Jackpot à Pau de Bernard Maignent

Présentation de l’éditeur :

Au retour de sa transhumance, un berger découvre une voiture calcinée avec deux corps à l’intérieur. Affaire de drogue ? Règlement de compte ? De l’inattendu au cœur des montagnes pyrénéennes ! De quoi motiver le commissaire Laffitte, fraîchement débarqué à Pau et pas encore affranchi des coutumes locales. Comme l’idée que le maire de la ville, un certain François Bayrou, veuille mettre son grain de sel dans son enquête. Tension, suspense et même romance hors des sentiers battus, cette affaire sent le soufre, les euros et les magouilles… jusqu’au cœur du pouvoir.

Merci à Netgalley et à Bookelis pour ce partenariat.

Mon avis :

Pour être un jackpot à Pau, c’est un jackpot. Le commissaire Laffite vient tout juste d’arriver à Pau, et franchement, pour sa première enquête, il a vraiment une chance inouïe, contrairement aux victimes : deux hommes morts, carbonisés, dans le coffre d’une voiture. Oui, cela ressemble furieusement à un règlement de compte. Je vous rassure tout de suite : le berger et ses moutons n’auront pas à en souffrir (oui, je ne peux pas résister à la tentation de vous spoiler un peu).  Je vous effraie tout de suite : rien n’est aussi simple qu’il y paraît dans la belle ville de Pau.
Non, on l’avait assuré au commissaire, la ville est parfaitement sécurisée, pas un traffic de drogue depuis une bonne décennie, et c’est le policier assigné à cette tâche qui le dit. De là à dire qu’il n’a pas été capable d’en découvrir un en dix ans, il n’y a qu’un pas que le commissaire n’a qu’une envie : franchir.
Oui, rien n’est simple dans cette ville, et quand la politique s’en mêle, tout peut se compliquer – ou pas : les magouilles ne sont pas toujours là où l’on pense, et il est des hommes politiques qui veulent véritablement valoriser leur ville (fort heureusement pour leurs habitants), qui veulent que la police fasse véritablement son travail.
Une personnalité, que ce commissaire Laffitte, précédé par un flot confus de rumeur dont il a raison de ne pas se préoccuper. Cette nouvelle ville est un nouveau départ, qui le mènera plus loin qu’il ne le pense. La cause ? Une femme, j’ai presque envie de dire « forcément ». Je ne dirai pas une femme qui est son exacte antithèse, je dirai une femme que l’on ne s’attendrait pas à trouver ici, tout simplement parce qu’elle ne sais pas où est sa place, elle ne sait pas quel sens donner à sa vie.
Jackpot à Pau, un polar dans lequel il ne faut pas se fier aux apparences.

Shelton et Felter – tome 1 : La mort noire de Jacques Lamontagne

Présentation de l’éditeur :

Boston, 1924. S’il ne s’était un jour méchamment déboîté l’épaule pendant un combat de boxe, Isaac Shelton exercerait probablement aujourd’hui encore son métier de débardeur sur les quais. Mais contraint à se reconvertir, c’est en qualité de journaliste à la pige qu’il fait la connaissance de Felter, petit libraire passionné de littérature policière. Le premier est athlétique et plutôt beau garçon (si ce n’est un vilain nez cassé, autre souvenir de combat); le second est doté d’un puissant sens de l’observation et d’un esprit d’analyse hors du commun (qualités contrebalancées par un tempérament hypocondriaque et une multitude de tocs). Animés pour l’un par le besoin de décrocher un scoop rémunérateur et pour l’autre par l’envie de ressembler à ses héros littéraires, les deux compères vont s’associer afin de tenter de faire la lumière sur une série de meurtres insolites.

Merci à Netgalley et aux éditions Kennes pour ce partenariat.

Mon avis :

Il est des personnes qui n’ont vraimet pas de chance. Non, je ne parlais pas d’Isaac Shelton, ex-débardeur sur les quais, ex-boxeur amateur, je parle de l’homme politique qui est trouvé mort en pleine rue, parce qu’il a succombé alors qu’il était en compagnie d’une dame de petite vertu et qu’elle a jugé bon de déplacer le corps. Sur les lieux, un petit homme qui ne paie pas de mine relève les faits qui lui permettent de résoudre l’enquête. Un policier ? Pas du tout : un libraire, un homme dont la vie est réglée comme du papier à musique. Il doit être rentré à 20 h 30 chaque jour, pour nourrir ses chats. Il prend des gouttes, pour ses sinus, il prend des médicaments, pour le stress. Felter – tel est son nom – sympathise pourtant avec Shelton, qui est dans une situation financière délicate, et qui, en tant qu’apprenti-journaliste, a besoin d’un scoop, et très vite.
Ce n’est pas tant le scoop qui arrive qu’une nouvelle affaire : un homme est retrouvé mort, étouffé par de la mélasse. Qui a pu commettre un tel acte ? Et comment la victime a-t-elle pu être immobilisée ? Un autre crime est commis, et à nouveau, la victime est noyée dans la mélasse. Alors, cela rappelle à certains une tragédie qui a eu lieu quelques années plus tôt, une tragédie bien réelle, dont l’auteur nous parle à la fin de la bande dessinée : ce désastre a eu lieu dans une distillerie locale, une citerne s’est écroulée, faisant 150 blessés et 21 morts, des chevaux, des chiens succombèrent aussi. Penser que le coupable est une personne qui a été une victime collatérale de cette tragédie s’impose comme une évidence pour les enquêteurs, qui craignent que la liste des victimes ne s’allonge. Tant de personnes travaillaient dans cette distillerie, tant peuvent être jugés responsables. Comment tous les protéger ?
Pendant ce temps, Shelton et Felter enquêtent, ou plutôt, Shelton entraîne Felter dans ses enquêtes, et ce dernier apprécie modérément ce qu’il doit faire, Shelton ayant le don pour le placer dans des situations loufoques – à condition de ne pas craindre l’humour noir, il est des personnes qui se choquent facilement. Le dessin reste très classique, les couleurs sont chaudes, façon sepia, un peu comme si l’on regardait de vieilles photos avec émotion. Le duo d’enquêteurs que tout oppose n’est pas non plus une idée nouvelle, mais j’ai vraiment passé un bon moment en leur compagnie, avec une nette préférence pour Felter – forcément.

 

chez les lectures d’Azilis

La bibliothèque des âmes de Ransom Riggs

Edition Bayard Jeunesse – 582 pages

Présentation de l’éditeur :

Dans le Londres d’aujourd’hui, Jacob Portman et Emma Bloom se lancent à la recherche de leurs amis enlevés par les Estres. Ils retrouvent leur trace grâce au flair aiguisé d’Addison, l’illustre chien particulier doué de parole. Bientôt, au bord de la Tamise, ils font la connaissance de Sharon, un géant bourru qui, moyennant une pièce d’or, propose de leur faire traverser le fleuve. Ils rejoignent ainsi l’Arpent du Diable, une boucle temporelle à la réputation effroyable où séjournent les particuliers les moins recommandables, où pirates et malfaiteurs commettent leurs forfaits en toute impunité.
Jacob et Emma ne se sont pas trompés : l’ennemi a bien établi son QG dans l’Arpent, derrière les murs d’une forteresse imprenable…

chez les lectures d’Azilis

Mon avis ;

Comme j’ai eu du mal à lire ce livre ! Je l’ai lu en plusieurs fois, tant je peinais à franchir les différentes étapes de ce roman. Le premier quart du roman m’a vraiment bloqué, je suis restée un certain temps en mode pause après l’avoir lu. Je n’aimais pas l’univers dans lequel je me trouvais. Certes, il est toujours intéressant de lire des romans de littérature jeunesse dans lesquels nous ne sommes pas en sécurité, mais là, je ne me suis vraiment pas sentie bien. De plus, j’en arrivais presque à oublier les singularités des particuliers, trop de photos, trop de personnages tuent leur singularité.

Puis, la lecture s’est débloquée, et j’ai avancé de façon plus fluide au cours des chapitres suivants. Le lecteur en découvre plus sur la part sombre des enfants particuliers, des boucles, et de ses univers qui ne sont pas forcément lumineux. On découvre aussi les frères de Peregrine, et leur lien avec le grand-père de Jacob. On retrouve aussi les Creux et les Ombrunes – les uns ne vont pas sans les autres. Ce n’est pas que je n’aime pas les particuliers, c’est simplement que les Creux m’ont semblé plus sympathiques qu’ils ne l’étaient dans les précédents volumes. La question est de savoir jusqu’où on peut aller pour obtenir ce que l’on veut, ce qui est censé être bon pour tous, sans penser que l’on peut changer – ou pas d’ailleurs.

Le dénouement m’a laissé un peu sur ma faim, après toutes ses longues discussions. Certes, nous savons… ceci. Certes, nous savons… cela. Cependant, il est des certitudes que j’aurai aimé avoir, notamment sur le devenir de certains personnages. J’ai appris qu’un tome 4 était sorti depuis, mais je ne suis franchement pas prête à poursuivre l’aventure.

Wicca – Le manoir des Sorcelage par Marie Alhinho

Présentation de l’éditeur :

Avril et Octobre Sorcelage sont frère et sœur et fréquentent le même collège, mais ce ne sont pas des adolescents ordinaires ! Toute leur famille pratique la Wicca, une sorcellerie naturelle et bienveillante, qui les dote de puissants pouvoirs. Lorsqu’ils réveillent un démon des reflets dans un vieux miroir ensorcelé, ils ignorent qu’un terrible danger pèse dorénavant sur le manoir et sur tout le village ! Grâce à leur meilleure amie, Nour, et au feu follet O, Avril et Octobre doivent en apprendre davantage sur ce démon hors du commun et le remettre en cage avant qu’il ne cause des dégâts irréparables.

Merci aux éditions Poulpe fictions et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

J’aurai aimé qu’une héroïne comme Avril existe à l’époque où j’étais moi-même adolescente. Oui, bon, d’accord, je lisais à l’époque peu de livres de littérature jeunesse – parce qu’il y en avait peu aussi. Mais, quand je tombai sur un livre de ce genre, l’héroïne était toujours du même style : mince et gracieuse « sans un pouce de graisse ». Groumpf. Non, elle n’était pas parfois, voir même souvent mal dans sa peau, quel que soit d’ailleurs son poids ou sa taille. Elle ne manquait jamais de confiance en elle. Elle ne se trouvait pas très très moche, très très gauche – jamais. Bien sûr, du haut de notre expérience d’adulte, on dit facilement à ses ados : « mais si, tu es très bien », ce qui ne résout absolument rien pour elle, croyez-en mon expérience – d’ado. Oui, j’aurai envie de dire à Avril : « ne t’inquiète pas. Un jour, tu seras heureuse d’être toi, et pas une autre. » Mais c’est long, c’est vachement long – et cela ferait du bien, franchement, parfois, d’avoir plus d’Avril dans la littérature jeunesse.

Avril est doté d’un frère, Octobre, et d’une meilleure amie, Nour. Trio classique, me direz-vous. La différence est qu’Avril et Octobre vivent dans le Berry – encore une exception, les romans de littérature jeunesse « oublient » souvent ceux qui ne vivent pas dans une grande ville. Puis, le frère et la soeur vivent avec leur tante, dans un manoir isolé. Surtout, le clan Sorcelage pratique la Wicca, une sorcellerie bienveillante. Tout pourrait presque aller pour le mieux, avec en plus un feu follet comme ami et un manoir ensorcelé, si ce n’est que ce serait vraiment trop beau s’il n’existait pas une sorcellerie malveillante – si la Wicca protège, c’est bien contre quelque chose, et ce quelque chose fait irruption dans leur vie. Un grand désordre ? Oui, et pas qu’un peu.

Oui, cela pourrait n’être qu’un livre de saison, à déguster pour Halloween, sauf que non. Il nous parle de la différence, de la peur de l’autre, de la facilité avec laquelle on suit le troupeau – tous contre un. Il nous parle aussi de la ligne ténue entre la préservation et la destruction d’une amitié, lien bien plus fragile qu’on ne le pense.

De ce livre, j’ai davantage vu l’aspect sombre que l’aspect radieux – et pourtant, Nour veut dire « Lumière », et elle se révèle littéralement dans cette intrigue. Elle accepte toute de suite qui elle est. Parce qu’il est plus facile de se découvrir lumineuse que d’explorer les ténèbres que l’on porte en soi.

Wicca – Le manoir des Sorcelage – un livre que je compte bien relire.

Le mystérieux tableau ancien de He Jiahong

Présentation de l’éditeur :

Maître Hong est contacté par une femme, professeur à l’université de Pékin dont le mari, éminent chercheur dans une société pharmaceutique de pointe, a brusquement perdu la mémoire. Seul, peut-être, un vieux tableau de famille pourra donner la clef du mystère…Cartels industriels, politiciens véreux, hommes d’affaires compromis, amour et corruption mélangés aux mystères de la pensée traditionnelle chinoise, sont les ingrédients détonants de cette plongée envoûtante dans la Chine contemporaine.

Mon avis :

Il paraît que les blogueuses ne parlent que des livres qu’elles ont aimé ou adoré. Soit. Bizarrement, je connais plusieurs blogueuses qui parlent simplement des livres qu’elles ont lus, même si certains ne sont pas des coups de coeur – même si la majorité ne sont pas des coups de coeur.

Le mystérieux tableau ancien est, pour moi, un livre qui n’a suscité que de l’indifférence. Je l’ai lu, je ne trouve pas grand chose à en dire. Je n’ai ressenti d’atomes crochus avec aucun des personnages. L’enquêteur ne se rend pas compte que sa secrétaire est amoureuse de lui, elle est donc à prendre tous les risques pour le tirer des situations incongrues dans lesquelles son enquête peut le mener. La professeure d’université dont le mari est souffrant ? Elle fait de son mieux, entre une société chinoise en pleine mutation, un mariage qu’elle a maintenu à flots bien que son mari n’ait pas toujours été fidèle, et une fille unique pour laquelle elle est prête à tous les sacrifices afin qu’elle réussisse ses études universitaires.

Oui, nous sommes dans une Chine en pleine mutation, et j’ai eu l’impression que le communisme était bien loin. Il est question de sociétés, de profit, de publicité, de tous les moyens pour parvenir au sommet de l’entreprise, quitte à mettre de côté certains membres, et à passer sous silence certains faits. Maître Hong arrive là dessus un peu comme un cheveu sur la soupe, puisqu’il est incorruptible, insensible aux charmes des femmes (au grand dam de sa secrétaire, mais je l’ai déjà dit). Bref, il apparaît un peu, au moment de la rétrocession de Hong Kong à la Chine, comme un défenseur de l’ordre ancien.

J’ai presque oublié le tableau – parce qu’il est le plus souvent oublié dans l’intrigue. Il est pourtant source de convoitise, de terreur aussi, avec la légende qui l’entoure – la réalité est beaucoup triviale, en phase avec l’ère capitaliste. J’aurai aimé vous dire que j’avais aimé ce roman de la transition, et bien, je me répète, pas du tout. Certaines situations sonnent comme véritablement occidentales, comme cette mère, professeur d’université, qui ne veut pas que sa fille aille voir son père malade pour qu’elle ne soit pas perturbée et puisse ainsi réussir ses études, si ce n’est que l’on se retrouve très vite avec une situation très conservatrice : étant donné le sacrifice de sa mère, la fille se doit de suivre la voie qui lui est tracée, de se consacrer uniquement à ses études et à rien d’autres. En France, le conflit aurait été explosif. En Chine, à la croisée des mondes, la solution pour laquelle opte la fille ne fait que plonger sa mère un peu plus dans les abîmes de la dépression : oui, on ne parle à ses enfants que pour leur donner des ordres, surtout pas pour converser avec eux ou les écouter. La jeune fille devient ainsi une proie facile.

Si vous voulez vraiment découvrir des polars chinois, lisez plutôt les oeuvres de Qiu Xiaolong : ici, je n’ai trouvé qu’ennui et indifférence. L’intrigue ne parvient jamais à se déployer complètement, comme si nous étions forcés de rebondir d’un arc narratif à un autre, sans jamais aller au bout des choses. Oui, je n’aime pas trop les personnages qui baissent facilement les bras, alors qu’il est tant à accomplir.

Un Havre de paix de Stanislas Petrosky

Les Enfants-Clefs Tome 1 : La découverte par Fanny Vandermeersch

Présentation de l’éditeur :

Trois enfants nés le même jour, à la même heure. Trois enfants qui se rencontrent et qui partagent le même tatouage. Trois Enfants-Clefs, lien entre le monde des hommes et l’Autre Monde.

Merci à Netgalley et aux éditions Librinova pour ce partenariat.

Mon avis :

Les enfants-clefs est un roman de littérature jeunesse qui donne envie d’être partagé. Nous avons trois adolescents, Clara, Mathys et Gabrielle, trois adolescents qui vont se découvrir plus de points communs qu’ils ne le pensent. Ils sont jeunes, ils sont attachants, et il est assez facile de s’identifier à eux, d’entrer dans leur histoire. Il faut dire que l’action démarre très vite, nous sommes très vite entraînés dans l’intrigue, qui s’enchaîne jusqu’au dénouement.

Ce qui rend aussi ce livre agréable à lire, est que le vocabulaire et la syntaxe sont simples, compréhensibles, accessibles, sans jamais être simplistes ou familiers.

Et oui, j’ai été touchée par l’isolement de ses enfants qui ont peu de personnes sur lesquelles se raccrocher. Peu, mais des personnes véritablement fiables, et parfois très originales.

J’ai très envie de découvrir la suite de ce récit.