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Contrepoids de TR Ragan

Résumé

En 1989, Carol Fullerton, adolescente de 16 ans disparaît mystérieusement. Seule sa voiture est retrouvée sur le bord d’une autoroute de Californie. Vingt et un ans plus tard, sa mère, gravement malade, veut connaître la vérité avant de mourir et savoir ce qui est arrivé à sa fille…
En 2010, Diane Kramer disparaît subitement après avoir vidé son compte en banque. Sa sœur Andrea est convaincue que le coupable n’est autre qu’un gourou charismatique, spécialiste de la perte de poids et pour lequel Diane, obèse, nourrissait depuis quelque temps une véritable fascination…
Lorsque ces deux femmes désemparées par la disparition de leurs proches viennent tour à tour la consulter, la détective Lizzy Gardner n’a d’autre choix que de les aider. Lizzy sait en effet mieux que personne qu’abandonner n’est pas une option dans de telles situations : adolescente, elle a elle-même disparu, enlevée par un tueur en série. Un cauchemar qui l’a hantée pendant plus d’une décennie avant que son ravisseur ne soit enfin mis hors d’état de nuire.

Merci à Netgalley et aux éditions Amazon crossing pour ce partenariat.

Mon avis :

Ce livre est un tome 2, le tome 2 des enquêtes de Lizzy. Je le pense rarement, mais la lecture du tome 1 me paraît vraiment nécessaire pour mieux comprendre Lizzy, Jessica et Hayley qui ont toutes les trois vécues des épreuves douloureuses, physiquement et moralement. Sont-elles remises ? Il faudrait d’abord définir ce que cela signifie.
Lizzy a un travail – détective – et doit s’occuper de deux affaires en même temps, tout en veillant sur les siens, ou plutôt les siennes tant sa famille est exclusivement féminines, félin compris.
Ce roman n’est pas à mettre entre toutes les mains. Les violences subies ou infligées sont décrites de manière réalistes, qu’elles soient physiques ou psychologiques. Les chapitres semblent alors bien longs à lire. Pessimistes ? Oui, parce qu’il nous montre que l’ennemi, ce n’est pas ce tueur en série inconnu qui rôde, l’ennemi le plus dangereux est celui qui vit dans votre cercle d’intime.
Contrepoids est aussi une dénonciation du culte de l’apparence – et combien de personnes se refusent à aller au-delà des apparences ? Combien sont prêts, également, à suivre les conseils du premier venu, du moment qu’il soit charismatique ? Peu vraisemblable ? Pas si sûr.
Contrepoids est un thriller prenant et sanglant, qui trouvera sans doute son public.

Brunetti en trois actes de Donna Leon

Présentation de l’éditeur :

Brunetti en plein cœur de l’opéra vénitien à La Fenice !
Accompagné de son épouse Paola à la Fenice, Brunetti assiste à la Tosca, avec la diva Flavia Petrelli sur scène. Le spectacle, grandiose, s’achève par une pluie de roses jaunes tandis que Flavia est ovationnée. Mais des centaines d’autres roses jaunes attendent la soprano dans sa loge. Et en rentrant chez elle, elle trouve un nouveau bouquet sur le pas de sa porte. Un admirateur secret la gratifie ainsi de ces fleurs depuis plusieurs mois, de Saint-Pétersbourg à Londres, d’Amsterdam à Venise, et Flavia commence à s’inquiéter de ces signes d’adoration excessifs.
Bientôt, la chanteuse confie son appréhension à Brunetti, qui lui promet de mener sa petite enquête.

Merci à Netgalley et aux éditions Calmann-Lévy pour ce partenariat.

Mon avis :

Dans une série policière, il est des tomes plus réussis que d’autres : Brunetti en trois actes est de ceux-là. Guido Brunetti a une particularité : il est un policier qui, en dépit de son travail, parvient à avoir une vie de famille équilibrée. Cela ne veut pas dire qu’il rentre chez lui tous les soirs à dix-huit heures et surveille les devoirs de ses (grands) enfants tout en mettant le couvert pour le dîner (quoique…. c’est parfois vrai). Non, cela veut dire que Paolo, sa femme, sait qu’elle a épousé un policier qui prend son métier à cœur (ne l’a-t-elle pas épousé pour cette raison ?) tout comme elle adore le sien et profite des moments qu’ils passent ensemble, sans se soucier de ceux qu’ils auraient pu passer.

Il faut dire aussi que Venise est une ville presque paisible, dans laquelle on peut se promener le soir jusque fort tard sans risque d’être agressé. Elle est certes minée par la corruption, sans aucun doute. Plus adaptée aux touristes qu’à ses habitants, aussi. Elle n’est plus ce qu’elle était, mais les vénitiens font avec, sans presque se plaindre. Les parents de Paola, ou son meilleur ami, Freddy, marquis d’Istria ont trop d’élégance et de savoir-vivre pour se comporter ainsi, ou soupirer « c’était mieux avant ».

Comme à la Fenice, finalement, dont les techniciens ne vont pas hésiter à se mettre en grève, menaçant les dernières représentations de la Tosca. Ce n’est pas le plus grave, ce qui l’est, c’est le harcèlement dont est victime Flavia Petrelli. Elle est une diva moderne, c’est à dire qu’elle a eu un mari, qu’elle a des enfants – et qu’elle a eu une compagne. L’étalage de sa vie privée n’a guère duré, pourtant, et si les divas sont encore couvertes de fleurs sur scène, si les fans les attendent à la sortie des théâtres, elles ne font plus que très rarement la une des magazines à sensation – et ce n’est pas plus mal pour leur art et pour leur vie privée.

Le harcèlement étonne, les conséquences sur ses proches aussi  – et si la machine judiciaire se met en branle, c’est aussi parce qu’elle est Flavia Petrelli, et non une obscure choriste ou une quelconque étudiante. La machine est lente, non seulement à cause des luttes de pouvoir dont Brunetti se passerait bien, mais encore à cause du caractère inédit du mobile de l’agresseur, de sa folie. Brunetti, en homme raisonnable, comprend le raisonnement du harceleur, tout en démontrant l’absurdité cruel de son comportement : « Quel degré de raison accorder à une personne qui s’imagine pouvoir recouvrer son ancien amour en tuant la personne désormais aimée ? Est-il possible de conquérir l’amour de quelqu’un sous la menace ? »

Il ne s’agit pas de jouer serré, lorsque l’ennemi est invisible. Il faut utiliser toutes les ressources qui sont à sa disposition – et même celles qui ne le sont pas. Quand on vous dit qu’enquêter est difficile. Même les fleurs jaunes, maladives, signes de tromperie pour peu que l’on pratique un peu le langage des fleurs, ne sont pas des plus réjouissantes.

Tous les fans de Brunetti se retrouveront dans ce livre.

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La côte barbare de Ross MacDonald

Présentation de l’éditeur :

Sur la côte californienne, le Channel Club rassemble une clientèle d’habitués triés sur le volet, et les murs de son enceinte savent garder les plus lourds secrets. Quand, à la recherche de sa femme, un jeune reporter sportif se retrouve à escalader les grilles de la propriété, le privé Lew Archer gagne son droit d’accès au lieu. Il devra mettre la main sur Hester Campbell, qui, des studios de production d’Hollywood aux villas de Beverly Hills, tente à tout prix de fuir son mari. Cette quête entraînera Archer sur les traces d’un mystère plus ancien : le meurtre d’une autre habituée du club, deux ans auparavant.

Mon avis :

Si Lew Archer était un simple détective privé, bien discipliné, acceptant toutes les missions du moment qu’elles sont bien payées, ce roman n’aurait pas eu sa raison d’être. Le gérant du Channel Club lui demande de le débarrasser d’un mari gênant ? Cela pourrait être simple – si Lew contournait la loi. Cela pourrait être encore plus simple si le gérant disait tout ce qu’il sait à George Wall, le mari qui cherche désespérément sa femme, qui l’a quitté puis appelé parce qu’elle se sent en danger. George, cet homme aimant, stable, sérieux, donne envie à Lew de lui donner un coup de main, lui qui comprend très bien ce qu’il a pu ressentir auprès de sa femme – Lew ressentait la même chose auprès de la sienne, avant le divorce. Si George inspire la sympathie, il n’en est pas de même pour Hester, sa femme, changeante comme une girouette, vouant un culte au corps et aux apparences, cherchant avant tout l’argent et la célébrité – déjà. Un obscur et honnête journaliste ne pouvait lui convenir longtemps.

Lew Archer, comme souvent dans ses enquêtes, ne craint pas de prendre des risques, tout en essayant de protéger ceux qu’il estime – pas toujours facile, surtout quand ses « protégés » n’en font qu’à leur tête, au mépris de leur propre sécurité et de celle d’Archer. Pas facile d’enquêter quand les personnes qui en ont réellement envie sont rares. Bien sûr, le noeud du problème est bien différent de ce que l’on pouvait supposer, et, en cherchant, Lew trouve des faits que certains auraient bien voulu laisser dans l’ombre, pour leur tranquillité et surtout leur prospérité.

Comme souvent dans l’oeuvre de Ross MacDonald, la famille et ses dysfonctionnements sont au coeur de l’intrigue. La mère d’Hester n’aime ses filles que pour la place qu’elles peuvent lui procurer dans la société, autant dire qu’une infirmière ne vaut pas grand chose à ses yeux. Isobel, milliardaire, n’a toujours pas réglé ses problèmes avec son défunt père et a reporté ses névrosesy sur son mari. Quant à Tony Torres, gardien du Channel club, sa fille Gabrielle a été assassinée deux ans plus tôt, et son neveu est un petit voyou de très bas étage.

« Plus j’en découvre sur l’esprit humain, moins j’en sais.  » dit le docteur Frey. Le lecteur pourra admirer, à la lecture de la côte barbare, quel chemin tortueux il emprunte pour parvenir à ses fins. Lew est un de ceux qui parcourent le chemin à l’envers pour retrouver comment on en est arrivé là. Limiter les dégâts ? A ce stade, ceci est quasiment impossible. Une fois le livre refermé, il se dégage une sensation d’amertume devant tant de gâchis, le mince espoir provenant du fait qu’il existe encore des personnes lucides et incorruptibles comme Archer et, dans une moindre mesure, le docteur Frey.

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Inferno de Dan Brown

Edition Jean-Claude Lattès – 565 pages.

Mon avis :

Je crois que les fans n’aimeront pas vraiment mon avis, tant pis, j’assume ! Pour moi, les romans de Dan Brown sont de parfaites lectures de vacances, puisqu’ils sont faciles à lire, et que leurs constructions se ressemblent, d’un tome à l’autre.

Pourtant, dans ce cas, nous commençons par de l’inédit : Robert Langdon est à l’hôpital, amnésique, blessé à la tête. Il se trouve en Italie, et ne sait pas du tout comment ni pourquoi il est à Florence, et son université ne semble pas vraiment le savoir non plus ! Il n’aura guère le temps de se poser de plus amples questions : « on » tente à nouveau d’abréger sa vie, il doit prendre la fuite – et là, c’est vraiment une habitude pour lui. Bien sûr, il n’est pas seule : une charmante jeune docteur, qui a vu tuer son collègue et mentor devant elle, lui vient en aide, et lui permet non seulement de s’en sortir, mais d’avoir aussi un point de chute – pour un temps. Très important, les points de chute, et les courses poursuites aussi. Même si la jeune femme n’a pas lu Da Vinci Code, elle ne laisse pas le volant à Robert (même s’il était en bonne santé, ce ne serait pas une bonne idée). Très important aussi de connaître, ou du moins de trouver des passages secrets – et Robert a un certain entraînement sur ce sujet, en plus d’être professeur à Harvard.

Autre figure que l’on retrouve souvent dans les romans de Dan Brown, et qui se confond parfois avec la jeune scientifique qui aide Robert, c’est la scientifique qui n’a pas eu ou n’a pas pu avoir d’enfants, et s’est dévouée entièrement à sa tâche. Nous avons aussi la (ou les) société secrète qui ne manque ni d’argent, ni de pouvoir. Bien sûr, les symboles ont aussi une grande importance – n’est-ce pas le travail de Robert ?

Au coeur de ce roman, l’oeuvre de Dante, et toutes les oeuvres qu’elle a pu inspirer – et si ce livre pouvait donner envie aux fans de Dan Brown de se plonger dans d’autres lectures, ou de découvrir les lieux sublimes qui y sont décrits, ce serait une bonne chose. La littérature n’est, au fond, qu’une longue réécriture, un palimpseste toujours repris.

Si vous m’avez lu jusque là, vous vous dites : « mais quel est le coeur de l’intrigue ? » Je ne peux pas le révéler sans vous gâcher le plaisir de la lecture – parce qu’on lit avant tout ce genre de roman pour le plaisir. Je dirai simplement que ce roman parle d’un problème qui finira par se poser un jour prochain à notre société. Je dirai aussi que, malheureusement, certains envisagent le même genre de solution que celle du « héros » de ce livre.

A lire si vous aimez les romans policiers divertissants.

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Swan Peak de James Lee Burke

Présentation de l’éditeur:

Dave Robicheaux, son épouse Molly et son ami Clete Purcel tentent d’oublier le traumatisme de Katrina en s’immergeant dans la nature somptueuse et sauvage du Montana. Alors qu’il pêche tranquillement, Clete est pris à parti par deux individus qui l’ont reconnu à cause d’une sordide affaire pourtant très ancienne. Ces hommes aux manières brutales et au passé trouble travaillent pour un riche entrepreneur extrêmement déplaisant. Alors qu’une ambiance malsaine s’installe, d’horribles faits divers se produisent…

Préambule :

J’ai lu ce livre dans le cadre du challenge Livra’deux pour Pal’addict. Mon binôme estAud042, dont vous pouvez découvrir le blog . 

 

Mon avis :

Je commencerai par un trait d’humour (et comme le roman est tout sauf drôle, ce sera quasiment le seul) : il ne faut pas prendre de vacances lorsque l’on est un enquêteur. Ja-mais. Je ne connais pas un seul enquêteur qui ait pu avoir des vacances reposantes. Sur le papier, pourtant, tout devait bien aller : le Montana n’est pas l’état le plus réputé pour son taux de criminalité, les gens y viennent pour pêcher, non pour se quereller. Sauf que, si vous avez lu comme moi Rivière de sang, vous savez bien que ce n’est pas aussi simple que cela, quelle que soit la sérénité qui se dégage des paysages..

C’était bien parti pourtant, enfin, pour les vingt premières pages, puisque très vite, deux individus s’en prennent à Clete Purcel, le meilleur ami de Dave Robichaux. Dans la rubrique « on marche sur la tête », ce sont ses agresseurs qui lui demandent de se tenir tranquille. Mais quel lièvre (ou quel brochet) a-t-il bien pu soulever ? Peu après, deux jeunes étudiants sont retrouvés assassinés, après qu’ils ont été torturés. Cela s’est passé tout près du ranch d’Albert, l’ami de Dave qui les héberge : humaniste, écologiste, il a fait de la prison quand il était tout jeune, et sait fort bien les séquelles que l’on peut avoir,même après un court séjour. Ce n’est pas une seconde chance qu’il offre à ses employés, il n’a pas cette prétention, c’est le fait de les accueillir, quel que soit leur passé, du moment qu’ils sont là pour travailler. Et l’un de ses employés, justement, a vécu une expérience tout sauf facile : dans un second temps, c’est son histoire que nous allons suivre, la sienne et celle de son « gardien », un ancien de l’armée, viré pour des actes que l’armée condamne après avoir fermé les yeux dessus. Ou comment, encore une fois , raconter noir sur blanc une réalité que beaucoup ne veulent pas voir.

Le Montana ? Un état idéal dans lequel la largeur d’esprit n’a pas vraiment cours. L’expression « Amérique profonde » est très souvent employé, je pense que l’on est rarement confronté dans les romans, et à plus forte raison à la télévision, à des personnages comme ceux de Troyce Nix ou de Quincey. Sans vous dévoiler trop l’intrigue (et je sais que je ferai peut-être hurler ceux qui ont lu le roman), Troyce, par son devenir, par sa complexité aussi (il n’est pas que la brute qu’il paraît être), est un personnage auquel le lecteur peut s’attacher, progressivement. Il est la preuve, tout comme Candace, avec laquelle il va former un duo détonnant, que l’Amérique n’en a pas grand chose à faire de ses enfants. Famille, qu’as-tu fait pour moi ? M’apprendre la supériorité de la race blanche, comme l’a fait celle de Quincey, apprendre à se faire respecter par ceux qui sont jugés inférieurs ? Apprendre à être le larbin de la famille Wellstone, surtout de Leslie Wellstone et de Jamie Sue, sa femme, chanteuse qui a connu son heure de gloire et qui chante maintenant au cours de cérémonie religieuse revivaliste. Leslie, qui est l’ennemi juré de Clete, dont on reparle du passé. Le FBI veut faire toute la lumière sur la mort de Sally Dio, un mafieux que fort peu de monde regrette mais,peut-être que, dix-sept ans plus tôt (voir Black Cherry Blues), Clete a peut-être prêté la main au malencontreux accident qui l’a emporté. Cela fait beaucoup de peut-être. Une certitude : un des anciens hommes de main de Sally travaille maintenant pour Leslie. Le passé ne vous laisse jamais en paix, et ce n’est pas Clete, Dave, hantés tous deux par le Vietnam, qui diront le contraire.

Rien ni personne ne semble pouvoir les apaiser, et si les deux hommes enquêtent, c’est avant tout pour ne pas laisser un crime de plus impuni. En toute légalité ? Pas nécessairement. La cavalerie n’arrive pas toujours quand on l’attend ou bien elle prend des formes vraiment bizarres.

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Le croque-mort enfonce le clou de Tim Cockey

Présentation de l’éditeur (un peu bricolée) :

À son corps défendant, Hitchcock, croque-mortde Baltimore part en croisade pour innocenter son ami Sisco, un musicien ascendant mauvais garçon, soupçonné du meurtre du mari de sa maîtresse.
Entre deux visites à Peggy, une vieille amie retrouvée par hasard dans une maison de retraite, il n’a de cesse de chercher le coupable. Mais lorsque celle-ci décède à son tour, la situation prend une nouvelle tournure. Perplexe et sceptique, notre détective amateur tâtonne, mais ne se rend pas !

logopolarssharon1Mon avis :

C’est la première aventure du croque-mort que je lis, et ce n’est sans doute pas la dernière – il faut juste que je parvienne à mettre la main sur les autres volumes.

Hitchcock a des amis fort sympathiques – et, en tant qu’ami, il est tout prêt à les aider, dans les limites de la légalité ! Sisco a d’immenses capacités à se fourrer dans des situations invraisemblables, et il y en aura d’autres dans le roman. Hitch devra encore (et toujours) lui venir en aide, et aussi lui dire quelques vérités par toujours agréable à entendre. Pour l’instant, Hitch, après s’être assuré que le mari, Jake, ne respirait plus du tout (mais sa femme, oui, elle était même en pleine santé), découvre que la police n’a pas été prévenue. Et bien non, quand on a un ami croque-mort, n’est-ce pas ???

Hitch ne se fait pas que des amis dans cette enquête – c’est fou le nombre d’hommes qui ne veulent absolument pas qu’il approche de leur femme ! Pauvres petites femmes, incapables de se protéger elles-mêmes, incapables, aussi, pour certaines, de réfléchir par elles-mêmes.  La gent féminine ne sort pas forcément grandie de cette intrigue, la gent masculine non plus, je vous rassure tout de suite.

La fidélité et l’ambition sont les deux moteurs de cette intrigue. Fidélité à un homme, à une entreprise, à des valeurs, à des souvenirs. Ambition de s’élever dans la société, de s’enrichir, de se venger également. Quant au courage, il n’est pas très fréquent. Ne perdons pas les acquits. Ayons le beurre et l’argent du beurre.

Le croque-mort enfonce les clous est un roman agréable à lire, lui qui montre une réalité (la manière dont les personnes âgées sont traitées, par exemple) qui ne l’est pas toujours.

 

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Mortel Sabbat de Douglas Preston et Lincoln Child

Présentation de l’éditeur :

Pendergast est contacté par Percival Lake, un sculpteur à qui on a volé une collection de vins rares. En compagnie de Constance Greene, Pendergast se rend à Exmouth, petit village de pêcheurs situé au nord de Salem, dans le Massachusetts.
En examinant la cave pillée, Pendergast découvre, derrière les rayonnages, une niche secrète ayant abrité un corps. Le vol des précieux flacons ne serait donc qu’un leurre destiné à masquer la disparition du squelette…
Peu après leur arrivée, un historien qui enquêtait sur le naufrage d’un navire, à la fin du xixe, est assassiné. Son corps mutilé et recouvert de symboles sataniques est retrouvé dans les marécages. Puis c’est au tour du notaire local de subir le même sort…

50Mon avis :

Je ne vous cache pas qu’il faut passer outre la couverture, qui n’est pas exactement mon genre – pour ne pas dire pas du tout. En revanche, je pense qu’elle séduirait une personne de mon entourage. Le seul point positif, si j’ose dire, est qu’elle est une invitation à ouvrir le livre très vite afin de ne plus la voir !

Cette lecture est une première rencontre pour moi avec Douglais Preston – j’ai déjà lu un roman écrit en solo par Lincoln Child. Première rencontre également avec Pendergast et Constance, son assistante. J’ai envie de m’attarder sur celle-ci. Elle semble vivre hors du temps, par sa manière de s’habiller, de s’exprimer, pourtant elle pense et agit non comme une jeune femme d’aujourd’hui, mais comme une jeune femme capable de se sortir de toutes les situations périlleuses (ou non) dans lesquelles elle pourrait se trouver. Et elles sont assez nombreuses.

Pendergast lui, s’amuse – presque. Se rendre dans le Massachusetts, non loin de Salem, pour enquêter sur la disparition de bouteilles de vin, si fameuses soient-elles peut surprendre. Ce qu’il découvre dans cette bourgade presque charmante, presque tranquille est… inimaginable. Je vous rassure, je ne vous le raconterai pas. Mais je peux cependant vous dire que ce livre est vraiment très prenant, que l’intrigue est remarquablement construite. Pendergast s’y entend pour révéler ce que personne (ou presque) ne s’attendait à découvrir. A certains moments du texte, je me suis sentis proche des meilleures pages signées Jules Verne (Les Indes noires).

Et puis l’on bascule. Dans les deux premiers tiers du récit, il y avait eu quelques indices, comme négligemment laissés là. Le dernier tiers du récit est véritablement un paroxysme qui nous entraîne ailleurs, tout en restant dans ces marais de la Nouvelle-Angleterre fort peu accueillants. Frissons garantis, quelle que soit la température. Et j’espère bien qu’il y aura une suite.

Et une pensée pour Chablis, 17 ans, qui est resté sur moi pendant presque toute la lecture (autant mettre une photo qui l’avantage).