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Les enquêtes de lady Hardcastle, tome 2 : Meurtres dans un village anglais

City éditions – 348 pages.

Présentation de l’éditeur :

En ce printemps 1909, Lady Hardcastle, aristocrate excentrique et détective amateur, profite d’un repos bien mérité dans le coin de campagne anglaise où elle s’est installée. Un calme qui est de courte durée… Spencer Caradine, un fermier local, s’effondre raide mort à la taverne, la tête dans sa tourte. Meurtre ou accident ? Inutile de compter sur les policiers locaux pas très futés pour lever le voile sur ce mystère. Lady Hardcastle et à sa dame de compagnie, Florence, doivent prendre les choses en main et mener l’enquête. Mais la liste des suspects s’avère longue comme un jour sans pain… Entre la femme de Caradine amoureuse d’un autre, son fils qui le haïssait et les villageois dont il prenait un malin plaisir à pourrir la vie, la victime n’avait que des ennemis. Les enquêtrices de choc vont devoir mobiliser une bonne dose d’astuces et de crochets du droit si elles veulent pouvoir savourer le brandy de la victoire !

Mon avis :

Il va tout de même falloir lancer une alerte générale : tenez-vous éloigné le plus possible des quiches et des tourtes ! Elles sont dangereuses à un point qu’il est difficile d’imaginer ! Elles ont relégué aux oubliettes les armes à feu et les armes blanches. Avec elles, pas besoin de savoir tirer, pas besoin de savoir viser, elles ne nécessitent pas de force physique particulière. Elles ne nécessitent même pas de savoir cuisiner ! Si elles étaient comestibles, il n’y aurait pas de mort. Oui, manger une tourte ou une quiche dans un roman policier, c’est l’assurance de devenir LA victime dont il faudra élucider le meurtre rapidement.

Heureusement, lady Hardcastle s’est remise de ce qui lui est arrivé à la fin du tome 1. Non, je ne spoile pas : si elle n’avait pas survécu, elle ne serait pas l’héroïne enquêtrice du tome 2. Il n’y aurait peut-être même pas de tome 2, d’ailleurs. La police est débordée, la police a besoin d’elle, de ses talents, et des talents de Florence Armstrong, sa domestique/bras droit/meilleure amie. Puis, le meurtre n’est pas encore prouvé, il pourrait s’agir d’une mort naturelle. Les troubles digestifs sévères entraînant la mort existent et Spencer Caradine, qui avait acheté du bétail à lady Farley-Stroud la semaine précédente, aurait pu y succomber.

Les suspects ne manquent pas, c’est un souci. Ils sont même tellement nombreux que les voir chacun à leur tour prend du temps. Qu’à cela ne tienne ! Lady Emily Hardcastle a à coeur d’aider la police et d’apaiser son amie lady Farley-Stroud, qui a été témoin de la mort de Spencer Caradine. Marché aux bestiaux et match de rugby n’auront bientôt plus de secret pour elle, non plus que la conduite de voitures automobiles. Oui, lady Hardcastle apprécie tellement de se déplacer en voiture qu’elle en achète une – et pas question d’embaucher un chauffeur !

Comme pour le premier tome, le rythme est enlevé, l’humour est toujours caustique. Si Florence Armstrong admet croire au surnaturel, ce serait mal la connaître que de penser qu’elle ne sait pas qu’il existe plus d’escrocs que de vrais médiums. Les « trucs » existent et si, quand on regarde un spectacle de magie, on accepte d’être dupée, il n’en est pas de même quand des personnes abusent de la faiblesse, de la douleur des autres. Ce n’est pas parce que le ton est enlevé et que les deux héroïnes ne se ménagent pas qu’il faut oublier qu’un délit, un crime, entraînent toujours des conséquences. Ce n’est pas non plus parce que la victime n’était pas sympathique qu’il faut laisser son meurtre impuni, ce serait beaucoup trop facile, et amènerait certains à croire que certains crimes sont « autorisés ».

Un tome 3 devrait paraître début septembre, je le lirai, bien entendu.

PS : je suis allée sur le site de l’auteur T.E. Kinsey, et j’ai découvert qu’il existait huit tomes écrits à ce jour.

Les enquêtes de Lady Hardcastle : Petits meurtres en campagne de T.E. Kinsey

Présentation de l’éditeur :

Veuve excentrique au passé secret, Lady Hardcastle quitte Londres pour s’installer à la campagne. Accompagnée de Florence, sa femme de chambre qui pratique avec assiduité les arts martiaux, elle compte y trouver le repos, loin de la vie trépidante menée dans les colonies de l’empire britannique.
Mais la campagne peut vite se révéler pleine de surprises, notamment lorsque les deux compères découvrent un cadavre pendu à un arbre. Suicide ? Lady Hardcastle, curieuse de nature, n’y croit pas et elle décide de prendre les choses en main. D’autant que les policiers locaux n’ont pas l’air très futés.
Lady Hardcastle et Florence plongent dans les nombreuses rivalités et les intrigues de leur village d’adoption. Et tout se complique lorsqu’un autre meurtre est commis… Pour les deux détectives amateurs, le tea time attendra, car une chose est certaine : la vie à la campagne n’a rien d’un long fleuve tranquille.

Mon avis :

J’ai découvert cet auteur par hasard, dans le nouveau rayon « cosy mystery » de ma librairie – oui, les cosy mystery sont devenus si nombreux, tellement à la mode, comme les polars nordiques en leur temps, qu’un panneau entier, ou une table, leur est consacré.

Lady Hardcastle, après une existence des plus mouvementée, dont une partie fut vécue en Asie, s’installe dans un petit village anglais, calme et tranquille. Pour peu de temps. A peine est-elle installée, à peine effectue-t-elle une promenade dans les bois avec Florence, sa femme de chambre/gouvernante/dame de compagnie/assistante/meilleure amie qu’elles découvrent un cadavre, un jeune homme qui s’est pendu dans les bois. Oui, l’événement est tragique, d’autant plus que, très vite, il apparaît que le jeune homme a été assassiné, son « suicide » n’est qu’une mise en scène destinée à cacher la véritable cause de la mort. Lady Hardcastle, qui a de sérieux doutes sur la police locale, enquête donc, avec l’aide de Florence.

Il faut dire que les deux femmes ont de quoi largement s’ennuyer. Les hoberaux locaux sont… ennuyeux. Les industriels locaux sont…. ennuyeux. Justement, la fille de l’un est fiancée au fils de l’autre, chaque famille apportant à l’autre ce qu’elle ne possède pas – l’argent, un titre de noblesse.

Dans cette lecture, très facile je dois le dire (je l’ai lu en trois heures), ce n’est pas tant l’enquête qui est intéressante que la galerie de personnages et le style. L’humour caustique est omniprésent – c’est Florence la narratrice, et elle n’épargne personne, pas même lady Hardcastle, qui le prend plutôt bien – et nous découvrons tout un monde fort intéressant. Le lecteur passe plus de temps avec les domestiques, qui sont sans pitié pour les petites manies de leurs maîtres, qu’avec ceux-ci, qui cachent mal leur snobisme sous le vernis des bonnes manières mondaines. Mention spéciale pour l’inénarrable et ennuyeux militaire, tout droit venu des Indes, qui ne comprend pas qu’une femme comme lady Hardcastle ait pu vivre seule aux Indes après son veuvage. Oui, elle a pu, elle a même réussi à survivre à l’assassinat de son mari, c’est dire.

Enquêter dans la campagne anglaise n’est pas sans danger, comme le rappelle le policier chargé de l’enquête, et de beaucoup d’autres enquêtes nettement moins bucoliques. Sauver les apparences, c’est une chose, gratter pour voir ce qui se passe et découvrir la vérité, s’en est une autre, pas forcément drôle et reposante.

Je sais d’ors et déjà que je lirai les deux tomes suivants (le tome 3 doit paraître en septembre).

Hamish Macbeth, tome 9 : Petits crimes entre voisins de M.C. Beaton

édition Albin Michel – 236 pages.

Présentation de l’éditeur :

À peine débarqué dans leur affreux van à Lochdubh, Sean et Cheryl, un couple de routards un peu fêlé, inquiète la population du village. Et pour cause : du jour au lendemain, les sermons du prêtre deviennent apocalyptiques ; le cabinet du médecin est dévalisé ; l’argent disparaît ; les voisins, autrefois amis, veulent s’entretuer… Il y a décidément quelque chose de pourri au royaume de Lochdubh ! Quand Sean est retrouvé le crâne défoncé, la guerre menace vraiment. Pour rétablir la paix dans les foyers, Hamish, épaulé par Priscilla, tente le tout pour le tout…

Mon avis :

Voici le tome 9 des aventures d’Hamish MacBeth. Il est court (236 pages) et je l’ai lu en deux heures, à peu près (oui, lire un livre presque d’une traite ne m’arrive quasiment jamais). Ce n’est pas que le livre était particulièrement prenant, c’est plutôt que j’avais hâte de voir comment tout allait se terminer, et si la recette déjà utilisée dans les tomes précédents allait à nouveau être utilisée.

La nouveauté, c’est qu’Hamish a été promu au rang de sergent. La mauvaise nouvelle est qu’il est totalement imbuvable avec Willie, son subordonnée. Il faut attendre la moitié du livre, au moins, pour qu’il se dise « je ne suis pas très gentil avec lui » et qu’il se décide à lui parler avec gentillesse. Willie n’est pas un bon flic ? Il ne serait pas le premier, j’ai quelques noms en tête dans cette série. Il passe beaucoup de temps à tenter de séduire la belle Lucia ? Il faut dire aussi qu’Hamish ne se comporte pas toujours comme le sergent qu’il devrait être vis à vis de son subordonné.

Comme souvent, dans les aventures d’Hamish Macbeth (cela fonctionne aussi pour les enquêtes d’Agatha Raisin), le problème ne vient pas du village en lui-même, mais de deux étrangers qui viennent s’installer dans le village. Sean et Cheryl sont des voyageurs, c’est à dire des personnes qui ont adopté le mode de vie des Roms sans en être eux-mêmes. Ils recueillent en général la sympathie des villages qu’ils traversent. Seulement voilà : ils sont bien décidés à rester un certain temps, et Cheryl a un vocabulaire des plus fleuris, à croire même qu’elle ne peut s’exprimer sans dire de jurons. Peu à peu, la vie des villageois s’en trouve bouleversée. Le pasteur attire du monde par ses sermons – si ses paroissiens savaient quel dilemme est le sien. Angela, qui a repris ses études, ne va pas fort. Même les soeurs Jessie et Nessie veulent quitter le village ! Hamish y voit l’influence empoisonné de Sean, qui est même comparé au démon qui hantait les contes écossais d’autrefois.

Et si le problème était autre ? Oui, bien sûr, en tant que lectrice extérieure à ce petit monde étouffant du village, je vois avant tout trois femmes qui se sentent très seules, trois femmes qui ne peuvent se confier à personne et qui ne se confient même pas, ou si peu, entre elles, comme si seul leur statut – femme de pasteur, femme de médecin, vieilles filles, membres honorables d’une association locale – comptait. Elles sont également prisonnières financièrement – faire compte commun est peut-être très bien, si ce n’est qu’elles ne peuvent disposer d’aucune somme d’argent sans que leur mari ne soit au courant. Il est des personnes qui trouvent cela merveilleux. Pour ma part, je trouve surtout que ce n’est pas pratique du tout !

De l’autre côté, nous trouvons Lucia, nouvellement arrivée dans le village. Elle travaille dans le restaurant de son oncle, et elle n’est autorisée à sortir avec un jeune homme qu’à des conditions d’une sévérité drastique, digne de ce que l’on attend d’une toute jeune adolescente, non d’une femme adulte. J’ajoute cependant qu’elle en joue également – arguer de la sévérité de son oncle est pratique pour repousser un prétendant trop entreprenant. Elle et ses mains rougies à force de frotter le sol, à force de nettoyer, sait ce qu’elle veut dans la vie, un homme qui ne l’épousera pas parce qu’elle sera une femme de ménage gratuite. Force est de constater que c’est ainsi que la plupart des hommes qu’elle rencontre considèrent les femmes ainsi et ne voient pas du tout où est le problème. En 2021, certains ne le voient toujours pas, et trouvent « normal » que la femme fasse tout. Lucia trouvera-t-elle la perle rare ? Elle congédie en tout cas sans soucis tous les autres.

Oui, l’enquête sera résolue – forcément. Mais, à y regarder de plus près, la vie dans le petit village n’est pas si paisible que cela. Hamish est sollicité très souvent pour des problèmes parfois très graves, comme lorsqu’il doit secourir Roderick, petit garçon en péril. Hamish découvre aussi que le monde a évolué, et qu’un cabaret transformiste peut ouvrir dans une ville, non loin, sans que les habitants en soient choqué. Ils lui font même plutôt bon accueil. Hamish évoque aussi les personnes qui vivent grâce à l’aide social, et qui sont plutôt bien acceptés, finalement – sauf à se faire remarquer par des dépenses disproportionnées.

Les enquêtes d’Hamish Macbeth sont avant tout le récit de ce qui peut se passer dans un petit village qui semble presque coupé du monde, en tout cas coupé de la modernité.

Meurtre avec (pré)méditation de Robert Thorogood

Présentation de l’éditeur :

À la tête d’un centre de remise en forme physique et spirituelle pour riches vacanciers à Sainte-Marie, l’une des îles les mieux préservées des Caraïbes, Aslan Kennedy mène une vie de rêve.
Enfin, avant d’être assassiné…
À peine ouverte, l’enquête semble déjà résolue : au moment de sa mort, Aslan était enfermé en compagnie de cinq personnes, et l’une d’elles vient de passer aux aveux. Mais l’inspecteur-chef Richard Poole, chargé de l’affaire, n’est pas dans son assiette, et ce n’est pas qu’à cause de la chaleur. Quelque chose le chiffonne.
Dans un cadre où tout le monde ne jure que par l’ésotérisme, il va devoir puiser dans ses ressources de logique cartésienne pour démasquer le véritable meurtrier.

Mon avis :

J’ai voulu commencer ce challenge avec un peu de douceur, ou du moins, un polar qui paraît moins rude qu’un thriller. Voici donc Meurtre avec (pré)méditation, un roman de Richard Thorogood qui met en scène les personnages qu’il a crée pour la série Meurtres au Paradis. Il a écrit quatre romans, deux d’entre eux sont actuellement traduits en français.

Un meurtre dans un lieu clos, cinq personnes, cinq suspects potentiels donc, mais non, tout va beaucoup plus vite en apparence puisque l’une des personnes présentes est retrouvée un couteau à la main et s’accuse d’avoir poignardé la victime. Pas de quoi en faire un livre, donc. Si ce n’est qu’elle n’avait aucun mobile, qu’elle n’a pas pu introduire l’arme du crime là où le crime a été commis et que l’occasion – il y avait tout de même quatre témoins potentiels – n’était pas forcément la plus propice. De plus, tout le monde aimait Aslan, qui avait énormément apporté à tous. Alors que s’est-il réellement passé ? C’est ce que Richard Pool, accompagné de Camille, Dwayne et Fidel sera amené à découvrir – ce n’est pas spoiler un roman policier que de dire que le coupable et ses motivations sont découverts à la fin, cela fait partie du pacte de lecture.

Richard Poole ne supporte pas grand chose, ni la chaleur, ni l’humidité, ni le sable. Il supporte encore moins les lenteurs dues aux manques de moyens. Se baser sur son intuition, très peu pour lui. Par contre, se baser sur les faits, oui – même si tous sauf lui ne voient pas le rapport de prime abord. Ne pas baisser les bras non plus, même quand l’univers dans lequel il évolue de prime abord est très éloigné du sien. Fréquenter un centre de remise en forme spirituelle, très peu pour lui. Exprimer ses émotions ? Encore moi, même si Camille et sa mère ne désespèrent pas qu’un jour, l’inspecteur-chef ne montre ce qu’il ressent, quoi qu’il ressente.

Pourtant, Richard Poole n’est pas insensible, lui qui mène parallèlement un autre combat : se débarrasser de son colocataire, qui ne paie même pas le loyer. Mais qui est cet horrible squatteur ? Harry, le lézard ! Non, il n’est pas près à tout parce que « Personne ne devrait avoir à mourir seul. Pas en extérieur. Pas même un lézard. » Rendre le lézard à son habitat naturel, qui n’a rien à voir avec le logis d’un inspecteur-chef sur la plage, oui.

Si j’ai parlé de légèreté, elle n’est qu’apparente. Au cours de son enquête, Poole croisera maintes personnes dont le destin a été brisé, et qui n’ont pas forcément pu s’en relever. Se repentir part d’une attention louable, mais à quoi cela sert-il si l’on ne peut réparer le mal que l’on a commis ? Les vrais crimes ne provoquent pas nécessairement des torrents de sang.

Meurtre avec  (pré)méditation est un roman très agréable à lire, qui m’a permis de me replonger dans l’ambiance de la série, tout en découvrant une enquête inédite.

 

Les détectives du Yorkshire, tome 6 : Rendez-vous avec la ruse de Julia Chapman

Présentation de l’éditeur :

La mort aime tromper son monde.
Enquêter sur un adultère ? Ce n’est pas vraiment le rêve de Samson et Delilah, les détectives de l’Agence de Recherche des Vallons. Seulement voilà, la demande vient de Nancy Taylor, une femme charmante à laquelle on ne peut rien refuser. L’infidèle, quant à lui, est le maire, mais aussi un respectable homme d’affaires et l’ex-beau-père de Delilah. Diable ! Le duo de détectives va devoir marcher sur des œufs…
Or Samson et Delilah découvrent qu’une affaire peut en cacher une autre. Et que ruses, fourberies ou tromperies sont bien plus présentes à Bruncliffe qu’ils ne le croyaient.

Mon avis :

Ce sixième tome aurait pu être reposant. Si, si. Après un cinquième tome qui avait failli voir nos deux détectives disparaître, tout aurait pu être plus simple ici. Sauf que… Samson veut protéger Delilah. Il décide donc de prendre ses distances avec elle, de ne surtout pas lui montrer ses sentiments, de ne surtout pas lui dire quels problèmes sont les siens. Bien sûr, c’est une idée complètement idiote ! Il faut vraiment avoir la tête dans le guidon de sa moto pour penser que c’est une bonne idée, pour penser que Delilah ne se posera aucune question et acceptera sans broncher de ne plus enquêter avec lui.

Et pourtant, Delilah aurait de quoi ne plus enquêter : son agence de rencontres croule sous les inscriptions, grâce à un article paru dans la presse locale et qui monter à quel point l’agence est une réussite ! Oui, Delilah est douée pour unir le plus immariable … des fermiers. Oui, l’ARS devient un amour est dans le pré et l’élevage de mouton sans les caméras de télévision.

Bref, tout irait presque bien dans le meilleur des mondes, n’était que Nathalie Taylor, ex belle-mère de Delilah (elle fut d’une discrétion exemplaire lors du divorce) et femme du maire demande à Samson d’enquêter parce qu’elle soupçonne son mari d’adultère. Ce n’est pas la plus folichonne des affaires, ce ne devrait pas être la plus dangereuse non plus. Les apparences sont souvent trompeuses. Et ce n’est pas les amis de la maison de retraite qui diront le contraire ! Eux aussi vont confier une enquête à Samson, et elle sera pleine de rebondissements !

J’anticipe, j’anticipe, comme si Samson et Delilah n’allaient pas en voir des vertes et des pas mûres au cours de cette enquête, frôlant le pire maintes fois. Si Samson cache à Delilah ses sentiments, il est des personnages, comme Bernard Taylor ou Rick Procter qui cachent des faits bien plus graves, bien plus dangereux. La campagne du Yorkshire peut dissimuler bien des secrets.

Ce sixième tome, écrit pendant le confinement, est vraiment excellent. J’ai hâte de lire la suite !

 

Son Espionne royale, tome 2 : Son Espionne royale et le mystère bavarois de Rhys Bowen

édition Robert Laffont – 368 pages.

Présentation de l’éditeur :

Sa deuxième mission royale : baby-sitter une princesse bavaroise.
Londres, 1932.
La reine a confié à Georgie une nouvelle mission délicate : elle doit héberger la princesse Hanneflore de Bavière et jouer les entremetteuses entre elle et le prince de Galles dans l’espoir que ce dernier se détourne enfin de son amante américaine.
Mais entre la propension d’Hanni à séduire tout ce qui porte une moustache, son langage de charretier et sa fâcheuse tendance au vol à l’étalage, Georgie a déjà fort à faire. Et comme si tout cela ne suffisait pas, la princesse bavaroise se retrouve mêlée à un meurtre… Pour éviter un scandale diplomatique, Georgie va devoir remettre sa casquette de détective amateur et se résoudre à démasquer le véritable coupable.

Mon avis :

Trouver des cadavres n’est pas un hobby comme les autres. Je ne suis même pas sûre que Georgiana voit cela comme un hobby. Il se trouve simplement qu’elle en trouve malencontreusement deux, au cours d’une mission qui n’aurait jamais dû la confronter à cela.
Retour en arrière : Georgiana gagne sa vie comme elle peut, son frère s’est acquitté de son mieux des droits de succession (énorme) et n’a pas totalement tenu les promesses faites à sa soeur. Quand je dis « comme elle peut », c’est qu’elle prépare les maisons avant l’arrivée des propriétaires, qui ne vont quand même pas débarquer dans une maison où tous les meubles sont encore recouverts d’une housse ! Ils ne vont pas non plus envoyer leurs domestiques en éclaireur. Comment vivre sans domestique plus d’une journée ? Comment se lever, s’habiller… ? La vie d’aristocrates, qui devaient veiller à toujours porter les bons vêtements, les bons bijoux selon les circonstances, était bien compliquée. Georgie, elle, a appris à faire sans, et se retrouve bien embarrassée face à la nouvelle mission que la reine Mary lui confie.
La reine est en effet une mère et une grand-mère comblée. Ses fils lui donnent entièrement satisfaction. Tous ses fils, sauf un : David, l’aîné. Pour ceux dont la grand-mère n’est pas née en 1910 et n’a pas raconté l’un des grands événements de l’entre-deux-guerre, à savoir l’abdication d’Edward VIII, je vous fais un rapide point historique : le prince de Galles n’était toujours pas marié, papillonnant de droite à gauche, avec une préférence pour les femmes plus âgées que lui. Epris d’une américaine (pas une lady donc), qui divorça une deuxième fois après avoir rencontré le prince de Galles, il abdiqua pour l’épouser. L’action se passe en 1932, et même si David fréquente Mrs Simpson, la reine ne désespère pas de le voir éprouver un coup de foudre pour une jeune et jolie princesse. Et pourquoi pas Maria Theresa Hannelore de Bavière ?
Voici donc Georgiana qui se coltine la blondinette aux nattes impeccables et aux yeux bleus innocents. Elle est tout de même étrange, cette princesse, tout juste sortie du couvent, qui adorait les films de gangsters, et maitrise relativement bien de nombreux termes d’argots. Elle est bien sûr flanquée d’une duègne, une comtesse chargée de veiller sur elle et de s’assurer qu’elle retrouve en Angleterre tout le confort auquel une princesse allemande et sa duègne ont droit – surtout sa duègne, devrai-je dire, même si c’est un terme espagnol.
Malheureusement, tout ne se passe pas comme prévu. Que le prince de Galles ne s’intéresse pas à elle, c’est logique. Qu’elle et Georgiana aient le don de trouver des cadavres, c’est non seulement étonnant, mais aussi étrange. La police, en tout cas, mène l’enquête – Georgiana aussi. Ce que nous allons découvrir était-il prévisible ? Cela dépend de la volonté de chaque lecteur d’essayer ou non de percer le mystère en même temps que les enquêteurs. Je me dis que, tout de même, certains personnages sont bien naïfs, alors que d’autres n’hésitent pas à s’engager dans la lutte, avec plus ou moins de bonheur, de réussite.
Ce ne fut pas un roman désagréable à lire, loin de là, mais il est resté pour moi un divertissement, une lecture reposante, une lecture, enfin, qui manque d’originalité. Pour moi, son intrigue ressemble à d’autres, que j’ai déjà lu, ces personnages ne sont pas aussi originaux, aussi fortement caractérisés et reconnaissables que d’autres personnages peuvent l’être. Alors ce tome 2 (le 1 est dans ma PAL) est sympathique, je ne poursuivrai cependant pas cette série tout de suite.

Jolies filles de Robert Bryndza

édition Belfond – 392 pages

Présentation de l’éditeur :

Le corps d’une ravissante jeune femme vient d’être découvert, à demi-nu et lacéré de blessures mortelles, dans une benne à ordures de la banlieue londonienne. Arrivée sur place avec son amant et ex-coéquipier, l’agent Peterson, l’inspectrice Erika Foster est sous le coup d’une double émotion : la révolte face à cette épouvantable scène de crime et la frustration. Car officiant désormais à la brigade des stup, elle n’est pas censée s’occuper de cette affaire… Mais impossible pour la flic de rester sur la touche.

Mon avis :

Le premier atout de cette série ? Le personnage d’Erika Foster, une enquêtrice tout sauf simple, une enquêtrice dotée de mémoire, ce qui n’est pas forcément le cas de tous les personnages de policier. Oui, Erika n’oublie pas, elle n’oublie pas la mort de son mari et de trois de ses hommes alors qu’ils étaient sous son commandement, elle n’oublie pas les promotions qu’elle n’a pas obtenu. Se remettre en cause ? Oui, parfois. Erika n’est pas parfaite, elle connait sa valeur d’enquêtrice et entend bien la mettre en avant pour obtenir ce qu’elle veut, et ce qu’elle veut, ce n’est certainement pas rester dans un placard pour rédiger des rapports et autres enquêtes statistiques, ce qu’elle veut, c’est enquêter sur des meurtres, et plus particulièrement sur ce qu’elle pressent être une nouvelle affaire de tueur en série. Que fera-t-elle pour parvenir à ses fins ? Ravaler son orgueil, et demander l’accord de celui qui est tout de même son ennemi juré au sein de la police – ou peu s’en faut qu’il n’emporte ce titre. Ce qu’Erika oublie ? A force de se comporter un peu comme un bulldozer, elle qui a dû se construire seule, en Angleterre, loin de son pays et de sa famille, c’est que ses interlocuteurs, ses collègues ont des sensibilités, des susceptibilités, et une vie personnelle. Ou comment se rendre compte que, mis à part son cercle de très proches, Erika ne connaît quasiment personne et peine à s’ouvrir à d’autres. Il ne s’agit pas de faire son deuil, il s’agit de s’ouvrir à la vie.
Il s’agit aussi de mener une enquête, de sauver celles qui peuvent encore l’être : arrêter un tueur en série, c’est aussi l’empêcher de faire de futures victimes. C’est aussi faire avec le peu d’indices que l’on a, avec les témoignages, pas très nombreux non plus. C’est constater que certaines victimes ne laissent rien derrière elles, parce qu’elles ont été seules toute leur vie. C’est faire, aussi, avec les clichés sexistes, qui continuent à avoir la belle vie. Une jeune femme veut forcément séduire, elle ne pense qu’à faire la fête. Une femme ne peut pas aimer une autre femme. Une femme doit accepter de sortir avec un homme s’il est « bien », s’il est « gentil » – ou, vous l’aurez compris, s’il se juge tel. Un homme doit avoir un vrai travail, c’est à dire un travail de force, physique. Il peut se permettre d’être un peu violent avec les femmes, ou avec les hommes qui ne sont pas aussi virils que lui.
La police doit aussi faire avec cette nouvelle composante, les réseaux sociaux. Peu importe ce que dira la police, une vidéo postée et commentée un millier de fois aura plus de poids. De même, les gens partagent indéfiniment sur les réseaux sociaux, sans se soucier de ce que partager signifie réellement, et des dangers qui peuvent survenir. Internet devient alors un outil de recherches comme les autres pour les enquêteurs et les criminels.
Si j’ai un peu moins aimé ce livre que le précédent, je dois dire cependant dire que certains chapitres sont particulièrement prenants. Il en est qui sont drôles aussi (mention spéciale pour une charmante chatonne blanche).

Je terminerai par quelques citations :
« Peu importe depuis combien de temps tu aimes quelqu’un. Ça ne veut pas dire qu’il te manquera moins s’il disparaît. « 
« J’autopsie des gens tous les jours, et il y en a tellement qui avaient toute la vie devant eux. Je suis sûr qu’au moment de mourir ils ont regretté de ne pas avoir fait les choses autrement, de ne pas avoir été plus ouverts, de ne pas avoir aimé davantage au lieu de se stresser en permanence. Va voir James. Demain, ça pourrait être toi sur une de ces tables. »

Hors-piste d’Allie Reynolds

édition Calmann-Lévy – 464 pages

Présentation de l’éditeur :

Six snowboardeurs. Amis (et rivaux).
Parmi eux, un disparu. Parmi eux, un assassin ?

Bienvenue dans les Alpes pour un week-end de retrouvailles. Dans un refuge de haute montagne, très isolé. Où on a vite fait de glisser dans une crevasse. (Ou de s’y faire pousser.) Mais qui a donc organisé cette escapade diabolique ?
Et surtout, qui a bien pu faire disparaître Saskia dix ans plus tôt ?

Merci aux éditions Calmann-Levy et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Hors-piste est un thriller prenant, le genre de roman qui, quand on le commence, vous donne fermement envie de le poursuivre et de le terminer, en dépit de son épaisseur.
La narratrice, c’est Milla. Elle est une ancienne championne de snowboard. Elle, comme ses amis, a vu sa carrière s’arrêter net dix ans plus tôt – ou, dans son cas, elle a choisi de tout plaquer. Dix ans plus tard, elle reçoit une invitation pour retrouver les quatre autres snowboardeurs dans la station de ski où ils se sont séparés. Elle espère certes savoir ce qui s’est réellement passé à l’époque, mais surtout, elle veut renouer avec eux, leur dire ce qu’elle n’a pas dit – surtout à Curtis.
Curtis, Dale, Brent, Heather. Et Saskia, soeur de Curtis, grande rivale de Milla (Heather ne pratiquait pas le snowboard en compétition). Elle a disparu dix ans plus tôt, elle vient d’être déclarée morte à la suite d’un combat juridique de la part de sa famille. Oui, cela peut sembler dur, douloureux, délicat. Depuis dix ans, cependant, elle n’a pas donné signe de vie, elle a manqué la compétition pour laquelle elle était qualifiée; Même si Saskia était particulière, et ce n’est rien de le dire, elle n’aurait jamais laissé ses proches dans l’ignorance pendant dix ans. La dernière fois qu’elle a été vue ? Sur la montagne, en train de s’entrainer. Depuis, plus rien.
Pourquoi cette réunion dix ans plus tard, et surtout, qui les a réunis ? Il apparaît en effet très vite que l’organisateur/trice n’est pas celui/celle que l’on pensait, et que ses motivations sont bien étranges. Saskia ? Mais pourquoi avoir attendu dix ans ?
Très vite, les faits étranges se multiplient, dans ce refuge coupé du monde, sans aucun membre du personnel, et même, parfois, sans eau et sans électricité – non, les cinq participants n’avaient pas l’intention de passer un week-end en mode survie, et pourtant, très vite, c’est ce qu’ils devront faire, survivre.
Comment en sont-ils arrivés là ? Un chapitre sur deux nous renvoie dix ans plus tôt, nous fait rencontrer celle qui est le personnage principal de ce récit, celle qui est partout : Saskia. Celle à qui jamais personne n’a posé de limites, celle qui ne s’est jamais posée de limite non plus. Princesse chérie du snowboard, pour qui tous les coups étaient permis, elle trouva en Milla une adversaire à sa mesure. Le jeu avait commencé, et personne n’a vraiment su l’arrêter.
Alors… Saskia aurait-elle été victime d’un accident, ou bien quelqu’un l’a un peu aidé ? Que savent exactement Brent, Dale, Heather, Curtis, que ses années ont éloignées de leurs rêves, de leurs espoirs, de leur vie confortable aussi – plus de compétition gagnée, plus de sponsor. Le retour à la réalité ne fut pas simple, les blessures ne se contentent pas de vous éloigner de la compétition, elle laisse des traces à vie dans les corps. De même, ce n’est pas parce que l’on a quitté la compétition que l’on a abandonné l’état d’esprit qui était le sien à l’époque. Pour le pire ou pour le meilleur.
Hors-piste, un livre qui devrait plaire aux amateurs de thriller, comme moi, même s’ils sont allergiques aux sports d’hiver et à la neige.

A la mémoire des morts d’Anne Perry

Présentation de l’éditeur :

Depuis quatre ans, la Grande Guerre ravage l’Europe. Quatre longues années pendant lesquelles la famille Reavley a payé un lourd tribut à la barbarie. Engagés au front, ou œuvrant à l’arrière dans l’ombre des services secrets, Joseph, Hannah, Judith, et Matthew ont tous la même obsession : retrouver l’insaisissable Pacificateur, machiavélique auteur d’un complot international et commanditaire du meurtre de leurs parents.
Lorsqu’un de ses collaborateurs en Allemagne décide de se rendre, ils croient toucher enfin au but. Réunis à Ypres où les combats font rage, alors que l’heure de l’armistice approche, les Reavley doivent convoyer le précieux émissaire, blessé, jusqu’à Londres, mais un meurtre atroce est commis, remettant tous leurs projets en question. Sous les obus, la famille Reavley serre les rangs avec l’espoir de voir la fin d’un cauchemar qui les a marqués à jamais. Mais nul n’en sortira indemne…

Mon avis :

Je voulais quitter l’année 2020 en terminant cette série, ce que je fais « à l’arrachée ».
Je reconnais que, pour le cinquième et dernier tome de la saga des frères Reavley, le titre est particulièrement bien choisi. Les morts sont là, et bien là, témoins de quatre années d’effroyables boucheries, d’effroyables gâchis.

– Qui est mort ? demanda Mason, fébrile.
– La moitié de l’Europe, répliqua le caporal.

Mason, le valeureux correspondant de guerre, a choisi d’aider Joseph et Matthew Reavley à démasquer le Pacificateur. Et « aider » n’est pas un mot vide de sens. Jamais au cours des cinq tomes qui ont constitué la série, je n’aurai lu autant de fureurs, autant de blessures, autant de violences, autant de colères exacerbées. Même si l’Angleterre gagne la guerre, e qu’elle a perdu est immense, pas seulement en termes de vies humaines, mais aussi en termes de valeur. Pourquoi s’est-on battu ? Quelles valeurs a-t-on défendues ? Quelles valeurs a-t-on su préserver ? Et, aussi, certains sont-ils prêts à accepter l’évolution de la société ? La réponse est dans la question.
Matthew, pour la première fois, se retrouve véritablement au front. Pour la première fois, il voit son frère non plus comme son frère, mais comme le pasteur qui a passé quatre ans dans les tranchées, entre les mutilés, les blessés, les morts. Et, pour la première fois aussi, il devra compter personnellement sur les talents d’enquêteur de son frère – et de sa soeur. Tous les trois paieront abondamment de leur personne alors que beaucoup, autour d’eux, semblent avoir perdu le sens de la mesure. Et si Joseph, Judith, ne peuvent mettre en doute la loyauté, le courage de ceux qu’ils côtoient depuis quatre ans (et qui ont réussi à survivre), force est de constater que le meurtre, atroce, qui a été commis, a bien été commis par un de ceux qui défie la mort quotidiennement.
La quatrième de couverture l’annonce : ils n’en sortiront pas indemnes. Jamais le lecteur n’aurait pu imaginer ce qu’ils traverseraient. Et l’ultime page conclut la saga sans un mot de trop.

Un Noël près de la Tamise d’Anne Perry

édition 10/18 – 160 pages

Présentation de l’éditeur :

Un orphelin enquête sur le kidnapping d’une jeune femme et découvre que sa disparition cache plus qu’il n’y paraît : sous la plume enneigée d’Anne Perry, les rues pavées et les petits salons du vieux Londres bruissent toujours de complots.

Worm, un gamin des rues âgé de neuf ans, vit sur les rives de la Tamise et il n’a jamais passé un Noël en famille. Mais grâce à un petit boulot dans la clinique d’Hester Monk à Portpool Lane, la douce Miss Claudine Burroughs et Squeaky Robinson, un vieux comptable bougon, deviennent sa famille adoptive.

Mon avis :

J’ai trois tomes de retard pour les histoires de Noël signée Anne Perry. Tant pis :j’ai lu celle de cette année, qui nous entraîne dans l’univers de Monk, l’enquêteur d’Ane Perry que je connais le moins.

Comme souvent, dans les intrigues de Noël, ce n’est pas l’intrigue policière proprement dite qui est intéressante, mais les personnages que nous croisons. Nous avons ici Squeaky, que je serai bien en peine de présenter dans une enquête traditionnelle de Monk, et Worm, jeune orphelin qui vit dans un foyer pour femmes à Londres. Je considère d’ailleurs que, dans ce récit, Londres est un personnage à part entière, tout comme peuvent l’être les bords de la Tamise, où se vivent des vies que la plupart des londoniens ignorent.

Worm, lui qui a dû survivre dans la rue, voit tout, observe tout, notamment quand il voit une belle jeune femme innocente brutalisée par deux hommes. Il a neuf ans, et ne se pose pas la question de savoir pourquoi elle accepte malgré tout de les suivre. Pourquoi accepter cette violence ? Il faudra le regard de Squeaky, revenu de tout, qui a tout vu aussi, tout cotoyé, pour donner un autre point de vue sur ce qui se passe. Il est question de violence, d’or, de meurtres et de vengeance. Mais il est surtout question de Noël, de l’esprit de Noël, qui n’en a que faire (encore heureux) que certains se tapent dessus à cause de ce qu’ils ont fait. Oui, c’est Noël, et c’est toujours mieux de le voir à travers les yeux de Worm, ce gamin des rues qui s’est trouvé une famille et qui entend bien protéger les autres, même celle qui n’a pas compris à quel point elle prenait des risques, à quel point elle avait, peut-être, idéalisé son passé. Et si vous voulez un personnage pas idéaliste mais courageux, n’oubliez pas Squeaky.