Archive | 28 décembre 2013

Wilma et l’énigme des coeurs gelés d’Emma Kennedy

Mon résumé :

L’île de Cooper est magnifique. Coupé en deux par la grâce dont ne sait quel bureaucrate fou, il ne fait pas bon vivre dans le bas de l’île, et encore moins y être orphelin. Dans ce cas-là, le sort d’Oliver Twist ou de David Copperfield est presque enviable ! Reste, pour s’en sortir, l’imagination et la chance. Wilma, l’héroïne de l’histoire, est en effet placée comme domestique dans le haut de l’île, et elle rencontre l’homme qui la fait rêver depuis qu’elle est toute petite (même si à dix ans, elle n’est pas bien grande) Théodore L Lebon, le célèbre détective. Et justement, une nouvelle énigme est offerte à sa sagacité, et à celle de l’inspecteur Lecitron : la disparition d’un diamant et le meurtre de deux habitants de l’île, retrouvés le coeur gelé.

Mon avis :

Les héroïnes orphelines se suivent, et ne se ressemblent pas. Wilma n’a pas la chance de Pénélope, l’héroïne de Christopher Edge , c’est à dire d’être riche et libre de ses mouvements, elle est pauvre parmi les plus pauvres de l’île. Il n’y a pas grand chose qui plaide en sa faveur dit-on d’elle.

Ce qui la différencie des autres héroïnes, si nombreuses dans la littérature jeunesse ? Son extraordinaire volonté de devenir détective, et sa capacité à tout mettre en oeuvre pour y parvenir, et éviter d’avoir des ennuis avec la vieille dame qui la tourmente l’emploie. Ce n’est pas que Wilma soit particulièrement prudente, c’est juste qu’il ne faut à aucun prix qu’elle soit renvoyée à l’orphelinat. Le monde dans lequel elle vit est bien pire que celui de Rose et la maison du magicien d’Holly Weeb  : Wilma doit effectuer des tâches ingrates, insensées, et n’a aucun pouvoir magique pour s’évader. Elle a simplement une capacité de déduction et une débrouillardise bien supérieure à celle des autres enfants – normal, quand on a grandi dans un milieu particulièrement hostile.

Ce qui fait vraiment l’originalité de cette série est la voix de son narrateur, omniprésent et bourré d’humour. Il nous avait prévenu : le pire est à craindre. Et le pire arrive. Il s’agit de ne pas décevoir le lecteur, qui aurait mieux fait de ne pas tourner la page – il avait été prévenu ! L’univers de Wilma est rempli de fantaisie, de trouvailles, de personnages originaux finement croqués, y compris Pétrin, le chien bien nommé, ou l’inspecteur Lecitron, amoureux timide, transi, et gourmand pour compenser sa timidité.

Ce livre est un bonheur de lecture, à partager avec les plus jeunes.

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La disparition de Maura de Tess Gerritsen

couv34366315édition Presse de la Cité – 324 pages.

Présentation de l’éditeur :

Lors d’un colloque sur la médecine légale dans le Wyoming, Maura Isles retrouve par hasard Doug, un ancien camarade de faculté qui, au terme d’un dîner, l’invite à passer le week-end dans la région avec lui, sa fille adolescente et un couple d’amis. Bien qu’entamée sous de joyeux auspices, l’expédition vire au cauchemar quand Doug, sur les conseils du GPS, choisit une route sinueuse qui les mène tout droit dans un fossé. Pris au milieu d’une tempête de neige, le groupe est contraint de poursuivre à pied. Par chance, les voyageurs tombent sur un hameau où se réfugier.

Mon avis :

Bienvenue dans le Wyoming, région paisible, où l’herbe est verte et où il ne se passe jamais rien !  Ah, si un colloque de médecine légale pendant lequel Maura retrouve un ancien camarade fac – vous me direz qu’il est normal de retrouver un légiste dans un colloque de légiste. Là où l’histoire prend une autre tournure, c’est que celui-ci se trompe de route et échoue dans un village abandonné, en pleine tempête de neige. Maura Isles a décidément le chic pour se retrouver dans des situations plus que délicates.

De plus, elle se rend très vite compte que quelque chose ne tourne pas rond, dans cette maison abandonnée, elle découvre des preuves que des actes graves – un crime ? – ont sans doute eu lieu. Quand on est médecin légiste, on l’est à temps complet.

Ce qu’elle découvre est noir, bien plus noir que tout ce que l’on peut imaginer à première vue. Si vous pensiez que les précédents opus de Tess Gerritsen avait déjà sondé les noirceurs de l’âme humaine, vous vous rendrez compte en lisant ce livre qu’il était encore des domaines qu’elle n’avait pas explorés, des perversités dont on ne parle pas, tant elles sont inimaginables, même pour Maura, même pour Jane Rizzoli.

Y a-t-il de l’espoir au bout de la route ? Oui, mais il est mince, tenu, lié à la ténacité des victimes, à leur capacité non à vouloir s’en remettre coûte que coûte, mais à poursuivre leur route malgré ceux qui ont voulu les détruire, à utiliser des ressources, des qualités dont leur bourreau n’a pas tenu compte. La plus grande qualité d’une victime est de tout faire pour ne plus en être une à ses propres yeux.

La disparition de Maura est un roman que je n’ai pas eu envie de lâcher jusqu’à son épilogue, c’est dire s’il est habilement construit.

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