Mois du polar 2021

Je déclare ouvert le mois du polar 2021 !

Bonnes lectures à tous !

Lundi 1er février :
La transparence du temps de Leonardo Padura par Kathel
Agatha Christie – Tome 18 – Cinq petits cochons : Agatha Christie, Miceal O’Griafa et David Charrier par Belette.
Agatha Raisin : Bal fatal – M.C Beaton par Lydia
Le festin des pierres de Françoise Le Mer par Sharon

Mardi 2 février :

La mort d’une sirène : A. J. Kazinski et Thomas Rydahl par Belette.
Coma (Morts suspectes) – Michaël Crichton par Lydia.
Hors-piste d’Allie Reynoldspar Sharon

Mercredi 3 février :

Champignac – Tome 2 – Le patient « A » : David Etien et Béka par Belette.
Et puis mourir de Jean-Luc Bizien par Sharon

Jeudi 4 février :

L’archipel du Goulag [Abrégé] : Alexandre Soljenitsyne par Belette.
L’assassin qui aimait Paul Bloas de Pierre Pouchairet par Sharon

Vendredi 5 février :

Les petits meurtres d’Agatha Christie – Saison 1 – Épisode 10 : Un meurtre en sommeil (2013) par Belette
Lagos lady de Leye Adenle par Bidib

Revue sang froid par Livre d’un jour.
La mémoire du temps de Frank Leduc par Pativore
Miranda de Philippe Cuisset par Sharon.

Samedi 6 février :

Grands anciens – Tome 2 – Le dieu poulpe : Jean-Marc Lainé et Bojan Vukic par Belette
Jolies filles de Robert Bryndza par Sharon

Dimanche 7 février :

Dans la gueule de l’ours : James A. McLaughlin par Belette 
Rendez-vous avec la ruse de Julia Chapman par Martine.
Tous les péchés sont capitaux de Daria Desombre par Pativore
Une évidence trompeuse de Craig Johnson par Sharon

Lundi 8 février :

Nuit sans lune au Waziristan : Saqib Mausoof par Belette
Deux séries : inspecteur Barnaby et The mentalist par Bidib
Les vagues reviennent toujours au rivage par Xavier-Marie Bonnot par Sharon
Le salon de beauté de Melba Escobar par Valentyne.

Mardi 9 février :

Le chemin parcouru – Mémoires d’un enfant soldat : Ishmael Beah par Belette.
Dans les flammes de Gretna Green de John-Erich Nielsen par Sharon

Mercredi 10 février :

Sherlock, Lupin & moi – Tome 10 – Le seigneur du crime : Irene Adler par Belette
Brigade Verhoeven, tome 1 : Rosie  par Bidib
La pierre du remords d’Arnaldur Indridason par Sharon.

Jeudi 11 février :

Orcs et gobelins – Tome 11 – Kronan : Jean-Luc Istin et Sébastien Grenier par Belette
Hercule Poirot, Le crime de l’Orient Express – Benjamin Von Eckartsberg / Chaiko par Lydia B

Trouille Académie – Fantômes connectés par Bertrand Puard par Sharon

Vendredi 12 février :

L’autre ville : Michal Ajvaz par Belette
West legends – Tome 4 – Buffalo Bill – Yellowstone : Fred Duval et Andrea Fattori par Belette
Pour quelques cartons de plus – Pierre Pirotton par Lydia
Trouille Académie – Fantômes connectés par Bertrand Puard par Sharon

Samedi 13 février :

Elfes – Tome 30 – Le scintillement des ténèbres : Christophe Arleston et Dimat par Belette
Les remparts de la colère de Bernard Glotin par Sharon.

Dimanche 14 février :

Commissaire Montalbano 11 – La Première Enquête de Montalbano : Andrea Camilleri  par Belette
Piqûres de rappel d’Agathe Portail par Sharon

Lundi 15 février :

La dénonciation : Bandi par Belette
Le fils de l’étoile – Marcus Malte par Lydia
Accords corrompus, tome 1 : Rêves de glace de Kelly St Clare par Sharon

Mardi 16 février :

Les détectives du Yorkshire – Tome 4 – Rendez-vous avec le poison : Julia Chapman par Belette
Manhattan sunset de Roy Braverman par Sharon

Mercredi 17 février :

Get Up ! Stand Up ! : Perry Henzell par Belette
Morgan Audic, De bonnes raisons de mourir  par Kathel

Jeudi 18 février :

Bratislava 68, été brûlant : Viliam Klimáček par Belette
Le chanoine rouge de Luc Valmont par Sharon
Cinq hommes tatoués de Marcel Priollet par Sharon

Vendredi 19 février :

Sherlock Holmes et le mystère de la Chambre Jaune : Le Griot par Belette
Il faut flinguer Ramirez – Tome 1 : Nicolas Petrimaux par Belette
Sherlock Holmes à Chamonix : Pierre Charmoz et Jean-Louis Lejonc par Belette
Les Petits Meurtres d’Agatha Christie – Saison 01 – Épisode 06 – Je ne suis pas coupable (2010) par Belette
Le bureau du mariage idéal d’Allison Montclair + réflexion sur le cozy mystery par PatiVore.
L’Affaire Teddy Riner par Robin Six / L’Equipe par Sharon
L’article 637 de Jules Lermina par Sharon

Samedi 20 février :

L’attaque du Calcutta-Darjeeling d’Abir Mukherjee par Belette
Hercule Poirot (BD) – Tome 1 – Le crime de l’Orient-Express : Chaiko, Benjamin Von Eckartsberg et Agatha Christie par Belette
Julia Chapman, Les Détectives du Yorkshire, Rendez-vous avec le poison, #4 par Hilde
Justice indienne de David Heska Wanbli Weiden par Sharon.

Dimanche 21 février :

Batman – Terre-Un – Tome 1 : Geoff Johns et Gary Frank par Belette
Trilogie de la crise – 03 – Pain, éducation, liberté : Pétros Márkaris par Belette
Les moissons funèbres de Jesmyn Ward par Sharon

Lundi 22 février :

Hercule Poirot (BD) – Tome 3 – Mort sur le Nil : Isabelle Bottier, Damien Callixte et Agatha Christie par Belette
Les Petits Meurtres d’Agatha Christie – Saison 02 – Épisode 27 – Un cadavre au petit déjeuner (2019) par Belette
The Mentalist saison 6 et 7, Inspecteur Barnaby (le bois de l’étrangleur, et le sang coulera ), et Four Seasons in Havana (Past Perfect) par Bidib
Chronique d’une mort annoncée de Gabriel García Márquez par PatiVore
Les trois Brestoises – tome 4 : Avec le chat pour témoin de Paul Pouchairet par Sharon.

Mardi 23 février :

My home hero – Tome 1 : Naoki Yamakawa & Masashi Asaki par Belette
Sherlock Holmes et le mystère des reliques de Saint-Martin de Tours : Jean-Noël Delétang par Belette

Mercredi 24 février :

Commissaire Montalbano – 02 – Chien de faïence : Andrea Camilleri par Belette
Au coeur du solstice de Jacques Vandroux par Sharon

Jeudi 25 février :

Les petits meurtres d’Agatha Christie – Saison 2 – Épisode 13 – Le cheval pâle (2015) par Belette
Guet-Apens – Sam Peckinpah par Lydia
Deux gouttes d’eau de Jacques Expert par Pativore.
La maison de la falaise de Marcel Priollet par Sharon
Dans l’ombre du loup d’Olivier Merle par Sharon.

Vendredi 26 février :

Batman – Terre-Un – Tome 2 : Geoff Johns et Gary Frank par Belette

Samedi 27 février :

Les Petits Meurtres d’Agatha Christie – Saison 02 – Épisode 15 – La mystérieuse affaire de Styles (2016) par Belette
Je voyage seul de Samuel Bjork par Sharon.
L’enfant étoile de Katrine Engberg par Sharon.

Dimanche 28 février :

Arsène Lupin, L’aventurier – Tome 3 – L’aiguille creuse (1ère partie) : Takashi Morita et Maurice Leblanc par Belette
La transparence du temps de Leonardo Padura par Eimelle.

Lundi 1er mars :

Le portrait de la Traviata de Do Jinski par Belette
Paz de Caryl Ferey par Livre d’un jour.
Thérapie – Sebastian Fitzek par Lydia

Mardi 2 mars :

La rumeur de Kara Lesley par Belette
Cassandra Darke de Posy Simmonds par Livre d’un jour
Les cousins Karlsson, tome 10 de Katarina Mazetti par Sharon

Mercredi 3 mars :

Scarlett et Novak d’Alain Damasio par Sharon.

Jeudi 4 mars :

Vendredi 5 mars :

L’attaque du Calcutta-Darjeeling d’Abir Mukherjee par Pativore.

Samedi 6 mars : le bilan final du mois du polar.

 

Leur dernier été de Nicolas Barrois

Présentation de l’éditeur :

Strasbourg serait une cité paisible si Mickaël Solmeyer n’y résidait pas. Ce jeune homme, désabusé et raté, voue à la planète entière et à ses confrères de la tour Hartmayer Industries en particulier, une hostilité sans frein. La découverte de deux corps dans l’Ill va permettre au commandant Xabi Etchegoyen et à la journaliste Élise Cervantès de faire une découverte des plus surprenantes : une tueuse à gages a été assassinée. Celle-ci, sur les traces d’un inspecteur des finances publiques, s’était précisément rendue quelques jours auparavant chez le président de la compagnie Hartmayer Industries. Une coïncidence troublante qui n’échappe à nos deux enquêteurs.

Mon avis :

Tout d’abord, je tiens à remercier l’auteur Nicolas Barrois grâce à qui j’ai pu découvrir ce livre. Merci pour sa patience aussi – je suis toujours très longue à chroniquer un SP. Je vais donc le chroniquer en faisant ce que je sais faire le mieux : du Sharon (avec Chanel sur les genoux).
Il est des personnes qui n’ont vraiment pas de chance. Prenez cette charmante jeune femme qui exerce le beau métier de tueuse à gage – je suis toujours curieuse de savoir quelle formation diplômante elle a suivi pour exercer ce si beau et si rare métier. Quelque chose me dit tout de même que sa formation contenait des lacunes : elle a en effet été elle-même assassinée. Ajoutons qu’une femme d’un certain âge, totalement inconnue des services de police (il est tant de personnes pour qui l’on utilise la formule inverse que je ne résiste pas à l’envie d’utiliser celle-ci), a été retrouvée morte, assassinée, au même endroit. Les deux affaires auraient-elles un lien ? C’est ce que le commandant Xabi Etchegoyen doit découvrir – et bien sûr, découvrir l’identité du coupable.
Oui, Strasbourg pourrait être une ville calme – d’ailleurs, c’est une très belle ville. Ce n’est pas Denis, père de famille, et sa femme Isabelle qui diront le contraire – jusqu’à ce que leur vie bascule. Tout cela à cause d’une photo. Tout cela à cause d’une affaire jamais véritablement résolue qui nous renvoie à l’été 1987. Qu’est-ce que Denis peut bien cacher ? Qu’est-ce qui lui fait si peur ? Je n’irai pas jusqu’à dire que son jugement se trouve altéré par les erreurs commises dans le passé au point qu’il compromet son présent, son avenir, et celui des êtres qui lui sont chers mais… oui, finalement, c’est tout de même ce que j’ai écrit.
La peur, ce n’est pas le sentiment principal éprouva par Elise Cervantès au début de l’intrigue. Fille d’une mére qui l’a élevée seule, elle est mère d’un petit garçon qu’elle élève… seule. Journaliste, elle ne peut pas se permettre de refuser un sujet, et c’est ainsi que son travail l’amène à rencontrer Xabi Etchegoyen, oui, le commandant chargé de l’enquête sur la mort des deux femmes trouvées dans l’Ill. Avantage d’être journaliste : mener une enquête plus facilement. Inconvénient : plus nombreux qu’on ne le pense. Surtout quand l’enquête tourne autour de la compagnie Hartmayer Industries, une industrie fa-mi-liale dans laquelle le grand patron, après avoir quasiment renié un de ses fils, a hâte de voir le cadet, qu’il a si bien préparé, lui succéder. La famille, c’est très important, on ne le répètera jamais assez. Ironique, moi ? Presque pas.
Passé, présent, présent, passé…Les deux sont indissolublement liés, et si les réponses sont à trouver dans le passé, si le passé demande des réponses, l’accumulation de frustration, de rancœur, justifiées ou non, peuvent entraînée des conséquences désastreuses.
Leur dernier été ? Un livre que j’ai aimé découvrir.

l’auberge de l’ange-gardien de la comtesse de Ségur

Mon avis :

Je pourrai commencer mon avis par cette phrase-cliché : nous avons tous lu les oeuvres de la comtesse de Ségur quand nous étions enfants. Eh bien, non. Ma mère n’aimait pas ces livres, en ce qui concerne les mémoires d’un âne, j’en avais un vrai, donc pas besoin de lire l’histoire d’un autre. J’ai bien lu Après la pluie, le beau temps, parce que le livre m’avait été offert à l’école primaire – et j’avais sauté beaucoup de passages, parce que je n’aimais que la fin, quand la situation s’arrange enfin, même si l’ensemble était très moralisateur.
Alors, l’auberge de l’ange-gardien ? C’est avant tout pour moi le reflet d’une époque, celle où des enfants pouvaient se retrouver livrer à eux-mêmes, et dépendre de la charité d’autrui. Je commenserai par Torchonnet : il a été enlevé par une mendiante, c’est à dire qu’elle l’a pris à une famille qui ne s’est pas soucié de lui, elle avait trop d’enfants, alors un de moins… A la mort de la mendiante, Torchonnet est embauché par un aubergiste qui n’aura de cesse de le maltraiter. IL faudra beaucoup d’heureuses coïncidences pour qu’il soit sorti de là, recueilli par le prêtre du village qui le baptise et lui donne ainsi un nom et un prénom. Oui, à l’époque, un enfant pouvait ne pas avoir de nom, de prénom. Dans mon arbre généalogique, j’ai trouvé une Louise. Louise, sans nom de famille. Parce que ceux qui l’ont trouvé et celui qui a noté tout cela à l’état civil à l’hospice de Paris ne lui ont pas donné de noms. Elle a vécu, me dira-t-on, c’est déjà ça, si ce n’est que, quand à son tour elle est devenue mère – et que le père de son enfant n’a pas jugé utile de reconnaître celui-ci, il a bien fallu trouver un nom de famille pour le petit. L’officier de l’état civil, inventif, lui a donné pour nom de famille le prénom de sa mère.
Pour Jacques et Paul, c’est … mieux. Leur mère est morte, leur père a été emmené par les gendarmes, et personne ne s’est soucié du devenir des deux enfants. Ils auraient pu mourir de froid, de faim, s’ils n’avaient été recueilli par une bonne âme et emmené à l’auberge de l’ange-gardien. Oui, la religion et surtout la pratique régulière de la prière sont omniprésents dans ce roman. Prier est une nécessité.
Alors, oui, tout finira par s’arranger, plus ou moins. Les gentils seront récompensés, les méchants seront punis – ne comptons pas sur l’indulgence du jury, de l’autrice, la décapitation ou la prison à vie sont les seuls châtiments possibles pour une tentative d’assassinat.
Au fond de l’intrigue, nous trouvons aussi la guerre, ou plutôt les guerres de cette époque, omniprésentes, le tirage au sort, cette ancêtre injuste du service militaire (et je ne suis pas partisane du service militaire non plus). Des guerres oubliées, des guerres qui causèrent pourtant des désastres dans nos campagnes dans lesquelles il n’y avait pas encore de monuments pour graver, pour l’éternité, le nom des enfants de la commune mort pour la France.

Quatre soeurs à Tokyo de Sophie Rigal-Goulard

Présentation de l’éditeur :

Ébahies et ravies, les Quatre sœurs atterrissent à Tokyo, la métropole la plus fascinante d’Asie ! Elles qui adorent les mangas, les peluches kawaï et le hanami – la fête des Cerisiers en fleurs -, vivent un rêve ! Dans une école de danse traditionnelle, Laure rencontre Sakura, une jeune Franco-Japonaise, qui la guide. Grâce à elle, les quatre sœurs apprennent à saluer à la nippone, à manger du poisson au petit-déjeuner, à s’orienter dans le quartier très animé de Shibuya et à maîtriser l’art des idéogrammes. Sakura les invite chez elle afin qu’elles découvrent les manières de vivre des Japonais. Mais pourquoi le voisin de la jeune fille intrigue-t-il tant Laure ?

Merci aux éditions Rageot et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Revoilà les quatre L ! Quatre soeurs quasiment inséparables, qui, cette fois-ci, se retrouvent au Japon. C’était leur rêve – tout comme c’était le rêve de leurs parents de partir tous les deux en amoureux pour une fois. Je vous rassure : les quatre soeurs ne partent pas seule, leur grand-mère et une de ses amies les accompagnent. A elles six, elles vont non pas découvrir la culture nippone mais l’approfondir directement sur le terrain !
Etre raisonnables ? Oui, parfois ! Il ne s’agit pas de rentrer en France avec cinquante licornes, même si les quatre soeurs visiteront un magasin qui lui est entièrement consacré (et quand je dis « magasin », je ne vous raconte pas la taille de celui-ci). Si cela fait le bonheur de Luna, la petite dernière, Laure, la narratrice, retrouve sa meilleure amie Justine (qui a toujours des coups de coeur pour des garçons qui ne la calculent pas vraiment) qui fait au pays du soleil levant un stage de danse, tout en étant hébergé par Sakura, une jeune franco-japonaise. Quant à Lou, elle a elle-même quelques soucis de coeur avec Maxime, qui lui aussi vit actuellement au Japon. Attention ! Laure, la narratrice, n’hésite pas à intervenir (discrètement) pour que les deux jeunes gens communiquent à nouveau.
J’ai beaucoup aimé ce parcours à travers le Japon, ces us, ces coutumes, et la difficulté que l’on peut avoir, en tant qu’européens, à vivre comme des japonais. Il nous montre aussi la différence entre ce que l’on croit savoir de la manière de vivre des japonais, et la manière dont ils vivent réellement.
Je n’ai garde, bien sûr, d’oublier les mangas ! Laure en est fan, elle dessine elle-même et… ce voyage à Tokyo lui permettra d’accomplir un de ses rêves. Lequel ? A vous de lire !

Scarlett et Novak d’Alain Damasio

édition Rageot –

Présentation de l’éditeur :

Novak court. Il est poursuivi et fuit pour sauver sa peau. Heureusement, il a Scarlett avec lui. Scarlett, l’intelligence artificielle de son brightphone. Celle qui connaît toute sa vie, tous ses secrets, qui le guide dans la ville, collecte chaque donnée, chaque information qui le concerne. Celle qui répond autant à ses demandes qu’aux battements de son cœur. Scarlett seule peut le mettre en sécurité. A moins que… Et si c’était elle, précisément, que pourchassaient ses deux assaillants ?

Merci aux éditions Rageot et à Netgalley pour leur confiance.

Mon avis :

« J’ai toute ma vie dans mon téléphone ». Combien de fois ai-je entendu cette phrase ? Souvent. Pour ma part, dans mon téléphone il y a… peu de choses. Et si jamais il était volé, ce serait ennuyeux parce que mon portable m’accompagne depuis presque sept ans maintenant, mais celui qui le volerait ne saurait pas grand chose de moi, mis à part mon répertoire téléphonique, et dans le dossier « téléchargement », la liste des attestations de sortie que je n’ai pas pris la peine d’effacer.

Novak ne peut pas vivre sans son brightphone, et surtout, sans Scarlett, l’intelligence artificielle de son brightphone. Il a des « potes de course », il a « un ami chômeur », ceux-ci restent totalement dépersonnalisés. Il parle aussi de temps en temps avec sa concierge croate – mais pour cela, il se sert du logicielle de traduction de son brightphone. Pratique. Bref, Novak semble tragiquement seul puisque, dans sa course pour se sauver, il fait encore appel à une application pour le tirer de là.

Ce qui est inquiétant dans ce récit n’est pas la course poursuite folle de Novak à travers la ville. Ce qui est inquiétant est le fait qu’il ne peut quasiment plus vivre sans son brightphone. Alors oui, l’on peut ironiser à l’envie sur cette génération qui ne fait plus l’effort de mémoriser puisque les informations peuvent être trouvées sur internet, et oubliées aussitôt, puisqu’elles peuvent être retrouvées (le savoir ne servirait plus à rien, dit-on), qui ne fait plus l’effort de regarder autour d’elle, sauf à travers l’écran de son portable. Oui, le récit est perturbant, à cause de ce qui arrive à Novak. Il est surtout perturbant parce que cette société qui est décrite dans la nouvelle est quasiment la nôtre, et risque de la devenir si nous n’y prenons pas garde. Ce n’est pas seulement une invitation à regarder à nouveau autour de nous, à faire confiance aux autres, c’est une invitation à être vigilent à ce qui se passe dans notre société.

Les cousins Karlsson, tome 10 de Katarina Mazetti

Présentation de l’éditeur :

Passer Noël sur l’île aux Grèbes ? Les cousins Karlsson en rêvaient. Mais une nuit, George disparaît mystérieusement… Puis c’est au tour de Chatpardeur ! Serait-ce un coup du « Joueur de flûte », ce dangereux individu à l’origine de plusieurs disparitions dans la région ?
Quoi qu’il en soit, il se trame quelque chose sur cette île, et les cousins sont bien décidés à ne pas se laisser faire. Malheur à celui ou celle qui oserait gâcher le Noël des cousins Karlsson !

Mon avis :

Qu’on se le dise ! Les cousins Karlsson sont grands, ils sont presque des adultes, du moins, c’est ce que dit Bourdon. Ils peuvent donc passer Noël seuls, tous les quatre, sur l’île au Grebe. Même les chevaux qui vivent traditionnellement sur l’île ne seront pas là – on ne va pas les laisser seuls, sur l’île, en plein hiver. Les enfants sont seuls, oui, mais après tout, ils l’ont toujours plus ou moins été. La différence ? Certains adultes savent que les dangers peuvent être bien réels – comme Taximaxi. E effet, quatre adolescents ont disparu, il faut donc être véritablement attentifs !
Surtout, les quatre cousins découvrent très vite qu’ils ne sont pas seuls sur l’île. Non, je ne parle pas de Chapardeur, qui a suivi Bourdon – forcément – je parle de personne qui ont laissé des traces de pas sur l’île, difficile de se cacher quand il neige ! Très vite, le mystère s’épaissit quand Chapardeur disparaît, puis George, puis….
Plus ludique que les tomes précédents, Squelettes et démons nous montrent quatre cousins parfois plus matures que leurs propres parents. Ils ne sont pas les seuls enfants à ne pas manquer de ressources – ou à se rendre compte que, parfois, ils ont vraiment fait de grosses bêtises, ou à s’interroger sur le fait de consommer (trop) de viandes. C’est la bonne humeur et la gastronomie (française -les treize desserts de Provence, la bûche de Noël) qui vont finir par prendre le dessus, dans une intrigue qui fleure bon l’esprit de Noël.

Les plaideurs de Jean Racine

 

Mon avis :

Attention, attention !
Il n’est pas de bon ton d’aimer les plaideurs.
Il n’est pas bien de dire que l’on a ri en le lisant.
Il est bon de dire que Racine ne savait pas écrire de comédies, contrairement à Corneille ou à Molière.
J’adore les plaideurs.
Cette pièce m’a toujours fait beaucoup rire.
Et pourtant, cette comédie qui se passe en Basse-Normandie est tout sauf drôle.
Elle nous parle de la corruption qui sévit dans le bel univers de la justice au temps de Louis XIV.
Elle nous montre des familles prêtes à se ruiner pour un procès.
Elle nous montre des monomaniaques prêts à tout pour assouvir leur passion : plaider.
Passion ou névrose, d’ailleurs ? L’on est plus proche de la deuxième dénomination, même si, à l’époque, cette notion n’existe pas encore. L’un quitte sa maison à l’aube, est surveillé étroitement par ses domestiques pour ne pas aller juger, l’autre fait de même, pour plaider. Et, au milieu de ses obsessions, l’on trouve une comtesse, que ses proches ont interdite de procès, un peu comme l’on interdirait un joueur de casino de nos jours.
Bien sûr, l’on a un couple d’amoureux, Léandre, fils de Dandin, et Isabelle, fille de chicanneau, qui ont appris à maîtriser le langage juridique grâce aux obsessions de leur père respectif, et qui sauront tirer leur épingle du jeu.
Ne l’oublions pas : toute pièce de théâtre mérite une bonne mise en scène, et de bons acteurs. La scène ne souffre pas la médiocrité, et c’est de rythme, d’énergie qu’a besoin cette oeuvre.

Dragons et mécanismes d’Adrien Tomas

édition Rageot – 640 pages

Présentation de l’éditeur :

Dague est voleur et espion. Il vit de cambriolages et de petits larcins. Alors qu’il est en mission de surveillance, il assiste à l’agression de Mira, une étrangère qui a fui son pays suite à un coup d’Etat. L’adolescente est archiduchesse, poursuivie par un tyran qui veut l’épouser et s’accaparer ses talents. Car elle fait partie des mécanomages, des sorciers capables de combiner leurs pouvoirs à de savants montages d’ingéniérie mécanique. En sauvant Mira, Dague est blessé, et les deux jeunes gens sont d’abord contraints de se cacher. Mais l’aristocrate est déterminée. Pour échapper à son ennemi et – accessoirement – tenter de récupérer le trône d’Asthénocle auquel elle peut prétendre, elle est résolue à s’enfoncer au cœur de la jungle. Un territoire hostile, quasi inexploré, et peuplé de dragons sanguinaires.

Mon avis :

Gagnez un temps précieux, ne lisez pas mon avis, lisez Dragons et mécanismes.
Si ce roman se déroule dans le même univers qu’Engrenages et sortilèges (lu trois fois, autant dire que je maîtrise le sujet), il n’est pas utile de l’avoir lu pour apprécier Dragons et mécanismes.
De quoi parle ce roman ? Il parle de complots, de trahison, de la capacité à s’adapter quelle que soit la situation. Oui, que l’on soit un voleur, un espion ou que l’on soit l’héritière déchue d’un trône, il faut toujours être sur le qui-vive, parce que ce qui vous attend, ce qui vous arrive, n’est pas du tout ce que l’un ou ce que l’autre avait prévu, que ce soit à court ou à long terme. Pour parler en des termes plus littéraires, les rebondissements et les péripéties sont nombreux, et emmènent le lecteur dans une intrigue inattendue. Attention ! Ne confondons pas « s’adapter » et « renoncer à ses principes », ou pour faire court, Mira et Dague chercheront toujours tous les moyens pour combattre Arlov, celui qui a renversé les parents de Mira. D’autres seront amener à les remettre en cause, leurs principes, leur règle, leur loi : faut-il vraiment obéir à son chef si celui-ci ressemble énormément à un tyran ?
Mes personnages préférés ? Kimba et Cuthbert, forcément. L’un comme l’autre ne manient pas la langue de bois et font preuve de beaucoup d’humour. Ni l’un ni l’autre n’ont pris les chemins que l’on attendait d’eux – si tant est que la mère de Cuthbert attendait quoi que ce soit de lui, ou que quiconque ait réussi à influencer Kimba. Etre un fantôme et élever un gosse aussi imprévisible que dague, c’est compliqué. Quant à Cuthbert, c’est un dragon – petit, certes, mais un dragon quand même !
Une citation, pour la route :
– Aucune idée, soupira Shumbi. Pourquoi quiconque voudrait libérer la plus dangereuse créature du monde après des millénaires d’enfermement ? A moins d’être à la recherche d’un suicide particulièrement destructeur et spectaculaire et d’emmener la planète entière dans sa chute…

Je voyage seul de Samuel Bjork

édition Jean-Claude Lattès – 506 pages.

Présentation de l’éditeur :

Elles n’avaient que 6 ans …
En pleine forêt norvégienne, une enfant est retrouvée pendue à un arbre. Sur son dos, un cartable d’écolière; autour de son cou, une pochette d’une compagnie aérienne avec ces mots : « Je voyage seule ».
L’inspecteur Holger Munch, chargé de l’enquête, fait appel à son ancienne coéquipière Mia Kruger, jeune policière de génie. Quand Mia découvre le chiffre 1 inscrit sur un doigt de la victime, la tension monte d’un cran : il y aura d’autres meurtres identiques, assure-t-elle. La suite lui donne raison… Jusqu’où ira le tueur ? Comment arrêter le massacre ? Une enquête terrifiante, qui frappera les deux policiers plus intimement qu’ils ne le croient…

Mon avis :

Je n’avais pas prévu de terminer, ou quasiment terminer, le mois du polar avec ce pavé. Qu’à cela ne tienne ! C’est chose faite, ou plutôt, chose lue et chroniquée. Dire qu’il est des personnes pour être choquée parce que j’ose chroniquer des livres empruntés à la bibliothèque. Pour ceux qui pensent qu’on n’a le droit que de chroniquer des livres que l’on a acheté, la sortie du blog, c’est par ici !

Je n’irai pas jusqu’à dire qu’au début de ce premier roman policier norvégien, beaucoup d’enquêteurs ne vont pas bien mais… si. Mia, d’ailleurs, n’est plus une enquêtrice. La jeune femme, qui a à peine dépassé la trentaine, a planifié son suicide. Ce qui est bien, quand on se suicide, c’est que l’on sait à l’avance quand ses souffrances se termineront. Pour elle, ce sera le 18 avril, leur anniversaire à elle et à Sigrid, sa soeur jumelle, morte d’une surdose de drogue depuis dix ans. Rien n’a plus effacé la douleur de sa mort, et surtout pas le fait d’avoir tué celui qu’elle jugeait responsable de sa mort, son compagnon-junky-dealer. Non, elle n’est pas allée en prison, elle a simplement quitté la police, et son co-équipier Holger Munch a été rétrogradé. Seulement, une nouvelle enquête, glaçante, lui permet de retrouver sa place, et d’imposer Mia –  pour l’acuité de son regard. Elle seule relève des détails que tous les autres enquêteurs ne voient pas. Il n’en fallait pas plus pour que la jeune femme repousse ses projets de mettre fin à ses jours, même si sa soeur lui manque. Empêcher un assassin d’enfants de nuire ne peut pas attendre.

Ce que j’ai aimé ? La solidarité et le professionnalisme des policiers – sauf, peut-être, celui de leur chef, dépassé par les circonstances, découvrant que les enquêteurs font front commun contre lui pour faire avancer l’enquête. Que ce soient Gabriel, le petit nouveau fan de Mia, Annette ou Kim, tous œuvrent pour sauver qui peut encore l’être et ne comptent pas leurs heures. La mort des fillettes est montrée pour ce qu’elle est : un acte criminel et cruel. Comme d’autres romans norvégiens, Je voyage seule montre que la maltraitance des enfants est fréquente, ignorée souvent, quand les services sociaux ne sont pas débordés et/ou blasés. J’ai aimé aussi que les personnes transgenres soient montrés comme des personnes ordinaires – et qui aimeraient bien qu’on les voie ainsi !

Ce que j’ai moins aimé ? J’ai trouvé que le roman comportait des longueurs, notamment avec le personnage du père Simon, de Lukas et de Rakel, qui peinent à se rattacher à l’ensemble de l’intrigue. Oui, ces personnages avaient leur utilité, et montrent, comme dans Délivrance de Jussi Adler-Olsen le poids que les sectes peuvent avoir au Danemark – le poids, et l’invisibilité aussi, personne n’ayant empêché le père Simon de nuire jusqu’à présent, les plaintes ayant été retirées contre argent sonnant et trébuchant.

Un deuxième tome a été traduit en français, un troisième pas encore. J’espère lire le second, et espère la traduction du troisième.

L’enfant étoile de Katrine Engberg

édition Fleuve noir – 416 pages

Présentation de l’éditeur :

En plein centre-ville de Copenhague, une jeune étudiante est retrouvée dans son appartement sauvagement assassinée, le visage marqué par d’étranges entailles. L’inspecteur Jeppe Korner et son équipière Annette Werner, chargés de l’affaire, découvrent rapidement que le passé de la victime contient de lourds secrets. Quant à la propriétaire de l’immeuble et également voisine, Esther, elle est en train d’écrire un roman qui relate dans les moindres détails le déroulement du meurtre.
Simple coïncidence ou plan machiavélique ?
Commence alors pour Jeppe et Annette une plongée au cœur d’une ville dans laquelle les apparences sont mortelles.

Merci à Bepolar et aux éditions Fleuve noir.

Mon avis :

L’enfant étoile est un premier roman, et franchement, cela ne se voit pas, tant l’autrice a su construire un univers riche et cohérent. Je ne saurai dire quel personnage m’a le plus convaincu, alors je commencerai par le duo d’enquêteurs, complémentaires parce que différents. Anette est heureuse en ménage, et n’a pas d’enfants, par choix, Jeppe a sombré dans la dépression après son divorce, le couple qu’il formait avec Thérèse n’a pas résisté au parcours du combattant qu’a constitué pour eux la lutte contre l’infertilité. La bonne humeur de l’une et le spleen de l’autre ne les empêchent pas d’être entièrement mobilisés pour cette enquête tortueuse.
Commettre un meurtre, c’est une chose. S’acharner sur sa victime, s’en est une autre. Dans cet immeuble paisible, familiale même (la propriétaire des lieux, Esther y a grandi), qui a pu commettre un tel crime ? Et pourrait-il recommencer ? Oui, très vite, les enquêteurs penchent pour un « il » à cause de la force physique qui a été nécessaire. Au cours du récit, tout tournera autour de Julie et d’Esther, Julie, parce qu’elle est la victime, Esther, parce que le crime a eu lieu dans son immeuble, parce que cette universitaire à la retraite participe à un atelier d’écriture et tente d’écrire son premier roman policier, mettant en scène un crime quasiment identique à celui qui a eu lieu dans son immeuble, parce que Julie et elle avaient plus de points communs qu’elles ne pensaient.
Oui, dans ce roman, tout tourne autour de la famille et des enfants. Jusqu’où êtes-vous prêts à aller pour votre enfant, pour le protéger, ou au contraire pour protéger votre réputation ? Jusqu’où êtes-vous prêts à aller pour avoir un enfant ? Certains iront très loin, certains agiront mal, dans le sens où ils ont cru bein faire et ont fait pire que mieux – le mieux étant l’ennemi du bien.
Après l’enquête la vie continuera pour Anette, pour Jeppe et pour Esther, survivante de cette enquête. Elle n’a pas l’intention de se laisser abattre, et c’est tant mieux pour elle.

Le bazar du zèbre à pois par Raphaëlle Giordano

Présentation de l’éditeur :

Basile, inventeur, agitateur de neurones au génie décalé, nous embarque dans un univers poético-artistique qui chatouille l’esprit et le sort des chemins étriqués du conformisme. De retour à Mont-Venus, il décide d’ouvrir un commerce du troisième type : une boutique d’objets provocateurs. D’émotions, de sensations, de réflexion. Une boutique « comportementaliste », des créations qui titillent l’imagination, la créativité, et poussent l’esprit à s’éveiller à un mode de pensée plus audacieux ! Le nom de ce lieu pas comme les autres ? Le Bazar du zèbre à pois.

Merci aux éditions Plon et à netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Je n’ai jamais lu cette autrice avant de découvrir cette ouvrage. Je ne la connaissais que de nom, connaissais aussi le titre de ses précédents ouvrages mais n’en ai jamais ouvert un, ni même lu les avis sur ceux-ci, paradoxe d’une personne qui rédige des avis et ne lit pas forcément ceux qui concernent des livres qu’elle n’a pas envie de lire dans l’immédiat.
Le bazar du zèbre à pois, c’est le titre du roman et c’est aussi le titre de la boutique ouverte par Basile, enfant de retour au pays natal, si j’ose dire. Il est inventeur, et surtout, il veut bousculer les conventions avec ses « objets provocateurs ». En ce qui concerne la « provocation », cela dépend pour qui. Il ne s’agit de rien de gratuit ou pire, de trash, de cru ou de sanglant. Il s’agit de faire fonctionner les méninges et la créativité de celui ou celle qui rentre dans la boutique. Consommer et faire réfléchir – un paradoxe, là aussi. Le bazar ne cherche pas une consommation de masse, mais une consommation raisonnée pour ne pas dire économique et créative, quand Basile et son nouvel employé créent une machine à customiser. En revanche, il est des personnes qui seront provoquées, c’est certain, des personnes comme Louise. Etre à la tête d’une association citoyenne, c’est bien. Ne vouloir que des choses utiles, des actes utiles dans sa vie, c’est triste et réducteur. Je fais partie de ses personnes, comme Basile, qui pense que « travailler » et « souffrir » ne sont pas un couple obligatoire. Et pourtant ! J’en ai cotoyé, au début de ma carrière, des collègues qui parlaient de leur souffrance en préparant leur cour, de leur souffrance en cours, de leur boule au ventre avant de rentrer dans une salle de classe. Il a fallu plusieurs années pour rencontrer des collègues qui disent que certaines activités de notre métier sont moins agréables que d’autres, et qu’il en est de même pour tous les métiers. Ouf. Je me sens moins seule à ne pas souffrir.
Le bazar du zèbre à pois pourrait n’être qu’un feel good roman. Il nous interroge, pourtant, sur ce que nous voulons faire dans la vie, ce que nous voulons faire de notre vie. Doit-on forcément renoncer à ses rêves pour garder un travail alimentaire dans lequel on ne s’épanouit pas, au lieu d’en chercher un autre, moins gratifiant financièrement mais plus risqué, plus épanouissant ? Que signifie la réussite professionnelle, qui assure un bon train de vie, quand on n’en profite même pas, et quand on passe à côté de ses proches, ceux pour qui l’on prétend se tuer à la tâche ? Comment changer aussi le regarde de certains professeurs, qui mettent définitivement les élèves dans des cases, et ne font rien, ni dans leur travail, ni dans leur propre cheminement, pour les en sortir ? Ne parlons pas non plus de la fausse bienveillance, bien pire que la vraie indifférence, parce qu’elle donne bonne conscience.
Le bazar du zèbre à pois est un livre agréable à lire, avec un récit bien construit et bien rythmé. Mention spéciale pour les chapitres avec Opus comme narrateur, charmant teckel parfois dépassé par la situation.