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Le pas du renard de Claude Izner

Présentation de l’éditeur :

En ce printemps 1921, Paris se relève difficilement de la guerre. La vie est chère, le travail se fait rare, se loger pose problème. Jeremy Nelson, jeune pianiste américain passionné de jazz, vient tirer le diable par la queue dans la capitale, à la recherche de ses origines. Mais son engagement au sein d’une troupe de cabaret de Belleville va déclencher une véritable série noire. Qui exerce un chantage à l’encontre des artistes du Mi-Ka-Do pour qu’ils disparaissent les uns après les autres ? Prêt à tout pour survivre, Jeremy va s’avérer un adversaire coriace car, si infime que soit un grain de sable, il peut gripper les rouages d’une machination parfaitement huilée.

Mon avis :

J’aurai aimé vous dire que j’avais apprécié ce livre, que j’avais été conquise par cette nouvelle série. Il n’en est rien. J’ai lu ce livre, en entier, mais je ne poursuivrai pas avec ce nouveau personnage.
Ce que je n’ai pas aimé ? Tout d’abord, ce roman reprend le schéma des intrigues de Victor Legris. Un premier chapitre est consacré au tueur, au meurtre qu’il commet. Nous ne connaissons pas son identité, mais nous savons comment il a fait, et nous avons une idée de son mobile – même si elle n’est pas très précise encore, il ne fait pas non plus ôter au lecteur toute envie de poursuivre. Sans dévoiler son identité, je peux dire cependant que, contrairement à d’autres assassins de la série, il manque sérieusement d’envergure. Et quand bien même il en aurait, il est lassant de constater que ces livres ont tous la même construction. Il aurait fallu que le charisme des personnages nous le fasse oublier.
C’est d’ailleurs le défaut que je reprocherai à presque toutes les personnages, y compris Jeremy, pianiste de jazz en quête de ses origines, le manque de charisme. Ils sont certes tous nettement caractérisés, mais ils ne font que passer, le lecteur n’a pas le temps de s’attacher à eux. De plus, les caractériser physiquement ne leur donne pas forcément de la profondeur. J’ai préféré le chien Rip et ses actions héroïques à bien d’autres humains.
Le Paris des années 20 est bien décrit, faisant ainsi pencher la caractérisation de ce roman du côté « historique » plus que du roman « policier ». Rien ne manque, ou presque, pour montrer une ville de Paris, et ses habitants, qui peinent à vivre, à se loger, à se nourrir, entre hommes revenus du front en piteux état et femmes devant se débrouiller seules pour vivre – sans compter les orphelins.
Le dernier point qui fait que je ne poursuivrai pas la saga est que le temps a passé et que, en filigrane, nous reparlons de Victor, de Kenji, mais aussi de Joseph. Peut-être n’ai-je pas envie de savoir ce qu’ils sont devenus, vingt ans après le dernier tome de leurs aventures, préfère encore l’imaginer.

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Havre nuit d’Astrid Manfredi

Présentation de l’éditeur :

Une étudiante prend un homme en auto-stop sur une aire d’autoroute, un soir de 31 décembre, et entraîne l’inconnu dans une fête au Havre. Le lendemain, elle apprend le meurtre sauvage d’une fille qu’elle avait aperçue au cours de la soirée. Quelques années plus tôt. Laszlo est inscrit à la Sorbonne. Il sèche les cours et, au bistrot, observe une étudiante penchée sur ses cours de criminologie. Laszlo est amoureux mais c’est avec d’autres filles à la peau diaphane qu’il passera ses nuits. Il n’oubliera jamais Alice, devenue inspectrice. À défaut de la posséder, il laissera sur ses scènes de crime ce que seule Alice pourra trouver.

Mon avis :

Je n’ai pas lu La petite Barbare, et je ne pense pas lire ce premier roman d’Astrid Manfredi. Ce qui m’a attiré dans ce second roman est le fait que l’action se passait au Havre – la couverture du roman évoque d’ailleurs à mes yeux la géographie de cette ville, détruite puis reconstruite. Le roman se nomme « Havre nuit », il aurait pu s’appeler « Havre noir », tant le récit ne donne pas une image heureuse de cette ville.
Il est l’histoire de deux solitudes que rien ne vient réunir. Nous ne sommes pas dans un roman sentimental mais dans un roman policier noir et désenchanté, avec des aller-retours Le Havre/Paris, pour les études, pour les enquêtes. Laszlo et Alice sont tout d’abord deux enfants que leurs mères n’ont pas su (ou pu) aimer. Laszlo n’a pas été désiré, il n’a même pas servi à retenir son père, mort jeune, comme une icône de papier glacé. La mère d’Alice, malade, s’est pendue quand sa fille avait sept ans, ne supportant plus les souffrances que sa maladie lui faisait endurer. Rien n’est pire pour un enfant que de comprendre qu’un de ses parents a choisi de le quitter volontairement. Et tout l’amour, sincère, de son père, n’a pas entièrement compensé ce manque, ce vide si présent.
La solitude de ces deux êtres qui se sont croisées, frôlées, qui se sont souvenus mutuellement l’un de l’autre leur vie durante nous est contée par un narrateur (nous découvrirons son identité à la fin du récit) omniscient et extérieur à l’intrigue. Celuic-i fait la jonction entre ses deux êtres qui n’ont pas pris le temps de s’aimer et de se le dire, promenant leur jeune étrangeté dans le Paris estudiantin – comme si un amour entre eux était possible. Aimer prend du temps, s’aimer, s’estimer soi-même aussi – si l’une reste, l’autre préfère la suite et la satisfaction de ses pulsions. Le narrateur a de la tendresse pour eux, qu’il tutoie, du respect pour leurs parents respectifs, pour le père d’Alice, surtout, qui a trop de souvenirs pour parvenir à vivre avec eux.
Roman policier ? Oui et non, puisque nous connaissons le tueur, nous connaissons l’enquêtrice même si son milieu professionnel ne lui fait pas confiance, en tant que femme surdiplomée. Nous connaissons les victimes auxquelles le tueur ôte leur humanité. Nous connaissons les femmes qui ont été tuées par le biais d’Alice, qui essaie de leur rendre leur humanité, de reconstituer leur passé, leur rêve aussi. Plus qu’un roman policier, nous sommes quasiment dans une tragédie, tant le déroulement de l’intrigue semble inéluctable, Laszlo et Alice étant chacun prisonnier de ses pulsions, de ses névroses. A aucun moment, il ne semble possible, ni pour l’un, ni pour l’autre, (pour moi, les deux personnages sont liés) de suivre une autre voie. Et pendant que je l’écris, mon constat me semble très pessimiste, comme une nouvelle défaite pour les femmes.
Havre nuit, un roman noir et désespéré.

Les ombres de Brocéliande de Lynda Guillemaud

Présentation de l’éditeur :

Gabriel, jeune architecte parisien, apprend qu’il hérite d’un manoir en pleine forêt de Brocéliande, en Bretagne. Au début indifférent à cette bâtisse qui lui vient de ses grands-parents, Gabriel se laisse peu à peu séduire par la maison? et par Marion, la charmante notaire qui s’occupe de la succession. Une fois en Brocéliande, il apprend aussi à aimer cette mystérieuse forêt légendaire, tout en découvrant graduellement une histoire familiale dominée par la figure d’Eugénie, sa grand-mère paternelle.

Merci à Netgalley et aux éditions Librinova pour ce partenariat.

Mon avis :

Si j’ai eu envie de lire ce livre, c’est pour le lieu où se déroule l’action  : Brocéliande, forêt mythique (pour une fois, le mot n’est pas galvaudé) qui abrita les amours de Merlin et de la fée Viviane.
Gabriel, le personnage principal, est au départ très loin de s’intéresser aux mythes bretons. Il est architecte, son travail lui apporte des satisfactions, mais pas trop. Sa vie personnelle est vide : divorcé, fils unique, c’est avec stupéfaction qu’il découvre l’existence, ou plutôt la disparition de cette grand-mère et son héritage. Il ne part pas seulement à la découverte des lieux, il veut aussi découvrir son passé, et les raisons pour lesquels ses grands-parents maternels l’ont coupé de sa famille paternelle – définitivement. Lui-même ne s’était jamais vraiment posé beaucoup de question, jusqu’à aujourd’hui.
Ce roman n’a pas été désagréable à lire. Les descriptions de Brocéliande, la part de légende sont intéressants. Maintenant… j’ai trouvé que l’intrigue était un peu longue à démarrer (à peu près le tiers du livre). Certes, il faut poser les bases de l’intrigue, présenter les personnages mais après quelques pauses, les péripéties s’accélèrent et les solutions aux énigmes s’imposent, parfois de manière un peu trop mélodramatique à mon goût – les romances, les histoires d’amour pas vraiment possibles, les secrets de famille, ce n’est pas vraiment ma tasse de thé.
J’ai eu du mal, aussi, avec certains personnages féminins – pour ne pas dire avec tous. Avec Anne, la mère disparue de Jean « Surtout, Anne n’était qu’une femme et, même avec son mari, elle n’avait pas voix au chapitre.  » L’action ne se passe pas dans les années 50, mais à la toute fin des années 70. A ma connaissance, les femmes, même mariées, avaient gagné des droits, y compris celui d’avoir « voix au chapitre » (Note : il est des femmes qui l’avaient déjà, bien avant le début des années 70). Anne est la douce compagne qui canalise (ou pas) son mari et sa dépression plus que présente. Idem pour Alice, sa quasi alter-ego (Anne et Alice sont des prénoms qui vont souvent ensemble) qui a pourtant fait de hautes études mais… Je n’en dirai pas plus, si ce n’est que son comportement – et non son destin, là, on n’y peut pas grand chose -me rappellent aussi les années 50. Des femmes, finalement, très seules, qui n’avaient personne sur qui s’appuyer. Et même si le dénouement de ce roman est assez heureux, c’est tout de même la somme de souffrance que je retiens.

Peur sur le volcan de John Erich Nielsen

Présentation de l’éditeur :

Archie mon neveu ne m’écoute jamais ! Je l’avais pourtant prévenu que cette randonnée ne me disait rien qui vaille…Quelle idée aussi ! Grimper sur un volcan le jour de Noël, alors que nous passons des vacances sans histoires sous le soleil des Canaries. Deux morts ! Vous vous rendez compte ? Une touriste étrangère, et John Hatchington, le leader mondial de l’industrie pneumatique. Deux accidents à ce qu’il paraît…Dire que mon neveu aurait très bien pu lui aussi…mon Dieu ! Je préfère encore ne pas y penser.

Mon avis :

Ceci est le second tome des aventures d’Archie, policier écossais au physique improbable, qui s’accorde des vacances avec sa tante – ou plutôt, celle-ci l’a quasiment forcé à enfin se reposer. C’est qu’elle tient à lui, qui ne sait pas se montrer raisonnable ! Tout allait bien, presque trop bien en cette veille de Noël jusqu’à ce que notre enquêteur décide de partir en randonnée sur un volcan. Bien la peine de partir au soleil !
Dire que l’escalade est rude est un euphémisme. Les autres participants ne sont pas forcément non plus des randonneurs aguerris, et le guide pourrait s’arracher les cheveux, s’il avait un peu plus de loisirs. Les incidents humains ne sont pas les seuls en cause, la nature est toujours la plus forte.
Si l’intrigue tarde un peu à se mettre en place, le dénouement est suffisamment surprenant, inscrit dans l’air du temps (malheureusement) pour que la lecture en vaille la peine. La notion de « dommage collatéral » n’est pas un vain mot – et avoir des idées « de génie » peuvent avoir des conséquences que certains se refusent complètement à prévoir.

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Chroniques adaniennes, tome 1 : l’exil de Nathalie Thomas-Vernet

Présentation de l’éditeur :

Adana, un empire jadis florissant sur lequel régnaient les rois-dragons, se meurt. L’Empereur Baal ne possède pas les pouvoirs de ses ancêtres car son sang métissé l’a privé de l’Ahriman.
Les chroniques racontent que deux jumeaux viendront au monde, l’un porteur de l’Arta (sagesse et vérité), l’autre de l’Ahriman (colère et puissance). Ce jour est arrivé. Tandis qu’Adana va grandir au château, Shadizar sera élevé par Arganza, le général Daevas.
Devenu adolescent, Shadizar devra faire face à son destin, et fuir les pratiques incestueuses du palais.
Contraint à l’exil, le prince aux yeux bleus commence une quête qui le mènera dans les provinces en ruines jusqu’à Ba-Hasham où il devra mener son dernier combat contre son père et trouver la vérité.

Merci au forum Partage-Lecture et à l’auteur Nathalie Thomas-Vernet pour ce partenariat.

Mon avis :

Je reconnais que je ne suis pas une grande spécialiste de la littérature fantasy, et quelqu’un d’autre pourra sans doute faire une analyse plus poussée de cette œuvre. Je tiens cependant à préciser que j’ai beaucoup apprécié ce roman, dont les rebondissements et l’univers retiennent l’attention du lecteur.
Adana était un empire fleurissant. Il ne l’est plus, pas tant à cause du manque de pouvoir de son empereur que de sa personnalité. Baal a soif de puissance, de pouvoir, il est prêt à tout pour obtenir l’Ahriman. Et quand je vous dis « tout », je puis vous assurer que les pages de ce roman nous réservent bien des surprises sur ce que Baal envisage de faire – ou fait réellement pour devenir un roi-dragon. Que peut devenir un empire dans les mains d’un tel être ? Pour citer ce roman « Tous les pouvoirs de l’univers ne peuvent pas remplacer l’amour, la charité, l’affection. »
Comme souvent dans les romans fantasy, la prophétie repose sur la naissance d’un enfant, ou, dans ce cas, de jumeaux. Comme souvent, les jumeaux sont séparés pour leur bien – ou plutôt pour le bien des projets de Baal et des siens. L’empereur n’a pas vraiment la fibre paternelle, et certains de ses fils aiment bien trop les jeunes garçons en général, et un de leur petit frère en particulier. Ne cherchez pas : l’absence d’empathie, la cruauté autorisée, la paranoïa ne sont pas les signes de bonne santé d’une société. La révolte, la volonté de changer les choses, le courage de lutter contre l’hégémonie sont plutôt des signes de bonne santé – reste à savoir comment les forces en présence vont évoluer.
Nous suivons peu Adana, finalement, lui qui pourtant est pressenti pour être porteur du coeur de diamant. Élevé dans du coton, il a une personnalité qui reste assez transparente, lui qui n’a jamais eu besoin de lutter pour s’imposer – et n’a jamais réussi non plus à obtenir ce qu’il voulait plus que tout, la présence de son jumeau.
Tout autre est Shadizar. Même s’il a été victime des peurs de l’empereur et de ses proches, il a reçu ce qu’Adana n’a pas eu : un amour paternel sincère de la part de celui qui l’a élevé. Ce qu’il subit à l’adolescence le pousse à la révolte plus qu’à la résignation. Et c’est cette capacité de révolte, son courage, sa persévérance qui fait que le lecteur s’attache à ce personnage et s’inquiète de son devenir – attachement que Shadizar provoque également dans le roman, parce qu’il va de l’avant, s’expose au lieu de se résigner.
Les rois dragons reviendront-ils ? Le coeur de diamant se réveillera-t-il ? Ce n’est pas pour cette raison que Shadizar se bat – je vous recommande la lecture des scènes de bataille, particulièrement bien pensées et bien menées – mais pour être libres. Pas toujours facile à comprendre pour ceux qui n’envisagent que la domination à tout prix.
Après le coup de théâtre final, j’espère qu’un tome 2 verra le jour.

Le cri du corps mourant de Marcel Audiard

Présentation (succincte) :

François, dix ans, est kidnappé. Sa sœur Puce, quatorze ans, flanquée de quatre camarades de classe, mène l’enquête en parallèle de la police.

Merci à Netgalley et aux éditions du Cherche-Midi pour ce partenariat.

Mon avis :

J’ai beaucoup hésité avant d’écrire cet avis, non parce que je ne savais pas quoi penser de ce roman, mais parce que je savais très bien ce que j’en avais pensé : je ne l’ai pas aimé.
Pourtant, ma lecture avait bien commencé. J’aimais le jeu sur la langue, verte, imagée, percutante. Puis, au bout d’un moment, je me suis lassée, parce que cette langue finissait par nuire au déroulement de l’intrigue en surjouant l’existence d’un Paris populaire, d’un milieu (les truands, les prostituées et les policiers d’antan) pas forcément en adéquation avec ce qui nous est raconté, surlignant lourdement des clins d’oeil à l’actualité.
Je parle de « l’intrigue », je devrais plutôt dire les intrigues, entre l’enlèvement de François, celui d’Emma, jeune fille dépressive de bonne famille juive, l’alcoolisme de Raoul, le père de François et son étrange histoire avec le co-ravisseur de son fils, Ruby, les agissements du frère aîné de Mourad, un des proches de Puce, soeur aînée de François, sans oublier un incendie causant la mort de deux personnes, l’agression d’une petite vieille et celle d’un antillais baraqué. J’ai failli oublier une prise d’otage – probable que l’IGPN, chargé de l’enquête, ne l’oublie pas. Et, pour l’instant, toutes ses intrigues m’ont paru inachevées, avec des liens entre elles très ténues.
Surtout, je ne me suis attachée réellement à aucun personnage, si ce n’est Puce, Marie-Violette pour l’état civil – les prénoms désuets fleurissent dans ce livre. Avec Puce, la solidarité de l’ex anorexique que je suis fonctionne à fond, son ressenti est vraiment très réaliste. Elle se démène face à une mère pas formidablement compétente – je vous passe sous silence un fait peu crédible de nos jours (et quand je dis « un »), un beau-père noyé dans son égoïsme alcoolisé, une grand-mère aux idées surannées. Elle put compter sur ses copains pour l’aider, ou pour créer encore plus d’ennuis. Quant à la police… oublions-la, elle a ses propres soucis.
Le cri du corps mourant est un livre qui m’a donné envie de relire un de mes auteurs fétiches, mais pas de lire un second ouvrage de Marcel Audiard.

Caviar et nuit blanches de John Erich Nielsen

Présentation de l’éditeur :

Quand la mort surgit dans les eaux glacées du Pacifique, la croisière de rêve se transforme en un terrible cauchemar ! Le prospectus de l’agence était alléchant : Embarquez pour une croisière de rêve au large de la Terre de Feu. Naviguez une semaine dans le sillage des baleines bleues. Partez à la découverte d’icebergs aux proportions gigantesques. Du caviar pour les yeux… Comment résister ? Mais voilà… Depuis notre départ, la réalité s’avère bien différente. Avec l’été austral, le soleil ne se couche jamais. Je n’ai pas fermé l’oeil depuis trois jours. Hier, j’ai bien failli mourir gelé dans une tempête. « Un accident », m’a expliqué le capitaine. Enfin, ce matin, un passager allemand est décédé dans sa cabine. Décidément, le caviar promis me reste sur l’estomac. Une malédiction semble s’acharner sur le navire. A moins qu’il ne s’agisse de tout autre chose…

Mon avis :

Encore un enquêteur qui n’aurait pas dû partir en vacances ! Pourtant, l’année précédente, il avait déjà eu des vacances mouvementées, et pas seulement parce qu’il faisait de la randonnée. Aussi, sa tante a -t-elle pris des précautions : une croisière – et des icebergs. Et des russes, comme si cela ne suffisait pas.
Tout allait pourtant presque bien dans cette croisière, n’étaient les disputes entre russes et ukrainiens dont les activités sont assez douteuses. Tout allait encore mieux quand l’excursion à laquelle notre enquêteur écossais participe tourne mal – une habitude pour lui. Tout enquêteur devrait se souvenir que les seules vacances valables doivent se passer dans leur canapé ou dans leur sofa.
Huis clos particulier, Caviar et nuits blanches évolue dans un univers à la fois fermé et mobile, où les passagers lient connaissance alors que le personnel est dans l’obligation de se supporter, sinon de s’entendre au fil des saisons, tout en rêvant à un avenir qui ne serait pas sur un élément liquide. Pourquoi ce choix, ou plutôt ce non-choix ? Mettre de l’argent de côté, pour son ménage ou son installation, argent qui ne sera jamais suffisant pour mener à bien ses projets – ou dans un avenir très lointain.
Restent les crimes – euh, pardon, les incidents majeures. Tout le monde peut mourir de mort naturelle sur un bateau, il n’est guère qu’un médecin qui se rêve légiste et qu’un enquêteur en vacances pour vouloir découvrir toute la vérité. Non, parce que, rendre la justice, c’est beaucoup plus difficile.
Caviar et nuits blanches est un polar agréable à lire, à condition de ne pas être trop sensible au froid.

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