Archives

Eclat (s) d’âme, tomes 2 à 4 de Yuki Kamatani

Je me suis réinscrite hier au réseau de bibliothèque situé à trente kilomètres de chez moi pour une raison toute simple : assouvir ma passion pour les mangas, passion qui peut sérieusement coûter cher. Oui, je continuerai à acheter des mangas mais pas tous les mangas qui me tentent. A 17 € 50 l’inscription annuelle, je suis repartie avec dix mangas sous les bras, ou plutôt, dans le sac, je pense donc avoir déjà rentabilisé mon inscription.

Je commencerai donc par vous présenter la série Eclat(s) d’âme de Yuki kamatani. Mon avis sur le premier tome d’Eclat(s) d’âme date du confinement puisque c’est une série que j’ai découverte grâce aux mangas mis à la disposition en ligne par certains éditeurs et que je me suis dit que je la poursuivrai dès que je le pourrai (ce n’est pas le cas de toutes les séries que j’ai lue à cette occasion). Avantage de la série : elle est terminée et comporte quatre tomes.

Voici tout d’abord le tome 2 qui nous montre toujours le questionnement du personnage principal, Tasuku. Doit-il dire au garçon dont il est amoureux qu’il l’aime ? Doit-il faire son coming-out auprès de sa famille, de ses amis ? Pour lui, le silence est d’or, il n’y voit que des avantages. Puis, il a au moins un lieu où il n’a pas besoin de se cacher, où il n’a pas besoin de parler non plus, c’est le salon du discussion. Dans ce lieu, ce n’est pas tant qu’il découvre des choses, c’est qu’il prend conscience de certaines choses. Coller des étiquettes sur les gens, c’est tentant, alors qu’un être humain ne rentre pas nécessairement dans les jolies cases que la société a créées. Il montre aussi que la bienveillance, la tolérance qui sont présentés comme des qualités n’en sont pas forcément; Comment dire à quelqu’un « je t’accepte tel que tu es » quand l’autre, justement, ne sait pas qui il est ? C’est le cas du personnage de Misora, qui est au centre de ce tome 2. Lui qui a parlé crument à Tasuku à la fin du premier tome aime porter des vêtements féminins, des perruques, se maquiller. Il n’est encore qu’un pré-adolescent et appréhende l’avenir, ce corps qui va se transformer et devenir réellement masculin. Est-il pour autant transgenre ? Lui-même ne le sait pas, lui-même n’est pas prêt à être vu, en dehors de la bulle du salon de discussion, habillé avec des vêtements féminins. Il n’est donc pas prêt à ce que Tasuku l’aide, croyant bien faire, à assumer une identité qu’il n’a pas encore construite. Compliqué ? Oui. Etre soi n’est pas simple.

Comme le montre la couverture du tome 3, l’intrigue de ce tome est centrée sur Tasuku et Tsubaki. Ce dernier a découvert que Tasuku, élève dans le même lycée que lui, s’impliquait dans le comité des chats, qui s’occupe de la rénovation de plusieurs bâtiments en ville. Point commun, dit-on, des membres du comité : ils seraient tous gays. Tasuku serait-il gay, lui aussi ? Ne pas répondre à Tsubaki, surtout pas, et plus que jamais, Tasuku pense que le silence est d’or, surtout face à la violence verbale que Tsubaki manifeste envers la communauté LGBT. Ce qui est plus intéressant, pourtant, c’est de montrer aux lecteurs que la bienveillance n’est pas forcément… si bienveillante que cela. Il est facile de se positionner face à quelqu’un qui se montre agressif, haineux, insultant. Il l’est moins face à quelqu’un qui pense se montrer bienveillant, comme cette jeune femme, mère de famille, qui surgit du passé d’Utsumi et ne cesse de le renvoyer à ce passé, ce passé où il était genrée au féminin, où il portait un prénom féminin – qu’il ne porte plus, puisqu’il est un homme – où il était une joueuse de volley. Oui, « elle » était grande, musclée, et son amie s’autorise ainsi à dire qu’il était déjà … masculin. Je me suis demandée si elle se croyait vraiment bienveillante ou si elle jouait un jeu, appuyant là où elle pouvait faire mal sans avoir l’air d’y toucher – et sans que l’on puisse lui reprocher quoi que ce soit. Pire : c’est même elle qui reprochait à Utsumi de ne pas s’engager assez pour les personnes « comme elle ». Parmi tous les personnages du manga qui se questionnent, Utsumi est justement celui qui a répondu à son questionnement, qui sait qui il est, ce qu’il veut faire, et ce qu’il ne veut pas faire. Et ce qu’il sait faire, c’est remettre l’autre à sa place, calmement.
Tasuku agira et réagira aussi, face à Tsubaki, osant dire ce qu’il pense. Avec quelles conséquences pour le tome 4 ?

Ce quatrième tome est le dernier, il est le plus émouvant aussi, ne serait-ce que parce qu’il ne prétend pas apporter des réponses toutes faites aux interrogations des personnages, à leurs questionnements – ou aux attaques dont ils sont victimes. Oui, l’homophobie est là, et bien là, les préjugés aussi, tant il est simple, tentant, de réduire une personne à son orientation sexuelle, alors qu’elle est bien plus que cela. La couverture annonce d’ors et déjà un des événements importants de ce tome : le mariage d’Haru et de Saki, couple que nous suivons depuis le premier tome. Si elles étaient sûres de leurs sentiments, pour l’une, faire son coming-out était pour elle un défi qu’elle n’était pas encore prête à relever. Alors l’a-t-elle fait ?

Ce dernier tome sera aussi l’occasion de revoir des personnages que l’on avait perdu de vue, comme Misora, ou d’en savoir plus sur un des personnages emblématiques de la série M. Tchaïko. Bien que je n’en ai pas beaucoup parlé, il est sans doute temps d’écrire que cette série est aussi très réussie d’un point de vue graphique. Les émotions des personnages sont parfaitement visibles, leur bouleversement intérieur, leurs brouillements, leur coup d’éclat aussi. La retenue n’est pas absente, et les émotions peuvent aussi être montrées avec beaucoup de pudeur – je pense à nouveau à M. Tchaïko.

Après ces quatre tomes, l’historie, leurs histoires ne sont pas terminés, parce que chacun poursuivra son parcours, sachant qu’il pourra compter sur les autres. J’ai été heureuse de découvrir cette série qui a traité avec délicatesse un sujet sensible.

La gameuse et son chat, tome 3 de Wataru Nadatani

Bamboo édition – 168 pages

Présentation de l’éditeur :

Comment survivre à l’arrivée d’un chat quand on ne vit que pour les jeux vidéo ? La nouvelle série de l’auteur de Félin pour l’autre !
Kozakura, 29 ans, célibataire et fière de l’être. Son but dans la vie : consacrer la moindre minute de son temps libre aux jeux vidéo. Mais voilà qu’un nouveau joueur fait son apparition dans sa vie : un petit chat tout ce qu’il y a de plus réel, qui va bien l’occuper entre deux parties… Car cohabiter avec un félin plein de vie, ce n’est pas pour les petits joueurs, et la gameuse va le découvrir à ses dépens !

Mon avis :

C’est le tome 3 et tout va bien. Oui, je sais, c’est une accroche facile.
Là où des livres nous montreraient doctement comment concilier vie professionnelle et vie personnelle, La gameuse et son chat nous montre comment concilier passion pour les jeux video et chat. La vie professionnelle de Kozakura existe, oui, mais elle n’est pas le centre de son existence, elle est ce qui le permet de vivre, non sa raison de vivre.
Ainsi, elle veut à tout prix parvenir à finir un de ses jeux préférés. Elle va donc, comme si elle avait encore vingt ans (elle en a 29) rogner sur ses heures de sommeil afin de parvenir au bout de sa quête. Problème : il ne faut surtout pas que ce manque de sommeil l’empêche d’être efficace au travail, sinon, elle devra passer plus de temps que prévu au bureau, ce qui la gênerait considérablement pour jouer. Second problème : elle n’avait pas prévu qu’Omosubi n’en aurait strictement rien à faire de son temps de sommeil et se montrerait très actif la nuit ! Vivre avec un chat n’est pas toujours facile (dit celle qui est entourée par de nombreux chats alors qu’elle écrit, et tente d’empêcher Lisette de taper sur Annunziata, Séréna ou Griselda – oui, j’aime les « a » et non, ce n’est pas moi qui ai choisi le prénom de Lisette).
Kozakura passe aussi un temps certain à prendre soin de son chat, rechercher ses jouets, voir même… lui donner un bain. Pour avoir testé par nécessité, je peux vous assurer que c’est tout sauf une partie de plaisir.
A lire pour les fans de chats (dont je suis) et de jeux vidéos (auquel je ne connais strictement rien).

La gameuse et son chat, tome 4 de Wataru Nadatani

Présentation de l’éditeur :

Un nouvel ami va rejoindre notre clan et notre quotidien devenir encore plus amusant. La maison est un vrai donjon rempli de joie, de jeux vidéo et de poils de chat !

Mon avis :

Le tome 4 est sorti hier, je l’ai aussitôt acquis et lu.
Il contient une grande nouveauté : Kozakura a décidé d’adopter un autre chat. Point positif : il n’est pas question, ici, d’aller chez un éleveur, non. Elle se rend à une journée d’adoption pour trouver un nouveau compagnon pour Omosubi mais hélas, à la suite d’un souci dans les transports, elle arrive alors que tous les chats ont été adoptés, ce qui est une bonne nouvelle pour eux ! Fort heureusement pour Kozakura, un chat revient au refuge parce que son adoption n’a pas fonctionné. Cette petite chatonne, qui atteint le score, aux yeux de Kozabura, de 999 de mignonnerie, sera donc à l’essai chez elle pour une semaine, non pour voir si elle convient à la jeune femme, mais pour être sûre qu’elle parvient à s’adapter à son nouvel environnement et à son colocataire, au caractère bien différent. Ce n’est que lorsque l’adoption sera définitive qu’un prénom sera trouvé pour « la petite minouche tricolore ».

Ce tome 4 nous montre bien à quel point ce peut être un défi de faire cohabiter deux chats ensemble, que l’on s’y connaisse en félin ou pas. Chacun a sa personnalité, et avoir le même âge, quasiment le même poids, ne signifie pas que l’on aura les mêmes caractéristiques. J’ai aimé les pages pendant lesquels la mangaka se met dans la tête des chats, nous faisant ainsi comprendre leur mode de fonctionnement, pas forcément compris par leur maman-chat – c’est Omosubi qui l’appelle ainsi. Beaucoup de scènes sont sans paroles, parce que les chats n’en ont pas besoin, parce que nous n’en avons pas besoin pour comprendre ce qui se passe. Pas de scènes au travail cette fois-ci, tout se concentre sur la vie personnelle de Kozakura, sur sa vie de gameuse, qui constate que jouer avec ses chats, c’est bien, manger une glace juste après, c’est moins bien pour son poids.

Un cinquième tome paraîtra prochainement, il est évident que je le lirai.


 

Frère à louer, tome 4 d’Ichiiro Hako

édition Delcourt-Tonkam – 224 pages

Présentation de l’éditeur :

Le fameux contrat de location passé entre Kanami et Makoto leur aura permis de passer de merveilleux moments.
Ce “grand frère contractuel” tente par tous les moyens de soigner les blessures de cette petite fille meurtrie. Malheureusement, cette dernière souffre bien trop à cause de son véritable frère… Ne supportant plus de la voir dans cet état, Makoto lui propose alors de venir vivre chez lui !

Mon avis :

Que font les services sociaux japonais ? Que fait la famille de Kanami ? Ah, oui, pour eux, c’est vrai, la seule chose qui les intéressait était de gérer l’argent, certainement pas de s’occuper d’une gamine et de son frère aîné. Kanami a pris sa décision, elle n’en peut plus, elle va aller vivre chez Makoto, qui a le soutien de ses proches et de leurs familles. Tous ont crée un réseau uni pour l’aider à prendre soin de la petite fille, qui en a bien besoin. Quitter son frère est plus facile à dire pour elle qu’à faire, surtout quand elle découvre un pan du passé de son frère et de ses parents qu’elle ignorait. Il est des choses que l’on ne confie pas à sa petite soeur, pour la protéger. Il est des choses que l’on ne dit pas à sa fille, parce qu’elle n’est qu’une fille et qu’elle ne sera jamais amenée à succéder à son père.

Ce quatrième tome est tendu, parce que le drame qui couvait est là, et bien là. Impossible de se cacher, et impossible pour son frère de cacher à sa petite soeur ce qu’il a tu pendant toutes ses années – parce qu’elle avait le droit de croire que sa famille était une famille aimante. C’était très loin d’être le cas, et ce qu’on découvre est assez glaçant.

Alors oui, la famille, c’est avant tout celle que l’on choisir, et celle que se choisit Kanami est constituée de personnes qui ont eu des problèmes, qui ont subi des épreuves, mais dont les parents (pour Daigo et Misuku) sont des personnes qui elles aussi affrontent les problèmes plutôt que d’être des problèmes. Pas de romance qui viendrait troubler le cours du récit, mais des jeunes adultes qui se lancent dans la vie active et éprouvent les angoisses qui vont avec ce changement de vie.

Une série complète en quatre tomes hautement recommandables.

Frère à louer, tome 3 d’Ichiiro Hako

Présentation de l’éditeur :

Makoto a loué le temps de la petite fille pour apaiser sa souffrance.
Kanami continue d’être blessée par son frère, la seule famille qu’il lui reste… Mais le jeune homme qu’elle louait pour le remplacer ne supporte plus de la voir meurtrie en permanence…

Mon avis :

Dans le troisième tome des aventures de Makoto et Kanami, les faits sont inversés. Ce n’est plus Kanami qui loue les services de Makoto, c’est Makoto qui loue les services de Kanami, montrant ainsi que l’argent n’était vraiment pas la motivation du jeune homme. Il veut ainsi qu’elle s’ouvre davantage au monde, meilleur moyen d’affronter ses problèmes et d’apaiser ses souffrances.

Elle découvre ainsi que ses amis n’ont pas la vie aussi facile qu’elle le pensait, et que, pour en arriver là où ils sont, il leur a fallu bien des épreuves, bien des souffrances. Misuzu, par exemple, qui est son modèle, une fille sur laquelle on peut compter, une fille qui a compris le mal-être de Makoto, enfant, et qui lui a permis de se rapprocher de Daigo, Misuzu souffre de ne pas avoir réussi à aider sa petite soeur qui vit désormais dans un internat – Shiori a subi une blessure qui a compromis sa carrière sportive, et n’a pas voulu entendre les inquiétudes de ses parents.

Makoto, lui, s’inquiète de plus en plus pour Kanami, au point de chercher des solutions légales pour lui venir en aide. On a beau dire qu’il faut du temps, qu’il faut être persévérant, parfois, tout l’amour du monde ne suffit pas, et il faut aussi se préserver. Ne pas en demander plus à une enfant que ce qu’elle peut en supporter.

A demain pour le tome 4.

Frère à louer, tome 2 de Hako Ichiiro

édition Delcourt Tonkam – 208 pages

Présentation de l’éditeur :

Kanami vit seule avec son grand frère qui, meurtri par le décès de ses parents, finit par s’isoler et traiter sa jeune soeur de façon abjecte. Possédant une certaine somme d’argent suite à l’héritage, Kanami décide de l’utiliser pour louer un grand frère dont le but sera de passer du temps avec elle, de l’emmener faire du shopping ou tout simplement, de s’occuper d’elle.

Mon avis :

Chose promise, chose due, voici mon avis sur le second tome.

Kanami loue toujours les services de Makoto, mais nous comprenons pourquoi l’un et l’autre agissent ainsi. Il ne s’agit pas d’un « caprice » de la part de Kanami. Avec ce qu’elle endure, chez elle, à l’école, c’est plutôt une bonne chose que quelqu’un la soutienne – je me dis aussi que, dans la « vraie vie », une telle situation serait impossible. Elle-même l’a expérimenté : les adultes, après le décès de ses parents, ne faisaient pas attention à elle. Ils ne faisaient attention à son frère que dans le but de gérer la fortune léguée par ses parents. Le bien être des enfants ? Aucune importance, personne ne se soucie de ce qui se passe entre les quatre murs de l’appartement – sauf Makoto.

Les choses commencent à changer pour Kanami, parce qu’elle affronte aussi les problèmes qui se posent à elle à bras le corps, parce qu’elle peut profiter de l’exemple que lui donne Makoto – ne pas rester enfermée dans sa douleur, dans son chagrin, se mettre à la place des autres. Les autres, ce sont les écolières qui la harcèlent ou qui font comme si elles ne voyaient pas, jusqu’au jour où ce qui se passe est trop grave pour ne pas être vu.

Frère à louer est un seinen, non un shojo, il ne faut pas s’y tromper. Les faits qui sont rapportés sont graves, et il suffirait de peu pour que l’on bascule dans la tragédie. Qui sait, d’ailleurs, si elle ne se rapproche pas ?

 

Frère à louer, tome 1 d’Ichiiro Hako

édition  Delcourt/Tonkam – 176 pages. 

Présentation de l’éditeur :

Kanami vit seule avec son grand frère qui, meurtri par le décès de ses parents, finit par s’isoler et traiter sa jeune sœur de façon abjecte. Possédant une certaine somme d’argent suite à l’héritage, Kanami décide de l’utiliser pour louer un grand frère dont le but sera de passer du temps avec elle, de l’emmener faire du shopping ou tout simplement, de s’occuper d’elle.

Mon avis :

Comment ai-je choisi ce livre ? Je ne l’ai pas choisi, justement, il m’a été prêté par une élève.
Kanami est orpheline, elle est élevée par son frère – ou plutôt, elle s’élève toute seule, parce que son frère, enfermé dans sa chambre, passe son temps à la rabrouer. Aussi en vient-elle à louer un grand frère (oui, je fais un raccourci, je ne vous explique pas en quelle circonstance elle le loue). Makoto est tout ce que son frère n’est plus – parce que oui, à une époque, il était extrêmement attentionné envers sa petite soeur. Makoto a beau être loué, il prend soin d’elle, et ce n’est pas tant à cause de l’argent – Kanami n’en manque pas, il est vrai – mais parce qu’il a reconnu en elle la solitude qui était la sienne.
Casse-gueule, cette série ? Oui, bien sûr. Quelle idée de louer un jeune adulte quand on est une jeune adolescente ! C’est dire l’immense solitude qui est la sienne, elle que tous les adultes ont abandonné.
A tout de suite pour le tome 2 !

L’atelier des sorciers, tome 6 de Kamome Shirahama

Présentation de l’éditeur :

Après leur agression par la Confrérie du Capuchon lors de leur examen, Coco et ses camarades sont rapatriées à l’Académie, la citadelle des sorciers. Tandis que Kieffrey se remet de ses blessures, Coco fait la rencontre du sage Berdalute, responsable de l’enseignement des sorciers. Compréhensif, il promet aux apprenties de valider leur examen si elles parviennent à le surprendre avec leur magie. Mais émerveiller l’un des trois sorciers les plus talentueux de leur génération en seulement trois jours est loin d’être une mince affaire…

Mon avis :

Le tome 5 avait été un tome très prenant. Le tome 6 apparaît bizarrement comme un tome plus reposant, ce qui est paradoxal. Au début de ce tome, j’en suis presque venu à oublier que Kieffrey était grièvement blessé, et que l’un des apprentis avait disparu. Son « maître », d’ailleurs, ne semble pas le plus empressé à tenter de le trouver, comme si un apprenti, cela se perdait tous les jours. Oui, c’est presque un tome de détente pour les quatre apprenties, entre promenade, spa, pardon, bain, et shopping. Un peu plus, on en oublierait que le danger rôde, pas loin. Certes, elles ont tout de même un souci. Non, pas Kieffrey qui est gravement blessé, je l’ai déjà dit, pas les attaques qu’elles ont vécues, non, elles n’ont pas validé leur examen, et il faut qu’elles le repassent.

La consigne est simple, si j’ose dire : étonnez-moi. Ou surprendre le plus surprenant des sorciers de l’Académie, celui qui a tout vu, tout fait, tout crée, un peu comme ces multimilliardaires que tout lasse et qu’il faut à tout prix épater. Même si la tâche peut sembler rude, j’ai tout de même du mal à prendre les choses au sérieux, eu égard à ce qui s’est passé dans le tome précédent, eu égard aussi à toutes les inégalités qui existent en ce beau monde des sorciers. Il est impossible, par exemple, d’utiliser des sorts guérisseurs, trop dangereux, l’on voile discrètement les expériences du passé, l’on répète simplement « il ne faut pas utiliser les sorts interdits ». Par contre, l’on peut toujours créer des objets charmants qui aident – un peu – qui rendent la plus un peu plus facile. Et c’est tout. Les guérisseurs n’ont pas le droit de pratiquer la magie, mais disposent d’objets magiques qui font la lessive à leur place, par exemple, ce qui leur permet de se consacrer pleinement aux malades.

Le graphisme est toujours aussi sublime, les dessins sont constamment inventifs, et tout ceci est véritablement le point fort de la série qui sait, de ce point de vue, toujours se renouveler. J’aimerai que l’intrigue progresse davantage, même s’il est vraiment que l’on en apprend un peu plus sur Kieffer et sur Agatha dans ce tome 6.

Un mois au Japon cher Hilde et Lou

La gameuse et son chat, tome 2 de Wataru Nadatani

Présentation de l’éditeur :

Kozakura, 29 ans, célibataire et fière de l’être.
Son but dans la vie : consacrer la moindre minute de son temps libre aux jeux vidéo. Mais voilà qu’un nouveau joueur fait son apparition dans sa vie : un petit chat tout ce qu’il y a de plus réel, qui va bien l’occuper entre deux parties… Car cohabiter avec un félin plein de vie, ce n’est pas pour les petits joueurs, et la gameuse va le découvrir à ses dépens !

Mon avis :

J’ai lu le second tome dans la foulée du premier – je ne vois pas pourquoi je devrais me priver ! Kozakura a frôlé la catastrophe. Non, son chat n’a pas fait buguer son jeu vidéo préféré, elle a simplement failli être démasquée par une collègue qui, ayant trouvé le compte photo d’Omusubi, a découvert qu’il était tenu par un de leurs collègues et s’est mis en tête de l’identifier, après avoir éliminé 84 % des membres du personnel. Je ne dis pas qu’Hercule Poirot a trouvé son maître, puisqu’elle n’a pas jeté son dévolu sur la bonne personne, mais presque. Kozakura est donc soulagée et va pouvoir se consacrer à ses deux passions : les jeux vidéo et son chat. J’ai ainsi découvert qu’il existait des jeux sur tablette pour chat, et qu’Omusubi se trouve très doué pour jouer avec – je sens que les miens seraient trop paresseux pour jouer avec, ou alors, je devrai le leur proposer en dehors de leurs heures de sieste.

Il faut dire qu’il grandit, ce cher petit. Il est désormais capable d’atteindre des endroits sur lesquels jamais la jeune femme n’aurait pensé qu’il serait allé. oui, les chats aiment grimper, ils ont aussi leur coup de folie. Qu’à cela ne tienne ! Tout en continuant à jouer – forcément – Kozaburo s’équipe, équipe son chat d’un arbre à chats absolument démesuré. Bien entendu, il préfère dans un premier temps le carton, ce qui est totalement logique du point de vue du chat.

Nous découvrons aussi que Riko a une petite soeur – il est vrai que la vie sociale de la jeune femme est plus que réduite. Je n’ai pas forcément l’impression que celle de Maï, sa jeune soeur étudiante, soit plus riche. Elle est accro aux « likes », et cherche des photos qui lui permettraient d’en obtenir davantage. Et sa soeur a un chat ! Je ne dis rien, puisque je poste aussi des photos de mes chats…

Omusubi permettrait-il à Riko Kozuraka de se sociabiliser ? En tout cas, elle demande tant de conseils à la vendeuse de l’animalerie que celle-ci l’invite chez elle pour lui faire découvrir ces quatre chats, dont un chien. Comme Riko, je suis admirative de l’aménagement de leur pièce à vivre et je me dis que je pourrais y puiser des idées.

J’ai tout autant apprécié ce tome 2 que le premier. Je suis ravie qu’un tome 3 soit annoncé.

La gameuse et son chat, tome 1 de Wataru Nadatani

Présentation de l’éditeur :

Kozakura, 29 ans, célibataire et fière de l’être. Son but dans la vie : consacrer la moindre minute de son temps libre aux jeux vidéo. Mais voilà qu’un nouveau joueur fait son apparition dans sa vie : un petit chat tout ce qu’il y a de plus réel, qui va bien l’occuper entre deux parties… Car cohabiter avec un félin plein de vie, ce n’est pas pour les petits joueurs, et la gameuse va le découvrir à ses dépens !

Mon avis :

J’ai acheté le tome 2 juste avant le nouveau confinement, qui allait me priver d’aller dans une grande librairie rouennaise très connue (pas le même département). Le tome 1 n’étant pas visible, je l’ai donc commandé, et je ne regrette pas.

Kozakura est une pro, dans son travail. Jamais d’heures supplémentaires. A dix-sept heures, elle est partie. pas question non plus de prendre un verre entre collègues. Certains se demandent bien pourquoi. Sans doute a-t-elle un compagnon particulièrement séduisant qui l’attend à la maison. Non : Kozakura est une gameuse acharnée, et dès qu’elle rentre chez elle, qu’elle a changé de vêtements, elle se poste devant son ordinateur pour reprendre le jeu en cours. Je ne saurai trop expliquer en quoi elle est une excellente joueuse, en quoi elle sait parfaitement atteindre le maximum dans un jeu, tirer le meilleur parti des personnages, je n’y connais strictement rien – tout comme elle ne connait strictement rien en chat.

Pourtant, c’est elle qui adoptera ce charmant petit chaton noir et blanc, un peu distrait, qui a suivi un papillon plutôt que de suivre son frère. Elle ne sait pas si c’est un mâle ou une femelle, parce que « avant deux mois, c’est difficile à voir » (donnez-moi le moindre chaton, même nouveau-né, je vous dis tout de suite ce que c’est). Bref, elle qui connaît tout au jeu vidéo doit tout apprendre du chaton, de la manière de se nourrir à son immense capacité à jouer, jusqu’à s’écrouler de fatigue. Cependant, elle en est certaine, elle parviendra à lui faire maîtriser « toutes les compétences de [sa] classe » – ou pas.

Omusubi (tel est son nom, le vétérinaire chez qui Kozakura l’a amené en urgence pour cause de puces lui a dit que c’était un mâle) est particulièrement actif. Comme tous les chats, il adore faire ses griffes, jouer avec des cartons, ou avec des jeux qui ne coutent pas grand-chose. Il prend des postures particulièrement compliquées – un peu comme mes propres chats, finalement. La gameuse et son chat est un manga à découvrir pour les fans de chats.

Un mois au Japon cher Hilde et Lou