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Buenos aires noir

Présentation de l’éditeur :

Après Marseille Noir et Bruxelles Noir en 2015, la collection « Asphalte Noir » se penche sur le cas de Buenos Aires. Ernesto Mallo et treize auteurs portègnes nous montrent le côté obscur et méconnu de la capitale argentine, des cités dortoirs aux quartiers chics, des repaires de la jeunesse aux villas miserias (bidonvilles).

Mon avis :

Je ne suis pas très fan du genre nouvelle. Cependant, pour le mois espagnol, j’ai tenté le coup avec la lecture de ce recueil entièrement consacré à Buenos Aires. Techniquement, il comporte trois parties : Amour, Infidélités et Crimes imparfaits. Les deux premières parties contiennent trois nouvelles chacune, la dernière sept. Je dois dire que la première nouvelle m’a un peu rebuté, elle n’est pas la meilleure du recueil, elle m’a semblé même plutôt banale. Heureusement, les deux autres nouvelles de la première partie sont bien meilleure, surtout « Trois pièces avec patio », qui évoquent la dictature, les disparus, et les efforts que doivent accomplir leurs proches pour tenter de les retrouver et, qui sait ? de les sauver.

Pour la deuxième partie, c’est « Orange, c’est joli comme couleur » que je retiens. Cette nouvelle a des accents Hitchcockiens, et pas seulement. L’héroïne et sa détermination, si habillement campée en quelques pages, font tout le prix de cet écrit.

J’ai eu plus de mal à trouver, dans la troisième partie, une nouvelle qui me séduise complètement. Il manquait toujours quelque chose pour me plaire, comme le dénouement de « La part du lion », un peu trop prévisible à mon goût. Une exception, cependant : « ça brûle », qui exploite parfaitement la thématique induite par le titre, du plus futile au plus tragique. Ces sept nouvelles nous donnent une vision très noire de l’Argentine, entre corruption, prostitution presque institutionnalisée, trafic, racisme ordinaire, absence de justice et solitude. Note : pour obtenir de l’aide, il faut aussi en demander, et s’adresser à la bonne personne.

Un recueil de nouvelles qui donne envie de découvrir d’autres oeuvres de ces auteurs.

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Les jours de l’arc en ciel d’Antonio Skarmeta


Edition Grasset – 256 pages.

Présentation de l’éditeur :
« Mercredi, ils ont arrêté le professeur Santos. Rien d’exceptionnel par les temps qui courent.
Sauf que le professeur Santos est mon père. Et, chose étrange, lorsque les deux hommes ont emmené papa, tous les garçons de la classe ont tourné les yeux vers moi. Je suis sûr qu’ils pensaient que j’avais peur. Ou que j’aurais dû bondir sur ces hommes pour les empêcher d’emmener mon père. Mais, avec le professeur Santos, nous avions prévu cette situation. Nous lui avions même donné le nom d’une figure de syllogisme. Nous l’appelions la situation « Baroco » : s’ils venaient arrêter papa sous les yeux de témoins pour l’emprisonner, cela signifiait qu’ils ne pouvaient pas le faire disparaître comme les autres… »

Mon avis :

Chili. Déjà 15 ans de dictature. Pinochet organise alors un plébiscite et il autorise le parti adverse à diffuser un spot publicitaire pour dire « non », non à huit ans de plus avec Pinochet au pouvoir. Non à huit années de plus de détenu-disparu ou de disparu tout court, de média aux ordres du pouvoir. Il faut dire que le monde regarde, que des correspondants étrangers sont présents, alors il faut bien faire croire à la démocratie, non ?

S’il est un mot qui convient pour désigner les chiliens, c’est « résignation ». Aller voter pour le non ? Et s’ils leur arrivaient quelque chose dans le bureau de vote, ou après ? Que risquent réellement ceux qui s’opposeront à la dictature ? Oui, je ne peux m’empêcher d’ajouter qu’en France nous ne risquons rien en allant voter, et que nous oublions que d’autres n’ont pas la chance – de voter tout court. Puis, si l’on ne fait pas trop de vague, pourquoi ne pas laisser le pays en l’état ? A force de ne plus connaître que la dictature, à force d’oubli, on n’a plus le courage de vouloir vivre autre chose. Seuls les proches des disparus semblent déterminés.

Des personnages forts émergent de ce roman. Nico, d’abord, le narrateur, dont le père a été arrêté en pleine classe devant ses élèves. Une chance : sa disparition ne peut être niée. Nico était paré à cette éventualité, son père et lui avaient mis au  point plusieurs stratégies, plusieurs contacts au cas où – et c’est arrivé. Patricia est son amie, son amoureuse. Pour elle, l’avenir n’est pas au Chili, mais ailleurs, elle a hâte de partir. Son père est un grand publicitaire, le plus grand peut-être du pays, c’est pour cette raison qu’il est sans travail, trop doué, trop opposé à ce qui se passe au Chili. C’est pourtant à don Adrian Bettini que l’on propose deux campagnes, celle pour le oui, d’abord, puis celle pour le non, que tous ou presque lui demandent de refuser, que lui-même n’a pas vraiment envie d’accepter, la seule qui le pousse à le faire, c’est sa femme :

– J’admets que ton argument est bon. Malgré tout, il y aurait encore une autre raison de ne pas accepter.
– Dis-moi ?
– Pinochet a bombardé le pays de publicité pendant quinze ans, et à moi, on ne m’octroie que quinze minutes à la télé. C’est le combat de David contre Goliath.
– Adrian ?
– Oui ?
– Qui a gagné ?
– Qui a gagné quoi ?
– La bataille de David contre Goliath.

Nous connaissons la fin, pas ceux qui ont vécu cet événement. La vie ne s’arrête pas au Chili, la mort non plus, les surveillances tout sauf discrètes, les enlèvements, les tortures. Créer un spot de quinze minutes pour promouvoir le « non », toucher les indécis ou les peureux n’est pas simple. Ce qui distingue le camp du oui du camp du non ? Les certitudes. Adrian Bettini ne sait pas s’il parviendra à ses fins, il ne saura qu’après la diffusion du spot – et encore. Le camp du oui est sûr jusqu’au bout, et presque au-delà. Et ce sont des destins qui se jouent.

C’était le couronnement de toute sa vie.
Que quelqu’un d’autre s’occupe de l’avenir. Lui, lui seul voulait maintenant savourer le présent.

Un beau roman rempli d’espoir et de douleurs.

Histoire d’un escargot qui découvrit l’importance de la lenteur

Présentation de l’éditeur :

Les escargots qui habitent sous l’acanthe touffue, dans la prairie qu’ils appellent le Pays de la Dent-de-Lion, mènent une vie paisible, lente et silencieuse ; ils sont à l’abri des autres animaux et entre eux s’appellent simplement « escargot ». L’un d’eux pourtant trouve injuste de n’avoir pas de nom et surtout il voudrait connaître les raisons de la lenteur. Malgré la désapprobation de ses camarades il entreprend un voyage qui lui fera rencontrer un hibou mélancolique, une tortue pleine de sagesse, des fourmis très organisées, et gagner un nom à lui.

Mon avis  : 

Cette histoire est un joli conte philosophique, pour enfants mais aussi pour l, es plus grands. Tout comme Luis Sepulveda a écrit cette histoire pour ses petits-enfants et la leur a sans doute racontée directement, il me semble nécessaire pour moi d’accompagner la lecture de ce conte, pas aussi simple qu’il n’en a l’air.
Le personnage principal ? Un escargot. Un escargot qui n’a pas de nom, comme tous les escargots, et qui voudrait bien en avoir un. Il voudrait aussi apprendre de nombreuses choses, ce qui en soit n’est pas un mal mais dérange les escargots si sédentaires, si confits dans leurs rituels quotidiens. Toute ressemblance avec certains être humains ne voulant surtout pas changer leurs habitudes n’est absolument pas fortuite. Le personnage principal, lui, va oser. Il fera des rencontres, il affrontera des dangers, et il devra aussi aider les siens à affronter des dangers.
Conte ? Récit initiatique ? Un peu tout cela à la fois.  Les épreuves sont nombreuses, et tous ne peuvent y survivre – les escargots sont fragiles, ne l’oublions pas. Il est peut-être aussi, dans ce livre, question des hommes qui avancent, qui construisent, qui détruisent aussi sans se préoccuper de la nature, sans s’occuper des plus petits. Peut-être. Sûrement.
Histoire d’un escargot qui découvrit l’importance de la lenteur – un conte à partager.

 

Brève histoire de sept meurtres de Marlon James

Présentation de l’éditeur :

Kingston, 3 décembre 1976. Deux jours avant un concert en faveur de la paix organisé par le parti au pouvoir, dans un climat d’extrême tension politique, sept hommes armés font irruption au domicile de Bob Marley. Le chanteur est touché à la poitrine et au bras. Pourtant, à la date prévue, il réunira plus de 80 000 personnes lors d’un concert historique. Construit comme une vaste fresque épique habitée par des dizaines de personnages, ce livre monumental, couronné par le Man Booker Prize 2015, nous entraîne en Jamaïque et aux Etats-Unis, des années 1970 à nos jours. Convoquant hommes politiques, journalistes, agents de la CIA, barons de la drogue et membres de gangs, il s’interroge avec force sur les éternelles questions du pouvoir, de l’argent, du racisme, des inégalités et de la violence du monde.

Merci aux éditions Albin Michel et à Aurore pour ce partenariat.

Mon avis :

854 pages, cinq parties, une action qui se déroule sur quinze ans, de la Jamaïque aux Etats-Unis, une cinquantaine de personnages, autant dire qu’entrer dans ce livre et arriver jusqu’au bout demande du souffle – tout en sachant qu’il est bien plus aisé de lire que de l’écrire.
Ne pas s’effrayer, ne pas rebrousser chemin : pas facile, tant la violence qui nous est racontée, décrite, est quotidienne. Tout peut arriver, n’importe qui peut devenir une cible, une victime. Personne n’est en sécurité, y compris quand la police est sur les lieux. Même Bob Marley, qui sera toujours appelé « Le Chanteur ». Il sera toujours question de lui, implicitement, même après sa mort, et pourtant, il est la seule voix que l’on n’entendra pas dans ce roman polyphonique.
Presque tous auront la parole – y compris le fantôme d’un politicien assassiné, le gamin qui s’est engagé dans un gang, un tueur à gages ou une réceptionniste au chômage. Presque aucun n’en sortira indemne. Pourtant, une forme de rédemption est possible, à condition d’avoir de la chance (toujours utile, la chance) et la volonté chevillée au corps.
Le langage est souvent très cru, tout comme certaines scènes. Elles sont là et, finalement, servent aussi à caractériser la violence des relations entre les êtres -même les relations amoureuses.
L’humour est parfois présent – je pense au personnage d’Alex Pierce, journaliste très chanceux. Parfois. C’est grâce à lui que le titre du livre prendra son sens et me semblera aussi une histoire à continuer – ou pas.
Brève histoire de sept meurtressurprendra, étonnera, choquera sans doute, mais ne laissera pas indifférent.

L’authentique Pearline Portious de Kei Miller

Présentation de l’éditeur :

Écoutez de toutes vos oreilles l’histoire d’une femme puissante, une prophétesse, une vraie de vraie : Adamine Bustamante. Elle vous dira qu’elle est née en Jamaïque dans une léproserie, où sa mère éphémère, l’authentique Pearline Portious, tricotait des bandages multicolores simplement parce que c’était plus gai. Où la non moins fabuleuse Mman Lazare repoussa l’heure de mourir jusqu’à ses cent cinq ans, bien obligée, pour élever la petite… Deux voix ne sont pas de trop pour raconter cette histoire. Celle d’Adamine, avec sa verve et son souffle puissant, chuchotant au vent sa version des faits, à l’époque où elle était la plus grande Crieuse de Vérité de Jamaïque. Et celle de l’écrivain, cherchant à retracer la vie de la dernière prophétesse. Leurs récits se croisent, se répondent – il faut voir Adamine sermonner ce « Monsieur Gratte-Papyè » – et tissent peu à peu la carte de filiations plus secrètes entre deux mondes…

Mon avis :

J’ai franchement été emballée par ce livre, et, du coup, ce n’est pas franchement facile de dire pourquoi. Je vais quand même tenter de débroussailler le sujet.

Le ton, d’abord, qui ne s’embarrasse pas d’être poli, ou plutôt policé. Je tire mon chapeau à Nathalie Carré, la traductrice, qui a restitué un parler coloré, vivant dans toute sa vigueur, sans pour autant que le lecteur ait l’impression que l’auteur ait été écrit ainsi simplement pour faire « couleur locale ». Non, c’est à la création d’un personnage dans toute sa justesse à laquelle nous assistons.

Parce que, pour être « juste », il faut aussi prendre le risque de croiser les regards, celui d’Adamine mais aussi celui de Monsieur Gratte-Papyé, l’écrivain venu retracer la vie de « L’authentique Pearline Portious ». Qui était-elle, d’ailleurs ? La mère, morte en mettant au monde sa fille, ou la fille, à qui on a donné le nom de sa mère par erreur – les joies de l’état civil jamaïcain. Et pourtant, la filiation est importante, plusieurs mères, déjà, ont guidé les pas de Pearline, plusieurs mères veilleront sur Adamine, et que toutes deux vivront des situations inimaginables, comme un conte de fée inversé.

Inversé, parce que nous ne sommes pas dans un joli château, nous sommes dans une léproserie, que certains ont connu, ou pas, mais dont nul ne conteste la présence de pensionnaires à temps pleins, ignorés de tous ou presque, abandonnés par leur famille, quand elle ne s’est pas (un peu) servi d’eux. Les moments de joie, ou simplement de répit ne durent guère, même les bandages multicolores de Pearline ne sauraient assurer qu’un peu, juste un peu d’apaisement dans un monde qui ne le leur permet même pas.

Inversé, parce que la révélation que subit la jeune Adamine la conduit non pas vers le bonheur, mais vers un état qui n’est pas si facile que cela à définir. Bien sûr, pour les occidentaux, le mot « folie » est celui qui convient. Pour les Jamaïcains, c’est toute autre chose, du moins, pour ceux qui vivent en Jamaïque. En Angleterre, là où certains vont pour accomplir un rêve, changer de vie, d’autres ne trouvent que la vie en Angleterre, telle qu’elle pouvait être en ces temps-là – et le constat est tout sauf optimiste.

S’il faut chercher un vent d’espoir d’ailleurs, il est plutôt dans les derniers chapitres, dans les paroles de monsieur Gratte-Papyè, qui redéfinit les fonctions de l’écriture et le rôle de l’écrivain. Les derniers mots du roman sont d’une grande force, et laissent une impression tenace. L’authentique Pearlin Portious ou un roman qui laisse espérer d’autres traductions d’oeuvres de cet auteur.

Eté rouge de Daniel Quiros

Présentation de l’éditeur :

Côte du Pacifique, Costa Rica. Un Éden où les pinèdes sont massacrées afin de permettre la construction de villas luxueuses pour des investisseurs étrangers… et des caïds de la drogue. Un Éden où il fait terriblement chaud, où l’alcool ne peut faire oublier le sable, la poussière et le vent. C’est là, dans un tranquille village de pêcheurs, qu’est découvert sur la plage le cadavre d’une femme, surnommée l’Argentine. Don Chepe, ancien guérillero qui a lutté aux côtés des sandinistes, décide de retrouver l’assassin de son amie. Une enquête qui le conduit à découvrir les liens obscurs entre passé et présent, utopie et désenchantement… et à revisiter l’histoire de son pays.
Entre torpeur et violence, ce livre nous colle à la peau.

Mon avis :

J’ai déniché cette rareté à la F*** de Rouen, et je suis ravie de cette rencontre avec un polar costaricien.
D’après le narrateur, le Coas-Rica s’est u un peu la Suisse de l’Amérique du Sud : neutralité, tranquillité et condition de vie assez agréable. Les troubles politiques, les dictatures et autres exactions qui ont touché les autres pays de ce continent n’ont eu que peu de répercussion sur ce beau pays, aux plages réputées.
Bien sûr la réalité est tout autre, et ce n’est pas Don Chepe qui dira le contraire, encore moins Iliana, dont le corps est retrouvé dans un lieu idyllique. Elle était une femme respectée, estimée, qui a pris soin des siens, même après sa mort. Alors, qui ?
Parfois, les personnes sont exactement ce qu’elles paraissent être, parfois, non. On ne change pas, et Don Chepe, pour rendre justice à son amie, retrouve ses réflexes d’ancien guerillero. Pas du genre à se plaindre, Don Chepe, quoi qu’il lui arrive. Il n’est pas une froide machine de guerre insensible non plus, mais un homme qui continue à trop en voir.
Eté rouge est un roman à lire pour tous ceux qui aiment les romans policiers et veulent en savoir plus sur l’Amérique du Sud.

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Pour l’amour de Claire d’Edwige Danticat

9782246808916-XPrésentation de l’éditeur :

A Villa Rose, un petit village côtier au sud de Port-au-Prince, tout le monde se connaît. Une embarcation de pêcheur vient d’être emportée par une gigantesque vague et une enfant, Claire, a disparu. Elle venait d’avoir sept ans et de comprendre que son père envisageait de se séparer d’elle, qu’il aimait plus que tout au monde et qu’il élevait seul depuis la mort de la mère en couches, pour la confier à une femme aisée…

Mon avis :

Ce roman doit être très bien, sauf que je ne l’ai pas aimé du tout, sans doute parce qu’à la lecture de la quatrième de couverture, je m’attendais à tout autre chose. Je pensais que le récit serait centré sur Claire, il n’en est rien, elle disparaît au premier chapitre, et ne réapparait que dans le tout dernier. Bien sûr, il sera question d’elle de temps à autre dans le roman, mais elle n’est alors qu’un personnage en arrière-plan.

En fait, le roman semble tisser d’un ensemble de nouvelles, mettant en lumière un des personnages du livre, sans parfois que j’ai perçu immédiatement le lien entre les personnages précédemment rencontrés. Le récit effectue de nombreux retours en arrière, osant même l’inversion de l’ordre chronologique dans le premier chapitre, et s’il n’est pas si difficile de se repérer dans le temps, cette gymnastique constante gâche un peu le plaisir de lecture.

Je n’ai pas aimé non plus la résignation des personnages. La mort est omniprésente, la violence aussi, et rares sont ceux qui osent lutter. Je n’en dirai pas plus, parce que je pense que ceux qui sont plus sensibles que moi à ce genre littéraire, à la littérature haïtienne prendront plaisir à lire ce livre, un plaisir qui m’a fui. challengerl2014