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La magie de Paris, tome 1 : le coeur et le sabre d’Olivier Gay.

édition Castelmore – 319 pages.

Présentation de l’éditeur :

Du haut de son mètre quatre-vingt trois, Chloé est capable de vaincre n’importe qui à l’escrime. Mais lorsqu’elle aide Thomas, un garçon de sa classe, attaqué par une étrange créature, sa vie bascule. Gravement blessée, elle perd connaissance. A son réveil, son corps ne conserve aucune trace de ce combat et elle se sent… différente et plus puissante. L’heure des révélations a sonné : Thomas possède des pouvoirs magiques et, pour la sauver, il a utilisé un rituel interdit qui l’a liée à lui. Devenue sa protectrice contre son gré, Chloé va découvrir le monde des Mages. Un monde fait de duels à l’épée, de courses sur les toits, de puissants sortilèges et d’ennemis implacables. Un monde dans lequel elle n’a pas sa place.

Mon avis :

Livre lu entre hier et aujourd’hui, dans le but avoué de me détendre. Comme les deux tomes suivants sont dans ma PAL, et ne sont pas d’énormes pavé, il est certain que je les lirai prochainement. J’ai acquis cette trilogie en même temps que Moana, et, ayant sorti l’une de ma PAL, je sors l’autre au même moment.

Chloé, l’héroïne, c’est tout le contraire de moi. Elle est très grande, elle est baraquée, elle est surnommée « le tank » et est très sportive. Elle a cependant deux amies dont elle est proche, Célia et Nour, lycéennes en 1ère comme elle. Note : dans les romans pour adolescentes, les héroïnes ont souvent deux amies, comme si en avoir plus était difficile à gérer. Cela n’est pas sans évoquer pour moi… Alice détective privée et les inséparables Bess et Marion. Un soir qu’elle s’entraînait tard parce que l’escrime est sa passion et que personne ou presque ne l’attendait à la maison – son père a refait sa vie depuis deux ans, sa mère, depuis, ne vit que pour sa peinture et ses rencontres éphémères – Chloé découvre que Thomas, un garçon de sa classe qu’elle a catégorisé « emo » (je me demande s’ils existent encore) est attaquée par… une goule. Oui, cela surprend. ce n’est pas tant qu’elle lui vient en aide, c’est plutôt qu’elle ne peut pas cacher sa présence plus longtemps. Chloé se retrouve alors confrontée à un monde dont elle ne soupçonnait pas l’existence.

Bon. La lecture est agréable, le roman se lit sans souci. C’est peut-être un problème, justement. Je lis beaucoup, et j’ai mis du temps à trouver dans ce roman quelque chose qui sorte, qui me sorte de l’ordinaire, comme si j’avais déjà lu cette histoire ailleurs. Oui, j’ai des titres en tête. Je me suis dit que je n’étais pas la cible de ce livre mais… en même temps, un livre a-t-il besoin d’une cible pour être un livre intéressant ? J’ai trouvé tous les attendus du roman pour adolescent : Chloé se trouve confrontée à un univers qui n’est pas le sien et doit en assimiler les codes très vite. Du moins, elle le devrait si Thomas voulait bien tout lui expliquer rapidement au lieu de remettre à plus tard ce qu’il aurait pu faire le jour même. Comme nous voyons tout à travers les yeux de Chloé, le point de vue sur le monde des Mages est extérieur. Elle sait que Thomas s’est fait tancer par Mickaël, le chef des mages, elle sait que l’impassible David est un chevalier comme elle, mais elle ignore – et le lecteur avec elle – beaucoup de faits. Le lecteur comprendra à un moment pour quelles raisons, et c’est là que le récit deviendra fort intéressant.

De même, j’aime les méchants. Je trouve qu’un beau méchant donne tout son intérêt au récit. J’ai trouvé les rares goules que nous croisions intéressantes, et justement, j’aurai eu envie de discuter avec elle, plutôt qu’avec Chloé. Je sais que l’une d’entre elles a failli tuer Chloé. Ce n’est pas une raison pour ne pas en savoir plus sur ce qu’elles revendiquent. Elles ne viennent pas sur terre pour faire du tourisme, non ? Le livre a beau s’appeler « la magie de Paris », je ne pense pas qu’il existe un « Goule tour express » incluant les meilleurs endroits de la ville pour dégommer en toute impunité les mages.

Comme souvent, j’aimerai tendre ce livre à  un(e) authentique adolescent(e) pour savoir ce qu’il/elle en pense. Non, parce que si j’interroge la Nina de 14 ans qui lisait Zola, Gautier, Christie et Balzac, j’ai déjà ébauché une partie de sa réponse : « l’héroïne qui tombe forcément amoureuse du héros, c’est lassant. L’héroïne qui peut faire ce qu’elle veut parce que ses parents n’en ont rien à faire d’elle, aussi. Je sais bien que Tintin et Fantômette n’ont pas de parents, mais tout de même, il est d’autres moyens de se sortir de cette situation. » Je poursuis avec les scènes, obligées elles aussi, qui se déroulent au lycée – Chloé peut difficilement sécher – ou les scènes de combat, qu’ils soient réels, ou qu’il s’agisse de l’entraînement de Chloé pour les championnats. Ces scènes peuvent intéresser les sportifs et/ou les amateurs de roman de cape et d’épée dont je suis. J’ai cependant ressenti que ces scènes n’étaient qu’un prétexte, justement, pour montrer des scènes d’escrime, ou pour créer des scènes de tension sexuelle entre Chloé et David, un des chevaliers dont le mage est en convalescence et qui, du coup, prend beaucoup de place dans la vie de Chloé et Thomas.

Reste le dernier quart du roman, où mon intérêt a été largement soutenu par les révélations, qui arrivent enfin, et par l’apparition d’un personnage dont on nous a beaucoup parlé, et que j’apprécie déjà pour son absence totale de gentillesse et de tact – et pourtant, il ne s’agit pas d’un « méchant ». J’espère donc retrouver tout ce beau monde et cette intrigue… dans le tome 2.

 

Les tribulations d’Esther Parmentier, sorcière stagiaire tome 2 de Maëlle Desard

Présentation de l’éditeur :

De sorcière qui s’ignore à sorcière stagiaire, il n’y avait qu’un pas et Esther Parmentier, 19 ans, l’a franchi grâce à la manière brillante dont elle a résolu une précédente enquête sous la direction de l’agent Loan, un vampire désagréable, mais néanmoins très séduisant. Elle est désormais à plein temps au sein de l’Agence qui contrôle les relations entre les humains et les créatures surnaturelles. Mais bientôt, un nouvel arrivant, un dénommé Wolfgang Strøm, loup-garou de son état, se présente pour, prétend-il, réaliser un audit de l’Agence. Et voici que simultanément l’agent Loan, qui avait mystérieusement disparu, fait son come-back : il enquête désormais sur un trafic de sang et exige la participation d’Esther. Quand à son tour Wolfgang s’immisce dans l’enquête, un trio est formé. Et qui dit trio dit complications…

Merci aux éditions Rageot et à Netgalley pour ce partenariat. Et merci à Maëlle Desard pour les fous rires !

Ma chronique :

Je n’ai pas lu ce livre, je l’ai lu deux fois, tant j’ai apprécié le temps que j’ai passé en compagnie d’Esther – autant avertir tout de suite les personnes qui passeraient ici et liraient ma chronique. Cependant, avoir avoir éteint ma liseuse, je suis restée dubitative : je crains que plus personne ne veuille être sorcière, encore moins sorcière stagiaire après avoir lu ce livre. Il faudra donc prévoir une campagne de recrutement survitaminée afin d’attirer les jeunes femmes vers cette filière. Contrôler les relations entre les humains et les créatures surnaturelles, c’est compliqué, surtout quand votre tuteur, l’agent Loan, qui a quelques problèmes personnels et familiaux, ne se montre pas vraiment LE mentor qu’Esther attendait.

A l’agence, elle n’a pas le temps de s’ennuyer, et les autres non plus. A peine le temps de se remettre physiquement, émotionnellement et capillairement de sa dernière mission, qu’un audit sur l’Agence est décrété, effectué par Strøm, loup-garou de son état et que, bien sûr, une nouvelle mission leur est confiée. Cela aurait été trop beau de pouvoir faire une pause, de profiter de l’enseignement gratifiant qui lui est dispensée, des nombreuses interrogations surprises et de pouvoir jouer aux jeux vidéo en toute quiétude.

Comment va se dérouler l’enquête ? Mais très très très très bien. James Bond n’a qu’à bien se tenir tant les déguisements d’Esther, son matériel ultra-sophistiqué et des moyens de transport sont totalement hors-normes ou presque. L’humour, l’action et l’émotion sont au rendez-vous. Les vampires aussi.
Et Esther ne rentre toujours pas dans la norme, ni par son apparence physique, ni par ses prises de décision.

En route vers un tome 3 ?

Elvira Time, tome 1 : Dead Time de Mathieu Guibé

édition du chat noir – 224 pages

Présentation de l’éditeur :

L’existence des vampires n’est plus un secret pour personne. Alors que le tout Hollywood les décrit comme les amants du siècle, notre bon vieux gouvernement des Etats-Unis a tranché. Chaque rejeton aux dents longues se verra proposer un choix : se référencer auprès des autorités et survivre comme un animal en cage ou rester libre et se faire traquer par des chasseurs de primes rémunérés par l’état. Perso, je préfère la deuxième solution. C’est beaucoup plus lucratif pour mes finances depuis que j’ai hérité de l’entreprise familiale. Le problème, c’est qu’à 17 ans, je suis encore enchainée au lycée et je dois concilier cours de math et exécutions sommaires. D’aucuns diront que j’ai la fâcheuse tendance à ramener plus de boulot au bahut que je ne rapporte de devoirs à la maison. C’est pas faux. Alors voyez-vous, quand on doit gérer tous ces vampires attirés par le miasme hormonal émanant de mon école et qu’en plus, on s’appelle Elvira, la vie n’est pas simple.

Mon avis :

J’ai lu ce livre, je l’ai aimé, j’ai trouvé certains passages très drôles, d’autres très émouvants, j’ai continué en lisant et en chroniquant les suites (sauf le tome 3, que je ne chroniquerai pas, chroniquer tout ce que l’on lit n’est pas une obligation).
Après la version courte et sèche, voici la version développée, qui ne sera sans doute pas très différente des autres chroniques publiées sur ce livre (je ne les ai pas lues, ce n’est pas pour cela que je pense être très originale). J’ai pensé, en lisant ce livre, à Buffy contre les vampires, forcément. Elvira, comme Buffy, est une tueuse de vampire. Attention, pas n’importe lesquels ! Aux Etats-Unis, les vampires ont le choix : s’ils sont référencés, et portent un collier destinées à mettre fin définitivement à leurs jours au cas où ils attaqueraient un être humain, il est impossible de les chasser. En revanche, s’ils ont refusé ce référencement, les chasseurs de prime peuvent les tuer. C’est simple, et Elvira a repris ainsi le métier de son père, chasseur de primes tué dans l’exercice de ses fonctions. Problème : non, elle n’a pas peur des vampires, elle est encore mineure et n’a pas encore le droit de travailler, ce qui, bien entendu, ne l’empêche pas de le faire. Qui sauverait, sinon, la vie de jeune fille en détresse qui ont été séduite sans le savoir par un beau vampire ? Personne.

Dit ainsi, tout semble simple. Ce n’est pas vraiment le cas. Elvira est un peu borderline, surtout depuis la mort, un an plus tôt, de son meilleur ami Jericho (pour les circonstances précises, voir le tome 3, justement). Depuis, ce n’est pas seulement qu’elle porte sa peine, c’est qu’elle vit avec son fantôme, fantôme qui porte exactement la même tenue que le jour de sa mort. C’est vraiment un coup à réfléchir sur sa manière de se vêtir (pour la tenue, voir la couverture du tome 4) pour être sûr de ne pas se retrouver avec une tenue hautement improbable à porter pour l’éternité (mon humour n’est pas si noir que cela, je vous assure !). Elvira doit aussi faire avec deux personnes qui vont lui venir en aide et/ou lui compliquer la vie, c’est selon. Pour la première, Belinda est justement le prototype même de la gentille et naïve lycéenne – et Elvira de quasiment regretter de lui avoir sauver la vie. Pour l’autre, Ludwig est le modèle même du pré-adolescent geek, très doué pour tout ce qui touche à l’informatique et aux bandes dessinées, nettement moins en ce qui concerne les relations humaines. On ne peut pas tout avoir dans la vie.

Elvira Time est une série en quatre tomes que j’ai beaucoup appréciée. J’espère qu’il en sera de même pour ceux qui croiseront sa route.

La Prophétie d’Elhem Le Secret des pierres vivantes – Tome 1 par Lucie Rose

Présentation de l’éditeur :

Elhem, cité royaume des montagnes, est l’objet d’une prophétie – d’elle sortira un Enfant qui régnera dans la désolation sur le monde. Les signes s’accélèrent et font penser que les temps s’accomplissent. Dans les royaumes et aux confins des Sables, les pierres s’agitent, des armées se préparent. Tandis que la Mère se met en route, protégée par le groupe de ceux qui furent appelés, partisans et adversaires de sa venue prennent place…

Merci aux éditions Elidia et à Netgalley pour ce partenariait.

Mon avis :

Je pense que cela se voit : depuis un certain temps, je peine à rédiger mes avis. Cela dure, c’est un constat, et cela n’a pas de rapport avec les livres lus.
Le Secret des pierres vivantes est un premier tome prometteur. Quand je dis « prometteur », c’est que non seulement il pose les bases d’une saga, mais qu’il développe suffisamment l’action pour que le lecteur ne reste pas sur sa faim.

Cependant, je n’ai pas réussi à entrer dans cet univers. J’ai eu du mal avec la prophétie. Selon qu’elle soit interprétée de manière positive ou négative, les peuples de ce monde accepte sa venue, ou sont au contraire prêt à tout pour l’empêcher. « Prêt à tout » n’est pas une exagération, et les opposants ne font pas dans les sentiments. Pourquoi convaincre quand il est plus simple de supprimer, purement et simplement, surtout si cela permet de retourner des personnes de valeur ?

Même si le récit est dense, si les personnages sont nombreux et nettement caractérisés, j’ai trouvé que l’action progressait rapidement, le lecteur n’a pas le temps de s’ennuyer.

A lire si vous aimez la fantasy et les univers originaux.

La fille qui pouvait voler de Victoria Forester

édition Lumen – 375 pages

Présentation de l’éditeur :

Piper McNimbus sait voler. Comme ça, le plus naturellement du monde, les doigts dans le nez. Tonneaux, vrilles et loopings, elle sait tout faire. Terrifiés de voir la nouvelle se répandre, ses parents dissimulent ses talents aux yeux du monde… jusqu’au moment où elle se trahit devant la ville entière. Du jour au lendemain, elle se retrouve dans une école top-secrète de haute sécurité, réservée aux enfants dotés de capacités hors du commun. Là, elle fait la rencontre de camarades aux pouvoirs incroyables : Conrad, un génie en puissance qui sait tout sur tout, Smitty, qui voit à travers n’importe quelle matière, Violette, capable de rapetisser à volonté… Mais même parmi ces gamins extraordinaires, Piper sort du lot… Et elle ne va pas tarder à devoir en payer le prix.

Merci à Netgalley et aux éditions Lumen pour ce partenariat.

Mon avis :

Piper est une petite fille presque comme les autres, curieuse, enjouée, optimiste. Elle est pourtant un peu différente des autres enfants. Au début, ce n’était presque rien, juste une lévitation de quelques centimètres au-dessus du sol. Puis, elle s’est aperçu qu’elle pouvait voler – et ses parents aussi s’en sont aperçus. Avoir une enfant différente des autres n’est pas facile dans cette campagne américaine quasiment coupé de la modernité. Je me suis crue dans les plaines du Midwest, ou au Kansas, avec Dorothy. La ferme des Mcimbus est suffisamment isolée des autres habitations pour que ses parents espèrent garder le secret, même si cela veut dire ne pas envoyer Piper à l’école comme elle le souhaite tant. Hélas, tout a une fin, même dans cette lumineuse campagne. Le secret de Piper est découvert, et c’est là que le roman bascule.
La fille qui pouvait voler n’est pas le premier roman à nous montrer une école de surdoué, une école dont les différents participants, la rivalité et la création d’entente entre les enfants aux pouvoirs différents, de tous âge, de toutes origines. En revanche, il est des faits, des retournements de situation, qui changent de ce que l’on peut voir et lire sur ses écoles. Je ne veux pas trop en révéler, je veux simplement dire que l’intrigue n’est pas construite sur le mode de la tranquillité, il faut toujours rester vigilant, comme Piper se retrouve obligée de l’être. Si l’optimisme et la curiosité naturelle de Piper sont des éléments constants et agréables, je reconnais aussi que ce roman développe une thématique qui m’intéresse : la volonté qu’ont certaines personnes de vouloir à toute force entrer et faire entrer dans la norme. Il nous parle aussi de la manière dont il est si facile de gâcher la nature qui nous entoure – quasiment en toute impunité. Il nous parle aussi de filiation, de transmission, de liens parents/enfants, mais aussi de liens entre les frères et soeurs. On surmonte plus facilement les obstacles quand vos parents et les vôtres vous ont entourés d’amour.

Dragons et mécanismes d’Adrien Tomas

édition Rageot – 640 pages

Présentation de l’éditeur :

Dague est voleur et espion. Il vit de cambriolages et de petits larcins. Alors qu’il est en mission de surveillance, il assiste à l’agression de Mira, une étrangère qui a fui son pays suite à un coup d’Etat. L’adolescente est archiduchesse, poursuivie par un tyran qui veut l’épouser et s’accaparer ses talents. Car elle fait partie des mécanomages, des sorciers capables de combiner leurs pouvoirs à de savants montages d’ingéniérie mécanique. En sauvant Mira, Dague est blessé, et les deux jeunes gens sont d’abord contraints de se cacher. Mais l’aristocrate est déterminée. Pour échapper à son ennemi et – accessoirement – tenter de récupérer le trône d’Asthénocle auquel elle peut prétendre, elle est résolue à s’enfoncer au cœur de la jungle. Un territoire hostile, quasi inexploré, et peuplé de dragons sanguinaires.

Mon avis :

Gagnez un temps précieux, ne lisez pas mon avis, lisez Dragons et mécanismes.
Si ce roman se déroule dans le même univers qu’Engrenages et sortilèges (lu trois fois, autant dire que je maîtrise le sujet), il n’est pas utile de l’avoir lu pour apprécier Dragons et mécanismes.
De quoi parle ce roman ? Il parle de complots, de trahison, de la capacité à s’adapter quelle que soit la situation. Oui, que l’on soit un voleur, un espion ou que l’on soit l’héritière déchue d’un trône, il faut toujours être sur le qui-vive, parce que ce qui vous attend, ce qui vous arrive, n’est pas du tout ce que l’un ou ce que l’autre avait prévu, que ce soit à court ou à long terme. Pour parler en des termes plus littéraires, les rebondissements et les péripéties sont nombreux, et emmènent le lecteur dans une intrigue inattendue. Attention ! Ne confondons pas « s’adapter » et « renoncer à ses principes », ou pour faire court, Mira et Dague chercheront toujours tous les moyens pour combattre Arlov, celui qui a renversé les parents de Mira. D’autres seront amener à les remettre en cause, leurs principes, leur règle, leur loi : faut-il vraiment obéir à son chef si celui-ci ressemble énormément à un tyran ?
Mes personnages préférés ? Kimba et Cuthbert, forcément. L’un comme l’autre ne manient pas la langue de bois et font preuve de beaucoup d’humour. Ni l’un ni l’autre n’ont pris les chemins que l’on attendait d’eux – si tant est que la mère de Cuthbert attendait quoi que ce soit de lui, ou que quiconque ait réussi à influencer Kimba. Etre un fantôme et élever un gosse aussi imprévisible que dague, c’est compliqué. Quant à Cuthbert, c’est un dragon – petit, certes, mais un dragon quand même !
Une citation, pour la route :
– Aucune idée, soupira Shumbi. Pourquoi quiconque voudrait libérer la plus dangereuse créature du monde après des millénaires d’enfermement ? A moins d’être à la recherche d’un suicide particulièrement destructeur et spectaculaire et d’emmener la planète entière dans sa chute…

Accords corrompus, tome 1 : Rêves de glace de Kelly St Clare

éditions M&M Bookmark – 330 pages

Présentation de l’éditeur :

Olina a 17 ans et est la Tatuma -la princesse- d’Osolis, un monde dominé par la chaleur. Elle porte un voile depuis sa naissance et personne, pas même elle, n’a jamais vu son visage. Alors qu’elle subit la tyrannie constante de sa mère et de son oncle, Olina reste une jeune femme forte, drôle et volontaire qui attend d’être reine pour changer les choses. Quand une délégation de Glacium – un monde fait de glace à l’opposé du sien- arrive en Osolis, Olina est forcée de remettre ses préjugés en question. Peu à peu, elle se lie d’amitié avec le prince de Glacium et quand celui-ci demande à voir son visage, tout le monde d’Olina va basculer… Deux sociétés à l’opposé l’une de l’autre, un périple, des personnages principaux et secondaires extrêmement bien travaillés, une héroïne courageuse et qui évolue tout au long des tomes…

Mon avis :

Ce livre est entré dans ma PAL lors de l’un des confinements – le première, le deuxième ? difficile à dire, et j’espère que, quand cet avis paraîtra le 15 février, ce ne sera plus qu’un souvenir et que nous n’aurons pas eu de troisième confinement.

J’ai lu ce premier tome très vite, non parce que j’étais fan, mais parce que je trouvais véritablement l’ambiance pesante. Olina est doublement prisonnière, bien qu’elle soit la princesse héritière d’Osolis, prisonnière de ce monde de chaleur qui peut devenir invivable au sens propre du terme, prisonnière du voile qu’elle ne quitte jamais, au point qu’elle-même ne sait pas à quoi elle ressemble. Pas de soucis, sa mère a tout fait pour lui ôter l’envie de le savoir, entre maltraitance psychologique et maltraitance physique au vue de tous, sans que cela gène qui que ce soit. Olina peut compter ses amis sur les doigts d’une main, et encore. Les scènes de sévices et de tortures sont tout sauf agréables à lire, et elles durent, elles durent, à se demander comment Olina n’a pas fini complètement brisée. On a beau me dire que c’est une femme forte – une jeune fille serait plus juste – les quelques libertés dont elle peut jouir et la perspective d’être reine un jour n’expliquent pas tout.

Après un coup de théâtre, Olina se retrouve propulsée dans un monde qui n’est pas le sien – et ce n’est pas vraiment un choix de sa part. Si elle doit s’adapter à une nouvelle façon de (sur)vivre, la violence dont elle a été la cible pendant toute sa vie l’a énormément préparé à ce qu’elle subit dans ce nouveau monde. Si d’un côté, je suis curieuse de savoir comment l’histoire se terminera, je n’ai pas forcément envie de lire les trois tomes suivants pour connaître le dénouement.

Prunelle, sorcière rebelle d’Agnès Laroche


Présentation de l’éditeur :

Prunelle est une sorcerelle qui pratique la magie douce pour améliorer la vie des habitants du comté de Tendreval. Un jour, instinctivement, elle lance un sort de magie forte, strictement réservé aux sorciers, les Eclaireurs. Or le père de Prunelle est le chef des Eclaireurs… Prunelle est confrontée à un dilemme : cacher la vérité à son père qu’elle adore ou lui avouer qu’elle a trahi sa confiance. Elle hésite, mais comment ignorer l’appel de la magie qui palpite en elle ?

Merci aux éditions Rageot et à Netgalley pour leur confiance.

Mon avis :

Ce qui m’a attiré en premier dans ce livre, c’est sa couverture, qui est absolument magnifique. Bonne nouvelle : le roman est tout aussi intéressant que le laissait présager la couverture. C’est le deuxième roman d’Agnès Laroche que je lis en peu de temps, et je trouve vraiment remarquable de parvenir à passer ainsi d’un genre (la littérature contemporaine) à un autre (la fantasy) avec la même profondeur.

Le comté de Tendreval est un monde magique et idyllique, un monde où les Eclaireurs et les sorcerelles prodiguent leurs bienfaits. Les sorcerelles rendent heureux, accomplissent toutes les actions qui permettent de remonter le moral. Les Eclaireurs, eux, accomplissent tous les sortilèges réellement utiles. Par choix ? Non. Les femmes n’ont pas le droit de pratiquer la magie forte. Pourquoi ? Parce qu’elles sont des femmes, elles n’ont pas les capacités, la force, le discernement pour pratiquer cette magie. Non, laissons-les faire ce pour quoi elles sont faites. Si ce discours vous semble désuet, il ne l’est pas tant que cela pour certaines personnes ! Oui, le comté de Tendreval est un univers de contes, avec sa magie, et ses interdits, si faciles à transgresser, finalement, mais aux conséquences particulièrement lourdes.

Hélas pour Prunelle, le chef des éclaireurs n’est autre que son père, et son frère, éclaireur lui aussi, entend bien faire respecter la loi, édictée par son père lui-même. A quoi sert d’être parmi les « bons » si personne ne vous empêche d’être cruel ?

J’ai aimé… une intrigue qui monte en puissance, un récit qui évolue et nous emmène toujours là où l’on ne s’y attendait pas. J’ai aimé un récit qui nous montre qu’isoler, ostracisé, ne résout aucun problème – surtout pas quand ceux qui prônent ses solutions sont aveugles.

J’attends le tome 2 avec impatience – en comptant beaucoup sur Nox.

 

Les dossiers du voile d’Adrien Tomas

Merci à Netgalley et aux éditions Fleurus pour ce partenariat.

Présentation de l’éditeur :

« Les maisons sorcières sont au bord de l’explosion, la guerre de la nuit fait rage plus violemment que jamais et les trolls et les fées sont bien partis pour transformer les bas-fonds de paris en champ de bataille… »

BIENVENUE DANS LE MONDE DU VOILE !

Mon avis :

Comme j’aimerai qu’il soit simple de faire court. En effet, quoi que j’écrive, ce ne sera jamais aussi bien, aussi inventif, aussi percutant que Le dossier du voile. Ce livre est à lui tout seul un univers très riche, avec des personnages fort, fortement campés, facilement identifiables. Surtout, ils ne sont pas manichéens : les bons d’un côté, les méchants de l’autre, le lecteur peut malheureusement encore le trouver dans certains livres. ici, l’on s’interroge, l’on pense aussi que les gens peuvent changer, évoluer. L’on pense aussi que les beaux discours peuvent cacher des intentions nettement moins louables.
Je parle, je parle, et je ne vous ai pas encore présenté les personnages. Tenez ! Je vois passer le lieutenant Pascal Guthier, policier de son état. Attention ! Il est un policier ordinaire, pas comme Tia Marcese, lieutenant de police au sein de la Brigade de régulation des espèces méta-humaines de Paris.
– Quelque chose à déclarer ?
– Non, absolument rien. Tout est normal.
Je n’en obtiendrai pas plus, et pourtant, il s’en passe des choses, à Paris. Le commun des mortels n’en sait pourtant pratiquement rien, puisque la Brigade se charge d’étouffer toutes les affaires, tout en effaçant la mémoire des humains qui ont vu/aperçu/entendu quelques choses. Là, ce sont les membres du Voile qui s’en occupent, parce que les membres de la sus-dite brigade sont singulièrement peu nombreux, et les crédits, pas énormes (ce pourrait quasiment être l’histoire de tout brigade policière). Il s’en passe des choses, entre les vampires, les loups-garous, les trolls, sans oublier les fées. N’oublions pas une société secrète – une de plus, pourrait soupirer le capitaine Tréjean, à la tête de la Brigade – qui n’a qu’une envie : lever le voile, révéler au monde l’existence des créatures méta-normales.
Au centre de l’intrigue, se trouve la famille Marcese, oui, la famille du lieutenant Tia et de Mona, enquêtrice pas tout à fait malgré elle. Chaque enfant pourrait dire à quel point il est difficile de trouver sa place dans une fratrie, et pourtant, chacun y est parvenu, même Félicia. Dans le cas de Tia, elle y est parvenue en défiant sa mère d’une belle manière – et en y survivant. Oui, si vous êtes allergique à l’humour, à l’humour noir, à l’humour pas toujours drôle, passez votre chemin. Même chose si vous n’aimez que les récits doux, sans aspérité, qui ne disent que des choses qui ne fâchent pas, que des faits qui ne soient pas sujets à discussion. Oui, parce que, jusqu’au bout, l’on peut s’interroger sur les choix que certains ont fait, sur le bien-fondé de leur manière d’agir. Jusqu’au bout aussi, les personnages peuvent changer, et se révéler pire, ou bien meilleurs que ce que l’on pensait.
J’ai donc l’honneur de vous annoncer que Les dossiers du voile est mon premier coup de coeur de l’année 2021. Comme Engrenages et sortilège, c’est un livre que je relirai sans aucun doute.

Soeurs de sang – tome 2 : Feu sacré de Nicki Pau Preto

Présentation de l’éditeur :

Elles étaient tels le jour et la nuit, et pourtant elles n’étaient rien l’une sans l’autre… On ne choisit pas toujours son destin. Mon cœur me souffle que là où ma main a tremblé, la tienne sera ferme. Là où j’ai échoué, tu triompheras. Au lendemain de sa première bataille contre les forces impériales, Véronyka voit enfin son rêve s’accomplir : une place d’Apprentie lui est offerte au sein de l’ordre très masculin des Dresseurs de phénix. Mais, bien loin de se satisfaire de son nouveau statut, elle ronge son frein face à la passivité du commandant, Cassian, qui refuse d’engager ses troupes dans une guerre ouverte. Or, pour la jeune fille et son ami Tristan, passé chef de patrouille, rien de pire que cette attente pesante. De son côté, l’empire, que Sev a réintégré en qualité d’agent infiltré, multiplie les provocations pour attirer les rebelles aux oiseaux de feu hors de leur patrie, Pyra. Le comble ? Il se raconte que des Dresseurs de phénix auraient rejoint les armées impériales… Se pourrait-il que ce soit l’œuvre de Val ? Car, prête à tout pour faire perdurer l’héritage des reines Pyromaque d’antan, celle que Véronyka considérait autrefois comme sa sœur ne semble pas avoir dit son dernier mot.

Merci à Netgalley et aux éditions Lumen pour ce partenariat

Mon avis :

Je n’avais que moyennement apprécié le tome 1, et j’ai beaucoup aimé le tome 2, qui dépasse les sept cents pages. J’ai mis du temps à le lire, plus de temps que je ne l’aurai pensé, mais j’ai véritablement apprécié ce livre, et je lirai le tome 3 très certainement.
Tout d’abord, l’une de mes grandes inquiétudes a été levée : nous retrouvons bien Sev et Kade dans ce tome, mes deux personnages préférés. Ces deux personnages gagnent en profondeur, se rendant compte eux-mêmes du chemin qu’ils ont parcouru, de leur fidélité aux engagements qu’ils ont pris, même s’ils ne sont pas toujours faciles à suivre. Se questionner, prendre la bonne décision, agir, penser à l’avenir : oui, j’aurai volontiers passer plus de temps avec eux.
Ils ne sont pas les seuls personnages à gagner en profondeur. Cassian est de ceux-là, et ce que nous découvrons sur lui donne beaucoup plus de richesse à son personnage. Quant à son fils Tristan, il était déjà complexe dans le tome 1 – son attachement avoué à Veronyka ne le rend pas simpliste dans ce tome 2.
Je parle, je parle des personnages, mais l’intrigue est elle aussi très bien construite. Nous sommes très loin, lors du dénouement, de la situation initiale de ce second volume. Que de chemin parcouru, d’aller et retour, de batailles, de sang versé, mais aussi de courage. Prendre la bonne décision, et surtout, vouloir la paix, pour qu’enfin chacun puisse vivre librement : l’autrice ne nous épargne pas dans quel état se trouve la société dans laquelle nous évoluons.
J’ai gardé pour la fin les deux héroïnes qui donnent leur nom à cette série de roman : Véronyka et Val. Véronyka est parfois toujours aussi naïve (soupirs), cependant elle évolue aussi de façon positive, marchant, en l’assumant parfaitement, dans les traces de sa mère, ayant compris aussi jusqu’où Val était prête à aller.
Val, ou plutôt Alvakyra Pyromaque. J’aime pourtant les personnages de méchants, de « beaux » méchants, et reconnaissez qu’Harry Potter aurait nettement moins de saveurs si l’ennemi à vaincre n’avait pas le charisme de Voldemort. Le gros problème d’Alvakyra, c’est qu’il n’y a rien à sauver, pour moi, de ce personnage. Rien. Elle apparaît quasiment comme une coquille vide, une caricature de méchante. Elle veut dominer le monde, et se moque de tout détruire sur son passage. Elle ne tire aucune leçon de son passé. Elle n’aime qu’elle-même, et encore, il y aurait fort à dire sur elle, dont la plus grande richesse, en plus de ses pouvoirs, est son immense confiance en elle. Elle ne mérite pas les phénix qui l’ont entourée, au cours de ses deux vies.
Le tome 3 devrait paraître en anglais en juillet 2021 – espérons pouvoir le lire démasqués.