Info chatons

Non, je vous rassure, je n’ai pas adopté un nouveau chaton. Simplement, après Galopin, adopté à une semaine :

Après Lisette, adoptée à deux mois et handicapée :

j’ai adopté Mirabelle, hautement normale.

Je vous épargne le gobelet de thé renversé, les livres éparpillés, les rideaux qui ont chu, les cartouches d’encre percées (et les empruntes de coussinets de la coupable), sans oublier diverses choses emberlificotées. Le tout, bien sûr, en deux jours, avec une énergie folle. Bref, Mirabelle est très en forme et s’entend presque bien avec Galopin et Lisette. Galopin, qui s’isole parfois au sommet de l’armoire, trouve que deux filles, c’est deux de trop – définitivement. Cependant, de temps en temps, il n’a rien contre le fait de partager un petit moment avec elles.

IMG_9008Bonne journée à tous !

Les mots entre mes mains de Guinevere Glasfurd

Merci à Netgalley et aux éditions Preludes pour ce partenariat.

Présentation de l’éditeur :

Quand Helena Jans van der Strom arrive à Amsterdam pour travailler chez un libraire, la jeune femme, fascinée par les mots, a appris seule à lire et à écrire. Son appétit pour la vie et sa soif de connaissance trouveront des échos dans le cœur et l’esprit du philosophe René Descartes. Mais dans ce XVIIe siècle d’ombres et de lumières, où les penseurs sont souvent sévèrement punis, où les femmes n’ont aucun droit, leur liaison pourrait les perdre.
Descartes est catholique, Helena est protestante. Il est philosophe, elle est servante. Que peut être leur avenir?

Mon avis :

Je dois avouer que le sujet m’attirait : un roman historique inspirée de la vie d’un philosophe français avait tout pour me plaire. Pourtant, je suis restée un peu extérieure à ce roman, que j’ai eu l’impression de découvrir par le petit bout de la lorgnette. Nous avons beau découvrir la vie quotidienne d’Helena, servante de M. Sergeant, libraire anglais en Hollande de son état, puis de Monsieur, son hôte français (Descartes), nous découvrons surtout ce qu’est être une domestique en même temps qu’Helena, qui n’était pas préparée à cette vie. Tâches (très) ingrates, mépris de tous, parce que servante, parce que femme, isolement, éloignement des siens, Helena ne vaut guère mieux, aux yeux de ses employeurs, qu’un objet qu’on se prête, et qui n’a guère de valeurs en lui-même.
Il faut attendre le tiers du roman pour que, dans cet univers feutré et meurtri, la vie d’Helena change – un peu. L’a rencontre de deux solitudes, de deux incompris, dirai-je, si le terme ne sonnait pas si moderne, si peu philosophique se noue en histoire d’amour. La lutte pour savoir (un peu) d’un côté, la lutte pour développer le savoir (de l’autre). Et les instants d’apaisement, de plénitude sont rares, très rares, en un temps où la quête du savoir pouvait mener à la prison ou à la mort.
Les mots entre mes mains (le titre est particulièrement évocateur) montre une époque dont on n’a plus vraiment conscience, à une époque où savoir lire, écrire est une évidence, où l’accès au savoir est extrêmement facile – du moins en France.  Un roman pour nous rappeler que tout n’a pas toujours été aussi simple, et que les auteurs que l’on étudie aisément aujourd’hui ont dû se battre uniquement pour pouvoir écrire.

Edit de 16 h 29 : voici quelques citations, pour vous permettre de mieux cerner le livre.

« J’imagine ce que ce serait d’écrire sans cesse, de remplir mes journées de mots. Cela paraît si incroyable de passer son temps ainsi, de ne pas avoir à tirer de l’eau, à préparer le feu, les repas, nettoyer, balayer, récurer. »

« Désormais, Monsieur, que reste-t-il ? Qui sommes-nous maintenant qu’elle n’est plus ? A-t-elle fait de nous ce que nous étions, plus que nous ne pouvions être ? Est-ce qu’une partie de nous s’en est allée avec elle ? Sa perte est un gouffre qu’aucun océan ne peut remplir ; un gouffre dans lequel l’océan se déversera à jamais.  »

« Je ne peux supporter que mes mots survivent et pas elle. « 

L’affaire Baskerville, tome 1 : une étude en Soie d’Emma Jane Holloway

Présentation de l’éditeur :

Evelina Cooper, la nièce de Sherlock Holmes, s’apprête à vivre sa première saison dans la haute société londonienne. Mais quand de terribles meurtres secouent le manoir de son amie et hôte, la jeune femme se retrouve plongée au cœur d’un complot remettant en question le monopole des barons de la vapeur sur la ville. Une enquête à hauts risques.

Mon avis :

Beaucoup d’auteurs s’inspirent des aventures de Sherlock Holmes. Pour certains, c’est une réussite. Pour d’autres, c’est un désastre. Heureusement, ce livre appartient plutôt à la première catégorie.
La bonne idée est de faire de Sherlock Holmes et de Watson (lui aussi est présent ainsi que sa femme) des personnages secondaires de l’intrigue, enquêtant sur une autre affaire, tout en se mêlant, parfois, à celle qui est en cours. La seconde bonne idée est de situer l’intrigue dans une Angleterre romancée, avec beaucoup de Steampunk et un peu de magie. Ne croyez pas cependant que l’enquête se résout d’un coup de baguette magique, ce serait vraiment faire offense à Sherlock Holmes, Sir Arthur Conan Doyle mais aussi Evelina Cooper, la nièce de Sherlock, une jeune fille absolument pas sotte.
Evelina est la fille de la soeur de Sherlock et Mycroft (les soeurs, que des problèmes, me souffle-t-on). Sa mère, qui était promise à un bel avenir, s’est enfuie avec un bel officier, qui se fit tuer au champ d’horreur. Elle ne tarda pas à le rejoindre, et c’est grand-mère Cooper qui éleva Evelina dans le cirque itinérant familial,jusqu’à ce que grand-mère Holmes ne la récupère afin d’assurer son avenir, qu’elle espère meilleure que celui de sa propre fille. Autant dire que ce n’est pas forcément gagné. Cependant, Evelina a une amie dans la meilleure société, Imogen. De santé délicate, sincère, la douce jeune fille, dont la soeur jumelle est décédée, est dotée d’un frère aîné turbulent et inventif, et d’un père dans la lignée du parfait aristocrate anglais, qui cache, de plus, de nombreux secrets. Est-il lié à la mort de la jeune servante ?
Ce n’est pas vraiment cette mort qui inquiète, ce sont les conséquences – les policiers, pire Sherlock Holmes qui menacent de fourrer leur nez partout et de découvrir quelques secrets. Sans parler d’Evelina qui sait bien que rendre justice à une simple servante est tout sauf chose aisée alors que les seigneurs de la vapeur, les véritables maîtres du royaume, ont d’autres chats à fouetter.
Evelina, de par son appartenance à deux mondes, est capable de faire face à des situations qu’une jeune lady ne pourrait même pas imaginer. Même si une romance se glisse dans l’intrigue, avec deux soupirants en prime, Evelina est capable, au fil de ses aventures, de juger de manière assez sévère l’un d’entre eux. Il est une grande différence entre devoir se faire tout seul et chercher un modèle parce qu’on n’est pas capable de penser par soi-même.
J’ai bien aimé lire ce premier tome, et je lirai sans doute la suite de cette « affaire Baskerville » dont, u final, on sait peu de choses à la lecture de ce roman.

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La jeune fille et la guerre de Sara Novic

Merci à Netgalley et aux éditions Fayard pour ce partenariat.

Mon avis :

Ce livre est certainement mon premier coup de coeur de cette rentrée littéraire 2016, j’espère qu’il y en aura d’autres. Ce roman en quatre parties nous raconte l’histoire d’Ana, une enfant presque ordinaire. Elle vit dans une famille aimante, mais peu aisée. Sa mère est professeur, corrige fréquemment des copies, son père a des soucis avec son travail, sa petite soeur Rahela, encore un bébé, a des soucis de santé certains. Oui, Ana serait une enfant ordinaire si elle ne grandissait en Yougoslavie, aux premières heures de la guerre qui déchira le pays. C’est sa voix que l’on entend, son quotidien. Elle mène une vie libre, sans entrave, joue avec Luka, son meilleur ami, sort pour faire les courses des adultes (des cigarettes !), s’habille en garçon non parce que ses parents en voulaient un, mais parce qu’ils n’ont pas les moyens de lui en acheter. Et le quotidien de la guerre n’est pas sans rappeler, pour ceux qui en ont lu les récits, celui de la seconde guerre mondiale : les alertes, les décentes dans les abris, les restrictions.

La différence, majeure, est que l’ennemi était intérieur, et que l’aide extérieur tarda à venir. Les journalistes étaient là, oui, et Ana ne les épargne pas dans ses commentaires. Les américains non plus. Là où d’autres leur reprochent de se considérer comme les sauveurs du monde, Ana, qui a grandi, leur reproche surtout de ne rien avoir fait, pas plus que l’ONU d’ailleurs.

Certains pourraient se plaindre parce que l’on sait, dès que la quatrième de couverture (et dès le début de la seconde partie) qu’Ana a survécu à la guerre. Il nous reste cependant à savoir comment elle a pu survivre, et comment elle parvient à (re) vivre. L’auteur aurait pu choisir de laisser l’imagination du lecteur combler l’ellipse entre la première et la seconde partie. Non, la troisième partie permet de découvrir ce que fut la vie d’Ana juste avant son départ pour les Etats-Unis, une partie qui permet de découvrir une réalité dont on a peu parler, lors de cette guerre qui était si proche de nous. J’ai aimé la façon dont le récit était raconté, de façon précise, sans volonté de surenchérir sur les descriptions. Ce que nous voyons (les mots font vraiment naître des images) suffit. Pas non plus d’analyse démesurément longue du ressenti d’Ana pendant ou après. ce qu’elle ressent, a ressenti, nous sera livré de manière simple, direct. Ana a parcouru un long chemin – mentalement. Elle en parcourt un autre – physiquement – pour son retour au pays natal. Cette réalité-là n’est pas montré souvent non plus, la reconstruction, le souvenir, al vie d’après pour ceux qui ont survécu et doivent vivre avec ou sans.

La jeune fille et la guerre est un livre sur le souvenir et sur la reconstruction, de pays et des êtres qui y vivent.

Star Trek et Jason Bourne

Sept mois que je n’étais pas allée au cinéma – sept mois depuis le changement d’enseigne de mon cinéma fétiche. Aujourd’hui, je suis donc allée dans le-petit-cinéma-pas-loin-de-mon-lieu-de-travail. Soutenons les petits cinémas !

Première séance : Star Trek.

J’ai beaucoup aimé, pour moi, le cahier des charges est rempli. Mention spéciale pour « Bones », le médecin-plombier, qui a fort à faire, et pour Scotty, qui doit gérer beaucoup, beaucoup de problèmes (et pas seulement le gros rhume de sa mascotte).

Bien sûr, je n’ai garde d’oublier ce qui fera que les anti-mariage pour tous n’iront pas voir le film. Figurez-vous que Sulu est en couple avec un homme et qu’ils ont une petite fille. Bon. Vu la façon dont les deux hommes se comportent, se pourraient très bien être deux frères qui élèvent leur nièce orpheline. C’est vrai, quoi : on ne les voit pas s’embrasser, ni se tenir par la main, encore moins choisir la décoration de leur chambre. Un peu d’imagination à Hollywood !

Deuxième séance : Jason Bourne.

Pas grand chose à dire. Le film est une succession de courses-poursuites (avec beaucoup de casse), de tirs, et de voyage dans différents pays sans que l’on n’en apprenne tellement plus sur Bourne ou sur les projets de la CIA. Certes, si je creuse un peu plus, je retrouve l’interrogation doit-on penser d’abord à protéger sa vie privée ou à protéger son pays ?, ce qui nous amène tout droit au patriotisme, qui justifie tout (sauf pour Jason Bourne). Le « méchant », c’est Vincent Cassel. Son rôle est tellement impersonnel que n’importe quel acteur aurait pu faire l’affaire. Lisez Shibumi ou l’expert de Trevanian pour avoir un personnage de tueur qui soit intéressant. Mention spécaile également pour la responsable internet de la CIA, Alicia Vikander, qui a reçu un oscar cette année pour son rôle dans the Danish girl : elle conserve la même coiffure et la même pince à cheveux quoi qu’il arrive. Les salaires sont vraiment faibles à la CIA.

Le Tapir au pas de velours de Kim Han-Nim

Présentation de l’éditeur :

De tous les animaux de la jungle – qui résonne en permanence du grand concert des rugissements, barrissements, et autres cris de tous ses habitants – le tapir est un des plus mystérieux, et surtout le plus silencieux. Il se déplace sans bruit, sans froisser une feuille ni déranger une fourmi. Un jour une maman tapir traverse la forêt pour offrir à son petit un beau gâteau de boue d’anniversaire. L’expédition manque de tourner au drame….

Mon avis :

J’avais promis un peu de douceur… et bien en voici pour cet album coréen, que j’ai lu à la bibliothèque des Capucins (oui je reste très marquée par les capucins). L’origine de cet album est le fait que l’auteur/illustrateur a un frère zoologue et que grâce à lui, il a pu observer des tapirs et être séduits par leur démarche.

Déjà, j’ai trouvé que l’album était facile à lire : une page de texte, une page d’illustration, ou, si le texte ne comporte qu’une seule phrase, il est clairement distinct du dessin. Celui-ci nous montre une jungle stylisée, qui met en valeur les animaux. Ils apportent peu à peu des touches de couleurs, vives parfois, jamais criardes (le joli vert des crocodiles !) qui ressortent sur le fond, toujours blanc. Un seul dessin peut sembler « laid », comme si un tube de peinture avait exploser sur la feuille. Vous vous doutez bien que c’est volontaire.

Cet album est aussi un conte. On pourrait penser qu’il invite à la discrétion – ce serait simple. Il s’agit plutôt d’inviter à respecter les autres, à prendre soin d’eux, quelles que soient les circonstances.

Un bel album à partager.

Asie2

La soeur de Soledad de Jose Dalisay

Présentation de l’éditeur (extraits) :

Cabaret le Flamboyant. Walter, un policier, est chargé d’une mission particulièrement délicate : annoncer à Aurora qu’un cercueil portant son nom vient d’arriver à l’aéroport de Manille, en provenance d’Arabie Saoudite. Comme la jolie chanteuse est de toute évidence bien vivante, qui est la morte ? Et pourquoi y a-t-il eu, semble-t-il, usurpation d’identité ? Accompagné de la jeune femme soudain devenue silencieuse, Wlater entreprend un long périple en voiture jusqu’à la capitale afin de récupérer le corps de la mystérieuse défunte. Au cours du voyage, deux solitaires cabossés par la vie apprendront à se connaître. Et Walter finira par découvrir la vérité.

Mon avis :

Je salue tout d’abord le courage de l’éditeur, qui a choisi de faire paraitre en France un roman philippin. Je me demande s’il a rencontré un certain succès à sa parution, ou un écho dans les blogs. Pour ma part, je ressors déçue de cette lecture, parce que les promesses ne sont pas réellement tenues. « Walter finira par découvrir la vérité » ? Peut-être, mais pas le lecteur, qui restera sur sa faim, même après avoir lu l’épilogue, et ne saura pas réellement quel fut le destin de la soeur d’Aurora. Il saura en revanche le sort de ces philippins partis travailler à l’étranger, dont six cents d’entre eux reviennent chaque année dans des cercueils de plomb. Il saura les trafics en tout genre qui sont le quotidien des philippins restés au pays – et certains, tout en se montrant particulièrement rusés d’un côté, sont très naïfs de l’autre. Il saura les rêves d’Aurora. Il saura pourquoi Soledad part travailler à l’étranger, à Hong Kong d’abord, en Arabie Saoudite ensuite, même si ses motivations sont sujettes à caution. Le narrateur omniscient est là pour nous montrer – aussi – à quel point Soledad comprend très mal ceux qui l’entourent, ou ne tient pas compte de ce qu’ils lui disent. Soledad est une mystique, à sa façon, d’une manière extrême et dangereuse – pour elle et pour les autres. Reste Walter, le policier, un peu déboussolé. Si le récit n’a duré que quelques jours, les retours en arrière nombreux (et, disons le mot, parfois ennuyeux) nous ont tout appris des errances et des erreurs des personnages principaux. Dommage que nous ne puissions pas les voir repartir enfin vers un avenir plus serein.

Asie2