Archive | novembre 2014

Salon du livre de Montreuil 2014

Tout d’abord, je salue le courage de ceux qui y vont sur plusieurs jours – avec la meilleure volonté du monde, je ne me sens pas la force d’y retourner aujourd’hui. J’en ai donc bien profité hier.

Je suis partie tôt (petit souci sur la ligne) et, une fois arrivé à Paris, j’ai fait une pause dans une célèbre chaîne de café.

038 Ensuite, une demi-heure de métro, avec encore un petit incident, et voilà, j’étais arrivée à Montreuil.

Je ne me suis pas fait de programme de dédicaces, je me suis laissée, tout simplement.

Ma première dédicace, ce fut avec Alan Snow, l’auteur de Les chroniques de Pont-aux-rats.

 

IMG_2216Puis, j’ai poursuivi mes achats et j’ai commencé à attendre pour la dédicace avec Cathy Cassidy. La file était très longue, j’ai eu le temps de lire la moitié d’Aux délices des anges, son dernier roman paru en France. La preuve en image :

Cathy CassidyPuis, direction le stand Bayard pour la dédicace de Joseph Delaney :

043Pause déjeuner, et après, dédicace avec l’auteur de la guerre des clans.

044J’ai poursuivi ma découverte du salon d’autres achats :

IMG_2217et les dédicaces qui vont avec :

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Après ceci, j’ai quitté la chaleur étouffante du salon pour reprendre le métro (avec de nouveaux incidents) et le train, avant de retourner en Normandie et de faire découvrir mes acquisitions à Galopin :

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Bon dimanche à tous !

Pas de pitié pour Monsieur Schnock ! d’Andy Stanton

Présentation de l’éditeur :

Au secours, les nuages tombent du ciel ! Une catastrophe écologique menace Lipton-les-Baveux. Polly et son vieil ami Vendredi fondent le très sérieux Service des Nuages et Yaourts pour mener l’enquête.

Mon avis :

C’est un plaisir de retrouver monsieur Schnock, Billy le boucher dans cet avant-dernier tome de leurs aventures. Le titre est en effet assez clair : ce sont eux les héros de cette série, pas les gentils Vendredi Ousamedi, Polly ou Jack. Leur objectif : détruire Lipton-les-Baveux. Je me demande bien pourquoi, après tout : sur qui pourraient-ils exercer leur méchanceté s’ils ne pouvaient plus compter sur les gentils habitants de cette ville ?

Il est question de leurs agissements, bien sûr, mais il est aussi question de pollution, de gaspillage, de l’évolution d’un village – si petit soit-il, si éloigné de tout semble-t-il. A cet égard, il ne manque pas de personnages hauts en couleur, que ce soit le tout nouveau personnage surprenant que l’on rencontre au fil des pages, ou vieille Mamie, prête à tout pour sauver son « sherry ».

Drôle, enlevé, absurde parfois, ce sixième tome est dans la lignée des précédents.

Une éducation catholique de Catherine Cusset

Présentation de l’éditeur :
« ‘Remarque, je la comprends. C’est plus amusant de lire un roman que d’aller à la messe.’ Papa, furieux, se retourne contre maman et l’accuse de saper les fondements de ma foi. Elle rétorque qu’elle n’a rien dit de mal, que de toute façon chacun est libre de penser comme il veut, et que je suis bien capable de juger par moi-même ce qui, de la lecture d’un roman ou de la messe, est le plus amusant. ‘Elle n’a qu’à rester à la maison! hurle papa. Puisque c’est comme ça, j’irai seul!’ Vite je ferme mon livre, je me lève, je mets mon manteau, je suis papa. »Marie, la narratrice de La haine de la famille et d’Un brillant avenir, raconte ici les rapports qu’elle a entretenus avec la religion au cours de son enfance et de sa jeunesse, entre un père croyant et une mère athée. Elle évoque la naissance du désir à travers des passions successives, et la découverte de l’amour, vécu d’abord comme une crucifixion, puis comme une rédemption.

Mon avis :

Il me restait une trentaine de pages à lire, j’ai abandonné. Je n’ai strictement aucune envie de perdre mon temps plus avant avec ce livre.

Une éducation catholique ? Non, pas vraiment, plutôt une éducation sentimentale et sexuelle. Oui, Marie, la narratrice, est allée au cathéchisme, dont elle ne garde aucun souvenir. Oui, elle prie tous les soirs, pour se rapprocher de son père, va à la messe le dimanche, fait ses deux communions. Puis, plus rien : elle perd la foi comme elle aurait cessé de croire au père Noël. Elle ne se pose pas plus de question. Elle est bien trop mature (le discours est très distancié, pas du tout celui d’une adolescente), trop narcissique, trop masochiste pour s’interroger plus avant sur sa foi et sa disparition.

Si elle ne croit plus en Dieu, elle se cherche un dieu à travers ses amitiés successives, ses amours, ses expériences, quelqu’un qu’elle pourrait aduler en permanence. Tout comme elle a cessé de croire du jour au lendemain, elle rompt ses amitiés avec précision. Ses amours, ses émois, ne m’ont pas intéressée plus que cela, non plus que sa personnalité, fort peu attachante sans qu’elle ait besoin de se dénigrer davantage. J’oubliai presque de signaler qu’elle hait sa soeur, qu’elle juge son père faible et admire fortement sa mère.

Après avoir refermé ce livre, je n’ai qu’une envie : lire un ouvrage plus intéressant.

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Akimbo et les crocodiles d’Alexander McCall Smith

Présentation de l’éditeur :

Akimbo est tout excité à l’idée d’accompagner John, un spécialiste des crocodiles, dans une enquête de terrain. Après avoir assisté à l’éclosion des œufs, ils s’aventurent sur le fleuve en canot pneumatique et débarquent sur une île pour suivre les bébés qu’ils ont marqués.

Mon avis :

Je ne lis pas les livres dans l’ordre, tout simplement parce que je les emprunte à la bibliothèque, et suis dépendante des livres qui y sont présents – ou pas. Il manque ainsi le tome 2, dont il est pourtant question dans ce tome 3 : Akimbo et les lions. Sa maman en garde en effet un souvenir ému  :

Cette aventure s’était conclue par l’arrivée au camp d’un lionceau orphelin. Est-ce que celle-ci se solderait par l’adoption d’un bébé crocodile qui se promènerait dans toute la maison ?

Akimbo est un rêveur. Il rêve non de vivre une autre vie que la sienne, mais de la vie qu’il mènera quand il sera adulte. L’école l’ennuie, les mathématiques, la grammaire, il veut lire des livres qui soient en prise avec le vivant, avec ce qui l’entoure. Les crocodiles, les serpents – à croire que cette série est destinée à vaincre les phobies des jeunes lecteurs, ou à leur montrer que ce qui constitue les sacs à main, les bottes, les ceintures, sont des êtres bien vivants.

Parce qu’il vit en Afrique, parce que son père dirige une réserve, Akimbo voit ses rêves devenir réalité. Parce que nous sommes en Afrique, il court des dangers que les petits citadins n’imaginent même pas. Il se montre aussi très débrouillard, à moins que ce ne soit les adultes qui n’aient pas pleinement mesuré les dangers qui les entouraient.

« Ne baisse jamais les bras« , lui avait dit son père. « Imagine d’autres façons de parvenir au même résultat« . Des conseils pleins de bons sens, à mettre en pratique par tous les jeunes lecteurs. Akimbo, ce héros débrouillard et sympathique, permet à Alexander McCall Smith de faire partager sa passion pour le continent africain.

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Akimbo et les éléphants d’Alexander McCall Smith

Présentation de l’éditeur :

Akimbo vit avec ses parents près d’une grande réserve africaine. Un jour, alors qu’il accompagne son père et les rangers en tournée de surveillance, ils découvrent une éléphante abattue dont on a volé les défenses.
Akimbo a même le temps d’apercevoir son éléphanteau qui s’enfuit.
Bouleversé et révolté, le jeune garçon décide de s’attaquer aux braconniers et échafaude à l’insu de ses parents un terrible plan. Il infiltre le réseau des malfaiteurs et participe à une expédition nocturne…

Mon avis :

Ceci est la deuxième aventure d’Akimbo que je lis.

Autant Akimbo et les serpents était un roman très statique, autant Akimbo et les éléphants voit le jeune héros partir à l’aventure pour retrouver des braconniers.

La position des personnages principaux est très claire : le braconnage est un fléau qu’il faut à tout prix arrêter. Les conséquences nous sont montrés sans fard, sans misérabilisme non plus. Il s’agit simplement de décrire une réalité, et la difficulté sans cesse renouveler à mettre à bas ces pratiques.

Akimbo prend beaucoup de risques, trop diront certains pour un héros aussi jeune. Personne ne se posait beaucoup de questions en lisant les exploits du club des cinq.
Akimbo et les éléphants, un roman d’aventures pour jeunes lecteurs qui veulent découvrir l’Afrique.

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Les chroniques de Lipton-les-Baveux, tome 5 d’Andy Stanton.

Mon avis :

Il existe de nombreux romans qui vous racontent que les héros sont fatigués, dépassés, épuisés : ce ne sont que des êtres humains, après tout. Mais que se passeraient-ils si les héros partaient en vacances, comme des salariés ordinaires ? Si Vendredi, Polly, Alan Taylor profitaient des congés scolaires pour se rendre à la plage, profiter du soleil et de la mer ?
Et bien, ce livre en est la preuve, ce serait un désastre. Les méchants seraient si occupés à se battre que la population de Lipton-les-Baveux n’auraient pas le choix : quitter le village. Mais, me direz-vous, pourquoi ne lutte-t-elle pas contre eux, ne les renvoie-t-elle pas chacun de leur côté, pour qu’ils puissent se disputer ailleurs s’ils le souhaitent ? Je crois que les gentils villageois n’y pensent même pas, et attendent que le conflit, particulièrement sanglants – on se bat à coup de morceaux de viande avariés – se termine de lui-même. Un peu plus, le village était déserté.
Surtout, le problème est que les deux méchants emblématiques de ces chroniques ne s’entendent même plus entre eux ! Monsieur Schnock a trouvé un pire ami que Billy le boucher, pire en termes d’hygiène et de soin. Will Defriture, heureux propriétaire d’un kebab que le moindre inspecteur des services sanitaires ferait fermer illico, si seulement il avait le courage de rentrer dans la boutique.
Heureusement, tout ira presque bien pour tout le monde – les héros reprendront le travail plus tôt que prévu. Pour résoudre le conflit, ils utiliseront une solution universelle, une solution digne d’un conte de fées. Même les méchants ont droit à une fin heureuse – et celui d’élever toutes les mouches qu’ils veulent dans ce magnifique village.
Même Jake, le routoutou, vit lui aussi des aventures extraordinaires mais chut ! il sera au coeur du tome 7, et pour l’instant, nous n’en sommes qu’au cinq.

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Les hommes meurent, les femmes vieillissent d’Isabelle Desesquelles

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Présentation de l’éditeur :

Dix portraits de femmes. Quatre générations. Une famille.
Naître, grandir, aimer, donner la vie ou mourir, elles sont toutes à la veille de ces heures qui marquent une existence.
« La bouche la plus scellée n’empêchera pas un corps de révéler ce qu’on a fait de lui. »
Elles sont dix. Mères, soeurs, cousines, petites et arrière-petites-filles, elles vont chercher un oubli à L’Éden, l’institut de beauté d’Alice. Certaines sont au bout de leur existence, d’autres au début.
Tour à tour, elles dévoilent leurs secrets, leur fragilité aussi. Sans rien dissimuler, elles disent la jouissance et la défaite, l’allégresse à aimer et les renoncements. Les rides et les bonheurs.
Toutes sont terriblement attachantes et font face à un silence qu’elles apprivoisent. Celui d’Ève, l’absente, sans laquelle elles ont appris à vivre.
Autour de son souvenir, elles réapprendront à être une famille.
Fantasques, mélancoliques et troublants, les hommes meurent, les femmes vieillissent.

Mon avis :

Pour ce livre, on peut ne pas aimer le sujet apparent (les instituts de beauté) et aimer le sujet réel (les femmes, de la naissance à la mort).

En effet, je n’ai jamais mis les pieds dans un institut de beauté, et que je ne le ferai sans doute jamais. J’ai fait mienne cette devise d’une de mes proches : je ne veux être l’esclave d’aucun produit de beauté. Je ne veux pas rester chez moi, toute la journée, parce que je n’aurai pas fait de manucure, ni ne pas assurer mes cours parce que je ne me serai pas maquillée.

Ceci écarté, revenons à ce qui fait l’intérêt du roman : toutes ses voix de femmes, sans qu’aucune n’est vraiment plus de poids qu’une autre. A la tête de chacun d’entre eux, nous trouvons la fiche signalétique établie par Alice, ou comment l’esthéticienne est devenue à la fois confesseur et thérapeute. A force de soigner le mental, de diagnostiquer des troubles bipolaires pour un oui pour un non (merci Jeanne), on en oublie le corps.  Alice, la bienveillante, sait tout sur vous, de ce que vous lui racontez ou de ce que votre corps lui raconte. Son antithèse ? Aïcha. Celle qui tient salon également ne se donne pas la peine de connaître ses clientes, juste celui de cibler leurs problèmes afin de mieux conserver leur clientèle.  Alice, ou l’héroïne implicite de ce roman (je vous rassure, elle aussi aura son chapitre) ou Eve, la jeune suicidée.

Il est beaucoup question de transmission dans ce roman, et j’ai trouvé dommage au final que la transmission s’arrête (oui, je dévoile un peu l’intrigue). J’ai été touchée par le personnage de Manon, anorexique-boulimique, bousillée par ses parents même si ceux-ci paraissent les plus aimants du monde – ou comment faire du mal sans le savoir. J’ai beaucoup aimé le personnage d’Eve la jeune, belle-fille d’Eve la disparue. Pour une fois, un roman qui ose parler du dégât que la grossesse cause sur le corps des femmes. Avez-vous déjà vu une de ses splendides émissions qui exhalent la maternité en parler, parler des solutions que l’on propose aux femmes pour y remédier ? Pas vraiment. D’ailleurs, le plus souvent, ce n’est pas traité avec gravité – comme le montre très clairement les propos d’Eve, la bien nommée, c’est juste le sort des femmes, leur corps est fait pour ça (non, la phrase n’est pas dans le livre, mais j’ai souvent entendu des médecins le dire à la télévision : « Le corps des femmes est fait pour porter des enfants », comme s’ils ne devaient servir qu’à cela).  Il est aussi question de fécondation in-vitro, de sa réalité aussi, loin des images véhiculés par les médias – pas vendeur, pas glamour ? Je n’ai garde d’oublier Jeanne, qui rappelle comment les filles vivaient, il y a presque un siècle et que la quête du bonheur, et bien, n’existait pas.

Je terminerai par cette citation, d’une très grande justesse :

« On dit aux petites filles qu’il faut souffrir pour être belle, on devrait leur apprendre la volupté. Arrêter avec la petite sirène, il y a d’autres moyens de trouver un prince qu’en y laissant ses écailles »

 

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La séduction du Highlander de Maya Blanks

couv69810527Merci à Syl qui m’a prêté ce livre il y a très très longtemps.

Présentation de l’éditeur :

Bannie de son clan, Keeley McDonald vit dans une chaumière isolée où l’on vient de loin la consulter pour ses talents de guérisseuse. Lorsqu’un guerrier à l’agonie tombe de cheval devant sa porte, elle le recueille et le soigne. Mais les frères d’Alaric McCabe ne tardent pas à venir récupérer le blessé et emmènent la jeune femme pour qu’elle continue de veiller sur lui. Déja troublée par la virilité du Highlander, Keeley découvre un homme d’une sensualité exigente, qui l’initie aux secrets interdits de l’amour. Elle sait pourtant que, une fois rétabli, il devra en épouser une autre…

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Mon avis :

Etre un fier Highlander, ce n’est vraiment, mais alors vraiment pas de tout repos. Prenez ce pauvre Alaric. Il chevauchait tranquillement avec ses compagnons, quand bim ! des ennemis lui tombent sur le dos, et tuent presque tout le monde. Alaric parvient à avoir la vie sauve, mais dans quel état ! Heureusement, il a beaucoup de chance car il tombe sur une nouvelle personne, non une farouche guerrière (du latin ferox, ferocis) mais sur une guérisseuse, Keeley, qui n’a pas eu la vie facile. D’ailleurs, dans « guérisseuse », il n’y a pas que le mot « guérir », on entend aussi le mot « guerre », et c’est une véritable guerre contre la mort que devra mener Keeley. Et celle-ci ne fait que commencer.

Soyons juste : Keeley reçoit de l’aide. Enfin, cela dépend de quel point de vue on considère la situation, parce qu’elle ne prend pas vraiment bien les choses. Ewan, grand frère protecteur d’Alaric, n’a strictement rien contre elle, après tout : il veut juste s’assurer qu’elle s’occupera de son frère, de sa propre épouse Mairin sur le point d’accoucher et de tout autre nouveau problème de santé qui pourrait surgir. Les femmes sont vraiment difficiles en générale, et les écossaises en particulier. Certes, Keeley n’était pas d’accord pour le suivre, mais elle ne laisse pas grand chose derrière elle (et personne, en fait), et se retrouvera gracieusement nourrie, logée chez le fier Highlander et ses frères.

On ne s’ennuie pas en lisant leurs aventures. Les menaces sont bien réelles, on ne se fait pas de cadeaux entre clans rivaux, et les alliances sont fragiles – il suffit de si peu de choses pour les nouer ou les dénouer, comme un stupide petit frère qui tombe amoureux de la femme qui s’obstine à lui sauver la vie. Ce n’est vraiment pas son rôle ! Que font les fiers guerriers qui l’entourent ? Trop occupés à faire de la luge avec leur bouclier ? Ou bien ils n’ont d’yeux que pour leur dulcinée et ne font pas attention aux autres ? Non, ce n’est pas leur rendre justice, ils sont vraiment toujours sur le qui-vive. Quand l’ennemi ne respecte pas les règles les plus élémentaires de savoir-vivre guerrier, cela complique quand même fortement les choses !

La séduction du Highlander est une romance historique agréable, qui fera passer un bon moment de lecture.

Satin et Silver-Luke

Un empire et des poussières d’Emmanuel Flesh

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Présentation de l’éditeur :
La veille de l’assaut sur Falloujah, deux Marines se sont juré de déserter l’enfer irakien à la faveur de leur prochaine permission. Dans une cité de Seine-Saint-Denis, une famille d’origine maghrébine se déchire ; le père attend son procès, la mère rêve de divorce, leur fille d’une fugue. Un jeune coursier parisien se demande dans quelle impasse s’égare son existence, depuis que celle d’un collègue s’est achevée sous les roues d’un poids lourd. Autant de destins lancés à plein régime sur des routes incertaines, et fuyant avec la même rage les fantômes du passé. Irak, Paris, New York, Cleveland, Beyrouth, Bombay… Les roulements de tambour des années Bush rythment cette alternance de trajectoires où se répondent, comme un jeu de miroir, têtes de gondoles et arrière-cours de la globalisation. Mais passé le fracas de la rencontre, reste à ces personnages en rupture de ban le constat qu’il était peut-être plus facile d’embrasser la cavale, que lui trouver une issue. Entre collisions intimes et choc des civilisations, Un empire et des poussières nous emporte dans les tumultes d une époque qui n’a pas encore cessé d’être la nôtre.
Biographie de l’auteur
Emmanuel Flesch est né à Colombes, en 1976. Il enseigne l’histoire et la géographie dans un collège d’Aulnay-sous-Bois.

1312260953408502211846257Défi premier roman

Mon avis :

Un empire et des poussières est un roman choral qui nous fait suivre le destin de trois personnages : Lee Burnett, un Marine américain, Landry, un coursier français (son prénom m’évoque immédiatement La petite Fadette) et Cherifa, standardiste dans une grande publicitaire parisienne. Landry sera le seul à dire « je », les deux autres personnages seront observés « de l’extérieur », même si la focalisation reste interne.

Le fil conducteur, ténu, de ce roman, est Carthage, dont les enseignants s’esquintent à transmettre le rôle. Cette place forte, dont le nom a été remis au goût du jour par les américains (auraient-ils oublié qu’elle fut détruite avant d’être reconstruite ?) rappelle la fragilité de tout ce qui paraît solide, indestructible. Mais ce lien est si ténu, que j’ai cherché ailleurs le lien entre les trois personnages principaux.

Ou plutôt l’absence de lien. Une famille ? Landry paraît seul au monde, personne ne s’inquiète de son devenir, de son errance. Cherifa fait bouillir la marmite et ignore tout ou presque de la vie de sa fille – comme nous ignorons comme Cherifa et son mari en sont arrivés à tant de distance, dans un appartement si petit, dans une cité où tous se connaissent. Lee Burnett n’a plus réellement de famille. L’amitié ? Elle est inexistante elle aussi. Même la rencontre de ses trois solitudes n’aboutira pas à la création de réels liens, aucun ne se soucie réellement des autres.

Si le début de ma lecture m’a paru aisé, si le style était fluide, j’ai eu beaucoup plus de mal à progresser dans le roman au fur et à mesure que je tournais les pages. Il faut dire que certaines étaient particulièrement dures à lire, à cause de descriptions … réalistes. J’ai eu du mal aussi avec le périple en Inde (devrai-je dire pèlerinage ?). Je n’ai garde d’oublier la multiplicité des thèmes abordés. J’aurai aimé que certains soient davantage approfondis.

Ce premier roman comporte des qualités et des défauts, qui ne doivent cependant pas détournés de sa lecture. Merci au  forum Partage-Lecture et aux éditions Kyklos pour ce partenariat.

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Le professeur Séraphin et la fn du monde (ou presque) de Jo Nesbo

le-professeur-sc3a9raphin-et-la-fin-du-monde-ou-presquePrésentation de l’éditeur :

Bulle et Lise ont remarqué des phénomènes inquiétants : des chaussettes disparaissent, de drôles d’empreintes apparaissent sur le sol, leurs proches ont des défauts d’élocution bizarres… Et tout le pays est rivé à sa télévision pour suivre un concours de chant populaire… Le vainqueur est un certain Tenoresen, qui s’avère être un tyran : il a hypnotisé les foules pour renverser le roi et prendre sa place avec ses soldats, d’affreuses créatures aux pieds griffus.
Mais ce que les gens ignorent, c’est qu’ils se nourrissent de chair humaine… C’est la terreur ! Bulle, Lise et le Pr Séraphin ont peur que ce soit fin du monde. Ils décident alors de sauver la Norvège, et la fameuse poudre à prout leur sera d’une aide précieuse !

Mon avis :

Je n’aime pas Jo Nesbo auteur de romans policiers, j’aime beaucoup le Jo Nesbo romancier pour la jeunesse. Passer de l’un à l’autre sans y laisser sa plume est un exploit – sans doute parce que ce troisième tome comporte deux niveaux de lectures.

Nous retrouvons ici les trois héros des deux tomes précédents, Lise et Bulle, que leurs excellents résultats isolent. Ils ont toujours peur sur le trajet de l’école, à cause de leurs deux voisins, deux ogres en puissance dans un récit qui n’est pas un conte – visiblement, le bien-être à l’école n’est pas un mot d’ordre en Norvège. Ils sont toujours amis avec le professeur Séraphin, dont les inventions pourraient bien révolutionner le monde – ou pas.  Heureusement, ils peuvent compter sur la fermeté de leurs professeurs pour passer des heures presque paisibles, telle madame Strobe, dont le regard, la voix et la gestuelle sont redoutables pour ceux qui ne respecteraient pas les règles.

Comme dans tous les pays du monde (vive la mondialisation), les télé-crochets battent leur plein, et des millions de téléspectateurs sont hypnotisés par les prestations de certains chanteurs, au point de tout oublier – ou presque. Caricatural ? A peine. Seulement, quand cet hypnose collective se révèle bien réelle et a pour but de dégommer les hommes, il ne reste qu’un espoir : ceux avaient mieux à faire que s’abrutir devant la télévision. A condition que leur maman ne leur ait pas signé un mot d’excuses (Note : avec la mère de Bulle, cela ne risque pas).

Nos héros vont alors vivre des aventures toutes plus invraisemblables les unes que les autres, entamer une odyssée à travers tout le pays, utilisant des moyens de transports plus ingénieux les uns que les autres, et pas forcément les moins périlleux. Les opposants ? Tous, ou presque – heureusement, certains sont très paresseux. Les adjuvants ? Disons qu’ils ont tous de grandes différences avec des êtres dit « normaux ». Mais qu’est-ce que la normalité, je vous le demande ? Faire la même chose que tout le monde ? N’est-ce pas ennuyeux au possible ? Et un peu lâche parfois aussi ?

Pas de doute, dans son récit, Jo Nesbo a emprunté aux heures les plus sombres de l’histoire européenne, jusque dans le nom du leader des caméléons. Quant aux supplices réservés aux opposants, s’ils peuvent faire sourire au départ, nous nous orientons rapidement vers un détournement des conventions internationales qui rappellent aussi de douloureux souvenirs. Je n’ai garde d’oublier le personnage de Béatrice, qui a elle toute seule rappelle à quel point on peut être aimée, puis focaliser toute la haine de ceux qui ne se sont pas engagés. Un excellent roman à lire, en accompagnant sa lecture.

Je terminerai par cette citation, très révélatrice :

– Tout le monde n’a pas l’étoffe d’un héros, explique Mme Strobe. La plupart des gens veulent juste vivre en paix et mener leur petite vie tranquille sans être trop dérangés par les autres.

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