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Ecoute, jolie Márcia – Marcello Quintanilha

Présentation de l’éditeur :

Márcia, infirmière respectée et aguerrie d’un hôpital de la région de Rio, vit dans une favela avec son compagnon Aluisio et sa fille Jaqueline, qu’elle a eue très jeune avec un autre homme. Jaqueline est frivole et grande gueule, et mène la vie dure à sa mère. Au grand désarroi de Márcia, sa fille fréquente les membres d’un gang du quartier et les relations deviennent très tendues entre les deux femmes. Marcia demande alors à Aluisio de surveiller Jaqueline, mais celui-ci risque gros…

Mon avis :

J’ai découvert cette bande dessinée grâce au blog de Béa, aux bouquins garnis  et je crois sincèrement que je ne pourrais pas rédiger une meilleure chronique que la sienne.

Marcia, l’héroïne de ce récit, est infirmière à plein temps. Elle et ses collègues bossent énormément à l’hôpital, ne ménage pas ses forces. Une fois sortie, elle prend soin d’une patiente atteinte de la maladie d’Alzheimer. Surtout, elle n’hésite pas à intervenir en pleine rue, aidant une jeune femme n’ayant pas eu le temps de gagner l’hôpital à mettre au monde son enfant. C’est ça, Marcia.

Sa vie privée est tout aussi tumultueuse. Pas à cause de son compagnon, non : Aluisio est un homme rare, qui prend des risques pour elle et pour Jacqueline, la fille de Marcia. Ce qui caractérise la jeune femme est sa désinvolture, en tout point : elle se moque de tout, des risques qu’elle prend, et des risques qu’elle fait prendre à Marcia et à Aluisio. Les conséquences ? Je vous le dis, elle s’en moque, tout comme elle se moque de l’amour inconditionnel que lui voue sa mère. Nous sommes au Brésil, nous sommes dans les favelas, les guerres entre gangs font rage, l’un supplantant l’autre, après avoir laissé morts et blessés derrière eux.

Et Marcia ? Femme hors-norme, elle ira jusqu’au bout pour ceux qu’elle aime, ceux qu’elle peut aider – et le « jusqu’au bout », ce n’est pas forcément ce que l’on penserait en France. Nous ne sommes pas dans un mélodrame, nous sommes dans un récit brut, de chair et de sang, de passion aussi, et le dessin suit : les personnages sont particulièrement expressifs dans cette oeuvre hors-norme.

A découvrir !

 

Feuilles volantes par Alexandre Clérisse

Présentation de l’éditeur :

Trois personnages à trois époques différentes, avec un point commun : ils racontent des histoires avec des images. Un moine copiste du Moyen Âge invente un récit imagé et un procédé d’impression, un jeune garçon au 20e siècle découvre le pouvoir inouï de la bande dessinée, et sa fille au 21e siècle vit de la création virtuelle. Chacun éprouve les nécessités vitales de la création et doit affronter des dangers et désillusions propres à leurs époques..

Merci aux éditions Dargaud et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

C’est une oeuvre déroutante qui s’offre à nous lecteurs, de par son graphisme et de par sa chronologie. Le graphisme, déjà : le texte est abondant sur certaines planches, ce qui pourrait faire tiquer certains. Les couleurs sont extrêmement vives, presque agressives, comme si le futur était déjà parmi nous. Oui, le futur, parce que la narration nous emmène dans trois époques : le moyen âge, le présent et le 21e siècle (avec salon littéraire sur la Lune en prime). ce sera à nous, lecteurs, de trouver les vrais liens entre les différentes époques.

Raconter avec des images, vaste sujet. Et nous de nous rendre compte que ce mode de récit a toujours existé : les enluminures médiévales étaient des récits en images (tout comme les sculptures des cathédrales, à destination d’un public illettré). Ils étaient faits par des moines qui se devaient de répéter inlassablement toujours les mêmes motifs, les mêmes lettres à la perfection. Aussi, raconter l’histoire de ces moines copistes est intéressant, tout comme est intéressant de voir les réactions, vives, à la naissance de l’imprimerie (je dis « vives » pour ne pas divulgâcher le récit). Au XXIe siècle, la fille de l’auteur se montre elle aussi répétitive, à sa manière, elle doit continuer à écrire les aventures d’un héros crée par son père, et pour lequel elle n’a plus vraiment d’inspiration, elle aspire à autre chose. Et, au milieu, nous avons un dessinateur en herbe, dont les parents considèrent que dessiner n’est pas vraiment un métier d’avenir. L’arrivée d’un nouveau voisin, qui vit de ce métier, les fera un peu évoluer sur leur position – les parents qui ne veulent pas que leur enfant embrasse une carrière artistique est hélas un grand classique. Avec lui, nous plongeons dans sa création, nous suivons les conseils qui lui sont donnés, et nous nous questionnons, aussi, sur la narration, quitte à perdre parfois un peu pied. Il faut se laisser porter par l’histoire.

Feuilles volantes est un récit singulier, à découvrir.

Soixante printemps en hiver par Chabbert, de Jongh

Présentation de l’éditeur :

Le jour de son 60e anniversaire, Josy refuse de souffler les bougies de son gâteau. Sa valise est prête. Elle a pris une décision : celle de quitter mari et maison pour reconquérir sa liberté en partant avec son vieux van VW ! Sa famille, d’abord sous le choc, n’aura dès lors de cesse de la culpabiliser face à ce choix que tous considèrent égoïste. Josy va heureusement tenir bon, trouvant dans le CVL (« Club des Vilaines Libérées ») des amies au destin analogue et confrontées à la même incompréhension sociétale… Mais cela suffira-t-il pour qu’elle assume sa soif d’un nouveau départ ? Et qu’elle envisage peut-être même un changement d’orientation sexuelle ? Oui, si l’amour s’en mêle. Ou pas…

Mon avis :

Merci aux éditions Dupuis et à Netgalley pour leur confiance.
Je n’ai qu’un mot à dire : bouleversant. Je ne pensais pas que la décision de Josy, son départ, loin de mari et famille, son installation dans son van VW entraînerait pour moi un tel flot d’émotions. Le dessin, les couleurs, tout respire la tendresse que, à mon avis, Aimée De Jongh et Ingrid Chabbert éprouvent pour leur personnage principale. Il ne s’agit pas tant de changement de vie que de vivre enfin, d’oser vivre, ne pas se contenter des apparences, de faire avec les convenances. Les enfants de Josy sont bien conformistes, j’ai envie de dire « hélas », pas seulement parce qu’il est dur de se souvenir que sa mère est aussi une femme mais parce que cette génération peut vouloir ne surtout pas sortir d’un cadre étroit. Personne ne cherche, sauf les femmes que Josy croisent et avec lesquelles elle noue de nouvelles amitiés, à comprendre pourquoi elle a agi ainsi, ses enfants plaquent des stéréotypes surannées sur ses actes, son mari, qui, même le jour de son anniversaire, ne faisait pas d’efforts pour elle, attend son retour – parce qu’elle ne peut que revenir, il est malheureux, lui.
Il fallait aussi aborder un tel sujet, celui du changement de vie, celui aussi d’un nouvel amour à la soixantaine, un amour différent des autres, un amour qui pourra choquer les biens pensants. J’ai trouvé que les images étaient à la fois réalistes et infiniment pudiques. Certains se choqueront peut-être. Ce n’est vraiment pas mon problème.
La lecture de Soixante printemps en hiver a été un véritable coup de coeur pour moi. J’espère qu’elle le sera aussi pour ceux qui découvriront cette oeuvre.

Tête de Pioche Les bébêtes du Bayou par Brrémaud et Rigano

Présentation de l’éditeur :

Dans un chalet de haute montagne, Tête de Pioche vit avec sa mamie adorée… et lui donne bien du fil à retordre. C’est d’ailleurs son caractère particulièrement têtu qui lui vaut son surnom ! Un jour, Tête de Pioche reçoit une lettre de sa grande sœur. Celle-ci lui annonce qu’elle vient d’être engagée dans un spectacle de claquettes à La Nouvelle-Orléans. Ni une ni deux, voilà Tête de Pioche, aussi intrépide qu’audacieuse, qui décide de fuguer pour admirer sa sœur sur scène ! Le voyage est long mais ne l’effraie pas : elle sait qu’elle pourra compter sur ses amis, les bêtes à poils et à plumes, pour lui venir en aide. Et elle en aura bien besoin ! Arrivée à La Nouvelle-Orléans, Tête de Pioche croise la route de trafiquants qui l’enferment dans une cage en compagnie de bestioles les plus variées. Heureusement, la petite a de la suite dans les idées. Et, surtout, elle maitrise le langage des animaux… Les Bébêtes du bayou est le premier volet d’une série sacrément attachante dont l’héroïne, une petite fille particulièrement ingénieuse et généreuse, fera à coup sûr chavirer le cœur des enfants… et de leurs parents !

Mon avis :

J’ai découvert cette bande dessinée grâce au challenge Netgalley 2022 et aux éditions Dargaud. Je dois dire d’entrée de jeu que cette bande dessinée aurait énormément plu à l’enfant que j’étais, et qu’elle plait aussi à l’adulte que je suis devenue. Grandir, ce n’est pas renoncer à celle que l’on était.

Tête de Pioche mérite bien son surnom, parce qu’elle est entêtée : elle va jusqu’au bout des choses pour sauver un animal en détresse, elle qui a le bonheur de pouvoir communiquer avec les animaux, parce que oui, pour moi, c’est un bonheur. Orpheline, elle est élevée par sa grand-mère, et a de temps en temps des nouvelles de Milady, sa grande soeur. C’est quand elle apprend que Milady va donner un spectacle à la Nouvelle-Orléans que Tête de pioche décide de s’y rendre pour applaudir sa soeur. Qu’importe le chemin à parcourir, c’est une succession d’aventures toutes plus extravagantes que la petite fille vivra, utilisant tous les moyens de transports mis à sa disposition, du bateau au train en passant par le bison. Les dessins, colorés, animés, débordent d’humour et d’énergie. Rien ne peut arrêter Tête de Pioche, et quand elle peut porter secours à des animaux menacés par des trafiquants, elle n’hésite pas.

Une bande dessinée que j’ai fortement envie de faire découvrir autour de moi.

 

Seizième Printemps par Yunbo

Présentation de l’éditeur :

Un conte animalier très humain qui suit le parcours d’une petite renarde de ses 5 à 16 ans. Imaginée par la Sud-Coréenne Yunbo, cette histoire touchante ne laissera personne indifférent. Un coup de coeur !

Merci aux éditions Delcourt et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

L’auteur nous adresse un mot pour présenter son livre :

Le mot de l’auteur :
 » Bonjour,

Le printemps est là !
C’est une saison de soleil doux, de vents qui sentent les fleurs et d’herbes sauvages. Mais d’un autre côté, c’est aussi une saison de fortes averses, de grêle, de vents violent et de froids inattendus.
Comme le printemps possède différentes faces, l’enfance présente aussi des faces opposées ; pleine d’espoir et de potentiel, mais très fragile et dépendant des autres.
J’espère que Seizième printemps sera lu comme un conte d’aujourd’hui qui donnera joie et espoir aux jeunes lecteurs et donnera aux adultes l’occasion de réfléchir à leur passé

Yunbo ».

A mon tour, j’ai envie de dire à l’auteur : bravo et merci. Merci d’avoir écrit et illustré une oeuvre aussi prenante, aussi émouvante, merci d’avoir évoqué un sujet dont on parle peu : celui des enfants qui se retrouvent abandonnés après un divorce. D’eux, l’on ne parle pas.

Yeowoo  a cinq ans quand ses parents divorcent. Sa mère ? Elle ne la reverra pas. Son père ? Il est trop pris par son travail, par sa vie pour la prendre avec lui, puis pour la reprendre avec lui. Il la confie donc à son propre père et à sa soeur aînée, qui vivent dans un petit village. Ils ne comprennent pas Yeowoo, ses colères, ses révoltes tellement poignantes, elle qui a été abandonnée, qui est sans repères : elle devrait tellement leur être reconnaissante pour la vie qu’ils lui offrent, alors qu’à aucun moment ils ne se demandent ce qui pourrait lui convenir, ce qu’elle, Yeowoo, voudrait vraiment.

Nous serions à une autre époque, le récit s’orienterait autrement, et Yeowoo finirait par être reconnaissante, et regretter d’avoir exprimé son ressenti. Nous serions à une autre époque (je vous assure que j’ai des titres en tête), on nous expliquerait que c’est la faute de Yeowoo si ses parents ne veulent pas d’elle. Heureusement, du moins, je l’espère fortement, cette époque est révolue, et c’est avec force que les émotions de Yeowoo nous sont rapportées, et elles sont parfois très douloureuses à lire pour nous, lecteurs, tant la solitude de cette enfant est poignante, tant sa colère peut réveiller en nous des échos.

Heureusement, dans son parcours de vie, elle rencontrera Paulette. Elle est une poule qui est venue vivre au pays des renards. Elle a été mise à l’écart de la société parce qu’elle ne pouvait pas avoir d’enfants. Elle a dû subir les remarques désagréables, le jugement des autres, parce qu’elle était différente. J’ai été frappée par ces poules qui estiment qu’on ne fait jamais assez d’enfants – pour la société. Cela peut étonner le lecteur et pourtant… Quand je vois toutes ces émissions qui nous présentent des familles nombreuses très heureuses, avec ces femmes qui ne demandent jamais d’aide à leur mari (alors qu’elles ne devraient même pas avoir à demander), j’ai l’impression de voir un message sous-jacent. En tout cas, Paulette, qui voyait peu à peu grignoter sa place, critiquer ses choix, est partie, elle et Yeowwo se sont trouvées. Paulette a aidé Yeowoo à grandir, à trouver sa voie. Quelqu’un l’a enfin écouté, a pris en compte ses goûts, ses choix. Et l’on voit aussi évolué son grand-père, sa tante, elle qui est restée célibataire et n’a jamais quitté son village – parce que c’était confortable ? Eux aussi doivent faire face à l’égoïsme d’un père, d’un frère, qui ne semble se préoccuper de personne, à part lui-même.

Le seul regret que j’ai en écrivant ma critique est que j’aurai volontiers passé plus de temps en compagnie de Yeowoo. J’aurai aimé savoir ce qu’elle deviendra, si elle parviendra à s’épanouir – et à penser, aussi, que sa tante parviendra peut-être à s’émanciper à son tour.

Je terminerai en parlant des dessins, qui sont absolument magnifiques, extrêmement détaillés, soignés, colorés. Il nous raconte chacun une histoire, leur histoire.

A lire, à relire, à partager.

 

 

Les aventures de Jack et Bill en Ecosse par Jacques Ortet

Présentation de l’éditeur :

Jak et Bil en Écosse Bil est invité chez son cousin Bul qui réside dans un ancien château au bord du Loch Ness en Écosse. Accompagné de Jak et Dinara, Bil veut se reposer et oublier les péripéties du Kazakhstan et du Gabon. Leur séjour se passe bien jusqu’au moment où ils visitent un château en ruine situe de l’autre côté du Loch Ness, juste en face de leur propre château. Leurs nuits sont interrompues par un fantôme qui les entraine non seulement dans une autre aventure homérique mais aussi dans un projet écologique audacieux … Le rire est aussi au rendez-vous ainsi qu’une introduction à la culture écossaise, celle d’un pays fabuleux.

Merci aux éditions Bookélis et à Nettgalley pour ce partenariat

Mon avis :

Après le Gabon, après le Kazakhstan, Jack et Bil le casoar espèrent enfin se reposer. Ils se rendent donc en Ecosse, chez un cousin de Bil (oui, les casoars aussi ont de la famille) et découvrent les joies de la gastronomie et de la culture écossaise. Hélas, rien ne se passe vraiment comme prévu.

J’ai trouvé, comme pour le précédent album, que les dessins, qu’ils représentent l’Ecosse, comme ici, ou le Gabon, comme dans le précédent album que j’ai lu, étaient vraiment très réussis. Tout ce qui se rapporte à l’histoire de l’Ecosse, à sa culture est intéressant – le château où ils sont hébergés se situe non loin du Loch Ness, de même que ce qui a trait à l’écologie, à la protection de la nature. Je n’oublie pas non plus que Bil a conservé son sens de l’humour ! Maintenant, c’est l’intrigue qui m’a un peu – juste un peu, je vous rassure – déçue. J’ai trouvé que, quelles que soient les embûches qui se présentent sur leur route, les personnages s’en tiraient sans trop de difficultés. Cependant, cette bande dessinée offre tout de même une belle ballade en Écosse.

Chaboom : Le château hanté de Laurence Erwin et Mandar

Présentation de l’éditeur : 

Quand le chevalier Chaboom apprend qu’il lui suffit de passer une nuit dans le château de Moursticoët pour en devenir le propriétaire, il n’hésite pas un instant. Une mission pareille, c’est du gâteau ! Demain matin, le château sera à lui.
Sauf que, dès son arrivée, les affaires se compliquent : il n’est pas seul et il va devoir tout faire pour se débarrasser de ses concurrents.
Mais le pire reste à venir. D’où proviennent ces étranges bruits ? Et qui est cette créature que l’on nomme «?le Monstre de Moursticoët » ?

Mon avis :

Merci aux éditions Au Loup et à Babelio pour ce partenariat.

Si vous connaissez déjà Chaboom – il a déjà été le héros de trois aventures – vous constaterez qu’ici il n’est pas un chat pirate, mais un chat chevalier. Il a une mission simple : passer la nuit dans un château que l’on dit hanté. S’il y parvient, le château lui appartiendra. Bien sûr, il n’est pas le seul prétendant au titre de possesseur – ce serait beaucoup trop simple ! Tous sont très motivés pour arriver à leur fin. Ni eux ni Chaboom n’avait prévu ce qui les attendait au cours de cette nuit.

C’est une bande dessinée, oui, mais une bande dessinée que j’ai trouvé un peu à la limite de l’album, ou plutôt, comme s’il s’agissait d’une bande dessinée pour jeunes lecteurs. Comme dans un album, les couleurs, chaudes pour la plupart, sont très marquées. L’ambiance nocturne à l’intérieur du château est très bien restituée et les nombreuses péripéties peuvent permettre aux jeunes lecteurs de fractionner leur lecture. Oui, en disant ceci, j’ai l’impression d’être très technique, alors que la lecture de ce livre ne nécessite pas de compétences particulières, simplement de s’abandonner au plaisir de voir les adversaires que devra affronter Chaboom, et les retournements de situation.

Après les vampires, les fantômes et les moustiques, heureusement qu’il n’y a pas de loup-garou parmi nous. Hi hi !

À cheval, tome 8 : Un pour tous, tous poulains ! de Laurent Dufreney

Présentation de l’éditeur :

Un heureux événement arrive dans les pages d’À cheval ! C’est Chocco, un tout jeune poulain pas plus haut que trois pommes mais toujours à cent à l’heure et ne tenant pas en place. Malgré son âge, il ne compte pas se laisser intimider par Bijou, Rafal et leurs amis qui vont trouver en lui un nouveau compagnon de jeux. Flash va devoir garder le rythme s’il ne veut pas se retrouver dans les choux.

Mon avis :

Un nouvel arrivant dans la famille. Youpi !!!Tous les membres de l’écurie n’avait pas compris ce que signifiait, pour Bella, attendre un heureux événement. N’est-ce pas Smoussi ? Chocco est le centre de toutes les attentions, que ce soit celles des humains, du tout petit au plus grand, ou celles des chevaux, qui ne cessent de le surveiller, de jouer avec lui, de tenter de l’éduquer même. Il faut dire que Chocco, le poulain, est particulièrement dynamique et prompt à découvrir le monde – en faisant quelques bêtises au passage. Il faut lui rappeler les limites ! La tradition ! Les règles de vie ! Pas gagné, surtout quand d’autres chevaux participent avec grand plaisir à ses jeux.
Un huitième album très drôle.

Blacksad, Tome 4 : L’enfer, le silence de Juan Díaz Canales et Juanjo Guarnido

Présentation de l’éditeur :

Années 1950, La Nouvelle-Orléans, où la fête de Mardi gras bat son plein. Grâce à Weekly, un producteur de jazz dénommé Faust fait la connaissance de Blacksad. Faust demande à ce dernier de s occuper d une affaire : un de ses musiciens, le pianiste Sebastian, a disparu. Il n a pas donné signe de vie depuis des mois, mettant en péril le label musical privé d une star. Faust craint que Sebastian ait, une fois de trop, sombré dans la drogue. Sa requête est d autant plus pressante que Faust se sait atteint d un cancer. John accepte la mission et découvre peu à peu que Faust ne lui a pas tout dit. Il s aperçoit qu il est lui-même manipulé, mais décide tout de même de retrouver Sebastian pour comprendre les raisons de sa disparition. Il ne sait pas encore qu il va connaître son enquête la plus éprouvante, à plus d un égard.

Mon avis :

Une relecture, pour clôturer pour moi ce mois espagol et sud-américain, le 50e billet de ce mois.

Le titre est une référence à la formule de Sartre : « L’enfer, c’est les autres », et John Blacksad nous démontre dès la première planche de la BD que pour lui, l’enfer, c’est un endroit sans bruit et sans ses amis. Weekly est bien d’accord, lui qui regarde une belle panthère faire son numéro sur scène. las ! Leur client n’est pas là, enfin, celui qui devait leur présenter une affaire. Faust, celui qui a l’habitude de visiter ses musiciens en prison (cela aurait-il un lien avec leurs couleurs de peau ?) veut que Blacksad retrouve un de ses musiciens, un pianiste de génie, perdu de  vue depuis un mois, et peut-être perdu dans l’enfer de la drogue.

S’il est un mot pour qualifier cette série de BD, c’est le mot « chef d’oeuvre ». J’ai adoré ce tome, qui nous plonge dans la Nouvelle Orléans au temps où la frénésie du jazz envahissait la ville et la Nouvelle-Orléans est une ville que j’aime particulièrement, avec son ambiance poisseuse, déroutante (je vous conseille d’ailleurs la série Treme, si vous ne l’avez déjà vue). Les dessins sont toujours aussi magnifiques (j’ai lu tous les autres tomes, et je cherche encore où j’ai rangé le 5 depuis le déménagement de 2014 )et nous plonge dans la liesse populaire de Mardi gras, ou dans le dénuement le plus absolu (la maison de Hannah, pour ne citer que ces planches poignantes).

Blacksad est égal à lui même, c’est à dire humain, très humain, et près à aller jusqu’au bout de son enquête quitte à découvrir le pire dont l’être humain est capable. Il a beau y avoir déjà été confronté dans les trois tomes précédents, il ne s’habitue pas à ce que je qualifie d’horreur humaine ordinaire. Ce n’est pas peu dire, croyez-moi, et c’est pourtant tristement banal. La vie de John est mise en danger, tant ce qu’il a découvert est particulièrement explosif – pour tous. Les retours en arrière sont parfois un peu déroutants, ils nous permettent pourtant d’en savoir plus sur ce qui a entraîné la tragédie actuelle.

Un superbe volume des aventures d’un superbe chat noir et de son ange gardien- un double album est prévu pour l’automne.

Une citation pour terminer, qui fait référence à un moment-clef du récit :

– Est ce qu’il existe un seul félin qui aime l’eau ?
– En tout cas, on dirait que tu as une étrange tendance à t’y laisser tomber.
– Nous nous connaissons ?
– Peut être bien. Après tout, nous sommes des chats tous les deux. Nous avons dû nous croiser dans l’une de nos neuf vies.

J’ajoute cette seconde citation :

Dans ce boulot, la logique est plus utile que n’importe quelle arme à feu.

La sentinelle du petit peuple, tome 1 : La pommade des fées par Barrau, Carbone et Forns

 

Présentation de l’éditeur :

Il est temps pour Adélaïde, loin de chez elle, immobilisée en maison de repos, de léguer à sa petite-fille son plus grand secret. Elle est la sentinelle du Petit Peuple, la protectrice des êtres féeriques qui sont les garants de l’équilibre de notre Terre. Elle lui transmet la recette de la pommade de fée : à son tour, Élina pourra voir ce monde merveilleux et découvrir sa nouvelle mission. Car l’heure est grave. Au lac, l’ondine a disparu et le Petit Peuple a besoin de son aide. Pour protéger les humains et les êtres féeriques, en poursuivant son apprentissage auprès de sa grand-mère, Élina devra aussi dissimuler à sa mère ses nouveaux pouvoirs…

Merci à Netgalley et aux éditions Dupuis pour ce partenariat.

Mon avis :

J’ai découvert Carbone par la série La boite à musique, dont j’ai lu les quatre tomes parus à ce jour grâce à Netgalley et aux éditions Dupuis. Je découvre maintenant sa nouvelle série, que je trouve plus axée jeunesse.
Je me suis sentie réellement projetée dans le monde des contes, avec l’ondine, le drac, et tout le petit peuple qui gravite autour. Rares sont ceux qui peuvent les apercevoir – et encore, ils ont besoin d’utiliser une pommade pour cela, et, bien sûr, de croire en leur existence. Qio accepterait de fabriquer une pommade, puis de la mettre sur ses paupières s’il ne croyait pas, au moins un peu, à la possibilité de voir les fées ?
Ce n’est pas, cela n’a jamais été le cas de la fille d’Adélaïde, mère d’Elina, comme un chainon manquant, comme un être qui veut absolument s’ancrer dans la réalité. Avec elle, nous abordons une autre facette de l’oeuvre, celle de l’indifférence qui paraît généreuse. Cette jeune femme m’a rappelé une phrase souvent dite, écrite : « on devient les parents de ses parents ». Et elle d’agir ainsi, de décider de vendre la maison de sa mère et de placer celle-ci dans une maison de retraite à la suite de son accident. Je me dis tout de même qu’elle va un peu vite, et qu’elle a tout pouvoir très rapidement. Je me dis surtout qu’elle n’écoute pas les désirs de sa mère, qui est loin d’avoir perdu son autonomie. Qu’en sera-t-il dans le tome 2 ?
Et les craintes du petit peuple ? Oui, une nouvelle sentinelle est là, Elina,mais elle a encore beaucoup à apprendre, et le lecteur à découvrir, dans cette bande dessinée au graphisme toujours magnifique et créatif.