Le sang de la vigne, tome 19 de Jean-Pierre Alaux et Noël Balen

Présentation de l’éditeur :

Dans les replis de la vallée du Lot, une nouvelle race de seigneurs prétend régenter le vignoble de Cahors. Pierre-Yves Pellegrin, puissant homme d’affaires et propriétaire du Château Champ-Grèze, règne en maître sur l’appellation. A une portée de fusil, le Château Hébrard vient d’être acquis par un autre capitaine d’industrie affublé d’un régisseur aux mœurs douteuses. Les ambitions bouillonnent et la soif de pouvoir n’est jamais rassasiée. Quand l’œnologue Benjamin Cooker et son assistant Virgile débarquent dans la région pour surveiller les fermentations de la dernière vendange, il règne comme une odeur d’arômes frelatés et de pourriture sans noblesse sur les terres du Quercy.

Mon avis :

Je n’ai pas lu les 18 titres précédents, seulement un ou deux. Le héros de cette série est Benjamin Cooker, et, dans une moindre mesure, son assistant Virgile, qui a de sérieux problèmes avec la ponctualité. Dans ce volume, il travaille avec Pierre-Yves Pellegrin, PYP pour les intimes. Un souci apparaît dans le vignoble de Cahors – un immense souci, quel que soit le point de vue où l’on considère les faits : qui est l’inconnu retrouvé mort dans une des cuves de l’exploitation ? Et comment est-il arrivé là ? Un accident est très peu probable.

En revanche, les tensions sont bien là et ne facilitent ni la vinification, ni l’enquête. Tension entre vignerons tout nouveaux tout beaux, tensions entre membres d’une même famille, tension entre employés, voire entre vendangeurs. Y a-t-il une zone de sérénité dans le Lot ? Peut-être est-elle à chercher dans les moments que Virgile passe avec son ami Manuel, ou ceux que Benjamin tente de passer avec sa femme – quand on n’a pas la gentillesse de mettre sa voiture hors d’usage. S’il est des personnes qui ont du travail presque malgré eux, ce sont les garagistes.

Ce roman est véritablement ancré dans une région, dans un milieu qu’il permet de découvrir un peu, et peu importe si l’on s’y connaît en vin, ou pas du tout. Un roman facile à lire et parfait pour se distraire entre deux romans policiers plus sombres.

Tag féministe

J’ai lu ce tag chez Mind the gap qui lui-même l’avait trouvé chez Valentyne, la jument verte. Puis, je l’ai vu à nouveau sur le blog de Philisine Cave.

Je l’ai repris, parce qu’en cette période où les droit des femmes me semblent dangereusement remis en cause, ce n’est pas du luxe de s’intéresser aux auteures.

  • Votre auteure préférée ?

 Agatha Christie ! Une auteur à lire, à relire et à redécouvrir, et pas seulement pour ses romans policiers.

  • Votre héroïne préférée ?

Difficile de faire un choix. Je pense à Denise, l’héroïne d’Au Bonheur des dames d’Emile Zola, Rizzoli et Isle, le duo policière/légiste de Tess Gerritsen mais aussi à Miss Marple. En dehors de l’univers romanesque, mon choix serait plus simple : Andromaque de Jean Racine.

  • Un roman qui propose un message féministe ?

La part des choses de Benoite Groult. Un roman qui interroge sur les choix des différents personnages, ou sur leur soumission à ce que l’on attend d’elles. La femme gelée d’Annie Ernaux.

De manière plus légère, la série Mercy Thompson de Patricia Briggs montre que les femmes sont capables de prendre soin d’elles-mêmes et doivent être respectées, quelles qu’elles soient. Une série aux antipodes de cinquante nuances, etc….

  • Un roman avec une fille/femme sur la couverture ?

Les cygnes de la cinquième avenue, dont la couverture représente le « cygne » qui a inspiré le livre.

  • Un roman qui met en scène un groupe de filles/femmes ?

La série Coeur Cerise de Cathy Cassidy. Quand j’étais ado, je déplorai que, dans les romans proposés à l’époque, les filles étaient toujours dépendantes des garçons pour mener à bien leur projet, manquaient cruellement d’indépendance. Dans cette série (et dans d’autres), les filles ont des amis, des petits amis, mais elles n’attendent pas nécessaire leur aide pour agir, prendre des décisions.

Je pense aussi à la série de BD Les petites chipies de Romoreau.

  • Un roman qui met en scène un personnage féminin LGBT ?

Les amies d’Héloïse, d’Hélène de Montferrand. Je n’ai jamais lu la suite, qui met en scène les enfants d’Héloïse, de peur d’être déçue.

Mon avis, qui date de 2012 : Les amies d’Héloïse est un très beau roman. Les héroïnes sont lesbiennes ? Et alors ? Il est avant tout question d’amour et d’acceptation de l’autre, et même si les familles se montrent exceptionnellement tolérantes (nous sommes dans l’Europe d’après guerre) assumer ses choix n’est pas toujours facile. le choix du roman par lettres permet de connaître le point de vue de chaque personnage. Point de traitrise comme dans Les liaisons dangereuses : chacune se livre à coeur ouvert.
Le prix Goncourt du premier roman est amplement mérité.

  • Un roman qui propose plusieurs points de vue féminins

Des femmes remarquables de Barbara Pym ou Un sale livre de Frank Andriat.

  • Un livre dans lequel une fille sauve le monde ?
    Le monde d’Ewillan de Pierre Bottero.
  • Un personnage secondaire féminin que vous préférez au héros de son roman ?

Caroline Sheppard, la soeur du narrateur du Meurtre de Roger Ackroyd d’Agatha Christie. Vieille fille, elle est au courant de tout, très fine, et a sans doute trouvé le coupable en même temps, voir avant Hercule Poirot. Elle aurait donné envie à Agatha Christie de créer un nouveau détective : Miss Marple.

  • Un livre écrit par un homme qui met en scène un protagoniste féminin ?
    Les âmes croisées de Pierre Bottero ou Zouk de… Pierre Bottero. Ou comment, pour ce livre, se mettre dans la peau d’une anorexique avec beaucoup de justesse. Mettre en scène un protagoniste féminin est une chose, le faire avec justesse en est une autre (j’ai un titre en tête…. dans lequel justement l’auteur ne semble absolument rien connaître aux femmes. Je serai sympa, je garde le titre pour moi).

 

Victor tombe dedans sur l’île au trésor de Benoît Minville

Présentation de l’éditeur :

Un matin pluvieux de vacances, l’intrépide canaille Victor met un plan en action afin de passer une journée dans sa chambre, pour (se) plonger dans le livre qu’il a choisi : L’Ile au trésor.

Mon avis :

Ce livre est le second volume des aventures de Victor tombe dedans, cet adolescent qui a le don de « tomber » dans les livres qu’il lit, et ainsi de vivre avec eux les péripéties et autres retournements de situation. Et quel livre peut être meilleur pour cela que l’île au trésor de Stevenson ?
Un petit mot sur la famille de Victor, qui est vraiment très bien représentée. Victor, c’est le numéro 2, celui qui a un grand frère décidé à avoir toujours raison et à faire punir son petit frère si nécessaire. Du coup, Victor a tendance à conclure une alliance avec sa petite soeur, quitte à devoir regarder avec elle La reine des neiges. J’en profite ici pour faire une dédicace à tous les frères qui ont dû regarder ce film, ou Twilight, avec leurs soeurs (ce qui leur permet d’avoir un sujet de conversation avec les filles). Dédicace aussi à ceux qui se sont retrouvés dans la même situation que Victor – contrairement à ce que disent certains spécialistes de l’enfance, une famille de trois enfants n’est pas nécessairement une famille idéale, cela peut même permettre de rejouer la guerre des tranchées à domicile, ou de préférer, comme Victor, être punis plutôt que de se justifier : à deux contre un, les jeux sont vite faits.
Point positif : l’intrigue est préservée, sans que tout nous soit raconté, néanmoins. Il faut bien aussi que le jeune lecteur ait à son tour envie de fréquenter d’autres pirates que ceux qui écument les Caraïbes. Victor est tour à tour narrateur et personnage à par entière.
Point négatif : je n’en trouve pas. Ce livre est bourré d’humour, et le dénouement laisse à penser que nous retrouverons bientôt Victor dans de nouvelles aventures.

Team Aventure – Opération Groenland par Ismaël Khelifa

Résumé de l’éditeur :
Bienvenue au pôle Nord !
Fatou, Rémi, Vicky et Yanis étaient 4 ados (presque) normaux, jusqu’à ce qu’ils gagnent, dans leur collège, l’appel à candidature d’une ONG. Les voilà choisis par la Fondation pour la Terre pour une mission de deux semaines en Arctique et promus ambassadeurs écologiques auprès de leurs classes. Le pire est à prévoir…

Merci à Netgalley et aux éditions Poulpe Fictions pour ce partenariat.

Mon avis :

Ce roman débute à Annecy, et nous entraîne jusqu’au pôle Nord qui, contrairement à ce que pouvaient craindre les jeunes collégiens, n’est pas un territoire coupé des nouvelles technologies. Ouf pour eux. mais revenons au début de l’aventure.
Tout d’abord, j’ai beaucoup aimé le personnage de monsieur Cheval. Certes, il enseigne les mathématiques, et moi le français, mais je me suis reconnue dans sa rigueur et dans son attention à tous ses élèves sans exception. Il est de plus à l’origine d’un projet innovant : envoyer quatre de ses collégiens au Groenland, au cours d’un projet écologique.
Le récit est réaliste, que ce soit la partie préparatoire ou le voyage en lui-même. On ne tire pas au sort les élèves qui partiront, et les parents d’élèves ont des questions, des appréhensions bien compréhensibles avant d’autoriser leurs enfants à participer à une telle aventure.
Quatre adolescents au profil très différent. Fatou, surprotégée par sa mère, Vicky, si timide que ses camarades ne découvrent ses qualités qu’au moment du voyage, Rémi, très sûr de lui, le beau gosse du collège, et Yanis, en très grandes difficultés scolaires. Tous vont découvrir beaucoup de choses là-bas, sur la fonte des glaces, sur la manière de préserver les espèces, sur les dangers de la banquise au quotidien et le lecteur avec eux. Ses informations sont toujours très bien intégrés au récit. Il est question aussi de débat qui participe aussi de la question écologique, comme celui sur la chasse. L’auteur n’impose pas un point de vue, mais en présente plusieurs, ce qui permet de laisser le débat ouvert.
ce roman devrait plaire aux adolescents, à partir de onze ans.

Alderamin on the sky, tome 1 de Bokuto Uno et Taiki Kawakami

Présentation de l’éditeur : 

Alors que l’empire de Katjvarna est en guerre, un jeune homme s’apprête à passer l’examen d’officier à contrecœur. Son nom est Ikta Solork et sa réputation de flemmard n’est plus à faire, mais un marché avec son amie Yatorishino Igsem le pousse à se prêter au jeu. En échange de son aide, Yatori lui trouvera un poste à la bibliothèque impériale. Cet examen deviendra la première pierre de sa légende. Ainsi débute la légende de l’invincible général oisif !

Merci au forum .Livraddict et aux éditions Ototo pour ce partenariat.

Mon avis : 

Si je vous dis que ce manga est sympathique, vous allez me dire que ce qualificatif est bateau, et vous auriez raison. Je dirai plus précisément que ce manga donne envie d’être lu et relu parce qu’il est singulier. Le premier chapitre agit presque comme un prologue, puis une ellipse de deux ans nous emmène directement à un élément décisif : l’examen final d’officier. Bref, le classique manga se déroulant dans un établissement scolaire passe à la trappe pour accéder tout de suite à un autre niveau. Nous sommes dans un univers fantastique mais réaliste : l’empire est en guerre, former des officiers est une nécessité.
Il faut être brillant, il faut être le premier. Tous le veulent, tous sauf un  : Ikta Solork, qui est bien décidé à en faire le moins possible. Il ne semble pourtant pas paresseux, il ne semble pas idiot, puisque les rares fois où il prend la parole, il émet des jugements justes mais désabusés, que tous ne sont pas près à écouter. Pour lui, il ne s’agit pas de connaître ses motivations, mais le pourquoi de son absence de motivation.
Pour les autres aspirants officiers, le constat est plus évident : deux d’entre eux font partie de grandes familles militaires. Chacune a son arme de prédilection, armes à feu, armes blanches. Matthew, lui, m’a paru plus terne, davantage un faire-valoir qu’un personnage de premier plan. Plus comique (et plus énervante parfois aussi) est Haroma Bekkel : méritante, elle veut intégrer l’armée en tant que soignante, ce qui montre aussi, en filigrane, la réalité des combats.
Tout semblait presque programmé, si ce n’est qu’un élément vient perturber largement le bon déroulement de l’examen : les cinq jeunes gens sont victimes d’un naufrage, et ils n’arrivent pas en terrain conquis. Cinq, ou plutôt six, puisqu’une jeune fille les accompagne, et que sa présence est déterminante.
Ils vont devoir s’organiser, s’unir, face aux aventures qu’ils vivront et aux adversaires qu’ils vont rencontrer. Bien que nous soyons dans le domaine de la fantasy, bien que certaines tenues puissent paraître extravagantes pour des combattants, les dessins restent très réalistes – le dessinateur n’hésite pas à montrer, pas plus que l’auteur n’hésite à dire, à présenter des paradoxes. On ne pense pas toujours aux conséquences des décisions prises.
Alderamin on the sky, un manga addictif avec des personnages singuliers et attachants.

Les lumières de Cape Cod de Beatriz Williams

Présentation de l’éditeur :

« Tiny » c’est Christina, la troisième sœur de la famille Schuyler, la plus élégante, la plus douce, la plus parfaite. Mariée à Frank Hardcastle, homme politique très influent, Tiny mène une vie de gala et de cocktails dans les jardins cossus de Cape Cod, où les Hardcastle ont établi leur bastion. Mais alors que Frank est donné favori pour les élections présidentielles, deux événements viennent troubler la vie a priori idyllique de sa belle épouse : c’est d’abord les courriers menaçants d’un maître chanteur ; puis, les retrouvailles inattendues et déstabilisantes avec le vétéran Caspian Harrison, de retour de la guerre du Vietnam. Avec ce premier amour qui réapparaît, c’est tout le passé de Tiny qui resurgit. Un passé bien moins lisse qu’il n’y paraît, fait de passion, de mensonges, de drames. Et dont l’écho, s’il venait à gronder, pourrait nuire à la réputation irréprochable de toute la famille Hardcastle…
Les sentiments ont-ils une place dans la course au pouvoir suprême ?

Merci à Netgalley et aux éditions Belfond pour ce partenariat

Mon avis :

Ma première opinion, spontanée, est qu’il y a quelque chose des Kennedy dans cette famille Hardcastle. Leur famille, parfaite et nombreuse, reçoit dans leur magnifique propriété à Cape Cod. L’un des cousins de Franck, homme politique présidentiable, est revenu blessé de la guerre, il vient d’être décoré pour ses actes héroïques. Franck a épousé la femme parfaite, Tiny, Dotée de deux soeurs, elle était la plus docile de la fratrie, la seule qui avait perçu les tensions entre ses parents, la seule qui avait mis tout en oeuvre pour leur plaire, qui tentait aussi de se faire la plus discrète possible. Ayant repéré son potentiel, sa mère l’éduqua en vue de faire d’elle la femme d’un homme politique. Mission accomplie.
Cependant, il existe des failles, chez la si parfaite Tiny. Mariée depuis deux ans, elle n’a pas encore pu donner à son mari l’héritier qu’il attend – et pas seulement lui. Nous sommes dans les années 60, et l’on ne laisse pas vraiment aux femmes le temps de se remettre. Elle a un secret, qu’elle ne peut partager, secret suffisamment important (du moins, pour l’époque) pour que quelqu’un la fasse chanter et mette ainsi en danger la carrière de son mari et sa place dans la famille.
Le récit alterne deux époques, entre 1966, et 1964, date du secret, moment où Tiny tente de fuir la vie qu’on lui destine, donne libre cours à ses sentiments. Nous savons déjà qu’elle retrouvera le chemin qu’on lui a assigné. Nous saurons aussi pourquoi. Et ce chemin n’est source de bonheur qu’en apparence. Si Tiny a un secret, elle n’est pas la seule, et les autres sont prêts à bien des choses pour que le leur ne soit pas découvert.
Ce qui m’a frappé aussi est le contraste entre Tiny et sa soeur Pepper, si sûre d’elle en toutes circonstances – tant mieux pour Tiny.

Article imprévu : Linkin Park

Le dernier article musical que j’avais écrit sur ce blog était consacré à une de leur dernière chanson.

Ce soir, vautré devant un mélange ordi/télé, j’apprends la mort du chanteur de Linkin Park Chester Bennington et, égoïstement, je ne prends pas bien les choses. J’avais glissé dans mon lecteur CD un de leurs derniers albums pas plus tard que cet après-midi. C’était leurs chansons que j’écoutais, quand j’avais particulièrement besoin d’être motivée.

Alors, l’une des chansons qui m’a permis de connaitre ce groupe (parce que je ne me souviens plus avec quelle chanson je les ai découverts précisément) : Numb, qui ouvrait la version ciné de Deux flics à Miami (excellent film).

 

Et la chanson que j’ai écouté en boucle cet après-midi :

J’espère qu’il aura au moins trouvé la paix là où il est.

Et comme je suis sur mon blog, j’aurai vraiment une remarque personnelle à faire à un certain Brian M : merci de rester en vie, la musique a vraiment trop perdu ces dernières années.