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Rusty Puppy de Joe R. Lansdale

édition Folio – 336 pages

Présentation de l’éditeur :

Hap Collins, plouc autoproclamé, et Leonard Pine, noir, gay et républicain vétéran du Vietnam, ne sont pas les plus malins des détectives. Et ils ont une fâcheuse tendance à se mettre dans l’embarras.
Quand les deux compères se penchent sur le cas d’un jeune Noir assassiné par la police, ils mettent le doigt dans un engrenage qui les mènera jusqu’à un réseau de combats clandestins. Au cours de leur enquête, Hap et Leonard se retrouveront confrontés à des flics corrompus, des tueurs à gages sans scrupule et même à une vampire naine assoiffée de vengeance (à moins qu’il s’agisse simplement d’une gamine au caractère exécrable).
Ce n’est pas la première fois qu’ils subissent menaces, intimidations et agressions, mais que faire quand vos ennemis sont les représentants de la loi en personne ?

Mon avis : 

J’ai passé une bonne partie de l’après-midi à ruminer, à cause de soucis d’ordre personnel, vraiment personnel. J’aurai û faire un billet pour en parler, mais come je ne suis pas la seule à être en cause dans l’histoire, comme les aitres personnes n’ont pas l’habitude de s’épancher en ligne (et c’est une bonne résolution) alors je n’en parle pas. Je me suis donc dit : « mais je n’ai pas chroniqué Rusty puppy ». C’est donc l’occasion de le faire.

Hap et Leonard enquêtent sur la mort d’un jeune noir, assassiné par la police selon un témoin. Sauf que le témoin ne veut pas vraiment témoigner, qu’il est le seul à dire que c’est un meurtre, que personne ne comprend ce qui a pu se passer, quand on n’est pas à deux doigts de se dire qu’il ne s’est rien passé, si ce n’est un mort de plus. Ce que sait en revanche la mère de la victime, c’est que son fils n’est pas son premier enfant à être persécuté par la police – sa fille a été victime d’arrestations arbitraires. Nous sommes au Texas, la police peut faire à peu près tout ce qu’elle veut contre la population noir, pauvre, qui tente de vivre du mieux qu’elle peut, pour ne pas dire survivre. Pour faire court, ils sont traités comme des chiens maltraités. Il faut parfois s’adapter très tôt, comme cette gamine que croisent Hap et Leonard, et qui leur fait penser à une vampire naine de quatre cents ans – si ce n’est qu’elle se nourrit principalement de frites et de hamburgers, comme les deux détectives l’apprendront, et leur porte-monnaie avec eux.

Ce qui ne change pas, si vous aimez cette série, c’est l’amitié qui unit les deux hommes. Ce qui ne change pas non plus, c’est leur humour – sauf s’il s’agit de biscuits à la vanille honteusement pillés. Ce qui ne change toujours pas, c’est leur capacité à se mettre dans des situations impossibles et à prendre beaucoup de risques pour que justice soit faite. Tout sauf facile.

Vous rendrez-vous vous aussi au Texas avec Hap et Leonard ? .

29e participation – Texas.

Le corbillard zébré de Ross MacDonald

Présentation de l’éditeur :

Harriet Blackwell a vingt-quatre ans.
Elle est bien faite, mais elle a hérité de son père un visage ingrat. Par contre, elle a hérité de sa tante un demi-million de dollars, dont elle entrera en possession le jour de ses vingt-cinq ans…
Pour l’instant, elle revient du Mexique où elle s’est entichée d’un peintre au passé douteux. Elle est folle de lui, elle veut l’épouser.
Le colonel Blackwell lui, n’est pas aveuglé par le charme ténébreux de ce coureur de dot.
Il connaît bien sa fille, et veut faire son bonheur malgré elle. C’est pourquoi il va charger Lew Archer d’enquêter sur ce Burke Damis.
Burke Damis, dont la trousse de toilette porte les initiales B.C…. Burke Damis, qui franchit les frontières sous le nom de Ralph Quincy Simpson… Oui, décidément, le colonel n’a peut-être pas tort de s’inquiéter pour l’avenir de sa fille. D’autant plus que celle-ci a disparu avec son prétendant.

Mon avis :

Je n’avais pas lu de romans de Lew Archer depuis longtemps, et je suis contente d’avoir lu celui-ci pendant mes vacances (et d’avoir ainsi pu rédiger un avis en avance).

Archer se retrouve à nouveau à enquêter sur une affaire de famille. Il est engagé par le colonel Blackwell, un homme inquiet pour sa fille unique, Harriet, qui est tombée amoureuse d’un peintre désargenté – peintre et riche allant rarement de pair. C’est un artiste ! Il semble assez doué, du moins, c’est ce qui se murmure dans les milieux artistiques. Quant à Archer, il se dit qu’il y a « quelque chose » dans ses oeuvres, qu’elles provoquent des émotions, des réactions, reste à savoir si elles sont positives ou négatives. Il doit cependant faire des recherches sur le passé de ce peintre, dans l’objectif de dissuader Harriet de l’épouser. Et oui, d’habitude, le colonel réussit à faire rompre sa fille très facilement. Là, le jeune homme, et Harriet avec lui, se montrent très résistants aux assauts du colonel . Les problèmes arrivent vite, les cadavres aussi.

Père abusif, le colonel ? Oui. Il reproduit le schéma dont il a lui-même été victime, et personne, ni sa première femme, qui a préféré prendre les jambes à son cou, ni sa seconde femme, qu’il a épousé récemment, ne sont parvenues à le défaire de ce schéma, qu’il a lui-même imposé à sa fille, l’élevant comme le garçon qu’elle n’était pas. Famille dysfonctionnelle ? Oui, ce n’est pas la première qu’Archer a croisé sur sa route, ce n’est pas la dernière non plus qu’il croisera dans ce roman – où il sera toujours question de familles qui respectent le schéma traditionnel et qui ne fonctionne. Il est aussi des familles qui ne se créent pas, parce que l’un des deux estime qu’il ne peut pas, ou plutôt qu’il ne doit pas avoir d’enfants, ce qui n’est pas du tout la même chose. Se créer parfois des familles de substitution, l’on s’occupe d’un enfant dont les parents n’ont pas assez de temps pour s’occuper, sans que ceux-ci ne s’offusquent que d’autres prennent soin de leur progéniture. Et pourquoi s’en offusqueraient-ils ? Les deux parties sont contentes – sauf peut-être les enfants, dont on n’entend pas beaucoup les voix.

Mon avis donne l’impression que ce livre n’est pas qu’un roman policier, et c’est le cas. Archer et la police enquêtent, parce que les morts et les disparitions sont bien réels, parce qu’il est impossible de laisser impuni des morts qui sont tout sauf accidentelles, à moins d’avoir une imagination débordante. Archer se déplace énormément pour enquêter, à une époque où il faut se rendre sur place, pour avoir les renseignements, où les preuves matérielles sont importantes, à condition de ne pas leur faire dire n’importe quoi ?

Jusqu’où peut-on aller non pour préserver sa famille, mais pour préserver l’idée que l’on se fait d’une famille ? Très loin.

27e lecture – Californie

 

1275 de Jim Thompson

Présentation de l’éditeur :

Shérif de Pottsville, village de 1 275 âmes, Nick Corey a tout pour être heureux : un logement de fonction, une maîtresse et surtout un travail qui ne l’accable pas trop car il évite de se mêler des affaires des autres. Bien sûr, cette routine ne va pas sans quelques ennuis : son mandat arrive à terme et son concurrent a de fortes chances d’emporter les prochaines élections. Et puis, même les petits maquereaux du coin en viennent à lui manquer de respect. Aussi Corey trouve-t-il qu’il est grand temps de faire le ménage, à commencer par tous ceux-là.

Mon avis :

La vie est dure, mais alors duuuuuuuuuuuuuuuuuuuuure quand on est le shérif de Pottsville, village de 1275 âmes et 1280 habitants. Je vous laisse deviner d’où vient cette différence. En plus, les élections approchent. Que faire, que faire ? Je vous le dis, Corey a bien des soucis ! Encore, je ne vous parle que de ses soucis professionnels, parce que ses soucis personnels sont tout aussi copieux, abondants, nombreux, pénibles, entre sa femme, son beau-frère, ses maitresses. Oui, Corey a des soucis, mais il faut dire qu’il ne semble pas très futé.

Semble seulement, et c’est du travail pour passer pour être abruti à ce point sans l’être, pour avoir l’air de se laisser manipuler alors qu’en fait, c’est lui qui manipule autour de lui, et qui agit dans un seul et unique intérêt : le sien ! Être lui, c’est du plein temps, parce que personne, absolument personne ne se doute de sa rouerie, pas même ses proches, dont sa harpie d’épouse et son abruti de beau-frère, trop occupés à se plaindre, à vivre leur vie pour se rendre compte de qui est véritablement Nick Corey.

Horrible, cette histoire ? Oui, franchement. Ce voyage au fin fond de l’Amérique blanche bien comme il faut serait totalement désespérant n’était le style de l’auteur, qui confère à son personnage principal et narrateur un bagout, un allant, un sens de la narration et du retournement de situation absolument hors-pair.

Oui, je sais, certains lecteurs seront choqués/horrifiés non par l’histoire, cela, je le comprendrai parfaitement, parce que, dès que le lecteur s’arrête et réfléchit un peu, il mesure toute l’horreur de la situation, puisque personne ne semble capable de mettre un terme aux agissements de Corey. Non, certains lecteurs seront choqués parce que je recommande une lecture violente, dur, totalement immorale. Oui, il est encore des personnes qui pensent que la littérature doit être rose bonbon, bleu ciel, feel good…. et je n’ai rien contre. Mais j’aime aussi et surtout les romans noirs, très noirs.

 

Insoluble par Patterson James & Ellis David

Présentation de l’éditeur :

Depuis l’assassinat de sa sœur (Invisible, L’Archipel, 2016), Emmy Dockery, analyste au FBI, ne cesse d’identifier des crimes impunis là où ses collègues concluent à des morts accidentelles. À travers le pays, des sans-abri ou les personnes qui leur viennent en aide meurent sans que personne ne s’émeuve. Sauf Emmy, persuadée qu’un tueur est aux manettes. Un homme qui, selon son enquête, se déplace en fauteuil roulant. Pendant ce temps, Citizen David défraie la chronique. Ce justicier fait sauter le siège d’entreprises qu’il estime manquer d’éthique. Ne laissant aucun mort derrière lui, il s’attire les faveurs du public. Jusqu’au jour où il fait exploser, à Chicago, un centre d’accueil pour SDF. Bilan : près de deux cents morts. Parallèlement, l’ex-agent Harrison Bookman est chargé par une huile du FBI de surveiller Emmy, son ancienne petite amie, suspectée d’être la taupe qui livre des informations confidentielles à la presse au sujet de Citizen David. Mais quelqu’un d’autre surveille Emmy. L’observe, l’épie… Et attend le moment opportun pour frapper !

Mon avis (rédigé le 4 août) : 

Je ne suis pas embarrassée pour écrire cet avis, non, j’ai plutôt l’impression que je vais vous parler davantage des Etats-Unis que du roman en écrivant cet avis. En effet, j’ai lu ce livre en me disant que l’Amérique va mal, très mal. Je sais bien que c’est un roman, seulement un roman policier est aussi le reflet de la société qui l’a produit. Et cette société n’est pas en forme.

Prenons Emmy, par exemple. Elle a frôlé, frôle et frôlera sans doute encore la porte du FBI. Pourquoi ? Parce que cette analyste consciencieuse voit des crimes là où d’autres voient des morts accidentelles. Serait-elle à ce point obnubilé par son métier qu’elle verrait des crimes partout ? Elle a déjà prouvé qu’il y avait des crimes partout, des crimes insoupçonnés, faciles à dissimuler, notamment dans ce cas : la mort de SDF, cela inquiète qui ? Personne. Sauf Emmy. Il est même des personnes, qui sont pourtant des personnes « positives » dans ce roman, qui se rendent compte qu’elles sont pleines de préjugés envers les SDF. Point positif : au moins, elles s’en rendent compte. Mais quel cheminement pour en arriver là !

James Patterson et David Ellis ont beaucoup d’imagination, et c’est tant mieux aussi. Cela ne les empêche pas de construire une enquête solide et malheureusement possible, crédible, eu égard à des essais que j’ai lus. Oui, l’armée américaine apprend à ses soldats à tuer, froidement, sans état d’âme, et pour des personnes ayant déjà des troubles psychologiques, cela peut avoir de lourdes conséquences. Restent à déterminer si ses conséquences sont lourdes pour eux, s’ils se font mal à eux-mêmes (voir le pourcentage de vétérans américains qui sont devenus SDF, justement) ou s’ils font mal aux autres, sans état d’âme, parce que tuer, c’est facile (voir Dernier jour sur terre de David Vann).

Il y aura peut-être des lecteurs pour se dire qu’une telle intrigue n’est pas possible. Elle l’est, malheureusement. Et même si elle ne pouvait pas l’être, les deux auteurs mènent leur récit de telle manière que j’y ai cru, que j’ai été du côté d’Emmy, qui a risqué sa vie, déjà, qui en a gardé ses séquelles, et qui se questionne aussi sur ses choix. Elle ne peut pas rester sans rien faire, même si cela compromet sa relation avec son fiancé. Lui a quitté le FBI – presque quitté, parce qu’il reprend du service presque malgré lui, et comprendra, au fur et à mesure de l’enquête, pourquoi c’est à lui qu’on a fait appel.

En effet, pendant qu’Emmy enquête officieusement sur un tueur de SDF, elle doit aussi enquêter officiellement sur un poseur de bombes, Citizen David, qui veut tirer la sonnette d’alarme sur certaines pratiques discriminantes. Pour ce faire, il a choisi la méthode forte – poser des bombes – tout en faisant en sorte de ne pas faire de victime. Jusqu’à ce que…. Oui, l’enquête sera menée à bien – quoi, je spoile ? quand on lit un roman policier, cela fait partie du contrat : connaître l’identité du « coupable » – mais cela ne sera facile pour personne, parce que, pour une fois, ce n’est pas un tueur qui est pourchassé, mais quelqu’un qui ne supporte plus cette société américaine et ses inégalités. Et je rappelle que comprendre pourquoi une personne agit d’une certaine manière ne signifie ni la justifier, ni l’excuser.

Un roman prenant.

La longue marche des navajos d’Anne Hillerman

Présentation de l’éditeur :

Suite des aventures des trois policiers Navajos, Joe Leaphorn, Jim Chee et Bernadette Manuelito.
Bien que retraité de la police, le Légendaire Lieutenant Leaphorn n’a jamais été aussi occupé. Mrs Pinto, conservatrice du musée des traditions navajo, lui demande d’enquêter sur la disparition d’un biil, une robe traditionnelle du peuple navajo. Or la dernière personne à avoir eu connaissance de l’existence de cet objet meurt dans d’étranges circonstances; quant à Leaphorn, il reçoit des menaces anonymes.
De son côté la policière Bernadette Manuelito découvre un cadavre qui va bientôt attirer l’attention du FBI, tandis que son mari et collègue Jim Chee est sur une affaire de cambriolage. Trois enquêtes apparemment déconnectées qui vont trouver des points de convergence.

Mon avis :

J’ai terminé la lecture de ce livre hier. J’ai beaucoup aimé ce livre, même si j’ai mis du temps pour le terminer. Anne Hillerman poursuit l’oeuvre de son père, et tant pis à ce qui ne serait pas content. Je pense sincèrement que les fans le sont.

Dans ce tome, c’est le grand retour de Joe Leaphorn. Dans le premier tome écrit par Anne Hillerman, il était grièvement blessé. S’il est remis, physiquement, il peine encore à s’exprimer en anglais – pas de souci, par contre, pour sa langue natale. Alors oui, il suit des séances de rééducation, oui, il fait des efforts, mais cela lui complique quand même sa vie professionnelle : Leaphorn est devenu détective privé et il ne cesse de mener des enquêtes. L’enquête qui lui est proposée pouvait paraître sans risques : une robe traditionnelle a disparu, envolée du colis dans lequel elle se trouvait. Seulement, Leaphorn reçoit des menaces, et Tiffany, le bras droit de Mrs Pinto, la conservatrice du musée, est victime d’un malaise et meurt peu après. De mort naturelle ? Il est bien des moyens de tuer, ou d’accélérer la mort.

Bernadette, de son côté, trouve un cadavre en faisant son jogging. C’était déjà en soi assez étrange, cela le devient encore plus quand le FBI débarque avec toute la discrétion dont il est capable. Pour Jim Chee, les jours à venir s’annonçaient presque plus reposants, même si enquêter sur une série de cambriolage (ce sont principalement des bijoux anciens qui sont volés) ne l’est pas forcément. Seulement, d’autres événements, plus dramatiques encore surviennent.

Les trois enquêteurs ne restent pas seuls dans leur coin, c’est aussi ce qui est intéressant. Ils échangent entre eux, ils ont des convictions, quitte à se mettre le FBI à dos parce que Bernadette n’apprécie pas que l’on brusque une jeune femme en détresse.

Je me suis questionnée sur le féminisme de ce roman – si, si, je me pose souvent la question, même si j’en suis à me demander quelle lecture fait que je m’interroge systématiquement là-dessus. J’entends presque les critiques que certaines féministes radicales pourraient faire et qui m’agacent. Bernie et sa soeur s’occupent de leur mère, parce qu’elles se montrent respectueuses de leurs aînés, tout comme Jim Chee, qui fait attention à ne pas froisser les croyances de chacun. Nous sommes en territoire navajo, le passé, leur douleur, mais aussi leur capacité à faire face malgré tout ce qui leur est arrivé, est important à prendre en compte. Il est des familles qui restent unies vaille que vaille en dépit des difficultés et des douleurs. Il ne s’agit pas tant d’aller de l’avant, d’être autonome, il s’agit d’assumer ce que l’on a fait, ce que l’on a raté aussi. Et si j’ai parlé au début de ce paragraphe de féminisme, si j’ai parlé de respect des anciens, c’est parce que certains n’ont vraiment rien compris. L’on peut faire tous les discours que l’on veut, ce sont les actes qui comptent, et aussi sa capacité à se débarrasser de ses préjugés.

Anne Hillerman a écrit six enquêtes, seules trois sont traduites en français (celui-ci l’a été par Pierre Bondil). A quand la traduction des autres titres ?

Tu mens ? Tu meurs ! de James Patterson et Candice Fox

édition L’Archipel – 332 pages

Présentation de l’éditeur :

Harriet Blue veut innocenter son frère Sam, accusé du meurtre de trois étudiantes… Pour cela, elle se lance à la poursuite d’un psychopathe dans le Sud australien. Il a menti ? Il doit mourir… Et c’est elle qui le tuera. Troisième épisode de la série australienne du maître du suspense aux 370 millions de livres vendus dans le monde ! La vengeance a un nom : Harriet Blue. Harriet Blue, inspectrice de police à Sydney, est sûre de deux choses : Reagan Banks, le serial killer qui a détruit la vie de son frère, doit cesser de nuire ; et c’est elle qui appuiera sur la détente.
Mais, ce dernier a pris la fuite. Jusqu’à ce que, un jour, le téléphone d’Harriet sonne. À l’autre bout du fil, Banks en personne, qui lui lance ce défi :  » Attrape-moi si tu peux…  »
Harriet n’hésite pas un instant. Elle va trouver ce psychopathe, qu’importe le prix à payer… dût-elle pour cela y laisser la vie ou perdre son job. Elle part à sa poursuite sur la côte sud de l’Australie, avec l’idée d’accomplir sa vengeance.
Banks a menti ? Il doit mourir…

Merci aux éditions de l’Archipel et à Negalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Avec les romans de James Patterson, soit cela passe, soit cela casse. Ici, cela casse. Premièrement, je crois que ce n’était pas tout à fait le bon moment pour moi pour lire ce livre, j’ai eu du mal avec le rythme totalement trépidant de ce roman : pas de pause, pas de moyen de souffler, toujours un tueur en série lui-même poursuivi par une policière, elle-même poursuivie par les siens, parce qu’elle est bien décidée à faire justice elle-même (toute ressemblance avec de célèbres personnages policiers américains n’est sans doute pas fortuite).

L’histoire est classique, très classique, presque trop classique malgré les effusions de sang. Nous avons un tueur en série qui cherche à faire le plus de mal possible à ses victimes, dans un minimum de temps, et des policiers qui tentent de l’arrêter, même si l’on peut douter que certains mettent réellement tout en oeuvre pour l’arrêter. Oui, je me suis questionné : penser à sa carrière, c’est une chose, ne pas comprendre que ce qu’on met en place nous valorise, mais peut ne pas empêcher certains crimes d’être commis, est-ce possible ? Oui, si le grand policier en question croit vraiment avoir la science infuse, et se préoccupe peu des victimes – après tout, dans les histoires de tueurs en série (romans, films), il est rare que l’on s’en préoccupe beaucoup.

De même, j’ai trouvé certains faits peu crédibles. Certes, c’est facile à dire quand on lit un récit, mais certains personnages m’ont semblé vraiment trop crédules, tandis que d’autres sombrent dans les stéréotypes. L’un des derniers points qui m’a dérangé est la manière dont les chapitres sont découpés, sans véritable unité narrative, comme si faire des chapitres courts devait donner envie de lire plus.

Le roman se terminer sur un clifhanger, je pense donc qu’il y aura un quatrième tome des aventures d’Harriet Blue.

Un cadavre dans la rolls de Michael Connelly

¨Présentation de l’éditeur :

Un producteur véreux est retrouvé mort dans le coffre d’une Rolls. La veuve semble indifférente à la nouvelle et la mafia constitue un coupable un peut trop évident. Et si des policiers haut placés étaient impliqués ? De Los Angeles à Las Vegas, personne ne semble pressé d’aider Harry Bosch dans son enquête…

Mon avis :

Tout d’abord, merci à l’élève qui m’a prêté ce livre. Le quart d’heure lecture est utile !

Il est des gens qui sont peu soigneux. Si, si, je vous assure. Laisser un cadavre dans le coffre d’une rolls, tout près d’un lieu où se déroule un concert classique, c’est vraiment du grand n’importe quoi. Heureusement, un policier passait par là, a eu des doutes, et a ouvert le coffre. Il a un peu salopé la scène de crime, ce que ne manquera pas de lui dire le chef des enquêteurs dépêché sur les lieux, un certain Harry Bosch. Entre deux réorganisations de la police, le voici à la tête d’un groupe comportant deux autres enquêteurs, parce qu’il est le plus gradé. Il s’entend bien avec eux, il apprécie sa nouvelle chef, bref, tout pourrait aller pour le mieux, si cette enquête ne l’emmenait sur des chemins de traverse.

En effet, la victime semble liée à la mafia locale. Le groupe d’enquêteurs qui s’occupe de ce genre d’affaires la refuse pourtant, arguant l’absence de lien entre le producteur pas très doué et la mafia. Cela ne les empêche bizarrement pas de se renseigner sur le développement de l’enquête, cherchant des informations par-ci, par-là. Vous avez dit bizarre ? Vous avez parfaitement raison.

Harry et les siens enquêtent. Ils constatent que la veuve est indifférente au sort de son mari, qui était passé à autre chose depuis des années. On s’habitue à vivre dans le luxe, dans une résidence qui n’est pas une prison dorée, plutôt une solitude dorée et sécurisée. Ils cherchent dans le passé proche de la victime, ils s’appuient aussi sur le rapport d’autopsie, sur les résultats d’analyse, qui prennent du temps. Oui, vingt-sept meurtres ont eu lieu le même week-end à L.A. donc si tu veux ton rapport d’autopsie et des analyses, tu fais comme tout le monde, tu attends ton tour ! Les services sont débordés et font de leur mieux.

En revanche, il est des personnes qui ont tout sauf envie que les choses avancent. Et si j’ai parlé de l’OCID plus haut, il est d’autres services qui n’ont pas envie de dire tout ce qu’ils font. La communication ? Ce n’est pas forcément ce qui domine entre les services. Puis, Harry va voir quelqu’un issu de son passé ressurgir devant lui. Cela entravera-t-il l’enquête ? Peut-être.

Sérieux, solide, bien construit, Un cadavre dans la rolls est un modèle dans la manière dont les interrogatoires sont menés – interroger ne veut pas dire torturer, ou jouer avec les droits des personnes interrogées. La ligne est fine, parfois, et Harry Bosch ne la franchit pas. Oui, lire des policiers classiques, des policiers qui pourraient aussi ne pas s’en sortir indemnes, cela fait du bien aussi.

Les trois font la paire de Martha Grimes

La rivière des disparues de Liz Moore

Présentation de l’éditeur :

Kensington, Philadelphie. Dans ce quartier gangréné par la drogue se croisent deux soeurs autrefois inséparables.
Aujourd’hui, tout les oppose. Mickey, l’aînée, la protectrice, a rejoint la police. Kacey a sombré dans la drogue et se prostitue pour acheter des opioïdes.
Quand Kacey disparaît à nouveau, alors qu’une série de meurtres fait rage dans le quartier, Mickey n’a plus qu’une obsession : retrouver le coupable, et sa soeur, avant qu’il ne soit trop tard.

Mon avis :

Cela ne se voit peut-être pas trop, parce que j’avais beaucoup d’avis programmés en avance, mais depuis le 24 mars et les jours qui ont suivi, j’ai beaucoup de mal à me concentrer sur la lecture d’un « gros » livre, et j’en ai beaucoup qui attendent d’être lus, voire même d’être terminés. Avec La rivière des disparues, ce n’est pas le cas. Je me suis plongée dedans, j’ai été attirée parce cette histoire dont on pourrait dire que ce n’est pas qu’un roman policier, et je l’ai terminée très rapidement.

La narratrice, c’est Mickey, diminutif de Micaela. Elle est policière. Elle patrouille dans les rues de Philadelphie et elle aime son métier. Elle a un fils, Thomas, auquel elle consacre le plus de temps possible. Son père ? J’ai aimé non que l’on découvre tardivement son identité, mais que les pièces du puzzle se mettent en place peu à peu, dressant de lui un portrait peu reluisant – à mes yeux – et illustrant aussi, quelque part, la naïveté de Mickey, qui pourtant côtoie le pire, tous les jours, dans ses patrouilles. Kacey, sa soeur, a à son égard un jugement extrêmement lucide – que Mickey n’a pas voulu admettre, à l’époque. Force est de constater qu’elle avait pleinement raison – et sa sœur aînée de regretter de ne pas lui avoir fait confiance.

Mickey/Kacey, deux soeurs qui se ressemblent et dont la vie a pris des chemins différents. Pour quelles raisons ? Le lecteur le découvre au fur et à mesure de sa lecture qui bouscule la chronologie sans que jamais je ne me sois sentie perdue. Mickey et Kacey sont devenues orphelines très jeunes, et ont été élevées par leur grand-mère maternelle, qui ne s’est jamais remise de la mort de sa fille unique, qu’elle avait élevée seule après son veuvage. La cause de sa mort ? On la comprend à demi-mot, et Gee, la grand-mère, de reprocher à son gendre d’avoir fait tomber/sombrer sa fille sans la dépendance, éjectant son gendre de la vie de ses petites-filles, sans que celui-ci ne fasse apparemment grand chose pour s’occuper d’elles. Gee, d’ailleurs, les a élevées dans le sens « élevage » du terme, leur apprenant que la vie est dure, les sevrant de toute marque d’affection, affection qu’elles ne pouvaient guère trouver qu’auprès de leur sœur, ou auprès de leurs proches. Et leur proches ont aussi pris, parfois, des chemins de traverse, des chemins dangereux.

Mickey est devenue policière, sa soeur est devenue prostituée pour se payer sa drogue, et Mickey voit sa soeur, souvent, trop souvent, et l’ignore, souvent aussi. Sauf que cela fait un mois que sa soeur n’a pas donné signe de vie, un mois que personne ne l’a vue – et un corps est retrouvé, dans le secteur où Kacey travaillait. Ce ne sera que le premier.

Le portrait de la ville de Philadelphie ainsi dressé est sombre. La police a beau arpenter certains quartiers, elle n’empêche ni la violence, ni le trafic de drogue, ni la prostitution. Les policiers de terrain sont la plupart du temps dépassés, leurs supérieurs ne semblent pas toujours concernés et les habitants de Kensington (oui, comme Kensington Palace) n’aiment pas les flics, n’aiment pas parler aux flics, n’aiment pas que les flics rentrent dans leurs boutiques. Dans les quartiers plus huppés, ce n’est pas tellement mieux – pas de flics non plus dans les établissements, cela fait désordre. Mickey est à mi-chemin entre ses deux mondes, elle qui a tenu à scolariser son fils dans le meilleur établissement possible, tant que son père payait la pension. Après, elle a dû faire des choix, ce qui ne l’empêche pas de veiller sur lui, de s’occuper de lui chaque soir et de payer une baby-sitter quand elle travaille. Elle lit aussi quantité de livres sur l’éducation, et je m’étonne que tous déconseillent le co-dodo, pourtant abondamment pratiqué par… presque toutes les familles que je connais, et leurs enfants ne s’en sont pas plus mal portés ! Le fait de ne pas avoir eu de modèle parentaux, d’être, à son tour, mère célibataire, a-t-il crée ce sentiment d’insécurité ? Là aussi, le fil du récit nous en dira plus, et franchement, je n’avais rien vu venir.

Le refuge est peut-être à cherche dans l’état voisin, le Delaware, état où tout semble paisible, où l’on peut se sortir de la drogue, de la dépendance, être quasiment apaisée, enfin. Non, ce n’est pas un univers rêvé, mais le lieu paraît stable, par rapport à Philadelphie, sa violence, et la possibilité d’une vie meilleure y semble possible. Et pourtant… Le roman dénonce à la foi les violences policières, insidieuses, couvertes par la hiérarchie, mais aussi le fléau qu’est la dépendance à la drogue, et les conséquences pour les enfants. Ou comment sevrer un bébé déjà dépendant aux substances que prenait sa mère durant sa grossesse.

Le peuple des ténèbres de Tony Hillerman

édition Rivage noir – 288 pages

Présentation de l’éditeur :

La femme d’un milliardaire américain engage Jim Chee à titre privé pour retrouver un petit coffre de souvenirs dérobé, selon elle, par le « peuple des ténèbres », c’est-à-dire les membres d’une sorte d’église fondée par un Navajo, mais déclarée illégale par le conseil tribal parce qu’elle autorise, lors de cérémonies, l’usage d’une drogue psychédélique, le peyote. C’est dans Le Peuple des ténèbres qu’apparaît pour la première fois Jim Chee, l’un des deux héros fétiches de Tony Hillerman. Impliqué dans une enquête touffue sur fond de magouille uranifère, poursuivi par un tueur qui possède des bombes à mercure, il se retrouve, comme souvent, confronté à ses propres contradictions.

Mon avis :

Ce livre marque la première apparition littéraire d’un personnage que j’aime beaucoup et que j’ai pu voir évoluer tout au long des récits écrits par Tony Hillerman : Jim Chee. Il ne comprend pas trop pourquoi la riche madame Vines l’a fait venir. Il est d’autres personnes qui peuvent enquêter, d’autres personnes qui sont même sacrément plus légitimes pour enquêter ! Non, elle ne veut pas que l’affaire s’ébruite, elle ne veut pas que son mari soit au courant. Elle pense même que les enquêteurs officiels ne prennent pas l’affaire au sérieux : c’est simplement une boite qui a disparu, une boite, rangée dans un coffre, et qui contient des souvenirs de son mari. Reste à savoir si elle veut vraiment le retrouver par crainte du souci que se ferait son mari, ou pour enfin mieux connaître son mari.

Ce n’est pas que cette affaire dépasse Jim Chee, c’est qu’il n’en voit pas l’intérêt. Non, ce qui est bien plus fort, ce sont les événements qui ont lieu ensuite – une disparition de cadavre, un meurtre; et enfin, quelqu’un qui essaie de tuer Jim Chee, en présence de Mary London, une institutrice de la réserve, jeune femme blanche, passionnée par la culture indienne, et qui ne comprend pas pourquoi un indien est devenu policier – la police, c’est le mal absolu. Il est pourtant une scène saisissante, celle où Mary accompagne Jim, blessé, et où celui-ci perd la notion du temps, de ce qui se passe. Jim veut vivre, et quelques temps plus tard, après une autre tentative de meurtre, s’en voudra d’avoir survécu. Il est des personnes qui ne s’embarrassent pas de la vie humaine, et le tueur qui est à sa poursuite, qui a déjà tué à plusieurs reprises, est de ceux-là.

Reste le mobile. La sorcellerie a alors bon dos. Il est tellement facile d’imaginer que c’est un sorcier qui a fait ceci, qui a fait cela, et de ne surtout pas enquêter plus loin. Alors que si l’on part du principe que le crime, les crimes qui se sont étalés sur plusieurs décennies n’ont pas été commis par des indiens, cela ouvre une toute autre perspective.

Un roman policier sombre, tragique, qui montre à quel point faire le mal est facile, et l’empêcher l’est nettement moins.