Archives

La nuit des coquelicots de Nadine Monfils

Présentation de l’éditeur :

Après une grosse fête, trois amies rentrent à Neuilly en voiture. Elles continuent à chahuter, mais dans un moment d’inattention elles renversent une petite fille sur la route, un bouquet de coquelicots à la main. La vie de ces trois femmes va basculer dans le cauchemar, et c’est au commissaire Léon qu’il revient de dénouer les fils de cette diabolique affaire.

Mon avis :

Sanglant, saignant, et rappelons-nous : les coquelicots sont les premières fleurs à repousser sur un champ de Bataille.
Ici, au départ, il n’y avait pas de bataille, non, seulement trois amies qui revenaient d’une soirée entre filles, soirée trop arrosée. Elles ont renversé une petite fille. Elles n’ont pas prévenu les secours, non, elles ont prévenu la police, plus tard, parce qu’elles sont de bonnes personnes, des personnes qui avaient peur de voir leur vie détruite par cette accident, des personnes qui n’ont pas pensé, qui ne pensent toujours pas à la douleur de la famille de cette petite fille.
Des mois ont passé, chacun réagit à sa manière. Le mari de Maura n’est plus qu’indifférence envers sa femme, il utilise les services d’une prostituée, qu’il paie pour pouvoir l’humilier et coucher avec elle, Catherine vit une relation torride et violente avec un homme qui n’en a strictement rien à faire d’elle, pas même qu’elle soit la fille du maire de Neuilly, un copain de régiment du commissaire Léon. Héléna, la troisième personne présente dans la voiture, vit entre sa mère et sa fille, mère qui a élevé sa fille plus qu’elle-même.
Et la famille de la victime ? La mère est internée en hôpital psychiatrique, elle est persuadée que sa fille va revenir, un bouquet de coquelicots à la main, et le lecteur de se dire que c’est peut-être mieux ainsi pour elle. Le père est parti, retourné dans son pays, ne supportant plus de porter cette famille à lui tout seul. La fille aînée, Lara (oui, comme dans le docteur Jivago) vit chez Jacob, son grand-père, résigné, ayant déjà presque quitté ce monde tant il se réfère à Dieu.
De l’autre côté, nous avons le sympathique petit monde du commissaire Léon, avec Irma, l’inénarrable travelo ménagère, Nina Tchitchi, surnommée « Charlotte aux fraises » par Babelutte, le seul chien policier gay, qui doit subir les caprices vestimentaires tricotés de son maître. Un univers drôle, lumineux, qui se trouve pourtant confronté à l’horreur.
Oui, les agressions, les crimes, tous plus sanglants les uns que les autres, vont se succéder autour de ses trois femmes, qui avaient pourtant juré de ne plus se revoir, de ne plus se parler, après l’accident, qu’elles ont tout fait pour occulter. Ce ne sont pas des coquelicots qui seront répandus, mais des mares de sang, dans un objectif qui se dessine lentement : les faire souffrir le plus possible. Tant pis pour les victimes.
Ce deuxième volume des aventures du commissaire Léon est très sombre, très violent, et nous questionne en même temps, notamment sur les relations parents/enfants. Prenons Héléna, par exemple : elle n’apprécie pas que sa mère ait été très amis avec des jeunes gens très très gays, qui l’adoraient, et pourtant Clara, par son ouverture d’esprit, ses goûts littéraires, en ressort bien plus lumineuse que sa fille. Héléna admet aussi ressentir nettement moins d’amour pour sa fille Carole que quand celle-ci était bébé – parce qu’elle était bébé, justement, et parce qu’un bébé, on en fait ce qu’on veut. Un garçon aurait été tellement mieux.
Ce ne sont pas des zones d’ombre, ces fameuses zones d’ombre dont certains critiques font leur chou gras, non, ce sont littéralement des abîmes, des pulsions inavouables, qu’ils cherchent pourtant à satisfaire. Oui, nous basculons dans un univers bien glauque, et au milieu, seule Lily, la petite fille aux coquelicots, et Loulou, le fils de Maura, sont des innocents victimes de jeux d’adultes.

Les nouvelles enquêtes de Nestor Burma Crime dans les Marolles par Nadine Monfils

Présentation de l’éditeur :

« Guy Marchand, mon acteur fétiche, beau comme une Ford Mustang, même à l’âge d’être l’ermite des tarots. Le sourire c’est comme le charme, ça ne vieillit jamais. La pétillance dans le regard non plus. Puis la voix…Signoret et Trintignant, ou encore Jeanne Moreau…Ça te fait une valse à mille temps, rien qu’en te disant bonjour. Tu parles que j’en ai entendu parler ! Il y a quelques années, cette terrible histoire avait défrayé la chronique. On l’avait surnommée Beast, la bête, parce que le criminel avait fait un carnage. La nuit du 16 juin, un jeune homme, Léo Straum s’était réveillé dans l’entrepôt de textiles de ses parents, situé dans le quartier des Marolles, rue des Capucins, avec son père, sa mère et sa sœur éventrés et lardés de coups de couteaux. Une vraie boucherie. Les murs étaient éclaboussés de sang et le gars ne se souvenait plus de rien. »

Mon avis :

J’aime beaucoup le personnage de Nestor Burma, j’aime les romans de Nadine Monfils et le hasard faisant bien les choses, j’aime aussi Guy Marchand, et le voir dans une enquête de Burma aux côtés de Burma ne manque pas de saveur.

Grâce à ces deux compères, nous plongeons dans le milieu bon enfant et fantasque du cinéma belge. Oui, bon enfant, n’a-t-il pas donné au cinéma de grandes vedettes – je ne résiste pas au plaisir de citer JCVD ? Ce récit est un hymne à l’amitié, entre Guy et Nestor, mais aussi entre Nestor et Mansour, toujours prêt à aider son patron et à le faire profiter de son humour. Oui, l’humour est constant, brillant, inventif.

Petit extrait : Je crois que les geeks restent de grands ados. Il y a un truc hyperintelligent dans leur cerveau qui côtoie une caisse à jouets mal refermée. 

Et il en faut, de l’humour, pour nous raconter, ou plutôt pour écrire cette version de l’affaire Léo Straum. Celui-ci s’est réveillé, entouré des cadavres de ses parents et de sa soeur. Il ne se souvient de rien, et aujourd’hui, sa petite amie demande à Nestor de prouver l’innocence de son amoureux. Nestor ne peut résister, il enquête. Seulement, enquêter, c’est à double tranchant, puisque prouver l’innocence signifie trouver le ou les véritables coupables, et faire toute la lumière sur une affaire aussi dramatique n’est pas sans conséquence. C’est une question de courage, aussi, et l’on s’aperçoit, à la lecture que, pour des personnes qui osent vivre leur vie comme ils l’entendent – je pense  nouveau Nestor, Guy, qui ne s’embarrassent pas du qu’en dira-t-on, c’est sans intérêt- il en est d’autres, tellement d’autres qui, pour beaucoup de (mauvaises) raisons, ne s’autorisent pas à vivre leurs véritables désirs, leurs amours, et c’est bien dommage.

Une oeuvre forte et tendre à la fois.

 

Cachemire rouge de Christiana Moreau

Présentation de l’éditeur :

Trois destins liés par un fil rouge, celui d’un précieux cachemire tissé de manière ancestrale. Toscane. Alessandra est fière de la qualité des pulls et étoffes qu’elle vend dans sa boutique de Florence. Une fois par an, elle va s’approvisionner en Asie. Jusqu’à ce coup de foudre pour le cachemire rouge filé par une jeune fille, Bolormaa. Dans les steppes de Mongolie, celle-ci mène une existence nomade avec sa famille, en communion avec la nature. Mais, lorsqu’un hiver glacial décime leur troupeau de chèvres, elle doit quitter ses montagnes pour travailler à l’usine en Chine. C’est là qu’elle rencontre XiaoLi. Bientôt, dans l’espoir de se construire un avenir meilleur, les deux amies font le choix du départ. De l’Asie à l’Europe, du Transsibérien jusqu’en Italie, elles braveront tous les dangers pour prendre leur destinée en main et tenter de réaliser leur rêve.

Mon avis :

Tout d’abord, je tiens à remercier les éditions Préludes et Netgalley pour leur confiance. Ayant beaucoup aimé le premier roman de Christiana Moreau, je n’avais pas osé demander le second en partenariat. Il a suffi d’un commentaire sur mon blog pour que je me lance, et je ne le regrette pas.

Oui, ce roman est différent du premier, mais il nous parle à nouveau de destin de femmes. L’une est une bergère, une nomade devenue ouvrière, tout comme XiaoLi, qui a tenté l’aventure de la migration avec elle, la seconde dirige une boutique à Florence qui conçoit et vend pulls, étoffes de grande qualité face à l’afflux de produits bas de gamme, la troisième est une galeriste qui privilégie la créativité. La narration alterne entre elles, donnant la priorité à Bolormaa, tout simplement parce que c’est elle qui a le parcours le plus intense, le plus riche de ce roman. Grâce à elle, nous assistons à la transformation d’une culture. C’est la fin, presque la fin, du nomadisme traditionnel en Mongolie. Les jeunes rêvent d’une vie meilleure, et se retrouvent dans des usines, logeant dans des appartements très modernes – enfermés dans des cités, pour résumer. Bolormaa tente de conserver une partie des traditions, grâce à sa créativité. Pour s’en sortir, elle tente le voyage jusqu’en Italie, espérant retrouver Alessandra, qui lui avait laissé sa carte. Compliquée, le voyage ? Bien sûr ! Il est question d’un voyage clandestin, avec des passeurs, une traversée de la Russie, le remboursement des dettes contractées par le voyage, remboursement sans fin qui fait de l’Italie une petite Chine, bien à l’abri des regards. Que le voyage est simple, par contre, quand il est effectué par une commerçante européenne !

Le commerce est le point central, pour ne pas dire le problème. Cette « petite Chine » prospère dans une feinte indifférence des autorités, loin de toute sécurité. Des travailleurs ? Plutôt des esclaves, qui doivent satisfaire des demandes, des commandes toujours plus grandes.

Vision désespérante du XXIe siècle ? Non, pas uniquement, plutôt un bel hymne à l’amitié féminine (alors que le cinéma nous montre davantage des amitiés masculines), qui appelle à la solidarité, à l’envie de protéger l’autre, mais aussi à l’envie de se dépasser.

Regrets éternels de Pieter Aspe

Présentation de l’éditeur :

Entre 1982 et 1985, une série de braquages sanglants terrorise la Belgique. Vingt-huit personnes tuées de sang-froid et pas l’ombre d’une piste fiable. Quarante ans plus tard, l’énigme des « tueurs du Brabant » reste d’une brûlante actualité. C’est précisément sur ce dossier que travaillait le journaliste d’investigation Michel Lambrechts. Retrouvé chez lui avec deux balles dans la tête, il laisse des informations capitales aux mains de tueurs qui ont embarqué tous ses documents. En se lançant dans l’enquête, le commissaire Van In et ses acolytes n’ont qu’un espoir : ne pas finir comme tous ceux qui se sont frottés à cette histoire, dont le procureur Demedts, retrouvé pendu…

Mon avis :

Les romans de Pieter Aspe présentent toujours des sujets difficiles, délicats, avec des adversaires qui ne reculent devant rien. Quand Van In se retrouve face à un cold case, dans lequel les malfaiteurs vivent en toute impunité (pour ne pas dire plus) depuis une trentaine d’années, c’est presque encore pire que d’habitude, parce que leurs carnages sont bien plus étendues qu’on ne le pense. C’est fou le nombre de personnes qui furent victimes d’accident, ou qui se sont suicidés de manière opportune.
Et là, cela recommence, non que la police eût réouvert les dossiers, mais qu’un journaliste a décidé de dire tout ce qu’il a trouvé – il n’est pas de prescription pour les enquêtes de journalistes qui font bien leur travail, c’est à dire qui creusent là où se trouvent quelques cadavres bien dissimulés.
Pieter Aspe nous donne une interprétation des « tueurs du Brabant » qui fait encore plus froid dans le dos que d’imaginer une série de braquage menés par des voyous sans scrupules. Surtout, les enquêteurs et les victimes sont vraiment proches du lecteur, parce qu’ils sont touchés de manière intime par la vendetta qui est dirigée contre eux. Comme souvent, avec Pieter Aspe, les âmes sensibles doivent s’abstenir. Mais j’ai eu le plaisir, même s’il fut douloureux, de revoir Versavel, son adjoint, retrouver le devant de la scène – oui, Versavel morfle un max dans ce volume, bien plus que Van In, qui déjà, en voit énormément.
Regrêts éternels, un volume réussi et difficile.

Les prénoms épicènes d’Amélie Nothomb


Edition Albin Michel – 162 pages.

Mon avis :

Fan d’Amélie Nothomb, passez votre chemin, mon avis ne va pas vous plaire.  Merci aussi de ne pas me dire que je ne l’ai pas compris : un avis est forcément personnel, et j’ai pu voir dans un roman des choses que vous n’avez pas forcément vu, et vice-versa.
Quand j’ai commencé à lire le livre, prêté par un ami, je me suis étonnée de la vitesse à laquelle j’ai tourné les pages. Quoi ? Si vite ? Il faut dire que l’intrigue est vraiment conçue à l’économie. Comme dans Le crime du comte Neville, ce roman parle des rapports père/fille – sauf qu’ils sont bien différents. Claude, le père, hait sa fille, et nous ne saurons que très tardivement pour quelle raison il la hait depuis sa naissance. Les thèmes du romans sont là : la haine et la vengeance.
Cependant, le roman m’a semblé bien vide, pour ne pas dire creux. Il est constitué essentiellement de dialogues, jeu de l’esprit, ou transcription du vide des personnages. L’utilisation des dialogues est d’autant plus intéressante que les personnages oublient de se dire des choses essentielles. Dominique oublie de parler à son patron de son fiancé et des circonstances de leurs rencontres, tout comme son patron ne l’interroge pas sur son fiancé – parce que cette jeune fille si effacée n’aurait pas répondu aux questions. Epicène oublie de renouer le contact avec celle qui fut son amie pendant des années, elle oublie de lui dire qui était vraiment son père – des mots haineux de celui-ci ont suffi à briser cette amitié. Je pourrai citer d’autres exemples, je me concentrerai plutôt sur les grands-parents, ceux de Dominique, qui ne posent jamais de question, quoi qu’il arrive. Ce peut être une qualité, mais à ce point-là, ne pas demander à sa fille pourquoi elle les a laissés sans nouvelle pendant quinze ans, cela frôle dangereusement l’indifférence, pour ne pas dire la négligence.
En lisant le livre, je me suis souvent demandé ce qu’un autre romancier aurait pu faire avec un tel thème. Autre chose, bien sûr, mais surtout j’aurai aimé que certains faits soient approfondis, ne serait-ce que le choix d’un prénom épicène pour Claude et Dominique – indifférence, encore une fois, pour les parents ? Le prénom leur plaisait-il ? J’aurai aimé aussi que les lieux soient davantage caractérisés. Que l’on soit dans la ville de province où a grandi Dominique, que l’on soit à Paris, l’on pourrait presque être ailleurs, tant les rues, les appartements, les écoles et collèges se ressemblent. Je vous passe également quelques clichés, sur le champagne, le parfum, ou l’amitié. Quelques répliques mordantes, par ci, par là, merci à la professeur de latin. Bref, j’ai lu des avis très enthousiastes sur ce roman mais, pour ma part, je suis très vite passé à un autre livre.

Frappe-toi le coeur d’Amélie Nothomb

Présentation de l’éditeur : 

« Frappe-toi le cœur, c’est là qu’est le génie. » Alfred de Musset

Mon avis :

J’ai l’impression que je vais passer plus de temps à rédiger cet avis qu’à lire le livre (quand je vous dis que j’ai des bouffées d’optimisme).
Ce livre est difficile à cerner, parce qu’il tranche avec les livres précédents de l’auteur. Il traite ici des relations mère/fille, sous un angle que certains, ceux qui vivent au pays des Bisounours, ne veulent pas voir. Oui, une mère, narcissique, peut être jalouse de sa fille parce que certains la jugent plus belle, plus intelligente que sa fille. Oui, une mère peut mépriser sa fille, parce qu’elle n’est pas aussi brillante qu’elle l’aurait aimé, ou parce qu’elle l’a eu pour de mauvaises raisons.  Je parle ici de la pression sociale qui veut qu’une femme devienne mère, afin de prouver qu’elle n’a pas sacrifié sa vie « de femme » à sa carrière – et tant pis pour l’enfant négligé, pas vraiment voulu.
Au tout début, nous suivons Marie, puis Diane, sa fille aînée et mal aimée. Nous sommes littéralement dans la tête, dans les pensées les plus intimes de cette petite fille qui, comme tous les enfants, adore sa mère, qui ne le lui rend pas. Peut-être Diane est-elle un peu trop mûre pour une enfant si jeune. Peut-être, plus tard, se cherchera-t-elle une mère de substitution, une femme qui, finalement, sera pire que sa mère.
Si Diane est mal aimée, Célia, sa petite soeur, est trop aimée – seul le frère est aimé suffisamment mais pas trop, peut-être parce qu’il est un garçon, non une possible rivale. Amélie Nothomb questionne beaucoup, sans apporter de réponses – au lecteur de le faire. J’ai cependant une impression d’inachevé, parce que le roman, comme tous ceux d’Amélie Nothomb, est court. Et si Diane réussit de manière exemplaire dans sa vie – ce qui n’était pas gagné, ce n’est pas le cas de toutes. J’aurai aimé en savoir plus sur le devenir de sa soeur, de sa nièce, ou même sur le parcours, finalement assez classique, de sa meilleure amie Elisabeth.
Vient le « problème » du dénouement, abrupt comme souvent. Il questionne, lui aussi, toujours. Et fait regretter qu’une suite n’existe pas.

 

 

Bas les masques de Pieter Aspe

Présentation de l’éditeur :

Qui a assassiné la belle Katja au cours d’une folle nuit de carnaval à Blankenberge près de Bruges ? Joris, la dernière personne avec laquelle on l’a aperçue, reste introuvable. Sa mère, une femme dépressive au passé mystérieux, prétend ne pas savoir où il se trouve. Pourquoi n’a-t-elle jamais voulu révéler qui était le père de Joris ? Liesse populaire, secrets de famille, prostitution, meurtres… entre deux bocks de Duvel et quelques péripéties conjugales hautes en couleurs, le commissaire Van Inn et son fidèle adjoint Versavel mènent une enquête qui ne sera pas de tout repos !

Mon avis : 

– Tu es en voie de duvélisation, si tu veux mon avis !
Voici ce que dit Versavel à son supérieur et ami Van In.
Nous sommes en pleine période de carnaval. Fini les réjouissances, pourtant, puisqu’une jeune femme vient d’être assassinée et que Van In est chargé de l’enquête, et sa passion pour la Duvel est intacte. Sa vie de couple, par contre, est comme toujours : chaotique. Sa femme n’a-t-elle pas l’intention de reprendre ses études ? S’en est trop pour Van In, qui prendrait bien trois bocks de plus. Par contre, pour Versavel, tout va bien, c’est pour cette raison qu’il peut soutenir et conseiller ce cher Pieter.
Et enquêter, aussi. La mort de la belle Katja ne suscite pas tant de peine à son compagnon, qui a sans doute des choses à cacher – et un meilleur ami tout prêt à lui servir d’alibi. Pas très net, le meilleur ami : marié mais très libéré, riche, mais travaillant dans une société qui serait ravie de lui montrer la porte, il disparaît à son tour, et une demande de rançon leur parvient. Restent à réunir l’argent et à trouver le lien entre la mort de Katjia, cet enlèvement et Joris, amoureux transi de la belle jeune femme, aussi transi qu’il était dédaigné.
Bas les masques est une bonne enquête de Van In. Elle mêle à la fois les désordres du présent – la corruption n’est pas un vain mot, les « magouilles » pour être plus directe – et les secrets du passé. Rien n’est pire que les non-dits. Comme souvent, ils font des ravages et les proportions qu’ils prennent sont à la hauteur du secret dissimulé. Etre libre physiquement est une chose. Etre libre de ses sentiments, oser vivre et dire ses sentiments en est une autre, le poids de la société, de la famille font qu’être libre réellement en est une autre. Et les bonnes intentions ne suffisent pas.
A l’année prochaine, Van In !