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Cafés, etc de Didier Blonde

édition Mercure de France – 120 pages

Présentation de l’éditeur :

Branchés ou traditionnels, modernes ou désuets, d’hier ou d’aujourd’hui, les café parisiens sont un élément incontournable du décor urbain. Ils sont aussi des théâtres où se jouent à tous les instants des scènes de la vie quotidienne : rencontres fortuites ou programmées, retrouvailles ou séparations, dans la solitude ou la foule. Anonymes et célébrités s’y croisent : André Breton y cherche Nadja ; Sartre, Beauvoir et Sarraute y travaillent, des inconnus y vivent des coups de foudre, d’anciens amants ne s’y reconnaissent pas…

Mon avis :

J’ai eu envie de découvrir ce livre de la rentrée littéraire 2019 après avoir lu sa critique sur le magazine Lire. Je n’ai pas vraiment l’impression d’avoir grand chose à en dire, parce que ce ne fut pas une lecture si plaisante que cela. Une phrase m’a questionnée, à la fin du livre :  » un de ces faux livres qui s’empilent sur les tables des librairies ». A quels livres l’auteur fait-il allusion ? Quels livres considère-t-il de manière si négative ? Un peu plus haut, considérant la lectrice qu’il observe, il dit « une histoire de femmes, ça lui va mieux. Ce n’est qu’un préjugé ». Oui, effectivement, c’est un préjugé, ce n’était presque pas la peine de le préciser. Au fond, ce personnage d’auteur rêve de croiser, dans un de ces cafés qu’il fréquente, une lectrice de ses oeuvres – j’admets franchement qu’avant d’ouvrir celui-ci, je ne connaissais pas du tout les livres de cet auteur.

Ce voyage dans les cafés, dont les adresses, ou le devenir sont présentés en fin de livre, n’est pas désagréable, cependant à part ce que j’ai écrit plus haut, je n’ai rien retenu de saillant. La visite du Starbucks, parce que c’est le seul que je connais, et que, contrairement à l’auteur, donner mon prénom (Sharon !) ne me pose aucun problème et m’amuse encore. Peut-être aussi parce que je suis une femme et que je n’ai pas le même rapport avec les cafés. Je ne suis pas écrivain non plus, savoir que telle ou telle oeuvre a été écrite par de célèbres auteurs dans des cafés devenus célèbres ne m’émeut pas. J’ai été plus sensible au rapport entre les cafés et leur représentation dans des oeuvres littéraires ou cinématographiques – les joies de l’intertextualité.

A vous de voir si vous avez envie de le découvrir.

Escapade littéraire : Paris

Présentation de l’éditeur :

Pour approcher, visiter, comprendre une ville, qu’y a-t-il de mieux que de découvrir ce que les grands auteurs ont pu en dire ? Laissez-vous surprendre par les textes consacrés aux plus belles cités du monde, puisés dans les récits de voyage, correspondances et autres carnets de route des écrivains-voyageurs.
La Ville Lumière est l’une des métropoles les plus visitées, les plus fantasmées au monde. Symbole de la culture française, Paris fascine les écrivains étrangers, qui ne cessent de la représenter dans leurs oeuvres. E. E. Cummings, Graham Greene, Henry James, Richard Yates, Horace Walpole, Dino Buzzati… : tous ont puisé dans les richesses de la ville leur inspiration.

Merci aux éditions Robert Laffont : j’ai gagné ce livre à un concours.

Mon avis :

Vous croyez avoir tout lu sur Paris, et bien non. Cette collection « pavillons poche » nous permet de découvrir Paris vu par les écrivains anglais ou américains. Varié, ce recueil nous permet de lire des lettres du XVIIIe, des chroniques du début du XXe siècle, des extraits de romans ou de nouvelles. Ou comment voir l’après libération de Paris par les yeux d’un soldat américain  dans la nouvelle de Richard Yates « Liars in love » venu chercher du divertissement dans la capitale, lui-même étant écartelé entre l’Amérique, et son père, et l’Angleterre, où vivent sa mère et sa soeur avec lesquelles les liens se sont distendus depuis le divorce des parents.

J’ai trouvé que certains textes étaient vraiment drôles, comme « The man who stole the Eiffel tower » – ou que se passerait-il si quelqu’un enlevait la tour Eiffel, pour lui permettre de prendre quelques jours de vacances, loin des touristes exigeants ? Oui, il faut voir la tour Eiffel, comme il « faut » aller ici ou là si l’on « veut » visiter Paris. Mention spéciale pour les employés, à qui pense réellement le narrateur, puisqu’il prend soin de ramener la tour avant que les employés aient des ennuis et ne puissent toucher leur salaire. Un homme altruiste, un vrai.

J’ai découvert ainsi les chroniques d’E.E. Cummings, et sa connaissance intime de Paris, lui qui distingue « Paree », de « Paname », au grand dam de ceux qui croient tout connaître de la capitale française parce qu’ils vivent à « Paree ». J’ai moins été sensible au texte de Buzatti et j’ai trouvé qu’il détonnait par rapport aux autres. Peut-être a-t-il été choisi à cause du nombre de peintres qui ont été inspirés par la ville lumière et qui ont été oubliés après leur mort.

Je ne voudrai pas terminer par une note négative et vous parlerai de Travels with my aunt, oeuvre tourbillonnante dans laquelle Augusta entraîne son si conformiste neveu dans un passé toujours très présent – elle prend déjà le thé à la librairie Smith, comme je l’ai fait moi-même le 7 août.

Un recueil à lire pour redécouvrir Paris autrement.

 

L’éducation inclusive, concrètement, que faire ? de Jacques Joguet.

Mon avis :

Cela s’appelle faire une bourde. J’ai demandé ce livre lors de la précédente masse critique, et je remercie Babelio et les éditions Tom Pousse d’avoir accédé à la demande.
Vous allez me dire : en quoi est-ce une bourde ? C’est tout simple : je croyais que le livre était destiné aux enseignants avant tout, et il l’est aux parents, comme le signifie le quatrième de couverture. Au temps pour moi. Je cherchais avant tout dans ce livre de nouvelles idées à mettre en pratique. Autant vous le dire, je n’ai pas trouvé de nouvelles idées, et j’ai beau me dire qu’il faut que je laisse murir cette lecture, que j’ai fractionnée, je ne pense pas que j’en tirerai quelque chose. Pourquoi ?

Déjà, à plusieurs reprises, les professeurs sont largement et abondamment critiqués (oui, j’utilise une hyperbole). Un exemple parmi d’autres (je tiens à préciser que je ne lis jamais un livre comme le font certains collègues, ne comptez pas sur moi pour mettre des post-it partout, surligner de toutes les couleurs les passages les plus significatifs) : la stigmatisation des « contrôles surprises » (p. 106). Bizarre, bizarre, personne, dans l’établissement où j’exerce, n’en fait. Pour quelles raisons ? Je vous fais la version courte : parce que les contrôles surprises ne servent à rien, si ce n’est à rompre la progression pédagogique mise en place, à ruiner totalement les évaluations prévues et annoncées en début de séquence (pas eu l’impression que l’on parle beaucoup d’elles dans le livre).

De même, en tant qu’ancienne bonne élève, je me suis sentie aussi discriminée – comme certains professeurs l’ont fait dans ma scolarité, n’hésitant pas à me comparer à un « singe » ou disant que je n’étais pas « intéressante ». Les compliments s’oublient, les humiliations, jamais. Je cite la phrase exacte (p. 43) : « les excellentes performances d’un élève dans la maîtrise d’une langue étrangère, en mathématiques ou dans toute autres discipline, n’augurent en rien la qualité de sa réponse face à la détresse d’un de ses proches ». Non, mais en quoi ces « excellentes performances » devraient être le signe qu’iel ne saurait y répondre ? La phrase peut se retourner dans les deux sens. Et là, je tombe à nouveau dans l’écueil qui fait que je parle plus de moi, que du livre.

Il est question aussi des compétences – bon, nous évaluons par compétences depuis de nombreuses années, beaucoup d’établissements n’évaluent plus avec des notes, donc parler du bien-fondé des compétences avec moi, c’est prêcher une convaincue.

Je regrette aussi que la question des ATSEM et des AESH soit évacuée très rapidement, au détour d’une phrase. Et pourtant… Leur rôle est très important et il aurait été intéressent de les présenter.

J’ai été aussi gênée par la comparaison entre la loi sur le handicap de février 2005 et la loi contre la peine de mort (p. 154). Alors oui, l’auteur prend des précautions oratoires pour effectuer cette comparaison, elle n’en est pas moins présente, et n’aide pas vraiment l’inclusion de tous les élèves. Il rappelle que la population était à l’époque majoritairement favorable à la peine de mort. De nos jours, la population est-elle à 60 % favorable à l’exclusion des personnes en situation de handicap ? Pour pousser le bouchon plus loin, une personne « exclue » peut être « incluse » à tout moment, un condamné à mort, c’est un peu plus difficile.

Il est question aussi de formation – et croyez-moi, je suis très « demandeuse » à ce sujet. Il est dit « apparemment, aucune obligation pour le second degré ». certes, mais se former fait partie de nos obligations, et à chaque inspection nous est demandé quelles formations nous avons suivies, et ce qu’elles nous ont apporté (ou pas). Il n’est dit à aucun moment à quel point il est difficile d’obtenir de formation, voire de les inscrire au PAF – et de trouver des formateurs.

Bref, un livre qui ne m’a pas apporté autant que je l’aurai voulu. J’ai eu le choix de rédiger cet avis en tant que professeur, ou en temps que Sharon, la blogueuse. Soyons clair : elles sont une seule et même personne, qui se refuse à être professeur 24 heures sur 24.

 

 

Les déplacés – vingt récits d’écrivains réfugiés

Présentation de l’éditeur :

Un collectif d’écrivains réfugiés et reconnus dans le monde écrivant sur la vie des réfugiés. Les Déplacés est une série de témoignages d’écrivains qui ont été, à un moment de leur vie, des réfugiés.

Merci à Babelio et aux éditions Massot pour ce partenariat : parmi tous mes choix de la précédente Masse critique, c’est vraiment ce livre qui me plaisait le plus.

Mon avis : 

Vingt récits d’écrivains, en comptant la préface de Viet Thanh Nguyen, connu pour son roman Le Sympathisant. Même si l’on choisit de lire, comme je l’ai fait, dans le désordre les différents témoignages, selon les connaissances que je pouvais avoir de tel ou tel écrivain, selon les affinités aussi – Marina Lewicka, dont j’avais déjà lu un roman, dont les origines ne sont pas si différentes de celle de mon père – il est indispensable à mes yeux de commencer par ce que l’on saute souvent : la préface. Il nous rappelle des faits, des évidences que l’on oublie trop souvent : Enfermer des hommes et des femmes dans un camp, c’est les punir, quand leur seul crime est de vouloir sauver leur vie et celle de leurs proches.
Aucun témoignage n’est une redite du précédent, non seulement parce que chaque cas est unique (évidence) mais parce que l’on en finit pas d’envisager les diverses conséquences d’avoir été déplacé. Prenez Chris Abani, le tout dernier témoignage. Il ne se souvient pas, il était trop petit. Cependant, il se met à la place de son frère qui a dû subir une lourde responsabilité : porter le bébé qu’il était sur des kilomètres. Il a donc une perception différente de ses enfants qu’il voit dans les reportages, à la télévision. Il n’est pas le seul à évoquer le sort des enfants, qui plus que d’autres ont dû sur-vivre, devenir des guerriers parfois, qui ont eu une enfance différente de celle de leurs aînés ou de leurs cadets. Il y a l’après aussi : le nouveau pays et l’obligation de « gratitude », ou plutôt ce qui est jugé être « l’ingratitude » du réfugié, qui devrait passer sa vie à remercier, à se montrer digne de l’accueil qu’il a reçu. (Dina Nayeri) Gratitude est d’ailleurs le titre d’un roman de Joseph Kertes. Dans son texte, il nous parle de l’espoir, mais aussi de ce (ceux) que les réfugiés laissent derrière eux. A moins d’avoir perdu toute sa famille, le réfugié laisse derrière lui des proches, qui pensent que, peut-être, plus jamais ils n’auront de ses nouvelles (voir « Quand l’histoire se répète » de Vu Tran).  Cela peut vouloir dire aussi rester, un moment, pendant que d’autres sont partis et qu’il faudra du temps pour les rejoindre.
Il n’est pas facile de lire tous ces récits, qui sont tous d’une forte charge émotionnelle. Cela ne veut pas dire que l’on tire vers le pathos, non, le but n’est pas de faire pleurer dans les chaumières, mais de rendre compte de ce que signifie être exilé, être déplacé, être loin du pays que l’on a aimé, même si les personnes qui sont en face de vous ne comprennent pas, ne veulent même pas savoir que vous avez aimé ce pays parce qu’ils ont la tête emplie de clichés sur lui.
Les déplacés est un recueil riche, prenant, qui ne peut pas laisser indifférent.

 

Emmanuel Le Magnifique par Patrick Rambaud

Mon avis :

Merci aux éditions Grasset et à Netgalley pour ce partenariat.

J’ai eu un peu de mal à rentrer dans ce volume, la lecture du premier chapitre a été laborieuse pour moi, parce que l’auteur en revient aux « origines » du personnage, ce qui a fait qu’il est devenu qui il est, sa famille, ses études, ses lectures aussi. Je ressentais moins l’aspect satirique que dans les précédents volumes, consacrés à Nicolas ou à François, qui passent tout de même un peu dans ce volume – pas toujours facile de s’y retrouver avec toutes les personnalités qui parcourent ce récit.
Oui, la satire n’est pas aussi appuyée que je l’aurai pensé, mais jamais l’auteur ne cède à la facilité, ce qui est déjà ça, vous l’accorderez. Il puise à la fois dans les grands politiciens du passé et du présent pour mieux recentrer cette arrivée au pouvoir, et le déroulement de ce mandat – j’ai failli dire « règne ».
L’avantage de cette lecture est qu’elle nous remet en mémoire certains faits que j’avais totalement oublié, parce que nous sommes toujours dans l’immédiateté, qu’une information chasse l’autre, et que rares sont les journalistes qui reviennent sur les conséquences d’un fait, bref, qui creusent. On a oublié la retraite politique de certains hommes et femmes – ou leur volonté de revenir malgré tout. On a presque oublié le climat de peur dans lequel les attentats successifs nous ont fait vivre, tant, depuis trois mois, l’on parle d’autres choses. Se souvenir est toujours utile, quoi qu’on dise.
Se souvenir est toujours utile, puisque l’on n’a encore jamais fait table rase du passé.

 

Belle-fille de Tatiana Vialle

Présentation  de l’éditeur :

«J’ai retrouvé une photo de ces années-là. C’est une photo en noir et blanc, nous y figurons tous les trois, Olga, toi et moi. Assis au centre sur la moquette blanche, tu regardes droit dans l’objectif avec une sorte de détermination joyeuse dans les yeux. À genoux à côté de toi, indifférente au photographe, j’ai le visage tourné vers le chat que tu tiens dans tes bras. Sur la gauche de la photo, adossée à des coussins, Olga sourit, la tête renversée en arrière. Au premier plan trône Oxana, le vieux berger belge et son museau blanchi. Derrière nous, le paysage lacustre de la tapisserie d’Aubusson. Je détaille la jeune fille agenouillée à tes côtés, vêtue d’une blouse blanche brodée et d’un jean. Elle a le regard songeur. Je me demande à quoi elle pense, ce dont elle rêve. Je l’ai perdue de vue. » Avec Belle-fille, Tatiana Vialle signe un récit romancé adressé à celui qui fut son beau-père. D’une écriture aérienne, elle livre le portrait sensible d’un monstre sacré du cinéma et celui d’une femme courageuse qui n’a eu de cesse de se réinventer une famille. Une lettre en forme d’hommage qui interroge la figure paternelle.

Mon avis :

Je suis une grande fan de la collection Les Affranchis, je les ai tous, je les ai soigneusement conseillés, prêtés, à toutes les personnes lectrices de ma connaissance. Aussi, quand ce nouveau titre est paru après, si je compte bien, presque sept ans d’interruption dans la parution, je l’ai tout de suite demandé en partenariat à Netgalley et aux éditions Nil, et je les remercie d’avoir accepté.
C’est maintenant que la difficulté commence, parce que je n’ai pas vraiment apprécié ce volume. Cette lettre devrait contenir tout ce qui n’a pas été dit. Mouais. Disons qu’il dresse avant tout, avant le portrait de Jean Carmet, qui n’est jamais nommé, celui d’une jeune femme, auteur, narratrice, et personnage principale. J’ai lu, à travers elle, le portrait que j’avais déjà lu d’autres filles, même si elles n’étaient pas des filles ou des belles-filles de, le portrait d’une fille en errance, devenue comédienne parce qu’on le lui avait interdit, mariée, divorcée, seule avec son fils puis à la tête d’une famille recomposée, et maintenant grand-mère. Une errance dans la ville, au gré des hébergements qu’elle trouve avec son fils et une indifférence aussi, presque réciproque, avec sa propre mère. J’ai été stupéfiée par cette perte des liens familiaux dont il est question dans le livre – avec la grand-mère paternelle, l’oncle, qui eux-mêmes avaient plus ou moins exclu le père biologique de la narratrice de leur vie. Ce n’est pas que les morceaux n’ont pas été recollés, c’est que personne n’a eu l’impulsion pour le faire.
Alors, forcément, l’on s’interroge sur la notion de famille, celle de sang, et celle que l’on se choisit, celle que l’on essaie de garder lié puisque rien n’y oblige, comme le lui fera comprendre Jean Carmet quand il sera définitivement séparé de sa mère.
Questionnement aussi, sur son père biologique, sur ce qu’il n’a pas dit – la guerre d’Algérie. Les accusations de sa mère aussi, qui lui reproche d’avoir préféré son père à Jean. Père fugace, fugitif, qui n’a pas véritablement occupé cette place que Jean Carmet a tenu pendant toute la jeunesse de la narratrice. Elle montre la vie quotidienne de Jean avant et pendant le succès, la difficulté aussi, d’affronter le regard des autres quand la prestation de son père ne cause que moquerie ou mépris – on aime bien mettre les acteurs dans de petites cases, à la condition qu’ils n’en sortent pas.
Un rendez-vous un peu manqué pour moi, mais je suis sûre qu’il plaira à d’autres.

Qu’est-ce qu’elle a ma famille ? par Marc-Olivier Fogiel

Présentation de l’éditeur :

Ce livre est le premier récit intime de Marc-Olivier Fogiel sur un sujet qui lui tient à cœur et tient toute la société française en haleine, la gestation pour autrui. Avec son mari François, il est devenu père de deux petites filles nées d’une GPA éthique aux États-Unis. Il nous raconte les origines de cette décision, comment il a dépassé ses propres a priori et pris le parti de la famille. Les obstacles. Les inquiétudes. Les joies. Si le père de famille est un aventurier du monde moderne, comme l’a dit un penseur, être père par GPA est une aventure avec plus d’obstacles qu’aucune autre, et d’autant plus de bonheurs.

Mon avis :

Tout d’abord, je tiens à remercier les éditions Grasset et Netgalley pour ce partenariat, que je chronique avec beaucoup de retard.
La GPA est un sujet qui divise – j’enfonce les portes ouvertes. La GPA compte bien plus d’opposant que de partisans. Je n’ai pas l’intention de dire ici mon opinion, ce n’est pas le sujet. Cependant, je pense qu’il est important de bien savoir de quoi l’on parle, avant de dire, et bien parfois n’importe quoi.
Ecrire un tel livre est déjà, pour moi, un acte courageux, parce qu’il est un personnage public et parce qu’il savait ce qu’il allait lui en coûter, à lui, à son mari, à leurs filles. Il n’est pas forcément simple de parler de leur désir d’enfants, à lui et à son mari, et des différentes démarches à accomplir pour devenir parents. Je me suis sentie parfois un peu « voyeuse » en lisant certains chapitres, mais, quand on demande un livre en partenariat, parce qu’on a très envie de le lire, il faut aller jusqu’au bout, non ?
Personnage public, mais aussi journaliste. Il ne s’agit pas seulement de raconter son expérience, mais aussi de raconter celle d’autres couples, de raconter la construction d’autres familles. Il s’agit de se rendre compte que la GPA ne se passe pas aussi loin de nous qu’on ne le croit.
Un livre qui m’a beaucoup appris, et j’espère qu’il en sera de même pour tous ceux qui le liront.