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Les sorcières de Savannah, tome 2 : la source de JD Horn.

Présentation de l’éditeur :

Derrière les jolies façades historiques et les parcs verdoyants de la ville de Savannah se cache une autre réalité. De grandes familles de sorciers œuvrent dans l’ombre pour protéger leur univers et leurs traditions magiques des forces obscures qui les menacent.Quand la jeune Mercy Taylor, enceinte de son premier enfant, se retrouve à la tête de l’une des familles de sorciers les plus puissantes du Sud, elle lutte encore pour maîtriser ses pouvoirs. Pour ne rien arranger, la mère de la jeune femme, qu’elle croyait morte à sa naissance, réapparaît soudainement et lui fait promettre de garder le secret de son retour. Alors que le danger et la destruction guettent, Mercy comprend qu’elle va devoir percer le secret qui se cache derrière les pouvoirs magiques de sa famille – avant que celui-ci ne l’anéantisse pour de bon. Second tome des « Sortilèges de Savannah », La Source emporte le lecteur dans une aventure haletante et ensorcelante.

Merci à Netgalley et aux éditions Amazon crossing pour ce partenariat.

Mon avis : 

Je conseillerai absolument de lire le tome 1 avant celui-ci. Logique, me direz-vous. Certes, mais je me suis sentie complètement perdue pendant les premières pages, découvrant les personnages et ne saisissant pas toujours les liens qui les unissent. C’est dans ces cas-là que je me dis qu’un petit arbre généalogique, au début du texte, ne serait pas superflu, même si les apparences sont parfois trompeuses.

Mercy Taylor est l’héroïne et la narratrice de ce roman. Nous verrons tout à travers ses yeux, nous verrons tout à travers ses doutes et ses incertitudes. Elle partage le même prénom, les mêmes initiales qu’une de mes héroïnes favorites, mais elle est une sorcière, une Veilleuse même, une des treize que comporte le monde et qui a la tâche de veiller (comme son titre l’indique) sur la ligne. Elle apparaît comme en léger décalage avec le monde qui l’entoure, et pas seulement à cause de ses pouvoirs magiques. Elle vient seulement de les découvrir ! Surtout, plusieurs de ses proches ont tenté de la tuer lors du premier volume, dont sa propre soeur jumelle Maisie qui a disparu depuis et qu’elle recherche assidûment. Même si votre jumelle veut vous dégommer (ce qui est bien plus fréquent dans les romans que dans la vie réelle, heureusement), il n’est pas interdit de tenir à elle, surtout quand il ne vous reste pas grand chose de vos certitudes passées. Fait plus rare dans les romans de fantasy, Mercy est enceinte de quelques mois, et sa belle-mère la pousse à régulariser au plus vite, pour le bien de l’enfant : il ne faut pas que la mariée ait l’air enceinte sur les photos du mariage, ce pourrait être gênant plus tard (surtout si le petit est nul en maths et ne s’aperçoit pas que moins de neuf mois s’est écoulé entre le mariage et sa naissance). Et oui, nous sommes dans le Sud profond, bien profond et il est encore des choses qui dérangent, même si l’on affirme que Savannah est une belle ville.

Je ne dirai pas que l’intrigue part dans plusieurs directions, je dirai que les intrigues sont multiples et que les aspirations des personnages secondaires, très nombreux, sont en contradiction avec ceux de l’héroïne, pour ne pas dire en opposition. Attention ! Ce n’est pas que Mercy (j’ai tendance à l’appeler Maisie, du nom de sa soeur jumelle présente en filigrane dans ses pensées) ne sait pas ce qu’elle veut, c’est qu’elle ne sait plus où elle en est. Elle sait que bien des faits lui ont été cachés, reste à savoir si cela a été fait sciemment, ou non. Reste à savoir aussi ce que savent les autres – pas facile de se trouver face à quelqu’un de parfaitement ignorant des réalités magiques. Pas facile non plus de rencontrer quelqu’un qui connaît un autre univers magique et méconnaît le votre, engendrant parfois des catastrophes. Les univers dans lesquels évolue Maisie sont loin d’être manichéens. Ne cherchez pas de réconfort auprès de quelqu’un, il est difficile d’avoir des certitudes. Même une personne exécrée peut s’avérer n’être pas si détestable, pour peu que l’on accepte des travers …. humains. C’est toujours mieux que des travers sorciers.

Les sorcières de Savannah ne sont pas une lecture confortable, sauf peut-être pour les personnes qui ont plus l’habitude que moi de se plonger dans un univers très « sorcier ».  J’ai envie de connaitre la suite (cette saga comporte trois tomes et un spin-off) même si ce n’est pas vraiment une urgence.

Imprudence – le protocole de la crème anglaise, tome 2 de Gail Carriger

Présentation de l’éditeur :

Rue et l’équipage du dirigeable La Coccinelle à la crème sont de retour d’Inde avec des révélations propres à secouer les fondements de la communauté scientifique britannique. La Reine Victoria a de quoi être agacée : les vampires sont à fleur de peau, et quelque chose ne va pas du côté de la meute de loups-garous locale. Pour couronner le tout, la meilleure amie de Rue, Primrose, persiste à se fiancer à un militaire peu recommandable.
Mais Rue a également des problèmes personnels. Son père vampire est en colère, son père loup-garou est fou, et sa tapageuse mère est tout à la fois. Mais, le pire, c’est que Rue commence à comprendre ce qui se passe vraiment… ils ont peur.

Merci à Netgalley et aux éditions du livre de poche pour ce partenariat.

Mon avis :

Comme c’est émouvant de retrouver quelqu’un que l’on a connu toute petite ! Et elle a bien grandi, Prudentia, dit Rue, elle qui disait toujours « non » à sa maman. Elle revient d’une expédition en Inde qui a eu des conséquences importantes, pour la communauté surnaturelle, pour l’empire et pour Rue elle-même. La reine l’a vertement tancée et exclut d’à peu près tout, lui ôtant ainsi sa protection. Et ce n’est que le début d’un beau désordre.

Désordre de la meute, désordre chez les vampires, mais quel événement a pu provoquer tout ceci ? Et bien un événement que le lecteur attend depuis la fin du tome 5 du Protectorat de l’ombrelle et qui nous sera raconté ici. Evénement qui fait que Rue, ses parents, Quesnel et les jumeaux vont devoir partir pour l’Egypte, où ils retrouveront de vieilles, voir de très vieilles connaissances.

Ah, les jumeaux ! Tout comme Ivy était la meilleure amie d’Alexia, Primrose est la meilleure amie de Rue. Elles sont amies, et très différentes. Primrose, mince comme un fil, est un modèle de correction, qui ne songe qu’au mariage et ne pense pas qu’une autre voie soit possible. Rue aimerait être aussi mince qu’elle – il lui faudrait renoncer à la pâte feuilletée, et elle n’y tient pas. Rue, qui a été élevée au milieu d’une meute de loup-garou et de drones, qui connait les goûts de son cher Dama, de Geneviève, et ne s’en offusque pas, a plutôt envie de mener des expériences, de découvrir la langue française, et de poursuivre ses aventures. Ses voeux seront accomplis.

Oui, je ne vous ai pas parlé de Percy, qui passe la majorité de son temps à lire, à se quereller avec Quesnel, à se quereller avec Primrose. Lui et Primrose m’ont rappelé des personnes que je côtoie dans a vie réelle, ce qui est un peu embarrassant – pour les personnes réelles. Percy suscite en effet l’envie puissante de l’étrangler, qui est très légèrement embarrassant. Il est pourtant bien utile, Percy, il a beaucoup de ressources, tout comme Quesnel.

Batailles, inventions, alliances, révélations sont au menu de ce second tome du Protocole de la crême anglaise. N’hésitez pas à nous rejoindre, vous serez servis avec toutes ces aventures !

Les rumeurs d’Issar de Marie Caillet

Présentation de l’éditeur :

Dis-moi quel est ton signe, et je te dirai quel est ton pouvoir… « Dans les royaumes d’Issar, la magie habite tous les Hommes. Pour autant, elle ne les traite pas de la même façon. Parfois, elle en choisit un. » Les Gardiens, comme tous les humains, ont la capacité de contrôler un des quatre éléments. Mais la magie dont ils sont dotés est trop puissante. Ils n’y survivent qu’en mettant au monde une créature magique, un Ange à la beauté sans failles chargé de les protéger… Ensemble, ils forment ce qu’on appelle un Ange-Gardien. Rare, puissant et appelé à intégrer le corps d’élite du Palais.

Merci à Netgalley et aux éditions Hachette pour ce partenariat.

Précision :

Mon avis est personnel, bien sûr, et d’autres personnes peuvent avoir un avis différent, et un style différent. Sharon fait du Sharon, c’est à prendre ou à laisser.

Mon avis :

Chère Marie Caillet,
j’espère sincèrement que vous allez écrire la suite de ce roman et que l’histoire d’Edjan, Kez et Shaëll ne s’arrêtera pas là.
Merci d’avance,
NR.
La lecture de ce premier tome m’a emballé et m’a fait beaucoup de bien, d’ailleurs, j’ai même relu certains passage tant j’avais pris plaisir à cette lecture. Vient le difficile moment d’expliquer pourquoi j’ai tant aimé ce livre.
Je pense que cela tient à la rencontre avec des personnages. Nous découvrons Edjan et Kez en pleine mésentente. Ils tiennent tous les deux une boutique de réparation de tapis volant, et les affaires ne marchent pas fort parce qu’Edjan passe son temps à réparer le travail de Kez, qui ne semble pas très doué pour cela. Nous comprendrons plus tard pour quelle raison. J’ai une tendresse particulière pour Kez, notamment pour son portrait physique absolument irrésistible. Il m’a rappelé quelqu’un… de ma connaissance. Si je vous dis son nom, vous comprendrez tout de suite pourquoi !
C’est au cours d’une opération de réparation qu’ils rencontrent Shaëll. A peine plus âgée qu’eux, elle est haute voleuse, particulièrement douée. Elle leur propose, non, je ne dirai pas une association, disons plutôt un espèce de partenariat, qui fera qu’Edjan et Kez partiront avec elle (et le voyage en tapis volant de Kez est vraiment irrésistible).
Shaëll n’a pas volé n’importe quoi, elle a volé les talismans qui sont distribués par le palais tous les ans aux adolescents qui atteignent leur seize ans – Edjan a eu le sien l’an dernier. Ne pas recevoir son talisman, en être privé, est une des pires choses qui puissent survenir dans cet univers où la magie est partout, entre ange et démon. Surtout, un nouvel ange gardien pourrait naître et sans la remise du talisman, impossible. Mais un ange gardien est né, et c’est là que nous découvrons Chanis, une jeune servante des plus ordinaires qui donnent naissance, bien malgré elle, à son ange. On ne choisit pas son signe, on ne choisit pas son destin, on ne choisit pas d’être lié au Palais, même si l’on intègre son corps d’élite.
Ne pas pouvoir choisir son destin, un thème fréquemment développé dans la littérature fantasy, et, bien sûr, les meilleurs livres qui traitent de ce sujet sont ceux qui montrent que l’on peut se rebeller contre l’adversité, prendre son destin en main, même si parfois le hasard donne un coup de pouce. A voir ce que l’on en fait après. Nous en avons plusieurs exemples ici, avec Shaëll, avec Edjan – et pas seulement avec eux.
J’aime aussi les livres qui montrent des figures féminines fortes. Shaëll est indépendante, capable de se débrouiller seule, de mener sa carrière seule : elle n’attend pas que les autres viennent la tirer d’un mauvais pas, même si parfois, il est fort utile de recevoir de l’aide. Ma remarque pourrait aussi s’appliquer à Sibritt, reine, à la tête de sa propre garde, ayant su la créer et la diriger en ayant gagné davantage : leur respect. Adan, le roi, semble ne pas être à la hauteur de sa flamboyante reine. Il ne s’agit pas de son âge, non, plutôt de son manque de charisme et d’une certaine forme de lâcheté. Je sais que j’en dis déjà beaucoup mais je vous assure qu’il en reste beaucoup à découvrir sur ces intrigues.
Je terminerai en parlant du mouchard, personnage énigmatique qui semble tout savoir sur presque tout, un personnage qui ne manque pas de gouailles, comme le montrent ses Rumeurs qui ponctuent le récit.
Je ne demande pas grand chose pour le tome 2, simplement prendre autant de plaisir à le lire que le tome 1.

Les anges ont la dent dure de Sophie Jomain

Présentation de l’éditeur :

Je crois que cette fois, c’est sûr, je suis née sous une mauvaise étoile. J’ai d’abord découvert les vampires, puis les anges, ensuite les entre-deux, les démons, et maintenant, voilà qu’on me jette des sorts et qu’on accroche des poulets égorgés à ma porte. Il ne manquait plus que ça ! Daphnée, ma colocataire, affirme que c’est parce que j’ai un mauvais karma, tu parles !

Mon avis :

J’ai trouvé à qui ressemblait Felicity : à Sookie Stockhouse ! Oui, je risque de me fâcher avec les fans de l’une ou de l’autre héroïne, et bien tant pis. A sa décharge, Felicity est tout de même moins « courgette » que Sookie, et elle n’a pas vraiment envie de fricoter avec des vampires, les anges lui suffisent largement !
Elle va de surprise en surprise puisqu’elle fait connaissance avec d’autres catégories de créatures surnaturelles complètement timbrées dans ce volume – ne me demandez jamais de respecter quelqu’un qui sacrifie des bêtes pour accomplir un rituel et terroriser quelqu’un. Il faut dire aussi que la jeune femme a le chic pour avoir des proches qui se fourrent dans des situations plus qu’improbables. Ce n’est pas Greg qui dira le contraire.
Les péripéties sont nombreuses, suffisamment pour que l’on ne s’ennuie pas du tout. Felicity ne manque pas d’humour. Elle n’a pas su débusquer certains adversaires ? Ses anges gardiens non plus et pourtant, ils devraient être surentraînés ! Ce serait un coup à leur voler dans les plumes.
Ce tome 2 se termine sur une révélation (merci à la solidarité féminine) : ce sont les anges qui ne vont pas être contents.

Felicity Atcock, tome 1 : les anges mordent aussi de Sophie Jomain

Présentation de l’éditeur :

« J’ai vraiment pas de bol, il aura suffit d’une morsure, d’une seule, pour que je me retrouve embarquée dans une histoire sans queue ni tête. Je ne sais pas exactement comment ça a commencé, et je ne sais pas non plus de quelle manière tout cela va finir. Quoi qu’il en soit, celui qui fera en sorte que les jeunes vampires arrêtent de s’enterrer dans mon jardin, sera mon héros. Et si en plus il est beau, riche et intelligent, je ne me plaindrai pas ! Je veux retrouver ma vie d’avant, tranquille et… ennuyeuse à mourir. » Sauf qu’en voulant éloigner les ennuis, il arrive qu’on en attire d’autres… à plumes.

Mon avis :

Si vous cherchez une lecture divertissante et si vous n’êtes pas allergique aux vampires et autres créatures extraordinaires, alors ce livre est fait pour vous.

Felicity est une jeune femme très ordinaire – ou presque. Elle a une maison, un travail, une meilleure amie, elle aime sortir, faire des rencontres, s’amuser, bref, une jeune femme d’aujourd’hui. Certes, elle a une tata vampire, Margareth, mais elles ne sont pas très liées et Margareth ne correspond pas vraiment à l’idée que l’on se fait d’une vampire. Non, les vampires n’ont pas fait leur coming out, seules de rares personnes admettent leur existence, et ce n’est pas toujours facile de vivre avec eux – ce n’est pas le potager de Felicity qui nous dira le contraire.

Faire des rencontres, c’est bien, cela dépend de qui on rencontre. Félicity sera particulièrement gâtée à ce sujet, et ce n’est que le début des embêtements. Assez gros, assez mordants, et pas poilus, non, à plumes : les anges ne sont pas toujours ce que l’on croit.

Le roman est drôle et remplis de péripéties. Felicity m’a fait pensé à Anita Blake, pour la complexité de sa vie sentimentale – le caractère sanglant et l’érotisme sanglant en moins. Je lirai la suite, sans aucun doute.

Chroniques adaniennes, tome 1 : l’exil de Nathalie Thomas-Vernet

Présentation de l’éditeur :

Adana, un empire jadis florissant sur lequel régnaient les rois-dragons, se meurt. L’Empereur Baal ne possède pas les pouvoirs de ses ancêtres car son sang métissé l’a privé de l’Ahriman.
Les chroniques racontent que deux jumeaux viendront au monde, l’un porteur de l’Arta (sagesse et vérité), l’autre de l’Ahriman (colère et puissance). Ce jour est arrivé. Tandis qu’Adana va grandir au château, Shadizar sera élevé par Arganza, le général Daevas.
Devenu adolescent, Shadizar devra faire face à son destin, et fuir les pratiques incestueuses du palais.
Contraint à l’exil, le prince aux yeux bleus commence une quête qui le mènera dans les provinces en ruines jusqu’à Ba-Hasham où il devra mener son dernier combat contre son père et trouver la vérité.

Merci au forum Partage-Lecture et à l’auteur Nathalie Thomas-Vernet pour ce partenariat.

Mon avis :

Je reconnais que je ne suis pas une grande spécialiste de la littérature fantasy, et quelqu’un d’autre pourra sans doute faire une analyse plus poussée de cette œuvre. Je tiens cependant à préciser que j’ai beaucoup apprécié ce roman, dont les rebondissements et l’univers retiennent l’attention du lecteur.
Adana était un empire fleurissant. Il ne l’est plus, pas tant à cause du manque de pouvoir de son empereur que de sa personnalité. Baal a soif de puissance, de pouvoir, il est prêt à tout pour obtenir l’Ahriman. Et quand je vous dis « tout », je puis vous assurer que les pages de ce roman nous réservent bien des surprises sur ce que Baal envisage de faire – ou fait réellement pour devenir un roi-dragon. Que peut devenir un empire dans les mains d’un tel être ? Pour citer ce roman « Tous les pouvoirs de l’univers ne peuvent pas remplacer l’amour, la charité, l’affection. »
Comme souvent dans les romans fantasy, la prophétie repose sur la naissance d’un enfant, ou, dans ce cas, de jumeaux. Comme souvent, les jumeaux sont séparés pour leur bien – ou plutôt pour le bien des projets de Baal et des siens. L’empereur n’a pas vraiment la fibre paternelle, et certains de ses fils aiment bien trop les jeunes garçons en général, et un de leur petit frère en particulier. Ne cherchez pas : l’absence d’empathie, la cruauté autorisée, la paranoïa ne sont pas les signes de bonne santé d’une société. La révolte, la volonté de changer les choses, le courage de lutter contre l’hégémonie sont plutôt des signes de bonne santé – reste à savoir comment les forces en présence vont évoluer.
Nous suivons peu Adana, finalement, lui qui pourtant est pressenti pour être porteur du coeur de diamant. Élevé dans du coton, il a une personnalité qui reste assez transparente, lui qui n’a jamais eu besoin de lutter pour s’imposer – et n’a jamais réussi non plus à obtenir ce qu’il voulait plus que tout, la présence de son jumeau.
Tout autre est Shadizar. Même s’il a été victime des peurs de l’empereur et de ses proches, il a reçu ce qu’Adana n’a pas eu : un amour paternel sincère de la part de celui qui l’a élevé. Ce qu’il subit à l’adolescence le pousse à la révolte plus qu’à la résignation. Et c’est cette capacité de révolte, son courage, sa persévérance qui fait que le lecteur s’attache à ce personnage et s’inquiète de son devenir – attachement que Shadizar provoque également dans le roman, parce qu’il va de l’avant, s’expose au lieu de se résigner.
Les rois dragons reviendront-ils ? Le coeur de diamant se réveillera-t-il ? Ce n’est pas pour cette raison que Shadizar se bat – je vous recommande la lecture des scènes de bataille, particulièrement bien pensées et bien menées – mais pour être libres. Pas toujours facile à comprendre pour ceux qui n’envisagent que la domination à tout prix.
Après le coup de théâtre final, j’espère qu’un tome 2 verra le jour.

Le royaume immobile de Pierre Pevel

Présentation de l’éditeur :

Alors que tout le monde ne songe qu’aux prochaines élections du Parlement des Fées, Griffont doit aider un ami soupçonné de meurtre. De son côté, Isabel se trouve aux prises avec de dangereux anarchistes venus de l’OutreMonde et décidés à ensanglanter Paris pour se faire entendre.Mais les deux affaires pourraient bien être liées.

Mon avis :

Comme il est dommage de se quitter ! Mais comme il est agréable de se quitter sur un troisième tome aussi bon que les précédents.
Griffont et Isabel sont égaux à eux mêmes, fidèles à eux mêmes. J’aurai envie de vous parler de leur amour, avouez que ce serait un peu niais, même s’ils s’aiment véritablement ces deux-là, au moins autant que l’un aime la mécanique, et l’autre l’aventure. Tous deux en tout cas aiment leur liberté, pas liberté amoureuse, non liberté face aux charges que la cour aurait pu ou pourrait leur imposer. Pour être mage, Griffont n’en est pas moins un être qui déteste les complots et les compromissions.
Pourtant, lui et Isabel se retrouvent à nouveau au coeur d’une intrigue qui les concerne de très près. Le mage du cercle cyan voit un de ses amis impliqué dans une affaire d’honneur, puis soupçonné de meurtre. Isabel voit ressurgir le drame qui fait qu’Aurélia (son prénom dans OutreMonde) a dû s’exiler sur terre. Comment faire éclater la vérité ? Comment empêcher que les vieux complots ne reviennent sur le devant de la scène, humaine ou féérique ? Autant vous le dire tout de suite, ni l’un ni l’autre ne sortiront indemnes de cette histoire. Mais (« il y a toujours un mais », vous dira Isabel) ni l’un ni l’autre ne dérogeront à leurs principes, bien qu’ils soient parfois fort amusants :
Je l’ai achetée avec de l’argent honnêtement volé à la sueur de mon front.
Ce troisième tome est à lire avec plaisir plus qu’à chroniquer.