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Des morts si proches par Robert Dugoni

Présentation de l’éditeur :

Durant l’enquête sur la mort d’un jeune garçon renversé par une voiture qui a pris la fuite, la détective de la Criminelle de Seattle, Tracy Crosswhite, fait une découverte surprenante : le suspect est un militaire en service actif sur une base navale locale. Après la disparition d’une pièce à conviction cruciale, l’homme est disculpé par un tribunal militaire. Mais Tracy a conscience de ne pouvoir tourner le dos à ce type d’injustice.

Merci à Netgalley et aux éditions Amazon Pubishing pour ce partenariat.

Mon avis :

Vous avez devant vous l’avis d’une blogueuse qui s’apprête à s’en prendre plein la figure ou presque de la part des fans de cet auteur et de son enquêtrice. Qu’importe ! Pourquoi bloguer si ce n’est pas pour dire ce que l’on pense d’un livre.
Je n’ai pas d’atomes crochus avec les personnages, ou avec ce type d’enquêtes. Oui, le premier chapitre, qui nous permet de rencontrer la future victime m’avait émue. Après, ce sont les enquêteurs qui rentrent en scène, et leurs problèmes personnels pas toujours intéressants prennent trop souvent le dessus. Oui, je me moque que Tracy, vu son grand âge, ne puisse plus manger tout ce qu’elle veut, sous peine de voir la nourriture ingérée terminer sur ses hanches. Je me moque aussi que Célia fasse du pilate afin de pouvoir manger deux donuts deux fois par semaine et conserver sa silhouette de rêve. L’enquête sera-t-elle résolue plus vite ? Bien sûr que non. Je ne passerai pas sous silence les difficultés à concevoir de Tracy, sauf qu’elle ne m’intéresse pas non plus. Miss Marple, Maura Isles, Bo Bradely n’ont pas d’enfants et elles ne nous n’en parlent pas à longueur de romans. A ce moment, j’en étais à 20 % de ma lecture, j’en avais presque oublié la victime, et je ne vous parle même pas de l’intrigue policière, qui se trouvait à ce moment réduit à sa portion congrue. C’est dommage, parce que les problèmes évoqués par ailleurs sont véritablement intéressants, comme les moyens de lutter contre le nombre croissant d’utilisateurs d’héroïne et des conséquences de la légalisation de la marijuana – à méditer avant toute chose.
Heureusement, après l’intrigue policière prend enfin le dessus et j’ai poussé un soupir de soulagement. Si, si. Je me suis même vraiment senti emportée par l’intrigue, peut-être parce que l’on se préoccupe enfin du jeune garçon qui a été renversé, et pour quelles raisons il l’a été. L’enquête reste lente, non seulement à cause de la procédure, mais aussi des bâtons qui sont mis dans les roues des enquêteurs. Qui a intérêt à la ralentir ainsi ? Serait-ce lié à cette fameuse drogue qui inonde la ville et a causé des victimes, dont la nièce d’un des policiers ?
La deuxième moitié du roman est plus réussie que la première, plus rythmée, mais aussi plus proche de l’humain que de la procédure.
Bref, une héroïne qui ne m’a toujours pas conquise, et, après cette deuxième lecture, je n’ai pas l’impression que cela arrive un jour.

Aux urnes, les ploucs ! de Charles Williams

édition Folio policier – 248 pages.

Présentation de l’éditeur :

Au fin fond de l’Amérique profonde, au moment de la Prohibition on va procéder à l’élection du Shériff. Cette période est naturellement peu propice à Uncle Sagamore et sa clique, distillateurs à leurs heures… pour pouvoir payer leurs impôts en honnêtes citoyens. Cela se gâte quand un nouveau candidat se présente qui semble décidé à attraper Sagamore…

Mon avis :

Aux urnes, les ploucs ! Aux urnes, les ploucs ! Aux urnes, les ploucs ! Non, je n’ai pas bugué, en ce dernier jour du mois du polar, j’ai simplement voulu terminer avec un polar hilarant, énergisant, paumé au fin fond du Texas.
Si vous avez aimé Le bikini de diamant, vous vous régalerez avec le récit de ses élections. Sagamore Noonan est libre comme l’air, et pourtant, le shérif ne désespère pas de le coincer un jour pour de bon. Sauf qu’il n’a pas la date, et l’espoir… pas trop non plus. Seulement, le shérif est élu, les élections approchent dangereusement et un candidat se présente face à ce brave shérif qui depuis douze ans se ronge les sangs pour coincer les frères Noonan – non, parce qu’il ne faut pas oublier que le frère de Sagamore, Sam dit Pop, est là, tout comme Billy, son neveu et narrateur de l’intrigue, flanqué de son inénarrable chien.
Soyons clair, soyons net, soyons précis : Sagamore, c’est le roi de l’arnaque, capable d’arnaquer n’importe qui. Attention ! Cela ne veut pas dire que Sagamore sombre dans la facilité, bien au contraire. Je ne dirai pas que c’est un plaisir d’être arnaqué par lui, non, il ne faut pas exagérer. Je dirai que ceux qui se sont faits arnaquer auraient dû y réfléchir à deux fois avant de s’attaquer à Sagamore, ou pire : avant de le sous-estimer. Sagamore réfléchit beaucoup – au contraire de certains de ses adversaires. Il n’est pas sans faire penser aux prestidigitateurs qui détournent notre attention pour mieux nous duper – avec notre consentement, il faut bien le dire.
Un livre drôle et réussi, pour découvrir le fin fond du Texas.

 

Dans la ville en feu de Michael Connelly

Présentation de l’éditeur :

1992. Los Angeles est en proie aux émeutes et les pillages font rage quand Harry Bosch découvre, au détour d’une rue sombre, le cadavre d’Anneke Jespersen, une journaliste danoise. Impossible à l’époque, de s’attarder sur cette victime une parmi tant d’autres pour la police déployée dans la ville en feu.
Vingt ans plus tard, au à l’unité des Affaires non résolues, Bosch, qui n’a jamais oublié la jeune femme, rouvre le dossier du meurtre. Grâce à une douille recueillie sur la scène de crime et à une boîte noire remplie d’archives, l’inspecteur remonte la trace d’un Beretta qui le met sur la piste d’individus prêts à tout pour cacher leur crime. Anneke comptait peut-être parmi ces journalistes qui dérangent quand ils fouillent d’un peu trop près ce que d’autres ont tout intérêt à laisser enfoui…

Mon avis :

Je crois l’avoir déjà dit, j’ai une formation en littérature comparée, et je ne peux m’empêcher de faire des rapprochements entre les livres que je lis. Dans la ville en feu, comme L’enfant invisible, se passe au début des années 90 et si ce roman se déroule à l’autre bout du pays, le contexte social et multiculturel est le même. Black out de Cécile Delarue abordait aussi la question des émeutes de Los Angeles, et parlait de ce roman : la boucle est donc bouclée.
N’aurait-on pas un peu mis Bosch dans un placard ? Non, presque pas. Il est à l’unité des Affaires non résolues, et le moindre de ses faux pas est guetté – oui, Bosch a parfois des soucis avec sa hiérarchie, parce qu’il est avant tout aux services des victimes, de la justice, et se faire bien voir n’a jamais fait partie de ses objectifs. Il n’a pas oublié ce qui s’est passé vingt ans plus tôt, quand une jeune journaliste étrangère a trouvé la mort au cours des émeutes. Elle était en vacances, mais étant donné tout ce qui se passait à Los Angeles, Bosch, les policiers, n’ont pas vraiment eu beaucoup de temps à consacrer à cette affaire.
Bosch cherche – et finit par trouver, parce qu’il a trouvé un indice, parce qu’il finit par en trouver d’autres et par poser des questions qui risquent de fâcher un peu, pour ne pas dire beaucoup. On prend toujours des risques en remuant le passé – parce qu’un crime qui a eu lieu vingt ans plus tôt, cela veut dire un coupable libre depuis vingt ans. Il est donc suffisamment malin pour ne pas s’être fait prendre, et il a une vie certainement suffisamment bien installée pour ne pas avoir envie que cela s’arrête. Si vous m’avez suivi, vous avez donc compris que l’adversaire est sans doute :
– dangereux ;
– aux aguets.
Bosch, qui sait lire les indices et remonter les pistes, l’a bien compris. Ce n’est pas comme s’il n’avait pas l’habitude de prendre des risques. Il se penche, aussi, sur la personnalité de la victime, lui redonnant, si j’ose dire, une existence, là où trop souvent, les victimes ne sont… eh bien, qu’un corps mort de plus avant que l’on mette la main sur le coupable. Nous découvrons réellement qui était Anneke Jespersen et le vide qu’elle a laissé derrière elle. Nous reparlons aussi d’événements qui ont eu lieu au début des années 90 – je veux parler de la guerre du Golfe, que l’on a quasiment oublié aujourd’hui, comme si cette guerre « sanitaire », avec ses « frappes chirurgicales » – je me souviens du vocabulaire de l’époque – n’avait pas eu d’impact sur ceux qui l’ont faite.
Un polar qui nous emmène loin, dans le temps et dans l’espace, un polar qui montre que certains ne reculent devant rien pour le pouvoir. Un polar rempli de rebondissement, qui plaira aux fans d’Harry Bosch, mais aussi à ceux qui voudraient le découvrir.

L’enfant invisible de Cornélia Read

Présentation de l’éditeur :

Dans le troisième roman de Cornelia Read, on retrouve son héroïne Madeline Dare à New York, en 1990. Tandis qu’elle aide une cousine à débroussailler un petit cimetière privé, Madeline découvre le cadavre d’un enfant. La police établit rapidement l’identité de la victime : Teddy Underhill, trois ans, dont la disparition a été signalée par son arrière-grand-mère. La mère de Teddy, Angela, et son compagnon, Albert, sont bientôt arrêtés. Madeline Dare assiste au procès en simple spectatrice, impuissante face au cours immuable de la justice, mais constamment en proie à une émotion très vive, tant le sort du petit Teddy lui inspire de compassion.

Mon avis :

Si vous n’avez pas le moral, si vous êtes même très déprimé(e) alors ce livre vous enfoncera encore plus !
Prenez le sujet, tout simplement : alors que Madeline, l’héroïne fétiche de Cornelia Read, aidait des amis à désherber un vieux cimetière, elle trouve le cadavre d’un enfant. Il ne s’agit pas d’une tombe qui aurait été profanée, ou d’une famille trop pauvre pour payer des funérailles, non, il s’agit d’un enfant qui a été assassiné, sûrement même torturé avant de mourir.
Oui, nous saurons qui a tué. Ce qui ne veut pas dire que justice sera faite – nous le verrons dans la seconde partie du roman, au cours d’une partie que je qualifierai de « thriller judiciaire ». Avocat et procureur savent comment agencer les faits pour obtenir une condamnation – ou pas. Le sort des enfants n’est pas à envier, quand les adultes cherchent simplement à vivre leur vie, à survivre parfois, mais surtout, à servir au mieux leurs intérêts. Je ferai court : les enfants sont toujours les perdants.
Quant à Madeline, je l’apprécie toujours modérément, et le milieu dans lequel elle évolue pas du tout. Sa soeur a la tête sur les épaules (ouf) mais ses amies sont de grandes enfants perdues, qui ont elles-mêmes des amis, des petits amis et des conjoints imbuvables. Elles sont le plus souvent incapables d’assumer quoi que ce soit ou qui que ce soit. Ne parlons pas de leurs opinions, dont le racisme ne se cache même pas. Bref, un portrait tout sauf flatteur de l’Amérique des années 90.
L’enfant invisible, un roman dur et douloureux, de bout en bout.

Un seul parmi les vivants de Jon Sealy

édition Albin Michel – 350 pages.

Présentation de l’éditeur :
Par un soir d’été caniculaire, le vieux shérif Furman Chambers est tiré de son sommeil par un coup de téléphone : deux hommes ont été froidement abattus à la sortie d’une ancienne auberge qui sert désormais de couverture au trafic d’alcool de Larthan Tull, le « magnat du bourbon ». Quand Chambers arrive sur les lieux, le nom du coupable circule déjà : Mary Jane Hopewell, un vétéran de la Grande Guerre, qui vit en marge de la société. Mais le shérif, sceptique de nature, décide de mener l’enquête et se retrouve plongé dans une spirale de violence qui va bouleverser le destin de personnages inoubliables.

Mon avis :

Caroline du Sud, 1932. La grande dépression a frappé. La prohibition a été votée. Prenez ces deux faits, et vous obtenez un trafic d’alcool qui permet à des familles de vivre, et aux grands patrons de s’enrichir. L’alcool permet aussi de supporter la vie présente, pas toujours facile. Jamais facile serait plus juste. Le sherif Chambers a perdu ses deux fils à la guerre. Mary Jane Hopewell (ne vous trompez pas, il s’agit de son surnom, pas de son vrai prénom) a vécu les combats, la promiscuité des blessés, l’envie de s’en sortir malgré tout. Son frère Joe en parle moins, pourtant lui aussi a été très marqué par la guerre : la naissance de son second fils l’a fait renoncer à l’alcool. La veuve Campbell a perdu son mari à la guerre, et son fils unique est mort sous les balles du shérif – le seul homme qu’il ait jamais tué.
Tous pourraient continuer à (sur)vivre ainsi, sans trop se rendre compte qu’ils sont pauvres puisque tous le sont. Mais un double meurtre a été commis, deux jeunes hommes qui participaient au trafic d’alcool. L’un d’entre eux avait été recueilli par la veuve Campbell. Qui est accusé du meurtre ? Mary Jane, un homme très proche de la veuve. Bizarrement, peu croient qu’il soit le véritable coupable et même si le shérif le cherche – il faut bien enquêter – il doute que l’homme, marginal, ait tué deux hommes de sang froid.
Alors… ce qui commence n’est pas une chasse à l’homme, non, pas à proprement parler. Il s’ennuie plutôt un jeu de cache-cache, pour échapper au shérif d’un côté, pour contrer Larthan Tull de l’autre. Tull est le chef incontesté du trafic d’alcool clandestin, et il ne lui vient pas à l’esprit de partager le gâteau. Pourquoi partagerait-il d’ailleurs ? Il est bien décidé à mettre bon ordre dans toutes les velléités de rébellion – avec des conséquences qu’il n’attendait pas.
Ce qu’il n’attendait pas non plus, et le shérif encore moins est l’arrivée des fédéraux, bien décidés à mettre fin au trafic. Pour eux, tout est blanc ou noir. Pour Chambers, rien n’est aussi simple. C’est d’ailleurs à leur arrivée que le lecteur comprend que l’on est en route vers la catastrophe, comme si, une fois la tragédie, rien ne pouvait l’arrêter.
Oui, ce roman se déroule en 1932, cependant il nous plonge dans le passé – la première guerre mondiale, dont on oublie un peu les conséquences pour les américains – et dans le futur, quand il nous présente les conséquences pour ceux qui ont vécu cette année-là. Un roman qui nous rappelle que le rêve américain n’en a pas toujours été un.

Raison de tuer de Blake Pierce

Présentation de l’éditeur :

La lieutenante de la police criminelle Avery Black a traversé l’enfer. Autrefois la meilleure avocate de la défense, elle est tombée en disgrâce quand elle a réussi à faire sortir un brillant professeur de Harvard – seulement pour le voir tuer à nouveau. Elle a perdu son mari ainsi que sa fille, et sa vie s’est effondrée autour d’elle.Essayant de se racheter, Avery s’est tournée vers l’autre côté de la loi. En travaillant dur pour gravir les échelons, elle a atteint la Brigade Criminelle, au mépris des autres agents, qui se souviennent encore de ce qu’elle a fait, et qui la haïront toujours. Cependant même eux ne peuvent nier qu’Avery a un esprit brillant, et quand un inquiétant tueur en série sème la peur au cœur de Boston, tuant des filles issues des meilleures universités, c’est vers Avery qu’ils se tournent. C’est l’occasion pour Avery de faire ses preuves, de trouver finalement la rédemption dont elle a tant besoin. Et pourtant, comme elle va bientôt le découvrir, Avery va se heurter à un tueur aussi brillant et audacieux qu’elle.

Mon avis :

Cet ebook traîne dans ma liseuse depuis dix-mois et j’ai envie de dire un grand « bof ». La cause première est la traduction, qui n’est franchement pas réussie. Il faut passer outre toutes les erreurs de traduction, les phrases non terminées. C’est parfois un peu lassant, comme s’il fallait rester toujours sur le qui-vive pour être sûr d’avoir bien compris.

Puis, il y a les personnages, qui ne m’ont pas intéressée plus que cela. D’ailleurs, je suis même en train de me demander comment je vais pouvoir écrire un avis qui ne soit pas aussi ennuyeux que les stéréotypes de ce livre. Prenez l’héroïne. Elle a été une avocate brillantissime. Las ! Elle a fait relâché un tueur en série, qui a eu l’exquise délicatesse de tuer à nouveau dès qu’il a été déclaré innocent. Je laisse le soin à un profiler digne de ce nom d’étudier son cas. Anita a donc sombré, elle a décidé de se racheter, en travaillant désormais pour la justice, plutôt que de continuer à être avocate pour se payer une vie aisée et des chaussures de marque. Soyons clair, cependant, elle ne vit pas dans la misère la plus crasse, elle a toujours un physique très attractif, et tient plus de la gravure de mode que de la policière de terrain – j’ai quelques héroïnes en tête pour contrebalancer son portrait. Elle est séparée de son mari, sans que l’on sache très précisément à quel moment cela s’est passé. Elle ne s’entend pas formidablement bien avec sa fille, elle ne s’est d’ailleurs jamais vraiment entendue avec elle – ses difficultés à être mère ne sont pas vraiment approfondies. Bien que cette famille soit aisée, j’ai eu l’impression que Rose s’est élevée toute seule. Anita, d’ailleurs… On découvre son enfance, sous le signe de l’alcoolisme parental et de la violence. Au bout d’un moment, je me suis même demandée comment elle avait pu mener de telles études, eu égard au milieu dont elle était issue. Je me suis dit que j’avais dû rater quelque chose.

L’enquête, ah oui, je l’avais presque oublié. Parce qu’elle est brillante, Anita (qui porte le même prénom que l’auteur de Les hommes préfèrent les blondes), elle suit son intuition et les pistes qu’elle découvre. Mais elle a tout de même besoin de se faire aidée par… par… Oui, vous avez deviné, le tueur en série qui a tué pour elle et qu’elle avait fait libérer. Ai-je le droit de dire que c’est absurde ? Je m’en moque, je le dis quand même ! Cette héroïne solitaire veut arrêter les meurtres, arrêter le coupable, et sur sa route, elle rencontre des jeunes gens, des hommes, qui pètent un câble, parce que, parce que… et bien on ne le saura pas vraiment ! Elle pressent des mystères mais hop ! pas le temps de creuser, le vrai meurtrier l’attend. D’ailleurs, avec lui, elle n’aura pas le temps de creuser non plus.

Oui, je parle assez légèrement de cette histoire dans laquelle nous côtoyons des horreurs parce que l’on ne s’attarde pas, on ne nous laisse pas le temps de mesurer ce qui a été vécu, subi, et parfois, cela en est presque indécent. Oui, la littérature n’a pas à être morale, j’en conviens, elle n’a pas non plus à être une course à l’efficacité en matière de construction d’intrigue.

Je m’arrête là, parce que je sens que je pourrai tourner encore en boucle sur l’écriture de ce roman, de construction très classique, avec les inévitables chapitres dans lesquels nous sommes dans la tête du tueur – et ce qui s’y passe n’est franchement pas intéressant !

Las vegas baby de Brian Freeman

édition Presse de la cité – 408 pages

Présentation de l’éditeur :

Récemment muté à Las Vegas pour y rejoindre sa collègue – et désormais compagne – Serena Dial, Jonathan Stride découvre une ville secouée par deux affaires inexplicables. Le fils d’un riche industriel a été assassiné, et un petit garçon sauvagement écrasé par un chauffard. Deux victimes qui n’avaient rien en commun. Deux meurtres sans mobile apparent. Sous la pression de médias toujours en quête de sensationnel et d’une hiérarchie soucieuse de préserver l’image de la ville, Stride et Dial n’ont que quelques jours pour boucler leur enquête. Et ils vont découvrir qu’à Vegas, cette ville de la nuit et du vice où tout n’est qu’apparence, il n’y a que deux issues possibles : ou bien vous remportez le jackpot, ou bien vous êtes lessivé. Au sens propre comme au sens figuré…

Mon avis :

Mon enthousiasme policier est largement émoussé après la lecture de cet opus. Pour faire court, trop de problèmes personnels tue les problèmes personnels. Je ne parlerai pas d’Amanda (qui se nommait encore Jason il y a quelques années) parce qu’elle assume qui elle est, même si elle se demande combien de temps elle et son compagnon vont tenir face aux attaques incessantes et larvées dont ils sont victimes. Non, je parlerai du couple Jonathan (le plus souvent appelé par son surnom) et Serena. Jonathan, lui, est en paix avec son passé. Veuf de sa première femme, qui était vraiment le point d’ancrage de sa vie, il s’est remarié et son mariage a été un désastre. Apaisé, c’est par amour pour Serena qu’il a quitté le Minnesota pour le Nevada, et surtout Las Vegas.
Pour Serena, c’est moins simple. Oui, elle aime Jonathan, mais son passé est tellement douloureux, tellement complexe qu’elle-même peine à savoir ce qu’elle ressent vraiment, parce qu’elle n’a jamais pris le temps de faire la paix avec elle-même, parce qu’elle ne s’est pas posé certaines questions. Autant vous dire que cela occupe une bonne place dans le livre, et interfère parfois avec l’enquête.
Nous sommes à Las Vegas, et ceci explique peut-être la démesure des crimes commis. Et parfois, trop c’est trop. Trop de meurtres, trop de violences, trop de rebondissements, trop d’invraisemblances aussi – il ne faut pas trop s’attarder sur la chronologie de certains événements. Oui, le livre n’est pas désagréable à lire, cependant, même avec le contexte très spécial qu’est celui de Las Vegas, ville de tous les excès, j’ai trouvé cette intrigue beaucoup trop alambiquée.