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Piège contre un élu d’Ian Rankin

Présentation de l’éditeur :

Lorsque Gregor Jack, jeune et brillant député, se fait surprendre dans un bordel à l’occasion d’une rafle de police, la presse à scandale est prompte à se déchaîner. Si le sémillant politicien peut compter sur le soutien du Clan, un groupe d’amis qui ne se sont jamais perdus de vue depuis les bancs de l’école, en revanche, Liz, son épouse, une riche héritière, brille par son absence. Ce qui pouvait passer pour une bouderie vire à la tragédie lorsque le cadavre de la jeune femme est retrouvé. Plus aucun doute n’est permis : quelqu’un veut la peau de Jack. L’inspecteur Rebus se retrouve alors plongé dans un univers de faux-semblants, où les paillettes cachent souvent une réalité des plus glauques.

Mon avis :

Devinette : combien de techniciens de la police scientifique un seul inspecteur peut-il faire tenir dans une seule enquête ?

Oui, enquêter n’est pas facile, surtout quand les techniciens sont sur les nerfs. Oui, j’anticipe un peu, mais plus l’enquête de Rebus avance, plus il devra les solliciter, et plus ils auront envie d’envoyer paître l’inspecteur.
Au début pourtant, tout est simple, presque trop simple : un jeune député prometteur est surpris dans une descente de police dans un bordel – appelons un chat, un chat. Tout devrait donc s’arrêter là si ce n’est que sa femme est introuvable. Sa femme n’est pas n’importe qui : fille chérie d’un aristocrate influent, il est véritablement indispensable qu’elle apparaisse à ses côtés lors de cette épreuve. D’ailleurs, être à ses côtés sur les photos de temps en temps, participer à des manifestations bonnes pour la carrière de son mari semblent être la seule utilité de cette épouse. Rebus n’aura guère le temps d’épiloguer sur l’originalité de ce couple puisque la jeune femme est retrouvée morte, assassinée. Un tueur en série ? Possible, elle n’est pas la première à être retrouvée morte selon ce mode opératoire.
Enquêter n’est pas facile, puisque certains semblent réticent à tout dire, tout raconter. Ce n’est pas tant de la dissimulation de preuves que des difficultés à faire la part des choses, à se souvenir de tout, à distinguer ce qui est important, et ce qui ne l’est pas vraiment. Rebus découvre ainsi une bande d’amis soudés depuis l’adolescence qui tous, ou presque, ont bien réussi dans leur domaine. Le policier, qui commence lui-même à mener une vie presque normale, presque tranquille, est presque touché par ces indéfectibles amitiés. il ne serait plus Rebus s’il ne bâtissait, parfois, des théories tout à fait improbables aux yeux de ses supérieurs qui, merveille, ont trouvé le coupable bien avant lui. Il est toujours pratique d’avoir quelqu’un prêt à s’accuser d’un autre meurtre en plus de ceux qu’il a commis.
J’aimerai vous dire que l’amour est au coeur de ce roman. Il s’agit plutôt de l’absence d’amour, du fait que l’on ne regarde pas, ou plus l’autre, si tant est qu’on l’ait un jour véritablement regardé. Je me demande ce qui a pu véritablement souder cette bande d’amis qui avait réussi – tout sauf sa vie amoureuse.
Lire un roman de Ian Rankin fait toujours du bien.
Une dernière citation pour la route : avoir le soutien de Lauerdale équivalait à s’enfermer avec un berger allemand affamé….

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Les disparues du marais d’Elly Griffiths

Présentation de l’éditeur :
Entre la découverte d’ossements datant de l’âge de fer et la disparition il y a dix ans de la petite Lucy, a priori rien à voir. Mais une nouvelle fillette est enlevée et la police reçoit une lettre dans laquelle le ravisseur fait allusion à de mystérieux rites sacrificiels de la préhistoire. Ruth Galloway, professeur d’archéologie brillante et solitaire, se mêle à l’enquête, quitte à s’approcher au plus près du danger…

Mon avis :

J’ai enchaîné le tome 1 après le tome 2, et j’ai été encore une fois conquise par l’auteur et sa manière de construire le récit. En effet, là où d’autres nous feraient subir une centaine de pages d’introduction, nous montrerait Harry Nelson et Ruth Galloway dans leur milieu naturel respectif (la police pour l’un, l’université et les fouilles archéologiques pour l’autre), l’auteur fait le choix de débuter quasiment par leur rencontre, ou pourquoi l’inspecteur Nelson a besoin d’une experte en ossements.
En effet, Nelson est déjà tel que dans le deuxième opus : survolté. Il ne renonce pas, même après dix ans, surtout quand une affaire en tout point semblable à la première se profile : la disparition d’une enfant de cinq ans. Faire une pause, ménager des susceptibilités, penser à sa carrière, ce n’est pas pour lui. Tenter de préserver sa vie privée, oui. Lucide, il ne cache pas à Ruth qu’il n’a négligé vraiment aucune piste, et tant pis pour les âmes sensibles.
Ruth, elle, est un peu secouée par le côté direct de Nelson, qui n’a pas l’habitude de ne pas être obéi immédiatement. Comme dans le premier volume, j’ai apprécié la description de cette femme. Oui, elle pèse 79 kilos, elle s’habille de tenue pratique, ou stricts selon son activité (fouille ou cours à l’université) et nous n’aurons pas de portrait plus précis, nous épargnant ainsi quelques clichés.
Tous deux se trouvent faire équipe pour retrouver Scarlet, la petite fille disparue, et peut-être Lucy, disparue depuis dix ans. L’ambiance – les marais, les dangers qui rôdent – m’ont parfois fait penser aux romans de Preston et Child, ce qui pour moi est loin d’être un défaut.
Cette enquête nous plonge dans le passé de chacun des deux protagonistes. Nelson a déjà fait preuve de pugnacité dans le passé, pugnacité pour laquelle certains ne l’apprécient guère. La police, c’est l’ennemi, et l’on n’est près, parfois, à aller très loin pour lui mettre des bâtons dans les roues.
Autre cliché qui est vite expédiée : ces personnages qui « oublient » leur téléphone portable aux moments cruciaux, ou qui tombent en panne de batterie, ce qui décale toutes les communications et fait piétiner l’enquête. Je ne dis pas qu’il est impossible d’oublier son portable quand on a un tueur à ses trousses, je dis simplement que Nelson et Galloway communiquent très fréquemment dans ce livre, Nelson n’ayant pas non plus l’habitude qu’on ne lui réponde pas quand il a besoin de joindre quelqu’un, et Ruth n’a pas l’intention de lui cacher certains faits qu’elle a découvert, même si elle ne « bondit » pas sur son téléphone pour les lui apprendre. D’autres n’hésitent pas à lui rendre visite s’ils ont quelque chose d’urgent à lui communiquer. Plus pratique que cent pages d’atermoiements pour faire bouger les choses.
Je ne vous ai pas encore parlé de Cathbad, qui a pourtant une place bien particulière dans ce livre, hors-norme et flamboyante. Comme le dit Nelson : Si jamais ils se perdent [dans les marais], il tuera Cathbad d’abord et l’arrêtera ensuite.
Bref, pour moi, il ne reste qu’une solution : lire les neuf tomes restant en VO.

Le secret des orphelins d’Elly Griffiths

Présentation de l’éditeur :

Un squelette d’enfant décapité est retrouvé sous la porte d’une vieille bâtisse victorienne à Norwich. S’agit-il d’un sacrifice datant de la période romaine ou de la dépouille d’un petit pensionnaire échappé de l’orphelinat qui occupait les lieux dans les années 1970 ?

Mon avis :

Je vais vous parler aujourd’hui d’un roman policier que j’ai découvert grâce aux éditions Presse de la cité et à Netgalley. Ce roman m’a vraiment énormément plu, au point qu’à peine fini, j’allais chercher le premier tome de la série à la bibliothèque.
Qu’est-ce qui m’a donc tant plu dans cette lecture ? Les personnages, tout d’abord. Nous trouvons un duo classique, l’archéologue spécialiste en datation Ruth Galloway, dont le nom fleure bon la Grande Bretagne et l’inspecteur Harry Nelson, qui n’est pas sans rappeler un autre inspecteur, américain celui-ci, et aussi un célèbre amiral. Classique, oui, sauf dans leur portrait. J’en ai plus qu’assez de ces livres dans lequel des personnages féminins ont des physiques parfaits, des hanches « minces », des ventres « plats » ou alors des « courbes pulpeuses ». Ruth, et bien, est une femme qui ne rentre pas dans cette injonction littéraire et sociétal, elle a une silhouette un peu ronde, banale, porte des vêtements confortables, pratiques et ne fait rien pour modifier sa silhouette. Célibataire, athée convaincue ayant du mal avec ses parents « born again », elle est passionnée par son métier et adore son chat, qui le lui rend bien. Elle a des amis, très différents d’elle parfois. Je pense à Shona, la femme fatale splendide et flamboyante ou Cathbad, l’excentrique sur qui elle peut toujours compter.
L’inspecteur Harry Nelson est un enquêteur survolté. Le flegme anglais ? Vous le trouverez dans un autre roman, sans doute, mais là, non. Homme de terrain, Nelson ne ménage pas sa peine, utilise au mieux les capacités de ses enquêteurs, et va au bout des pistes qui se présentent à lui, sans rien négliger. Côté vie privée, il ne se ménage pas non plus. Marié, deux filles, il essaie de mener une vie de famille, une vie de couple presque sereine. Oui, tout est dans le presque, comme souvent, mais Nelson aime les siens, personne ne peut dire le contraire.
Pour ces deux personnages singuliers, pour des personnages secondaires qui le sont tout autant, et qui se découvriront peu à peu au cours de la lecture, il fallait une intrigue qui l’est tout autant. La découverte du squelette d’un enfant décapité n’est pas une affaire banale. Pas de faux suspens : le lecteur sait le plus vite que la technique le permet que nous ne sommes pas face à une tombe médiéval. Comme le lieu a été il y a quelques décennies un orphelinat, le lecteur a forcément des références, des clichés qui lui viennent, surtout quand il apprend que deux enfants, frère et soeur, ont disparu et que nul, en dépit des recherches effectuées, ne sait ce qu’il est advenu d’eux. Cold case ? Oui, presque, parce que Nelson va aussi relancer cette enquête, retrouver des personnes qui ont vécu dans cet orphelinat. Le prêtre, d’abord, qui, à prêt de 80 ans, semble avoir conservé la même bienveillance. Un ancien pensionnaire, qui garde un bon souvenir de lui et de cet époque. Une soeur, tourmentée par l’âge et la maladie. Les propriétaires aussi, dont la volonté de transformer les lieux a conduit à retrouver le corps, ainsi que celui d’un chat décapité. Nelson retrouve aussi un des policiers qui a enquêté pendant les années 70 et se souvient de l’énergie déployée à l’époque.
Energie, oui, c’est le mot qui domine vraiment parce qu’à la force déployée par les enquêteurs pour découvrir la vérité s’oppose une autre force qui fait tout pour nuire à l’enquête. Pas les traditionnels bâtons dans les roues des puissants pour que l’on ne sache rien, non – bien trop classique. C’est à la fois plus subtil et plus violent.
Si vous aimez les romans policiers, la mythologie, si vous savez que l’homme est capable du meilleur mais aussi du pire, si vous êtes capable de regarder en face sa cruauté et sa violence, alors vous aimerez lire ce livre.

Homicides multiples dans un hotel miteux des bords de Loire de LC Tyler

Mon résumé : 

Elsie, charmante agent d’auteurs, découvre Ethelred se cache dans un hôtel des bords de Loire – un an qu’il n’a pas donné signe de vie ! Elsie rapplique illico. Las ! Non seulement un congrès de philatéliste s’y tient, mais encore un meurtre a été commis. Tous se retrouvent assignés à résidence dans le charmant et pittoresque hôtel.

Mon avis : 

Si vous êtes allergique à l’humour et/ou si vous êtes chauvin, passez votre chemin ! Vous détesterez ce livre. Par contre, si vous avez envie de suivre l’itinéraire de deux enquêteurs pas doués du tout mais qui sont persuadés de l’être, le tout remplis de moments très drôles, vous êtes au bon endroit.
Il s’est passé un an depuis l’intrigue de la Fiat rouge (que je n’ai pas encore lu) et Elsie retrouve avec surprise Ethelred. Elle a un aveu à lui faire, mais celui-ci attendra : il est plus urgent et je ne parle pas de l’écriture du dernier manuscrit de notre auteur de troisième zone. Comme le dit si bien Elsie : Les petits garçons s’attirent toujours des ennuis, mais on ne leur en veut jamais longtemps, pas vrai ?
Le petit garçon revient des Indes, après quelques déboires sentimentaux. Il loge dans un hôtel qui n’a certainement reçu aucune étoile dans aucun guide. Oui, cela existe, si l’on cherche bien (note : il est même des hôtels avec étoiles qui à certaines périodes de l’année, laissent franchement à désirer). En revanche, dans la belle ville de Chaubord siège une magnifique chocolaterie, qui confectionne des chocolats tout aussi splendides. Idéal pour Elsie ! Ne ratez pas sa merveilleuse évasion de l’hôtel prison pour acquérir un ballotin de ses merveilles.
Et l’enquête ? Elle progresse, et pas grâce à nos enquêteurs émérites, avec ou sans chocolat. D’ailleurs, Elsie a son mot à dire sur la chose : Ma foi, songeai-je, c’est une bonne chose que le contribuable français ignore qu’il est loin d’en avoir pour son argent. L’enquête n’avait démarré que deux jours auparavant et ils partaient déjà la queue entre les jambes. Maigret devait se retourner dans sa tombe.
Les enquêtes d’Elsie et Ethelred sont drôles et reposantes, pas inoubliables, certes, mais ce n’est pas ce qu’on leur demande.

Mort mystérieuse d’un respectable lord anglais dans la bibliothèque d’un manoir Tudor du Sussex

Présentation de l’éditeur :

Findon, province du Sussex. L’écrivain Ethelred Tressider a décidé de délaisser pendant un temps le roman policier pour se consacrer à sa grande œuvre littéraire. Au grand dam de son agent, Elsie Thirkettle, que la littérature intéresse surtout pour son aspect commercial. Pour apaiser les tensions qui règnent entre eux, ils s’affrontent au Cluedo et sortent dans le grand monde. Comme ce fameux soir où Sir Robert Muntham, un ami d’enfance d’Ethelred ayant fait fortune dans la finance, les convie à dîner avec quelques notables.

Mon avis :

il est difficile d’être un auteur de troisième zone – très. il est encore plus difficile d’être son agent, surtout quand il faut sans arrêt stimuler son auteur, qui écrit sous trois pseudonymes des polars, des polars historiques et des romans sentimentaux avec autant d’absence de talent. Il suffit de lire les extraits de son tout nouvel opus pour comprendre qu’il aurait une chance s’il concourait dans la rubrique « roman historique humoristique ».
En attendant, Ethelred (tel est le vrai prénom de notre romancier) est invité par un ancien ami qui vient tout juste de s’offrir une magnifique maison – plutôt un manoir. Robert présentera à cette occasion sa nouvelle épouse, dotée quasiment d’un nouveau physique et aussi quelques invités triés sur le volet, dont une auteur, Felicity Hooper, que l’agent d’Ethelred, Elsie, a eu la très bonne idée de ne pas prendre sous son aile, refusant son tout premier manuscrit. Felicity ne s’en mord pas vraiment les doigts, quant à Elsie, elle a suffisamment de répondant pour faire face et secouer les puces d’Ethelred. A force de se comporter comme le petit chien-chien de la châtelaine, il pourrait bien en attraper quelques-unes !
Non, parce que je ne vous l’ai pas encore dit mais le sus-dit nouveau châtelain est retrouvé assassiné dans une bibliothèque fermée, au beau milieu du charmant dîner qu’il donnait, entouré de tous ses amis. Toute ressemblance avec un roman d’Agatha Christie n’est absolument pas fortuite.
La police… n’enquête pas. Pour parodier l’auteur, elle n’est pas vraiment Sherlock Holmes. Ethelred et Elsie non plus, mais le premier met beaucoup de bonne volonté à enquêter (quand il n’est pas obnubilé par la jolie châtelaine) et la seconde ne manque pas d’énergie. Vont-ils faire triompher la vérité tout en dégustant des tasses de décaféiné ? Là est la question.
Lc Tyler signe là un roman policier très drôle – seule la chute est un peu décevante. Cependant, je lirai avec plaisir une autre de ses oeuvres.

Agatha Raisin, tome 3 : pas de pot pour la jardinière

Présentation de l’éditeur :

De retour dans les Cotswolds après de longues vacances, Agatha Raisin découvre que son voisin James Lacey, objet de tous ses fantasmes, est tombé sous le charme d’une nouvelle venue au village. Aussi élégante qu’amusante, Mary Fortune est une jardinière hors pair, et la journée portes ouvertes approchent.

Mon avis :

« J’ai fait trois fois le tour du monde ». Ah, pardon, je m’égare, je suis en train de reprendre les Cloches de Corneville, grand succès de l’opérette. Il n’empêche : Agatha revient d’un long voyage et… bof. Elle se surprend à aimer de plus en plus le petit village où elle vit depuis sa retraite dorée.
En son absence, miracle : pas un meurtre. Peut-être justement parce qu’Agatha n’était pas là, aurait lancé une toute nouvelle habitante du village, Mary. Elle semble pourtant charmante, tout le monde l’apprécie, y compris James Lacey, pour lequel Agatha soupire toujours en secret. Cependant, Agatha a changé – et oui. Elle sympathise avec Mary – ne peuvent-elles être toutes les deux amies avec James ? Ne peuvent-elles pas être toutes les deux amies ? Après tout, Mary et Agatha sont toutes les deux des étrangères dans ce village !
Agatha s’est de plus trouvée un nouveau dada – non, elle ne s’est pas mise à l’équitation. Elle se lance dans le jardinage, discipline dans laquelle elle est aussi douée que la cuisine. Le fait que Mary et James jardinent tout deux n’est pas du tout en lien avec cette décision, non.
Bref, tout va bien, absolument tout. Agatha retrouve ses chats, ses amis, reprend le rythme de la vie au village, se met même au régime, et … quelqu’un saccage les uns après les autres les jardins des participants au concours – non, parce qu’il y a un concours, sinon, à quoi bon jardiner ? (Note : à quand un concours mêlant cuisine et jardinage, avec l’obligation de cuisiner des produits de son potager ? La police enquête, et Agatha ronge son frein, parce que, franchement, elle n’est pas très efficace. Surtout, le pire survient bientôt : un meurtre est commis et c’est Agatha, accompagnée de James, qui a découvert le corps, placé de manière à humilier la personne assassinée. Qui a pu commettre ce meurtre ?
Agatha a beau être sous le choc, elle ne va pas rester sans rien faire, même si presque tout le monde lui dit de ne pas le faire et que James constate que… Agatha est devenue raisonnable. Enfin presque.
Lire ce roman est agréable, pas tant pour l’aspect policier mais pour la peinture de la vie dans un petit village anglais, village que les londoniens en visite peuvent critiquer vertement pour leur moeurs, eux qui les accusent de consanguinité et de sorcellerie, eux qui trouvent leurs meurtres plus civilisés. Mais bien sûr.
Ce qui est certain est l’attachement d’Agatha pour son village, et l’attachement que certains villageois ont pour elle. Qu’en sera-t-il dans le tome suivant, alors qu’Agatha s’apprête à passer six mois à Londres ? Vous le saurez…. demain.

Tels des loups affamés d’Ian Rankin

Mon résumé :

Un gagnant du loto, un éminent juge d’instruction. Leur point commun ? Ils ont été menacés de mort, comme châtiment d’un crime commis dans le passé, et ont été exécutés. Une autre personne a été menacé mais n’a pas été tuée. Jusqu’à quand est-il en sécurité ?

Mon avis :

Revoilà John Rebus ! On croit s’être débarrassé de lui, et bien non, pas du tout. Fait rare dans l’histoire des romans policiers, il est à la retraite, si, si, et bien décidé cette fois-ci à le rester, et à s’autoriser sa petite sortie journalière afin de s’hydrater avec régularité.

Malcolm Fox et Siobhan Clark vont bien et enquêtent. ils doivent cependant convaincre un honnête citoyen de porter plainte parce qu’on a tout de même tenter de le tuer, on lui a tiré dessus. Non, pas question qu’il parle à la police. C’était un accident. Parler à John Rebus ? Oui, peut-être. Le nom de cet honnête citoyen si soucieux de n’ennuyer personne ? Big Ger Cafferty.

Des années à s’affronter, cela laisse des traces, et Rebus se retrouve seule aide possible pour Cafferty. Pas de retraite pour lui non plus : les Stark père et fils essaient de lui piquer son territoire, et son successeur a beau être doué, c’est un coup à vous filer des sueurs froides. Ajoutez que la police (pas l’équipe de Malcolm et Siobhan) a mis au point une opération pour faire tomber les Stark et vous comprendrez que la situation n’est confortable pour personne.

Oui, ce roman est de construction classique. Et alors ? Retrouver Rebus tel qu’en lui-même et son adversaire de toujours est un plaisir. Ce que découvre Rebus par contre est loin d’être joyeux. Impunité des puissants, difficultés pour les policiers et les journalistes de faire correctement leur travail – enfin, pour ceux qui en ont vraiment envie – ne sont pas des thèmes nouveaux. Les faits que dénoncent l’auteur ont lieu non seulement parce que certains trouvent, grâce à l’argent et le pouvoir, des personnes prêtes à fermer légalement les yeux sur leur turpitude, mais aussi parce que les victimes ne trouvent personne qui se soucient de leur sort. La seule lueur d’espoir (groumpf) est qu’aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, les journalistes pourraient dénoncer plus facilement ce qu’ils ont découvert. Oui, l’espoir est mince.

Je n’ai garde d’oublier une certaine guerre des gangs – se frotter à Big Ger et son successeur n’étaient pas une bonne idée, quel que soit le camp auquel on appartient. Je n’ai garde d’oublier non plus les ravages que des événements récents ont pu causer. Et ce sont toujours les plus faibles qui paient le prix fort, quoi qu’on dise.

Au plaisir de retrouver John, Malcom et Siobhan encore longtemps,e t de voir John développer l’art d’être grand-père.

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