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La disparition du coeur des symboles de Miguel Miranda

Présentation de l’éditeur :

Une délégation d’Amérique latine vient à Porto pour commémorer la mémoire du roi don Pedro IV. Au cours la cérémonie dans l’église de Lapa, la délégation s’aperçoit que la relique du roi (une urne renfermant son coeur) a disparu et est témoin de la mort brutale de l’organiste Jorge Vinagre. Mario França est engagé pour retrouver la relique et l’assassin de Vinagre.

Livre lu dans le cadre de la lecture commune du forum Partage-Lecture.

Mon avis : 

Qu’on se le dise ! Mario França est le plus grand détective du monde, et ne se prive pas pour nous le faire savoir. Plus grand, je ne sais pas, plus drôle, il n’en est pas loin. Le plus précautionneux, oui, certainement : il n’utilise pas les moyens de communication modernes, on ne sait jamais ! Je vous rassure, il prend grand soin de son média d’un genre très ancien, à savoir un pigeon voyageur sujet à la dépression – il le fait soigner, et ne le nourrit qu’avec de la nourriture qui lui convient (au pigeon, pas au détective).
Revenons à notre enquête. Un vol, un meurtre, bientôt deux, ce ne sont pas les problèmes, ni les difficultés qui manquent. Mario França prend cependant les faits avec optimisme. Il faut dire qu’il est entouré non par une équipe de bras cassés, mais par une équipe d’illuminés que je ne vous décrirai pas, je vous laisse le plaisir de les découvrir – sachant qu’un des membres s’est bien remis de l’intervention chirurgicale, financée par Mario, qui lui a sauvé la vie et lui permet de trouver une nouvelle orientation sentimentale.
Et pourtant, son enquête avance, bien que l’enquêteur officiel mette en doute son avancée de l’enquête. Autant vous le dire tout de suite, il n’aurait pas dû ! Le détective n’emploie pas, il est vrai, des méthodes très légales -il est détective, pas policier. Il a d’ailleurs, apparemment, quelques mauvais souvenirs de la police à une époque antérieure à la démocratie.
Drôle oui mais aussi plein d’amertume quand il pense au monde dans lequel il vit. Voici une citation qui me parle particulièrement :

Je voyage à l’intérieur de moi-même, au fond de mes peurs. J’ai peur de cette société mondaine où l’image vaut plus que mille mots. J’ai peur que le culte de l’image ne se soit substitué aux idéaux, aux causes, aux valeurs, et que ce détachement ne soit irréversible. Je crains que la forme vertigineuse qu’emprunte la société moderne de vivre la vie soit la dernière accélération avant l’accident.

Il ne me reste plus qu’un tome à lire de cette série.

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Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel de Miguel Miranda.

Mon résumé :

Le sosie d’une pop star est retrouvée assassinée – le meurtrier s’est trompé de cible. Mario França est engagé pour retrouver l’assassin, et protéger Lady Godiva, plus grande pop star de tous les temps. Ce n’est que le début d’une longue série d’enquête.

Mon avis :
C’est du grand n’importe quoi ! Mais j’ai beaucoup aimé ce livre, par l’extraordinaire bazar qui s’en dégage – et aussi, par les vérités bonnes à dire qu’il assène pas gentiment.
Vous trouvez parfois les intrigues de romans policiers invraisemblables ? je vous rassure : celle-ci n’est pas crédible du tout, mais se tient merveilleusement bien. Mario França, qui, je vous le rapelle, est le plus grand détective du monde, voit plusieurs affaires d’importance lui tomber dessus au même moment, par la grâce des réseaux sociaux. Il ne s’agit pas moins que de découvrir qui veut assassiner la plus grande pop star du monde, de retrouver une jeune fille disparue, d’assurer la sécurité lors d’un tournoi de poker dans les eaux internationales, de démasquer les assassins de deux religieux, sans oublier de déjouer un complot contre le pape, sans oublier de faire toute la lumière sur la disparition d’un homme soixante ans plus tôt. Bref, il y a là de quoi alimenter la trame d’une demi-douzaine de romans policiers, sans oublier que Mario doit veiller à la santé d’un de ses acolytes, aider dans ses enquêtes officiels un policier qui ressemble à Colombo, veiller à ses propres amours et à celles d’un de ses amis.
L’ensemble est vraiment jubilatoire, surtout que Mario est toujours le narrateur de ses aventures. Observateur, il a mis à profit ses longues plages d’inactivités pour se documenter sur maints sujets grâce à sa bonne amie depuis deux ans – elle est médecin légiste. Mario n’hésite pas à prendre des risques, comme celui de ruiner définitivement son estomac à force d’accepter toutes les boissons un peu ratées que ses proches lui préparent. Il prend soin aussi des siens, même si ses méthodes ne sont pas vraiment orthodoxes. Il se lève aussi contre les abus de l’Eglise – classique me dira-t-on, peut-être pas dans ce contexte. Il rappelle qui a fermé les yeux, pourquoi, et comment les affaires de pédophilie ont été étouffées (beaucoup trop facilement). Le roman a été traduit voici trois ans, cette partie est toujours d’actualité.
Rythmé par le Requiem de Mozart, cette nouvelle aventure signée Miguel Miranda est à lire pour ceux qui aiment les romans qui sortent de l’ordinaire.

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Quand les vautours approchent de Miguel Miranda

Mon résumé :

Mario França, le plus grand détective du monde (au moins) est amené à enquêter sur la disparition de Paula Dagostine, talentueuse artiste peintre dont le vernissage de l’exposition approche. Alors qu’il ne retrouve pas (encore) sa trace, Mario se rend à ce fameux vernissage, et un meurtre est commis. Une seconde enquête en perspective pour le fameux détective portugais.

Mon avis :

Jubilatoire, profondément.

J’ai passé un excellent moment de lecture en compagnie de ce détective, le meilleur, du monde, doté de capacités mentales et physiques hors du commun. Et je ne vous parle pas de son talent pour la déduction, ni ce don si particulier qu’il a pour se trouver toujours au bon endroit, au bon moment.

Ses talents ne seraient-ils pas un peu exagérés, d’autant plus que Mario est aussi le narrateur de ce roman ? Oui, et non. Oui, parce que nous ne sommes pas dans un roman à lire au premier degré. La parodie est là, et bien là, et derrière le discours de Mario se trouve aussi une distance vis à vis de lui-même, une lucidité, aussi, pour ce détective qui voit une psy, avec séance d’hypnose à la clef. Non, parce que, si Mario est lucide envers lui-même, il l’est aussi envers les autres, et sait distinguer leurs désirs de la réalité. Et ses clients n’ont pas forcément envie que l’on découvre ce qu’ils se cachent à eux-mêmes.

Oui, il y a bien deux enquêtes, mais comptent-elles vraiment ? Tel un Hercule Poirot qui ne se serait pas donné beaucoup de peines, Mario réunit tous les protagonistes et donne le nom du coupable – sans que l’on sache vraiment comment il a pu faire des déductions aussi abracadabrantes. Ne répète-t-il pas qu’il a des capacités hors du commun ?

Miguel Miranda est un romancier à découvrir pour tous ceux qui aiment lire des romans policiers bourrés d’humour. J’ai d’ailleurs poursuivi avec un autre titre de cet auteur.

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