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Le fou du roi de Mahi Binebine

Quatrième de couverture, ou plutôt présentation de l’auteur lui-même :

Je suis né dans une famille shakespearienne. Entre un père courtisan du roi pendant quarante ans et un frère banni dans une geôle du sud. Il faut imaginer un palais royal effrayant et fascinant, où le favori peut être châtié pour rien, où les jalousies s’attisent quand la nuit tombe.
Un conteur d’histoires sait que le pouvoir est d’un côté de la porte, et la liberté de l’autre. Car, pour rester au service de Sa Majesté, mon père a renoncé à sa femme et ses enfants. Il a abandonné mon frère à ses fantômes. Son fils, mon frère, dont l’absence a hanté vingt ans ma famille. Quelles sont les raisons du « fou » et celles du père ?
Destin terriblement solitaire, esclavage consenti…
Tout est-il dérisoire en ce bas monde ? Mon père avait un étrange goût de la vie. Cela fait des années que je cherche à le raconter. Cette histoire, je vous la soumets, elle a la fantaisie du conte lointain et la gravité d’un drame humain.

Merci à Netgalley et aux éditions Stock pour ce partenariat.

Mon avis : 

Je ne saurai mieux présenter ce livre que ce que nous propose le quatrième de couverture. Oui, l’auteur nous soumet son histoire, et je dois dire que j’ai trouvé ce livre particulièrement prenant, donc particulièrement réussi, j’ai eu du mal à le reposer avant de l’avoir fini.
Le terme « fou du roi » apparaît comme désuet pour moi. Je l’associe à Rigoletto, de Verdi, ou à Triboulet, fou de Louis XII puis de François Ier qui lui servit de modèle. Que ce soit pour l’un ou pour l’autre, la tragédie point sous le masque de la comédie.
L’action se passe à une époque contemporaine, nous pourrions être fort loin dans le passé. Les moeurs semblent figées, avec les esclaves présents à la cour, l’étage des femmes où il ne faut surtout pas se rendre, les courtisans de tout bord, les artistes qui gravitent autour du roi. Personne ne veut encourir sa disgrâce.
Nous sommes pourtant à notre époque, comme le prouve la technologie utilisée. Nous entendons un homme dont le seul but est de faire plaisir au roi : Voyez, le but suprême de ma drôle d’existence n’est rien d’autre que de rendre heureux le roi. Je ne vis que pour cela. Et rien ne me procure autant de joie, autant de satisfaction que le visage illuminé de Sidi.

Cette citation est aussi un exemple du style de l’auteur qui, par sa musicalité, sa métrique, se rapproche davantage du poème en prose que du roman proprement dit. La narrateur montre à la fois son dévouement pour son roi, mourrant, et le délaissement de sa famille. En des retours en arrière, il retrace la vie des courtisans dont il fut le plus proche. Est évoqué aussi l’emprisonnement de son fils aîné, presque à la fin du livre. Parce que cette emprisonnement, dans un lieu dont peu sont revenus – et dans quel état – est ce qui a engendré l’incompréhension des membres de sa famille, pour ne pas employer des termes plus forts, plus définitifs. Ce que je retiens de cette dernière partie, aussi, est la force morale de l’épouse du « fou », qui ne douta jamais du retour de son fils aîné, et ne l’imagina jamais ainsi.
J’aurai maintes raisons de vous recommander ce livre : en savoir plus sur le Maroc contemporain, se retrouver au coeur de la cour du roi, lire une oeuvre très bien écrite. Je ne dirai qu’une chose : c’est un très bon livre qui passe un peu trop inaperçu.

No Home de Yaa Gyasi

Présentation de l’éditeur :

Maama, esclave Ashanti, s’enfuit de la maison de ses maîtres Fantis durant un incendie, laissant derrière elle son bébé, Effia. Plus tard, elle épouse un Ashanti, et donne naissance à une autre fille, Esi. Ainsi commence l’histoire de ces deux demi-sœurs, Effia et Esi, nées dans deux villages du Ghana à l’époque du commerce triangulaire au XVIIIe siècle. Effia épouse un Anglais et mène une existence confortable dans le fort de Cape Coast, sans savoir que Esi, qu’elle n’a jamais connue, est emprisonnée dans les cachots du fort, vendue avec des centaines d’autres victimes d’un commerce d’esclaves florissant avant d’être expédiée en Amérique où ses enfants et petits-enfants seront eux aussi esclaves.

Mon avis :

Je pourrai vous dire qu’aucun livre ne parle aussi bien de l’esclavage et de ses conséquences, ce qui serait faux. Tant de livres, excellents, nous racontent, nous montrent et nous démontrent les ravages causés par l’esclavage. Seulement, la plupart nous raconte la vie d’une communauté d’esclave en particulier, voire d’un esclave – je pense à  Jim dans les aventures d’Huckleberry Finn de Mark Twain, roman et personnages précurseurs s’il en est. Rares sont ceux qui commencent à l’origine de l’esclavage pour nous emmener jusqu’à nos jours, suivant les descendants, sur plusieurs générations, de deux demi-soeurs, Effia et Esi.
J’ai presque envie de dire que chaque chapitre peut se lire indépendamment les uns des autres, parce que chacun d’entre eux, consacré à l’un des descendants de l’une ou de l’autre soeur, est tellement dense, tellement riche que j’ai ressenti, à la fin de chacun d’entre eux, le besoin de faire une pause, ce qui m’arrive rarement.
Aucun sort n’est enviable, ni pour les descendants de l’une, ni pour ceux de l’autre. Pas de manichéisme non plus : il n’y a pas les gentils noirs d’un côté et les méchants blancs de l’autre. Les noirs ont participé activement aux commerces des leurs, au gré de l’expansion de leur territoire et de leur envie/de la nécessité (rayer la mention inutile ou pas) de commercer avec les anglais.
Le sentiment qui domine en tournant les pages (ou en cliquant sur le bouton de la liseuse, comme vous voulez) est la colère, face à ces vies gâchées, la colère, devant la peur que ressentent les personnages – voir les lois Jim Crow qui permettent de « récupérer » « son » esclave en fuite. Ce livre est un roman, certes, mais il m’a vraiment donné l’impression de lire aussi un document, profond, sur l’histoire de l’esclavage et de la communauté Afro-américaine. Ce livre, écrit par une jeune femme de 26 ans, est un livre qui marque profondément. Je souhaite à cette auteur le meilleur pour ces prochains romans.

Les noces du palais de Naguib Mahfouz

Edition Actes Sud – 162 pages.

Mon résumé :
Le Caire, années 1970. La pièce écrite par le jeune Abbas Karam a un grand succès, notamment parce que le bruit court que tout est vrai. A-t-il vraiment dénoncé le tripot clandestin de ses parents ? A-t-il assassiné sa femme et son jeune fils ? Tariq, acteur principal de la pièce et ex-amant de la femme d’Abbas le croit.

Mon avis :
Ce court roman de Naguib Mahfouz, prix Nobel de littérature, n’est sans doute pas son oeuvre la plus connue. Ce qui m’a attirée est le fait que ce roman parlait du théâtre tout en restant une oeuvre romanesque.
Le lecteur découvrira quatre points de vue au cours de sa lecture : l’acteur principal, qui triomphe, à cinquante ans, après avoir été toute sa vie un comédien médiocre, le père et la mère de l’auteur, puis l’auteur lui même. Difficile de jouer son propre rôle. Difficile de découvrir ce que son fils unique pense vraiment de vous. Difficile de constater que ce qu’il croit savoir de vous est pire que la réalité. Trop de secrets dans cette famille, trop d’espoirs déçus – et l’argent qui manque, pour le superflu, pour le nécessaire aussi, parfois.
La quatrième partie, celle racontée par Abbas, nous éclaire non seulement sur ce qui s’est passé mais aussi sur le processus créatif lui-même. Et sur le fait que le scandale assure davantage le succès que l’angélisme. Le bien ne triomphe pas toujours, tout simplement parce que certains voient le mal là où il n’est pas.

Les belles choses que portent le ciel de Dinaw Mengestu

Edition Albin Michel – 304 pages.

Présentation de l’éditeur :

Le jeune Sépha a quitté l’Éthiopie dans des circonstances dramatiques.Des années plus tard, dans la banlieue de Washington où il tient une petite épicerie, il tente tant bien que mal de se reconstruire, partageant avec ses deux amis, Africains comme lui, une nostalgie teintée d’amertume qui leur tient lieu d’univers et de repères. Mais l’arrivée dans le quartier d’une jeune femme blanche et de sa petite fille métisse va bouleverser cet équilibre précaire …
Un premier roman brillant et sensible par un jeune écrivain américain d’origine éthiopienne.

img_0839-2Mon avis :

C’est un beau roman. C’est une histoire simple, limpide. C’est une histoire dans lequel le narrateur, Sépha, revient souvent en arrière, sans que le lecteur se sente aucunement gêné par ses va et vient dans le passé. Il vit depuis dix-huit ans aux Etats-Unis. Il a deux amis, l’un, Kenneth, est ingénieur, l’autre, Joseph, est serveur dans un grand restaurant. Tous les trois sont seuls les uns à côté des autres. Un de leur passe-temps ? Enumérer les coups d’états, les révolutions qui ont bouleversé le continent africain.

Sépha tient une petite épicerie de quartier – dans un quartier où les expulsion se  multiplient et où une maison (un immeuble ?) de quatre étages vient d’être rénové, pour une professeur et sa fille. Une amitié se noue entre Sépha et Judith, la jeune femme, une amitié, et peut-être un peu plus du côté de Sépha, qui, comme ses amis, n’a jamais vécu d’histoires d’amour véritablement importantes. La vie n’est légère pour personne, même pas pour Judith et sa fille Naomi, que sa mère ne parvient pas vraiment à « gérer ». Quant à son père, il n’est pas réellement présent – et quand il le sera, ce ne sera pas pour apporter quoi que ce soit de réellement positif.

Une histoire simple, oui, une histoire presque universelle, celle des réfugiés qui ont trouvé une terre d’asile aux Etats-Unis, qui ont espéré un jour retourner dans leur pays et qui ont dû y renoncer. Pas de rêve américain, non, même si on leur rappelle la chance qu’ils ont d’être dans ce pays libre. Pas d’intégration : Sépha reste un homme entre deux mondes, lucide, toujours, sur lui, sur les autres. Un homme pudique et échaudé par ce qu’il a vécu – aussi.

Un auteur à découvrir.

premier roman

L’inspecteur Ali et la CIA de Driss Chraïbi

Présentation de l’éditeur :

L’inspecteur Ali est convoqué par l’ambassade américaine de Casablanca. Un dangereux terroriste international, soupçonné d’avoir empoisonné un sénateur, vient d’échapper à la surveillance de la CIA. L’inspecteur Ali n’hésite pas : il extorque un million de dollars, réclame les pleins pouvoirs, un passeport diplomatique et part à la recherche de l’individu. De Casablanca à Washington, conduite au pas de charge, cette enquête loufoque et décapante est surtout prétexte à dresser un portrait satirique de l’Amérique et du Maroc.

Préambule :

Je vais encore me faire des amis avec cet avis – si, si. Je m’explique : depuis début juillet, je me sens complètement bridée dans mon écriture (et j’ai du mal à me libérer de ce carcan) à cause de personnes qui appuient sur des points de détails, sans vraiment se donner la peine de lire la chronique, voire des personnes qui lancent une critique acerbe, et s’en vont sans jamais revenir, ni ici, ni ailleurs (enfin si…. mais pas sous ce nom). Il en est d’autres qui voudraient que l’on ne critique pas les livres que l’on n’a pas aimés, ou pas compris, bref, que les blogueurs s’améliorent. J’aime beaucoup ceux qui me disent quoi faire et qui prétendent savoir ce que l’on pense. Bref, j’ai inclus un semi-billet d’humeur dans cet avis, et j’espère ne plus avoir à le faire.

logopolarssharon1Mon avis :

La lecture de ce roman policier peut être décevante, un poil exaspérante. A la fin, le lecteur saura tout, cependant, il aura rongé son frein quand l’inspecteur Ali aura déclaré avoir compris, et gardera ses explications pour lui ou pour un tiers, sans, bien sûr que celles-ci soient rapportées noire sur blanc. L’inspecteur Ali fait comme il lui plait.

Il faut dire que, contrairement à la majorité des enquêteurs, sa vie privée va bien, elle va même très bien, elle est très épanouie. Il adore sa femme, qui le lui rend bien. Il adore passer du temps avec elle, sauf nécessité de service. Et le service l’appelle douloureusement.

En effet, la CIA, vous vous rendez compte, la CIA a besoin des services de cet enquêteur hors pair pour retrouver un dangereux tueur qu’ils ont égaré sur le sol marocain. Vraiment, la CIA, ce n’est plus ce qu’elle était ! Signe distinctif : le vernis rose sur ses ongles. Un tueur vraiment soigneux ! Un tueur qui a du temps aussi, je ne vous raconte pas (et l’auteur ne le fait pas) combjien il faut de minute pour poser le vernis (et sa base) en veillant à ce qu’il ne s’écaille pas, sans oublier le temps de séchage entre deux couches, s’il en pose deux ! Je le savais déjà, la vie de tueur professionnel est difficile. Et quel palmarès est le sien ! A faire rougir l’agent de la CIA s’il ne l’avait déjà fait en entendant le récit de la nuit torride passée par l’inspecteur Ali.

Cette enquête l’emmène loin, très loin, elle le fait beaucoup souffrir (et je ne vous dirai pas comment). Il épuise ses ressources sans compter – et fait preuve de beaucoup de logique, comme le prouvent les soixante-huit pages de mots croisés qu’il noircit au cours de son enquête. Il est dommage que d’autres n’en aient pas eu autant que lui – ou un peu plus confiant en la police.

L’inspecteur Ali et la CIA est un livre que j’ai été contente de terminer – et de passer à un autre livre.

Un reptile par habitant de Theo Ananissoh

Mon résumé :

Narcisse est enseignant dans un lycée, il a un certain succès auprès de ses lycéennes, auxquelles il donne rendez-vous dans une ancienne plantation de manguier. Il a aussi du succès auprès des femmes. Alors qu’il est avec Joséphine, une quadragénaire divorcée, il n’aurait pas dû répondre à l’appel d’Edith. Il n’aurait pas dû aller chez elle en pleine nuit et découvrir, assassiné, le corps du vice-président du pays.

Sur l’auteur :

Theo Ananissoh est né en 1962 en Centrafrique de parents togolais. Docteur es lettres modernes, il enseigne la littérature africaine de langue français à l’université de Cologne.

Mon avis :

Ce court roman (une centaine de pages) nous raconte l’histoire de Narcisse, un professeur, mais surtout, un impénitent coureur de jupons, qui appelle un chat un chat. Ce pourrait être un vaudeville, si ce n’est que le second amant de sa seconde maîtresse (respectons l’ordre chronologique) a la mauvaise idée d’être inopinément assassiné chez elle, alors qu’il est le vice-président, et le beau-frère du président en titre. Que faire, que faire ? Narcisse aurait aimé une solution simple : prévenir la police et surtout, ne pas avoir accouru chez Edith ! Edith, qui, devant le manque flagrant de bonne volonté de Narcisse, appelle son troisième amant, le sous-préfet, qui prend les choses en main.

Ce que nous raconte l’auteur n’est ni plus ni moins qu’un coup d’état dans un pays qui n’en demandait pas tant. Narcisse, le personnage principal, ne s’intéresse ni à la politique, ni à l’histoire qu’elle soit passée ou contemporaine, contrairement à son collège Zuptizer, le professeur…. d’histoire, qui apporte un éclairage tout personnel (ou pas ?) sur le rôle des tirailleurs sénégalais. Narcisse, lui, est plus préoccupé par ses conquêtes que par ce qui se passe autour de lui, sauf quand il craint de finir emprisonner pour l’aide qu’il a apporté presque malgré lui à Edith. Il s’inquiète, et ne se pose pas trop de questions – il craint cependant qu’Edith ne craque, après tout, elle est une femme qui bavarde facilement.

Un reptile par habitant est le conte d’un coup d’Etat presque ordinaire, presque prévisible, du moins, si l’on regarde un peu plus loin que son nombril, contrairement à ce que fait Narcisse le bien nommé. Professeur, il ne se pose finalement guère de question sur ce qui s’est réellement passé ce jour-là. Il en pose beaucoup après, dans un pays où les informations parviennent au compte-gouttes, quand elles ne sont tout simplement pas détournées, arrangées, faussées. Il en pose peut-être un peu trop. A voir. La fin est quasiment ouverte, tout en fermant, tout de même, des possibilités pour au moins un des personnages. Que fera Narcisse ? Il est à noter qu’un mystérieux narrateur à la première personne apparaît de temps en temps et semble être un élève de Narcisse. Peut-être est-ce une manière de nous montrer ce qui est advenu après le dernier chapitre du roman.

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Infidèles d’Abdellah Taïa

tous les livres sur Babelio.com


Présentation de l’éditeur :

Slima est une putain marocaine. Son fils Jallal l’aide à attraper les hommes, les clients, les soldats d’une base militaire. Il parle à sa place, se bat pour elle. Tous deux résistent à la misère et aux humiliations. Ils savent manipuler les hommes, tirer d’eux de quoi survivre. Ils se sont inventé une religion où cohabitent l’Islam, la sorcellerie, et des rêves nés des chansons populaires et des films.
Merci au forum Partage-Lecture et aux éditions Points pour ce partenariat.

Mon avis :

Je ne connaissais pas du tout l’œuvre d’Abdellah Taïa, jeune auteur marocain, avant de lire Infidèles. Dans ce roman divisé en quatre parties, des voix s’élèvent, et j’ai eu l’impression que personne ne les écoute, personne ne les entend, pas même ceux à qui ils s’adressent. Ainsi, Slima ne réagit pas aux paroles pleines d’amour de son fils, qui tente de la faire réagir. Chaque personnage semble muré dans sa solitude – solitude à deux pour Jallah et sa mère – et ne jamais parvenir à s’en sortir.
Le mot n’est jamais prononcé, pourtant la fatalité domine. Chaque lueur d’espoir est très vite étouffée, quand elle ne plonge pas les personnages dans une douleur plus grande encore. Slima, enfant abandonnée, a été recueillie – sa mère adoptive en a fait très rapidement sa domestique, puis l’a vouée à la prostitution, lui ôtant ainsi tout avenir. Un soldat, parmi les nombreux clients de Slima, avait apporté un peu de réconfort à la mère et au fils, il sera la cause involontaire de l’emprisonnement de Slima. Même l’amour n’apporte rien de véritablement bon, parce que les êtres aimants semblent ne pas réellement regarder la personne qu’ils disent aimer.
Les phrases sont courtes, simples, rythmées, scandées comme des cris de douleur et de rage parfois. Les mots sont crues, aussi, et m’ont mis mal à l’aise, notamment en ce qui concerne Slima et son fils, et ce que celui-ci a très certainement subi de la part des clients de sa mère. Il est question aussi de la violence – officielle – du sort des femmes – lire le dialogue entre le coiffeur du Caire et Slima – de la religion, de l’extrémisme. Et de Marilyn Monroe aussi, trait d’union entre la mère et le fils, consolation pour les malheureux.
Infidèles est un roman désespéré.