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Aux flamants roses, on voit la vie en rose

Présentation de l’éditeur : 

Mai 2015, Côte Camarguaise?« Aux flamants roses, on voit la vie en rose » rien ne va plus !Louisa et Teresa (mère et fille) ont bien du mal à gérer leurs chambres d’hôtes quand une poignée de touristes aussi extravagante qu’une cantatrice hystérique, un boxeur au passé douteux, une prof de collège jouant au Commandant Cousteau et un naturiste un peu paumé y pose leurs valises. Les choses se compliquent davantage lorsque Philippe-Felipe le fils de Teresa tue par accident son petit crapaud domestique et qu’on lui offre à la place un ouistiti cambrioleur !Un imbroglio propulse ces vacanciers pour le moins farfelus dans une aventure drôle et picaresque.

Merci à Netgalley et aux éditions Librinova pour ce partenariat.

Mon avis :

Si j’ai demandé ce livre en partenariat, c’est parce qu’il promettait d’être drôle. Je peux vous dire qu’il tient parfaitement ses promesses, et que je ne me suis pas du tout ennuyé à sa lecture.

Aux flamants roses, on voit la vie en rose ? Non, pas tant que cela. Et même, parfois, on sent que la propriétaire de cette chambre d’hôte prononce cette phrase en étant totalement épuisée, excédée, et débordée. Je parle bien sûr de Louise, qui doit s’occuper :
– des chambres d’hôtes ;
– des clients des chambres d’hôtes ;
– de sa mère, Teresa, qui logiquement devrait la seconder, et lui cause plus d’ennui qu’autre chose ;
– son fils Philippe-Felipe (cela dépend de qui lui parle), diagnostiqué autiste Asperger.

C’est sans compter les pensionnaires un peu spéciaux qui, comme par hasard, se trouvent tous réunis et provoquent des aventures mouvementées, qui s’entrecroisent joliment. L’ensemble n’est pas seulement drôle. Le livre nous parle aussi de la solitude, de la difficulté à trouver l’âme soeur, ou du moins un compagnon, de la nature, de la tauromachie (de manière réaliste et crue). Le principal défaut de certains personnages semble leur infini égocentrisme, leur incapacité à regarder ce qui se passe autour d’eux et à en tirer les conséquences. Par conséquent, Louisa doit quasiment se démultiplier.

Aux flamants roses, on voit la vie en rose, un roman pour redécouvrir aussi la Camargue, parce que les descriptions sont superbes aussi.

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Le grand livre de l’horreur, tome 4 : Dans la demeure du docteur Jekyll de N.M. Zimmermann

Présentation de l’éditeur :

Pour sa quatrième mission, Le Grand Livre de l’Horreur envoie Virgile sauver L’Étrange cas du Dr Jekyll et de M. Hyde. Seul problème ? Virgile n’a pas lu ce roman ! Heureusement, il peut compter sur son amie Lili, qui, elle, a étudié l’histoire…

Mon avis : 

Voici le tome 4 du grand livre de l’horreur – et j’espère bien qu’il y en aura un cinquième voire plus si affinité. En effet, dans ce quatrième tome, Virgile part en classe de mer (horreur) avec sa soeur aînée (double horreur) et bien sûr, sans son lapin qui a du rester tranquillement chez lui à grignoter des carottes.

V’lan ! Virgile se retrouve projeté dans l’univers du docteur Jekyll, avec Lili qui a lu le livre – un livre court, que tout élève se devrait de lire (oui, c’est la prof de français qui parle). Comme de bien entendu, la scène dans laquelle ils se retrouvent projetée n’existe pas dans le roman, ce serait beaucoup trop facile, n’est-ce pas ? Les tomes du grand livre de l’horreur sont une véritable invention, non une banale réécriture.

Se retrouver face à Hyde est tout sauf facile. Grâce à Virgile et Lili, nous pouvons mieux comprendre ce qu’on ressentit les victimes de Hyde, face sombre d’un être apprécié par tous. Mention spéciale pour le docteur Lannyon, fort sympathique, et pour le maliseur, qui ne l’est pas. J’ai aimé aussi l’intrusion de la professeur de français – par la bouche de Lili (une élève qui suit les cours de français, cela se fête).

Un tome 4 très réussi à nouveau, et très plaisant à lire.

 

Octavie d’Urville, tome 1 : Sous l’ombre du Vampire d’Esther Brassac


Présentation de l’éditeur :

Quand on est une fée fantôme maigrichonne, de surcroît incapable de se dématérialiser avant 22 h 43, la vie n’est pas facile.
Quand, en plus, une naïade, tellement belle que c’en est choquant, a le toupet d’emménager dans un appartement adjacent au vôtre, les choses se gâtent.
Mais lorsque votre patron et ami, un vampire métamorphe au caractère de cochon, trouve le moyen de se volatiliser sans crier gare alors qu’il attend avec impatience un colis très spécial, là, ça devient franchement invivable.
Octavie d’Urville, la fée fantôme la plus complexée de Londres, est bien décidée à enquêter sur sa disparition. Heureusement, Gloria, sa meilleure amie, et Clyde, démon schizophrène, vont la soutenir.
C’est alors que, submergée par les problèmes à ne plus savoir où donner de la tête, la vie décide de mettre sur sa route un charmant rouquin aux yeux verts qui ne laissera pas notre détective débutante indifférente.

Mon avis : 

Octavie est une fée fantôme qui a un problème que peu de personnes comprennent : elle souhaite grossir ! Je lui conseille entre nous le pain au chocolat tartiné de pâte à tartiner, justement. Note : la personne qui a testé et se trouve dans la même situation qu’Octavie n’a constaté aucun résultat.
Revenons à Octavie, qui travaille dans la boutique d’un vampire pas vraiment charmant – on ne peut pas tout avoir dans la vie. Celui-ci devient encore plus bizarre qu’il ne l’était déjà, son compagnon, assez particulier lui-même, est quasiment d’accord avec elle. Que se passe-t-il donc ?
J’ai beaucoup aimé le ton avec lequel Octavie raconte son histoire et celle de ses proches. J’ai beaucoup aimé l’univers dans lequel nous nous retrouvons plongé, et les péripéties qui se succèdent. Une réussite.

Shanghai Fan de Raphaël Bée

Présentation de l’éditeur :

Le milieu de la pub dans l’empire du Milieu. Clem a voulu tenter l’expérience et la voilà happée dans le tourbillon d’une ville qui ne s’arrête jamais. Partagée entre sa relation à distance avec Margaux et sa vie d’expat, elle se voit confier l’organisation d’un évènement pour Shanghai Fan, la nouvelle marque de luxe dont tout le monde parle. Mais rien ne va se passer comme prévu. Rivalités, combines et jalousies s’enchaînent, à l’image de la démesure de la ville, tantôt attachante, tantôt terrible.

Merci aux éditions de la Rémanence et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Ce roman m’a plongé dans un univers qui n’est pas et ne sera jamais le mien : celui de la pub, du paraître, de l’image, le tout source de beaucoup d’argent, de beaucoup de stress et de beaucoup de vacuité pour ceux qui travaillent dans ce milieu.
Clem est une expat, comme beaucoup d’autres dans ce roman. Elle vit à Shanghai, et pourtant, je n’ai pas l’impression qu’elle apprécie tant que cela cette ville, et encore moins ceux qui y vivent. Tyrannique avec ceux qui travaillent sous ses ordres, elle n’a pas noué de véritables amitiés – d’ailleurs, est-il vraiment des personnes qui ont construit leur vie en ce lieu ? J’ai eu plutôt l’impression de voir des personnages en transit, des personnages qui se cherchent et se perdent, voir des personnages qui cherchent à tuer le temps en attendant… quoi ? Difficile à dire puisqu’eux même ne le savent pas. Je me suis parfois moi-même perdu à leurs côtés. Ils pensent tellement à leur stratégie, à leur manière d’atteindre leur but en utilisant tous les réseaux sociaux contemporains qu’ils ne voient plus rien d’autres. Une existence dématérialisée.
L’intrigue prend un tournant inattendu quand nous glissons vers le genre policier. Et je ne vous parle pas du dénouement, vraiment surprenant. Le récit montre, finalement, qu’il faut toujours faire attention aux petites choses, à ceux qui nous entourent – ceux qui comptent vraiment. Sauf que, dans ce roman, personne ne semble vraiment être réellement attaché à quelqu’un, si ce n’est à lui ou à elle-même.

Octavie d’Urville, tome 2 d’Esther Brassac

Présentation de l’éditeur :

« Parfois, croiser les doigts, c’est utile. Du moins, c’est ce qu’on dit et Octavie applique cette thérapie avec détermination. Seulement, voilà, les ennuis continuent de s’enchaîner. Et pas un ou deux, non ! Des bataillons entiers qui s’approchent en rangs serrés. Oui, parce que sinon, ça serait trop facile. Les Supranaturels londoniens meurent comme des mouches, victimes d’un étrange syndrome. Et comme si ça ne suffisait pas, Arthur de Strangewell, l’archivampire ressuscité par Swann, adopte un comportement aberrant. Difficile à vivre quand on sait qu’il représente le principal espoir contre la menace des extrémistes humains.
Heureusement, tout n’est pas négatif. Octavie s’apprête à fêter son anniversaire. Même avec des mois de retard, c’est une bonne occasion d’oublier le désastre de sa vie. Reste un dernier point noir : James, le charmant et mystérieux rouquin dont elle est amoureuse, va-t-il répondre à son invitation ? »

Mon avis :

Parfois, j’aime un livre, je prends beaucoup de plaisir à le lire, et je ne le chronique pas : c’est ce que j’ai fait avec le tome 1 d’Octavie d’Urville (et avec beaucoup d’autres livres aussi). J’ai donc avec plaisir acheté le tome 2 au salon du livre de Paris, et je l’ai lu avec encore plus de plaisir.
J’aime beaucoup le personnage d’Octavie, cette fée fantôme qui cherche désespérément à prendre un peu de poids. La situation a encore empiré depuis le tome précédent (rien à voir avec son poids, par contre). Elle et ses proches ne disposent que de peu de temps pour tenter de sauver les Supranaturels. Ce n’est pas qu’ils tombent comme des mouches, c’est plutôt qu’ils se battent les uns contre les autres jusqu’à la mort. Comment combattre ses ennemis ? En les forçant à se retourner les uns contre les autres. Pratique et tragique.
Nous découvrons à la fois l’aspect scientifique et l’aspect combatif de l’enquête. Octavie et les siens ne vont pas rester les bras croisés en attendant que la situation se tasse, ou que leurs mystérieux ennemis ne gagnent – ils gagnent déjà beaucoup de terrain. J’ai aussi beaucoup aimé l’humour qui parcourt le récit : Octavie est une jeune fée tout ce qu’il y a de plus normale (avec de légers soucis avec ses pouvoirs, il est vrai): elle a des amis, des parents, un patron, et tout ce qu’ils souhaitent à peu près tous c’est qu’elle reste à l’abri, à l’écart de ce que se trame parce qu’Octavie a le don pour se flanquer toujours dans les situations les plus dangereuses. Enquêter semble être sa passion, sa raison d’être, avec une grande lucidité :
Décidément, cette journée allait concourir pour le prix de la catastrophe de la semaine. Malheureusement, elle n’était pas finie. On risquait pire encore.
J’ai très envie de découvrir la suite et la fin de cette trilogie.

Les filles de l’astrologue, tome 1

Présentation de l’éditeur :

Quatre destins guidés par les étoiles dans un roman d’aventures au féminin.
Thérèse : née sous le signe du Capricorne, élément Terre. Ariane : née sous le signe du Verseau, élément Air. Philomène : née sous le signe du Verseau, élément Air. Soledad : née sous le signe du Lion, élément Feu.
Elles sont filles d’astrologue. Et elles sont en danger, car le monde change. Suite à l’arrestation de leur père par le roi Louis XIV qui a interdit la pratique de l’astrologie, elles doivent quitter le domaine familial et se séparer. Avec les astres pour seuls guides, chacune doit désormais suivre sa voie.

Merci à Netgalley et aux éditions Rageot pour ce partenariat.

Mon avis : 

L’action se passe au temps de Louis XIV – une époque que j’aime particulièrement, pour sa musique et pour sa littérature. Nous sommes cependant très éloignés de la Cour dans ce roman – mais ceci est quasiment une autre histoire.
Nous découvrons quatre toutes jeunes filles, trois sont orphelines de mère, l’une, Soledad, a été recueillie parce que toute sa famille a été décimée. Leur père est un scientifique, du moins, tel qu’on pouvait l’entendre à l’époque, mais assez rêveur, finalement, puisqu’il était, au début du roman, loin de son domaine. Il se retrouve dans une situation dangereuse et seules ses filles et sa nièce peuvent l’aider – autant dire que la situation est alors encore plus compliquée. Elles sont filles, elles sont provinciales, elles ont peu de moyens.
Elles ne s’attendaient pas au destin qui sera le leur mais je dois dire que je me suis peu attachée à elles. Leur père leur a peut-être donné une éducation très poussée, surtout à Ariane qui le secondait énormément, mais il n’a pas su leur trouver des alliés fiables en cas de problèmes. Thérèse vivra des aventures que je qualifierai de rocambolesques, Ariana vivra le sort de maintes jeunes filles pauvres. Sol rêve de briller, et elle m’a souvent agacée. Reste Philomène, au parcours atypique.
Toutes feront des rencontres variées, parce qu’il est impossible de s’en sortir seul(e), personne ne se déplace seul, encore moins seule à cette époque. Paris est le point de convergence pour toutes, de Perpignan ou d’ailleurs. Quant à leur ennemi, il m’a fait penser à un mythique balafré – même si je ne le crois pas aussi charismatique.
Un roman qui devrait plaire aux jeunes lectrices : je suis sans doute un peu trop âgée pour apprécier totalement ce livre.

 

Sainte Zélie de la Palud d’Hervé Jaouen

Présentation de l’éditeur :

On l’appelait Paolig dans son enfance, Paulo pendant ses années de chien, puis un beau jour il fut sacré le Grand Paulo, l’un des plus gros mareyeurs du pays bigouden. Un grand seigneur charismatique, pour qui la fière Marie-Morgane décida le jour de ses noces de tout plaquer : son futur mari et sa famille, et qu’importe le scandale. Ils ont su, au premier regard, qu’amour et réussite feraient bon ménage. Depuis toujours, ce sont les femmes qui ont soutenu et aimé Paul Draoulec. A commencer par sa mère, l’inénarrable Zélie, qu’il accompagnait, enfant, dans ses doubles tournées, de poissonnière ambulante et de buveuse invétérée. C’était au début des années 1930, sur les chemins de la palud de Penmarc’h. Il revient de si loin, le Grand Paulo… Le roman vrai, bouleversant, d’un amour filial.

Merci à Netgalley et aux éditions Presse de la cité pour ce partenariat.

Mon avis :

J’aurai aimé apprécier totalement ce livre, et ce ne fut pas vraiment le cas.
Je crois que j’aurai aimé en savoir plus sur Zélie, qui disparaît au premier tiers du roman. Je n’ai pas envie d’oublier qu’elle est morte jeune, usée, et qu’elle a malgré tout tenté d’élever de son mieux son fils unique, menant un travail très dur physiquement – existait-il des métiers faciles pour les filles mères, dans les années 30 ? J’aurai aimé que le récit se focalise réellement sur elle, et même si l’on en découvre encore un peu sur elle au cours du récit, je suis restée  sur ma faim.
Bien sûr Paul Draoulec est un personnage intéressant, par son parcours professionnel, par le milieu que nous découvrons grâce à lui – celui des mareyeurs et de la pêche. Un autre temps, un autre monde.
J’ai eu vraiment du mal avec le personnage de Marie-Morgane. Parfois, je trouve des femmes vivants dans les années 70 trop soumises eu égard au contexte. Ici, c’est cette jeune fille de bonne famille, benjamine de quatre soeurs, dont la liberté amoureuse m’a peu convaincue.