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Le prophète du temps d’Arthur Upfield

Mon résumé :

On a besoin de l’aide de l’inspecteur Bony. Ben Wickham, météorologiste de renom, est mort. Delirium termens, dit le médecin. Assassinat, disent ses amis. Bony enquête.

Note : le bandeau dit « la dernière enquête de Napoléon Bonaparte ». Cependant, d’après Wikipedia, il en reste encore six.

Mon avis :

Bony a une définition bien à lui des vacances. Alors que, pour la plupart des enquêtes, le crime vient aux enquêteurs qui n’avaient rien demandé, là, c’est Bony qui vient au crime, qui n’avait rien demandé.
Est-ce vraiment un crime? Ce n’est pas que certains en doutent, c’est qu’il n’est qu’une seule personne, le vieil ami de Ben Wickham, pour croire à un meurtre puisqu’il s’y connait assez bien en méfaits en tout genre de l’alcool. Le médecin ? Il a signé le certificat de décès sans ciller – il est sur le testament de la victime. La police locale ? Elle menace le vieil ami, qu’elle soupçonne de vivre aux crochets du météorologiste décédé, de le placer dans un asile pour vieillards. Oui, il est des policiers vraiment brillants qui se fient aux apparences et ne voient pas plus loin que le bout de leur insigne.
Très vite, Bony dérange, et pas qu’un peu. Ces adversaires ne sont même pas discrets, disons même qu’ils étaient attendus. Plus complexe encore, Bony est rappelé au beau milieu de ses vacances, de manière très officielle – bien plus qu’il n’en a l’habitude quand il sort des sentiers battus. Qui peut-il déranger à ce point ?
L’intrigue est peut-être un peu plus confuse que d’habitude. Nous sommes dans les années 50, deux guerres mondiales sont passées par là. La guerre froide est loin, géographiquement. Elle peut cependant s’inviter dans la brousse, puisque certains ont refait leur vie en Australie. Et si le pays a changé, entre broussards, on se comprends toujours.
Féministe, Arthur Upfield ? En tout cas, c’est un plaisir de retrouver Alice, et ses méthodes d’interrogatoires hors norme.A méditer, même si certains pourraient crier à la torture morale.
Allez, venez disputer une partie de pèche avec l’inspecteur Bony !

Le récif aux espadons d’Arthur Upfield

Présentation de l’éditeur :
Dans le petit port de Bermagui, sur la côte sud-est australienne, deux femmes sont inquiètes. Marion Spinks attend avec sa mère le retour de Bill, son frère jumeau Il est parti à bord du « Do-me », à la pêche au gros vers le récif des espadons avec son riche client, M. Ericson. Le bateau reste introuvable et les pires hypothèses se font jour : a-t-il brûlé, a-t-il rencontré une baleine? La découverte d’une bouteille Thermos appartenant à Bill confirme le naufrage et quelques semaines plus tard, un chalutier repêche la tête d’Ericson criblée de balles. Sous l’identité d’un éleveur du Nord, venu passer de longues vacances, l’inspecteur Napoléon Bonaparte débarque à Bermagui pour élucider ce meurtre et découvrir ce qu’est devenu le bateau disparu.
Mon avis :
Que s’est-il passé à bord sur Do-Me, ce bateau que Bill a construit de ces mains, d’où ce nom, Do-me ? Nul ne le sait. M. Ericson a été assassiné, cela ne laisse aucun doute, mais par qui ? Et pourquoi ? Et Bony d’enquêter, pour que justice soit rendue. Il enquête parce qu’il est policier, il enquête aussi parce que Marion est persuadée que son frère jumeau est toujours en vie, au nom de ce rapport si fort qui les unit depuis toujours. Marion possède ce que personne d’autres à Bermagui ne possède : l’espoir. Il est si rare de pouvoir enquêter pour quelqu’un qui ne pense pas qu’il y aura bientôt une victime de plus, mais que peut-être, un jour prochain, on comptera une victime de moins.
Dans les romans d’Arthur Upfield, les personnages sont véritablement construits de manière à ce que le lecteur puisse les connaître, et s’attacher à eux. Pour Bill, pour Marion, pour l’homme qui aime Marion et qui sait que sans son frère, la jeune femme ne lui accordera jamais sa main, on a envie d’une fin heureuse – en dépit ce tout ce qui s’est passé, en dépit de tous les indices qui indiquent qu’une fin tragique a sans doute eu lieu pour tous les marins. En effet, qu’est-ce qui peut bien empêcher leur retour depuis si longtemps ? Pas les espadons tout de même !
Il est intéressant de  voir Bony en dehors de son élément naturel, c’est à dire en dehors du bush. Il apprend, tout en enquêtant, et fait découvrir aux lecteurs une autre facette de l’Australie.

Le businesss de Mr Jelly d’Arthur Upfield

Mon résumé :

Georges Lofthus a disparu. Son ami, monsieur Jelly, veuf et père de deux adorables filles, s’inquiète beaucoup alors que Mme Lofthus, la propre femme du disparu, ne semble pas si inquiète. Heureusement, Bony, en vacances non loin de là, prend les choses en main.

abc_policierMon avis :

Je le dis d’entrée de jeu, ce roman n’est pas mon préféré de la série. En cause ? Bony se montre beaucoup trop sûr de lui, jusqu’à la prétention, et c’est quasiment la seule facette de sa personnalité qu’il montrera de lui dans l’enquête, mis à part ses dons de traqueurs. Maintenant que vous avez eu cette petite précision, venons-en au coeur de l’enquête.

Déjà, nous savons que Bony est en vacances, seul, Marie Bonaparte, sa femme est restée à la maison, et ses trois fils vaquent à leurs occupations (étude ou travail selon leur âge). Apprenant la disparition inexpliquée d’un fermier (sa voiture a été retrouvée), il va aider la police locale, tout en dissimulant qu’il est un policier : les gens se confient davantage à un ouvrier de passage (il se fait engager parmi les « lapins », c’est à dire ce qui travaillent à la clôture de protection contre les lapins) qu’à un policier.

Sa méthode fonctionne-t-elle ? Bien sûr ! Il n’y a pas que cela, puisqu’un autre mystère hante la communauté : le business de Mr Jelly. Il disparaît trois à quatre fois par an, pour une durée indéterminée. Ce veuf (sa femme a été assassinée, son meurtrier condamné) ferait-il la fête, aurait-il une maîtresse cachée ? Difficile à dire puisqu’il revient de ses escapades plus riche qu’il n’était parti. Si Bony se mêle de cet histoire, c’est à la fois pour aider Eric, l’amoureux transi de Lucy, la fille aînée (pendant que Bony parle « meurtre » avec Jelly, lui peut rester seul avec Lucy) mais aussi Lucy, qui s’inquiète des absences de son père et de ses humeurs moroses à son retour. Je reconnais qu’il m’a fallu les deux tiers du roman pour comprendre en quoi consistait son secret, néanmoins, je l’ai trouvé, ce qui n’est pas si mal. Pour ceux qui n’y seraient pas parvenus, l’épilogue est particulièrement bien conçue – et nous questionne aussi, nous, lecteurs de 2016.

La petite communauté était-elle paisible avant l’arrivée de Bony ? Pas vraiment. Le chômage (déjà) était fréquent, le racisme logique ou presque – il ne dérange personne, et certains de s’indigner que Bony, un métisse, ait pu trouver du travail alors que tant de blancs sont au chômage. Les personnalités flamboyantes ne manquent pas, non plus que les couples atypiques et attachants. La farce y côtoie la tragédie.

Le business de Mr Jelly est une triple enquête réussie pour Bony, celui qui n’échoue jamais.

Pique-nique à Hanging Rock de Joan

Mon résumé :

Australie, 14 février 1900. L’été touche à sa fin.
Les jeunes pensionnaires de Mrs Appleyard attendent depuis des mois ce pique-nique annuel, non loin du Hanging Rock, un immense massif rocheux. Revêtues de leurs mousselines légères, elles partent dans une voiture tirée par cinq superbes chevaux bais. Après le déjeuner, les demoiselles s’assoupissent à l’ombre des arbres. Mais quatre d’entre elles, plus âgées, obtiennent la permission de faire une promenade. Enivrées par cet avant-goût de liberté, elles franchissent un premier ruisseau… puis disparaissent dans les hauteurs. Quand, tard dans la nuit, la voiture regagne le pensionnat, trois adolescentes manquent à l’appel.

Merci à Netgalley et aux éditions du livre de poche pour ce partenariat.

Mon avis :

J’ai vu le film de Peter Weir, il y a quelques années, et j’étais très curieuse de lire le roman.

Ce roman est strictement féminin, et la gente féminine en prend pour son grade. Y a-t-il une personne à sauver, dans cette intrigue, mis à part les disparues et Sara, petite orpheline dont le tuteur s’occupe quand il en a le temps, c’est à dire pas souvent ? Curieux personnage que ce tuteur, qui n’a pas de lien de parenté avec elle, et dont on peut se demande pour quelles raisons il l’a prise sous sa protection.

Toutes les femmes dépendent d’un homme dans ce récit, toutes agissent, ou presque, en fonction d’un homme. Prenez Mrs Appleyard, la directrice de cette pension pour jeunes filles de très bonnes familles, familles qui sont le plus souvent extrêmement loin et ne s’intéressent que de loin en loin à leurs progénitures. Les cours prodigués sont « à la carte », et si certaines familles paient des suppléments, permettant ainsi à la directrice de faire de confortables bénéfices, d’autres renâclent même pour des matières que nous jugeons essentielles – la mère d’Edith ne comprend pas pourquoi sa fille unique doit étudier les mathématiques. Bref, Mrs Appleyard est davantage une bonne gestionnaire qu’une pédagogue, et n’agit qu’en fonction de ce que son cher Arthur pourrait faire. Prenez également les professeurs. Mademoiselle quitte le pensionnat pour se marier, et s’en réjouit. Le frère de Dora Lumley s’inquiète de la réputation de sa soeur. Même Minnie, la presque sympathique domestique, veut se marier et quitter le pensionnat. Les pensionnaires elles-mêmes dépendent de leur père et/ou partent à la conquête d’un mari bien respectable.  Les rares jeunes hommes du récit sont très activement recherchés – en tant que futurs maris.

Mais que s’est-il donc passé le jour de ce pique-nique ? Quatre jeunes filles sont parties, une professeur s’est volatilisée, une professeur bien rationnelle puisqu’elle enseigne les mathématiques et discute mathématiques pendant le trajet. Deux seulement seront retrouvées, toutes deux si traumatisées (ou si bêtes pour l’une d’entre elles) qu’elles ne pourront rien dire. Nous sommes en 1900, il est hors de question de brutaliser, même par des questions indiscrètes, une douce jeune fille. Il est hors de questions aussi d’évoquer certains sujets devant des hommes, il est des choses qu’une femme « bien » ne dit pas – ou comment laisser s’évanouir ce qui aurait pu être un indice. Le narrateur, extérieur à l’histoire, ne se prive pas pour être sarcastique, pour indiquer aussi, aux lecteurs, que le pire est à venir. Ne pas savoir, ne rien savoir, ne rien pouvoir deviner est sans doute pire qu’une vraie et bonne enquête policière. Comme dit l’enquêteur : il « eût presque accueilli avec joie un bon assassinat bien neuf. »

Roman fantastique ? Oui, si l’on compte que l’on ne sait rien, et que si des pistes fantaisistes sont évoquées, elles ne forment vraiment qu’une trame très secondaire dans le récit. Les faits, rien que les faits, pour cette région du monde où maints promeneurs se sont perdus, où la mort peut frapper très rapidement, où les aborigènes sont là sans être là – Miranda, l’une des disparues, la plus charismatique parce que la plus généreuse, connait bien la brousse.

Pique-nique à Hanging Rock emprunte à plusieurs genres littéraires sans appartenir à aucun. Il laisse une impression forte et tragique derrière lui, comme si les sortilèges d’Hanging Rock suivaient encore le lecteur bien après qu’il eût refermé le livre.

A la grâce des hommes d’Hannah Kent

tous les livres sur Babelio.com

Présentation de l’éditeur :

Dans le nord de l’Islande, en 1829, Agnes Magnúsdóttir est condamnée à mort pour l’assassinat de son amant, Natan Ketilsson. En attendant que la sentence soit exécutée, Agnes Magnúsdóttir est placée en résidence surveillée à Kornsá, dans la ferme de l’agent de sécurité du canton, Jon Jonsson, avec sa femme et leurs deux filles. Horrifiées à l’idée d’héberger une criminelle, les membres de la famille évitent tout contact avec Agnes, qui leur inspire autant de peur que de dégoût. Seul Totti, le jeune révérend que la meurtrière a choisi comme guide spirituel pour la préparer à sa fin prochaine, tente de la comprendre. Alors que les mois passent, contraints de partager le quotidien, de travailler côte à côte cette terre gelée et hostile, le fermier et les siens se laissent peu à peu apprivoiser par la condamnée. Encouragée par le pasteur, Agnes livre le récit de sa vie, de son amour pour Natan, et des semaines qui ont conduit au drame, laissant entrevoir une vérité qui n’est pas forcément celle que tous pensaient connaître.

merci à Babelio et aux éditions Presse de la Cité pour ce partenariat

Mon avis :

Tout d’abord, je voudrai présenter toutes mes excuses à Babelio et aux éditions Presse de la Cité pour mon retard pour chroniquer ce livre.

La chronique d’un livre tient aussi, pour moi, de son état d’esprit du moment. Après plusieurs livres très noirs (et après plusieurs déceptions), j’ai peiné à entrer dans ce livre, dont le thème principal est la condamnation à mort d’une servante pour le meurtre de deux hommes. Deux autres personnes ont été condamnées, mais le récit n’est pas centrée sur elle, sans doute parce que leur trajectoire, plus édifiante, est différente de celle d’Agnes.
Je l’ai rencontrée tardivement, Agnes, je me suis d’abord attachée à Jon et à Margret, qui sont chargés de l’héberger jusqu’à son exécution. Quand aura-t-elle lieu ? Personne ne le sait encore, des complications surgissent – voir le courrier où il est question de l’achat d’une hache ou le choix du bourreau. Les condamnations à mort sont rares en Islande, Agnes et Fridrik seront les derniers islandais à être exécutés. En 1830. L’Islande apparaît à mes yeux comme un pays très en avance sur son temps – voir le nombre de pays qui applique encore la peine de mort de nos jours, et ceux qui en discutent.
Jon, Margret et leurs deux filles sont des gens simples, qui vivent de leur mieux avec leur domestique, et tâchent d’accomplir leur devoir. Si pour certains, tout est blanc ou noir, j’ai aimé voir Margrèt assumer ses responsabilités dès le début face à sa communauté, même si elle n’a, à ce moment-là, aucune envie de prendre la défense d’Agnes. J’ai aimé l’évolution de ce personnage, si humain, si complexe. A travers elle et sa famille, c’est la vie quotidienne, dure, âpre, que le lecteur découvre.
A travers Agnes, c’est un aspect plus sombre encore qu’il découvre. Le sort des enfants nés hors mariage, laissés « au bon soin de la paroisse », la mortalité infantile, la mortalité maternelle, le problème du mariage aussi – quand on voit le nombre d’autorisation dont une servante a besoin pour se marier, l’on comprend aisément que s’unir à un homme lui est impossible. Il est question aussi de l’éducation des femmes, sujettes à caution : « Tu ferais mieux d’aller tenir compagnie aux moutons, Agnes. Les livres écrits par des hommes ne sont pas faits pour les gamines de ton espèce. Ils te détourneront de Dieu ! ». Agnes fait peur parce qu’elle sait lire, parce qu’elle possède un certain savoir qui effraie. On brûle encore les sorcières. « – Si j’étais jeune et simplette, croyez-vous que la police et les juges auraient pointé le doigt vers moi ? » Non, bien sûr que non.
Agnes semble avoir été dépouillée de toute humanité quand je l’ai rencontrée, et ce roman, dans lequel nous entendons sa voix, est une reconquête de son histoire, par la voix que tous entendent, par ses souvenirs, qui sont insérés dans le récit. A la grâce des hommes, ou toute la grâce d’une femme.

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La mort d’un lac d’Arthur Upfield

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Présentation de l’éditeur :

À Porchester, grosse exploitation agricole des profondeurs du bush australien, les employés regardent avec anxiété l’assèchement inexorable du lac Otway. Un homme y a trouvé la mort dans des circonstances mystérieuses et chacun attend la réapparition du corps. Pour pouvoir enquêter avec discrétion et efficacité, l’inspecteur métis Napoléon Bonaparte, dit Bony, décide de se rendre sur place… en se faisant passer pour le nouveau dresseur de chevaux sauvages !

Mon avis :

Je n’avais pas lu de romans d’Arthur Upfield depuis que j’étais étudiante, autant dire une bonne douzaine d’années.  Comme beaucoup trop de romans de qualité, il est très difficile de se les procurer autrement que chez les bouquinistes ou dans les bonnes bibliothèques, le lecteur passant ainsi à côté de héros originaux.

La littérature policière australienne n’est pas des plus connus, surtout quand elle s’aventure dans le bush, au côté d’un policier mi-aborigène. La vie est rude, et « mourir de chaud » n’y est pas une figure de style. Mourir tout court est même fréquent, bien trop fréquent dans cette exploitation agricole, où Bony enquête sous couverture. Il est aidé par son métissage : rares sont ceux qui peuvent ne serait-ce qu’imaginer qu’un semi-aborigène soit un inspecteur de police. Il n’est qu’à voir la condescendance avec laquelle ses collègues s’adressent à lui.

Les ingrédients de la tragédie sont universels : des hommes, seuls, deux femmes, aguichantes, de l’argent, beaucoup, et l’isolement dans le bush où votre meilleur ami peut très bien vous trahir, s’il estime avoir une chance avec la seule jeune femme du coin. Comme partout, les apparences sont trompeuses, et Bony ne s’y laisse pas prendre, quoi qu’on puisse lui raconter – et certains ne se donnent pas la peine de broder beaucoup.

Ce qui ne l’est pas, ce sont ces deux composants propres à l’Australie, ce lac qui se meurt, et ne renaîtra que dans une quinzaine d’années, et ces multitudes d’animaux (lapins, kangourous, dingos) qui trouvent la mort de la main de l’homme ou de la sécheresse. Dans notre monde de 2013, où la communication se fait autant par téléphone que par internet, il semble presque inconcevable de devoir attendre plusieurs jours avant que la police ne vienne constater un crime. Et pourtant, ce n’est pas si loin, ni dans le temps, ni dans l’espace.

Si le lac met une quinzaine d’années avant de revivre, je n’attendrai pas quinze ans à nouveau avant de relire Arthur Upfield. Un-mot-des-titres