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Journal d’un louveteau garou – 8 juillet 2017

Cher journal

c’est un peu quand on vient de frôler la catastrophe que l’on se rend compte qu’on l’a échappé belle.

Figure-toi, si tu le peux, que l’on a essayé de débaucher madame Cobert. Si, si, si ! Sous prétexte qu’un banal collège accueillant des louveteaux a ouvert l’an dernier près de Sacaille, la commune où habite notre professeur de français, on lui a proposé de venir y enseigner. Il paraît qu’ils font tout comme chez nous ! Je ne pense pas qu’ils aient une infirmerie aussi remplie que la nôtre. Déjà que madame Cobert a failli mourir le mois dernier à cause d’un camembert, alors si maintenant, elle change d’établissement, on est mal.

Puis, nous avons un souci avec un de nos professeurs de sport (enfin, sport, il faut le dire très vite). Depuis qu’il a dû prendre en charge un dragonneau, depuis qu’il a survécu de justesse à quelques attaques, depuis qu’il a vu l’ensemble de ses skis brûler à cause d’un dragonneau (voir plus haut), il n’est plus vraiment le même et souhaite désormais inclure le jardinage parmi les disciplines qu’il désire nous inculquer. Je vous le dis, ce n’est pas demain la veille que nous aurons la griffe d’or. Certes, il nous a affirmé que bêcher la terre nous musclerait, tout comme désherber à la main. Il nous a même promis que nous ne serions pas obligés de anger les légumes ainsi cultiver. Mouais. Je vous le dis, ce n’est pas demain la veille que nous aurons la griffe d’or.

Sur ce, je te laisse, cher journal, cette année scolaire m’a épuisé.

Anatole Sganou, futur 2e bleu.

Journal d’un louveteau garou – 2 juillet 2017

Cher journal
De deux maux, il faut choisir le moindre, et c’est ce que j’ai fait : pour le bal de fin d’année, je me suis porté volontaire avec Mathieu (qui est tout de même resté mon meilleur ami) pour tenir le vestiaire. Ce poste ne présente que des avantages :
– aucune obligation de danser (j’ai quelques souvenirs embarrassants des années précédentes) ;
– la musique vous parvient de manière atténuée ;
– la pièce transformée en vestiaire est spacieuse et lumineuse ;
– je peux papoter avec Mathieu ;
– nous avons des provisions pour tenir un siège puisque nous rendons un grand service à la communauté lupine.
Bien sûr, il y a des impondérables, comme Emy qui arrive et constate « que mon frère tenait vachement mieux ce vestiaire, ça avait plus de gueule ! » Je lui ai immédiatement proposé qu’il vienne nous donner un coup de patte, ce cher grand frère si bien organisé ! A l’heure où j’écris, j’attends toujours la réponse.
Autre impondérable : ceux qui recherchent un (petit) copain ou une (petite) copine inopinément disparu(e). Non, nous ne planquons personne sous les manteaux, tout simplement parce que personne ne vient à une boum pour se planquer. Alors, non, Judith, nous n’avons pas Sacha ici, non, même s’il est grand, nous ne pouvons pas l’apercevoir, mais promis, si nous lui mettons la patte dessus, nous te prévenons.
– Tiens ! s’exclama Mathieu. Je ne savais pas qu’Atticus et Maria étaient en couple. Il a l’air mordu.
– Tu peux le dire, elle l’a salement amoché en début d’année, il a fallu l’évacuer à l’infirmerie.
– Clémentine et Emile ensemble, c’est marrant !
– Oui, si ce n’est qu’ils ont perdu tous les deux leurs lunettes. Je me demande aussi pourquoi Servan et Victor ont grimpé sur un des piliers du hall. Cela fait dix minutes qu’ils sont sur leur perchoir.
– Peut-être ne peuvent-ils pas redescendre ?
A vrai dire, vu les louvetelles qui les attendaient au pied des piliers… On pouvait les comprendre.
– Les carottes contiennent de l’énergie ! Salsifis danse depuis plus de trois heures trente !
– A la place de Charlotte (notre infirmière), je lui ferai un petit contrôle anti-dopage.
Bref, on peut être à un bal, ne pas y participer véritablement, et ne pas s’ennuyer.
@bientôt
Anatole Sganou, 3e Bleu.

Journal d’un louveteau garou 19 mai 2017

Cher journal
On a toujours besoin d’un petit vampire sur soi, c’est notre nouvelle devise.
Mais revenons à ce qui a amené cette devise : hier, il y a eu un conflit incompréhensible entre deux louvetelles que je ne connaissais absolument pas – je ne peux pas connaître tout le monde ! Grosse bagarre, avec empoignade et chevelure arrachée. Soudain, elles se sont retrouvées toutes les deux séparées et projetées contre les murs. Dire qu’elles étaient sonnées est un euphémisme (et les murs sont finalement moins résistants que les squelettes des louvetelles), surtout quznd elles ont découvert comment elles avaient été séparées.
Notre prof de musique vampire est de retour !
A plus tard, cher journal, nous allons fêter la nouvelle !
Anatole Sganou

Journal d’un louveteau garou – 10 mai

Cher journal
Fumée par la fenêtre ne signifie pas forcément qu’un dragon a investi le logement de fonction de notre principal. Cela peut aussi dire que le père de notre principal vient de flinguer le fer à repasser de son fils et, ne s’arrêtant pas dans son élan, de dézinguer accidentellement le lave-vaisselle. Gaël de Nanterry a dit à son papa loup garou de ne plus toucher à rien – on le comprend.
Pendant ce temps, nous souffrions – et pas en silence – sur nos révisions de littérature vampirique. Franchement, en tant que loup-garou, peu m’importe que la littérature vampirique contemporaine se soit construite en opposition avec le modèle historique qu’est Dracula ! Et je ne vous parle même pas de la légende tenace qui veut que les vampires brillent au soleil. Mis à part pour les cosmétiques, ce point n’a guère révolutionné la non-vie des vampires.
Je râle, je râle, mais la littérature lupine n’est pas ma tasse de thé à la fraise non plus ! Heureusement, madame Cobert sait jouer avec le thème et ne rate pas une occasion de nous faire lire Arsène Lupin. Un pote à elle, paraît-il.
Sur ce, je te laisse, le désastre capillaire de mon petit frère m’appelle.
Anatole Sganou.

Journal d’un louveteau garou – 16 mars 2017

Cher journal
cela fait longtemps que je ne t’ai pas écrit, j’en conviens.Je suis débordé. Non seulement, je dois toujours convaincre les louveteaux adolescents de se révéler, mais je suis désormais un des alphas chargés des loupiots de trois ans, afin de détecter leurs aptitudes. Comme dit Gaël de Nanterry, notre principal : « on ne s’occupe jamais trop des plus jeunes membres de la meute. »Je conçois que j’ai été aussi petit qu’eux, à une époque pas si lointaine, j’ai d’ailleurs de vifs souvenirs des cubes en bois que j’ai mordillés avec bonheur. J’ai du mal à concevoir que j’ai été aussi mou à l’âge de trois hivers. Nanmého, ce n’est pas ‘heure de la sieste, c’est « jeux en liberté ». Ce n’est pas « dodo les yeux grands ouverts », c’est récréation. La jeune génération a dû recevoir des gènes de félons, ils dorment seize heures par jour.
Sinon, nous avons campé le week-end dernier. J’envisage d’écrire un article sur l’influence désastreuse des chevaliers dragons sur les phobies lupines. 40 % des louveteaux du pensionnat dorment avec leur doudou, 25 % reconnaissent faire des cauchemars – cela devrait les aider à vaincre leur phobie, paraît-il – 3% des louveteaux ont décidé de devenir vegan – ce dernier chiffre est celui qui me préoccupe le plus.
Enguerrand, mon tout petit frère, a fêté ses un an. Il pousse bien, il est plus actif que les loupiots que je surveille avec Sarah et Camille le mercredi après-midi. Puis,il est possible d’être calme sans être mou : Morgane, 11 ans, en est la preuve.
Je te laisse cher journal, Valère est en train de cauchemarder. Selon lui, un dragon livrerait directement à notre cantine des tonnes de carottes.Bonheur.
@bientôt,
Anatole Sganou
P.S. : c’est purée de céleri au cresson aujourd’hui à la cantine.
P.P.S. : les nouvelles des chevaliers dragons ne filtrent pas. Dommage.

Journal d’un louveteau garou – 27 janvier

Cher journal
Un mois que je ne t’ai pas écrit ! J’ai été extrêmement occupé, tu t’en doutes bien.
Quelques nouvelles urgentes :
– la famille des lutins louveteaux abandonnés a été retrouvée. Comme le pensait la maman de notre principal, ils sont issus d’une famille non lupine, complètement désemparée. On le serait à moins. Déjà que ma propre famille est désemparée depuis la naissance de mon petit frère (Valère, pour ceux qui parviendraient à l’oublier plus d’une demi-journée, notre record personnel), alors une famille ordinaire…. Je n’ose imaginer ! Surtout que la petite Alexandra ronge très bien les pieds de chaise, une vraie loupiote !
– Le club Carotte, animé par Salsifis, fonctionne très bien. Même Marco y va désormais, soi-disant pour que sa lapine baigne dans des ondes positives.
– Le club Chocolat vient de naître. Il est animé par Olga Fosette (cela ne s’invente pas, hélàs), la meilleure amie de Salsifis. Camille, le presque alpha révélé, l’a intégré parce qu’il a toujours faim. Je ne sais pas où il met ce qu’il grignote toute la journée. En tout cas, il a failli s’envoler lors de notre dernière promenade.
L’essentiel en effet est là : notre professeur d’EPS nous a réunis, et nous a précisé que notre séjour au ski était cuit, puisqu’un dragon avait brulé tout notre matériel ! Comme si nous pouvions oublier cet épisode ! Nous sommes donc partis au bord de la mer ! Camille avait eu beau s’exclamer que c’était impossible, et bien, ce fut possible ! Nous randonnâmes sur la plage, nous pique-niquâmes dans les rochers, nous nous trempâmes les pattes dans l’eau gelée, nous subîmes des épreuves de sauvetage en condition extrême – nous n’étions pas des Terre-Neuve, mais nous le sommes presque devenus, désormais.
Sur ce, je te laisse, j’aide Prune aux yeux bleus à réciter ses leçons.
@bientôt
Anatole Sganou.

Journal d’un louveteau garou – 26 décembre

Cher papa Noël
je t’écris directement, via mon journal intime, toi qui sais à peu près tout et distribue les cadeaux aux gentils loupiots.
Tu rappliques tout de suite et tu viens récupérer les deux lutins que tu as oubliés chez nous ! Et fissa ! Nanmého !
Indice : ils sont roux tous les deux, l’un a les cheveux courts et raides, l’autre, une fille,  possède une chevelure assez longue et boucléé,  tous les deux portent un stupide bonnet lumineux et semblent s’être égarés dans notre forêt.
A moins que ce ne soit leurs parents qui ne les aient égarés et là, franchement, bravo l’esprit de famille !
Notre principal est en contact avec tout ce que la meute compte de membres éminents ou pas éminents du tout – cela en fait du monde – et cherche à savoir qui a pu égarer ces loupiots le lendemain de Noël. A croire que certains ont voulu jouer un remake d’Hansel et Gretel, ou moderniser le petit Poucet.
C’est la maman de notre principal qui a émis une idée pleine de bon sens.
– Et si ses enfants n’étaient pas nés dans une famille lupine ?
– Ce sont des loupiots, maman.
– Et suis-je une louve, mon chérie ?
– Pas au sens où la meute l’entend, mais oui.
Statistiquement, il est peu probable que des loupiots naissent sans qu’un des deux parents ne le soient. Sauf que les statistiques…. Les jours à venir seront douloureux, je le sens. Salsifis et Sarah ont pris les petits sous leur patte velue. Elles veulent confectionner avec eux des gâteaux de Noël vegan.Cela promet.
@bientôt
Anatole.
PS : ils nous ont révélé leurs prénoms, Maxime le garçon, Alexandra la fille. Franchement, père Noël, tu n’as pas choisi des prénoms très originaux pour tes lutins !
PPS : oui, j’adore les points d’exclamation !