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Un écrivain mord la poussière d’Arthur Upfield

Edition 10/18 – 288 pages

Présentation de l’éditeur :

Pour sa vingt-cinquième enquête, l’inspecteur Napoléon Bonaparte s’immerge dans un monde qui lui est peu familier, celui des écrivains. Dogmes, rivalités, exclusions… loin de se contenter de pointes assassines, la littérature fera un mort, et Bony dévoilera des talents qu’on ne lui imaginait pas, d’où il ressort que le flair aborigène mène à tout. Arthur Upfield se venge ici d’un milieu littéraire australien qui n’accueille pas volontiers en son sein des auteurs de romans policiers. Féroce et instructif.

Mon avis :

C’est la première fois que je suis déçue par une enquête de l’inspecteur Bony. Je n’ai pas vraiment aimé la façon dont le personnage est construit, cette fois-ci. En effet, il paraît très sûr de lui (ce qui est plutôt bien), à la limite de la prétention, préférant aller enquêter incognito pendant ses vacances plutôt que de partir en vacances avec sa femme. Autre temps, autres mœurs  ? Peut-être, peut-être pas, combien d’enquêteurs dans les polars se préoccupent de leur conjointe ? Puis, l’enquête m’a semblé être un prétexte pour décrire le milieu littéraire australien, presque pour régler ses comptes avec lui, entre romans qui plaisent au plus grand nombre et véritable littérature – celle que personne ne lit mais que tout le monde encense !

Bony, qui se fait passer pour l’occasion pour un journaliste et romancier sud-africain, rencontre donc différents écrivains, journalistes, afin d’élucider la mort de Mervyn Blake, un vrai écrivain, vous vous en serez doutés, qui règne d’une main de maître sur la littérature australienne, et surtout, sur ce que l’on veut bien dire d’elle. Le défunt méprisait bien sûr tous ceux qui avaient la faveur du public, notamment le mystérieux I.R. Watts, qui rencontre un succès international, au contraire de Blake, dont les œuvres ne sont diffusées ni en Angleterre, ni aux USA. Blake avait pourtant autour de lui une belle coterie d’auteurs et de critiques littéraires, prêts à tout sacrifier pour la cause de la littéraire – la vraie, dois-je le répéter.

Oui, l’enquête avance, forcément, entre l’agent Simes qui est d’une aide précieuse à Bony, et son supérieur qui intervient peu, puisque pour lui, mener une enquête était inutile, tant pis pour les preuves et les témoignages puisqu’il était sûr d’avoir raison. Je n’ai d’ailleurs franchement pas apprécié le moment de leur confrontation, trouvant que Bony se montrait un peu trop suffisant, pour ne pas dire humiliant à son égard, et il n’est jamais bon d’humilier sciemment son ennemi, cela ne fait honneur à personne. Non, s’il est un personnage qui sort vraiment du lot dans ce livre, c’est Mlle Pinkney. Certains l’apprécient peu parce qu’elle est étrange, sort du lot, un peu bizarre, et parle net. Il faut dire que son fiancé est mort tragiquement, lui qui était un des meilleurs bucherons d’Australie – ce n’est pas elle qui le dit, Mlle Pinkney est brut de décoffrage, pas orgueilleuse – et que son frère avait un sacré caractère, et des manières toute aussi directes. Par conséquent, Mlle Pinkney est d’une rare débrouillardise, et parfois, n’envoie pas dire ce qu’elle a à dire, surtout si quelqu’un lance des cailloux à son chat, Mr Pickwick.

Alors, je ne vous donnerai pas le nom du coupable, je vous dirai simplement qu’il existait d’autres moyens que tuer M. Blake pour résoudre les problèmes que celui-ci posait. Le tout est de savoir de quelle manière l’on souhaite vraiment mener sa vie. Je concluerai en disant simplement qu’un bonheur qui dépend de la mort de quelqu’un n’en est pas vraiment un – il faut de temps en temps rappeler des évidences.

 

 

Le garçon et l’univers de Trent Dalton

Présentation de l’éditeur :

Darra, banlieue de Brisbane, 1985. Eli, bientôt 13 ans, grandit entre une mère toxico, un grand frère mutique et, en guise de baby-sitter, l’un des anciens prisonniers les plus célèbres d’Australie : Arthur « Slim » Halliday. Mais Eli ne connaît rien d’autre et, en l’absence de son père biologique, peut compter sur les « good bad men » qui l’entourent : son beau-père Lyle, qui a plongé sa mère dans la drogue mais tente maintenant de l’en sortir ; Slim, que sa longue expérience en cellule d’isolement a rendu philosophe ; Gus, son frère, qui communique en écrivant dans l’air et semble avoir des talents de devin. Un jour, Eli découvre dans le pavillon familial une pièce secrète qui contient de la drogue et un mystérieux téléphone rouge : il suit Lyle et comprend que celui-ci travaille pour un gang de trafiquants local. Furieux et fasciné à la fois, Eli demande à travailler pour lui…

Merci à Netgalley et aux éditions Harper Collins pour ce partenariat.

Mon avis :

Ce fut une lecture difficile, une lecture que j’ai eu du mal à commencer, une lecture que j’ai eu du mal à poursuivre, une lecture que j’ai largement fractionnée, un peu comme l’écriture de cet avis. Comme souvent, j’ai l’impression d’être la seule à ne pas avoir apprécié pleinement la lecture de cette histoire. Tant pis.

Elle est dure à lire, non par le style, mais par ce qui nous est raconté. Eli s’est constitué un monde, dans l’Australie des années 80, parce que l’univers dans lequel il a grandi est plus que dysfonctionnel : que sa baby-sitter attitré soit le prisonnier (et l’évadé) le plus célèbre du pays est peut-être l’élément le plus normal de sa vie, c’est dire le reste. Son frère aîné ne parle plus depuis l’âge de six ans, sa mère est une ex-droguée, son beau-père, son ancrage, sa seconde référence masculine après Slim est un trafiquant de drogue. Quant à son père biologique, on saura plus avant dans le récit pourquoi il a disparu du paysage familial, et comment il a dû réapparaître, bien malgré lui.

Guerre des gangs, trafics de drogue, lutte de pouvoir entre les différents trafiquants, violence et cruauté en tout genre – la violence conjugale fait partie du quotidien ; la violence à l’école aussi. Il n’est pas tant question de vivre, ni même de survivre, que de louvoyer entre les uns et les autres en s’en tirant sans trop de dommages, ou, au contraire, en faisant en sorte d’en provoquer le plus possible – mais là, c’est l’histoire du dernier tiers du livre.

Les adultes ? Ils sont là, oui, mais ils se laissent tant submergés par leurs propres problèmes qu’ils ne parviennent pas toujours à prendre soin de leur progéniture, tel Robert Bell et ses crises d’angoisse. Ou, au contraire, il y parvient vraiment de son mieux. A cet égard, la scène qui oppose Robert Bell et la conseillère d’orientation « bien comme il faut » venue lui rendre visite à domicile parce qu’elle s’inquiète pour les frères Bell est l’une de mes préférées. Quelle charmante femme est-elle, elle qui menace Robert de prévenir les services sociaux à cause des dessins d’Auguste, et de quelques confidences d’Eli, et ne voit absolument pas l’univers dans lequel évoluent les deux garçons, la tendresse, bien réelle, de leur père, et surtout, les conséquences qu’aurait leur placement, ce que Robert Bell lui démontre de façon magistrale.

Le temps passe, et le roman prend son temps, à moins que ce ne soit le temps qui ne passe différemment, qui fait évoluer les gens – ou pas – qui les fait dissimuler ce qu’ils sont vraiment, à moins que le passé ne finisse par les rattraper, que les apparences ne volent en éclats, comme un bocal en verre.

Il restera des questions sans réponse, ou plutôt une, le traitement du corps atteint de handicap. L’un des personnages principaux du livre cherche à l’améliorer, c’est à dire à le rendre, en apparence, le plus proche possible d’un corps non atteint de handicap – parce qu’il rejette la différence ? D’autres vivent tellement avec, que finalement, rares sont ceux qui s’en aperçoivent. L’être humain est un tout, l’être humain est un univers à lui seul.

Les fleurs sauvages d’Holly Ringland

Présentation de l’éditeur :

Lorsqu’une tragédie change à jamais sa vie, la jeune Alice Hart, âgée de neuf ans, part vivre chez sa grand-mère qu’elle ne connaît pas. Quittant le bord de l’océan où elle a grandi, elle trouve refuge dans la ferme horticole de June, où celle-ci cultive des fleurs sauvages d’Australie. Au fil du temps, Alice oublie les démons du passé et apprend à perpétuer la tradition familiale en utilisant le langage des fleurs pour remplacer les mots lorsqu’ils se font trop douloureux. Mais l’histoire des Hart est hantée par de nombreux secrets que June cache à sa petite-fille. Une sorte de fatalité semble accabler les femmes de leur famille, aussi June préfère-t-elle tenir Alice à l’abri de la vérité, quitte à la tenir à distance de l’amour. Une fois adulte, révoltée par ce silence et trahie par celles qui lui sont le plus chères, Alice se rend compte qu’il y a des histoires que les fleurs seules ne peuvent raconter. Si elle veut être libre, elle doit partir et inventer l’histoire la plus importante de toutes : la sienne…

Merci aux éditions Fayard/Mazarine et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis : 

J’ai failli ne pas rédiger cet avis, mais l’honnêteté me pousse à le faire : recevoir un partenariat, lire le livre, et ne pas rédiger l’avais me paraîtrait un peu trop facile. La version courte de cet avis est que je n’ai pas aimé, alors que tout le monde a aimé, voire a eu un coup de coeur pour ce roman. Ce ne fut pas mon cas.

Certes, les points positifs sont nombreux : le livre est bien écrit, bien construit, bien traduit. Un trio gagnant. Sauf que je n’ai pas été touchée par l’intrigue, au-delà de la première partie, celle qui nous montre Alice, enfant, orpheline. C’est un livre bien écrit qui finalement, parle peu. Oui, le langage des fleurs est présent. Oui, June, la grand-mère d’Alice, est la gardienne des traditions familiales et aime profondément sa petite-fille. A sa manière. Parce qu’elle ne va pas tenir les promesses qu’elle lui a faites, celles de lui parler, enfin, quand Alice  parlera à nouveau. Elle écrit à la place, pour le jour où le courage sera là. Oui, June aime Alice, et fait tout pour la protéger, quitte à prendre des décisions « pour son bien » qui changent définitivement le cour de sa vie, et pas seulement la sienne. June, Alice : comme June n’a jamais parlé réellement à Alice, plus tard, Alice sera incapable de lui parler à nouveau.

Dans ce roman, les femmes sont omniprésentes. Des mères en souffrance. Des femmes maltraitées. Les hommes ? Ils sont violents, maltraitants, ou bien sont relégués bien malgré eux au second plan. Oui, les femmes sont solidaires, mais, quand elles transmettent à leur fille, fille biologique ou fille de coeur, leur savoir-faire, elles échouent, à mes yeux, à lui transmettre de quoi se défendre, de quoi avoir suffisamment confiance en elles pour savoir que le problème de la violence conjugale ne vient pas d’elles.

Il est aussi question, un peu, des aborigènes, comme un contre-champ. Il est questions des femmes aborigènes, de ce qu’elles ont subi, ou, pour la jeune génération, de la culture qu’elles tentent de préserver malgré tout. Rien n’est facile.

Peut-être le dénouement du livre marque-t-il enfin une sérénité, un apaisement possible : pour que les choses avancent, il faut que les femmes osent enfin parler.

 

48 heures – disparition de Gabrielle Lord

Présentation de l’éditeur : 

Un enlèvement.
Un crime irrésolu.
Deux enquêteurs amateurs passionnés pr les méthodes d’investigation scientifique.
Ils n’ont que 48 heures pour résoudre les deux affaires.
Le compte à rebours a déjà commencé.

Merci à Netgalley et aux éditions Rageot pour ce partenariat.

Mon avis :

J’ai vraiment été soufflée par ce roman très maîtrisé que j’ai quasiment lu d’une traite.
Les personnages sont peu nombreux, finement campés, contemporains sans excès. Jazz (diminutif de Jasmine) se rêve enquêtrice avec sa meilleure amie – et il est bon d’avoir une jeune fille qui a des rêves, même s’ils sont hors-normes ou biberonnés aux séries télévisées. Du coup, elle s’entend moins bien avec Anika, qui est blogueuse et publie un feuilleton sur son blog, d’après un journal intime qu’elle a trouvé par hasard chez elle. Et là, boum ! L’incident survient : elle est enlevée dans sa propre chambre – les maisons recèlent bien des secrets.
Le roman entrelace le point de vue de Jazz et celui de Phoenix, le geek qu’elle appelle à son aide, nous laissant ainsi dans l’ignorance et donc dans l’angoisse de ce qui est survenu à Anika. Elle et ses amies ont des parents « dingues de boulot », mais aimant, faisant vivre leurs enfants dans un univers feutré et protégé. Cela n’empêche pas la mère de Phoenix de l’associer à ses recherches, tout en lui faisant respecter les règles de vie de tout lycéen, même très doué.
Les extraits du journal sont intelligemment insérés dans l’intrigue – voire résumer, pour ne pas alourdir le récit. Nous replonger vingt ans en arrière nous rappelle que certaines techniques scientifiques en étaient encore à leur balbutiements. Cela nous rappelle aussi qu’en vingt ans, les mobiles n’ont pas changé non plus – et l’union fait la force.
48 heures -disparition, un roman policier pour ado qui devrait plaire aussi aux adultes. J’espère en tout cas que d’autres lecteurs l’apprécieront autant que moi.

Les méandres du fou d’Arthur Upfield

Présentation de l’éditeur :

L’inspecteur Napoléon Bonaparte ne résiste jamais à une affaire déconcertante.
C’est là une de ses faiblesses. William Lush a disparu. Alcoolique, violent, il aurait fort bien pu être tué tant il était détesté. Sur la liste des suspects, sa belle-fille… et beaucoup d’autres, éleveurs ou trimardeurs. Mais, pour une fois, Bony ne pourra pas compter sur son fidèle allié, le temps. Car le Darling va lui barrer la route. De mince filet paresseux, le fleuve va gonfler en un énorme torrent dévastateur.

Mon avis : 

Ce qui caractérise Bony c’est sa ténacité. Il est hors de question pour lui de ne pas résoudre une affaire,et peu importe le temps que cela prendra. Seulement, ici, du temps, il n’en a pas vraiment puisqu’une gigantesque inondation menace les domaines sur lesquels il enquête. Un défi ? Oui, parce que ce n’est pas une inondation qui l’empêchera d’enquêter.
Mais revenons à la première scène du livre, saisissante. Une jeune fille, un fusil à la main, attend. Elle attend son beau-père, qui a tellement tabassé sa mère qu’elle l’a retrouvée inconsciente. Sa mère, Mrs Madden qui, par peur du qu’en dira-t-on, refuse de porter plainte, refuse que l’on sache même ce que son second mari lui fait subir. Il finit par revenir, bien sûr, cet homme qui se garde bien que l’on sache quoi que ce soit sur ses débordements, au point qu’il roule toujours très lentement quand il est ivre – comme ce soir. Il menace de rentrer, elle tire à travers la porte, plus un bruit.
Au matin, Lush n’est pas (plus?) là, il a disparu, et sa femme est de plus en plus mal, forçant la jeune fille à dire ce qu’elle ne pouvait pas dire. Si Bony enquête, ce n’est pas tant pour savoir si Lush va bien – ou pas. C’est aussi pour le forcer à rendre compte de ses actes. La donne change quand il est retrouvé…
Plus qu’un roman policier, Le méandre du fou est un livre sur les éleveurs australiens, leur communauté, les origines de chacun, comme Mme Cosgrove, voisine à poigne originaire de l’Angleterre, qui a eu le plus grand mal à se faire au bush et à ses coutumes. Son fils est bien plus à l’aise, ayant laissé de côté ses études pour retourner travailler avec elle, au grand dam de sa mère qui aurait voulu un autre destin pour son fils. Elle a également ses idées sur la manière dont elle doit mener ses hommes, y compris ces trimardeurs que le surplus de travail oblige à embaucher parfois. Hommes libres, ils se déplacent de ferme en ferme où on leur donne un coin pour dormir, un peu de nourriture et du travail. Ces vagabonds du bush ne le sont pas devenus par hasard, et derrière cette liberté se cache souvent des tragédies individuelles.

Arsher et Bennett, tome 2 : Eden de Candice Fox

Présentation de l’éditeur :

Après sa dernière affaire en date où plusieurs jeunes femmes ont trouvé une mort brutale à Sydney, Frank suit une psychothérapie pour pouvoir réintégrer la police. Eden, sa coéquipière toujours aussi inflexible, est envoyée en infiltration dans une ferme perdue dans le bush afin d’enquêter sur la disparition de trois jeunes filles. Elles ont toutes en commun d’avoir travaillé dans ce refuge de marginaux, sous les ordres d’un fermier proxénète.

Mon avis : 

Je serai honnête : je n’ai pas aimé. Ceux qui ont apprécié le tome 1 ont dû attendre ce tome 2 avec impatience et seront ravis de savoir que le tome 3 paraîtra en 2018. Pour ma part, j’espérais rencontrer une nouvelle auteur australienne, de nouveaux personnages, une intrigue intéressante et je crois que ce fut plutôt raté pour moi.
J’ai trouvé l’intrigue promise en quatrième de couverture très longue à démarrer – pour ne pas dire que la quatrième de couverture ne dévoile pas la quasi-intégralité de l’intrigue. Il en faudra, du temps, pour que Frank et Eden soient réintégrés, lui qui sabote à plaisir ses séances avec la psy. Je le comprends parfaitement : ce n’est pas parce qu’elle porte le joli prénom d’Imogen qu’il est passionnant de soutenir une conversation avec elle pour connaître l’origine de ses névroses, son sentiment de culpabilité lui qui n’a pu sauver la vie de la femme qu’il aimait. Il tente de prendre soin de son chat, cependant, si, si, le nourrissant presque régulièrement, la chère boule de poils. Ensuite, lui et Eden relanceront l’enquête sur cette triple disparition, puis,après avoir rencontré les familles sans qu’il en ressorte grand chose à mes yeux, Eden se rend effectivement en infiltration dans cette ferme bio dans laquelle seuls des marginaux de tout poils travaillent. Nous découvrons ainsi une micro-société machiste, bas de plafond, dans laquelle s’est chacun pour soi : tais-toi, obéis, travaille, et subit. Nous avons beau être à une époque contemporaine, comme le prouvent les technologies dont usent les policiers, cette communauté semble coupée du monde, oarce que ses membres ne semblent pas du tout se préoccuper de ce qui les entoure, pas même le devenir de ses membres.
L’essentiel de l’intrigue n’est cependant pas là. Elle est dans la personnalité d’Eden, policière, oui, tueuse, plus certainement. Pour résumer, simplifier, elle ne ressent rien, tuer est la seule activité qui lui procure du plaisir. Autant dire qu’elle a beau être singulière et très belle – comme le sont trop souvent les personnages de romans noirs – elle ne m’a pas intéressée outre mesure.
Bien que le livre se nomme Eden, l’intrigue principale, la vraie, tourne autour de Hadès, son père adoptif, le chemin qui a parcouru jusqu’à devenir le vieil homme inoffensif qu’il semble être et son passé qui se rappelle à lui de manière douloureuse. Pourtant, Hadès n’est pas vraiment un sentimental. La police n’en sort pas grandie, c’est tout ce que je vous en dirai.
Eden est un roman à lire pour tous ceux qui ont apprécié le premier tome.

Le prophète du temps d’Arthur Upfield

Mon résumé :

On a besoin de l’aide de l’inspecteur Bony. Ben Wickham, météorologiste de renom, est mort. Delirium termens, dit le médecin. Assassinat, disent ses amis. Bony enquête.

Note : le bandeau dit « la dernière enquête de Napoléon Bonaparte ». Cependant, d’après Wikipedia, il en reste encore six.

Mon avis :

Bony a une définition bien à lui des vacances. Alors que, pour la plupart des enquêtes, le crime vient aux enquêteurs qui n’avaient rien demandé, là, c’est Bony qui vient au crime, qui n’avait rien demandé.
Est-ce vraiment un crime? Ce n’est pas que certains en doutent, c’est qu’il n’est qu’une seule personne, le vieil ami de Ben Wickham, pour croire à un meurtre puisqu’il s’y connait assez bien en méfaits en tout genre de l’alcool. Le médecin ? Il a signé le certificat de décès sans ciller – il est sur le testament de la victime. La police locale ? Elle menace le vieil ami, qu’elle soupçonne de vivre aux crochets du météorologiste décédé, de le placer dans un asile pour vieillards. Oui, il est des policiers vraiment brillants qui se fient aux apparences et ne voient pas plus loin que le bout de leur insigne.
Très vite, Bony dérange, et pas qu’un peu. Ces adversaires ne sont même pas discrets, disons même qu’ils étaient attendus. Plus complexe encore, Bony est rappelé au beau milieu de ses vacances, de manière très officielle – bien plus qu’il n’en a l’habitude quand il sort des sentiers battus. Qui peut-il déranger à ce point ?
L’intrigue est peut-être un peu plus confuse que d’habitude. Nous sommes dans les années 50, deux guerres mondiales sont passées par là. La guerre froide est loin, géographiquement. Elle peut cependant s’inviter dans la brousse, puisque certains ont refait leur vie en Australie. Et si le pays a changé, entre broussards, on se comprends toujours.
Féministe, Arthur Upfield ? En tout cas, c’est un plaisir de retrouver Alice, et ses méthodes d’interrogatoires hors norme.A méditer, même si certains pourraient crier à la torture morale.
Allez, venez disputer une partie de pèche avec l’inspecteur Bony !