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Qu’est-ce que vous faites monsieur l’architecte ?

Présentation de l’éditeur :

Un vieux nain, un peu acariâtre mais architecte de talent, décide de se construire une nouvelle maison, avec un belvédère et une vue dégagée. Très vite, toute la faune de la forêt rapplique pour lui proposer de l’aide : « En échange, vous construirez une chambre pour nous aussi... » Le vieil homme se retrouve bientôt dépassé par l’ampleur que prend son projet, mais il est bien obligé d’accepter le renfort des animaux pour que ses travaux puissent avancer.

Mon avis :

Il était une fois un nain qui voulait se construire un belvédère – et une maison pour le poser. Cependant, avant toute chose, c’est vraiment le belvédère qu’il désire construire. Il commence donc son entreprise par le commencement – ar les plans avant de passer à l’exécution. Or, construire une maison, quand on est un nain, ce n’est pas facile. Aussi, est-il quasiment obligé, s’il souhaite que la construction progresse, d’accepter l’aide d’une catégorie d’animal, puis d’une autre, puis encore une autre, ajoutant à chaque fois une pièce pour chaque espèce, conçue selon les voeux de l’espèce en question. Et Le belvédère ? Euh…..
Les illustrations sont très belles, l’image s’emplit au fur et à mesure que les animaux apparaissent et que la maison se construit. Les couleurs sont douces, les mouvements sont bien rendus et le malheureux architecte se trouve un peu débordé par la situation.
C’est aussi un joli récit non seulement sur l’entraide mais sur les différences, et la manière de trouver sa place. Hautement recommandable.

Asie2

Un amour de dragon de Claire Ubac et Irène Bonacina

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Présentation de l’éditeur :

Au château de la Cornette, les monstres vivent en paix…. jusqu’à l’arrivée des bébés monstres : si craquants qu’ils soient, c’est l’enfer ! Pourtant, si le coup de foudre attend le dragon au tournant, c’est bien grâce à eux.

Merci à Babelio et aux éditions Albin Michel pour ce partenariat.

Mon avis :

Je n’ai pas lu le premier album de la série…. mais j’ai énormément aimé celui-ci !

La couverture, très colorée, pétillante également, m’a tout de suite attirée. Les illustrations de l’album sont tout aussi belles, d’une grande richesse narrative : comme ils sont mignons, ces gros petits monstres qui jouent, s’agitent, font le bonheur de leurs parents, tout en troublant la quasi-quiétude du château !

Ce n’est pas seulement la vie quotidienne au château, son journal, son école qui nous est conté, mais aussi les attaques d’un groupe de brigands qui croient… Mais quoi, au juste ? Que l’on peut briser ainsi l’équilibre des monstres ? Qu’il est facile de s’attaquer à l’un des leurs, comme ça, boum ? Ai-je vraiment besoin de donner la réponse ?

Et l’amour ! Ah, l’amour ! Regardez encore une fois la couverture, pour voir comment le dragon l’exprime. Certes, il a un (petit) souci à surmonter. Péter le feu, pour un dragon, ne devrait pourtant pas être un problème, non ? Un dragon poète, en plus, un dragon amateur de belles lettres, un dragon prêt à tout pour guérir et plaire à sa belle. Mention spéciale au 50 nuances de prout.

Un très bel album à découvrir et à partager.

Graines de bouddha de Jong Sang Kim

Ma présentation :

Lorsque les bonzes sèment, ils placent trois graines dans chaque trou.
Pourquoi trois ?
Pour partager avec les oiseaux et les insectes.

Mon avis :

Ce qui m’a frappé en découvrant cet album, c’est la qualité des illustrations, leur finesse. Quoi d’étonnant de la part de celui qui illustre la série L’école des chats ? Jamais de gros plan sur les hommes, des plan moyens, des plans d’ensemble, qui replacent les hommes au coeur de la nature, et permet d’en voir les détails. il en est de même pour les leçons qui sont délivrées dans cet album. Elles sont simples, elles devraient être évidentes. Il s’agit d’être attentif à ce qui nous entoure, se rappeler la valeur des choses, et des êtres vivants, valeur qui, l’on s’en doute, n’a rien à voir avec l’argent. Il s’agit de penser aussi à la manière dont l’on veut interagir avec autrui, loin de tout gaspillage.
Lu en bibliothèque, cet album paraît ne plus être édité. J’espère qu’il le sera de nouveau prochainement.

Les quatre saisons de la famille Souris de Kazuo Iwamura

Présentation de l’éditeur :

Ils déménagent en automne pour s’installer au cœur de la forêt. Ils profitent de l’hiver pour jouer ensemble au chaud, fabriquer quantité de choses, mais aussi faire de la luge et des souris de neige. Pour fêter le printemps, ils organisent un grand pique-nique où tout est fait maison. Et en été, au premier chant d’oiseau, les enfants partent cueillir des framboises pour accompagner un délicieux petit déjeuner. Eux ? Ce sont les quatorze membres de la famille Souris, parents, grands-parents et dix enfants. Une famille dont on rêve de faire partie !

Mon avis :

Cet album regroupe quatre aventures de la famille souris :  « Une nouvelle maison pour la famille Souris », « L’hiver de la famille Souris », « Le pique-nique de la famille Souris » et « Le petit déjeuner de la famille Souris »

Pourquoi une nouvelle  maison ? Sans doute parce qu’avec dix enfants et deux grands-parents, il est nécessaire de posséder une maison relativement grande – surtout la chambre ! L’union, la discrétion et l’organisation font la force de la famille quand ils traversent la forêt avant de trouver « l’endroit rêvé » pour la construire. Chacun participe selon son âge et sa force, tout en étant respectueux de la nature qui les entoure. Les dessins sont colorés, précis, chaque détail est soigné, et ce sera le cas pour chacune des histoires de cette anthologie.

Dans « l’hiver de la famille souris », deux lieux dominent, l’intérieur de la maison, avec des couleurs dorées, et l’extérieur, où le blanc domine. Pas de télévision, pas de jeux vidéo, et pourtant, les petites souris, les parents, les grands-parents ont toujours de quoi s’occuper, en jouant, en cuisinant, ou en faisant de la luge. La famille est unie, et bien sûr, c’est un rêve de partager autant de choses, de ne jamais se disputer, juste se chamailler. La petite soeur et Benjamin sont les personnages les plus caractérisés – un peu comme les « chouchous » de la famille.

« Le pique-nique de la famille Souris », ce n’est pas seulement l’occasion de se nourrir, même si la nourriture est importante, c’est le fait de profiter des beaux jours, de la nature et d’être tous ensemble. Les couleurs dominantes ? Le vert, et le bleu limpide du ciel. Beaucoup de tendresse dans cette partie, où les souris peuvent enfin sortir de leur maison et rester dehors sans se soucier du temps.

Le dernier récit invite à la sérénité. Nourrir une famille nombreuse, ce n’est pas facile. Il n’est pas question de parler de « petit déjeuner équilibré », plutôt d’utiliser toutes les ressources de la nature qui permettent de (se) nourrir, tout en s’aidant les uns les autres. Les dessins sont toujours aussi soignés, délicats et colorés. Une réussite poétique, encore une fois.

Asie2

Le Tapir au pas de velours de Kim Han-Nim

Présentation de l’éditeur :

De tous les animaux de la jungle – qui résonne en permanence du grand concert des rugissements, barrissements, et autres cris de tous ses habitants – le tapir est un des plus mystérieux, et surtout le plus silencieux. Il se déplace sans bruit, sans froisser une feuille ni déranger une fourmi. Un jour une maman tapir traverse la forêt pour offrir à son petit un beau gâteau de boue d’anniversaire. L’expédition manque de tourner au drame….

Mon avis :

J’avais promis un peu de douceur… et bien en voici pour cet album coréen, que j’ai lu à la bibliothèque des Capucins (oui je reste très marquée par les capucins). L’origine de cet album est le fait que l’auteur/illustrateur a un frère zoologue et que grâce à lui, il a pu observer des tapirs et être séduits par leur démarche.

Déjà, j’ai trouvé que l’album était facile à lire : une page de texte, une page d’illustration, ou, si le texte ne comporte qu’une seule phrase, il est clairement distinct du dessin. Celui-ci nous montre une jungle stylisée, qui met en valeur les animaux. Ils apportent peu à peu des touches de couleurs, vives parfois, jamais criardes (le joli vert des crocodiles !) qui ressortent sur le fond, toujours blanc. Un seul dessin peut sembler « laid », comme si un tube de peinture avait exploser sur la feuille. Vous vous doutez bien que c’est volontaire.

Cet album est aussi un conte. On pourrait penser qu’il invite à la discrétion – ce serait simple. Il s’agit plutôt d’inviter à respecter les autres, à prendre soin d’eux, quelles que soient les circonstances.

Un bel album à partager.

Asie2

Maman est là de Ganbaatar Ichinnorov

Présentation de l’éditeur :

Au nord de la Mongolie s’étendent d’obscures forêts qu’on appelle « taïga ». Les gens de là-bas mènent une vie tranquille en compagnie des rennes. Mais au plus profond des bois, guettant les tout petits enfants, vit aussi le renard, malin et cruel.

Mon avis :

Voici un très joli conte traditionnel mongol – ou comment une maman prend soin de son enfant, tout en s’occupant des rennes qui lui donnent le lait pour son bébé.

L’ennemi ? Le froid, bien sûr, le manque de nourriture mais aussi, comme dans la culture européenne, le renard. Il pense avant tout à se nourrir, et les petits abandonnés sont des proies faciles – si la maman n’est pas suffisamment attentive.

Chaque étape de ce conte nous montre comment  la mère parvient à déjouer, au beau milieu de la Mongolie, chacune des incursions du renard, même si celui-ci se révèle particulièrement rusé, apte lui aussi à surmonter les moyens mis au point par la maman pour protéger son enfant.

Les dessins sont superbes, le récit, qui marque une progression certaine jusqu’au dénouement, est remarquablement bien construit. Un conte à lire et à partager.

L’imagier des oursons d’Elisabeth Ivanovsky

Mon avis :

Oui, j’ai choisi ce livre à la bibliothèque pour valider un challenge – après tout, je lis ce que je veux, non ? Elisabeth Ivanosvky est une auteure d’origine moldave, qui a ensuite vécu en Belgique. Elle a écrit plusieurs albums pour enfants, dont cet imagier des oursons. Le livre a été édité pour la première fois en France en 1984, puis réédité en 2012, ce qui explique sans doute ses couleurs douces, ses dessins aux formes chaleureuses – je trouve parfois certains albums plus contemporains assez agressifs, avec des couleurs un peu trop vives à mon goût. Certes, l’enfance n’a pas à être cantonné dans des tons pastels, mais j’ai beaucoup apprécié l’art de la nuance exprimé par les couleurs utilisées. Les tuiles du toit, les murs, même les vêtements des ours ne sont pas unis, le pelage des différents membres de cette charmante famille nombreuse est représenté avec soin. D’ailleurs, nous voyons ses ours « en mouvements », et je me dis que cet imagier peut permettre non seulement d’apprendre de nouveaux mots, mais aussi d’inventer des histoires.

La maison comporte plusieurs pièces, et l’extérieur n’est pas oublié non plus. Je me dis cependant que certains mots étonneront les plus jeunes, qui n’ont pas forcément de chauffe-eau de cette forme dans la salle de bain ou de cuisinière ainsi faite – de même que l’on ne conserve plus les aliments dans le grenier, et qu’il est rare de trouver des chapelets d’ail dans une cave. En dépit de sa date de parution française, cet album me paraît plutôt dater des années 60. Et si papa ours se promène de page en page, et rentre les provisions, si maman ours a eu sept oursons, si grand-mère ours tricote et veille sur le petit dernier, l’absence de grand-père me paraît elle aussi significative d’une époque où l’espérance de vie était plus courte qu’aujourd’hui, surtout pour les hommes ayant vécu une ou deux guerres.

L’imagier des oursons est un joli album à partager.