Archives

Bilan de la mi année 2021

Il est 15 h 27, l’année scolaire est officiellement terminée pour moi. Plutôt que d’écrire un article livresque, et avant d’annoncer dans six jours le début du nouveau challenge Polar et Thriller, voici un bilan à la fois de l’année scolaire, de la demi-année livresque et de l’année féline.

Déjà, je tape cet article avec Galopin qui vient tout juste de s’installer sur mes genoux, Annunziata, qui vient de se disputer avec Lisette, est installée sur le double arbre à chat. Lilas, Pompadour, Serena et Griselda sont non loin, dans le salon/séjour, Pétunia guette au pied du placard – que guette-t-elle ? Mystère. Bref, voici un an, je ne pensais pas que le 6 juillet 2021 ressemblerait à cela.

Tout d’abord, l’année scolaire qui fut riche en péripéties, notamment avec le protocole sanitaire qui changeait constamment, Collège au cinéma qui n’a pas eu lieu, la rencontre d’auteurs avec mes 6e qui n’a pas pu se faire, et les deux semaines de confinement, sans oublier les fermetures de classe pour cause de cas de Covid. Une année qui n’a pas ressemblé à l’année scolaire que j’aurai voulue. Une année terminée en lisant La maitresse est une sorcière, avec les corbeaux en fond sonore, puis en rangeant ma salle de classe.

Les chats, maintenant. Je ne compte plus le nombre de visite, d’opération, de sédation, à croire que mes chats avaient décidé de faire un concours de qui aurait le problème de santé le plus original, entre triple ulcère et hématome à l’oreille. Je n’ai garde d’oublier les chatons qui sortent des tas de bois comme s’il était normal pour les tas de bois de produire des chatons. Ou Loulou, qui a plus de mal à se remettre que je ne le pensais de son aventure, coincé derrière ma boite à gants.

Parlons lecture maintenant. Ce n’est pas tant la lecture qui m’a posé problème que l’écriture, ce qui est récurrent depuis le 23 mars, date de décès de mon cousin. Lire des pavés, écrire des chroniques structurées, il m’a fallu du temps pour y retourner. J’ai eu de belles lectures, de belles découvertes, je pense à la série de bandes dessinées La boite à musique, aux mangas La gameuse et son chat. Pour les policiers, j’ai renoué avec Julia Chapman, avec Arnaldur Indridason dont le nouveau héros monte en puissance, avec sa Pierre du remords. J’ai lu aussi le second roman d’Agatha Portail et le tome 3 des Gwada cops de John Renmann.

Parmi les auteurs que j’ai découvert et dont j’ai poursuivi la découverte, je citerai Cordélia, Pierre Pouchairet, Gilles Milo-Vaceri, Pascal Brissy et Adrien Tomas.

Pour les auteurs dont, pour l’instant, je n’ai pas lu d’autres romans, je citerai Cécile Calland, Liz Moore.

Autre beaux souvenirs de lectures : Mental – Mélodie à l’origine de Marine Maugrain-Legagneur et  L’autre bout du fil d’Andrea Camilleri.

Et comme je ne me vois pas terminer sans musique… je citerai deux coups de coeur récents, Tatoué d’Ycare, et Aimer à mort de Louane.

Ecrire ici – mai 2021

Bonjour

D’habitude, quand je publie un texte dit « d’écriture », c’est plutôt sur le blog de Nunzi. J’ai eu envie de poursuivre cette histoire, que j’écris depuis presque trois ans maintenant, avec de très longues pauses, ici. Ce n’est pas tant que je pense terminer bientôt. Disons plutôt que les événements félins ont été tellement compliqués depuis quelques jours que je préfère écrire ici (en espérant que mes chats se décident enfin à arrêter leur comportement bizarre).

Je note d’ailleurs que je n’ai pas vraiment touché à ce texte cette année.

J’y ai pensé hier, j’avais une bonne accroche pour écrire la suite, et puis Loulou s’est coincé à l’arrière de la boite à gants de ma voiture, ce qui fait que je n’ai rien écrit hier soir – sauf pour raconter l’Odyssée qui finit bien de Loulou.

Pourquoi n’avoir pas écrit ?

Mon texte est un roman, donc les personnages n’existent pas. Je n’ai pas à craindre, comme certains auteurs le disent, que mes personnages viennent frapper à la porte de mon esprit, exigeant que je termine leur histoire. Je crois que mes personnages exigeraient plutôt que je leur fiche une paix royale.

Cependant…. je tente la suite quand même.

Le décor ? La route que j’ai prise hier pour revenir du vétérinaire.

Au volant, Percy McKellen, la soixantaine, et Alexandre Lebrun, écrivain de son état.
Ils se rendent sur les lieux où l’histoire qu’Alexandre écrit a eu lieu.

« – Je n’aime pas me mettre dans une de mes histoires. Je trouve cela très prétentieux. Les auteurs qui s’interrogent : « ai-je ou non le droit d’écrire ceci, ou d’écrire cela ? » Tu es gentil, tu t’interroges, et après tu passes à l’acte – ou pas. J’ai tout de même ces deux histoires, celle d’Emma et du choc qui a causé sa mort en 1940, et celle de Julita. Vous croyez vraiment, Percy, que l’on pouvait vivre en ayant quasiment aucune interaction sociale en 1940 ?
– Oui. Je prends l’exemple pour l’Ecosse – en dehors de quelques proches, mes parents ne fréquentaient pas grand monde, et la gestion du domaine, des moutons, ne demandait pas de rencontrer des centaines de personnes.
– Pour Julita, j’ai des scrupules. Surtout que j’ai trouvé une solution dans le roman d’un collègue.
– Ah ?
– Julita morte, une de ses amies fait faire des faux papiers à son nom, et part en Angleterre pour vivre à la place de son amie la vie qu’elle n’aurait pas pu vivre.
– Vous avez des preuves que Julita voulait vivre en Angleterre ?
– Non.
– Vous avez une idée de l’identité de l’amie ? Julita restait à la maison avec sa mère et sa soeur, elles faisaient des travaux de couture à domicile. Mis à part au lavoir ou au marché, je ne vois pas trop où elle pouvait rencontrer des amies.
– Ou alors, quelqu’un qui aurait appris son décès par hasard et s’en serait servi pour fabriquer des papiers.
– Reste un écueil, et de tailles : Anna, la soeur de Julita. Elle a correspondu avec sa pseudo soeur pendant un demi-siècle tout en mettant des fleurs sur la tombe de sa soeur – tombe qu’elle a caché à sa descendance jusqu’à sa propre mort et qu’elle laisse comme instruction d’être enterrée avec sa soeur. Alors à qui Anna tenait tant pour lui laisser prendre l’identité de sa soeur ?
– Peut-être avait-elle deux soeurs qui avaient des prénoms approchant et l’on est parti sur une fausse piste depuis le début ?
– Non. L’état civil est formel, les recensements sont formels, une seule soeur nommée Julita, morte à 20 ans, chez ses parents, alors qu’elle était couturière.
– Et qui dit que cette Julita anglaise a réllement existé ?
– Je ne pense pas que les lettres se postaient toutes seules… ni ne s’écrivaient toutes seules.
– Et la mort de Renée Flagrier ?
Alexandre Lebrun frissonna. Inventer une histoire, c’était bien. Découvrir qu’Emma, qu’il avait cru avoir inventé, avait réellement existé, et déroulé le fil de ses liens amicaux, familiaux, puis tomber sur les faits divers de ces années-là…. C’était trop pour lui.

 

Comme une envie d’écriture – une nuit au musée

J’ai eu envie d’écrire un texte. Puis, je me suis dit : « pourquoi faire parler un personnage alors que je pourrai parler moi ? »

Je tente de lire actuellement un ouvrage dans lequel une autrice est invitée à passer une nuit dans un musée puis à écrire un livre sur son expérience. je dis « tente de lire » parce que l’ouvrage ne me passionne pas plus que cela. Il a beau être court, j’ai du mal à avancer, pour plusieurs raisons. Alors je me suis dit : « pourquoi ne pas raconter ma propre nuit au musée ? »
Déjà, je ne pense pas que l’on me propose une telle chose un jour. Par contre, l’opération « la nuit des musées » existe bel et bien.
Alors, seule dans un musée. Oui, mais lequel ?
Pas le Louvre. Je l’ai découvert quand j’avais neuf ans, et j’ai mis vingt ans à y revenir. Je suis ressortie saturée de peintures, alors que j’aurai aimé découvrir la section égyptienne. Il faudrait vingt ans pour que je le fasse.
Le musée d’Orsay ? Il est un de mes musées préférés. Cependant, il est aussi très grand, et je ne passerai pas la nuit au musée, je passerai la nuit à errer dans le musée.
Quoique… je m’imagine fort bien au dernier étage. La galerie des impressionnistes. Et cette vue, magnifique, sur les toits de Paris. Le réveil doit y être magique – à condition que je puisse y poser lit de camp ou sac de couchage.
Autre musée que j’aimerai investir : le musée Jacquemart-André, somptueux hôtel particulier. Vu le nombre personnes qui s’allongent sur les banquettes du rez-de-chaussée pour regarder le plafond du premier étage… mon lieu pour dormir est tout trouvé. Puis, je l’ai tellement visité, ce musée, que je ne crains pas de me perdre.
L’idée, c’est tout de même de passer la nuit dans un musée. Quid de l’éclairage ? Ce serait tout de même la loose suprême de se cogner le petit orteil en admirant une oeuvre, non ?
Je ne parle pas non plus de la probable fringale nocturne. Non, parce que quand on dort, on n’a pas faim (logique) mais à trottiner toute la nuit dans un musée, je crois que cela creuserait facilement l’estomac. Même si de nombreux musées disposent de restaurants, parfois de très grande qualité, je peux difficilement demander à ce qu’ils me préparent un menu à deux heures du matin, ou qu’ils pensent à me laisser un casse-croute que je pourrai manger discrètement dans une cafétéria, vide pour la nuit.
Il ne manquerait plus ensuite que ce soit LA nuit où des cambrioleurs décident d’agir. Les policiers recueillent mon témoignage : « à vrai dire… je me suis endormie. J’ai mis trois heures à faire le tour len-te-ment du musée, après, j’avais envie de dormir. Ne me dites pas que vous ne dormez jamais ! Les caméras de surveillance prouvent que je dormais ? Ben alors,pourquoi vous me demandez ? Oui, je dormais sous trois couvertures. Il n’est pas surchauffé, la nuit, le musée ! »
Et ce serait la fin de l’aventure.

Ecrire ? Oui.

– Alors, où en sont les louveteaux ? Tu écris toujours ?
C’est la question que m’a posée une amie voici quelques jours.
Ce n’est pas que j’ai du mal à écrire, c’est que je n’ai ni le temps, ni l’envie, ni l’inspiration. Oui, il faut tout de même avoir un peu d’inspiration, un peu d’envie pour parvenir à mettre des mots sur écran.
J’ai presque eu le cafard en lisant un roman cet après-midi, parce qu’il avait été écrit avant (le premier confinement) et nous montre une vie que nous ne vivrons pas à nouveau avant un certain temps. Après le premier confinement, je me disais que des romans sortiraient qui parleraient du confinement (forcément) et que je n’aurai pas du tout envie de les lire, tout comme je n’avais pas eu du tout envie de lire les écrits d’auteurs auto-centrés qui nous racontaient leur confinement et disaient à quel point c’était bien. Dans une maison de campagne avec un grand jardin et aucun souci financier, je ne dis pas. Et encore, à condition de ne pas être une grande stressée, comme moi. Bref, je le dis, le confinement, le reconfinement, le couvre-feu, le re-reconfinement si on en arrive là ce n’est pas ma tasse de thé et cela ne m’a pas donné envie d’écrire plus. Au contraire.
Comment écrire, comment s’abstraire du quotidien pour continuer les louveteaux garous ? Oui, chez les loups garous et les vampires, il n’y a pas de Covid, on peut se le permettre. Sauf que dans ma vie quotidienne, il est là. J’ai eu des élèves malades, des élèves en quatorzaine, je l’ai été moi-même. J’ai des élèves inquiets, des élèves qui s’interrogent sur l’avenir, et même si je n’enseigne pas au lycée, des anciens élèves s’apprêtaient à passer les épreuves de spécialité du bac – qui viennent tout justes d’être remplacées par le contrôle continu.
Bref, l’écriture plus soutenue, plus fréquente reviendra sans doute, entre cinquante nuance de rouge et bataille de la Somme – oui, c’était le brevet blanc cette semaine.

Mon programme de lecture pour 2021

Bonjour à tous

Je n’aime pas faire des bilans de lecture. Je vais donc plutôt me tourner vers l’avenir, et vers ce que j’envisage de lire au cours de cette année 2021.
Je ne vais pas dresser ici une liste de lecture, ce serait non seulement long, mais en plus contre-productif.

En effet, l’une de mes premières règles est de ne m’interdire aucune lecture. Envie de lire l’œuvre intégrale d’un auteur/d’une autrice ? Envie de découvrir de nouveaux horizons littéraires ? Envie au contraire d’approfondir l’œuvre d’auteurs que je connais déjà ? Plongeon dans les classiques, les « vintages » ou les dernières nouveautés ? Pour moi, tout est possible, sauf deux faits. Je ne peux pas m’interdire de lire un livre sous prétexte qu’il est trop populaire, ou pas assez populaire, sous prétexte qu’il apparaît à tel ou tel genre. Je prends le risque que l’on me dise à nouveau cette année : « tu lis vraiment n’importe quoi ». Non, je lis vraiment de tout, et ce n’est pas la même chose.
De même, je ne me vois pas me forcer à « lire moins », sous le prétexte que… Que quoi, au juste ? La vie nous prouve hélas qu’il est des circonstances (le confinement) pendant lesquelles on n’a pas/on n’a moins le temps de lire ou au contraire on n’a pas envie. Imaginez-vous un challenge littéraire qui aurait pour close de lire moins ? Moi non plus !

Le premier temps fort c’est février et le mois du polar. 28 jours consacrés uniquement au polar sous toutes ses formes.

En mars, ce sera la fin de la nouvelle édition du challenge Animaux du monde. Si tout va bien, je reconduis le challenge.

Pour le 1er avril, et ce n’est pas un poisson, pourquoi ne pas lire un roman de Barbara Cartland ?

Puis le mois de mai avec le mois espagnol et sud-américain. Même si je ne pense pas lire énormément d’œuvres espagnoles ou sud-américaine cette année, ce mois me tient à coeur.

En juillet, fin du challenge Thriller et polar, et début de sa nouvelle édition. J’espère réussir pour la nouvelle édition à dresser un bilan mensuel, comme je faisais les autres années.

En juillet, en août, en septembre, aurons-nous le retour à une vie faite de plus de rencontre et de partage ? Je l’espère en tout cas. Les salons du livre, pour rester dans le domaine littéraire, m’ont beaucoup manqué. Je pense au salon de Franqueville-Saint-Pierre, celui de Romilly sur Andelle, celui d’Osny, le festival America de Vincennes, Saint-Maur-des-fossés ou le festival jeunesse de Rouen.

Je terminerai par quelques titres que j’aimerai lire cette année (ils sont tous dans ma PAL, et pour certains, ils sont vraiment depuis trop longtemps dans ma PAL) :
– Le mystérieux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède de Selma Lagerlöf.
– Quentin Durward de Walter Scott.
– Blonde de Joyce Carol Oates (depuis le temps que je le dis…).
– Octavie d’Urville, tome 3 d’Esther Brissac
– La passe-miroir, tome 4 de Christelle Dabos
– Rendez-vous avec le poison de Julia Chapman
– Jake de Bryan Reardon
– Le marathon d’Honolulu de Hunther S Cooper.
– Son espionne royale mène l’enquête tome 1 (prêté par une amie qui n’est pas pressée de le récupérer. Il faudrait tout de même que je le lise).
– Le pays des ombres de Chitra Banerjee Divakaruni (fin d’une trilogie).

Oui, beaucoup de « fin de série », sachant que j’en ai terminé quelques-unes l’année passée (les frères Reavley) ou que j’ai bien progressé dans la lecture de séries contenues dans ma PAL (la passe-miroir, notamment).

Bien sûr, je vais continuer à participer à des challenges et à ne rien m’interdire : la pédagogie est à base de répétition.

Bonne année 2021 !

L’année 2020 a été une année difficile, une année inédite, une année comme jamais je n’aurais pensé en vivre. Une année qui m’a forcée à enseigner autrement, qui fait aussi que j’ai dû prendre des précautions, prendre « des distances » par rapport à des personnes fragiles de mon entourage. Garder les distances physiques ne signifie par rompre le contact, je crois que le téléphone n’aura jamais autant fonctionné !

Alors, si j’ai un voeu pour 2021, c’est de tisser et de retisser les liens qui nous unissent, de ne laisser personne sur le bord de la route, de rester toujours à l’écoute.

Un peu d’écriture – 11 novembre 2020

Bonjour à tous
Face à ce nouveau confinement, je ressens un mal être à la foi physique et moral. Depuis quelques temps, je n’écris plus vraiment (je parle d’écrit de fiction, pas de critiques). J’ai donc eu envie, plutôt que d’écrire un texte sur mon absence de bien-être, de rédiger un texte qui me trotte dans la tête depuis mardi/mercredi. J’ai cherché, parmi les personnages qui reviennent dans mes écrits, lequel serait le plus à même de transcrire (en forme très romancée) ce que je ressens. Je crois que mon cher Guillaume Berthier est parfait pour cela.

– Allô, commandant Berthier à l’appareil. Non, je ne suis pas au travail, je suis chez moi. Je vous rappelle que l’on est le 11 novembre et que l’on est confiné, double raison pour laquelle je décroche quand on m’appelle sur mon téléphone fixe, qui plus est à six heures du matin. (Je crois que mon interlocuteur sent qu’il ne faut peut-être pas me chercher. Déjà qu’il a de la chance que je ne dorme pas, que je ne râle presque pas pour m’avoir appelé à cette heure indue).
Un cadavre a été retrouvé dans la mare de Sacaille. Quand ? Il y a une heure ? Je vous arrête tout de suite, ce n’est pas, ce n’est toujours pas de mon ressort (ras le bol d’être appelé chaque fois qu’il y a le moindre problème à Sacaille, qui devrait être rebaptisé Poisse, n’était le micro-climat particulièrement frisquet qui y règne).
Pardon ? Je suis chargé quand même de l’enquête (et après, on va dire que j’outrepasse mes droits, ou que la justice ne fait pas son boulot). Non, mais je comprends parfaitement ceux qui sont ravis de ne pas être chargés de cette… patate chaude. Parce qu’en plus il faut que je vienne ? (Soupirs si violents que Betty, le bouledogue de la sœur de Guillaume, en fut réveillée, elle que la sonnerie du téléphone n’avait pas fait broncher).

Sacaille, Guillaume Berthier commençait à connaître la route par chœur. Il avait même fait visiter le village à Imogène, entre deux confinements. C’est elle qui avait remarqué certaines particularités, qui avaient échappé à Guillaume – tout simplement parce qu’il s’était contenté des « lieux du crime », et non d’une visite poussée des sept rues qui constituent le village (et trois ruelles, restons précis). Il trouva très facilement, malgré la nuit noire, le joli rassemblement autour de la grand’ mare. Il se gara, salua au passage le collègue déjà sur place, et les gentils scientifiques au travail.
– Qui a trouvé le corps ?
Il se demandait franchement pourquoi il avait posé la question. C’était soit l’adjoint au maire, Jean-Robert Corvillon, soit le maire lui-même, Loïc Cormeille, deux chats noirs, deux personnes sur qui pleuvaient toujours des catastrophes en tout genre.
Avec lui, cela faisait trois.
Puis, il avait tout de même été aidé : Jean-Robert était tout tremblotant, assis sur le banc, en train d’avaler une boisson chaude, alors que le maire, en pyjama et manteau (la bienséance interdisait à Guillaume de dire quel motif il apercevait dans l’échancrure du manteau… Ah, pardon, tant pis pour la bienséance, c’était un Gaston Lagaff ») se tenait à ses côtés et lui tapotait dans le dos. A leurs pieds, un chien de race très indéterminé.
– A cinq heures du matin, le chien de l’adjoint au maire a été pris d’un besoin pressant de se promener. Monsieur Corvillon a alors généré sur son portable une attestation de déplacement pour promener son chien dans la rue parce que, je cite, « à cette heure-là, nous ne dérangerons personne ». Il a vu quelque chose qui dépassait de l’eau, la mare du village étant extrêmement basse à la suite de la sécheresse de l’été dernier. Il a cru que quelqu’un avait encore jeté des détritus dans celle-ci, s’est approché, et a vu le corps. Il nous a appelé, puis a appelé le maire comme soutien moral.
– Le maire est aussi son voisin, si je me souviens bien.
– Exact.

Selon les premiers constats, la victime n’avait pas été tuée sur place, elle était déjà morte quand on avait jeté son corps dans cette mare. Ni l’adjoint ni le maire n’avaient reconnu le corps. Puis, comme l’avait dit si justement Loïc Cormeille, le maire : « un habitant du village n’aurait jamais fait la bêtise de mettre le corps là, à moins de vouloir qu’il ne soit découvert tout de suite ».
Mouais. Il fallait quand même connaître la mare.
Guillaume avait cependant un petit accès de mesquinerie. Le ou les coupables allaient devoir justifier son déplacement pendant le confinement. Sur l’attestation de sortie, il n’y a pas de case « va commettre un meurtre et se débarrasser du corps ».

Annunziata a dix ans

Bonjour à tous

Aujourd’hui, Annunziata fête ses dix ans.

Voici ce que j’écrivais sur mon journal des chats le 24 mars 2010 :

« Maman a laissé un message [j’étais au collège, c’était un mercredi] pour me dire qu’Espéranza était en train d’accoucher ; quand je suis arrivée, le cinquième était en train de naître, elle s’était très bien débrouillée, puisqu’ils avaient tous chaud, ils avaient tous leurs cordons coupés, ils tétaient tous, le petit roux était encore relié par le cordon ombilical à sa maman, mais il a été [tété ? je n’ai pas corrigé] quand même pendant une heure avant que son placenta soit expulsé ; au final, les chatons sont roux, noir, marron (Sherlock, tu n’y serais pas pour quelque chose ?), écaille de tortue, et roux, elle a accouché à même le transporteur, mais elle va bien, et les chatons vont bien »

Les chatons furent nommés (par ordre de couleur) Fidélio, Cacao, Mycroft, Annunziata et Rodéo. Je ne l’ai pas noté, mais déjà Annunziata s’accrochait fermement à sa mère, et repoussait son plus jeune frère, Rodéo.

Bon anniversaire Annunziata !

Journal d’un louveteau garou – le bal des louveteaux 3 et fin

Cher journal
Nous eûmes des nouvelles au matin.
Oui, je me suis endormi en rentrant du bal. Danser, même mal, ça fatigue.
C’est autour du petit déjeuner revigorant que Camille et Paul me racontèrent.
– Le prof est revenu avec sa guitare électrique et un ampli, commença Camille. Il a tout branché lui-même. Puis, il a commencé à jouer un truc complètement dingue.
– Non, parce que, franchement, on ne peut pas appeler cela de la musique, et pourtant, j’ai l’esprit de meute large, continua Paul. Apparemment, quand il n’était pas encore un vampire, notre professeur de musique dirigeait un groupe de « métal ». En gros, de la musique qui te vrille les tympans à coups de tournevis et de marteau.
– Même si notre instinct nous disait de fuir, nous sommes restés !
– Le principal lui a quand même signalé que c’était trop fort.
– Après dix minutes de ce traitement, le professeur a constaté que c’était pire que mieux, puisque personne, absolument personne ne dansait, nous étions tous sidérés. Il nous a donc plantés là. Sarah l’aurait entendu murmurer qu’étant vampire, il n’aurait même pas l’occasion de se murger pour oublier tout cela. Pas très sympa. Nous étions tous très fatigués, alors monsieur de Nanterry a proposé une séance de méditation avant de clore le bal. C’était le meilleur moment de la soirée. Puis, nous avons récupéré nos affaires, étiquetées par madame Cobert et madame Achille. Non, parce qu’il paraît que, les années précédentes, il y avait eu des soucis. Forcément, cinq filles étaient venues avec le même gilet, dans la même taille. Les louvetelles manquent parfois cruellement d’imagination. »
C’est aussi ce que je me disais, en constatant que mes camarades et moi même étions presque habillés de la même façon – et pourtant, le pensionnat n’impose pas le port d’un uniforme.
Je sais, cher journal, que cela peut sembler, finalement, un peu ennuyeux : pas d’accident, pas de soucis réels, simplement un professeur d’éducation musicale déçu et des louveteaux qui se sont ennuyés. Des problèmes ne peuvent pas constamment surgir, après tout. Ah, si : Paul me signale qu’après avoir mangé quatre hamburgers et trois assiettes de frites hier, il est légèrement barbouillé au matin et ne reprendra pas de sixième pain au chocolat. C’est son droit le plus absolu.
Sur ce, je te laisse, cher journal jusqu’à de plus palpitantes aventures – ou pas.
Anatole Sganou, 4e Bleu.

Journal d’un louveteau garou – le bal 2

Cher journal
Écrire pendant le bal, je pensais que ce serait difficile. Pas du tout ! il faut dire que l’on s’ennuie copieusement. (Oui, je ne vais pas censurer mon propre journal, n’est-ce pas ? ).
Nous entrâmes à huit heures, heure officiel du début du bal. J’avais déjà vu plein de téléfilm américains, des séries aussi, dans lesquels le bal se déroule dans un gymnase somptueusement décoré. Là aussi, cela se passe dans le gymnase. Pour la décoration, je la qualifierai de totalement absente. Raison de sécurité et de budget. Surtout de sécurité.
– Apparemment, me souffla Paul, un louveteau serait monté au sommet du sapin au beau milieu du bal il y a six ans, provoquant ainsi son effondrement. C’est ma sœur qui me l’a dit.
Comme si les propos des grandes soeurs étaient à prendre au sens propre !
Notre professeur vampire DJ était bien là, avec ce que j’identifiai comme un piano à queue et un micro. Flûte alors ! Le principal adjoint avait quant à lui une pile de partition à la main. Cela ne me disait rien qui vaille.
– Chers louveteaux (et un larsen, un), chères louvetelles, enfin, vous qui allez vous embêter toute la soirée ici, je peux vous dire que vous n’êtes pas les seuls. J’ai eu cette année un aperçu de ce que c’était, la musique lupine, et en deux cents ans, je n’avais rien entendu de pire. Je vais donc jouer au piano (il donna une grande claque sur l’instrument qui ne s’écroula pas) les plus beaux morceaux de ma jeunesse, sans oublier des classiques que vous ne connaissez sans doute pas, enfin, surtout pas ceux qui font semblant d’écouter mes cours et dorment les yeux grands ouverts. Monsieur le principal, à vous ! »
Notre principal a tout simplement déclaré le bal ouvert. Le pauvre ! Quoique… Il n’aime peut-être pas danser.
La première heure, il ne se passa pas grand chose. Il faut dire que notre professeur vampire enchaînait valse sur polka, mazurka sur valse. De temps en temps, il émettait quelques grognements, qui ramenaient illico le principal à ses côtés. Je suis presque sûr l’avoir entendu murmurer « non mais vous inquiétez pas, je ne vais pas dézinguer un louveteau. Par contre, il est probable que je me barre avant la fin du bal s’ils continuent à être aussi mous ! C’est quoi cette génération ? J’ai connu des vampires en hibernation plus vivaces !  »
Deuxième heure, enfin un peu d’animation. Il faut dire que nous n’avions plus droit à des classiques, mais à des oeuvres plus remuantes.
– Et ils appellent ça danser ! Si quelqu’un filme, il aura l’impression que c’est au ralenti ! J’ai connu des thés dansants plus mouvementés.
Pourtant, j’avais l’impression que nous nous démenions pas mal. Le thème du bal avait aussi été respecté – beaucoup de vert, beaucoup trop de vert.
Bien sûr, aucune fille ne portait des chaussures à talon – des louves en escarpins, vous rêver ! Puis, comme me souffle Sarah « ce n’est pas pratique pour danser ».
Survint alors un grand « boum ». C’était notre professeur qui avait violemment rabattu le couvercle du piano.
– C’est catastrophique. J’en vois même deux qui se sont endormis. Alors, je m’accorde une pause bien méritée et pendant ce temps je vous suggère de continuer à vaquer à vos occupations, c’est à dire faire du surplace.
Nous trouvâmes que c’était très exagéré. Néanmoins, comme nous nous ennuyions ferme, nous décidâmes Mathieu et moi de rentrer à l’internat et de nous coucher.
– C’était très bof, dit Matthieu.
Je partageais son avis, et je le partage avec toi. Nous ne sommes pas les seuls à avoir quitté le bal, cependant, je demanderai demain aux vaillants louveteaux qui sont restés comment cela s’est terminé.
Anatole Sganou, 4e Bleu.