Archive | novembre 2014

Salon du livre de Montreuil 2014

Tout d’abord, je salue le courage de ceux qui y vont sur plusieurs jours – avec la meilleure volonté du monde, je ne me sens pas la force d’y retourner aujourd’hui. J’en ai donc bien profité hier.

Je suis partie tôt (petit souci sur la ligne) et, une fois arrivé à Paris, j’ai fait une pause dans une célèbre chaîne de café.

038 Ensuite, une demi-heure de métro, avec encore un petit incident, et voilà, j’étais arrivée à Montreuil.

Je ne me suis pas fait de programme de dédicaces, je me suis laissée, tout simplement.

Ma première dédicace, ce fut avec Alan Snow, l’auteur de Les chroniques de Pont-aux-rats.

 

IMG_2216Puis, j’ai poursuivi mes achats et j’ai commencé à attendre pour la dédicace avec Cathy Cassidy. La file était très longue, j’ai eu le temps de lire la moitié d’Aux délices des anges, son dernier roman paru en France. La preuve en image :

Cathy CassidyPuis, direction le stand Bayard pour la dédicace de Joseph Delaney :

043Pause déjeuner, et après, dédicace avec l’auteur de la guerre des clans.

044J’ai poursuivi ma découverte du salon d’autres achats :

IMG_2217et les dédicaces qui vont avec :

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Après ceci, j’ai quitté la chaleur étouffante du salon pour reprendre le métro (avec de nouveaux incidents) et le train, avant de retourner en Normandie et de faire découvrir mes acquisitions à Galopin :

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Bon dimanche à tous !

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Pas de pitié pour Monsieur Schnock ! d’Andy Stanton

Présentation de l’éditeur :

Au secours, les nuages tombent du ciel ! Une catastrophe écologique menace Lipton-les-Baveux. Polly et son vieil ami Vendredi fondent le très sérieux Service des Nuages et Yaourts pour mener l’enquête.

Mon avis :

C’est un plaisir de retrouver monsieur Schnock, Billy le boucher dans cet avant-dernier tome de leurs aventures. Le titre est en effet assez clair : ce sont eux les héros de cette série, pas les gentils Vendredi Ousamedi, Polly ou Jack. Leur objectif : détruire Lipton-les-Baveux. Je me demande bien pourquoi, après tout : sur qui pourraient-ils exercer leur méchanceté s’ils ne pouvaient plus compter sur les gentils habitants de cette ville ?

Il est question de leurs agissements, bien sûr, mais il est aussi question de pollution, de gaspillage, de l’évolution d’un village – si petit soit-il, si éloigné de tout semble-t-il. A cet égard, il ne manque pas de personnages hauts en couleur, que ce soit le tout nouveau personnage surprenant que l’on rencontre au fil des pages, ou vieille Mamie, prête à tout pour sauver son « sherry ».

Drôle, enlevé, absurde parfois, ce sixième tome est dans la lignée des précédents.

Une éducation catholique de Catherine Cusset

Présentation de l’éditeur :
« ‘Remarque, je la comprends. C’est plus amusant de lire un roman que d’aller à la messe.’ Papa, furieux, se retourne contre maman et l’accuse de saper les fondements de ma foi. Elle rétorque qu’elle n’a rien dit de mal, que de toute façon chacun est libre de penser comme il veut, et que je suis bien capable de juger par moi-même ce qui, de la lecture d’un roman ou de la messe, est le plus amusant. ‘Elle n’a qu’à rester à la maison! hurle papa. Puisque c’est comme ça, j’irai seul!’ Vite je ferme mon livre, je me lève, je mets mon manteau, je suis papa. »Marie, la narratrice de La haine de la famille et d’Un brillant avenir, raconte ici les rapports qu’elle a entretenus avec la religion au cours de son enfance et de sa jeunesse, entre un père croyant et une mère athée. Elle évoque la naissance du désir à travers des passions successives, et la découverte de l’amour, vécu d’abord comme une crucifixion, puis comme une rédemption.

Mon avis :

Il me restait une trentaine de pages à lire, j’ai abandonné. Je n’ai strictement aucune envie de perdre mon temps plus avant avec ce livre.

Une éducation catholique ? Non, pas vraiment, plutôt une éducation sentimentale et sexuelle. Oui, Marie, la narratrice, est allée au cathéchisme, dont elle ne garde aucun souvenir. Oui, elle prie tous les soirs, pour se rapprocher de son père, va à la messe le dimanche, fait ses deux communions. Puis, plus rien : elle perd la foi comme elle aurait cessé de croire au père Noël. Elle ne se pose pas plus de question. Elle est bien trop mature (le discours est très distancié, pas du tout celui d’une adolescente), trop narcissique, trop masochiste pour s’interroger plus avant sur sa foi et sa disparition.

Si elle ne croit plus en Dieu, elle se cherche un dieu à travers ses amitiés successives, ses amours, ses expériences, quelqu’un qu’elle pourrait aduler en permanence. Tout comme elle a cessé de croire du jour au lendemain, elle rompt ses amitiés avec précision. Ses amours, ses émois, ne m’ont pas intéressée plus que cela, non plus que sa personnalité, fort peu attachante sans qu’elle ait besoin de se dénigrer davantage. J’oubliai presque de signaler qu’elle hait sa soeur, qu’elle juge son père faible et admire fortement sa mère.

Après avoir refermé ce livre, je n’ai qu’une envie : lire un ouvrage plus intéressant.

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Akimbo et les crocodiles d’Alexander McCall Smith

Présentation de l’éditeur :

Akimbo est tout excité à l’idée d’accompagner John, un spécialiste des crocodiles, dans une enquête de terrain. Après avoir assisté à l’éclosion des œufs, ils s’aventurent sur le fleuve en canot pneumatique et débarquent sur une île pour suivre les bébés qu’ils ont marqués.

Mon avis :

Je ne lis pas les livres dans l’ordre, tout simplement parce que je les emprunte à la bibliothèque, et suis dépendante des livres qui y sont présents – ou pas. Il manque ainsi le tome 2, dont il est pourtant question dans ce tome 3 : Akimbo et les lions. Sa maman en garde en effet un souvenir ému  :

Cette aventure s’était conclue par l’arrivée au camp d’un lionceau orphelin. Est-ce que celle-ci se solderait par l’adoption d’un bébé crocodile qui se promènerait dans toute la maison ?

Akimbo est un rêveur. Il rêve non de vivre une autre vie que la sienne, mais de la vie qu’il mènera quand il sera adulte. L’école l’ennuie, les mathématiques, la grammaire, il veut lire des livres qui soient en prise avec le vivant, avec ce qui l’entoure. Les crocodiles, les serpents – à croire que cette série est destinée à vaincre les phobies des jeunes lecteurs, ou à leur montrer que ce qui constitue les sacs à main, les bottes, les ceintures, sont des êtres bien vivants.

Parce qu’il vit en Afrique, parce que son père dirige une réserve, Akimbo voit ses rêves devenir réalité. Parce que nous sommes en Afrique, il court des dangers que les petits citadins n’imaginent même pas. Il se montre aussi très débrouillard, à moins que ce ne soit les adultes qui n’aient pas pleinement mesuré les dangers qui les entouraient.

« Ne baisse jamais les bras« , lui avait dit son père. « Imagine d’autres façons de parvenir au même résultat« . Des conseils pleins de bons sens, à mettre en pratique par tous les jeunes lecteurs. Akimbo, ce héros débrouillard et sympathique, permet à Alexander McCall Smith de faire partager sa passion pour le continent africain.

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Akimbo et les éléphants d’Alexander McCall Smith

Présentation de l’éditeur :

Akimbo vit avec ses parents près d’une grande réserve africaine. Un jour, alors qu’il accompagne son père et les rangers en tournée de surveillance, ils découvrent une éléphante abattue dont on a volé les défenses.
Akimbo a même le temps d’apercevoir son éléphanteau qui s’enfuit.
Bouleversé et révolté, le jeune garçon décide de s’attaquer aux braconniers et échafaude à l’insu de ses parents un terrible plan. Il infiltre le réseau des malfaiteurs et participe à une expédition nocturne…

Mon avis :

Ceci est la deuxième aventure d’Akimbo que je lis.

Autant Akimbo et les serpents était un roman très statique, autant Akimbo et les éléphants voit le jeune héros partir à l’aventure pour retrouver des braconniers.

La position des personnages principaux est très claire : le braconnage est un fléau qu’il faut à tout prix arrêter. Les conséquences nous sont montrés sans fard, sans misérabilisme non plus. Il s’agit simplement de décrire une réalité, et la difficulté sans cesse renouveler à mettre à bas ces pratiques.

Akimbo prend beaucoup de risques, trop diront certains pour un héros aussi jeune. Personne ne se posait beaucoup de questions en lisant les exploits du club des cinq.
Akimbo et les éléphants, un roman d’aventures pour jeunes lecteurs qui veulent découvrir l’Afrique.

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Les chroniques de Lipton-les-Baveux, tome 5 d’Andy Stanton.

Mon avis :

Il existe de nombreux romans qui vous racontent que les héros sont fatigués, dépassés, épuisés : ce ne sont que des êtres humains, après tout. Mais que se passeraient-ils si les héros partaient en vacances, comme des salariés ordinaires ? Si Vendredi, Polly, Alan Taylor profitaient des congés scolaires pour se rendre à la plage, profiter du soleil et de la mer ?
Et bien, ce livre en est la preuve, ce serait un désastre. Les méchants seraient si occupés à se battre que la population de Lipton-les-Baveux n’auraient pas le choix : quitter le village. Mais, me direz-vous, pourquoi ne lutte-t-elle pas contre eux, ne les renvoie-t-elle pas chacun de leur côté, pour qu’ils puissent se disputer ailleurs s’ils le souhaitent ? Je crois que les gentils villageois n’y pensent même pas, et attendent que le conflit, particulièrement sanglants – on se bat à coup de morceaux de viande avariés – se termine de lui-même. Un peu plus, le village était déserté.
Surtout, le problème est que les deux méchants emblématiques de ces chroniques ne s’entendent même plus entre eux ! Monsieur Schnock a trouvé un pire ami que Billy le boucher, pire en termes d’hygiène et de soin. Will Defriture, heureux propriétaire d’un kebab que le moindre inspecteur des services sanitaires ferait fermer illico, si seulement il avait le courage de rentrer dans la boutique.
Heureusement, tout ira presque bien pour tout le monde – les héros reprendront le travail plus tôt que prévu. Pour résoudre le conflit, ils utiliseront une solution universelle, une solution digne d’un conte de fées. Même les méchants ont droit à une fin heureuse – et celui d’élever toutes les mouches qu’ils veulent dans ce magnifique village.
Même Jake, le routoutou, vit lui aussi des aventures extraordinaires mais chut ! il sera au coeur du tome 7, et pour l’instant, nous n’en sommes qu’au cinq.

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Les hommes meurent, les femmes vieillissent d’Isabelle Desesquelles

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Présentation de l’éditeur :

Dix portraits de femmes. Quatre générations. Une famille.
Naître, grandir, aimer, donner la vie ou mourir, elles sont toutes à la veille de ces heures qui marquent une existence.
« La bouche la plus scellée n’empêchera pas un corps de révéler ce qu’on a fait de lui. »
Elles sont dix. Mères, soeurs, cousines, petites et arrière-petites-filles, elles vont chercher un oubli à L’Éden, l’institut de beauté d’Alice. Certaines sont au bout de leur existence, d’autres au début.
Tour à tour, elles dévoilent leurs secrets, leur fragilité aussi. Sans rien dissimuler, elles disent la jouissance et la défaite, l’allégresse à aimer et les renoncements. Les rides et les bonheurs.
Toutes sont terriblement attachantes et font face à un silence qu’elles apprivoisent. Celui d’Ève, l’absente, sans laquelle elles ont appris à vivre.
Autour de son souvenir, elles réapprendront à être une famille.
Fantasques, mélancoliques et troublants, les hommes meurent, les femmes vieillissent.

Mon avis :

Pour ce livre, on peut ne pas aimer le sujet apparent (les instituts de beauté) et aimer le sujet réel (les femmes, de la naissance à la mort).

En effet, je n’ai jamais mis les pieds dans un institut de beauté, et que je ne le ferai sans doute jamais. J’ai fait mienne cette devise d’une de mes proches : je ne veux être l’esclave d’aucun produit de beauté. Je ne veux pas rester chez moi, toute la journée, parce que je n’aurai pas fait de manucure, ni ne pas assurer mes cours parce que je ne me serai pas maquillée.

Ceci écarté, revenons à ce qui fait l’intérêt du roman : toutes ses voix de femmes, sans qu’aucune n’est vraiment plus de poids qu’une autre. A la tête de chacun d’entre eux, nous trouvons la fiche signalétique établie par Alice, ou comment l’esthéticienne est devenue à la fois confesseur et thérapeute. A force de soigner le mental, de diagnostiquer des troubles bipolaires pour un oui pour un non (merci Jeanne), on en oublie le corps.  Alice, la bienveillante, sait tout sur vous, de ce que vous lui racontez ou de ce que votre corps lui raconte. Son antithèse ? Aïcha. Celle qui tient salon également ne se donne pas la peine de connaître ses clientes, juste celui de cibler leurs problèmes afin de mieux conserver leur clientèle.  Alice, ou l’héroïne implicite de ce roman (je vous rassure, elle aussi aura son chapitre) ou Eve, la jeune suicidée.

Il est beaucoup question de transmission dans ce roman, et j’ai trouvé dommage au final que la transmission s’arrête (oui, je dévoile un peu l’intrigue). J’ai été touchée par le personnage de Manon, anorexique-boulimique, bousillée par ses parents même si ceux-ci paraissent les plus aimants du monde – ou comment faire du mal sans le savoir. J’ai beaucoup aimé le personnage d’Eve la jeune, belle-fille d’Eve la disparue. Pour une fois, un roman qui ose parler du dégât que la grossesse cause sur le corps des femmes. Avez-vous déjà vu une de ses splendides émissions qui exhalent la maternité en parler, parler des solutions que l’on propose aux femmes pour y remédier ? Pas vraiment. D’ailleurs, le plus souvent, ce n’est pas traité avec gravité – comme le montre très clairement les propos d’Eve, la bien nommée, c’est juste le sort des femmes, leur corps est fait pour ça (non, la phrase n’est pas dans le livre, mais j’ai souvent entendu des médecins le dire à la télévision : « Le corps des femmes est fait pour porter des enfants », comme s’ils ne devaient servir qu’à cela).  Il est aussi question de fécondation in-vitro, de sa réalité aussi, loin des images véhiculés par les médias – pas vendeur, pas glamour ? Je n’ai garde d’oublier Jeanne, qui rappelle comment les filles vivaient, il y a presque un siècle et que la quête du bonheur, et bien, n’existait pas.

Je terminerai par cette citation, d’une très grande justesse :

« On dit aux petites filles qu’il faut souffrir pour être belle, on devrait leur apprendre la volupté. Arrêter avec la petite sirène, il y a d’autres moyens de trouver un prince qu’en y laissant ses écailles »

 

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