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L’atelier des sorciers, tome 6 de Kamome Shirahama

Présentation de l’éditeur :

Après leur agression par la Confrérie du Capuchon lors de leur examen, Coco et ses camarades sont rapatriées à l’Académie, la citadelle des sorciers. Tandis que Kieffrey se remet de ses blessures, Coco fait la rencontre du sage Berdalute, responsable de l’enseignement des sorciers. Compréhensif, il promet aux apprenties de valider leur examen si elles parviennent à le surprendre avec leur magie. Mais émerveiller l’un des trois sorciers les plus talentueux de leur génération en seulement trois jours est loin d’être une mince affaire…

Mon avis :

Le tome 5 avait été un tome très prenant. Le tome 6 apparaît bizarrement comme un tome plus reposant, ce qui est paradoxal. Au début de ce tome, j’en suis presque venu à oublier que Kieffrey était grièvement blessé, et que l’un des apprentis avait disparu. Son « maître », d’ailleurs, ne semble pas le plus empressé à tenter de le trouver, comme si un apprenti, cela se perdait tous les jours. Oui, c’est presque un tome de détente pour les quatre apprenties, entre promenade, spa, pardon, bain, et shopping. Un peu plus, on en oublierait que le danger rôde, pas loin. Certes, elles ont tout de même un souci. Non, pas Kieffrey qui est gravement blessé, je l’ai déjà dit, pas les attaques qu’elles ont vécues, non, elles n’ont pas validé leur examen, et il faut qu’elles le repassent.

La consigne est simple, si j’ose dire : étonnez-moi. Ou surprendre le plus surprenant des sorciers de l’Académie, celui qui a tout vu, tout fait, tout crée, un peu comme ces multimilliardaires que tout lasse et qu’il faut à tout prix épater. Même si la tâche peut sembler rude, j’ai tout de même du mal à prendre les choses au sérieux, eu égard à ce qui s’est passé dans le tome précédent, eu égard aussi à toutes les inégalités qui existent en ce beau monde des sorciers. Il est impossible, par exemple, d’utiliser des sorts guérisseurs, trop dangereux, l’on voile discrètement les expériences du passé, l’on répète simplement « il ne faut pas utiliser les sorts interdits ». Par contre, l’on peut toujours créer des objets charmants qui aident – un peu – qui rendent la plus un peu plus facile. Et c’est tout. Les guérisseurs n’ont pas le droit de pratiquer la magie, mais disposent d’objets magiques qui font la lessive à leur place, par exemple, ce qui leur permet de se consacrer pleinement aux malades.

Le graphisme est toujours aussi sublime, les dessins sont constamment inventifs, et tout ceci est véritablement le point fort de la série qui sait, de ce point de vue, toujours se renouveler. J’aimerai que l’intrigue progresse davantage, même s’il est vraiment que l’on en apprend un peu plus sur Kieffer et sur Agatha dans ce tome 6.

Un mois au Japon cher Hilde et Lou

La gameuse et son chat, tome 2 de Wataru Nadatani

Présentation de l’éditeur :

Kozakura, 29 ans, célibataire et fière de l’être.
Son but dans la vie : consacrer la moindre minute de son temps libre aux jeux vidéo. Mais voilà qu’un nouveau joueur fait son apparition dans sa vie : un petit chat tout ce qu’il y a de plus réel, qui va bien l’occuper entre deux parties… Car cohabiter avec un félin plein de vie, ce n’est pas pour les petits joueurs, et la gameuse va le découvrir à ses dépens !

Mon avis :

J’ai lu le second tome dans la foulée du premier – je ne vois pas pourquoi je devrais me priver ! Kozakura a frôlé la catastrophe. Non, son chat n’a pas fait buguer son jeu vidéo préféré, elle a simplement failli être démasquée par une collègue qui, ayant trouvé le compte photo d’Omusubi, a découvert qu’il était tenu par un de leurs collègues et s’est mis en tête de l’identifier, après avoir éliminé 84 % des membres du personnel. Je ne dis pas qu’Hercule Poirot a trouvé son maître, puisqu’elle n’a pas jeté son dévolu sur la bonne personne, mais presque. Kozakura est donc soulagée et va pouvoir se consacrer à ses deux passions : les jeux vidéo et son chat. J’ai ainsi découvert qu’il existait des jeux sur tablette pour chat, et qu’Omusubi se trouve très doué pour jouer avec – je sens que les miens seraient trop paresseux pour jouer avec, ou alors, je devrai le leur proposer en dehors de leurs heures de sieste.

Il faut dire qu’il grandit, ce cher petit. Il est désormais capable d’atteindre des endroits sur lesquels jamais la jeune femme n’aurait pensé qu’il serait allé. oui, les chats aiment grimper, ils ont aussi leur coup de folie. Qu’à cela ne tienne ! Tout en continuant à jouer – forcément – Kozaburo s’équipe, équipe son chat d’un arbre à chats absolument démesuré. Bien entendu, il préfère dans un premier temps le carton, ce qui est totalement logique du point de vue du chat.

Nous découvrons aussi que Riko a une petite soeur – il est vrai que la vie sociale de la jeune femme est plus que réduite. Je n’ai pas forcément l’impression que celle de Maï, sa jeune soeur étudiante, soit plus riche. Elle est accro aux « likes », et cherche des photos qui lui permettraient d’en obtenir davantage. Et sa soeur a un chat ! Je ne dis rien, puisque je poste aussi des photos de mes chats…

Omusubi permettrait-il à Riko Kozuraka de se sociabiliser ? En tout cas, elle demande tant de conseils à la vendeuse de l’animalerie que celle-ci l’invite chez elle pour lui faire découvrir ces quatre chats, dont un chien. Comme Riko, je suis admirative de l’aménagement de leur pièce à vivre et je me dis que je pourrais y puiser des idées.

J’ai tout autant apprécié ce tome 2 que le premier. Je suis ravie qu’un tome 3 soit annoncé.

La gameuse et son chat, tome 1 de Wataru Nadatani

Présentation de l’éditeur :

Kozakura, 29 ans, célibataire et fière de l’être. Son but dans la vie : consacrer la moindre minute de son temps libre aux jeux vidéo. Mais voilà qu’un nouveau joueur fait son apparition dans sa vie : un petit chat tout ce qu’il y a de plus réel, qui va bien l’occuper entre deux parties… Car cohabiter avec un félin plein de vie, ce n’est pas pour les petits joueurs, et la gameuse va le découvrir à ses dépens !

Mon avis :

J’ai acheté le tome 2 juste avant le nouveau confinement, qui allait me priver d’aller dans une grande librairie rouennaise très connue (pas le même département). Le tome 1 n’étant pas visible, je l’ai donc commandé, et je ne regrette pas.

Kozakura est une pro, dans son travail. Jamais d’heures supplémentaires. A dix-sept heures, elle est partie. pas question non plus de prendre un verre entre collègues. Certains se demandent bien pourquoi. Sans doute a-t-elle un compagnon particulièrement séduisant qui l’attend à la maison. Non : Kozakura est une gameuse acharnée, et dès qu’elle rentre chez elle, qu’elle a changé de vêtements, elle se poste devant son ordinateur pour reprendre le jeu en cours. Je ne saurai trop expliquer en quoi elle est une excellente joueuse, en quoi elle sait parfaitement atteindre le maximum dans un jeu, tirer le meilleur parti des personnages, je n’y connais strictement rien – tout comme elle ne connait strictement rien en chat.

Pourtant, c’est elle qui adoptera ce charmant petit chaton noir et blanc, un peu distrait, qui a suivi un papillon plutôt que de suivre son frère. Elle ne sait pas si c’est un mâle ou une femelle, parce que « avant deux mois, c’est difficile à voir » (donnez-moi le moindre chaton, même nouveau-né, je vous dis tout de suite ce que c’est). Bref, elle qui connaît tout au jeu vidéo doit tout apprendre du chaton, de la manière de se nourrir à son immense capacité à jouer, jusqu’à s’écrouler de fatigue. Cependant, elle en est certaine, elle parviendra à lui faire maîtriser « toutes les compétences de [sa] classe » – ou pas.

Omusubi (tel est son nom, le vétérinaire chez qui Kozakura l’a amené en urgence pour cause de puces lui a dit que c’était un mâle) est particulièrement actif. Comme tous les chats, il adore faire ses griffes, jouer avec des cartons, ou avec des jeux qui ne coutent pas grand-chose. Il prend des postures particulièrement compliquées – un peu comme mes propres chats, finalement. La gameuse et son chat est un manga à découvrir pour les fans de chats.

Un mois au Japon cher Hilde et Lou

Hana no Breath, tome 2 : Le souffle des fleurs de Caly

Présentation de l’éditeur :

Azami, 16 ans, ne comprend pas la passion de ses amies pour le Yuri et le Yaoi… Elle, elle n’aime QUE les garçons, et surtout le beau Gwen, avec qui elle rêve de sortir depuis le début de l’année ! Intelligent, sportif, un peu plus agé qu’elle et surtout mignon, il a tout du petit ami idéal. Mais comment réagira-t-elle quand elle découvrira que Gwen est en réalité une fille !?

Mon avis :

Deuxième et dernier tome, cette fois-ci plus centré sur Gwen. Celle-ci prend un nouveau départ : elle est inscrite dans un nouveau lycée, elle est inscrite en tant que fille (comme précédemment) mais il n’est pas question de se faire passer pour un garçon ! Elle doit cependant trouver sa place en tant que nouvelle de l’équipe, nouvelle qui a de plus déjà un très bon niveau, une bonne expérience – ce qui n’est pas sans susciter jalousie et curiosité. Nous sommes à l’ère de l’informatique, des réseaux sociaux, et il est très facile de trouver des informations.

Il est facile aussi de vivre une relation à distance – du moins, c’est ce que Gwenn pense. Azami ne serait certainement pas du même avis, elle qui suit les notifications piouteur et clapshat de Judith inlassablement. Je dois dire que j’ai beaucoup aimé le personnage de Judith, personnage secondaire essentiel et lucide, qui aidera, involontairement d’abord, volontairement ensuite, Gwen et Azami à construire leurs relations. C’est une jolie histoire qui nous est racontée là et j’ai trouvé que les deux jeunes filles avaient de la chance que leurs familles respectives acceptent aussi bien leurs relations.

Un manga charmant, à faire découvrir.

Nova, tome 1 de Caly

Présentation de l’éditeur :

Suite à la chute d’une météorite, des parasites extra-terrestres nommés EKSAA se sont propagés sur Terre, contaminant certains êtres humains. Leur effet : exacerber les instincts violents de leur hôte, le rendant agressif, voire dangereux. Rease, un collégien de 13 ans, mène une vie plutôt ordinaire jusqu’au soir où une jeune femme du nom de Nova, envoyée par une mystérieuse Organisation, débarque dans sa chambre pour examiner son cas. Le garçon semble réagir étrangement aux EKSAA présents chez les contaminés.

Mon avis :

Tout d’abord, je tiens à remercier la maison d’édition H2T et Babelio pour avoir organisé une rencontre avec la mangaka française Caly (oui, on peut être française et mangaka) à l’occasion de la sortie du premier tome de Nova, série qui devrait en comporter quatre. En ces temps de confinement, il faut être prudent.

Nova, c’est le prénom d’une jeune fille envoyée par une mystérieuse organisation. Elle « débarque » ainsi dans la vie de Rease, un adolescent tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Enfin presque. Disons qu’il n’est pas très bien intégré au collège (il n’est pas le seul) et que, pour les travaux de groupe, personne n’a voulu se mettre avec lui, il rejoint donc les auto-proclamés « barjots », deux élèves aussi ostracisés que lui par les autres. Leurs atouts ? Ces deux-là n’ont pas l’intention de se laisser abattre par les remarques ou les regards d’autrui. Ne croyez pas, cependant, que Rease soit un adolescent en souffrance, pas du tout. Il grandit au sein d’une famille unie, soudée. Sa mère lui fait entièrement confiance, y compris quand Rease a adopté un charmant chaton prénommé Muffin – pour cause de passion pour les muffins. Oui, la mère de Rease vit avec une femme. Et alors ? ai-je envie de dire. Vivre auprès de parents aimants et attentifs au bien-être de leur enfant n’est jamais un problème.

Cependant, Rease se serait bien passé de Nova, et c’est elle qui fait basculer le récit, classique, réaliste, vers la science-fiction. En effet, la jeune fille est à la recherche des EKSAA, ces parasites extraterrestres qui rendent leurs porteurs extrêmement agressifs. A elle d’évaluer si Rease est porteur ou non. Je vous rassure : il n’est pas question de l’éliminer lui, uniquement le parasite. Quoique….

Nova est un personnage assez mystérieux, et même si l’on découvre un peu de son passé lors des flash-backs, on comprend que celui-ci n’a pas été facile. Elle en subit toujours les conséquences dans son présent, et l’une des scènes n’est pas forcément facile à lire, tant sa souffrance est présente. Rease fait preuve de beaucoup de sang-froid et de maturité au fur et à mesure que le récit se déroule : faire face à ce qu’il voit n’est pas forcément aisé.

Un manga qui m’a emmené dans un univers qui n’est pas du tout le mien, mais que j’ai apprécié. Je lirai bien sûr la suite des aventures de Rease, Nova et Muffin (oui, n’oublions pas le chat).

 

Hana no Breath, tome 1 : Le souffle des fleurs de Caly

Présentation de l’éditeur :

Azami, 16 ans, ne comprend pas la passion de ses amies pour le Yuri et le Yaoi… Elle, elle n’aime QUE les garçons, et surtout le beau Gwen, avec qui elle rêve de sortir depuis le début de l’année! Intelligent, sportif, un peu plus âgé qu’elle et surtout mignon, il a tout du petit ami idéal. Mais comment réagira-t-elle quand elle découvrira que Gwen est en réalité une fille ?!

Mon avis :

J’ai découvert ce manga parce que je vais rencontrer la mangaka Caly, autrice de Hana no Breath, mangas en deux tomes. C’est en lisant ce manga que jeme suis dit que je manquai cruellement de termes techniques pour décrire la manière dont la mangaka dessine. Les personnages m’ont semblé plus caractérisés, moins « ronds », moins « lisses » que les personnages d’autres shojos que j’ai pu lire (note : je n’en ai pas lu tant que cela, et la refermeture des bibliothèques ne m’aidera pas à en lire plus).
Azami a seize ans, et elle attend le prince charmant. Elle ne comprend pas qu’un garçon puisse aimer un autre garçon. Qu’une fille aime une autre fille, elle ne se pose pas vraiment la question, elle, elle aime Gwen, le beau joueur de basket. Note : c’est fou le nombre de filles qui, dans les shojos, aiment les joueurs de basket. Je pense à Waiting for spring d’Anashin, par exemple. Et là, boum, Azami découvre que Gwen est en fait une fille. Pire ou mieux, c’est selon le point de vue, elle découvre que Gwen éprouve aussi des sentiments pour elle. C’est le début de leur histoire d’amour.
J’aurai envie de faire découvrir ce manga à mes élèves (tout est « montrable » dans ce manga, c’est un shojo) parce qu’ils posent beaucoup de questions, pas seulement sur l’amour, la sexualité, ou le genre, mais aussi sur l’acceptation de son propre corps. Azami est une fille, c’est certain, elle a de longs cheveux, elle aime porter des robes, faire du shopping. Et Gwen ? Gwen porte les vêtements de son frère, Gwen se fait passer pour un garçon, avec la bénédiction et la complicité de son entraîneur, Gwen ne mange pas, se bande la poitrine, et ne sait pas trop qui elle est. Azami découvre aussi une Gwen qui était plus féminine – dans son précédent établissement. Alors qui est la véritable Gwen ? Elle-même cherche à le savoir, et c’est pour cette raison qu’elle prend un nouveau départ – ce qui ne signifie pas qu’elle sort Azami ou le basket de sa vie !
En route vers le tome 2.

Seven days, tomes 1 et 2 de Rihito Takarai et Tachibana Venio

Présentation de l’éditeur :

Tu veux sortir avec moi, Seryô ?
Lundi matin devant le portail du lycée, Yuzuru Shino, élève de terminale, s’adresse à Tôji Seryô de deux ans son cadet. Ce dernier est réputé pour accepter de sortir avec la fille qui lui demande, en début de semaine, mais qui stoppe toujours la relation le week-end venu. C’est donc un peu par jeu et par provocation que Shino lui fait cette proposition, marquant le début d’une troublante semaine pour les deux garçons…

Mon avis :

J’ai découvert ce manga voici quelques années, au salon du livre de Paris (en 2012, sauf erreur de ma part). Je ne connaissais strictement rien aux mangas à l’époque, je ne suis pas forcément devenue une experte aujourd’hui, cependant je cherchais des mangas appartenant à des catégories différentes, et là, nous en sommes venus à parler des yaois, ces fameuses romances à destination des lectrices qui mettent en scène deux jeunes hommes. Je me souviens que le libraire m’avait dit que ce genre allait du « tout mignon » (il avait pris Seven days comme exemple) au plus trash (là, il parlait de Cut, que je vous recommande cependant).

Seven days, c’est un yaoi à mettre quasiment entre toutes les mains. C’est l’histoire de deux lycéens, Tôji Seryô d’un côté, Yuzuru Shino de l’autre. Ils sont tous les deux membres du club de tir à l’arc, l’un, Shino, étant beaucoup plus assidu que l’autre. Seryô a une particularité : il a vécu une grande histoire d’amour, dont il ne se remet pas vraiment. Depuis, il essaie de retomber amoureux, sincèrement. Aussi, chaque semaine, il sort avec une nouvelle jeune fille, se comporte avec elle pendant une semaine comme l’amoureux parfait, parfaitement respectueux des désirs de la jeune fille, ne cherchant jamais à profiter d’elle, ne faisant jamais un geste déplacé. Les jeunes filles savent à quoi s’attendre, elles ne sont pas les victimes d’un manipulateur, elles savent qu’elles passeront une belle semaine et que cela n’ira pas plus loin, mais alors, vraiment pas : il ne garde pas de contact. Shino, donc, tente sa chance : oui, c’est un garçon, mais après tout, pourquoi pas ? Seryô se comporte alors avec lui comme l’amoureux parfait, il reprend même l’entraînement de tir à l’arc avec lui, l’attend s’il termine après lui, passe des moments avec lui, et finalement, se questionne : que signifie réellement sortir avec quelqu’un ?

Cela signifie…. être avec lui, passer du temps avec lui, l’attendre aussi s’il finit plus tard que vous, et espérer qu’il vous attende aussi de son côté. C’est aussi, paradoxalement, souffrir quand il n’est pas là, quand il ne vous regarde pas, ne se rend pas compte de ce qui compte pour vous. C’est être avec quelqu’un qui fait battre votre coeur, pour des motifs rationnels, et pour d’autres qui le sont moins. Shino et Seryô (surtout lui) sortent ensemble avant même d’éprouver des sentiments amoureux, et expérimentent le fait de tomber amoureux, justement. Du coup, tout est dans le regard, dans l’attention, et il faut attendre un certain temps –  une semaine, justement – avant le premier baiser. Je me dis que, pour les adolescents qui liraient ces mangas, cela montre aussi que rien n’est figé, l’adolescence permet aussi de se chercher, et de se trouver. Le récit est bienveillant (même si le terme n’était pas en vogue en 2009), et si ceux qui entourent Shino et Seryô les voient davantage comme des amis que comme des petits amis, l’épilogue nous montre bien que leurs relations est désormais sans ambiguïtés pour leur entourage.

Une citation pour terminer : « La cible est le miroir du coeur de l’archer ».

 

Eclat(s) d’âme de Yuki Kamatani

Présentation de l’éditeur :

Deux jours avant les vacances d’été, je crois que… je suis mort ». C’est ce qu’a pensé Tasuku le jour où un de ses camarades de classe lui a piqué son smartphone, alors qu’il était en train de regarder un vidéo porno gay dessus. La rumeur s’est répandue comme une trainée de poudre. Tasuku, pense alors à se suicider, ne pouvant supporter cette réalité dont il n’avait pas encore complètement conscience lui-même, mais aussi par peur du regard de la société. Pourtant, alors qu’il s’apprête à sauter dans le vide, il aperçoit, au loin, une mystérieuse silhouette de jeune femme qui le devance et… saute dans le vide ?! Intrigué, terrorisé, il s’élance vers l’endroit d’où elle a sauté. Il y découvre, stupéfait, que la jeune femme est encore en vie, et qu’elle est l’hôte d’une sorte de résidence associative, véritable safe space où se réunissent diverses personnes LGBT. De rencontre en rencontre, le jeune lycéen va apprendre à se connaître, à s’accepter, et trouver sa place dans le monde.

Mon avis :

Manga tendre et touchant.
Le héros se questionne – comme beaucoup d’adolescents, d’adultes – il se questionne, et est presque sur de la réponse : il ressent de l’attirance pour les garçons et ne sait pas comment vivre avec cela, comment le dire à ses proches. Et s’ils ne l’acceptaient pas ?
Il va faire une rencontre, et je ne dirai pas qu’elle changera sa vie, je dirai qu’elle lui permettra de rencontrer d’autres personnes qui sont dans son cas – qui se sont questionnés aussi. Certains ont franchi le pas, d’autres ont encore du mal à s’accepter, à le dire aux autres, mais au moins ils disposent d’un lieu, rencontrent des personnes avec lesquelles ils peuvent parler sans crainte, sans fard.
Les dessins sont aussi sensibles que l’intrigue.
J’ai très envie de poursuivre cette série.

Baby sitter, tome 1 d’Hari Tokeino

Présentation de l’éditeur :

Ryuichi et son petit frère Kotaro, qui est encore tout petit, ont perdu leurs parents dans un accident d’avion. Ils sont tous deux recueillis par la directrice de l’Académie Morinomiya, mais à une condition : que Ryuichi soit baby-sitter à la crèche de l’établissement ! Que va-t-il faire, confronté à de très énergiques bébés ?!

Mon avis :

Je poursuis les découvertes avec ce manga publié par les éditions Glénat et qui, si je ne me trompe pas, compte à ce jour sept tomes publiés en France. Ce manga est pour moi un mélange de douceurs et d’émotions. Ryuichi a des parents très bohèmes, ce qui fait que c’est plutôt lui qui élève son petit frère Kotaro que ses parents, souvent absents, jusqu’au jour où ses parents décèdent dans un accident d’avion. La directrice de l’Académie Morinomiya a perdu son fils et sa belle-fille dans le même accident : elle se propose de les accueillir, à condition que le jeune homme, qui a l’expérience des bébés avec son frère, devienne baby-sitter à la crèche de l’établissement.

Ryuichi se montre sans doute le plus investi des baby sitter, au point, le premier jour, de presque en oublier son petit frère, si discret, qui fait tout, finalement, pour ne pas gêner son grand frère. Certains le font par unique obligation, d’autres en profitent pour piquer un roupillon, un peu comme  M. Usaida. Ryuichi se retrouve aussi confronté à des parents particulièrement investis dans leur travail, au point que Kirin restera une semaine à la garderie sans voir sa mère, trop occupée par les répétitions de la pièce de théâtre du club, ou que les jumeaux Takuma et Kazuma voient plus souvent les films ou les publicités que fait leur père que leur père lui-même. Pour les petits, chaque jour est une aventure, et les promenades dans le parc, si le baby sitter manque de motivation, ressemble davantage à la sortie d’un troupeau de mouton. Non, je ne fais pas référence ici à la coiffure de la directrice.

Il est question aussi de deuil, de solitude, de la famille que l’on se crée, des amitiés que l’on parvient à nouer – ou pas, du travail scolaire que l’on fournit pour conserver son excellence, quitte à ne rien avoir à côté, comme Inomata. J’ajoute une mention spéciale pour le bonus final, en une adaptation très réussie du petit chaperon rouge, avec Kotaro en chaperon et madame la directrice en mère-grand qui pète le feu.

Princesse Sakura, tome 1 de Arina Tanemura

Présentation de l’éditeur :

Cette aventure prend place dans l’ère Heian (794 – 1185). La princesse Sakura est une jeune fille orpheline vivant dans un palais retiré au fin fond de la montagne. Ayant perdu ses parents ainsi que son frère, elle est entretenue financièrement par le prince Ora auquel elle est fiancée depuis le berceau. Mais alors qu’elle va atteindre ses 14 ans, un messager du prince Ora vient la chercher pour la ramener à la capitale en vue du mariage promis. Chérissant sa liberté, Sakura refuse ce mariage forcé, et décide de fuir par une nuit de pleine lune. Pourtant, depuis son enfance, on lui a inculqué que jamais elle ne devait sortir les nuits de pleine lune car un mystérieux secret pèse sur sa naissance ! Un démon immortel apparaît alors devant elle dans l’intention de la tuer.

Mon avis :

Encore un manga que j’ai découvert grâce à l’opération Reste chez toi avec un manga, parce que je ne serai pas spontanément allée vers lui : les princesses, même combattantes, ce n’est pas trop mon genre littéraire. Sakura est une orpheline, elle a été élevée pour épouser le prince Ora, qu’elle ne connait pas puisqu’il n’a jamais trouvé le temps de venir la voir. Elle n’a donc pas très envie de l’épouser et l’envoyé du prince a plutôt l’impression de se trouver face à un ours plutôt qu’à une douce princesse – la vie d’émissaire est parfois fort compliquée. Surtout, Sakura doit respecter un interdit : ne pas sortir les nuits de pleine lune. Mais il est comme tous les interdits : on a fortement envie de le transgresser. Sakura apprend ainsi sa vraie nature, celle de sa mère par la même occasion.

Alors…. il y a des combats, des retournements de situation, une alliance inattendue. Mais je n’ai pas été transportée plus que cela par les développements de l’intrigue. Même si Sakura se rebelle, même si elle doit faire avec « sa vraie nature », le moment que j’ai préféré se situe au tout début du roman :

Je suis venu chercher la future épouse de mon maître, je ne m’attendais pas à un ours enragé. Comment suis-je sensé annoncer cela ?

Même quand Sakura combattra, même quand elle devra se confronter à sa vraie nature et surtout, à ses peurs, je n’ai pas vraiment été séduite, ni n’ai eu envie de savoir comment l’intrigue allait évoluer, ne serait-ce que parce que j’ai eu beaucoup de mal à m’attacher aux personnages, y compris aux proches de Sakura, celles qui sont prêtes à l’aider quoi qu’il arrive. Il est curieux pour moi de constater, en rédigeant cet avis, que je serai bien en peine de me souvenir de leurs caractéristiques, qu’ils soient physiques ou moraux, des actions qu’elles ont accompli ou pas, tout est resté dans un certain flou narratif pour moi, alors que les fans de cette catégorie de manga devraient sans doute comprendre mieux que moi les particularités de ce manga.