Archives

Traces de lecture

Il est des livres que je chronique immédiatement, parce que je les ai particulièrement aimés, parce que j’ai le temps.Il en est d’autres que je mets plus de temps à chroniquer, parce que j’ai du mal à rédiger mon avis, parce que je veux le laisser mûrir.
Puis, il est des avis que je laisse totalement de côté, et que je ne rédige que quelques semaines, voire quelques mois plus tard, sans relire de notes puisque je n’en ai pas prises – j’en prends toujours très peu de toute façon. L’objectif ? Savoir ce qui me reste de mes lectures, justement, quelles impressions ont pu me laisser ces livres. Ce ne sont pas des coups de coeur (sinon… ils auraient été chroniqués très vite), ni des déceptions totales, mais des livres « entre les deux ».
Aussi, plutôt que d’écrire « mon avis », je vais plutôt écrire des « traces de lecture » – et le prisme du temps donnera sans doute de curieux résultats. A comparer avec ces livres qui, une fois que je les ai refermés, ne m’ont laissé aucun souvenir.

Publicités

Journal d’un louveteau garou – 10 mai

Cher journal
Fumée par la fenêtre ne signifie pas forcément qu’un dragon a investi le logement de fonction de notre principal. Cela peut aussi dire que le père de notre principal vient de flinguer le fer à repasser de son fils et, ne s’arrêtant pas dans son élan, de dézinguer accidentellement le lave-vaisselle. Gaël de Nanterry a dit à son papa loup garou de ne plus toucher à rien – on le comprend.
Pendant ce temps, nous souffrions – et pas en silence – sur nos révisions de littérature vampirique. Franchement, en tant que loup-garou, peu m’importe que la littérature vampirique contemporaine se soit construite en opposition avec le modèle historique qu’est Dracula ! Et je ne vous parle même pas de la légende tenace qui veut que les vampires brillent au soleil. Mis à part pour les cosmétiques, ce point n’a guère révolutionné la non-vie des vampires.
Je râle, je râle, mais la littérature lupine n’est pas ma tasse de thé à la fraise non plus ! Heureusement, madame Cobert sait jouer avec le thème et ne rate pas une occasion de nous faire lire Arsène Lupin. Un pote à elle, paraît-il.
Sur ce, je te laisse, le désastre capillaire de mon petit frère m’appelle.
Anatole Sganou.

Journal d’un louveteau garou – 16 mars 2017

Cher journal
cela fait longtemps que je ne t’ai pas écrit, j’en conviens.Je suis débordé. Non seulement, je dois toujours convaincre les louveteaux adolescents de se révéler, mais je suis désormais un des alphas chargés des loupiots de trois ans, afin de détecter leurs aptitudes. Comme dit Gaël de Nanterry, notre principal : « on ne s’occupe jamais trop des plus jeunes membres de la meute. »Je conçois que j’ai été aussi petit qu’eux, à une époque pas si lointaine, j’ai d’ailleurs de vifs souvenirs des cubes en bois que j’ai mordillés avec bonheur. J’ai du mal à concevoir que j’ai été aussi mou à l’âge de trois hivers. Nanmého, ce n’est pas ‘heure de la sieste, c’est « jeux en liberté ». Ce n’est pas « dodo les yeux grands ouverts », c’est récréation. La jeune génération a dû recevoir des gènes de félons, ils dorment seize heures par jour.
Sinon, nous avons campé le week-end dernier. J’envisage d’écrire un article sur l’influence désastreuse des chevaliers dragons sur les phobies lupines. 40 % des louveteaux du pensionnat dorment avec leur doudou, 25 % reconnaissent faire des cauchemars – cela devrait les aider à vaincre leur phobie, paraît-il – 3% des louveteaux ont décidé de devenir vegan – ce dernier chiffre est celui qui me préoccupe le plus.
Enguerrand, mon tout petit frère, a fêté ses un an. Il pousse bien, il est plus actif que les loupiots que je surveille avec Sarah et Camille le mercredi après-midi. Puis,il est possible d’être calme sans être mou : Morgane, 11 ans, en est la preuve.
Je te laisse cher journal, Valère est en train de cauchemarder. Selon lui, un dragon livrerait directement à notre cantine des tonnes de carottes.Bonheur.
@bientôt,
Anatole Sganou
P.S. : c’est purée de céleri au cresson aujourd’hui à la cantine.
P.P.S. : les nouvelles des chevaliers dragons ne filtrent pas. Dommage.

Journal d’un louveteau garou – 26 décembre

Cher papa Noël
je t’écris directement, via mon journal intime, toi qui sais à peu près tout et distribue les cadeaux aux gentils loupiots.
Tu rappliques tout de suite et tu viens récupérer les deux lutins que tu as oubliés chez nous ! Et fissa ! Nanmého !
Indice : ils sont roux tous les deux, l’un a les cheveux courts et raides, l’autre, une fille,  possède une chevelure assez longue et boucléé,  tous les deux portent un stupide bonnet lumineux et semblent s’être égarés dans notre forêt.
A moins que ce ne soit leurs parents qui ne les aient égarés et là, franchement, bravo l’esprit de famille !
Notre principal est en contact avec tout ce que la meute compte de membres éminents ou pas éminents du tout – cela en fait du monde – et cherche à savoir qui a pu égarer ces loupiots le lendemain de Noël. A croire que certains ont voulu jouer un remake d’Hansel et Gretel, ou moderniser le petit Poucet.
C’est la maman de notre principal qui a émis une idée pleine de bon sens.
– Et si ses enfants n’étaient pas nés dans une famille lupine ?
– Ce sont des loupiots, maman.
– Et suis-je une louve, mon chérie ?
– Pas au sens où la meute l’entend, mais oui.
Statistiquement, il est peu probable que des loupiots naissent sans qu’un des deux parents ne le soient. Sauf que les statistiques…. Les jours à venir seront douloureux, je le sens. Salsifis et Sarah ont pris les petits sous leur patte velue. Elles veulent confectionner avec eux des gâteaux de Noël vegan.Cela promet.
@bientôt
Anatole.
PS : ils nous ont révélé leurs prénoms, Maxime le garçon, Alexandra la fille. Franchement, père Noël, tu n’as pas choisi des prénoms très originaux pour tes lutins !
PPS : oui, j’adore les points d’exclamation !

Journal d’un louveteau garou, tome 2 – 29 novembre.

Cher journal
Cela fait longtemps que je ne t’ai pas écrit – formule convenue.
Je me suis remis du choc subi. Enfin, je crois.
Je suis devenu superviseur de l’internat – pour m’aider à me remettre du choc, j’ai été responsabilisé. Mouais.
Il n’empêche : un troisième rose est depuis deux heures dans l’une des baignoires pour se remettre de l’évaluation affligée par madame Cobert. Mouais. Il faudrait ^peut-être le responsabiliser lui aussi. Un autre a tenté de se suicider en tombant de sa chaise – il est retourné dans sa famille, ses soeurs ont ordre de le surveiller de très près. Pour excès de bétise.
Je te laisse, cher journal, je suis très occupé. Nous devons cuisiner de la purée – pour boucher les trous dans les murs de l’écurie. Puis, j’aiderai un petit 6e Bleu à conjuguer ses adjectifs – pour lui dire, bien sûr, après coup, qu’un adjectif ne se conjugue pas.
@bientôt
Anatole Sganou.

Journal d’un louveteau garou, tome 2 – 6 novembre 2016

Cher journal
je vais bien – après une bonne semaine de séjour à l’infirmerie.
C’est un monde, tout de même ! C’est moi qui me fais agresser, et traitreusement encore, et c’est moi qui me prends une ratatouille. Moralité : je n’étais vraiment pas fait pour être alpha.
Ce qui s’est passé ? Non, journal, je ne te le raconterai pas, mon orgueil blessé me l’interdit. Dire que je n’ai rien vu, et que tout le monde autour de moi a compris – avant moi, bien sûr.
LE virer de la meute ? Un combattant pareil ? Même moi, je suis contre.
Si Sarah m’envoie encore des ondes apaisantes, louve omega ou pas, je sens que je vais mordre. Je vais presque bien, ne m’embetez pas.
@bientôt
Anatole Sganou, qui a complètement foiré la fête d’Halloween.