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Journal d’un louveteau garou – 14 février

Cher journal

Oui, je sais, cela fait longtemps que je ne t’ai pas parlé – mais que d’événements ont survenu au pensionnat des louveteaux. Je ne sais pas par où commencer (et j’aimerai que mon petit frère ne me souffle pas : par le début).

Le Pouic nouveau est arrivé, je crois l’avoir déjà écrit, et ce n’est pas vraiment un bon cru de Pouic, sauf pour le rugby. Il ne veut absolument pas lâcher le ballon, et les autres joueurs, vus sa petite taille et sa minceur, hésitent à lui sauter dessus et à l’aplatir. Il faut dire que la seule et unique fois où s’est arrivé, il a fallu le désincruster totalement du terrain. Le match a donc été interrompu, parce que les autres joueurs l’avaient vraiment trop enfoncé dans le terrain.

– Et la boue, ça colle vachement sur le maillot ! est-il parvenu à dire malgré tout.

Nous n’avons pas pu avoir des rencontres de football parce qu’à cause des inondations, le terrain était littéralement sous l’eau. Des mouettes avaient même élu domicile là où d’habitude, nous tentions mollement de nous passer le ballon. Notre professeur a même dit qu’elles étaient presque plus dynamiques que nous ce qui, vu notre état, n’était pas très difficile.

En effet, il n’y a pas que le terrain qui était inondé, nos chambres aussi l’étaient et nous dûmes nous réfugier dans les dortoirs collectifs sis à la sortie du pensionnat et qui ne servaient qu’en cas de grand rassemblement.

– Comme ça, en cas de problème, on se barrera plus vite.
– Oui, mais nous sommes plus éloignés de la forêt.

Après la pluie, la neige et non le beau temps. Mis à part quelques énergumènes, enfin, une majorité d’énergumène qui a suivi une initiation au ski (on en a racheté pour refaire le jumelage), nous n’appréciâmes que modérément ce temps. Certes, le verglas ne fait pas peur quand on a des griffes, mais il faut pour cela maîtriser la métamorphose partielle volontaire, et ce n’est pas le cas pour tout le monde.

Je te laisse, cher journal, Valère, mon petit frère, vient d’être transporté à l’infirmerie. Il a accidentellement enfoncé la porte de la salle de classe de madame Cobert. Il voulait lui faire coucou. Si quelqu’un trouve la maturité de mon petit frère, je prends !

@bientôt
Anatole Sganou.

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Voeux du directeur du pensionnat des louveteaux garous

Mes chers louveteaux
je vous présente mes meilleurs voeux pour l’année 2018.
Depuis le temps que je suis le directeur provisoire de ce pensionnat, je sais que les plus jeunes croient que « provisoire » est mon nom de famille. C’est pour cette raison que je remercie l’alpha de notre meute de leur avoir gracieusement offert un dictionnaire afin qu’ils découvrent le sens de ce mot, et pas seulement celui-ci.
Je tiens à féliciter notre professeur d’EPS non garou et les membres de l’équipe de canoé kayak pour leur magnifique sixième place. Votre persévérance a payé ! De même que votre acharnement à renouer les liens avec la meute du Nord et à organiser un échange l’hiver prochain, en dépit de la destruction totale et complète de notre matériel de ski par un dragon inloupinément tombé du Ciel.
Je tiens également à remercier notre réparateur en chef, Achille. Non, non, ne vous levez pas de votre civière Achille, vous avez encore quinze jours d’arrêt-maladie, et un gros paquet de séance de thérapie. Oui, grâce à vous, Achille, toutes les tables dévissées ont été réparées, les chaises bancales ne le sont plus, toutes les salles ont un éclairage adéquates, et les sept cent vingt et un casiers – sept cent vingt et un – ont été conçus, fabriqués, assemblés. Le toit du dortoir ne fuit plus, non plus que celui du gymnase. Je crois que l’on peut applaudir chaleureusement Achille et le ramener dare-dare à l’infirmerie.
Pour terminer, je vous rappelle que je suis toujours lycanthropologue et vampirologue. Je vous laisse donc en compagnie d’une sympathique galette des rois et retourne à mes consultations.
Gaël de Nanterry, principal provisoire du pensionnat des louveteaux.

Journal d’un louveteau garou – 22 décembre 2017

Cher journal

je ne prétends pas que la situation dans la meute est difficile, non pas du tout.
Je dis simplement que certains indices tendent à prouver que la situation est bien plus tendue qu’on ne le pensait.
Ainsi, les professeurs vont suivre un stage parmi les commandos lupins pendant les vacances de Noël. La garde et l’arrière-gare de la meute et celle de la meute du Nord ont été rappelées. Les ouvriers travaillent ardemment à réparer, créer, entretenir les différents systèmes de protection de notre établissement. Nous avons fait tous les exercices d’alerte possibles et imaginables, y compris l’alerte inondation. A quand une alerte « repas végétarien à la cantine » ?
Les incidents se multiplient également. Rien de bien grave, je me demande simplement comment Marjorie a fait pour se coincer une oreille dans la porte – une oreille lupine, elle y a donc laissé quelques poils. Ou comment certains se sont tordus les coussinets à l’entraînement pour le cross. Par contre, je ne me demande pas comment d’aucuns sont tombés malades en mangeant des carottes – rien de plus facile.
Cher journal, je te laisse, je crois que mon frère a encore fait une bétise – une habitude.
Anatole Sganou, 3eBleu.

Journal d’un louveteau garou – 29novembre 2017

Cher journal
Mon petit frère Valère n’a pas fait une seule bétise depuis le début de la semaine, grâce à madame Cobert qui lui a fait calculer le taux de probabilité qu’elle appelle nos parents s’il ne cessait pas immédiatement de se faire remarquer. Il faut dire que le mur (oui, oui, le mur) à côté de qui il avait été judicieusement placé menaçait de foutre le camp et d’aller prendre l’air dans la cour du pensionnat. Oui, cela aurait fait désordre, c’est bien ce que j’ai expliqué à mon petit frère Valère.
Sinon…. le Pouic de l’année fait des merveilles au rugby, grâce à lui, nous avons remporté haut la main les trois derniers matchs. Certes, il a plaqué un peu trop fort certains adversaires, qu’il a fallu littéralement désincruster du terrain, mais l’on ne pouvait deviner qu’il avait autant de forces et de précisions. Son frère aîné vient d’intégrer l’école supérieure de la lycanthropie – à grands coups de pompes paternels dans le postérieur, mais il y est arrivé. Il faut dire aussi que l’équipe adversaire a eu un joueur qui s’est endormi en plein match – je ne sais pas comment il a fait.
Sur ce, cher journal, je te laisse : la journée de demain risque d’être mouvementée.
Anatole Sganou, 3e Bleu, alpha.

Journal d’un louveteau garou – 18 novembre 2017

Cher journal
figure-toi, même si cela paraît incroyable, qu’il m’arrive, parfois, d’oublier à quel point mon frère peut être pénible. Je regarde en arrière, et je constate qu’il n’a pas changé depuis son entrée au pensionnat. Non, il n’a pas fait grand chose de particulier : bavarder à outrance, embêter les louvetelles, tenter de tricher sur son voisin. De l’ordinaire, pas de super.
L’infirmerie ne désemplit pas, à croire qu’il y a une épidémie. Un petit 6e s’est brûlé la patte à la cantine, on cherche encore comment – le même qui s’était blessé à l’atelier théâtre. Je vous passe sous silence les saignements de nez inloupinés, des claquages musculaires et autres foulures du poignet. Qui nous a fait une jeune génération aussi maladroite ? La meute est mal barrée, moi, je vous le dis !
Et encore, vous ne savez pas tout : certains professeurs ont suggéré que l’on achète des dragons pour faciliter les déplacements des professeurs. Et cramer les louveteaux en retard en cours.
Il est des jours où l’on voudrait rester couché.
Cher journal, je te laisse, je crains que Valère n’ait encore fait des bêtises.
Anatole Sganou 3e Bleu.

Journal d’un louveteau garou – 11 octobre 2017

Cher journal,
pour ne pas changer, tout va absolument bien au pensionnat des louveteaux. Oui, tout.
Le fait que la cantine ne soit pas approvisionnée en temps et en heure, nous forçant à chasser pour déjeuner n’est qu’un petit détail.
Le fait que les néons tombent mystérieusement en panne les uns après les autres aussi. Il a fallu en changer huit dans trois salles de classe. Cela fait beaucoup de néons, cela plombe à peine le budget.
Le fait qu’il nous manque cinq professeurs parce que personne, absolument personne n’a envie d’enseigner dans un pensionnat rempli de louveteaux garous sanguinaires et assoiffés de sang (je rêve, ou c’est répétitif ?).
Il est tout de même des points positifs, je vous rassure. Le Pouic de l’année est arrivé ! Il compense par une grande beauté intérieur un physique… Bon, disons que ce ne doit pas être très pratique tous les jours d’avoir les oreilles qui se métamorphosent inopinément. Du coup, on ne voit plus que ses oreilles. Mignon.
Blague à part, Valère, mon petit frère a totalement oublié Gentiane. Ouf. Par contre, il se passionne pour les origamis et là, même si je puis comprendre que l’on ait une passion, j’ai dû mal à comprendre le plaisir que l’on peut avoir à plier du papier. Ce n’est même pas comestible.

Sur ce, je te laisse, cher journal.
Anatole Sganou.

Journal d’un louveteau garou – 22 août

Cher journal
Les vacances sont presque terminées, et je suis fin prêt pour la rentrée.
Connaissez-vous un livre qui se nomme Un été avec Machiavel ? Et bien c’est un peu ce que j’ai fait, j’ai été machiavélique : j’ai préparé mes dossiers et je les ai classés.
Non, pas mes dossiers pour mon entrée au lycée des louveteaux. Mes dossiers sur les professeurs et sur mes camarades de classe.
Alors….

– Dossier, dossier, m’interrompit Valère, si c’est comme la fois où tu as cru que notre principal avait un nouveau petit ami alors qu’il s’agissait de son cousin Chris, ils ne te seront pas très utiles, tes dossiers.

Souvent, mon frère m’énerve. Non, là, c’est du sérieux ! J’ai découvert que madame Lecerf avait un aquarium rempli de piranhas chez elle, elle leur a même donné un rottweiler en pâture. Par contre, je n’ai pas compris pourquoi certains poissons avaient sauté hors de l’aquarium. De même, elle a finalement ressorti le chien de l’aquarium mouillé mais en pleine forme. In-com-pré-hen-sible.
Notre CPE a fait Bangalore express, la célèbre émission pendant les vacances – du moins, c’est ce qu’il affirme. Hâte de voir la diffusion, on va bien se marrer.
Mais le clou de tout ceci est sans doute cette video de madame Cobert en train de danser sur du Georges Michael entouré de neuf de ses élèves lors du bal de fin d’année.
Voilà, cher journal, comme tu peux le constater, tout va bien.
Anatole Sganou, 2e bleu.