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Le roi, c’est moi de Marta Altès

Présentation de l’éditeur :

La vie d’un chat n’est pas toujours facile. Un jour, on est le roi de la maison et subitement, tout change…

Marta Altes est espagnol. Après avoir étudié le design graphique à Barcelone, puis graphiste, elle est devenue illustratrice.

Mon avis :

Enfin un album qui montre, démontre, exprime une évidence : le chat est supérieur au chien. Oui, le roi, c’est bien le chat, contrairement à ce que certains peuvent prétendre. Par contre, j’ai du mal à comprendre comment on peut accorder autant de place à son chat – photos comprises – et décider d’acquérir un chien. Certes, ce specimen est raisonnablement sympathique, ni trop grand, ni trop petit, mais il peine à comprendre qu’il y a des règles, et qu’il faut les respecter.

Le chat a cependant un léger soulagement : le chien s’en va ! Oui, et cela s’appelle « partir en promenade ».

Cette album est rempli d’humour, de couleur. Les dessins sont très réussis, et la fin, à la hauteur du thème choisi.

 

 

 

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Les grenouilles samouraïs de l’étang des Genji d’Hino Kazunari

Mon avis :

Ce livre met en image un conte japonais, qui nous fait revivre, par le biais de grenouilles, La fabuleuse épopée japonaise des clans rivaux Genji et Heike. Nous découvrons de magnifiques paysages remplis de nuances de vert, sur lesquels des fleurs blanches, roses et jaunes finement ciselées s’épanouissent.

Grand-père crapaud raconte aux petits tétards une histoire, une histoire de samouraïs, une histoire de protection d’un lieu particulièrement aimé. Les samouraïs et leur armement, leurs armures sont soigneusement dessinés. D’ailleurs, les images nous renseignent elles-mêmes sur les temporalités du récit. Les dessins montrent le temps présent, et le temps passé, puis le dessin se consacre uniquement au passé, avant de revenir à un présent apaisé. La berceuse finale, dédiée aux fleurs de printemps et d’automne, est d’ailleurs magnifique.

A faire découvrir !

Le printemps des écureuils de Kazuo Iwamura

Présentation de l’éditeur :

C’est le dégel. Nic, Nac et Noc explorent les alentours encore enneigés. En fondant, la neige forme un petit ruisseau. Nic, Nac et Noc grimpent sur un bout de bois et se laissent flotter au gré du courant qui les mène à l’étang voisin. Les canards sauvages viennent à la rescousse des trois écureuils apeurés

Mon avis :

Ai-je besoin de vous le préciser ? Je suis une fan des albums d’Iwamura, et celui-ci ne fait pas exception. Ce ne sont pas des souris qui sont à l’honneur, mais trois petits écureuils intrépides.

L’hiver est en train de partir, le printemps s’annonce, et c’est un autre visage de leur lieu de vie qu’ils découvrent. La couleur blanche s’en va pour laisser la place au vert, à la nature qui renaît, aux animaux qui réapparaissent. L’apparition des canards, leur rôle dans l’aventure des petits écureuils est à ce titre emblématique de ce réveil de la nature, de cette mise en mouvement des éléments. Les dessins sont, comme toujours, très beaux, très soignés, très précis, un vrai régal pour les yeux.

Un album à lire en toute saison.

John Brown, Rose et le chat de minuit de Jenny Wagner et Ron Brooks

Présentation de l’éditeur :

Rose menait une vie heureuse avec son chien, John Brown. « Nous sommes bien, John Brown, disait Rose. Rien que nous deux, toi et moi ». Mais l’intrusion du mystérieux chat de minuit allait bientôt bouleverser leur existence.

Mon avis :

Ce n’est pas un album facile dans le sens où il exploite des thèmes qui ne sont pas vraiment les thèmes traditionnels des albums pour enfant. Il nous parle de la vieillesse, de la solitude, du deuil aussi. Rose est seule avec son chien John Brown, un chien au nom très humain. Elle semble heureuse cependant, mais la solitude est là.
Un soir, un mystérieux chat apparaît. Il est noir, et ses yeux brille dans le noir. Il revient, soir après soir, et John Brown l’ignore, ou plutôt feint de l’ignorer. Ce qu’il ne peut ignorer, en revanche, c’est le sentiment de solitude grandissant de Rose, qui vit dans cette si délicate maison, remplie de souvenir. Alors, alors il accepte la présence de ce chat, de ce nouveau compagnon pour Rose, lui qui est si proche d’elle.
La fin, il est vrai, est un peu étonnante. J’essaie de me dire que la nouvelle situation n’aura qu’un temps et qu’un nouvel équilibre sera possible. Après tout, John Brown, dont nous pouvons connaître les pensées, n’est pas totalement chassé de la maison – il quitte simplement le lieu où il a toujours dormi. Quant au mystérieux chat, nous ne sommes pas « dans sa tête », il reste mystérieux, justement, de bout en bout.
Un album qui nous questionne, à faire découvrir.

 

Les souris vont à la pêche par Haruo Yamashita et Kazuo Iwamura

Présentation de l’éditeur :

Les souris voudraient bien attraper des poissons dans le lac gelé comme le font si bien Papa Belette et son fils. Mais comment faire ? Papa Souris n’a pas le temps d’aller avec eux. C’est Maman Souris qui les accompagnera et qui leur montrera qu’elle n’a pas oublié.

Mon avis : 

Les sept petites souris ne manquent pas d’énergie, par contre, parfois, je me dis que leurs parents auraient bien besoin d’en avoir plus. A peine rentrer de l’école, elles décident toutes les sept d’aller patiner – en portant les bonnets que leur maman leur a tricotés. Les cinq frères et les deux soeurs s’entendent bien, et ont tous les sept la même idée, après avoir observé Papa Belette et son fils (oui, un père aussi peut partager des activités avec son fils) : pêcher !

Les souriceaux en apprennent ainsi un peu plus sur leur maman, qui a dû laisser de côté certaines de ses activités – comme la pêche ! Par contre, elle n’est pas une patineuse-née, ses sept souriceaux doivent tenir de leur père. Qu’à cela ne tienne, ils ne manquent pas de créativité, et leur maman de patience.

Un très joli album, comme toujours avec Haruo Yamashita et Kazuo Iwamura.

 

Le voyage de l’âne d’Isabelle Grelet

Présentation de l’éditeur :

L’âne se morfond dans la ferme… Il lui manque quelque chose. Mais quoi ? Après avoir réparé la vieille camionnette, il partira en voyage espérant trouver ce qu’il cherche.

Mon avis :

Un âne s’ennuie, dans une ferme modèle et pimpante. Tous les jours sont les mêmes. Il rénove donc une camionnette, abandonnée, mais il n’est pas seul. C’était son projet, si ce n’est que d’autres animaux sont venus lui proposer leur aide et qu’il a accepté, tout comme il a accepté qu’ils partent avec lui.
Si cet album comporte un message, c’est qu’il faut oser quitter sa routine, vivre ses passions, quelle qu’elle soit. Il faut aussi se dire que les choses que l’on fait sont toujours plus belles si elles sont partagées. Bref, le message de cet album est relativement positif.
Un dernier mot sur les couleurs chatoyantes, qui s’imbriquent les unes les autres, un peu floues, comme quand on regarde la mer à l’horizon : elle participe au message chaleureux transmis par ce livre.

Album sur les souris

En cette journée spéciale du huitième anniversaire d’Annunziata, voici une journée consacrée aux albums sur les souris.

La famille Souris est composée de dix souriceaux, leurs parents et leurs grands-parents, soit quatorze personnes. Cette journée d’été est consacrée à un loisir : tous les souriceaux se rendent à la mare des libellules. Ils vont s’amuser, certes, mais ils vont aussi observer toutes les insectes, notamment les libellules qui les ont accompagnées jusqu’à la mare. Il ne s’agit pas de montrer une « sortie éducative », simplement d’inviter à contempler les beautés de la nature, que l’on ignore trop souvent.
La tonalité dominante de cet album est le bleu-vert, lumineux et tendre. Les souriceaux sont tous unis, et les plus âgés prennent soin des plus jeunes – poupées comprises.
L’album se termine par le repas du soir, qui permettent aux trois générations d’échanger réellement sur ce qui a été vécu.


Le premier contact avec les personnages, ce sont leurs silhouettes sur un fond sablé/marbré. Elles sont aveugles. Elles sont montrées en couleur sur fond noir. Chacune a une couleur différente. Les sept souris se retrouvent toutes les sept face à un nouvel être, qu’elles ne parviennent pas à identifier. Chaque jour de la semaine, chaque souris tente de découvrir ce que peut être cette « masse » qui s’est installée devant elles. Et la toute dernière souris escalade et « montre » aux autres ce qu’elles percevaient uniquement de manière parcellaire. Elles avaient toutes raison, chacune à leur manière. Il n’est pas si fréquent de lire un album qui traite du handicap.

Je terminerai par 

 

Le château des souris est situé dans le château même, puisqu’il s’agit d’une maison de poupée. Les parents sont charmants, les souriceaux parfois maladroits, attachants toujours. Aussi, quand la maison de poupée, bien abîmée, est retirée du château, la famille doit trouver un nouveau lieu pour se loger. Pas facile, cependant, quand on veut, on peut (beaucoup) et de jolies surprises peuvent finalement survenir.
Les dessins sont soignées, les couleurs fraîches et variées, cet album est hautement recommandable.

Voici un album très mignon et pas forcément très connu. Ce n’est pas la célèbre famille souris d’Iwamura qui est mise en scène, mais une autre famille de dimension plus modeste, à savoir les parents et les sept souriceaux. le sujet de l’album est de se rendre au bord de la mer et de nager pour la première fois. En père responsable, monsieur souris conçoit des bouées pour chacun de ses souriceaux. Tout ne se passera pas vraiment comme prévu, ce qui ne veut pas dire que les sept souriceaux seront imprudents.
Les dessins, où le bleu domine, sont très soignés. A la plage, ou dans les transports en commun, ce sont toute sorte d’animaux que nous croisons.
Un album aux couleurs douces à faire découvrir.