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Agatha Raisin, tome 13 : chantage au presbytère de M.C. Beaton

édition Albin Michel – 304 pages.

Présentation de l’éditeur :

Larguée (une fois de plus) par James Lacey, délaissée par son voisin en qui elle mettait ses derniers espoirs, Agatha Raisin déclare la guerre aux hommes en faisant voeu de chasteté… Jusqu’à sa rencontre avec le tout nouveau et très sexy vicaire de Carsely, qui fait l’effet d’une bombe au village : les femmes se bousculent à l’église. Quant à notre Agatha, elle retrouve aussitôt la foi… Mais, damned !, voilà que le corps sans vie du vicaire est découvert dans le bureau de l’église. Qui a pu commettre ce geste sacrilège ? Le clergyman était-il trop beau pour être honnête ? C’est ce que découvrira peut-être Agatha qui, sans le savoir, vient d’ouvrir une véritable boîte de Pandore…

Mon avis :

Pas de James, porté disparu depuis le divorce.
Pas de Roy, le fidèle ancien second d’Agatha.
Pas de sir Charles.
Mais que fait la police ????
Même Bill Wong se comporte désormais davantage comme un policier que comme un ami.
Bref, Agatha est seule, mais elle peut compter sur Mrs Bloxby, la femme du pasteur. Seulement….Alf Bloxby le pasteur est un peu souffrant, et il a décidé, pour avoir un soutien, d’engager un vicaire. Las ! Pas de bol ! Le vicaire est tellement beau que les femmes se pressent à l’office. Le charmant blondinet se nomme Tristan Delon, et il n’a pas de chance : il est très vite assassiné. Le pasteur est soupçonné, ce qui, si vous avez lu les douze tomes précédents, paraît totalement aberrant. Par conséquent, Agatha, aidé de son voisin John, écrivain connu, enquête, même si elle s’était jurée (pas longtemps, il faut bien le dire) de ne plus le faire. Il faut prouver l’innocence du pasteur ! Il faut que Mrs Bloxby puisse être en paix.
Agatha reprend donc les bonnes vieilles méthodes et parcourt les Costwolds avec John. Ces méthodes était déjà un peu celles qu’elle utilisait quand elle travaillait dans la pub, ne faisant pas dans la dentelle pour cacher son manque de confiance en elle. Qu’importe ! Il faut découvrir la vérité sur ce trop beau vicaire.
Agatha dérange, forcément, mais c’est un plaisir de retrouver ce qui fait le charme de la série – Agatha dans son jardin, Agatha et ses chats, Agatha et les préoccupations des dames du village. Certaines idées pour promouvoir le village n’étaient pas forcément très bonnes, cependant elles ont le mérites d’innover – dans le comique catastrophique. Même Agatha parvient à être presque agréable avec certains habitants du village, se rendant compte qu’avant d’arriver dans ce village, elle n’avait pas d’amis, trop occupé qu’elle était à mener sa carrière. Elle s’investit même énormément pour le bien être des personnes âgées – ou comment dépenser son argent à bon escient, et passer son temps à faire autre chose qu’enquêter.
Un opus qui plaira aux fans de la série.

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Crime en toutes lettres de Sophie Hannah

Présentation de l’éditeur :

Alors qu’Hercule Poirot rentre chez lui après un déjeuner fort agréable, il découvre une femme très en colère devant sa porte. Elle s’appelle Sylvia Rule et demande à savoir pourquoi Poirot l’a accusée du meurtre de Barnaby Pandy, un homme qu’elle ne connaît pas et qu’elle n’a jamais rencontré. Elle est furieuse et sous le choc, tout comme Poirot, d’ailleurs, qui ne connaît pas non plus le monsieur en question. Une deuxième surprise attend Poirot dans son bureau où il retrouve John McCrodden, qui lui annonce avoir, lui aussi, reçu une lettre ce matin-là, signée par Poirot et l’accusant du meurtre de Barnaby Pandy…
Poirot s’interroge alors sur l’identité de ce mystérieux expéditeur. Combien de lettres ont ainsi été envoyées de sa part ? Et, plus important encore, qui est ce Barnaby Randy et a-t-il bien été victime d’un meurtre ?

Merci à Netgalley et aux éditions Jean-Claude Lattès pour ce partenariat.

Mon avis :

Hercule Poirot est accusé ! De quoi, au juste ? Non, pas de meurtres, il ne faut pas non plus exagérer, ce serait pousser trop loin la réécriture de ses enquêtes. Il est accusé d’avoir accusé quelqu’un de meurtres, ou plutôt, quatre personnes du même meurtre, excusez du peu. Si l’on connaît un temps soit peu le petit détective belge, on sait qu’il n’est pas du genre à accuser, comme ça, dans des lettres qui manquent terriblement de méthodes. Le pire est qu’il lui est très difficile de se faire entendre par certaines personnes, ce qui est cependant sûr est qu’il va, forcément, se mettre à enquêter. Pas forcément résoudre un meurtre que personne n’a déclaré comme tel, et surtout pas la police. Non, il s’agit pour lui de savoir, de déterminer qui peut se cacher derrière ses lettres anonymes, et qui peut avoir intérêt à semer le trouble dans l’esprit de ces quatre personnes, qu’aucun lien ne semble unir de prime abord.
Le roman n’est pas désagréable à lire, loin de là. Il m’a fait penser à toutes ses réécritures autour de Sherlock Holmes. On en manquait un peu du côté d’Agatha Christie, si ce  n’est des œuvres qui la mettent en scène elle, dans sa jeunesse, et dans des œuvres de littérature jeunesse, justement. Je me demande d’ailleurs quand un éditeur se saisira de la jeunesse de Miss Jane Marple, qui a semé suffisamment d’éléments dans les enquêtes concernant sa biographie pour qu’elle puisse être partiellement reconstituée, partiellement imagée. Le problème est que ce livre est une réécriture, et que je suis certaine qu’Agatha Christie n’aurait jamais construit son intrigue ainsi. Tout simplement parce qu’il est des thèmes qu’elle n’a jamais abordés, du moins de cette manière, dans ces romans. Je pense, notamment, à celui de la peine de mort. Je pense aussi, dans une autre mesure, à sa tendresse pour ces personnages de vieille fille, ou encore au dynamisme qu’elle a su insuffler, au fil de son œuvre, à ces jeunes femmes prêtes à conquérir leur indépendance, aux antipodes des héroïnes de Patricia Wentworth, par exemple. Oui, l’avidité, les rancœurs, les jalousies prennent naissance dans les familles, et il n’y a pire haine que celle que l’on éprouve pour une personne que l’on voit tous les jours.  Il n’y a pire, aussi, que de s’obstiner – la vengeance a encore de beaux jours devant elle, surtout si elle ronge, dévore complètement la vie de la personne qui l’éprouve. L’amour, même sincère, même désintéressé, peut faire commettre des erreurs. La vengeance en est toujours une, quoi qu’il arrive.
Un roman à lire, à condition d’oublier les modèles qui ont présidé à sa création.
Oui, j’ai presque oublié le personnage du policier que sa mère contraint à rencontrer une prétendante au titre d’épouse. Il faut dire que j’ai trouvé e nouveau narrateur très fade, même à la place d’Hastings ou de Japp, l’inspecteur qui a toujours épaulé Hercule Poirot.

Pour le meilleur et pour le pire – tome 5 d’Agatha Raisin de MC Beaton.

Présentation de l’éditeur :

Agatha Raisin et James Lacey ont prévu de se marier mais le jour du mariage, Jimmy, l’ancien mari d’Agatha qu’elle croyait mort, fait son apparition à l’église. Furieux, James s’enfuit. Le lendemain, Jimmy est retrouvé assassiné et Agatha et James sont les principaux suspects.

Mon avis :

Voici venir le grand jour ! Le mari d’Agatha est assassiné ! Comment ça, je spoile ? Non, je vous parle simplement des trente premières pages, les moments qui voient le plus beau jour de la vie d’Agatha complètement gâché : elle aurait dû vérifier avant que son mari, Jimmy, était bel et bien mort.
Pour moi, ce livre est un des plus réussis de la série. Presque toute l’intrigue, mis à part de courtes incursions à Londres, se passe à Carsely ou dans la campagne anglaise, ce qui donne à Agatha l’occasion de se frotter à d’autres villages, tout aussi pittoresque que le sien et de découvrir des habitants qui n’ont rien à envier aux meilleurs villageois de Carsely. Bref, nous faisons une jolie promenade policière en sa compagnie. Oui, Agatha et James, unis pour prouver leur innocence, remuent des faits qui aurait dû rester secrets – et le ne sont pas restés. Il aurait fallu presque rien pour cela ! Dans les petits villages, tout se sait très vite, et il est toujours des personnages truculents pour répondre les nouvelles.
Malgré les circonstances, malgré les apparences – le front uni James/Agatha ne l’est que pour l’enquête, Agatha continue presque de mener une vie ordinaire dans le cottage de James – avec ses chats. Elle peut compter sur ses véritables amis, même si elle semble en doute parfois et même si les cadavres semblent fleurir sous ses pas. Chacun ses talents de jardinière.
Une enquête remplie de rebondissements, drôle, pleine de danger en plein coeur de la campagne anglaise : que demander de plus ?

 

Sale temps pour les sorcières de MC Beaton

edition Albin Michel – 297 pages

Présentation de l’éditeur :

Traumatisée après qu’une coiffeuse rancunière l’a shampouinée à la crème dépilatoire, Agatha Raisin se réfugie incognito dans un hôtel de la côte en attendant que sa chevelure repousse. N’ayant plus rien à perdre, elle consulte également une sorcière réputée pour ses talents. Miracle, la magie opère, mais pour peu de temps, car la sorcière est retrouvée assassinée … Agatha renoue aussitôt avec ses réflexes de détective, aidée par l’inspecteur Jimmy Jessop, ensorcelé par ses charmes. À moins que ce ne soient les effets du philtre d’amour qu’Agatha a acheté à la pauvre sorcière ?

Mon avis : 

A la fin du tome 8, Agatha Raisin avait été victime d’une coiffeuse vengeresse et avait perdu beaucoup de cheveux, à cause d’une crème dépilatoire. Aussi s’est-elle réfugiée loin, loin de son village, en attendant que sa chevelure repousse. Après quelques déboires – ils arrivent très vite avec Agatha – elle se décide à consulter la voyante locale, qui fabrique de plus quelques philtres, le classique filtre d’amour, bien sûr, mais aussi un philtre pour faire repousser les cheveux. Elle n’y croit pas trop, mais qui ne tente rien, n’a rien. Agatha n’avait pas prévu que la voyante serait assassinée pourtant elle n’a jamais pu se rendre dans un endroit sans qu’un assassinat soit commis. Bien sûr, c’est elle qui a découvert le corps, et les ennuis ont pu à nouveau commencer. Non, parce qu’expliquer qu’elle voulait une potion pour ses cheveux, pourquoi pas ? Avouer qu’elle avait demandé un filtre d’amour, non.

On aurait pu penser que cette neuvième enquête serait un tournant dans l’existence d’Agatha. En effet, elle semble, pour la première fois, un peu moins s’intéresser au meurtre, oublier un peu James. Elle fait ce qu’elle fera dans d’autres tomes – tenter de faire bouger les choses. Accepter son âge, aussi, un peu. Juste un peu. Pendant ce temps, la vie continue à s’écouler dans son petit village, et certains pensent toujours – un peu- à elle. Les enquêtes d’Agatha Raisin sont toutes bâties sur le même schéma ou presque, et l’on sait fort bien qu’Agatha ne se contentera pas d’une existence paisible, alternant scrabble, soirée dansante et découverte des joies de se rendre à un spectacle sans arrière-pensée. Il ne faut pas oublier qu’Agatha n’a pas eu une enfance paisible, elle s’est « faite toute seule » et n’a guère eu le temps de penser à des distractions.

Pourtant, j’ai toujours un peu l’impression qu’elle se saborde elle-même, avec sa volonté d’enquêter, de vouloir que les choses aillent plus vite, et son incapacité à choisir. Sa vie sentimentale est toujours aussi chaotique et rares sont les personnes qui la trouvent véritablement sympathiques. Quand Agatha est avec la femme du pasteur, je ne peux m’empêcher de penser à Miss Marple, et son amitié pour Griselda, la femme du pasteur de St Mary Mead. Lui non plus n’appréciait guère Jane Marple, mais il changera d’avis. Qu’aurait-il fait avec Agatha Raisin comme voisine ?

Une nouvelle enquête d’Agatha, pas très différente des autres même si elle est loin de Carsely.

Vacances tous risques : Agatha Raisin tome 6

Présentation de l’éditeur :

Agatha a résolu le meurtre de son ex-mari et s’envole pour Chypre pour tenter de reconquérir James Lacey. Ils se retrouvent parmi une bande de touristes anglais dont l’un d’eux est assassiné. Agatha met tout en oeuvre pour identifier le meurtrier mais James préfère fuir.

Mon avis :

Que dire ? Ce tome n’est pas, à mes yeux, le meilleur des aventures d’Agatha Raisin. A vrai dire, l’intrigue policière est tellement fine, pour ne pas dire secondaire que ce livre pourrait presque être une romance dont le sujet serait : Agatha Raisin court après James qui veut simplement être tranquille. Dans ce volume, elle passe un temps fou, encore plus que dans les tomes précédents, à choisir la manière dont elle serait habillée, maquillée, coiffée,sans oublier la chambre dans laquelle elle va dormir – très rarement la même. Comme Maupassant le sous-entendait dans Bel-Ami, une femme mûre n’a pas d’intérêt à se comporter comme une adolescente (ou une midinette). Agatha perçoit déjà qu’elle est obsédée par James, ou par l’idée qu’elle se fait de James, ce qui ne veut pas dire qu’elle parviendra à se débarrasser de cette obsession (voir les six tomes suivants).
Agatha, quand elle ne se pomponne pas, fait du tourisme, ne se lit pas d’amitié avec les autres touristes anglais présents auxquels elle trouve de nombreux défauts. L’une se fait assassiner, Agatha découvre le corps : une habitude qu’elle perd peu. D’ailleurs, la police trouve que le taux de criminalité a dangereusement augmenté depuis qu’Agatha est là. Puis, ce n’est pas tant qu’elle a un franc-parler qui sort de l’ordinaire, c’est plutôt qu’elle manque complètement de tact et d’à-propos. C’est tout juste si l’affaire n’est pas résolu par accident. Ah, je ne compte plus non plus le nombre de fois où Agatha et James, Agatha ou James est interrogé(e), ou menacé(e) de mort.
En passant, l’on en apprend un peu sur l’histoire de Chypre et sa partition – Agatha et James auraient dû y être en voyage de noces.
Sans les Costwolds, sans ses amis (ou si peu), sans ses chats, Agatha est un peu moins Agatha.

Panique au manoir de M.C. Beaton

édition Albin Michel – 284 pages

Quatrième de couverture :
Meurtrie d’avoir été abandonnée par James, l’amour de sa vie, Agatha Raisin s’en remet aux présages d’une diseuse de bonne aventure : elle trouvera l’amour, le vrai, dans le Norfolk. Qu’à cela ne tienne, Agatha quitte Carsely et s’installe dans un charmant cottage de Fryfam où elle attend le prince charmant en écrivant son premier roman policier : Panique au manoir. Un titre prédestiné car, après une série d’étranges phénomènes, le châtelain du village est assassiné et les soupçons se portent naturellement sur Agatha dont le conte de fées vire au cauchemar.

Mon avis :

Spontanément, en ouvrant ce dixième opus, je me suis posé une question : où est passé le troisième chat d’Agatha Raisin ? Personne pour mener l’enquête ! Un vrai scandale, à croire que l’auteur oublie parfois ce qu’elle a écrit. En effet, Agatha avait adopté un troisième chat à la fin du tome 9, et il n’en est plus trace au début de ce tome 10. Heureusement, l’on saura à la fin ce qu’il est advenu. C’est d’autant plus surprenant qu’Agatha se montre particulièrement soucieuse de ses chats dans ce volume, affirmant à Charles qu’elle devient « quelqu’un d’humain et d’attentionné ».
Comme dans le tome 6 et le tome 12, Agatha sera loin de chez elle pour cette enquête. Elle a suivi les conseils d’une voyante (si, c’est possible quand on s’appelle Agatha Raisin). Elle est partie loin des Costwolds, dans le Norflok, dans un petit village encore plus pittoresque et très réactionnaire. Les femmes doivent rester à leur place, celles qui étaient la leur du temps de la reine Victoria. A croire que les anglaises n’ont pas été les premières à obtenir le droit de vote. Les femmes de la commune font exactement ce que désirent leur mari, s’habillent comme ils le veulent, ne se maquillent pas, ne travaillaient pas, et surtout, le laissent sortir le soir sans songer à l’accompagner, ou se retrouvent avec leurs amies. Agatha entend bien mettre de l’ordre dans tout ce fatras !
Elle compte aussi écrire un roman policier et là, pas de bol, un meurtre est commis, exactement comme elle l’avait (mal) écrit. Autant dire que cela pourrait être le début des ennuis si Sir Charles ne s’était pas joint à elle et si elle n’avait pas repris du poil de la bête. Quoi qu’on dise sur elle, elle enquête ! Ce qu’elle et Charles découvrent ne fait plaisir à personne. Qu’importe ! Elle ira jusqu’au bout, avec toute la maladresse dont elle est capable parfois. Les fées ne lui disent pas merci.
Je note cependant que son amitié avec Mrs Bloxby s’est un peu distendue, Agatha ne parvenant même plus à s’entendre pleinement avec la femme du pasteur, c’est dommage. Il faut dire que celle-ci souhaiterait vraiment qu’elle ne prenne plus des décisions à la légère, et qu’elle cesse d’être obnubilée par James. Pas gagné. Surtout que … Le tome 10 se termine sur un coup de théâtre – pour combien de temps ?

Un flair infaillible pour le crime d’Ann Granger

édition 10/18 – 383 pages.

Présentation de l’éditeur :

Lorsque Thomas Tapley, voisin de Benjamin Ross, est retrouvé mort dans son salon, l’inspecteur de Scotland Yard se rue sur la scène de crime. Tapley revenu récemment de l’étranger, on connaît peu de choses à son sujet.
Alors, quand son cousin, Jonathan Tapley, conseiller de la reine, se présente, la vérité au sujet du passé tragique remonte doucement à la surface.

Mon avis : 

En ce dernier jour de la session du challenge Polar et Thriller, qui est aussi le deuxième jour de mes vacances, je découvre un tout nouveau duo d’enquêteur : Ben Ross et son épouse Lizzie. J’ai commencé la lecture de leurs aventures par celle du tome 4, celle que j’avais sous la main. Je vous rassure (ou pas) : je lirai les trois tomes précédents, et je poursuivrai la lecture des suivants (j’ai déjà le cinq sous la main).

Ben, c’est le diminutif de Benjamin, et Lizzie, celui d’Elizabeth. Comme il est traditionnel de le dire, le fait de ne pas avoir lu les tomes précédents ne gênent pas la compréhension, et l’auteur a suffisamment de métier pour insérer des éléments de leur passé avec souplesse, sans que cela ait l’air d’être du remplissage.

Le meurtre qui a été commis les touche personnellement, puisque c’est un de leurs voisins qui a été tué. Un homme charmant, poli, cultivé a été littéralement massacré. Et s’il a caché bien des secrets, il était véritablement un homme charmant – mais pas vraiment en phase avec la société dans laquelle il vivait. Sa logeuse est rapidement écartée de l’enquête, ne serait-ce que parce qu’elle n’aurait pas eu la force de le tuer. Elle est aussi une personne rare, qui voit chez l’autre ses qualités, ses aspects positifs en premier : un être positif, et non pas naïf.

L’enquête alterne les points de vue de Ben et de Lizzie, sans que jamais le récit ne soit redondant. L’intrigue mène Ben Ross sur les chemins de l’Angleterre, et le monde des propriétaires terriens est bien éloigné de celui du demi-monde, que l’on entraperçoit parfois. Que dire aussi de Flora Tapley, fille adoptive de Jonathan sur lequel se referme un carcan au fur et à mesure qu’elle grandit et doit être mariée à un bon parti ? Et si Bessie, la bonne des Ross, se montre très dégourdie et peu encline à regretter son ancien poste chez la tante de Lizzie, tous les domestiques n’ont pas des maîtres aussi larges d’esprit et craignent de perdre leur emploi sans possibilité d’en retrouver un autre.

Ben Ross n’est pas un gentleman, et le revendique, ce qui l’autorise à ne pas toujours respecter les règles de la bonne société – puisqu’il ne les connaît pas, n’est-ce pas ? Il est suffisamment subtile pour rechercher indices et preuves. Oui, il est tenace, il dépend cependant d’un chef qui ne veut surtout pas faire de vague et qui, quand il a une idée, en change difficilement. Personne n’est parfait.

Si vous aimez les romans historiques, l’Angleterre et le roman policier, n’hésitez pas à découvrir cette série !