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Journal d’un louveteau garou 19 mai 2017

Cher journal
On a toujours besoin d’un petit vampire sur soi, c’est notre nouvelle devise.
Mais revenons à ce qui a amené cette devise : hier, il y a eu un conflit incompréhensible entre deux louvetelles que je ne connaissais absolument pas – je ne peux pas connaître tout le monde ! Grosse bagarre, avec empoignade et chevelure arrachée. Soudain, elles se sont retrouvées toutes les deux séparées et projetées contre les murs. Dire qu’elles étaient sonnées est un euphémisme (et les murs sont finalement moins résistants que les squelettes des louvetelles), surtout quznd elles ont découvert comment elles avaient été séparées.
Notre prof de musique vampire est de retour !
A plus tard, cher journal, nous allons fêter la nouvelle !
Anatole Sganou

Journal d’un louveteau garou – 10 mai

Cher journal
Fumée par la fenêtre ne signifie pas forcément qu’un dragon a investi le logement de fonction de notre principal. Cela peut aussi dire que le père de notre principal vient de flinguer le fer à repasser de son fils et, ne s’arrêtant pas dans son élan, de dézinguer accidentellement le lave-vaisselle. Gaël de Nanterry a dit à son papa loup garou de ne plus toucher à rien – on le comprend.
Pendant ce temps, nous souffrions – et pas en silence – sur nos révisions de littérature vampirique. Franchement, en tant que loup-garou, peu m’importe que la littérature vampirique contemporaine se soit construite en opposition avec le modèle historique qu’est Dracula ! Et je ne vous parle même pas de la légende tenace qui veut que les vampires brillent au soleil. Mis à part pour les cosmétiques, ce point n’a guère révolutionné la non-vie des vampires.
Je râle, je râle, mais la littérature lupine n’est pas ma tasse de thé à la fraise non plus ! Heureusement, madame Cobert sait jouer avec le thème et ne rate pas une occasion de nous faire lire Arsène Lupin. Un pote à elle, paraît-il.
Sur ce, je te laisse, le désastre capillaire de mon petit frère m’appelle.
Anatole Sganou.

Journal d’un louveteau garou – 16 mars 2017

Cher journal
cela fait longtemps que je ne t’ai pas écrit, j’en conviens.Je suis débordé. Non seulement, je dois toujours convaincre les louveteaux adolescents de se révéler, mais je suis désormais un des alphas chargés des loupiots de trois ans, afin de détecter leurs aptitudes. Comme dit Gaël de Nanterry, notre principal : « on ne s’occupe jamais trop des plus jeunes membres de la meute. »Je conçois que j’ai été aussi petit qu’eux, à une époque pas si lointaine, j’ai d’ailleurs de vifs souvenirs des cubes en bois que j’ai mordillés avec bonheur. J’ai du mal à concevoir que j’ai été aussi mou à l’âge de trois hivers. Nanmého, ce n’est pas ‘heure de la sieste, c’est « jeux en liberté ». Ce n’est pas « dodo les yeux grands ouverts », c’est récréation. La jeune génération a dû recevoir des gènes de félons, ils dorment seize heures par jour.
Sinon, nous avons campé le week-end dernier. J’envisage d’écrire un article sur l’influence désastreuse des chevaliers dragons sur les phobies lupines. 40 % des louveteaux du pensionnat dorment avec leur doudou, 25 % reconnaissent faire des cauchemars – cela devrait les aider à vaincre leur phobie, paraît-il – 3% des louveteaux ont décidé de devenir vegan – ce dernier chiffre est celui qui me préoccupe le plus.
Enguerrand, mon tout petit frère, a fêté ses un an. Il pousse bien, il est plus actif que les loupiots que je surveille avec Sarah et Camille le mercredi après-midi. Puis,il est possible d’être calme sans être mou : Morgane, 11 ans, en est la preuve.
Je te laisse cher journal, Valère est en train de cauchemarder. Selon lui, un dragon livrerait directement à notre cantine des tonnes de carottes.Bonheur.
@bientôt,
Anatole Sganou
P.S. : c’est purée de céleri au cresson aujourd’hui à la cantine.
P.P.S. : les nouvelles des chevaliers dragons ne filtrent pas. Dommage.

Journal d’un louveteau garou – 27 janvier

Cher journal
Un mois que je ne t’ai pas écrit ! J’ai été extrêmement occupé, tu t’en doutes bien.
Quelques nouvelles urgentes :
– la famille des lutins louveteaux abandonnés a été retrouvée. Comme le pensait la maman de notre principal, ils sont issus d’une famille non lupine, complètement désemparée. On le serait à moins. Déjà que ma propre famille est désemparée depuis la naissance de mon petit frère (Valère, pour ceux qui parviendraient à l’oublier plus d’une demi-journée, notre record personnel), alors une famille ordinaire…. Je n’ose imaginer ! Surtout que la petite Alexandra ronge très bien les pieds de chaise, une vraie loupiote !
– Le club Carotte, animé par Salsifis, fonctionne très bien. Même Marco y va désormais, soi-disant pour que sa lapine baigne dans des ondes positives.
– Le club Chocolat vient de naître. Il est animé par Olga Fosette (cela ne s’invente pas, hélàs), la meilleure amie de Salsifis. Camille, le presque alpha révélé, l’a intégré parce qu’il a toujours faim. Je ne sais pas où il met ce qu’il grignote toute la journée. En tout cas, il a failli s’envoler lors de notre dernière promenade.
L’essentiel en effet est là : notre professeur d’EPS nous a réunis, et nous a précisé que notre séjour au ski était cuit, puisqu’un dragon avait brulé tout notre matériel ! Comme si nous pouvions oublier cet épisode ! Nous sommes donc partis au bord de la mer ! Camille avait eu beau s’exclamer que c’était impossible, et bien, ce fut possible ! Nous randonnâmes sur la plage, nous pique-niquâmes dans les rochers, nous nous trempâmes les pattes dans l’eau gelée, nous subîmes des épreuves de sauvetage en condition extrême – nous n’étions pas des Terre-Neuve, mais nous le sommes presque devenus, désormais.
Sur ce, je te laisse, j’aide Prune aux yeux bleus à réciter ses leçons.
@bientôt
Anatole Sganou.

Journal d’un louveteau garou – 26 décembre

Cher papa Noël
je t’écris directement, via mon journal intime, toi qui sais à peu près tout et distribue les cadeaux aux gentils loupiots.
Tu rappliques tout de suite et tu viens récupérer les deux lutins que tu as oubliés chez nous ! Et fissa ! Nanmého !
Indice : ils sont roux tous les deux, l’un a les cheveux courts et raides, l’autre, une fille,  possède une chevelure assez longue et boucléé,  tous les deux portent un stupide bonnet lumineux et semblent s’être égarés dans notre forêt.
A moins que ce ne soit leurs parents qui ne les aient égarés et là, franchement, bravo l’esprit de famille !
Notre principal est en contact avec tout ce que la meute compte de membres éminents ou pas éminents du tout – cela en fait du monde – et cherche à savoir qui a pu égarer ces loupiots le lendemain de Noël. A croire que certains ont voulu jouer un remake d’Hansel et Gretel, ou moderniser le petit Poucet.
C’est la maman de notre principal qui a émis une idée pleine de bon sens.
– Et si ses enfants n’étaient pas nés dans une famille lupine ?
– Ce sont des loupiots, maman.
– Et suis-je une louve, mon chérie ?
– Pas au sens où la meute l’entend, mais oui.
Statistiquement, il est peu probable que des loupiots naissent sans qu’un des deux parents ne le soient. Sauf que les statistiques…. Les jours à venir seront douloureux, je le sens. Salsifis et Sarah ont pris les petits sous leur patte velue. Elles veulent confectionner avec eux des gâteaux de Noël vegan.Cela promet.
@bientôt
Anatole.
PS : ils nous ont révélé leurs prénoms, Maxime le garçon, Alexandra la fille. Franchement, père Noël, tu n’as pas choisi des prénoms très originaux pour tes lutins !
PPS : oui, j’adore les points d’exclamation !

Journal d’un louveteau garou – tome 2, 17 décembre

Cher journal
Nous avons survécu à la journée d’intégration – par contre, les manuels de maths sont définitivement hors d’usage, ceux qui n’ont pas été victime d’une inondation impromptue ont été grignotés par un loupiot stressé.
Les loupiots ont survécu aussi – certains ont fini la journée dans le club de méditation carotte. Oui, cela existe, et il paraît que c’est excellent pour tous les louveteaux qui aiment les légumes. Je vous laisse deviner qui anime ce club. Non, pas Marco, c’est sa lapine qui aime les carottes, pas lui. Salsifis, la future louve alpha vegan ! Je plains notre meute si elle reste parmi nous.
– Anatole, tu as oublié d’écrire que tu étais amoureux.
J’ai déjà dit maintes fois que Valère devait tenir son propre journal et non squatter le mien. Je tiens donc à réfuter cette information. Non, je ne suis pas amoureux de la petite loupiote Prune aux yeux bleus fan de haricots verts. Ce serait absurde, elle a dix ans !
-Et demi, et toi quatorze. Dans dix ans, il n’y paraîtra rien !
Je dirais bien à mon frère de s’occuper de ses affaires. Las ! Nous n’avons pas de nouvelles de Gentiane.Enfin, « officiellement », parce qu’officieusement, il paraît qu’elle va aussi bien que possible. Comment peut-on préférer un dragonneau à une meute comme la nôtre, franchement ?
Notre alpha pense qu’une réconciliation est possible entre nos deux peuples. Comme le dit son adjoint, cela se voit que ce n’est pas son fils que l’on a tenté d’enlever à deux reprises. Ni sa petite fille qui vit parmi eux, a ajouté Du Coussinet Tordu.
Je te laisse sur ses mots : Valère veut à tout prix me lire le poème qu’il a composé sur mes amours. Tant qu’il ne le lit pas à tout le pensionnat, je suis prêt à l’écouter.
@bientôt
Anatole Sganou, 3eBleu.

Journal d’un louveteau garou, tome 2 – 16 décembre 2016

Cher journal
C’est pire qu’une maladie : je crois que j’ai attrapé la maturité. Ou, tout du moins la sérénité. J’ai réussi à prendre mes distances avec l’horrible événement survenu quelques mois (déjà) plus tôt. Du coup, je regarde avec une distance amusée Valère, mon petit frère, qui n’a pas encore atteint cette étape du développement.
Je ne te parle même pas des tout petits louveteaux qui ont visité le pensionnat aujourd’hui pour une visite d’intégration découverte. Ils étaient tout mignons, mais parfois dissipés. Notamment celui qui a fait pipi sur les manuels de maths tout neufs : une bonne raison pour passer au numérique, a précisé notre principal.
Les tout petits futurs nouveaux élèves ont ainsi pu admirer nos coutumes (ce n’était peut-être pas le moment de leur montrer comment défoncer une porte quand on a paumé les clefs, mais au moins, ils n’auront pas peur du bruit que cela fait), nos clubs (journal, manga, cinéma, cuisine, choral et hurlement à la lune), nos enseignements, sans oublier les bâtiments et le parc.
Je n’ai jamais vu des louveteaux avoir autant peur que pendant notre course de relais. Trente loupiots et loupiotes serrés les uns contre les autres qui nous regardent avec des yeux ébahis… Nous n’étions pas ainsi à leur âge ! Même Valère était dix fois plus dégourdi – ce qui, eu égard à leur manière de trembloter comme des flans à la vanille mal cuits n’est franchement pas d’une grande difficulté.
J’ai gardé le pire pour la fin. Nous leur avons fait découvrir la cantine, et franchement, le menu était excellent. J’ai remarqué une toute petite loupiote qui chipotait son poulet sauce au miel. Et bien tu sais quoi, cher journal ? Elle m’a avoué qu’elle n’aimait pas la viande, et qu’elle préférait de loin les haricots vers. Cher journal, si je n’avais pas chopé la maturité, je crois que j’aurai fait un malaise. Néanmoins, comme elle est choupinette (je soupçonne une future omega), je l’ai prise sous ma patte et elle a décoré avec moi le sapin de Noël des 3e Bleu.
@bientôt
Anatole Sganou.