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Origine de Dan Brown

Présentation de l’éditeur : 

Bilbao, Espagne. Robert Langdon, le célèbre professeur en symbologie et iconographie religieuse, arrive au musée Guggenheim pour assister à une cérémonie historique avec l’annonce d’une découverte scientifique révolutionnaire. L’organisateur de cette soirée n’est autre que le grand futurologue Edmond Kirsch, un milliardaire de quarante ans dont les inventions et les prédictions audacieuses ont fait de lui une célébrité mondiale. Kirsch, qui a été dans sa jeunesse l’étudiant de Langdon à Harvard, est sur le point d’annoncer le résultat de ses recherches… et d’apporter enfin une réponse aux deux questions fondamentales de l’humanité.

Mon avis : 

Ce nouveau roman de Dan Brown a un gros avantage : il se lit très facilement. Les pages se tournent toutes seules, parce que l’on a envie de savoir comment cela va se terminer. Il apporte un véritable plaisir de lecture.
Maintenant…. il ne faut pas trop réfléchir lors de cette lecture, même si certains questionnements, certains positionnements sont intéressants.
Nous retrouvons, d’un livre à l’autre, le même schéma : Langdon se retrouve impliqué dans une affaire qui le dépasse, qui dépasserait à vrai dire n’importe qui, et est obligé de prendre la fuite avec une jeune femme splendide qui, pour une fois, n’est pas une scientifique mais une artiste. Elle n’a pas d’enfants, et ne peut pas en avoir, thème récurrent dans les derniers romans de Dan Brown. Les descriptions sont parfois fort longues, et, finalement, Langdon subit plus qu’il n’agit – un contemplatif que ce scientifique.
Un livre pour les fans et pour ceux qui aiment les romans policiers divertissants.

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L’esprit de la nuit de James D Doss

Présentation de l’éditeur :

Dans le Colorado où vivent Daisy Perika, la vieille chamane ute, et son neveu, l’enquêteur de la police tribale Charlie Moon, se produisent souvent d’étranges phénomènes. Ainsi, Tante Daisy, habituée à la compagnie des esprits, reçoit un soir la visite d’un personnage muet et couvert de boue. Peu de temps après, un vieux rancher nommé Nathan McFain découvre, après le passage d’une mystérieuse tornade, une défense de mammouth dans son jardin. La trouvaille ne tarde pas à attirer les curieux, dont un escroc bien connu des services de police, Horace Flye. Charlie Moon est chargé de le surveiller, mais il ne peut s’empêcher d’être inquiet : sa tante lui a parlé de sa vision et, selon les croyances indiennes, les objets rares et anciens peuvent réveiller les esprits malveillants du passé. Lorsque Horace Flye disparaît, Charlie Moon et l’irascible chamane vont se trouver plongés au cœur d’une étonnante aventure entre intrigue policière et légendes indiennes.

Mon avis : 

Ce qui est difficile pour moi n’est pas de les lire dans le désordre, mais de savoir que les tomes suivants n’ont pas été traduits en français. En effet, ce livre se termine sur une question particulièrement prenante, pour ne pas dire déterminante, que je vous livre sans vergogne, vous révélant un peu des tourments intérieurs de Scott Paris : doit-il se convertir au végétarisme et ainsi, commencer à se nourrir de légumes, aliments qui jusqu’à présent n’avaient que peu fréquentés son assiette ?

Laissons là ce dilemme et revenons à cette enquête, qui mêle au genre strictement policier la culture indienne qui imprègne les personnages. Les affaires se multiplient, puisqu’à une découverte préhistorique en succède une autre. Découverte que suive une disparition : les inquiétudes de Daisy Perika prennent corps.

En ayant déjà dit beaucoup, je ne préciserai pas quels chemins tortueux emprunteront Scott Paris et Charlie Moon pour que justice soit rendue. Il faut simplement préciser que le mot « justice » n’a pas le même sens pour tout le monde et que certains lecteurs, pour qui tout est soit blanc soit noir, désapprouveront le fait de chercher le meilleur – pour les survivants.

Mention spéciale pour Daisy Perika, que j’ai toujours plaisir à revoir, et à ses petits protégés.

Le diable en personne de Peter Farris

Présentation de l’éditeur :

En pleine forêt de Géorgie du Sud, au milieu de nulle part, Maya échappe in extremis à une sauvage tentative d’assassinat. Dix-huit ans à peine, victime d’un vaste trafic de prostituées régi par le redoutable Mexico, elle avait eu le malheur de devenir la favorite du maire et de découvrir ainsi les sombres projets des hauts responsables de la ville. Son destin semblait scellé mais c’était sans compter sur Leonard Moye, un type solitaire et quelque peu excentrique, qui ne tolère personne sur ses terres et prend la jeune femme sous sa protection. Une troublante amitié naît alors entre ces deux êtres rongés par la colère.

Mon avis : 

En écrivant cet avis, je me dis : « mais je ne vais quand même pas tout vous dire !  » Non, vraiment, je ne le ferai pas. Cependant, j’ai plein de choses à vous raconter.
Ce livre nous emmène dans un coin paumé des Etats-Unis, un endroit auquel aucun producteur américain ne consacrerait une série télévisée. Tout va bien, de toute façon, dans cette charmante forêt. Enfin, tout irait bien si Maya avait eu la délicatesse de se laisser assassiner tranquillement. Franchement, les victimes, ce n’est plus ce que c’était. Si encore (air connu), elle s’était laissé rattraper à temps. Même pas ! Elle a trouvé la protection d’un vieil excentrique, qui cumule deux inconvénients :
– Maya ne risque rien à ses côtés, il est parfaitement respectueux envers elle ;
– on ne peut pas en dire autant pour les deux tueurs qui sont à la poursuite de la jeune femme, et qui vont salement morfler.
C’est après que cela se complique. Il est très difficile de faire appel à la police quand un de ses tueurs se fait tuer dans l’exercice de ses fonctions. Le point positif, c’est que le maire (oui, nous connaissons le commanditaire depuis le début, je ne trahis pas un immense secret) a d’autres tueurs tout prêts à prendre la suite des opérations, voire même à recruter parmi le vivier local des petits délinquants, prêts à s’en mettre pleins les poches, et tant pis s’il faut un peu se salir les mains. Puis, Leonard est un excentrique, tout le monde dans le pathelin le sait – il ne peut pas être bien dangereux, non ? Ils n’auront pas vraiment le temps de regretter leurs imprudence.
Oui, j’ai trouvé Léonard sympathique – si les truands n’ont qu’à bien se tenir, il prend un soin certain de ces chats. Et les histoires qu’il s’invente, pour sanglantes qu’elles soient, sont une manière comme une autre d’aménager sa solitude, et d’éloigner les importuns. Pour le chapitre « violences faites aux femmes », il faudra chercher d’autres responsables que lui.
Et oui : Maya, si elle a été « choisie » par le maire, si elle a été sa favorite, elle n’est qu’une parmi toutes les femmes qui furent réifiées pour le bon plaisir des hommes.
Le diable en personne, ou le second roman d’un auteur que je continuerai à suivre.

Le couple d’à côté de Shari Lapena

Présentation de l’éditeur :

Anne et Marco sont invités à dîner chez leurs voisins. Au dernier moment, la baby-sitter leur fait faux bond. Qu’à cela ne tienne : ils emportent avec eux le babyphone et passeront toutes les demi-heures surveiller le bébé. La soirée s’étire. La dernière fois qu’ils sont allés la voir, Cora dormait à poings fermés. Mais de retour tard dans la nuit, l’impensable s’est produit : le berceau est vide.
Pour la première fois, ce couple apparemment sans histoire voit débarquer la police chez lui. Or, la police ne s’arrête pas aux apparences… Qu’est-ce que l’enquête va bien pouvoir mettre au jour ?

Merci à Netgalley et aux éditions Presse de la cité pour ce partenariat.

Mon avis : 

J’ai vraiment été happée par la lecture de ce roman. Thriller, oui, mais aussi roman qui nous fait réfléchir sur tous les non-dits, les petits secrets qui modifient notre rapport aux autres.
Le point de départ n’est pas sans rappeler un fait divers qui a eu lieu il y a quelques années : un couple décide d’aller dîner chez ses voisins en laissant son bébé seul. Aller voir leur fille toutes les demi-heures, garder le baby phone à porter d’oreilles suffit largement – et je connais des personnes qui seraient d’accord. Déjà, je me suis interrogée sur la dynamique de ce couple, elle qui n’ose pas dire non à son mari, qui n’ose pas envoyer promener sa voisine, ex-meilleure amie qui ne la comprend plus vraiment depuis qu’Anne est devenue mère, lui qui insiste pour aller à se dîner d’anniversaire qui ne les emballe véritablement pas. A leur retour, leur fille n’est plus là. A six mois, on n’est pas vraiment autonome – quelqu’un l’a donc emmené.
Commence alors l’enquête, avec un policier lucide. Sans idée préconçue, l’inspecteur Rasbach ne rejette aucune piste, accorde toute son attention à chacun des indices. Il se garde bien de juger, il se garde bien aussi de s’étonner, il en a trop vu. Il découvre très vite que le couple a des choses à cacher – volontairement ou non. Chaque nouvelle révélation questionne le lecteur sur cette petite famille apparemment parfaite, petite famille recomposée – Anne a perdu son père très jeune, son beau-père se montre très protecteur envers elle, très méprisant envers son gendre qui ne leur convient pas vraiment. Marco a eu beau lancer sa propre société, celle-ci traverse une crise financière passagère, et cela n’arrange sa position ni auprès de ses beaux-parents, ni auprès des policiers.
Famille recomposée, et aisée. De là à dire que s’ils avaient eu moins d’argent, la situation aurait été bien différente, il n’y a qu’un pas qu’Anne franchit parfois. Elle aurait aimé une autre vie, une vie dans laquelle elle aurait sans doute été moins protégée. Cependant, tout l’argent de sa famille, tous les soins qu’elle a reçu, n’ont pu empêcher ses problèmes psychiques.
De rebondissements en rebondissements, nous arrivons à un dénouement étonnant, mais pas tant que cela si l’on y réfléchit bien. Du coup, j’aurai aimé que certains points soient véritablement approfondis – cet approfondissement n’avait peut-être pas sa place dans un polar, mais pourquoi pas ?
Un premier roman prometteur : j’espère que l’auteur confirmera à la parution de son second roman.

La rivière des âmes perdues de James D. Doss

Présentation de l’éditeur :

Dans les montagnes Rocheuses du Colorado, une vieille femme indienne est troublée par des visions maléfiques. Très attachée aux croyances taditionnelles de son peuple, Daisy Perika a cette certitude : les forces des ténèbres sont à l’oeuvre… Le meurtre d’une jeune scientifique, non loin de là, dans la petite ville de Granite Creck, en est-il à l’épreuve ? Meurtre brutal et déroutant de l’avis de Scott Paris, chef de la police. L’enquête dangereuse qu’il s’apprête à conduire va le mener aux frontières d’un monde qu’il connaît, mais aussi de lui-même. C’est initialement par pure curiosité qu’il consent à rencontrer Daisy, la tante de Charlie Moon, un policier indien de la réserve voisine. Elle insistait tant pour être présentée au matukash venu de l’Est. En fait, dans ses rêves, la vieille femme a déjà rencontré Scott Paris. C’était sur la rivière des âmes perdues…

Mon avis : 

Amateur de série policière franchouillarde, adepte de la rationalité, du cartésianisme, passez votre chemin : ce livre n’est pas pour vous. Par contre, si vous aimez Tony Hillerman (cité par un des personnages, en forme d’hommage), Kirk Mitchell ou Craig Johnson, n’hésitez pas si ces livres croisent votre route, vous ne le regretterez pas.
Une jeune scientifique a été assassinée dans des circonstances particulièrement sordides, un suspect est immédiatement pourchassé par la police qui, il faut bien le dire, n’est pas forcément toujours à la hauteur. La situation ne serait pas si tragique, elle en serait presque risible, comme un running gag du suspect roi de l’évasion si des victimes collatérales ne se trouvaient sur sa route et si, finalement, il fallait bien se rendre à l’évidence : un suspect n’est pas un coupable.
Scott Parish est quelqu’un de rationnel, oui. Ou plutôt, quelqu’un qui ne veut pas s’abandonner à ce monde qu’il pressent, qu’il ressent. Il essaie de ne pas se raccrocher à ses sensations, et à écarter ce que lui a dit Daisy, la tante de Charlie Moon. Il a déjà suffisamment à faire avec les indices qui s’accumulent, les suspicions envers certains membres de l’université, trop polis, ou trop mystérieux pour être honnête. Je ne vous parle même pas de cette journaliste qui s’est invitée dans sa vie. Ambitieuse, Amanda vise plus haut que le journal dans lequel elle travaille, que les compte-rendu qu’elle écrit. Se servir de Scott Paris ? Non, pas vraiment – cependant, elle reste journaliste.
Oui, mon avis n’est pas très long, mais les oeuvres de James D Doss sont des romans que j’aime partager plutôt qu’analyser, surtout quand un auteur nous emporte ainsi dans son univers.

La mariée était en blanc de Mary Higgins Clark et Alafair Burke

Présentation de l’éditeur :

L’étrange disparition d’Amanda Pierce le jour de ses noces est un sujet tout indiqué pour l’équipe de Suspicion. Les invités, réunis dans le somptueux hôtel de Palm Beach en Floride où devait se dérouler ce mariage de rêve, sont tous au rendez-vous. Mais certains regrettent d’avoir accepté car les rumeurs se propagent et les petits secrets de chacun commencent à percer… Après le succès de L’Affaire Cendrillon, Laurie Moran, productrice de l’émission Suspicion qui reconstitue des cas d’affaires classées, mène une nouvelle enquête passionnante.

Mon avis :

Ce roman policier est parfait pour les personnes qui lisent peu de polars, pour ceux qui aiment les oeuvres par trop sombres, pas trop douloureuses, avec juste ce qu’il faut de rebondissement pour les tenir en haleine. Je dirai presque, pour les lecteurs réguliers de polars comme moi, une lecture de vacances, entre plusieurs oeuvres véritablement fortes.
Le problème est qu’à peine refermé, le livre est quasiment aussitôt oublié. Il s’agit d’un cold case – une disparition. Bien sûr, l’enquête, menée par une journaliste et non un policier, a lieu dans un milieu très aisé. Oui, les riches, les très riches peuvent aussi avoir de gros problèmes mais l’ensemble reste très aseptisé, à mes yeux. Je n’ai même pas l’impression qu’il y ait véritablement du suspens parce qu’avec Mary Higgins Clark, le lecteur sait bien que le coupable sera identifié.
Un livre à réserver aux fans.


Créole Belle de James Lee Burke

Livre lu en compagnie d’Annunziata, vous l’aurez compris.

Présentation de l’éditeur:

Dave Robicheaux se remet de ses blessures dans une unité de soins deLa Nouvelle-Orléans, où il reçoit la visite d’une jeune femme, Tee Jolie Melton. Cette dernière lui laisse, sur un iPod, le blues « My Creole Belle ». Une chanson qui finit par l’obséder. Mais dans cette atmosphère languissante baignée de morphine, et avec tous les démons qui plus que jamais l’accompagnent, Dave nourrit des doutes : sa rencontre avec Tee Jolie est-elle bien réelle ou l’a-t-il rêvée ? Car Dave découvre que Tee Jolie est censée avoir disparu depuis des mois. Aussi, lorsque sa jeune sœur Blue est retrouvée morte, Dave décide de partir à sa recherche. Une enquête éprouvante, au point que son vieil ami Clete Purcel, lui-même à la limite de la rupture, se met à craindre pour sa santé mentale…

Mon avis:

Dave Robichaux, c’est un peu comme Walt Longmire : il ne se ménage pas. Il est même dans un triste état au début de cette aventure, au point que ses proches se demandent s’il ne souffre pas d’hallucination. En effet, la jeune femme a qui il aurait parlé est portée disparue depuis plusieurs mois, sans que cette disparition n’inquiète qui que ce soit, sauf son grand-père. Tee Jolie a une certaine réputation, et elle n’est pas très bonne. De même pour sa jeune soeur, Blue : même quand celle-ci est retrouvé morte, les services de police ne se mettent pas en quatre pour retrouver le ou les coupables. Question de manque de communication entre les services, et d’affaires plus pressentes : d’autres meurtres sont commis, sans doute par un tueur à gages. Clete lui-même se trouve confronté à son passé, non à des actes qu’il a commis, mais à des actes qu’il n’a pu empêcher de commettre. Il essaie de réparer le passé, de rendre le présent meilleur, pas toujours facile, surtout s’il faut choisir entre sa loyauté et la justice (au sens légal du terme).
Comme souvent, les enquêtes nous replongent dans le passé. Le passé de la Louisiane, d’abord, avec ses maisons, survivances des riches plantations comme marque indélébile de l’esclavage. Le passé des Etats-Unis, avec les séquelles laissés par la guerre du Vietnam, avec lesquels Clete doit vivre. Je ne parle pas de séquelles physiques, mais de séquelles morales, de souvenirs avec lesquels il faut bien vivre. Il est aussi d’autres faits, qui se sont passés loin des terres américaines mais ont eu elles aussi des conséquences – formule vague pour définir la Seconde guerre mondiale et la volonté des Etats-Unis de combattre le communisme.
Dave et Clete sont quasiment seuls pour cette enquête, il faudra un temps certain pour que d’autres les aident – ou leur compliquent la tâche.  A lire ce livre, je me suis dit que la justice était toujours à deux vitesses, et que pour peu que l’on soit blanc, riche et chrétien, l’on ne risquait pas grand chose et qu’il fallait beaucoup d’efforts, de bonne volonté, et de sacrifice aussi pour que les choses changent un peu. Pour que justice soit faite par contre, vous repasserez : manipuler, faire traîner les choses, employer des moyens de pression sont des luxes que l’on peut se permettre quand on ne manque pas de moyens.
Encore une enquête dont Dave Robichaux et Clete Purcel, toujours unis, auront du mal à se remettre.