Archive | décembre 2016

Jambes fluettes, etc… de Tom Robbins

 

Présentation de l’éditeur :

Ellen Cherry n’avait aucune intention d’épouser Randolph “Boomer” Petway, son flirt du lycée. Car quand on ambitionne de devenir artiste, un ex devenu soudeur ne présente pas grand intérêt. Ellen Cherry préfère fuir sa ville natale pour les lumières de Seattle où elle expose ses premières toiles. Jusqu’au jour où Boomer vient la chercher au volant d’une caravane transformée en dinde géante. Elle succombe, et les deux jeunes mariés partent pour New York. Mais dès leur arrivée, Boomer et sa dinde roulante vont lui voler la vedette et s’accaparer l’attention de l’avant-garde artistique. Ellen Cherry se reconvertira alors comme serveuse dans un restaurant tenu par un juif et un arabe en face de l’ONU.

Bilan 2016 :

Je termine le challenge Gallmeister avec ce titre -volontairement. J’avais commencé le challenge par une oeuvre de Tom Robbins, je le termine avec une oeuvre de Tom Robbins.

Mon avis :

Soyez les bienvenus dans un univers totalement déjantés, dans lequel tout le monde ou presque en prend pour son grade. 538 pages pour régler son compte aux religions – à toutes les religions. Mention spéciale aux dangereux bigots américains qui voient le mal partout, et à ceux qui ne font rien pour empêcher leur intolérance ordinaire.

Oui, c’est une critique un peu brève de ma part, mais comment parler d’un roman aussi dense, et aussi foutraque ? Si vous avez apprécié Un parfum de Jitterburg, vous aimerez ce livre. Si vous avez un regard critique aigue sur la religion, vous aimerez ce livre. Si vous trouvez que l’art contemporain, c’est du grand n’importe quoi, vous aimerez ce livre. Si vous aimez les histoires d’amour compliquées, vous aimerez ce livre.

En revanche, si vous êtes pudibond, vous aurez beaucoup de mal avec certaines scènes – il est des personnes qui n’ont pas besoin de signer un contrat pour avoir une relation épanouie entre adultes très très consentants. Par contre, certains adultes auraient besoin de consulter un dermatologue en urgence, ce qu’ils ne font pas durant tout le roman – et ce n’est pas le dénouement qui leur en donnera l’occasion.

Jambes fluettes, etc…. un roman dense et fou, qui vous fera voyager avec des compagnons de route qui sortent de l’ordinaire.

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Retour à Oakpine de Ron Carlson

Présentation de l’éditeur :

La petite ville d’Oakpine, au cœur des magnifiques paysages du Wyoming, offre une vie paisible à ses habitants. Et c’est à cela qu’aspire Jimmy, 50 ans, atteint du sida. Devenu un écrivain renommé à New York, il souhaite désormais retrouver sa ville natale pour y passer les derniers mois de sa vie, et renouer avec ses parents. Il découvre que le destin vient de réunir à Oakpine ses trois meilleurs amis d’enfance : Craig, Frank et Mason. Chacun a fait son chemin, construit une vie, mais tous se trouvent aujourd’hui à un tournant de leur existence. Petit à petit, au gré de ces retrouvailles, les quatre hommes vont se rendre compte que leur amitié est la meilleure arme pour effacer les fantômes du passé et affronter les obstacles du présent. Avec pour décor des images lumineuses et émouvantes de l’Ouest américain, Ron Carlson dépeint toute l’humanité de ses personnages et offre un portrait bouleversant de l’amitié, dans un nouveau roman qui confirme son infini talent à sonder les âmes.

Mon avis :

Retour à Oakpine est un roman qui traite d’un sujet délicat (la fin de vie d’un malade atteint du SIDA, son retour dans sa ville natale auprès de ses parents qu’il n’a pas vu depuis trente ans), avec non moins de délicatesse.
Le hasard, le destin, ou quel que soit le nom que l’on veut bien lui donner, réunit Jim et ses trois amis d’enfance, amis qu’il n’a pas vu depuis trente ans, depuis la tragédie qui a précédé son départ. Chacun a mené sa vie, comme ils l’entendaient : Jim est un écrivain reconnu, Mark un avocat qui ne manque pas de renom, Franck tient un bar, Craig rénove des maisons, son fils l’aide parfois, sa femme travaille au musée de la ville. Certains ont eu une vie sentimentale heureuse, d’autres plus mouvementées, sans remords ni regrets.
Non, ce petit coin du Wyoming ne cache pas de noirs secrets, il n’y a rien de pourri dans l’état du Wyoming, simplement des hommes, des femmes, qui vivent leur vie, mènent leur barque de leur mieux, de manière très éloignée parfois de leurs rêves ou de leurs ambitions, sans pour autant avoir sombré. Oui, de solides hommes et femmes, unis par des souvenirs, et réunis par cette amitié qu’ils n’ont pas oublié, qui les font se rendre au chevet de Jim, qui les font aussi remonter leur groupe de rock, sans autre ambition que de rejouer à nouveau ensemble – sans Jim, trop affaibli.
La jeune génération est présente également, avec ses propres rêves, ses excès parfois, ses principes aussi, et des adultes pour les épauler : la bienveillance, le respect, ont aussi droit de cité dans la littérature américaine contemporaine. Il est bon aussi de montrer cette Amérique où il ne se passe pas grand chose mais où l’on peut être heureux et tolérant : ses amis ne font-ils pas de leur mieux pour que Jim se sente le moins mal possible ? Reste son père, comme un exemple d’une certaine intolérance, lui qui refuse de le voir, et même de l’accepter dans sa maison. Mais les sentiments ne sont pas aussi simples qu’ils le paraissent.
Retour à Oakpine est un beau roman d’amitié, à lire si vous avez besoin de fréquenter des oeuvres sereines.

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Pike de Benjamin Whitmer

Présentation de l’éditeur:

Pike n’est plus l’effroyable truand d’autrefois, mais il a beau s’être rangé, il n’en est pas plus tendre. De retour dans sa ville natale des Appalaches proche de Cincinnati, il vit de petits boulots avec son jeune comparse Rory qui l’aide à combattre ses démons du mieux qu’il peut. Lorsque sa fille Sarah, disparue de longue date, meurt d’une overdose, Pike se retrouve en charge de sa petite-fille de douze ans. Mais tandis que Pike et la gamine commencent à s’apprivoiser, un flic brutal et véreux, Derrick Kreiger, manifeste un intérêt malsain pour la fillette. Pour en apprendre davantage sur la mort de Sarah, Pike, Rory et Derrick devront jouer à armes égales dans un univers sauvage, entre squats de junkie et relais routiers des quartiers pauvres de Cincinnati.

Mon avis :

Pike est un roman noir – vraiment noir. Ne cherchez pas des nuances, c’est le noir dans toute sa splendeur. Pike, le personnage éponyme, est un ancien truand, au passé très chargé (nous en aurons des aperçus). Il est ami avec Rory, un jeune boxeur dont la jeunesse a été tout sauf heureuse (et pas très différente de la jeunesse de certains de mes élèves. Pour ceux qui auront lu le livre, oui, cela n’arrive pas qu’aux Etats-Unis). Sa vie est presque stable, jusqu’au jour où une collègue de sa fille, fille qu’il n’a plus vu depuis qu’elle était en âge de rentrer à l’école primaire et qui est devenue prostituée (oui, même dans ce métier très particulier, on peut avoir des collègues), lui apprend que sa fille est morte d’une surdose d’héroïne et qu’elle laisse en héritage une gamine, Wendy, accompagnée de son chaton qui porte bien son nom (Monster). Si nous étions dans un mélodrame, nous irions droit vers la rédemption de ce bon vieux Pike, qui, en plus de prendre un jeune padawan sous son aile, se laisse apprivoiser par la jeune Wendy. Sauf que nous sommes dans un roman noir, et que Pike, il ne fallait pas tuer sa fille, ou du moins, il fallait tout faire pour l’empêcher de mourir. Il veut tout savoir, surtout depuis qu’un flic honnête (du moins, pour ceux qui ne le connaissent pas, c’est à dire pour quasiment personne) s’intéresse de bien trop prêt à Wendy.
Vous croyez avoir déjà découvert le fond de la misère des laissés-pour-compte américains ? Nous allons encore plus loin dans ce livre. Pas d’espoir, pas de rédemption possible, pour personne. Ne tendez pas une main secourable, la personne ne la prendra pas. Et si par le plus grand des hasards une personne tente de s’en sortir, ce ne sera que provisoire. La violence est partout, dans la rue, avec les gangs (pas très nouveau, me direz-vous), dans les bar, dans les maisons, au sein même de la famille où les actes de cruauté ne sont même plus ressentis comme tel tant ils sont quotidiens. Vous ne trouverez pas de services sociaux, les problèmes sont réglés en interne – et même si la justice intervient, elle est si inefficace qu’on peut se passer de son intervention.
Pike – à réserver à ceux qui aiment déjà les romans noirs.

Les mercredis avec Ziggys de Linn Hallberg

Présentation de l’éditeur :

Ziggy a été très malade mais il est maintenant de retour, :et en pleine forme. Elina voudrait tout de suite le récupérer pour elle toute seule, mais cela ne va pas être si facile : toutes les filles du Club veulent s’approprier Ziggy !. L’hiver arrive bientôt, et la neige se met à tomber sur la Suède.

Mon avis :

Le livre prend place juste après le premier tome. Il se lit tout aussi facilement que le premier. Il ravira les amateurs de poneys comme le premier. Il met en scène les rivalités entre les membres du Club, ce qui est assez traditionnel dans ce genre de livre, des livres mettant en valeur le sport, la compétition. Avantage : il montre qu’il faut prendre soin de son poney, qu’il a droit aussi de ne pas toujours bien se comporter. Il nous apprend aussi certaines coutumes suédoises, comme la célébration de la Sainte Lucie. Inconvénient : ce roman est vraiment très genré. N’y a-t-il vraiment que les filles qui aiment l’équitation ?

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Le cheval de discorde de Craig Johnson

Présentation de l’éditeur :

Dans cette nouvelle on retrouve Walt, Henry et Cady aux American Indian Days.
« Nous étions le week-end précédant Memorial Day et je dînais en compagnie de Henry et Cady au Busy Bee Café. Je n’étais pas encore complètement remis de mes aventures dans les Bighorn Mountains, lorsque j’étais parti à la poursuite de prisonniers en fuite. Je tripotais la bague trop grande que je portais à mon pouce et regardais les loups de turquoise talonner leurs frères de corail sur l’anneau en argent. Puis je l’enlevai et la rangeai dans la poche de ma chemise, sous mon insigne ».

Mon avis :

Cadeau de fin d’année des éditions Gallmeister que cette nouvelle disponible gratuitement sur leur site. Non, ce n’est pas une enquête policière – pas à proprement parler. Walt Longmire fait une pause, après Tous les démons sont ici et avant A vol d’oiseau. Oui, il est en repos, il prépare le mariage de sa fille et fait avec les affaires courantes – à savoir le vol d’un cheval de rodéo. Vol, ou bien son propriétaire, qui participe aux American Indian Days, a oublié l’endroit où il l’a laissé, ou il l’a mal attaché, ou bien, ou bien… Bref, Walt y va, quand même, parce que c’est son travail, et parce que le propriétaire de ce cheval rétif, il le connaît, il connait son parcours, l’historique de son mariage et de son divorce mouvementée.
Oui, cette nouvelle est une parenthèse dans les enquêtes difficiles de Walt, elle permet au lecteur de découvrir les American Indian Days et de voir Walt résoudre une affaire (en auriez-vous douté) sans trop de bobos.
Rendez-vous en mars pour la sortie du nouveau tome des aventures de Walt Longmire.

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Impurs de David Vann

Présentation de l’éditeur :

Été 1985. Dans la vieille demeure familiale, en plein cœur de la Vallée Centrale de Californie, Galen vit seul avec sa mère. Tandis que celle-ci s’attache à faire revivre un passé idéalisé et l’étouffe d’un amour oppressant, le jeune homme tente de trouver refuge dans la méditation. Son existence et celle de sa mère sont rythmées par les visites inopportunes de sa tante et de sa cousine trop sexy, et par celles qu’ils rendent à sa riche grand-mère dont la mémoire défaille. Mais l’accumulation de rancœurs entre les deux sœurs et l’obsession de Galen pour sa cousine ne tarderont pas à les mener au bord de l’explosion. Une fois que la noirceur de chacun se sera révélée au grand jour, rien ne pourra plus les préserver du pire.

Mon avis :

Impurs était le seul roman de David Vann que je n’avais pas lu. Grâce au forum Partage-Lecture et aux éditions Gallmeister, c’est désormais chose faite.
Troisième roman de l’auteur, Impurs n’est pas situé en Alaska comme ces deux premiers romans mais en Californie : si la chaleur a remplacé le froid, le climat n’en reste pas moins hostile. Et s’il n’explore pas les relations père/fils, il s’intéresse cette fois-ci aux relations mère/fils, tout comme dans son essai Dernier jour sur terre – il explorera plus profondément les rapports mère/fille dans Aquarium.
La relation entre Galen et sa mère est toute aussi étouffante que le climat californien, et ce n’est pas peu dire. D’un côté, nous avons une mère qui a tout fait pour isoler son fils – fils, qui, il faut bien le dire, ne fait pas grand chose pour sortir de cette situation, si ce n’est méditer et vouloir se détacher des choses matérielles. Sans doute aussi est-il trop isolé pour pouvoir se sortir seul, et ce n’est pas sa tante, qui tend à déconstruire la vie soi-disant idéale de sa vie, à la pousser dans ses retranchements, ou sa cousine, qui multiplie les coups bas et les provocations, qui peuvent l’aider. IL faudrait déjà qu’elles puissent elles-mêmes sortir de la spirale étouffante dans laquelle elles se sont enfermées.
Curieuse famille, exclusivement féminine, à l’exception de Galen. Famille qui répète jour après jour, saison après saison les mêmes actes (le thé, les visites à la maison de retraire, les promenades à la cabane), remâchent les mêmes rancœurs, jusqu’à ce que, finalement, le point de non-retour soit atteint. Et c’est là que la tragédie commence : toutes les tragédies ne prennent-elles pas naissance dans la famille ? Unité de lieu, unité de temps, confrontation – pas de règle de bienséance. Pas de belles tirades non plus mais un affrontement d’autant plus sanglant (métaphoriquement) que les mots sont truqués, qu’ils ne cherchent qu’à faire souffrir. La rhétorique, l’argumentation ? Oubliez-les, tout comme l’espoir.
Impurs est une lecture dont on ne sort pas indemne,à cause de la violence physique, psychologique difficilement soutenable.

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Journal d’un louveteau garou – 26 décembre

Cher papa Noël
je t’écris directement, via mon journal intime, toi qui sais à peu près tout et distribue les cadeaux aux gentils loupiots.
Tu rappliques tout de suite et tu viens récupérer les deux lutins que tu as oubliés chez nous ! Et fissa ! Nanmého !
Indice : ils sont roux tous les deux, l’un a les cheveux courts et raides, l’autre, une fille,  possède une chevelure assez longue et boucléé,  tous les deux portent un stupide bonnet lumineux et semblent s’être égarés dans notre forêt.
A moins que ce ne soit leurs parents qui ne les aient égarés et là, franchement, bravo l’esprit de famille !
Notre principal est en contact avec tout ce que la meute compte de membres éminents ou pas éminents du tout – cela en fait du monde – et cherche à savoir qui a pu égarer ces loupiots le lendemain de Noël. A croire que certains ont voulu jouer un remake d’Hansel et Gretel, ou moderniser le petit Poucet.
C’est la maman de notre principal qui a émis une idée pleine de bon sens.
– Et si ses enfants n’étaient pas nés dans une famille lupine ?
– Ce sont des loupiots, maman.
– Et suis-je une louve, mon chérie ?
– Pas au sens où la meute l’entend, mais oui.
Statistiquement, il est peu probable que des loupiots naissent sans qu’un des deux parents ne le soient. Sauf que les statistiques…. Les jours à venir seront douloureux, je le sens. Salsifis et Sarah ont pris les petits sous leur patte velue. Elles veulent confectionner avec eux des gâteaux de Noël vegan.Cela promet.
@bientôt
Anatole.
PS : ils nous ont révélé leurs prénoms, Maxime le garçon, Alexandra la fille. Franchement, père Noël, tu n’as pas choisi des prénoms très originaux pour tes lutins !
PPS : oui, j’adore les points d’exclamation !