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Mon amie Momo de Misun Hwang

Présentation de l’éditeur :
Comment savoir si Momo m’aime vraiment ?
Momo est une chatte boudeuse et griffeuse qui partage le quotidien d’une petite fille qui la nourrit, joue avec elle, et se demande parfois si sa chatte adorée l’aime vraiment.
Mon avis :
Aujourd’hui, c’est mon anniversaire, je vous invite donc à un peu de douceur, ou à une rupture, comme vous voulez, avec le mois du polar. Ce qui m’a attiré, quand je l’ai vu en librairie, c’est la couverture. J’ai trouvé une forte ressemblance entre l’expression de Momo « poil » en coréen, et celle de Lisette, que vous connaissez peut-être si vous suivez le blog de Nunzi :
Momo est une charmante chatte, qui vit des expériences parfois extrêmes avec sa jeune maîtresse – comme prendre un bain, ce qu’elle n’apprécie pas vraiment. L’enfant se demande d’ailleurs si Momo l’aime – après tout, elle la griffe quand elle la nourrit. Il faut une courte séparation pour lui prouver que oui.
L’album est beau, très coloré. Les mots sont rares, mais sont-ils nécessaires quand les images sont si parlantes ?
Un album pour ceux qui aiment les albums, les chats, et qui montrent que la Corée du Sud recèle des trésors pour la littérature jeunesse.

Journal d’un animateur aux studios Idéfix de Patrick Cohen

Mon avis :

Ce livre me faisait de l’oeil depuis un certain temps. Aussi, quand je l’ai croisé au sein de la précédente Masse critique Babelio, j’ai tenté ma chance – et j’ai été retenue, ce dont je remercie Babelio et les éditions Tartamudo.
Cet album nous parle d’un temps que l’on ne peut connaître que si l’on s’intéresse au film d’animation et à son évolution jusqu’à notre époque où la technique (numérique) est parfaite et réutilisable à l’infini. Bienvenue à une époque où l’on pouvait devenir intervalliste sans avoir étudié cinq années après le bac – j’exagère à peine, mais pas quand je dis que la France manque d’animateurs.
J’hésite à qualifier ce livre : bande dessinée ? album ? roman graphique ? roman autobiographique ? En tout cas, Patrick Cohen nous parle de lui et de son singulier parcours. Il nous parle de sa famille aussi, ses parents, ses frères et soeurs, ses filles qui furent partie intégrante de son aventure professionnelle.
La première chose que je retiens, c’est finalement ce que je dis à mes élèves : il ne faut pas renoncer à ses rêves. Si l’éducation nationale a largement abandonné le jeune Patrick – comme beaucoup d’adolescents, s’il a dû effectuer des métiers qui ne lui convenaient pas vraiment, il a su rester à l’affût d’une opportunité – oui, c’était possible de s’informer, même sans réseaux sociaux – et transformer l’essai, jusqu’à, finalement, voler de ses propres ailes.
Oui, j’anticipe, mais l’auteur nous raconte quatre années d’une aventure hors du commun, celle des Studios Idefix. Oui, il parle avec le recul du temps, et se rend compte de la chance qu’il a eu, non de travailler dans ce studio mais de travailler avec les personnes qui le composaient. Il n’oublie pas, par exemple, les visites rituelles de René Goscinny, le vendredi. Et c’est presque naturellement qu’il clôt le livre par… un dernier hommage, finalement.
Le livre mêle les illustrations. Dessins actuels, dessins de l’époque, caricature aussi – ou comment s’amuser dans un studio. La seconde partie du livre présente aussi des photos, qui nous remettent dans le contexte de cette époque – et montrent des personnes pas si éloignées de leurs personnages.
Un livre à découvrir pour les passionnés d’animation.

Comment attraper un ours qui aime lire de Juliana Léveillé-Trudel et Andrew Katz

Présentation de l’éditeur :

Un jour, Julia se laisse inspirer par une histoire qu’elle lit et apporte dans les bois une collation parfaite (pour un ours). Elle découvre, à sa grande surprise, qu’il n’y a pas que les bonnes odeurs qui peuvent attirer les ours !

Mon avis :

C’est un très bel album que j’ai eu le bonheur de découvrir grâce à Netgalley et aux éditions Chouette CrackBoom! Livres. Les illustrations sont très réussis, très précis, que ce soient les dessins de la nature, les animaux, et l’intérieur des « logements ».
Julia veut rencontrer un ours ! Elle est déjà amie avec Léon (sur la couverture), Charlotte et Georgette, trois animaux de la forêt avec lesquels elle pratique des activités hautement humoristiques. Elle va donc tenter plusieurs manières de l’attraper. Une seule réussit, pas vraiment celle à laquelle il s’attendait.
Oui, Bertrand l’ours aime lire, surtout les histoires qui parlent d’amitié – et les ours trouvent des moyens de se procurer des livres.
Un bel album très coloré sur la lecture, la nature et l’amitié.

Albums avec crocodile, bouc, ours et tigres !

Présentation de l’éditeur : 

Recueilli et élevé par une cane, Bili-Bili pense être un canard, comme ses frères et sœurs. Mais que se passera-t-il lorsqu’il apprendra qu’il est un méchant crocodile qui adore manger les canards ?

Mon avis : 

Cet album est un coup de coeur pour moi, pas seulement à cause de ses illustrations, mais par la richesse de l’histoire qui est racontée. L’auteur nous raconte d’ailleurs à la fin pourquoi il a écrit cette histoire.

Il était une fois un oeuf, qui roula sur une pente, et se retrouva dans le nid des canards. La cane couva tous les oeufs, les siens, et ce quatrième oeuf qui était arrivé là par hasard. Les oeufs éclosent et oh ! l’un des petits parle, il dit « Bili-Bili », ce sera son nom. Elle les élève tous les quatre de la même manière. Un jour, pourtant, Bili-Bili rencontre des crocodiles, qui le renvoient à sa « nature » de crocodile et lui demandent de se comporter comme tel. Que faire quand vous sentez profondément que vous n’êtes pas ce que l’on vous dit que vous êtes ?

Oui, l’album répond à la question dans le cas de Bili-Bili, et cette réponse est tout sauf conventionnelle. Je pense que les enfants se poseront beaucoup de questions à leur tour à la lecture de cet album, qui nous parle de l’adoption, de l’éducation, de l’amour maternelle et fraternelle. Il nous parle de loyauté aussi, et des capacité que certains ont à vous influencer – ou pas. Un bel ouvrage plein d’humour aussi, par ses illustrations. A faire découvrir.



Mon avis :

Un album comme je les aime, sans doute parce que, comme M. Tigre, je ne suis pas très conventionnelle. Le monde dans lequel M Tigre vit est très conventionnel, très géométrique, presque effrayant. Pas de couleurs, sauf la fourrure du tigre. Toutes les maisons sont identiques. Tout le monde est très poli, très policé. Oui, c’est une bonne chose de s’exprimer avec courtoisie, s’en est une autre de masquer ses véritables sentiments, ses désirs, ses aspirations. M. Tigre, peu à peu, se libère, et, aux yeux de la société qui l’entoure, va trop loin. Mais est-ce vrai ? N’est-il pas un tigre, et n’est-il pas possible de trouver un équilibre ? Bien sûr que si !

Présentation de l’éditeur :
L’herbe de la montagne est si haute, si bonne que Poilu, Velu et Barbu, les trois boucs, décident d’aller la goûter.
Mais voilà, pour y arriver, il faut franchir un pont sous lequel habite le plus horrible des trolls….
Barbu, le plus grand des boucs, et assurément le plus malin, trouve une idée pour se débarrasser de l’horrible créature.

Mon avis :

Cet album est inspiré par un conte populaire norvégien, et montre trois boucs, du plus fluet au plus replet en train d’affronter un troll. S’ils parviennent à s’en sortir, c’est grâce à leur ingéniosité et à la gourmandise du troll.
Les couleurs sont très marquées, vives, de larges traits noirs entourent les personnages qui sont tous attachants – sauf le troll.
Une histoire très amusante à partager.

 

Nous les hommes de Christian Voltz

Présentation de l’éditeur :

Dans cet album, vous apprendrez comment nous sommes devenus champions du monde, ce que font les hommes après un match, comment arrêter un tir surpuissant… Et quantité d’autres informations essentielles !

Mon avis : 

Nous les hommes est un album novateur à tout point de vue.  Les fans de Christian Volet connaissent déjà la manière très particulière dont chaque page est conçu, avec la réutilisation, pour ne pas dire le recyclage de certains objets de la vie courante – comme les capsules rouillées transformées en assiette. Le graphisme du texte, sa couleur, sont en harmonie avec les images. Ce serait déjà très créatif si l’auteur ne se montrait en plus novateur sur le thème traité : l’égalité homme/femme au sein du couple.
Oui, nous avons quatre hommes qui aiment le foot, qui regardent des matchs, et qui sont ravis de voir leur équipe gagner. Seulement, ce soir, c’est leur tour, de ranger, de faire la lessive… et cela choque le quatrième compère qui ne comprend pas que ses potes ne restent pas faire la fête avec lui. Note : cela choquerait aussi certains magazines féminins et pas féministes du tout. Oui, les hommes peuvent tout faire comme les femmes, ce n’est pas un problème. Et oui, les femmes ont aussi le droit de toute faire comme les hommes, elles ont le droit de passer une soirée entre amies et de ne pas avoir, auparavant, penser au bien être de leur cher et tendre en préparant tout pour lui. Oui, je me répète, mais un homme est capable de s’occuper de son enfant, de préparer un repas, de ranger une maison, même s’il peut se montrer très macho avec ses paroles.
Un album à découvrir et à partager.

La petite princesse nulle de Nadja

Extraits de la présentation de l’éditeur ;

Il était une fois une princesse qui était nulle. Nulle en tout. […] . Le jour vint où il fallut songer à lui trouver un mari. Evidemment, il ne fallut guère de temps aux princes des royaumes voisins et pas voisins pour s’apercevoir combien cette princesse était nulle. Ses parents, démoralisés, décidèrent de faire une pause et de partir en vacances. Sans elle. C’est alors que le miracle se produisit. Car au fond, peut-être cette princesse n’était-elle pas si nulle que ça. En tout cas, pas pour tout le monde.

Mon avis : 

Nadja a écrit plusieurs variations sur le thème des princesses. Celle-ci a une particularité  : elle est nulle. Du moins, elle est nulle aux yeux du roi son père et de la reine sa mère. Quel est le problème ? Son absence de don pour la cuisine ? Ses difficultés en mathématiques et en français ? Le fait qu’elle utilise ses jouets de manière non conventionnelle ? Et si le problème était plutôt que ses parents la trouvent  nulle, sans jamais l’encourager, encore moins lui dire de persévérer dans quelque domaine que ce fut. Après tout, elle fait preuve de créativité – et ses recettes de cuisine peuvent être appréciées. Nulle, peut-être, mais elle ne se décourage pas et montre une inaltérable bonne humeur.

Comme toute princesse qui se respecte, elle finira par rencontrer l’amour. Certains diront que son mari est peut-être aussi nul qu’elle. Peut-être aussi qu’il a su voir les qualités que ses parents n’avaient pas pris la peine de chercher.

 

Heu-reux de Christian Voltz

Présentation de l’éditeur :

Aujourd’hui est un grand jour : sa majesté Grobull, le tout-puissant taureau, marie son fils Jean Georges. Les vaches prétendantes se bousculent au portillon, mais aucune n’obtient les faveurs du prince…

Mon avis : 

Laissez-moi vous présenter Grosbull, le roi taureau un peu tyran. Il a une obsession, non pas marier son fils, mais obtenir que son fils soit heu-reux. C’EST UN ORDRE ! Grosbull s’exprime souvent ainsi, avec un ton très très proche du hurlement perpétuel. Grâce à son dévoué ministre, il a réuni les plus belles vaches du royaume, et son fils est sommé de choisir.
Aucune ne lui plaît.
Défile alors les truies, les juments, et même les chèvres, conjointes ô combien redoutées par Grosbull. C’est dire à quel point il est prêt à tout pour que son fils trouve le bonheur.
Bien sûr, les adultes vont comprendre assez vite pourquoi Jean-Georges ne choisit aucune vache. Certains refermeront peut-être même l’album très vite, parce que ce n’est pas une histoire d’amour qu’ils veulent que leur enfant découvre. Si ce n’est que Grosbull tient vraiment sa promesse, son fils sera HEU-REUX ! et non pas rejeté comme ce serait malheureusement trop souvent le cas dans la réalité.
Si vous ouvrez cet album, vous découvrirez également tout l’art de Christian Voltz, avec un dispositif visuel que j’ai rarement vu pour des livres jeunesse. La créativité, c’est important, dans tous les domaines.

Je terminerai par cette citation :
JE T’ORDONNE D’ÊTRE HEU-REUX !!
Alors, choisis qui tu veux… Qu’on en finisse, avant que je devienne chèvre !