Archives

Journal d’un louveteau garou – 27 janvier

Cher journal
Un mois que je ne t’ai pas écrit ! J’ai été extrêmement occupé, tu t’en doutes bien.
Quelques nouvelles urgentes :
– la famille des lutins louveteaux abandonnés a été retrouvée. Comme le pensait la maman de notre principal, ils sont issus d’une famille non lupine, complètement désemparée. On le serait à moins. Déjà que ma propre famille est désemparée depuis la naissance de mon petit frère (Valère, pour ceux qui parviendraient à l’oublier plus d’une demi-journée, notre record personnel), alors une famille ordinaire…. Je n’ose imaginer ! Surtout que la petite Alexandra ronge très bien les pieds de chaise, une vraie loupiote !
– Le club Carotte, animé par Salsifis, fonctionne très bien. Même Marco y va désormais, soi-disant pour que sa lapine baigne dans des ondes positives.
– Le club Chocolat vient de naître. Il est animé par Olga Fosette (cela ne s’invente pas, hélàs), la meilleure amie de Salsifis. Camille, le presque alpha révélé, l’a intégré parce qu’il a toujours faim. Je ne sais pas où il met ce qu’il grignote toute la journée. En tout cas, il a failli s’envoler lors de notre dernière promenade.
L’essentiel en effet est là : notre professeur d’EPS nous a réunis, et nous a précisé que notre séjour au ski était cuit, puisqu’un dragon avait brulé tout notre matériel ! Comme si nous pouvions oublier cet épisode ! Nous sommes donc partis au bord de la mer ! Camille avait eu beau s’exclamer que c’était impossible, et bien, ce fut possible ! Nous randonnâmes sur la plage, nous pique-niquâmes dans les rochers, nous nous trempâmes les pattes dans l’eau gelée, nous subîmes des épreuves de sauvetage en condition extrême – nous n’étions pas des Terre-Neuve, mais nous le sommes presque devenus, désormais.
Sur ce, je te laisse, j’aide Prune aux yeux bleus à réciter ses leçons.
@bientôt
Anatole Sganou.

Journal d’un louveteau garou – 26 décembre

Cher papa Noël
je t’écris directement, via mon journal intime, toi qui sais à peu près tout et distribue les cadeaux aux gentils loupiots.
Tu rappliques tout de suite et tu viens récupérer les deux lutins que tu as oubliés chez nous ! Et fissa ! Nanmého !
Indice : ils sont roux tous les deux, l’un a les cheveux courts et raides, l’autre, une fille,  possède une chevelure assez longue et boucléé,  tous les deux portent un stupide bonnet lumineux et semblent s’être égarés dans notre forêt.
A moins que ce ne soit leurs parents qui ne les aient égarés et là, franchement, bravo l’esprit de famille !
Notre principal est en contact avec tout ce que la meute compte de membres éminents ou pas éminents du tout – cela en fait du monde – et cherche à savoir qui a pu égarer ces loupiots le lendemain de Noël. A croire que certains ont voulu jouer un remake d’Hansel et Gretel, ou moderniser le petit Poucet.
C’est la maman de notre principal qui a émis une idée pleine de bon sens.
– Et si ses enfants n’étaient pas nés dans une famille lupine ?
– Ce sont des loupiots, maman.
– Et suis-je une louve, mon chérie ?
– Pas au sens où la meute l’entend, mais oui.
Statistiquement, il est peu probable que des loupiots naissent sans qu’un des deux parents ne le soient. Sauf que les statistiques…. Les jours à venir seront douloureux, je le sens. Salsifis et Sarah ont pris les petits sous leur patte velue. Elles veulent confectionner avec eux des gâteaux de Noël vegan.Cela promet.
@bientôt
Anatole.
PS : ils nous ont révélé leurs prénoms, Maxime le garçon, Alexandra la fille. Franchement, père Noël, tu n’as pas choisi des prénoms très originaux pour tes lutins !
PPS : oui, j’adore les points d’exclamation !

Journal d’un louveteau garou – tome 2, 17 décembre

Cher journal
Nous avons survécu à la journée d’intégration – par contre, les manuels de maths sont définitivement hors d’usage, ceux qui n’ont pas été victime d’une inondation impromptue ont été grignotés par un loupiot stressé.
Les loupiots ont survécu aussi – certains ont fini la journée dans le club de méditation carotte. Oui, cela existe, et il paraît que c’est excellent pour tous les louveteaux qui aiment les légumes. Je vous laisse deviner qui anime ce club. Non, pas Marco, c’est sa lapine qui aime les carottes, pas lui. Salsifis, la future louve alpha vegan ! Je plains notre meute si elle reste parmi nous.
– Anatole, tu as oublié d’écrire que tu étais amoureux.
J’ai déjà dit maintes fois que Valère devait tenir son propre journal et non squatter le mien. Je tiens donc à réfuter cette information. Non, je ne suis pas amoureux de la petite loupiote Prune aux yeux bleus fan de haricots verts. Ce serait absurde, elle a dix ans !
-Et demi, et toi quatorze. Dans dix ans, il n’y paraîtra rien !
Je dirais bien à mon frère de s’occuper de ses affaires. Las ! Nous n’avons pas de nouvelles de Gentiane.Enfin, « officiellement », parce qu’officieusement, il paraît qu’elle va aussi bien que possible. Comment peut-on préférer un dragonneau à une meute comme la nôtre, franchement ?
Notre alpha pense qu’une réconciliation est possible entre nos deux peuples. Comme le dit son adjoint, cela se voit que ce n’est pas son fils que l’on a tenté d’enlever à deux reprises. Ni sa petite fille qui vit parmi eux, a ajouté Du Coussinet Tordu.
Je te laisse sur ses mots : Valère veut à tout prix me lire le poème qu’il a composé sur mes amours. Tant qu’il ne le lit pas à tout le pensionnat, je suis prêt à l’écouter.
@bientôt
Anatole Sganou, 3eBleu.

Journal d’un louveteau garou, tome 2 – 16 décembre 2016

Cher journal
C’est pire qu’une maladie : je crois que j’ai attrapé la maturité. Ou, tout du moins la sérénité. J’ai réussi à prendre mes distances avec l’horrible événement survenu quelques mois (déjà) plus tôt. Du coup, je regarde avec une distance amusée Valère, mon petit frère, qui n’a pas encore atteint cette étape du développement.
Je ne te parle même pas des tout petits louveteaux qui ont visité le pensionnat aujourd’hui pour une visite d’intégration découverte. Ils étaient tout mignons, mais parfois dissipés. Notamment celui qui a fait pipi sur les manuels de maths tout neufs : une bonne raison pour passer au numérique, a précisé notre principal.
Les tout petits futurs nouveaux élèves ont ainsi pu admirer nos coutumes (ce n’était peut-être pas le moment de leur montrer comment défoncer une porte quand on a paumé les clefs, mais au moins, ils n’auront pas peur du bruit que cela fait), nos clubs (journal, manga, cinéma, cuisine, choral et hurlement à la lune), nos enseignements, sans oublier les bâtiments et le parc.
Je n’ai jamais vu des louveteaux avoir autant peur que pendant notre course de relais. Trente loupiots et loupiotes serrés les uns contre les autres qui nous regardent avec des yeux ébahis… Nous n’étions pas ainsi à leur âge ! Même Valère était dix fois plus dégourdi – ce qui, eu égard à leur manière de trembloter comme des flans à la vanille mal cuits n’est franchement pas d’une grande difficulté.
J’ai gardé le pire pour la fin. Nous leur avons fait découvrir la cantine, et franchement, le menu était excellent. J’ai remarqué une toute petite loupiote qui chipotait son poulet sauce au miel. Et bien tu sais quoi, cher journal ? Elle m’a avoué qu’elle n’aimait pas la viande, et qu’elle préférait de loin les haricots vers. Cher journal, si je n’avais pas chopé la maturité, je crois que j’aurai fait un malaise. Néanmoins, comme elle est choupinette (je soupçonne une future omega), je l’ai prise sous ma patte et elle a décoré avec moi le sapin de Noël des 3e Bleu.
@bientôt
Anatole Sganou.

Journal d’un louveteau garou – tome 2, 27 octobre

Cher journal
non, la situation n’est pas grave, cela fait longtemps que ce stade est dépassé.
Je me suis confié à notre Alpha – enfin…. à Paul… au sujet de la lettre (j’ai passé sous silence le truc à la fraise).
Il m’a fait me réunir avec Sarah, qui assume très bien son statut d’omega.
Paul m’a regardé, Sarah m’a regardé, j’ai regardé Sarah, Sarah a regardé Paul, Paul m’a regardé…
– C’est bientôt fini, vous allez me parler, oui ou non ?
– Anatole, commença Paul, tu es un très bon révélateur.
– Je confirme, dit Sarah, qui regarda à nouveau Paul.
– Mais… tu oublies d’observer ce qui se passe autour de toi. Moi, Sarah, et d’autres encore savent parfaitement…
– Qui éprouve une tendre inclination pour toi.
– En fait, il est vraiment proche de toi, et personne ne comprend
– Que tu ne comprennes pas.
Je les applaudissais, ils seraient tous les deux parfaits à la tête de la meute ! Mais cela ne me disait toujours pas le nom du louveteau qui m’avait laissé cette lettre.
– Irrécupérable ! commenta Sarah.
Sur ce, cher journal, je te laisse : je vais enquêter avec Mathieu, mon meilleur ami et Valère, mon petit frère. Eux, au moins, seront peut-être plus clair !
@bientôt
Anatole Sganou.

Journal d’un louveteau garou, tome 2 – 25 octobre

Cher journal,
l’heure est grave.
Je te retranscris ci-dessous ma deuxième intervention auprès des apprentis alphas. Je te préviens, c’est sans censure.

– Bon, admettons, vous ne voulez jouer qu’un rôle subalterne au sein de la meute, mais vous êtes-vous posé la question : avez-vous le choix ? Non ! Vous avez des droits et des devoirs envers la meute. Le jour venu, le jour où la meute aura besoin de vous, que ferez-vous ?
– Et bien on avisera ! dit Marco.
– Vous devez aviser maintenant, tout de suite, immédiatement. Vous savez quel est mon rôle, à moi, au sein de la meute ?
– Mis à part nous casser les pattes à nos réveiller à quatre heures du matin pour écouter tes harangues et traumatiser ma lapine, franchement, non, je ne sais pas.
Et oui, je ne vous l’ai pas précisé : à la suite de ma métamorphose d’il y a deux jours, Léna, la lapine de Marco, a subi un profond traumatisme psychologique qui a entraîné des troubles gastriques. Bilan : elle a des gaz et la salle de réunion improvisée empeste la carotte.
– Je suis là pour que vous preniez conscience de votre potentiel, et cela fonctionne, Sarah en est la preuve, Sarah s’est révélée être une oméga.
– De quoi ? s’exclama Marco.
C’était lui qui avait amené Sarah à la réunion, contre mon avis, parce que Sarah était « la thérapeute de Léna ». Il n’empêche que cela marchait, Sarah envoyait des vagues d’apaisement très efficaces sur la lapine et ni l’une ni l’autre ne me vrillait les oreilles. D’ailleurs, à part Marco, je n’entendais personne, Camille semblait s’être endormi sur sa chaise, et Salsifis… se faisait les griffes, et contemplait régulièrement le résultat. Elle n’allait pas l’intention de se fatiguer en disant « cause toujours, tu m’intéresses », son attitude me le prouvait assez !
– Tu crois qu’elle pourrait apaiser Léna, sinon ? Mes amis, l’heure est grave ! repris-je en m’époumonant, sortant ainsi Camille de sa léthargie. Je veux savoir qui a rangé et plié mes affaires lors de la dernière réunion. [Note : c’est pour cette raison que je les ai convoqué de nuit. Un : un pyjama, c’est plus facile à défaire pour se métamorphoser. Deux : l’effet de surprise, c’est toujours utile, tous les stratèges vous le diront]
– Pas moi, dit Marco, j’ai passé deux heures à trouver Léna, qui s’était enfuie. Tu lui as fait peur !
– Moi non plus,marmonna Camille. J’ai déjà du mal à ranger les miens, de vêtements, alors les tiens. [Gros soupir à déplacer la poussière]
– Même avec des pincettes, je n’aurai pas touché à tes affaires. Beurk, précisa Salsifis, au cas où je n’aurai pas compris. C’est gentil, Salsifis, tu me revaudras cela.
– Avez-vous vu quelqu’un toucher à mes affaires ?
– Peut-être ton frère, suggéra Salsifis.
– Non, il m’a certifié que ce n’était pas lui. Je veux savoir qui les a rangées ! hurlai-je.
Non, parce que, franchement, je voudrai bien savoir qui m’a rédigé une jolie (groumpf) déclaration d’amour (regroumpf) en y joignant un préservatif (neuf) à la fraise. L’écriture, ce n’est pas celle d’une fille ! Croyez-en mon instinct d’alpha !

Journal d’un louveteau-garou – 23 octobre 2016

Cher journal
Cette fois-ci, je rends définitivement mon tablier !
Non, mais franchement, il ne faut pas attiger ! Et je dis cela uniquement pour rester poli !
J’ai fait une réunion de « révélation », une sorte de coming-out lupin pour futurs alphas très timides, voire complexés et là, tu ne le vois pas cher journal, mais la fumée me sort des oreilles. J’ai rappelé aux trois postulants devant moi qu’ils avaient des devoirs au sein de la meute et…
– Mais je n’ai pas envie de devenir alpha, moi, je n’en suis pas un ! Tu es sûr que tu ne te trompes pas avec mon frère jumeau ?
Marco. Un frère jumeau, Valentino, brillant, certes, mais pas l’étoffe d’un alpha. Marco, premier de sa classe depuis la maternelle. Est venu à la réunion avec Léna. Lapin angora obèse. Je ne peux quand même pas dire à Marco que je suis en train de visualiser un civet !
– Je trouve que se déclarer en tant qu’alpha, c’est très surfait de nos jours. Il vaut mieux penser à son développement personnel. Puis, on peut jouer un rôle au sein de la meute sans diriger un groupe. On a toujours besoin d’infirmier pendant les combats, non ?
Pourquoi j’ai inclus Salsifis dans le lot, pour-quoi ? Parce que quelqu’un a décrété que les louves avaient un rôle important dans la meute ? Parce que, depuis que son alpha était plus qu’indisponible, la meute du Nord avaient élu (là l’unanimité !) une louve à leur tête ? Une louve, oui, mais, par pitié, pas végan comme Salsifis !
– Moi, je suis pas sûr. Enfin, si, je suis sûr que j’y arriverai pas. Puis, le rose, c’est joli.
Camille. Tout de rose vêtu, pantalon et baskets compris.
– Nous avons déjà eu cette discussion. Oui, le rose, c’est joli, mais pas lors de combats singuliers, nom d’une griffe incarnée. Tu ne veux pas non plus te vernir les griffes, comme Diane ou Soliflore ?
– Bah si, pourquoi, c’est joli, non ?
Ce n’est pas qu’il m’ait tendu sa main aux ongles soigneusement vernis qui m’a fait rendre mon tablier, non. C’est le fait qu’il a ajouté :
– Et je l’ai assorti à la couleur de mes caleçons.
J’ai alors poussé un hurlement, et me suis métamorphosé pour aller courir dans les bois. Il est des moments où il faut revenir aux fondamentaux plutôt que de perdre la foi en l’unité de la meute. Je ne suis rentré qu’à la nuit, après avoir couru dans les sous-bois pendant des heures, sans même m’accorder une petite sieste. Quelqu’un avait eu la gentillesse de ramasser mes affaires et de les plier soigneusement sur mon lit. C’est gentil pour mon caleçon Snoopy.
@bientôt
j’ai besoin de repos.
Anatole Sganou, 3e et j’en ai marre.