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Adriel par Léo Mx

Présentation de l’éditeur : 

Adriel, jeune mage rêvant de gloire, se voit confier un poste important à la cour du roi sous le commandement d’un homme qu’il idolâtre. Ses parents imposent une seule condition à cette offre inespérée : qu’il reprenne en secret son identité de naissance féminine pour participer à des soirées mondaines et faire honneur à sa famille. Quelques jours après son arrivée, Adriel découvre l’existence d’un complot visant à assassiner la princesse. Grâce à sa double identité féminine et masculine, il décide de mener l’enquête pour confondre le traître. Protecteur de la famille royale le jour, il se sert de son alter ego Ophélia pour recueillir des confidences la nuit. Mais à mesure qu’il navigue entre les pièges tendus par les gardes et les courtisans, il lui est de plus en plus difficile de jouer des rôles dans ce palais où tout le monde porte un masque… Manipulé par des forces qui le dépassent, Adriel pourrait bien perdre son idéalisme et entreprendre un voyage jusqu’au bout de lui-même.

Mon avis : 

Merci aux éditions Explora et à Netgalley pour leur confiance.

J’ai vraiment adoré ce roman, et si je ne l’ai pas lu d’une traite, c’est à cause de contraintes extérieures à ma lecture. Puis, il est toujours bon de pouvoir revenir à un livre que l’on aime, et de pouvoir aussi le conseiller.

Le héros, c’est Adriel. Il a obtenu grâce à son travail un poste important à la cour, où ses parents le rejoignent. Ils le pressent cependant de reprendre son identité féminine pour assister à certains éléments mondains. Non, Adriel n’est pas une de ses femmes qui se sont travesties parce que la société refusait aux femmes certains postes, certains emplois, iel se sent homme, et seuls ses très proches savent qu’il a été assigné fille à la naissance. Et il (je reprends le pronom masculin qu’Adriel utilise) ne vit pas bien les choses, même si cette double identité lui permet d’être constamment auprès de la princesse (et d’être encore plus fatigué, parce que veiller à ce que quelqu’un ne se fasse pas tuer, c’est vite usant).

J’ai aimé les personnages de cette histoire, qui sont tous attachants, et qui doivent faire avec leurs aspirations d’un côté, et les contraintes que la société leur impose de l’autre. Faire bouger la société ? Ce serait bien, pour tout le monde. Et si l’on vient me dire que tout va bien dans notre société, non, il suffit d’ouvrir les yeux pour cela – mais là, c’est à nous de faire bouger les choses.

Sans spoiler, je dois dire aussi que j’ai aimé le dénouement – justement parce que lui aussi sort des sentiers battus.

 

Les soeurs Hollow de Krystal Sutherland

édition Rageot – 384 pages.

traduction : Lilas Nord

Présentation de l’éditeur :

Iris Hollow, 17 ans, a toujours été étrange. Lorsqu’elle était enfant, elle et ses deux sœurs aînées ont disparu. Un événement dont aucune d’elles ne se souvient, et qui ne leur a laissé qu’une cicatrice en forme de croissant de lune dans le cou, des yeux noirs et des cheveux blancs. Iris fait tout ce qui est en son pouvoir pour arpenter les couloirs du lycée en paraissant la plus normale possible. Pourtant, son étrangeté lui colle à la peau. Quand Grey, la plus âgée de ses sœurs, top-modèle célèbre et styliste de renommée internationale, disparaît à nouveau dans d’inquiétantes circonstances, Iris doit embrasser sa part d’ombre. D’autant qu’un homme à tête de taureau la poursuit, prêt à tout pour la tuer. Avec son autre sœur Vivi, Iris fuit… Mais pour sauver sa peau et retrouver Grey, elle comprend qu’elle doit remonter la trace de son passé.

Mon avis : 

Ce fut une lecture prenante, une lecture dans laquelle je me suis retrouvée totalement plongée, prise, entièrement avec la narratrice, ne retrouvant pas toujours mon souffle face à ce qu’elle vivait, ce qu’elle endurait, pas tant elle, que la douleur provoquée par l’oubli et l’absence -plongée qui eut lieu jusqu’à la moitié du roman. Là, j’ai ressenti le besoin de faire une pause, parce que, justement, je me sentais étouffée par tout ce qu’elle vivait, ressentait.

Il faut dire qu’Iris n’est pas une adolescente ordinaire. Elle et ses deux soeurs ont été enlevées quand elles étaient enfants et ont mystérieusement réapparu un moins plus tard, sans que l’on sache réellement ce qui leur était arrivé. La suite ? Leur père a fini par se suicider, et Cate, leur mère, a pris soin d’elles vaille que vaille. L’aînée est devenue une icône de la mode, la seconde musicienne rock, et la troisième, Iris, semble bien sage, et elle l’est ! Mais Grey disparaît à nouveau.

De mon côté, je peux dire que certaines scènes sont véritablement difficiles à dire, et pourtant, je ne me considère pas comme quelqu’un de sensible. Il est vrai qu’en lisant ce roman, que je classe à la fois dans le Young adult et dans le fantastique, j’ai pensé à des mythes, à des légendes, et j’ai pensé à la douleur aussi, à tout ce que l’on peut faire pour l’éviter. Léger, ce roman ? Absolument pas. Je l’ai senti, surtout dans la seconde partie, nimbé de douleurs, en dépit de la personnalité charismatique et dérangeante de Grey, qui ne prend réellement sa dimension que lorsqu’on saura tout ce qu’elle a accompli. Alors oui, dans son genre, Grey est grandiose, excessive, et je dois dire que, par les actes même qu’elle a accomplis, elle est, à mes yeux, un beau personnage.

Mais j’aime la décision qu’Iris prend à la fin.

Le dernier apprenti sorcier, tome 3 : Murmures souterrains de Ben Aaronovich

Présentation de l’éditeur :

L’agent Peter Grant plonge au plus profond du métro londonien…
Un cadavre abandonné dans la station de métro Baker Street, voilà tout ce qu’il reste de James Gallagher, étudiant Américain à Londres. Sa riche famille est bien décidée à comprendre ce qui s’est exactement passé. Le problème, c’est que le fond des choses est situé bien plus profond que quiconque ne pourrait l’imaginer. C’est donc à Peter Grant et à son excentrique patron, l’inspecteur Thomas Nightingale qu’il appartient d’arpenter les couloirs du plus vieux, du plus grand et désormais du plus mortel réseau métropolitain du monde puisque le dernier sorcier de Londres est lancé aux trousses de « l’homme sans visage » déjà rencontré dans leur précédente aventure.
Mais au moins le FBI lui a envoyé un agent de choc : jeune, ambitieuse, belle à se damner et un peu magicienne elle aussi. Comme quoi, la vie réserve parfois de bonnes surprises !

Mon avis : 

Etre policier dans une brigade surnaturelle, ce n’est pas de tout repos, et ce n’est pas Peter Grant qui nous dira le contraire. C’est même franchement stressant, surtout quand on est face à un meurtre, que la victime est américaine, fils d’un sénateur et que, pour faire bonne mesure, on vous colle un agent du FBI aux basques ! Cet agent, bien sûr, ne connaît rien à la magie, ne sait pas que la magie existe, et quand bien même elle le saurait, cela ne veut pas dire qu’elle le croirait. Il n’est donc pas facile pour Peter de travailler et de contenter tout le monde, et de s’en tirer sans trop de bobo. Ajoutons aussi que lui et son patron travaillent toujours sur leur « autre » enquête, qui sert de fil rouge à la série (le fil rouge, sur le bouton rouge . Oui, je sais, c’était facile aussi).

Il faut dire que l’humour est bien présent, tout comme les références à la pop culture qui place immédiatement ce livre dans une époque – une époque qui, déjà, n’est plus tout à fait la nôtre. Peter passe beaucoup de temps dans le métro, il passe beaucoup de temps aussi avec Lesley, qui est prête à travailler de nouveau, que ce soit dans le domaine officiel (la police) ou dans le domaine officieux (la magie) sans trop se soucier du regard que ses anciens collègues pourraient jeter sur elle. C’est plus facile à écrire qu’à dire.

Le dernier apprenti sorcier est une série qui nous fait voyager dans un monde surnaturel, rempli de divinités qui se crêpent le chignon. Ce n’est pas désagréable, cela se lit même très bien, mais j’attendrai un peu avant de lire les quatre tomes suivants de la série, disponibles à la bibliothèque.

Le dernier apprenti sorcier, tome 2 : Magie noire à Soho de Ben Aaronovitch

édition J’ai lu – 407 pages

Présentation de l’éditeur :

Après avoir réconcilié les divinités qui se partagent la Tamise, et mis hors d’état de nuire un tueur en série sorti d’un conte pour enfants vieux de plusieurs siècles, l’agent Peter Grant et l’inspecteur Nightingale pensaient pouvoir souffler un peu. Mais le repos n’est pas une option pour les deux derniers sorciers de Londres : ce sont cette fois les jazzmen de la capitale anglaise qui meurent un peu trop souvent et dans des conditions un peu trop suspectes.
Au son du swing, du bop et de l’électro, Peter nous emmène dans les clubs enfumés de Soho, où magie et musique forment les deux faces d’un même penny..

Mon avis :

Si vous aimez rire (noir) et n’avez rien contre des récits sanglants, alors cette série est faite pour vous. J’ai lu le tome 1 il y a fort longtemps, et j’avais beaucoup apprécié ce livre. J’ai mis du temps à lire le tome 2, parce que j’avais beaucoup d’autres livres à lire, mais je dois dire qu’il est savoureux.

Si vous croyez avoir des soucis, jetez plutôt un coup d’oeil sur la vie de l’agent Peter Grant, sorcier en formation. On s’attaque à des jazzmen ! Et pas les pire, non, des jazzmen qui aiment la musique, qui aiment jouer, des passionnés. Cette passion est leur point commun, cela, et le fait que leur mort peut passer pour une mort naturelle si l’on n’y prend pas garde. C’est encore moins facile d’enquêter dans ces cas-là, surtout que l’inspecteur Nightingale n’est pas tout à fait remis de leur précédente enquête – à vrai dire, il n’est pas tout à fait remis de tout ce qu’il a vécu jusqu’à présent au cours de sa carrière, que ce soit d’enquêteurs ou de sorciers. La manière dont il a rendu hommage à tout ceux qui sont tombés aux champs d’horreur est remarquable, et vaut bien toutes les thérapies, quoi que puissent en penser les psys.

L’agent Peter Grant, lui, en apprendra un peu plus sur son père – et nous avec lui. Il a la chance d’avoir une mère particulièrement ouverte d’esprit aussi, et particulièrement vive. Il faut dire qu’elle en a beaucoup vu aussi, plus que son fils, qui pourtant, ne manque pas de lucidité sur le métier de policier.

Je trouve aussi que le livre est très ouvert d’esprit. Certes, on ne parlait pas de vegan – mais de macrobiotique. On n’utilisait pas les termes comme pansexuel, mais Ash, qui aime les femmes d’habitude, passe la nuit avec un garçon, parce qu’ils ont des affinités, et il n’est pas traumatisé plus que cela – Peter est surpris, mais pas outré non plus. Bref, la fantasy, c’est bien, l’ouverture d’esprit, c’est encore plus sympa. Cela ne veut pas dire que tout est facile, non, et le dénouement laisse prévoir quelques soucis pour Peter….

Challenge Halloween avec Hilde et Lou

Hybride T1 – La Levée du voile par Gwendoline Vervel

Présentation de l’éditeur :

Depuis dix ans, Margot Pommery est exilée dans un pensionnat au fin fond du Vercors. Sa mère, Adélaïde, l’a tenue éloignée de son foyer pour la punir d’un tragique événement, dont elle la tient pour responsable.

Contre toute attente, Margot est pourtant rappelée chez elle en Champagne, pour passer l’intégralité des vacances d’été. Alors qu’elle s’apprête à affronter sa mère, la jeune fille ignore encore les réelles motivations de cette dernière. Car le jour de son seizième anniversaire, Margot doit devenir un être spécial : une elfide. Une malédiction, selon sa mère.

À la fois descendante des elfes et des druides, gardienne d’un savoir ancestral et puissante guerrière en devenir, Margot doit se battre pour assumer sa différence et la faire accepter aux autres. À l’aube d’un destin fantastique et dangereux, la jeune fille peut compter sur ses amis de toujours, Violette et Baptiste, pour affronter avec elle les sombres secrets familiaux et le retour du légendaire tueur d’elfides : le Dépeceur sanguinaire immortel…

Merci aux éditions Scrineo et à Netgalley pour leur confiance.

Mon avis : 

La difficulté n’est pas tant de rédiger un avis, plutôt de savoir si j’ai apprécié ce livre ou pas. Je l’ai lu, rapidement une fois que je l’ai commencé, j’ai voulu savoir comment aller évoluer l’intrigue, et j’ai envie de connaître la suite. Bref, j’ai apprécié cette lecture, même si elle s’écarte de mon genre littéraire de prédilection, à savoir les polars.

Le point fort est la construction de l’intrigue. Nous sommes dans le premier tome d’une trilogie, et parfois, le décor est long à être planté, la mise en place de l’intrigue l’est encore plus, je ne parle même pas de la présentation des personnages et des liens qui les unissent. Rien de tout cela ici, et pourtant, les personnages sont clairement campés, les liens entre les personnages aussi, tout cela à travers le prisme du regard de Margot, l’héroïne de ce roman. Comme une jeune fille du temps jadis, elle a été envoyée en pension à six ans, et n’en est ressortie qu’à seize. Non, pas pour être mariée, pour découvrir un grand secret la concernant : elle est une elfide, ou plutôt, elle le deviendra à seize ans.

Non, je ne vais pas expliquer ce qu’est une elfide, parce que c’est très bien fait dans le récit. Ce qui est intéressant est que la filiation elfide est uniquement féminine : seule une femme peut transmettre ce pouvoir, elle seule décide ce qu’elle décide de révéler ou pas à sa fille (elles ne peuvent avoir que des filles), elle seule décide de l’éducation qu’elle lui donne. Margot découvre en même temps que le lecteur toutes les possibilités que cela offre, tout ce que cette règle a entraîné comme conséquences dans sa propre vie. Attention ! les femmes n’ont pas le monopole de ce savoir qui se transmet de mère, voire de grand-mère, grand-tante en fille, les elfides descendent aussi des druides. La Nature est au centre de leurs missions. Et tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes, Margot pourrait apprendre, avec les autres adolescentes, à utiliser ses pouvoirs sereinement avec professeurs et tuteurs, elle pourrait même, en dehors de ses cours, mener la vie d’une adolescente ordinaire avec ses amis, assouvir sa passion de l’équitation, si les elfides n’avaient des adversaires bien décidés à les éliminer : les kryms. Entre autre. Leurs ennemis sont bien décidés à les anéantir, sans aucune pitié; Je le dis, certaines scènes, certains faits sont très durs à lire, que cette violence soit physique, morale, ou les deux à la fois. Oui, je revendique le fait d’être peu sensible – à tout ce qui ressemble à de la guimauve, au mélo. Mais les scènes auxquelles je fais allusion sont fortes, percutantes, laissent des traces à la lecture, et montre bien à qui les elfides ont à faire, à des êtres qui aiment sincèrement faire mal, faire le mal et qui y prennent un véritable plaisir, sans demi-mesure aucune. Je reconnais une bonne saga à la qualité de ses « méchants », aux interactions qu’ils génèrent avec autrui : autant vous dire que nous sommes bien partis. De plus, le fameux « camp du bien » a peut-être aussi des choses à cacher, voire des défauts qu’il faudrait corriger, avant qu’il ne soit trop tard.

Une saga à découvrir.

Les Légendes d’Asgard La Tête de Mimir par Richard Lee Byers

Présentation de l’éditeur :

Rejoignez Heimdall dans une aventure à couper le souffle, bien avant que le héros ne devienne le gardien du Bifrost.

Une ombre plane sur le Royaume éternel. Alors que le Père de Tout est plongé dans un Sommeil de la Vie anormalement long, les géants des glaces s’apprêtent à lancer l’assaut ultime contre Asgard. Et ces créatures frustes font preuve d’une ruse inédite pour parvenir à leurs fins. Heimdall, jeune guerrier à l’esprit vif qui cherche encore sa place dans l’armée asgardienne, est persuadé que la torpeur d’Odin et la perfidie des géans sont liées. Après s’être faufilé dans la crypte du roi des dieux, il découvre que la tête de Mimir, source d’une grande sagesse, a disparu. Accompagné de sa sœur, la guerrière Sif, Heimdall devra voyager à travers les royaumes de l’Arbre-Monde pour tenter de sauver Asgard. Le premier roman d’une nouvelle série extraordinaire avec les héros des dix royaumes.

Mon avis : 

Vous êtes fan de Marvel, vous êtes en manque de cet univers et vous avez un frère insupportable ? Ce livre est fait pour vous ! Attention : il s’agit d’un pur divertissement, ne nous y trompons pas, de l’aventure, des combats, des péripéties nombreuses, plusieurs contrées traversées, des rencontres également, bref, le cahier des charges du pur divertissement est parfaitement rempli.

Je ne vous ai pas présenté les personnages principaux, il s’agit d’Heimdall, que tous ceux qui ont vu la saga Thor connaissent bien, et de sa soeur Sif. Les rôles, ou plutôt les clichés sont un peu inversés puisque c’est Heimdall qui a des « intuitions ». Elles peuvent provoquer quelques désagréments pour lui et surtout pour sa soeur, qui est cependant tout à fait prête à aider son frère à … se sortir de la galère dans laquelle il s’est jeté. Il faut dire qu’à Asgard, ils ont des soucis, et pas des moindre : les géants des glace sont aux portes d’Asgard, et Odin ne se réveille pas de son Sommeil de la Vie. Pire : il a interdit qu’on le réveille, sinon, au mieux, sa colère sera terrible, les ordres sont les ordres, etc, etc… D’un côté, si quelqu’un avait osé contrevenir à cet ordre, nous n’aurions pas eu cette aventure mouvementée, qui forcera Heimdall à se mettre à l’équitation volante (j’exagère à peine). Même si je ne dévoile pas le dénouement, l’on sait bien qu’Heimdall s’en sortira (reste à savoir dans quel état) puisque sa vie, quasiment légendaire, est conté par Volstagg à son fils Bjarke – bel exemple, pour un professeur de français, de récit enchâssé dans un récit principal. Justement, ce serait un livre « masculin », n’étaient les redoutables guerrières que sont les Walkyries, n’étaient Frigga aussi et surtout Sif qui a collé « une belle râclée » à l’une de ses adversaires, et pas seulement.

Je concluerai avec cette citation :

– Rien ne m’empêchera jamais d’être ton frère.
– Oui, tel est mon fardeau, dit-elle avec un sourire.

Astre-en-Terre par L.P. Hurel

Présentation de l’éditeur :

Promis à la princesse Isolina, Enguerrand doit l’épouser pour assurer la lignée de Celestia. Mais en route pour la cérémonie, il se fait enlever par Moera : la contrebandière de nectar stellaire la plus redoutée du pays. Prisonnier des rebelles, sa vie bascule. Enguerrand est prêt à tout pour retrouver sa liberté… jusqu’à ce qu’un terrible secret fasse voler ses certitudes en éclats. Pour la première fois de sa vie, il doit faire un choix : suivre la voie qu’on a tracée pour lui ou s’associer à sa ravisseuse ?

Mon avis :

Merci aux éditions Explora et à Netgalley pour leur confiance.

En rédigeant mon avis, je vais faire ma professeur de français. Oui, je vais vous parler du schéma narratif, ce schéma qui a été codifié et nous explique que nous passons d’une situation initiale, stable, à une situation finale, toute aussi stable. Ce n’est pas si simple, parce que tout n’est pas si stable que cela au début. Enguerrand est le fils du régent de Bois-en-terre. Il est un personnage que l’on ne verrait pas du tout comme le héros d’un roman ou d’un conte parce qu’il est banal, sans grand défaut, sans qualité saillante non plus, il est « gentil » dirait-on de lui. Il a été éclipsée par la personnalité débordante d’une de ses soeurs, personnalité qu’elle se devra de canaliser quand elle sera mariée à son tour. Enguerrand ne comprend même pas pourquoi il a été choisi, il n’aura pas vraiment de réponse puisqu’il est enlevé par des brigands, opposés au pouvoir. Cela aura pu être presque simple, si ce n’est qu’Enguerrand n’est plus maître de son destin, plus maître de ce qu’il découvre non plus et lui fait reconsidérer les choix qu’il a fait jusqu’à présent.

Il n’est pas la seule personne à devoir faire des choix et à s’interroger, après coup, sur la conséquence de ceux-ci. Sa promise, la princesse Isolina, est la fille du Pacificateur. Son fiancé a été enlevé ? Qu’à cela ne tienne, il faut lui en trouver un autre, la vie doit continuer, le commerce doit continuer, la magie doit continuer, sinon, comment les Sang-Bleu vivraient-ils ? Ils ne se posent pas la question, ils ne se préoccupent pas des Sang-Rouge, le commun des mortels si vous préférez, puisque eux sont largement au-dessus de cela et veulent le rester. Isolina se rend compte qu’elle a beau être la princesse héritière, elle a été tenue à l’écart de bien des savoirs, de bien des complots aussi. Naïve ? Oui. Comme quelqu’un que l’on n’aurait jamais réellement préparé à gouverner.

Il est deux personnages dont je n’ai pas encore parlé, il s’agit de Moera, la chef des brigands, et d’Arlandor, ancien forgeron qui a totalement changé de voie. Eux ont dû faire des choix bien avant que ce roman ne commence, parce qu’ils ont vécu et subi beaucoup. Réfléchir vite, prendre des décisions, en supporter les conséquences positives ou négatives, c’est un peu ce qu’ils ont dû faire toute leur existence pour espérer survivre à toute ce qui se passait en ce monde, tout ce dont les Sang Rouge ignoraient, ou faisaient semblant d’ignorer, dans une belle indifférence. Etre un homme ou une femme importe finalement peu, il faut avant tout savoir se défendre, se battre, ou en acquérir les capacités rapidement. 29

Les cartes seront totalement rebattus au cours de ce récit, et le lecteur ira de rebondissement en rebondissement, jusqu’à la fin de ce premier tome. Il est évident que je lirais le second.

Je l’inscris aussi au  #Challenge Juillet Sororité

The Mortal Instruments – La malédiction des anciens, tome 2 : Le livre blanc de Cassandra Clare

édition Pocket Jeunesse – 472 pages

Présentation de l’éditeur :

Pour Alec et Magnus, qui pensaient pouvoir profiter en paix de New York et de leur fils Max, la vie est loin d’être un long fleuve tranquille ! La faute aux deux sorciers qui n’ont rien trouvé de mieux à faire que de voler le puissant Livre Blanc. Bien décidé à le récupérer, le couple s’envole pour Shanghai, épicentre d’une attaque démoniaque sans précédent. Mais la magie de Magnus est plus instable que jamais après la terrible blessure reçue au cours d’un combat. Alec et Magnus auront besoin de l’aide de leurs plus fidèles amis pour venir à bout de cette menace… et revenir entiers auprès de leur fils.

Mon avis :

Ce n’est pas que j’ai du retard dans la série de La cité des ténèbres, j’ai arrêté de la suivre après le tome 6, c’est simplement que j’ai trouvé ce tome à la bibliothèque, et que je me suis dit que cela ferait une bonne lecture de vacances.

Dans cette série dérivée (c’est ainsi que je la vois), les personnages principaux sont Magnus Bane et Alec, qui sont en couple, ils sont même parents d’un petit garçon d’un an, Max, qu’ils sont adoptés. Il faut dire que cet enfant est un futur magicien, et qu’il est nécessaire d’avoir un extincteur à portée de main quand on le garde (si cela vous rappelle un film datant de vingt ans, bienvenue au club) voire de suivre le gamin un coussin dans les mains quand celui-ci a décidé de se promener au plafond. Seulement, ils doivent partir en mission, mission liée au passé de Magnus – enfin, à une personne qu’il a connue dans son long passé – et pour cela, ils font faire garder Max, et partir, avec les membres de leur équipe, pour récupérer le livre blanc, qui leur a été dérobé. L’on retrouve Jace, toujours un peu imbuvable sur les bords (j’agis d’abord, je ne réfléchis pas trop), Clary, à qui il ne faut surtout pas marcher sur les pieds, et qui n’a rien à voir avec la créature effacée du film (la Clary du premier roman avait déjà un caractère bien trempé) Isabelle, qui est en couple avec Simon (là, j’ai vraiment l’impression d’avoir raté des épisodes). La magie de Magnus Bane a parfois des ratés, surtout s’il a été victime d’une agression et doit en subir les conséquences.

Les chasseurs d’ombre et le magicien vivront des aventures mouvementés qui les amèneront à visiter des lieux qu’ils n’avaient pas encore explorer, et d’autres qu’ils connaissent déjà, mais dans lesquels ils se seraient bien gardés de retourner. Bien sûr, je me dis que les scènes de combat, nombreuses, les scènes d’actions, nombreuses aussi, plairont aux fans. Bizarrement, pour moi qui suis un peu « en dehors » de cette série, qui suis une lectrice mais pas une fan absolue, ce sont plutôt les histoires d’amour qui retiennent mon attention. Depuis le tome 1 de la première série, je sais que Magnus est amoureux d’Alex, le tout était de savoir si cet amour allait être partagé. Dans ce tome, c’est une évidence : non seulement ils sont en couple, et tant pis pour ceux que l’union de deux hommes, l’un chasseur d’ombre, l’autre sorcier dérange, mais tout ce qu’ils font, c’est toujours en pensant à l’autre. Si leurs scènes d’amour ne sont pas explicites – ce livre reste un livre pour adolescent – il est pourtant clair qu’ils ont une vie sexuelle des plus épanouie. Ils ne sont pas les seules, et Alec voudrait bien ne rien savoir de la vie intime de sa soeur et du sensible Simon, qui a largement été malmené dans cette saga. D’ailleurs (oui, je spoile un peu), même les opposants des chasseurs d’ombre peuvent être motivés par l’amour – reste à savoir ce que ce sentiment peut pousser à faire.

Une lecture sympathique et divertissante.

Blue Lake d’Amandine Peter

Présentation de l’éditeur :

Ces snobs de Hexmeisters… non seulement, ils se vantent d’être nés avec leurs précieux pouvoirs, mais en plus, ils laissent une quantité pas possible de déchets magiques derrière eux. Et je vous laisse deviner qui s’amuse à nettoyer tout ça… Moi, c’est Blue. Mon boulot ? Agente d’entretien à la station de recyclage de la magie le jour. Dealeuse de déchets magiques la nuit. Seulement, voilà, le jour où je tombe sur un échantillon bizarre en débouchant une canalisation, tout part de travers… Je me colle aux fesses la mafia locale, et juste au moment où je pense avoir atteint le fond, je tombe sur un Hexmeister aussi dangereux qu’arrogant. Et canon, en passant. Je dois absolument savoir ce que contient ce foutu échantillon avant d’y laisser ma peau. La dernière personne dont je veux attirer l’attention ? Ma Hex de soeur, cette vendue qui m’a lâchement abandonnée il y a six ans…

Mon avis :

J’ai beaucoup apprécié la lecture de ce roman, que j’ai eu la chance de découvrir en avant-première. Je rédige mon avis le 16 juillet, je verrai bien commence se porteront les chatons le 22, et si d’autres chatons ont agrandi la famille – Air chaton express peut être étonnant.

c’est un roman paranormal et plein d’humour, bien que la vie de l’héroïne soit assez compliquée. Elle est nettoyeuse de magie, et c’est tout sauf un travail agréable. Elle a également un autre métier, si l’on peut appeler cela ainsi, qui lui permet de mettre de côté pour pouvoir offrir une autre vie à sa mère. Sa soeur ? cela fait six ans qu’elle a quitté le quartier, six ans que Blue n’a plus de nouvelles de sa soeur aînée. Il faut dire qu’elle a eu de la chance, elle est née avec des pouvoirs, elle est une Hexmeister.

La vie de Blue aurait pu être simplement mouvementée, dans un univers où la magie peut beaucoup, notamment pour ceux qui ont les moyens de se la procurer, ou pour ceux qui la possèdent tout court. Non, il a fallu qu’elle découvre quelque chose d’hors norme, que beaucoup convoitent. Et quand on n’a pas de chance, on n’a pas de chance, parce que Blue rencontre un nouvel Hexmeister un peu particulier. Même pour Blue, notre narratrice, qui en a vu d’autres, elle ne sait pas comment le catégoriser. Elle découvrira des choses peu à peu sur lui, des choses étonnantes, des faits qui m’ont aussi étonné – jusqu’au bout. Alors oui, c’est un tome 1, mais j’ai déjà envie de découvrir la suite de cette série. Il faut dire que j’ai trouvé la narratrice particulièrement attachante, sans doute aussi parce qu’elle est attachée à … son chat, qui en verra des vertes et des pas mûres à ses côtés. Aussi, l’intrigue n’est pas manichéenne, et un personnage que l’on pouvait prendre pour quelqu’un de peu recommandable peut l’être bien plus que l’on ne le pensait. C’est un peu la même chose pour ceux que l’on qualifierait de « gentils » – Blue (et le lecteur avec elle) ne sait pas vraiment à qui elle peut se fier.

Bien sûr, l’intrigue est intéressant, mais j’ai trouvé aussi intéressante ce questionnement : tous ou presque veulent posséder de la magie, mais qu’est-ce que l’on en fait une fois que l’on possède la magie ? Comment se servir d’elle, avant qu’elle ne vous asservisse ? Quelles limites se fixe-t-on, même si la loi en a prévu (oui, les choses sont bien faites malgré tout) ? Plus simplement, qu’est-ce que la magie vous coûte ? Blue voit d’abord ce que cela peut lui apporter, mais aussi ce que cela a pu lui ôter, et ce qu’elle risque de perdre à cause de la magie. Bref, elle est capable de se questionner, de remettre en cause ses désirs, et ses certitudes aussi : elle en aura bien besoin.

Il participe au #Challenge Juillet Sororité

Un coeur si loyal et solitaire par Brigid Kemmerer

édition Rageot – 608 pages

Présentation de l’éditeur :

La malédiction est enfin brisée, mais le destin d’Emberfall n’est pas scellé. Dans le royaume, des rumeurs circulent : le prince Rhen ne serait pas l’héritier légitime. Seul Grey, le commandant de la garde, connaît la dangereuse vérité. Pour rester fidèle à son prince, il doit la taire et rester caché. Même si, ce faisant, tout le monde le pense coupable de trahison. Tandis que le trône vacille, Karis Luran, la reine ennemie, prépare son heure pour mettre main basse sur les terres de Rhen. Seule sa fille, Lia Mara, espère pouvoir empêcher un nouveau bain de sang. Mais pour cela, elle doit conclure un pacte avec Emberfall. Et si Rhen ne veut pas de cette alliance, elle se tournera vers l’autre héritier : le commandant Grey lui-même.

Mon avis :

Ce roman est la suite de Un sort si noir et éternel. Comme le premier titre, j’ai lu ce roman grâce à un partenariat avec les éditions Rageot et Netgalley, que je remercie. J’ai été un peu longue à le lire parce qu’il est conséquent (plus de six cents pages) et que je voulais avoir du temps pour cela.

Cette fois-ci, nous ne sommes plus avec Harper et Rhen, qui sont passé à l’arrière-plan. Nous suivons Grey, ancien commandant des gardes, qui a pris la fuite à la fin du tome 1 et Lia Mara, fille aînée d’une des ennemis de Rhen, la cruelle reine Karis Luran. Nous découvrons tout ce que Grey met en oeuvre pour protéger son secret et ainsi, pense-t-il protéger Emberfall. Pour lui, c’est la bonne décision, même s’il lui est dur de voir le royaume pas en aussi bon état qu’il aurait dû l’être, même si c’est encore plus dur de voir les exactions que commettent les soldats au nom du prince Rhen. L’enchanteresse a beau ne plus être là, la peur engendrée par les enchanteurs est toujours là, et l’on sait, nous lecteurs, que la peur peut faire commettre bien des erreurs. Je trouvais déjà Grey sympathique dans le premier tome, je n’ai pas changé d’avis pour le second.

Je découvre Lia Mara, sa soeur et sa mère. C’est Lia qui est la narratrice, sans doute parce qu’elle est la personnage la plus intéressante. Et pourtant… Sa mère ne l’a pas désignée comme héritière, elle lui a préféré sa soeur cadette, tout aussi inflexible qu’elle. Lia Mara veut croire que d’autres solutions sont possibles, elle veut faire confiance à la diplomatie, à l’humain. Elle est bien l’une des seules à porter ces valeurs. Je pense qu’elle pourrait bien s’entendre avec Harper, et mon regret  est là : on ne voit quasiment pas Harper, si ce n’est lors du premier chapitre. Elle apparaît dans le récit toujours à la suite de Rhen et quoi qu’il fasse, elle reste attachée à lui. J’ai eu l’impression qu’elle n’agissait plus et c’est vraiment dommage – à mes yeux.

Et ce tome 2 nous montre une femme de pouvoir, haïssable. Pourquoi faut-il que les femmes au pouvoir soient montrées comme cruelles, perfides, sadiques ? Parce qu’elles sont des femmes, elles doivent être décrites comme forcément pires que les hommes ? Pour lutter contre les clichés ? Non, parce que nous en avons à foison, notamment avec Karis Luran qui se sert de sa fille cadette pour conclure des alliances, la chargeant de séduire le prince Rhen. Elle ne peut pas échouer, elle a été éduquée dans ce but, personne ne doit lui résister – elle n’a pas non plus appris que quelqu’un pouvait lui résister, et elle ne comprend pas qu’un homme lui résiste. Elle a pourtant de nombreux talents, sa beauté et ses talents sportifs (tir, équitation…) Une future reine, on vous dit, même si les coutumes de son royaume sont pour le moins… surprenantes. Du moins, je pense que vous le découvrirez si vous lisez ce livre.

Un tome 3 vient conclure cette histoire. Je sais que je ne peux rien changer à celui-ci, j’espère simplement qu’il donnera plus de places aux personnages secondaires.