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Des morts bien pires de Francisco Gonzalez Ledesma

Présentation de l’éditeur :

Une jeune fille venue d’Ukraine fuit à travers les rues de Barcelone, traquée par un tueur. L’ultime affaire du vieil inspecteur Mendez, le héros fétiche de Ledesma, qui enquête dans une ville crépusculaire, ravagée par la spéculation foncière et la prostitution industrialisée. Une ville où le coeur de Mendez a des souvenirs que la tête oublie .

Mon avis :

Avec ce livre, je dis adieu à l’inspecteur Mendez : son auteur nous a quittés voici deux ans, et j’ai lu toutes les aventures mettant en scène cet anti-héros. Surtout, il met en scène la ville de Barcelone et ses transformations, laissant de côté l’ancien monde et les petites gens, laissant la place à la spéculation et à une faune bien peu fréquentable.

N’oublions pas la mondialisation. C’est beau, le commerce. Pas de petits profits, la loi de l’offre et la demande domine, et quand on demande des femmes dociles et jetables, il est des personnes pour en importer, en tirer des bénéfices et ne pas avoir de scrupules. Les pertes existent aussi dans ce domaine, les dommages collatéraux aussi : une jeune fille, témoin involontaire, est assassinée elle aussi. Son père sombre dans la dépression. Mendez, lui, a les mêmes ordres que d’habitude :  ne pas enquêter, ne pas faire de vague.

Comme si ses chefs ne le connaissaient pas ! Mendez n’a jamais rien possédé, il n’a donc rien à perdre, si ce n’est son honneur, dont il a une conception très particulière. Oui, Mendez se retrouve toujours au bon endroit, pour enquêter, au bon endroit pour empêcher certaines personnes de commettre leurs forfaits. Quant à avoir un rapport négatif de plus, il en a la saine habitude.

Mendez, c’est le contraire des policiers de romans produits au kilomètre. Ce qui lui importe, c’est de prêter sa voix aux victimes, à toutes les victimes, y compris les siennes. On laisse trop la parole au coupable, pour ne pas dire au bourreau. Ils fascinent même certains. Rendons-leur leur vraie dimension, leur juste place.

Mendez écoute, entend, celles et ceux qui n’intéressent personne, ancienne prostituée, proches des victimes. A lui, les chiens perdus qu’il n’oublie pas de nourrir – dans tous les sens du terme.

Il est une lueur d’espoir qui apparaît – fine et ténue. Cependant, il faut déployer vraiment beaucoup d’énergie pour la saisir et la faire briller plus fort.

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Le don empoisonné de la folie de Lucia Extebarria

Présentation de l’éditeur :

Lucía a eu une jeunesse tumultueuse et a beaucoup essayé, dans tous les domaines. Elle dit avoir dépensé chez les psys de quoi s’acheter une Porsche. Finalement, sa famille et elle-même se convainquent qu’elle est folle. Jusqu’au jour où elle découvre, à 48 ans, qu’elle est zèbre, c’est-à-dire qu’elle fait partie des 0,5 % de personnes dotées d’un QI supérieur à 140. Quand on est zèbre, on est hypersensible – aux situations, aux personnes, mais aussi aux bruits, aux odeurs… –, ce qui est un don, mais aussi une souffrance. Surtout quand on aime.
Ce texte aurait pu s’appeler La Vie sexuelle de Lucía E. Mais « ça n’a jamais ressemblé à un film porno », dit-elle. Il y a dans ce récit quelque chose d’un journal intime à la sincérité sans fard.
C’est l’histoire d’une femme de sa génération dans un monde désenchanté, une femme très libre, à fleur de peau, qui ne ment pas, ni à elle-même ni à son lecteur.

Merci à Netgalley et aux éditions Fayard/Mazarine pour ce partenariat.

Mon avis :

Je n’avais pas lu d’oeuvre de Lucia Etxebarria depuis longtemps et ce livre fut pour moi l’occasion de redécouvrir cette auteur. Il est différent, puisqu’il est écrit directement en français, corrigé ensuite, et non destiné à un public hispanisant – un peu comme si une auteur française connue écrivant en castillan.
Ce texte a été écrit à la suite du procès qui a failli lui faire perdre la garde de sa fille parce que son père était considéré comme « plus stable ».
Chronologie bouleversée ? Lucia raconte trois ans de sa vie, de ses amours. Ils (pluriel qui englobe aussi bien des hommes que des femmes) ne sont pas désignés nommément mais par des périphrases qui indiquent une caractéristique de ces personnages (l’homme à la moto orange, l’homme qui allait sauver la Catalogne). Volonté de préserver leur anonymat ? Désir de montrer qu’aucun d’entre eux ne lui a apporté ce qu’elle désirait vraiment, c’est à dire une relation amoureuse stable ?
Ce récit est assez souvent cru : les mots choisis sont toujours très précis, et parfois dérangeants, un peu comme si une personne vous faisait des confidences intimes alors qu’on n’en demandait pas tant. Ou plutôt, on ne pensait pas que l’auteur irait aussi loin dans les confidences, la narratrice (j’ai peine à dire « Lucia ») ne se fait pas de cadeaux à elle même, et si elle est lucide envers elle-même, elle ne craint pas d’affronter le regard des autres et de se livre âme et corps.
Il est cependant une personne sur laquelle Lucia veille toujours, et loue les qualités, la sensibilité, tout en prévoyant un avenir difficile à cause de cette même sensibilité : sa fille. Lira-t-elle ce témoignage maternelle une fois adulte ? Je n’en sais rien, ce dont je suis sûre en refermant ce livre montre aussi et surtout l’amour d’une mère envers sa fille.

La plage des noyés de Domingo Vilar

Mon résumé :

Un pêcheur est retrouvé noyé, les mains attachées dans le dos. Tout le monde pense à un suicide, sauf le médecin légiste et la police- preuves à l’appui. L’enquête, menée en toute discrétion, commence.

Mon avis :

Nous ne sommes pas en Espagne, nous sommes en Galice – toute la différence est là, et Rafael, l’adjoint aragonais du très galicien Juan Caldas, a bien du mal à se faire à cette nation de taiseux, de superstitieux aussi. L’action a beau se passer quasiment de nos jours, elle aurait pu se passer après guerre, tant le monde des pêcheurs évoqué reste proche des méthodes traditionnelles, sans qu’il soit question de haute productivité (même si la disparition des morues à Terre-Neuve est évoqué) ni d’écologie (pêcheurs respectueux de la nature côtoient des braconniers des mers). Pour résoudre l’enquête, Caldas doit se plonger dans le passé du « Blond », cet homme qui a surmonté des démons intérieurs mais restait discret, torturé, solitaire. Il s’était même éloigné de ses deux meilleurs amis, avec lesquels il avait pourtant vécu un événement qui aurait dû les souder : un naufrage dont ils furent les survivants, leur capitaine n’ayant pas eu cette chance. Que s’est-il passé ? Et surtout, comment faire parler ceux qui ne veulent rien dire ?

Ce n’est pas que le rythme est lent, ce n’est pas que Caldas prend son temps – non, il ne compte pas son temps pour parvenir à trouver le coupable et à faire justice – et la justice, parfois, est très longue à être rendue. Il n’est pas, contrairement à Rafael, un adepte de la « méthode forte », qui sert à tout sauf à obtenir la vérité. La famille, la vie privée, ont leur importance dans ce roman – parce que l’enquêteur n’en a plus, parce qu’il oublie que ceux avec qui il travaille en ont une. Par contre, il n’oublie jamais que les victimes ont un père, une mère, des soeurs, des enfants, et c’est aussi pour leur apporter des réponses qu’il enquête.

Pour terminer, et sans trop en dévoiler, j’ai apprécié aussi que l’auteur préfère la justice à la vengeance, et ose détourner un thème galvaudé.

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Chroniques de la tour, tome 2 de Laura Gallego Garcia

Présentation de l’éditeur :

La Haute Ecole de Magie de la Tour de la Vallée des Loups, désormais dirigée par la jeune mage Dana, accueille une nouvelle et turbulente élève, Salamandre, sauvée du bûcher par l’elfe Fenris. Alors que disparaît la naine Maritta, dernier rempart contre la malédiction de l’ancien Maître de la Tour, les élèves se divisent face au péril qui les menace : le Maître avait promis à Dana  » un sort pire que la mort « … quels horribles dangers la jeune mage et ses apprentis s’apprêtent-ils à affronter ?

Mon avis :

Je redoutais un peu la lecture de ce tome 2, pensant ne pas l’apprécier autant que le premier tome. Heureusement, je me suis trompée, et j’ai autant apprécié le tome 2 que le tome 1. De nombreuses années sont passées, et la nouvelle génération d’apprentie est prometteuse. Les mentalités, par contre, n’ont guère évolué : il ne fait pas bon être différents des autres. Même au sein d’une école de sorcellerie !
Humains, elfes, nains : tout roman de fantasy paie sont tribut au Seigneur des anneaux. Comme ailleurs, les elfes sont hautains, distants – même la loyauté semble leur faire défaut, ce n’est pas Fenris, exclu de sa communauté à cause de sa différence qui dira le contraire. Quant aux humains… ils sont humains, avec leurs défauts mais aussi leurs qualités, qu’il serait une erreur de prendre pour une faiblesse. Laura Gallego Garcia leur a concocté suffisamment d’épreuves pour que le lecteur puisse se faire une bonne idée de leur personnalité. Elle a aussi fait preuve de beaucoup d’astuce pour permettre à deux personnages phares du premier tome de réapparaitre. Pour l’un, c’est une bonne chose, pour l’autre, je réserve mon avis.
Le dernier tome de cette trilogie sera-t-il à la hauteur ?

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Idhun de Laura Gallego Garcia

couv33364326Présentation de l’éditeur :

Le jour où survient la conjonction astrale des trois soleils et des trois lunes, Ashran prend le pouvoir sur Idhun. Un guerrier et un magicien, exilés de cette planète, organisent la Résistance.
Leur objectif : renverser Ashran et ses alliés, de redoutables serpents ailés. Or, Ashran a envoyé sur Terre Kirtash, mi-homme mi-serpent, en lui donnant pour mission de tuer deux adolescents, Jack et Victoria. Sauvés par la Résistance, ils découvriront qu’un lien mystérieux les unit au monde d’Idhun…

Mon avis :

Ceci est le troisième roman que je lis de cette auteur espagnole, qui remporte un grand succès dans son pays, et je vois déjà se dessiner des constantes narratives dans ces ouvrages. Bien qu’il ne s’agisse que du troisième roman lu de ma part, j’éprouve une certaine lassitude, voire même de l’ennui : Idhun ne restera pas mon ouvrage préférée de cette auteur, et je ne pense pas lire le tome 2 (le tome 3 n’est, à ma connaissance, toujours pas traduit en français).

Pour quelles raisons ? Tout d’abord, nous y retrouvons un jeune héros (Jack) et une jeune héroïne (Victoria) qui sont tous les deux menacés de mort par un jeune méchant. Oui, voilà peut-être l’originalité de ce tome : la jeunesse du tueur froid, glacé, impitoyable, et pour moi qui aime les « beaux » méchants, les méchants riches en profondeur, je pensais que ce personnage serait vraiment intéressant. Sans trop en dévoiler, quelques péripéties m’ont semblé franchement niaises (amoureux de la guimauve, bonsoir), et la profondeur du personnage est celle d’une feuille de papier.

Ces deux jeunes gens, Jack et Victoria auront chacun leur mentor, leur protecteur, qui devra veiller sur eux (c’est un peu leur rôle, non ?) et, éventuellement, les défendre au péril de leur vie (c’est un peu leur rôle, non ? Pardon, je l’ai déjà dit), Aslan le prince chevalier pour Jack, Shail le magicien pour Victoria. Ils sont uniques, ces deux adolescents, au point que Jack, en une belle ellipse narrative de deux ans (l’auteur aime beaucoup les ellipses) a su parfaitement se débrouiller tout seul dans le monde entier tandis que le méchant tueur à la solde de leurs ennemis… Non, je ne le dirai pas, mais si vous avez le courage de lire ce livre, vous trouverez à nouveau des lieux communs et des indices gros comme des maisons qui prouvent à quel point ils sont uniques. D’ailleurs, si Jack était un humain ordinaire, Victoria ne s’intéresserait pas à lui – et dire que moi, humaine ordinaire, je lis leurs aventures !

J’ai failli oublier de vous parler du loup garou, du dragon et de la licorne – encore des personnages récurrents de l’œuvre de Laura Gallego Garcia. Flûte à la fin, où sont cachés LE dragon tout mignon et LA licorne toute sympa qui doivent sauver Idhun ? Aslan et Shail tiennent vraiment à eux, ils les ont sauvés une fois, ils entendent bien récidiver et retrouver ces deux charmantes bestioles ! Si se cacher, pour une licorne, semble être évident (ce n’est pas moi qui le dis), qu’en est-il du dragon ? Quelqu’un qui met le feu partout ne peut passer inaperçu ! Pour ma part, j’ai trouvé très facilement leur cachette – vous ai-je déjà dit que les indices étaient gros comme des maisons ?

Que dire de plus ? Que j’ai trouvé les personnages et l’intrigue très simplistes ? Que je n’ai eu aucune envie ni de visiter ni de sauver Idhun ? Que j’ai retenu des bâillements à plusieurs reprises ? Que j’ai cherché en vain une émotion, si j’excepte une envie de coller une baffe à Victoria, vraiment trop niaise par moment ? Moralité : si pour vous le mot « résistance » a une toute autre résonance que celle que l’on trouve dans ce roman, passez votre chemin ! Ce livre est un très bel objet, dont le contenu n’est vraiment pas à la hauteur ni du contenant, ni du titre.logoespagnesharon2

 

Tatouage de Manuel Vazquez Montalban

Mon résumé :

Pepe Carvalho a 37 ans. Il a bourlingué. Il vit à Barcelone et, en cette année 1976, l’Espagne s’éveille à la démocratie. Un corps est retrouvé, flottant dans la mer. Impossible de connaître l’identité de cet homme, défiguré. Seul indice : un tatouage, « Né pour révolutionner l’enfer ». Un gérant de salon de coiffure demande à Pepe d’enquêter et de découvrir son identité.logoespagnesharon2

Mon avis :

Eureka ! J’ai trouvé le premier tome des aventures de Pepe Carvalho, détective privé désabusé, amateur de femmes, de bonne chair (et non d’horribles plats tout préparé), qui brûle des livres dans sa cheminée, hiver comme été. Il est en couple avec Charo, qui exerce le plus vieux métier du monde. Biscuter ne travaille pas encore pour lui. Il a pour indic Bromure, persuadé que l’eau et la nourriture contiennent… du Bromure, pour freiner les ardeurs de la population. Prévoyant, il met de côté pour ses vieux jours.

L’enquête dont il est en charge l’étonne : retrouver l’identité d’un mort ? La police la connaît certainement, même si elle ne veut pas la dévoiler dans les journaux. Pourquoi Ramon, gérant d’un salon de coiffure, ne va pas tout simplement le demander au commissariat ? Non, cet homme, dont on murmure qu’il s’est déclassé par amour pour la belle Queta, manucure de sa femme et désormais coiffeuse, veut que Pepe enquête, et il le fait (en plus, c’est bien payer).

Malheureusement, ce n’est pas aussi facile que cela paraît. La mort de ce jeune homme a mis la police en mouvement. Elle a même fait de sacrés coups de filet – pourquoi n’en faire qu’un quand on peut en faire plusieurs, taper dans les milieux de la drogue et de la prostitution. Pepe suit les pistes qui se présentent, se rendant aux Pays-Bas, pays dont la liberté fait peur aux ouvriers espagnols qui y ont trouvé du travail. Non, une telle bêtise n’est pas dite ou pensée par Pepe, mais par la police hollandaise qui aimerait bien embaucher ( ou débaucher, c’est selon) Pepe, pour veiller sur ses populations si sensibles, si fragiles, si faciles … à renvoyer. C’est leur triste vie que nous montre Vazquez Montalban, celles d’hommes obligés de vivre loin de leur famille pour subvenir aux besoins des leurs.

Pepe paie de sa personne au cours de cette enquête, il n’est pas sans rappeler Nestor Burma – dans ses moments les plus douloureux. Certains taxent Pepe de misogynie, de machisme. Ce n’est pas si simple. Il n’hésite pas à tabasser un mac – au grand dam de celle qui travaille pour lui, alors que son « chéri » se roule royalement les pouces. Il porte un regard acéré sur les femmes qui vivent dans un roman, non dans la réalité, pour celles qui se donnent des frissons à peu de frais. L’adultère, oui, mais en restant une femme respectable et respectée. Quand une femme s’ennuie trop, son riche mari lui offre un magasin de vêtements, comme avant on offrait un bureau de tabac aux jeunes filles séduites. Misogynie ? Constat dû à l’observation de ce qui l’entoure, et Pepe ne pourrait résoudre ses enquêtes s’il n’avait un oeil acéré.

Tatouage, ou un roman policier presque parodique, dans une Barcelone des années 70, bien loin de celle des jeux olympiques qui nous fait découvrir des quartiers chers aux cœurs des auteurs catalans – et ceux qui y vivent.

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Chroniques de la tour, tome 1 : la vallée des loups de Laura Gallego Garcia

Présentation de l’éditeur :

l existe de par le monde quelques Hautes Ecoles de Magie, secrètes et élitistes. Dana a l’incroyable chance d’être choisie comme élève par le Maître de la Tour de la Vallée des Loups. Mais pourquoi elle ? Y aurait-il un rapport avec l’existence de Kai, ce jeune garçon qu’elle seule peut voir et entendre ? Ou avec cette mystérieuse prisonnière qui l’appelle à son secours ? Dana devra désobéir à son Maître pour venir en aide à cette étrange femme qui lui ordonne de partir à la recherche d’une licorne. Mais les loups de la Vallée semblent décidés à ne pas la laisser faire…

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Mon avis :

Une école de magie en Espagne ? Harry Potter, mais aussi Amandine Malabule et David Eliott ont des cousins, ou des émules ! Ce n’est pas aussi simple.
Nous sommes dans un univers de fantasy, non dans un monde contemporain où la magie se serait invitée. Les personnages vivent comme au moyen-âge, un moyen-âge perpétuel puisque, même quand on revient mille cinq cents ans en arrière, les habitudes de vie ne semblent pas avoir changé. Les épidémies, les disettes, les familles nombreuses sont toujours là. Il ne manque guère que les dragons, heureusement disparus.
Dana naît dans une famille ordinaire, elle ne l’est pas. A six ans, elle a un meilleur ami : Kai. Ce n’est pas un problème, me direz-vous, si ce n’est qu’elle est la seule à le voir, la seule à communiquer avec lui. Serait-il un ami imaginaire ? Ce n’est pas aussi simple, une autre personne sentira également sa présence.
Il s’agit du mage qui la recrute comme apprenti alors qu’elle a dix ans. Là, vous pensez immédiatement à l’épouvanteur, si ce n’est que Dana est une fille (elle avait craint le mariage, un temps). Pas vraiment. De l’apprentissage de Dana, nous ne saurons presque rien, de nombreuses ellipses parcourent ce récit qui nous mène de son arrivée à la tour à son avant-dernier examen. L’apprentissage de la magie n’est pas l’essentiel, plutôt le pouvoir qui singularise la jeune fille depuis la naissance, et qui l’a fait choisir par le Maître (ne pas oublier la majuscule).
Il est aussi du seigneur des anneaux dans ce texte, avec la présence d’un elfe et d’une naine. Je n’ai garde d’oublier tous ses loups qui menacent nuit après nuit la tour, et même un loup-garou qui apparaît dans le récit… à moins qu’il n’ait toujours été là.
L’intérêt du roman repose sur la manière dont les ingrédients bien connus sont utilisés et détournés, au point de véritablement surprendre le lecteur. Et si j’ai trouvé cette lecture facile et plaisante, en revanche je ne lirai pas les deux volumes suivants : je préfère rester sur la bonne impression laissée par l’épilogue.

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