Archives

Le maître des licornes – tome 1 : la forêt des lumières d’Eric Sanvoisin

édition Auzou – 60 pages.

Présentation de l’éditeur :

Dans le royaume d’Yf, les licornes sont des créatures fascinantes aux dons prodigieux… Aëlig, fils du respecté maître des licornes, entretient depuis toujours un lien mystérieux avec ses protégées. Lorsque l’une d’entre elles disparaît, Aëlig brave les interdits, et part à sa recherche. Sa quête, semée d’embûches et de troublantes rencontres, le mènera jusqu’aux confins du continent Aurore…

Mon avis :

J’ai découvert ce livre parce que j’aime bien explorer la littérature jeunesse, y compris celle qui est écrite pour les plus jeunes. Je dois dire que le premier tome de cette saga est bien conçu : les chapitres sont courts, l’intrigue est bien construite, les personnages à la fois simples à identifier et mystérieux. Il est bon d’aller au-delà des apparences.

Le héros, c’est Aëlig. Il est le fils du maître des licornes, et à ce titre, il est éduqué à l’écart des autres enfants, pour ne pas dire qu’il est élevé à l’écart des autres enfants. Il donne entière satisfaction à son professeur, et respecte les consignes données par son père – sa mère a quitté son père quand Aëlig avait six ans. Oui, tout allait bien dans un monde parfait jusqu’à ce que Kalyane, une licorne avec laquelle Aëlig avait noué des liens d’amitié ne disparaisse, sans que son père ne veuille mettre tout en oeuvre pour la retrouver. Ce fait me parle particulièrement, et peut-être parlera-t-il, du moins je l’espère aux plus jeunes : faut-il vraiment sacrifier un membre de la communauté sous prétexte que les autres pourraient (pourraient uniquement, ce n’est pas une certitude) être en danger ? Non, est ma réponse. La réalité nous confronte pourtant à des décideurs qui pensent que c’est mieux, qu’il faut faire des choix alors que se donner les moyens de ne pas choisir est certes plus compliqué, mais aussi plus moral.

Aëlig, lui, a sa réponse : il désobéit pour la première fois à son père et part à la recherche de son amie. Il croisera sur sa route quelqu’un qui l’aidera, et qui ne correspond pas tout à fait aux normes de l’univers du conte, ni tout à fait aux normes, d’ailleurs. Cette quête le mènera fort loin de son univers habituel, mais qu’à cela ne tienne, il reste déterminé.

En route pour une deuxième aventure !

Le monde de Llena de Fabien Clavel

Présentation de l’éditeur :

Dans notre monde, un auteur entreprend l’écriture d’un roman de fantasy en s’inspirant de sa fille, Léna.
Dans ce roman, Le monde de Lléna, Fidnuit, un orphelin, est approché par des Dormants, des moines qui maîtrisent la magie du Dérêve. Ils lui ordonnent de rallier le Refuge de Lléna, leur déesse. Poursuivi par des créatures de cauchemar, Fidnuit s’enfonce dans une étrange forêt aux arbres inclinés…
Au même moment, la jeune Fadlune, perturbée par des rêves prémonitoires, apprend de l’uraus Timagro qu’elle aussi doit se rendre au Refuge de Lléna.
Bientôt, le déroulement du roman semble interférer avec la réalité et Léna est victime d’une étrange maladie qui la plonge dans un sommeil sans fin…

Merci à Netgalley et aux éditions Rageot pour leur confiance

Mon avis :

Etre écrivain, c’est tout sauf facile. Demandez à monsieur Clavel, marié, un enfant, qui n’a pas hésité à se mettre en scène dans son propre roman : que faire, comment réagir quand votre propre femme, qui n’a pas trouvé le temps de lire votre dernier roman, lit et surtout apprécie fortement le roman d’un certain Fabrice C*** ? Et bien, on peste, on râle, on continue à raconter des histoires le soir à sa petite fille de quatre ans, et surtout, à partir de ses histoires, on se met à écrire un roman de fantasy pure.

C’est ainsi que nous nous plongeons dans le monde de Lléna, qui doit son nom au prénom de la fille de l’écrivain. Nous découvrons un héros, Fidnuit, et une héroïne, Fadlune. Nous découvrons surtout comment l’auteur construit un univers, son univers, comment il bâtit l’intrigue, avec des passages obligés, qu’il traite de manière originale (la rencontre entre les deux héros). Il montre aussi les ingrédients qui font partie de tout bon roman de fantasy. Ces chapitres ne sont jamais invasifs, et créent, finalement, du suspens entre les pans du roman principal – comme si nous étions invités en cuisine avant que chaque plat ne nous soit servi, non sans que l’auteur cuisinier ne fasse preuve d’une bonne dose d’auto-dérision.

Le monde de Llena  emprunte à de nombreux classiques de la fantasy – j’ai pensé à Princess Bride avant qu’il ne soit cité, et même à Edward aux mains d’argent, bien que ce soit un film. Il montre comment les rêves, les cauchemars envahissent le monde, comment, aussi, il est important de garder l’espoir, et de ne pas se laisser dévorer par son ambition. Surtout, rien n’est figé puisque l’auteur joue avec les attentes du lecteur, en le surprenant à chaque fois.

Le monde de Llena est un livre très réussi : j’espère qu’il trouvera un large public en dépit d’une date de sortie compliquée.

Et surtout, surtout : n’oubliez pas les dragons.

Cassidy Blake – Chasseuse de fantômes par Victoria Schwab

Présentation de l’éditeur :

Il y a un an, Cassidy a « failli » se noyer… (Bon, d’accord, elle s’est vraiment noyée – mais elle n’aime pas trop y penser.) Depuis, elle a le pouvoir de soulever le voile qui sépare le monde des vivants de celui des morts et peut même s’aventurer de l’autre côté ! D’ailleurs, son meilleur ami, Jacob, n’est autre qu’un jeune fantôme. Mais leurs rencontres avec les spectres ne se passent pas toujours très bien. Alors, forcément, quand ses parents se voient confier la présentation d’une émission télévisée sur les villes les plus hantées du monde, on ne peut pas dire que Cass soit très enthousiaste.
Malgré ses inquiétudes, toute la famille prend pour l’été la direction d’Édimbourg, en Écosse. Là, pas de doute : caves, châteaux, passages secrets… la ville regorge de fantômes, on en croise à tous les coins de rue ! Plus étrange encore, Cass rencontre pour la première fois une fille qui possède le même don qu’elle. Et au fil du temps, elle comprend qu’elle a encore beaucoup, beaucoup à découvrir sur son étrange talent…

Mon avis : 

Je ne résiste pas à une magnifique couverture, belle et poétique à la fois.
Ce livre est un première tome, et après sa lecture, j’espère qu’il y en aura d’autres, qui nous mèneront certainement dans des lieux différents.
Les héros de cette histoire sont une famille en apparence simple, mais avec un job étonnant : inspectreurs, c’est à dire des chasseurs de fantômes. Ils ont une fille unique, Cassidy, et un chat. Cassidy est notre héroïne, elle a failli mourir, elle a survécu. Puis-je dire qu’elle a complètement survécu ? Je ne le pense pas, j’ai l’impression qu’une partie d’elle est restée là-bas. Elle a été sauvée par un fantôme, Jacob. Mais pourquoi Jacob l’a-t-il sauvé ? Comment est-il mort ? Questionnement dont on découvrira peut-être les réponses plus tard….
En tout cas, cette enthousiaste famille se rend pendant les vacances, et pour raison professionnelle en Ecosse – cela justifie la présence de la famille au grand complet en Ecosse, sans contrainte scolaire, et l’on oublie trop souvent qu’il est normal, pour des parents, d’emmener leurs enfants avec eux !
C’est dans ce pays que Cassidy, grâce à une rencontre, en saura un peu plus sur ce qu’elle est, exactement. Il lui faut aussi définir ce qu’est un fantôme, et pourquoi il est, ils sont là – une constante avec d’autres oeuvres. Cassidy croisent ainsi des personnes qui croient aux fantômes, comme sa mère ou comme Findley, voire la jeune vendeuse dans la boutique, et d’autres moins, comme le propre insprecteur et père de Cassidy. Cependant, les personnages ont une grande tolérance face à ces croyances. Il faut dire que les enfants sont plus facilement touchés, pris, vulnérables comme le montre la légende de la Corneille rouge, personnage extrêmement dérageant et inquiétant.
Je me suis vraiment laissée emporter par cette histoire, son rythme, son mélange de noirceur et d’humour, cette manière de trouver des moyens d’expliquer des phénomènes pas forcément explicables de prime abord. J’ai aimé passer du temps avec ses personnages, commencer à percer leurs mystères. J’espère vraiment continuer la route avec eux, et peu importe la direction.

La cité des ténèbres, tome 6 de Cassandra Clare.

Mon avis :

Lire un livre de 800 pages, même quand il conclut une double trilogie, ce n’est pas facile facile. J’ai d’ailleurs fait une pause au milieu du livre – ce qui correspondait justement à un basculement de l’action. Pas de regrets de quitter les personnages puisque je sais qu’il est possible de les retrouver, quelques années plus tard.

Sébastien est le fils de Valentin. Mauvaise nouvelle : il est encore plus déterminé et a encore moins de scrupules que son père.

Je pense que je vais être détestée par les fans, mais pour moi, ce fut le tome de trop. Trop long, trop de personnages, trop de complications dans l’intrigue. Bref, pour moi, la lassitude est là, et en dépit des portes ouvertes pour la suite, je sais que je ne poursuivrai pas la lecture de cette saga.

Les soeurs de la lune, tome 11 de Yasmine Galenorn


Edition Milady – 408 pages

Présentation de l’éditeur :

C’est la Saint-Valentin, et alors que nous nous préparons pour le mariage de notre amie Iris, le Conseil de la communauté surnaturelle est victime d’un attentat à la bombe, la situation dégénère. Les Koyanni, les coyotes métamorphes diaboliques, sont de retour, et Newkirk, leur nouveau chef de meute, s’est allié avec un groupe de sorciers hors-la-loi. Et voilà que l’Ombre Ailée, le seigneur démoniaque, envoie un nouvel émissaire sur Terre. De quoi faire de notre vie un véritable enfer…

Mon avis :

Il s’est passé cinq ans entre la traduction du tome 10 et celle du tome 11, traduit en 2019, écrit en 2012. La situation pourrait cependant être pire : nous avons bel et bien la suite de la série, avec Delilah, ma soeur préférée. Ah, Delilah : ses boulettes de poils qu’elle vomit régulièrement, ses paniers dans lesquels elle aime dormir, sa souris qui couine avec laquelle elle adore jouer. Oui, Delilah se métamorphose en un adorable chaton joueur sous le coup des émotions – ou en panthère dans le cadre d’une grosse bagarre.

Et, malheureusement, les bagarres ne manquent pas, les ennemis non plus. L’Ombre ailée, qui ne se fait pas oublier, et veut toujours prendre le pouvoir. Les Koyanni repointent le bout de leur museau, alors que les soeurs pensaient en être débarrassées. Je ne vous parle pas non plus des trafiquants de tout poils, toujours actifs. Du côté humain, ce n’est pas mieux : des agiteurs, qui n’ont rien à envier aux pires racistes et homophobes qui soient, veulent le retour des membres d’Outremonde chez eux, que ces monstres soient éradiqués. Si ces slogans ne vous rappellent rien, réfléchissez bien, vous avez des précédents bien trop proches de nous – et ce n’est sans doute pas un hasard si Tim et Jason amènent leurs amis LGBT pour contrecarrer les manifestants extrémistes : être ostracisés, malmenés, agressés, violés parce qu’éloignés des normes établies, ils savent trop bien ce que cela signifie.

N’oublions pas Camille, la soeur aînée, celle qui est le pilier de la famille et qui a subi le pire dans le tome 10, avec, en plus, un père qui ne lui a apporté aucun soutien après coup. Pas de guimauve : pardonner à leur père sa trahison n’est vraiment pas à l’ordre du jour. Mais Delilah comprend qu’elle doit murir, être plus forte, ne serait-ce que pour ses soeurs, qui comptent sur elle.

J’ai l’impression de ne pas en dire tant que cela sur l’intrigue, si ce n’est qu’elles n’ont pas un moment de répit, que ce soit pour se protéger, pour combattre, ou pour aider les leurs. Mention spéciale pour Wilbur, qui révèle quelques-uns de ses secrets. Mention spéciale aussi pour les agressions dont sont victimes les femmes et qui à aucun moment ne sont banalisées. Beaucoup moins facile qu’on ne le pense quand on parcourt un tantinet la littérature vampirique.

Un très bon tome, à recommander à tous les fans des soeurs d’Artigo.

Gardiens des Cités perdues, tome 1 de Shannon Messenger

Edition Lumen – 510 pages

Présentation de l’éditeur :

Depuis des années, Sophie sait qu’elle n’est pas comme tout le monde. Elle se sent à part à l’école, où elle n’a pas besoin d’écouter les cours pour comprendre. La raison ? Elle est dotée d’une mémoire photographique… Mais ce n’est pas tout : ce qu’elle n’a jamais révélé à personne, c’est qu’elle entend penser les autres comme s’ils lui parlaient à haute voix. Un casque vissé sur la tête pour empêcher ce bruit de fond permanent de la rendre folle, elle se promène un matin avec sa classe au musée d’histoire naturelle quand un étrange garçon l’aborde. Dès cet instant, la vie qu’elle connaissait est terminée : elle n’est pas humaine et doit abandonner son existence entière pour rejoindre un autre univers, qu’elle a quitté douze ans plus tôt. L’y attendent une pléiade de nouveaux condisciples, amis et ennemis, et une question obsédante : qui est-elle ? Pourquoi l’a-t-on cachée dans le monde des humains ? Pourquoi n’a-t-elle que des souvenirs partiels de son passé ?

Merci aux éditions Lumen et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Je découvre cette série très en retard : ce n’est pas faute de l’avoir croisée de nombreuses fois, c’est simplement que je lis beaucoup, et qu’il faut parfois un coup de pouce (un partenariat avec Netgalley) pour sauter le pas. C’est chose faite. La seule chose qui me gène, est qu’il reste sept tomes après celui-ci – vu la taille de ma PAL, je ne suis pas prête de les lire.

Sophie est différente des autres enfants. Elle est surdouée, se sent à part, d’autant plus que, depuis l’âge de cinq ans, elle entend les pensées des autres. Agréable ? Non, pas vraiment, surtout quand on entend toutes les pensées de toutes les personnes qui vous entourent, et que vous n’avez aucun moyen de les faire taire. Je n’oublie pas que vous n’avez aucun moyen, non plus, d’en parler à vos parents ou à vos proches : il n’existe pas vraiment de remèdes. Heureusement (ou malheureusement, comme vous voudrez), la vie de Sophie change radicalement quand elle est abordée par un inconnu qui lui révèle qu’elle n’est pas humaine, et lui fait retrouver son véritable univers. Cela fait beaucoup pour Sophie, qui doit abandonner ce (et ceux) qu’elle a toujours connu, et s’adapter à un univers totalement différent du sien. J’ai vraiment trouvé intéressant que le lecteur se retrouve exactement dans la même position que Sophie, qui peine elle aussi à retrouver ses repaires. Nous sommes dans un univers magique, mais il n’est pas de formules contre le mal du pays – contre le fait, aussi, de se sentir différente, même au milieu de ceux qui sont sensés être les siens.

Sophie et nous ne savons pas tout. Nous devons faire avec ce que les autres veulent bien nous dire, avec ce qu’ils jugent utiles de cacher, pour protéger Sophie. Avec ceux avec qui elle vit, qui ont eu l’immense douleur de perdre leur fille, et qui doivent vivre sans leur fille, mais avec Sophie.

Alors oui, c’est un roman qui pose les bases d’un univers mais sans jamais rester statique – Sophie doit s’acclimater, à ce nouveau monde, mais aussi, déjà, affronter ses adversaires tout en découvrant sa véritable nature, que personne ne connaît véritablement. Il est des personnes qui n’ont pas envie qu’elle soit là, il en est d’autres qui sont toutes prêtes à la récupérer. Pour en faire quoi ? Oui, Sophie se retrouve à peine considérée comme un être vivant, plutôt comme une arme en puissance.

Sophie aura-t-elle au moins des moments d’apaisement ? Pas vraiment. Elle fait en tout cas preuve d’une grande maturité, d’un grand sens de la réflexion, que bien des adultes n’ont pas encore – et j’aime assez que l’auteur ait construit un personnage aussi riche.

Bref, un premier tome très agréable à lire, que je recommande à tous les amateurs de fantasy.

 

Journal d’un marchand de rêves d’Anthelme Hauchecorne

Présentation de l’éditeur :

J’ai séjourné en hôpital psychiatrique. Pas de quoi fouetter un chat sauf lorsque, comme moi, vous êtes fils de stars. Par crainte du scandale, mes parents m’ont expédié loin d’Hollywood, dans la vieille Europe. Les meilleurs spécialistes m’ont déclaré guéri. En vérité, la thérapie a échoué. Les songes ont repris, plus dangereux que jamais. Malgré moi, je me trouve mêlé aux intrigues de puissants Rêveurs. Des gens charmants et bien décidés à m’éliminer, mais avec élégance. M’entêter serait totalement déraisonnable. Pourtant, deux plaies à vif m’empêchent de tourner la page… La première est une fille. La seconde, une soif de vengeance. Je m’appelle Walter Krowley. Vous tenez mon journal intime. Prenez-en soin. Ce livre pourrait devenir mon testament…

Mon avis :

Merci aux éditions French pulp et à Netgalley pour leur confiance.

Il faut accepter de se perdre dans un univers qui n’est pas le nôtre, que cet univers soit onirique ou pas. Il faut accepter de se perdre dans un genre littéraire qui n’est pas du tout mon genre de référence, ce qui n’ôte rien aux qualités de l’ouvrage.

Qu’avons-nous en commun avec Walter Krowley Junior, fils d’une star américaine et d’une mère trop tôt disparue ? Lui et son meilleur ami ont été blanchis de la mort accidentelle de deux personnes, il se perd dans les méandres de sa vie culpabilisée, au point que sa vie réelle se retrouve engloutie dans un autre univers. Dans ce monde des rêves, ou des cauchemars, comme vous l’entendrez, il fait des rencontres, avec Spleen, qui apparaît puis réapparaît dans son univers, l’aidant, parfois, à mieux le connaître, avec Banshee ensuite, qui vit « dans le monde réel » à Bruxelles, capitale d’un pays qu’il ne connaît pas, en bon américain. Lien de cause à effet, Trevor choisit de partir à Bruxelles, quand son père et sa belle-mère, qui joue vraiment son rôle jusqu’au bout, cherchent un moyen pour le sortir de la drogue. Oui, elle existe dans le monde réel, et dans le monde des rêves, revisitant ainsi le thème du marchand de sable.

Oui, la lecture de ce livre fut addictive, et si certains faits ne sont pas toujours compréhensibles de prime abord, il est des faits qui s’éclairent à la fin du roman – et n’oublions pas que c’est à chacun de faire vivre ses rêves, à chacun de nouer, de renouer les liens qu’ils souhaitent, avant qu’il ne soit trop tard.

Journal d’un marchand de rêves est un livre d’une grande richesse, qu’il serait vain de vouloir limiter à un simple avis. Il joue entre un univers très réaliste, et l’exploitation que d’autres peuvent faire des non dits, des actes irréalisés, des peurs et des désirs les plus profonds. Ne laissons pas les autres vivre notre vie.

Cependant, j’ai vu aussi (à tort ?) une mise en garde contre les rêves qui ne concernent pas soi, mais la société toute entière. L’écriture, rétroactive, montre souvent Walter nous mettre en garde contre telle ou telle décision qu’il a prise et qui a provoqué des catastrophes inattendues. Et souvent, il nous rappelle que le rêve de créer une nouvelle société idéale, nouvelle, novatrice, provoque bien plus de dégâts, de blessures, de morts, que l’auteur de cette idée ne le pensait. Comme il est souvent dit, l’enfer est pavé de bonnes intentions.

Avant de clore cet avis, je me rends compte que je n’ai pas parlé du thème de la vengeance, qui apparaît pourtant ici ou là, comme un personnage récurrent. Se venger est ici davantage une revanche, le désir de reprendre la main qu’une quête obsessionnelle, comme si tout venait à point à qui savait attendre, terminant ainsi une histoire commencée depuis longtemps. A moins qu’elle ne continue, dans une autre dimension. A voir. A lire. A imaginer.