Archive | novembre 2019

Détective Conan, tome 5 de Gôshô Aoyama

Surtout, ne vous fiez pas aux apparences. Le jeune Conan a beauêtre haut comme trois pommes, c’est un détective redoutable. Petit par la taille, d’accord, mais déjà grand par la capacité de déduction. Bref, il ne fait pas son âge… Et pour cause : en réalité, il n’a pas vraiment six ans, comme un rapide coup d’oeil à sa morphologie pourrait le laisser croire. Conan – de son véritable nom Shinichi Kudo – est, à l’origine, un détective lycéen. Mais il s’est retrouvé un jour en butte aux membres de l’Organisation des hommes en noir. Et ceux-ci n’ont rien trouvé de mieux que de lui faire ingurgiter un liquide empoisonné qui l’a fait replonger en enfance…
Mon avis :
Comme dans le tome 4, l’art a une très grande importance dans ce cinquième tome – et Ran se montre parfois très distraite. La première enquête est d’une très grande richesse, et j’ai presque envie de dire qu’elle n’est pas à mettre entre toutes les mains. Oui, l’action prend place dans une réunion d’anciens étudiants, et elle ressemble fortement à un huis-clos angoissant, le tueur faisant tout pour isoler les jeunes gens, n’hésitant pas à massacrer littéralement sa victime. Il tente aussi de tuer Ran, qui n’a pourtant pas des liens très forts avec eux – que s’est-il donc passé pour qu’il s’en prenne à elle. Conan a remarqué la distraction dont je vous parlais plus tôt, il n’est pas le seul – malheureusement pour Ran.
La deuxième enquête est toute aussi tragique, si ce n’est plus, parce qu’il aurait pu largement être évité, si seulement…
La fin du tome nous remet en relation avec les hommes en noir, et met Conan dans une situation dangereuse…. oui, beaucoup de points de suspension, parce que nous n’en sommes qu’au tome 5 !

Congés mortels de Didier Fossey

Les Filles au chocolat, tome 3.5 : Coeur salé de Cathy Cassidy

édition Pocket Junior – 101 pages.

Présentation de l’éditeur :

Shay Fletcher est le petit ami de Cherry. Musicien hors pair, il est ravi lorsqu’un agent artistique le repère et lui propose un contrat. Mais comment convaincre son père de le signer, lui pour qui la reprise de l’entreprise familiale compte plus que tout, et qui n’accorde que mépris à sa passion pour la musique ? Voilà qu’en plus Honey, son ex-petite amie, la demi-sœur de Cherry, a soudain besoin de son aide. Comment la secourir sans risquer de susciter la jalousie de Cherry ? Entre rêve déçu et déception amoureuse, la vie de Shay devient soudain très compliquée…

 

Mon avis :

Ces tomes « demi » présentent un personnage masculin, lié à l’une des sœurs – ou à plusieurs. Shay est le petit ami de Cerise, il est aussi l’ex d’Honey, la plus borderline des soeurs. Il a grandi dans l’ombre du grand frère parfait, Ben, le modèle absolu, entre un père rigide, pour qui l’avenir de ses fils est tout tracé, et une mère effacée, obéissant à son mari, le servant comme une domestique, quoi qu’il arrive. Un idéal de vie, une norme pour certaines femmes. Soit. Lui, sa passion, c’est la musique, autant dire que ce n’est pas du tout une carrière envisageable pour son père, fermé à toute négociation. Avoir des enfants comme faire-valoir. Note : il est très rare d’avoir des parents qui soutiennent de telles vocations. Shay attend donc d’être majeur pour pouvoir enfin vivre comme il l’entend. Parfois, la vie est rude dans une petite ville perdue au fin fond de l’Angleterre.

Le volume est un peu court, il ne permet pas à l’histoire de se dérouler aussi pleinement qu’elle aurait pu. Bon, on fait avec, c’est un choix de l’auteur (ou de l’éditeur ?). Faire avec, c’est aussi voir l’histoire se résoudre non pas facilement, mais aller de révélation et de révélation assez rapidement. Ce ne sont pas des coups de théâtre, plutôt la découverte de ce qui se cache derrière la réalité dans laquelle Shay a grandi qui apparaît peu à peu. S’il découvre seulement maintenant certains faits, c’est aussi parce que ce tome est un moment-clef de sa vie, où il découvre ce qui s’est caché derrière certaines apparences – où il découvre aussi que sa mère est capable de tenir tête à son père – enfin, ai-je envie de dire.

Bien sûr, on retrouve Cherry – et Honey. Ce tome tend un miroir sur ce qui s’est passé dans le premier tome, en inversant un peu la situation, si ce n’est que Cherry n’est pas Honey – et qu’Honey n’est pas si antipathique qu’elle veut bien le paraître. Etre honnête n’est pas toujours facile, c’est cependant moins dangereux que de mentir, soit disant pour ne pas inquiéter.

Un tome sympathique, à réserver aux fans.

 

Le grand livre de l’horreur – tome 5 : Sur les traces de Sherlock Holmes

Edition Albin Michel Jeunesse – 144 pages

Présentation de l’éditeur :

Pour sa dernière mission, Virgile est envoyé dans l’univers du plus célèbres des détectives : Sherlock Holmes ! Accompagné de son lapin, Pollop, Virgile doit aider Holmes à vaincre le chien des Baskerville, un monstre dont le souffle enflammé dévaste tout sur son passage. Une tâche qui s’annonce d’autant plus ardue que le Maliseur guette…. Virgile parviendra-t-il à triompher de cette ultime épreuve ?

Mon avis :

Dernier tome de la série… et c’est avec tristesse que je quitte Pollop, ce lapin blanc si particulier, capable de parler, et surtout de se plaindre, dès qu’il était plongé dans une histoire terrifiante.
Pardon ?
C’est Virgile le héros ?
Certes, mais je préfère tout de même Pollop, qui doit de plus faire avec le chien de la maison, adopté à la SPA – il n’a pas encore de nom, Mahaut cherche l’inspiration.
En tout cas, elle n’aurait pas dû tant chercher car la voici avec son frère sur la lande, en train de poursuivre, ou plutôt d’être poursuivie par le chien des Baskerville.
Vaste programme.
Surtout que le Maliseur a bien l’intention de les neutraliser.
Bref, même si Virgile et sa soeur se chamaillent comme frère et soeur, ils savent très bien s’unir si nécessaires.
Une jolie lecture, où l’humour est toujours présent.

 

Benzos de Noël Boudou

Présentation de l’éditeur :

Vous est-il déjà arrivé de vous réveiller avec cette sensation de déjà-vu ?
Sauriez-vous faire la différence entre le vrai et le faux ?
Avez-vous une confiance absolue en vos proches ?
Nick semble mener une vie tranquille, entouré de sa femme et de ses voisins. Pourtant, le jour où des amis de longue date arrivent, son existence tout entière va basculer dans l’étrange et l’impensable.
Réalité ? Psychose ? Quelle preuve avez-vous finalement de votre réalité ?

Mon avis :

Tout d’abord, je tenais à remercier Joël, des éditions Taurnada, pour sa confiance.

De nos jours, beaucoup de personnes, beaucoup trop de personnes prennent des somnifères. Beaucoup de médecins les prescrivent parce que. Oui, je m’arrête là – parce que j’ai la chance d’avoir un médecin qui ne m’en a jamais prescrit, qui pense qu’il existe d’autres solutions que de prendre des somnifères. On prend des somnifères parce que l’on ne dort pas, certes, mais aussi parce que l’on a besoin d’être performant au travail, parce que l’on n’a pas le temps de rechercher ce qui a bien pu causer ses fichues insomnies, et même si on l’identifie, pas le temps, pas l’envie de traiter réellement cette cause – avaler un cachet, c’est tellement plus rapide.

Nick est dans ce cas. Il se souvient très bien de l’âge auquel on lui a prescrit son premier somnifère. Depuis, il n’a pas arrêté. Il a même augmenté les doses, largement. Elles sont gracieusement fournies par la médecine mais aussi par Chloé, sa femme, qui travaille pour un laboratoire pharmaceutique. Amour ou inconscience ? Je ne sais pas. Pourtant, il a déjà tenté de décrocher, il n’a pas réussi. Il a promis à sa femme qu’il décrocherait – quand elle attendrait leur premier enfant. Cela fait irrésistiblement penser à ces promesses d’ivrogne. La différence ? L’alcoolisme est une maladie reconnue, la prise de benzodiazépines (« benzos » pour les intimes) passe bien plus inaperçue puisque le but de leur consommation est justement de pouvoir mener une vie « normale », sans que personne ne s’aperçoive de rien.

Puis, Nick a tout pour être heureux (mis à part cet enfant qui tarde à venir). Son métier ne lui déplait pas, il vit dans une belle maison, ses voisins sont charmants, et ses deux meilleurs amis viennent passer des vacances avec lui. Que demander de mieux ? Que rien ne se mette à dérailler, comme cela se produit dès le début du séjour de Pierre et Cath. Nick a un peu l’impression de vivre un jour sans fin, de perdre pied, tant le réel qu’il appréhende diffère du réel dont il se souvient – ou croit se souvenir. Comment faire confiance à sa mémoire quand on se bourre de cachets pour dormir ? Compliqué ? Oui.

La force de ce roman est d’épouser le point de vue de Nick, qui tente de se raccrocher à ce (ceux ?) qu’il peut, qui se rend compte que quelque chose ne va pas, puis que rien ne va ou presque. Est-ce lui qui a raison, ou est-ce ses proches ? Je vous rassure, nous sommes bien dans un roman noir, et si nous plongeons avec Nick dans son univers, nous saurons ce qu’il en est à la fin. Sans vous la dévoiler, je peux cependant dire que l’explication tient la route.

Au final, ce roman nous rappelle que l’on peut porter en soi son enfer personnel, et que les autres, même avec les meilleures intentions, n’ont aucune idée de ce que cela peut être.

 

 

Journal d’un marchand de rêves d’Anthelme Hauchecorne

Présentation de l’éditeur :

J’ai séjourné en hôpital psychiatrique. Pas de quoi fouetter un chat sauf lorsque, comme moi, vous êtes fils de stars. Par crainte du scandale, mes parents m’ont expédié loin d’Hollywood, dans la vieille Europe. Les meilleurs spécialistes m’ont déclaré guéri. En vérité, la thérapie a échoué. Les songes ont repris, plus dangereux que jamais. Malgré moi, je me trouve mêlé aux intrigues de puissants Rêveurs. Des gens charmants et bien décidés à m’éliminer, mais avec élégance. M’entêter serait totalement déraisonnable. Pourtant, deux plaies à vif m’empêchent de tourner la page… La première est une fille. La seconde, une soif de vengeance. Je m’appelle Walter Krowley. Vous tenez mon journal intime. Prenez-en soin. Ce livre pourrait devenir mon testament…

Mon avis :

Merci aux éditions French pulp et à Netgalley pour leur confiance.

Il faut accepter de se perdre dans un univers qui n’est pas le nôtre, que cet univers soit onirique ou pas. Il faut accepter de se perdre dans un genre littéraire qui n’est pas du tout mon genre de référence, ce qui n’ôte rien aux qualités de l’ouvrage.

Qu’avons-nous en commun avec Walter Krowley Junior, fils d’une star américaine et d’une mère trop tôt disparue ? Lui et son meilleur ami ont été blanchis de la mort accidentelle de deux personnes, il se perd dans les méandres de sa vie culpabilisée, au point que sa vie réelle se retrouve engloutie dans un autre univers. Dans ce monde des rêves, ou des cauchemars, comme vous l’entendrez, il fait des rencontres, avec Spleen, qui apparaît puis réapparaît dans son univers, l’aidant, parfois, à mieux le connaître, avec Banshee ensuite, qui vit « dans le monde réel » à Bruxelles, capitale d’un pays qu’il ne connaît pas, en bon américain. Lien de cause à effet, Trevor choisit de partir à Bruxelles, quand son père et sa belle-mère, qui joue vraiment son rôle jusqu’au bout, cherchent un moyen pour le sortir de la drogue. Oui, elle existe dans le monde réel, et dans le monde des rêves, revisitant ainsi le thème du marchand de sable.

Oui, la lecture de ce livre fut addictive, et si certains faits ne sont pas toujours compréhensibles de prime abord, il est des faits qui s’éclairent à la fin du roman – et n’oublions pas que c’est à chacun de faire vivre ses rêves, à chacun de nouer, de renouer les liens qu’ils souhaitent, avant qu’il ne soit trop tard.

Journal d’un marchand de rêves est un livre d’une grande richesse, qu’il serait vain de vouloir limiter à un simple avis. Il joue entre un univers très réaliste, et l’exploitation que d’autres peuvent faire des non dits, des actes irréalisés, des peurs et des désirs les plus profonds. Ne laissons pas les autres vivre notre vie.

Cependant, j’ai vu aussi (à tort ?) une mise en garde contre les rêves qui ne concernent pas soi, mais la société toute entière. L’écriture, rétroactive, montre souvent Walter nous mettre en garde contre telle ou telle décision qu’il a prise et qui a provoqué des catastrophes inattendues. Et souvent, il nous rappelle que le rêve de créer une nouvelle société idéale, nouvelle, novatrice, provoque bien plus de dégâts, de blessures, de morts, que l’auteur de cette idée ne le pensait. Comme il est souvent dit, l’enfer est pavé de bonnes intentions.

Avant de clore cet avis, je me rends compte que je n’ai pas parlé du thème de la vengeance, qui apparaît pourtant ici ou là, comme un personnage récurrent. Se venger est ici davantage une revanche, le désir de reprendre la main qu’une quête obsessionnelle, comme si tout venait à point à qui savait attendre, terminant ainsi une histoire commencée depuis longtemps. A moins qu’elle ne continue, dans une autre dimension. A voir. A lire. A imaginer.

 

Le maître du Feng Shui de Nury Vittachi


Présentation de l’éditeur :

C.F. Wong est un maître du Feng Shui, mais pas seulement. Son art de l’agencement, de l’harmonie, sa maîtrise du yinet du yang en font également un admirable détective. Dans ces toutes premières aventures du « Maître de Feng Shui « , le quotidien plutôt tranquille de ce maître de la sagesse orientale se trouble irrémédiablement dans la résolution parfois épineuse, toujours cocasse, d’affaires plus mystérieuses les unes que les autres. Mais le plus grand mystère de tous réside dans les mœurs et le comportement de sa jeune stagiaire, Jo McQuinnie, punkette au grand cœur avec laquelle il forme un tandem aussi mal assorti que savoureux.

Mon avis :

Ceci est le premier livre dans lequel le maître du Feng Shui apparaît, et, ô surprise ! ce n’est pas un roman mais un recueil de nouvelles. C.F. Wong est pourtant un maître du Feng Shui renommé, il a une secrétaire totalement inefficace, et des contrats qu’il honore, tout en veillant à se faire rémunérer. Il accepte même de prendre un jeune stagiaire, Jo, qui lui a été chaudement recommandé par son père, un de ses clients. Seulement, le maître du Feng Shui ne maîtrise pas toutes les subtilités de l’anglais – il n’est pas le seul dans ces nouvelles – et pour lui, Jo ne pouvait être qu’un garçon, pas une fille ! Il se rend compte cependant très rapidement de l’intérêt de travailler avec elle. D’abord, elle n’est pas aussi empotée qu’il le croyait, elle perçoit très bien qu’il ne l’apprécie pas, et elle fait même merveille avec des clients que C.F. Wong avait du mal à apprivoiser – la sensibilité féminine, la jeunesse, il n’y a que cela de vrai !

L’art du maître du Feng Shui, c’est aussi l’art d’anticiper. Si certains de ses clients sont réellement ce qu’ils paraissent être, et sont d’une grande honnêteté, d’autres pensent utiliser le maître à leur fin. Il ne s’agit pas de le manipuler, non, il s’agit de bien pire que cela – d’où la nécessité d’anticiper. Ses vieux complices apparaissent déjà dans ce premier tome, de même que sa propension à vouloir comprendre les expressions « jeunes » de sa stagiaire, afin d’étendre la palette de ses compétences – et à ne pas comprendre sa passion pour les boissons à base de lait et de café.

Le maître du Feng Shui est un recueil drôle, mouvementé, sans illusion sur la nature humaine.