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Cosmic girlz de Lunlun Yamamoto

Présentation de l’éditeur : 

Corona, élève modèle et populaire au collège, voit un jour son monde être complètement chamboulé lorsqu’elle s’intéresse d’un peu trop près à Luna, sa camarade de classe excentrique et introvertie : la Patrouille de l’espace, qu’elle croyait n’être qu’une série télé de science-fiction ringarde, existe réellement ! Et à l’initiative de l’étrange Luna, elle en fait maintenant partie. Épaulée par leur instructeur, un extraterrestre flemmard à l’apparence d’une peluche, l’équipe qu’elles forment toutes les deux part donc sauver la galaxie… ou plutôt, effectuer des menus travaux aux quatre coins de l’univers !

Mon avis : 

Ce manga est dans ma PAL depuis décembre 2016, autant dire que j’ai vraiment, mais alors vraiment pris mon temps pour l’en sortir ! Il est pourtant présenté dans le sens occidental de la lecture, ce qui facilite grandement les choses pour le lecteur français, et est très coloré, au contraire des mangas les plus connus. Je trouve d’ailleurs que les couleurs très foncées peuvent surprendre les lecteurs, même si, dans le déroulement de l’histoire, ce choix se trouve judicieux – Cosmic girlz joue avec les codes.

Nous sommes en effet de prime abord dans u manga très traditionnel. il se passe dans un lycée, et Corona, l’héroïne, est extrêmement populaire. Déléguée de classe, elle veille sur tout et sur tout le monde, n’oubliant pas de porter elle-même ses devoirs à celle qui a été malade, préparant le spectacle de fin d’année, tentant de venir en aide à Luna, une jeune fille qui se met volontairement à l’écart et ne paraît pas en souffrir. Il faut dire que Luna partage avec le père et le petit frère de Corona une passion pour une série de science-fiction que la déléguée juge vieillotte. Aussi qu’elle n’est pas la surprise de la jeune fille quand elle découvre que cet univers existe réellement ! le manga croise ainsi l’univers du lycée, et celui de la science-fiction.

Autant vous dire que Corona est surprise, parce qu’elle ne s’attendait pas à ce qu’elle découvre : un instructeur immature, passionné de jeux vidéos – si je pouvais, je le qualifiera d’otaku, et une co-équipière qui ne fait que le strict minimum. Pour Corona, qui se donne à fond quelles que soient les activités, s’en est trop ! Elle va mettre de l’ordre à tout se gâchis, remotiver les troupes, et permettre à leur binôme de monter un peu dans le classement. plus facile à dire qu’à faire, surtout quand on découvre que les missions qui leur sont confiées ne sot pas si difficiles que cela – après tout, elles ne sont encore que des apprenties. Corona apprend cependant très vite à piloter très bien leur drôle de vaisseau.

Ce manga nous parle de la différence, bien sûr, du goût de l’effort, mais aussi de la nécessité de déléguer et de faire confiance aux autres si l’on souhaite qu’ils progressent vraiment : Corona apprend aussi de ses expériences, pour parodier un bulletin scolaire qu’elle pourrait recevoir, elle ne « se repose pas sur ses acquis ».

Mettrai-je (ou pas) presque deux ans pour trouver le tome  2 ? 

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Artiste, un chef d’exception de Taro Samoyed

Présentation de l’éditeur :

Plongeur dans un grand restaurant parisien, Gilbert est quelqu’un de timide et réservé. S’il fait tout pour éviter de se faire remarquer, il semble cependant posséder un goût et un odorat particulièrement développés et des connaissances poussées en cuisine… Ces talents parviendront-ils à faire de lui un maître des saveurs ?

Merci à Netgalley et aux éditions Glénat pour ce partenariat.

Mon avis :

L’action a beau se dérouler dans un grand restaurant, j’ai eu du mal à me sentir à Paris dans les premières pages, peut-être parce que les mangas que j’ai lu qui avaient trait à l’art culinaire se situaient tous exclusivement  au Japon.
Pourtant, les prénoms des personnages étaient là pour me faire changer d’avis,même s’ils me semblaient plutôt hors du temps. J’ai même cru, à un moment que ce serait Marco le héros, je me suis trompé. J’espère revoir ce personnage dans la suite du roman. D’un autre côté, je me dis que l’apparition du véritable héros a été vraiment bien amené, puisque ce discret est resté dans l’ombre le plus longtemps possible.
Je ne connais pas les sources d’inspiration de l’auteur, cependant j’ai irrésistiblement pensé à Louis de Funès et à ses rôles dans Le grand restaurant ou l’Aile ou la cuisse – ma connaissance de ce dernier film m’a permis de me douter de certains ressorts de l’intrigue.
La dernière partie, qui quitte finalement le monde de la restauration pour nous entraîner dans un univers plus feutré, plus intimiste, est celle qui m’a davantage plu, avec cette logeuse atypique et ces deux chats. J’ai particulièrement aimé le soin apporté au décor de ces logements, légèrement hors du temps eux aussi.
Artiste est un manga avec des personnages aux personnalités bien distinctes, ce qui ne veut pas forcément dire qu’ils ont des personnalités bien affirmées – n’est-ce pas Gilbert ?

Happy clover, tome1

Présentation de l’éditeur :

nchantée ! Moi, c’est Clover. Je suis une petite lapine, et j’habite la forêt du Croissant de lune ! Au coeur de cette nature que j’adore, je passe des journées bien remplies avec tous mes amis. Dans ce premier tome du journal de notre forêt, je vais vous raconter comment on a accueilli une nouvelle élève dans notre école, ce qui s’est passé quand Buster le lapin voyageur est arrivé au village, et plein d’autres choses encore… Amusez-vous bien !

Mon avis : 

Ce manga est vraiment très mignon ! J’ai été sensible à la qualité des dessins, qui fourmillent de détails précis.

Clover est une charmante petite lapine, entourée par ses parents et ses amis. Elle vit des aventures variées que l’on prend plaisir à suivre. Il est tout à fait possible, surtout pour de jeunes lecteurs, de fractionner ainsi la lecture de ce manga – et de tous les tomes suivants – en lisant épisode par épisode.

A découvrir.

Une vie au zoo de Saku Yamaura

Présentation de l’éditeur :

Haruko est soigneuse au zoo Hidamari, un établissement qui rencontre des difficultés financières. Elle est enthousiaste mais sa maladresse lui attire les foudres du directeur, qui lui confie les animaux les plus compliqués.

Mon avis : 

Tout d’abord, je voudrais dire à quel point je sais gré à la mangaka d’avoir indiqué à la fin du manga une bibliographie. Oui, écrire sur les zoos nécessite une documentation, et il est intéressant d’avoir des pistes pour compléter sa lecture.
Haruko avait un rêve : devenir soigneuse. Elle découvre ce que nous, de notre point de vue de visiteur, nous feignions d’ignorer : un zoo est une entreprise comme une autre, les animaux ont intérêt à rapporter. Veuillez être gentils, vous laisser voir, nourrir par les visiteurs, obéir quoiqu’il arrive. Agrandir les enclos ? L’argent manque. Conserver les trois girafes ? Priorité à l’économie, et si la mère ne peut nourrir son girafon, et bien, elle sera renvoyée d’où elle vient – le prêt d’un zoo à l’autre sous couvert de reproduction n’a rien de glamour.
Haruko est un peu miss catastrophe. Elle est pleine de bonne volonté, elle pense d’abord aux animaux plutôt qu’à la logique commerciale, cependant elle ne maîtrise pas encore tout à fait l’art de s’occuper d’eux. Comme s’il était facile de passer du lion à l’éléphante neurasthénique, en passant par l’hippopotame dont la peau n’est pas adaptée au climat et dont il faut prendre un soin particulier. Je vous passe sous silence d’autres détails moins ragoutants.
Le directeur a-t-il vraiment envie de diriger ce zoo ? Pas vraiment, il s’agissait de la passion de son père, non de la sienne. Il ne semble pas déborder d’envie de garder Haruko, à qui il donne toujours de nouveaux défis, tous très difficiles à accomplir. Et même si Haruko a un don, même si elle a la meilleure volonté du monde, le stress n’est bon pour personne.

La fin du tome 1 montre des pistes narratives très alléchantes, et me donne envie de me procurer le tome 2.

Le mari de mon frère, tome 4 de Gengoroh Tagame

Présentation de l’éditeur :

Le voyage de Mike au Japon, touche à sa fin et il doit retourner au Canada. Sa venue a chamboulé la vie de Yaichi et la petite Kana.

Mon avis : 

Un tome qui clôt de belle manière une saga toute en finesse que j’ai aimé véritablement suivre et lire. Parce qu’elle rappelle des évidences que certains ont tendance à oublier : la base du mariage, c’est l’amour, non autre chose comme certains le prétendent. Et j’aimerai bien savoir ce qui peut être le fondement du mariage, si ce n’est s’aimer mutuellement, comme le rappelle Mike.
Ce manga est réaliste parce qu’il ne nous promet pas des lendemains qui chantent – il est encore du chemin à faire pour que tous acceptent les amours « différents », voire les familles « différentes ». Comme le dit si bien Yaichi au maître faussement bienveillant de Kana : « Nous comparer aux autres familles et constater qu’il n’y a qu’un seul parent au sein de notre foyer n’est pas une raison ni valable ni suffisante pour s’inquiéter à notre sujet. »
Oui, la venue de Mike aura fait changer des choses, il aura fait évoluer le point de vue de Yaichi, il lui aura fait comprendre encore plus à quel point son frère Ryoji lui manque, à quel point il ne s’était pas interrogé sur ce que son frère avait pu ressentir, sur les raisons de son éloignement. Nous découvrons aussi enfin le « visage » de Ryoji, comme si, à cette étape du voyage de Mike, il était enfin possible de redécouvrir l’autre, heureux, tel que Mike l’a connu et pas seulement la silhouette sortie des souvenirs de Yaichi.
Gengoroh Tagame a bien sûr rendre le moment de la séparation, qui ne sera peut-être pas définitive : même si Mike ne veut plus promettre quoi que ce soit puisqu’il a dû découvrir le Japon sans Ryoji, les moments vécus ensemble, les liens qu’ils ont tissés resteront.
Je terminerai par cette citation, que certains devraient méditer : « souhaiter le bonheur de ceux qu’on aime, il n’y a rien de plus évident« .

Alderamin on the sky, tome 1 de Bokuto Uno et Taiki Kawakami

Présentation de l’éditeur : 

Alors que l’empire de Katjvarna est en guerre, un jeune homme s’apprête à passer l’examen d’officier à contrecœur. Son nom est Ikta Solork et sa réputation de flemmard n’est plus à faire, mais un marché avec son amie Yatorishino Igsem le pousse à se prêter au jeu. En échange de son aide, Yatori lui trouvera un poste à la bibliothèque impériale. Cet examen deviendra la première pierre de sa légende. Ainsi débute la légende de l’invincible général oisif !

Merci au forum .Livraddict et aux éditions Ototo pour ce partenariat.

Mon avis : 

Si je vous dis que ce manga est sympathique, vous allez me dire que ce qualificatif est bateau, et vous auriez raison. Je dirai plus précisément que ce manga donne envie d’être lu et relu parce qu’il est singulier. Le premier chapitre agit presque comme un prologue, puis une ellipse de deux ans nous emmène directement à un élément décisif : l’examen final d’officier. Bref, le classique manga se déroulant dans un établissement scolaire passe à la trappe pour accéder tout de suite à un autre niveau. Nous sommes dans un univers fantastique mais réaliste : l’empire est en guerre, former des officiers est une nécessité.
Il faut être brillant, il faut être le premier. Tous le veulent, tous sauf un  : Ikta Solork, qui est bien décidé à en faire le moins possible. Il ne semble pourtant pas paresseux, il ne semble pas idiot, puisque les rares fois où il prend la parole, il émet des jugements justes mais désabusés, que tous ne sont pas près à écouter. Pour lui, il ne s’agit pas de connaître ses motivations, mais le pourquoi de son absence de motivation.
Pour les autres aspirants officiers, le constat est plus évident : deux d’entre eux font partie de grandes familles militaires. Chacune a son arme de prédilection, armes à feu, armes blanches. Matthew, lui, m’a paru plus terne, davantage un faire-valoir qu’un personnage de premier plan. Plus comique (et plus énervante parfois aussi) est Haroma Bekkel : méritante, elle veut intégrer l’armée en tant que soignante, ce qui montre aussi, en filigrane, la réalité des combats.
Tout semblait presque programmé, si ce n’est qu’un élément vient perturber largement le bon déroulement de l’examen : les cinq jeunes gens sont victimes d’un naufrage, et ils n’arrivent pas en terrain conquis. Cinq, ou plutôt six, puisqu’une jeune fille les accompagne, et que sa présence est déterminante.
Ils vont devoir s’organiser, s’unir, face aux aventures qu’ils vivront et aux adversaires qu’ils vont rencontrer. Bien que nous soyons dans le domaine de la fantasy, bien que certaines tenues puissent paraître extravagantes pour des combattants, les dessins restent très réalistes – le dessinateur n’hésite pas à montrer, pas plus que l’auteur n’hésite à dire, à présenter des paradoxes. On ne pense pas toujours aux conséquences des décisions prises.
Alderamin on the sky, un manga addictif avec des personnages singuliers et attachants.

Ki & Hi, tome 1 : deux frères de Kevin Tran et Fanny Antigny

Livre chroniqué dans le cadre de l’opération « La BD fait son festival ».

Mon avis :

Ki et Hi sont deux frères – je pense que vous l’avez compris. Ki, corpulent, costaud, ayant un très gros appétit, est l’apiné et n’aime rien tant que faire des bêtises en compagnie de son petit frère Hi, vraiment petit et vraiment fluet. Ne cherchez pas pourquoi Ki est si enveloppé (tel un gros bébé, il faut parfois le rouler) : il lui arrive de terminer (avec son consentement) le repas de son petit frère. Certains situations m’ont d’ailleurs rappelé, sans doute à cause du contraste visuel, Obélix et Astérix – la potion magique en moins.

Je n’ai pas été très emballée par ce manga à la française.  Les onze chapitres sont une succession de scénettes, de sketchs réunis autour d’un thème, parfois développé de façon un peu longuette : pas moins de trois chapitres sont consacrés au nouvel an. Tel un clin d’oeil au lecteur, en un jeu de mise en abîme, un des personnages précise même que « cinq précieuse cases du chapitre précédent » ont été « gaspillées » par un des personnages. Les dessins m’ont semblé assez sobres. Les personnages sont certes nettement caractérisés, il est facile de les reconnaître, mais les décors sont le plus souvent réduits à leur plus simple expression, quand les bulles ne prennent pas la moitié de la place dans la case. A contrario, il est un chapitre quasiment sans parole, où seuls les gestes et les expressions, souvent aussi exagérées (voir les yeux exorbités) comme dans les cartoons. J’ai (presque) préféré les scénettes colorés – dans le cas de ce manga, la couleur est vraiment un peu, et j’aurai aimé voir coloré ainsi les scènes de combats des chapitres précédents avec les métamorphoses des personnages selon leur signe astrologique.

L’auteur est un youtuber – je le mentionne pour ceux qui sont abonnés à des chaines Youtube. Pour ma part, c’est un univers qui m’est étranger. Lui et son frère se mettent néanmoins en scène dans les derniers chapitres (encore une mise en abîme), n’hésitant pas à mettre en avant leur « humour pour enfants » – celui de Ki et Hi n’est pas tellement plus relevé, leur modestie est tout aussi remarquable : « si les gens ne rigolent pas, c’est qu’ils n’auront pas compris toute l’ampleur de mon génie« .

Oui, je suis un peu sévère avec ce livre, qui reste bon enfant, sans doute parce que je ne fais pas partie du tout du publié visé. Je ne doute pas qu’il n’ait déjà trouvé de nombreux lecteurs au moment où j’écris ses lignes.

Ma note : 12/20.

Voici la fiche de la BD sur le site Priceminister