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Le principe du désir de Saïdeh Pakravan

Présentation de l’éditeur :

Le plus grand paradoxe de l’amour ? Le couple. Sarah Bly, artiste new-yorkaise en pleine ascension dans le marché de l’art contemporain, rencontre un homme exceptionnel et immensément charismatique, Thaddeus Clark. Non seulement est-il un collectionneur de renommée internationale, un mécène et un géant des marchés financiers mais c’est aussi un être profondément équilibré et adorant la vie. Un homme heureux dont Sarah s’éprend de toute son âme mais avec qui elle ne veut pas vivre une banale histoire d’amour. Pour parer à ce risque, elle fait sien le Principe du désir : puisque nous voulons tous ce que nous n’avons pas, jamais Clark ne verra d’elle autre chose qu’une tiédeur amicale et plutôt indifférente, sauf dans leur vie sexuelle, d’une rare intensité. Devant la poursuivre sans cesse, il continuera à l’aimer. Dans l’état second qui devient le sien, saura-t-elle dépasser sa folie passagère pour arriver à vivre avec Thaddeus?

Mon avis :

Sarah est une jeune artiste à la vie sentimentale pas vraiment satisfaisante. Elle est une femme « moderne » et une relation intermittente avec un homme égoïste et capricieux, pour ne pas dire immature. Il aurait bien besoin d’une maman, le cher petit : qui, à part une mère, subirait son comportement ?
Sa famille semble plus stable. Ses parents, un couple uni et serein, n’ont jamais mis un frein à ses désirs de création, ils l’ont baigné toute jeune dans un milieu artistique serein – oui, on peut créer sans être torturé. Quoique…
Si Sarah admet les étapes du processus créatif avec sérénité, si elle possède un univers créatif certain, elle manque cruellement de confiance en elle dans le domaine sentimental et quand elle rencontre Thaddeus, le beau, le riche, le très parfait Thaddeus, elle met au point une stratégie pour le garder par devers elle qui m’a paru tout droit sortie de ce que l’on peut lire de pire dans les magazines féminins.
Combien de temps Sarah persistera-t-elle dans ce Principe du désir ? Quand se rendra-t-elle compte de l’erreur qu’elle commet ? Aimer, c’est prendre des risques, et, en dissimulant ce qu’elle ressent réellement, elle court le risque de tout perdre. Oui, Thaddeus est un homme parfait, avec, tout de même, quelques fêlures. Combien de temps supportera-t-il la tiédeur de Sarah ? Et si celle-ci lui avoue tout, comment réagira-t-il ? Sera-t-il trop tard ?
Oui, beaucoup d’interrogation pour un livre prenant, qui montre jusqu’où on peut aller par peur de perdre l’être aimé. Un livre comme une photographie d’un état de notre société qui choisit la complexité plutôt que la simplicité et l’abandon au sentiment amoureux.

Sauveur et fils, saison 2

Mon avis :

Marie-Aude Murail : auteur jeunesse rare, capable de parler des sujets dont on ne parle pas aux enfants ou aux jeunes adolescents. Capable d’en parler, parce que ces sujets existent, parce que les enfants peuvent y être confrontés, et capable d’écrire de très bons romans sur ces sujets délicats, comme Sauveur et fils.

Là, vous avez la version courte de mon avis…. Parce qu’en développant, je constaterai que ce livre fera grincer des dents certaines personnes bien pensantes, remplies de préjugés et d’idées reçues. Non, l’enfance, l’adolescence ne sont pas des âges idéaux, le harcèlement existe, il est insidieux, surtout si les adultes ferment les yeux, si l’on dit que ce n’est « pas grave ». Il ne s’agit pas de dramatiser, mais de regarder les choses en face et d’écouter, d’aider, encore et encore – à condition que l’ado ait la possibilité de se confier, ce qui n’est pas toujours possible. Cercle vicieux ? Bien sûr. A une époque où l’on nous parle beaucoup de bienveillance, il serait bon que les enfants puissent en bénéficier au coeur de leur famille, si celle-ci existe autrement qu’à l’état civil.

Sombre, ce roman ? Oui, un peu. Quand les adultes sont trop occupés à se déchirer – les divorces où l’on reste ami pour la vie, c’est bon dans les films ou les magazines people – ou quand ils instrumentalisent leurs enfants pour parvenir à leur fin ou se mettre en valeur, il reste peu de place à ceux-ci pour grandir, se construire, s’épanouir. Sauveur ne juge pas : il a du pain sur la planche s’il veut aider ses patients à trouver la voir pour s’en sortir. Certains sont sur le bon chemin, d’autres, en revanche, sont encore trop jeunes, trop fragiles, trop isolés pour le trouver.

Quel avenir pour eux ? Le tome 3 nous le dira.

Un clafoutis aux tomates cerises de Véronique de Bure

Présentation de l’éditeur :

Au soir de sa vie, Jeanne, 90 ans, décide d’écrire son journal intime. Sur une année, du premier jour du printemps au dernier jour de l’hiver, d’événements minuscules en réflexions désopilantes, elle consigne ses humeurs, ses souvenirs, sa petite vie de Parisienne exilée depuis plus de soixante ans dans l’Allier, dans sa maison posée au milieu des prés, des bois et des vaches. La liberté de vie, et de ton, est l’un des privilèges du très grand âge, aussi Jeanne fait-elle ce qu’elle veut – et ce qu’elle peut : regarder pousser ses fleurs, boire du vin blanc avec ses amies, s’amuser des mésaventures de Fernand et Marcelle, le couple haut en couleurs de la ferme d’à côté, accueillir – pas trop souvent – ses petits-enfants, remplir son congélateur de petits choux au fromage, déplier un transat pour se perdre dans les étoiles en espérant les voir toujours à la saison prochaine…

Merci à Babelio et aux éditions Flammarion pour ce partenariat.

Mon avis :

Je ne vous dirai pas que ce n’est pas un livre facile à lire, non, je vous dirai que c’est un livre qui détonne dans la production littéraire actuelle, un livre qui n’est pas sans me faire penser aux romans de Noëlle Châtelet. En effet, le sujet est rarement traité en littérature : la vie et les pensées quotidiennes d’une femme très âgée, Jeanne, une « hyper senior » comme disent les articles de magazine.
Elle ne se considère pourtant pas comme telle, mais comme une femme de 90 ans qui profite de chaque jour – parce que c’est peut-être le dernier, pour elle ou pour un de ses amis. Elle vit d’ailleurs non loin de deux d’entre eux, Fernand et Marcelle, couple quasiment inséparables, depuis près de soixante ans. Parmi ses proches, se trouvent aussi Nine, Gilberte, la petite factrice qui lui porte directement son courrier, même si elle n’en a plus le droit, Angèle, son aide-ménagère. Attention ! Jeanne n’a rien d’une rabat-joie, elle n’est pas une chantre du « c’était mieux avant ». Elle n’est pas non plus femme à se plaindre, à s’apitoyer sur son sort, même si ses quatre-vingt-dix années de vie n’ont pas été exempte d’épreuves, de désappointement ou de déplaisirs. Son récit reste avant tout celui du quotidien, de ce qui l’entoure, elle ne se complet pas dans le pathos.
Jeanne vit dans le présent, ce qui ne veut pas dire qu’elle vive en phase avec son temps. Elle lit, elle sort, elle suit les actualités, mais elle n’est pas « connectée », comme on dirait d’un jeune. Certes, elle accepte les cadeaux de ses enfants, présents sans être étouffants, soucieux de son bien-être sans décider de son bien être à sa place (et sans vouloir la placer dans une maison de retraite, elle qui vit seule, ce que certains n’admettraient pas).
Ce livre trouvera-t-il sa place dans cette rentrée d’hiver ? Il ne comporte pas de sang, pas de crimes, pas de violences, pas même de passion violente, mais beaucoup de tendresse, de couleur, et de chaleur humaine. Souhaitons-lui le meilleur à venir, et une belle place dans les bibliothèques.

Wonderpark, tome 1 : Libertad de Fabrice Colin

Présentation de l’éditeur :

À l’école, Jenn et son frère, Mervin, ont fait la connaissance d’une fille au nom étrange : Orage. Son père est le concepteur de WonderPark, un parc d’attractions mystérieux et désaffecté. Quand leur nouvelle amie leur propose de visiter l’endroit, Jenn et Mervin sont ravis. Mais à peine sont-ils entrés dans le parc que Zoey, leur petite sœur, disparaît. Les enfants découvrent alors que WonderPark est le portail de mondes magiques et pourtant bien réels. Sans hésiter, Jenn, Mervin et Orage s’engouffrent dans Libertad, le monde des pirates, où la traîtrise est un art et le courage une nécessité.

Mon avis :

Il est des livres qui sont véritablement des livres jeunesse, c’est à dire des livres qui plairont sans doute à un jeune public, mais qui ne plairont pas forcément à des lecteurs adultes. Note : je n’ai pas vraiment de jeunes lecteurs sous la main pour tester le livre mais je ne crois pas trop me tromper.
Nous avons deux héros, un frère, une soeur, différents mais qui s’entendent bien, même si certains commentaires de leurs parents ne sont pas forcément faits pour favoriser leur épanouissement : Mervinn et Jenn étaient aussi différents que peuvent l’être un frère et une soeur (leur mère répétait qu’ils étaient comme le jour et la nuit, sans dire qui était l’un et qui était l’autre – ce qui n’était pas très difficile à deviner). Ils sont de plus dotés d’une petite soeur avec laquelle ils s’entendent bien également, ce qui est suffisamment rare pour être souligné : dans la vraie vie, les petites soeurs sont souvent considérées comme des fléaux à écarter. Mervinn et Jenn deviennent amis avec la mystérieuse Orage, qui vit dans un parc d’attraction que je qualifierai volontiers de « désaffecté » si tant est qu’il ait fonctionné un jour.
Oui, le début est un peu lent, l’action tarde à se mettre en place, dans ce parc d’attraction qui me paraissait pourtant prometteur parce que :
– Jenn et Mervin y ont rencontré des personnages étranges ;
– les attractions ne sont pas ce qu’elles paraissent être ;
– ils rencontrent d’authentiques pirates ;
– ils se retrouvent dotés d’aides pour le moins magiques.
Cependant, j’ai trouvé que toutes ses situations, tous ses éléments n’étaient ni assez développés, ni utilisés à leur juste mesure. A peine le lecteur a-t-il eu droit à un hors d’oeuvre de pirates assortis d’une entrée de trahison que l’aventure se dénoue. J’aurai aimé passer plus de temps en leur compagnie – et j’espère que le tome 2 contiendra bien plus d’aventures.

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Atomes crochus de David S Khara

Présentation de l’éditeur :

Aéroport de Fort Worth, Dallas.
Deux voyageurs essoufflés viennent de rater leur vol pour Paris et se le reprochent mutuellement: Enzo Meazza, un criminel en col blanc tout juste sorti de prison, et Janet Livingston-Pierce, ingénieur en déplacement professionnel.
L’avion explose quelques secondes après son décollage… À peine remis du choc, ils sont pris pour cible par des hommes armés.
Pourquoi en ont-ils après eux?

Mon avis :

Ce roman est pour moi d’un genre particulier : je le qualifierai de romance policier. Si l’enquête, ou plutôt les enquêtes ont leur importance, les relations entre Janet et Enzo sont aussi importantes que l’aspect policier.
Les sujets abordés sont graves, et ne sont pas sans rappeler l’actualité. Pourtant, c’est la légèreté qui domine pour moi, au souvenir de cette lecture, un peu comme quand on regarde un blockbuster américain, en sachant pertinemment que les personnages principaux vont s’en sortir, d’une manière ou d’une autre. Reste à définir la ou les manières, et le nombre de fois où il sera nécessaire de survivre. Même dans un roman bourré de péripéties, pas facile de devenir une cible vivante.
Enzo et Janet sont sympathiques, chacun à leur manière. Leurs proches, parfois involontaires, le sont aussi. L’humour est bien présent, les clins d’oeil à des références télévisuelles ou cinématographiques aussi – je me dis parfois qu’elles vieilliront mal.
Je ne vous en dis pas plus, Atomes crochus est un bon divertissement, qui vous fera passer un bon moment de lecture, mais n’est pas vraiment inoubliable.
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Le pas du renard de Claude Izner

Présentation de l’éditeur :

En ce printemps 1921, Paris se relève difficilement de la guerre. La vie est chère, le travail se fait rare, se loger pose problème. Jeremy Nelson, jeune pianiste américain passionné de jazz, vient tirer le diable par la queue dans la capitale, à la recherche de ses origines. Mais son engagement au sein d’une troupe de cabaret de Belleville va déclencher une véritable série noire. Qui exerce un chantage à l’encontre des artistes du Mi-Ka-Do pour qu’ils disparaissent les uns après les autres ? Prêt à tout pour survivre, Jeremy va s’avérer un adversaire coriace car, si infime que soit un grain de sable, il peut gripper les rouages d’une machination parfaitement huilée.

Mon avis :

J’aurai aimé vous dire que j’avais apprécié ce livre, que j’avais été conquise par cette nouvelle série. Il n’en est rien. J’ai lu ce livre, en entier, mais je ne poursuivrai pas avec ce nouveau personnage.
Ce que je n’ai pas aimé ? Tout d’abord, ce roman reprend le schéma des intrigues de Victor Legris. Un premier chapitre est consacré au tueur, au meurtre qu’il commet. Nous ne connaissons pas son identité, mais nous savons comment il a fait, et nous avons une idée de son mobile – même si elle n’est pas très précise encore, il ne fait pas non plus ôter au lecteur toute envie de poursuivre. Sans dévoiler son identité, je peux dire cependant que, contrairement à d’autres assassins de la série, il manque sérieusement d’envergure. Et quand bien même il en aurait, il est lassant de constater que ces livres ont tous la même construction. Il aurait fallu que le charisme des personnages nous le fasse oublier.
C’est d’ailleurs le défaut que je reprocherai à presque toutes les personnages, y compris Jeremy, pianiste de jazz en quête de ses origines, le manque de charisme. Ils sont certes tous nettement caractérisés, mais ils ne font que passer, le lecteur n’a pas le temps de s’attacher à eux. De plus, les caractériser physiquement ne leur donne pas forcément de la profondeur. J’ai préféré le chien Rip et ses actions héroïques à bien d’autres humains.
Le Paris des années 20 est bien décrit, faisant ainsi pencher la caractérisation de ce roman du côté « historique » plus que du roman « policier ». Rien ne manque, ou presque, pour montrer une ville de Paris, et ses habitants, qui peinent à vivre, à se loger, à se nourrir, entre hommes revenus du front en piteux état et femmes devant se débrouiller seules pour vivre – sans compter les orphelins.
Le dernier point qui fait que je ne poursuivrai pas la saga est que le temps a passé et que, en filigrane, nous reparlons de Victor, de Kenji, mais aussi de Joseph. Peut-être n’ai-je pas envie de savoir ce qu’ils sont devenus, vingt ans après le dernier tome de leurs aventures, préfère encore l’imaginer.

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Havre nuit d’Astrid Manfredi

Présentation de l’éditeur :

Une étudiante prend un homme en auto-stop sur une aire d’autoroute, un soir de 31 décembre, et entraîne l’inconnu dans une fête au Havre. Le lendemain, elle apprend le meurtre sauvage d’une fille qu’elle avait aperçue au cours de la soirée. Quelques années plus tôt. Laszlo est inscrit à la Sorbonne. Il sèche les cours et, au bistrot, observe une étudiante penchée sur ses cours de criminologie. Laszlo est amoureux mais c’est avec d’autres filles à la peau diaphane qu’il passera ses nuits. Il n’oubliera jamais Alice, devenue inspectrice. À défaut de la posséder, il laissera sur ses scènes de crime ce que seule Alice pourra trouver.

Mon avis :

Je n’ai pas lu La petite Barbare, et je ne pense pas lire ce premier roman d’Astrid Manfredi. Ce qui m’a attiré dans ce second roman est le fait que l’action se passait au Havre – la couverture du roman évoque d’ailleurs à mes yeux la géographie de cette ville, détruite puis reconstruite. Le roman se nomme « Havre nuit », il aurait pu s’appeler « Havre noir », tant le récit ne donne pas une image heureuse de cette ville.
Il est l’histoire de deux solitudes que rien ne vient réunir. Nous ne sommes pas dans un roman sentimental mais dans un roman policier noir et désenchanté, avec des aller-retours Le Havre/Paris, pour les études, pour les enquêtes. Laszlo et Alice sont tout d’abord deux enfants que leurs mères n’ont pas su (ou pu) aimer. Laszlo n’a pas été désiré, il n’a même pas servi à retenir son père, mort jeune, comme une icône de papier glacé. La mère d’Alice, malade, s’est pendue quand sa fille avait sept ans, ne supportant plus les souffrances que sa maladie lui faisait endurer. Rien n’est pire pour un enfant que de comprendre qu’un de ses parents a choisi de le quitter volontairement. Et tout l’amour, sincère, de son père, n’a pas entièrement compensé ce manque, ce vide si présent.
La solitude de ces deux êtres qui se sont croisées, frôlées, qui se sont souvenus mutuellement l’un de l’autre leur vie durante nous est contée par un narrateur (nous découvrirons son identité à la fin du récit) omniscient et extérieur à l’intrigue. Celuic-i fait la jonction entre ses deux êtres qui n’ont pas pris le temps de s’aimer et de se le dire, promenant leur jeune étrangeté dans le Paris estudiantin – comme si un amour entre eux était possible. Aimer prend du temps, s’aimer, s’estimer soi-même aussi – si l’une reste, l’autre préfère la suite et la satisfaction de ses pulsions. Le narrateur a de la tendresse pour eux, qu’il tutoie, du respect pour leurs parents respectifs, pour le père d’Alice, surtout, qui a trop de souvenirs pour parvenir à vivre avec eux.
Roman policier ? Oui et non, puisque nous connaissons le tueur, nous connaissons l’enquêtrice même si son milieu professionnel ne lui fait pas confiance, en tant que femme surdiplomée. Nous connaissons les victimes auxquelles le tueur ôte leur humanité. Nous connaissons les femmes qui ont été tuées par le biais d’Alice, qui essaie de leur rendre leur humanité, de reconstituer leur passé, leur rêve aussi. Plus qu’un roman policier, nous sommes quasiment dans une tragédie, tant le déroulement de l’intrigue semble inéluctable, Laszlo et Alice étant chacun prisonnier de ses pulsions, de ses névroses. A aucun moment, il ne semble possible, ni pour l’un, ni pour l’autre, (pour moi, les deux personnages sont liés) de suivre une autre voie. Et pendant que je l’écris, mon constat me semble très pessimiste, comme une nouvelle défaite pour les femmes.
Havre nuit, un roman noir et désespéré.