Archives

Meurtre à Westmount, une enquête de Russel Teed de David Montrose

Présentation de l’éditeur :

MONTRÉAL, FIN DES ANNÉES 1940. Russell Teed est enquêteur privé à l’emploi de compagnies, habituellement pour tirer au clair des affaires de fraude. Une vieille connaissance de son Westmount natal lui confie une enquête qui le change de son ordinaire: Martha Scaley veut connaître le véritable état matrimonial de son gendre, John Sark. Une lettre anonyme lui fait soupçonner qu’il était déjà marié avant de convoler en justes noces avec sa fille Inez.
Et chez les Scaley, on est riche et respectable, et on ne fait pas dans la bigamie. L’affaire s’annonce d’autant plus brumeuse que Sark est introuvable depuis près d’une semaine; elle le devient davantage quand Teed découvre le disparu refroidi devant son frigo. En voulant aller au bout de cette histoire, Teed fait la connaissance de toute une galerie de personnages interlopes, pour la plupart avides de discrétion et chatouilleux de la gâchette.

Mon avis :

J’ai retrouvé ce livre dans ma PAL et je me suis dis : pourquoi ne pas l’en sortir ? Après tout, il n’y était que depuis dix-huit mois !
J’aime découvrir de nouveaux auteurs. David Montrose et son privé m’ont entraînée dans le Montreal des années 40 finissantes. Et pourtant, l’intrigue pourrait presque être contemporaine, entre trafic de drogue et lutte de pouvoirs. « Pourrait » parce que certains faits seraient bien plus difficiles à mettre en scène de nos jours.
Mais… revenons au commencement. Russel Teed est un privé spécialisé dans les grosses fraudes à l’assurance. Pour une fois, pour rendre service à une amie de longue date, il accepte une enquête très différente : il doit prouver que son gendre, qu’elle apprécie peu et qu’elle apprécie encore moins depuis que sa fille est rentrée à la maison, a déjà été mariée ou, pour être plus précise, est toujours marié à sa première femme, ce qui rend son second mariage nul et non avenu. Seulement, ce ne sera pas si simple que cela à découvrir, d’autant plus que quelqu’un a eu la bonne idée de raccourcir la vie du mari récalcitrant. Celui-ci était loin d’être un doux agneau, et gérait un business rémunérateur et glauque.
Autant vous le dire tout de suite, j’ai trouvé l’intrigue assez embrouillé, et je me suis perdue face à tous ces personnages qui ne sont pas du tout ce qu’ils paraissent être. Seul Framboise, le policier d’origine québécoise, fait exception à cette règle. Comme nous suivons toute l’enquête du point de vue de Russell Teed, et bien, nous en savons autant que lui ou, pour mieux dire, nous nous trompons autant que lui, pour ne pas dire que l’on patauge dans la semoule. Teed paie de sa personne, il faut bien le reconnaître, et n’est pas sans ressembler à l’archétype du privé. Les femmes fatales ne manquent pas autour de lui, qu’elles se nomment Carole ou Pamela. Restent à savoir à qui elles seront fatales.
Un roman un peu trop classique à mon goût.

Publicités

La soeur de Judith de Lise Tremblay

édition Boréal – 166 pages.

Présentation de l’éditeur :

Chicoutimi-Nord, les années 70. L’été sera long. Il y a bien Judith, la meilleure amie. Il y a aussi Claire, la sœur de Judith, la plus belle fille de la ville. Mais il y a surtout cette mère qui « explose » tout le temps, qui ne laissera pas sa fille épouser le premier venu et qui est prête à tout pour que ses enfants ne soient pas des ignorants.

Mon avis :

J’ai découvert cette auteur au cours du festival América. Ce qui m’a attiré ? La couverture ! Elle me rappelait une certaine vision des années 60.
Nous y sommes presque, après tout. Les années 70 débutent, c’est la guerre au Vietnam, on en parlera, un peu, à la fin du roman. La narratrice, c’est Judith, une toute jeune adolescente qui va dans une école tenue par les soeurs – les soeurs partiront bientôt. Sa mère, qui « explose » fréquemment, veut le meilleur pour elle,  la meilleure éducation qui soit pour qu’elle puisse choisir la vie qu’elle veut, épouser un homme qui ne soit pas un ouvrier – menace latente que l’on retrouve aussi dans La Place d’Annie Ernaux. En attendant, la narratrice vit par procuration le rêve de Claire, la grande soeur de Judith, qui participe à un concours pour devenir danseuse et accompagner un chanteur en tournée – la plus belle fille de la ville est en bonne place. Elle est fiancée au fils d’un médecin, et il n’est guère que la mère de la narratrice pour n’avoir aucune illusion sur les véritables projets matrimoniaux du jeune homme, et l’influence que sa famille peut avoir sur lui.
Ce que nous vivons à travers ce livre, c’est véritablement un moment de la vie de la narratrice, une transformation, pas seulement parce qu’elle change d’établissement scolaire, mais parce qu’elle perd une amitié, celle de Judith, qui s’éloigne peu à peu d’elle.
Au cours de cet été, chacun réorganise sa vie. Le lecteur comprend, à mots couverts, ce qui se passe dans certaines maisons. La mère de la narratrice ne brode pas, non, elle dit la vérité au sujet de la vie de Lisette, son amie d’enfance, elle ne dit pas tout, parce que tout n’est pas dicible.
Oui, la modernité fait irruption dans ce Québec des années 70. La modernité, ce peut être des vêtements qui ne conviennent pas aux religieuses, parce qu’ils sont trop à la mode. Ce peut être un roman de Françoise Sagan. Ce peut être aussi un couple qui vit ensemble sans être marié – et non un couple qui se marie parce que la jeune femme est enceinte.
La soeur de Judith – ou une rafraîchissante tranche de vie.

Manikanetish de Naomi Fontaine

Présentation de l’éditeur :

Une enseignante de français en poste sur une réserve innée de la Côte-Nord raconte la vie de ses élèves qui cherchent à se prendre en main. Elle tentera tout pour les sortir de la détresse, même se lancer en théâtre avec eux. Dans ces voix, regards et paysages, se détachent la lutte et l’espoir.

Mon avis :

Une jeune femme, des chapitres courts. Surtout, une vie d’enseignante sur une réserve innée. Elle est elle-même innue, mais elle est partie depuis longtemps pusiqu’à sept ans, sa mère l’a emmené à Québec. Là, c’est son retour auprès de ceux qui sont les siens. Même si ce retour veut dire une séparation géographique avec son amoureux, qui ne comprend pas vraiment son choix. Note : d’ailleurs, pourquoi faut-il choisir ? Elle n’a pas choisi, elle exerce le métier qu’elle désirait exercer, travailler, pour une femme, et avoir une vie amoureuse ne devrait pas être incompatible. Note 2 : dans le cas contraire (et encore de nos jours), les hommes trouvent tout à fait normal que leurs femmes « suivent ».

Non, je ne m’égare, je prends parfois des chemins de traverse pour vous parler de ce très beau roman, dont j’ai rencontré l’auteur lors du Festival America. Si ce roman nous parle de cette jeune enseignante, il nous parle aussi de ses élèves. Dire que c’est un combat quotidien, ce ne serait pas juste. La vie n’est pas simple pour ces jeunes. Tous ou presque sont confrontés à des drames. La plupart des jeunes filles sont maman, ou en passe de l’être, quand elles n’ont pas déjà deux enfants. Certaines s’organisent, pour pouvoir continuer leurs études quand même, même si avoir un enfant malade est aussi une bonne excuse pour ne pas avoir rendu un devoir. Enseigner, c’est aussi un défi : monter une pièce de théâtre. Pas n’importe laquelle : le Cid ! Les répétitions, les problèmes rencontrés, nous seront racontés sans lourdeur, sans lyrisme. Yammie ne travaille pas que sur un texte littéraire, elle travaille avant tout avec des êtres humains.

La fin du roman est (presque) ouverte, comme les chemins sont ouverts aussi pour ces personnages auxquels nous nous sommes attachés. C’est un roman que l’on ne se voit pas lire, tant les chapitres, courts mais évocateurs, s’enchaînent et nous entraînent tout au long de cetet année scolaire pas ordinaire.

Pour l’anecdote : j’aime bien bavarder dans les salons du livre, et pas qu’avec les auteurs. Dans la file d’attente, j’ai donc bavardé avec la personne qui était derrière moi, j’ai dit que j’avais un blog, sans en dire plus. Ce n’est qu’en lisant un commentaire d’Enna que j’ai compris que je connaissais déjà la personne avec qui j’avais parlé, par blog interposé.

QEN2017_600-300x200-300x200

Et pour le plaisir, la dédicace :

Une lecture commune avec  Argali, Karine et  Enna Allons voir leurs avis!

Les chants du large d’Emma Hooper



Présentation de l’éditeur :

Du haut de ses onze ans, à travers le brouillard, le vent et la pluie, Finn compte les bateaux de pêche, de moins en moins nombreux à Big Running, son village natal situé sur une île isolée du Canada. Il n’y a plus de poissons à pêcher, donc plus de travail.
Peu à peu, les maisons se vident et les habitants quittent l’île.
Tandis que sa sœur, Cora, occupe ses journées à décorer les maisons abandonnées aux couleurs de différents pays – la maison du boulanger devient l’Italie, celle du facteur, l’Angleterre –, Finn, lui, n’a qu’une envie : résoudre le mystère de la disparition des poissons. Entre ses leçons d’accordéon et l’exploration de la faune et de la flore locales, il espère bien trouver un moyen de les faire revenir. C’est son professeur de musique, la farfelue Mrs Callaghan, qui va lui souffler la meilleure idée qu’il ait jamais eue. Dès lors, avec les caribous, le lichen et le vent comme seuls compagnons, il échafaude un plan fabuleux pour sauver à la fois sa famille et son île.
Une histoire tendre et fantasque, d’une incroyable beauté, portée par l’écriture poétique d’Emma Hooper.

Merci aux éditions les Escales et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Ce roman pourrait être qualifié de contemplatif. Ce n’est pas tant les actions qui sont racontées qui sont importantes que la manière dont elles sont racontées. L’histoire est simple. Nous sommes sur une île isolée, au Canada. Les villageois, dans ces années 90 débutantes vivent de la pêche. Vivaient, plutôt. Du coup, tous partent pour trouver du travail ailleurs puisque la mer ne les fait plus vivre. Parfois même, ils partent définitivement. Ce n’est pas le cas des parents de Finn et Cora, dont nous suivons l’histoire dans deux temporalités différentes, leur jeunesse, leur présent. Eux alternent leur travail sur le continent, l’un reste toujours auprès des enfants, situation qui n’est pas idéale pour mener une vie de couple équilibrée. Finn n’a que onze ans, il est un rêveur, et ne manque pas de ressources pour tenter de faire revivre son île – faire revenir les poissons, pour faire revenir les gens. Cora aussi, à son niveau, agit, de manière très différente.

Ce pourrait être infiniment triste, cela ne l’est pas à cause de l’extrême musicalité du texte, de sa poésie pourrai-je dire. Voir les récits légendaires qui parsèment le texte, comme celui des serpents en Irlande. Finn a rencontré une conteuse hors pair en la personne de Mrs Callaghan, elle qui lui conte également l’histoire de ses propres parents. Il s’agit, déjà, d’une histoire de départ : Aidan est devenu tôt orphelin de père, Martha a perdu ses deux parents, morts en mer, et ses soeurs sont parties successivement pour le continent, pas toujours volontairement. Se soigner sur une île, oser mettre des mots sur ses souffrances physiques est tout sauf facile quand on a deux petites soeurs dont il faut prendre soin.

Les chants du large, c’est la vie de cette communauté de pêcheurs qui s’en vont peu à peu. Finn guettait les lumières des bateaux le soir, ceux qui étaient sortis et pas encore rentrés, de moins en moins nombreux. Isolés, les pêcheurs avaient appris à se débrouiller seuls, chacun, à tour de rôle, était chargé d’organiser les secours, de chercher les débris de bateaux et surtout, les survivants.

Un très beau roman à recommander à tous ceux qui aiment la musicalité et la poésie.

 

Faux amis de Linwood Barclay



Présentation de l’éditeur :

La ville de Promise Falls est sous le choc. L’écran du drive-in vient de s’effondrer en pleine séance. Bilan : quatre morts. Accident ? Acte malveillant ? L’impassible inspecteur Barry Duckworth enquête. Et un détail le perturbe : l’heure de l’explosion, 23 h 23 ; un chiffre qui évoque d’autres crimes non élucidés…
De son côté, le privé Cal Weaver travaille sur une sombre affaire. Une effraction a eu lieu au domicile d’Adam Chalmers, ponte local décédé au drive-in. Le vol en question : des vidéos érotiques que le défunt réalisait dans son sous-sol… Qui apparaissait sur ces films ? Y a-t-il un lien entre tous ces faits divers ?
Phénomènes étranges autour de la grande roue, agressions sur le campus, meurtres inexplicables. Un vent de panique souffle sur Promise Falls et l’heure est venue pour Cal Weaver et Barry Duckworth d’unir leurs forces.
Mais par où commencer dans cette ville où tous les psychopathes du coin semblent s’être donné rendez-vous ?

Merci à Netgalley et aux éditions Belfond pour ce partenariat.

Mon avis :

La lecture de ce livre ne nous laisse pas de répit, j’ai vraiment eu l’impression d’être prise dans un tourbillon d’événement. Ce tome est une suite, et il est fait allusion à des événements qui ont eu lieu dans d’autres romans, et pourtant, jamais je ne me suis sentie perdue.
Nous sommes tout de suite plongés au cœur de l’action. Alors que le drive in avait organisé sa dernière séance (il est possible alors de fredonner une chanson bien connue), l’écran s’effondre, faisant quatre morts qu’il faut alors identifier – tout sauf facile. Après cet événement, les personnalités se révèlent, personnages que l’on aura l’occasion de recroiser – chacun d’entre eux est bien caractérisé, ce qui permet de l’identifier facilement. Prenez Derek, par exemple : il s’est laissé convaincre de se cacher dans le coffre afin que ses camarades n’aient pas un billet supplémentaire à payer. Pourtant, lorsque l’écran s’effondre, il est le seul des quatre à se précipiter vers les victimes, ce qui est plus important à mes yeux que la vague blague de potache qui ouvre le récit. Autre personnage important : le futur candidat (pas encore déclaré) à la mairie, ex-maire, qui se précipite lui aussi sur les lieux, parce que cela peut faire du bien à son image. Vous avez dit vautour ? Ce serait trop simple.
D’ailleurs, aucun personnage n’est construit simplement dans ce récit. Même pour le personnage le moins sympathique du récit (à vous de choisir lequel, j’ai quelque candidat pour ce titre), nous avons une construction qui n’en fait pas un personnage manichéen, mais un personnage avec des faiblesses, des amitiés, un passé, un lourd passif parfois. Et même un personnage sympathique peut cacher une nature plus sombre. Pour faire cours, les personnages sont rarement ce qu’ils paraissent être.
En dépit du grand nombre de personnages que nous croisons, je dirai que le coeur du récit, c’est la famille. La famille que l’on a perdue, la famille que l’on tente de reconstruire, la famille que l’on essaie de garder unie, la famille que l’on essaie de protéger. Les familles que nous croisons comptent parfois trois générations – les grands-parents devraient veiller sur leurs petits enfants, ou du moins leur transmettre leur amour. Ce n’est franchement pas toujours le cas.
La violence est là, oui, nous ne sommes pas dans un policier tendre, mais l’ensemble reste très lisible, et ne sombre jamais dans la surenchère.
Un auteur à découvrir, si vous ne l’avez pas déjà fait.

Dans la cage de Kevin Hardcastle

Présentation de l’éditeur :

Daniel a longtemps régné sur les rings de free fight, jusqu’au jour où une grave blessure à l’oeil l’oblige à raccrocher les gants. Il décide alors de se ranger, se marie avec une infirmière dont il a une petite fille, et se lance dans une carrière de soudeur. Les années passent et le couple peine à joindre les deux bouts. Daniel, pour tenter de sauver sa famille, devient le porte-flingue d’un gangster qu’il a connu dans son enfance. Très vite écoeuré par la violence de ce milieu, il essaye de fuir en s’inscrivant à un combat officiel de free fight. Mais les choses vont rapidement mal tourner…

Merci aux éditions Albin Michel, à Francis et Carole, et aussi à Léa du PicaboRiverBookClub pour cette lecture.

Mon avis :

Il n’est jamais facile de rédiger un avis pour un livre que l’on n’a pas totalement apprécié. Même si les raisons sont là, ce n’est pas toujours facile à lire, et ses raisons sont d’abord personnelles – j’écris d’abord des avis subjectifs.
Il s’agit d’abord d’une histoire de famille, famille que les personnages se sont choisis. il y a Dan, Sarah, sa femme, et Madelyn, leur fille unique. Murray et Ella apparaissent comme des grands-parents de substitution. En effet, dès que l’on nous parle un peu des parents de Dan et Sarah, le lecteur voit bien que ces familles étaient un peu bancales, sur fond d’alcoolisme, de misère sociale et peut-être aussi de maltraitance (voir l’unique apparition du père de Sarah, dans un retour en arrière). La famille que Dan et Sarah ont fondée pourrait être ordinaire, si ce n’est que Dan a des soucis professionnels, que Sarah, même si elle aime son métier, aimerait reprendre ses études (ce qui est difficile financièrement) et que Madelyn, leur fille, a parfois un comportement assez atypique. Note : elle est qualifiée presque constamment de « fillette », et le terme m’a gêné autant par sa répétition que parce qu’il ne m’a pas semblé très bien choisi (Madelyn a presque douze ans au début du récit).
Qu’entends-je par « soucis professionnels ? » Des chapitres en italique nous renseignent sur le passé de boxeur de Dan. « Boxeur » n’est pas forcément le terme adéquate puisque Dan fait du free fight, et que, dans cette discipline, tous les coups sont permis, et les arbitres semblent ne voir que ce qui les arrangent. Une blessure – grave – a stoppé sa carrière au moment même où elle commençait véritablement. Le temps a passé, les cicatrices, les déformations, les séquelles en bref sont toujours là. Depuis, il est soudeur – mais la crise est là, avoir un travail quotidien à plein temps est rare; Conséquence ? Il travaille parfois pour Clayton, le caïd local. Lui aussi est très « famille » puisque Wallace, son bras droit, a recruté son neveu pour les aider. Oui, Clayton veut développer son entreprise, et il a besoin de toute l’aide possible – si ce n’est que Dan a décidé de raccrocher, et de reprendre la boxe. En amateur. Voir plus.
Le récit se déroule alors sur trois plans, les moments où Dan, seul, travaille, s’entraîne, les morceaux de sa vie de famille, et le business de Clayton. J’ai préféré les passages centrés sur le free fight, l’entraînement de Dan, tout simplement parce que la description du monde du free fight est ce qui m’attirait dans ce roman. J’ai eu plus de mal à passer d’un fil narratif à un autre, pas tant à cause du contraste avec l’univers de Clayton, presque classique dans son côté « roman noir » qu’au fait que je n’ai pas ressenti beaucoup d’empathie en lisant les pages qui étaient consacrées à Dan et Sarah, qui multipliaient à mes yeux beaucoup de petits faits ordinaires pour eux. Ils sont présentés comme complices, unis, mais j’ai trouvé qu’il y avait, du point de vue du lecteur, trop d’implicite, de non-dits. Si Dan combat, Sarah trouve d’autres moyens pour oublier (à mes yeux, toujours) la réalité. Il est pourtant des moments de grâce, notamment quand Sarah exerce son métier, ils sont hélas trop rares.
Bref, j’ai eu l’impression de passer un peu à côté de ce livre. Je ne doute pas que d’autres lecteurs l’apprécieront.

Une illusion d’optique de Louise Penny

Présentation de l’éditeur :

Quand il se réalise, le rêve d’une vie peut virer au cauchemar. Lors du vernissage de sa première exposition au Musée d’art contemporain de Montréal, un mauvais pressentiment hante Clara Morrow. De fait, le lendemain de la fête à Three Pines, une femme est trouvée la nuque brisée au milieu des fleurs de son jardin. Qui était cette invitée que personne ne reconnaît ? Peu à peu, le tableau du crime prend forme et l’inspecteur-chef Armand Gamache apprend que dans le monde de l’art chaque sourire dissimule une moquerie, chaque gentillesse cache un coeur brisé. Dans cette affaire, la vérité est déformée par un jeu d’ombre et de lumière qui crée l’illusion.

Mon avis :

Le prochain Armand Gamache est disponible en France, il était temps de vous parler du tome précédent.
Clara connaît enfin la consécration, si ce n’est que sa première exposition, son succès, sont bouleversés par un meurtre. D’autres faits viendront après s’accumuler, entraîner un questionnement imprévu chez Clara. Oui, un rêve qui se réalise peut vous amener à reconsidérer votre vie.
L’art a toujours eu une place dans les romans de Louise Penny, grâce aux personnages de Clara et de Peter. Il est ici au centre du roman. Il est question de la création, de l’inspiration, du marché de l’art mais aussi des critiques, personnages qui peuvent détruire ou construire une carrière. Il faut être fort pour s’en relever.
Il est question aussi de réparation des erreurs, de pardon. Ou comment l’enfer est pavé de bonnes intentions.
Un roman qui ne décevra pas les fans.