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Détective LaChance Les cartes musicales par S.L. Pennyworth

Présentation de l’éditeur :

Le détective Lachance est bougon, fatigué, et pressé de prendre sa retraite de la Préfecture de Paris. Malheureusement, impossible de se reposer car une nouvelle affaire terrible lui tombe dessus : des femmes de bonne famille sont retrouvées assassinées aux quatre coins de la capitale. Et sur elles, on retrouve systématiquement une carte musicale pour un orgue de Barbarie. Qui pourrait s’en prendre à ces demoiselles ? Et pourquoi ? Lachance va devoir mettre de côté sa mauvaise humeur pour espérer résoudre ces meurtres sordides

Merci aux éditions 404 Editions et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Livre divertissant, qui ne plaira pas à tout le monde, à cause de la personnalité du détective Gustave Lachance. Il est à deux doigts de la retraite, pour ne pas dire qu’il aurait dû la prendre depuis quelques années mais, hélas pour lui, sa supérieure Adélaïde a refusé sa démission un nombre conséquent de fois depuis quinze ans, alors que lui ne rêve que de partir dans les Vosges, profiter de sa retraite pour ne rien faire, si ce n’est s’occuper de ses chats et pécher. Il est particulièrement misogyne, ne supporte pas la nouvelle co-équipière qu’Adélaïde lui a assigné, lui qui n’a pas eu de co-équipier depuis quinze ans – il faut déjà quelqu’un qui puisse le supporter, et ce n’est vraiment, mais alors vraiment pas gagné, tant ses remarques sont acerbes. Il a une très bonne descente, il fume de l’opium occasionnellement, a les poumons très encrassés et ne fait rien pour les décrasser. Il a tout de même trois qualités :
– il aime les chats ;
– il est un excellent enquêteur ;
– il n’est pas raciste, et le dit en des termes clairs : « Jamais compris pourquoi des gens se font suer juste parce que le type d’en face a des oreilles pointues ou pas le bon nombre de doigts à la main. Qu’est-ce que ça peut leur foutre ? »
Peut-on dire que le meurtrier qu’il traque n’est pas raciste puisque toutes les races y passent ? Humain, fée, troll, nain, le seul point commun est que les victimes sont des femmes de la haute société, dont les familles ont été liées à des événements historiques majeurs. Majeurs dans leur monde : oui, nous sommes dans une dystopie, en 1909, à Paris, Paris peuplé de fées, de trolls et autres orcs, mais les événements majeurs ne sont pas oubliés (la prise de la Bastille ou la construction de la tour Eiffel), tout en conservant un peu d’argot (vive les hirondelles).
Ce roman policier fantasy fut facile et agréable à lire, à cause aussi de la personnalité bougonne et irascible du détective, qui ne sera pas au bout de ses surprises pendant cette enquête.

Les princesses de glace, tome 04 : La cascade enchantée d’Astrid Foss

édition Pocket Jeunesse – 128 pages

Présentation de l’éditeur :

Les triplées ont réunie les Lumières Eternelles, mais une dernière mission les attend : les porter tout en haut de la cascade Silfur le jour du Soleil de Minuit. Ainsi seulement la magie de Nordovia sera sauvée. Cette dernière épreuve sera la plus difficile de toutes, et la Sorcière des Ombres plus déterminée que jamais à les vaincre.

Mon avis :

C’est la fin des aventures des trois soeurs et de leur ourson Oscar. Oui, je tiens à l’inclure, d’abord parce qu’il n’est pas oublié sur la couverture, ensuite parce qu’il est vraiment indispensable au bon déroulement de la mission des triplées.
Il ne reste plus qu’une chose à faire : porter les Lumières tout en haut de la cascade. C’est plus facile à écrire qu’à faire puisqu’elles sont un peu prises par le temps, et surtout par le danger : leur tante ne recule devant rien pour parvenir à ses fins, elle n’a pas les scrupules de ses nièces.
Alors, qui triomphera ?

Iceland de Guillaume Lebeau

édition Mango – 171 pages

Présentation de l’éditeur :

L’île d’Iceland agonise depuis l’invasion des gens d’Eyyr, qui en exploitent la glace et en oppriment les peuples. Dans cette nature livrée aux forces élémentaires surgit Leif Sigur, le guerrier. Armé de Thingvellir, la double hache symbole de la loi, il porte sur ses larges épaules le destin de son monde. En chemin, il va rencontrer Vigdis, la jeune magicienne blanche. Leif et Vigdis partent alors en quête du salut :l’Arbre boréal. Tandis qu’ils affrontent le géant de givre et les assassins envoyés par la maison d’Eyyr, une rumeur se répand dans le peuple : Leif sigur va sauver Iceland.

Mon avis :

Je suis toujours étonnée quand je tombe sur un livre qui n’a que peu ou pas de critiques alors que je m’attendais à ce qu’il en ait plus.
Le livre date de 2007, et il a été « desherbé » de ma bibliothèque, c’est ainsi qu’il est rentré dans ma PAL – en 2007, je lisais surtout des « classiques » de la littérature jeunesse, genre que trop de professeurs de français fréquentent peu, et je ne m’intéressais pas trop aux nouveautés.
Nous sommes ici au coeur de l’Iceland, terre légendaire comme dans les sagas nordiques. Leif est un guerrier. J’ai envie d’ajouter « de glace » tant sa formation l’a endurci, tant il reste inflexible dans son objectif, lui, le dernier de sa race – ceux de sa famille qui ne sont pas morts au combat ont été massacrés inexorablement. Ils ne sont pas les seuls à avoir été tués à cause de la soif de puissance des trois rois, de leur veulerie aussi. Ils ont été incapables de s’entendre pour diviser le royaume, ils s’entendent presque bien pour conquérir, détruire et massacrer.
Leif n’hésite pas à se mettre au service de ceux qui en ont besoin, pour lutter contre d’autres monstres tout aussi légendaires. Je pense aussi au harfang géant, rapace que je ne connais (en taille « normale ») que dans les zoos. Je pense au krii-kull, ce géant des glaces redoutable, qu’il pourchasse jusqu’à parvenir à le neutraliser. Sur son chemin, il fera des rencontres. Il louera le courage de ceux qui n’hésitent pas à se sacrifier pour les leurs. Il rencontre aussi Vigdis, une jeune magicienne, la dernière des Völva – il ne faut pas croire tout ce que disent les légendes, il existe encore, parfois, des survivants, déterminés à faire bouger les choses.
Le récit ne prend pas les jeunes lecteurs pour des nigauds, et si la violence est là, le déroulement de l’intrigue, la construction du récit sont parfaitement rigoureux. De même, les descriptions de ce pays de glace sont bien présentes, sans alourdir le récit, et si le passé des protagonistes est évoqué, c’est par petites touches, pour mieux les caractériser et donner de la profondeur au récit.
Iceland – un livre injustement méconnu.

Silver Batal et la pierre de coeur de K.D. Halbrook

édition Lumen – 384 pages

Présentation de l’éditeur :

Après avoir échappé de peu aux griffes de la reine Imea, Silver Batal et son dragon d’eau, Hiyyan, sont forcés de fuir la cité royale de Calidia. Traqués par des mercenaires, les deux amis décident de quitter le désert et de trouver refuge au nord du continent. Or ces vastes étendues enneigées sont pleines de danger : elles abritent non seulement de nombreuses créatures des montagnes, mais aussi de féroces dragons des glaces à la morsure empoisonnée.
Parti avec sa dresseuse explorer un glacier truffé de cachettes, Hiyyan se fait attaquer par un dragon belliqueux et tombe gravement malade. Pour lui sauver la vie, Silver est contrainte de se lancer à la recherche d’une des légendaires pierres de cœur de dragon d’eau. Sa quête l’emmène aux confins du pays, depuis les sommets d’une vertigineuse chaîne de montages où vivent les énigmatiques Guetteurs, jusqu’aux petites îles côtières où l’attendent des rencontres surprenantes.

Merci aux éditions Lumen et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

J’ai aimé ce second tome, qui est le prolongement parfait du premier tome. Nous sommes ici loin de Jasparton, dans la neige, le gel et le froid. L’union entre Silver et son dragon d’eau est forte, ils sont accompagnés par Mele et Luap, autre duo dresseur/dragon, même si le relief, le climat, rend les déplacements plus difficiles pour eux. Nebekker aussi est de la partie, avec la mère d’Hiyyan, toujours fidèle au poste. Mele et Nebekker sont davantage des amies que des adjuvantes : oui, elles aident Silver, mais elles ont toutes les deux leur propre quête à mener, qui sont toutes aussi importantes que celle de Silver – différentes, mais pas dévalorisées. L’estime dans laquelle on tient ses amis fait aussi des personnages bien plus riches que celui qui accepte l’aide, et ne donne rien en retour.
Les épreuves sont toujours là, multiples, variées, inattendues. Le danger peut venir de n’importe où, des créatures cachées dans la montagne – rares sont celles qui sont amicales – des êtres humains (qui a bien pu embaucher ces mercenaires ?) et des ennemies déjà indentifiées dans le premier tome, j’ai nommé la reine Imea et Sagittaria Prodigo, qui n’est plus vraiment l’idole de Silver. La championne de course, dans ce second tome, a une position assez étonnante, mystérieuse sur les relations entre les dragons et les humains, et nous pouvons, tout comme Silver, nous interroger sur ce qu’elle entend faire à l’avenir pour ce « lien ». Sagittaria, bien qu’elle soit une grande championne, a encore des rêves, des désirs.
Dans ce second tome, l’aventure est à la fois physique et spirituelle pour Silver. C’est l’occasion pour elle de s’interroge sur ce fameux lien qui l’unit à Hiyyan, et sur ce qu’elle veut véritablement créer avec lui. Plus largement, elle est amenée à s’interroger sur la place des dragons dans la société dans laquelle elle vit, ou plutôt, sur celle que les hommes veulent bien leur accorder. Les Guetteurs, qu’elle a rencontré, détiennent une très large bibliothèque, et lui permet d’en savoir un peu (beaucoup) plus sur les dragons, sur leur histoire, sur Gulad Nakim, qui protégea de son mieux les Aquinders.
Silver Batal et la pierre de coeur est un roman riche et intéressant, à l’univers original. J’espère qu’un tome 3 verra le jour.

Silver Batal et le dragon d’eau de K.D. Halbrook

édition Lumen – 470 pages

Présentation de l’éditeur :

Silver Batal habite une ville fascinante au milieu du désert : perchés à flanc de falaise, des dizaines d’ateliers accueillent les artisans les plus divers – potiers et joailliers, ébénistes et souffleurs de verre. À treize ans, elle est censée travailler dur pour succéder à son père, l’un des bijoutiers les plus renommés de la région. Seul problème ? Son cœur n’appartient pas au désert, mais aux flots de l’océan : elle rêve de participer aux courses de dragons d’eau qui, chaque année, font vibrer le pays tout entier.

Mon avis :

Ce livre est venu enrichir ma PAL pendant le confinement. Je dis bien « enrichir » parce que l’éditeur l’a proposé gratuitement – un beau geste.
La couverture est très belle – oui, je fais partie de celles et ceux qui aiment les belles couvertures – montrant Silver Batal et son dragon. Silver a en effet un rêve : faire comme son idole, Sagittaria Prodigo, à qui elle écrit régulièrement sans susciter la moindre réaction. La jeune fille a une passion pour les courses de dragon, et rêve de devenir dresseuse à son tour. Il faut dire que sa voie est loin d’être toute tracée – pour effectuer ce métier. Sa famille a un passé compliqué et son père a relevé le niveau de son atelier de joaillerie. Il s’attend donc à ce que sa fille reprenne sa succession, comme tous les enfants de Jaspaton avant elle. Oui, tous semblent avoir un destin tout tracé, et ce n’est pas Brajon, son cousin, qui dira le contraire : lui est descendu docilement à la mine quand l’âge est venu de le faire, comme son père avant lui. Costaud, gardant difficilement un secret, il est cependant tout dévoué à sa cousine préférée, c’est à dire Silver.
Deux faits viennent bouleverser l’existence de Silver – ou comment perdre ses illusions sur une personne que l’on admirait, et découvrir que si sa seule amie, Nebekker, ne l’a pas aidée, c’est qu’elle avait effectivement d’autres personnes qui avaient bien plus besoin d’elles que Silver. Quelles personnes ? Deux dragons d’eau, une race « interdite », dont les spécimens sont tous éradiqués – croit-on. Silver est tout de suite ravie :

– Un autre Aquinder, s’émerveilla Silver. Un petit !
Nebekker, elle, n’avait pas l’air particulièrement ravi.
– Oui, si ta définition de « petit » est « à peu près grand comme mon salon »…soupira-t-elle, les mains sur les hanches.

Bien sûr, si l’intrigue s’arrêtait ici, ce serait presque reposant, sauf qu’un accident survient, et que Silver part, avec son cousin Brajon, pour un voyage initiatique qui l’amène à quitter son désert pour la cité royale. Avant d’y parvenir, elle subira plusieurs périls, et pourra compter sur des adjuvants inattendus, prouvant qu’avoir aidé quelqu’un est toujours utile, quoi qu’en pensent certains. Si la jeune fille n’est pas à l’aise dans la cité, elle découvre le milieu des courses, celui où toutes les tricheries ou presque, tous les coups bas sont possibles. Elle fera de belles rencontres, et affrontera de nombreuses péripéties : tous les dangers sont possibles, pour les dragons, mais aussi pour leurs dresseurs. Silver n’est d’ailleurs pas sans s’interroger sur le sort qui est réservé aux dragons, et qui n’est pas toujours des plus appréciables.
Ce premier tome nous permet non seulement de découvrir les protagonistes de l’action, il nous plonge aussi au coeur de l’intrigue.
J’ai enchaîné avec le tome 2.

La passe-miroir, tome 3 : la mémoire de Babel de Christelle Dabos

édition Folio – 567 pages

Présentation de l’éditeur :

Thorn a disparu depuis deux ans et demi et Ophélie désespère. Les indices trouvés dans le livre de Farouk et les informations livrées par Dieu mènent toutes à l’arche de Babel, dépositaire des archives mémorielles du monde. Ophélie décide de s’y rendre sous une fausse identité.

Mon avis :

J’ai mis moins de temps entre la lecture du tome 2 et 3 qu’entre celle du tome 1 et 2. Heureusement, parce que, sinon, je me serai perdue à nouveau.
Trois années sont passées, trois années pendant lesquelles Ophélie a été surveillée par les doyennes, dans l’impossibilité de faire ce qu’elle aimerait tant faire : partir à la recherche de Thorn. Elle ne peut pas non plus voir Victoire, sa filleule, qui se porte bien et a (forcément) déjà trois ans. Aussi, quand l’occasion lui est enfin donnée de partir et de se rendre sur l’arche de Babel pour tenter de le retrouver, elle n’hésite pas. Simplement, elle s’engage seule, pour ne mettre personne en danger.
C’est à nouveau un univers complexe, et différent de ce que le lecteur a pu découvrir dans les tomes précédents que nous voyons ici. Il est question de mémoire, surtout celle qui a été perdue, par les hommes, mais aussi par les esprits de famille. Il est question de ce que l’on souhaite conserver, mais aussi détruire, pour que la mémoire de certains faits se perde définitivement. Vertigineux ? Oui, parce que même si nous sommes dans un univers de fantasy, il est cependant évident, et possible qu’une telle société puisse exister – on a déjà brûlé des livres parce qu’ils ne convenaient pas.
Ophélie est partie sur Babel, et vivra de nouvelles, de nombreuses épreuves. Si j’ai des regrets, c’est le fait de ne plus vraiment voir des personnages auxquels je m’étais attachée dans le second tome. C’est aussi le fait que d’autres ressortent totalement fracassés de cette aventure, non du fait d’Ophélie, mais des événements qui se déroulent et qu’elle tente d’empêcher. Et si je dois retenir autre chose de la lecture de ce roman, c’est aussi qu’à force de dire que tout va bien dans la meilleure société possible, l’on finit par le croire.

Les disparus du Clairdelune de Christelle Dabos

édition Folio – 673 pages.

Présentation de l’éditeur :

Fraîchement promue vice-conteuse, Ophélie découvre à ses dépens les haines et les complots qui couvent sous les plafonds dorés de la Citacielle. Dans cette situation toujours plus périlleuse, peut-elle seulement compter sur Thorn, son énigmatique fiancé ? Et que signifient les mystérieuses disparitions de personnalités influentes à la cour ? Sont-elles liées aux secrets qui entourent l’esprit de famille Farouk et son Livre ? Ophélie se retrouve impliquée malgré elle dans une enquête qui l’entraînera au-delà des illusions du Pôle, au cœur d’une redoutable vérité.

Mon avis :

Reçu lors d’un swap, lu voici plus de deux mois (et encore, j’ai vraiment mis du temps à le lire, face à des élèves perplexes devant l’épaisseur du bouquin), Les disparus du Clairdelune est un roman complexe, et finalement assez facile à lire – il fallait simplement que je me plonge dedans.

J’avais lu le tome 1 en 2014. Est-il vraiment besoin de dire qu’il était loin derrière moi, et que mes souvenirs étaient vraiment fort peu nombreux ? Et bien voilà, c’est dit, c’est fait. J’ai cependant retrouvé Ophélie, l’héroïne, et Thorn, son fiancé. Devenue vice-conteuse, il n’est cependant pas question pour elle de changer de personnalité – à ses risques et périls, parfois. Il faut dire qu’évoluer dans la Citacielle est tout sauf simple. Ce n’est pas que les complots soient nombreux, j’ai plutôt eu l’impression que tout était complot et qu’Ophélie se devait d’être constamment sur le qui-vive. Elle n’est pas la seule, rien n’est jamais sûr et rares sont ceux qui sont réellement ce qu’il paraisse être. Tous doivent redouter Farouk (que je suis parfois tentée de nommer Odin, mais c’est « normal », surtout dans les textes qui nous plongent dans son passé) qui, en plus de son poste de vice-conteuse, demande à Ophélie la liseuse, Ophélie la maladroite, de retrouver quatre disparus. Non, elle n’a pas pu refuser, même si elle a dû gérer en même temps sa famille, qui « débarque » à la Citacielle, qui s’inquiète pour elle, également (Thorn est-il un « bon » fiancé pour elle ?) et qui doivent, parfois, faire avec certaines difficultés.

Nous sommes dans le genre fantasy, mais pas de la fantasy joyeuse. La mort n’épargne personne, ou plutôt, ceux qui veulent le pouvoir ne craignent pas de mettre à mort ceux qui les gênent, de les massacrer, carrément, quel que soit l’âge de la personne qui est en face d’eux. A la lecture, ce n’est pas une fin heureuse que l’on attend, mais plutôt l’étonnement devant des retournements de situation étonnants, et, parfois, des lueurs d’espoir. J’ai aimé aussi les descriptions, particulièrement poussées, soignées, évocatrices – et il en fallait pour créer ce monde dans lequel nous évoluons avec Ophélie, Thorn et tous les autres.

J’ai commencé le tome 3.

La ville sans vent d’Éléonore Devillepoix

édition Hachette – 448 pages.

Présentation de l’éditeur :

A dix-neuf ans, Lastyanax termine sa formation de mage et s’attend à devoir gravir un à un les échelons du pouvoir, quand le mystérieux meurtre de son mentor le propulse au plus haut niveau d’Hyperborée.
Son chemin, semé d’embûches politiques, va croiser celui d ‘Arka, une jeune guerrière à peine arrivée en ville et dotée d’un certain talent pour se sortir de situations périlleuses. Ça tombe bien, elle a tendance à les déclencher…
Lui recherche l’assassin de son maître, elle le père qu’elle n’a jamais connu.
Lui a un avenir. Elle un passé.
Pour déjouer les complots qui menacent la ville sans vent, ils vont devoir s’apprivoiser.

Merci aux éditions Hachette et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

J’ai vraiment été curieuse de découvrir ce roman de fantasy dont beaucoup parlent, ce qui est suffisamment rare pour être signalé : la fantasy française est très (trop) souvent la grande laissée pour compte de la littérature.
Tout d’abord, nous sommes dans un univers très particulier, et très bien construit. Le revers de la médaille est que la mise en place de l’intrigue est un peu longue, parfois répétitive, tant l’univers dans lequel les personnages évoluent est riche. Il est aussi sans pitié, pour ceux qui sont tout en bas de l’échelle – dans le sens propre du terme.

Nous avons deux personnages principaux, et c’est à travers leurs yeux que nous voyons les événements. Ils ne sont pas redondants, mais complémentaires : chacun des deux a un parcours particulier, et, parfois, surtout dans le cas d’Arka, des faits qu’il n’a pas envie de partager avec autrui (note : j’ai beaucoup aimé le personnage de Nabot). Arka est en effet une amazone, les ennemis juré d’Hyperborée, celles dont on a juré vengeance. Elle est venue ici pour développer sa magie, mais aussi pour retrouver son père, dont elle ne sait quasiment rien, si ce n’est qu’il était originaire d’Hyperborée, ce qui ne l’a pas empêché d’avoir une relation avec une amazone.

C’est à une quête que nous assistons – des quêtes, devrai-je dire, entre pouvoir, recherche de ses origines, réconciliation avec ses origines, et malédiction ancestrale. Une intrigue riche, donc, avec une gravité peu fréquente dans les romans dit « jeunesse » – comme si un roman fantasy se devait d’être féérique. Même si nous sommes dans une ville sans vent, une ville qui semble préservée, ceux qui vivent en haut ignore souvent ceux qui vivent en bas et essaient de se hisser, dans la crainte de ne pas y parvenir. L’ascension sociale n’est pas une métaphore à Hyperborée. Et, quant à la place des femmes dans cette société, elle n’est pas si différente de ce qu’elle était dans la nôtre voici quelques décennies : à rappeler, à méditer, en se souvenant que ce n’est qu’en osant, en transgressant que l’on fait bouger les choses.

Un personnage m’a intrigué, étonné, il est le troisième narrateur de cette histoire, l’un des seuls qui sait où il veut en venir, il en sait plus qu’Arka et Lastyanax, et c’est avec lui que j’ai envie d’entrer das le tome 2.

Le club de l’ours polaire, tome 2 : Le mont des sorcières d’Alex Bell

Présentation de l’éditeur :

Une île maudite peuplée de sorcières, de trolls et de loups damnés : la suite tant attendue du Club de l’Ours Polaire.Personne n’est jamais revenu vivant du Mont des Sorcières, or c’est justement là que se dirige le père de Stella… Accompagnée d’Ethan, Shay, Dragigus et de Gideon, un explorateur du Club du Chat de Jungle pas très coopératif, la jeune fille doit à tout prix lui venir en aide.

Mon avis :

Stella est officiellement devenue une exploratrice, la première jeune fille à être devenue une exploratrice, ouvrant la voie, du moins, on peut l’espérer à d’autres jeunes filles. Hélas, la réussite de son expédition, conjointe avec trois autres explorateurs, ne lui a pas attiré que des amis, surtout après les révélations sur ses origines. Puis, elle est menacée par la sorcière qui a tué ses parents, et qui n’a pu la tuer. Aussi Félix, explorateur et père de Stella, veut tout mettre en oeuvre pour que la menace cesse – à ses risques et périls. Et c’est presque malgré eux que Stella, Ethan, Shay et Dragibus se retrouvent à nouveau en mission, mission que le club de l’ours polaire leur avait pourtant refusé explicitement.

Est-ce le contexte dans lequel j’ai commencé la lecture de ce livre ? J’ai eu plus de mal à me plonger dans l’intrigue. Si je trouve toujours l’univers aussi inventif, j’ai trouvé que c’était presque trop : trop de personnages, trop de fonctions, d’usage de ses personnages, au point que, parfois, j’avais l’impression que l’on perdait le fil de l’intrigue. J’avais presque envie de dire aux personnages : « sortez de votre bain, cessez de déguster votre petit déjeuner, et accomplissez votre mission ». Le roman comportait pourtant des innovations plus intéressantes (à mes yeux) que d’autres, seulement agaçantes, comme les toutes nouvelles fées rencontrées grâce au Club du Chat de Jungle. De même, le personnage de Gideon n’est pas suffisamment exploité – pourquoi introduire un nouveau personnage si c’est pour l’utiliser si peu ?

Parlons, d’ailleurs, un peu, des autres personnages, que j’ai trouvé développé de manière paresseuse. Nous faisons du sur place ! Ethan a régressé depuis la fin du tome 1, devenu à nouveau totalement insupportable, exerçant sa cruauté contre un autre membre de l’expédition sans que personne ne parvienne à le faire changer d’avis – du coup, les autres personnages baissent nettement d’un cran dans mon estime livresque. Stella se coupe les cheveux en quatre pour… eh bien, pour pas grand chose, heureusement, Félix, « disparu » depuis quasiment tout le début du livre, vient remettre les choses en perspective, bien que son discours ne soit pas aussi libérateur qu’ait pu l’être celui d’un Dumbledore. Non, nous sommes plus dans la morale – celle que j’apprécie modérément – que dans l’ouverture aux autres et à la différence. J’ai presque envie de vous spoiler un fait que l’on apprend sur la vie privée de Félix, sauf qu’à sa révélation, la seule chose à laquelle j’ai pensé c’est : ???? J’y ai vu davantage d’opportunisme que de logique dans la construction de l’intrigue. D’ailleurs, j’ai eu l’impression que la logique était réellement partie lors du dénouement qui, j’en ai eu l’impression, contredisait largement ce que nous savions à la fin du tome 1.

Oui, la lecture de ce tome 2, manquant de cohérence et de souffle, fut pour moi une petite déception, au point que je m’attends à tout pour le tome 3. Bref, si vous souhaitez lire des sagas de Fantasy jeunesse, lisez plutôt Fablehaven : Seth, l’un des héros, est un personnage qui commet des erreurs, à cause de ses défauts mais aussi de ses qualités et l’intrigue est véritablement bien construite.

 

Le lord, le magicien et la malédiction par Lee Welch

édition MxM Bookmark – 380 pages

Présentation de l’éditeur :

La campagne anglaise, un château en ruine et deux hommes que tout oppose… Lord Thornby est pris au piège sur la propriété isolée de son père depuis plus d’un an. Il n’y a ni cellule ni chaînes, mais il est incapable de quitter la demeure familiale. Au fil des jours, sa santé mentale commence à s’effriter. Lorsque le magicien industriel John Blake arrive pour enquêter sur un cas de sorcellerie, il trouve Thornby assez particulier. Arrogant certes, mais aussi inquiétant qu’il est séduisant. Sans s’en rendre compte, John se retrouve entrainé dans un conte de fée des plus sombres, où toutes les règles de la magie – et de l’amour – se trouvent altérées. Pour rendre sa liberté à Thornby, les deux hommes vont devoir affronter des vérités qui changeront leur vie à jamais – et John devra accepter que l’homme courageux et plein d’esprit qui gagne son cœur soit également sur le point de le briser. Peuvent-ils se dépêtrer de cette magie aussi dangereuse que l’amour ?

Merci à Netgalley et à MxM Bookmark pour ce partenariat.

Mon avis :

Après des lectures difficiles, pour ne pas dire douloureuses, j’ai eu envie de me tourner vers un genre plus léger : la fantasy et la romance. J’ai choisi ce livre aussi à cause de la couverture, magnifique – le contenu est à l’image du contenant.

Prenons d’abord les personnages, lord Thornby tout d’abord. Son père ne peut plus le supporter, et pourtant, il est loin d’être insupportable. Oui, il n’aime pas sa belle-mère, qu’il soupçonne d’avoir épousé son père uniquement pour son titre, et il est venu au mariage avec un perroquet. Oui, ces toiles ne plaisent pas à tout le monde, et provoquent même, parfois, un beau scandale. Oui, il ne veut pas se marier, et il a raison : il sait très bien que ce ne serait pas rendre service à la jeune femme qui serait son épouse et dont il ne serait pas vraiment l’époux. Ses goûts le poussent vers les hommes, et il le vit très bien – ce que sa femme vivrait plutôt très mal. De plus, il sait très bien que ce n’est pas pour son bien que son père veut qu’il se marie, mais plutôt pour renflouer les finances de la famille : il a déjà largement dépensé la dot de sa seconde épouse dans des investissements en Ecosse. Son père, qui ne s’est jamais vraiment intéressé à lui depuis la mort de sa mère quand il avait huit ans – si tant est qu’il se soit intéressé à lui avant – lance une malédiction pour empêcher son fils de quitter le domaine. Et cela fonctionne. Plus d’un an plus tard, Soren (le prénom de lord Thornby) ne peut toujours partir. Pire : sa belle-mère lady Dalton ressent elle aussi des manifestations étranges, constate l’absence d’entente entre elle et son mari, et, par le jeu des amitiés, parvient à faire venir John Blake, un jeune magicien très doué, dans le domaine : elle est persuadée que son beau-fils est la cause de tout.

John Blake est un magicien doué, je l’ai dit, et pourtant lui non plus ne comprendra pas de prime abord d’où viennent toutes ses bizarreries. Avec lui et lord Thornby, nous découvrirons ce qui ce cache, et ce que cache réellement le domaine. J’ai aimé la construction de ce récit, dans ce qui est d’abord un huis-clos, même dans le parc qui peut être source de bien des dangers. J’ai aimé aussi que ce titre de fantasy emprunte certaines de ses péripéties au conte, à la mythologie aussi – et je n’avais pas vu venir certains éléments, ce qui est plutôt une bonne chose. Parmi les personnages, j’ai aussi aimé celui de la tante Amélia Dalton, aussi excentrique ou presque que son neveu, qui a mené sa vie comme elle l’entendait, et elle ne manque pas de cran face à l’irascibilité de son frère – alors que d’autres n’osent pas vraiment lui tenir tête. Ah, si, son fils, John Blake aussi : les enjeux ne sont pas les mêmes pour l’un ou pour l’autre, les conséquences non plus. Plus le récit avance, plus l’on se rend compte que lord Dalton est véritablement prêt à tout, en comptant pour rien les souffrances qu’il afflige aux autres. Fantasy, oui, romance, oui, mais avec aussi des scènes relativement douloureuses.

Et la romance, me direz-vous ? Elle se noue entre le lord et le magicien, deux adultes consentants, sachant parfaitement ce qu’ils aiment, et surtout qui ils aiment. Que demander de plus ? En tout cas, j’ai passé un très bon moment de lecture avec ce livre, qui m’a apporté ce que je voulais.