Archive | juillet 2017

Les lumières de Cape Cod de Beatriz Williams

Présentation de l’éditeur :

« Tiny » c’est Christina, la troisième sœur de la famille Schuyler, la plus élégante, la plus douce, la plus parfaite. Mariée à Frank Hardcastle, homme politique très influent, Tiny mène une vie de gala et de cocktails dans les jardins cossus de Cape Cod, où les Hardcastle ont établi leur bastion. Mais alors que Frank est donné favori pour les élections présidentielles, deux événements viennent troubler la vie a priori idyllique de sa belle épouse : c’est d’abord les courriers menaçants d’un maître chanteur ; puis, les retrouvailles inattendues et déstabilisantes avec le vétéran Caspian Harrison, de retour de la guerre du Vietnam. Avec ce premier amour qui réapparaît, c’est tout le passé de Tiny qui resurgit. Un passé bien moins lisse qu’il n’y paraît, fait de passion, de mensonges, de drames. Et dont l’écho, s’il venait à gronder, pourrait nuire à la réputation irréprochable de toute la famille Hardcastle…
Les sentiments ont-ils une place dans la course au pouvoir suprême ?

Merci à Netgalley et aux éditions Belfond pour ce partenariat

Mon avis :

Ma première opinion, spontanée, est qu’il y a quelque chose des Kennedy dans cette famille Hardcastle. Leur famille, parfaite et nombreuse, reçoit dans leur magnifique propriété à Cape Cod. L’un des cousins de Franck, homme politique présidentiable, est revenu blessé de la guerre, il vient d’être décoré pour ses actes héroïques. Franck a épousé la femme parfaite, Tiny, Dotée de deux soeurs, elle était la plus docile de la fratrie, la seule qui avait perçu les tensions entre ses parents, la seule qui avait mis tout en oeuvre pour leur plaire, qui tentait aussi de se faire la plus discrète possible. Ayant repéré son potentiel, sa mère l’éduqua en vue de faire d’elle la femme d’un homme politique. Mission accomplie.
Cependant, il existe des failles, chez la si parfaite Tiny. Mariée depuis deux ans, elle n’a pas encore pu donner à son mari l’héritier qu’il attend – et pas seulement lui. Nous sommes dans les années 60, et l’on ne laisse pas vraiment aux femmes le temps de se remettre. Elle a un secret, qu’elle ne peut partager, secret suffisamment important (du moins, pour l’époque) pour que quelqu’un la fasse chanter et mette ainsi en danger la carrière de son mari et sa place dans la famille.
Le récit alterne deux époques, entre 1966, et 1964, date du secret, moment où Tiny tente de fuir la vie qu’on lui destine, donne libre cours à ses sentiments. Nous savons déjà qu’elle retrouvera le chemin qu’on lui a assigné. Nous saurons aussi pourquoi. Et ce chemin n’est source de bonheur qu’en apparence. Si Tiny a un secret, elle n’est pas la seule, et les autres sont prêts à bien des choses pour que le leur ne soit pas découvert.
Ce qui m’a frappé aussi est le contraste entre Tiny et sa soeur Pepper, si sûre d’elle en toutes circonstances – tant mieux pour Tiny.

Article imprévu : Linkin Park

Le dernier article musical que j’avais écrit sur ce blog était consacré à une de leur dernière chanson.

Ce soir, vautré devant un mélange ordi/télé, j’apprends la mort du chanteur de Linkin Park Chester Bennington et, égoïstement, je ne prends pas bien les choses. J’avais glissé dans mon lecteur CD un de leurs derniers albums pas plus tard que cet après-midi. C’était leurs chansons que j’écoutais, quand j’avais particulièrement besoin d’être motivée.

Alors, l’une des chansons qui m’a permis de connaitre ce groupe (parce que je ne me souviens plus avec quelle chanson je les ai découverts précisément) : Numb, qui ouvrait la version ciné de Deux flics à Miami (excellent film).

 

Et la chanson que j’ai écouté en boucle cet après-midi :

J’espère qu’il aura au moins trouvé la paix là où il est.

Et comme je suis sur mon blog, j’aurai vraiment une remarque personnelle à faire à un certain Brian M : merci de rester en vie, la musique a vraiment trop perdu ces dernières années.

La dernière licorne de Tobby Rolland

Présentation de l’éditeur :

Un thriller ambitieux au rythme effréné. Une intrigue historique diaboliquement séduisante qui embarque le lecteur dans une course folle, de Bordeaux à Erevan en passant par le Vatican et Hong Kong, à la poursuite d’un secret qui n’est rien de moins que celui de l’humanité tout entière.

Merci à Netgalley et aux éditions Les presses de la cité pour ce partenariat.

Mon avis:

Installez-vous bien confortablement dans votre fauteuil, prévoyez de quoi vous hydrater et vous pouvez vous plonger dans les 594 pages de ce roman. N’hésitez pas cependant à faire des pauses à l’intérieur de ce livre que je qualifie tout de suite de thriller ésotérique : il se divise en neuf courses et il est bon de s’arrêter avant chacune d’elles, ne serait-ce que pour savoir où celle-ci nous entraîne.
En effet, quand nous lisons les premières pages, nous pouvons presque croire que nous allons nous retrouver dans un récit assez « confortable ». Certes, il est question d’un secret, transmis de génération en génération (grand classique) mais la petite Aman, qui fête son anniversaire, semble mener une vie simple, sereine, entourée des siens et de Leka, animal de compagnie inséparable de la petite fille. Dès le chapitre suivant, fini le confort, et il en sera de même tout au long de la lecture.
Le rythme est très soutenu, les personnages principaux ont peu de temps entre chaque péripétie pour se poser, pour réfléchir vers la nouvelle étape de leur périple, qui les mène de l’Europe aux portes de l’Asie – faites attention à ne pas vous perdre entre les différents lieux. De même, ne vous perdez pas dans les différentes temporalités : ainsi, un récit est enchâssé dans le récit principal. Il est nettement repérable mais il peut aussi créer un sentiment de flottement – le choix des prénoms n’est pas innocent.
Mais, me direz-vous, qui sont les personnages principaux ? En effet, les personnages secondaires sont nombreux, nettement caractérisés, mais disparaissent parfois très rapidement, alors que j’aurais aimé poursuivre un bout de chemin avec eux (preuve de la force avec laquelle ils ont été caractérisés). Ainsi, et l’erreur est humaine, j’étais persuadée que celle qui est devenue l’un des personnages féminins principaux du roman ne ferait qu’une apparition. Cécile avait tout du professeur d’université revêche que l’on a qu’une envie : renvoyer à ses recherches qui n’intéressent pas grand monde et surtout qu’elle y reste ! Erreur, erreur, il ne faut pas se fier aux apparences, ce que certains ont fait trop longtemps, dans de tout autre domaine.
Et les autres, me direz-vous encore ? Nous avons le charmant Zak Ikabi, qui paraît attirer les ennemis et leurs armes avec une facilité déconcertante. Chercheur ostracisé par ses théories pour le moins ésotériques (nous y revoilà), il prend des risques et en fait prendre aussi à ses proches. Ce n’est pas entièrement de sa faute, mais tout de même. Nous avons leurs adversaires, avec à leur tête Cortès. Pouvoir et destruction sont ces deux moteurs. J’ai rarement vu un personnage aussi négatif, il est impossible de lui accorder ne serait-ce qu’une once de sympathie, et pourtant, j’ai très souvent de la sympathie pour les « méchants ». Ses acolytes sont à l’avenant.
Ce livre est un thriller mais son sujet est tout de même assez difficile, bien loin des licornes des oeuvres de littérature jeunesse. J’aurai presque envie de vous recommander la lecture d’extraits de la Genèse, comme le fait Cécile au cours du roman, voire de l’épopée de Gilgamesh : quand on commence un parcours parfois ardu, il est bon d’avoir balisé le terrain avant.
La dernière licorne est un roman qui demande du temps pour être lu, même s’il est vrai que l’on a envie de s’avoir ce qui va se passer juste après.

Dans ce jardin qu’on aimait de Pascal Quignard

Présentation de l’éditeur :

Le révérend Simeon Pease Cheney est le premier compositeur moderne à avoir noté tous les chants des oiseaux qu’il avait entendus, au cours de son ministère, venir pépier dans le jardin de sa cure, au cours des années 1860-1880.
Il nota jusqu’aux gouttes de l’arrivée d’eau mal fermée dans l’arrosoir sur le pavé de sa cour.
Il transcrivit jusqu’au son particulier que faisait le portemanteau du corridor quand le vent s’engouffrait dans les trench-coats et les pèlerines l’hiver.
J’ai été ensorcelé par cet étrange presbytère tout à coup devenu sonore, et je me suis mis à être heureux dans ce jardin obsédé par l’amour que cet homme portait à sa femme disparue.

Merci à Netgalley et aux éditions Grasset pour ce partenariat.

Mon avis :

Curieux objet littéraire que celui-ci. Texte de théâtre ? (Je suis peu familière du théâtre contemporain) Poésie en prose ? Biographie théâtralisée ? Le tout, certainement, en un objet littéraire étonnant. Il faut s’approprier cette forme étonnante. J’ai apprécié la partie la plus poétique, tous les passages qui évoquent la nature et la musique. C’est d’ailleurs pour cette raison que la lecture de cette ouvrage m’intéressait puisque révérend Simeon Pease Cheney a noté, pendant vingt ans, les sons de la nature qu’il entendait, dans le jardin qu’avait aménagé sa femme Eva, trop tôt disparue.
Cependant, ces passages sont trop bref, et l’essentiel de la première partie du livre est consacré au rejet par le révérant de sa fille unique Rosamund. Les causes ? Elle est le portrait de sa mère morte. Elle est vivante alors que sa mère est morte en la mettant au monde. Simeon chasse donc sa fille unique, qu’il n’est jamais vraiment parvenu à aimer, pour ces raisons, pour ne se consacrer qu’au souvenir de son amour défunt. Oui, cela m’a mis très mal à l’aise. Même si l’amour que je porte à des personnes décédées est fort (et leur mort n’y change rien), j’ai vraiment du mal avec les personnes qui font passer les morts avant les vivants.
Rosamund reviendra pourtant, régulièrement, prendre soin de son père vieillissant. Le récitant ponctue les différentes scènes et jeux de scène (parfois difficilement compatible avec une scène de théâtre), devenant parfois plus narrateur que récitant.
Dans ce jardin qu’on aimait contient de belles pages, qui ne sont pas assez nombreuses à mes yeux.

Tout ce qui meurt de John Connolly

Mon avis : 

Ce livre était dans ma PAL depuis quatre ans, et il a fallu le challenge Un mot, des titres organisé par Azilis et mon propre challenge Thriller et polar pour que je l’en sorte. Il mesure 558 pages, pas toujours des plus plaisantes, il faut bien le dire, de par son sujet même (voir la phrase d’accroche sur la réédition Pocket)
Premier roman de l’auteur, et première rencontre avec Charlie Parker dit « Bird » à cause de son homonymie avec le célèbre jazzman. Si son père avait su, jamais il n’aurait prénommé son fils ainsi. Quand il l’a découvert, il était un peu tard, et le prénom est resté. Charlie Parker est au début l’archétype du policier : marié, une fille, il a des problèmes de couple parce qu’il abuse de l’alcool et se dispute donc avec sa femme. C’est après une énième dispute qu’il part se saouler dans les bars, et rentre chez lui pour retrouver sa femme et sa fille de trois ans massacrées.
Quelques mois plus tard, après avoir démissionné, cessé de boire, il se trouve une occupation, pas encore détective non, plutôt une sorte de chasseur de prime pour Benny, agent de caution pas vraiment chanceux qui cherche justement quelqu’un qui a fui après que Benny a réglé sa caution – et ce quelqu’un, Fat Ollie, est tout sauf si discret. Il l’est si peu qu’alors que Charlie allait l’arrêter, Ollie prend la fuite et se fait abattre avec une arme qu’il n’est pas vraiment facile de se procurer.
Son ancien co-équipier n’est pas vraiment ravi de le voir mêler à cette enquête, surtout que des bruits courent sur Bird : il aurait tué le meurtrier de sa femme et de sa fille. On ne prête qu’aux policiers talentueux. S’il le cherche, s’il a des indices qui feraient rire tout être rationnel (les visions d’une vieille femme), il ne l’a pas encore retrouvé. Le Voyageur, c’est ainsi qu’il va se faire appeler, se chargera lui-même de se remettre dans le chemin de Bird.
Nous sommes dans un thriller presque classique, avec tous les enquêteurs, y compris le FBI (que feraient les USA sans eux ?) qui traque le tueur. Un personnage bien particulier, qui s’y connait en médecine, qui est cultivé, qui sait utiliser les nouvelles technologies – quelqu’un qui peut être fréquenté sans que l’on devine ses penchants, ses pulsions. Un être qui aime torturer les proches de ses victimes. Bref, un pervers au raisonnement vicié. Même pas besoin de la jolie profileuse pour dresser son portrait (j’ai de plus en plus de mal avec ces personnages qui dressent des portraits précis et sont infichus de les voir quand ils sont près d’eux).
Ce serait presque un thriller ordinaire si Bird était quelqu’un de recommandable, ce qu’il n’est pas, de son propre aveu. Ses meilleurs amis, si je puis les nommer ainsi, ne sont pas non plus très fréquentables. Il se retrouve cependant mêler à une guerre des gangs (oui, je l’appellerai ainsi, même si l’on est assez proche de la mafia) sur fond de racisme même pas caché. Certains optent pour des méthodes discrètes, sures et définitives, d’autres pour des méthodes spectaculaires et tout aussi définitives. Tous les coups sont permis et employés, imaginez donc ce que peut ajouter à ce chaos ambiant un tueur en série que rien n’impressionne, que rien n’arrête. Il n’est pas bon être médecin légiste en Louisiane.
Autant il est des auteurs, des personnages que j’ai envie de suivre, autant je n’en suis vraiment pas sûre avec Bird. Les intrigues – j’ai vraiment eu l’impression que ce roman comportait deux parties – sont véritablement tortueuses, au point que le lecteur puisse s’y perdre, et pessimistes. Si vous avez lu ce livre et vu une lueur d’espoir, faites-moi signe. La lâcheté, par contre, est omniprésente – un peu de courage n’aurait pas fait de mal.
Pour terminer, et parce que je ne veux pas terminer ce billet de manière aussi sombre que le roman (certes, Charlie Parker survient, sinon, une dizaine de tomes n’aurait pas succédé à celui-ci), voici le morceau Billie’s Bounce, de Charlie Parker.

Nozze nere, tome 1 de Jerôme Sublon

Présentation de l’éditeur :

La commissaire parisienne Aglaëe Boulu et le lieutenant corse Francesco Falcone forment un tandem détonnant. Leur enquête les emmènera à travers une Corse fidèle à sa tradition, avec ses paysages, ses montagnes et ses villages perdus. Et ils croiseront des personnages attachants. Mais d’autres, aussi, qu’il aurait mieux valu éviter…

Mon avis : 

Tout commence par un mariage, oui, on dirait presque le début d’une comédie romantique. Ou d’une comédie tout court : certaines invitées ne se privent pas pour se gausser des mariés, enfin surtout du marié dont elles connaissent les ambitions (il est le plus jeune sénateur de France, que ne fera-t-il après ?) et les modestes qualités physiques (on ne peut pas être bon partout). Seulement… le jeune marié décède pendant le repas de mariage, et cette mort n’est pas naturelle, un peu de poison l’a aidé à passer de vie à trépas. Peu importe le jour et l’heure, le lieutenant Falcone est prié de d’enquêter immédiatement. Comme il le dit lui-même : « Oui je sais, un sénateur n’attend pas. Même mort ! »
L’équipe à laquelle il appartient est composée de personnalités bien tranchées, ce qui ne les empêchent pas de bien s’entendre. Par contre, personne ne s’attendait à ce qu’une seconde agression, sur la personne d’un des témoins, survienne, et permette ainsi à  Pronelli de déployer ses qualités pas souvent exploitées à leur pleine mesure – heureusement.
La pression est forte au point qu’une spécialiste de la question corse venue de Paris leur est adjointe. Rien de telle que la distance pour mieux comprendre la Corse, n’est-ce pas ? Heureusement, Falcone a pu la choisir et heureusement (bis), elle est vraiment là pour les seconder, non pour être une pontifiante spécialiste. A vrai dire, elle ne sera pas vraiment satisfaite du dénouement de l’affaire, si bien que je n’ai qu’une hâte, c’est me plonger dans le tome 2.
Oui, il y a un tome 2 même si les affaires sont résolues. Les, parce qu’un second crime est commis, et que celui-ci touche bien plus Falcone et les siens. De ce second crime, ce qui ressort pour moi est vraiment un sentiment de gâchis. Je m’étais véritablement attachée à ce personnage qui avait fait des choix et qui n’avait été ni comprise ni soutenue par sa famille. Cette « victime » – je ne veux pas dévoiler son identité – paraissait bien solitaire.
Aimer la solitude n’est pas un tort. Se retrouver isolé malgré soi, comme la jeune Annie, est tout sauf un choix. Bien sûr, ce sont des personnages « de papier », pourtant Jérôme Sublon a réellement su leur donner vie. Il est beaucoup d’Annie dans ce monde, des personnes qui choisissent (encore une question de choix) une voie qui ne plaît pas à leur famille et qui, pourtant, ont le courage, l’inconscience diront certains, de persévérer.
Un premier roman qui m’a beaucoup plu.

Les marais sanglants de Guérande de Jean-Luc Bannalec

Présentation de l’éditeur : 

En ce jour de la fin d’été, le commissaire Dupin arpente les sentiers labyrinthiques de Gwen Ran, le pays blanc, où s’étendent à perte de vue les marais salants de Guérande. C’est à la demande de Lilou Breval, journaliste d’investigation à Ouest-France, qu’il est venu fureter à la recherche de mystérieux barils. Soudain, Dupin est la cible d’une fusillade. Il se réfugie in extremis dans un grenier à sel. Le lendemain, la journaliste est injoignable… Dupin mène son enquête auprès des propriétaires de salines. Epaulée par la fidèle Nolwenn, Dupin plonge une fois encore au cœur des mystères du pays breton et découvre les multiples enjeux de la récolte de l’or blanc… et les convoitises qu’il suscite…

Mon avis : 

Voici, enfin, ma première participation à mon propre challenge. Il était temps ! Cependant, autant l’an dernier je commençais par une valeur sûre (Indridason) autant cette année, je découvre un auteur et je suis  un peu dubitative.

Derrière le pseudonyme se cache un auteur allemand, tombé amoureux de la Bretagne. Cela se sent à la lecture et parfois, franchement, j’avais bien envie de sauter des pages tant j’avais l’impression de lire un guide touristique spécialisé dans la géographie et les légendes bretonnes – sachant, de plus, que la majorité de l’action se situe en Loire Atlantique. Il faut passer outre, de même qu’il faut passer outre le fait que le commissaire est complètement accro au café – j’ai renoncé à compter le nombre de tasse de café qu’il ingurgite et qui sont, selon lui, nécessaires au bon déroulement de l’enquête.

Au début, le commissaire s’était mis dans de sales draps. Il avait accepté le rendez-vous d’une amie journaliste, et voilà qu’il se trouve pris au milieu d’une fusillade, puis au milieu d’un groupe de policiers pas vraiment satisfaits de voir un collègue venir sur leur territoire. La situation devient plus dramatique encore quand Lilou Bréval est retrouvée assassinée, preuve s’il en est qu’elle avait trouvé quelque chose de gênant – mais quoi ? Elle était une journaliste intègre, et, pour Dupin, il est hors de question que son travail reste ignoré.

Il a de la chance : la commissaire chargée du dossier veut bien faire équipe avec lui – une guerre d’égo en haut lieu facilite les rapprochements. Il pénètre alors dans le monde des paludiers, entre savoirs ancestraux, rivalités et modernités – pour ne pas dire sabotage aussi. Tous les coups semblent permis, tant l’or blanc suscite des convoitises. Plus les enjeux financiers sont importants, plus les tentations sont grandes, ainsi que les risques, pour ceux qui ne voudraient pas plier.

Enquêter est un travail d’équipe – et heureusement, les équipes sont soudées, efficaces. Identifier le ou les coupables n’est pas si simples, surtout quand les suspects n’ont pas la gentillesse d’avoir des alibis en or blanc massif.

Les marais sanglants de Guérande – une enquête pour les amoureux de la Bretagne.