Requiem, tome 2 : Dieu pardonne lui pas !

Présentation de l’éditeur :

Ce deuxième épisode des aventures de Requiem est basée sur un fait réel : l’histoire de Jules Durand, qui défraya la ville du Havre en 1910. Cette sorte d’affaire Dreyfus dans le monde ouvrier est encore dans les mémoires de nombreux havrais.

Mon avis :

Je serai claire : j’aime beaucoup le titre, parce que je me verrai très bien dire cette phrase, en changeant simplement le pronom personnel. Maintenant que c’est dire, passons au roman proprement dit, qui se passe en Normandie (ma région, donc) au Havre, pour être plus précise, ville que j’ai visitée en juillet 2019 (j’adore être précise). Requiem découvre cette ville parce qu’il est passionné d’histoire, un certain Jules Durand, docker, est accusé de meurtre, comme un autre Jules Durand l’avait été en 1910. Le dénouement n’a pas été très heureux pour lui, et Requiem voudrait bien qu’il en soit autrement pour son homonyme contemporain.
Oui, il enquête, mais en mode infiltré : il faut dire aussi qu’il a gardé le look qu’il avait à la fin du tome 1 et que Falvo, son correspondant préféré, est plutôt en train de s’arracher les cheveux dès qu’il s’agit d’Esteban Lehydeux, de ses notes de frais, ou de la création d’une couverture crédible. Là, il sera gâté, notre Requiem, surtout quand il verra dans quoi il a mis les pieds.
Non, je ne parle pas du milieu des dockers, profession difficile et respectable. Je parle de tout autre chose, d’un mouvement visant à la suprématie d’une certaine catégorie de la population, et adorant les vieux souvenirs datant de la période sise entre 1939 et 1945 – à ne pas confondre avec la formule  » se souvenir pour que cela n’arrive plus jamais ». Oui, certains pages ne sont pas faciles à lire, et pour ceux qui se diraient que nous n’en sommes plus là, posons-nous la question : combien d’actes de violence dirigés contre des personnes hors-normes sont encore perpétrés en France ? Beaucoup trop est une réponse suffisante.
Oui, l’enquête n’est pas drôle, les résultats non plus, mais le ton caractéristique de ce narrateur charismatique est toujours là, et heureusement pour nous, lecteurs et lectrices. Un narrateur (un auteur ?) qui dit ce qu’il a à dire, et tant pis si cela dérange certains.
Requiem, un prêtre comme il devrait en exister (et tant pis pour son penchant pour les femmes, elles sont toutes majeures et consentantes).
Un extrait : « mais quand je te cause d’être missionnaire, ce n’est pas le genre de con qui veut convertir celui qu’il considère comme un sauvage à ses rites religieux, non, moi je te cause du curé qui va faire de l’humanitaire, le genre de type pour qui la religion, être un bon chrétien ce n’est pas prier à longueur de journée, […]. Non pour lui c’est aider l’autre, celui qui souffre de la faim, de la guerre, de maladie sans ce soucier s’il a espoir dans le même mec s’il brûle des chandelles dans les mêmes lieux. »

L’école des mini-garous de Julien Hervieux et Juliette Lagrange

Présentation de l’éditeur :

La pleine lune réserve bien des surprises !
Au cœur de la forêt, cachée dans le plus grand des chênes, se trouve l’école des mini-garous : on y apprend aux enfants mordus un soir de pleine lune à devenir de vraies terreurs. Mais pour Béa, Franz et Pavel, c’est un peu difficile… En effet, ils se transforment tous les trois en animaux mignons ! Heureusement, pour convaincre leur classe qu’ils ont leur place à l’école, ils ont un plan !

Mon avis :

Oh là, là, je ne vous raconte pas.
Ou plutôt si, je suis en train de le faire.
Vous croyez tout savoir sur les garous, et bien non !
Vous découvrirez comment les humains ordinaires sont transformés en garous. Et pas seulement en loup garous, non, c’est beaucoup trop banal, commun : tout animal qui vous mord lors de la pleine lune peut faire de vous un garou. Et j’ai bien dit « tout animal ». Par conséquent, il y a des petits soucis, des petits contretemps. Etre un lynx garou, un ours garou, cela en impose. Être un chat angora garou mignon, pas vraiment – et je ne vous parle pas de Pavel, poulpe garou de son état (un clin d’oeil à l’éditeur ?) pas vraiment.
Vous découvrirez aussi ce qu’il advient de ses pauvres enfants métamorphosés. Non, parce que franchement, il ne faut pas attiger, les parents ne vont tout de même pas les garder, cela fait beaucoup trop de complications à gérer, bien plus qu’avec un enfant ordinaire. Ces chers petits rejoignent donc la fameuse école des mini-garous qui donne son nom à ce charmant livre pour jeunes lecteurs.
J’ai adoré ce mini-poulpe, j’ai adoré les aventures de ses trois garous pas comme les autres qui vont relever le défi : espionner leur maître pour savoir à quoi il ressemble quand il n’est pas un garou. Oui, il leur faut du courage, pour parvenir à leur fin et avoir un poulpe avec soi est toujours un atout. Mais s’il est une phrase à retenir, c’est bien celle-ci :
La méchanceté, c’est comme les garous : ça s’attrape avec une blessure !

 

Veggie tendance vegan de Charlotte Bousquet

Présentation de l’éditeur :

Chris est en terminale. Un adolescent normal, un peu rond depuis qu’il ne peut plus faire de sport, fan de fantasy, auteur de campagne de jeux de rôle et meilleur ami de Nadia. Il mange mal, ne s’entend pas très bien avec son petit frère, Jules, et ne pose aucun soucis à ses parents. Un adolescent lambda, sans problèmes (hormis son poids) et sans réelles convictions.
Jusqu’à l’arrivée de Mallory, la nouvelle. Une adolescente très engagée dans la cause animale. Elle slame en ce sens sur sa chaîne YouTube et agit parfois avec des amis pour libérer des animaux. Une princesse guerrière pour Chris.
Afin d’attirer son attention et de lui plaire, il décide de devenir végétarien. Il peut compter sur l’aide de Nadia pour tenir ses engagements. Des engagements qui deviennent de plus en plus profonds.

Merci aux éditions Rageot et à Netgalley pour leur confiance.

Mon avis/mon ressenti, comme vous voulez :

Je sens que je vais vous parler beaucoup de moi avant de vous parler de ce roman, ou plutôt vous parler de l’actualité, avec ses petites phrases des hommes politiques. La corrida est un « spectacle », une « tradition » – les exécutions publiques en étaient aussi. D’ailleurs, il est toujours possible, dans certains états américains, d’assister aux exécutions. Ah oui, pardon, on me dira que ce sont des animaux, pas des êtres humains, et que cela fait partie de l’économie locale. La corrida a été « importée » en France en 1853, l’économie locale a bien dû exister avant, elle pourra, logiquement, exister après. Puis, élever un animal dans le seul but de le torturer à mort est assez absurde. Autre argument de force des partisans de la corrida ou de la chasse : on ne force personne à y aller, à participer. Merci de ne pas forcer le taureau. Merci de ne pas forcer les personnes qui se promènent en forêt le dimanche à prendre une balle perdue. J’ai entendu aussi comme argument : « les toréadors sont des personnes particulièrement cultivées ». Si la culture pouvait être un rempart à la cruauté, cela se saurait !

Après ce paragraphe, je me plonge donc dans le vif du roman, et note au passage que ce sont les jeunes générations qui s’activent sérieusement pour l’écologie et l’antispécisme – j’espère qu’en prenant de l’âge, ils continueront à s’investir autant, et ne baisseront pas les bras face à des discours à visée moralisatrice et normative. Les réseaux sociaux, de ce point de vue, permettent d’asseoir ses convictions, de les partager, de s’informer. Ainsi Mallory, par le slam, par les vidéos qu’elle tourne, partage ses convictions, son combat. Sur le terrain, elle partage aussi les videos qu’elle trouve, celles que l’on voit de plus en plus grâce à des associations qui prennent des risques pour montrer une réalité que l’on n’a pas envie de voir, et elle entraîne avec elle ses camarades du lycée qu’elle a gagné à sa cause. Oui, là aussi, ses procédés peuvent sembler violents et moi-même je déteste me faire aborder dans la rue avec parfois énormément de maladresse (exemple disponible sur simple demande) mais nous sommes dans un roman, et ils participent à la construction des personnages, de leur révolte. Et Mallory est capable d’aller beaucoup plus loin que cela pour la cause qu’elle défend et d’assumer ce qu’elle a fait.

Il n’est pas que Mallory dans l’intrigue, il est d’autres personnages, et si j’ai commencé par elle, c’est parce que c’est elle qui ouvre le récit et entraîne les autres à réagir. Oui, le thème ne peut s’épanouir que parce que le cadre classique du roman d’adolescent est respecté. Chris, comme Mallory, est en terminal, l’année du bac, année charnière comme se plaisent à le répéter les adultes. Il est un geek, qui écrit des récits de fantasy, des jeux de rôles, il est très investi dans son écriture, sans négliger ses études pour autant. Il a un petit frère, Jules, avec lequel il ne s’entend pas très bien. Ses parents s’entendent plutôt bien, sont soudés, à l’écoute de leurs enfants, comme le montrera l’épreuve qu’ils devront surmonter au cours de l’année scolaire. Ils sont aussi ouvert à la discussion, ce qui n’est pas forcément toujours le cas. Il en est de même des parents de Nadia, la meilleure amie de Chris, qui conjuguent leur foi et le fait de vivre avec leur siècle. Nadia et Chris sont inséparables, toujours là l’un pour l’autre, et ils sont très sympathiques. D’autres amis font partie de leur cercle, montrant toute la diversité de la jeunesse d’aujourd’hui, jusque dans son dénouement.

Veggan tendance veggie – un livre engagé.

L’étrange village de l’Arbre-Poulpe : Drôles de drones par Séverine Vidal et Anne-Gaëlle Balpe

Présentation de l’éditeur :

Quatre amis, Pablo, le garçon qui vole, Arizona l’intrépide, Bat-Man et son inséparable chauve-souris et Naïma l’invisible, vivent dans le village de l’Arbre-Poulpe, un arbre magique qui a donné des pouvoirs à chacune de leur famille. Ils adorent se retrouver pour rigoler et pour déjouer les manigances des affreux Rageux, une bande d’abrutis qui essayent de voler des branches de l’Arbre-Poulpe.

Mon avis :

Je commencerai par une bonne nouvelle : une nouvelle aventure mettant en scène les quatre personnages mis en scène dans Drôle de drônes est prévu. Tant mieux : j’ai vraiment beaucoup apprécié celle-ci et je serai ravie de les retrouver de nouveau.

L’arbre poulpe est un monde à lui tout seul – déjà, quelle bonne idée de mélanger le végétal et l’animal, des tentacules-racines qui ne sont pas source d’angoisse, mais au contraire de créativité, de renouveau. Certes, il faut prendre soin des racines, j’ai envie de dire « c’est bien la moindre des choses », et la racine peut dépérir naturellement, entraînant le départ de la famille qu’elle a engendrée, mais la bonne entente règne dans ce monde, et chacun se montre curieux des pouvoirs des autres. Ceux-ci ne sont jamais employés pour faire du mal, ils sont au contraire source de créativité – Pablo peut voler et Naïma n’est visible que dix minutes par jour. Cependant, elle et les siens ne cherchent pas à piéger les autres, ils portent chacun un parfum pour être facilement identifié (vive la noix de coco).

Seul souci dans cette vie paisible mais inventive : les Rageux. Ceux-ci veulent voler des branches de l’arbre-poulpe. Tous les moyens sont bons pour parvenir à leur fin, leur défaut principal étant de n’être pas très doué pour ce faire, leur qualité principale étant de toujours s’améliorer, et les habitants de l’arbre-poulpe de toujours trouver de nouveaux moyens, au gré de leur capacité, pour les contrer. Mention spéciale pour une charmante mygale qui protège l’arbre contre les drones. Oui, les drones, en un mélange d’univers merveilleux et de modernité.J’ajoute que les illustrations sont très réussies, montrant les quatre amis en action,  sans oublier l’invisibilité (ou pas) de Naïma. C’est une histoire tendre et drôle que nous avons là, donnant ici et là des préceptes qu’il est bon, à mes yeux d’appliquer : « On nous apprend à nous supporter, à accepter les autres, malgré leurs particularités, parfois envahissantes ». Et si l’originalité du livre était essentiellement là, être soi, entièrement soi, avec une personnalité riche, et accepter totalement l’autre dans toute sa diversité. Un vrai pari pour notre présent, et pour l’avenir.

Prospérité de Charlotte Munich

édition Amazon Publishing – 525 pages

Présentation de l’éditeur  :

Le temps est compté. Leila et Arthur ne disposent que d’une seule arme contre l’Ordre des chasseurs, le grimoire Prospérité. Pour déchiffrer les secrets que l’ouvrage referme, Leila n’a pas le choix : elle doit faire évoluer sa magie avec l’aide d’Arthur. Mais la résistance de ce dernier s’émousse peu à peu, tandis que les anciens démons de Leila ressurgissent, plus noirs que jamais. Poursuivis par l’Ordre, ils sont contraints de traverser toute l’Europe pour solliciter la protection des praticiennes russes, les plus à même de faire face aux terribles chasseurs. Mais seront-elles leurs alliées ? Lorsqu’enfin Prospérité dévoile ses secrets, il exige un impossible sacrifice. Les racines du mal plongent profondément dans le passé et bientôt, il n’y aura plus rien entre Leila et la terrible réalité de sa magie.

Merci à Netgalley et à Amazon publishing pour ce partenariat.

Mon avis :

Suite et fin de cette saga que j’ai démarrée en cours de route et que j’ai appris à apprécier. Rien n’est simple pour Leila, qui doit lutter contre ses ennemis, trouver des appuis en Russie, du moins, elle l’espère, et se protéger contre des adversaires véritablement proches – ou comment l’expression « démon intérieur » n’a jamais semblé si juste. Elle se doit d’être attentive, sur ses gardes à tous les instants, pas seulement de jour comme de nuit, mais en veille comme en sommeil : les ennemis ont des moyens d’agir qu’il convient de ne jamais oublier. De plus, Leila tient à ménager ses amies, parce qu’elles sont jeunes, parce qu’elles n’ont pas beaucoup de soutien, parce qu’elles ont déjà beaucoup perdu. Je n’ai pas encore parlé d’Arthur, parce qu’il est toujours à la limite de basculer, lui qui utilise une magie inédite ou méconnue, au choix.

Oui, le récit est linéaire, lui qui nous mène de la France à la Russie. Mais il nous projette aussi dans le passé, en nous emmenant à l’origine de la magie, et surtout, de la malédiction. Nous découvrons ainsi les fondateurs, si j’ose dire, des sorciers, et des chasseurs, ainsi que les conséquences des malédictions. Un vrai retour au source, avant le dénouement. Mais peut-être une série dérivée pourrait-elle voir le jour ? Il est en tout cas suffisamment de matière pour le faire.

 

Zaïgo de John Renmann

Présentation de l’éditeur :

Guadeloupe.
Ville de Sainte-Anne.
Un étudiant est retrouvé mort sur la plage, le corps entièrement momifié.
Tout autour du cadavre, d’étranges empreintes laissent penser que le tueur était pourvu d’un sabot de bouc.
Appelés sur les lieux, les inspecteurs Nicolas Rousseau et Marie Kancel se lancent dans une enquête dont les premiers éléments semblent révéler le côté surnaturel. Très vite, les meurtres s’enchaînent, avec pour seules victimes des hommes jeunes dont le corps sera méticuleusement momifié.

Mon avis :

Allô ? Vous voulez connaître la suite de la guerre des polices aux Antilles ? Ah, vous avez appelé au mauvais endroit. Non, je vous assure, tout va bien entre la commissaire Bertille Manoël et l’inspecteur Nicolas Rousseau. N’a-t-elle pas, à la fin du volume précédent, refusé sa démission avec véhémence ? Surtout, elle ne peut que se féliciter de l’entente entre Nicolas et Marie Kancel. Vision idyllique des liens entre les trois personnages ? Non, je suis en train de verser dans l’écriture de la version acceptable, policée : un peu de calme avant l’enquête qui débute avec, à nouveau, une bonne dose de surnaturel.

Un corps est retrouvé momifié sur la plage, et même l’expert en médecine légale et proverbe antillais ne comprend pas comment cela peut être possible. Un second corps est découvert peu après, et là, on frôle le drame médiatique. En effet, la victime était un technicien qui devait officier au cours de l’élection de miss Guadeloupe – peut-être la future miss France ! Il faut penser aux retombées médiatiques – énormes – aux retombées financières pour l’hôtel qui reçoit les futurs miss. Cette élection nous permet de découvrir un personnage haut en couleurs, l’organisateur, Darius Galipo. Chacune de ses apparitions est à apprécier à sa juste valeur, surtout que Rousseau (et Kancel aussi, d’ailleurs), se moque éperdument du politiquement correct, et des éventuels appuis de Galipo.

Ce fut un plaisir pour moi de me replonger en Guadeloupe, de retrouver Ty Raccoon, un personnage que j’aime vraiment beaucoup, à la fois original et apaisant, un personnage auprès duquel Nicolas Rousseau peut être lui-même, presque sans protection, puisque Ty Raccoon le connaît véritablement. Celui-ci parvient même à lui faire partager certaines de ses croyances – en particulier à cause de leur passé commun, et de l’enquête précédente.

Oui, à nouveau le surnaturel est au rendez-vous. Oui, à nouveau, l’enquête a été très plaisante à lire, grâce au ton utilisé, au rythme de l’intrigue et à l’intégration parfaite du surnaturel dans l’intrigue.

J’espère sincèrement que l’auteur écrira un troisième volume de ses enquêtes.

 

Je m’appelle requiem et je t’… de Stanislas Petrosky

Présentation de l’éditeur :

Moi, vous ne me connaissez pas encore, mais ça ne va pas tarder. Je m’appelle Estéban Lehydeux, mais je suis plus connu sous le nom de Requiem. Je suis curé, ça vous en bouche un coin ? Oubliez tout ce que vous savez sur les prêtres classiques, je n’ai rien à voir avec eux, d’autant que j’ai un truc en plus : je suis exorciste. Je chasse les démons. Bon pas tous, parce que je dois d’abord gérer les miens, surtout quand ils font du 95 D, qu’ils dandinent du prose et qu’ils ont des yeux de biche. Chasser le diable et ses comparses n’est pas de tout repos, je ne vous raconte pas. Enfin si, dans ce livre. Ah, un dernier détail : Dieu pardonne, moi pas.

Circonstance d’écriture :

Petit coup de mou aujourd’hui, et plus l’envie d’écrire des avis. Si, si, cela me prend périodiquement. Donc, comme toujours, trois solutions : ne plus écrire vraiment, écrire un billet d’humeur qui n’aurait rien résolu, ou finir une chronique. Le choix est fait.

Mon avis :

Je fais souvent les choses dans le désordre, je chronique donc ce tome 1 (lu pourtant en premier) après le 4 et le 5. Ce que je ne regrette pas du tout, par contre, c’est la découverte de ce nouveau héros policier, pas du tout policé. Il faut dire (pour faire les choses dans l’ordre) qu’il est prêtre exorciste. Surtout, il interprète à sa manière l’une de ses obligations professionnelles : oui, il a fait voeu de célibat, et oui, il s’y tient. Par contre, pour la chasteté, il n’en est pas question : ses partenaires sont toutes adultes et consentantes. Aussi, quand une charmante jeune femme prénommée Marion (prénom que j’aime beaucoup) lui fait part d’une proposition professionnelle qu’elle a reçue via son site internet, son sang ne fait qu’un tour, et il a bien l’intention de l’aider. Précision n°1 : Marion travaille dans l’audiovisuel spécial adulte. Certains lecteurs auront déjà fui le livre depuis longtemps. Précision n°2 : il lui a été demandé par ce client de « performer » avec des enfants.  Et là, pour elle, c’est hors de question. Mais laisser faire, tout garder pour elle sachant qu’il y a des dingues dans la nature qui ne reculent pas devant l’idée de faire du mal à des enfants, là, c’est impossible pour elle. Impossible aussi pour Requiem. Il va donc se plonger corps et âme dans cette enquête. Oui, je sais, c’était facile, mais ce qu’il découvrira au cours de ses investigations a de quoi retourner, vraiment, de quoi laisser des traces durables, et comme l’indique la quatrième de couverture : Requiem ne pardonne pas. Ah, vous me direz que c’est son rôle de prêtre, pourtant ? Il a une dérogation.

Dit ainsi, vous pourrez penser que c’est un livre violent et sinistre. Ce n’est pas que cela. C’est aussi un livre bourré d’humour, de jeux de mots, de scènes d’acrobatie en chambre, entre adultes consentants, sans jamais viré à la domination type « cinquante nuances » : Requiem n’a que faire des jeunes filles naïves et très courges (si tant est que des personnages aussi courges qu’Anna existe vraiment), il préfère nettement les jeunes femmes qui savent ce qu’elles veulent et ne veulent pas, ce qui est au moins aussi important. Alors, lui et Marion vont mener l’enquête, et Requiem se retrouve très vite face à ce que je qualifierai de « coup de théâtre » – parce qu’une péripétie sanglante, c’est vraiment trop gentillet eu égard à ce qui s’est passé, et nécessite l’intervention de la police (encore une fois, j’ai l’impression d’édulcorer, pour ne pas donner trop d’indices sur l’intrigue). Alors Requiem était déjà déterminé, là, c’est pire encore, il entreprend une métamorphose pour, oui, pour, vous l’avez sur le bout de la langue, infiltrer ceux qui ont eu l’idée de ce projet et sont prêts à tout pour le dissimuler, et le mener à bien. Cela tombe bien, parce que Requiem aussi a l’intention d’aller au bout des choses.

Alors, comme pour les tomes suivants, et à venir, je ne peux que vous conseiller de rencontrer Esteban Lehydeux et de passer du temps en sa compagnie.

Mon billet ne serait pas complet à mes yeux sans un peu de musique :