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Retour à River Falls d’Alexis Aubenque

Présentation de l’éditeur :

Une intrigue complexe, un art unique du suspens et de l’action, et le début d’une série qui promet des heures de plaisir et de frisson.
En ce début d’été, River Falls, petite ville des Rocheuses, est le lieu idéal pour les amoureux de la nature. Mais quand des randonneurs découvrent dans une grotte le corps nu d’une jeune fille tenant son propre cœur entre ses mains, la peur s’empare des habitants.
Tout juste réélu pour un nouveau mandat de shérif, Mike Logan comprend que le temps lui est compté avant qu’un nouveau meurtre n’ait lieu. Avec l’aide de la lieutenante Lindsay Wyatt, son nouveau bras droit, il s’intéresse au Big Circus : un cirque dont chacun des membres ferait un coupable idéal.
Comme à son habitude, la compagne de Logan, la profileuse Jessica Hurley, met en doute cette théorie. Elle sait, d’expérience, que la piste la plus évidente est rarement la meilleure…

Mon avis :

Non, ce n’est pas de la paresse. Simplement, j’ai envie de vous dire de lire ce livre, plutôt que de vous plonger dans les avis le concernant. Comme tous les autres romans d’Alexis Aubenque que j’ai lu, celui-ci est très réussi. On tourne les pages très rapidement, parce que l’on a envie de savoir comment cela va se dérouler/se terminer.

Mike Logan est de retour. Ce n’est pas qu’il soit un criminel, non, il est le shériff, et pourtant, dès son retour, deux meurtres vont être commis; Au même moment, un cirque s’installe en ville, et il est facile de chercher les coupables dans les étrangers à la communauté, puisqu’il est facile, en dépit déjà des exactions de deux tueurs en série (voir les tomes précédents de la série River Falls) de croire que tous ses habitants sont parfaitement recommandables. Parfois, il ne faut pas grand chose pour révéler la véritable nature humaine.

Il est question, dans cette nouvelle enquête, d’un des thèmes les plus fréquents dans les romans policiers : la vengeance. Ce ne pourrait être qu’une variation sur un thème. Cela montre surtout ce que l’on devient après un « événement grave », un événement qui a pu vous bousiller – mais qu’est-ce que l’on fait après ? On peut choisir le meilleur, même si c’est dangereux. On peut choisir le pire, sans se soucier jamais des conséquences.

A lire, si vous aimez les thrillers réussis.

 

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L’âge d’or de Diane Mezloum

Présentation de l’éditeur :

Fin des années 1960. Rock et pattes d’éph, insouciance et soleil sur la peau satinée des femmes. Ce sont les derniers jours de l’âge d’or du Liban, mais personne ne le sait encore. Certainement pas Georgina, jeune chrétienne à la beauté troublante. Ni Roland, son premier amour, qui la guette au bord d’une piscine, dans cette torpeur suave où s’agite leur groupe d’amis noceurs, à l’ombre des conversations d’adultes et des turbines d’avion – grondement de la terreur à venir.
Pendant ce temps, Ali Hassan Salameh, fils d’un leader historique palestinien, s’apprête à prendre les armes. Il deviendra l’homme le plus beau et le plus dangereux du Moyen-Orient.

Merci aux éditions Jean-Claude Lattès et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Je l’admets : quand j’ai refermé ce livre, j’ai tapé les noms des deux personnages principaux dans un moteur de recherche pour en savoir un peu plus sur eux. Parce que oui, Georgiana, miss Univers et Ali Hassan Salameh ont bien vécu une histoire d’amour alors que, selon une formule bien connue « tout les séparait ». De la guerre du Liban, ou du moins de ce qui se passait au Liban dans les années 80, je ne garde que des souvenirs d’images vues au journal télévisé – et les récits de parents d’élèves qui ont quitté le pays à cause de ce qui s’est passé pendant les années 70.
Plus qu’à l’ascension d’une jeune fille qui rêvait de célébrité, c’est à une période oubliée que s’intéresse ce roman : la période d’avant les guerre, d’où le titre « L’âge d’or ». A l’époque, tous sont insouciants, l’avenir semble quasiment radieux et les préoccupations sont presque toutes futiles. Presque. Parce que le danger est déjà là pour qui veut bien le voir, parce que les troubles, les affrontements sont bien réels même s’ils semblent ne pas avoir encore traversé les frontières. Encore faut-il bien vouloir voir ce qui se passe dans les pays alentours, et ce n’est pas vraiment le cas de Georgiana et de ses amis. Aussi le contraste est-il grand entre elle et Ali Hassan Salameh, qui est engagé dans la lutte pour son pays, la Palestine, pour ses convictions. Alors que Georgiana se laisse porter par les événements, qui ne paraissent pas avoir de conséquences pour elle, Ali ne recule devant rien pour servir sa cause. Rien.
Mais le personnage qui m’a le plus intéressée, même s’il est un personnage secondaire, c’est Ricky, puisque c’est à travers ses yeux d’enfants, d’adolescent et de très jeune adulte que  nous découvrons dix ans de vie au Liban. Il scrute chaque fait qui concerne son pays, qu’il aime et dont il veut devenir un spécialiste. Le contraste est grand entre ce qui se passe au Liban et la vie menée par Georgiana : toujours plus haut, toujours plus riche, pour finalement vivre selon son coeur, à l’opposé de la raison et des conventions.
Ce roman s’est révélé assez facile à lire, plus les pages se tournaient, plus j’avais envie de savoir ce qu’il allait advenir – pour les amis de Georgiana, restés au pays, forcés de vivre autrement. J’ai trouvé la fin un peu abrupte, mais pouvait-il en être autrement ?

La tristesse des femmes en mousseline de Jean-Daniel Baltassat

Présentation de l’éditeur:

Berthe, vous pouvez douter de tout, mais pas de cela. Vous portez l’amour en peignant. La main qui tient votre pinceau est celle de l’amour. Rien ne pourra se faire de beau sans lui. Qu’importe si vous ne savez pas où cela vous conduira, pour qui et comment. Cela viendra et ce sera votre oeuvre.1945, à Paris. Paul Valéry, vieux solitaire indifférent à la fureur des temps, doit en admettre l’horreur. Cherchant la lumière, il rouvre le carnet hérité dans sa jeunesse de Berthe Morisot, peintre du silence et de l’absolu. Dans ses mots, il affronte l’exigence vitale de beauté qui fut sa quête. Revient alors le souffle de la vie, malgré tout.

Merci aux éditions Calmann-Lévy et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

J’ai beaucoup apprécié ce livre, qui nous parle de plusieurs temps à la fois. Nous sommes à la fin de la seconde guerre mondiale et pourtant, Paul Valéry, cloîtré chez lui se souvient, alors que ce qui se passe en Allemagne entre chez lui par le biais de Mathilde, l’être aimée, autrefois et aujourd’hui, femme qui se révolte face à la barbarie découverte, face aussi à la carapace d’indifférence de Valéry.
En une langue soutenue, précieuse, le récit nous plonge dans les souvenirs de Valéry, où se mêlent Mallarmé et surtout Berthe Morisot. Jeunes filles, elles et sa soeur peignaient, avaient leur propre atelier, et semblaient peu se soucier peu de trouver un mari comme leur famille et les convenances le demandaient. Berthe s’interroge sur le fait même de peindre, de la manière de peindre, ce que l’on peint, et, dans ses écrits (fictifs) vus à travers les yeux de Valéry, j’ai vraiment lu les affres d’une véritable artiste, et non une succession de clichés comme l’on peut en trouver parfois quand on nous parle de peinture. Nous découvrons également son regard de modèle, quand elle pose pour Monet, quand la gestuelle, le regard, la place occupée dans la composition sont au centre même de la création de l’oeuvre. Berthe, rare exemple de femme à la fois peintre et modèle.
Berthe, femme de, aussi, que l’on retrouve, grâce aux souvenirs du poète, au soir de sa vie, veuve, dans ce cimetière parisien où les vivants ont autant de place que les morts, par les hommages qu’ils leur rendent, par les créations dont ils les entourent.
La tristesse des femmes en mousseline, une oeuvre parfois en demi-teinte, portraits d’hommes et de femmes sur trois époques, qui nous questionne sur la création face aux barbaries de l’histoire.

Poules, renards, vipères, tome 3 : Célis

Présentation de l’éditeur :

Les trois royaumes des poules, des renards et des vipères savent désormais qu’ils habitent sur une île et que la montée des eaux les menace. Alors que les trois peuples œuvrent de concert pour construire une digue, Grinoir et Hagard aident Griffsec à s’échapper de la prison des Trois Crêtes pour mettre au point leur vengeance. Grâce à leurs forces combinées, ils reprennent rapidement le contrôle du Triangle sans Nom. Mais Célis, Zora, Albin et leurs amis ne s’avouent pas vaincus et préparent une contre-attaque.

Mon avis :

Voici la fin et l’épilogue d’une trilogie jeunesse tout sauf gnan-gnan. Nous retrouvons avec plaisir les héros des tomes précédents en un moment crucial : les trois espèces ont décidé de s’unir pour lutter contre la menace commune. Je ne parle pas seulement des coups bas faits par certains dissidents  du côté des poules et des renards, mais de la menace naturelle qui pèse sur le territoire des trois espèces. Nous vivons tous sur la même terre, c’est une évidence que certains ont tendance à oublier, alors il vaut mieux s’entraider avant qu’il ne soit trop tard.
Le danger, ou plutôt les dangers sont bien réels, et ce ne sont pas de simples blessures que risquent les personnages. Leurs ennemis ne sont pas des tendres, et c’est bien leur élimination pure et simple qui est souhaitée.
L’intrigue est bien conçue et contient un nombre certain de rebondissement. S’adapter à la situation, oser ce que l’adversaire n’avait pas prévu, voici les clefs de leur réussite. Tout n’est pas figé, et l’on peut changer – ou pas.
Une belle conclusion.

Aux flamants roses, on voit la vie en rose

Présentation de l’éditeur : 

Mai 2015, Côte Camarguaise?« Aux flamants roses, on voit la vie en rose » rien ne va plus !Louisa et Teresa (mère et fille) ont bien du mal à gérer leurs chambres d’hôtes quand une poignée de touristes aussi extravagante qu’une cantatrice hystérique, un boxeur au passé douteux, une prof de collège jouant au Commandant Cousteau et un naturiste un peu paumé y pose leurs valises. Les choses se compliquent davantage lorsque Philippe-Felipe le fils de Teresa tue par accident son petit crapaud domestique et qu’on lui offre à la place un ouistiti cambrioleur !Un imbroglio propulse ces vacanciers pour le moins farfelus dans une aventure drôle et picaresque.

Merci à Netgalley et aux éditions Librinova pour ce partenariat.

Mon avis :

Si j’ai demandé ce livre en partenariat, c’est parce qu’il promettait d’être drôle. Je peux vous dire qu’il tient parfaitement ses promesses, et que je ne me suis pas du tout ennuyé à sa lecture.

Aux flamants roses, on voit la vie en rose ? Non, pas tant que cela. Et même, parfois, on sent que la propriétaire de cette chambre d’hôte prononce cette phrase en étant totalement épuisée, excédée, et débordée. Je parle bien sûr de Louise, qui doit s’occuper :
– des chambres d’hôtes ;
– des clients des chambres d’hôtes ;
– de sa mère, Teresa, qui logiquement devrait la seconder, et lui cause plus d’ennui qu’autre chose ;
– son fils Philippe-Felipe (cela dépend de qui lui parle), diagnostiqué autiste Asperger.

C’est sans compter les pensionnaires un peu spéciaux qui, comme par hasard, se trouvent tous réunis et provoquent des aventures mouvementées, qui s’entrecroisent joliment. L’ensemble n’est pas seulement drôle. Le livre nous parle aussi de la solitude, de la difficulté à trouver l’âme soeur, ou du moins un compagnon, de la nature, de la tauromachie (de manière réaliste et crue). Le principal défaut de certains personnages semble leur infini égocentrisme, leur incapacité à regarder ce qui se passe autour d’eux et à en tirer les conséquences. Par conséquent, Louisa doit quasiment se démultiplier.

Aux flamants roses, on voit la vie en rose, un roman pour redécouvrir aussi la Camargue, parce que les descriptions sont superbes aussi.

Le grand livre de l’horreur, tome 4 : Dans la demeure du docteur Jekyll de N.M. Zimmermann

Présentation de l’éditeur :

Pour sa quatrième mission, Le Grand Livre de l’Horreur envoie Virgile sauver L’Étrange cas du Dr Jekyll et de M. Hyde. Seul problème ? Virgile n’a pas lu ce roman ! Heureusement, il peut compter sur son amie Lili, qui, elle, a étudié l’histoire…

Mon avis : 

Voici le tome 4 du grand livre de l’horreur – et j’espère bien qu’il y en aura un cinquième voire plus si affinité. En effet, dans ce quatrième tome, Virgile part en classe de mer (horreur) avec sa soeur aînée (double horreur) et bien sûr, sans son lapin qui a du rester tranquillement chez lui à grignoter des carottes.

V’lan ! Virgile se retrouve projeté dans l’univers du docteur Jekyll, avec Lili qui a lu le livre – un livre court, que tout élève se devrait de lire (oui, c’est la prof de français qui parle). Comme de bien entendu, la scène dans laquelle ils se retrouvent projetée n’existe pas dans le roman, ce serait beaucoup trop facile, n’est-ce pas ? Les tomes du grand livre de l’horreur sont une véritable invention, non une banale réécriture.

Se retrouver face à Hyde est tout sauf facile. Grâce à Virgile et Lili, nous pouvons mieux comprendre ce qu’on ressentit les victimes de Hyde, face sombre d’un être apprécié par tous. Mention spéciale pour le docteur Lannyon, fort sympathique, et pour le maliseur, qui ne l’est pas. J’ai aimé aussi l’intrusion de la professeur de français – par la bouche de Lili (une élève qui suit les cours de français, cela se fête).

Un tome 4 très réussi à nouveau, et très plaisant à lire.

 

Octavie d’Urville, tome 1 : Sous l’ombre du Vampire d’Esther Brassac


Présentation de l’éditeur :

Quand on est une fée fantôme maigrichonne, de surcroît incapable de se dématérialiser avant 22 h 43, la vie n’est pas facile.
Quand, en plus, une naïade, tellement belle que c’en est choquant, a le toupet d’emménager dans un appartement adjacent au vôtre, les choses se gâtent.
Mais lorsque votre patron et ami, un vampire métamorphe au caractère de cochon, trouve le moyen de se volatiliser sans crier gare alors qu’il attend avec impatience un colis très spécial, là, ça devient franchement invivable.
Octavie d’Urville, la fée fantôme la plus complexée de Londres, est bien décidée à enquêter sur sa disparition. Heureusement, Gloria, sa meilleure amie, et Clyde, démon schizophrène, vont la soutenir.
C’est alors que, submergée par les problèmes à ne plus savoir où donner de la tête, la vie décide de mettre sur sa route un charmant rouquin aux yeux verts qui ne laissera pas notre détective débutante indifférente.

Mon avis : 

Octavie est une fée fantôme qui a un problème que peu de personnes comprennent : elle souhaite grossir ! Je lui conseille entre nous le pain au chocolat tartiné de pâte à tartiner, justement. Note : la personne qui a testé et se trouve dans la même situation qu’Octavie n’a constaté aucun résultat.
Revenons à Octavie, qui travaille dans la boutique d’un vampire pas vraiment charmant – on ne peut pas tout avoir dans la vie. Celui-ci devient encore plus bizarre qu’il ne l’était déjà, son compagnon, assez particulier lui-même, est quasiment d’accord avec elle. Que se passe-t-il donc ?
J’ai beaucoup aimé le ton avec lequel Octavie raconte son histoire et celle de ses proches. J’ai beaucoup aimé l’univers dans lequel nous nous retrouvons plongé, et les péripéties qui se succèdent. Une réussite.