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Agatha Raisin – tome 22 : Du lard ou du cochon de M.C. Beaton

édition Albin Michel – 324 pages
Présentation de l’éditeur :
Noël a été décevant dans les Cotswold, fief d’Agatha Raisin. Pour réchauffer les coeurs et les estomacs, le petit village de Winter Parva propose une fête avec costumes, danseurs folkloriques et cochon de lait rôti.
Amatrice de barbecue, Agatha Raisin se jette sur l’occasion. Le tournebroche qui grésille a de quoi ravir les foules par cette journée brumeuse ! Mais lorsqu’on découvre que la bête n’est autre que le policier Gary Beech, assassiné et embroché, la fête tourne au cauchemar. Et celui-ci ne fait que commencer…. Car quelques jours plus tard, Amy, l’ex-femme de Gary, est retrouvée morte elle aussi. Cochon qui s’en dédit : Agatha se jure d’arrêter cette boucherie. Et de devenir vegan !
Mon avis :
Je continue, toujours, à lire les enquêtes d’Agatha Raisin. A mes yeux, les dernières enquêtes ont une forte tendance à suivre les mêmes schémas, et celle-ci ne fait pas exception : un gêneur, unanimement détesté, trouve une mort prématurée. La manière dont son cadavre a été dissimulée manque de vraisemblance, et ce ne sera que la première d’une liste, pas très longue, certes, mais bien réelle.
Agatha paie le prix de ce qu’elle a fait dans une enquête précédente. Se mêler de la vie privée de Toni n’était pas ce qu’elle a fait de mieux, mais elle ne pouvait pas prévoir ce que ferait Simon – par contre, elle aurait pu se douter que Toni ne prendrait pas très bien les choses. Ah, Toni et Simon, un couple digne de James et Agatha, si ce n’est que Toni, en dépit de quelques errances, sait ce qu’elle veut, et ne veut pas de l’homme qui partagera sa vie. Il faut dire qu’elle en verra des vertes et des pas mûres, Toni, dans ce livre, et que Simon est le roi des indécis – avec une bonne pincée d’invraisemblance, là aussi, dans son parcours.
L’enquête mènera Agatha très loin – et je me dis qu’elle parvient à se déplacer aussi facilement qu’à se retrouver dans des positions compliquées – Agatha et les siens passent leur temps à tenter d’échapper à la mort.
Si vous aimez Agatha, si vous aimez la suivre dans des péripéties multiples et variées, ce livre vous plaira, même si ce n’est pas sa meilleure enquête.

Bad penny blues de Cathi Unsworth

Présentation de l’éditeur :

A l’aube des « swinging sixties », l’avenir semble sourire à Stella et Tobie, deux étudiants londoniens. Mais Stella voit en rêve des femmes sur le point de mourir l’appeler à l’aide, et ces femmes ressemblent aux véritables victimes d’un tueur que traque Pete Bradley, jeune flic idéaliste et ambitieux. Fondé sur une affaire réelle jamais élucidée, Bad Penny Blues mêle réalité et fantasmes pour recréer de manière remarquable l’Angleterre des années soixante.

Mon avis :

J’ai lu le livre plus rapidement que je ne l’aurai pensé : en quarante-huit heures, il était terminé. La lecture a été plus facile, plus fluide que je ne le pensais. J’en suis à analyser la technique narrative utilisée par l’auteur et là, franchement, ce n’est pas bon signe : quand un roman m’emporte, je ne songe pas à l’analyser finement. Là, je me lance dans une froide dissertation.

Peut-être aurai-je dû lire ce roman en musique ? A chaque chapitre correspond une chanson, et si certaines me sont connues, j’ignore la majorité d’entre elles. Elles recréent l’ambiance du Londres de ces années-là, même si, à mes yeux, l’enquête s’étant bien au-delà de Londres, ne serait-ce que par les origines de certains protagonistes. J’ai aimé, beaucoup, le personnage de Jenny, j’ai apprécié chacun des chapitres, trop rares à mon goût, où elle était présente. Rarement un personnage aura été rendu avec autant de vie, en dépit de ce que l’on découvre sur elle aux deux tiers du récit. Oui, l’on peut avoir énormément souffert, et répandre la lumière autour de soi, en une générosité totalement dépourvue d’arrière-pensée, et c’est sans doute pour cette raison qu’elle devient amie avec Stella, l’héroïne de la moitié du roman, elle aussi incapable de bassesse – mais capable d’entrer dans une colère noire quand elle en est soupçonnée.

Stella. Elle est la narratrice d’un chapitre sur deux. Elle est toute jeune, elle vient de se marier avec Tobie, un artiste prometteur. Elle pense être ouverte d’esprit et pourtant, il est tant de choses qu’elle ne voit pas. paradoxe : elle fait des cauchemars, et ceux-ci lui montrent des crimes bien réels qui ont eu lieu à Londres. Elle ne peut rien faire pour les changer, elle ne peut rien empêcher. Elle ne peut pas se confier à son mari – c’est son secret, qu’elle partage avec sa mère, sa grand-mère, qui elles aussi avaient des visions. Elle finit cependant par se confier à une femme qui elle aussi a ce genre de dispositions. Cependant, j’ai trouvé ces rêves un peu frustrants. Le lecteur sait, voit, entend tout, si ce n’est l’identité du coupable. Il voit les lâches, ceux qui ont laissé faire, ce qui ont vendu. Les victimes étaient des prostituées. Cela n’empêche pas la police d’enquêter, croit-elle. Sauf que ces pages nous montrent aussi une police corrompue, une police capable des pires violences, des pires bavures sans jamais être inquiétées, parce qu’elle a telle ou telle personne dans son collimateur. Pour faire bonne mesure, elle est aussi raciste, et homophobe – rappelons qu’à l’époque, l’homosexualité était passible d’une peine de prison en Angleterre. Rares les policiers qui osent se battre pour la justice, et ceux qui le font doivent véritablement faire preuve de courage et de lucidité – pas toujours facile.

J’ai eu l’impression de naviguer entre deux milieux. D’un côté, le milieu artistique nous est montré avec ceux qui essaient de créer le plus honnêtement du monde, de l’autre il y a ceux, nombreux, qui pensent uniquement à l’argent, et n’hésitent pas à emprunter les inspirations des autres, quitte à les rendre plus lisses, plus commerciales. Tous les artistes ou presque semblent homosexuels – seule Stella ne s’en aperçoit pas, aussi Jackie, son amie, lui met les points sur les i : deux hommes qui vivent ensemble ne sont pas nécessairement des colocataires. Le second milieu est celui de la prostitution féminine, avec ses femmes sous la domination de leur maquereau ou de leurs maquerelle, ses femmes qui sont prêtes à tout, qui sont revenues de tout aussi, et n’ont quasiment pas d’espoir sur l’avenir. A vrai dire, il est rare que l’une d’entre elles imagine un avenir, comme si c’était totalement impossible.

Bad penny blues nous rappelle des faits, des modes de vie que l’on a oublié. Il nous rappelle aussi que les années 2010-2020 n’ont pas inventé les manifestations de protestations. Il m’a donné aussi envie d’aller voir l’affaire dont l’autrice s’est inspirée pour écrire son roman – Jack the Stripper, une allusion pour les journalistes de l’époque au célèbre Jack the Ripper. L’affaire non plus n’a pas été élucidée.

Lisson grove d’Anne Perry

Présentation de l’éditeur :

Un vent révolutionnaire souffle sur Londres : certains groupes d’anarchistes semblent déterminés à faire trembler la Couronne, et ce malgré la vigilance de Thomas Pitt et celle de son supérieur à la Special Branch, Victor Narraway.
À Londres, Victor Narraway, victime d’un piège, est démis de ses fonctions.
N’écoutant que son courage, Charlotte décide de lui venir en aide et de l’accompagner à Dublin, où les rancunes contre les Anglais et le chef de la Special Branch en particulier sont extrêmement vivaces. de salles de théâtre en salons de thé, Charlotte va découvrir que la bonne société irlandaise de cette fin de XIXe siècle n’a rien à envier à l’Angleterre en matière de mensonges et de faux-semblants…

Mon avis :

A Londres, rien ne va ou presque. Thomas Pitt doit recevoir des informations importantes de la part d’un indicateur, au sujet d’un attentat anarchiste. Et là, c’est l’accident : leur informateur est assassiné. La poursuite de son assassin mèneront Pitt et Grover, son adjoint, jusqu’en France, à Saint-Malo pour être précise.
Et là, plus rien si j’ose dire, plus rien pendant un certain temps du côté de la petite Bretagne : nous retournons en Grande-Bretagne où Victor Narraway informe Charlotte de ce qui est arrivé à Thomas. Puis, tout s’accélère : Victor est mis à pied, il lui est interdit de retourner à la Special Branch, il est soupçonné ni plus ni moins d’être un traitre. Comme par hasard, l’un des seuls homme en qui il a confiance est loin. Pire : Thomas est privé de l’appui de Narraway,et ne sait absolument pas ce qui s’est passé en Angleterre. Oui, cela sent le pièce à plein nez. Qui a intérêt à neutraliser Narraway, et pourquoi ?
La première piste est à chercher dans le passé de Victor, passé qui, ont s’en doute, est particulièrement chargé, et pas toujours racontable pour cause de secrets d’état. Elle le mène, lui et Charlotte, en Irlande, nation qui réclamait à corps et à cri son indépendance, et qui était prêt à tout pour l’obtenir, y compris la violence. Non, Victor ne regrette pas ce qu’il a fait vingt ans plus tôt. Personne n’a oublié cependant, et tous lui en veulent encore, simplement certains ne le montrent pas ouvertement. Qui avait raison, qui avait tort à l’époque ? Le vrai coupable a-t-il été arrêté et condamné, ou certains faits auraient-ils été passé sous silence ? La logique de Victor a été celle d’un agent anglais qui voulait éviter le plus de morts possibles, et s’il a manipulé, il n’a pas été le seul à utiliser cette technique : ne regrette de l’avoir fait que ceux qui n’ont pas obtenu ce qu’ils voulaient. Pour ma part, j’affiche des regrets pour ceux que l’on nomme les « dommages collatéraux », à savoir les enfants, qui n’ont rien demandé et subissent quand même. Charlotte, elle, a pris soin avant de quitter Londres de confier ses enfants à des personnes en qui elle a confiance, ou dont une autre (la regrettée Gracie, désormais mariée) se porte garant. Tous les parents n’ont pas pensé à ce qu’il adviendrait de leur enfant s’ils décédaient, ce qui est possible quand on tente une action violente.
Et l’on finit par retrouver Thomas qui tourne en rond sur les ramparts de Saint-Malo. Il se questionne beaucoup. Il se questionne tellement qu’il a soudain une illumination, qui l’amène à rentrer en Angleterre, provoquant le chaos, découvrant la catastrophe : ce qui se passe en Angleterre, les causes du complot contre Narraway, sont bien plus complexes, les conséquences, plus graves.
Je pourrai terminer en vous disant que c’est un très bon roman historique. Je vous dirai plutôt que cela faisait bien longtemps que je n’avais lu un roman de la série Thomas et Charlotte Pitt.

 

Rendez-vous avec le mal de Julia Chapman

Edition Robert Laffont – 392 pages

Présentation de l’éditeur :

Quand Mme Shepherd se rend à l’Agence de recherche des Vallons, convaincue que quelqu’un cherche à la tuer, Samson O’Brien, détective privé, met cela sur le compte des divagations d’une vieille dame un peu sénile. Pourtant, après une série de curieux incidents à la maison de retraite de Fellside Court, il en vient à se demander si, finalement, il n’aurait pas dû la prendre plus au sérieux…
Alors que les fêtes de Noël approchent, Samson se lance dans une enquête complexe, qui lui demandera de renouer avec les habitants de Bruntcliffe – les mêmes qu’il a fuis une dizaine d’années auparavant. Et qui mieux que la tempétueuse Delilah Metcalfe, propriétaire de l’Agence de rencontre des Vallons, peut l’aider à regagner leur confiance ? Ensemble, Samson et Delilah vont devoir coopérer pour déjouer les menaces qui planent sur les personnes âgées de la région. Avant qu’il ne soit trop tard…

Mon avis :

Voici  le tome 2 des aventures de Samson et Delilah, second tome que j’ai mis fort longtemps à sortir de ma PAL. Grâce au RAT organisé par Syl, c’est désormais chose faite. Le moins que je puisse dire est que l’agence de détective ne croule pas sous les missions extraordinaires. D’u côté, Alice Sheperd affirme à Samson que l’on veut l’assassiner. Lui n’y croit pas trop : Alice Sheperd perd un peu la tête, la preuve, elle croit prendre régulièrement son traitement contre l’hypertension, alors qu’elle oublie de le faire : les cachets restent dans son pilulier personnalisé. Samson ne donne donc pas vraiment suite. De l’autre côté, il doit retrouver un bélier de compétition fugueur – tout le monde à Bruntcliffe connaît ce bélier, il est quasiment l’unique sujet de conversation de Clive, son propriétaire (le second sujet est ses moutons). Samson comprend très vite, même aidé par Delilah qui connaît bien les moutons et la région que c’est mission impossible : les vols de moutons sont fréquents, et Ralph est sans doute déjà abattu.

Tout aurait pu s’arrêter là, dans ce village paisible, si ce n’est qu’Alice Sheperd décède, et que Samson se dit qu’il aurait dû davantage l’écouter. Son enquête commence alors réellement, et il découvre tous les habitants de cette maison de retraite moderne – les habitants possèdent leur appartement, plus ou moins grands, ils participent fréquemment, pour ne pas dire quotidiennement, à des activités variées. Ils attendent même l’arrivée du père Noël ! Je vous laisse deviner qui devra enfiler le costume.

Après la mort d’Alice, d’autres incidents ont lieu. Oh, ils sont tous explicables, les personnes qui vivent à Fellside Court sont toutes âgées, soignées pour des pathologies variées. Il peut donc sembler banal que l’un des résidents fasse un malaise malgré son respirateur, qu’une autre glisse dans les escaliers – même si elle n’aurait pas dû se trouver dans les escaliers à cette heure-là. Alors, bien sûr, tout un faisceau de petits faits entraînent des doutes, mais aussi la peur de sombrer dans la paranoïa qui gagne certains pensionnaires : il n’est pas facile de voir trois proches touchés en un laps de temps si court. Puis, certains pensionnaires n’apprécient guère la directrice : trop sèche, trop dur, trop étrangère. Racistes ? Non, pas vraiment, pensez-vous : il est simplement des personnes qui se disent que le poste aurait pu revenir à un(e) anglais(e).

Ne pas se fier aux apparences – toujours, ai-je envie de dire, parce que les apparences sont trompeuses, et il est facile de s’abandonner à ses préjugés. Il est facile aussi de ne pas voir ce qui est juste sous notre nez.

Et le bélier, me direz-vous ? Sa recherche permettra à Samson de presque s’entendre avec le frère aîné de Delilah. En revanche, Samson peut toujours compter sur son fan le plus inconditionnel : le baveux et stressé Calimero, sur lequel, à la fin de cet opus, plane une menace bien réelle.

L’homme aux murmures d’Alex North

Présentation de l’éditeur :

Si tu laisses la porte entrebâillée, les murmures viendront se glisser…
Un écrivain veuf, Tom, et son fils de 8 ans, Jake, emménagent dans une nouvelle ville.
Featherbank. Si charmante et calme en apparence.
Où vingt ans plus tôt, un serial killer a été arrêté après avoir tué plusieurs enfants.
On l’appelait l’Homme aux murmures.
Des murmures que Jake a entendus. A la porte de sa maison.
Et si tout recommençait ?

Merci à Bepolar et aux éditions du Seuil pour ce partenariat.

Mon avis :

Bienvenue à Fetherbank. Une ville très calme. C’est là que Tom a décidé de poursuivre sa vie, avec son fils Jake. Tom est écrivain, comme nous le prouve les premières pages du roman pendant lesquels il s’adresse à son fils. Tom fait de son mieux, il se sent dépassé par la mort brutale de sa femme. Il a l’impression de ne pas comprendre son fils, de ne pas faire assez pour lui, se demandant sans arrêt ce que Rebecca, sa femme, aurait fait à sa place. Oui, l’ombre de Rebecca plane sur Tom, sur Jake, elle est beaucoup plus sympathique que l’héroïne de Daphné du Maurier. Rebecca était tout amour pour son mari, pour son fils, et elle l’est encore, par-delà son décès.
Sans le savoir, ils arrivent tous les deux au mauvais endroit, au mauvais moment. Ils ne peuvent se douter qu’un enfant de l’âge de Jake a été retrouvé mort, deux mois après sa disparition, et que l’enquête piétine. Personne n’en parle – sauf quelques enfants à l’école. Personne ne parle non plus de la mort violente de l’ancien locataire de la maison achetée par Tom, maison choisie sur photo par son fils Jake. Encore un secret bien gardé.
Puis, les phénomènes paranormaux débutent. Il est le propre de la littérature fantastique (je pense notamment au Tour d’écrou d’Henry James) d’avoir au coeur de son intrigue un enfant particulièrement sensible qui perçoive des entités que les adultes, bien plus rationnels, ne soupçonnent pas, ou plus. Tom était aussi sensible que son fils à son âge, et, d’ailleurs, sa propre perception de certains faits, son écriture, prouve qu’il n’a pas temps perdu que cela. A lui de s’abandonner, d’oublier les conventions, si j’ose dire. Fréquents dans la littérature fantastique, oui, nettement moins dans la littérature policière. Et pourtant : il est, dans le roman policier aussi, des victimes qui ne trouvent pas l’apaisement, et elles se trouvent ainsi, si j’ose dire, matérialisées. Les victimes sont souvent les grandes oubliées, au profit des criminels.
Oui, ce roman nous emporte, finalement, sur plusieurs temporalités, l’affaire en cours renvoie à une affaire jugée, classée, qui a eu lieu vingt ans plus tôt et qui a laissé des traces : cinq jeunes garçons ont été assassinés, quatre corps ont été retrouvés. Le policier en charge de l’enquête à l’époque, Pete Willis, continue de rendre visite au tueur – parce qu’il n’a jamais dit ce qu’il avait fait du cinquième corps. Dire que le policier, qui se trouve de plus vivre non loin du lieu où le nouveau meurtre a eu lieu, reste très marqué par ce qui s’est passé est peu dire. La discipline que Pete s’impose est liée à sa volonté de ne pas sombrer. Est-ce facile, quand l’on voit que Carter, le tueur, fascine, qu’il existe un véritable business autour des criminels, que des femmes sont presque prêtes à se jeter à leurs pieds. Même s’il est enfermé, un tueur parvient encore à nuire – alors que peu, finalement, parlent au nom des victimes. Et pourtant, nous les voyions, dans ce livre, les victimes, nous les découvrons, nous passons beaucoup de temps avec l’une d’entre elles, qui sait bien, se doute bien que tout est prétexte pour, finalement, en finir avec elle. Les tueurs, celui du passé, celui du présent, ne sont jamais idéalisés, excusés. Avoir une enfance difficile n’est pas rare. S’en détacher est indispensable pour grandir. S’en sortir est possible, avec plus ou moins de séquelles, avec de grandes difficultés à bâtir des liens avec les autres. A construire sa propre famille aussi, sa vie d’adulte (sa carrière est trop réducteur).
Avant de terminer ma chronique, je me rends compte qu’en parlant de transmission, je n’ai pas parlé de ces comptines typiquement anglaise, qui rythmaient déjà les romans d’Agatha Christie. Il en est une ici aussi, plus inquiétante qu’apaisante, parce que sa transmission se fait en secret, furtivement, comme un moyen de ne pas oublier le danger qui rôde.
L’espoir est-il possible ? Pas toujours. Il faut beaucoup de force pour le conserver.

Agatha Raisin – tome 20 : Voici venir la mariée de MC Beaton

Mon avis :

Vingtième aventure d’Agatha Raisin, et franchement, il m’a fallu beaucoup d’indulgence pour aller au bout de ce récit. Indulgence, parce que j’ai eu l’impression de lire une énième variation sur le couple Agatha/James, et parce que les péripéties ne servent qu’à faire durer une intrigue qui aurait pu se terminer depuis une bonne centaine de pages.

James va se marier, avec une toute jeune femme nommée Felicity. Hélas pour lui, il n’a plus trop envie de se marier, ce sont des choses qui arrivent, mais il y est obligé par sa belle-famille. Agatha plaisante, lui suggérant un moyen de retrouver sa liberté. pas de chance : un strip serveur l’a entendu. Pas de chance pour la fiancée : elle est bel et bien assassinée avant le mariage. Faut-il vraiment que je vous explique qui sont les principaux suspects ?

L’enquête commence, et Agatha se retrouve, comme souvent, embauchée par la mère de la fiancée pour retrouver le coupable. Autant vous le dire, les faits peu réalistes commencent, et je me suis même demandée si l’auteure s’était bien relue, puisqu’elle donne un fait et son contraire deux pages plus loin. Heureusement, c’est fait exprès : Agatha relève cette contradiction, et s’interroge sur le sens qu’elle peut bien avoir. Qui ment ? Le père ou la mère de Felicity, deux nouveaux riches qui tentent de vivre de manière reluisante, après que monsieur a bâti sa fortune sur ce qu’il faut bien appeler une escroquerie. Ni l’un ni l’autre ne semble vraiment chagriné(e) par la mort de leur fille unique – et Agatha d’en être choquée. Alors, oui, l’on nous dit qu’elle a été à  demi adoptée, c’est à dire qu’elle a été adoptée par l’un de ses deux parents – ou les deux, tant ils sont tous les deux englués dans leur mensonge, au point, du moins pour Olivia, la mère, d’en avoir fait une vérité acceptable à ses yeux. Depuis que la littérature existe, ou presque, des auteurs trouvent normal de traiter différemment un enfant biologique d’un enfant adopté. Je ne dis pas que M.C. Beaton pensait ainsi, je dis simplement qu’elle montre des personnes qui pensent ainsi et que ces personnes, dans la vraie vie, sont plus nombreuses qu’on ne le pense. Tout comme elle montre des personnes qui maltraitent leurs enfants. Agatha l’a été, Toni l’a été, et d’autres certainement.

Oui, au milieu d’un récit pour le moins alambiqué, qui mène Agatha en Turquie, en France, dans le petit village normand de Saint-Clair (sur Epte ?) et en Espagne, nous voyons aussi des êtres humains qui abusent d’autres êtres humains, en toute impunité. Les abus peuvent prendre des formes multiples, le tout est que les responsables le fassent si discrètement qu’ils puissent passer inaperçus aux yeux de la police. Chacun y trouve son compte – sauf les victimes, bien sûr. Il est amusant de voir Agatha, si lucide sur les autres, si lucide parfois sur elle-même, être totalement incapable de voir clair sur sa vie amoureuse. En effet, l’essentiel du roman est consacré aux errances sentimentales d’Agatha, qui lui causeront de nombreux ennuis, et lui montreront des hommes très réactionnaires ou très perchés – pour ne pas dire les deux à la fois.

Je terminerai en donnant la parole à Mrs Bloxby, qui a bien du mérite à rester l’amie d’Agatha : Juste une remarque, Mrs Raisin. Ne laissez pas vos hormones affecter votre jugement d’habitude si sûr. 

A genoux de Michaël Connelly

Edition Points – 278 pages

Présentation de l’éditeur :

Le corps du Dr Stanley Kent vient d’être retrouvé au belvédère naturel proche de Mulholland Drive : deux balles dans la nuque, style exécution. Nouvellement affecté à la section homicide spécial, l’inspecteur Harry Bosch découvre vite que le Dr Kent avait accès à des matières radioactives utilisées dans Le traitement de certains cancers féminins. et que ces matières ont disparu. Aux yeux de l’agent spécial du FBI Rachel Walling, que Bosch aime encore malgré leur rupture après le fiasco d’Echo Park, ce meurtre et cette disparition risquent fort de marquer le début d’un attentat terroriste à la bombe Sale. Donc conflit ouvert et cette fois, Bosch n’est pas sûr d’avoir le dessus : il y a certes de la parano dans les services de la sécurité du territoire mais la menace islamiste est bien réelle…

Mon avis :

Echo Park suite – ou pas. Harry Bosch et son nouveau coéquipier sont appelés sur la scène d’un meurtre : un docteur a été tué. Pire : sa femme a été retrouvée, ligotée et bâillonnée sur leur lit – vivante, heureusement. Le motif de cette agression et de ce meurtre ? Le docteur avait accès à du césium, utilisé pour soigner certains cancers, et il a été menacé pour le voler. Il a fait ce qu’il a pu, laissant un message sur les lieux de son vol, contraint et forcé, mais si ce qu’il a fait a sauvé sa femme, lui a bel et bien été tué. Pourquoi ? Les tueurs comptaient-ils revenir et achever son épouse, n’en ont-ils pas eu le temps ? Ou bien a-t-il vu leurs visages ? A Harry Bosch de résoudre cette énigme. Enfin, s’il en a le temps : nous sommes dans l’Amérique post 11 septembre, et le FBI prend très au sérieux ce risque d’attentat.

Alors oui, l’enquête va vite, très vite, quitte à se jeter dans la première fausse piste qui se présente, tant que certains mots-clefs sont entendus par la victime, ou par un témoin. Les choses vont parfois trop vite, et il est des personnes qui agissent d’abord, et réfléchissent à l’utilité de ce qu’ils ont fait après. Harry Bosch ? Il ne se fait pas vraiment d’amis dans cette enquête, et il peut même véritablement compter sur les doigts d’une main ceux à qui il peut faire véritablement confiance. Que pèse la résolution d’un crime face à un potentiel attentat ? Personne ne semble tenir, à part Harry, ce raisonnement pourtant très simple : si l’on trouve le meurtrier, on remontera aussi la piste des fameux terroristes potentiels.

En dépit du sujet, j’ai trouvé ce volume des enquêtes d’Harry Bosch presque léger – il ne contient que 278 pages. L’enquête est très vite résolue, que ce soit en terme de son déroulement proprement dit que le temps qui a été consacré à celle-ci. Et si Harry se montre toujours aussi irrespectueux des règles qui l’empêchent de mener son enquête à bien, force est de constater qu’il se retrouve encore et toujours avec des co-équipiers qui n’ont pas la même vision de l’entente entre les services que lui, ni la même vision du bon déroulement de leur carrière. Harry le comprend, néanmoins – il a l’habitude, en quelque sorte.

Un polar solide, pas ennuyeux, mais tout de même en deçà de ce que j’ai pu lire de la série Harry Bosch.

 

 

D’ombre et de lumière de John Harvey

édition Rivages/Noir – 434 pages

Présentation de l’éditeur :

L’inspecteur Frank Elder, héros des deux précédents romans de la série (De chair et de sang et De cendre et d’os), accepte une nouvelle fois de quitter la Cornouailles où il vit habituellement en ermite. C’est à la demande de son ex-épouse qu’il revient à Nottingham, pour tenter de retrouver une femme qui a disparu depuis plusieurs jours. Il accepte cette mission un peu à contrecœur, mais il y voit aussi l’occasion de renouer avec sa fille Katherine, dix-huit ans, dont la vie a été bouleversée quelques années plus tôt par un drame dont il se sent toujours responsable.Elder découvre vite que la disparue, Claire Meecham, avait une vie secrète dont même sa propre sœur, Jennie, ne soupçonnait pas l’existence. Il commence à peine à enquêter sur les hommes que Claire fréquentait lorsque Jennie découvre sa sœur, paisiblement allongée sur son lit… morte. La mise en scène du cadavre rappelle à Elder sa première affaire, jamais élucidée, survenue huit ans auparavant. Les similitudes entre les deux meurtres sont suffisamment nombreuses pour que la police de Nottingham fasse officiellement appel à ses compétences, et l’embauche en tant que consultant civil.

Mon avis :

Frank Elder reprend du service, et à nouveau, c’est pour retrouver une disparue : une femme d’une cinquantaine d’années, qui ne donne plus de nouvelles à sa soeur depuis quelques jours. Tout policier répondra qu’elle est adulte, qu’elle est libre de faire ce qu’elle veut, et c’est vrai, si ce n’est qu’elle ne s’est jamais comportée ainsi, et qu’elle inquiète sa petite soeur. Au cours de ses investigations, c’est une toute autre Claire qui apparaît. Pourquoi a-t-elle caché certains faits à sa soeur ? Craignait-elle d’être jugée ? Peut-être. Il n’est pas facile de changer de vie, de refaire sa vie, et si des années ont passé depuis Coeurs solitaires, qui met en scène Charlie Resnick sur un thème similaire l’idée que l’on se fait de la manière dont une femme devrait se comporter est toujours aussi forte.
Et Elder n’en finit pas de revenir sur son passé, son passé d’enquêteur d’abord, parce que cette affaire lui en rappelle une autre, qu’il n’a pas résolu, et son passé familial, parce qu’il cherche toujours à se rapprocher de sa fille depuis la douloureuse enquête qui l’a marquée profondément. Il s’agit pour le policier à la retraite, et pourtant quasiment toujours policier dans le cadre de cette enquête, de trouver enfin un équilibre, entre une vie privée enfin apaisée, et une affaire qui montre à nouveau, comme c’est souvent le cas chez John Harvey, que la vie d’une femme ne vaut pas grand chose aux yeux de certains hommes.
J’aime moins cette série que celle mettant en scène Charlie Resnick, qui vient à nouveau faire une courte apparition dans ce volume, cependant ce roman ne laisse pas d’être très prenant.

Agatha Raisin enquête, tome 17 : Cache-cache à l’hôtel de MC Beaton

Présentation de l’éditeur :

Entre son agence de détective qui tourne au ralenti et les réunions des dames de Carsely, Agatha s’ennuie. Aussi, est-elle enchantée lorsque son ex-mari James Lacey l’invite pour des vacances mais – horreur ! – sa conception d’un séjour idyllique est le petit hôtel décrépit de Snoth-on-sea où enfant, il passait ses étés.

A l’occasion du mois celte , une lecture commune avec Adely, du blog lectureenfantparent

Mon avis :

– Tu es vraiment une garce.
– Je sais. Allez, on va manger.

Ah, c’est beau l’amour. Oui, c’est ainsi que James parle à Agatha, alors qu’ils sont partis tous les deux en vacances. C’est James qui a choisi la destination, sans consulter Agatha, parce qu’il a de très bons souvenirs d’enfance dans ce lieu. Et tout a changé. Ce n’est pas tant une charge contre le temps qui passe, mais montrer la réalité de la vie quotidienne anglaise, dans ces coins reculés et oubliés, sans fard. Agatha ? Elle a beau être toujours amoureuse de James, toujours prête à le suivre du moment qu’il veuille bien d’elle, et bien à un moment, clac ! cela ne va plus. Oui, je sais ce que vous allez me dire, si vous avez lu comme moi les seize tomes précédents : comme Mrs Bloxby, nous attendons qu’Agatha cesse enfin de ne penser qu’à James, d’imaginer un avenir avec James, bref, nous espérons qu’elle ira un jour de l’avant – et ce n’est pas gagné !

James semble cependant avoir compris qu’il a un peu exagéré – ne l’avait-il pas fait dès le début, en emmenant Agatha à un barbecue, sans se préoccuper d’elle une seule fois pendant le repas, sans se préoccuper surtout qu’Agatha n’aime pas du tout le barbecue !

Agatha avait horreur des barbecues. Les barbecues, c’était pour les américains, les australiens et les polynésiens, enfin, pour les peuples jouissant d’un climat agréable !
D’après son expérience, les anglais se délectaient de viande à moitié crue servie sur des assiettes en carton dans un jardin infesté d’insectes.

Je vous rassure, Agatha sait aussi prendre la pleine mesure du comportement de James, et lui renvoyer la politesse :

– Est-ce que tu as toujours été un connard prétentieux ou est-ce que c’est moi qui m’en aperçois seulement maintenant ?

Vaste questionnement philosophique. Agatha sera amenée à beaucoup philosopher sur ses relations amoureuses, dans ce tome. D’ailleurs, je n’ai toujours pas parlé de l’aspect policier de ce dix-septième volet de ses aventures. En effet, un meurtre est commis sur la plage de Snoth-on-sea, avec l’écharpe d’Agatha ! Elle est donc la première à être accusée, la première à être innocentée aussi. Qu’importe ! Elle dirige une agence de détective, et il est hors de question qu’un meurtre commis en sa présence reste impuni !

J’aimerai vous dire qu’elle enquête avec ordre et méthode. Le moins que je puisse dire est « pas vraiment ». Heureusement, elle a les membres de son agence de détective qui lui sauvent la mise – ils ont un bel esprit d’initiative, et il est dommage qu’ils restent des personnages assez secondaires, finalement, dans l’intrigue. J’aimerai vraiment les voir davantage, leur donner toute la place qu’ils méritent, plutôt que de lire les éternels retours de Charles et de James dans la vie d’Agatha. De même, j’ai l’impression que M.C. Beaton a ajouté une pincée de Billy Wong ici (sans ses parents), une pincée de Roy là (dans un look improbable) pour contenter leurs fans.

J’ai trouvé aussi que certains rebondissements étaient assez improbables, que certains coupables étaient identifiés trop facilement. Bref, ce n’est pas, à mes yeux, le meilleur tome d’Agatha Raisin, et je regrette qu’il n’existe pas une série dérivée avec les employés de son agence de détective.

Hamish Macbeth, tome 4 : Qui a une taille de guêpe de MC Beaton

édition Albin Michel – 252 pages

Présentation de l’éditeur :

Hamish pensait savourer les plaisirs bien mérités d’un été dans les Highlands. Mais c’était avant que la pluie s’abatte sur les lochs et que sa chère Priscilla Halburton-Smythe débarque au bras d’un nouveau fiancé. Pour couronner le tout, Trixie Thomas, épouse modèle, vient de s’installer à Lochdubh et arrive à convaincre les dames du coin de se mettre au régime, de bannir l’alcool et d’entrer en communion avec la nature… ce qui n’est pas du tout du goût de leurs maris ! Aussi quand l’épouse modèle est empoisonnée, Hamish Macbeth n’a pas le choix : il doit renoncer au repos et reprendre du service en interrogeant voisins et amis…

Mon avis :

Le tire anglais est à mes yeux plus parlant, bien plus évocateur que la traduction qui est proposée : Death of a Perfect Wife. Trois ans avant la parution du premier volume des aventures d’Agatha Raisin, une étrangère arrive dans un petit village, le petit village écossais d’Hamish MacBeth, celui où il ne se passe jamais rien, ou presque rien. Contrairement à Agatha, qui fait tout pour s’intégrer dans le village, y compris participer à des activités typiquement villageoises et provoquer quelques catastrophes, Trixie, cette « femme parfaite » comme on en croisera d’autres dans l’oeuvre de M.C. Beaton, souhaiter créer des chambres d’hôte avec Paul, son gentil mari. J’ai failli la qualifier de « tornade », mais il est des tornades sympathiques. Trixie, elle, a l’intention de bouleverser les habitudes des villageois, pour leur bien, et pour elle, tous les coups sont permis, y compris des manœuvres un peu hypocrites, tant que cela sert ses intérêts. Humilier les autres ne lui pose pas de problèmes, y compris son propre mari. Agatha Christie avait parlé, par la bouche de Miss Marple, du besoin qu’avaient certaines femmes de se dévouer aux autres – seulement elle montrait bien que ses femmes, finalement, trouvaient une sorte de confort en prenant soin des autres, mais ne les asservissaient absolument pas. Trixie, elle, est un peu atteinte du syndrome du chevalier : elle ne peut vivre que si elle sauve une personne en détresse, si elle parvient à lui faire adopter un mode de vie sain de manière extrêmement rigoureuse, sans que cette personne, finalement, n’ait son mot à dire, ne parvienne à garder son autonomie – une sorte de vampirisation.
Ses combats sont nombreux : contre le tabac, contre l’alcool, contre la malbouffe, pour la préservation de la nature et des animaux. A chaque fois, la méthode est radical, péremptoire, sans possibilité de négociation. Si elle secoue Angela Brodie, la femme du médecin, de sa torpeur, de sa dépression, presque, elle ne tarde pas à se mettre à dos plusieurs personnes dans le village, y compris Hamish MacBeth, qui a bien cerné sa personnalité.  Ce qui est étonnant n’est pas qu’elle se soit mis des personnes à dos, à force de faire manger du muesli fait maison au petit déjeuner et de bannir les animaux domestiques des maisons, mais que quelqu’un la déteste assez pour la tuer. Il est en effet un monde entre dire qu’on va tuer quelqu’un (le dire parfois soulage) et préméditer son geste.
Hamish enquête donc, enquête classique de voisinage, dans un village qui semble coupé du temps, avec ses femmes au foyer qui sont entièrement au service de leurs maris, qu’elles ont souvent épousé très jeunes, et qui se trouvent parfois un peu inoccupées quand les enfants ont quitté le nid. De plus, même dans ce coin des Highlands, on ne peut empêcher le progrès, et l’électroménager laisse du temps, pour manifester, pour lutter contre le tabac et l’alcool, comme au bon vieux de temps de la prohibition aux Etats-Unis. On trouve aussi des couples qui ne vont plus très bien après le passage de Trixie. Hamish ne peut que constater les dégâts, et espérer que la situation s’améliore pour certains. On notera aussi la présence d’un voyant, et si son côté escroc à la petite semaine n’est pas oublié – il ne force personne à consulter et à lui apporter de la nourriture en paiement de ses consultations, il est quand même montré que les prémonitions, oui, cela peut exister – et parfois vous sauver.
Curieusement, Hamish se détache de Priscilla dans ce volume, elle qui n’a de cesse de papillonner avec un autre. Elle reste son amie, uniquement, et lui se rend compte que l’enquête a plus d’intérêt pour lui que la belle jeune femme. Un comble, non ?
Un volume très réussi des aventures d’Hamish MacBeth.