Archive | septembre 2014

Le mois Halloween par Lou et Hilde

Le Challenge Halloween revient… et fête ses cinq ans !

Pour l’occasion, Lou, et Hilde , les organisatrices, nous invitent à monter à bord du Vaisseau Fantôme pour un ou plusieurs billets !

Le tout es de trouver une place à bord pour lire tranquillement, confectionner des recettes, ou créer diverses décorations pour Halloween. $

Pour ma part, je débuterai ce mois en visitant le cachot d’une sorcière. Je compte bien rencontrer quelques vampires et autres loups-garous et, pourquoi pas ? des spectres-pirates !

1390617361Les dates du Challenge restent identiques: du mercredi 1er octobre au mercredi 5 novembre. N’hésitez pas à embarquer avec nous !

 

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Billet futile

J’avais envie de parler de tout et de rien, entre deux billets plus sérieux. Pour commencer, un peu de musique, mais pas trop fort  : Galopin a le sommeil léger, et la digestion difficile.

J’en profite également pour vous montrer la toute dernière montre que je me suis offerte, parfaite pour des aventures livresques écossaises :

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La voici en compagnie de sa consoeur en macaron :

IMG_1661Bonne semaine à tous !

 

Antigone de Jean Anouilh

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Mon avis :

Antigone est une pièce de théâtre qui, de nos jours, est étudiée par beaucoup d’élèves de 3e. Le seul souci, pour moi, est le découpage que subit l’oeuvre. Il est mieux, dans la mesure du possible de voir la tragédie, de saisir ainsi son mouvement, plutôt que d’en analyser des scènes jugées plus importantes que d’autres. A ce sujet, les manuels s’arrêtent souvent à la confrontation Antigone/Créon – et encore, en extraits – oubliant le dénouement, et Créon, s’en allant présider le conseil, comme si de rien n’était.

Avant Anouilh, Cocteau avait repris le mythe d’Antigone, dans une version très différente, plus proche de celle de Sophocle. Le contexte historique n’était pas le même. Ecrire cette version d’Antigone était un acte de résistance, quoi que certains puissent dire, quoi que certains puissent penser – pour ma part, je ne pense pas que Jean Anouilh était du côté de Créon !

A cause d’Antigone, ils ne sont plus tranquilles. Qui, « ils » ? Les Thébains, Créon, les princes étrangers alliés à Polynice, tout le monde en fait, tout ceux qui vivaient bien tranquilles dans la France occupée, et vivaient de petits trafics, s’entendant assez bien avec l’occupant. Et il a fallu que quelqu’un résiste, que quelqu’un s’oppose en transgressant les lois de Créon. S’il ne dit pas, comme un célèbre monarque :  « l’Etat, c’est moi », la loi, c’est lui, c’est tellement lui qu’il ne peut modifier celle qu’il a faite passer. Il a besoin de « faire un exemple »  avec Antigone, avec Polynice. Être roi est un métier, qu’il faut bien que quelqu’un fasse, selon lui. Gouverner justifie tout, tant que l’ordre règne. Il n’est pas un père pour ses sujets, il n’est même plus un père pour son propre fils, tant la fonction a effacé tout le reste.

Mais je parle de Créon, et j’oublie Antigone. C’est sur elle et sur l’actrice qui l’interprête que repose tout la pièce. Elle est au début définie par la négative. Elle, la noiraude, est aimée d’Hémon, alors que la belle Ismène n’a pas su le séduire. Elle est maigre – donc pas tout à fait apte à faire de beaux enfants. Ce trait nous renvoie à tout un pan de croyance médicale et de littérature (cf : La joie de vivre d’Emile Zola). Créon fait ce qu’il croit être bon, Antigone fait ce qu’elle peut – et c’est déjà beaucoup.

Antigone me fait penser à l’Alouette, autre personnage de Jean Anouilh qui vit à une période  charnière. Elle aussi aurait aimé vivre. Mais, pas plus qu’on imagine Jeanne mariée, avec des enfants, on ne peut imaginer Antigone mener une vie ordinaire, avec Hémon devenu aussi « sage » que son père ? Non, je ne le crois pas. Antigone, c’est aussi le refus d’une certaine idée du bonheur, faite de (fausse) quiétude et de concessions.

Antigone, ou une oeuvre toujours d’actualité.

 

Quiconque exerce ce métier stupide mérite tout ce qui lui arrive

Présentation de l’éditeur :

Qui se souvient de cette folle ambition : le cinéma va changer le monde ? Démiurges au centre de l’intrigue, un trio de meilleurs amis qui vont devenir les beaux-frères ennemis : Jean-Pierre Rassam, Claude Berri, Maurice Pialat. La soeur du premier, Anne-Marie, épouse le deuxième, dont la soeur, Arlette, vit avec le troisième. Ils ne vieilliront pas ensemble. Autour d’eux, Christophe Donner fait tourner la ronde non autorisée des seventies : Raoul Lévy, Brigitte Bardot, Jean Yanne, Macha Méril, Jean-Louis Trintignant, Éric Rohmer, Sami Frey…

95322822Challenge cinéma chez Ostinato 

Circonstance de lecture:

Je recopie le quatrième de couverture mais comme j’ai emprunté ce live en e-book à la biblitohèque, je n’ai pas lu la sus-dite couverture avant lecture, et ne m’appuierai pas dessus pour rédiger mon avis.

Mon avis :

J’ai lu ce livre très rapidement, aidée en cela par le format ebook – quand je ne suis pas très en forme, la légèreté du support est appréciable.

Comme Visible la nuit, ce livre commence par un suicide, celui de Raoul Lévy. Suicide ? Accident ? Difficile de trancher dans ce cas. Il n’est que le premier dans ce roman, d’autres personnes mettront également fin à leurs jours (Annie, Anne-Marie, Jean-Pierre, Julien). Pour moi, ce roman est l’exact opposé d’On ne voyait que le bonheur : le temps passe, mon jugement positif reste. Pour ce livre, j’ai intérêt à me dépêcher, dans un mois, je ne trouverai plus cette lecture agréable.

Pourquoi ? Tout d’abord, j’ai été gênée par les jugements très manichéens. Là, c’est un bon film, là, c’est un mauvais film. Pas de nuances du tout, comme s’il fallait opposer à tout prix Rassam, producteur audacieux, qui a fait de son métier un art, à tous ceux (les autres, pour résumer) qui préfèrent gagner de l’argent et assurer leurs arrières. Le livre s’arrête presque abruptement après l’échec du rachat de la Gaumont, comme si le reste n’était plus qu’une longue descente aux enfers – non racontée.

Jean-Pierre Rassam est flamboyant, mais je n’ai strictement ressenti aucune empathie pour celui qui se consume tout en entraînant les autres dans son sillage. J’ai préféré le portrait de Maurice Pialat, pourtant dur et colérique, ou celui de Claude Berry, moins en excès, plus en nuances.

Un livre à lire pour les fans de cinéma.

 

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Pétronille d’Amélie Nothomb

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Préambule : en ouvrant ce livre, je me suis dit que j’allais échapper à la loi des séries (littéraire), c’est à dire échapper au thème commun des trois précédents romans lus cette semaine. Je me trompais, mais ne peux être plus explicite sans vous dévoiler le dénouement de ce roman. La seule chose que je dira en conclusion : ensemble des lectures dédiées à Patrick.

Mon avis :

L’une des raisons pour lesquelles je lis les romans d’Amélie Nothomb, c’est parce qu’ils sont très rapides à lire et me permettent d’apporter une petite pierre à l’édifice du challenge 1 % littéraire. Je l’ai emprunté à la bibliothèque, je n’ai pas investi dans son achat.

Amélie Nothomb, on l’aime, on la déteste, elle ne laisse pas indifférent – introduction d’une confondante banalité. J’ai trouvé cette lecture assez divertissante – jusqu’à la chute, pied de nez qui ne m’a pas vraiment fait sourire, et m’a presque gâché la lecture, rétrospectivement. Amélie Nothomb se met en scène, Amélie Nothomb met en scène Paris. Que son personnage ne connaisse pas Shakespeare and Co m’a surpris – pour la petite note « moi, Sharon, provinciale invétérée, connais cette librairie, alors Amélie Nothomb… ». Cela sent la pose, comme une manière d’établir un guide touristique livresque. De même, la narratrice semble davantage l’attachée de presse de Pétronille que son amie – un peu de pesanteur dans le récit s’installe alors.

Amie ? Compagne de champagne, plutôt. Elles boivent ensemble, s’enivrent, jusqu’à accomplir quelques extravagances. J’ai eu l’impression de lire les aventures d’Amélie, lointaine cousine d’Amélie Poulain. Je ne sais pas s’il faut sourire, ou plaindre Amélie contrainte d’interviewer une couturière anglaise très connue (et de la rhabiller pour l’hiver), puis de réveillonner dans un des derniers bastions communistes de France.

Pétronille, comme Le fait du prince, est un roman qui fait l’apologie de l’ivresse, de la volonté de frôler la mort pour se sentir vivre. Aucune critique n’a jamais empêché les romans d’Amélie Nothomb d’être inscrits sur la liste des meilleures ventes.

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Shanoé de Lorris Murrail

v_book10Présentation de l’éditeur :

Louise n’est pas une petite fille comme les autres.
Electro-sensible, sa condition la rend allergique à toutes les ondes électromagnétiques. Pas d’internet, pas de téléphone, de télévision, ni même d’ascenseur… Louise est condamnée à vivre loin de toute la modernité de notre époque. Pour préserver sa santé et lui permettre de vivre une vie normale, son père Stan, agent littéraire, et sa mère peintre, décident de partir et d’acheter une propriété à la campagne où les ondes ne passent pas.
Mais le lieu qu’ils viennent d’investir n’est pas un lieu comme les autres, et le passé violent de cet endroit ne va pas tarder à refaire surface… A mesure que Stan plonge dans l’histoire du château, le comportement de sa fille se fait de plus en plus étrange, et il ne sait que penser : est-ce la manifestation de forces surnaturelles, ou la preuve que son enfant sombre lentement dans la folie ?

Merci au forum Partage-Lecture et aux éditions Scrinéo pour ce partenariat.

Mon avis :

Je me suis demandé qui était l’héroïne de ce roman. Louise, comme le laisse à penser le quatrième de couverture ? Shanoé, qui donne son prénom au roman ? J’ai envie de dire non dans les deux cas, et de dire que le véritable héros est Gronk. Reste à savoir ce qui l’anime, lui le seul adjuvant de Louise, celui qui lui sera fidèle jusqu’au bout, qui est son confident, prêt à tout pour elle. Ne jamais sous-estimer un ours en peluche.

Le roman, construit en deux parties, est bâti sur un retour en arrière : un agent d’assurance inspecte un château qui a été victime de la tempête Sofia. A la demande du maître des lieux, il est chargé d’écrire le récit de ce qui s’est passé à Ruet. L’auteur respecte ainsi un des codes du fantastique : enchâsser le récit dans un autre, pour créer un effet de réel. Il fait aussi allusion à des articles, ancrant ainsi le récit dans une réalité que le lecteur/destinataire est censé connaître.

La construction du récit est complexe, audacieuse. Des fragments du journal que tient Louise sont insérés entre les chapitres. D’ailleurs, est-ce vraiment un journal ? Non, il s’agit d’un autre récit, qui renvoie à une époque pas aussi lointaine qu’il paraît de prime abord. Louise invente-t-elle ? Si oui, elle a une imagination aussi fertile que morbide. Si non, qui peut écrire à travers elle ? Des coïncidences, entre le récit de Louise et des référents dans le récit principal (tableau, grange…) amènent le lecteur à y croire, même si, après tout, les coïncidences existent – rien ne ressemblent plus à une vieille grange qu’une autre vieille grange.

Ce récit secondaire, mis en valeur par la présentation en italique, est particulièrement sombre, violent, cruel. Certaines scènes m’ont semblé insoutenables. Elles montrent la crédulité, la peur de la différence, l’obscurantisme. En les lisant, je me suis demandée à partir de quel âge un adolescent pouvait lire ce livre. Pour ma part, je le déconseillerai avant quatorze ans, et tant pis si je suis considérée comme trop sensible. Il ne s’agit pas seulement de moi, mais de jeunes lecteurs seuls face à une situation inattendue.

Un peu comme Louise. Elle est seule, face à sa maladie dont finalement on ne parle pas tant que cela dans ce roman. Il est difficile de lui donner un âge. Elle se comporte comme une enfant, mais très rarement. Elle doit entrer au collège, pourtant, par sa maturité, elle est plus proche d’une lycéenne. Le regarde que portent les hommes sur elle est ambigu, malsain, ai-je envie de préciser. Il est dit que son attitude est « indécente », mais l’indécence est dans le regard des hommes, non dans sa pose. Ses parents semblent faire tout ce qui est bon pour leur fille – en apparence, bien sûr. Le père se lamente parce que vingt-sept kilomètres le sépare de son lieu de travail. Il n’hésite pas à se comporter comme un ado en crise face à sa fille malade. Autant vous dire que je n’ai aucune compassion pour cet adulescent, pas plus que pour Virginie, sa femme, plus préoccupée par son art que par sa fille, qui n’hésite pas à comparer sa mère à une sorcière. Comme Shanoé, finalement.

Pourquoi celle-ci a-t-elle « choisi » Louise pour lui transmettre son histoire ? Au nom de quelle malédiction, qui traverse les siècles et semblent toucher les descendants des premiers protagonistes ? Que s’est-il réellement passé au château de Ruet, dans le passé et dans le présent ? L’auteur ne tranche pas, c’est le propre du genre fantastique, cependant beaucoup trop de zones d’ombres demeure. Qu’a réellement vu Delphine, la jeune actrice qui s’est donnée la mort après son passage au château ? Où furent enterrées Shanoé et la comtesse Geneviève de Ruet ? Certes, l’imaginaire du lecteur est alors particulièrement sollicité mais le manque de réponse m’a rendue insatisfaite.

Shanoé est à réserver aux amateurs de littérature fantastique.

Les buveurs de Lune de Pierre Chazal

Buveurs de luneédition Alma – 476 pages.

Présentation de l’éditeur :

Le Grand Meaulnes à l’heure des squats, de l’ecstasy et des musiques ? Un défi que Pierre Chazal relève avec brio. Comme dans Marcus il raconte une histoire d’amour et d’amitié sur fond de crise et d’errances urbaines. Automne 2011. Il pleut sur Paris et sur les coeurs. Balthasar, 26 ans, fils d’une psychanalyste, a l’alcool triste et traîne son spleen dans la ville. Il vient de rompre avec Mélanie. De pizzas en bars, enchaînant fumettes et canettes, Balt ne se sent bien que dans ses musiques et dans le monde de la nuit. Il y cherche aussi la trace de son frère aîné tant admiré, Stan, qu’on a placé en centre de psychiatrie et de désintoxication après une bagarre au sortir d’un concert. Et Stan vient de s’enfuir, parti on ne sait où.

J’ai lu ce livre dans le cadre de la Voie des indépendants, organisé par Libfly, auquel j’adresse un grand merci, ainsi qu’aux éditions Alma.
Mon avis :
J’ai terminé ce livre depuis une dizaine de jours, et la difficulté pour moi est de ne pas me laisser envahir par ce qui m’a déplu dans ce roman, mais de retenir le positif.
Ce roman est très bien écrit, bien construit, c’est un vrai plaisir de se laisser entraîner par les mots, la musique des phrases. Ou comment travailler un texte sans que cela se ressente. J’ai aimé aussi ce narrateur compagnon et sa tendresse pour Balthazar. Pour ceux qui me connaissent, la première scène de Little Stan ne passe pas : tirer sur des pigeons parce que son frère est interné me fait tout de suite prendre mes distances avec le héros. Plus facile de passer sa violence sur ceux qui ne répliqueront pas que d’affronter la réalité.
Peut-être des lecteurs plus jeunes que moi se reconnaîtront-ils dans ce jeune homme (il a moins de trente ans) qui n’a pas construit sa vie. Pas de travail fixe, pas de logement, mais un attachement très fort au souvenir de son père, entre Paris et Province. La vision que le narrateur a de ces deux mondes est cruellement juste.
Je pense qu’il faut accepter, en lisant ce livre, de croire aux invraisemblances de l’intrigue (voir la partie rue de Rennes) et d’accepter que l’on ne saura pas tout, et surtout pas ce qui a conduit Stan à être interné (une bagarre qui a mal tourné) ou les circonstances de la mort de leur père. Je pense aussi que ce roman est essentiellement masculin. Là encore, des petites choses m’ont dérangée dans la vision de la femme. J’ai eu l’impression que la femme n’existe que par rapport à l’homme qui est son compagnon, et qu’elle doit avoir la souplesse nécessaire pour se mettre à son service – ainsi de la toute jeune compagne « femme en devenir », qui le suit et n’impose pas son point de vue. Aussi, les propos de la mère du héros tranche par sa véhémence et sa justesse, elle qui a eu tant de mal à faire accepter son nouvel amour à ses fils. Il s’agit bien d’amour, et non de peur de la solitude :
« – Non, Stan, bien sûr. Vous ne me demandez rien. Je vous ai torchés, je vous ai soignés, je vous ai mis à l’école. Maintenant, je peux crever, tout le monde s’en fout. Le monde merveilleux des femmes de cinquante berges : lâchez la grappe à vos gosses, allez pleurer votre mari au cimetière, avec un peu de chance Dieu se rappellera de vous et…
– Ça va, arrête ton refrain. Tu l’as déjà chanté tout à l’heure.
– C’est le principe des refrains, mon fils. On a besoin de les répéter. Jusqu’à ce que par miracle ça rentre dans la tête des gens.« 
De même, ceux du professeur qui tente de secouer ses jeunes lycéens :
« mon travail n’est pas, mon travail n’est plus,de former des bons petits soldats, qui obéiront aux ordres. Mon travail, aujourd’hui, est de former des résistants. Des résistants qui un jour, peut-être, auront à prendre les armes. Et devront rappeler à ceux pour qui la lecture n’est rien, à qui l’histoire n’apprend rien, pour qui penser, même, n’est rien, qu’on ne naît pas homme mais qu’on le devient. Et ces gens-là, croyez-moi, vous en rencontrerez beaucoup et ils ne s’excuseront de rien. Et vous non plus, vous ne devrez pas vous excuser. Parce que s’excuser de savoir, jeunes gens, c’est s’excuser d’être un homme. »
Construire, redonner de l’énergie, aller de l’avant tout en s’appuyant sur ce qu’on a vécu, tels sont les souhaits du narrateur pour Balthazar et Sarah. C’est tout le mal que je peux leur souhaiter.
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