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Se taire, écrire, écouter de la musique

Un hommage.

Pour une petite fille qui est partie trop tôt, avec sa maman.

Un chanteur qu’elle aimait.

Il est des douleurs si vastes que l’église fut trop petite pour contenir toutes les personnes venues se recueillir.
Il est des copains venus apporter des roses blanches, des fleurs. Debout dans le cimetière ou assis sur le muret.

Journal d’u louveteau garou – 29 avril 2019

Cher journal,
je ne pouvais recommencer ton écriture que pour te signaler une catastrophe.
Non, pas le fait que le principal soit tombé dans le lac du collège. Là, c’était un accident dû à un saint-Bernard prénommé Sara.
Non, pas le fait que le CPE n’a plus d’ordinateur et que, quand il a une communication à faire, il le fait par haut-parleur. On s’y fait, même si ce n’est pas discret.
Non, pas le fait que la choral du collège a été dissoute parce que, mystérieusement, tous les louveteaux choristes sont devenus subitement muets.
Non, la catastrophe, c’est qu’Enguerrand Pouic, notre Pouic de l’année, a raté dans les grandes largeurs les épreuves du brevet blanc. Alors que ces aînés avaient eu 390 ou 380 sur 400, lui a … 140. Oui, 140 sur 400. Autant dire que l’heure est grave, et je lui conseillerai plutôt de fuir dans la forêt la plus proche afin de n’en plus jamais ressortir, ou alors, de n’en ressortir qu’après avoir trouvé un remède miracle contre la calvitie lupine, ou toute autre invention utile pour la meute ! Non, mais franchement, cela a servi à quoi qu’il ait été martyrisé forcé à lire plusieurs heures par jour, à étudier quotidiennement pendant des années pour en arriver à un tel échec. Tous les espoirs du clan Pouic reposent maintenant sur François Pouic, le sixième de la porté, qui a intérêt à égaler le niveau de ses aînés, et puis quoi encore !!!
Certes, Valère me souffle que je n’ai pas atteint les « hauteurs », les « sommets » gravis par nos aînés. Je n’ai pas démérité non plus. Et, contrairement aux Pouic, je n’ai jamais eu une pression démesurée sur les épaules.
– J’en ai eu moins encore, crut bon d’ajouter Valère.
Des bruits me forcèrent à m’interrompre : Enguerrand Pouic courait après l’un de ses frères aînés et avait bien l’intention de le … et bien oui, de le zigouiller !
Il s’en passe des choses, au pensionnat et au lycée.
@bientôt
Anatole et Valère Sganou, journal à quatre mains.

15 avril 2010 à 13 h 38 – naissance de mon blog

J’en avais le sentiment confus : j’ai commencé à bloguer le 15 avril 2010, le premier article a été publié à 13 h 38. IL fut suivi de deux autres : à 17 h 16 et 17 h 36. Coïncidence ? Trois articles, en comptant celui-ci, seront aussi publiés aujourd’hui.

Voici neuf ans, j’étais au 36e dessous, et je ne pensais pas que mon blog durerait plus de deux mois. Si j’ai changé de plateforme depuis, force est de reconnaître que je blogue toujours et que je n’oublie pas ce qui m’a poussée à ouvrir ce blog voici neuf ans.

Dresser un bilan ? Pas vraiment, pas envie, si ce n’est que j’essaie de rester fidèle à ce que je suis, de ne pas écrire quelque chose que je ne penserai pas (évident, non ?) et de ne pas regretter non d’avoir écrit un article, mais de ne pas en avoir écrit un.

Pour les un an du blog, je postai une photo d’Espéranza et de ses chatons. Vous pouvez reconnaître, entre ses deux frères roux,

Annunziata, fille unique d’Espéranza. Je vous propose donc une photo prise ce matin d’Annunziata :

Bonne journée à tous !

Des nouvelles du pensionnat des louveteaux et de madame Cobert

Au début, nous pensions juste vous donner des nouvelles de madame Cobert, puis on s’est dit qu’en donner du pensionnat, c’était bien aussi.
Même si tout va bien, absolument tout.

Donc, finalement, on va vous donner des nouvelles de madame Cobert, qui a fêté son anniversaire la semaine dernière.

Là, elle est actuellement avec son cousin Sam sur une place, au pied d’une grande roue.
– Surtout Sharon, tu ne montes surtout pas là-dedans, hein, pas de blague.
– Pas de risque, rien qu’en regardant, j’ai le vertige.
– Cela se passe toujours bien à l’asile des louveteaux ?
Léger grognement de madame Cobert.
– Ce n’est pas un asile, c’est un pensionnat.
– Tu m’excuseras, vu ce que tu me racontes, pour moi, c’est pareil. Tu penses bien à mettre le gilet anti-griffures lupine que papa (= le père de Bill) t’a offert ?
– Oui.
– Et la bombe à projection d’extrait d’ail authentique anti-vampire ? Je sais que ce n’est pas tout à fait légale, mais c’est en vente libre à toutes les bonnes adresses ?
– J’en ai une dans mon sac, comme j’ai toujours dans ma salle un paquet de cent mouchoirs et un bidon d’un litre de désinfectant.
– Des jours comme ça, je préfère nettement mon métier et mes activités extra-professionnelles. Je n’ai jamais compris comment tu avais pu devenir professeur toi qui détestais l’école encore plus que moi.
– Et qui conçoit des écoles, de nos jours, toi qui les détestais un peu moins que moi ?

Voeux de madame Cobert

Chers louveteaux

Je vous souhaite à tous une bonne année 2019.
Oui, je sais que monsieur le directeur devait prononcer ces vœux, mais il est « indisponible » et a précisé que c’était son nouveau prénom. Vous avez jusqu’à la rentrée scolaire pour comprendre le message contenu dans cette déclaration.
Je vous souhaite la santé parce que, faites-moi confiance, vu les évaluations que nous avons prévues d’ici les prochaines vacances, vous allez sacrément en avoir besoin.
N’oubliez pas de travailler votre sens de l’orientation : le nombre d’élèves encore incapable de trouver ma salle au bout de quatre mois, c’est tout de même préoccupant.
Je serai sympa, je ne parlerai pas du chant, la vidéo de notre dernier concert est disponible – sans le son, afin de ne pas choquer les âmes sensibles.
Je tiens à remercier mes élèves qui m’ont offert un cadeau pour la fin de l’année. Deux fois cette année, cela se fête !
Non, je ne regrette pas 2018 sur un plan personnel. J’espère simplement que celui qui est toujours en vie en cette fin d’année le sera encore en décembre 2050. Oui, je vise large, l’optimisme, c’est possible. C’est la moindre des choses face à quelqu’un qui ne se plaint pas, qui ne veut pas que l’on dise qu’il est courageux, et qui est capable de me fournir l’adresse d’un salon de thé sympa alors qu’il sort d’une séance de chimio. Oui, j’ai réfléchi : devais-je laisser ces phrases dans mes vœux ? Oui. Parce qu’il est important de ne pas se laisser dicter par… le regard des autres ? la bienséance ? ce qui compte vraiment à nos yeux. Puis, c’est lui qui m’a appelé pour me souhaiter une bonne année et bon courage avec mes charmants louveteaux, alors… je lui rends la pareille devant vous !
Sur ce, je vous laisse et vous dis à bientôt au pensionnat
Madame Sharon Christine Georgette Cobert.