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Links de Natsuki Kizu

Présentation de l’éditeur :

8 hommes, 4 couples… certains se connaissent depuis plusieurs années, d’autres depuis seulement quelques jours. Chacun à son histoire, mais tous se retrouvent dans le fait qu’une simple rencontre a bouleversé le cours de leur existence. Links est l’histoire de ces 4 couples réunis par le destin. Une destinée qui leur a accordé la possibilité de vivre une histoire qu’ils n’auraient pu imaginer avant et (re)trouver, peut-être, un sentiment qui reste unique à chacun.

Merci à Livraddict et aux éditions Taifu Comics pour ce partenariat.

Mon avis :

Ce manga est un yaoï, et pourtant, il est très différent de tout ceux que j’ai lus jusqu’à présent. Ce qui m’a frappé d’abord est le graphisme, d’une grande finesse, que ce soit dans la conception des décors ou dans le portrait des personnages. Bref, ce yaoï possède de vraies compositions picturales qui méritent qu’on s’y attarde.
Il en est de même pour l’intrigue, ou plutôt pour les quatre fils narratifs subtilement reliés entre eux – si le lecteur lit distraitement ce manga, il se retrouvera perdu. Au contraire, il faut prendre le temps de le lire, ne pas hésiter à revenir en arrière pour saisir comment ces quatre couples sont unis les uns aux autres.
Bien sûr, avant de s’intéresser à cela, il faut aussi regarder chacun de ses couples. Aucune histoire n’est une bluette comme on peut en lire habituellement, il n’est pas non plus de scènes véritablement osées ou choquantes, mis à part à l’extrême fin du manga. Non, ce sont les personnalités de ces hommes, leurs difficultés à aimer, à accepter d’être aimés qui les singularisent. C’est aussi leur passé qui rend leur présent si compliqué : l’un a perdu son amant, l’autre son frère, et il leur faut apprendre à vivre avec cette absence.
Si tous les personnages sont gays, tous ne l’ont pas toujours été – preuve que la sexualité peut variée, dans les mangas comme dans la vie. Cependant, les personnages féminins restent absents de ce récit.
Tout n’est pas sombre dans ce manga : Kameda et Ogikawa ont sympathisé (et bien plus puisqu’affinités) grâce à un chat, et certains faits (la constitution d’un arbre à chats) ne manquent pas d’humour. C’est sans doute pour cette raison que ce couple est celui qui m’a le plus intéressé.
Links – un one-shot bien nommé qui sort des sentiers battus.

En scène ! de Curvie

Présentation de l’éditeur :

La vie de la petite Kanade Ariya bascule le jour où elle assiste au spectacle de danse de sa voisine Lisa. Fascinée par la grâce de la jeune fille, Kanade n’a plus qu’un rêve en tête : devenir ballerine !

Mon avis :

Et oui, encore une fois, je vous parle d’un manga ! Note : si vous connaissez une petite fille passionnée de danse et de manga, et que vous n’avez toujours pas trouvé de cadeau de Noël, ce livre est fait pour elle. Note (bis) : je l’ai beaucoup apprécié parce qu’il traite de la danse classique autrement.
Quand je rencontre un livre sur la danse, ou sur la musique, c’est trop souvent la même chose : l’auteur vous parle du bonheur de danser, de chanter, de la communion vécue par les danseurs, les musiciens, du plaisir immédiat, naturel, consubstantiel si j’ose dire. Il ne vous parle pas (et là, je prêche pour ma paroisse) des heures de répétition, de cette tonalité qui ne va pas du tout à votre voix, et de ce fichu morceau en sol bémol (donc plein de bémol) que vous en connaissez pas mais qu’il faudra chanter quand même.
Fait essentiel pour la danse : ce manga nous parle bien de l’apprentissage, qui est tout sauf inné. Des pointes, qu’il ne faut surtout pas chausser trop tôt. De la jambe d’appui, très sollicitée qui peut donc devenir douloureuse plus facilement – sans oublier les précieuses articulations. Il ne fait pas l’impasse sur le trac avant un spectacle, sur la nécessité d’assurer techniquement – tout en étant le personnage, Giselle, Belle au bois Dormant, Kitri ou fée clochette.
Il est des danseuses qui ont un don. Il en est d’autres, comme Kana, qui n’en ont pas. Aux yeux de ses professeurs, elle n’est qu’une gamine ordinaire. Seulement, Kana a un avantage sur d’autres élèves, y compris sur Lisa, sa voisine : elle est passionnée. Elle a un grand sens de l’observation, et cherche tous les moyens de se perfectionner,en intégrant mieux la manière d’exécuter les pas, en compensant le fait qu’elle ne chausse encore que des demi-pointes (ce qui n’a pas que des inconvénients), en regardant des videos aussi, toujours pour des raisons techniques, non pour s’approprier le personnage, Kana y parvient très bien, même si elle n’est, au début qu’une souris parmi d’autres.
J’espère que le personnage de Kana pourra vivre sa passion de la danse jusqu’au bout – à voir dans le second tome, que je vais me procurer bientôt.

Love whispers, even in the rusted night

Présentation de l’éditeur :

Mayama et Yumi sont deux amis qui se connaissent depuis le collège. Séparés au moment de leur entrée au lycée, ceux-ci se retrouvent quelques années après par hasard. Alors que Mayama est à l’université, Yumi travaille dans un restaurant en tant que livreur. Malgré ces années passées sans donner de nouvelles, aucun n’a oublié l’autre, notamment Mayama qui a toujours été captivé par la joie de vivre apparente de Yumi. Désormais installé avec son petit ami, ce dernier semble cependant vouloir dissimuler certaines choses à Mayama, qui compte bien découvrir ce que cache le sourire de son ami « Derrière le masque que je te montre se cache un homme au sourire brisé qui espère qu’un jour, peut-être, il trouvera le bonheur ».

Merci à Babelio et aux éditions Taifu Comics pour ce partenariat.

Mon avis :

Ce livre est à réserver à un public averti. Parfois, cet avertissement cache une histoire presque anodine, voire une bluette. Ce n’est pas le cas ici. Et j’ai bien du mal à recommander ce livre même s’il traite d’un sujet rarement évoqué : la violence conjugale dans les couples homosexuels.

Qui se soucie d’un homme qui arrive au travail avec des traces de coups, des bleus ? Pas grand monde, si ce n’est pour dire que cela risque de faire fuir la clientèle. Puis, c’est bien connu, les hommes sont bagarreurs, ils aiment à échanger des coups, et parfois, ou plutôt souvent, c’est Yumi qui en a les séquelles. Il n’est que Mayama pour se poser des questions, et forcer Yumi à y répondre.

Ils ont été amis, au collège. Déjà à cette époque, comme le montreront des retours en arrière, il y avait des choses qui n’allaient pas dans la vie de Yumi.  Plutôt que de savoir pourquoi son petit ami Kan est devenu violent depuis qu’il travaille (encore qu’une critique du monde du travail au Japon serait bienvenue), je me demande pour quelles raisons Yumi s’est mis à accepter cette violence quotidienne, pourquoi il a si peu d’estime de soi. Non, il n’attend pas non plus que Kan change, il reste, sans aucun espoir, si ce n’est que les bleus disparaissent vite ou qu’une mèche de cheveu parvienne à cacher sa cicatrice.

Les images sont crues, et même en noir et blanc, les chairs sanguinolentes se devinent. Les scènes de sexe ne sont pas en reste non plus – même si Yumi a eu du mal à accepter l’amour de Mayama, il n’a aucun mal à accepter ses faveurs. Un final assez fréquent dans ce genre de manga. S’il est une leçon à retenir, c’est que les victimes de violence s’en sortent pas toute seules. Dans un même genre, j’ai préféré Cut de Toko Kawai, qui est pour moi un modèle difficile à dépasser.

Asie2

 

Le mari de mon frère 2 de Gengoroh Tagame

Présentation de l’éditeur :

La petite Kana est aux anges ! Entre son nouvel oncle venu du Canada, mais aussi l’arrivée surprise de sa mère, la fillette à de nombreuses raisons de se réjouir ! Mais tout le monde, dans le voisinage, ne regarde pas d’un oeil bienveillant l’arrivée d’un homosexuel dans le quartier… Une occasion parfaite, pour Yaichi, de continuer à remettre en cause ses certitudes !

Mon avis :

Le second tome de ce manga commence là où s’était terminé le premier tome : l’arrivée de la maman de Kana. Coup de théâtre, donc, puisque le lecteur avait cru comprendre qu’elle était décédée. Les apparences sont trompeuses, et l’amour peut perdurer de bien des manières. De même, la présence de ce beau-frère hors norme provoque des révélations dans le quartier.
Il révèle le moins bon : l’homophobie ordinaire qui passe par les mesquineries, le fait que Mike, cet oncle canadien homosexuel pourrait avoir une mauvaise influence sur Kana et sur ses amies – il en faudrait un peu plus à la petite fille pour qu’elle se désintéresse de lui. Il révèle aussi l’isolement des jeunes homosexuels, le fait qu’ils n’ont personne à qui parler, se confier, révéler leurs doutes et leurs inquiétudes. Il amène Yaichi à s’interroger – enfin, pourrai-je dire – sur ce qu’a ressenti son frère. Celui-ci est toujours représenté de la même manière, de dos, de trois quart dos, silhouette floue, s’effaçant un peu. La gémellité est là, mais il n’est pas question d’oublier qu’un des jumeaux est vivant, l’autre non.
Manga sur la difficulté d’être différent, Le mari de mon frère confronte aussi, sur d’autres sujets, la culture japonaise et la culture américano-canadienne, qu’il s’agisse de cuisine, ou de tatouage. La signification de ces derniers est bien différente d’un pays à l’autre.
Le mari de mon frère, un manga pour parler avec simplicité de différences qui irritent certains.

Asie2

 

Ikumen after, tome 2 de Kazuma Kodaka

Présentation de l’éditeur :

Trois jours se sont écoulés depuis le baiser de Kentarô et monsieur Asakura. Ils continuent à se voir, mais tandis que Kentarô voudrait bien sûr aller plus loin, monsieur Asakura ne se remet toujours pas du trouble provoqué par l’incident. C’est alors qu’un incendie ravage la maison de Kentarô. Monsieur Asakura décide donc de l’aider en lui proposant de venir vivre chez lui pour un temps.

Mon avis :

Voici la suites des aventures de Kentarô, Asakura et leurs fils respectifs. Si les deux hommes sont toujours des papas attentifs et aimants – rien ne compte plus que leurs enfants, et ils ont à coeur de prendre soin d’eux le plus possible. Nous en apprenons un peu plus sur le passé de chacun d’eux, et si celui de monsieur Asakura n’est pas vraiment étonnant, en revanche, celui de Kentarô vient le rattraper, et pourrait bien changer son avenir.

Ce second tome est un tout petit peu moins chaste que le précédent – un tout petit peu. Il reste cependant encore très regardable. Couple hétéro ou couple homo, il n’est jamais facile de concrétiser (par un baiser !) quand deux charmants bambins sont dans les parages. Dormir ensemble (et j’ai bien dit « dormir ») s’avère presque plus simple.

Le manga ne se concentre pas uniquement sur leur vie sentimentale. Le quotidien est là, et bien là, avec ses hauts et ses bas auquel n’importe qui pourrait être confronté. C’est sans doute ce qui fait la force de ce manga.

Asie2

Le mari de mon frère de Gengora Tagame

Présentation de l’éditeur :

Yaichi élève seul sa fille. Mais un jour, son quotidien va être perturbé… Perturbé par l’arrivée de Mike Flanagan dans sa vie. Ce Canadien n’est autre que le mari de son frère jumeau… Suite au décès de ce dernier, Mike est venu au Japon, pour réaliser un voyage identitaire dans la patrie de l’homme qu’il aimait. Yaichi n’a pas alors d’autre choix que d’accueillir chez lui ce beau-frère homosexuel, vis-à-vis de qui il ne sait pas comment il doit se comporter. Mais ne dit-on pas que la vérité sort de la bouche des enfants ? Peut-être que Kana, avec son regard de petite fille, saura lui donner les bonnes réponses…

Mon avis :

Ce manga confirme ce que certaines personnes savent depuis longtemps : il est des situations qui passent mieux auprès des enfants, peut-être parce qu’ils osent poser des questions jugées gênantes que les adultes ne s’autorisent pas. (Note : je suis de la génération qui a vécu les manifestations pour le PACS, donc le mariage « pour tous » ne me pose pas de problème).

Ce manga qui a l’air tout simple interroge autant Yaichi, l’un des trois personnages principaux, que le lecteur. Sommes-nous prêts à accorder autant de valeur à une relation entre personnes de même sexe qu’à une relation entre personnes de sexes différents ? Pouvons-nous concevoir qu’on puisse être « mari et mari » et non « mari et femme » ? Rencontrer Mike, c’est rencontrer l’autre et ses différences alors que Yaichi s’inquiète puisqu’il est le frère jumeau du défunt mari de Mike, Ryôji : et si Mike lui sautait dessus ? Puéril ? Cliché ? Oui, et Yaichi en convient lui-même.

Nous ne verrons pas le visage de son jumeau Ryôji, les retours en arrière, stylisé, le représente de dos, ou bien simple silhouette, semblable à celle de son frère,mais dont le comportement est si différent. Nous verrons par contre la douleur de Mike, son attachement envers son mari, sa volonté de voir les lieux qui lui étaient cher.

Plus le récit progresse, plus nous nous tournons vers l’extérieur, en compagnie de cet improbable trio. Le manga se clôt sur un coup de théâtre – inattendu, forcément, comme tout coup de théâtre.

Un manga à découvrir. Asie2

My hero academia de Kohei Horikoshi

Présentation de l’éditeur :

Dans un monde où 80% de la population possède un super‑pouvoir appelé alter, les héros font partie de la vie quotidienne. Et les super‑vilains aussi ! Face à eux se dresse l’invincible All Might, le plus puissant des héros ! Le jeune Izuku Midoriya en est un fan absolu. Il n’a qu’un rêve : entrer à la Hero Academia pour suivre les traces de son idole. Le problème, c’est qu’il fait partie des 20% qui n’ont aucun pouvoir…

Mon avis :

Ce manga m’a été prêté par un de mes élèves – et il prononce le nom des personnages principaux avec plus d’aisance que moi.
Izuku Midoriya a des parents dotés de super-pouvoirs mais lui, rien, absolument rien. Alors, réaliser son rêve paraît totalement impossible. Et pourtant…
Les super-pouvoirs sont la norme, donc – et si le super héros se multiplient, les super méchants aussi, il n’es pas rares que de devoir annoncer que l’on sera en retard parce qu’un « méchant » bloque le passage et qu’on (c’est à dire des super héros) est en train de faire le ménage. Le secret, c’est l’alter, presque tous différents, qui leur donne des pouvoirs qu’ils doivent apprendre à maîtriser. Peu importe le mérite de la personne qui le possède : ils l’ont hérité, ils n’en sont pas responsable, mais ils le sont de la manière dont il l’exploite.
Prenez Izuku, par exemple : il est prêt à se sacrifier pour sauver un autre collégien, qui est loin d’être son ami. Et si c’était cela, être véritablement un héros ? C’est en tout cas ce que pense All Might, qui l’a rencontré à ce moment-là et qui va lui faire une étrange proposition.
Nous basculons alors dans le manga-lycée – un lycée bien étonnant où chacun doit exploiter son alter, où sauver les autres est aussi importants que dézinguer les ennemis, où l’infirmière a un alter guérisseur bien pratique. Le graphisme permet de bien distinguer chaque personnage, y compris quand ils possèdent plusieurs incarnations.
Izuku est un héros particulièrement attachant, qui me donne envie de poursuivre la lecture de cette série, dont le cinquième tome vient de paraître.

Asie2