Brownies tout simples

Vous le savez, pour cuisiner, j’affectionne la simplicité. Aussi, j’ai choisi la recette de brownies la plus simple possible – c’est à dire sans complication.

Les ingrédients :

– deux oeufs.
– cent cinquante grammes de beurre.
– cent cinquante grammes de chocolat noir (je testerai un autre jour avec le chocolat blanc).
– cent grammes de sucre.
– soixante-dix grammes de farine.

Comment faire ?

– faites fondre le beurre et le chocolat.
– battez les oeufs en omelette, mélangez-les avec le sucre.
– ajoutez le beurre et le chocolat fondu, puis la farine.
– mettez dans un moule carré préalablement beurré.
– faites cuire vingt à vingt-cinq minutes au four.

Voici le résultat :

img_9197img_9198Bon week-end à tous !

Petit traité d’intolérance de Charb

fatwacharb« Hier, j’étais à la bibliothèque Jules Verne, et j’ai emprunté l’intégrale Beauf de Cabu. La bibliothécaire, qui me connaît bien, m’a tendu ce petit traité d’intolérance. Je l’ai lu hier soir. » c’est ce que j’écrivais en août 2015. J’ai mis du temps à finaliser cet avis.

Oui, le temps a passé depuis le mois de janvier 2015, et ce n’est pas une raison pour ne pas continuer à parler des oeuvres des auteurs, des dessinateurs assassinés ce jour-là. Charb, dans ce livre, s’en donne à coeur joie et n’épargne personne, même des catégories que d’autres jugeraient insignifiantes. J’ai beaucoup aimé, par exemple, le chapitre sur les tatouages. Je ne vous parle pas non plus des jeunes pères ou des bourgeois bohèmes qui en prennent pour leur grade. On peut ne pas aimer les excès de Charb, on ne peut que constater qu’il possédait l’art d’aller au bout des choses.

Je retiens la citation suivante, à méditer par certains :

« Le rôle du journalisme n’est pas de paraphraser l’évidente réalité, mais de nous expliquer ce qu’elle peut dissimuler. »

Portrait de groupe avec parapluie de Violette Cabesos

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Merci aux éditions Albin Michel et à Aurore pour ce partenariat.

Présentation de l’éditeur :

Marthe Bothorel, soixante-dix ans, ancienne droguiste, s’est prise de passion sur le tard pour l’histoire de l’art et en particulier la peinture : de musées en cours de dessin, l’autodidacte découvre un univers qui la fascine. Un dimanche, lors d’un concours de peintres amateurs, elle tombe sur une stupéfiante scène de crime dans un souterrain de la ville de Provins… C’est la première d’une longue série !

Mon avis :

Ah, la retraite ! Qui a dit que l’on s’ennuyait, à la retraite ? Certainement pas Marthe Bothorel, un nom qui n’est pas sans rappeler, pour moi, celui d’un célèbre poète provençal. Elle a choisi une occupation culturelle et apaisante : la peinture. Elle joint à la théorie (les conférences), la pratique (elle peint, et ose même participer à un concours de peintre amateur). Cependant, peindre, cet art si paisible, peut s’avérer dangereux : une porte mal fermée, et ce sont ses deux chats et son chien Arthur, bouledogue digne de ce nom (donc paresseux et bavards) en sont les victimes. S’il est impossible de sauver les deux félins (et ce ne fut pas le meilleur moment de lecture pour moi), Arthur reste hospitalisé à la clinique vétérinaire, pendant que ses proches convainquent Marthe de participer tout de même au concours auquel elle s’était inscrite. Elle ne peut rien faire pour Arthur, si ce n’est rappeler aux assistants vétérinaires pas toujours très humains de tout tenter. Dire que l’inspiration l’a quitté, c’est peu. Mais quand elle essaie de la retrouver, et découvre une jeune femme assassinée, peinte pour imiter un tableau célèbre…. pour les initiés, rien ne va plus.

Marthe et par ricochet ses inséparables amies Jacote et Nastia se retrouvent au coeur de l’enquête. N’a-t-elle pas découvert le corps ? Ne cacherait-elle pas quelque chose ? Après tout, on ne se méfie jamais assez des vieilles dames paisibles – sauf qu’elles ne le sont pas. Jacote a vécu le pire dans sa vie (la mort de ses quatre enfants). Syndicaliste, habillée comme une adolescente plutôt que comme une sexagénaire, prompte à dire ce qu’elle pense avec une gouaille incandescente, Jacote est une alliée de poids, pas forcément fan de la police. Nastia, de son véritable prénom Anastasia, est une russe blanche, qui s’est dévouée pour ses grands-parents et ses parents par choix, sans attendre rien en retour. Elle reste la seule à se souvenir de ce qu’était la vie en Russie. Apaisante, silencieuse, elle est l’élément serein de ce trio.

L’assassin est tout le contraire. Je ne dis pas que sa personnalité n’est pas intéressante, je dirai qu’il est tout entier négatif et invisible. Il est tourné vers le passé, en partie parce qu’il a été « programmé » pour rester dans cet univers qui aurait pu être riche et qui n’est que noirceur. Ses actes répondent à une problématique simple : comment accomplir sa vengeance quand les personnes dont on veut se venger ne sont plus ? Je ne conseillerai à personne d’opter pour sa manière qui semble transformer sa victime en oeuvre d’art et ne fait que la réifier. Quant aux circonstances atténuantes… non, sans façon. Cependant, je ne peux que reconnaître la richesse de l’analyse et de la reconstitution.

Et je choisis Martha, Jacote, Nastia et les siens, sans oublier l’improbable commissaire qui enquête sur l’affaire. Je les choisis parce qu’ils choisissent de se tourner vers l’avenir, d’être positif, de sur monter les épreuves qu’ils ont vécues. Elles ne le font pas en un jour, ni en huit, elles prennent des chemins de traverse, elles s’écharpent – parfois – mais elles parviennent toujours à aller de l’avant, et à nous emmener avec elles jusqu’au bout.

Pyromanie de Bruce DeSilva

Présentation de l’éditeur :

Liam Mulligan est un journaliste de la vieille école. À Providence, Rhode Island, il connaît tout le monde : les prêtres et les prostituées, les flics et les voyous, les politiques et les mafieux (souvent les mêmes). Quand les immeubles du quartier où il a grandi se mettent à brûler les uns après les autres, connaissant le flair de la police, Mulligan décide de mettre les mains dans le cambouis.

Mon avis :

Rhode Island, un état peu connu, sans doute le plus petit des Etats-Unis – et le plus corrompu. Ce n’est pas de moi, mais de Liam Mulligan, journaliste, doté d’un ulcère à un stade très douloureux et d’une future ex-femme, Dorcas, au langage répétitif et peu châtié. Rhode Island devrait son nom à Rogue Island, l’île des voyous. Ce n’est bien sûr pas la version officielle, bien plus policée, bien plus plaisante pour ses habitants. A la lecture du roman, elle a pourtant de quoi convaincre.

Pyromanie est-il un roman policier ? Oui et non. Oui, parce qu’une enquête est bien ouverte sur les incendies criminels qui tuent, aussi bien les habitants que les pompiers. Les descriptions sont très réalistes, et hantent aussi bien Mulligan que le lecteur. Non, parce que les deux enquêteurs sont des incapables, à un degré rarement atteint. Bref, Mulligan, Gloria, photographe de talent, et Mason, fils à papa et nouvel arrivé à la rédaction, feront bien plus pour trouver l’auteur et le commanditaire des incendies que toutes les forces de police réunies.

Pyromanie est un roman sur le journalisme et sur les fonctions de la presse. Jusqu’où est-on prêt à aller pour avoir le scoop qui fera démarrer sa carrière ? Quels risques est-on prêt à prendre pour faire éclater la vérité ? La presse écrite est en pleine crise et si ce qui est bon pour sa carrière est aussi bon pour le journal, il n’en est pas de même d’une enquête approfondie sur les sujets qui fâchent. Il faut penser aux annonceurs et aux procès éventuels qui pourraient couler le journal. Ah, oui, il faut aussi penser, de temps en temps, à vérifier les histoires que l’on vous raconte, qu’elle soit « jolie » ou pas. La leçon est valable pour tous, dommage que tous les journalistes ou qui se déclarent tels l’oublient.

Pyromanie est un roman réaliste parce qu’il se déploie dans le temps. Une telle enquête ne se résout pas en un jour, si tant est qu’elle puisse se résoudre un jour. Un livre à découvrir pour tous ceux qui n’ont pas peur de prendre leur temps.

La trêve de Saïdeh Pakravan

 

unnamedédition Belfond – 462 pages.

Présentation de l’éditeur :

Quand l’inspecteur Simon Urqhart se réveille le 9 juillet, il ne sait pas encore qu’il va passer une journée extraordinaire. Plus aucun crime, aucune violence, aucun meurtre ou mort par crise cardiaque. La trêve de ces vies fauchées, de ces existences détruites durera un temps indéfini. C’est ce que cherchent à savoir Simon et Mandy, sa petite amie journaliste.

Mon avis :

Spontanément, quand je vois ce titre, je me dis : « la trêve ? Entre qui et qui ? Sommes-nous donc en guerre ?  » Il faut croire que oui, puisqu’on nous l’assène assez souvent à la télévision. Ah, pardon, l’action se déroule uniquement aux Etats-Unis, nous ne sommes donc pas directement concernés, les autres pays du monde ne bénéficie pas de cette trêve. En ont-ils de la chance, ces américains ! Un pays vraiment privilégié, même si la tr^ve ne dure que 24 heures.

Quelle est la cause de cette trêve ? Nous n’en saurons rien. Qu’est-ce qui pousse ceux qui vont passer à l’acte à ne pas le faire ? Nous ne le saurons pas non plus. Nous avons beau les suivre, eux les futurs bourreaux qui rôdent autour de leurs futures victimes, nous aurons beau connaître ce qui les a poussés à vouloir tuer, nous ne connaitrons pas l’impulsion qui les a fait « choisir la vie », pour citer La vie devant ses yeux (Laura Kasischke).

Ce qui m’a frappé aussi, dans ce catalogue des violences racistes, misogynes et homophobes (rien ne semble avoir été oublié, non plus que la pédophilie, l’antisémitisme ou la folie religieuse) est l’impunité des ex-futurs coupables, qui n’en sont pas, pour certains, à leur coup d’essai. Tout autant que la violence, l’indifférence coupable me choque.

A force de ne consacrer qu’un chapitre à chacun des protagonistes, il est difficile de s’attacher à l’un d’entre eux, bien que certains soient particulièrement touchants. J’aurai aimé en revoir certain – quel sera leur avenir après la trêve ? Quelle sera l’avenir de ceux qui ont renoncé ? Oui, ce livre pose des questions, et je n’ai pas forcément envie d’essayer d’y répondre. Ainsi, il n’y aura eu ce jour, aucune mort naturelle, ni aucune naissance. Si la mort fait partie de la vie (lapalissade, j’en ai conscience), la violence, le meurtre, le viol, la torture ne sont pas à mes yeux des nécessités – autre lapalissade. Il n’est pas nécessaire qu’un homme commette des actes monstrueux pour que d’autres paraissent meilleurs.

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Graines de bouddha de Jong Sang Kim

Ma présentation :

Lorsque les bonzes sèment, ils placent trois graines dans chaque trou.
Pourquoi trois ?
Pour partager avec les oiseaux et les insectes.

Mon avis :

Ce qui m’a frappé en découvrant cet album, c’est la qualité des illustrations, leur finesse. Quoi d’étonnant de la part de celui qui illustre la série L’école des chats ? Jamais de gros plan sur les hommes, des plan moyens, des plans d’ensemble, qui replacent les hommes au coeur de la nature, et permet d’en voir les détails. il en est de même pour les leçons qui sont délivrées dans cet album. Elles sont simples, elles devraient être évidentes. Il s’agit d’être attentif à ce qui nous entoure, se rappeler la valeur des choses, et des êtres vivants, valeur qui, l’on s’en doute, n’a rien à voir avec l’argent. Il s’agit de penser aussi à la manière dont l’on veut interagir avec autrui, loin de tout gaspillage.
Lu en bibliothèque, cet album paraît ne plus être édité. J’espère qu’il le sera de nouveau prochainement.

Descente en enfer de Preston et Child

Présentation de l’éditeur :

Après que sa femme, Hélène, est enlevée sous ses yeux, l’agent spécial Pendergast, du FBI, se lance à la poursuite des ravisseurs, les pourchassant à travers les États-Unis jusqu’à Mexico. Mais là, ils lui échappent et Pendergast, brisé, rentre à New York pour s’enfermer dans son appartement, refusant tout contact avec le reste du monde. C’est son fidèle ami, D’Agosta, qui vient le sortir de sa retraite. Il a besoin de son aide pour résoudre une série de meurtres étranges commis dans plusieurs hôtels de Manhattan. Le coupable ? Un garçon qui semble doué de capacités psychiques hors du commun, au point d’échapper chaque fois à la police de manière inouïe.

Mon avis :

Tout de suite après avoir lu Vengeance à froid de Preston et Child, j’ai cherché à me procurer la suite, Descente en enfer – et c’est exactement ce que vit Pendergast, dans cet opus. Le quatrième de couverture est bien conçu, puisqu’il raconte sans dévoiler.

Blessé d’un point de vue psychique et émotionnel – d’un point de vue physique aussi, mais au point où il en est, ce n’est vraiment pas important – Pendergast n’est même plus l’ombre de lui-même, il apparaît vidé de toute substance. Il faut, littéralement, tout l’acharnement de ses amis – pas seulement D’Agosta, Viola, Corrie participent chacun leur tour – pour ranimer une étincelle de vie chez l’agent du FBI.

Autant vous le dire tout de suite, ce roman est parfois drôle – grâce à l’agent nommé pour aider D’Agosta à enquêter sur les crimes qui ont lieu à New York. C’est le profilage qui passe du statut de science à celui de fantasme d’enquêteurs. La réalité nous démontre que c’est parfois exactement le cas.

Il en est qui sont nettement moins drôle, comme lorsque le lecteur plonge dans la folie des hommes. Même si nous sommes alors davantage dans la science-fiction que dans le roman policier réaliste, il faut garder à l’esprit que certains faits racontés sont hélas vrais, et que le « rêve » de certains était lui aussi bien réel. Les moyens et le temps leur ont fait défaut, ce roman montre ce qui aurait pu se passer si cela n’avait pas été le cas. Bienvenue en enfer. Cet enfer qui peut être aussi pavés de bonnes intentions. Aider son prochain…. Le tout est de définir qui est son prochain.

Et si le roman nous entraîne loin, très loin du Dakota Building de Manhattan, il permet aussi aux alliés d’Aloysius de faire leur preuve en solo. Ce n’est pas Corrie qui nous dira le contraire.

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