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L’invité(e) de trop par Lucy Foley

Présentation de l’éditeur :

Un mariage au large de l’Irlande, sur une île belle et sauvage. Julia, à la tête d’un magazine, est déterminée et ambitieuse ; Will une étoile montante de la télé-réalité. La fête se doit d’être à l’image de leur insolente réussite : tenues de créateur, décor somptueux et hôtes triés sur le volet. Le réseau mobile est peut-être capricieux et la mer agitée, pourtant chaque détail a été planifié d’une main experte par la wedding planner. Mais la perfection est toute théorique, les invités bien trop humains. Au fur et à mesure que le champagne coule, le ressentiment et l’envie remplacent la joie et les vœux de bonheur. Et après un black-out, voilà qu’on crie au meurtre… Enfin publié en France, L’Invité(e) de trop s’est déjà vendu à plus d’un million d’exemplaires au Royaume-Uni, et est en cours de traduction dans 39 pays.

Préambule : 

Il y a un énorme contraste entre ma lecture d’hier et celle d’aujourd’hui. Ce n’est pas seulement trente ans qui les séparent, c’est un monde. Ce n’est pas, dans le livre que je chronique aujourd’hui, que les femmes n’ont pas des problèmes, non. C’est le regard qui est posé sur les femmes et sur ce qu’elles vivent qui changent.

Mon avis :

Merci aux éditions Presse de la cité et à Netgalley qui m’ont permis de découvrir ce titre.

La première chose qui m’est venue à l’esprit en découvrant le résumé, c’est « mais quelle idée de se marier sur une île difficile d’accès, et manquant un peu de certaines commodités !  » Chacun son rêve pour son mariage, je le veux bien, mais là ! Oui, je sais, je suis peut-être victime du syndrôme « Ils étaient dix » d’Agatha Christie, mais tout de même ! Si l’on m’avait invité sur une île pour satisfaire le caprice des mariés, j’aurai sûrement trouvé un bon prétexte pour ne pas venir. A tout hasard, un stage de poney aquatique. Seulement, personne n’a dit non à Julia, ni son meilleur ami Charlie, ni Olivia, sa demi-soeur, qui ne va pas bien du tout. Olivia fait fi aussi du passé de l’île, des légendes qui courent à son sujet, des superstitions tout court. Elle n’est pas ce genre de fille, qui s’alarme parce que son fiancé a vu sa robe avant les noces. Olivia n’a pas l’habitude qu’on lui dise non, je ne crois pas non plus que quelqu’un oserait lui dire non, elle obtient toujours tout ce qu’elle veut, elle n’est plus la petite fille dont les parents se sont séparés trop tôt, la petite fille qui dormait sur une pile de manteaux, parce qu’il n’y avait pas de place ailleurs, l’intello un peu trop grosse, non, elle est une femme qui a réussi, à la fois d’un point de vue professionnel et d’un point de vue personnel. Elle se marie ! Oui, se marier compte encore de nos jours. Et quoi de mieux pour se marier que de faire appel à une wedding planer, qui se trouve propriétaire des lieux où le mariage a lieu. Julia l’apprécie énormément, parce qu’elle ne se laisse pas aller au sentimentalisme (oui, je pratique l’art de la périphrase affreusement). Elle en aura bien besoin.

En effet, nous savons dès les premières pages qu’une tragédie a eu lieu. Même si certains mettent en doute ce qui a été vu, force est de constater que l’on est soit en face d’une mise en scène macabre, soit en face d’un authentique meurtre. Il reste cependant à savoir beaucoup de choses : Qui a été tué ? Pourquoi ? Y a-t-il eu préméditation ? Quelle est l’arme du crime ? Les témoins, entre légèrement pompettes et totalement bourrés, pourront-ils témoigner ? Pire encore : pourra-t-on contacter la police ? Un black-out a déjà eu lieu, les portables captent mal, et cela n’est pas sans engendrer de l’angoisse, pour les invités mais aussi pour le lecteur – on a tous des images horribles de tueur de films d’horreur en tête, surtout que le décor nous entraîne facilement à imaginer des faits effrayants, comme si, effectivement, l’on ne savait pas tout ce que cette île pouvait cacher.

Nous découvrons ce qui se passe sur cette île, et même sur ce qui s’est passé un peu avant, grâce aux regards croisés des mariés et de quelques-uns de leurs invités. Le personnage le plus intéressant à mes yeux est celui d’Hannah, la pièce rapportée, parce qu’elle est une femme que l’on pourrait croiser dans la vie de tous les jours, elle pourrait être notre soeur ou notre amie. Elle est mariée, elle aime sincèrement son mari, elle a deux enfants, auquel elle et son mari consacrent tout leur temps, au point de n’en avoir plus pour eux-mêmes. Elle sait que son corps a changé, à cause de ses deux grossesses et de ses deux allaitements, elle sait qu’elle manque de temps pour prendre soin d’elle – alors ne parlons même pas de soirée où l’on ne peut penser qu’à soi, de week-end en amoureux. Aussi, n’est-elle pas ravie d’aller, pour ce premier week-end où elle est seule avec son mari, au mariage de la meilleure amie de celui-ci. Elle n’est pas ravie du temps qu’il passe avec Julia. Ce n’est pas de la jalousie, non, c’est de la lucidité. Hannah n’ose pas poser certaines questions, elle n’ose pas retrouver une certaine légèreté qui était la sienne avant – pas seulement avant le mariage, non, avant un événement grave qui les a bouleversés, elle et ses parents. Ce n’est pas à proprement parler un secret, puisque eux savent, s’en est un pour le lecteur, qui comprend, malgré tout, de quoi il s’agit – parce que cet événement a amené Hannah à regarder les jeunes femmes autrement, surtout si elles sont anormalement minces est solitaires. Comme Olivia, la demi-soeur de Julia.  Julia ne voit pas sa soeur, pas du tout, elle n’entend pas sa mère qui lui dit à quel point Olivia va mal. Julia se souvient qu’Olivia a eu une enfance normale, contrairement à elle, un père qui prend soin d’elle régulièrement, un père à qui elle n’a rien eu à prouver, contrairement à elle, Julia père pour lequel elle a choisi spécoalement ce lieu pour se marier, pour se rapprocher de ses origines. Julia s’intéresse plus aux choses, qu’aux êtres, au moyen de se mettre en valeur. J’entends bien que tout tourne autour d’elle, puisque c’est son mariage. Cependant, elle a beaucoup de choses à rattraper avec autrui, beaucoup de personnes auxquelles elle aurait dû faire attention.

Oui, ce livre est davantage une analyse des rapports humains, des rapports dans un couple, des conséquences d’une rupture amoureuse, ou de l’influence désastreuse des pensionnat et de leur état d’esprit qu’un roman policier. L’on peut sortir du pensionnat ami pour la vie, comme le marié et ses garçons d’honneur – tous m’ont semblé détestables. Ils sont censés être singuliers, ils font bloc dans leur mission de garçons d’honneur, avec l’alcool qui coule à flot comme aide, comme s’ils étaient restés d’éternels ados, et pas dans le meilleur sens du terme.

Unité de temps, unité de lieu, unité d’action, c’est au dénouement d’une tragédie que nous assistons, tragédie qui aurait pu ne pas avoir lieu si…. mais je vous laisse le découvrir en lisant ce livre.

J’inscris ce livre au  #Challenge Juillet Sororité.

COLUMBO, Peter Falk, 1971-93

 

 

La bête du Gévaudan de Gilles Milo-Vaceri

Présentation de l’éditeur :

Le commandant Gerfaut est en vacances quand Adriana, son assistante, le prévient qu’un meurtre atroce vient d’être commis en Lozère, dans la famille de Paul, son second adjoint. L’expert des tueurs en série doit élucider un assassinat si horrible que le légiste hésite à se prononcer sur l’origine des blessures. Les gens de la région, soutenus par une association d’éleveurs, accusent déjà les loups et des émeutes sèment la pagaille dans l’enquête. Mais les meurtres se poursuivent ! La population évoque alors le retour de la bête du Gévaudan, cet animal mystérieux qui avait terrorisé la Lozère au XVIIIe siècle. Coincé par la guerre entre éleveurs et défenseurs du loup, faisant les frais des ambitions politiques de certains et confronté à un tueur non identifié que rien ne semble pouvoir arrêter, Gerfaut doit gérer une situation de crise en s’appuyant sur son instinct. La solution se trouverait-elle dans le passé ? Et si la bête du Gévaudan était vraiment de retour ? Le commandant Gerfaut va montrer les crocs et sa morsure sera fatale.

Mon avis :

Livre à lire avec beaucoup de précautions. Et pourtant, je vous assure que je suis fan. Cependant, j’ai commis l’erreur technique de terminer le livre la nuit tombée : ce n’était pas une bonne idée. Oui, ce récit peut faire peur, même à une personne comme moi qui lit beaucoup de romans policiers.

Le commandant Gerfaut est en vacances. Quelle idée ! Il ne faut jamais partir en vacances quand on est policier, soit un crime est commis sur le lieu de vacances, soit l’on est prié de rentrer très vite sur son lieu de travail parce qu’une nouvelle affaire vous appelle. Ici, le commandant Gerfaut ne cherche pas à refuser : une cousine de Paul, son second adjoint, a été assassinée dans des circonstances particulièrement atroces. Malheureusement, elle ne sera que la première victime – d’autres crimes suivront.

Les légendes, les croyances aussi, ont longue vie, et il n’en faut pas plus pour accuser le loup. Peu importe que les études scientifiques aient démontré que le loup ne tue que pour se nourrir – pourquoi s’en prendrait-il à des bipèdes quand il existe tant de proie dans la nature ? Et surtout, pourquoi ne les mangerait-il pas ? S’il manquait aux associations anti-loup un motif pour manifester, il est tout trouver.

Heureusement, nous en sommes plus sous le règne de Louis XV, l’on se préoccupe un peu plus du petit peuple qu’on ne pouvait le faire à l’époque (non, parce que… un loup qui arrache les vêtements de ses victimes féminines et les laissent en état de choc, c’est plus qu’impossible) et que les scientifiques existent pour démontrer qu’un animal ne peut être responsable de ces meurtres. Il faudra pourtant le répéter encore et encore, preuve à l’appui, sans toutefois trop en dire, non seulement pour pouvoir mettre la main sur le tueur, mais aussi par respect pour les victimes, leurs familles. Qui a envie de voir les photos du corps massacré d’un proche dans les journaux, à la télévision ? Personne.

Je me suis laissée emporter par le rythme de l’intrigue, par les péripéties, par cette immersion aussi dans le passé de cette région de France. J’ai aimé aussi, même si cela peut paraître sordide, que l’on distingue bien celui qui est responsable de ces crimes des tueurs en série et des tueurs de masse : oui, l’on peut tuer plusieurs personnes sans être un tueur en série, tout est une question de mobile et de méthodologie. Horrible ? Oui, comme tout ce qui touche au crime.

Agatha Raisin enquête, tome 31 : Au galop ! de M. C. Beaton

édition Albin Michel – 324 pages.

Présentation de l’éditeur :

Lorsqu’elle apprend le mariage de son ami sir Charles Fraith avec une mystérieuse cavalière, le sang d’Agatha Raisin ne fait qu’un tour. Pour en savoir plus sur sa rivale, une idée folle lui vient : se glisser parmi les invités de la cérémonie, au risque de semer la zizanie… Pari réussi : la jeune mariée et Agatha se crêpent le chignon en public. Un coup d’éclat qui la désigne comme la principale suspecte lorsqu’on découvre le cadavre de la mariée dans les écuries du manoir.

Pour prouver son innocence, Agatha se lance dans une course contre la montre : la vérité se présente comme un concours de sauts d’obstacles et la liste des présumés coupables est aussi longue que la queue d’un pur-sang…

Mon avis :

J’ai eu la chance de trouver le tome 31 d’Agatha Raisin le jour même de sa parution. J’ai commencé à le lire le jour même. Je rédige donc ma chronique au fur et à mesure (oui, je sais quand je le commence, je ne sais pas quand je le terminerai.

Jusqu’à la page 104 : que dire ? Que dire non sans trop spoiler, mais sans être trop méchante ? Ce tome 31 est dédié à MC Beaton, et co-écrit avec R.W Green. J’ai eu souvent l’impression de lire une imitation plutôt que de lire une enquête originale. Comme souvent, depuis un certain temps, tous les personnages que nous avons l’habitude de voir avec Agatha sont bien présents au rendez-vous : Charles, son majordome Gustav, Mrs Bloxby, Toni, Simon, Roy Silver et même James – je m’étonne de ne pas encore avoir vu Bill Wong, il est simplement un peu question de lui. Nous les voyons tous, un petit peu, ils font un petit tour et puis s’en vont, ou bien restent, comme Sir Charles et Gustav.

Oui, sir Charles a des soucis, que vous connaissez si vous avez lu comme moi le tome 30, et qui peut les résoudre ? Ne cherchez pas, il s’agit bien sûr d’Agatha Raisin en personne ! Elle a beau ne pas aller très bien et constater le temps qui passe, les kilos qu’elle a pris à cause de toutes les lasagnes-frites qu’elle a mangées, elle se sent nettement mieux maintenant qu’elle a enfin une affaire intéressante à résoudre. Que ne ferait-elle pas pour Charles ? Du grand Agatha Raisin, mais toujours une impression de déjà lu, parce qu’Agatha a déjà dû tirer Sir Charles d’un mauvais pas dans le passé. A croire que ni lui ni elle ne savent tirer leçon de leurs expériences respectives. J’ai noté aussi des descriptions précises des tenues portées par Agatha et par Toni, ainsi que celles des moments qu’Agatha passe avec ses deux chats – il ne faudrait pas les oublier !

Jusqu’à la page 242, page à laquelle j’ai fait une pause, nous sommes dans l’enquête, et l’on peut aimer ou pas cette enquête. L’on comprend enfin pourquoi le roman se nomme « Au galop » puisque Lady Mary était passionnée d’équitation. L’on découvre les principales suspectes – parce qu’il faut bien le dire, ce sont surtout des femmes qui en voulaient à Mary, Sir Charles semble le seul homme qui aurait un mobile de la tuer. Je note cependant que, dans les romans de M.C. Beaton, les victimes sont très souvent extrêmement antipathiques. Agatha n’est pas toujours très sympathique non plus, et il serait bon qu’elle laisse ses enquêteurs, enfin surtout Toni, enquêter, et qu’elle cesse d’être jalouse de la jeune femme. Ce n’est pas très professionnel !

J’ai presque envie d’aller vite pour terminer cette chronique. Bien sûr, je ne révèlerai pas le dénouement, si ce n’est qu’il en décevra sûrement plus d’une. Si, si, j’en suis sûre, comme il m’a déçue moi aussi. Je n’ai pas eu l’impression qu’il y avait de l’avancement dans la vie d’Agatha, j’ai toujours l’impression qu’elle tourne en rond pour en revenir au même point. C’est peut-être le souci avec ces séries qui durent, qui durent… sans que le temps ne semble jamais passer. Après tout, Agatha a un peu plus de cinquante ans depuis le premier tome…. dont on lui reparle encore aujourd’hui.

 

Le masque gris de Patricia Wentworth

Présentation de l’éditeur :

Quatre ans plus tôt, Charles Moray a été abandonné à l’autel par Margaret Langton. Quatre ans plus tard, il revient à Londres et découvre que son ex-fiancée est mêlée à un complot impliquant un kidnapping et peut-être pire…

Mon avis :

Le moins que je puisse dire est qu’écrire cette chronique n’est pas dur. Il serait en effet très simple de se moquer de cette ouvrage, et de se demander comment il a pu rencontrer du succès à sa parution – ou à sa réédition. La première jeune fille que nous rencontrons est une jolie gourde pleine de vide. Rien ni personne ne pourra la transformer, et je suis franchement inquiète pour sa survie, tant personne ne semble l’avoir armé pour affronter la vie. Les pensionnats suisses ne servent visiblement à rien. Son père ? Il n’a longtemps rien prévu pour elle. Sa mère ? Je ne dirai rien, pour ne pas spoiler.

La seconde jeune fille, c’est Margareth, et si elle semble doter de quelques traces d’intelligence, on peut parfois avoir des doutes. Oh là là oui, elle a un sens admirable du sacrifice. Quatre ans plus tôt, elle a renoncé à se marier parce que… parce que… non, je ne spoilerai pas non plus. Son fiancé, cependant, quand il découvre pourquoi elle a annulé le mariage, ne prend pas très bien les choses, et l’on peut le comprendre. Alors oui, Margareth peut se sentir héroïque en se sacrifiant ainsi, en ayant aussi, depuis quatre ans, des conditions de vie difficile. Cependant, pour éviter ces longues successions de sacrifices et/ou de personnes sacrifiées, il aurait suffi non d’un peu de jugeote, mais de moins d’orgueil et de plus de sincérité. Trop de personnages de ce récit ont avant tout pensé à eux, avant de penser aux conséquences de leurs actes sur leurs proches.

Le masque gris est la première enquête de Miss Silver. Pourtant, on la voit très peu, elle passe beaucoup de temps à tricoter, parvient à savoir beaucoup de choses sur beaucoup de personnes, et reproche, évidemment, à son client Charles Moray de ne pas tout lui dire, lui faisant après perdre son temps. Et pourtant, l’affaire sera résolue, en dépit du nombre de fois où l’héroïne en danger n’a pas su se protéger, faisant exactement le contraire de ce qu’on lui disait de faire.

Sinon…. le dernier mot qui me vient à l’esprit est « naïveté ». C’est fou ce que l’on peut faire croire à certaines personnes.

Mort sur le Nil d’Agatha Christie

Présentation de l’éditeur :

Un soir, Hercule Poirot dîne dans un restaurant londonien. Sa table jouxte celle d’un jeune couple apparemment très épris, Jackie de Bellefort et Simon Doyle.
Quelques semaines plus tard, à l’occasion d’une croisière sur le Nil, le grand détective a la surprise de retrouver Simon Doyle marié à Linnet Ridgeway. S’apercevant que Jackie s’ingénie à croiser le chemin du jeune couple, Hercule Poirot sent la tragédie venir à grands pas et il a peur…

Mon avis :

Ce n’est pas une lecture, ni même une relecture, j’ai lu ce livre tellement de fois que je renonce à compter. En revanche, la dernière fois que je l’ai chroniqué, c’était en 2013. A cette occasion, j’avais mis l’accent sur Linnet Ridgeway et, forcément, Hercule Poirot. Cette fois-ci, après lecture de cette nouvelle traduction, je vais parler encore… d’Hercule Poirot.

Il s’ennuyait, et pourtant, il était un client choyé du restaurant, qui était ravi de le recevoir à sa table. Il décide, pour se désennuyer, de partir en croisière en Egypte. Il y fera des rencontres, et un meurtre, puis un deuxième, puis un troisième seront commis. Un meurtre, et plusieurs tentatives de meurtres.

Le plan était pourtant parfait, c’était sans compter Hercule Poirot, dont l’immense confiance en soi n’est plus à prouver. Je préfère dire ceci que l’immense orgueil – après tout, Hercule Poirot a parfaitement raison puisqu’il a résolu l’affaire. Hercule Poirot, pourtant, avait averti – sans succès. « Vous n’êtes pas très réconfortant », lui dit-on. Ce n’a jamais été son rôle. D’ailleurs, quel est celui d’un détective quand aucun crime n’a encore été commis ?

« Elle venait de perdre une bague avec un rubis en se baignant, et elle n’arrêtait pas de se lamenter que vous ne fussiez pas là pour la lui retrouver.
– Diable : Je ne suis pas scaphandrier ! »

Hercule avait pressenti la tragédie à venir. Oui, l’on peut trop aimer, oui l’on peut aimer quelqu’un qui ne mérite pas un tel amour. – « J’ai peur, répéta-t-il simplement. Oui, moi, Hercule Poirot, j’ai peur ».

Mort sur le Nil, c’est une histoire d’hommes et de femmes, c’est une histoire de parents et d’enfants. Tim Allerton loue les qualités de sa mère, et elle n’en manque pas, elle est l’une des personnes les plus sincères de ce récit, et trouve enfin quelqu’un auprès de qui parler pleinement – Hercule Poirot. La jeune Rosalie Otterbourne est devenue presque une garde malade pour la sienne, romanicière qui ne parvient plus à écrire. Rosalie veille sans cesse à ce qu’elle ne retombe pas dans ce que l’on devine (l’alcool) même si ce n’est jamais réellement nommé : l’on en voit cependant les effets dans une scène dans laquelle la mère inverse les rôles et reproche bien des choses à sa fille. Rosalie jalouse profondément Linnet qui a tout et ne s’en rend pas compte. Tout ? Linnet et Jacqueline ont un point commun : elles sont seules au monde. L’une a l’argent, pas l’autre, et pourtant, cela ne rendra pas Linnet si heureuse que cela, tant elle est habituée à faire ses quatre volontés. Eut-elle vieillie, peut-être serait-elle devenue comme Mlle Van Schuyler, vieille femme acariâtre persécutant son entourage et ne s’intéressant qu’à l’aristocratie. Peut-être – ou pas : Linnet avait la tête sur les épaules pour tout ce qui concernait les affaires – tout en déléguant à ses hommes d’affaires. Mlle Van Schuyler qui persécute dame malade et parente pauvre, à savoir Cornélia, qui a passé sa vie à écouter les autres et à manquer cruellement de confiance en elle. Elle ne manque pourtant pas de qualités – la lucidité et le courage en sont indubitablement.

« – Mais, alors, comment le savez-vous ?
– Parce que je m’appelle Hercule Poirot et que je n’ai pas besoin qu’on me le raconte. »

Hercule Poirot qui, quand il le peut, fait tout pour le bonheur des autres, et s’il a échoué avec certains (je ne parle pas seulement du crime qui a eu lieu, je parle aussi du malheureux colonel Race, chapitre 28), il y parvient pour d’autres.

A lire et à relire – forcément.

Je laisse le mot de la fin à Hercule Poirot :

« J’avoue que j’aime avoir un public. Je suis vaniteux, vous savez. Gonflé d’orgueil. J’aime pouvoir dire : « Admirez l’intelligence d’Hercule Poirot ».

Agatha Raison, tome 30 : Bonnet d’âne ! de MC Beaton

Présentation de l’éditeur :

Agatha est engagée pour enquêter sur une affaire d’espionnage industriel dans une usine où de drôles de choses se trament…
Le mystère de l’usine se transforme bientôt en enquête pour meurtre et un âne de mauvais poil fait d’Agatha une célébrité, la couvrant de honte et de ridicule. Pour ajouter à ses malheurs, Agatha se retrouve en proie à des sentiments croissants envers son ami et amant occasionnel, Sir Charles Fraith.
Alors que le meurtre de l’usine semble enfin dévoiler ses secrets, la propre vie d’Agatha est mise en danger de mort. Parviendra-t-elle à arrêter le tueur avant qu’il ne s’en prenne à elle ?

Mon avis :

Je dois dire que j’ai bien aimé cette enquête d’Agatha Raisin, malgré ses défauts. Je ne sais pas quelle mouche a piqué Agatha dans ce tome mais elle est constamment, continuellement, perpétuellement irascible, contre elle-même, contre les autres, si ce n’est Mrs Bloxby dans sa trop rare apparition pleine de sagesse, la seule amie à Carsely d’Agatha.

Agatha et Toni ont été engagée pour enquêter sur une affaire d’espionnage industriel, et Agatha, dont l’affaire Raisin investigation tourne fort bien, trouve cela plus réjouissant que les sempiternelles histoires de divorce – à croire que tout le monde a décidé de divorcer ! Elle se rend cependant compte très vote que quelque chose cloche, comme si on voulait la discréditer, et surtout, comme si l’entreprise qui l’employait n’était pas celle qu’elle paraissait être.

Un meurtre est commis et pour une fois, je dis bien pour une fois, l’entourage familiale de la victime est réellement touchée ce qui est arrivé, cet entourage n’avait strictement rien à gagner, et ils sont vraiment prêts à aider Agatha à trouver le coupable.

Que fait la police, me direz-vous ? Eh bien la police a décrété que c’était un accident : c’est une ânesse qui a tué la victime, accidentellement. Il faut donc l’euthanasier, parce qu’elle est dangereuse. Commence alors un second combat pour Agatha et Roy, appelé à la rescousse : sauver Wizz-Wazz (c’est le petit nom de l’ânesse).

Mais je ne vous ai pas encore dit le pire, parce qu’Agatha, contrairement à Toni, ne le découvrira que tardivement : Sir Charles, son âme soeur (même si ni l’un ni l’autre ne sont au courant) est fiancé, et cette fois-ci, il va franchir le pas. Mary, la jeune femme, est issue d’une très riche famille, et elle sait ce qu’elle veut.

Et Agatha ? L’on ne change pas une recette qui gagne, et Agatha mettra, comme souvent, sa vie en danger pour que la vérité soit connue.

A mes yeux, un bon cru.

PS : nous sommes toujours le 17 février. Mon parrain fête aujourd’hui ses 85 ans. Il adore les ânes. C’est même lui qui avait convaincu mes parents de m’en offrir un en 1983.

Son espionne royale, tome 5 : Son espionne royale et le collier de la reine de Rhys Bowen

Présentation de l’éditeur :

Sa mission : résoudre le mystère du collier disparu. Londres, 1933. La reine vient de confier une nouvelle mission à notre héritière favorite : partir à la recherche de sa précieuse tabatière, volée sur la très hédoniste et chic Côte d’Azur. Georgie, déjà comblée par la confiance que lui accorde Sa Majesté, a l’heureuse surprise de voir Coco Chanel en personne lui proposer d’être son modèle pour ses dernières créations ! Toutefois, pendant le défilé, les choses se passent atrocement mal : le collier inestimable qu’elle porte, appartenant lui aussi à la reine, est subtilisé à son tour.
Et, peu après, un homme est retrouvé assassiné ! Avec deux vols sur les bras et un meurtrier en liberté, Georgie n’a pas vraiment le loisir de profiter du casino… Entre Downton Abbey et Miss Marple, une série d’enquêtes royales so British !

Mon avis :

Il fait froid, le temps est abominable, Londres est quasiment vide, si ce n’est la foule, immense, des laissez-pour-compte, ceux qui n’ont pas de quoi se nourrir, ceux qui cherchent en vain un travail. Georgiana, tous les jours, est bénévole à la soupe populaire. Il est toujours bon pour une lady d’accomplir des oeuvres charitables, de donner l’exemple. Il est bon aussi de fuir sa demeure, dans laquelle son frère et sa belle-soeur, qui attend leur deuxième enfant, vivent actuellement. Mais son frère et sa belle-soeur ont de la soeur : la soeur de Fig les invite sur la côte d’Azur ! Emmener Georgie ? C’est impossible. D’abord, parce qu’elle n’est pas invitée, esuite, parce qu’ils n’ont pas les moyens de lui offrir les billets de train : une lady ne peut voyager sans sa femme de chambre, même si celle-ci a encore neaucoup à apprendre pour accomplir son travail. Qu’à cela ne tienne ! Il se trouve que la reine Mary a une mission à lui confier :

– retrouver une tabatière précieuse qui lui a été dérobé ;
– surveiller David, son fils (futur Edward VIII), toujours beaucoup trop proche de Wallis Simpson. C’est quasiment la routine pour Georgie.

Cela le serait si un second vol ne venait s’ajouter au premier, vol dans lequel elle se retrouve, bien malgré elle, aux premières loges. Que dire ? Cette lecture est agréable, divertissante. Elle permet de rencontrer du beau monde sur la côte d’azur, de prendre le train bleu, de rencontrer Coco Chanel en pleine création. Elle permet aussi de côtoyer des personnages peu fréquentables, les escrocs sont toujours attirés par ceux qui sont riches. Si Georgie ne se fait plus guère d’illusions sur la vie menée par sa mère – qui ne veut surtout pas que l’on sache que Georgie est sa fille, elle a tout de même 22 ans – elle découvre un pan du passé de son père qu’elle ne soupçonnait pas. Elle en découvrira aussi un peu plus sur Darcy et, qui sait ? cela permettra (enfin) à leurs relations de progresser.

Agatha Raisin, tome 29 : sonnent les cloches de M.C. Beaton.

édition Albin Michel – 302 pages

Présentation de l’éditeur :

Thirk Magna, village idyllique des Cotswolds, est réputé pour son église médiévale et son ensemble de cloches qui font la fierté de la communauté. Alors que le groupe de carillonneurs se prépare à la visite du bel évêque Peter Salver Hinkley, tout le village est en effervescence. Agatha Raisin en profite pour persuader un des sonneurs de cloches de l’embaucher afin d’enquêter sur l’ex-fiancée de Peter : Jennifer Toynboy, héritière locale, disparue depuis des années sans qu’on ait retrouvé son corps. Mais voilà que les cadavres commencent à pleuvoir : un policier municipal est découvert au fond de la crypte, une sonneuse de cloche est assassinée près de l’église, et le journaliste Terry Fletcher est retrouvé mort dans le salon d’Agatha, avec qui il a entretenu une brève liaison. Pourquoi cette longue série de meurtres inexpliqués ? Et si tout était lié à la visite de l’évêque ?

Mon avis :

Suis-je féministe ? Oui, dans le sens où je souhaite l’égalité, véritablement l’égalité entre les hommes et les femmes à une époque où certains rêvent encore de nous renvoyer à la cuisine et pensent que si les femmes ne travaillaient pas, une bonne partie des problèmes de la société serait résolue (taper sur ‘n’importe quel moteur de recherches internet pour chercher des propos tenus par des hommes politiques, vous m’en dorez des nouvelles). Oui, toujours, dans le sens où je me sens prête à me battre pour le droit des femmes, de toutes les femmes, quelle que soit la vie qu’elles ont décidé de mener.

Après ce préambule, vous vous demandez où je veux en venir. Je trouvais qu’Agatha Raisin se montrait féministe, soucieuse des droits des femmes.  Oui, je sais, c’est un personnage. Seulement, elle-même se pose des questions quant à sa position face au féminisme, parce qu’elle sait que les féministes rejetteraient ce qu’elle ressent. Agatha veut vivre avec un homme, elle veut vieillir avec un homme, elle veut être amoureuse. Elle aimerait, comme dans le tome précédent, que Charles se déclare enfin, la demande en mariage. Mais… Charles est toujours en train de chercher une riche héritière pour renflouer son domaine, il n’ose pas s’opposer à Gustave, son majordome véritable maître à bord – comme le souligne quelqu’un dans le roman, s’il tenait tant que cela à Agatha, il enverrait paître Gustave. Agatha se fait même rabrouer par une féministe convaincue parce qu’elle porte des talons aiguilles. Si de telles « féministes » existent, je tiens à préciser qu’il existe suffisamment de débats sur la manière dont une femme, une jeune fille devraient se vêtir sans que des féministes ajoutent de nouvelles contraintes. Maxime simple : laissons les femmes s’habiller comme elles le veulent, porter des talons, se maquiller, etc, etc…

Bien sûr, j’ai écrit ces lignes alors que j’ai terminé de lire le livre, parce qu’il est un personnage qui m’a posé problème (enfin, s’il n’y en avait eu qu’un….). Il s’agit d’Helen, et c’est une femme qui est battue par son mari. Elle ne veut pas le quitter, et spontanément, j’ai pensé que c’était parce qu’elle était sous son emprise, qu’elle ne savait pas vers qui se tourner pour partir. Pas vraiment. Elle ne veut pas le quitter parce qu’être battue lui permet d’être plainte, et de se poser en victime perpétuelle. J’ai déjà beaucoup parlé de féminisme, je trouve tragiquement réducteur, dans un roman qui a une large audience, de dire que les femmes battues, et bien, elles n’ont pas besoin d’être aidées, et qu’elles ne risquent pas grand chose. J’ai même eu l’impression que c’était plutôt les hommes, le mari ou celui qui veut à tout prix l’aider, qui étaient présentés comme des victimes de ce genre de femmes.

Et l’intrigue ? J’y viens enfin. Elle m’a semblé extrêmement longue à démarrer, une bonne centaine de pages sur trois cents, tout comme j’ai eu l’impression que l’enquête se terminait en queue de poisson, même si, officiellement, les coupables des meurtres ont été arrêtés. L’on croise, comme dans les intrigues précédentes d’Agatha Raisin, de nombreux personnages typiques des villages anglais, personnages hauts en couleur, ou qui se veulent tels, notamment ces fameux sonneurs de cloche qui exercent cette activité par passion, ou pour mincir (si, si). Nous retrouvons aussi tous les membres de l’équipe d’Agatha, Toni qui, malgré son jeune âge, se montre d’une grande lucidité face aux hommes, Simon, qui apparaît si peu qu’il semble presque être mis entre parenthèses. Sarah-Margaret Bloxby est toujours la meilleure amie d’Agatha, qui passe beaucoup de temps, comme dans le volume précédent, à prendre soin de ses chats. Nous retrouvons le trio masculin qui entoure Agatha. Pour la première fois, ai-je l’impression, il est ouvertement écrit que Roy est gay, ce que j’ai compris depuis très longtemps (au moins vingt volumes). Être homosexuel(le) n’est toujours pas admis, semble-t-il dans ces petits villages anglais, encore moins par les personnes elles-mêmes concernées. Est-ce véritablement le cas ou alors est-ce uniquement le cas quand on appartient à un certain milieu social ? Je ne trancherai pas, cela ne correspond pas à ce que je vois en France. Charles, James et leurs errances amoureuses sont toujours là également. Jusqu’au bout ? Sûrement.

Sonnent les cloches – plus que deux tomes avant de dire adieu à Agatha.

Agatha Raisin enquête, tome 28 : Chasse aux sorcières

édition Albin Michel – 300 pages

Présentation de l’éditeur :

Fraîchement débarqués de Londres pour goûter la sérénité des Cotswolds, le nouveau pasteur de Sumpton Harcourt et sa femme croient vivre un film d’horreur en apercevant, de retour d’un dîner, un corps pendu à un arbre. Margaret Darby, une vieille célibataire fortunée, ne s’est pas suicidée, mais a bel et bien été assassinée. Pas de quoi rassurer le couple qui avait fui le climat délétère de Londres… Qui, des habitants de ce charmant hameau, a pu commettre un tel crime ? Lorsqu’un policier zélé est retrouvé mort près du même arbre pour avoir cherché à le savoir, et que la femme d’un des habitants du village subit un sort identique, Agatha comprend pourquoi on parle de « l’arbre aux sorcières ». Reste à savoir qui orchestre cette sinistre mise en scène…

Mon avis :

J’avais commencé cette lecture en étant agréablement surprise. Je croyais tenir (enfin) un bon cru, ce qui me manquait depuis si longtemps avec Agatha Raisin. A mes yeux, le début de l’intrigue était particulièrement réussi, surtout quand nous suivons pas à pas Molly, la femme du pasteur, pour découvrir à travers ses yeux, Agatha Raisin, 53 ans depuis 28 tomes d’intrigues. Découvrir qui a commis un meurtre, puis deux, à l’ombre de l’arbre des sorcières, me semblait prenant.

Puis… les anciens ingrédients sont revenus au galop, comme si M.C. Beaton avait voulu n’en oublier aucun. Nous croisons James, un peu, et surtout le regret que leur mariage n’ait pas duré, parce que James voulait une docile femme au foyer comme épouse. Pourquoi épouser Agatha, alors ? Roy sera au rendez-vous, inchangé y compris dans sa manière de changer de style à chaque roman et de vouloir à tout prix être dans la lumière. Même les enquêteurs d’Agatha font pâle figure et semblent être réduits au rang de figurants, dégustant beignets sur beignets, comme dans les séries américaines. Charles sera là, du début à la fin, et je me suis surprise à espérer que…. Et puis non, toujours pas.

Nous retrouvons aussi des éléments de l’intrigue commun à presque toutes les intrigues mettant en scène Agatha Raisin, comme cette personne qui se vante de connaître l’identité du coupable – et qui finit assez mal, du coup. Ce qui change ? Le fait que le roman se rattache à l’actualité, en parlant de Boris Johnson, notamment. En revanche, Agatha m’a semblé rester toujours féministe, et l’un des éléments de l’enquête rappelle assez à quel point être une femme peut faire de vous une proie facile – une victime à qui certains pourraient presque en vouloir de s’en être sortie, de ne pas vouloir en parler, d’essayer de poursuivre sa vie en un mot. M’a semblé, seulement. Parce qu’au bout d’un moment, elle aussi se met à croire que la victime est nymphomane et donc… Et donc quoi, ai-je envie de dire ? A mes yeux, cela illustre le fait qu’on est toujours amené à croire plus facilement quelqu’un qu’elle connaît, même si celui-ci ment, plutôt qu’une personne qu’elle connaît moins. J’insiste aussi sur le fait qu’être nymphomane ne justifie en aucune façon le fait d’être violée. Les agresseurs ont encore de beaux jours devant eux. PS : pas la même de me dire que je n’ai pas les idées larges ou que ce n’est qu’un roman. C’est un reflet sur les idées reçues qui continuent à circuler.

Quant aux sorcières, elles ont ici une mauvaise image. Normal, penseront certains. Je le regrette pour ma part. Je pense que cette thématique mériterait mieux que des moqueries, que de les montrer comme des femmes forcément idiotes, prenant des substances illicites, se réunissant dans des lieux tenus presque secrets et imbuvables toute la journée.

Les enquêtes de lady Hardcastle, tome 2 : Meurtres dans un village anglais

City éditions – 348 pages.

Présentation de l’éditeur :

En ce printemps 1909, Lady Hardcastle, aristocrate excentrique et détective amateur, profite d’un repos bien mérité dans le coin de campagne anglaise où elle s’est installée. Un calme qui est de courte durée… Spencer Caradine, un fermier local, s’effondre raide mort à la taverne, la tête dans sa tourte. Meurtre ou accident ? Inutile de compter sur les policiers locaux pas très futés pour lever le voile sur ce mystère. Lady Hardcastle et à sa dame de compagnie, Florence, doivent prendre les choses en main et mener l’enquête. Mais la liste des suspects s’avère longue comme un jour sans pain… Entre la femme de Caradine amoureuse d’un autre, son fils qui le haïssait et les villageois dont il prenait un malin plaisir à pourrir la vie, la victime n’avait que des ennemis. Les enquêtrices de choc vont devoir mobiliser une bonne dose d’astuces et de crochets du droit si elles veulent pouvoir savourer le brandy de la victoire !

Mon avis :

Il va tout de même falloir lancer une alerte générale : tenez-vous éloigné le plus possible des quiches et des tourtes ! Elles sont dangereuses à un point qu’il est difficile d’imaginer ! Elles ont relégué aux oubliettes les armes à feu et les armes blanches. Avec elles, pas besoin de savoir tirer, pas besoin de savoir viser, elles ne nécessitent pas de force physique particulière. Elles ne nécessitent même pas de savoir cuisiner ! Si elles étaient comestibles, il n’y aurait pas de mort. Oui, manger une tourte ou une quiche dans un roman policier, c’est l’assurance de devenir LA victime dont il faudra élucider le meurtre rapidement.

Heureusement, lady Hardcastle s’est remise de ce qui lui est arrivé à la fin du tome 1. Non, je ne spoile pas : si elle n’avait pas survécu, elle ne serait pas l’héroïne enquêtrice du tome 2. Il n’y aurait peut-être même pas de tome 2, d’ailleurs. La police est débordée, la police a besoin d’elle, de ses talents, et des talents de Florence Armstrong, sa domestique/bras droit/meilleure amie. Puis, le meurtre n’est pas encore prouvé, il pourrait s’agir d’une mort naturelle. Les troubles digestifs sévères entraînant la mort existent et Spencer Caradine, qui avait acheté du bétail à lady Farley-Stroud la semaine précédente, aurait pu y succomber.

Les suspects ne manquent pas, c’est un souci. Ils sont même tellement nombreux que les voir chacun à leur tour prend du temps. Qu’à cela ne tienne ! Lady Emily Hardcastle a à coeur d’aider la police et d’apaiser son amie lady Farley-Stroud, qui a été témoin de la mort de Spencer Caradine. Marché aux bestiaux et match de rugby n’auront bientôt plus de secret pour elle, non plus que la conduite de voitures automobiles. Oui, lady Hardcastle apprécie tellement de se déplacer en voiture qu’elle en achète une – et pas question d’embaucher un chauffeur !

Comme pour le premier tome, le rythme est enlevé, l’humour est toujours caustique. Si Florence Armstrong admet croire au surnaturel, ce serait mal la connaître que de penser qu’elle ne sait pas qu’il existe plus d’escrocs que de vrais médiums. Les « trucs » existent et si, quand on regarde un spectacle de magie, on accepte d’être dupée, il n’en est pas de même quand des personnes abusent de la faiblesse, de la douleur des autres. Ce n’est pas parce que le ton est enlevé et que les deux héroïnes ne se ménagent pas qu’il faut oublier qu’un délit, un crime, entraînent toujours des conséquences. Ce n’est pas non plus parce que la victime n’était pas sympathique qu’il faut laisser son meurtre impuni, ce serait beaucoup trop facile, et amènerait certains à croire que certains crimes sont « autorisés ».

Un tome 3 devrait paraître début septembre, je le lirai, bien entendu.

PS : je suis allée sur le site de l’auteur T.E. Kinsey, et j’ai découvert qu’il existait huit tomes écrits à ce jour.