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Hana no Breath, tome 2 : Le souffle des fleurs de Caly

Présentation de l’éditeur :

Azami, 16 ans, ne comprend pas la passion de ses amies pour le Yuri et le Yaoi… Elle, elle n’aime QUE les garçons, et surtout le beau Gwen, avec qui elle rêve de sortir depuis le début de l’année ! Intelligent, sportif, un peu plus agé qu’elle et surtout mignon, il a tout du petit ami idéal. Mais comment réagira-t-elle quand elle découvrira que Gwen est en réalité une fille !?

Mon avis :

Deuxième et dernier tome, cette fois-ci plus centré sur Gwen. Celle-ci prend un nouveau départ : elle est inscrite dans un nouveau lycée, elle est inscrite en tant que fille (comme précédemment) mais il n’est pas question de se faire passer pour un garçon ! Elle doit cependant trouver sa place en tant que nouvelle de l’équipe, nouvelle qui a de plus déjà un très bon niveau, une bonne expérience – ce qui n’est pas sans susciter jalousie et curiosité. Nous sommes à l’ère de l’informatique, des réseaux sociaux, et il est très facile de trouver des informations.

Il est facile aussi de vivre une relation à distance – du moins, c’est ce que Gwenn pense. Azami ne serait certainement pas du même avis, elle qui suit les notifications piouteur et clapshat de Judith inlassablement. Je dois dire que j’ai beaucoup aimé le personnage de Judith, personnage secondaire essentiel et lucide, qui aidera, involontairement d’abord, volontairement ensuite, Gwen et Azami à construire leurs relations. C’est une jolie histoire qui nous est racontée là et j’ai trouvé que les deux jeunes filles avaient de la chance que leurs familles respectives acceptent aussi bien leurs relations.

Un manga charmant, à faire découvrir.

Nova, tome 1 de Caly

Présentation de l’éditeur :

Suite à la chute d’une météorite, des parasites extra-terrestres nommés EKSAA se sont propagés sur Terre, contaminant certains êtres humains. Leur effet : exacerber les instincts violents de leur hôte, le rendant agressif, voire dangereux. Rease, un collégien de 13 ans, mène une vie plutôt ordinaire jusqu’au soir où une jeune femme du nom de Nova, envoyée par une mystérieuse Organisation, débarque dans sa chambre pour examiner son cas. Le garçon semble réagir étrangement aux EKSAA présents chez les contaminés.

Mon avis :

Tout d’abord, je tiens à remercier la maison d’édition H2T et Babelio pour avoir organisé une rencontre avec la mangaka française Caly (oui, on peut être française et mangaka) à l’occasion de la sortie du premier tome de Nova, série qui devrait en comporter quatre. En ces temps de confinement, il faut être prudent.

Nova, c’est le prénom d’une jeune fille envoyée par une mystérieuse organisation. Elle « débarque » ainsi dans la vie de Rease, un adolescent tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Enfin presque. Disons qu’il n’est pas très bien intégré au collège (il n’est pas le seul) et que, pour les travaux de groupe, personne n’a voulu se mettre avec lui, il rejoint donc les auto-proclamés « barjots », deux élèves aussi ostracisés que lui par les autres. Leurs atouts ? Ces deux-là n’ont pas l’intention de se laisser abattre par les remarques ou les regards d’autrui. Ne croyez pas, cependant, que Rease soit un adolescent en souffrance, pas du tout. Il grandit au sein d’une famille unie, soudée. Sa mère lui fait entièrement confiance, y compris quand Rease a adopté un charmant chaton prénommé Muffin – pour cause de passion pour les muffins. Oui, la mère de Rease vit avec une femme. Et alors ? ai-je envie de dire. Vivre auprès de parents aimants et attentifs au bien-être de leur enfant n’est jamais un problème.

Cependant, Rease se serait bien passé de Nova, et c’est elle qui fait basculer le récit, classique, réaliste, vers la science-fiction. En effet, la jeune fille est à la recherche des EKSAA, ces parasites extraterrestres qui rendent leurs porteurs extrêmement agressifs. A elle d’évaluer si Rease est porteur ou non. Je vous rassure : il n’est pas question de l’éliminer lui, uniquement le parasite. Quoique….

Nova est un personnage assez mystérieux, et même si l’on découvre un peu de son passé lors des flash-backs, on comprend que celui-ci n’a pas été facile. Elle en subit toujours les conséquences dans son présent, et l’une des scènes n’est pas forcément facile à lire, tant sa souffrance est présente. Rease fait preuve de beaucoup de sang-froid et de maturité au fur et à mesure que le récit se déroule : faire face à ce qu’il voit n’est pas forcément aisé.

Un manga qui m’a emmené dans un univers qui n’est pas du tout le mien, mais que j’ai apprécié. Je lirai bien sûr la suite des aventures de Rease, Nova et Muffin (oui, n’oublions pas le chat).

 

Hana no Breath, tome 1 : Le souffle des fleurs de Caly

Présentation de l’éditeur :

Azami, 16 ans, ne comprend pas la passion de ses amies pour le Yuri et le Yaoi… Elle, elle n’aime QUE les garçons, et surtout le beau Gwen, avec qui elle rêve de sortir depuis le début de l’année! Intelligent, sportif, un peu plus âgé qu’elle et surtout mignon, il a tout du petit ami idéal. Mais comment réagira-t-elle quand elle découvrira que Gwen est en réalité une fille ?!

Mon avis :

J’ai découvert ce manga parce que je vais rencontrer la mangaka Caly, autrice de Hana no Breath, mangas en deux tomes. C’est en lisant ce manga que jeme suis dit que je manquai cruellement de termes techniques pour décrire la manière dont la mangaka dessine. Les personnages m’ont semblé plus caractérisés, moins « ronds », moins « lisses » que les personnages d’autres shojos que j’ai pu lire (note : je n’en ai pas lu tant que cela, et la refermeture des bibliothèques ne m’aidera pas à en lire plus).
Azami a seize ans, et elle attend le prince charmant. Elle ne comprend pas qu’un garçon puisse aimer un autre garçon. Qu’une fille aime une autre fille, elle ne se pose pas vraiment la question, elle, elle aime Gwen, le beau joueur de basket. Note : c’est fou le nombre de filles qui, dans les shojos, aiment les joueurs de basket. Je pense à Waiting for spring d’Anashin, par exemple. Et là, boum, Azami découvre que Gwen est en fait une fille. Pire ou mieux, c’est selon le point de vue, elle découvre que Gwen éprouve aussi des sentiments pour elle. C’est le début de leur histoire d’amour.
J’aurai envie de faire découvrir ce manga à mes élèves (tout est « montrable » dans ce manga, c’est un shojo) parce qu’ils posent beaucoup de questions, pas seulement sur l’amour, la sexualité, ou le genre, mais aussi sur l’acceptation de son propre corps. Azami est une fille, c’est certain, elle a de longs cheveux, elle aime porter des robes, faire du shopping. Et Gwen ? Gwen porte les vêtements de son frère, Gwen se fait passer pour un garçon, avec la bénédiction et la complicité de son entraîneur, Gwen ne mange pas, se bande la poitrine, et ne sait pas trop qui elle est. Azami découvre aussi une Gwen qui était plus féminine – dans son précédent établissement. Alors qui est la véritable Gwen ? Elle-même cherche à le savoir, et c’est pour cette raison qu’elle prend un nouveau départ – ce qui ne signifie pas qu’elle sort Azami ou le basket de sa vie !
En route vers le tome 2.

Seven days, tomes 1 et 2 de Rihito Takarai et Tachibana Venio

Présentation de l’éditeur :

Tu veux sortir avec moi, Seryô ?
Lundi matin devant le portail du lycée, Yuzuru Shino, élève de terminale, s’adresse à Tôji Seryô de deux ans son cadet. Ce dernier est réputé pour accepter de sortir avec la fille qui lui demande, en début de semaine, mais qui stoppe toujours la relation le week-end venu. C’est donc un peu par jeu et par provocation que Shino lui fait cette proposition, marquant le début d’une troublante semaine pour les deux garçons…

Mon avis :

J’ai découvert ce manga voici quelques années, au salon du livre de Paris (en 2012, sauf erreur de ma part). Je ne connaissais strictement rien aux mangas à l’époque, je ne suis pas forcément devenue une experte aujourd’hui, cependant je cherchais des mangas appartenant à des catégories différentes, et là, nous en sommes venus à parler des yaois, ces fameuses romances à destination des lectrices qui mettent en scène deux jeunes hommes. Je me souviens que le libraire m’avait dit que ce genre allait du « tout mignon » (il avait pris Seven days comme exemple) au plus trash (là, il parlait de Cut, que je vous recommande cependant).

Seven days, c’est un yaoi à mettre quasiment entre toutes les mains. C’est l’histoire de deux lycéens, Tôji Seryô d’un côté, Yuzuru Shino de l’autre. Ils sont tous les deux membres du club de tir à l’arc, l’un, Shino, étant beaucoup plus assidu que l’autre. Seryô a une particularité : il a vécu une grande histoire d’amour, dont il ne se remet pas vraiment. Depuis, il essaie de retomber amoureux, sincèrement. Aussi, chaque semaine, il sort avec une nouvelle jeune fille, se comporte avec elle pendant une semaine comme l’amoureux parfait, parfaitement respectueux des désirs de la jeune fille, ne cherchant jamais à profiter d’elle, ne faisant jamais un geste déplacé. Les jeunes filles savent à quoi s’attendre, elles ne sont pas les victimes d’un manipulateur, elles savent qu’elles passeront une belle semaine et que cela n’ira pas plus loin, mais alors, vraiment pas : il ne garde pas de contact. Shino, donc, tente sa chance : oui, c’est un garçon, mais après tout, pourquoi pas ? Seryô se comporte alors avec lui comme l’amoureux parfait, il reprend même l’entraînement de tir à l’arc avec lui, l’attend s’il termine après lui, passe des moments avec lui, et finalement, se questionne : que signifie réellement sortir avec quelqu’un ?

Cela signifie…. être avec lui, passer du temps avec lui, l’attendre aussi s’il finit plus tard que vous, et espérer qu’il vous attende aussi de son côté. C’est aussi, paradoxalement, souffrir quand il n’est pas là, quand il ne vous regarde pas, ne se rend pas compte de ce qui compte pour vous. C’est être avec quelqu’un qui fait battre votre coeur, pour des motifs rationnels, et pour d’autres qui le sont moins. Shino et Seryô (surtout lui) sortent ensemble avant même d’éprouver des sentiments amoureux, et expérimentent le fait de tomber amoureux, justement. Du coup, tout est dans le regard, dans l’attention, et il faut attendre un certain temps –  une semaine, justement – avant le premier baiser. Je me dis que, pour les adolescents qui liraient ces mangas, cela montre aussi que rien n’est figé, l’adolescence permet aussi de se chercher, et de se trouver. Le récit est bienveillant (même si le terme n’était pas en vogue en 2009), et si ceux qui entourent Shino et Seryô les voient davantage comme des amis que comme des petits amis, l’épilogue nous montre bien que leurs relations est désormais sans ambiguïtés pour leur entourage.

Une citation pour terminer : « La cible est le miroir du coeur de l’archer ».

 

Eclat(s) d’âme de Yuki Kamatani

Présentation de l’éditeur :

Deux jours avant les vacances d’été, je crois que… je suis mort ». C’est ce qu’a pensé Tasuku le jour où un de ses camarades de classe lui a piqué son smartphone, alors qu’il était en train de regarder un vidéo porno gay dessus. La rumeur s’est répandue comme une trainée de poudre. Tasuku, pense alors à se suicider, ne pouvant supporter cette réalité dont il n’avait pas encore complètement conscience lui-même, mais aussi par peur du regard de la société. Pourtant, alors qu’il s’apprête à sauter dans le vide, il aperçoit, au loin, une mystérieuse silhouette de jeune femme qui le devance et… saute dans le vide ?! Intrigué, terrorisé, il s’élance vers l’endroit d’où elle a sauté. Il y découvre, stupéfait, que la jeune femme est encore en vie, et qu’elle est l’hôte d’une sorte de résidence associative, véritable safe space où se réunissent diverses personnes LGBT. De rencontre en rencontre, le jeune lycéen va apprendre à se connaître, à s’accepter, et trouver sa place dans le monde.

Mon avis :

Manga tendre et touchant.
Le héros se questionne – comme beaucoup d’adolescents, d’adultes – il se questionne, et est presque sur de la réponse : il ressent de l’attirance pour les garçons et ne sait pas comment vivre avec cela, comment le dire à ses proches. Et s’ils ne l’acceptaient pas ?
Il va faire une rencontre, et je ne dirai pas qu’elle changera sa vie, je dirai qu’elle lui permettra de rencontrer d’autres personnes qui sont dans son cas – qui se sont questionnés aussi. Certains ont franchi le pas, d’autres ont encore du mal à s’accepter, à le dire aux autres, mais au moins ils disposent d’un lieu, rencontrent des personnes avec lesquelles ils peuvent parler sans crainte, sans fard.
Les dessins sont aussi sensibles que l’intrigue.
J’ai très envie de poursuivre cette série.

Baby sitter, tome 1 d’Hari Tokeino

Présentation de l’éditeur :

Ryuichi et son petit frère Kotaro, qui est encore tout petit, ont perdu leurs parents dans un accident d’avion. Ils sont tous deux recueillis par la directrice de l’Académie Morinomiya, mais à une condition : que Ryuichi soit baby-sitter à la crèche de l’établissement ! Que va-t-il faire, confronté à de très énergiques bébés ?!

Mon avis :

Je poursuis les découvertes avec ce manga publié par les éditions Glénat et qui, si je ne me trompe pas, compte à ce jour sept tomes publiés en France. Ce manga est pour moi un mélange de douceurs et d’émotions. Ryuichi a des parents très bohèmes, ce qui fait que c’est plutôt lui qui élève son petit frère Kotaro que ses parents, souvent absents, jusqu’au jour où ses parents décèdent dans un accident d’avion. La directrice de l’Académie Morinomiya a perdu son fils et sa belle-fille dans le même accident : elle se propose de les accueillir, à condition que le jeune homme, qui a l’expérience des bébés avec son frère, devienne baby-sitter à la crèche de l’établissement.

Ryuichi se montre sans doute le plus investi des baby sitter, au point, le premier jour, de presque en oublier son petit frère, si discret, qui fait tout, finalement, pour ne pas gêner son grand frère. Certains le font par unique obligation, d’autres en profitent pour piquer un roupillon, un peu comme  M. Usaida. Ryuichi se retrouve aussi confronté à des parents particulièrement investis dans leur travail, au point que Kirin restera une semaine à la garderie sans voir sa mère, trop occupée par les répétitions de la pièce de théâtre du club, ou que les jumeaux Takuma et Kazuma voient plus souvent les films ou les publicités que fait leur père que leur père lui-même. Pour les petits, chaque jour est une aventure, et les promenades dans le parc, si le baby sitter manque de motivation, ressemble davantage à la sortie d’un troupeau de mouton. Non, je ne fais pas référence ici à la coiffure de la directrice.

Il est question aussi de deuil, de solitude, de la famille que l’on se crée, des amitiés que l’on parvient à nouer – ou pas, du travail scolaire que l’on fournit pour conserver son excellence, quitte à ne rien avoir à côté, comme Inomata. J’ajoute une mention spéciale pour le bonus final, en une adaptation très réussie du petit chaperon rouge, avec Kotaro en chaperon et madame la directrice en mère-grand qui pète le feu.

Princesse Sakura, tome 1 de Arina Tanemura

Présentation de l’éditeur :

Cette aventure prend place dans l’ère Heian (794 – 1185). La princesse Sakura est une jeune fille orpheline vivant dans un palais retiré au fin fond de la montagne. Ayant perdu ses parents ainsi que son frère, elle est entretenue financièrement par le prince Ora auquel elle est fiancée depuis le berceau. Mais alors qu’elle va atteindre ses 14 ans, un messager du prince Ora vient la chercher pour la ramener à la capitale en vue du mariage promis. Chérissant sa liberté, Sakura refuse ce mariage forcé, et décide de fuir par une nuit de pleine lune. Pourtant, depuis son enfance, on lui a inculqué que jamais elle ne devait sortir les nuits de pleine lune car un mystérieux secret pèse sur sa naissance ! Un démon immortel apparaît alors devant elle dans l’intention de la tuer.

Mon avis :

Encore un manga que j’ai découvert grâce à l’opération Reste chez toi avec un manga, parce que je ne serai pas spontanément allée vers lui : les princesses, même combattantes, ce n’est pas trop mon genre littéraire. Sakura est une orpheline, elle a été élevée pour épouser le prince Ora, qu’elle ne connait pas puisqu’il n’a jamais trouvé le temps de venir la voir. Elle n’a donc pas très envie de l’épouser et l’envoyé du prince a plutôt l’impression de se trouver face à un ours plutôt qu’à une douce princesse – la vie d’émissaire est parfois fort compliquée. Surtout, Sakura doit respecter un interdit : ne pas sortir les nuits de pleine lune. Mais il est comme tous les interdits : on a fortement envie de le transgresser. Sakura apprend ainsi sa vraie nature, celle de sa mère par la même occasion.

Alors…. il y a des combats, des retournements de situation, une alliance inattendue. Mais je n’ai pas été transportée plus que cela par les développements de l’intrigue. Même si Sakura se rebelle, même si elle doit faire avec « sa vraie nature », le moment que j’ai préféré se situe au tout début du roman :

Je suis venu chercher la future épouse de mon maître, je ne m’attendais pas à un ours enragé. Comment suis-je sensé annoncer cela ?

Même quand Sakura combattra, même quand elle devra se confronter à sa vraie nature et surtout, à ses peurs, je n’ai pas vraiment été séduite, ni n’ai eu envie de savoir comment l’intrigue allait évoluer, ne serait-ce que parce que j’ai eu beaucoup de mal à m’attacher aux personnages, y compris aux proches de Sakura, celles qui sont prêtes à l’aider quoi qu’il arrive. Il est curieux pour moi de constater, en rédigeant cet avis, que je serai bien en peine de me souvenir de leurs caractéristiques, qu’ils soient physiques ou moraux, des actions qu’elles ont accompli ou pas, tout est resté dans un certain flou narratif pour moi, alors que les fans de cette catégorie de manga devraient sans doute comprendre mieux que moi les particularités de ce manga.

 

My Fair Honey Boy, tome 1 de Junko Ike

Présentation de l’éditeur :

Avec My Fair Honey Boy, Junko Ike livre une œuvre décapante et bourrée d’énergie positive ! Tout en déconstruisant les stéréotypes de genre, elle signe son premier best-seller, qui ne manquera pas de vous arracher quelques fous rires. En plus de proposer un personnage masculin assez unique, la mangaka va également, tout au long de la série, mettre en scène des personnages féminins très variés, aussi bien en terme de physiques que de caractères.Mei Sengoku, présidente et capitaine du club de kendo, est particulièrement populaire ! Connue pour son calme légendaire, elle plaît autant aux filles qu’aux garçons. Mais son stoïcisme à toute épreuve pourrait bien être ébranlé par un certain Shirô Fuji : parce qu’il est très efféminé, tout le monde a tendance à penser qu’il est gay. Mais il n’en est rien ! Éperdument amoureux de Mei, il va un jour lui déclarer son amour… L’adolescente, prise au dépourvu, ne va pas savoir comment le repousser ! L’insistance attendrissante (et pas vraiment virile) du garçon viendra-t-elle à bout de la lycéenne ?!

Mon avis :

L’opération Reste chez toi avec un manga, ici, des éditions Ataka, me permet de découvrir en cette période de confinement des mangas vers lesquels je ne serai jamais allée. My Fair Honey Boy semble être un shojo – je dis bien semble. Nous sommes dans un établissement scolaire, et Sengoku a beaucoup de succès avec les filles – elle est une fille elle-même et doit à chaque fois expliquer qu’elle n’est pas intéressée. Attention ! Elle n’est pas homophobe, elle est hétéro, ce qui n’est pas du tout la même chose.

Et un jour… Fuji lui fait une déclaration. Sengoku, qui se fit aux apparences, croit que le garçon est gay, et lui répond ainsi :

– Désolée, Fuji, je suis une fille.
– Ben oui, je le vois bien, pardi.
Toi, par contre, c’est pas évident de le savoir.

Oui, Fuji est très très efféminée. Quatrième enfant de la fratrie, il a trois grandes sœurs, et sa mère, seule avec quatre enfants, a élevé le petit dernier comme ses trois sœurs – il sait donc coudre, cuisiner, n’aime pas vraiment le sport, et se retrouve parfois dans des situations désopilantes.

– Je te suis reconnaissant de m’avoir porté comme une princesse mais pour être honnête, j’étais super gêné. J’ai ma fierté d’homme quand même.

Je le dis, je le répète, il ne faut pas se fier aux apparences, et c’est là dessus que joue ce manga. Oui, on peut aimer porter des robes sans être une fille et sans être gay. Oui, on peut se porter au secours d’un ou plusieurs camarades et être une fille. On peut tomber amoureux d’une personne sans que cela soit réciproque, et l’on peut vouloir la séduire malgré tout – j’ai bien dit « séduire », pas harceler.

Je suis curieuse de savoir comment l’intrigue évoluera.

Capitaine Albator : Dimension voyage, tome 1 de Leiji Matsumoto et Kouiti Shimaboshi

Présentation de l’éditeur :

Il revient…!

On le dit hors-la-loi, traître, lâche ayant abandonné la Terre livrée à la corruption et à l’anarchie.
Alors qu’il est sans doute le seul espoir de l’humanité !
Le danger approche et un seul homme se dresse face à la menace sylvidre : Albator !

Mon avis :

Pourquoi ce manga ? Parce qu’Albator ! Le seul animé des années 80 que j’aurai envie de revoir (Candy très peu pour moi).
Alors oui, c’est une version moderne, mais l’esprit est toujours là, celui du capitaine et de son équipage, seuls contre tous ou presque.
Oui, nous sommes dans le futur, et pourtant, j’ai l’impression que la corruption et l’anarchie règnent déjà sur terre, que certains hommes politiques ont d’autres préoccupations que de s’occuper des problèmes urgents, pour ne pas dire des problèmes tout courts.
La violence est là, forcément ai-je envie de dire, et elle est là aussi pour montrer une volonté de sur-vivre.
Albator a trouvé une nouvelle recrue, qui partage les mêmes idéaux que lui et que son équipage, la même volonté de ne pas baisser les bras, de ne pas se reposer sur les autres pour y parvenir. Alors oui, c’est simplement le début de leurs aventures, mais il faut bien un début – fort – à tout.

Orange, tome 1 de Ichigo Takano

Présentation de l’éditeur :

Un matin, alors qu’elle se rend au lycée, Naho reçoit une drôle de lettre… une lettre du futur ! La jeune femme qu’elle est devenue dix ans plus tard, rongée par de nombreux remords, souhaite aider celle qu’elle était autrefois à ne pas faire les mêmes erreurs qu’elle. Aussi, elle a décrit, dans un long courrier, les évènements qui vont se dérouler dans la vie de Naho lors des prochains mois, lui indiquant même comment elle doit se comporter. Mais Naho, a bien du mal à y croire, à cette histoire… Et de toute façon, elle manque bien trop d’assurance en elle pour suivre certaines directives indiquées dans ce curieux courrier. Pour le moment, la seule chose dont elle est sûre, c’est que Kakeru, le nouvel élève de la classe, ne la laisse pas indifférent…

Mon avis ;

Attention ! Manga fortement émouvant, vous êtes prévenu.

En commençant à rédiger mon avis, je pense à cette question, qui était systématique de la part des journalistes quand ils interrogeaient une star d’âge mûr : si vous aviez la possibilité, est-ce que vous referiez tout ? Toutes ces artistes (oui, la question est souvent posée à des femmes) répondent alors d’un ton passionné : oui, tout. Pour ma part, il est des petites choses que je changerai – il vaut mieux vivre avec des remords qu’avec des regrets.

Or, Naho, seize ans, reçoit une lettre du futur. Elle a beau ne pas y croire au début, c’est pourtant bien la réalité : tout ce qui est écrit dans cette lettre s’accomplira au cours de la journée. Naho n’osera pas, cependant, obéir à son moi du futur, et commence déjà à se questionner sur les conséquences de ce qu’elle n’a pas osé faire. La clé est là. Naho n’ose pas. Elle a peur de déranger, peur d’avouer ses sentiments, peur de l’échec aussi. Pourtant, elle pense toujours aux autres avant de penser à elle-même, à leur bien être. S’immiscer dans leur vie, même pour les aider, même pour (se) faire plaisir, elle n’ose pas. Et les lettres qu’elle continue à recevoir de la Naho du futur lui montre l’étendue de ses regrets, qui l’étouffent littéralement. Au fur et à mesure de ce premier tome, nous comprendrons pourquoi le regret est si vif.

Alors, bien sûr, Naho peut se voir avec le recul du temps, se dire qu’elle aurait dû faire cela – mais sur l’instant, ce n’est pas facile, il faut du courage, il faut « y aller », oser – et j’ai beaucoup aimé le personnage de Suwa. Naho se rend compte, paradoxalement, qu’en croyant aider Kakeru, qu’en s’éclipsant parce que sa petite amie ne l’aimait pas, elle n’a pensé à ce que lui voulait vraiment. Cela m’a questionnée aussi sur ce qu’est une relation amoureuse toxique (à mes yeux). Non, il n’est pas normal qu’une petite amie refuse que son copain parle à une autre fille, non, il n’est pas normal qu’une camarade de classe n’ose pas parler à un garçon parce qu’il est en couple, et c’est bien qu’un des personnages (Suwa, donc) soulève la question.

Nous retrouvons aussi les personnages dans le présent (ou le futur, comme l’on veut) avec leurs rêves pas toujours réalisés, leurs regrets, aussi, encore. Ils sont confrontés à leur moi du passé, une lettre qu’ils avaient écrite et qui exprimait ce qu’ils désiraient devenir. Le jeu entre les deux espace/temps est vraiment réussi – mais tout, dans ce manga, est vraiment réussi.

Une saga que je poursuivrai après le confinement.