lastyanax, et c’est avec lui que j’ai envie d’entrer das le tome 2.

Le club de l’ours polaire, tome 2 : Le mont des sorcières d’Alex Bell

Présentation de l’éditeur :

Une île maudite peuplée de sorcières, de trolls et de loups damnés : la suite tant attendue du Club de l’Ours Polaire.Personne n’est jamais revenu vivant du Mont des Sorcières, or c’est justement là que se dirige le père de Stella… Accompagnée d’Ethan, Shay, Dragigus et de Gideon, un explorateur du Club du Chat de Jungle pas très coopératif, la jeune fille doit à tout prix lui venir en aide.

Mon avis :

Stella est officiellement devenue une exploratrice, la première jeune fille à être devenue une exploratrice, ouvrant la voie, du moins, on peut l’espérer à d’autres jeunes filles. Hélas, la réussite de son expédition, conjointe avec trois autres explorateurs, ne lui a pas attiré que des amis, surtout après les révélations sur ses origines. Puis, elle est menacée par la sorcière qui a tué ses parents, et qui n’a pu la tuer. Aussi Félix, explorateur et père de Stella, veut tout mettre en oeuvre pour que la menace cesse – à ses risques et périls. Et c’est presque malgré eux que Stella, Ethan, Shay et Dragibus se retrouvent à nouveau en mission, mission que le club de l’ours polaire leur avait pourtant refusé explicitement.

Est-ce le contexte dans lequel j’ai commencé la lecture de ce livre ? J’ai eu plus de mal à me plonger dans l’intrigue. Si je trouve toujours l’univers aussi inventif, j’ai trouvé que c’était presque trop : trop de personnages, trop de fonctions, d’usage de ses personnages, au point que, parfois, j’avais l’impression que l’on perdait le fil de l’intrigue. J’avais presque envie de dire aux personnages : « sortez de votre bain, cessez de déguster votre petit déjeuner, et accomplissez votre mission ». Le roman comportait pourtant des innovations plus intéressantes (à mes yeux) que d’autres, seulement agaçantes, comme les toutes nouvelles fées rencontrées grâce au Club du Chat de Jungle. De même, le personnage de Gideon n’est pas suffisamment exploité – pourquoi introduire un nouveau personnage si c’est pour l’utiliser si peu ?

Parlons, d’ailleurs, un peu, des autres personnages, que j’ai trouvé développé de manière paresseuse. Nous faisons du sur place ! Ethan a régressé depuis la fin du tome 1, devenu à nouveau totalement insupportable, exerçant sa cruauté contre un autre membre de l’expédition sans que personne ne parvienne à le faire changer d’avis – du coup, les autres personnages baissent nettement d’un cran dans mon estime livresque. Stella se coupe les cheveux en quatre pour… eh bien, pour pas grand chose, heureusement, Félix, « disparu » depuis quasiment tout le début du livre, vient remettre les choses en perspective, bien que son discours ne soit pas aussi libérateur qu’ait pu l’être celui d’un Dumbledore. Non, nous sommes plus dans la morale – celle que j’apprécie modérément – que dans l’ouverture aux autres et à la différence. J’ai presque envie de vous spoiler un fait que l’on apprend sur la vie privée de Félix, sauf qu’à sa révélation, la seule chose à laquelle j’ai pensé c’est : ???? J’y ai vu davantage d’opportunisme que de logique dans la construction de l’intrigue. D’ailleurs, j’ai eu l’impression que la logique était réellement partie lors du dénouement qui, j’en ai eu l’impression, contredisait largement ce que nous savions à la fin du tome 1.

Oui, la lecture de ce tome 2, manquant de cohérence et de souffle, fut pour moi une petite déception, au point que je m’attends à tout pour le tome 3. Bref, si vous souhaitez lire des sagas de Fantasy jeunesse, lisez plutôt Fablehaven : Seth, l’un des héros, est un personnage qui commet des erreurs, à cause de ses défauts mais aussi de ses qualités et l’intrigue est véritablement bien construite.

 

Le lord, le magicien et la malédiction par Lee Welch

édition MxM Bookmark – 380 pages

Présentation de l’éditeur :

La campagne anglaise, un château en ruine et deux hommes que tout oppose… Lord Thornby est pris au piège sur la propriété isolée de son père depuis plus d’un an. Il n’y a ni cellule ni chaînes, mais il est incapable de quitter la demeure familiale. Au fil des jours, sa santé mentale commence à s’effriter. Lorsque le magicien industriel John Blake arrive pour enquêter sur un cas de sorcellerie, il trouve Thornby assez particulier. Arrogant certes, mais aussi inquiétant qu’il est séduisant. Sans s’en rendre compte, John se retrouve entrainé dans un conte de fée des plus sombres, où toutes les règles de la magie – et de l’amour – se trouvent altérées. Pour rendre sa liberté à Thornby, les deux hommes vont devoir affronter des vérités qui changeront leur vie à jamais – et John devra accepter que l’homme courageux et plein d’esprit qui gagne son cœur soit également sur le point de le briser. Peuvent-ils se dépêtrer de cette magie aussi dangereuse que l’amour ?

Merci à Netgalley et à MxM Bookmark pour ce partenariat.

Mon avis :

Après des lectures difficiles, pour ne pas dire douloureuses, j’ai eu envie de me tourner vers un genre plus léger : la fantasy et la romance. J’ai choisi ce livre aussi à cause de la couverture, magnifique – le contenu est à l’image du contenant.

Prenons d’abord les personnages, lord Thornby tout d’abord. Son père ne peut plus le supporter, et pourtant, il est loin d’être insupportable. Oui, il n’aime pas sa belle-mère, qu’il soupçonne d’avoir épousé son père uniquement pour son titre, et il est venu au mariage avec un perroquet. Oui, ces toiles ne plaisent pas à tout le monde, et provoquent même, parfois, un beau scandale. Oui, il ne veut pas se marier, et il a raison : il sait très bien que ce ne serait pas rendre service à la jeune femme qui serait son épouse et dont il ne serait pas vraiment l’époux. Ses goûts le poussent vers les hommes, et il le vit très bien – ce que sa femme vivrait plutôt très mal. De plus, il sait très bien que ce n’est pas pour son bien que son père veut qu’il se marie, mais plutôt pour renflouer les finances de la famille : il a déjà largement dépensé la dot de sa seconde épouse dans des investissements en Ecosse. Son père, qui ne s’est jamais vraiment intéressé à lui depuis la mort de sa mère quand il avait huit ans – si tant est qu’il se soit intéressé à lui avant – lance une malédiction pour empêcher son fils de quitter le domaine. Et cela fonctionne. Plus d’un an plus tard, Soren (le prénom de lord Thornby) ne peut toujours partir. Pire : sa belle-mère lady Dalton ressent elle aussi des manifestations étranges, constate l’absence d’entente entre elle et son mari, et, par le jeu des amitiés, parvient à faire venir John Blake, un jeune magicien très doué, dans le domaine : elle est persuadée que son beau-fils est la cause de tout.

John Blake est un magicien doué, je l’ai dit, et pourtant lui non plus ne comprendra pas de prime abord d’où viennent toutes ses bizarreries. Avec lui et lord Thornby, nous découvrirons ce qui ce cache, et ce que cache réellement le domaine. J’ai aimé la construction de ce récit, dans ce qui est d’abord un huis-clos, même dans le parc qui peut être source de bien des dangers. J’ai aimé aussi que ce titre de fantasy emprunte certaines de ses péripéties au conte, à la mythologie aussi – et je n’avais pas vu venir certains éléments, ce qui est plutôt une bonne chose. Parmi les personnages, j’ai aussi aimé celui de la tante Amélia Dalton, aussi excentrique ou presque que son neveu, qui a mené sa vie comme elle l’entendait, et elle ne manque pas de cran face à l’irascibilité de son frère – alors que d’autres n’osent pas vraiment lui tenir tête. Ah, si, son fils, John Blake aussi : les enjeux ne sont pas les mêmes pour l’un ou pour l’autre, les conséquences non plus. Plus le récit avance, plus l’on se rend compte que lord Dalton est véritablement prêt à tout, en comptant pour rien les souffrances qu’il afflige aux autres. Fantasy, oui, romance, oui, mais avec aussi des scènes relativement douloureuses.

Et la romance, me direz-vous ? Elle se noue entre le lord et le magicien, deux adultes consentants, sachant parfaitement ce qu’ils aiment, et surtout qui ils aiment. Que demander de plus ? En tout cas, j’ai passé un très bon moment de lecture avec ce livre, qui m’a apporté ce que je voulais.

 

Fablehaven – tome 5 : la prison des démons de Brandon Mull

édition Nathan – 594 pages

Présentation de l’éditeur :

Après des années de complot, le Sphinx, chef de la maléfique Société de l’Etoile du Soir, est près de s’emparer de la clé de la prison de Zzyxx, où sont enfermés les pires démons. Kendra, Seth et les Chevaliers de l’Aube doivent à tout pris l’en empêcher.
Le temps est venu de l’ultime combat contre les puissances de l’Ombre.

Mon avis :

Après des années de lectures, des années de cinéma pendant lesquelles j’ai pu lire, voir des oeuvres dans lesquelles il s’agissait de sauver le monde, j’ai rarement eu l’occasion de voir des personnages comme Newel et Doren qui osent enfin aborder les fondamentaux :

Mais voilà, si nous réussissons, nous ne sauverons pas que le monde, nous sauverons la télé, nous sauverons les fast-foods, nous sauverons les sodas, les beignets, les barres chocolatées et les glaces.
– Nous sauverons les chips, ajouta Doren, l’air solennel.

Oui, les super-héros ont aussi besoin de réconfort calorique et mangent aussi. Certes, Doren et Nawel ne sont pas les personnages principaux, et pourtant eux aussi, un peu comme tous les soldats de seconde classe, monteront au front.
Oui, dans ce dernier tome, la guerre est là, et bien là. Pas de temps mort dans Fablehaven, pas de répit : n’importe qui peut être victime de la Société de l’étoile du soir. Chacun participera, avec ses qualités, et ses défauts : une qualité, parfois, peut se révéler un défaut, quand la personne en face de vous ne partage définitivement pas les mêmes valeurs. Seth (définitivement mon personnage préféré), Kendra et tous les autres ne se ménagent pas, ne cessent de parcourir le monde pour tenter de sauver ce qui peut l’être – et parfois, j’ai envie de dire « pas grand chose » : ne peuvent être sauvés des personnes qui ne veulent pas l’être.
Leurs ennemis ? Ils ne se reposent pas non plus, surtout qu’ils ont la tranquille assurance qu’apportent de sérieux atouts et une énorme confiance en eux, confiance qui a profité d’années de complots pour se développer. La confiance en soi, c’est très bien – quel que soit le camp auquel on appartient. J’en profite pour dire qu’il ne faut jamais laisser personne vous démolir, vous faire douter de vos capacités – regardez Seth. Transgresser les règles fait aussi progresser soi-même et les autres. Sans lui, pas de dénouement.
Rappelez-vous aussi ces deux vérités : toutes les filles aiment les licornes et les dragons sont indispensables dans un ouvrage de fantasy.

Soeurs de sang, tome 1 : L’envol du phénix de Nicki Pau Preto

édition Lumen – 724 pages

Présentation de l’éditeur :

« Autrefois, j’avais une sœur, que j’aimais de toutes mes forces. Pourtant, si j’avais su, je l’aurais haïe. Mais qui a jamais pu contrôler les mouvements de son cœur ? »

Véronika regarde brûler dans l’âtre deux œufs de phénix sur le point d’éclore… Dire qu’il y a quelques années à peine, de puissantes reines sillonnaient encore le ciel sur le dos de ces bêtes légendaires ! Avec sa sœur Val, elle ne veut qu’une chose : chevaucher ces animaux mythiques, comme ses parents avant elles. Mais c’est puni de mort, désormais, et tous ceux qui pratiquent la magie sont traqués sans merci. Toutes deux vivent donc dans la clandestinité…

Si seulement l’un de ces phénix pouvait venir au monde, leur vie en serait bouleversée ! Mais qui, de Val ou de Véronika, l’oiseau de feu choisirait-il ? Et ce n’est pas tout : ce que la jeune fille l’ignore, c’est que tous les dresseurs de phénix ne sont pas morts ou emprisonnés. Un petit groupe, retranché dans une forteresse au sommet des montages, poursuit la résistance. Le seul problème ? Ils refusent, désormais, d’entraîner des femmes.

Merci aux éditions Lumen et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Il est toujours ennuyeux de dire : je n’ai pas apprécié ce livre, et pourtant, j’aurai aimé l’apprécier. Le tout est d’analyser maintenant ce qui fait que je n’ai pas accroché avec cet ouvrage.

Le premier fait qui m’a déplu, ce sont les longueurs. Tout est lent, trop lent, et je suis arrivée page 480 en me disant que j’attendais toujours que quelque chose se passe réellement. Alors oui, il se sera passé des événements, certains véritablement importants, d’autres surprenants, mais il faudra encore attendre un peu avant que l’action se noue réellement.

Le second fait est que je ne me suis pas attachée à la personnage principale, Véronika, qui m’a semblé le plus souvent être une enfant gâtée et naïve. Qu’elle se déguise en garçon me semble réellement un passage obligé dans certains romans, si ce n’est qu’ici, les difficultés proprement féminines ne sont pas passées sous silence – comment dissimuler sa poitrine, ou comment faire pendant les règles. En revanche, la question « pourquoi les femmes ne peuvent pas, ou plutôt plus être dresseuses reste souvent éludée, en vertu d’une règle qui veut qu’un phénix mâle ne peut avoir qu’un dresseur… mâle, en vertu du fait que les femelles sont uniquement considérées comme des reproductrices. Reste à savoir si ce sont seulement les phénix qui sont considérées ainsi, ou si les femmes le sont également. Pourtant, dans le passé, elles ont su prouver leur courage, leur engagement, leur héroïsme, et l’ont payé très cher, comme la mère de Tristan, le fils du gouvernement, ou Morra, ou encore la maiora de Véronika. Craint-on à ce point le non-conformisme des femmes ? Peut-être. Et pourtant, l’on découvre à la toute fin du roman qu’il n’en a pas toujours été ainsi.

Finalement, le plus intéressant, ce sont toutes ces histoires tirées du passé, le récit des temps anciens, de ces reines et de ces rois à qui il est souvent fait allusion. Certaines ont vraiment des personnalités à part, c’est à dire qu’elles sont de véritables combattantes, et c’est d’elles que j’aurai voulu lire l’histoire.

Non, s’il est des personnages véritablement attachants et intéressants, ce sont les personnages secondaires, ou, du moins, l’un des personnages principaux que l’on ne voit pas suffisamment, à savoir Sev. Lui se qualifie de lâche, et il peut l’être, il ne l’est pas tant que cela : nous pouvons suivre tout au long du roman sa progression. J’ai aussi beaucoup aimé le personnage de Mésange, toujours accompagnée de Tchip, que l’on ne voit que de trop rares fois, tout comme Kade, qui ne sera sans doute pas présent dans la suite du roman. J’en suis presque venue à préférer Val, la « méchante » soeur, dont la personnalité est beaucoup plus complexe que celle de sa cadette. N’était un certain choix, fondateur au début du roman, n’était un certain état d’esprit qui montre à quel point elle se sent supérieure à ceux qui l’entourent, elle aurait eu tout pour me plaire. Oui, cela fait tout de même beaucoup de concession, cependant elle a une personnalité beaucoup plus riche que celles de la plupart des personnages principaux du roman. Il est dommage que l’on trouve essentiellement les « méchants » d’un côté, et les « bons » de l’autre.

Alors oui, il est de très belles scènes dans le roman (dans les chapitres 39 et 40), mais j’aurai voulu tellement plus, ne serait-ce que de la part des phénix qui n’ont pas, dans ce roman, la place qu’ils méritent, notamment Xoe (diminutif de Xolanthe). A vrai dire, je me dis que l’histoire reste à écrire… côté phénix.

Eko – La pierre d’Océan par Benoit Grelaud et Sylvain Even

édition Fleurus – 150 pages.

Présentation de l’éditeur :

Sur une autre planète, à des milliers d’années-lumière de la Terre, vivent les lignums, de petits êtres mi-humains, mi-végétaux.
Eko est l’un de ces lignums, mais il est jeune, intrépide et peu obéissant, ce qui va lui causer bien des ennuis ! Car, en touchant les pierres sacrées, Eko met tout son peuple en danger.
Pour réparer sa bêtise, il doit partir en quête de trois nouvelles pierres, réparties dans des régions hostiles et inexplorées…
Pour ramener la première, la pierre d’océan, Eko le sait : il devra traverser mille épreuves et affronter mille dangers.
Le jeune lignum parviendra-t-il au bout de sa quête et à sauver son peuple ?

Merci aux éditions Fleurus et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Il était une fois l’histoire d’Eko. Pour moi, ce lignum est un personnage de contes ! Il vit avec ses parents et sa petite soeur. D’abord, il transgresse des règles, très fréquemment, puis il monte d’un cran, il transgresse un interdit – les adultes exagèrent peut-être, sait-on jamais. Et bien malheureusement pour lui, non. Comme dans un conte, les règles sont claires : celui qui a commis l’erreur (et je reste optimiste pour désigner ce qu’a fait Ekp) doit réparer l’erreur. Aussi Eko part seul pour trouver les trois nouvelles pierres, et n’a qu’un laps de temps relativement courts pour y parvenir.

Ce roman nous emmène dans un monde où la magie bénéfique côtoie une magie maléfique dont certains personnages sont les victimes. C’est un monde véritablement extraordinaire et inventif, rempli de personnages nettement caractérisés et, pour certaines, très attachantes – je pense notamment aux maisons vivantes, ou à Schtong, parfois terriblement maladroit.

Au cours de ce voyage, Eko révèle des qualités, comme s’il avait fallu, finalement, qu’il sorte du cocon familial protecteur, qu’il se confronte à l’adversité pour montrer de quoi il était réellement capable. Il se fait des alliés, parce qu’il vient en aide à ceux qui en ont besoin. Venir en aide aux autres n’est jamais une perte de temps, tant que l’on ne cherche pas le profit personnel. Comme dans un conte, les bonnes actions d’Eko lui permettent de gagner des objets magiques, des moyens de transport, de progresser en quelque sorte, dans sa quête et dans la découverte de sa personnalité.

J’espère que le tome 2 pourra paraître sans encombre.

 

Fablehaven – tome 4 de Brandon Mull

édition Nathan – 540 pages

Présentation de l’éditeur :

Si la société de l’Etoile du Soir s’empare des artefacts cachés à travers le monde, elle plongera l’humanité dans le chaos. Les gardiens de Fablehaven, refuge de créatures magiques, doivent absolument l’en empêcher. Rendra a appris qu’un de ces objets est dissimulé clans une réserve australienne. Pour y accéder, il faut d’abord s’introduire à Wyrmroost, sanctuaire de dragons interdit aux humains. Accompagnés de leurs amis, Kendra et son frère Seth tentent alors l’impossible : pénétrer le temple des dragons, récupérer l’artefact… et rester en vie.

Mon avis :

Ce roman est resté dans ma PAL depuis quasiment sa parution. Pourtant, une première tentative de lecture avait été faite, et j’avais abandonné la lecture à la page cent, environ. Pour quelles raisons ? Je n’accrochais pas à la nouvelle péripétie, à savoir l’enlèvement de Kendra, et la manière dont ses kidnappeurs l’ont dissimulé. J’ai vécu nettement moins d’aventures dans ma vie que les personnages de cette saga de fantasy, et pourtant, j’aurai eu davantage de doutes quant à la disparition de Kendra, personnage qui a beaucoup trop d’importance aux yeux du Sphinx pour qu’il en fasse si peu de cas. Heureusement, ai-je envie de dire, il y a Seth, toujours prêt, quoi qu’il arrive.

Oui, Seth est mon personnage préféré, parce que, même s’il a commis quelques erreurs, quelques bêtises dans le passé, avec des conséquences qu’il paie encore aujourd’hui, il est toujours partant. Ne comptez surtout pas sur lui pour reculer, quelle que soit la mission qui lui est confiée. Même Kendra le reconnaît, et pourtant, elle sait à quel point son frère aime à flirter avec le danger et l’interdit. Les mots sont un peu forts pour un enfant si jeune ? Allons donc ! Vu tout ce qu’il a vécu, cela ne l’est pas.

Ce que j’aime, malgré tout, dans cette saga, est le fait que l’on n’est jamais tranquille. Le lecteur n’est pas sûr de retrouver tous les personnages vivants, ou simplement en bonne santé à la fin du livre. Il ne sait pas jusqu’où les personnages vont l’entraîner, quels nouveaux alliés ou ennemis ils vont rencontrer. A vrai dire, il ne sait pas non plus sur qui Kendra, Seth et les autres peuvent réellement compter : une trahison est toujours possible. Mention spéciale cependant pour un des dragons que nous rencontrerons au cours de cette aventure. Non, je ne vous dirai pas lequel, si ce n’est qu’il est bourré de complexes, pire qu’un ado humain.

J’espère lire le tome 5 bientôt….

 

Le maître des licornes – tome 1 : la forêt des lumières d’Eric Sanvoisin

édition Auzou – 60 pages.

Présentation de l’éditeur :

Dans le royaume d’Yf, les licornes sont des créatures fascinantes aux dons prodigieux… Aëlig, fils du respecté maître des licornes, entretient depuis toujours un lien mystérieux avec ses protégées. Lorsque l’une d’entre elles disparaît, Aëlig brave les interdits, et part à sa recherche. Sa quête, semée d’embûches et de troublantes rencontres, le mènera jusqu’aux confins du continent Aurore…

Mon avis :

J’ai découvert ce livre parce que j’aime bien explorer la littérature jeunesse, y compris celle qui est écrite pour les plus jeunes. Je dois dire que le premier tome de cette saga est bien conçu : les chapitres sont courts, l’intrigue est bien construite, les personnages à la fois simples à identifier et mystérieux. Il est bon d’aller au-delà des apparences.

Le héros, c’est Aëlig. Il est le fils du maître des licornes, et à ce titre, il est éduqué à l’écart des autres enfants, pour ne pas dire qu’il est élevé à l’écart des autres enfants. Il donne entière satisfaction à son professeur, et respecte les consignes données par son père – sa mère a quitté son père quand Aëlig avait six ans. Oui, tout allait bien dans un monde parfait jusqu’à ce que Kalyane, une licorne avec laquelle Aëlig avait noué des liens d’amitié ne disparaisse, sans que son père ne veuille mettre tout en oeuvre pour la retrouver. Ce fait me parle particulièrement, et peut-être parlera-t-il, du moins je l’espère aux plus jeunes : faut-il vraiment sacrifier un membre de la communauté sous prétexte que les autres pourraient (pourraient uniquement, ce n’est pas une certitude) être en danger ? Non, est ma réponse. La réalité nous confronte pourtant à des décideurs qui pensent que c’est mieux, qu’il faut faire des choix alors que se donner les moyens de ne pas choisir est certes plus compliqué, mais aussi plus moral.

Aëlig, lui, a sa réponse : il désobéit pour la première fois à son père et part à la recherche de son amie. Il croisera sur sa route quelqu’un qui l’aidera, et qui ne correspond pas tout à fait aux normes de l’univers du conte, ni tout à fait aux normes, d’ailleurs. Cette quête le mènera fort loin de son univers habituel, mais qu’à cela ne tienne, il reste déterminé.

En route pour une deuxième aventure !

Le monde de Llena de Fabien Clavel

Présentation de l’éditeur :

Dans notre monde, un auteur entreprend l’écriture d’un roman de fantasy en s’inspirant de sa fille, Léna.
Dans ce roman, Le monde de Lléna, Fidnuit, un orphelin, est approché par des Dormants, des moines qui maîtrisent la magie du Dérêve. Ils lui ordonnent de rallier le Refuge de Lléna, leur déesse. Poursuivi par des créatures de cauchemar, Fidnuit s’enfonce dans une étrange forêt aux arbres inclinés…
Au même moment, la jeune Fadlune, perturbée par des rêves prémonitoires, apprend de l’uraus Timagro qu’elle aussi doit se rendre au Refuge de Lléna.
Bientôt, le déroulement du roman semble interférer avec la réalité et Léna est victime d’une étrange maladie qui la plonge dans un sommeil sans fin…

Merci à Netgalley et aux éditions Rageot pour leur confiance

Mon avis :

Etre écrivain, c’est tout sauf facile. Demandez à monsieur Clavel, marié, un enfant, qui n’a pas hésité à se mettre en scène dans son propre roman : que faire, comment réagir quand votre propre femme, qui n’a pas trouvé le temps de lire votre dernier roman, lit et surtout apprécie fortement le roman d’un certain Fabrice C*** ? Et bien, on peste, on râle, on continue à raconter des histoires le soir à sa petite fille de quatre ans, et surtout, à partir de ses histoires, on se met à écrire un roman de fantasy pure.

C’est ainsi que nous nous plongeons dans le monde de Lléna, qui doit son nom au prénom de la fille de l’écrivain. Nous découvrons un héros, Fidnuit, et une héroïne, Fadlune. Nous découvrons surtout comment l’auteur construit un univers, son univers, comment il bâtit l’intrigue, avec des passages obligés, qu’il traite de manière originale (la rencontre entre les deux héros). Il montre aussi les ingrédients qui font partie de tout bon roman de fantasy. Ces chapitres ne sont jamais invasifs, et créent, finalement, du suspens entre les pans du roman principal – comme si nous étions invités en cuisine avant que chaque plat ne nous soit servi, non sans que l’auteur cuisinier ne fasse preuve d’une bonne dose d’auto-dérision.

Le monde de Llena  emprunte à de nombreux classiques de la fantasy – j’ai pensé à Princess Bride avant qu’il ne soit cité, et même à Edward aux mains d’argent, bien que ce soit un film. Il montre comment les rêves, les cauchemars envahissent le monde, comment, aussi, il est important de garder l’espoir, et de ne pas se laisser dévorer par son ambition. Surtout, rien n’est figé puisque l’auteur joue avec les attentes du lecteur, en le surprenant à chaque fois.

Le monde de Llena est un livre très réussi : j’espère qu’il trouvera un large public en dépit d’une date de sortie compliquée.

Et surtout, surtout : n’oubliez pas les dragons.

Cassidy Blake – Chasseuse de fantômes par Victoria Schwab

Présentation de l’éditeur :

Il y a un an, Cassidy a « failli » se noyer… (Bon, d’accord, elle s’est vraiment noyée – mais elle n’aime pas trop y penser.) Depuis, elle a le pouvoir de soulever le voile qui sépare le monde des vivants de celui des morts et peut même s’aventurer de l’autre côté ! D’ailleurs, son meilleur ami, Jacob, n’est autre qu’un jeune fantôme. Mais leurs rencontres avec les spectres ne se passent pas toujours très bien. Alors, forcément, quand ses parents se voient confier la présentation d’une émission télévisée sur les villes les plus hantées du monde, on ne peut pas dire que Cass soit très enthousiaste.
Malgré ses inquiétudes, toute la famille prend pour l’été la direction d’Édimbourg, en Écosse. Là, pas de doute : caves, châteaux, passages secrets… la ville regorge de fantômes, on en croise à tous les coins de rue ! Plus étrange encore, Cass rencontre pour la première fois une fille qui possède le même don qu’elle. Et au fil du temps, elle comprend qu’elle a encore beaucoup, beaucoup à découvrir sur son étrange talent…

Mon avis : 

Je ne résiste pas à une magnifique couverture, belle et poétique à la fois.
Ce livre est un première tome, et après sa lecture, j’espère qu’il y en aura d’autres, qui nous mèneront certainement dans des lieux différents.
Les héros de cette histoire sont une famille en apparence simple, mais avec un job étonnant : inspectreurs, c’est à dire des chasseurs de fantômes. Ils ont une fille unique, Cassidy, et un chat. Cassidy est notre héroïne, elle a failli mourir, elle a survécu. Puis-je dire qu’elle a complètement survécu ? Je ne le pense pas, j’ai l’impression qu’une partie d’elle est restée là-bas. Elle a été sauvée par un fantôme, Jacob. Mais pourquoi Jacob l’a-t-il sauvé ? Comment est-il mort ? Questionnement dont on découvrira peut-être les réponses plus tard….
En tout cas, cette enthousiaste famille se rend pendant les vacances, et pour raison professionnelle en Ecosse – cela justifie la présence de la famille au grand complet en Ecosse, sans contrainte scolaire, et l’on oublie trop souvent qu’il est normal, pour des parents, d’emmener leurs enfants avec eux !
C’est dans ce pays que Cassidy, grâce à une rencontre, en saura un peu plus sur ce qu’elle est, exactement. Il lui faut aussi définir ce qu’est un fantôme, et pourquoi il est, ils sont là – une constante avec d’autres oeuvres. Cassidy croisent ainsi des personnes qui croient aux fantômes, comme sa mère ou comme Findley, voire la jeune vendeuse dans la boutique, et d’autres moins, comme le propre insprecteur et père de Cassidy. Cependant, les personnages ont une grande tolérance face à ces croyances. Il faut dire que les enfants sont plus facilement touchés, pris, vulnérables comme le montre la légende de la Corneille rouge, personnage extrêmement dérageant et inquiétant.
Je me suis vraiment laissée emporter par cette histoire, son rythme, son mélange de noirceur et d’humour, cette manière de trouver des moyens d’expliquer des phénomènes pas forcément explicables de prime abord. J’ai aimé passer du temps avec ses personnages, commencer à percer leurs mystères. J’espère vraiment continuer la route avec eux, et peu importe la direction.