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Escalier B. Paris 12 de Pierre Lunère

Mon avis :

Je ne suis pas en train d’écrire un avis, non pas du tout, d’ailleurs, j’ai vraiment plein de choses à faire, et pourtant, je n’ai pas pu lâcher ce livre, je voulais à tout prix savoir comment il se terminait – et je ne voulais pas non plus quitter ces personnages !
Ce roman policier drôle met en scène Pierre, un concierge voyante et une policière cagole montée à Paris prénommée Marion-Lara. Leurs enquêtes paraissent d’abord totalement déjantées. Imaginez un peu que la policière demande l’aide de Pierre, puisque celui-ci a contribué à la rassurer lors d’une affaire qui la touchait directement. Déjantées, oui et puis pas seulement. Si l’on gratte un peu, on découvre l’insondable égoïsme de l’être humain, sa volonté de le garder pour soi celui ou celle qu’il aime, et non pas de vouloir le meilleur pour lui. Oh, je vous rassure, on croise de belles personnes pleines de vie et de volonté dans ce roman, comme Amelina ou Rémy Yen. On croise aussi beaucoup de personnes qui n’ont que faire de la norme et qui ont bien raison – l’immeuble, le quartier, comme un monde en miniature.
Un roman pour tous ceux qui aiment sortir des sentiers battus.

Merci à Netgalley et aux éditions Harper Collins pour cette découverte.

L’expérience de la pluie de Clélie Avit

Présentation de l’éditeur :

Camille et Arthur vivent dans une bulle. Pourquoi cette mère et son fils de 6 ans vivent-ils seuls, dans cette bulle ouatée en évitant tout contact et interaction avec le monde qui les entoure ? Tous les deux atteints du syndrome d’Asperger, leur quotidien est rythmé par un emploi du temps très précis et chaque contact physique, s’il n’est pas anticipé et prévu est une souffrance, parfois à la limite du supportable. Aurélien entre dans leur vie par hasard et fera peu à peu tomber les murs qu’elle a érigés autour d’eux.

Mon avis :

Je remercie les éditions Plon et Netgalley pour ce partenariat.

J’ai voulu lire ce livre parce que le sujet – l’autisme – m’intéressait. Et le problème n’est pas Camille et Arthur, une mère et un fils tous les deux autistes Asperger hypersensoriels, mais le problème est toutes les personnes qui les entourent. Trop, c’est trop : toutes les personnes de leur entourage ont un problème grave ou très grave, et à force, je me suis sentie noyée dans le trop de douleurs, comme si je me retrouvais moi-même hyper sollicitée par chacune de ses histoires qui se juxtaposent, se superposent les unes aux autres. C’était peut-être l’effet recherché, cependant, je n’ai du coup ressenti aucune empathie pour les personnages secondaires comme Eloïse ou Lucile – pour ne pas dire Caroline.

Puis, nous avons l’effet inverse : le pas-assez. Nous n’avons pas suffisamment d’informations pour appréhender le personnage d’Aurélien, ou alors ces informations viennent trop tard, un peu comme pour Lucile. Parfois, nous n’avons même aucune information, j’ai eu l’impression de rester dans un flou artistique concernant les relations entre certains personnages, les non-dits. Or, comme je suis quelqu’un de très terre à terre, j’ai vraiment besoin d’un minimum d’explication pour comprendre certains faits, surtout quand j’ai droit à des commentaires philosophiques et répétitifs.

Je n’ai pas oublié Camille et son fils Arthur. L’un des faits qui m’a étonné n’est pas qu’Arthur ne soit pas scolarisé mais qu’à aucun moment ( ou alors, j’ai mal lu), on ne lui propose un(e) AESH : tous les élèves atteints de troubles du spectre autistique que je connais en ont un(e), et cette présence a grandement favorisé leur scolarité, leur socialisation. Puis, Camille et Arthur sont autistes Asperger et ont strictement les mêmes troubles, ce qui me semble assez rare. Il est intéressant de mettre en avant l’hypersensibilité, cependant ce n’est pas le seul trouble dont ils peuvent être atteints – et j’ai trouvé souvent qu’Arthur avait un langage très mature pour son âge.

Pour résumé, en dépit d’un sujet intéressant, j’ai un peu l’impression d’être passée à côté de ce livre.

L’odeur de la colle en pot par Adèle Bréau

Présentation de l’éditeur :

Septembre 1991. Caroline a treize ans et intègre son nouveau collège. Avec ses parents et sa sœur Charlotte, ils ont quitté la banlieue pour s’installer à Paris, dans un appartement trop grand où les liens se distendent chaque jour. S’il voulait se rapprocher de ce travail qui le dévore, le père est pourtant de plus en plus absent. Quand il est là, c’est vêtu de ce blouson qu’il ne quitte plus, et de cet air qui semble dire son désir de partir loin. Autour de l’unique téléphone fixe de la maison se chuchotent les secrets d’une famille en plein chaos : le chagrin de la mère, la fuite du père et les tourments adolescents de l’héroïne, qui déroule le fil de cette année si particulière où l’enfance s’éloigne.

Merci à Netgalley et aux éditions Jean-Claude lattès pour ce partenariat.

Mon avis :

Ce roman pourrait être sous-titré : une année presque ordinaire dans la vie d’une collégienne. « Presque », parce que Caroline vivra des bouleversements, certes banals, mais des bouleversements quand même au cours de cette année scolaire. Nous sommes dans les années 90, et nous sentons bien les années 90. Non, contrairement à d’autres auteurs, Adèle Bréau n’a pas cru bon de dresser un catalogue de tout ce qui composait ces années-là, tel un vaste dépliant publicitaire. Elle montre ce qui faisait le quotidien de ses années, et le glisse dans le récit avec naturel – parce que cela l’était, à l’époque, comme il l’était, pour les parents, de cacher certaines choses à leurs enfants. Si le récit nous est entièrement raconté du point de vue de Caroline, nous en savons ainsi autant qu’elle, c’est à dire très peu, sur la vie de couple de ses parents, sur les dissensions qui ont pu régner dans leur couple, les relations avec leur famille également. L’une des familles est fréquentée de manière ritualisée, l’autre est passée complètement à la trappe, de manière quasi-institutionnalisée – et cela ne peut que rejaillir, au plus mauvais moment, tout comme les tourments intimes liés à la conception de leur deuxième enfant. Les liens sont d’ailleurs assez faibles entre Caroline et Charlotte, la petite soeur qui est encore une enfant alors que Caroline est une adolescente, avec ses problèmes d’adolescente et ce que l’on nommerait aujourd’hui de la dysmorphophobie. A l’époque, on ne disait rien, il s’agissait simplement d’une ado qui se trouve trop grosse, avec des parties de son corps trop affirmée, d’autres pas assez pour se plaire à elle-même – le regard des autres, le regard sur son comportement alimentaire nous renseigne sur ce qu’il en est vraiment.
Il est question de la banlieue aussi, pas celle dont on nous parle aujourd’hui, mais celle dont j’entendais parler étant enfant (j’ai le même âge que l’héroïne) : un lieu calme où l’on vivait assez bien. Autre trait des années 90 : l’importance de la carrière du père, qui travaille dur et qui mérite donc que toute la famille déménage pour qu’il puisse se consacrer davantage, et bien, à son travail. Sa famille ? Entre-t-elle vraiment dans l’équation ? Non. Pour la parité, vous repasserez également. Tout ce qui concerne la gestion de la vie quotidienne revient forcément à la femme.
Si parfois, l’on peut se sentir étouffé par les contraintes de l’époque (les joies du téléphone et de ses tarifs, l’absence d’internet), ce n’est aussi que pour mieux voir ce qui a changé par rapport à ces années, ou pour mesurer le chemin qui reste encore à parcourir, dans nos années où tout semble encore possible.
Quant au titre… combien de quadragénaires cherchent encore, et retrouvent l’odeur de la colle en pot de leur adolescence ? Beaucoup.

La nounou barbue d’Aloysius Chabossot

Présentation de l’éditeur :

Cathy élève seule ses deux enfants, Lucas et Pilou, dans un petit village au cœur de la Dordogne. Son quotidien est heureusement allégé par le soutien sans faille de sa tante Lulu. Jusqu’au jour où – catastrophe ! – tante Lulu tombe de l’escabeau et se retrouve immobilisée, les deux chevilles dans le plâtre. Cathy décide alors d’engager une aide pour s’occuper des enfants. Mais dans la région, les candidats sont rares… Pressée par le temps, son choix se portera sur le seul aspirant disponible, Elias, grand gaillard barbu tenant plus du bûcheron bourru que de la baby-sitter accomplie. Cathy parviendra-t-elle à composer avec cette nounou au profil pour le moins atypique ?

Merci aux éditions Eyrolles et à Babelio pour ce partenariat et aussi pour la rencontre qui a eu lieu le 18 avril 2019.

Mon avis :

Bienvenue en Dordogne. Non, je ne serai pas méchante, je dirai simplement que certains ne situeraient pas une comédie romantique dans un village – à moins qu’un palace n’y soit en construction, qu’un homme sublime n’en prenne la direction et qu’une jeune gourde, pardon, une jeune femme ravissante n’y cherche du travail. Là, nous sommes dans un authentique village, calme, serein, et Cathy n’est pas une jeune fille naïve. Elle a été quittée par son mari, au profit de sa secrétaire, et a donc dû se débrouiller, notamment pour faire garder ses enfants. Elle est coiffeuse, et le salon de coiffure du village est un peu le lieu où les potins s’échangent, un lieu de vie, un lieu de rencontre, animé en partie par l’inénarrable Ghislaine, dynamique et inusable. J’ajoute que Cathy adû se débrouiller, notamment pour faire garder ses enfants. Et oui, c’est un véritable problème à « Trou perdu les bruyères ». Aussi, a-t-elle la chance d’avoir sa tante Lulu pour la dépanner, si ce n’est que celle-ci est victime d’un accident malencontreux qui l’empêchera de mener sa mission à bien pendant trois mois. Oui, dit ainsi, on pourrait presque croire qu’il s’agit d’une mission secrète, dangereuse, périlleuse. C’est presque cela.
J’ai déjà dit qu’il était difficile de trouver quelqu’un pour garder des enfants – aussi, le casting pour trouver une baby sitter s’annonce-t-il compliqué ! Et le gagnant est… un homme ! Oui, peu de personnes confieraient leurs enfants à un homme, pour cause de très nombreux préjugés. J’ai presque envie de vous rassurer tout de suite : il faut vraiment oublier les préjugés, on ne sombrera pas dans un roman sordide. Nous serons dans un roman qui prend son temps, un roman de la renaissance – oui, je spoile presque, parce que l’on s’attend un peu à une partie du dénouement. On ne s’attend pas à d’autres, qui nous rappellent que les personnages ne sont pas coupés du monde. Certains thèmes abordés sont assez durs, comme le deuil, la dépression, la culpabilité, la résilience. L’auteur ne prétend pas que l’on oublie, il montre qu’il est nécessaire de vivre avec, de parvenir à vivre avec. Cela demande du temps, et c’est aussi pour cela que la fin du roman reste en partie ouverte.
Un roman divertissant, mais pas seulement.

 

Alger noire de Maurice Attia

Présentation de l’éditeur :

Alger, 1962 : un monde finit de se décomposer, bientôt l’Algérie sera indépendante et l’OAS mène son baroud d’honneur.Sur la plage de Padovani, à Bâb-el-Oued, deux gamins ont trouvé les corps d’Estelle et de Mouloud : une balle dans le cœur pour elle, une autre dans la nuque pour lui et trois lettres gravées sur son dos…Paco Martinez, inspecteur de police qui refuse envers et contre tous de prendre parti dans cette guerre, va, avec un acharnement dérisoire, s’emparer de cette affaire pour échapper à la guerre civile et fuir le chaos de son univers.Épaulé, un temps, par Choukroun, son coéquipier et ami, puis par Irène, sa flamboyante maîtresse, Paco, fils d’un anarchiste espagnol assassiné durant la guerre d’Espagne, sera inévitablement rattrapé par son histoire lorsque sa grand-mère, sombrant, à l’image de la ville, dans la démence, lui fera perdre quelques illusions.

Mon avis :

Roman policier historique qui nous rappelle qu’il ne faut pas nous habituer. A quoi, me direz-vous ? A l’indifférence. Si vous regardez des séries télévisées, vous êtes confrontés à des explosions en pagaille, qui entraînent sans doute des morts mais chut ! on n’en parle pas. A Alger, en cette année 62, les explosions, c’est à dire les attentats, sont fréquents, quotidiens, on ne compte plus les morts, les assassinats en terme de représailles, les assassinats pour présomption de lâcheté, les assassinats pour se débarrasser de quelqu’un que l’on ne peut pas sentir et que l’on accuse de tout et de rien.
Aussi, le double meurtre sur lequel Paco Martinez enquête aurait pu passer à la trappe, si ce n’est qu’une jeune femme d’une bonne famille est l’une des victimes. L’autre ? Un algérien, donc tout le monde s’en moque ou presque. Idem quand son père est assassiné à son tour. Cinq cents meurtres ont été commis, la police est débordée. Seuls Martinez et Choukroun sont déterminés à enquêter, quitte à déranger – un peu, voire beaucoup, pour ne pas dire énormément, dans le cas de Choukroun.
Paco est le fils d’un anarchiste espagnol, sa grand-mère a trouvé refuge avec son petit fils encore enfant à Alger, et aujourd’hui, elle revit une nouvelle guerre avec les événements d’Algérie. Exclusive, débordante d’amour, elle n’apprécie guère Irène, la compagne de Paco. Oui, j’ai bien dit « compagne » : la flamboyante Irène se refuse à la vie commune, au mariage, elle a fui la bourgeoisie orléanaise dès sa majorité, ce n’est pas pour retomber dans les travers de la vie commune en Algérie. Puis, les « événements », elle les porte dans son corps : elle a perdu une jambe dans un attentat, elle a refusé de se laisser abattre.
L’enquête progresse, et nous entraîne dans des directions totalement inattendue, précipitant des drames, dévoilant des tragédies intimes. Des lâchetés aussi, celles de la bonne bourgeoisie qui ferme opportunément les yeux sur certains actes, certaines amours – la respectabilité et le confort de vie avant tout.
Livre désespéré ? Oui, parce qu’il nous montre un monde qui s’écroule, une justice impossible à rendre et des êtres en souffrance. Bref, un roman noir, un vrai.

Dans la maison de Philip Le Roy

Présentation de l’éditeur :

Huit lycéens d’une section Arts Appliqués ont l’habitude de faire la fête le samedi soir dans une maison de campagne isolée. Pour changer, l’un d’eux propose d’organiser une soirée frissons. Le but du jeu : effrayer les autres, et les faire boire. Mais avec des ados aussi créatifs, les bonnes blagues laissent bientôt la place à des mises en scène angoissantes. L’ambiance devient pesante. Et quand un orage éclate, le groupe se retrouve coupé du monde. Bientôt, des bruits étranges retentissent dans la maison, des pierres surgissent de nulle part, un garçon disparaît, puis une fille… La soirée bascule dans un huis clos horrifique.

Mon avis :

Attention, la lecture de ce roman peut vous causer un choc thermique. En effet, nous sommes bien face à un roman d’horreur pour adolescents, et pas seulement, les adultes peuvent l’apprécier aussi. Choc, parce que je vous mets au défi de trouver un seul de ses huit adolescents sympathiques. Ils sont tous imbus d’eux mêmes, ils ne vivent que pour leur art dont ils ont une vision très précise – le leur est forcément supérieur aux autres, leur conception de l’œuvre d’art aussi. Ils sont aussi adeptes de performance artistiques et sont capables de disserter indéfiniment sur elles. Ils sont jeunes, riches, beaux, ne vont surtout pas se mélanger aux autres et excluent les autres de leur petit groupe.

Ils se sont donc organisés un week-end dans la villa d’un des leurs, dans le but simple de se faire peur. l’objectif ? Etre le plus créatif possible pour effrayer les autres, et là, ils vont se surpasser, un peu trop même puisqu’un de leur camarade ne parviendra jamais à destination, et que des phénomènes réellement inexplicables ont lieu – ou pas : ils sont vraiment très fort pour créer des processus effrayants.

Alors oui, plus le roman avance, plus nous nous demandons jusqu’où nous irons – et si enfin, nous saurons ce qui est réellement arrivé. Effrayant ? Autant que créatif – autant que difficile de lâcher le livre une fois qu’il est commencé. Comme je ne crains pas les insomnies, c’était facile d’aller jusqu’au bout, avec un dernier chapitre tout aussi créatif que le reste du livre. Mention spéciale pour les parents indifférents à leurs progénitures, et pour les secrets de famille pas si bien gardé.

Une réussite ? Oui !

 

La terre qui demeure de Claude Michelet

Présentation de l’éditeur :

Jean Bordare est de cette race, sèche, noueuse, nerveuse, cette race qui est attachée à la terre depuis des siècles et qui se transmet, de génération en génération, le goût du travail, et l’amour presque charnel pour les quelques hectares qu’elle cultive… Mais on entend déjà, non loin de la vallée des Aulnes, le ronflement des bulldozers. Certains, dit-on, viendraient chercher de l’uranium, d’autres, investir bientôt dans de futures habitations… En ces années 1960, au nom du progrès, le paysage rural va définitivement changer. Dans la vallée, Bordare est le seul paysan à ne pas vouloir vendre ses terres, même à prix d’or. Il est seul contre tous pour que sa terre demeure…

Merci à Netgalley et aux éditions Presse de la cité pour ce partenariat.

Mon avis :

Pour moi, et pour beaucoup d’autres sans doute, Claude Michelet est l’auteur des Grives aux loups, saga paysanne dont je garde encore le souvenir vingt ans après l’avoir lu. Voici ici son premier roman qui, à l époque, n’a pas trouvé d’éditeur. Trop dur, trop âpre, pas assez dans l’air du temps, pas encore assez abouti, voici peut-être des causes de sa non-parution. Il est aujourd’hui édité et permet de découvrir le chemin parcouru.

L’action se passe dans les années 60, et pourtant, j’ai eu l’impression qu’elle aurait pu se passer bien plus tôt dans ce siècle. Prenez Bordare, le personnage principal. Il est conçu d’un seul bloc, cultivant lui même sa terre à l’ancienne. Il vit avec Louise, sa femme, sans geste de tendresse, sans effusion aucune. Ils n’ont pas d’enfants, elle n’a pas pu lui en donner. Avec eux vit Ernestine, la mère de Jean, et le moins que je puisse dire est que ce personnage, par sa hargne, se rapproche des personnages de La Terre d’Emile Zola. Pour l’amour maternelle, vous repasserez. D’ailleurs, les mères qui sont décrites dans ce roman sont des mères qui préfèrent l’autorité à la bienveillance. Oui, l’apprêté est sans doute le mot qui convient le mieux pour décrire les relations entre les différents personnages – sans oublier quelques conflits pas toujours réglés, ou tout prêts à ressurgir entre les uns et les autres. La terre, c’est une chose, « sa » terre en est une autre.

C’est une vision autre qu’apportent les gens de la ville – et la spéculation immobilière avec eux. Ce n’est plus la terre, ce sont de futurs terrains, de magnifiques lotissements à venir. L’union fait la force, de quel côté qu’elle vienne. Personnage charnière, Garnac est celui par qui non pas l’apaisement arrive – ce n’est pas toujours évident – mais la volonté de s’en sortir autrement de cette « crise » interne au village. Face à celui qui est prêt à tout pour garder sa terre (Bordave), se place celui qui veut aussi la garder, mais en rusant, si j’ose dire – déjà, l’art de trouver des appuis dans la loi.

Roman de la transition, roman d’un changement d’époque, la terre qui demeure nous montre une époque que l’on a oubliée. A vous de voir si vous souhaitez la découvrir.