Archive | février 2014

Le chat assassin s’en va d’Anne Fine

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Mon résumé :

Tuffy est de retour ! Et la situation n’est pas des plus réjouissantes pour lui.

Mon avis :

Tuffy avait pourtant déjà commis maintes bêtises, et si vous suivez cette série, vous le savez aussi bien que moi : à maintes reprises, il a été menacé d’expulsion, ou renvoyé dans le garage. Là, il semblerait que ce soit sérieux : même Ellie se verrait bien avec un autre chat, plus doux, plus gentil, plus sociable que son Tuffy.

Et là, s’en est trop ! Plutôt que d’être « adopté par une autre famille », Tuffy choisit de partir de lui-même, faisant d’émouvants adieux à ce qui l’entoure :Adieu chaussons. Si je devais pleurer une larme en mémoire de chaque souris morte que j’ai cachée chez vous pour effrayer Monsieur Oh-quelle-horreur-mais-qu’est-ce-que-c’est, alors une rivière coulerait sous ce lit. Au revoir.

C’est l’occasion pour le lecteur de découvrir que Tuffy ne sévit pas seulement chez lui, mais dans tout le voisinage. C’est l’occasion aussi de montrer ses meilleures techniques pour trouver à manger sans se rabaisser à engloutir souris et autres oiseaux – les poils et les plumes, non merci. Plus encore, l’auteur montre ainsi que l’aura de Tuffy dépasse de loin sa maison, tout le quartier le connaît et l’apprécie à sa juste valeur – je vous laisse deviner laquelle.

Pour conclure : Tuffy, reviens !

Challenge-anglais

Chasse à corps à Bréhat de Michèle Corfdir

35893788Présentation de l’éditeur :

Ile de Bréhat, veille de la Pentecôte… Le temps est magnifique. Les touristes affluent et les affaires reprennent.
Pour Esther Mahé, la belle saison s’annonce sous d’heureux auspices. Mais le temps change vite à Bréhat. Un banc de brume qui s’abat, la nuit qui tombe, et l’île n’est plus qu’une terre sauvage et désolée où tout peut arriver. Même le pire.
C’est ce que découvre Esther Mahé lorsque se referme sur elle le piège d’une vengeance longuement élaborée.

Mon avis :

Cette lecture fut une déception, en dépit du cadre – j’aime beaucoup l’île de Bréhat et j’espère y retourner un jour.

Le début du roman était intéressant, montrant bien la vie quotidienne à Bréhat, en fait deux îles reliées entre elles par un pont voulu par Vauban. Esther tient une maison d’hôte, pendant que son mari, qui ne parvenait plus à vivre de la pêche, ne revient que tous les trois mois. Et une femme a de quoi s’occuper, seule, en trois mois. Esther est musicienne, elle joue du piano, elle entretient sa dextérité, sans mener véritablement une grande carrière. Elle est jeune (elle n’a pas trente ans), et pourtant, j’ai eu l’impression d’avoir affaire avec un personnage plus âgé, indifférente à bien des choses, sans curiosité aucune, pas même pour le passé de son mari.

Puis l’intrigue s’enlise sur le récit de l’accomplissement d’une vengeance (sur près de la moitié du récit), alors qu’un autre personnage qui devait se venger, parce qu’il a été condamné alors qu’il était coupable (!) a un peu oublié de le faire, se dégonflant comme un ballon de baudruche. Même la choral qui devait donner un concert sur l’île passe très rapidement  à la trappe. Ses membres sont importants, oui. La musique, nettement moins.

J’ajoute que certains faits auraient dû être explorés et ne l’ont pas été, que des remarques mises « en passant », aurait dû donner lieu à de plus grands développement et que le dénouement est plus que largement bâclé. Le hasard fait parfois trop bien les choses – il aime beaucoup Esther Mahé, l’héroïne.
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Les rats du musée d’Eun Lee

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Présentation de l’éditeur :

Un accident inexpliqué, une singulière disparition, et maintenant un suicide… ça fait désordre dans un établissement aussi respectable que le musée Jeongno, célèbre pour sa collection de peinture contemporaine coréenne. En tout cas, c’est l’avis du jeune artiste Kim Jun-ki et de son amie Nuri qui, au péril de leur vie, vont tenter de percer les secrets du musée, en marge de l’enquête officielle de la police. Un polar sur les dessous et les trafics du monde de l’art, où le sang qui jaillit évoque un tableau de Jackson Pollock. et dont la clé de l’énigme pourrait bien se cacher dans le mystérieux tableau de l’artiste vénitien Giorgione, La Tempête.

ob_704755_printempscoreen2014-3Mon avis :

Je ne saurai dire si j’ai aimé ou non ce livre. Si je devais porter un jugement, je dirai que ce livre est « moyen ». Il est rangé, à la bibliothèque du moins, dans la catégorie « romans policiers », et pourtant, il faut attendre les deux tiers du livres pour que l’enquête et l’action démarrent enfin. Je ne compte plus les nombreuses pauses que j’ai faites dans ma lecture tant je n’accrochais pas.

Bien sûr, les dernières pages valent le coup, surtout quand les motivations du coupables sont connues. Elles remettent les pendules à l’heure au sujet de l’art et de sa prétendue pureté. Certaines phrases, bien senties, seraient à méditer longuement. Il est dommage que l’intrigue ait connu non de nombreuses péripéties, mais de nombreux ralentissements, causés pour l’un d’entre eux par des circonstances tellement tirées par les cheveux qu’il faut le lire pour y croire.

Après… en dépit des meurtres, suicides et autres enlèvements qui ont lieu, je n’éprouve strictement aucune empathie pour les personnages, sans doute parce que la réputation du musée, celles des oeuvres, a compté parfois plus que les êtres humains.

La fin du monde a du retard de JM Erre

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Un grand merci à Babelio et aux éditions Buchet-Chastel pour ce partenariat.

Présentation de l’éditeur :

Construit sous la forme d’une course poursuite, La fin du monde a du retard met en scène Alice et Julius, deux amnésiques qui s’évadent de la clinique psychiatrique où ils sont traités. En effet, Julius s’est donné pour mission de déjouer un terrible complot qui menace l’humanité. Poursuivis par la police, par des journalistes et par de mystérieux personnages de l’ombre, ils iront de péripéties en rebondissements jusqu’à l’incroyable révélation finale.
Comme dans chacun de ses romans, J. M. Erre joue avec les codes d’un univers de la culture populaire (le cinéma bis dans Série Z ou le roman policier dans Le Mystère Sherlock). Dans La fin du monde a du retard, ce sont les thrillers ésotériques à la Da Vinci Code qui servent de terrain de jeu.

Mon avis :

J’ai entendu un jour, lors d’un salon du livre, que certains romans devraient être remboursés par la sécurité sociale. La fin du monde a du retard entre parfaitement dans cette catégorie. L’auteur est constamment drôle, ce qui est un véritable exploit, tant dans l’écriture que dans la construction de son roman. Et je ne vous parle même pas des personnages – ou plutôt si, je vous les présente tout de suite.
Julius est un pro de la théorie du complot, tout est complot, surtout celui qui est dirigé contre lui, et qui l’a amené à perdre la mémoire – malheureusement, personne ne l’a retrouvé, et ce n’est pas faute de chercher. Il écrit, il écrit, il tient même un blog dans lequel il dénonce tous les complots en général, et un en particulier : celui qui est dirigé par Tiresias. Ce dernier lui en veut vraiment, à lui personnellement en personne. Oui, je détourne Camilleri par ce jeu de mots. Rassurez-vous : JM Erre détourne maintes oeuvres, des plus récentes (toutes celles qui mettent en scène un vaste complot, à commencer par Da Vinci Code) aux plus antiques. Il démonte aussi tous les codes des quêtes et autres schémas narratifs, avec ces dix phrases à placer absolument, ces adjuvants, ces péripéties et surtout, ces coups de théâtre magistraux.
Ce qui nous ramène au second personnage principal : Alice. Elle partage avec Julius une absence totale et complète de mémoire, vous avouerez que cette absence de souvenir est un hasard qui a bien fait les choses. Elle est de plus totalement insensible – et ne ressentir aucune émotion, surtout quand on est en danger, c’est tout de même vachement pratique. Si elle ne découvre pas le pays des merveilles, elle est presque dotée de super-pouvoirs, puisqu’elle survit à toutes les catastrophes, y compris sa rencontre avec Julius.
A travers elle, c’est la médiatisation à outrance que parodie l’auteur. Fort heureusement pour elle, Alice se moque encore plus que de sa première chemise d’être l’objet d’un culte, ou de se retrouver en une d’un charmant magazine people. Fort heureusement pour moi, lectrice, j’ai beaucoup ri en lisant ce déchaînement de passion, pas si éloigné de ce que provoquent les véritables starlettes auto-proclamées.
La fin du monde a du retard est le livre le plus jubilatoire que j’ai lu depuis le début de l’année. Je pense qu’il me faudra un certain temps avant d’en lire un autre aussi réussi.

De là, on voit la mer de Philippe Besson

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Mon avis :

                 Louise est une auteur à succès. Afin de terminer son dernier roman, elle se rend à Livourne, dans une maison prêtée par une amie. Elle écrit, loin de son dévoué mari, François. Son besoin de solitude pour écrire, son désir de ne pas être dérangé même par son cher et tendre époux ne l’empêche pas d’entamer une liaison avec Lucas, un jeune homme d’une vingtaine d’années.

                 Je le dirai d’entrée de jeu : pour une première rencontre avec l’œuvre de Philippe Besson, le coup de cœur n’est pas au rendez-vous. La faute, principalement, à Louise, l’héroïne. D’emblée, elle se définit comme un « monstre », parce qu’elle n’a pas de désir de maternité. Qu’une femme, fut-elle un personnage de roman, ait de tels aprioris de nos jours me gêne profondément.  Ce n’est pas le seul point qui m’a dérangée. L’écriture passe avant tout pour elle. Elle ne lui sacrifie pas tout, non. Je dirai plutôt que rien ni personne n’a d’importance pour elle, sauf l’écriture, au point que son mari a recours à un geste désespéré pour attirer son attention, et forcer Louise à se rendre à son chevet.

François et Louise m’ont rappelé ces personnages des contes de Diderot, sur lesquels le lecteur était invité à réfléchir. Etaient-ils aussi méchants qu’ils le paraissaient ? La victime de leur égoïsme était-elle à plaindre tant que cela ? Louise vit sa vie sans se préoccuper des autres, de leur jugement ou de leurs sentiments. Elle se sert des mots comme un général déploie ses soldats, et personne n’est de taille à lutter. D’ailleurs, rares sont ceux avec qui elle dialogue, privilégiant une communication non-verbale, notamment avec Lucas et sa mère. François avait même renoncé, puisqu’il a préféré provoquer un accident de voiture plutôt que d’exprimer ses désirs. Malgré ses souffrances, j’ai peine à éprouver de la sympathie pour cet homme capable de tels extrêmes – aussi inconscient qu’elle est indifférente.

                 Sauf envers l’écriture, bien entendu. Opportuniste, elle n’hésite pas à utiliser ce qu’elle vit dans ses œuvres – rien ne se perd, tout permet de créer. Le récit lui-même m’a paru comme une vaste recherche sur l’écriture, notamment du point de vue du style. Ces successions d’adjectifs recherchés, de verbes de plus en plus précis, ces phrases complexes très longues, alternant avec des phrases nominales brèves constituent des procédés intéressants. Mais s’ils sont techniquement efficaces, ils laissent les émotions à distance – à dessein ?

De là, on voit la mer et son triangle amoureux m’a laissé de marbre. Peut-être une autre œuvre de Philippe Besson me siérait davantage.

J’ai lu ce livre dans le cadre du prix Océans France O.

Chant pour Jenny

Présentation de l’éditeur :

Une fillette disparaît mystérieusement sur le chemin de l’école. Elle a certes déjà fait des fugues, et intrigue son entourage par son amour immodéré des oiseaux. Mais cette fois-ci, c’est plus grave. Elle est tombée aux mains de criminels professionnels qui se servent d’elle pour un odieux chantage.
L’avocate Inga-Lisa Östergren va être amenée à s’intéresser à cette affaire dont, pour bien des raisons, la police ne peut avoir connaissance. Aidée par des collègues et amis, elle va explorer une piste bâtie sur des hypothèses bien hasardeuses et sur un indice pour le moins original.

Mon avis :

Si j’ai mis deux étoiles à ce livre, c’est pour le personnage de Jenny. Ce roman porte son nom, et pourtant, elle n’est qu’un personnage secondaire, qui n’a parfois droit qu’à un tiers de pages sur l’ensemble d’un chapitre. Elle est un des ressorts de l’intrigue, non le centre.  Il est dommage que l’auteur ne lui ait pas accordée plus de place, alors qu’elle s’avère sensible, complexe et attachante. Sa passion pour les oiseaux, sa profonde connaissance de leur univers – ce n’est pas une lubie enfantine – est ce qui lui permettra de tenir tout au long des épreuves qu’elle subira. Elle est bien plus solide que les adultes.
Et quel est le vrai sujet, me direz-vous ? Les pratiques douteuses des laboratoires pharmaceutiques. Certes. Mais celui qui dénonce ces pratiques est froid, calculateur, son avocate est particulièrement cérébrale – beaucoup de réflexion, aucun sentiment. Brillante, oui, mais son attitude vis à vis des enfants m’a dérangée, y compris les siens. Elle précise qu’ils sont adoptés. Cela justifie-t-il son détachement à leur égard ?
De même, je n’aime pas être trompée par le quatrième de couverture. Inga-Lisa n’enquête pas, non, ce sont les policiers et ses collègues, particulièrement dynamiques et motivés, qui œuvrent. Elle dresse les plans de bataille – froidement. Inga-Lisa est une femme qui souhaite en tout point se comporter comme un homme de pouvoir – y compris en imposant à ses collaboratrices de ne pas avoir d’enfants. La cause des femmes ? Très peu pour elle.
A lire pour Jenny, et uniquement pour elle.

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Marathon de lecture suédois

copie-2-de-dalahast-266x300Je commence le marathon demain, à 10 heures, mais je suis déjà à l’entraînement, avec le soutien de mes chers félins.

J’ai donc lu ce soir Mortel tabou, de Gilles Schlesser, soit 220 pages. A demain pour le début du marathon et bonnes lectures à tous les participants !

9 h 18 : le marathon commence bientôt. Les chats sont nourris – Nunzi et Ciboulette sont même en train de se faire belle après avoir couru partout – Lassie est sortie, Urgente sera bientôt nourrie également. Le temps est gris mais il ne pleut pas.

Je commencerai le marathon avec un roman policier suédois : La fête du cochon de Leif W Persson.

13 h 30 : j’ai fait beaucoup de ménage ce matin. Vive le balayage, le rangement, et les recherches pour mon déménagement. J’ai même déjeuné ! Je reprends le marathon. Je n’ai lu ce matin que 250 pages de la Fête du cochon.

16 h 06 : Annunziata et Ciboulette sautent un peu partout. Pour une fois que je fais un RAT sans chat malade, cela se fête ! J’ai terminé La fête du cochon, soit 312 pages et largement commencé Les terroristes de Maj Söjwahll et Per Wahlöö, soit 200 pages. J’en suis donc à 512 pages lues. IMG_001518 h 12 : j’ai lu 200 pages de plus des Terroristes de Maj Söjwahll et Per Wahlöö. J’en suis donc à  712 pages lues.

21h 42 : Arf ! Peux plus, j’arrête.

J’ai donc lu :

La fête du cochon : 312 pages.
Les terroristes : 516 pages.
Chant pour Jenny de Staffan Westerlund : 182 pages.
soit un total de 1010 pages, entièrement suédoises policières.

Ciboulette ronronne et masse toujours Nunzi.

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Bonne soirée et bonne lecture à tous !