Archive | avril 2016

Te laisser partir de Clare Mackintosh

Quatrième de couverture :

Une mère accablée par la mort de son enfant. Un capitaine de police déterminé à lui faire justice, jonglant entre tensions familiales et obligations professionnelles.

Merci au forum Partage-Lecture et aux éditions Marabout pour ce partenariat.

Mon avis :

Ce livre est un premier roman, et bien cela ne se ressent pas à la lecture, tant l’écriture est maîtrisée. Pas maîtrisée dans le sens où l’auteur roule dans la farine son lecteur – avec un sujet aussi dramatique, ce serait mal venu – mais maîtrisée parce que l’auteur joue avec les mots, les différents points de vue employés et nous entraîne là où elle a voulu, nous amenant à nous interroger sur nos réactions non seulement de lecteurs, mais aussi d’homme, de femme, confronté à un fait divers.
Un enfant a été renversé par une voiture, il n’a pas survécu. Seule témoin : sa mère, et c’est par ses yeux que nous découvrons ce qui s’est passé. Il n’y a pas de doute pour le lecteur : ce n’est pas un simple accident. Puis vient l’enquête et, il faut bien le dire, les rouages de la justice anglaise. Enquêter, oui, encore faut-il qu’il y ait des résultats rapides. Une affaire a tôt fait d’en chasser une autre, le budget est un impératif à prendre en compte – c’est tout juste si, à une époque où certains veulent tout, tout de suite, il existe encore une possibilité pour mener une enquête sur une durée non déterminée, et ce n’est pas la seule faille du système judiciaire qui apparaît au cours de cette intrigue. Les deux enquêteurs prennent le risque de continuer à enquêter – ce qui n’est pas le moindre des paradoxes quand on est policier. Ils seraient presque classiques, sinon, tel ce vieux briscard qui ne se rend pas compte que sa femme ne se satisfait pas de son rôle de mère au foyer et qui se laisse aller, un peu, avec sa jeune collègue.
A l’opposé, ou presque, se trouve Patrick, un personnage presque trop parfait. Il est vétérinaire, sauveteur, il a aussi une blessure intime, mais il va de l’avant, pense aux autres avant de penser à lui-même. Si nous avons rencontré ce personnage, c’est par le biais de Jenna qui n’est pas le personnage qui met le plus mal à l’aise dans ce roman (je ne suis pas très originale en disant qu’il s’agit de Ian), mais celui qui est le plus oppressé, le plus souffrant, celui dont on a envie de panser les blessures – y compris, pour ma part, jusqu’au coup de théâtre, qui fait de ce roman quasiment deux romans en un.
Il y aurait encore tant de choses à dire. Sur les médias, par exemple, qui font des papiers-événements, jugent, au lieu de livrer un vrai travail journalistique. Sur ceux, aussi, qui considèrent l’être qu’ils disent aimer comme un objet dont ils peuvent disposer. Sur la capacité qu’ils peuvent avoir à isoler cette personne, et les conséquences pour celle-ci.
Te laisser partir est un roman fort et réussi, à recommander à tous les amateurs de romans policiers qui ne se contentent pas d’être des romans policiers.

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Le prince disparu de Frances Hogdson Burnett

Présentation de l’éditeur (extrait) :

Marco Loristan a douze ans. Exilé de Samavie, il habite à Londres avec son père, Stefan, dans un appartement miteux. Père et fils sont patriotes ; tous deux rêvent d’un retour à l’âge d’or de Samavie, avant la mystérieuse disparition du jeune prince et le début de la guerre qui déchire le pays depuis cinq cents ans. Malgré leur pauvreté, Stefan a toujours insisté pour que Marco ait une excellente éducation ; il parle couramment plusieurs langues, possède un talent certain pour le dessin et connaît la géographie de son pays sur le bout des doigts. Lorsqu’il n’étudie pas, Marco sillonne la ville de Londres en compagnie d’une bande de gamins des rues et s’invente leader de la révolution samavienne dans un jeu passionnant. Mais le jeu devient réalité.

Merci à Babelio et aux éditions Zetel pour ce partenariat.

Mon avis :

Etant plus jeune (bien plus jeune), j’ai lu Le petit lord Fauntleroy, le jardin secret. Aussi, quand Masse critique jeunesse a proposé un roman inédit de Francs Hogdson Burnett, j’ai posé ma candidature et j’ai été ravie d’être acceptée.

Ce qui m’a frappé en premier c’est que nous faisons très rapidement connaissance avec les personnages, leurs façons très particulières de vivre, dans une fuite certes perpétuelle, dans un confort tout relatif, mais Stefan n’a jamais négligé les moyens d’éduquer son fils, même si ces moyens ne sont pas conventionnels. Il faut dire que, si le danger n’est pas présenté clairement, le lecteur comprend bien que Stefan fuit quelque chose et cherche à protéger son fils, et, pour le protéger, il préfère lui donner les moyens de le faire par lui-même, et d’être toujours sur ses gardes. Trop difficile pour un enfant, dira-t-on. De manière plus proche de nous, certains enfants ont survécu en apprenant la prudence, en multipliant les précautions.

Protéger ne veut pas dire « cacher », et Marco est libre d’avoir des amis, et s’il ne peut leur dire la vérité, du moins leur ment-il le moins possible. Il a également appris à aller au-delà des apparences, ce qui lui permet de devenir ami avec Ratcliffe, dit Le Rat, parce que son handicap le force à se déplacer comme un rat – ou comment le handicap vous met définitivement au ban de la société, sans aucune possibilité d’intégration – alors de progression sociale n’en parlons même pas. Sevré d’amour, tel apparaît Le Rat, alors que Marco n’en a jamais manqué. Il n’est alors pas question de richesse, mais d’attention que l’on accorde – ou pas – à son enfant, sachant que le père du Rat avait trouvé un moyen bien particulier de rentabiliser son fils. La « bande » du Rat m’a fait penser aux enfants qui entourent Fagin dans Oliver Twist – sans Fagin, heureusement pour eux. C’est pourtant, dans l’un et l’autre cas, le même constat d’abandon. Tout dépend de qui parvient à ressembler et à fédérer autour de lui.

Deux espaces-temps se retrouvent dans ce roman, Londres, bien sûr, et ses quartiers pauvres, mais aussi  la Samavie, petit royaume européen, dont l’histoire renvoie le lecteur cinq siècles plus tôt. Un royaume presque de conte de fées, qui n’attend pas le réveil de la belle au bois dormant mais le retour de son prince disparu. Et nous ne sommes pas dans un conte de fées, puisque les guerres n’ont cessé d’émailler la destinée de ce pays – tout comme dans l’Europe centrale, aux mêmes périodes – et ne cesseront pas tout au long du roman. Certes, Marco et son ami surmontent des épreuves au cours de leur aventureux voyage, mais il en a fallu, du temps pour parvenir à ce point, pour que l’aventure, enfin, soit possible. Et s’il est une leçon à retenir, elle est bien de ne jamais se fier aux apparences, d’oser toujours aller au-delà.

S’il est question de combat, il est question aussi de méditation, de paix intérieur. Marco ne cherche pas la guerre, il cherche la paix. Et si le mot non-violence n’est pas prononcé, Marco évite le plus possible tout agressivité, toute violence, ce dont ses adversaires sont incapables. N’allez pas croire, pourtant, que ce roman soit moralisateur : le narrateur, qui transparait de temps en temps, se garde bien de seriner une leçon de morale, l’exemple suffit.

Le prince disparu, un roman de littérature jeunesse à redécouvrir.

13 de Pieter Aspe

Présentation de l’éditeur :

«Consumatum est» : tout est consommé. Deux mots en latin tracés au feutre sur le cadavre d’un homme dans une chambre d’hôtel, une carte de crédit et des cartes de visite au nom de Wim Raes pour seuls indices. Règlement de comptes ? Crime sado-maso ? Vengeance d’une maîtresse éconduite ?

Mon avis :

Je serai assez brève. Même si les romans de Pieter Aspe restent plaisants à lire, celui-ci ne restera pas mon préféré. Ce n’est pas la faute de l’intrigue, qui repose sur des thèmes classiques tout en étant assez alambiquée. Non, c’est plutôt la faute au cadre du récit : Van In prépare son mariage avec Hannelore, et ceux-ci nous rejouent des scènes du dépit amoureux. Hannelore s’énerve pour un rien – comme si elle ne connaissait pas Van In. Lui-même dépasse les bornes encore plus que d’habitude et Hannelore de se demander si oui, vraiment Van In tient à se marier.

Point positif : nous en apprenons un peu plus sur le passé de Van In. Point négatif : il n’en sort pas vraiment grandi. Certes, leur comportement de midinette n’empêche pas Van In et Hannelore d’enquêter, et la Duvel de couler à flots. Il n’empêche : je pense que j’oublierai très vite cette enquête.

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N’oubliez pas de tomber amoureuse à Paris de Mademoiselle Peppergreen

Merci aux éditions Mazarine et à Marie pour ce partenariat.

Merci aux auteurs pour leur dédicace.

Présentation de l’éditeur :

Gemma Singer, franco-américaine, vient d’obtenir un diplôme de journaliste à Boston. Elle décroche un poste dans une grande société de production audiovisuelle française. Entre les stars capricieuses et les producteurs télévision farfelus, elle peine à s’adapter. Pourtant, elle tombe bientôt sous le charme de Martin, le présentateur de Lost in music, l’émission sur laquelle elle travaille.

Mon avis :

Il est une phrase que j’entends souvent, concernant la lecture : il faut sortir de sa zone de confort. J’en suis sortie avec ce livre, moi qui lis principalement des romans policiers ou des livres qui sont liés aux guerres, quelles qu’elles soient – comme quoi, le terme « zone de confort » est vraiment différent pour chaque personne.

Je pense que les amateurs de romance, de chick-litt, de télévision et de variété, bref, ceux qui ont aimé Le diable s’habille en Prada – livre que j’ai à peine commencé avant de l’abandonner – ou que la ville de Paris fait rêver (je suis en désaccord avec la phrase finale du livre, mais cela n’engage que moi) aimeront ce livre. La fan de romans policiers que je suis a trouvé cette lecture légère, et davantage écrite pour une lectrice plus jeune, qui peut davantage s’identifier aux déboires de l’héroïne, à ses difficultés à rentrer dans la vie active.  La vie amoureuse de Gemma Singer est quasi-vide, mais je reconnais qu’elle n’a pas vraiment envie de la construire, après une rupture, il y a un temps pour tout. Enfin… jusqu’à un certain point du roman – je ne vais pas tout raconter. Sa vie personnelle, entre maman qui veut la relooker et lui a trouvé son premier job, ses copines très directives, ses collègues qui sont parfois autant d’adversaires, est celle d’une très jeune femme, qui se laisse porter, qui suit le mouvement impulsé par ses amies Marie ou Alexandra plus qu’elle n’impose ses décisions.

Gemma ne le dit pas noir sur blanc, mais peu à peu, à force de se faire rabrouer dans cet univers de strass et de paillettes (à l’image des micros de Maria Carey), elle est stressée et si, parfois, elle ose appuyer son point de vue, elle reste une petite fille face à ceux qui la rabrouent. Bien sûr, je ne dis pas qu’il n’est pas intéressant de voir l’envers du décor des émissions de télévisée qui sont très regardées (mais pas par moi), même si « toute ressemblance avec des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite », cependant le lecteur se rend très vite compte qu’il n’y a plus rien d’artistique dans ces émissions, ou alors vraiment très rarement (cf : Sting et son interprétation de Roxane) mais que le but est d’offrir aux chanteurs tout ce qui peut leur plaire, et au public de leur servir les tubes qu’ils aiment, sans prise de risques. Ou comment servir la soupe avec de bons effets spéciaux, tout en laissant le petit personnel s’en prendre plein la figure.

Ce livre, j’en suis certaine, trouvera son public. Je n’en fais pas vraiment partie.

Le royaume des perches de Martti Linna

Edition Gaïa – 188 pages.

Présentation de l’éditeur :

Ilpo Kauppinen, pêcheur taciturne d’une soixantaine d’années, ne vit que pour les perches, et Hilkka, son épouse. Lorsque celle-ci disparaît brusquement, Ilpo continue de pêcher sur le lac. Le capitaine Sudenmaa mène l’enquête, entre deux coups de fil de son ex, paumée alcoolique, et avec à la maison une ado presque-femme. Un polar au coeur de la Finlande.

Mon avis :

Bienvenue au coeur de la Finlande ! Le rythme de ce polar risque de surprendre les amateurs de péripéties rocambolesques et autres retournements de situations aussi rapides à écrire qu’à lire. Ce n’est pas tant que l’enquête prend son temps que l’enquête s’adapte au temps d’Ilpo, ce pêcheur de perches qui a appelé parce que sa femme avait disparu, dans le bungalow qu’ils louaient de mai à septembre – saison de la pêche oblige. En France aucune enquête n’aurait même été ouverte – Hillka est majeure, elle a certes disparu après avoir averti son mari qu’un homme essayait d’entrer dans le bungalow mais aucune trace de lutte n’a pu être trouvé. Son mari, même s’il a averti la police, est inquiet mais confiant. Et la pêche n’attend pas ! Seule la soeur de la victime est persuadée qu’Hillka a été assassinée par son mari. Fait troublant : la soeur en question est l’ex-femme d’Ilpo. Véritable walkyrie, elle est bien différente de sa terne soeur, douce maître nageuse et vestale qui passait des heures à attendre son mari pêcheur passionné, acceptant ses petites manies et ses petits travers.
Comment enquêter dans ses conditions, avec, de plus, des adjoints qui ne sont pas vraiment en phase avec leur seul et unique témoin ? Le capitaine, lui, fait ce qu’il peut, sans affoler Ilpo ( et ses poissons), sans avoir non plus réellement d’espoir. Huis clos lacustre, les protagonistes de cette histoire sont tous réunis autour de l’eau qu’aiment tant Ilpo et Hillka. Quant à Seika, la soeur de la disparue, elle met plus d’énergie à accuser son ex-mari, à l’humilier (et donner une image peu flatteuse de sa soeur) qu’à réellement recherche Hillka. Tous les moyens sont bons pour se venger, non ?
Comme tout bon policier, le capitaine a des soucis dans sa vie privée. Séparé depuis dix ans de sa femme Irene, il élève sa fille et palie comme il peut aux défections de son ex-femme, qui noie son mal de vivre dans l’alcool et les aventures sans lendemain. Cela aussi, le capitaine doit le gérer.
Les chapitres sont courts, et nous font découvrir les pensées, les sentiments des deux hommes du roman, Ilpo et Sudenmaa. Ce qui n’était pas prévu, c’est le dénouement bien différent de ce à quoi l’on pouvait s’attendre. Les polars nordiques valent décidément le détour.

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The Main de Trevanian

Présentation de l’éditeur :

Années 1970, Montréal. The Main, autre nom du boulevard Saint-Laurent, est la colonne vertébrale d’un quartier où prostituées, escrocs minables et clochards cohabitent avec les ouvriers et les nouveaux immigrants en quête d’un monde meilleur. Bourdonnant d’accents divers, mouvant et bruyant comme la foule qui s’ presse, the Main connait aussi son lot de crimes. Depuis trente ans, le lieutenant Claude La Pointe le parcourt en veillant jalousement sur “son” quartier. Accompagné d’un jeune policier qui s’étonne de ses méthodes peu orthodoxes, La Pointe enquête sur un meurtre commis au fond d’une ruelle de son territoire

Mon avis :

Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître – le Main, année 70. Je vous parle aussi d’une vraie police de proximité, quand les policiers connaissaient vraiment les personnes de leur quartier, et non se contentaient de maintenir une distance prudente. Claude La Pointe les connait bien, les laissés-pour-compte du Main, les clochards, les prostituées. Il ne les juge pas – phrase facile à dire, presque passe-partout de nos jours, sauf quand, dans le cas de La Pointe, elle se double d’une profonde empathie pour ses personnes. En revanche, ne comptez pas sur lui pour en avoir pour ceux qui profitent du système, et profitent des faiblesses des autres, de leur ignorance, pour asseoir leur (toute petite) puissance.
La Pointe enquête à sa manière, et ce n’est pas le petit jeune bien propre sur lui, bien respectueux des lois qui changera quoi que ce soir. Monsieur est choqué ? Tant pis pour lui. La Pointe lui colle le nez la réalité de la justice – ce n’est pas aujourd’hui qu’il se trouvera un successeur.
La Pointe est un solitaire – par la force des choses. Veuf très tôt, trop tôt, il s’est construit une vie imaginaire, tout en conservant une vie matérielle assez agréable, et une vie sociale bien réelle, avec d’autres cabossés de la vie.
Rien n’est rose dans The Maine, mais rien n’est tout noir non plus. L’espoir est mince, il existe, il faut juste, parfois, oser, saisir sa chance, et savoir profiter de chaque jour, et pas forcément penser au lendemain. Après avoir vu des choses affreuses, après avoir entendu des confidences indicibles, il est bon aussi, de le raconter. Et si ma critique est brève, c’est aussi parce que The Main est un roman qui se lit plus qu’il ne se critique.

 

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L’imagier des oursons d’Elisabeth Ivanovsky

Mon avis :

Oui, j’ai choisi ce livre à la bibliothèque pour valider un challenge – après tout, je lis ce que je veux, non ? Elisabeth Ivanosvky est une auteure d’origine moldave, qui a ensuite vécu en Belgique. Elle a écrit plusieurs albums pour enfants, dont cet imagier des oursons. Le livre a été édité pour la première fois en France en 1984, puis réédité en 2012, ce qui explique sans doute ses couleurs douces, ses dessins aux formes chaleureuses – je trouve parfois certains albums plus contemporains assez agressifs, avec des couleurs un peu trop vives à mon goût. Certes, l’enfance n’a pas à être cantonné dans des tons pastels, mais j’ai beaucoup apprécié l’art de la nuance exprimé par les couleurs utilisées. Les tuiles du toit, les murs, même les vêtements des ours ne sont pas unis, le pelage des différents membres de cette charmante famille nombreuse est représenté avec soin. D’ailleurs, nous voyons ses ours « en mouvements », et je me dis que cet imagier peut permettre non seulement d’apprendre de nouveaux mots, mais aussi d’inventer des histoires.

La maison comporte plusieurs pièces, et l’extérieur n’est pas oublié non plus. Je me dis cependant que certains mots étonneront les plus jeunes, qui n’ont pas forcément de chauffe-eau de cette forme dans la salle de bain ou de cuisinière ainsi faite – de même que l’on ne conserve plus les aliments dans le grenier, et qu’il est rare de trouver des chapelets d’ail dans une cave. En dépit de sa date de parution française, cet album me paraît plutôt dater des années 60. Et si papa ours se promène de page en page, et rentre les provisions, si maman ours a eu sept oursons, si grand-mère ours tricote et veille sur le petit dernier, l’absence de grand-père me paraît elle aussi significative d’une époque où l’espérance de vie était plus courte qu’aujourd’hui, surtout pour les hommes ayant vécu une ou deux guerres.

L’imagier des oursons est un joli album à partager.