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Bane Seed, tome 4 : Mort sur la lande de Fanny André

Présentation de l’éditeur :

Bane a réintégré ses fonctions de Pourfendeuse avec les excuses de sa hiérarchie. Elle pourrait s’en contenter et être heureuse… mais elle a décidé, contre toute logique, de continuer ses enquêtes avec Dorian. Pourquoi ? Sûrement parce qu’elle s’est fracturé le crâne, il n’y a pas d’autres explications possibles au fait qu’une Banshee fréquente un Incube. NON, aucune. Pas besoin de chercher, on a dit ! Mais quand Paddington et le Conseil leur confient, à Dorian et elle, une nouvelle affaire de meurtres sanglants qui frappent les peuples faes à travers toute la Bretagne, il va falloir se montrer efficaces, pas vraiment le point fort du duo – seul terme officiel autorisé.

Mon avis :

Pas le temps de se reposer pour Bane, même si elle a été blanchie. Réintégrée, elle décide cependant de poursuivre les enquêtes pour le compte du conseil. Et là, boum ! une nouvelle affaire leur tombe dessus, avec un tueur en série potentiel. Oui, même dans le monde féérique et surnaturel, il est possible de croiser des tueurs en série. Celui-ci se montre en plus très varié, tuant des créatures appartenant à des espèces différentes, dont certaines sont même inconnues de Bane – il faut qu’elle révise, qu’on se le dise ! Le tueur a une autre particularité, il tue près des lieux sacrés bretons, Mont-Saint-Michel compris – aucun normand ne proteste dans le roman. Bane est accompagnée de Dorian, forcément, de Korena, qui essaie de ne pas trop faire de gaffe, de Morgane, qui a appris une très bonne nouvelle (il était temps, si j’ose dire) et d’une médecin légiste particulièrement efficace. Elle ne manque pas de personnalité et il en faut dans un milieu qui reste, même dans le monde surnaturel, très masculin.

Non seulement le dénouement sera surprenant, mais le récit se termine par un coup de théâtre.

L’avantage de commencer une série déjà terminée, c’est que l’on peut enchaîner avec le tome suivant.

 

Les Héritiers d’Higashi, tome 1 : Okami-Hime de Clémence Godefroy

Présentation de l’éditeur :

Il y a bien longtemps à Higashi, les différentes lignées de bakemono, ces humains porteurs d’esprits animaux et dotés de pouvoirs incroyables, vivaient en harmonie. Mais la guerre les a décimés, et depuis un siècle le clan Odai et les descendants des renards règnent sans partage sur l’archipel, reléguant les autres bakemono aux brumes du passé. Ayané, jeune disciple de l’Ordre de la Main Pure, se soucie bien peu de ces légendes. Pleine d’énergie mais peu disciplinée, elle aimerait surtout faire ses preuves au combat. Jusqu’au jour où ses supérieures lui assignent une mission très spéciale : partir au service d’un clan prestigieux dans le nord du pays et veiller sur leur hôte, Numié Dayut, une princesse exilée qui cache un lourd secret.

Mon avis :

Bienvenue, bienvenue dans un Japon de fantasy dans lequel la magie a eu droit de cité, jusqu’à ce que des guerres surviennent et réduisent au silence, définitivement. Les survivants ? Ils se cachent, ou mieux, on les cache, les laissant ignorer leurs pouvoirs.

La princesse Numié Dayut est capturée, en partie pour affaiblir son clan. Elle doit être mariée à un membre d’un autre clan, prestigieux. Elle n’a jamais vu cet homme, elle ne le connait pas, et elle ne veut pas le connaître. Non, son avis ne lui a pas été demandé, forcément, puisqu’elle est prisonnière, puisqu’elle est là aussi et surtout pour affaiblir son grand-père. Elle peut cependant lutter contre ceux qui la retiennent prisonnière de la seule manière qui soit – en refusant les contacts avec eux, en se laissant dépérir. Aussi, une jeune femme, Ayané, est-elle engagée pour veiller sur elle – pour l’empêcher de se faire du mal, plus de mal qu’elle ne s’en est déjà fait, pour la nourrir, également, pourquoi pas, avant que le médecin ne la nourrisse de force. Ayané est une jeune disciple de l’Ordre de la Main Pure. Orpheline, elle s’est vouée à cet ordre auquel elle a été confié. Il n’est pas question pour elle d’utiliser la coercition face à Numié. Il s’agit, oui, j’ose le mot, de l’apprivoiser, comme la jeune femme farouche et rebelle qu’elle est, celle qui sait ce que sa perte cause aux siens, celle qui ne veut pas, surtout pas les trahir. J’ai vraiment trouvé que la manière d’agir d’Ayané ne manquait ni de douceur ni d’humanité, face à des femmes qui ne prennent pas la peine de mesurer la douleur de Numié, qui se nourrissent de cancan et de beaux autours.

Nous retrouvons aussi Yoriko, une jeune femme mystérieuse au passé complexe, hors du temps, mais proche des conflits qui ont animé le Japon. Prendre la fuite est parfois, pour elle, une solution. Elle attend… quelqu’un, quelque chose, et elle a beaucoup de patience pour cela.

Ce premier tome ne se contente pas de poser les bases d’un univers, le lecteur vit réellement une aventure au côté de ses trois jeunes femmes. Et la fin n’est que le commencement d’une autre aventure.

L’antidote mortel, tome 2 : Le casque maléfique de Cassandra Lambert

Présentation de l’éditeur :

Whisper n’a pas le temps d’apprendre à devenir reine que le palais est assiégé. Malgré le danger, elle tente de rejoindre sa tante à l’autre bout du pays avec l’espoir de sauver le royaume. Eden, retrouve enfin son père, au cœur d’une forêt ensorcelée. Sa mystérieuse invention, un casque extracteur de magie, attire de maléfiques convoitises !
Jadis voit ses pouvoirs prendre de l’ampleur et comprend qu’il ne pourra les apprivoiser qu’en levant le voile sur son histoire. Mais sa quête de vérité pourrait lui coûter la vie… Plus que jamais, les trois héros devront rester unis et s’appuyer sur la confiance qu’ils se portent pour se dépasser dans les épreuves qui les attendent…

Mon avis :

Suite et fin d’une saga de fantasy qui ne comporte que deux tomes. J’ai apprécié que ce soit le cas, que l’autrice ne dilue pas les actions dans un grand nombre de tomes sans que l’on ne puisse en voir le dénouement. Pourtant, tout semblait terminé à la fin du tome 1 : le roi Salomon n’était plus, Jadis avait retrouvé sa famille, Whisper et lui étaient réunis. Seule Eden n’avait pas retrouvé son père, mais elle partit à sa recherche dès qu’elle le put. Nos trois héros n’eurent guère le temps de profiter de leur victoire que déjà, le palais est assiégé, la reine prisonnière, et Whisper n’a que le temps de fuir, pour rejoindre sa tante dans les royaumes du Nord. Jadis, lui, est déjà parti, juste avant l’assaut. Quant à Eden, je dirai simplement qu’elle progresse dans sa quête.
Nos héros n’ont guère le temps de se reposer dans ce tome. Les péripéties sont nombreuses, oui, mais surtout, les intrigues ne se déroulent pas comme on pouvait le penser – et je dirai même comme les héros pouvaient le penser. Ni eux ni le lecteur ne peuvent vraiment se reposer sur ce qu’ils savent, ou sur ce qu’ils croient savoir. Les personnages ne sont pas manichéens, tous sont susceptibles d’évoluer, que ce soit du côté du bien ou du côté du mal.Beaucoup de faits seront dévoilés, qui viendront éclairer d’une autre manière le premier tome. Il n’est pas toujours facile d’avancer, il est encore moins facile de reconnaitre que l’on s’est trompé, que l’on a été abusée. Le chemin à parcourir est long, tout comme est long celui qui mène à comprendre pourquoi certaines personnes ont agi ainsi. Quant au dénouement, il est à l’image du récit entier : il ne nous amène pas forcément là où nous pensions nous rendre.

Merci aux éditions Didier Jeunesse et à Netgalley pour ce partenariat.

L’arpenteuse des rêves d’Estelle Faye

Merci aux éditions Rageot et à Netgalley pour ce partenariat.

Présentation de l’éditeur :

Myri est une Arpenteuse, elle a le pouvoir de s’immiscer dans les rêves des autres. Ce pouvoir est aussi une malédiction qui a causé la mort de sa jeune sœur, quelques années auparavant. Depuis, Myri se tient à l’écart des rêves grâce à la nerfolia, une plante interdite. Mais dans le royaume de Claren, quand on est une habitante de la ville basse, on n’échappe pas facilement à son destin. Une pollution inquiétante se répand autour des ateliers, le long du fleuve. Elle coïncide avec l’apparition d’étranges fantômes qui s’introduisent dans les rêves et les transforment en cauchemars. Alors, quand le petit Miracle est à son tour frappé par le Mal des fantômes, Myri n’a pas d’autre choix que de redevenir une Arpenteuse.

Mon avis :

J’ai choisi ce libre essentiellement à cause de sa couverture. Le contenu était lui aussi d’une grande richesse, et c’est tant mieux.

Il est difficile de classer ce livre. Roman d’aventures, fantasy, conte écologique ? Un peu des trois sans doute. L’héroïne, Myri, a de grands pouvoirs. Comme elle n’est pas née du bon côté des choses, son don – elle est une Arpenteuse, elle peut entrer dans les rêves d’autrui – son don a été exploité, et sa soeur a été tuée. Fin ? Non, commencement. Myri a appris à faire taire son don. Jusqu’au jour où l’un des siens, un de ceux qui font partie de sa famille recomposée, disparaît. Elle se lance alors à sa recherche, non pas pour elle, mais pour les siens.

Il faut s’attendre à être surpris – oui, c’est un paradoxe – parce que le récit ne nous entraînera pas là où nous pensions aller. Myri a si bien caché son talent que, finalement, il n’est pas le sujet central du livre – ni le sien, ni celui de Lélio, un des personnages que j’ai préféré dans ce roman. Il est capable d’aller très loin pour aider Myri alors que tant d’autres, ceux de là-haut, ne prêtent surtout pas attention… A qui, au juste ? Si, à Claren, certains vivent en bas, c’est bien pour ne surtout pas être vus. En lisant les discours qui étaient tenus sur eux, notamment par les gentilles dames patronnesses venus les aider, j’ai pensé aux discours que ces mêmes dames patronnesses, bien réelles, tenaient sur les personnes pauvres, en France ou ailleurs, il n’y a pas si longtemps. Si l’on est pauvre, misérable, c’est de sa faute, pas la peine de remettre en cause un système qui assure aux puissants d’être toujours plus puissants, sauf si, par un coup du sort, il se trouvait quelqu’un, quelque chose pour bouleverser l’existence de tous à Claren.

A lire si vous aimez les romans de fantasy différents.

Les chroniques de Prydain, tome 3 : le château de Llyr de Lloyd Alexander

Présentation de l’éditeur :

Depuis la destruction du Chaudron noir, Taram et Eilonwy coulent des jours paisibles dans la ferme de Dallben. Mais le vieil enchanteur décide d’envoyer la princesse parfaire son éducation de « gente dame » à la cour royale de l’île de Mona. Accompagné du loyal Gurgi, Taram escorte la jeune fille jusqu’à Mona, sur le vaisseau de Rhun, jeune prince héritier jovial mais terriblement maladroit.
Alors qu’il commence à prendre conscience de ses sentiments pour la princesse et envie la noble lignée de Rhun, Taram retrouve à Mona son vieux compagnon, le roi et barde Fflewdur Fflam, ainsi que le prince Gwydion, présent incognito au château. Ce dernier lui apprend que la princesse est sous la menace d’Achren, la sorcière maléfique qui l’a retenue prisonnière toute son enfance et convoite toujours ses pouvoirs d’ultime enchanteresse de Llyr.

Mon avis :

Tout devrait être calme à Caer Dallben, le chaudron noir a été détruit, les habitants devraient donc couler (enfin) des jours heureux. Seulement, Dallben a décidé d’envoyer Eilonwy à la cour royale de Mona. Elle est une princesse, elle se doit donc de se comporter comme telle. ce n’es tpas gagné, parce qu’elle n’en a pas envie.

Tout devrait malgré tout bien se passer, si ce n’est que Taram se rend compte du fossé qui les sépare. il est toujours un apprenti porcher, en dépit des aventures qu’il a vécues. Il rencontre aussi au cours du voyage le prince Rhun, un prince éminemment collant et maladroit. Il est, pas seulement pour Taram, mais aussi pour nous lecteur, assez agaçant, surgissant toujours au moment où l’on s’y attend le moins, compromettant même parfois la mission qui a été assignée à Taram. En effet, il a la surprise de retrouver Fflewdur Fflam, roi de son état, roi qui en a assez d’être roi et a repris son costume de barde. Il a surtout retrouvé, soigneusement déguisé, afin de le prévenir du danger que court la princesse. Hélas, quand le plan de l’ennemi est au point, il est difficile de le contrecarrer. Voici Taram, Gwidion, Fflewdur , Gurgi et le prince Rhun repartis pour une nouvelle quête.

Je ne dis pas qu’elle sera plus simple que la précédente, je dis que l’auteur sait renouveler les enjeux, les opposants, même si nous retrouvons ici une vieille ennemi, l’enchanteresse Achren, dont Taram garde en mémoire les traumatismes qu’elle lui a causés. Comme les tomes précédents, le château de Llyr invite le lecteur à se demander pourquoi l’on se bat, pour soi, ou pour les autres ? Dès que l’on fait passer les intérêts des autres avant les siens, dès que tous les membres d’une quête ont le même état d’esprit, beaucoup de choses peuvent changer, l’un d’entre eux pourra même se révéler. Mention spécial pour le personnage de Llyan, qui possède un goût musical certain, après avoir subi bien des mauvais traitements.

Une saga décidément à découvrir.

Chroniques de Prydain, tome 2 : Le chaudron noir de Lloyd Alexander

Présentation de l’éditeur :

Dans ce chaudron noir, un roi diabolique ressuscite des morts pour en faire ses guerriers sans âme.
Il faut détruire l’horrible objet. Taran affrontera les batailles, les traîtres, le rire inquiétant des sorcières. Mais qui l’aidera ? Un joueur de luth, un rêveur, un être hirsute et vorace, un nain parfois invisible, une princesse au caractère pointu.
Des alliés surprenants pour un jeune chevalier…

Mon avis :

Je l’ai dit pour le premier tome, je le redis pour le second : nous sommes loin de l’univers simple (simpliste ?) de Taram et le chaudron magique. Pourtant, le film semble inspiré des deux premier tomes de la saga, mais c’est une inspiration allégée. Ce tome 2 est d’une extrême richesse, que ce soit du point de vue de l’intrigue, ou du point de vue des caractéristiques des personnages. D’ailleurs, nombreux sont ceux qui n’apparaissent pas dans le film, comme le prince Gwidion. C’est pourtant lui qui est à l’origine de la quête qui doit les amener à détruire le chaudron noir, ce chaudron qui permet à l’odieux roi d’asservir les guerriers morts et d’en faire des soldats sans âme, sans passé, sans aucun sentiment. Comme pour toute quête, elle entraîne la réunion de personnes qui ne se seraient peut-être jamais rencontrées et qui doivent s’entendre, respecter les ordres donnés, et ce n’est pas forcément facile pour tout le monde. Je pense notamment  à Ellidyr, fils cadet d’une famille royale qui cherche à tout prix à se distinguer, en quête de gloire, comme ses frères aînés avant lui, frères qui avaient l’avantage d’être les aînés. Il est l’exacte opposé d’Adaon, dont le doux courage nimbe le récit. C’est lui qui prononce ces paroles, extrêmement fortes à mes yeux : « N’y a-t-il pas déjà assez de gloire à vivre les jours qui nous sont donnés ? Tu devrais savoir qu’être parmi ceux que l’on aime et les choses que l’on apprécie, toute cette beauté, c’est déjà de l’aventure.  »

Jusqu’où est-on prêt à aller pour réussir une quête ? Certains membres iront très loin pour leurs compagnons, d’autres iront très loin pour eux-mêmes. Et si le monde des Chroniques de Prydain peut sembler de prime abord manichéen, il apparaît très vite que rien n’est aussi simple.

 

Chroniques de Prydain, tome 1 : Le Livre des Trois de Lloyd Alexander

Présentation de l’éditeur :

Au cœur du royaume de Prydain, un jeune garçon rêve d’aventures et de combats à l’épée. Chargé de veiller sur la truie Hen Wen, Taran est loin de se douter que l’animal possède de grands pouvoirs magiques et que l’abominable Roi Cornu est à sa recherche. Lorsque la truie s’échappe de Caer Dallben, Taran se lance à sa poursuite et s’enfonce profondément dans les terres de Prydain. Aidé du seigneur Gwydion, d’une créature nommée Gurgi et de la plus singulière des jeunes filles, Taran doit affronter le Roi Arawn et le Fils du Chaudron, deux êtres maléfiques au service du Roi Cornu. Le jeune garçon deviendra-t-il le héros qu’il a toujours voulu être ?

Mon avis :

Si, comme moi, vous avez vu enfant le film Taram et le chaudron magique, oubliez tout ! Le roman est d’une richesse incroyable par rapport au film – et je ne parle ici que du premier tome, je vous parlerai en temps et en heure des suivants. De même, je ne m’amuserai pas à jouer aux jeux des différences, ce serait nier l’intérêt de cette oeuvre.

Taram rêve d’aventures. Il ne se doutait pas de la manière dont elle surgirait, il ne se doutait pas des épreuves qu’il traverserait. Taram, après tout, n’est qu’un apprenti porcher, chargé de veiller sur une truie. Certes, elle possède des pouvoirs magiques, mais elle ne montre jamais ses pouvoirs à Taram ! Alors que les forces du mal approchent (oui, je sais, je suis un peu mélodramatique), elle s’enfuit – Hen Wren a bien saisi le danger ! Taram, qui était chargé de la protéger, se lance alors à sa recherche.

Sur sa route, il rencontrera une jeune fille qui sait ce qu’elle veut, et fait tout pour prendre son destin en main même si d’autres lui mettent des bâtons dans les roues, un prince courageux, une créature indéfinissable dont on ne sait au début si elle est un allié, un opposant ou simplement un enquiquineur goinfre de première. Il lui faudra courage et patience à lui aussi pour mener à bien sa quête, et savoir se remettre en question aussi.

Bienvenu dans les Chroniques de Prydain.

 

Elvira Time, 4 : The end of Time par Mathieu Guibé

Présentation de l’éditeur :

Il y a des histoires qui finissent bien et d autres qui commencent mal. Et puis il y a ma vie ou ce qu’il en reste. Les vampires mon unique source de revenus désertent la ville au pire moment possible : mon entrée dans la vie active. Diplôme en poche, je suis enfin libre de bosser dans la « dératisation », malheureusement pour moi, les nuisibles ont tous mystérieusement disparu ou portent un joli collier de toléré. Devoir zoner dans ma chambre sans savoir quoi faire aurait pu être un plan B tout à fait acceptable, si mon oncle n avait pas décidé de resurgir dans ma vie pour jouer les thérapeutes, avec dans sa valise, une fille adoptive bien gênante. Quand enfin les Canines se décident à pointer le bout de leurs dents, il y a comme un caillot dans l’artère : mes proies ne sont plus les mêmes ! Elles ont changé et ce ne sont pas des cas isolés : à l’échelle du pays, les vampires contre-attaquent. Plus que quiconque, j’ai des raisons de comprendre ce qui se passe et je suis la seule à pouvoir intervenir. Et croyez-moi, le monde n’est pas prêt à m’avoir pour héroïne.
Je ne suis pas prête non plus…

Mon avis :

Voilà, c’est fini. Oui, je sais, je peux difficilement résister à commencer ma chronique par une allusion à une chanson, et le contexte d’humour potache qui entoure les aventures d’Elvira s’y prête bien.
Oui, c’est la dernière fois que nous verrons Elvira, c’est le point final de ses aventures et, ai-je envie de dire, c’est au lecteur maintenant de continuer pour lui l’histoire, s’il le souhaite.
Passage obligé des romans qui se déroulent dans l’univers du lycée : Elvira est maintenant diplômée, elle peut réellement exercer son métier, elle est d’ailleurs embauchée pour assurer la sécurité de son ancien établissement scolaire. Ironie du sort quand tu nous tiens.
Comme dans les trois précédents volumes, beaucoup d’événements vont survenir (oui, j’aime bien ne pas trop en révéler) qui amèneront Elvira à se demander si elle a bien fait, dans le passé, en prenant certaines décisions. Son présent ne laisse pas d’être compliqué, entre retour d’un membre de sa famille, et le fantôme de Jericho qui aimerait bien la voir plus prudente. Lui n’a pas envie, contrairement à elle, qu’elle le rejoigne dans les plus brefs délais. Tant pis s’il faut employer la manière forte pour forcer Elvira à devenir raisonnable. Elvira/raisonnable ? Oui, les deux mots ne sont pas compatibles.
Bien sûr Ludwig, le petit génie de l’informatique, Bélinda et Shinta sont toujours là pour tenter d’épauler, à leurs risques et périls, Elvira. S’en sortiront-ils tous ? C’est à voir.
Ce qu’il ne faut pas rater cependant, c’est le dernier épisode de Dentiers Vs Zombies, bien plus émouvant que ce que l’on a pu voir de cette série dans les précédents volumes.

La magie de Paris, tome 1 : le coeur et le sabre d’Olivier Gay.

édition Castelmore – 319 pages.

Présentation de l’éditeur :

Du haut de son mètre quatre-vingt trois, Chloé est capable de vaincre n’importe qui à l’escrime. Mais lorsqu’elle aide Thomas, un garçon de sa classe, attaqué par une étrange créature, sa vie bascule. Gravement blessée, elle perd connaissance. A son réveil, son corps ne conserve aucune trace de ce combat et elle se sent… différente et plus puissante. L’heure des révélations a sonné : Thomas possède des pouvoirs magiques et, pour la sauver, il a utilisé un rituel interdit qui l’a liée à lui. Devenue sa protectrice contre son gré, Chloé va découvrir le monde des Mages. Un monde fait de duels à l’épée, de courses sur les toits, de puissants sortilèges et d’ennemis implacables. Un monde dans lequel elle n’a pas sa place.

Mon avis :

Livre lu entre hier et aujourd’hui, dans le but avoué de me détendre. Comme les deux tomes suivants sont dans ma PAL, et ne sont pas d’énormes pavé, il est certain que je les lirai prochainement. J’ai acquis cette trilogie en même temps que Moana, et, ayant sorti l’une de ma PAL, je sors l’autre au même moment.

Chloé, l’héroïne, c’est tout le contraire de moi. Elle est très grande, elle est baraquée, elle est surnommée « le tank » et est très sportive. Elle a cependant deux amies dont elle est proche, Célia et Nour, lycéennes en 1ère comme elle. Note : dans les romans pour adolescentes, les héroïnes ont souvent deux amies, comme si en avoir plus était difficile à gérer. Cela n’est pas sans évoquer pour moi… Alice détective privée et les inséparables Bess et Marion. Un soir qu’elle s’entraînait tard parce que l’escrime est sa passion et que personne ou presque ne l’attendait à la maison – son père a refait sa vie depuis deux ans, sa mère, depuis, ne vit que pour sa peinture et ses rencontres éphémères – Chloé découvre que Thomas, un garçon de sa classe qu’elle a catégorisé « emo » (je me demande s’ils existent encore) est attaquée par… une goule. Oui, cela surprend. ce n’est pas tant qu’elle lui vient en aide, c’est plutôt qu’elle ne peut pas cacher sa présence plus longtemps. Chloé se retrouve alors confrontée à un monde dont elle ne soupçonnait pas l’existence.

Bon. La lecture est agréable, le roman se lit sans souci. C’est peut-être un problème, justement. Je lis beaucoup, et j’ai mis du temps à trouver dans ce roman quelque chose qui sorte, qui me sorte de l’ordinaire, comme si j’avais déjà lu cette histoire ailleurs. Oui, j’ai des titres en tête. Je me suis dit que je n’étais pas la cible de ce livre mais… en même temps, un livre a-t-il besoin d’une cible pour être un livre intéressant ? J’ai trouvé tous les attendus du roman pour adolescent : Chloé se trouve confrontée à un univers qui n’est pas le sien et doit en assimiler les codes très vite. Du moins, elle le devrait si Thomas voulait bien tout lui expliquer rapidement au lieu de remettre à plus tard ce qu’il aurait pu faire le jour même. Comme nous voyons tout à travers les yeux de Chloé, le point de vue sur le monde des Mages est extérieur. Elle sait que Thomas s’est fait tancer par Mickaël, le chef des mages, elle sait que l’impassible David est un chevalier comme elle, mais elle ignore – et le lecteur avec elle – beaucoup de faits. Le lecteur comprendra à un moment pour quelles raisons, et c’est là que le récit deviendra fort intéressant.

De même, j’aime les méchants. Je trouve qu’un beau méchant donne tout son intérêt au récit. J’ai trouvé les rares goules que nous croisions intéressantes, et justement, j’aurai eu envie de discuter avec elle, plutôt qu’avec Chloé. Je sais que l’une d’entre elles a failli tuer Chloé. Ce n’est pas une raison pour ne pas en savoir plus sur ce qu’elles revendiquent. Elles ne viennent pas sur terre pour faire du tourisme, non ? Le livre a beau s’appeler « la magie de Paris », je ne pense pas qu’il existe un « Goule tour express » incluant les meilleurs endroits de la ville pour dégommer en toute impunité les mages.

Comme souvent, j’aimerai tendre ce livre à  un(e) authentique adolescent(e) pour savoir ce qu’il/elle en pense. Non, parce que si j’interroge la Nina de 14 ans qui lisait Zola, Gautier, Christie et Balzac, j’ai déjà ébauché une partie de sa réponse : « l’héroïne qui tombe forcément amoureuse du héros, c’est lassant. L’héroïne qui peut faire ce qu’elle veut parce que ses parents n’en ont rien à faire d’elle, aussi. Je sais bien que Tintin et Fantômette n’ont pas de parents, mais tout de même, il est d’autres moyens de se sortir de cette situation. » Je poursuis avec les scènes, obligées elles aussi, qui se déroulent au lycée – Chloé peut difficilement sécher – ou les scènes de combat, qu’ils soient réels, ou qu’il s’agisse de l’entraînement de Chloé pour les championnats. Ces scènes peuvent intéresser les sportifs et/ou les amateurs de roman de cape et d’épée dont je suis. J’ai cependant ressenti que ces scènes n’étaient qu’un prétexte, justement, pour montrer des scènes d’escrime, ou pour créer des scènes de tension sexuelle entre Chloé et David, un des chevaliers dont le mage est en convalescence et qui, du coup, prend beaucoup de place dans la vie de Chloé et Thomas.

Reste le dernier quart du roman, où mon intérêt a été largement soutenu par les révélations, qui arrivent enfin, et par l’apparition d’un personnage dont on nous a beaucoup parlé, et que j’apprécie déjà pour son absence totale de gentillesse et de tact – et pourtant, il ne s’agit pas d’un « méchant ». J’espère donc retrouver tout ce beau monde et cette intrigue… dans le tome 2.

 

Les tribulations d’Esther Parmentier, sorcière stagiaire tome 2 de Maëlle Desard

Présentation de l’éditeur :

De sorcière qui s’ignore à sorcière stagiaire, il n’y avait qu’un pas et Esther Parmentier, 19 ans, l’a franchi grâce à la manière brillante dont elle a résolu une précédente enquête sous la direction de l’agent Loan, un vampire désagréable, mais néanmoins très séduisant. Elle est désormais à plein temps au sein de l’Agence qui contrôle les relations entre les humains et les créatures surnaturelles. Mais bientôt, un nouvel arrivant, un dénommé Wolfgang Strøm, loup-garou de son état, se présente pour, prétend-il, réaliser un audit de l’Agence. Et voici que simultanément l’agent Loan, qui avait mystérieusement disparu, fait son come-back : il enquête désormais sur un trafic de sang et exige la participation d’Esther. Quand à son tour Wolfgang s’immisce dans l’enquête, un trio est formé. Et qui dit trio dit complications…

Merci aux éditions Rageot et à Netgalley pour ce partenariat. Et merci à Maëlle Desard pour les fous rires !

Ma chronique :

Je n’ai pas lu ce livre, je l’ai lu deux fois, tant j’ai apprécié le temps que j’ai passé en compagnie d’Esther – autant avertir tout de suite les personnes qui passeraient ici et liraient ma chronique. Cependant, avoir avoir éteint ma liseuse, je suis restée dubitative : je crains que plus personne ne veuille être sorcière, encore moins sorcière stagiaire après avoir lu ce livre. Il faudra donc prévoir une campagne de recrutement survitaminée afin d’attirer les jeunes femmes vers cette filière. Contrôler les relations entre les humains et les créatures surnaturelles, c’est compliqué, surtout quand votre tuteur, l’agent Loan, qui a quelques problèmes personnels et familiaux, ne se montre pas vraiment LE mentor qu’Esther attendait.

A l’agence, elle n’a pas le temps de s’ennuyer, et les autres non plus. A peine le temps de se remettre physiquement, émotionnellement et capillairement de sa dernière mission, qu’un audit sur l’Agence est décrété, effectué par Strøm, loup-garou de son état et que, bien sûr, une nouvelle mission leur est confiée. Cela aurait été trop beau de pouvoir faire une pause, de profiter de l’enseignement gratifiant qui lui est dispensée, des nombreuses interrogations surprises et de pouvoir jouer aux jeux vidéo en toute quiétude.

Comment va se dérouler l’enquête ? Mais très très très très bien. James Bond n’a qu’à bien se tenir tant les déguisements d’Esther, son matériel ultra-sophistiqué et des moyens de transport sont totalement hors-normes ou presque. L’humour, l’action et l’émotion sont au rendez-vous. Les vampires aussi.
Et Esther ne rentre toujours pas dans la norme, ni par son apparence physique, ni par ses prises de décision.

En route vers un tome 3 ?