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Boccanera de Michèle Pedinielli

Présentation de l’éditeur :

Si l’on en croit le reste de l’Hexagone, à Nice il y a le soleil, la mer, des touristes, des vieux et des fachos. Mais pas que. Il y a aussi Ghjulia – Diou – Boccanera, quinqua sans enfant et avec colocataire, buveuse de café et insomniaque. Détective privée en Doc Martens. Un homme à la gueule d’ange lui demande d’enquêter sur la mort de son compagnon, avant d’être lui-même assassiné. Diou va sillonner la ville pour retrouver le coupable. Une ville en chantier où des drapeaux arc-en-ciel flottent fièrement alors que la solidarité envers les étrangers s’exerce en milieu hostile… Au milieu de ce western sudiste, Diou peut compter sur un voisin bricoleur, un shérif inspecteur du travail, et surtout une bonne dose d’inconscience face au danger.

Mon avis :

J’ai lu ce roman presque d’une traite – c’est dire à quel point je l’ai apprécié.
Bien sûr, ce serait facile de dire que c’était une lecture facile puisque je l’ai lu aussi facilement. Il n’en est rien.
Déjà, l’héroïne est hors norme. Si les femmes flics sont déjà peu représentées dans la littérature policière, que dire des femmes détectives privées ? Que dire aussi des femmes qui ont atteint la cinquantaine, et qui ont fait le choix – définitif – de ne pas avoir d’enfants, sans se justifier à tout bout de champs. Elle est restée proche de son ex-mari, policier, qui a mis fin à leur mariage pour cette raison, justement. Son travail de détective privé n’est pas toujours très exaltant, entre routine et opération franchement ennuyeuse. Seulement, l’affaire qui se présente à elle est différente. C’est Dan, son colocataire, oiseau de nuit, qui lui a trouvé ce client. Point positif : Diou n’a aucun préjugé, contrairement à d’autres enquêteurs, et le fait que Dorian veuille faire toute la lumière sur la mort de son compagnon, assassiné au cours d’un jeu érotique qui a mal tourné selon la police, est tout à fait dans ses cordes. Problème – et de taille : Dorian est assassiné à son tour, visiblement par le même assassin. Encore un jeu sexuel qui aurait mal tourné ? Les clichés ont désormais la vie dure, mais c’est tellement facile de foncer dans la première piste qui se présente !
Ce que j’ai aimé, c’est, en plus de la personnalité de Diou, la galerie de personnages haut en couleurs qui entoure la détective. Il y a Jo, son ex-mari, toujours prêt à l’aider, même s’il conserve sa mentalité d’enquêteur de police. il est aussi ses héros du quotidien, qui, tel monsieur Amédée d’un bon coup de marteau vous envoie un agresseur au tapis, voire au-delà. Il est des personnes aussi qui naviguent entre les deux, ni bons, ni réellement mauvais comme le frère de la seconde victime.
Et si le véritable personnage, c’était la ville de Nice, avec ses vieux quartiers, ses rues où il est parfois difficile de circuler, ses habitants et ses magouilles aussi ? Nice est au coeur de l’intrigue, qui n’aurait pu se passer ailleurs. Elle nous rappelle aussi qu’elle n’est pas loin de la frontière italienne, et qu’il est des personnes, humaines (ce n’est pas toujours un pléonasme) qui pensent à aider autrui.
Boccanera – un roman haut en couleurs qui vous plaira à condition de ne pas être frileux.

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L’amour qui me reste de Michela Marzano

édition Grasset – 304 pages.

Présentation de l’éditeur :

Il y a des tragédies sans mot et il n’en existe aucun pour désigner un parent qui perd son enfant.
Celle-ci se passe à Rome. Le soir où Giada, 25 ans, se suicide, le monde de Daria s’effondre. D’abord figée dans la douleur, cette mère apprend peu à peu à l’apprivoiser, en dialoguant avec sa fille disparue dont elle nous retrace l’histoire. Comment Daria, impatiente, décida d’adopter avec son mari. L’arrivée de Giada bébé, les joies, les mots, la douceur des premières années. La naissance d’un petit frère. L’obsession de Daria d’être une mère parfaite, elle qui ne trouva jamais sa place auprès de la sienne. Son désir de panser les blessures de sa fille, alors que celle-ci finit par découvrir la vérité de ses origines, sans parvenir à retrouver sa mère biologique… Mais l’amour le plus grand peut se révéler impuissant.
Puis, grâce à l’aide de son entourage, Daria reprend goût à la vie : elle accepte de participer à des groupes de paroles, ose se confronter à son propre passé, pardonner… et se délester de sa culpabilité.

Merci à Netgalley et à Grasset pour ce partenariat.

Mon avis :

Je crois que j’ai ressenti le besoin de rédiger mon avis juste après avoir terminé la lecture de ce roman. Et j’ai envie de dire « heureusement, c’est un roman » et pourtant, il est le reflet d’une réalité dont on ne parle pas (plus ?) : le devenir des enfants adoptés. Le seul livre que je connaissais sur le sujet est Couleur de peau : miel. Et là, vous allez me répondre que ce n’est pas tout à fait le sujet, puisqu’il s’agit avant tout du deuil porté par Daria après le suicide de sa fille. Oui, mais l’un ne va pas sans l’autre.

Les chapitres alternent entre le présent de Daria, et le passé. Le passé, c’est toutes les démarches pour adopter un enfant, les choix qui ont été faits, l’arrivée d’un second enfant, biologique celui-ci, Giada et Giacomo qui grandissent, deviennent adolescents puis adultes.

Oui, heureusement que c’est un roman, parce que la lecture de tant de douleurs est parfois insupportable. Il nous interroge non sur le deuil, mais sur l’adoption, sur ce qui motive une femme à devenir la mère d’un enfant qu’elle n’a pas porté. Ce positionnement est là, dès que Daria prend Giada dans ses bras, l’emmène chez le pédiatre, elle la présente comme sa fille adoptive, avant que le médecin ne la corrige – sauf que personne, en Italie, ne se préoccupe de la manière dont on apprend à un enfant qu’il a été adopté, sur les conséquences que cela peut avoir, alors qu’en France (du moins, c’est l’impression que j’ai) il semble plus courant de le dire le plus tôt possible à l’enfant. J’ai également été surprise de la puissance des associations de parents adoptifs qui ne veulent absolument pas que le secret des origines de leurs enfants soit révélé. Et pourtant : « Il est temps d’arrêter avec des hypocrisies, et de préciser que, après être né de, on a été adopté par ; il est temps d’en finir avec l’obsession du conformisme, tu es comme tout le monde, nous sommes comme tout le monde, et de reconnaître la blessure que portent en eux les enfants adoptés. Une blessure qui, au moins peut cicatriser, mais ne disparaît pas.
Nommer la perte pour lui donner un sens.
Et alors seulement, repartir à zéro.  »

Il se pose tant de questions après le suicide d’un enfant – même si celui-ci est adulte, même s’il a laissé une lettre d’adieu. Comment surmonter cela ? Que faire des affaires qui restent ? Comment se positionner face à son compagnon survivant ? La narratrice n’est que douleurs, au point d’oublier les autres, qui, comme elle, sont des survivants. Trop de douleurs pour voir celle des autres, y compris les mains – rares – qui se tendent. Chacun se replie sur soi, pour survivre, et si un bon thérapeute peut aider (j’en suis persuadée) que dire de ceux qui ne respectent pas vraiment la déontologie ?

L’amour qui me reste, c’est un livre qui montre aussi que l’amour ne résout pas tout, mais qu’il faut accepter aussi l’amour que l’on nous donne. C’est un livre auquel j’ai voulu me confronter, parce qu’il parle du suicide et du deuil. A vous de voir si à votre tour, vous avez envie de vous y confronter.

 

 

Comment t’écrire adieu de Juliette Arnaud

Présentation de l’éditeur :

À 45 ans, Juliette se retrouve face à elle-même, avec le cœur déchiré et l’envie de rire de tout. Elle se repasse alors les 14 titres de sa bande originale, d’Étienne Daho à Dolly Parton, sans oublier Bruce Springsteen, 14 pop songs qu’elle a écoutées religieusement et dont elle connaît les paroles par coeur. Pourquoi sa vie chante-t-elle tout à coup si faux ? Qu’est-ce qui a mal tourné ? Elle a pourtant suivi à la lettre ce que les refrains suggéraient. Elle a scrupuleusement appliqué les adages de chacun des couplets.À défaut de réponse, puisque R. est parti sans un mot, Juliette va s’y coller, à écrire adieu. Elle essaiera d’être drôle et elle sera sincère, pour comprendre, peut-être, que tout ce qui mène à la fin d’une histoire d’amour, on le porte en soi.

Merci à Netgalley et aux éditions Belfond pour ce partenariat.

Mon avis :

Comment t’écrire adieu est un des rares livres de la rentrée littéraire dont j’ai eu envie de découvrir la suite après en avoir lu un extrait. Il est question de l’après – l’après rupture amoureuse unilatérale. Il en est, des moyens pour rompre froidement et définitivement.
Ce que j’ai aimé de prime abord, c’est le style, travaillé au point d’en paraître totalement spontané. Puis, il est question de musique, véritablement. Trop de livres (je vous épargne les titres) ne parlent de chansons que pour dire à quel point elles sont méprisables. Rien de tel ici. Ce sont les chansons d’une vie qu’elle nous raconte, qu’elle connaît parfaitement, qu’elle analyse, pour montrer l’influence qu’elles ont eu sur sa vie, l’impact sur ses souvenirs.
Impudique ? Et pourquoi une femme devrait-elle être pudique, cachée ce qu’elle a envie de dire, de partager, de cette relation avec R qui fut toxique, ou de ces deux précédentes histoires d’amour importantes. Et son histoire ne peut qu’être comprise que dans une continuité – l’enfance, la construction de soi, sa famille, entre la Princesse des glaces (surnom de sa mère) et son père. Je n’ai garde d’oublier « Gros », le chien fidèle, dont le souvenir hante certaines pages, en opposition au « chat sauvage » qu’était R.
Musique, littérature, voyage, théâtre – Juliette est comédienne, chroniqueuse, mais aussi ancienne candidate à Science po. De cette personnalité multiforme ne pouvait naître qu’un roman foisonnant, bigarré, riche, à lire en écoutant la bande son. Parce que ce ne sont pas que de la musique, ce sont aussi des textes, ces paroles auxquelles certaines personnes ne font absolument pas attention – parce que ce ne sont que des chansons, et la boucle est bouclée.
Pas un coup de coeur, non, pas tout à fait, mais une lecture lumineuse, en dépit du sujet. Ecrire, c’est aussi avancer.

Croire de Nathalie Marie

Présentation de l’éditeur :

Étudiant en art, Fabien pensait avoir la vie devant lui et esquissait lentement ses projets d’avenir.
Lorsqu’il apprend que la mort prématurée de son père a été causée par une maladie génétique dégénérative et héréditaire, son monde s’écroule. Les doutes et la peur l’assaillent, pour son frère… pour lui-même…
Face à cette réalité, il lui faudra mobiliser son courage pour surmonter l’épreuve qui l’attend. Sans parler de Gaël, ce danseur qu’il vient de rencontrer et pour qui il éprouve déjà des sentiments surprenants.
Peut-il se permettre d’espérer un futur ensemble alors que cette menace invisible plane sur lui ? Malgré les incertitudes, Fabien veut y croire.

Mon avis :

Ce livre fait partie des livres dont je me dis : mais comment est-il arrivé dans ma PAL ? Je n’ai pas vraiment la réponse. Il n’empêche : il y était, et je l’en ai sorti pour le challenge LIvra’deux pour Pal’Addict.
Il mêle deux sujets, d’un côté, une romance entre deux hommes, de l’autre, la découverte par le personnage principal et narrateur que son père est mort d’une maladie génétique héréditaire. Lui et son frère sont peut-être atteints, et c’est à eux de voir s’ils veulent ou non savoir s’ils sont porteurs de ce gène. S’ils le sont, cela aura forcément une influence sur le vie. Le frère aîné de Fabien est en couple, il souhaite avoir des enfants, Fabien a repris ses études, commence seulement à avoir une relation stable avec un homme, lui qui est bisexuel.
Première chose : oui, nous saurons si Fabien est porteur ou non du gène. Je déteste rien moins que ces auteurs qui ne veulent pas aller au bout de leur idée initiale et laissent l’imagination de leur lecteur compléter (ou pas). J’aurai compris, attention, si Fabien avait refusé de savoir, ce qui est une démarche assez courante, aussi : il n’est pas si facile de vivre tout en sachant que ses jours sont encore plus comptés qu’on ne le pensait.
Deuxième chose : Fabien vit bien le fait d’être bisexuel. On voit rarement, y compris dans la littérature « romance » des personnages qui assument ainsi, ne serait-ce que parce que le regard des hétéros ou des homos n’est pas forcément tendre avec eux. Il doit aussi se faire accepter pour quelque chose qu’il n’a pas choisi mais qu’il assume parfaitement. Parfois, ce sont les autres qui nous compliquent franchement la vie.
Troisième chose : la danse. Gaël est un ancien danseur, qui a dû abandonner sa passion. Même s’il continue à vivre dans le sillage de l’Opéra et s’il y travaille, renoncer n’est pas facile.
Trois axes différents pour une romance, le tout assez bien amener. Le récit est bien construit, facile à lire en dépit des thèmes graves abordés. Et s’il fallait ne retenir d’une chose, c’est bien de profiter de la vie.

 

Alma de Cizia Zykë

édition Taurnada – 211 pages

Présentation de l’éditeur :
Une petite fille aux étranges pouvoirs vient au monde. Autour d’elle, c’est l’Espagne du Moyen Âge, barbare autant que raffinée, à la fois religieuse et brutale, où la reine Isabelle la Catholique s’apprête à chasser tous les Juifs du royaume. La petite Alma, celle qui parle avec Dieu, deviendra-t-elle le guide dont son peuple a besoin, ou bien sera-t-elle comme tant d’autres balayée par le vent mauvais de l’Histoire ? L’épouvante se mêle au comique, les destins s’enchevêtrent, aussi grandioses que pitoyables, dans un récit haletant, à la force d’une légende.

Merci à Joël des éditions Taurnada pour ce partenariat.

Mon avis :

Ce livre est l’histoire d’un conteur. Il va nous emmener, comme en un dernier baroud d’honneur, en Espagne, en 1492. Ce n’est pas la découverte de l’Amérique qu’il va nous conter, non, ce sont les persécutions dont fut victime la communauté juive espagnole.
Oui, je sais que le roman s’appelle Alma, et qu’il nous conte aussi l’histoire de cette petite fille prise dans les tourbillons de l’histoire, une petite fille comme sans doute il en a eu plusieurs – mais différente, cependant, à cause du don qu’elle a reçu à la naissance.
Mais, pourtant, je reviens sans cesse à cette voix de conteur, qui sait bien que c’est la dernière fois qu’il peut nous parler :

« Maintenant, s’il vous plaît, hâtons-nous, j’ai encore nombre d’événements historiques à évoquer, pléthore de péripéties à penser, tombereaux de coups de théâtre à concocter, foison de souffrances à ciseler et, comme je vous l’ai déjà expliqué, ces temps-ci, ces derniers temps, par les temps qui courent, le temps m’est salement compté. »

Oui, c’est un sentiment d’urgence drôle qui domine quand il apostrophe le lecteur et qu’il nous parle aussi d’une époque qui est si éloignée de la nôtre, n’est-ce pas ?

Ça vous paraît étrange, à vous, qui vivez au cœur de cette belle époque moderne où règne la tolérance universelle.
Où l’amour seul guide les relations entre les peuples.
Où il ne viendrait à l’esprit de personne l’idée absurde de détester son prochain en raison de sa religion.

Nous voici plongée dans la communauté juive, celle d’un petit village, d’abord, celle d’une grande ville ensuite, le dénominateur commun est pourtant le même : la persécution. Au centre, Alma, cette petite orpheline qui vit, heureuse, entourée de personnes qui ne demandaient qu’à vivre leur vie, leurs amours, leurs commerces, le plus ordinairement du monde, si ce n’est que d’autres personnes avaient décidé qu’ils étaient la cause de tous les maux, et qu’il fallait les éliminer. Ceux qui veulent le faire ne manquent pas non plus d’imagination :

L’esprit humain recèle d’insoupçonnables ressources quand il s’agit de faire du mal à son prochain.

Ce qui unit les personnages ? Comme le conteur, ils vont tous aller au bout du destin qu’ils ont choisi, comme Zacharia – même si ce n’est pas celui que l’on attendait.
Un conte enlevé, qui nous emmène aussi dans notre époque.

Alex a la mémoire qui flanche de Claire Delille

Présentation de l’éditeur :

Les mecs, ça aime le foot et la bière. Les filles, le shopping et les comédies romantiques. Alex, lui, aime le maquillage, La La Land, son amie Zia et parfois même porter des jupes ou des talons hauts. Responsable d’une rubrique de relooking au Girls Only, il cherche, à ses heures perdues, la perle rare, celle qui l’acceptera tel qu’il est. Lorsqu’il se réveille à l’hôpital, complètement désorienté, sa vie prend une tournure inattendue. On lui a tiré dessus et un homme est mort ! Le commissaire Bernardin de la PJ de Lille est sur les dents. Alex est le seul à pouvoir identifier le meurtrier. Le hic, c’est qu’il ne se souvient plus du tout de ce qui s’est passé…

Mon avis :

Le livre, sa couverture, tout pourrait vous sembler léger, divertissant, si ce n’est que dès les premières pages, l’on apprend qu’Alex, qui assume particulièrement ses différences, s’est fait tirer dessus et qu’un commissaire de police anglais a eu moins de chance puisqu’il est mort.
Roman policier, oui mais aussi roman psychologique : Alex, qui a partiellement perdu la mémoire, se prend son passé en pleine face. L’on découvre son parcours, ce qui fait qu’il a pu se construire tel qu’il est devenu, mais aussi des souvenirs qu’il avait soigneusement enfoui dans les replis de sa mémoire. Le récit nous renvoie ainsi régulièrement dans son passé, dans la construction d’un enfant qui avait des goûts différents, loin des clichés de ce qu’un garçon est censé être. J’ai l’impression que l’on est plus tolérant avec une fille, qui a le droit de s’habiller, de se coiffer comme un garçon, alors que si c’est le contraire… La levée de bouclier n’a pas lieu que dans ce roman. Se construire, c’est aussi s’opposer – aux autres. Faire accepter ses choix. Ce n’est ni facile, ni drôle, et le lecteur, pendant ce récit, se retrouve véritablement à la place d’Alex.
Et pendant ses réminiscences, la vie, l’enquête, continuent : tout danger n’est peut-être pas écarté puisqu’Alex devrait être en mesure d’identifier le ou la coupable – ne soyons pas sexiste, les femmes tuent aussi. Il a la chance d’avoir des amis qui prennent soin de lui, dont Zia, héroïne du volume 1 de ses enquêtes, personnage secondaire au caractère bien trempé, et à la vie sentimentale plus organisée que celle d’Alex. Chacun sa façon de vivre sa vie amoureuse, je suis davantage versée vers les personnages qui veulent être optimistes, se faire confiance et faire confiance à leur avenir (comme Zia) que ceux qui se projettent déjà dans une future rupture avec énumération des motifs possibles, sous forme de clichés : la vie n’est jamais telle qu’on l’attend, et une partie du dénouement, en forme de réconciliation avec le passé d’Alex, nous le prouve assez.
Essayez donc cette forme littéraire, déjà illustrée par Janet Evanovitch : la romance policière.

Retour à River Falls d’Alexis Aubenque

Présentation de l’éditeur :

Une intrigue complexe, un art unique du suspens et de l’action, et le début d’une série qui promet des heures de plaisir et de frisson.
En ce début d’été, River Falls, petite ville des Rocheuses, est le lieu idéal pour les amoureux de la nature. Mais quand des randonneurs découvrent dans une grotte le corps nu d’une jeune fille tenant son propre cœur entre ses mains, la peur s’empare des habitants.
Tout juste réélu pour un nouveau mandat de shérif, Mike Logan comprend que le temps lui est compté avant qu’un nouveau meurtre n’ait lieu. Avec l’aide de la lieutenante Lindsay Wyatt, son nouveau bras droit, il s’intéresse au Big Circus : un cirque dont chacun des membres ferait un coupable idéal.
Comme à son habitude, la compagne de Logan, la profileuse Jessica Hurley, met en doute cette théorie. Elle sait, d’expérience, que la piste la plus évidente est rarement la meilleure…

Mon avis :

Non, ce n’est pas de la paresse. Simplement, j’ai envie de vous dire de lire ce livre, plutôt que de vous plonger dans les avis le concernant. Comme tous les autres romans d’Alexis Aubenque que j’ai lu, celui-ci est très réussi. On tourne les pages très rapidement, parce que l’on a envie de savoir comment cela va se dérouler/se terminer.

Mike Logan est de retour. Ce n’est pas qu’il soit un criminel, non, il est le shériff, et pourtant, dès son retour, deux meurtres vont être commis; Au même moment, un cirque s’installe en ville, et il est facile de chercher les coupables dans les étrangers à la communauté, puisqu’il est facile, en dépit déjà des exactions de deux tueurs en série (voir les tomes précédents de la série River Falls) de croire que tous ses habitants sont parfaitement recommandables. Parfois, il ne faut pas grand chose pour révéler la véritable nature humaine.

Il est question, dans cette nouvelle enquête, d’un des thèmes les plus fréquents dans les romans policiers : la vengeance. Ce ne pourrait être qu’une variation sur un thème. Cela montre surtout ce que l’on devient après un « événement grave », un événement qui a pu vous bousiller – mais qu’est-ce que l’on fait après ? On peut choisir le meilleur, même si c’est dangereux. On peut choisir le pire, sans se soucier jamais des conséquences.

A lire, si vous aimez les thrillers réussis.