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Journal d’un louveteau garou – 7 mai 2019 – et des nouvelles de madame Cobert

Cher journal
la chorale est de retour !
Je cède donc la parole à madame Cobert.

« Coup de sifflet »

Chers louveteaux, c’est parti pour cinq heures de répétition. je sais que certains voudraient courir un marathon, seulement pour des motifs divers et variés, les professeurs d’éducation physique et sportive sont tous indisponibles, l’un s’est froissé un muscle en bêchant son jardin, l’autre s’est foulé la cheville en traversant le couloir menant à la salle des professeurs, un autre encore se serait luxé le poignet en changeant de chaîne télévisée. Quant à monsieur Trukensky, la course à pied n’est pas son point fort, nous le savons tous – par contre, il tient à ce que je vous dise qu’il est prêt pour la saison de rugby, basket, et autre football.

« Coup de sifflet »

Quand j’ai dit « montez sur scène », je n’ai pas dit « allez vous planquer en coulisse ». Je vous entends : vous voulez tester l’acoustique. Et moi, je suis Diane de Poitiers.

« Coup de sifflet »

Oui, je n’ai pas l’oreille musicale, je suis au courant. Tout de même : quand la moitié des choristes ne chante pas, je le remarque ! Oui, Angie, je le remarque, et ce n’est pas la peine de te cacher derrière les petits camarades, il n’y a pas que toi qui ne chante pas !

« Coup de sifflet »

Quoi, le tee-shirt officiel est moche ? Mais non. Il est simplement « hors du commun », et surtout hypoallergénique. Des louveteaux qui passent leur temps à se gratter sur scène, même en mesure, cela se remarque.

« Coup de sifflet »

Samuel, je t’aime bien, tu fais partie des choristes qui chantent presque toujours juste, presque toujours en mesure. Hier, tu bégayais, aujourd’hui tu sembles avoir les mâchoires bloquées. Es-tu sûr que cela va ?

« Coup de sifflet »

Les congas et autres djembés sont faits pour rythmer les chansons. Bref, vous devez taper dessus en rythme pas vous taper dessus en rythme !

« Coup de sifflet »

Comment ça, vous en avez assez d’entre des coups de sifflet ? Moi aussi, que croyez-vous ? Alors, vous allez chanter, oui ou non ?

Journal d’u louveteau garou – 29 avril 2019

Cher journal,
je ne pouvais recommencer ton écriture que pour te signaler une catastrophe.
Non, pas le fait que le principal soit tombé dans le lac du collège. Là, c’était un accident dû à un saint-Bernard prénommé Sara.
Non, pas le fait que le CPE n’a plus d’ordinateur et que, quand il a une communication à faire, il le fait par haut-parleur. On s’y fait, même si ce n’est pas discret.
Non, pas le fait que la choral du collège a été dissoute parce que, mystérieusement, tous les louveteaux choristes sont devenus subitement muets.
Non, la catastrophe, c’est qu’Enguerrand Pouic, notre Pouic de l’année, a raté dans les grandes largeurs les épreuves du brevet blanc. Alors que ces aînés avaient eu 390 ou 380 sur 400, lui a … 140. Oui, 140 sur 400. Autant dire que l’heure est grave, et je lui conseillerai plutôt de fuir dans la forêt la plus proche afin de n’en plus jamais ressortir, ou alors, de n’en ressortir qu’après avoir trouvé un remède miracle contre la calvitie lupine, ou toute autre invention utile pour la meute ! Non, mais franchement, cela a servi à quoi qu’il ait été martyrisé forcé à lire plusieurs heures par jour, à étudier quotidiennement pendant des années pour en arriver à un tel échec. Tous les espoirs du clan Pouic reposent maintenant sur François Pouic, le sixième de la porté, qui a intérêt à égaler le niveau de ses aînés, et puis quoi encore !!!
Certes, Valère me souffle que je n’ai pas atteint les « hauteurs », les « sommets » gravis par nos aînés. Je n’ai pas démérité non plus. Et, contrairement aux Pouic, je n’ai jamais eu une pression démesurée sur les épaules.
– J’en ai eu moins encore, crut bon d’ajouter Valère.
Des bruits me forcèrent à m’interrompre : Enguerrand Pouic courait après l’un de ses frères aînés et avait bien l’intention de le … et bien oui, de le zigouiller !
Il s’en passe des choses, au pensionnat et au lycée.
@bientôt
Anatole et Valère Sganou, journal à quatre mains.

Journal d’un louveteau garou – 6 novembre 2018

Cher journal

Et oui, cela fait longtemps que je n’ai rien écrit, parce qu’il ne se passe quasiment rien. Mais alors, rien. Le lycée, à côté du pensionnat des louveteaux, est d’un calme olympique. Il faut dire que nos professeurs sont tous absolument rasoirs. Ordinaires. Normaux. Si les rumeurs se confirment que le pensionnat ouvre une section lycée, j’y retourne tout de suite.

Valère, mon cher petit frère, affirme que le pensionnat est beaucoup plus calme depuis que ma « génération » a mis les voiles vers des cieux plus cléments. Tant d’outrecuidance me confond.

J’ai lu le programme de leur sortie scolaire. Les crédits manquent, c’est atroce, et les jeunes louveteaux devront user leurs coussinets s’ils désirent visiter des musées ou assister à des spectacles. D’un autre côté, mêler le sport à la culture, c’est bien, et ce n’est pas comme si nous n’avions pas l’habitude de marcher. Puis, madame Cobert aurait dit : « plutôt qu’un bus qui tombe en panne en rase campagne, il vaut mieux pas de bus du tout. » A nouveau, elle a réussi sa mission : les 6e sont terrifiés. Il faudrait qu’elle forme les professeurs de notre lycée, ils ne font peur à personne, ils nous endorment ! J’ai l’impression qu’ils n’ont pas changé leur méthode depuis la dernière guerre inter meute, et elle remonte tout de même à très très longtemps ! Il faut que je vérifie mes cours d’histoires de la meute, d’ailleurs.

Sur ce, je te laisse,

Anatole Sganou.

PS : un louveteau a dû copier à tous les temps et à tous les modes : « je ne dois pas mordre les fesses d’un camarade de classe en plein cours, même si mon camarade affirme que cela ne lui a pas fait mal ».
PSS : comme tout est calme et que tout se passe bien, ceci est, pour un temps, la dernière page du journal d’un louveteau garou.

Journal d’un louveteau garou – 6 août.

Cher journal
Veux-tu régler définitivement les problèmes de lutte au sein d’un clan de loup garou ? Organise des combats quelconques, mais alors vraiment très quelconques pendant une canicule. Le loup garou normalement constitué ne supporte pas les températures au-dessus de 30°. Il rêve alors de se rendre en urgence dans un endroit à peu près froid, et se plaît à rêver à son stage d’hiver en Alaska. je sais très bien que certains ouvrages prétendent que nous autres loups adorons la chaleur – que les auteurs viennent nous le dire en face au lieu de se cacher dans leurs bureaux climatisés.
Le seul point positif est que je n’entends plus mon petit frère Valère. Dans notre chambre, volets soigneusement fermés, il a renoncé à parler pour « économiser son énergie pour des choses essentielles ». Comprenez, avoir la force de se rendre dans la cuisine et de se préparer à manger quatre fois par jour. Valère tente en effet d’augmenter sa portion de légumes dans sa nourriture. Je n’ai qu’un mot à dire : ce n’est pas gagné.
Si quelqu’un suggère que nous pourrions bronzer, je lui dirai que les loups attrapent surtout des coups de soleil ! Pendant que j’écris, j’entends Zoé et Anna, mes chères cousines – pour notre bien-être mutuel, nous nous voyons le moins possible – que la chaleur rend leurs cheveux im-pos-sible à coiffer. Il suffit de remplacer « chaleur » par « pluie, vent, grêle, froid, neige, gel » et vous aurez la base de la conversation de mes cousines. Zoé veut devenir hôtesses de l’air parce que les louves garous sont sous-représentées dans cette profession. Anna, elle, veut être garde du corps – ce que je trouve absurde, un loup garou est capable de se garder seul. Elle a eu la délicatesse de me rappeler que j’avais été enlevé. J’adore ma cousine.
Sur ce, je te laisse cher journal, et te dis à la prochaine journée à peu près rafraîchissante.
Anatole Sganou.
PS : Valère, transformé, a voulu mettre le museau dehors afin d’aller cueillir des framboises. J’ai renoncé depuis longtemps à comprendre mon adorable frère. Il s’est légèrement brûlé les coussinets sur les pavés brûlants. Heureusement que nous avons un stock de pommade apaisante « au cas où ».

Journal d’un louveteau garou – 11 juillet

Cher journal,

je n’ai qu’un mot à dire : aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah !

Comment une telle horreur a-t-elle pu se produire ?

Non, je n’ai pas raté mon brevet des louveteaux, j’ai même eu la mention très bien, ce qui était tout à fait normal eu égard à mes capacités et à mon absence quasi-totale de modestie. Je vous parle simplement de notre dernière et ultime sortie scolaire de nos années collèges. Tout se passait presque bien : il ne faisait pas trop chaud, il ne pleuvait pas, et personne n’était malade. Nous déambulâmes tranquillement à travers les expositions, les parcs fleuris et nous naviguâmes de même.

Le retour fut…. J’aurai dû me douter de quelque chose, j’aurai dû. Il faut dire qu’une sortie scolaire avec madame Cobert se passe rarement sans souci. Soit dit en passant…. je n’approuve pas le projet d’un certain Antoine, qui souhaite kidnapper madame Cobert afin qu’elle nous accompagne au lycée. Je n’approuve pas, mais vu ce qui s’est passé à la sortie, je sens que je vais lui donner un coup de patte. C’est vrai, tout de même, que cela s’est passé sous son nez.

A la décharge de madame Cobert, elle a tout de suite contacté le principal, qui a tout de suite envoyé un groupe d’intervention.
– Et oh !
– Oui, Valère (quelle galère les petits frères) ?
-Toi qui es si malin, tu t’étais aperçu que Clairanne et Cassandra avaient ramené un vrai dragonneau, et non une peluche acheté à la boutique du musée ? Qui se serait attendu à trouver un dragonneau miniature dans un parc floral ? Non, parce que, un dragonneau, nous en avons déjà eu un au pensionnat (pensée émue pour notre camarade Gentiane) et il ne rentrait pas dans un cartable de taille standard !

Je me réserve le droit de ne rien dire jusqu’à ce que toute la lumière soit faite sur cette affaire.
Anatole Sganou, louveteau garou breveté.

Journal d’un louveteau garou – 5 juillet 2018

Cher journal

je viens de lire les lignes partagés par mon cher frère, et je serai direct : oui, je suis content qu’une louvetelle ait consenti à le fréquenter, mais j’attends de voir combien de temps leur relation va durer ! Ils se sont déjà séparés et remis ensemble une fois ! Ah, on me souffle, enfin mon petit frère, qu’il ne s’agit pas d’une séparation, mais d’un processus d’éloignement volontaire visant à savoir si oui ou non ils étaient faits pour construire une relation durable ensemble en vue d’une intégration future dans la meute. Heureusement que j’ai une bonne mémoire, parce que la chérie de mon frère prononce des phrases drôlement longues.
Sinon… je ne vois franchement pas pourquoi nous devons subir cette initiation au tir à l’arc. Les lubies des professeurs de sport ! Il nous a dit que ce n’est pas avec une équipe pareille qu’il irait chasser le grizzli ! S’il croise des grizzlis en Normandie, et bien qu’il nous prévienne, je veux absolument les voir. A moins qu’il n’existe des grizzlis garous, ce qu’aucun ouvrage ne mentionne.
Sinon… on a trouvé le nouveau Robin Des Forêts Boisés. Il s’appelle Ethan et on peut compter sur lui pour le grizzli – à condition d’avoir autre chose comme munition que des flèches à ventouse.
Sur ce, cher journal, je te laisse : l’odeur d’une délicate pizza me monte aux narines.
Anatole Sganou, 3e Bleu.

Journal d’un louveteau garou – ou presque – 30 mai 2018

Cher journal de mon frère,
Anatole est débordé, le pauvre chéri, et n’a plus le temps d’écrire. Je ne comprends pas ! Je m’attendais à ce que le récit de mes brillantes amours fasse l’objet – au moins – d’une page spéciale dans son journal. Même pas. Je suis déçu. Pas la peine que je trouve une copine et que je prenne soin d’être conseillé par un authentique futur thérapeute conjugal – quand on s’appelle Antoine Jolirate, pourquoi pas ?
Madame Cobert est débordée. Elle cherche un resto qui accepte les fantômes, pour y aller avec son amie Alma – à quand une manifestation de professeurs fantômes, qu’on s’amuse un peu ?
J’ajoute que je n’en veux pas du tout à madame Cobert de m’avoir balancé ma copie à la figure. Ce n’est pas de sa faute si elle a glissé ! Elle a noté que j’avais une large marge de progression puisque j’avais 1/20.
Sur ce, je te laisse, je dois passer une soirée romantique avec ma nouvelle petite copine Amélie – déjà huit jours que nous sortons ensemble. Bon, elle est gothique, mais personne n’est parfait.
Valère Sganou, 4e Bleu.