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Albums avec crocodile, bouc, ours et tigres !

Présentation de l’éditeur : 

Recueilli et élevé par une cane, Bili-Bili pense être un canard, comme ses frères et sœurs. Mais que se passera-t-il lorsqu’il apprendra qu’il est un méchant crocodile qui adore manger les canards ?

Mon avis : 

Cet album est un coup de coeur pour moi, pas seulement à cause de ses illustrations, mais par la richesse de l’histoire qui est racontée. L’auteur nous raconte d’ailleurs à la fin pourquoi il a écrit cette histoire.

Il était une fois un oeuf, qui roula sur une pente, et se retrouva dans le nid des canards. La cane couva tous les oeufs, les siens, et ce quatrième oeuf qui était arrivé là par hasard. Les oeufs éclosent et oh ! l’un des petits parle, il dit « Bili-Bili », ce sera son nom. Elle les élève tous les quatre de la même manière. Un jour, pourtant, Bili-Bili rencontre des crocodiles, qui le renvoient à sa « nature » de crocodile et lui demandent de se comporter comme tel. Que faire quand vous sentez profondément que vous n’êtes pas ce que l’on vous dit que vous êtes ?

Oui, l’album répond à la question dans le cas de Bili-Bili, et cette réponse est tout sauf conventionnelle. Je pense que les enfants se poseront beaucoup de questions à leur tour à la lecture de cet album, qui nous parle de l’adoption, de l’éducation, de l’amour maternelle et fraternelle. Il nous parle de loyauté aussi, et des capacité que certains ont à vous influencer – ou pas. Un bel ouvrage plein d’humour aussi, par ses illustrations. A faire découvrir.



Mon avis :

Un album comme je les aime, sans doute parce que, comme M. Tigre, je ne suis pas très conventionnelle. Le monde dans lequel M Tigre vit est très conventionnel, très géométrique, presque effrayant. Pas de couleurs, sauf la fourrure du tigre. Toutes les maisons sont identiques. Tout le monde est très poli, très policé. Oui, c’est une bonne chose de s’exprimer avec courtoisie, s’en est une autre de masquer ses véritables sentiments, ses désirs, ses aspirations. M. Tigre, peu à peu, se libère, et, aux yeux de la société qui l’entoure, va trop loin. Mais est-ce vrai ? N’est-il pas un tigre, et n’est-il pas possible de trouver un équilibre ? Bien sûr que si !

Présentation de l’éditeur :
L’herbe de la montagne est si haute, si bonne que Poilu, Velu et Barbu, les trois boucs, décident d’aller la goûter.
Mais voilà, pour y arriver, il faut franchir un pont sous lequel habite le plus horrible des trolls….
Barbu, le plus grand des boucs, et assurément le plus malin, trouve une idée pour se débarrasser de l’horrible créature.

Mon avis :

Cet album est inspiré par un conte populaire norvégien, et montre trois boucs, du plus fluet au plus replet en train d’affronter un troll. S’ils parviennent à s’en sortir, c’est grâce à leur ingéniosité et à la gourmandise du troll.
Les couleurs sont très marquées, vives, de larges traits noirs entourent les personnages qui sont tous attachants – sauf le troll.
Une histoire très amusante à partager.

 

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Nous les hommes de Christian Voltz

Présentation de l’éditeur :

Dans cet album, vous apprendrez comment nous sommes devenus champions du monde, ce que font les hommes après un match, comment arrêter un tir surpuissant… Et quantité d’autres informations essentielles !

Mon avis : 

Nous les hommes est un album novateur à tout point de vue.  Les fans de Christian Volet connaissent déjà la manière très particulière dont chaque page est conçu, avec la réutilisation, pour ne pas dire le recyclage de certains objets de la vie courante – comme les capsules rouillées transformées en assiette. Le graphisme du texte, sa couleur, sont en harmonie avec les images. Ce serait déjà très créatif si l’auteur ne se montrait en plus novateur sur le thème traité : l’égalité homme/femme au sein du couple.
Oui, nous avons quatre hommes qui aiment le foot, qui regardent des matchs, et qui sont ravis de voir leur équipe gagner. Seulement, ce soir, c’est leur tour, de ranger, de faire la lessive… et cela choque le quatrième compère qui ne comprend pas que ses potes ne restent pas faire la fête avec lui. Note : cela choquerait aussi certains magazines féminins et pas féministes du tout. Oui, les hommes peuvent tout faire comme les femmes, ce n’est pas un problème. Et oui, les femmes ont aussi le droit de toute faire comme les hommes, elles ont le droit de passer une soirée entre amies et de ne pas avoir, auparavant, penser au bien être de leur cher et tendre en préparant tout pour lui. Oui, je me répète, mais un homme est capable de s’occuper de son enfant, de préparer un repas, de ranger une maison, même s’il peut se montrer très macho avec ses paroles.
Un album à découvrir et à partager.

La petite princesse nulle de Nadja

Extraits de la présentation de l’éditeur ;

Il était une fois une princesse qui était nulle. Nulle en tout. […] . Le jour vint où il fallut songer à lui trouver un mari. Evidemment, il ne fallut guère de temps aux princes des royaumes voisins et pas voisins pour s’apercevoir combien cette princesse était nulle. Ses parents, démoralisés, décidèrent de faire une pause et de partir en vacances. Sans elle. C’est alors que le miracle se produisit. Car au fond, peut-être cette princesse n’était-elle pas si nulle que ça. En tout cas, pas pour tout le monde.

Mon avis : 

Nadja a écrit plusieurs variations sur le thème des princesses. Celle-ci a une particularité  : elle est nulle. Du moins, elle est nulle aux yeux du roi son père et de la reine sa mère. Quel est le problème ? Son absence de don pour la cuisine ? Ses difficultés en mathématiques et en français ? Le fait qu’elle utilise ses jouets de manière non conventionnelle ? Et si le problème était plutôt que ses parents la trouvent  nulle, sans jamais l’encourager, encore moins lui dire de persévérer dans quelque domaine que ce fut. Après tout, elle fait preuve de créativité – et ses recettes de cuisine peuvent être appréciées. Nulle, peut-être, mais elle ne se décourage pas et montre une inaltérable bonne humeur.

Comme toute princesse qui se respecte, elle finira par rencontrer l’amour. Certains diront que son mari est peut-être aussi nul qu’elle. Peut-être aussi qu’il a su voir les qualités que ses parents n’avaient pas pris la peine de chercher.

 

Heu-reux de Christian Voltz

Présentation de l’éditeur :

Aujourd’hui est un grand jour : sa majesté Grobull, le tout-puissant taureau, marie son fils Jean Georges. Les vaches prétendantes se bousculent au portillon, mais aucune n’obtient les faveurs du prince…

Mon avis : 

Laissez-moi vous présenter Grosbull, le roi taureau un peu tyran. Il a une obsession, non pas marier son fils, mais obtenir que son fils soit heu-reux. C’EST UN ORDRE ! Grosbull s’exprime souvent ainsi, avec un ton très très proche du hurlement perpétuel. Grâce à son dévoué ministre, il a réuni les plus belles vaches du royaume, et son fils est sommé de choisir.
Aucune ne lui plaît.
Défile alors les truies, les juments, et même les chèvres, conjointes ô combien redoutées par Grosbull. C’est dire à quel point il est prêt à tout pour que son fils trouve le bonheur.
Bien sûr, les adultes vont comprendre assez vite pourquoi Jean-Georges ne choisit aucune vache. Certains refermeront peut-être même l’album très vite, parce que ce n’est pas une histoire d’amour qu’ils veulent que leur enfant découvre. Si ce n’est que Grosbull tient vraiment sa promesse, son fils sera HEU-REUX ! et non pas rejeté comme ce serait malheureusement trop souvent le cas dans la réalité.
Si vous ouvrez cet album, vous découvrirez également tout l’art de Christian Voltz, avec un dispositif visuel que j’ai rarement vu pour des livres jeunesse. La créativité, c’est important, dans tous les domaines.

Je terminerai par cette citation :
JE T’ORDONNE D’ÊTRE HEU-REUX !!
Alors, choisis qui tu veux… Qu’on en finisse, avant que je devienne chèvre !

Album sur les chats, les éléphants et les marmottes

Un album Gallimard Jeunesse.
Toute ressemblance avec un de mes chats serait purement fortuite. Dans cet album, ce n’est pas Chablis, le chat blanc que tous prenaient pour une femelle parce qu’il était blanc, c’est Michel qui va de maison en maison et se fait dorloter. Une chance que, dans ce quartier, tous soient aussi accueillants avec les chats.
Mais un jour, Michel, ou quel que soit le nom qui lui a été donné, disparaît. Tous alors se mettent activement à sa recherche, et découvrent que tous connaissent ce chat, sous un nom différent et que, finalement, il a permis de combler une certaine forme de solitude.
Il permet aussi des rencontres – le chat, facteur de lien social, un bon sujet de thèse, un bel exemple que cet album.

Pauvre petit Chat est l’histoire d’un chaton tout blanc, perdu au coeur de la nuit la plus noire. Il est tout petit, ce chaton, et un rien l’effraie. Un sac, un lampadaire, un couvercle de poubelle qui se soulève, une porte qui claque… Tout peut devenir rapidement effrayant quand on est ainsi plongé dans la nuit la plus noire qui soit. Peu de couleurs dans cet album – en avons-nous en pleine nuit ? Mais, finalement, un message plein d’espoir puisque tous vont concourir à aider le petit chat à retrouver sa maison.

 

Présentation de l’éditeur : 

Le jour, tous les éléphants sont gris. Tous, sauf Elmer. Elmer est multicolore. Son caractère non plus n’est pas comme celui des autres : il aime beaucoup rire et plaisanter. Mais sa différence le rend malheureux. Alors, en pleine nuit, Elmer s’enfuit et décide de se peindre en gris. Mais la couleur suffit-elle à gommer les différences ?

Mon avis : 

Je crois que je n’ai jamais vraiment fait attention aux animaux qui peuplent les albums, et pourtant, j’en ai lu quelques uns depuis le début de l’année. Si Babar est l’éléphant qui a accompagné mon enfance, j’étais trop grande quand Elmer a fait son apparition pour la première fois. Et pourtant, Elmer est un éléphant très sympathique.
La page d’ouverture nous montre des éléphants de toutes tailles, et de tous âges. Ils sont tous gris, et leur dessin, leur posture s’emboîtent parfaitement. Puis vient Elmer, un éléphant différent des autres parce qu’il est de toutes les couleurs. De plus, il aime beaucoup rire, faire des plaisanteries. Ne pas être comme les autres n’est pas facile tous les jours, et Elmer décide de se fondre dans la masse. Mais Elmer, même s’il ressemble désormais à un éléphant des plus ordinaires reste Elmer.
Ce que j’aime spontanément dans cet album est le fait de revendiquer le droit d’être différent – parce que nous sommes tous différents, il ne faut jamais l’oublier. Les dessins, qui ne laissent aucun « blanc » dans la page, sont très réussis et très colorés.
Il est toujours important d’avoir un éléphant avec soi.

Présentation de l’éditeur :

C’est l’été et pourtant il neige. Mariette et Soupir, les deux petites marmottes, sont ravies : elles s’amusent à laisser leurs empreintes dans la neige.

Mon avis :

Voici Mariette et Soupir qui sont deux petites marmottes assez turbulentes. Nous sommes en été mais il a neigé, et ils en profitent pour jouer, un peu. Ils font de la luge, ils dessinent des silhouettes dans la neige, et trouvent même un cerisier, bien loin de leur terrier.
Sauf qu’après, il faut bien rentrer, ramener les cerises – ils ne vont pas tout manger tout de suite – et surtout, se demander comment leur maman, qui leur dit toujours d’être si prudent, a pu connaître ce cerisier dans sa jeunesse…
Les dessins, dans des tons pastels, dessinés comme avec des crayons de couleur, rendent bien l’idée que nous sommes dans la montagne. L’auteur ose jouer sur les formats – comme au moment où les petites marmottes gravissent la montagne. De même, les contrastes entre le jour et la nuit sont très bien rendus, et se passent de texte.
Une série à découvrir.

 

Le poney qui n’aimait pas les cavaliers de Séverine de la Croix et Pauline Roland

Présentation de l’éditeur :

Comment être heureux quand on est un poney mais qu’on n’aime pas les cavaliers ? Surtout quand, chaque jour, un cavalier vous monte sur le dos. Et si la solution était tout simplement de s’en débarrasser ? Facile à dire, mais pas facile à faire…

Mon avis : 

J’ai découvert cet album par le plus grand des hasards à Saint-Maur-des-fossés, et je dois dire que je suis totalement conquise. Que ce soit le texte ou que ce soit les illustrations, l’ensemble est très drôle et très enlevé.

Robert, le beau Robert, qui la brunette tant aimait (ou pas), n’est pas le héros d’une chanson du temps jadis, mais un poney aux crins rebelles et à l’embonpoint assez conséquent. Comme tous les poneys, il aime, il adore, il chérit les carottes, et avec des carottes, on pourrait le faire avancer à peu près n’importe où. Il est pourtant très inventif pour éviter absolument d’être monté par les cavaliers de son club. Je reconnais cependant que les jeunes cavalières exagèrent. Qui, même pour un concours hippique, mettrait autant de rubans roses à un poney mâle ? Je sais bien que les chevaux s’en moquent, il est des limites à ce qu’un fier destrier peut supporter.

Pour terminer, la photo d’un autre poney aux problèmes capillaires certains.

 

Le roi, c’est moi de Marta Altès

Présentation de l’éditeur :

La vie d’un chat n’est pas toujours facile. Un jour, on est le roi de la maison et subitement, tout change…

Marta Altes est espagnol. Après avoir étudié le design graphique à Barcelone, puis graphiste, elle est devenue illustratrice.

Mon avis :

Enfin un album qui montre, démontre, exprime une évidence : le chat est supérieur au chien. Oui, le roi, c’est bien le chat, contrairement à ce que certains peuvent prétendre. Par contre, j’ai du mal à comprendre comment on peut accorder autant de place à son chat – photos comprises – et décider d’acquérir un chien. Certes, ce specimen est raisonnablement sympathique, ni trop grand, ni trop petit, mais il peine à comprendre qu’il y a des règles, et qu’il faut les respecter.

Le chat a cependant un léger soulagement : le chien s’en va ! Oui, et cela s’appelle « partir en promenade ».

Cette album est rempli d’humour, de couleur. Les dessins sont très réussis, et la fin, à la hauteur du thème choisi.