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Agatha Raisin, tome 3 : pas de pot pour la jardinière

Présentation de l’éditeur :

De retour dans les Cotswolds après de longues vacances, Agatha Raisin découvre que son voisin James Lacey, objet de tous ses fantasmes, est tombé sous le charme d’une nouvelle venue au village. Aussi élégante qu’amusante, Mary Fortune est une jardinière hors pair, et la journée portes ouvertes approchent.

Mon avis :

« J’ai fait trois fois le tour du monde ». Ah, pardon, je m’égare, je suis en train de reprendre les Cloches de Corneville, grand succès de l’opérette. Il n’empêche : Agatha revient d’un long voyage et… bof. Elle se surprend à aimer de plus en plus le petit village où elle vit depuis sa retraite dorée.
En son absence, miracle : pas un meurtre. Peut-être justement parce qu’Agatha n’était pas là, aurait lancé une toute nouvelle habitante du village, Mary. Elle semble pourtant charmante, tout le monde l’apprécie, y compris James Lacey, pour lequel Agatha soupire toujours en secret. Cependant, Agatha a changé – et oui. Elle sympathise avec Mary – ne peuvent-elles être toutes les deux amies avec James ? Ne peuvent-elles pas être toutes les deux amies ? Après tout, Mary et Agatha sont toutes les deux des étrangères dans ce village !
Agatha s’est de plus trouvée un nouveau dada – non, elle ne s’est pas mise à l’équitation. Elle se lance dans le jardinage, discipline dans laquelle elle est aussi douée que la cuisine. Le fait que Mary et James jardinent tout deux n’est pas du tout en lien avec cette décision, non.
Bref, tout va bien, absolument tout. Agatha retrouve ses chats, ses amis, reprend le rythme de la vie au village, se met même au régime, et … quelqu’un saccage les uns après les autres les jardins des participants au concours – non, parce qu’il y a un concours, sinon, à quoi bon jardiner ? (Note : à quand un concours mêlant cuisine et jardinage, avec l’obligation de cuisiner des produits de son potager ? La police enquête, et Agatha ronge son frein, parce que, franchement, elle n’est pas très efficace. Surtout, le pire survient bientôt : un meurtre est commis et c’est Agatha, accompagnée de James, qui a découvert le corps, placé de manière à humilier la personne assassinée. Qui a pu commettre ce meurtre ?
Agatha a beau être sous le choc, elle ne va pas rester sans rien faire, même si presque tout le monde lui dit de ne pas le faire et que James constate que… Agatha est devenue raisonnable. Enfin presque.
Lire ce roman est agréable, pas tant pour l’aspect policier mais pour la peinture de la vie dans un petit village anglais, village que les londoniens en visite peuvent critiquer vertement pour leur moeurs, eux qui les accusent de consanguinité et de sorcellerie, eux qui trouvent leurs meurtres plus civilisés. Mais bien sûr.
Ce qui est certain est l’attachement d’Agatha pour son village, et l’attachement que certains villageois ont pour elle. Qu’en sera-t-il dans le tome suivant, alors qu’Agatha s’apprête à passer six mois à Londres ? Vous le saurez…. demain.

Tels des loups affamés d’Ian Rankin

Mon résumé :

Un gagnant du loto, un éminent juge d’instruction. Leur point commun ? Ils ont été menacés de mort, comme châtiment d’un crime commis dans le passé, et ont été exécutés. Une autre personne a été menacé mais n’a pas été tuée. Jusqu’à quand est-il en sécurité ?

Mon avis :

Revoilà John Rebus ! On croit s’être débarrassé de lui, et bien non, pas du tout. Fait rare dans l’histoire des romans policiers, il est à la retraite, si, si, et bien décidé cette fois-ci à le rester, et à s’autoriser sa petite sortie journalière afin de s’hydrater avec régularité.

Malcolm Fox et Siobhan Clark vont bien et enquêtent. ils doivent cependant convaincre un honnête citoyen de porter plainte parce qu’on a tout de même tenter de le tuer, on lui a tiré dessus. Non, pas question qu’il parle à la police. C’était un accident. Parler à John Rebus ? Oui, peut-être. Le nom de cet honnête citoyen si soucieux de n’ennuyer personne ? Big Ger Cafferty.

Des années à s’affronter, cela laisse des traces, et Rebus se retrouve seule aide possible pour Cafferty. Pas de retraite pour lui non plus : les Stark père et fils essaient de lui piquer son territoire, et son successeur a beau être doué, c’est un coup à vous filer des sueurs froides. Ajoutez que la police (pas l’équipe de Malcolm et Siobhan) a mis au point une opération pour faire tomber les Stark et vous comprendrez que la situation n’est confortable pour personne.

Oui, ce roman est de construction classique. Et alors ? Retrouver Rebus tel qu’en lui-même et son adversaire de toujours est un plaisir. Ce que découvre Rebus par contre est loin d’être joyeux. Impunité des puissants, difficultés pour les policiers et les journalistes de faire correctement leur travail – enfin, pour ceux qui en ont vraiment envie – ne sont pas des thèmes nouveaux. Les faits que dénoncent l’auteur ont lieu non seulement parce que certains trouvent, grâce à l’argent et le pouvoir, des personnes prêtes à fermer légalement les yeux sur leur turpitude, mais aussi parce que les victimes ne trouvent personne qui se soucient de leur sort. La seule lueur d’espoir (groumpf) est qu’aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, les journalistes pourraient dénoncer plus facilement ce qu’ils ont découvert. Oui, l’espoir est mince.

Je n’ai garde d’oublier une certaine guerre des gangs – se frotter à Big Ger et son successeur n’étaient pas une bonne idée, quel que soit le camp auquel on appartient. Je n’ai garde d’oublier non plus les ravages que des événements récents ont pu causer. Et ce sont toujours les plus faibles qui paient le prix fort, quoi qu’on dise.

Au plaisir de retrouver John, Malcom et Siobhan encore longtemps,e t de voir John développer l’art d’être grand-père.

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Agatha Raison enquête : la quiche fatale

Présentation de l’éditeur :

Sur un coup de tête, Agatha Raisin décide de quitter Londres pour goûter aux délices d’une retraite anticipée dans un paisible village des Costwolds, où elle ne tarde pas à s’ennuyer ferme. Afficher ses talents de cordon-bleu au concours de cuisine de la paroisse devrait forcément la rendre populaire. Mais à la première bouchée de sa superbe quiche, l’arbitre de la compétition s’effondre et Agatha doit révéler l’amère vérité : elle a acheté la quiche fatale chez un traiteur. Pour se disculper, une seule solution : mettre la main à la pâte et démasquer elle-même l’assassin.

Merci à Aurore, des éditions Albin Michel, pour m’avoir fait parvenir les deux premières enquêtes d’Agatha Raisin traduites en français. Je ne les ai pas lus dans l’ordre – étant toujours très logique.

Mon avis :

On ne parlera jamais assez des dangers de la cuisine anglaise ! Grâce à ce roman, le premier volume des enquêtes d’Agatha Raisin qui en comptent vingt-cinq à ce jour, le lecteur a droit à une mise en garde très précise.

Avant toute chose, laissez-moi vous présenter Agatha Raisin. C’est une femme qui s’est faite toute seule, ne pouvant pas compter sur ses parents, encore moins sur son mari (vite oublié) pour l’aider. A cinquante, elle vend sa florissante entreprise de relations publiques et s’achète un charmant cottage, dans un non moins charmant village des Costwolds. Les habitants sont … fort peu accueillants. Un brin profiteur pour certains. Et Agatha de désespérer de s’intégrer un jour, aussi décide-t-elle de s’inscrire à un concours de cuisine, un de ses charmants concours qui fleurissent dans les petits villages anglais, tels que les concours de confiture ou les concours d’élégance canine (à quand un concours d’élégance féline ?).

Ce n’est pas vraiment sa faute si le juge s’écroule, empoisonné, après avoir mangé sa quiche – elle ne l’avait même pas cuisiné elle-même, et la police conclut à un accident. Mais cela risque de le devenir aux yeux des villageois, ou du moins aux yeux des femmes qui n’avaient d’yeux que pour le juge. Que faire ? Déménager ? Non, enquêter ! Agatha y met la même passion et la même énergie qu’elle en mettait à son travail, découvrant des personnes bien plus chaleureuses que celles qu’elle a côtoyées à son arrivée. Je pense à la femme du pasteur, une personnalité indispensable à la survie de la vie sociale du village, ou encore à Bill Wong, l’agent de police qui n’a de cesse d’être toujours là au bon moment et de répéter à Agatha de ne pas se mêler de l’enquête. Un jeune homme véritablement charmant, et un véritable ami des bêtes qui plus est.

Bien sûr, certains pourraient trouver que le rythme de l’enquête est un peu lent. Comment pourrait-il être rapide puisqu’il n’y a pas d’enquête officielle et qu’Agatha n’a pas autant de moyens qu’un enquêteur officiel. En tout cas, là où Agatha passe, elle fait bouger les choses, ce qui est plutôt positif, tout en incitant les autres à se remuer :

« Pourquoi nous conduisons-nous comme des brebis errantes ? se demanda Agatha. Pourquoi les Britanniques sont-ils si peureux, soumis et placides? Pourquoi est-ce que personne ne crie, ne demande à voir le contrôleur pour exiger une explication ? D’autres peuples, plus expansifs, ne se laisseraient pas faire ainsi.  »

Agatha Raisin enquête – ou la preuve que l’heure de la retraite n’est pas l’heure du repos.

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Crimes à l’affiche de Nicola Upson

Présentation de l’éditeur :

En 1934, Josephine Tey est une star du West End londonien. Ses pièces se jouent à guichets fermés, mais cette veuve discrète préfère vivre loin des feux de la rampe. Pourtant, lorsqu’elle se rend à Londres pour célébrer la dernière de son immense succès théâtral Richard de Bordeaux, elle se trouve bien malgré elle mêlée à une affaire de meurtre.

Mon avis :

Ce ne fut pas un roman facile à lire – jusqu’à son dénouement inclus. Ce roman a pour détective une auteur de romans policiers qui n’est plus, à mes yeux, suffisamment connue de nos jours : Josephine Tey. Ce roman pourrait être vu comme un hommage, il n’est pas que cela : il nous rappelle comment était l’Angleterre de l’après première guerre mondiale, et aussi quel sort était réservé aux femmes.
Je ne parle pas de Josephine, non. En dépit des problèmes juridiques qu’elle a dû affronter (le roman donne de la profondeur à l’intrigue en nous entraînant plusieurs fois dans le passé), en dépit des chagrins qu’elle a enduré, elle est tout à fait apte à se débrouiller seule et à affronter les tempêtes. Ce qui la plonge dans cette intrigue, c’est le fait d’avoir voyagé avec la future victime, une jeune fille qui avait déjà, elle aussi, affronté maintes épreuves, les avait surmontés et a été assassinée dans des circonstances atroces.
Josephine est touchée par cette morte et par la douleur de ses proches. L’enquête lui montrera bien des choses – et il faut parfois bien des épreuves, bien des horreurs pour que la justice triomphe.

Pudding mortel de Margaret Yorke

Présentation de l’éditeur :

Riche, impotente et tyrannique, la vieille Mrs Ludlow régente sa famille sans souci des rancœurs et des haines qui couvent. Jusqu’au jour où sa gouvernante meurt mystérieusement. Assassinée ? Sans doute, mais peut-être à la place d’une autre… Le jeune et brillant doyen de l’université d’Oxford, Patrick Grant, démêle cette histoire policière, la première d’une série très british.

Mon avis :

Ce dimanche, pas de recettes de cuisine pour moi, plutôt une mise en garde contre la cuisine britannique. En effet, c’est un pudding au citron et aux somnifères qui est la cause du trépas de Mrs Mackenzie, gouvernante bienveillante de la vieille Mrs Ludlow, qui tyrannise « pour leur bien » tout son entourage. Même quand elle les aime, comme sa petite-fille Cathy, elle ne leur montre pas – en revanche, quand elle ne les aime pas, comme c’est le cas pour sa fille Phyllis, elle ne se prive pas pour leur mener la vie dure, et maintenir chacun sous son emprise.

Pour la police, l’évidence est là : ce n’est pas l’efficace gouvernante, dont la vie était réglée comme du papier à musique, que l’on a cherché à éliminer, c’est la riche, impotente et autoritaire vieille dame, qui tenait les cordons de la bourse très serrée. Pas de soucis pour son fils cadet, Gerald, à qui elle a donné le prénom de son mari, mort en héros pendant la première guerre mondiale : il a su monter son affaire seul, et celle-ci se porte très bien. Veuf depuis dix ans, il vient de se remarier avec Helen, et Cathy, sa fille, accueille plutôt bien la nouvelle : sa grand-mère voulait la forcer à renoncer à étudier, afin qu’elle prenne soin de son père. Pour les deux autres enfants, la situation est plus compliquée : Phyllis, qui est à la fois dame de compagnie, infirmière et souffre-douleur de sa mère, ne touche aucune rétribution, Derek est en très mauvaise posture, et ses deux fils ont aussi de gros soucis financiers, qu’ils ne devraient pas avoir. Martin, jeune marié, a vu une partie de sa maison financée par sa grand-mère, qui désapprouve le fait que sa femme continue de travailler. Tim, lui, est étudiant, touche une pension de ses parents, et le professeur Grant connait bien ses frasques.

Et oui, Patrick Grant va enquêter, lui dont la soeur vit dans ce charmant petit village anglais, avec son mari et son fils Andrew. Elle apprécie fort peu l’ingérence de son frère dans les affaires d’autrui, et le lui dit sans prendre de gant, lui reprochant de manquer de coeur poussant ainsi Patrick à se livrer à un bref mais intense examen de conscience. Ce professeur, qui adore se pencher sur les crimes du passé, se penche pour la première fois sur une enquête dans le présent. Quoi qu’il puisse dire, sa position de professeur à Oxford en impose, même à la police – alors quand il prend les choses en main, a une théorie et trouve le moyen de la démontrer, je vous laisse deviner s’il parvient à ses fins.

En lisant ce roman, on ne peut pas ne pas penser à Agatha Christie, les villages paisibles dans lesquels les intrigues prennent vie, à ses familles qui se déchirent, à ses charmantes personnes qui, n’ayant pas grand chose à faire de leurs journées, épient soigneusement leurs voisins. On retrouve aussi dans ce roman des personnages féminins marquants. Helen et Cathy Ludlow ne sont pas des jeunes femmes qui attendent le secours d’un homme pour vivre, et si Helen a épousé Gérald, elle l’a fait par amour, en ne lui cachant rien – et en étant parfaitement capable de se débrouiller seule. Quant à Cathy, elle envisage de faire des études, sermonne son immature cousin, mais n’envisage jamais le mariage comme solution pour s’émanciper.

Pudding mortel, ou un roman à lire pour ceux qui aiment les romans policiers anglais.

L’odyssée de Noël d’Anne Perry

Présentation de l’éditeur :

En 1864, dix jours avant Noël, le riche James Wentworth décide de recruter son ami, Henry Rathbone, pour retrouver son fils Lucien. Pris d’une passion dévorante pour une belle jeune femme nommée Shadwell, le jeune homme est plongé dans un monde de dépravation et de violence où les trafiquants de tout poil font loi.
Rathbone ne connaît rien à ce milieu interlope et sensuel où Lucian passe son temps, aussi recrute-t-il à la clinique médicale de Hester Monk deux compagnons qui y naviguent avec aisance : Squeaky Robinson, un maquereau repenti, et Crow, un mystérieux docteur qui ne refuse de soins à personne, même aux pires crapules.

Mon avis :

Oui, je sais, nous ne sommes pas en pleine période de Noël, mais avec le temps d’automne que nous avons eu les jours derniers, parfois, on peut avoir des doutes !

D’ailleurs, en lisant ce livre, on peut aussi ne pas se sentir en pleine période de Noël. Henry Rathbone se lance dans une enquête qui le mène sur la piste de personnes tout sauf fréquentables (encore moins à cette époque), et l’emmène dans des endroits qui sont à l’image de ces personnes. J’ai eu l’impression en fait que cette enquête, qui fait partie de la collection des détectives de Noël et met ainsi en scène des personnages secondaires des intrigues d’Anne Perry, avait certes pour point de départ la période de Noël mais aurait pu se passer à n’importe quelle période de l’année. L’esprit de Noël n’est pas vraiment ce que j’ai retenu, sans doute parce que les personnages que rencontre Henry au cours de son enquête sont à des années-lumières de cet esprit. Nous sommes dans un monde parallèle, et si c’est une odyssée que vit Henry pour chercher Lucien, elle le mène, tout comme Ulysse avant lui, tout droit dans les enfers grecs. J’ai pensé au Minotaure, également, et, ce qui paraît une influence évidente, à Oliver Twist.

J’aurai aimé, cependant, que l’intrigue soit davantage développée et que la fin soit moins abrupte. C’est un constat que je fais très souvent avec les romans d’Anne Perry, c’est encore plus flagrant lors de ces enquêtes de Noël. Le chemin a déjà été long, il sera encore long pour Lucien, mais nous le quittons trop rapidement après tout ce qu’il vient de vivre.

Agatha Raisin enquête : remède de cheval de M.C. Beaton

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Mon résumé :

Agatha Raisin, dans la Quiche fatale, a résolu un meurtre. Jeune retraitée, elle est bien installée dans son cottage de Carsely, charmant village des Costwold, avec son chat. Cerise sur le pudding : un charmant vétérinaire vient de s’installer. Enfin, charmant… Agatha déchante vite. Le vétérinaire encore plus : il meurt accidentellement d’une injection de tranquillisant en soignant un cheval rétif. Agatha ne croit pas à l’accident et mène l’enquête.

Mon avis :

Tout d’abord, merci à Aurore, des éditions Albin Michel, pour m’avoir fait parvenir les deux premières enquêtes d’Agatha Raisin traduites en français. Etant quelqu’un de parfaitement logique, j’ai commencé par lire le tome 2. D’ailleurs, j’avais lu le tome 18 en VO, alors….
Non, Agatha ne s’ennuie pas, pas du tout : elle songe simplement à retourner à Londres et à remonter une nouvelle affaire avec un ancien concurrent, c’est dire à quel point elle juge sa vie passionnante à Carsely. Il faut dire que James Lacey, l’homme qu’elle aime et qu’elle tente de séduire, la fuit avec une énergie folle – et cette fuite est bien à prendre au sens propre du terme. Bref, l’arrivée du beau vétérinaire quadragénaire lui remet du baume au coeur, pour fort peu de temps : autant il est des vétérinaires fort compétents qui font fuir les clients parce qu’ils sont directs et s’occupent des animaux avant de leurs propriétaires, autant lui s’intéresse fort à l’aspect pécunier, et pas du tout aux animaux – le genre de personne qui a dû faire ce métier par accident. Il aimerait les chevaux et les bovins, soit – je n’ai pas l’impression que les éleveurs et les propriétaires de chevaux soient si ravis que cela de ses soins. Sa mort ne bouleverser que la pincée d’admiratrices qu’il laisse derrière lui, et un bon nombre de personnes prêts à dire : bon débarras. Puis, les accidents, cela arrive, et ce n’est pas le premier de ce genre.
Pourquoi Agatha enquête-elle donc ? Mais parce que James en a eu l’idée et que c’est le seul moyen pour se rapprocher de lui. Est-ce que cela fonctionne ? Cela dépend des points de vue. Leur enquête, en tout cas, promet son lot de révélations – et la police de leur répéter de laisser les professionnels enquêter, merci beaucoup.
Les enquêtes d’Agatha ont un double intérêt. Le premier tient en la personnalité de la quinquagénaire, un peu fâchée avec les règlements (elle emmène son chat avec elle à Londres, même si l’appartement qu’elle loue pour quinze jours est interdit aux animaux), très proche de la boisson pour se remonter le moral, et pas du tout apte à utiliser son tact naturel (elle en est dépourvue) ou un langage châtié pour parvenir à ses fins. Mais si elle aime quelqu’un, comme la femme du pasteur, elle tiendra toujours ses promesses. Et se préoccupe fort du bien-être de son chat, bientôt rejoint par un autre chat en détresse. Bref, Agatha est un personnage touchant, dont les émois font davantage penser à ceux d’une jeune fille de bonne famille qu’à une quinquagénaire qui a mené une brillante carrière de front.
Le second tient à la vie de ce petit village anglais bien tranquille, comme il en est tant dans les romans policiers anglais. Seulement… le temps a passé depuis les romans d’Agatha Christie, Londres n’est pas si loin, en train ou en voiture, et ceux qui viennent s’installer dans ces petits villages le font parfois pour des motifs très variés. Dans un cadre champêtre, la misère sociale se voit peut-être moins, elle existe pourtant, et certains, pour s’en sortir, optent pour des solutions parfois hautement originales.
Remède de cheval est un roman à conseiller à tous ceux qu’une héroïne franche et direct ne rebute pas !