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Fû, Hana et les pissenlits de Kazuo Iwamura

Mon avis :

Fû (le vent) et Hana (la fleur) sont deux petits lapins qui partent explorer un champ, avec l’autorisation de leur maman. Ils y découvrent des pissenlits, sur lesquels se posent une coccinelle, un papillon puis une abeille qui leur parlent.  Non, les deux petits lapins ne sont pas en fuite, ne font pas bêtises, ils explorent et découvrent ainsi ce que l’on pourrait appeler tout simplement le phénomène de pollinisation.

Les dessins sont très doux, dans des tons pastels, avec de légers traits de crayon apparents pour transporter les jeunes lecteurs dans un univers poétique. Ils laissent suffisamment de place à l’imagination pour permettre d’inventer d’autres histoires, à partir d’eux.  Cet album doux et tendre est encore une réussite signée Kazuo Iwamura – je ne pense pas que cela étonne qui que ce soit.

 

La fête de l’automne de la famille Souris de Kazuo Iwamura

Présentation de l’éditeur :

Dans la forêt, toute la famille Souris cherche Pierrot qui a disparu. Mais quel est ce vacarme? C’est la grande parade d’automne des champignons!

Mon avis :

C’est un plaisir de retrouver toute la famille Souris. Inséparables, ils accomplissent le plus souvent leur tâche ensemble, si ce n’est que, pour commencer, les parents et le grand-père cherchent des noisettes et des baies, et que les enfants, surveillées par la grand-mère, jouent à cache-cache. Et, dans cet album dans des tonalités orange, comme l’automne, dans ces magnifiques dessins qui occupent toute la largeur de la page, il en est des endroits où une petite souris peut se cacher !

Mais une des souris manque à l’appel : Pierrot est introuvable ! Les tonalités changent alors un peu, passant au vert clair, au gris, au bleu jusqu’à ce qu’un élément merveilleux intervienne : une famille de champignons va les guider jusqu’à Pierrot et les faire participer aux fêtes de l’automne. Les couleurs redeviennent d’un orange profond, riche, doré, proche du rouge parfois. C’est un vrai festival pour les yeux.

Encore un très bel album signé Iwamura.

 

Beaucoup de moutons pour un loup glouton de Mayuko Kishira

Un mois au Japon en compagnie de Lou et Hilde

Présentation de l’éditeur : 

Un loup affamé se rend au par aux moutons en espérant tous les attraper pour faire un bon festin… Mais combien y en a-t-il en tout ? Vont-ils se faire attraper par ce loup affamé ? Hélas, la fin n’est certainement pas celle à laquelle le loup s’attendait…

Merci à Babelio et aux éditions Nobi Nobi pour ce partenariat.

Mon avis : 

Cet album est le premier publié en France de Mayuko Kishira. Il met en scène un loup, ce personnage traditionnel que l’on croire dans beaucoup d’albums et de contes pour enfants. Le loup fascine, effraie. le loup a toujours faim et celui-ci ne fait pas exception à la règle.
Il a cependant beaucoup de chance. Il rentre dans un parc aux moutons, pas vraiment surveillé. Il ne se jette pas sur eux, non, pas tout de suite, il prend le temps de les compter, en les observant avec ses jumelles. C’est pour cette raison que nous découvrons les moutons à travers leur objectif. Ils sont très dynamiques, ces moutons, très joueurs également. Tous les âges sont représentés, de l’agnelle aux grands-parents moutons. Pas de travail – nous sommes dans un parc – mais des activités très variées. Le décompte du loup, qui commente les images, ses soupirs, son avachissement progressif sont très drôles. Les couleurs sont franches sans être agressives, les formes sont bien nettes, qu’il s’agisse du décor ou de la centaine de moutons qui batifole joyeusement. Tout est bien conçu dans cet album, de la première à la dernière image, avec un sens certain du détail.
Bonus appréciable : la gazette du mouton, le journal gratuit distribué à l’entrée du parc, reproduit sur la troisième de couverture.

La cordonnerie des ours polaires de Yukako Ohde

Un mois au Japon en compagnie de Lou et Hilde

Présentation de l’éditeur :

Dans la montagne, une famille d’ours polaires cordonniers trouve la maison idéale pour installer sa boutique. Et pour cause : le bâtiment a la forme d’une botte !
Très rapidement, la cordonnerie des ours polaires rencontre un grand succès, et les clients venus des quatre coins de la forêt affluent tous les jours.
Mais au moment où les murs commencent à trembler, les ours découvrent d’où vient cette drôle de maison…

Mon avis : 

Exercer le métier de cordonnier n’est pas toujours facile, surtout quand l’on vit à la montagne et que l’on est une famille d’ours. Fort heureusement, elle trouve un logement : une botte ! Si ce n’est pas un signe du destin, alors, qu’est-ce que c’est ? Reconnaissons aussi que la famille sait très bien aménager l’intérieur de ce curieux logement, et adapter ses créations à sa clientèle qui devient de plus en plus nombreuse.

Les couleurs sont tendres, les destins sont tendres et précis, à l’image de la jolie couverture qui rappelle les contes de notre enfance plutôt que les créations plus contemporaines aux couleurs franches. Tout va pour le mieux dans la meilleure des cordonneries, jusqu’au retournement de situation : la découverte de l’origine de ce curieux logement !

Tout ira bien qui finira bien dans ce joli conte qui met en valeur l’union qui fait la force, la créativité et la curiosité. 

 

Qu’est-ce que vous faites monsieur l’architecte ?

Présentation de l’éditeur :

Un vieux nain, un peu acariâtre mais architecte de talent, décide de se construire une nouvelle maison, avec un belvédère et une vue dégagée. Très vite, toute la faune de la forêt rapplique pour lui proposer de l’aide : « En échange, vous construirez une chambre pour nous aussi... » Le vieil homme se retrouve bientôt dépassé par l’ampleur que prend son projet, mais il est bien obligé d’accepter le renfort des animaux pour que ses travaux puissent avancer.

Mon avis :

Il était une fois un nain qui voulait se construire un belvédère – et une maison pour le poser. Cependant, avant toute chose, c’est vraiment le belvédère qu’il désire construire. Il commence donc son entreprise par le commencement – ar les plans avant de passer à l’exécution. Or, construire une maison, quand on est un nain, ce n’est pas facile. Aussi, est-il quasiment obligé, s’il souhaite que la construction progresse, d’accepter l’aide d’une catégorie d’animal, puis d’une autre, puis encore une autre, ajoutant à chaque fois une pièce pour chaque espèce, conçue selon les voeux de l’espèce en question. Et Le belvédère ? Euh…..
Les illustrations sont très belles, l’image s’emplit au fur et à mesure que les animaux apparaissent et que la maison se construit. Les couleurs sont douces, les mouvements sont bien rendus et le malheureux architecte se trouve un peu débordé par la situation.
C’est aussi un joli récit non seulement sur l’entraide mais sur les différences, et la manière de trouver sa place. Hautement recommandable.

Asie2

Un amour de dragon de Claire Ubac et Irène Bonacina

tous les livres sur Babelio.com

Présentation de l’éditeur :

Au château de la Cornette, les monstres vivent en paix…. jusqu’à l’arrivée des bébés monstres : si craquants qu’ils soient, c’est l’enfer ! Pourtant, si le coup de foudre attend le dragon au tournant, c’est bien grâce à eux.

Merci à Babelio et aux éditions Albin Michel pour ce partenariat.

Mon avis :

Je n’ai pas lu le premier album de la série…. mais j’ai énormément aimé celui-ci !

La couverture, très colorée, pétillante également, m’a tout de suite attirée. Les illustrations de l’album sont tout aussi belles, d’une grande richesse narrative : comme ils sont mignons, ces gros petits monstres qui jouent, s’agitent, font le bonheur de leurs parents, tout en troublant la quasi-quiétude du château !

Ce n’est pas seulement la vie quotidienne au château, son journal, son école qui nous est conté, mais aussi les attaques d’un groupe de brigands qui croient… Mais quoi, au juste ? Que l’on peut briser ainsi l’équilibre des monstres ? Qu’il est facile de s’attaquer à l’un des leurs, comme ça, boum ? Ai-je vraiment besoin de donner la réponse ?

Et l’amour ! Ah, l’amour ! Regardez encore une fois la couverture, pour voir comment le dragon l’exprime. Certes, il a un (petit) souci à surmonter. Péter le feu, pour un dragon, ne devrait pourtant pas être un problème, non ? Un dragon poète, en plus, un dragon amateur de belles lettres, un dragon prêt à tout pour guérir et plaire à sa belle. Mention spéciale au 50 nuances de prout.

Un très bel album à découvrir et à partager.

Graines de bouddha de Jong Sang Kim

Ma présentation :

Lorsque les bonzes sèment, ils placent trois graines dans chaque trou.
Pourquoi trois ?
Pour partager avec les oiseaux et les insectes.

Mon avis :

Ce qui m’a frappé en découvrant cet album, c’est la qualité des illustrations, leur finesse. Quoi d’étonnant de la part de celui qui illustre la série L’école des chats ? Jamais de gros plan sur les hommes, des plan moyens, des plans d’ensemble, qui replacent les hommes au coeur de la nature, et permet d’en voir les détails. il en est de même pour les leçons qui sont délivrées dans cet album. Elles sont simples, elles devraient être évidentes. Il s’agit d’être attentif à ce qui nous entoure, se rappeler la valeur des choses, et des êtres vivants, valeur qui, l’on s’en doute, n’a rien à voir avec l’argent. Il s’agit de penser aussi à la manière dont l’on veut interagir avec autrui, loin de tout gaspillage.
Lu en bibliothèque, cet album paraît ne plus être édité. J’espère qu’il le sera de nouveau prochainement.