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Les semeurs de bonheur de Cécile Pardi

Résumé :
Perrine, cinquantenaire au chômage, est au bord de la dépression quand le hasard met sur son chemin une petite chienne fox en piteux état. Elle la ramène chez elle et ce geste va transformer sa vie. Elle sort de sa solitude et se lance dans des M.B.B. (des missions de bonheur bilatéral) envers des inconnus. Après bien des mésaventures, elle se retrouve à la tête d’une petite troupe de douze humains et sept fox terriers, agents spéciaux en bonheur et un mouvement mondial se met en place…
Ce texte optimiste fait chaud au cœur et met de bonne humeur toute personne qui s’y plonge !

Merci à Netgalley et aux éditions Librinova pour ce partenariat.

Mon avis :

J’ai entendu un jour la formule « ce livre devrait être remboursé par la sécurité sociale ». Elle pourrait parfaitement s’appliquer à ce livre, qui remplit toutes les conditions pour être un feel good book.
Certes, l’héroïne est au chômage, certes, elle a peu de chance de retrouver un emploi, elle déprime, mais elle n’est pas seule, elle a un toit sur la tête, et un jour, son chemin croise celui d’une petite chienne, qu’elle nomme Fanette. Elle prend alors sa vie en main. Non, elle ne va pas monter une entreprise, non, elle ne va pas tout envoyer promener, elle va s’assigner une mission : donner du bonheur autour d’elle, au moins une fois par jour. J’ai un peu pensé à l’esprit scout, avec la BA quotidienne (je ne pense pas être la seule à connaître ce principe), si ce n’est que Perrine, au début, oeuvre dans le plus parfait anonymat. Rendre les gens heureux n’est pas facile, il est des personnes qui adorent râler.
Le roman est court, c’est le seul reproche que je pourrais lui faire. Si les missions de Perrine semblent faciles, il faut aussi compter sur un bon sens de l’observation pour y parvenir. Il est des choses, des personnes que l’on ne voit pas, ou pire, que l’on ne veut pas voir. Fermer les yeux est beaucoup plus simple qu’agir.
Au fur et à mesure que je lisais ce livre, j’ai pensé à d’autres titres… si ce n’est que l’auteur a pris le partie d’écrire un roman feel good jusqu’au bout, heureusement.
Et si nous devenions nous aussi des semeurs de bonheur ?

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La petite danseuse de 14 ans de Camille Laurens

Présentation de l’éditeur : 

Elle est célèbre dans le monde entier mais combien connaissent son nom ? On peut admirer sa silhouette à Washington, Paris, Londres, New York, Dresde ou Copenhague, mais où est sa tombe ? On ne sait que son âge, quatorze ans, et le travail qu’elle faisait, car c’était déjà un travail, à cet âge où nos enfants vont à l’école.

Traces de lecture : 

J’ai lu beaucoup d’avis élogieux sur ce livre, et le mien sera un peu discordant, sans doute parce que j’ai vu le ballet que l’opéra de Paris a consacré à la petite danseuse, et que le livre ne m’a pas tellement apporté plus. De même, je connaissais déjà les conditions de travail des petits rats, qui, à l’époque, ne faisaient rêver personne, et n’étaient pas plus à envier que le travail de n’importe quel enfant.
Nous apprenons en fait que nous ne savons rien du devenir de Marie, si ce n’est sa lente chute après qu’elle a posé pour Degas, chute qui fut en partie causée par les séances de pose, plus lucratives que le métier de petit rat, mais aussi chronophage. Le portrait qui est fait de Degas dans ce livre est tout sauf reluisant. Il n’avait pas la générosité que d’autres artistes ont pu avoir, et se souciaient peu de celles qui posaient pour lui.
Dans la dernière partie du livre, Camille Laurens parle des recherches qu’elle a faites sur ses propres origines, sur sa passion nouvelle pour la généalogie. Je partage cette passion, ce n’est pas un secret, cependant je n’ai pas vraiment apprécié cette partie, même si elle offre un autre éclairage sur la vie quotidienne des petites gens de cette époque.
La petite danseuse de 14 ans est avant tout un livre pour ceux qui n’en sauraient déjà pas beaucoup sur les conditions de vie de cette époque, sur Marie et ses soeurs.

Les 5/5 – tome 1 : en équilibre d’Anne Plichota et Cendrine Wolf

Présentation de l’éditeur : 

Quand cinq ados s’unissent contre l’injustice.
Far a 16 ans, c’est une jeune fille surdouée, déchirée entre deux cultures.
Merlin et Titus, les jumeaux, sont déscolarisés, ils ont 17 ans et la précarité est leur quotidien.
Tom, 13 ans, acrobate, solitaire et rebelle, ne manque de rien, si ce n’ est de l’ estime de son père.
John, enfin, le plus jeune, 12 ans, est un garçon né dans un corps de fille, choyé par ses parents, mais incompris du reste du monde.
Tous ont quelque chose à prouver, une blessure à soigner. Tous vont se retrouver autour d’une même passion, les sports de rue, et d’une même quête : la justice.

Merci à Livraddict et aux éditions XO pour ce partenariat.

Mon avis : 

Les 5/5…. Pour ma part, dès que je vois un livre qui évoque un groupe de cinq adolescents qui vivent des aventures policières, je ne peux m’empêcher de penser au club des cinq. Nous avons bien quatre garçons, une fille. Tous les cinq sont passionnés par les sports hors-norme, ce qui a permis de les réunir, Far et les jumeaux d’un côté, John et Tom de l’autre, sous l’égide de Lip, frère aîné de ce dernier.
Ce n’est pas seulement le club des cinq qu’évoque ce titre, mais aussi le mythe de Robin des bois, mâtiné de modernité avec les lanceurs d’alerte. C’est un peu comme si rien n’avait changé depuis le moyen-âge, si ce n’est que les moyens que possèdent les puissants, en plus d’une médiatisation qui leur assurent l’admiration de certains, sont bien plus sophistiqués qu’ils ne l’étaient du temps de Richard Coeur de Lion. Aussi les moyens pour lutter contre eux seront plus complexes, plus inventifs, et tout aussi risqués. D’ailleurs, en lisant certaines scènes, je me suis dit qu’elles possédaient un potentielle certain pour une adaptation sur écran géant.
Le lieu de l’action ? Paris, notamment le bassin de la Villette, lieu de rendez-vous de Tom et John, où les rejoindront bientôt Far, Merlin et Titus. Des prénoms courts, percutants, ou fortement chargés de références culturelles. Une histoire d’amitié, d’amour aussi (mais chut !), mettant également en valeur toutes les cellules familiales, dans leur diversité. Nous avons une famille unie, qui fait face quoi qu’il arrive. Nous avons une autre famille unie, qui s’avère n’être qu’une belle façade. Nous avons des mères qui font face, quoi qu’il arrive, des pères protecteurs, aimants. Nous avons des mères qui se dérobent, sont absentes, des pères qui ont quitté le navire, ou pensent davantage à eux qu’au bien être de leurs enfants.
Je n’irai pas jusqu’à dire que les cinq adolescents se recomposent une famille, non, tout est plus complexe, tout comme le fait que, sous l’égide de Lip. Ils se questionnent, sur le bien fondé de leurs actes, sur les risques qu’ils prennent – nous ne sommes pas dans un roman d’aventures lisse.
Premier tome, oui, mais premier tome qui ne se contente pas de jeter les bases de la série. Nous sommes déjà au coeur de l’action, nous pouvons prendre fait et cause pour l’un des personnages en particulier, pour leur capacité, notamment, à dépasser les obstacles qu’ils peuvent vivre dans leur vie quotidienne. Premier tome qui donne aussi envie de connaître très rapidement la suite de leurs aventures.

Hercule, chat policier : jumelles en détresse de Christian Grenier

Présentation de l’éditeur :

Samie et Moïsa, les amies et voisines d’Hercule, ont disparu ! Pour en savoir plus, le chat policier part à la rencontre de Siam, la troisième des sœurs siamoises. Elle affirme que Samie et Moïsa ont été enlevées. Le soir même, ils sont témoins d’un nouvel enlèvement, organisé par un couple qui se déplace en fourgonnette. Pour retrouver ses amies, Hercule se laisse capturer volontairement.

Mon avis : 

Il est vrai que, lorsque l’on découvre le titre, l’on peut penser que ce sont Joyeuse et Albane qui sont en danger. Elles ne sont pas les seules jumelles que l’on peut retrouver dans les romans de Christian Grenier puisque les siamoises Samie et Moïsa sont jumelles elles aussi, et ont quatre lettres en commun dans leurs prénoms – idem pour la troisième soeur, d’ailleurs.

Oui, l’on s’intéresse peu à la disparition de chats, fussent-ils de salon. On s’intéresse encore moins à la disparition de chats errants, encore moins de leurs sorts ou de leurs vies quotidiennes. Combien de personnes vous diront qu’un chat se débrouille très bien tout seul, qu’un chat doit vivre sa vie de chat ? Si ce n’est qu’ils oublient de dire qu’il est une différence entre les chats sauvages (si tant est qu’ils existent en France) et les chats errants qui ont un jour, eux ou leurs géniteurs, appartenus à quelqu’un qui les a délaissés.

Pour résumer, n’importe qui peut faire n’importe quoi avec les chats errants, y compris ne pas respecter les législations qui existent. Le livre peut ainsi amener à discuter, entre parents et enfants sur l’utilisation des animaux, ou plutôt sur leur chosification.

Ce tome 3 est une charmante enquête, qui ne décevra par les fans d’Hercule.

 

Zykë l’aventure de Thierry Poncet.

Merci aux éditions Taurnada pour ce partenariat.

Présentation de l’éditeur :

Au fond d’un PMU de la rue du Faubourg-Saint-Martin, je tends le texte d’une de mes nouvelles à l’aventurier de la mine d’or.
Il lit les premières lignes et déclare : « C’est toi » comme il cracherait deux écorces de graines de tournesol.
Il aurait pu dire :
« Je viens de décider de t’emmener avec moi, aussi ton destin va-t-il basculer dans les minutes qui suivent, tu vas connaître le monde entier, les grandes ivresses, le sexe, l’amour et le danger, et tu vas devenir écrivain d’une manière que tu n’aurais jamais imaginé. »
Mais non.
Juste : « C’est toi. »

Mon avis : 

Ce livre nous permet de découvrir le dur labeur de l’auteur, enfermé dans son bureau à longueur de journée, ne sortant que pour se rendre chez son éditeur livrer son manuscrit. Une vie monacale au service de la littérature.
Ah, on me souffle dans l’oreillette que ce n’est pas, mais alors pas du tout cela. Et ce qui m’inquiéterait est de tomber dans la facilité en écrivant cet avis.
Ce récit est en effet triple, hors-norme. Il est celui de l’Aventure, qui mènera Zykë et m’sieur Poncet aux quatre coins du monde, non comme des touristes qui ne voient qu’une vision aseptisée du pays (voir le reportage sur le Paris-Dakar, comme contre-exemple et tentative de dynamiter ) mais comme des êtres humains qui se collent à la réalité la plus crue du pays, de ses hébergements à ses routes en passant par ses sanitaires. Oui, pour le glamour, vous repasserez. Il est celui de l’Ecriture, prouesse physique quasiment, puisque les pauses, pas plus que la pose, cela n’existe pas. Ou comment l’écriture se nourrit toujours de la vie. Il est celui de l’Amitié, indéfectible quoi qu’il arrive entre ces deux hommes.
Livre hommage, oui, à Zykë, écrivain qui défia les normes. Livre bouillonnant, foisonnant et pas du tout reposant. En bref, un livre qui porte très bien son titre.

Le grand livre de l’horreur : Sur l’île de Jurassic Park

Présentation de l’éditeur :

Avec Virgile, voyage au coeur des plus grandes histoires d’épouvante de tous les temps ! Tous aux abris ! Le Grand Livre de l’Horreur a envoyé Virgile à Jurassic Park, un parc à thèmes peuplé de vrais dinosaures ! Au programme pour le jeune sauveur d’histoires : capture de vélociraptors affamés, course-poursuite avec un tyrannosaure de six mètres de haut et cascades en tous genres ! Virgile vient sans le savoir de s’engager dans la plus périlleuse des aventures.

Mon avis :

Après Dracula et Frankenstein, quelle créature Virgile allait-il rencontrer ? Plusieurs, en fait ! Il se retrouve plongé sur l’île de Jurassic Park, et les dinosaures, encore plus féroces que prévus à cause du Maliseur, ne lui font pas de cadeau.
C’est avec joie que j’ai vu le retour au coeur de l’intrigue de Pollop, le lapin blanc de Virgile, particulièrement utile pour distraire (ou pas), les dinosaures.

Nom de code : Mémé Ruth d’Alice Quinn

Présentation de l’éditeur :

Rosie Maldonne est une jeune mère de famille sexy, grande gueule… et en situation précaire.
Au resto du cœur, elle rencontre une SDF autoritaire qui la charge d’une mission : porter un message au Yacht Club de Monaco. Comme il y a des petits fours gratuits en perspective, Rosie ne se fait pas prier, mais elle ne se doute pas qu’elle va déranger des individus prêts à tout…

Mon avis :

Pour démarrer ce mois d’octobre, autant vous donner un avis sur un livre qui m’a plu, sur un livre qui fait du bien, plutôt que sur un livre qui m’a moyennement plu.
Rosie Maldonne est une héroïne aux antipodes de ce que l’on peut trop souvent lire dans la littérature contemporaine. Oui, sa situation financière est tout sauf satisfaisante, oui, elle est à la tête d’une famille recomposée (et non décomposée) et cela ne plaît pas à tous les amateurs de « norme ». Et alors ? Quand les difficultés se présentent, et elles sont un peu son lot quotidien, elle ne baisse pas les bras, retrousse ses manches, et elle y va ! Ses amis, qui forment à ses côtés une véritable famille, ont le même état d’esprit qu’elle : pourquoi attendre que les choses s’arrangent alors qu’il est possible de se bouger pour qu’elles s’arrangent plus vite ?
La vie de Rosie est fête de rencontre et elle tombe sous le charme d’un jeune clochard, presque trop beau pour avoir vécu longtemps dans la rue. Elle accepte aussi la mission donnée par une SDF trop autoritaire pour avoir vécu longtemps dans la rue. Et bien sûr, c’est là que les événements se compliquent, remettant presque malgré elle Rosie au coeur d’une histoire criminelle, avec des adversaires prêts à tout pour obtenir ce qu’ils veulent. Leurs objectifs sont très éloignées de ceux de Rosie, cela va sans dire.
Au cours de ce récit, Rosie est amenée à se replonger dans le passé de sa famille, dont nous avons déjà eu des bribes dans les tomes précédents. Comme souvent, ce ne sont pas ceux qui ont agi véritablement qui en ont parlé le plus.
Au pays de Rosie Maldonne mêle comédie, policier et histoire pour le plus grand plaisir des lecteurs.