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Roma de Mirko Zilahy

Présentation de l’éditeur :

Pluie sur Rome, torrents de boue le long du Tibre. Loin des monuments qui font sa renommée, au milieu d’un terrain vague, la ville dévoile au petit jour un corps atrocement mutilé… Un crime aussi barbare, seul le commissaire Mancini peut l’élucider. Cependant, ce profiler formé aux méthodes de Quantico n’a plus la tête aux assassinats : endeuillé par la mort de sa femme, Mancini a sombré dans l’alcool et supporte de moins en moins le monde extérieur. De plus, il a déjà un dossier en cours : la disparition inquiétante d’un oncologue réputé, celui-là même qui avait tenté en vain de sauver son épouse. Mais bientôt apparaissent d’autres corps suppliciés. Mancini n’a plus le choix. Épaulé par une équipe d’élite basée dans un ancien bunker, le flic brisé se laisse happer par une enquête qui le rapproche inexorablement de ses fantômes.

Mon avis :

J’avais hésité à lire ce livre, parce que j’avais peur qu’il soit trop noir, trop sombre. Je l’ai donc commencé à la bibliothèque, afin de décider si oui ou non je l’emprunterai. J’en ai lu presque le quart, je suis reparti avec le livre sous le bras.

Noir, il l’est, sombre, tragique. Quand un premier cadavre est retrouvé, c’est le commissaire Mancini qui est chargé de l’affaire. Il ne veut pas de cette affaire, il en a une autre plus importante à ses yeux : l’oncologue qui suivait sa femme, qui n’a pas pu sauver sa femme, a disparu. S’il n’a pu sauver Marisa, Mancini n’oublie pas qu’il a fait tout ce qu’il a pu, et surtout, qu’il pourrait encore soigner, soulager, bien d’autres patients. Il ne croit pas à la thèse de la disparition volontaire, avec une maîtresse que la femme de ménage n’a jamais vu, et pour laquelle il n’a fait aucune dépense. Autant dire que le commissaire Mancini veut absolument se concentrer sur ce cas. il est le seul policier à avoir été formé à Quantico ? Et alors ? Pendant son séjour en Virginie, sa femme est morte, il n’a pu revenir à temps, les médecins et elle-même le lui avait assuré. Une deuxième victime est ensuite retrouvée, puis une troisième : cette fois-ci, c’est bien sur la piste d’un tueur en série que les enquêteurs, la juge, et le préfet (surtout le préfet) se lancent.

J’aimerai vous dire que nous sommes face à un tueur en série ordinaire. Et bien non. Nous ne sommes pas en tout cas face à une caricature, le tueur en série parfait, qui n’a aucune émotion, aucun problème financier, et tout son temps, ainsi que des capacités physiques hors-normes, pour tuer. Nous sommes face à monsieur-tout-le-monde, un homme ordinaire, je l’ai dit, que personne ne remarque. Un homme qui cible ses victimes, et qui essaie de faire comprendre pourquoi il tue. Bizarrement, il n’a pas tant besoin que cela de déshumaniser certaines de ses victimes, elles en manquaient, pour certaines, déjà cruellement, et leur manque d’empathie de leur vivant fait bien plus peur que le traitement qu’elles ont subi. Ne me faites pas dire qu’elles l’ont mérité, cela n’a rien à voir. Je dis simplement que l’on risque bien plus de rencontrer, dans la vie (même si, fort heureusement, cela ne m’est jamais arrivé), une personne comme la toute première victime. Quant à la psy (si vous lisez le livre, vous comprendrez à laquelle je fais référence), j’espère sincèrement qu’aucune ne s’est jamais exprimée ainsi face à une patiente en immense souffrance.

Le roman nous plonge dans Rome, mais aussi au coeur de la société italienne et de sa frange réactionnaire. Entre les religieux qui se portent au secours des femmes voulant avorter et sauvent ainsi des vies (sic) et les médecins qui se disent objecteurs de conscience et refusent de pratiquer des avortements, on est mal barré ! Oui, je suis un peu cru, mais les personnages les plus sympathiques de ce récit expriment, fort heureusement, une bien plus grande largeur d’esprit. Société qui, ne l’oublions pas, est aussi celle du spectacle – voir le charmant comportement du non moins charmant préfet, qui tirerait bien la couverture à lui là où d’autres se contentent de bosser, de prendre des risques, de trouver des indices là où certaines ne penseraient pas à chercher. Le point positif est que les enquêteurs ont un passé, qui les caractérise fortement, qui les rend attachant et explique aussi ce qu’ils sont, leurs réactions face à l’enquête – leur lucidité aussi, comme celle de Mancini.

Roma est un premier roman. Cela ne se voit pas.

 

L’or de Venise de Maria Luisa Minarelli

Présentation de l’éditeur :

La pyramide de boue d’Andrea Camilleri

Présentation de l’éditeur :

Il pleut depuis une semaine à Vigàta et ce matin, le commissaire Montalbano doit se rendre sur un chantier boueux où l’on a retrouvé le corps sans vie de Giugiu Nicotra.
La victime, expert-comptable, vivait avec Inge, une Allemande de 25 ans qui, malgré le drame, reste introuvable. Autre particularité, le cadavre a été découvert en caleçon et un mystérieux vélo a été abandonné sur les lieux du crime. Voilà de quoi attiser la curiosité du commissaire.

Mon avis (à ne lire que si vous connaissez bien Montalbano, vous êtes prévenu(e) !

Après Une voix dans l’ombre, rien ne pouvait être comme avant pour Salvo, pour Livia, c’est impossible, quoi que certains puissent en penser – je ne parle pas des personnages du roman, non, je parle de scénaristes ou de romanciers qui du passé font table rase, par manque de mémoire et de sensibilité. Livia ne va pas bien du tout, elle ne travaille plus – elle a pris un congé sans soldes – elle ne sort plus de chez elle, et forcément, Salvo s’en ressent et il se demande comment sortir Livia de sa prostration.

En même temps, survient un meurtre, un de plus, mais il survient dans d’étranges circonstances. Pourquoi cet honnête comptable, marié à une femme superbe a-t-il été assassiné ? Surtout, pourquoi, ayant eu la force de s’échapper, a-t-il mené les enquêteurs sur un chantier abandonné – un de plus en Italie, devrait-on dire ?

Oui, certains croient que tout va bien sous le ciel italien – qui est en train de se déchaîner, d’ailleurs. Pas vraiment. La Mafia, c’est du passé ? Bienvenue dans le joli monde de la corruption, de la prévarication, de l’argent détourné, du travail « au noir », payé avec de l’argent dont la provenance est un peu inconnue, des accidents dont personne n’est responsable. Des meurtres et des enlèvements encore moins.

Salvo ne parvient pas à se consacrer pleinement à son enquête. La cause n’est pas seulement son vieillissement – pour une fois, il s’inquiète pour rien – mais son désarroi face à Livia. la solution survient parfois de manière inattendue, non pour l’enquête mais pour tirer Livia de son marasme. Ce n’est qu’après avoir constaté que sa fiancée de toujours commençait à remonter la pente qu’il a enfin l’esprit libéré pour laisser toutes les idées fuser dans son esprit.

Bien sûr, il n’est pas seul, et ses rapports sont parfois tendus avec Mimi Augello, cependant, Salvo sait reconnaître ses erreurs – au point que Mimi a franchement du mal à s’en remettre. Dans une nouvelle (j’ai oublié son titre), Camilleri s’était mis en scène, dialoguant avec salvo, parce que certains lui reprochent son manque de violence dans ses récits. Ici, la violence est proche, très proche, et frappe trop souvent des personnes innocentes – des « dommages collatéraux ». L’empêcher ? Difficile, voire impossible, par manque de moyens – ou parce que les personnes visées ne veulent vraiment rien entendre ! Constat alarmant ? Oui, un peu. Il faut toujours se montrer plus rusé, plus prudent, et ne pas hésiter à contourner les obstacles.

La pyramide de boue est un roman sombre, comme Une voix dans l’ombre. L’humour, la bonne chair, sont pourtant toujours présents – et l’inénarrable Catarella !

 

Nid de Vipères d’Andrea Camilleri

édition Fleuve noir – 240 pages.

Présentation de l’éditeur :

Malgré sa longue expérience en terre sicilienne, le commissaire Montalbano doit reconnaître que jamais il n’a été confronté à pareille affaire: un homme tué deux fois.
Barletta, affairiste détesté, usurier qui a ruiné bien des malheureux, don juan compulsif qui n’hésite pas à recourir au chantage pour parvenir à ses fins libidineuses, a d’abord été empoisonné par une femme qui a passé la nuit avec lui, puis a reçu une balle dans la tête par quelqu’un qui le croyait encore vivant.

En plongeant dans le passé fangeux de Barletta, le commissaire va se trouver face à ses deux enfants, Arturo, que l’usurier voulait déshériter, et la très belle Giovanna.

Mon avis :

Attention ! Fait suffisamment rare dans l’histoire des enquêtes de Salvo Montalbano : Livia lui rend visite et restera avec lui pendant presque toute la durée de l’enquête. Ils pourront ainsi se disputer autrement que par téléphone. Nous assisterons aussi à la quintessence de la rivalité entre Adelina, la cuisinière de Salvo, et Livia, qui ne peut absolument pas supporter sa rivale culinaire. Montalbano expérimente ainsi toutes les joies de la vie à deux, que ce soit pour esquiver le fait de partager un repas ensemble autrement qu’au restaurant – Livia est une piète cuisinière aux yeux de Salvo puisqu’elle ne sait pas faire cuire des pâtes – ou le fait de zigzaguer entre les mensonges qu’il a parfois proférés pour couvrir son adjoint préféré, j’ai nommé le tombeur de ses dames, Mimi Augello – ou comment esquiver à nouveau un repas familial avec Mimi et Bebba, son épouse.
Il expérimente aussi, douloureusement, la solitude, distinguant le besoin d’être seul et le fait de se retrouver seul, comme le sans domicile fixe qui s’est installé dans une grotte, non loin de chez lui. Un homme charmant, au demeurant, qui rappelle au commissaire certaines vérités qu’il avait un peu oubliées : – Vous savez, il arrive qu’une longue fréquentation brouille un peu la vision des qualités de la personne qu’on a près de soi depuis longtemps. Rien de mieux qu’un regard extérieur pour vous montrer la chance que vous avez.
Quant au meurtre sur lequel il enquête, il fait figure d’inédit dans la carrière de Montalbano : un double meurtre ! L’homme en question avait deux maisons, deux enfants, deux petits-fils. Mais surtout, il a été tué de deux manières différentes, ce qui veut dire que deux personnes, au moins, lui en voulaient suffisamment pou l’empoisonner ou lui tirer dessus. IL faut quand même contenir une sacré dose de détestation pour ne pas se rendre compte que sa future victime est déjà morte, et lui tirer dessus ! Barletta avait fait des victimes à la pelle, et des conquêtes tout aussi nombreuses. L’une des victimes se détache pourtant, Pace, non par la solidité de son mobile, mais par la manière dont il analyse le comportement de Barletta et le plaint : un homme qui n’est jamais satisfait de ce qu’il a, argent ou femme, ne sera jamais en paix. Pace, lui, a trouvé cette paix, même si le chemin fut douloureux, même si sa femme est souffrante – elle est près de lui et la guérison est toujours possible. Un suspect de moins – plus qu’une bonne vingtaine.
Comme d’habitude, l’enquête est l’occasion pour Montalbano de passe d’armes avec le légiste, au langage toujours aussi fleuri, et de supporter les convocations du questeur, aux idées bien arrêtées sur les manières de mener l’enquête – il n’aura même pas le temps de s’en mordre les doigts, on lui fera regretter très rapidement ses décisions.
A la fin du roman, l’auteur, dans une courte postface, explique le choix de la construction de son intrigue – et de son dénouement. Pour ne pas vous en dévoiler plus que je n’en ai déjà fait, je vous dirai que Camilleri plonge dans les méandres d’une vie insatisfaite, d’une vie qui n’a pas été menée comme elle aurait dû l’être – avec des conséquences pour toutes les personnes qui l’approchaient. Pas facile d’aller au bout des choses. Reste à savoir ce que signifie « au bout » – tous ne seraient pas d’accord avec le choix de Montalbano.
Nid de vipères, un opus particulièrement sombre dans les enquêtes de Montalbano.

Les ombres de Montelupo de Valerio Varesi

éditions Agullo – 310 pages.

Présentation de l’éditeur :

C’est l’automne à Parme. Le commissaire Soneri décide d’échapper à la grisaille de la ville en retournant dans son village natal des Apennins pour des vacances bien méritées. Il se réjouit à l’idée de cueillir des champignons sur les pentes boisées de Montelupo, une activité jadis partagée avec son père. Sur le village isolé règne la famille Rodolfi, producteurs de charcuterie depuis des générations. Le patriarche, Palmiro, mène sa barque d’une main sûre. Mais derrière la réussite, se profile un drame familial : le fils, Paride, a d’autres projets pour son avenir..

Mon avis :

J’ai lu les trois tomes qui mettent en scène le commissaire Soneri, cependant je commence par chroniquer le troisième tome, le dernier lu en date.
Je suis charmée par cet enquêteur que je qualifierai « d’à l’ancienne ». Oui, il y a des meurtres. Oui, ils sont parfois violents, sanglants, parce qu’un assassinat n’est pas un acte anodin. Oui, les détails sont parfois sordides, parce qu’un cadavre et ses blessures sont tout sauf ragoutant et qu’il faut montrer cette réalité de la mort. Mais, l’auteur ne perd pas son temps en se complaisant par le récit circonstancié et détaillé des meurtres, il nous épargne de longues scènes d’autopsie, qui n’apportent rien à l’identification des causes de la mort (une ligne ou deux suffisent, ne l’oublions pas). Soneri agit comme il l’entend, dit ce qu’il pense, poliment, posément, lucide à la fois sur lui-même et sur les autres.
Ces vacances, pour lui, c’était un retour aux sources, dans un village où il a grandi avant que sa famille ne parte pour la ville, pour que sa mère reçoive des soins appropriés. Il est accueilli non pas comme un enfant du pays, mais comme un étranger, un policier étranger à qui l’on ose pas se confier, à qui l’on ne dit surtout pas ce qui se passe. Lui qui n’aspirait qu’au repos et à la cueillette des champignons, il se voit plonger dans une affaire qu’il n’avait pas du tout envie de connaître. Chaque étape de ce récit est un adieu à une partie de son enfance, esquissant une rupture définitive avec son passé. En contrepoint, la voix d’Angela, la femme qu’il aime et désire, qui se montre lucide sur ce qu’il lui dit, sur ce qui se passe aussi.
Le passé… Il est bien présent dans cette enquête, il est, comme souvent, cause de bien des choses : avec le commissaire, nous retournons aux années de guerre, et d’après guerre, à ses clans, ses rivalités, qui ne se sont pas effacés avec le temps et dont les résonances continuent encore. Ils étaient trois, à l’époque. Deux ont choisi l’argent. Le troisième, surnommé le Maquisard, est le seul à avoir mené une vie sans chercher à posséder – et les scènes où il apparaît semblent autant de baroud d’honneur face au destin.
A l’époque de la mondialisation, on oublie comme un village peut parfois être dépendant d’une seule et unique famille, celle qui, créatrice et propriétaire de l’usine locale, donne du travail à tout le monde ou presque. Le seul choix pour garder un peu d’indépendance est de partir – ce que font certains jeunes, ce qu’a fait, en son temps, le père du commissaire.
Il ne s’agit pas tant de montrer les magouilles des industriels, des banques et autres financiers, mais leur impact sur la vie de ces êtres ordinaires, de ce qui se sont crus plus forts, ou qui ont voulu tirer un bénéfice substantiel.
Une enquête qui prend son temps, qui prend le temps d’être racontée. Cela fait du bien.

Une lame de lumière d’Andrea Camilleri

Présentation de l’éditeur :

Entre crimes, regrets et trahisons, Montalbano cherche un peu de lumière dans un monde voué aux ténèbres… C’est un bien étrange rêve de cadavre dans un cercueil qui obsède Montalbano, confronté par ailleurs à une affaire de faux viol et de vrai viol – sans oublier trois terroristes présents dans la campagne environnante. Somme toute, rien d’inhabituel au commissariat de Vigàta si une troisième affaire ne venait perturber le commissaire comme jamais : cette fois, il est vraiment amoureux.

Mon avis : 

Ce livre n’est pas le plus joyeux des enquêtes de Montalbano. Et pourtant, pour la première fois depuis longtemps, Salvo est amoureux, et s’interroge sur sa relation longue durée et longue distance avec Livia. Pour la première fois aussi, leurs entretiens téléphoniques ne sont pas uniquement constitués de longues disputes.
Mais il y a les enquêtes, aussi. Une jeune femme est agressée, en portant la recette des magasins de son mari. Des faits étranges surviennent, sur lesquels la brigade anti-terroriste enquête à son tour. Un cadavre est également retrouvé – brûlé dans une voiture. Trois enquêtes pas aussi simples qu’il n’y paraît. Les conséquences sont pour le moins inattendues, et clôturent une page de la vie de Montalbano.
Heureusement, Fazio, Mimi Augello et Catarella sont là et toujours fidèles au poste – avec, toujours, les approximations de Catarella. Je n’ai garde d’oublier le médecin légiste, toujours aussi fulminant et délicat. Il est question aussi de l’actualité, brûlante, entre terrorisme et accueil des réfugiés. Il est question de bien d’autres choses aussi, quand on a fait pour le mieux mais que cela n’a pas suffi.
Une citation, pour terminer : En théorie, il n’aurait dû se trouver personne au commissariat, à l’exception du standardiste, vu que ce serait ‘ne journée spéciale pour Vigàta.
Spéciale du fait que, de retour d’une visite dans l’île de Lampedusa où les centres d’accueil (oh que oui, messieurs-dames, ils avaient le courage de les appeler comme ça !) pour les migrants n’étaient plus en état de contenir ne fût-ce qu’un minot d’un mois en plus – les sardines salées avaient plus d’espace -, Môssieur le ministre de l’intérieur avait manifesté l’intention d’inspecter les camps d’urgence mis en place à Vigatà. Lesquels, de leur côté, étaient déjà plein comme un œuf, avec la circonstance aggravante que ces malheureux étaient contraints de dormir par terre et de faire leurs besoins dehors.

Un homme seul d’Antonio Manzini

Présentation de l’éditeur :

Rocco Schiavone, déprimé depuis l’assassinat d’Adèle, la fiancée de son meilleur ami, se lance à la recherche du meurtrier en passant en revue la liste de ses ennemis. A Aoste, il se lie d’amitié avec un adolescent fan de heavy metal et enquête sur les Turrini, une famille corrompue, sans doute relais de la mafia calabraise.

Mon avis : 

N’essayez même pas de me faire changer d’avis : je suis fan de cet auteur, et de son héros Rocco Schiavone. C’est dit, c’est simple, c’est court, et c’est pour moi une évidence. Après cette déclaration d’amour littéraire pleinement assumée, venons en à l’analyse proprement dite.

Peu de temps s’est écoulé depuis Maudit printemps. La neige n’est plus là, Schiavone s’en fiche. Depuis la mort d’Adèle, tuée à sa place (les tueurs ne sont vraiment plus ce qu’ils étaient), Rocco se terre au fin fond de son lit avec Luna, la petite chienne à qui il a sauvé la vie dans le volume précédent. Il prend soin d’elle, c’est déjà ça, et envoie paître tous ceux qui veulent le sortir de sa léthargie, avec une constance rare. Cependant, le temps ne l’inaction ne peut pas durer, Rocco ne laissera pas impuni la mort d’Adèle, il ne peut laisser son ami dans les tourments et l’incertitude : il va se jeter à nouveau dans le vif de l’enquête.

Il est faux de croire qu’une affaire se termine après l’arrestation du coupable, parce que la victime, elle, ne se remet pas (sauf mauvaise série télévisée) en deux temps trois mouvements. Chiara, dont Schiavone a sauvé la vie dans le tome précédent, ne va pas bien, parce qu’elle sait que ses parents lui cachent des choses, parce qu’elle sait pourquoi elle a été enlevée. Je dirai peu de choses sur son petit ami, qu’elle supporte de moins en moins, en dépit de ses visites et de son soutien, ce jeune homme, Max, gagne à être connu, et ce n’est pas Schiavone qui vous dira le contraire.

Schiavone, en plus de mener une nouvelle enquête étroitement liée à la précédente, cherche parmi toutes les personnes qui lui en voulaient celle qui a pu commanditer son meurtre, tout en sachant que ce n’est que partie remise – puisqu’ils ont échoué, ils vont recommencer. Oui, quand on est un policier acharné, on a beaucoup de personnes qui, potentiellement, peuvent avoir envie de mettre fin à vos jours. En pratique, ce n’est pas si simple parce qu’il est des délinquants raisonnables qui n’ont pas forcément envie de supprimer le policier qui les a envoyés à l’ombre. Puis, il y a celui que l’on débusquera.

Schiavone peut toujours compter sur ses « hommes », il sait parfaitement leur assigner les missions qui correspondent à leur capacité.  Perdre sa lucidité, très peu pour lui.