Les nouveaux exploits des petites chipies de Romoreau

Mon avis :

Ceci est le dernier volume des aventures des petites chipies que je chroniquerai. Il en existe deux autres mais à l’époque de leur parution, il n’était pas parvenu jusque dans les coins reculés où je vivais (et où je vis toujours).
Brigitte et Véronique ont déjà un travail pour les vacances, travail qui ne nécessite pas de grandes compétences mais ne les épanouie pas non plus, entre vendre des fruits et légumes à des dames qui ne se préoccupent pas encore du bio mais de leur origine, ou balayer des entrepôts.
Les animaux de la vie quotidienne sont bien présents, et j’aimerai que les lecteurs de 2017 lisent ces planches au caractère champêtre. Que penseraient-ils de ces enfants qui peuvent se baigner dans la rivière sans surveillance, pendant qu’une chèvre mange leur vêtements ? Ou du fait d’utiliser des canards pour tirer une embarcation qui n’est pas des plus modernes ?
Les enfants pouvaient s’amuser sans technologie moderne. On pouvait cuisiner sans chercher la recette sur internet (même si je reconnais que c’est bien utile parfois). Elles sont sportives, également, pratiquant la natation, le canoë, le ski ou le tir à l’arc ? Elles sont aussi, parfois, en conflit avec l’éducation nationale, qui, il est vrai, ne tient pas une grande place dans ces planches.
J’essaierai de trouver les deux tomes manquants….

La saison des roses de Victoria Connelly

Présentation de l’éditeur : 

À tout juste trente ans, Céleste Hamilton voit son destin tout tracé changer radicalement quand son mariage malheureux prend fin au moment même où meurt sa mère, avec laquelle elle entretenait de très mauvaises relations. Cette dernière laisse en héritage à ses filles la roseraie familiale au bord de la faillite. À contrecœur, Céleste retourne vivre dans le manoir de son enfance pour aider ses deux sœurs à restaurer la propriété et remettre sur pied l’entreprise familiale. Rejetée dans son enfance par sa mère narcissique, Céleste est rongée par le manque de confiance en elle. Mais pour éviter de perdre le manoir familial, elle devra trouver le courage d’affronter l’avenir et de prendre des décisions difficiles. La Saison des roses est un roman inspirant et sensible sur le courage, la persévérance et le pouvoir rédempteur de la famille.

Merci à Netgalley et à Amazon crossing pour ce partenariat.

Mon avis : 

Ce roman aurait pu s’appeler  Trois soeurs, puisque ce livre nous raconte l’histoire de trois soeur, Celeste, Gertie et Evy. Trois soeurs, mais trois soeurs séparées puisque l’aînée a quitté le domaine familiale depuis trois ans et ne revient que parce que leur mère est décédée : les deux cadettes ont besoin de son aide. De son soutien moral aussi, même si elles ne comprennent pas pourquoi elle n’est pas revenue plus tôt.
De l’échec du mariage de Celeste, on saura peu de choses, si ce n’est que c’est une histoire tristement banale de personnes qui se sont mariés pour de mauvaises raisons et se rendent compte après coup. Ses soeurs n’ont pas non plus des vies sentimentales d’une extrême richesse, nous le découvrirons au fil de la lecture, nous le découvrirons avant même Celeste.
En effet, ce qui domine, ce sont les non-dits. Oui, les trois soeurs se parlent, mais elles se disent rarement ce qu’elles sont sur le coeur. Elles échangent, oui, au sujet des roses, du manoir, de la manière de se tirer d’affaires, et c’est tout. Les sujets intimes, les sujets qui leur tiennent vraiment à coeur, elles trouvent toujours les moyens de les éviter – une stratégie de la fuite.
Pourquoi ? La responsable n’est plus là : Penelope, leur mère, qui a dévié totalement leur rapport à la parole en ne jouant pas son rôle de mère. Egocentrée, elle n’a jamais cherché à donner confiance à ses filles, elle n’a cherché qu’à les rabaisser afin de paraître la meilleure en tout point. Elle a enfermé ses filles dans un cercle vicieux, dans lequel, quoi que ses filles fassent, elles avaient tort. Paraître, oui, la seule chose qui intéressait Penelope. Quant à son mari, il ne parvient, finalement, à vivre qu’en ne combattant pas, ni sa première femme, ni la seconde, Simone.Lui tenir tête : une des étapes vers la libération.
Dit ainsi, on pourrait croire que ce roman est assez sombre. Il n’en est rien. Il parle aussi d’une passion familial pour les roses, passion qui a rendu heureux les grands-parents des soeurs Hamilton, et qui a éloignée leur mère, passion qu’elles partagent toutes les trois.Il s’agit également du sens que l’on veut donner à sa vie – il n’est jamais trop tard pour envisager un changement.

La dernière danse des maoris de Caryl Ferey

Présentation de l’éditeur :

La mère d’Alice, géographe, travaille aux quatre coins du monde… Un matin, Alice et son père, qui vivent à Paris, reçoivent un coup de téléphone alarmant : victime d’un accident d’ULM, la jeune femme a été hospitalisée à Auckland. Une minute trente plus tard, leur décision est prise : ils iront passer les fêtes de Noël en Nouvelle-Zélande !Mais sur place, les mésaventures s’enchaînent : Alice échappe de peu à la noyade, tandis que sa route ne cesse de croiser celle d’un Maori au visage couvert de tatouages…

Mon avis :

Un livre de la collection souris noire… une collection que je croise moins souvent, peut-être parce que les enquêtes policières pour jeunes ados sont une peu tombées en désuétude au profite de la fantasy.
Une enquête qui nous emmène au bout du monde. L’héroïne a des parents unis, très unis, d’ailleurs c’est son père qui élève Alice alors que sa mère effectue son travail à l’autre bout du monde – une tendance certaine dans la littérature jeunesse, aussi, de montrer des parents qui font carrière mais parviennent à tisser des liens avec leur progéniture. Géographe, un métier qui, logiquement, n’est pas dangereux. Seulement… la mère d’Alice a eu un accident qui n’en est pas vraiment un. Qui est responsable ? Ce mystérieux Maori, au visage tatoué comme celui d’un chef traditionnel, qui effraie tant Alice ?
Dire qu’il ne faut pas se fier aux apparences est trop simple. Je dirai plutôt qu’il ne faut pas juger l’autre à l’aune de nos connaissances, mais se demander quelles sont ses coutumes, ses croyances. Il n’est pas besoin d’être écologiste pour respecter la terre, la mer, et les êtres qui y vivent. L’on peut être « un chef » et n’en avoir que le nom, sans penser aux bien de son peuple. Il est des prises de pouvoir, des coups d’état non violents.
Bien sûr, nous sommes dans un roman de littérature jeunesse, donc certains faits ne sont pas aussi développés que dans un roman pour adulte. Cependant, ils donnent des pistes de discussion intéressantes pour sensibiliser de jeunes lecteurs et échanger avec eux.

Les petites chipies n’en ratent pas une de Romoreau

Mon avis :

Troisième recueils des aventures de Zézette, Brigitte, Véronique, Laurence et Corinne, alias les petites chipies. Elles sont déjà des pré-ado puisque Laurence, la seule à porter des pantalons, roule en scooter et cherche déjà un petit boulot. Elles sont toujours le plus souvent chargées de garder leur petit frère ou leur petit cousin. Question d’époque : baby-sitter n’était pas encore un métier en vogue – mais il est encore des familles où les filles doivent surveiller les garçons. Oui, sauf distraction de ma part, les petites chipies ne sont jamais chargées de garder une petite fille. La présence de ces jeunes personnages masculins serait-elle une manière de contrebalancer le nombre de personnages féminins ?
Elles donnent aussi un coup de main aux plus grands qui les sollicitent – oui, les petites chipies sont généreuses, à condition que l’on ne se moque pas d’elles. Les rôles s’inversent aussi, parfois – et Brigitte de veiller sur son grand-père. Il est aussi des scènes anachroniques, surannées, comme Brigitte qui lave le linge à la main, ou trait manuellement les vaches. Pus surprenant, Corinne s’entraîne au tir au fusil – et elle n’a besoin de l’aide de personne pour s’en servir, l’ayant à sa disposition sans plus de précautions.
On notera aussi la présence de quelques animaux, Milou, le chien bien nommé, deux chiots turbulents, quelques chats perdus, sans oublier un canard, une chèvre et des moutons – là aussi, la profession de « petit berger » n’est pas tombé en désuétude pour Honoré.

Journal d’un vampire, tome 2 de L.J. Smith

Présentation de l’éditeur :

Elena s’est métamorphosée en une créature de la nuit sanguinaire et incontrôlable. Tiraillée entre les frères vampires, plus que jamais ennemis, elle doit aussi affronter un terrifiant adversaire, dont la menace se fait chaque jour plus vive. Tapi dans l’ombre, celui-ci n’attend qu’une chose: déchaîner contre Elena sa furie bestiale… et la vider de son sang ! Stefan et Damon n’ont pas le choix. Ils vont devoir s’allier pour empêcher que la femme qu’ils aiment leur soit de nouveau arrachée. Et il va falloir agir vite! Car la force maléfique prépare un spectacle apocalyptique où, c’est sûr, personne ne sera épargné…

Mon avis : 

Si vous êtes fan de la série de romans (et non de la série tout court), merci de passer votre chemin, mon avis ne va pas vous plaire du tout. Par contre, si vous aimez les avis très subjectifs, vous êtes au bon endroit.

Déjà, un regrêt : lors de la première édition, les livres étaient scindés en deux tomes distincts, ce qui les rendraient bien plus faciles à chroniquer, tant le coup de théâtre qui surgit au beau milieu du tome modifie l’intrigue.

Certes, nous avons déjà un coup de théâtre au début du livre, à croire que cette saga ne fonctionne qu’ainsi : Elena est revenue du royaume des morts, elle est une vampire et elle en pince pour Damon. Note : elle a raison. Même si Stefan, après la « mort » de sa bien-aimée, a lâché prise et s’est livré à ses pires pulsions. Chassez le naturel vampirique, il revient au galop.

A côté du binôme vampirique masculine, nous avons un binôme humain féminin, Meredith et Bonnie. La première fait irrésistiblement penser, par sa capacité à ne faillir en aucune circonstance, à une autre Meredith – à croire que si l’on feuilletait un dictionnaire des prénoms américains, on trouverait cette qualité dans leur portrait. Bonnie, en dépit de ses dons surnaturelles, est plutôt la copine à laquelle on peut s’identifier. Avoir un esprit qui communique par son truchement n’est pas vraiment sa tasse de thé, non plus que d’affronter des forces obscures. Maintenant, il faut bien que quelqu’un s’y colle, et les habitants de cette ville semblent bien démunis, même s’ils ont fait appel à un spécialiste. Je peux bien vous le nommer, il s’agit d’Alaric. Il s’y connaît en vampire, lui qui a hébergé Damon – cela s’appelle avoir du flair – et logera Elena quatre jours à l’insu de son plein gré. Autant dire qu’il n’est pas le plus doué le moment venu et que l’issue viendra … d’une personne à laquelle on ne s’attendait pas. Ce qu’une femme a défait, une autre peut le renouer – maxime à méditer pendant la seconde partie du livre.

Ici, c’est clairement Bonnie qui a la vedette, elle qui tient à son tour un journal depuis la fin de la première partie. Les forces obscures n’ont pas dit leur dernier mot, et les agressions reprennent, avec des habitants toujours prompts à oublier les faits surnaturels survenus auparavant. Bonnie devra se servir du journal d’une des fondatrices de la ville pour affronter une nouvelle créature obscure. Enfin, quand je dis « nouvelle », elle était déjà là depuis le premier tome, il fallait simplement qu’elle soit révélée. Est-ce une surprise ? Pas vraiment. Il est rare de voir un personnage complètement antipathique basculer du côté lumineux de la force.

Quant au dénouement, il est sympathique. Pas vraiment le qualificatif qui rime avec vampire. Le bien et la morale triomphent presque entièrement. Trop chou, vous dis-je. Journal d’un vampire, tome 2 – ou le roman vampirique garanti peu sanglant.

Les aventures des petites chipies de Romoreau

Mon avis:

J’avais cinq ans quand je lisais ces livres – et croyez-moi, en 1983, trouver des livres qui sortent de l’ordinaire quand on vit à Pétaouchnok tenait du prodige (et en a tenu encore longtemps).
Qui sont-elles, ces petites chipies, terme à prendre au sens affectueux bien entendu ? Elles sont cinq, que nous découvrons dès la première planche : Brigitte, Zézette, Laurence, Véronique et Corinne. Ces deux dernières sont les moins fréquemment représentées, les deux vedettes, à mes yeux, sont véritablement Brigitte et Zézette, Laurence, celle qui a les cheveux attachés et porte des pantalons, représente finalement la médiane entre deux binômes.
Nous sommes dans un univers très différent de celui d’aujourd’hui, et j’aimerai le faire découvrir à nos jeunes ados. Les filles portent des robes, cousent avec plus ou moins de bonheur, cuisinent, gardent leur petit frère, leur petit cousin, s’entraînent à la gym – Nadia Comaneci est l’idole de toute une génération. Elles vont parfois à la bibliothèque – mais préfèrent les BD. Elles vivent en ville, certes, mais la campagne n’est pas très loin.
Les couleurs sont tendres, le graphisme est doux. Aucune bêtise n’est véritablement grave, il ne s’agit jamais de mal faire – simplement, de montrer que l’entente entre camarade de classe n’est pas toujours facile. Et si l’on choisit ses amies, on ne choisit pas ses cousins fans de promenade à la campagne, on n’a pas toujours envie de partager, ce qui ne fait pas d’elles des monstres d’égoïsme, mais des enfants ordinaires.
A relire, à découvrir et à partager.

L’or des fous de Rob Schultheis

Présentation de l’éditeur :

En 1973, Rob Schultheis retire ses maigres économies de la banque et prend la route de l’Ouest au volant de son minibus Volkswagen. Il débarque à Telluride, dans le Colorado. À l’époque, Telluride n’est qu’une petite ville minière coupée du monde, où vivent quelques familles isolées et où rôdent encore loups et grizzlys ; le genre d’endroit où l’on vous passe à tabac si vos cheveux sont trop longs. Trente ans plus tard, elle est devenue une destination de villégiature pour les riches skieurs du monde entier. Le rêve américain s’exprime ici dans toute sa folie, du médecin local qui chasse les ovnis à bord de son Cessna à la magie sinistre des fantômes qui peuplent le désert indien. Avec un style tout aussi indomptable que son sujet, L’Or des fous entraîne le lecteur à travers un voyage inoubliable et lui fait entrevoir le visage changeant et méconnu de l’Ouest américain.

Mon avis :

Presque six mois que je n’avais pas chroniqué un roman des éditions Gallmeister ! Je n’avais pourtant pas arrêté d’en lire, il me fallait simplement passer le cap de l’écrit.
Folie est vraiment le terme qui convient pour décrire ce livre et les chapitres qui les composent. Et s’il faut parler de réaliste et d’autobiographie, et bien cette écriture pourrait vraiment être le témoignage des deux, sans oublier la lucidité face à ce qu’est devenu ce petit coin du Colorado.
Inclassable ? Aussi. Parce que ce livre nous parle autant du passé que du présent. Il m’a fait penser aussi aux oeuvres d’Edward Abbey – ceux qui aiment l’un doivent nécessairement connaître les textes de l’autre.
Je terminerai par une spéciale dédicace pour les castors – qui ne se reconnaîtront pas.