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Le pensionnat des louveteaux-garous

Je sais que vous attendiez un compte-rendu du salon du livre, et il y en aura un. Mais ce soir, avec Rodéo à ma droite (et son visage encore gonflé) et Annunziata à ma gauche, j’ai eu envie de reparler des louveteaux.

– Oui, monsieur le principal, tout se passe bien. Et vos neveux, ils vont bien ? Tant mieux, tant mieux. Non, pas de souci, vous pouvez prendre quinze jours de congés en plus pour veiller sur les quadruplés. Oui, prenez soin de vous !

Le principal adjoint raccrocha le téléphone, et hurla :

– Monsieur le principal ne revient que dans quinze jours. Ce qui veut dire qu’on a quinze jours pour réparer la catastrophe. Alors, vous me trouvez la cause de cette fuite, vous épongez, et vous me remettez tout le rez-de-chaussée en état, le bureau du principal en priorité. Zut à la fin, on a un mètre d’eau dans la salle d’étude n°1 !

A sa décharge, la semaine précédente avait déjà été fort rude.

Lundi : Je veux savoir qui a démoli le plafond du couloir. Je veux aussi savoir comment.

Mardi : Cet atelier a pour but de calmer les fulminations des louveteaux. Mais pour cela, il faut colorier le dessin, pas le manger.

Mercredi : Je sais que vous trouvez le vert a-pai-sant. Pas les louveteaux, cela les stresse. Alors, concombre en entrée, haricot en légume, et glace à la pistache en dessert, on oublie.

Jeudi : écoutez, je ne doute pas que vous ne soyez un très bon professeur d’EPS. Mais les louveteaux n’aiment pas l’eau, mais alors pas du tout. Vous oubliez votre initiation à l’aviron. Et votre projet de stage surf aussi.

Vendredi : non, les travaux d’intérêt généraux ne sont pas interdits. Surtout quand on répare le plafond que l’on a démoli voici trois jours.

Samedi et dimanche : stage d’horticulteur. Les principaux adjoints aussi ont le droit de se ressourcer.

Annunziata

IMG_3462*Rodéo et Annunziata.IMG_3464

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Le bal des louveteaux – préparation.

– Je ne la sens pas cette soirée ! s’était exclamé le CPE.

– Rassurez-vous, tout se passera bien, répondit Gaël de Nanterry, directeur du pensionnat et neveu de l’alpha de la meute du Sud, j’ai pris quelques précautions élémentaires.

– Ah, bon ?

L’avantage d’avoir un directeur qui a grandi dans une meute, dont la maman est médecin spécialisée dans la lycanthropie et qui est lui-même lycanthropologue et vampirologue, c’est que l’on évite des catastrophes.

-C’est à dire ? reprit le CPE.

Gaël de Nanterry énuméra quelques précautions :

– pas de sapin dans la salle de bal ! En cas de crise, des louveteaux peureux pourraient grimper dedans, et bonjour la chute.

– pas de chaise en bois, pas de table en bois, pas d’estrade en bois : si les choses dégénèrent (et un bal des louveteaux sans dispute n’est possible que dans une crèche, et encore), tout ce qui est en bois sera immédiatement mordu, cassé, brisé, au mieux, ou sera utilisé comme armes. Reste le parquet, mais en trente ans de bal, Gaël n’avait jamais vu de garous arracher le parquet. Que du plastique : difficile à casser, à mordre, le goût n’est pas terrible, et puis… Entendre votre adversaire dire : « même pas mal », c’est rageant.

– Pas d’orchestre. En cas de réconciliation (et elle survient assez vite), tous sont pourtant d’accord pour dire que si les musiciens avaient été meilleurs, avaient joué des morceaux plus lupins… la bagarre n’aurait pas eu lieu ! L’orchestre a alors intérêt à courir très vite.

– Mais, reprit le CPE.. Qui passera de la musique ?

– L’ancien alpha de la meute du Nord. Il a beau avoir pris sa retraite depuis plus de quinze ans… Il impressionne toujours autant. Et il en a déjà maté de très coriaces. Je me rappelle d’un bal où deux loups s’étaient violemment empoignés, au point de casser… trois fenêtres avant d’être séparés par ses soins et envoyés dans le décor. Il a promis d’être très gentil avec les louveteaux – il sera secondé par monsieur Trukenski.

Le CPE se sentit un peu rassuré… à l’idée de ne pas assurer le service d’ordre.

a_Nina_encore_des_moutons_d'hiver_et_des_pierres_!

Journal d’un louveteau garou – XI

Cher journal,

je n’ai pas pu t’écrire plus tôt, parce que les catastrophes se sont accumulées.

D’abord, notre sortie à l’opéra, qui se déroulait pourtant magnifiquement, s’est terminée par une panne de bus, en pleine campagne ! Nous avons parcouru une dizaine de kilomètres à pattes en pleine nuit, avec interdiction de nous métamorphoser en louveteau, parce qu’aucun de nos accompagnateurs n’était garou ! D’ailleurs, notre professeur de musique vampire a franchi la ligne d’arrivée, pardon, l’entrée du pensionnat en premier, avant de s’écrouler à l’infirmerie, en hurlant qu’il allait mordre quelqu’un si on ne lui donnait pas du sang de synthèse très vite. Là, pour le coup, nous avons vraiment eu peur.

Puis, la seconde sortie fut annulée. Motif : disons, pour rester pudique, que le théâtre aurait besoin d’une restauration très rapide. Une salle qui s’effondre et entraîne les fauteuils dans le sous sol, ce n’est pas banal.

Ensuite, je n’a pas trouvé de cavalière pour le bal de Noël. Aucune louvetelle n’a accepté. Pire : au nom du « loupiote power » (je ne saurai définir exactement ce que c’est), certaines filles ont décidé de prendre UNE cavalièrE. La galère, je vous dis. Heureusement, mon copain Matthieu a accepté d’aller au bal avec moi. Problème : il a vraiment deux pattes gauches quand il danse. Nous partageons désormais la même chambre, ainsi, nous nous entraînons tous les soirs.

Enfin, j’ai gardé le pire pour la fin. Mes parents sont venus supplier le principal de reprendre Valère, mon petit frère (encore une belle galère). Disons qu’il a eu des petits ennuis dans son nouvel établissement. Qu’il ait cassé le nez d’un de ses petits camarades était déjà fort sympathique. Qu’il ait mordu la fesse d’un surveillant qui tentait de séparer la bagarre… Je ne saurai trop suggérer à mes parents de lui faire prendre des cours à domicile, cela résoudrait le problème.

Cher journal, je te laisse, Matthieu et moi répétons à nouveau la valse d’ouverture.

Anatole, 4e Bleu. a_Nina_encore_des_moutons_d'hiver_et_des_pierres_!

 

Journal d’un louveteau garou

Ou comment écrire V comme Vampire d’un autre point de vue.

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Jour 1

Cher journal
Hier, nous avons survécu à une attaque de chevalier dragon. Tout le monde va bien.
Notre professeur de musique vampire, croyant sa dernière heure de mort arrivé, a décidé de monter :
– une chorale
– un orchestre
– et réunir les deux si possibles.

Gaël de Nanterry, le directeur par interim (enfin, cela fait un an, il serait temps de le nommer définitivement directeur) est en réunion avec les sommités chargés de notre sécurité,  afin de trouver l’origine des chevaliers dragons et si possible, de les éradiquer, ou de signer un traité de paix. Vaste programme. Je regrette simplement que l’ex de notre directeur ne vienne plus lui rendre visite. C’était trop marrant quand ils se disputaient. Il faudrait lui trouver un nouveau compagnon – et je ne parle pas d’un compagnon à quatre pattes, même si nous serions tous ravis que notre principal refasse sa vie avec un loup-garou. Après tout, son père est la patte droite de l’Alpha de la meute du Sud, le beau-frère de l’alpha de la meute du Nord. Si avec ça, il ne se trouve pas un loup-loup à son goût !

Je le laisse mon cher journal

Anatole, alpha des 5e Bleu.

Jour 2
Cher Journal
Il faut noter une chose : les volontaires pour la chorale pensent chanter juste, et c’est faux. Lovisa nous a cassé les oreilles d’une manière infinie, je n’avais jamais entendu chant plus discordant – même provenant d’un loup garou atteint de diarrhée aiguë, c’est dire ! Cependant, elle est la seule fille assez téméraire pour accepter de faire partie de la chorale.
J’ai vu notre professeur vider discrètement le contenu d’une étrange fiole. Je l’ai aussi entendu murmurer : « je ne serai pas mort, je me suiciderai devant un tel désastre musical !!!!! » Puis, il s’est gratté frénétiquement le dos.
– Je ne sais pas lequel d’entre vous a des puces, mais il a intérêt à prendre un bain fissa !
Nous sommes confinés à l’intérieur du pensionnat, interdiction de sortir jouer dans la cour. Du coup, cela nous laisse beaucoup de temps pour :
– lire.
– faire nos devoirs.
– répéter.
Heureusement, la salle de répétition est trèèèèèèèès éloignée des salles de classe – et avec un professeur vampire, nos répétitions pourraient durer jusqu’au bout de la nuit. Ah, il vient d’ajouter quelque chose :
– Il faudrait qu’ils chantent métamorphosés, leur chant ne pourrait être plus discordant !

Je te laisse sur ses mots, mon cher journal.
Anatole.