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Les vacances de Jésus et Bouddha de Hikaru Nakamura

édition Kurokawa – 150 pages

Présentation de l’éditeur :

Après avoir œuvré au bonheur de l’humanité pendant 2000 ans, les deux amis décident de prendre quelques vacances en louant un petit appartement sur Terre. Ils vont découvrir un mode de vie bien éloigné du paradis et vous offrir un regard inédit sur notre quotidien. Vous apprendrez ce que ressent Jésus quand on le prend sur Johnny Depp, ou ce que pense Bouddha de ces statues à son effigie, qui ont tant de succès dans les magazines de décoration.

Mon avis :

J’essaierai d’être brève : ce manga est court, il est le premier d’une série de sept, et je l’ai très moyennement aimé. Je ne sais pas exactement ce que j’attendais de ce manga – de l’humour, sans doute, et pas une oeuvre qui pourrait avoir n’importe qui comme héros.

Alors oui, Jésus porte une couronne d’épines et a des stigmates, ce qui ne choque personne. J’ai l’impression que seuls des détails physiques ont été retenus, et non les préceptes qu’il a enseignés. Aimez-vous les uns les autres ? On oublie. Sa colère contre les marchands du temple ? Jésus dans ce manga, cède à toutes les sirènes de la société de consommation japonaise, sans aucun problème. Lui et Bouddha ont des problèmes avec leur image : Jésus est très souvent comparé à Johnny Depp, Bouddha se plaint des représentations physiques que l’on fait de lui, toujours gros, toujours souriant.

Je n’ai pas vraiment retenu les gags qui sont contenus dans ce manga, parce que, je me répète, ils auraient quasiment pu être écrits avec n’importe quel personnage un peu fantastique. Preuve qu’il est vraiment temps que je cesse d’écrire cet avis.

 

 

Détective Conan, tome 5 de Gôshô Aoyama

Surtout, ne vous fiez pas aux apparences. Le jeune Conan a beauêtre haut comme trois pommes, c’est un détective redoutable. Petit par la taille, d’accord, mais déjà grand par la capacité de déduction. Bref, il ne fait pas son âge… Et pour cause : en réalité, il n’a pas vraiment six ans, comme un rapide coup d’oeil à sa morphologie pourrait le laisser croire. Conan – de son véritable nom Shinichi Kudo – est, à l’origine, un détective lycéen. Mais il s’est retrouvé un jour en butte aux membres de l’Organisation des hommes en noir. Et ceux-ci n’ont rien trouvé de mieux que de lui faire ingurgiter un liquide empoisonné qui l’a fait replonger en enfance…
Mon avis :
Comme dans le tome 4, l’art a une très grande importance dans ce cinquième tome – et Ran se montre parfois très distraite. La première enquête est d’une très grande richesse, et j’ai presque envie de dire qu’elle n’est pas à mettre entre toutes les mains. Oui, l’action prend place dans une réunion d’anciens étudiants, et elle ressemble fortement à un huis-clos angoissant, le tueur faisant tout pour isoler les jeunes gens, n’hésitant pas à massacrer littéralement sa victime. Il tente aussi de tuer Ran, qui n’a pourtant pas des liens très forts avec eux – que s’est-il donc passé pour qu’il s’en prenne à elle. Conan a remarqué la distraction dont je vous parlais plus tôt, il n’est pas le seul – malheureusement pour Ran.
La deuxième enquête est toute aussi tragique, si ce n’est plus, parce qu’il aurait pu largement être évité, si seulement…
La fin du tome nous remet en relation avec les hommes en noir, et met Conan dans une situation dangereuse…. oui, beaucoup de points de suspension, parce que nous n’en sommes qu’au tome 5 !

Détective Conan, tome 4 de Gôshô Aoyama

Présentation de l’éditeur :

Shinichi Kudo est un brillant lycéen obsédé par les enquêtes policières. Au cours d’une affaire, les membres d’une mystérieuse organisation lui font boire un poison qui le fait rajeunir de 10 ans. Par sécurité, il se cache sous le pseudonyme de Conan Edogawa et part à la recherche des malfaiteurs responsables de son état. Il est hébergé chez sa petite amie d’antan, Ran Mouri, dont le père est un détective quelque peu miteux. Discrètement, Conan résout les enquêtes confiées à Kogoro Mouri, rehaussant ainsi le prestige de ce dernier, trop heureux de se découvrir du génie. Mais Ran devient de plus en plus suspicieuse et Conan ferait mieux de ne pas relâcher son attention si il veut préserver son secret.

Mon avis :

Je progresse lentement mais sûrement dans la lecture de cette série. Dans ce tome 4, la première enquête est à mes yeux la meilleure : elle met en scène ni plus ni moins qu’une armure de chevalier meurtrière. Si, si : oui, ce meurtre est directement lié au milieu de l’art, et surtout, à son immense précarité. Un musée est en effet sur le point d’être fermé, rasé, remplacé par un complexe hôtelier. Même certains employés du musée manquent cruellement de respect pour l’art ! Seul le conservateur continue vaille que vaille. Quand le meurtrier sera démasqué, je n’ai pu m’empêcher de penser qu’il avait, en plus, une grande lucidité sur les conséquences morales de son geste.

La deuxième enquête m’a moins Intéressée. Certes, elle met Conan en relation avec les « hommes en noir », nous retrouvons l’origine de la série – et ce qui a rendu Conan dans cet état, mais je me doutais bien que cela ne pourrait déboucher sur une arrestation, encore moins sur sa guérison. Puis, il ne faut pas oublier que Conan reste un enfant aux yeux de Ran et des autres : il est alors nettement moins facile d’enquêter comme on le veut.

Retour à l’enfance, à nouveau, avec la troisième enquête, qui voit Conan et ses camarades de classe participer à un concours bien innocent, avant de se retrouver face à des malfaiteurs fort peu sympathiques. Oui, être un enfant ne vous rend pas en sécurité.

Une série policière toujours aussi agréable.

 

 

Detective Conan, volume 3 de Gosho Aoyama

Mon avis :

Comme beaucoup de lecteurs, j’ai découvert ce manga par l’animé, même si je n’avais pas l’âge du public cible – ou comment partager quelque chose avec ses élèves.

Dans ce troisième tome (j’ai prêté le 2 cette année régulièrement), Conan, Ran et Mouri se retrouvent sur un bateau de croisière à la suite d’un concours de circonstances assez complexes. Surtout, cela ne fait pas plaisir à tout le monde : en effet, c’est un bateau de croisière privé, et le chef de famille déteste les détectives privés et les personnages qu’il soupçonne d’être des pique-assiettes. Si les tout nouveaux passagers appartiennent bien à la première catégorie, ce n’est pas le cas de la seconde. Pourtant, le bonheur devrait être au rendez-vous, parce que la petite fille vient de se marier, et j’ai appris ainsi que dans les grandes familles bourgeoises japonaises, le mari prend le nom de son épouse, et non l’inverse. On découvre aussi à cette occasion à quel point un seul être peut mettre à mal toute une famille. Je n’irai pas jusqu’à dire que la mort du patriarche soulage tout le monde, je dirai qu’il n’est pas beaucoup de personnes pour exprimer du chagrin. Las ! Alors que le coupable semblait avoir été trouvé, un nouveau meurtre est commis, puis une agression. Conan enquête, oui, et si le récit est une variation sur le thème du meurtre en chambre close, et autres Meurtre sur le Nil, il montre aussi les failles de la société japonaise, qui ne laisse pas l’individu s’épanouir, ou si peu.

Le second récit commence de manière plus légère, pour finir de manière poignante. Il n’est pas forcément de meurtres, de vol pour qu’une enquête ait lieu. Et l’on peut aussi démontrer à quel point se venger ne change rien, n’ôte rien à la douleur, sans pour autant montrer l’accomplissement de la vengeance. Oui, il est toujours possible de changer d’avis – heureusement.

Pendant ce temps, Ran a tout de même des doutes, Conan et ses déductions ont une forte tendance à lui rappeler quelqu’un. Autant dire que le jeune garçon a souvent très chaud et a la chance de pouvoir compter sur le professeur pour le tirer de ces mauvais pas.

 

L’atelier des sorciers, tome 4 de Kamome Shirahama

Présentation de l’éditeur :

Agathe s’est inscrite au deuxième examen du monde des sorciers qui lui permettra de pratiquer la magie en public. Kieffrey, Coco et les autres apprenties l’accompagnent sur place, mais la présence néfaste de la Confrérie du Capuchon va bientôt venir troubler le bon déroulement de l’épreuve…

Quel est le but de cette étrange organisation ?

Mon avis :

C’est avec plaisir, tant au point de vue de l’intrigue que du graphisme que j’ai lu ce quatrième tome – les dessins sont absolument superbes, ne ratez pas les décors, véritablement réussis, qui donnent envie de s’attarder sur les images.

L’intrigue pourrait paraître simple, dans ce quatrième tome : Agathe et Trice doivent passer le second examen du monde des sorciers. Quatre sont obligatoires, le cinquième, peu de magiciens le passent puisqu’il est destiné à obtenir le droit d’avoir des apprentis, bref, d’enseigner. Un troisième apprenti est présenté à l’examen. Non, pas Coco, ni une autre apprentie de Kieffrey, mais Yinny, nouveau personnage qui a déjà raté cet examen. Pourquoi ? Parce que son maître ne cesse de le dévaloriser, au lieu de l’aider à progresser. Par contraste, il montre à quel point Kieffrey, l’anticonformiste, est un pédagogue doué, qui souhaite uniquement amener ses élèves à trouver leur voie et à aller le plus loin possible sur cette voie. L’élitisme ? Non, ce n’est vraiment pas pour lui. A ce sujet, l’histoire de la ville de Romodon est exemplaire, et montre jusqu’où l’on peut aller au nom d’une soi-disant excellence. Fable ? Pas tant que cela : on peut constater, si l’on se tourne vers le passé, que ce postulat a conduit à sa perte des civilisations, ou , plus modestement, des institutions.

Si nous étions dans un manga ordinaire, tout se passerait presque bien. Passer un examen, quoi de plus banal ? Sauf que tout oppose Agathe et Trice : l’une est parfaitement dans la norme, l’autre veut s’écarter de la norme. Quant à la confrérie du Capuchon, je dirai simplement qu’elle n’y va pas de main morte pour parvenir à ses fins, nous offrant ainsi quelques unes des images les plus spectaculaires et les plus angoissantes aussi.

Un quatrième volume tout en tension, et un cinquième tome qui paraîtra le 2 octobre.

 

 

L’atelier des sorciers, tome 3 de Kamome Shimahara

Présentation de l’éditeur :

Pour sauver un jeune garçon, Coco a utilisé un sort pour transformer un rocher en sable. Mais catastrophe ! Son sort a eu bien plus de portée qu’elle ne le pensait, et tout le lit de la rivière s’est effondré en conséquence. Coco est accusée par la milice magique d’avoir eu recours à un sort interdit et condamnée à voir sa mémoire effacée. Elle est sur le point d’être bannie à jamais du monde des sorciers…

Mon avis :

Le tome 3 commence avec un suspense intense : comment sauver Coco ? La milice magique lui est tombée dessus, et elle a la fâcheuse tendance de respecter les règles à la lettre. Autant dire que maître Kieffrey doit user de tous les arguments à sa portée pour faire libérer Coco sans que sa mémoire en soit altérée. Oui, je spoile un peu parce que je vous parle là du tout début de ce manga, très prenant. J’ai vraiment été sous le charme de ses dessins, particulièrement soignés. Oui, ils sont toujours soignés, dans les moindres détails, et c’est en cela que ce manga est vraiment intéressant à lire. Bien sûr, parfois, les jeunes apprenties ont des expressions qui m’ont davantage rappelé des shojo plus « enfantins », cependant leur expressivité, le soin des détails sont rarement pris en défaut.

Détail du dessin, détail de l’intrigue, parce que les personnages ne sont pas forcément ce qu’ils paraissent être. Maître Kieffrey, par exemple, poursuit ses recherches pour trouver les magiciens dissidents, pour contrer leur sortilège, et ne s’en ouvre pas du tout à la milice magique, quitte à en payer personnellement les pots cassés, ou les conséquences physiques de ses tentatives pour les contrer. Pour l’instant, cette saga ne comporte que quatre tomes (le tome 5 n’est pas encore paru au Japon) et je me dis qu’il est vraiment très riche : on voit peu les ennemis, leurs apparitions n’en sont que plus parlantes.

D’ailleurs, qui sont vraiment les ennemis dans cette société très cloisonnée pour ne pas dire très sectaire ? Il ne fait pas bon n’avoir aucun pouvoir magique et vivre non loin des sorciers, il fait encore moins bon faire partie d’une famille de sorciers et avoir un handicap. Le jeune Tarta est ainsi atteint d’argentisme, ce qui fait qu’il ne peut distinguer les couleurs – le daltonisme adapté au monde magique. Il devra donc effectuer des tâches subalternes – pas question de préparer des potions puisque les poudres sont repérables à leurs couleurs, hors de question de les étiqueter, une personne malveillante pourrait ainsi les utiliser. Oui, pour citer le manga « Les sorciers sont intransigeants envers ceux qui sont différents. C’est l’un des nos mauvais côtés. » Les bons ne me semblent pas si nombreux, peut-être parce que le commun des mortels est tenu à l’écart de la magie, ne sait pas qu’elle n’est pas si facile que cela à créer, entretenir, et que les magiciens ont des préoccupations autres, parfois, que d’aider autrui. Ainsi, maître Kieffer aimerait être auprès de Coco, souffrante, plutôt que de continuer à aider les habitants de la ville alors que l’incendie est quasiment circonscrit.

Oui, la vie de sorcier est dure, et nous en apprenons un peu plus sur eux, en suivant le parcours de leur formation. Certains s’arrêtent en cours de route, parce que leur objectif est atteint, d’autres vont jusqu’au bout parce qu’ils souhaitent former une nouvelle génération de sorciers, comme maître Kieffrey. Quelle voie suivront ces quatre apprentie ? Et surtout, le pourront-elles ?

 

 

L’atelier des sorciers, tome 2 de Kamome Shirahama

Présentation de l’éditeur :

On naît sorcier, on ne le devient pas. C’est la règle. Pourtant, Kieffrey a pris Coco sous son aile et a fait d’elle sa disciple : d’humaine normale, la voilà devenue apprentie sorcière ! Kieffrey, Coco et ses trois camarades se sont rendus à Carn, petite ville de sorciers, pour acheter des fournitures magiques. Mais soudain, les quatre fillettes tombent dans un piège tendu par un mystérieux sorcier encapuchonné : elles sont coincées dans une dimension parallèle et doivent échapper à un dragon !

Mon avis :

Ce second tome aurait dû être relativement simple. Il s’agissait seulement, dans la plus pure tradition des histoires de sorcellerie, de se rendre à Carn et de faire le plein de fournitures magiques, comme toute apprentie qui se respecte avant une rentrée scolaire. Coco doit toujours essayer de parvenir à se faire accepter par ses nouvelles camarades de classe, et ce n’est pas gagné. Zas ! Elles ont un problème autrement plus grand que cela à résoudre : elles ont été envoyées dans une dimension parallèle et un dragon les pourchasse. Voilà pour la première partie de ce second tome, bien construite, et surtout, qui ne laisse pas traîner exagérément les intrigues.

Kieffrey, bien sûr, se pose encore et toujours des questions, parce que ce n’est pas arrivé comme cela ! Quel peut donc être ce mystérieux sorcier qui semble connaître et suivre Coco depuis son enfance ? Il n’en oublie pas cependant de leur donner des cours – il est un peu là pour cela, le beau gosse de la magie. Et là, boum, badaboum ! Un problème grave survient – encore un – qui leur permettra d’appliquer ce qu’elles ont appris, et surtout d’unir leur force, en faisant fi de leur opposition, pour le bien commun. Et comme une catastrophe, une vraie, ne survient jamais seule, le dénouement de ce second tome ne laisse rien présager de bon pour Coco.