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Journal d’un louveteau garou – 18 novembre 2017

Cher journal
figure-toi, même si cela paraît incroyable, qu’il m’arrive, parfois, d’oublier à quel point mon frère peut être pénible. Je regarde en arrière, et je constate qu’il n’a pas changé depuis son entrée au pensionnat. Non, il n’a pas fait grand chose de particulier : bavarder à outrance, embêter les louvetelles, tenter de tricher sur son voisin. De l’ordinaire, pas de super.
L’infirmerie ne désemplit pas, à croire qu’il y a une épidémie. Un petit 6e s’est brûlé la patte à la cantine, on cherche encore comment – le même qui s’était blessé à l’atelier théâtre. Je vous passe sous silence les saignements de nez inloupinés, des claquages musculaires et autres foulures du poignet. Qui nous a fait une jeune génération aussi maladroite ? La meute est mal barrée, moi, je vous le dis !
Et encore, vous ne savez pas tout : certains professeurs ont suggéré que l’on achète des dragons pour faciliter les déplacements des professeurs. Et cramer les louveteaux en retard en cours.
Il est des jours où l’on voudrait rester couché.
Cher journal, je te laisse, je crains que Valère n’ait encore fait des bêtises.
Anatole Sganou 3e Bleu.

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Journal d’un louveteau garou – 11 octobre 2017

Cher journal,
pour ne pas changer, tout va absolument bien au pensionnat des louveteaux. Oui, tout.
Le fait que la cantine ne soit pas approvisionnée en temps et en heure, nous forçant à chasser pour déjeuner n’est qu’un petit détail.
Le fait que les néons tombent mystérieusement en panne les uns après les autres aussi. Il a fallu en changer huit dans trois salles de classe. Cela fait beaucoup de néons, cela plombe à peine le budget.
Le fait qu’il nous manque cinq professeurs parce que personne, absolument personne n’a envie d’enseigner dans un pensionnat rempli de louveteaux garous sanguinaires et assoiffés de sang (je rêve, ou c’est répétitif ?).
Il est tout de même des points positifs, je vous rassure. Le Pouic de l’année est arrivé ! Il compense par une grande beauté intérieur un physique… Bon, disons que ce ne doit pas être très pratique tous les jours d’avoir les oreilles qui se métamorphosent inopinément. Du coup, on ne voit plus que ses oreilles. Mignon.
Blague à part, Valère, mon petit frère a totalement oublié Gentiane. Ouf. Par contre, il se passionne pour les origamis et là, même si je puis comprendre que l’on ait une passion, j’ai dû mal à comprendre le plaisir que l’on peut avoir à plier du papier. Ce n’est même pas comestible.

Sur ce, je te laisse, cher journal.
Anatole Sganou.

Journal d’un louveteau garou – 22 août

Cher journal
Les vacances sont presque terminées, et je suis fin prêt pour la rentrée.
Connaissez-vous un livre qui se nomme Un été avec Machiavel ? Et bien c’est un peu ce que j’ai fait, j’ai été machiavélique : j’ai préparé mes dossiers et je les ai classés.
Non, pas mes dossiers pour mon entrée au lycée des louveteaux. Mes dossiers sur les professeurs et sur mes camarades de classe.
Alors….

– Dossier, dossier, m’interrompit Valère, si c’est comme la fois où tu as cru que notre principal avait un nouveau petit ami alors qu’il s’agissait de son cousin Chris, ils ne te seront pas très utiles, tes dossiers.

Souvent, mon frère m’énerve. Non, là, c’est du sérieux ! J’ai découvert que madame Lecerf avait un aquarium rempli de piranhas chez elle, elle leur a même donné un rottweiler en pâture. Par contre, je n’ai pas compris pourquoi certains poissons avaient sauté hors de l’aquarium. De même, elle a finalement ressorti le chien de l’aquarium mouillé mais en pleine forme. In-com-pré-hen-sible.
Notre CPE a fait Bangalore express, la célèbre émission pendant les vacances – du moins, c’est ce qu’il affirme. Hâte de voir la diffusion, on va bien se marrer.
Mais le clou de tout ceci est sans doute cette video de madame Cobert en train de danser sur du Georges Michael entouré de neuf de ses élèves lors du bal de fin d’année.
Voilà, cher journal, comme tu peux le constater, tout va bien.
Anatole Sganou, 2e bleu.

Journal d’un louveteau garou – 8 juillet 2017

Cher journal

c’est un peu quand on vient de frôler la catastrophe que l’on se rend compte qu’on l’a échappé belle.

Figure-toi, si tu le peux, que l’on a essayé de débaucher madame Cobert. Si, si, si ! Sous prétexte qu’un banal collège accueillant des louveteaux a ouvert l’an dernier près de Sacaille, la commune où habite notre professeur de français, on lui a proposé de venir y enseigner. Il paraît qu’ils font tout comme chez nous ! Je ne pense pas qu’ils aient une infirmerie aussi remplie que la nôtre. Déjà que madame Cobert a failli mourir le mois dernier à cause d’un camembert, alors si maintenant, elle change d’établissement, on est mal.

Puis, nous avons un souci avec un de nos professeurs de sport (enfin, sport, il faut le dire très vite). Depuis qu’il a dû prendre en charge un dragonneau, depuis qu’il a survécu de justesse à quelques attaques, depuis qu’il a vu l’ensemble de ses skis brûler à cause d’un dragonneau (voir plus haut), il n’est plus vraiment le même et souhaite désormais inclure le jardinage parmi les disciplines qu’il désire nous inculquer. Je vous le dis, ce n’est pas demain la veille que nous aurons la griffe d’or. Certes, il nous a affirmé que bêcher la terre nous musclerait, tout comme désherber à la main. Il nous a même promis que nous ne serions pas obligés de anger les légumes ainsi cultiver. Mouais. Je vous le dis, ce n’est pas demain la veille que nous aurons la griffe d’or.

Sur ce, je te laisse, cher journal, cette année scolaire m’a épuisé.

Anatole Sganou, futur 2e bleu.

Journal d’un louveteau garou – 2 juillet 2017

Cher journal
De deux maux, il faut choisir le moindre, et c’est ce que j’ai fait : pour le bal de fin d’année, je me suis porté volontaire avec Mathieu (qui est tout de même resté mon meilleur ami) pour tenir le vestiaire. Ce poste ne présente que des avantages :
– aucune obligation de danser (j’ai quelques souvenirs embarrassants des années précédentes) ;
– la musique vous parvient de manière atténuée ;
– la pièce transformée en vestiaire est spacieuse et lumineuse ;
– je peux papoter avec Mathieu ;
– nous avons des provisions pour tenir un siège puisque nous rendons un grand service à la communauté lupine.
Bien sûr, il y a des impondérables, comme Emy qui arrive et constate « que mon frère tenait vachement mieux ce vestiaire, ça avait plus de gueule ! » Je lui ai immédiatement proposé qu’il vienne nous donner un coup de patte, ce cher grand frère si bien organisé ! A l’heure où j’écris, j’attends toujours la réponse.
Autre impondérable : ceux qui recherchent un (petit) copain ou une (petite) copine inopinément disparu(e). Non, nous ne planquons personne sous les manteaux, tout simplement parce que personne ne vient à une boum pour se planquer. Alors, non, Judith, nous n’avons pas Sacha ici, non, même s’il est grand, nous ne pouvons pas l’apercevoir, mais promis, si nous lui mettons la patte dessus, nous te prévenons.
– Tiens ! s’exclama Mathieu. Je ne savais pas qu’Atticus et Maria étaient en couple. Il a l’air mordu.
– Tu peux le dire, elle l’a salement amoché en début d’année, il a fallu l’évacuer à l’infirmerie.
– Clémentine et Emile ensemble, c’est marrant !
– Oui, si ce n’est qu’ils ont perdu tous les deux leurs lunettes. Je me demande aussi pourquoi Servan et Victor ont grimpé sur un des piliers du hall. Cela fait dix minutes qu’ils sont sur leur perchoir.
– Peut-être ne peuvent-ils pas redescendre ?
A vrai dire, vu les louvetelles qui les attendaient au pied des piliers… On pouvait les comprendre.
– Les carottes contiennent de l’énergie ! Salsifis danse depuis plus de trois heures trente !
– A la place de Charlotte (notre infirmière), je lui ferai un petit contrôle anti-dopage.
Bref, on peut être à un bal, ne pas y participer véritablement, et ne pas s’ennuyer.
@bientôt
Anatole Sganou, 3e Bleu.

Journal d’un louveteau garou 19 mai 2017

Cher journal
On a toujours besoin d’un petit vampire sur soi, c’est notre nouvelle devise.
Mais revenons à ce qui a amené cette devise : hier, il y a eu un conflit incompréhensible entre deux louvetelles que je ne connaissais absolument pas – je ne peux pas connaître tout le monde ! Grosse bagarre, avec empoignade et chevelure arrachée. Soudain, elles se sont retrouvées toutes les deux séparées et projetées contre les murs. Dire qu’elles étaient sonnées est un euphémisme (et les murs sont finalement moins résistants que les squelettes des louvetelles), surtout quznd elles ont découvert comment elles avaient été séparées.
Notre prof de musique vampire est de retour !
A plus tard, cher journal, nous allons fêter la nouvelle !
Anatole Sganou

Journal d’un louveteau garou – 10 mai

Cher journal
Fumée par la fenêtre ne signifie pas forcément qu’un dragon a investi le logement de fonction de notre principal. Cela peut aussi dire que le père de notre principal vient de flinguer le fer à repasser de son fils et, ne s’arrêtant pas dans son élan, de dézinguer accidentellement le lave-vaisselle. Gaël de Nanterry a dit à son papa loup garou de ne plus toucher à rien – on le comprend.
Pendant ce temps, nous souffrions – et pas en silence – sur nos révisions de littérature vampirique. Franchement, en tant que loup-garou, peu m’importe que la littérature vampirique contemporaine se soit construite en opposition avec le modèle historique qu’est Dracula ! Et je ne vous parle même pas de la légende tenace qui veut que les vampires brillent au soleil. Mis à part pour les cosmétiques, ce point n’a guère révolutionné la non-vie des vampires.
Je râle, je râle, mais la littérature lupine n’est pas ma tasse de thé à la fraise non plus ! Heureusement, madame Cobert sait jouer avec le thème et ne rate pas une occasion de nous faire lire Arsène Lupin. Un pote à elle, paraît-il.
Sur ce, je te laisse, le désastre capillaire de mon petit frère m’appelle.
Anatole Sganou.