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L’arpenteuse des rêves d’Estelle Faye

Merci aux éditions Rageot et à Netgalley pour ce partenariat.

Présentation de l’éditeur :

Myri est une Arpenteuse, elle a le pouvoir de s’immiscer dans les rêves des autres. Ce pouvoir est aussi une malédiction qui a causé la mort de sa jeune sœur, quelques années auparavant. Depuis, Myri se tient à l’écart des rêves grâce à la nerfolia, une plante interdite. Mais dans le royaume de Claren, quand on est une habitante de la ville basse, on n’échappe pas facilement à son destin. Une pollution inquiétante se répand autour des ateliers, le long du fleuve. Elle coïncide avec l’apparition d’étranges fantômes qui s’introduisent dans les rêves et les transforment en cauchemars. Alors, quand le petit Miracle est à son tour frappé par le Mal des fantômes, Myri n’a pas d’autre choix que de redevenir une Arpenteuse.

Mon avis :

J’ai choisi ce libre essentiellement à cause de sa couverture. Le contenu était lui aussi d’une grande richesse, et c’est tant mieux.

Il est difficile de classer ce livre. Roman d’aventures, fantasy, conte écologique ? Un peu des trois sans doute. L’héroïne, Myri, a de grands pouvoirs. Comme elle n’est pas née du bon côté des choses, son don – elle est une Arpenteuse, elle peut entrer dans les rêves d’autrui – son don a été exploité, et sa soeur a été tuée. Fin ? Non, commencement. Myri a appris à faire taire son don. Jusqu’au jour où l’un des siens, un de ceux qui font partie de sa famille recomposée, disparaît. Elle se lance alors à sa recherche, non pas pour elle, mais pour les siens.

Il faut s’attendre à être surpris – oui, c’est un paradoxe – parce que le récit ne nous entraînera pas là où nous pensions aller. Myri a si bien caché son talent que, finalement, il n’est pas le sujet central du livre – ni le sien, ni celui de Lélio, un des personnages que j’ai préféré dans ce roman. Il est capable d’aller très loin pour aider Myri alors que tant d’autres, ceux de là-haut, ne prêtent surtout pas attention… A qui, au juste ? Si, à Claren, certains vivent en bas, c’est bien pour ne surtout pas être vus. En lisant les discours qui étaient tenus sur eux, notamment par les gentilles dames patronnesses venus les aider, j’ai pensé aux discours que ces mêmes dames patronnesses, bien réelles, tenaient sur les personnes pauvres, en France ou ailleurs, il n’y a pas si longtemps. Si l’on est pauvre, misérable, c’est de sa faute, pas la peine de remettre en cause un système qui assure aux puissants d’être toujours plus puissants, sauf si, par un coup du sort, il se trouvait quelqu’un, quelque chose pour bouleverser l’existence de tous à Claren.

A lire si vous aimez les romans de fantasy différents.

Les chroniques de Prydain, tome 3 : le château de Llyr de Lloyd Alexander

Présentation de l’éditeur :

Depuis la destruction du Chaudron noir, Taram et Eilonwy coulent des jours paisibles dans la ferme de Dallben. Mais le vieil enchanteur décide d’envoyer la princesse parfaire son éducation de « gente dame » à la cour royale de l’île de Mona. Accompagné du loyal Gurgi, Taram escorte la jeune fille jusqu’à Mona, sur le vaisseau de Rhun, jeune prince héritier jovial mais terriblement maladroit.
Alors qu’il commence à prendre conscience de ses sentiments pour la princesse et envie la noble lignée de Rhun, Taram retrouve à Mona son vieux compagnon, le roi et barde Fflewdur Fflam, ainsi que le prince Gwydion, présent incognito au château. Ce dernier lui apprend que la princesse est sous la menace d’Achren, la sorcière maléfique qui l’a retenue prisonnière toute son enfance et convoite toujours ses pouvoirs d’ultime enchanteresse de Llyr.

Mon avis :

Tout devrait être calme à Caer Dallben, le chaudron noir a été détruit, les habitants devraient donc couler (enfin) des jours heureux. Seulement, Dallben a décidé d’envoyer Eilonwy à la cour royale de Mona. Elle est une princesse, elle se doit donc de se comporter comme telle. ce n’es tpas gagné, parce qu’elle n’en a pas envie.

Tout devrait malgré tout bien se passer, si ce n’est que Taram se rend compte du fossé qui les sépare. il est toujours un apprenti porcher, en dépit des aventures qu’il a vécues. Il rencontre aussi au cours du voyage le prince Rhun, un prince éminemment collant et maladroit. Il est, pas seulement pour Taram, mais aussi pour nous lecteur, assez agaçant, surgissant toujours au moment où l’on s’y attend le moins, compromettant même parfois la mission qui a été assignée à Taram. En effet, il a la surprise de retrouver Fflewdur Fflam, roi de son état, roi qui en a assez d’être roi et a repris son costume de barde. Il a surtout retrouvé, soigneusement déguisé, afin de le prévenir du danger que court la princesse. Hélas, quand le plan de l’ennemi est au point, il est difficile de le contrecarrer. Voici Taram, Gwidion, Fflewdur , Gurgi et le prince Rhun repartis pour une nouvelle quête.

Je ne dis pas qu’elle sera plus simple que la précédente, je dis que l’auteur sait renouveler les enjeux, les opposants, même si nous retrouvons ici une vieille ennemi, l’enchanteresse Achren, dont Taram garde en mémoire les traumatismes qu’elle lui a causés. Comme les tomes précédents, le château de Llyr invite le lecteur à se demander pourquoi l’on se bat, pour soi, ou pour les autres ? Dès que l’on fait passer les intérêts des autres avant les siens, dès que tous les membres d’une quête ont le même état d’esprit, beaucoup de choses peuvent changer, l’un d’entre eux pourra même se révéler. Mention spécial pour le personnage de Llyan, qui possède un goût musical certain, après avoir subi bien des mauvais traitements.

Une saga décidément à découvrir.

Chroniques de Prydain, tome 2 : Le chaudron noir de Lloyd Alexander

Présentation de l’éditeur :

Dans ce chaudron noir, un roi diabolique ressuscite des morts pour en faire ses guerriers sans âme.
Il faut détruire l’horrible objet. Taran affrontera les batailles, les traîtres, le rire inquiétant des sorcières. Mais qui l’aidera ? Un joueur de luth, un rêveur, un être hirsute et vorace, un nain parfois invisible, une princesse au caractère pointu.
Des alliés surprenants pour un jeune chevalier…

Mon avis :

Je l’ai dit pour le premier tome, je le redis pour le second : nous sommes loin de l’univers simple (simpliste ?) de Taram et le chaudron magique. Pourtant, le film semble inspiré des deux premier tomes de la saga, mais c’est une inspiration allégée. Ce tome 2 est d’une extrême richesse, que ce soit du point de vue de l’intrigue, ou du point de vue des caractéristiques des personnages. D’ailleurs, nombreux sont ceux qui n’apparaissent pas dans le film, comme le prince Gwidion. C’est pourtant lui qui est à l’origine de la quête qui doit les amener à détruire le chaudron noir, ce chaudron qui permet à l’odieux roi d’asservir les guerriers morts et d’en faire des soldats sans âme, sans passé, sans aucun sentiment. Comme pour toute quête, elle entraîne la réunion de personnes qui ne se seraient peut-être jamais rencontrées et qui doivent s’entendre, respecter les ordres donnés, et ce n’est pas forcément facile pour tout le monde. Je pense notamment  à Ellidyr, fils cadet d’une famille royale qui cherche à tout prix à se distinguer, en quête de gloire, comme ses frères aînés avant lui, frères qui avaient l’avantage d’être les aînés. Il est l’exacte opposé d’Adaon, dont le doux courage nimbe le récit. C’est lui qui prononce ces paroles, extrêmement fortes à mes yeux : « N’y a-t-il pas déjà assez de gloire à vivre les jours qui nous sont donnés ? Tu devrais savoir qu’être parmi ceux que l’on aime et les choses que l’on apprécie, toute cette beauté, c’est déjà de l’aventure.  »

Jusqu’où est-on prêt à aller pour réussir une quête ? Certains membres iront très loin pour leurs compagnons, d’autres iront très loin pour eux-mêmes. Et si le monde des Chroniques de Prydain peut sembler de prime abord manichéen, il apparaît très vite que rien n’est aussi simple.

 

Chroniques de Prydain, tome 1 : Le Livre des Trois de Lloyd Alexander

Présentation de l’éditeur :

Au cœur du royaume de Prydain, un jeune garçon rêve d’aventures et de combats à l’épée. Chargé de veiller sur la truie Hen Wen, Taran est loin de se douter que l’animal possède de grands pouvoirs magiques et que l’abominable Roi Cornu est à sa recherche. Lorsque la truie s’échappe de Caer Dallben, Taran se lance à sa poursuite et s’enfonce profondément dans les terres de Prydain. Aidé du seigneur Gwydion, d’une créature nommée Gurgi et de la plus singulière des jeunes filles, Taran doit affronter le Roi Arawn et le Fils du Chaudron, deux êtres maléfiques au service du Roi Cornu. Le jeune garçon deviendra-t-il le héros qu’il a toujours voulu être ?

Mon avis :

Si, comme moi, vous avez vu enfant le film Taram et le chaudron magique, oubliez tout ! Le roman est d’une richesse incroyable par rapport au film – et je ne parle ici que du premier tome, je vous parlerai en temps et en heure des suivants. De même, je ne m’amuserai pas à jouer aux jeux des différences, ce serait nier l’intérêt de cette oeuvre.

Taram rêve d’aventures. Il ne se doutait pas de la manière dont elle surgirait, il ne se doutait pas des épreuves qu’il traverserait. Taram, après tout, n’est qu’un apprenti porcher, chargé de veiller sur une truie. Certes, elle possède des pouvoirs magiques, mais elle ne montre jamais ses pouvoirs à Taram ! Alors que les forces du mal approchent (oui, je sais, je suis un peu mélodramatique), elle s’enfuit – Hen Wren a bien saisi le danger ! Taram, qui était chargé de la protéger, se lance alors à sa recherche.

Sur sa route, il rencontrera une jeune fille qui sait ce qu’elle veut, et fait tout pour prendre son destin en main même si d’autres lui mettent des bâtons dans les roues, un prince courageux, une créature indéfinissable dont on ne sait au début si elle est un allié, un opposant ou simplement un enquiquineur goinfre de première. Il lui faudra courage et patience à lui aussi pour mener à bien sa quête, et savoir se remettre en question aussi.

Bienvenu dans les Chroniques de Prydain.

 

La magie de Paris, tome 1 : le coeur et le sabre d’Olivier Gay.

édition Castelmore – 319 pages.

Présentation de l’éditeur :

Du haut de son mètre quatre-vingt trois, Chloé est capable de vaincre n’importe qui à l’escrime. Mais lorsqu’elle aide Thomas, un garçon de sa classe, attaqué par une étrange créature, sa vie bascule. Gravement blessée, elle perd connaissance. A son réveil, son corps ne conserve aucune trace de ce combat et elle se sent… différente et plus puissante. L’heure des révélations a sonné : Thomas possède des pouvoirs magiques et, pour la sauver, il a utilisé un rituel interdit qui l’a liée à lui. Devenue sa protectrice contre son gré, Chloé va découvrir le monde des Mages. Un monde fait de duels à l’épée, de courses sur les toits, de puissants sortilèges et d’ennemis implacables. Un monde dans lequel elle n’a pas sa place.

Mon avis :

Livre lu entre hier et aujourd’hui, dans le but avoué de me détendre. Comme les deux tomes suivants sont dans ma PAL, et ne sont pas d’énormes pavé, il est certain que je les lirai prochainement. J’ai acquis cette trilogie en même temps que Moana, et, ayant sorti l’une de ma PAL, je sors l’autre au même moment.

Chloé, l’héroïne, c’est tout le contraire de moi. Elle est très grande, elle est baraquée, elle est surnommée « le tank » et est très sportive. Elle a cependant deux amies dont elle est proche, Célia et Nour, lycéennes en 1ère comme elle. Note : dans les romans pour adolescentes, les héroïnes ont souvent deux amies, comme si en avoir plus était difficile à gérer. Cela n’est pas sans évoquer pour moi… Alice détective privée et les inséparables Bess et Marion. Un soir qu’elle s’entraînait tard parce que l’escrime est sa passion et que personne ou presque ne l’attendait à la maison – son père a refait sa vie depuis deux ans, sa mère, depuis, ne vit que pour sa peinture et ses rencontres éphémères – Chloé découvre que Thomas, un garçon de sa classe qu’elle a catégorisé « emo » (je me demande s’ils existent encore) est attaquée par… une goule. Oui, cela surprend. ce n’est pas tant qu’elle lui vient en aide, c’est plutôt qu’elle ne peut pas cacher sa présence plus longtemps. Chloé se retrouve alors confrontée à un monde dont elle ne soupçonnait pas l’existence.

Bon. La lecture est agréable, le roman se lit sans souci. C’est peut-être un problème, justement. Je lis beaucoup, et j’ai mis du temps à trouver dans ce roman quelque chose qui sorte, qui me sorte de l’ordinaire, comme si j’avais déjà lu cette histoire ailleurs. Oui, j’ai des titres en tête. Je me suis dit que je n’étais pas la cible de ce livre mais… en même temps, un livre a-t-il besoin d’une cible pour être un livre intéressant ? J’ai trouvé tous les attendus du roman pour adolescent : Chloé se trouve confrontée à un univers qui n’est pas le sien et doit en assimiler les codes très vite. Du moins, elle le devrait si Thomas voulait bien tout lui expliquer rapidement au lieu de remettre à plus tard ce qu’il aurait pu faire le jour même. Comme nous voyons tout à travers les yeux de Chloé, le point de vue sur le monde des Mages est extérieur. Elle sait que Thomas s’est fait tancer par Mickaël, le chef des mages, elle sait que l’impassible David est un chevalier comme elle, mais elle ignore – et le lecteur avec elle – beaucoup de faits. Le lecteur comprendra à un moment pour quelles raisons, et c’est là que le récit deviendra fort intéressant.

De même, j’aime les méchants. Je trouve qu’un beau méchant donne tout son intérêt au récit. J’ai trouvé les rares goules que nous croisions intéressantes, et justement, j’aurai eu envie de discuter avec elle, plutôt qu’avec Chloé. Je sais que l’une d’entre elles a failli tuer Chloé. Ce n’est pas une raison pour ne pas en savoir plus sur ce qu’elles revendiquent. Elles ne viennent pas sur terre pour faire du tourisme, non ? Le livre a beau s’appeler « la magie de Paris », je ne pense pas qu’il existe un « Goule tour express » incluant les meilleurs endroits de la ville pour dégommer en toute impunité les mages.

Comme souvent, j’aimerai tendre ce livre à  un(e) authentique adolescent(e) pour savoir ce qu’il/elle en pense. Non, parce que si j’interroge la Nina de 14 ans qui lisait Zola, Gautier, Christie et Balzac, j’ai déjà ébauché une partie de sa réponse : « l’héroïne qui tombe forcément amoureuse du héros, c’est lassant. L’héroïne qui peut faire ce qu’elle veut parce que ses parents n’en ont rien à faire d’elle, aussi. Je sais bien que Tintin et Fantômette n’ont pas de parents, mais tout de même, il est d’autres moyens de se sortir de cette situation. » Je poursuis avec les scènes, obligées elles aussi, qui se déroulent au lycée – Chloé peut difficilement sécher – ou les scènes de combat, qu’ils soient réels, ou qu’il s’agisse de l’entraînement de Chloé pour les championnats. Ces scènes peuvent intéresser les sportifs et/ou les amateurs de roman de cape et d’épée dont je suis. J’ai cependant ressenti que ces scènes n’étaient qu’un prétexte, justement, pour montrer des scènes d’escrime, ou pour créer des scènes de tension sexuelle entre Chloé et David, un des chevaliers dont le mage est en convalescence et qui, du coup, prend beaucoup de place dans la vie de Chloé et Thomas.

Reste le dernier quart du roman, où mon intérêt a été largement soutenu par les révélations, qui arrivent enfin, et par l’apparition d’un personnage dont on nous a beaucoup parlé, et que j’apprécie déjà pour son absence totale de gentillesse et de tact – et pourtant, il ne s’agit pas d’un « méchant ». J’espère donc retrouver tout ce beau monde et cette intrigue… dans le tome 2.

 

Les tribulations d’Esther Parmentier, sorcière stagiaire tome 2 de Maëlle Desard

Présentation de l’éditeur :

De sorcière qui s’ignore à sorcière stagiaire, il n’y avait qu’un pas et Esther Parmentier, 19 ans, l’a franchi grâce à la manière brillante dont elle a résolu une précédente enquête sous la direction de l’agent Loan, un vampire désagréable, mais néanmoins très séduisant. Elle est désormais à plein temps au sein de l’Agence qui contrôle les relations entre les humains et les créatures surnaturelles. Mais bientôt, un nouvel arrivant, un dénommé Wolfgang Strøm, loup-garou de son état, se présente pour, prétend-il, réaliser un audit de l’Agence. Et voici que simultanément l’agent Loan, qui avait mystérieusement disparu, fait son come-back : il enquête désormais sur un trafic de sang et exige la participation d’Esther. Quand à son tour Wolfgang s’immisce dans l’enquête, un trio est formé. Et qui dit trio dit complications…

Merci aux éditions Rageot et à Netgalley pour ce partenariat. Et merci à Maëlle Desard pour les fous rires !

Ma chronique :

Je n’ai pas lu ce livre, je l’ai lu deux fois, tant j’ai apprécié le temps que j’ai passé en compagnie d’Esther – autant avertir tout de suite les personnes qui passeraient ici et liraient ma chronique. Cependant, avoir avoir éteint ma liseuse, je suis restée dubitative : je crains que plus personne ne veuille être sorcière, encore moins sorcière stagiaire après avoir lu ce livre. Il faudra donc prévoir une campagne de recrutement survitaminée afin d’attirer les jeunes femmes vers cette filière. Contrôler les relations entre les humains et les créatures surnaturelles, c’est compliqué, surtout quand votre tuteur, l’agent Loan, qui a quelques problèmes personnels et familiaux, ne se montre pas vraiment LE mentor qu’Esther attendait.

A l’agence, elle n’a pas le temps de s’ennuyer, et les autres non plus. A peine le temps de se remettre physiquement, émotionnellement et capillairement de sa dernière mission, qu’un audit sur l’Agence est décrété, effectué par Strøm, loup-garou de son état et que, bien sûr, une nouvelle mission leur est confiée. Cela aurait été trop beau de pouvoir faire une pause, de profiter de l’enseignement gratifiant qui lui est dispensée, des nombreuses interrogations surprises et de pouvoir jouer aux jeux vidéo en toute quiétude.

Comment va se dérouler l’enquête ? Mais très très très très bien. James Bond n’a qu’à bien se tenir tant les déguisements d’Esther, son matériel ultra-sophistiqué et des moyens de transport sont totalement hors-normes ou presque. L’humour, l’action et l’émotion sont au rendez-vous. Les vampires aussi.
Et Esther ne rentre toujours pas dans la norme, ni par son apparence physique, ni par ses prises de décision.

En route vers un tome 3 ?

Elvira Time, tome 1 : Dead Time de Mathieu Guibé

édition du chat noir – 224 pages

Présentation de l’éditeur :

L’existence des vampires n’est plus un secret pour personne. Alors que le tout Hollywood les décrit comme les amants du siècle, notre bon vieux gouvernement des Etats-Unis a tranché. Chaque rejeton aux dents longues se verra proposer un choix : se référencer auprès des autorités et survivre comme un animal en cage ou rester libre et se faire traquer par des chasseurs de primes rémunérés par l’état. Perso, je préfère la deuxième solution. C’est beaucoup plus lucratif pour mes finances depuis que j’ai hérité de l’entreprise familiale. Le problème, c’est qu’à 17 ans, je suis encore enchainée au lycée et je dois concilier cours de math et exécutions sommaires. D’aucuns diront que j’ai la fâcheuse tendance à ramener plus de boulot au bahut que je ne rapporte de devoirs à la maison. C’est pas faux. Alors voyez-vous, quand on doit gérer tous ces vampires attirés par le miasme hormonal émanant de mon école et qu’en plus, on s’appelle Elvira, la vie n’est pas simple.

Mon avis :

J’ai lu ce livre, je l’ai aimé, j’ai trouvé certains passages très drôles, d’autres très émouvants, j’ai continué en lisant et en chroniquant les suites (sauf le tome 3, que je ne chroniquerai pas, chroniquer tout ce que l’on lit n’est pas une obligation).
Après la version courte et sèche, voici la version développée, qui ne sera sans doute pas très différente des autres chroniques publiées sur ce livre (je ne les ai pas lues, ce n’est pas pour cela que je pense être très originale). J’ai pensé, en lisant ce livre, à Buffy contre les vampires, forcément. Elvira, comme Buffy, est une tueuse de vampire. Attention, pas n’importe lesquels ! Aux Etats-Unis, les vampires ont le choix : s’ils sont référencés, et portent un collier destinées à mettre fin définitivement à leurs jours au cas où ils attaqueraient un être humain, il est impossible de les chasser. En revanche, s’ils ont refusé ce référencement, les chasseurs de prime peuvent les tuer. C’est simple, et Elvira a repris ainsi le métier de son père, chasseur de primes tué dans l’exercice de ses fonctions. Problème : non, elle n’a pas peur des vampires, elle est encore mineure et n’a pas encore le droit de travailler, ce qui, bien entendu, ne l’empêche pas de le faire. Qui sauverait, sinon, la vie de jeune fille en détresse qui ont été séduite sans le savoir par un beau vampire ? Personne.

Dit ainsi, tout semble simple. Ce n’est pas vraiment le cas. Elvira est un peu borderline, surtout depuis la mort, un an plus tôt, de son meilleur ami Jericho (pour les circonstances précises, voir le tome 3, justement). Depuis, ce n’est pas seulement qu’elle porte sa peine, c’est qu’elle vit avec son fantôme, fantôme qui porte exactement la même tenue que le jour de sa mort. C’est vraiment un coup à réfléchir sur sa manière de se vêtir (pour la tenue, voir la couverture du tome 4) pour être sûr de ne pas se retrouver avec une tenue hautement improbable à porter pour l’éternité (mon humour n’est pas si noir que cela, je vous assure !). Elvira doit aussi faire avec deux personnes qui vont lui venir en aide et/ou lui compliquer la vie, c’est selon. Pour la première, Belinda est justement le prototype même de la gentille et naïve lycéenne – et Elvira de quasiment regretter de lui avoir sauver la vie. Pour l’autre, Ludwig est le modèle même du pré-adolescent geek, très doué pour tout ce qui touche à l’informatique et aux bandes dessinées, nettement moins en ce qui concerne les relations humaines. On ne peut pas tout avoir dans la vie.

Elvira Time est une série en quatre tomes que j’ai beaucoup appréciée. J’espère qu’il en sera de même pour ceux qui croiseront sa route.

La Prophétie d’Elhem Le Secret des pierres vivantes – Tome 1 par Lucie Rose

Présentation de l’éditeur :

Elhem, cité royaume des montagnes, est l’objet d’une prophétie – d’elle sortira un Enfant qui régnera dans la désolation sur le monde. Les signes s’accélèrent et font penser que les temps s’accomplissent. Dans les royaumes et aux confins des Sables, les pierres s’agitent, des armées se préparent. Tandis que la Mère se met en route, protégée par le groupe de ceux qui furent appelés, partisans et adversaires de sa venue prennent place…

Merci aux éditions Elidia et à Netgalley pour ce partenariait.

Mon avis :

Je pense que cela se voit : depuis un certain temps, je peine à rédiger mes avis. Cela dure, c’est un constat, et cela n’a pas de rapport avec les livres lus.
Le Secret des pierres vivantes est un premier tome prometteur. Quand je dis « prometteur », c’est que non seulement il pose les bases d’une saga, mais qu’il développe suffisamment l’action pour que le lecteur ne reste pas sur sa faim.

Cependant, je n’ai pas réussi à entrer dans cet univers. J’ai eu du mal avec la prophétie. Selon qu’elle soit interprétée de manière positive ou négative, les peuples de ce monde accepte sa venue, ou sont au contraire prêt à tout pour l’empêcher. « Prêt à tout » n’est pas une exagération, et les opposants ne font pas dans les sentiments. Pourquoi convaincre quand il est plus simple de supprimer, purement et simplement, surtout si cela permet de retourner des personnes de valeur ?

Même si le récit est dense, si les personnages sont nombreux et nettement caractérisés, j’ai trouvé que l’action progressait rapidement, le lecteur n’a pas le temps de s’ennuyer.

A lire si vous aimez la fantasy et les univers originaux.

La fille qui pouvait voler de Victoria Forester

édition Lumen – 375 pages

Présentation de l’éditeur :

Piper McNimbus sait voler. Comme ça, le plus naturellement du monde, les doigts dans le nez. Tonneaux, vrilles et loopings, elle sait tout faire. Terrifiés de voir la nouvelle se répandre, ses parents dissimulent ses talents aux yeux du monde… jusqu’au moment où elle se trahit devant la ville entière. Du jour au lendemain, elle se retrouve dans une école top-secrète de haute sécurité, réservée aux enfants dotés de capacités hors du commun. Là, elle fait la rencontre de camarades aux pouvoirs incroyables : Conrad, un génie en puissance qui sait tout sur tout, Smitty, qui voit à travers n’importe quelle matière, Violette, capable de rapetisser à volonté… Mais même parmi ces gamins extraordinaires, Piper sort du lot… Et elle ne va pas tarder à devoir en payer le prix.

Merci à Netgalley et aux éditions Lumen pour ce partenariat.

Mon avis :

Piper est une petite fille presque comme les autres, curieuse, enjouée, optimiste. Elle est pourtant un peu différente des autres enfants. Au début, ce n’était presque rien, juste une lévitation de quelques centimètres au-dessus du sol. Puis, elle s’est aperçu qu’elle pouvait voler – et ses parents aussi s’en sont aperçus. Avoir une enfant différente des autres n’est pas facile dans cette campagne américaine quasiment coupé de la modernité. Je me suis crue dans les plaines du Midwest, ou au Kansas, avec Dorothy. La ferme des Mcimbus est suffisamment isolée des autres habitations pour que ses parents espèrent garder le secret, même si cela veut dire ne pas envoyer Piper à l’école comme elle le souhaite tant. Hélas, tout a une fin, même dans cette lumineuse campagne. Le secret de Piper est découvert, et c’est là que le roman bascule.
La fille qui pouvait voler n’est pas le premier roman à nous montrer une école de surdoué, une école dont les différents participants, la rivalité et la création d’entente entre les enfants aux pouvoirs différents, de tous âge, de toutes origines. En revanche, il est des faits, des retournements de situation, qui changent de ce que l’on peut voir et lire sur ses écoles. Je ne veux pas trop en révéler, je veux simplement dire que l’intrigue n’est pas construite sur le mode de la tranquillité, il faut toujours rester vigilant, comme Piper se retrouve obligée de l’être. Si l’optimisme et la curiosité naturelle de Piper sont des éléments constants et agréables, je reconnais aussi que ce roman développe une thématique qui m’intéresse : la volonté qu’ont certaines personnes de vouloir à toute force entrer et faire entrer dans la norme. Il nous parle aussi de la manière dont il est si facile de gâcher la nature qui nous entoure – quasiment en toute impunité. Il nous parle aussi de filiation, de transmission, de liens parents/enfants, mais aussi de liens entre les frères et soeurs. On surmonte plus facilement les obstacles quand vos parents et les vôtres vous ont entourés d’amour.

Dragons et mécanismes d’Adrien Tomas

édition Rageot – 640 pages

Présentation de l’éditeur :

Dague est voleur et espion. Il vit de cambriolages et de petits larcins. Alors qu’il est en mission de surveillance, il assiste à l’agression de Mira, une étrangère qui a fui son pays suite à un coup d’Etat. L’adolescente est archiduchesse, poursuivie par un tyran qui veut l’épouser et s’accaparer ses talents. Car elle fait partie des mécanomages, des sorciers capables de combiner leurs pouvoirs à de savants montages d’ingéniérie mécanique. En sauvant Mira, Dague est blessé, et les deux jeunes gens sont d’abord contraints de se cacher. Mais l’aristocrate est déterminée. Pour échapper à son ennemi et – accessoirement – tenter de récupérer le trône d’Asthénocle auquel elle peut prétendre, elle est résolue à s’enfoncer au cœur de la jungle. Un territoire hostile, quasi inexploré, et peuplé de dragons sanguinaires.

Mon avis :

Gagnez un temps précieux, ne lisez pas mon avis, lisez Dragons et mécanismes.
Si ce roman se déroule dans le même univers qu’Engrenages et sortilèges (lu trois fois, autant dire que je maîtrise le sujet), il n’est pas utile de l’avoir lu pour apprécier Dragons et mécanismes.
De quoi parle ce roman ? Il parle de complots, de trahison, de la capacité à s’adapter quelle que soit la situation. Oui, que l’on soit un voleur, un espion ou que l’on soit l’héritière déchue d’un trône, il faut toujours être sur le qui-vive, parce que ce qui vous attend, ce qui vous arrive, n’est pas du tout ce que l’un ou ce que l’autre avait prévu, que ce soit à court ou à long terme. Pour parler en des termes plus littéraires, les rebondissements et les péripéties sont nombreux, et emmènent le lecteur dans une intrigue inattendue. Attention ! Ne confondons pas « s’adapter » et « renoncer à ses principes », ou pour faire court, Mira et Dague chercheront toujours tous les moyens pour combattre Arlov, celui qui a renversé les parents de Mira. D’autres seront amener à les remettre en cause, leurs principes, leur règle, leur loi : faut-il vraiment obéir à son chef si celui-ci ressemble énormément à un tyran ?
Mes personnages préférés ? Kimba et Cuthbert, forcément. L’un comme l’autre ne manient pas la langue de bois et font preuve de beaucoup d’humour. Ni l’un ni l’autre n’ont pris les chemins que l’on attendait d’eux – si tant est que la mère de Cuthbert attendait quoi que ce soit de lui, ou que quiconque ait réussi à influencer Kimba. Etre un fantôme et élever un gosse aussi imprévisible que dague, c’est compliqué. Quant à Cuthbert, c’est un dragon – petit, certes, mais un dragon quand même !
Une citation, pour la route :
– Aucune idée, soupira Shumbi. Pourquoi quiconque voudrait libérer la plus dangereuse créature du monde après des millénaires d’enfermement ? A moins d’être à la recherche d’un suicide particulièrement destructeur et spectaculaire et d’emmener la planète entière dans sa chute…