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Chroniques adaniennes, tome 1 : l’exil de Nathalie Thomas-Vernet

Présentation de l’éditeur :

Adana, un empire jadis florissant sur lequel régnaient les rois-dragons, se meurt. L’Empereur Baal ne possède pas les pouvoirs de ses ancêtres car son sang métissé l’a privé de l’Ahriman.
Les chroniques racontent que deux jumeaux viendront au monde, l’un porteur de l’Arta (sagesse et vérité), l’autre de l’Ahriman (colère et puissance). Ce jour est arrivé. Tandis qu’Adana va grandir au château, Shadizar sera élevé par Arganza, le général Daevas.
Devenu adolescent, Shadizar devra faire face à son destin, et fuir les pratiques incestueuses du palais.
Contraint à l’exil, le prince aux yeux bleus commence une quête qui le mènera dans les provinces en ruines jusqu’à Ba-Hasham où il devra mener son dernier combat contre son père et trouver la vérité.

Merci au forum Partage-Lecture et à l’auteur Nathalie Thomas-Vernet pour ce partenariat.

Mon avis :

Je reconnais que je ne suis pas une grande spécialiste de la littérature fantasy, et quelqu’un d’autre pourra sans doute faire une analyse plus poussée de cette œuvre. Je tiens cependant à préciser que j’ai beaucoup apprécié ce roman, dont les rebondissements et l’univers retiennent l’attention du lecteur.
Adana était un empire fleurissant. Il ne l’est plus, pas tant à cause du manque de pouvoir de son empereur que de sa personnalité. Baal a soif de puissance, de pouvoir, il est prêt à tout pour obtenir l’Ahriman. Et quand je vous dis « tout », je puis vous assurer que les pages de ce roman nous réservent bien des surprises sur ce que Baal envisage de faire – ou fait réellement pour devenir un roi-dragon. Que peut devenir un empire dans les mains d’un tel être ? Pour citer ce roman « Tous les pouvoirs de l’univers ne peuvent pas remplacer l’amour, la charité, l’affection. »
Comme souvent dans les romans fantasy, la prophétie repose sur la naissance d’un enfant, ou, dans ce cas, de jumeaux. Comme souvent, les jumeaux sont séparés pour leur bien – ou plutôt pour le bien des projets de Baal et des siens. L’empereur n’a pas vraiment la fibre paternelle, et certains de ses fils aiment bien trop les jeunes garçons en général, et un de leur petit frère en particulier. Ne cherchez pas : l’absence d’empathie, la cruauté autorisée, la paranoïa ne sont pas les signes de bonne santé d’une société. La révolte, la volonté de changer les choses, le courage de lutter contre l’hégémonie sont plutôt des signes de bonne santé – reste à savoir comment les forces en présence vont évoluer.
Nous suivons peu Adana, finalement, lui qui pourtant est pressenti pour être porteur du coeur de diamant. Élevé dans du coton, il a une personnalité qui reste assez transparente, lui qui n’a jamais eu besoin de lutter pour s’imposer – et n’a jamais réussi non plus à obtenir ce qu’il voulait plus que tout, la présence de son jumeau.
Tout autre est Shadizar. Même s’il a été victime des peurs de l’empereur et de ses proches, il a reçu ce qu’Adana n’a pas eu : un amour paternel sincère de la part de celui qui l’a élevé. Ce qu’il subit à l’adolescence le pousse à la révolte plus qu’à la résignation. Et c’est cette capacité de révolte, son courage, sa persévérance qui fait que le lecteur s’attache à ce personnage et s’inquiète de son devenir – attachement que Shadizar provoque également dans le roman, parce qu’il va de l’avant, s’expose au lieu de se résigner.
Les rois dragons reviendront-ils ? Le coeur de diamant se réveillera-t-il ? Ce n’est pas pour cette raison que Shadizar se bat – je vous recommande la lecture des scènes de bataille, particulièrement bien pensées et bien menées – mais pour être libres. Pas toujours facile à comprendre pour ceux qui n’envisagent que la domination à tout prix.
Après le coup de théâtre final, j’espère qu’un tome 2 verra le jour.

Le royaume immobile de Pierre Pevel

Présentation de l’éditeur :

Alors que tout le monde ne songe qu’aux prochaines élections du Parlement des Fées, Griffont doit aider un ami soupçonné de meurtre. De son côté, Isabel se trouve aux prises avec de dangereux anarchistes venus de l’OutreMonde et décidés à ensanglanter Paris pour se faire entendre.Mais les deux affaires pourraient bien être liées.

Mon avis :

Comme il est dommage de se quitter ! Mais comme il est agréable de se quitter sur un troisième tome aussi bon que les précédents.
Griffont et Isabel sont égaux à eux mêmes, fidèles à eux mêmes. J’aurai envie de vous parler de leur amour, avouez que ce serait un peu niais, même s’ils s’aiment véritablement ces deux-là, au moins autant que l’un aime la mécanique, et l’autre l’aventure. Tous deux en tout cas aiment leur liberté, pas liberté amoureuse, non liberté face aux charges que la cour aurait pu ou pourrait leur imposer. Pour être mage, Griffont n’en est pas moins un être qui déteste les complots et les compromissions.
Pourtant, lui et Isabel se retrouvent à nouveau au coeur d’une intrigue qui les concerne de très près. Le mage du cercle cyan voit un de ses amis impliqué dans une affaire d’honneur, puis soupçonné de meurtre. Isabel voit ressurgir le drame qui fait qu’Aurélia (son prénom dans OutreMonde) a dû s’exiler sur terre. Comment faire éclater la vérité ? Comment empêcher que les vieux complots ne reviennent sur le devant de la scène, humaine ou féérique ? Autant vous le dire tout de suite, ni l’un ni l’autre ne sortiront indemnes de cette histoire. Mais (« il y a toujours un mais », vous dira Isabel) ni l’un ni l’autre ne dérogeront à leurs principes, bien qu’ils soient parfois fort amusants :
Je l’ai achetée avec de l’argent honnêtement volé à la sueur de mon front.
Ce troisième tome est à lire avec plaisir plus qu’à chroniquer.

Sous d’autres étoiles d’Amy A. Bartol

Présentation de l’éditeur :

De sa vie, Kricket n’a jamais prié sa bonne étoile, trop occupée qu’elle était à se cacher dans Chicago pour échapper au système de placement familial de la ville. À l’approche de son dix-huitième anniversaire, elle n’a qu’un seul désir : cesser de fuir et trouver enfin sa place dans le monde. Ce jour finit par arriver lorsqu’elle rencontre Trey Allairis, un jeune soldat étharien qui a pour mission de venir chercher l’orpheline sur Terre et la ramener sur sa planète d’origine. Quand le danger se rapproche, Trey doit protéger Kricket jusqu’à ce qu’elle ait appris à manier les pouvoirs qu’elle ne pouvait utiliser sur Terre.

Mon avis :

Je vous le dis tout de suite : plus que le résumé, c’est la couverture qui m’a attiré. Et cette lecture s’est révélée une bonne surprise.
L’héroïne, Kricket, a presque dix-huit ans, et ce « presque » lui gâche la vie. Non, elle n’a pas hâte de boire ou de voter, elle a hâte de ne plus être recherchée par les services sociaux. Orpheline, sans famille connue mise à part ses parents, elle a été ballottée de foyer en famille d’accueil – et elle en a gardé des cicatrices, au physique comme au moral. Elle a un travail (au noir), deux amis proches qui connaissent son secret et qu’elle encourage à vivre leur vie – il est toujours aussi difficile d’être différent en 2016. Kricket rêve de trouver sa place – et son voeu sera exaucé plus vite qu’elle ne le pense, mais à quel prix ! Elle est littéralement enlevée et se retrouve – avec trois « accompagnateurs » (bref, des soldats) dans un autre univers.
J’ai aimé que Kricket ne se laisse pas abattre, quoi qu’il lui arrive. Oui, elle peut avoir des coups de barre, des moments de détresse, mais se plaindre ou pleurnicher n’est pas son objectif. Elle ne connait rien au monde dans lequel elle se retrouve ? Pas (très) grave, elle aura les explications nécessaires (et seulement elles) au cours de l’intrigue. Ni elle ni le lecteur n’ont besoin de longues pages pour cerner le monde dans lequel elle évolue.
J’ai aimé aussi la construction de l’intrigue. Kricket, Trey, Jax et Wayra (ses trois alliés… et un peu plus pour Trey) affrontent, au cour de leur périple, des épreuves, mais elles ne sont pas répétitives. Il en sera de même lors de leur arrivée « en lieu sûr » – où tout ne fera que réellement commencer.
J’ai aimé aussi que les personnages ne soient pas manichéens. Certes, il y a de la romance dans l’air entre Kricket et Trey. Cependant,les autres personnages (et Trey lui-même) sont susceptibles d’évoluer ou de changer de camp. Les alliés peuvent ne pas être très fiables. Et les bonnes intentions ne suffisent pas.
Un petit regret : Bridget et Enrique, les amis humains de Kricket, disparaissent trop rapidement du récit.

L’affaire Baskerville, tome 1 : une étude en Soie d’Emma Jane Holloway

Présentation de l’éditeur :

Evelina Cooper, la nièce de Sherlock Holmes, s’apprête à vivre sa première saison dans la haute société londonienne. Mais quand de terribles meurtres secouent le manoir de son amie et hôte, la jeune femme se retrouve plongée au cœur d’un complot remettant en question le monopole des barons de la vapeur sur la ville. Une enquête à hauts risques.

Mon avis :

Beaucoup d’auteurs s’inspirent des aventures de Sherlock Holmes. Pour certains, c’est une réussite. Pour d’autres, c’est un désastre. Heureusement, ce livre appartient plutôt à la première catégorie.
La bonne idée est de faire de Sherlock Holmes et de Watson (lui aussi est présent ainsi que sa femme) des personnages secondaires de l’intrigue, enquêtant sur une autre affaire, tout en se mêlant, parfois, à celle qui est en cours. La seconde bonne idée est de situer l’intrigue dans une Angleterre romancée, avec beaucoup de Steampunk et un peu de magie. Ne croyez pas cependant que l’enquête se résout d’un coup de baguette magique, ce serait vraiment faire offense à Sherlock Holmes, Sir Arthur Conan Doyle mais aussi Evelina Cooper, la nièce de Sherlock, une jeune fille absolument pas sotte.
Evelina est la fille de la soeur de Sherlock et Mycroft (les soeurs, que des problèmes, me souffle-t-on). Sa mère, qui était promise à un bel avenir, s’est enfuie avec un bel officier, qui se fit tuer au champ d’horreur. Elle ne tarda pas à le rejoindre, et c’est grand-mère Cooper qui éleva Evelina dans le cirque itinérant familial,jusqu’à ce que grand-mère Holmes ne la récupère afin d’assurer son avenir, qu’elle espère meilleure que celui de sa propre fille. Autant dire que ce n’est pas forcément gagné. Cependant, Evelina a une amie dans la meilleure société, Imogen. De santé délicate, sincère, la douce jeune fille, dont la soeur jumelle est décédée, est dotée d’un frère aîné turbulent et inventif, et d’un père dans la lignée du parfait aristocrate anglais, qui cache, de plus, de nombreux secrets. Est-il lié à la mort de la jeune servante ?
Ce n’est pas vraiment cette mort qui inquiète, ce sont les conséquences – les policiers, pire Sherlock Holmes qui menacent de fourrer leur nez partout et de découvrir quelques secrets. Sans parler d’Evelina qui sait bien que rendre justice à une simple servante est tout sauf chose aisée alors que les seigneurs de la vapeur, les véritables maîtres du royaume, ont d’autres chats à fouetter.
Evelina, de par son appartenance à deux mondes, est capable de faire face à des situations qu’une jeune lady ne pourrait même pas imaginer. Même si une romance se glisse dans l’intrigue, avec deux soupirants en prime, Evelina est capable, au fil de ses aventures, de juger de manière assez sévère l’un d’entre eux. Il est une grande différence entre devoir se faire tout seul et chercher un modèle parce qu’on n’est pas capable de penser par soi-même.
J’ai bien aimé lire ce premier tome, et je lirai sans doute la suite de cette « affaire Baskerville » dont, u final, on sait peu de choses à la lecture de ce roman.

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Le pays des contes, tome 2 de Chris Colfer

Préambule :

Aujourd’hui, ce sera la journée réécriture de contes sur mon blog.

Mon avis :

Revoici les jumeaux Alex et Conner. Contrairement à d’autres romans qui mettent en scène des personnages récurrents, celui-ci ne montre pas des personnages qui n’ont pas évolué. Je vous rassure : Alex est toujours aussi sage et déterminé. Conner, lui, a enfin trouvé une matière qui l’intéresse, ou plutôt, il a développé, grâce à ses aventures, un goût certain pour l’écriture – et il a la chance d’avoir un professeur qui a l’esprit ouvert aux écritures d’invention, ce qui n’est pas le cas de tous.

Tout devrait aller bien au pays des contes – mais s’il y a un tome 2, ce n’est pas pour nous raconter que tout est bien qui finit bien. Au contraire, tout ne semble que commencer, et si l’ennemie du tome 1 s’était révélée plus humaine qu’il n’y paraissait, celle du tome 2 est bien éloignée de cela. Ce qui différencie les réécritures des contes des contes anciens est que l’on cherche des causes à la « méchanceté » des … et bien des méchants, justement, ou, pour utiliser une terminologie chère à l’étude des contes, des opposants au héros du conte. Ici, les choses sont un peu différentes. Le lecteur est amené à comprendre le cheminement qui a conduit à faire d’Emzia, l’enchanteresse, ce qu’elle est devenue, il n’est pas amené à éprouver de l’empathie pour elle tant est subjective sa vision des événements, tant, aussi, elle n’a tiré aucune leçon.

Les points forts de ce livre ? L’équilibre entre le monde des humains et le monde des contes, les deux  parties ont à peu près la même importance dans le roman. La quête, qui mène les personnages à s’unir, à visiter leurs ennemis, et à rechercher ce qui va leur permettre de vaincre d’enchanteresse. L’union entre des personnages qui, bien qu’ils vivent au pays des contes, ne sont pas forcément les meilleurs amis du monde. Mention spéciale pour le petit chaperon rouge et son tout nouvel animal de compagnie.

Son point faible ? La manière dont l’enchanteresse est vaincue, un peu trop moralisatrice. Mais cela n’engage que moi.

Domgodji, tome 1 : Ombre et lumière de Christophe Vaudin.

Merci au forum Partage-Lecture et à l’auteur pour ce partenariat.

Mon avis :

Ce roman de fantasy commence à notre époque… Une époque que je n’ai pas vraiment reconnue, tant la dureté des relations entre le fils et sa mère, qui ordonne à son enfant de « déguerpir », p. 11, m’a surprise. Elle ne surprend guère le personnage principal, néanmoins, qui ne se pose pas trop de questions. Il s’en posera cependant quand des phénomènes étranges surviendront, et qu’il basculera dans un autre monde, qu’il fera de multiples rencontres, et devra lutter contre l’ennemi qui menace cet univers – et en a déjà une partie sous sa coupe.
L’intrigue apparaît ici assez classique. Mais, ce qui m’a dérangée, c’est la disproportion entre les véritables aventures (entraînements, combats, pièges dans lesquels ils tombent) et la narration de faits très banals. Domgodji et ses amis prennent leurs trois repas par jour, les plats qu’ils dégustent sont toujours surprenants et succulents, ils se lavent, dorment dans de vrais lits, ne sont jamais véritablement dérangés pendant ces activités. Même quand l’un des leurs perçoit quelque chose de « louche », p. 153, cela ne les empêche pas de continuer comme si de rien n’était, et de s’en sortir sans trop de soucis. J’ai eu l’impression que les événements, qui, parfois, sont tout de même dramatiques, glissent sur eux sans les atteindre – et sans atteindre non plus les habitants de cette contrée « qui ne se prennent pas la tête pour si peu », p. 205. Tout survient trop rapidement à mon goût dans ce récit, y compris les sentiments amoureux ou les amitiés profondes.
De même, j’ai trouvé les personnages beaucoup trop bavards. Domgodji est très rapidement rejoint par une, puis deux, puis trois compagnons, et à chaque fois qu’ils discutent d’un sujet sérieux ou quelconque, chaque membre de l’équipe prend la parole, pour finalement dire la même chose que les autres, ou approuver ce que le premier personnage a dit, ce qui n’apporte pas grand chose à l’intrigue, si ce n’est montrer leur belle cohésion. De plus, je n’ai pas été sensible à leur manière, très familière, de parler, avec parfois l’emploi d’une syntaxe pas toujours correcte.
Bref, la rencontre entre moi et cet univers fantasy n’a pas été des plus concluantes, mais les lecteurs assidus de ce genre littéraire apprécieront sans doute davantage.

Chroniques de la tour, tome 2 de Laura Gallego Garcia

Présentation de l’éditeur :

La Haute Ecole de Magie de la Tour de la Vallée des Loups, désormais dirigée par la jeune mage Dana, accueille une nouvelle et turbulente élève, Salamandre, sauvée du bûcher par l’elfe Fenris. Alors que disparaît la naine Maritta, dernier rempart contre la malédiction de l’ancien Maître de la Tour, les élèves se divisent face au péril qui les menace : le Maître avait promis à Dana  » un sort pire que la mort « … quels horribles dangers la jeune mage et ses apprentis s’apprêtent-ils à affronter ?

Mon avis :

Je redoutais un peu la lecture de ce tome 2, pensant ne pas l’apprécier autant que le premier tome. Heureusement, je me suis trompée, et j’ai autant apprécié le tome 2 que le tome 1. De nombreuses années sont passées, et la nouvelle génération d’apprentie est prometteuse. Les mentalités, par contre, n’ont guère évolué : il ne fait pas bon être différents des autres. Même au sein d’une école de sorcellerie !
Humains, elfes, nains : tout roman de fantasy paie sont tribut au Seigneur des anneaux. Comme ailleurs, les elfes sont hautains, distants – même la loyauté semble leur faire défaut, ce n’est pas Fenris, exclu de sa communauté à cause de sa différence qui dira le contraire. Quant aux humains… ils sont humains, avec leurs défauts mais aussi leurs qualités, qu’il serait une erreur de prendre pour une faiblesse. Laura Gallego Garcia leur a concocté suffisamment d’épreuves pour que le lecteur puisse se faire une bonne idée de leur personnalité. Elle a aussi fait preuve de beaucoup d’astuce pour permettre à deux personnages phares du premier tome de réapparaitre. Pour l’un, c’est une bonne chose, pour l’autre, je réserve mon avis.
Le dernier tome de cette trilogie sera-t-il à la hauteur ?

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