Archive | septembre 2015

Monk

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Le mois américain touche à sa fin, et, bien qu’ayant le choix entre plusieurs lectures, j’ai préféré terminer sur une note optimiste, à savoir présenter une série télévisée bien connue (du moins je le pense) : Monk.

Huit saison, 125 épisodes, c’est le temps qu’il aura fallu à Adrien Monk pour se débarrasser de quelques-unes de ses phobies (parmi les 300 et quelques qu’il possède) et surtout, mener à bien de très nombreuses enquêtes. La plus connue, celle qui sert de file rouge à ces huit saisons, est celle sur la mort de son épouse bien-aimée, Trudy, la seule qui avait réussi à apaiser ses troubles obsessionnels compulsifs de cet ancien policier de San Francisco.

Monk ne serait pas Monk sans les personnages qui l’entourent. Je pense notamment à ses deux infirmières, Sharona, d’baord, pendant trois saisons, et Nathalie, pendant les cinq dernières saisons. Sharona est à cet égard emblématique puisque, si elle doit supporter les nombreuses phobies de son patron, lui n’a de cesse de lui faire passer sa phobie pour les éléphants  (pas de manière très réussie, il faut bien le dire). Si Sharona appelle Monk par son prénom (de mémoire), Nathalie ne l’appelle que « monsieur Monk ». Toutes deux sont mères de famille, un garçon pour Sharona, séparée de son mari, une fille, Julie, pour Nathalie, qui elle, est veuve.

Je n’ai garde d’oublier les deux enquêteurs officiels, ceux qui utilise les talents de consultant privé deMonk (ou, qui parfois, ne peuvent plus le supporter) : le capitaine Leland Sottlemeyer et le sergent Randy Disher. Le premier a une vie sentimentale plus qu’agité : sa première femme sera gravement blessée (Monk viendra à la rescousse pour trouver le coupable, puisqu’il comprend parfaitement ce que le capitaine ressent), un divorce, une nouvelle compagne que Monk fera arrêter pour meurtre, et finira se remarier, avec une jeune femme nommée Trudy. Randy, lui, est d’une naïveté confondante – et il faut bien de la patience à Leland pour supporter tout ce beau monde.

Pour terminer, le générique de la série, interprêté à Vienne par son auteur Randy Newman :

 

Circuit mortel de Kathy Reichs

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Présentation de l’éditeur :

La semaine des courses se prépare dans la fièvre au fameux Charlotte Motor Speedway (Caroline du Nord), circuit de courses en stock-car. Mais une découverte macabre, dans la décharge qui jouxte le circuit, risque de gâcher la fête : après des pluies diluviennes, un baril a surgi de la boue ; il contient un cadavre recouvert d’asphalte. Temperance Brennan doit identifier ce corps dans la chaleur torride d’un printemps ponctué d’orages et de trombes d’eau. Qui est donc l’inconnu de la décharge ? Est-il mort récemment ou il y a dix ou quinze ans, comme les analyses portent à le croire ? Plusieurs hypothèses se bousculent mais deviennent invérifiables quand le FBI soustrait la dépouille et la détruit. Rien de tel pour piquer la curiosité de Tempe.

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Mon avis :

Ceci est la quatorzième enquête de Temperance Brennan. Je ne les ai pas toutes lues, mais du moins la plupart d’entre elles. Si jamais vous cherchez la Tempérance de la série télévisée, vous faites fausse route, l’originale est très différente.
Exercer son métier d’anthropologue judiciaire, par exemple, peut être très compliqué, surtout quand le FBI veut reprendre l’enquête et détruit le corps. Ai-je vraiment besoin de vous dire que non seulement l’autopsie devient impossible, mais que cette attitude est plus que louche ? Beaucoup trop de personnes ont des choses à cacher, et peu ont un véritable intérêt à découvrir les coupables. A vrai dire, découvrir des personnes qui souhaitent faire toute la lumière est presque aussi difficile que de trouver les coupables.
Surtout que les difficultés ne surgissent pas uniquement de son milieu professionnel ! La vie privée de Tempe part en lambeaux, et son ex-mari (dont elle a déjà gardé le charmant toutou à plusieurs reprises) est sur le point de se remarier avec l’exquise Summer. Rien à voir avec la Buffy du même nom. Je suis d’ailleurs surprise que personne n’ait encore songé à l’assassiner ! Elle est LA fille superficielle dans toute sa splendeur, je l’imagine très facilement dans une de ses émissions de télé-réalité qui fleurissent sur presque toutes les chaînes. Elle pourrait apporter une bouffée de fraîcheur, elle donne plutôt envie de se replonger au plus vite dans l’enquête, et tant pis pour les détails trop sanglants !
Est-ce une certaine habitude de ces romans ? J’ai trouvé cette enquête moins gore que les précédentes, même si la tragédie humaine est là, et bien là. Elle rappelle aussi que la misogynie a de beaux jours devant elle, et qu’elle a des méthodes extrêmes pour imposer sa vision du monde. En montrant des femmes aussi différentes que Temperance, Summer ou Cindi Gamble, l’auteur nous rappelle qu’il n’y a pas qu’une façon d’être une femme, et que toutes peuvent cohabiter, sans que les hommes en général, ou un homme en particulier, doivent y trouver à redire.

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Les filles au chocolat : coeur Cerise de Cathy Cassidy.

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Présentation de l’éditeur :

Cherry, 13 ans, et son père Paddy s’installent en Angleterre chez Charlotte, sa nouvelle compagne qui a quatre filles : Coco, 11 ans ; les jumelles Summer et Skye, 12 ans, et Honey, 14 ans. Cherry est ravie de faire partie d’une famille nombreuse. Mais, à peine arrivée, elle craque bien malgré elle pour Shay, le petit copain de Honey. Voilà qui ne va pas arranger la cohabitation déjà difficile avec Honey, la seule à ne pas accepter l’arrivée de son nouveau beau-père !

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Mon avis :

Ce livre était dans ma PAL depuis au moins trois ans, et je l’en sors aujourd’hui, grâce au challenge des Filles de Mr Bennett. Ce qui m’avait attiré était simple : la jolie couverture et le titre, appétissant. Ce qui m’avait fait fuir était simple aussi : j’ai beaucoup de mal avec les personnes qui enjolivent la réalité, c’est à dire les menteurs.

A sa décharge, la vie de Cherry n’est pas folichonne, elle vit en Ecosse, dans un appartement pas vraiment très accueillant. Son père travaille dans une usine de chocolat, pour pouvoir plus facilement s’occuper d’elle. Sa vie prend un nouveau tournant quand son père renoue avec Charlotte, une amie d’enfance, et qu’ils décident de refaire leur vie ensemble, justement, en Angleterre. Si Paddy, le père de Cherry, n’a qu’une fille, Charlotte a quatre filles, qui l’aident à tenir le bed and breakfast qui les fait vivre depuis le divorce, trois ans plus tôt.

Alors oui, c’est rose – mais pas tout rose. Recomposer une famille n’est pas facile, même dans la littérature jeunesse pleine de bons sentiments. Si les plus jeunes accueillent assez bien Charlotte, l’aînée, en revanche, montre franchement ce qu’elle pense, ce qu’elle ressent – et ce n’est pas agréable pour Cherry. Sommes-nous en face du personnage de la peste, si reconnaissable dans la littérature jeunesse puisqu’elle ne change jamais ? Pas vraiment. Honey vit dans un monde de rêve elle aussi, elle qui a vu au plus près le couple de ses parents se défaire et comme beaucoup d’enfants (beaucoup trop dans la littérature du moins) ne souhaitent que les voir se remettre ensemble, quitte à utiliser toutes les armes à sa disposition.

Au milieu de cela, il y a Shay, son petit ami. Il est d’autant plus beau qu’il manque de confiance en lui, lui qui est le vilain petit canard de sa famille. Les amours adolescentes ne sont pas nécessairement faites pour durer, les adultes le savent, les ados n’en ont pas encore conscience, surtout s’ils ont l’impression qu’ils n’ont que cela pour se raccrocher.

Finalement, ce premier volume est drôle, tendre, et même si les difficultés semblent s’estomper assez vite, elles sont bien réelles – tout comme les dangers que certains ont couru, et pas seulement en testant de nouvelles recettes de chocolat.

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Dark Horse de Craig Johnson.

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J’ai fini Dark Horse de Craig Johnson, avec Nunzi sur la poitrine, Violette dans le cou, Alias à me pieds, Bella sur mes jambes, Cacao à ma droite et Brésilienne à ma gauche. Autant dire que ce billet a été programmé début septembre….

Mon avis :

Dire qu’il y a des personnes qui n’aiment pas Craig Johnson (soupir). Qu’ils ne le connaissent pas, passe encore, mais qu’ils l’aient lu et n’aiment pas m’apportent de grandes difficultés de compréhension. L’histoire pourrait être simple, on pourrait même dire qu’elle commence par la fin : une femme est conduite en prison parce qu’elle a assassiné son mari. Lui-même avait mis le feu à son écurie (celle de sa femme), brûlant vif ses huit chevaux. Elle a avoué, elle avait l’arme du crime, affaire bouclée.

Oui, mais non. Si le shérif du comté où a eu lieu le crime ne peut pas enquêter ouvertement, il sous-entend très gentiment, fait comprendre, met tout en oeuvre pour que son vieil ami Walt, qui n’est pas débordé en ce moment (les prisons sont tellement vides qu’il les loue à d’autres comtés) de se rendre sur place et d’enquêter, sous couvert d’assurance à payer.

L’intérêt de ce récit est multiple. Sa construction, d’abord : le face à face entre Walt et la coupable présumée nous est raconté au cours de retour en arrière, inséré dans le récit principal. D’habitude, cela m’agace. Là, c’est tellement bien fait, bien construit que cela renforce l’intérêt du récit. L’ordre chronologique strict aurait rendu la narration plate, les enjeux auraient moins été mis en avant. Il n’y a pas que Carol qu’il faut sauver dans cette histoire. l’homme ne manque pas d’imagination pour répandre de la souffrance autour de lui.

Le second intérêt est dans l’humanisme de Walt Longmire – si vous êtes fan, je ne vous apprends rien. Protéger est vraiment son but, ne comptez pas sur lui pour appuyer sur la détente si ce n’est pas nécessaire. Je ne dis pas que c’est facile pour lui, d’ailleurs, l’un de ses adversaires, qui avait eu une très malencontreuse idée, gagnera quelques blessures – affligées à mains nues. Protéger ne veut pas dire être une carpette. Henri Standing Bear ne dira pas le contraire non plus.

Dark horse, c’est aussi l’occasion d’un retour dans le passé, un retour au source pour Walt, et d’envisager l’avenir : sa place de shérif est en jeu, et lui n’a pas envie de jouer le jeu de la campagne électorale, des slogans. Protéger. Rendre le monde un peu plus juste. Un travail à plein temps qui n’a que faire des ronds de jambes.

Encore un roman réussi signé Craig Johnson.

 

 

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Cible mouvante de Ross MacDonald

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Présentation de l’éditeur :

Qu’un homme d’affaires surmené ait une envie de « disparaître » pour s’aérer un peu, quoi de plus naturel ? Mais quand il s’agit d’un industriel aussi fortuné que Ralph Sampson qui « pèse » au bas mot cinq million de dollars et fréquente assidûment les milieux louches de Los Angeles, on peut s’interroger sur la réalité de ladite fugue. Pour Lew Archer, le privé chargé de l’enquête, le problème est clair: il ne peut s’agir que d’un enlèvement savamment orchestré. Plus inquiétant cependant : c’est dans l’entourage de Sampson qu’il faut chercher les coupables.

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Mon avis :

Bienvenue, bienvenue en Californie : il fait beau, l’argent est bien présent, tous les rêves peuvent se réaliser, surtout les rêves de gloire, Hollywood n’est pas loin.

Rien n’est si simple pourtant, et Lew Archer, ancien policier, et détective privé émérite, ne me contredira pas. Un magnat a disparu. Volontairement ou pas ? Sa femme veut faire toute la lumière sur cette disparition, et même si elle compte bien survivre à son mari, elle n’entend pas à ce qu’il trépasse prématurément. Le fils Bob est mort pendant la guerre, ce qui remit en cause bien des choses dans la famille. La fille, Miranda, ne s’entend guère avec sa belle-mère, qu’elle juge avec une extrême sévérité, tout en vivant (presque) une tragédie racinienne : aimé par un homme qui a des allures de futur bon père de famille, elle est éprise du pilote de son père, qui est lui-même amoureux d’une autre femme.

Mais nous ne sommes pas dans une tragédie signée Jean Racine, nous sommes dans un univers dont le glamour dissimule à peine le sordide, où la générosité cache des motivations tout sauf altruistes. Lew est sans illusion, depuis longtemps, mais pas sans humour, fort heureusement pour le lecteur, et pour lui aussi, vu ce qu’il endure. Il m’a fait penser, par sa malchance, au bien français Nestor Burma. Qui a dit qu’enquêter était facile ?

Nous sommes près d’Hollywood, près de Sunset Boulevard aussi. Si des gloires passées croisent la route du privé, force est de constater qu’elles se sont perdues dans un monde d’illusion, et qu’elles ne sont pas étrangères à leur propre déchéance.

Pessimiste, Lew Archer ? Non, lucide de bout en bout. Après cette première enquête, j’ai très envie de le retrouver.

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Le grand Meaulnes d’Alain Fournier

Mon résumé :

Augustine Meaulnes et apparu un jour dans la vie de François Seuret, et la vie de ce jeune adolescent, fils d’instituteurs, ne sera plus jamais la même.

Mon avis :

Lu à la fin de mes études de lettres, relu en 2015 pour le faire étudier à mes élèves – et toujours, je n’accroche pas à ce roman, considéré comme un monument de la littérature française. Déjà, il y a quinze ans, j’étais restée extérieur à ce roman, essentiellement masculin – peut-être les garçons, les adolescents, s’y retrouvent davantage que moi.

Roman de la tragédie et de la mort imminente: on oublie trop souvent que si Augustin Meaulnes part en pension et rencontre François Seuret, c’est parce que son petit frère est mort d’une pneumonie, contractée après s’être baigné dans une eau trop froide. Pas de douleurs palpables chez l’aîné, pourtant. La mort comme faisant partie de la vie. Idem avec la mort d’Yvonne de Galais, figure féminine bien de son temps. Toute sa jeunesse, elle fut au petits soins pour son frère, elle sacrifie son bonheur dès sa nuit de noces au profit de son frère chéri. Elle vit une grossesse douloureuse, solitaire, minée en partie parce qu’elle ne sait pas ce qu’est devenu Meaulnes, et meurt en mettant au monde leur fille. Augustin fait passer ses remords adolescents avant sa vie d’adulte, et une autre en paie le prix. Le seul à connaître un dénouement heureux c’est Franz de Galais, qui ne s’est jamais soucié de personne si ce n’est de lui-même. S’est-il d’ailleurs aperçu de la disparition de ses proches ? Non, lui qui a son petit bonheur dans sa petite maison. Frantz est resté un grand enfant, François Seuret, son presque double, est devenu un adulte, en contant les aventures des autres, en y participant un peu, aussi, mais en n’osant jamais dire. Inaptitude au bonheur ou volonté de privilégier celui des autres ? Aux lecteurs de trancher.

 

Légendes de la garde : la hache noire

Présentation de l’éditeur :

Au printemps 1115, le jeune Celanawe se voit investi d’une mission : escorter Em, sa dernière parente, pour retrouver la Hache noire. Cette arme mythique, qui passe de main en main depuis la nuit des temps, a été forgée par un mystérieux ancêtre, et quiconque la porte doit veiller secrètement sur le peuple des souris. Une quête qui entraîne Celanawe au-delà du danger, vers les mers inconnues et les contrées lointaines…

Mon avis :

Voici le troisième tome des Légendes de la garde, et pas nécessairement le plus aisé à lire – sauf à avoir un moral d’acier, ce qui n’est pas vraiment mon cas pour le moment.

Le prologue et l’épilogue assurent la continuité avec les deux tomes précédents. L’un des gardes, le plus intrépide, celui qui a vécu le plus d’aventures, qui a le plus souffert, est porté disparu, on le cherche malgré les difficultés parce que nul, et surtout pas la matriarche, ne peut se résoudre à sa disparition. Et, matérialisant cette quête, nous nous retrouvons plongés quarante ans en arrière, pour découvrir le passé de Celanawe, que nous savons être la hache noire – ou du moins, une de ses incarnations.

Les illustrations sont toujours aussi belles, aussi soignées, et à travers elle, c’est un monde âpre, dur, où toute vie est extrêmement précaire que nous découvrons. Une vie où l’individu compte peu finalement, si son sacrifice peut être utile pour le bien commun.

Bonheur de lectures, oui, parce que les images sont magnifiques mais j’ai ressenti une profonde sensation de vide, de solitude à la fin de cet album. J’étais vraiment avec les héros, leurs douleurs, leur impuissance. Etre un héros n’est pas un jeu, avoir une mission et l’accomplir n’apportent pas nécessairement un sentiment de réussite ou de satisfaction.

img_0839-2David Petersen est né en 1977 dans le Michigan. Trois tomes des Légendes de la garde sont à ce jour publiés en France.

Dragon bleu, tigre blanc de Qiu Xialong

draon bleuédition Points – 360 pages.

Présentation de l’éditeur :

Stupeur à la brigade des affaires spéciales de la police de Shanghai. Sous couvert d’une promotion ronflante, l’inspecteur Chen est démis de ses fonctions.
Après tant d’enquêtes menées contre les intérêts du pouvoir, pas étonnant qu’on veuille sa peau. Forcé d’agir à distance, inquiet pour sa vie, Chen affronte l’affaire la plus délicate de sa carrière tandis qu’à la tête de la ville, un ambitieux prince rouge et son épouse incarnent le renouveau communiste.
Alors que dans les rues résonnent les vieux chants révolutionnaires, ambition et corruption se déclinent plus que jamais au présent.
Avec une amère lucidité, Qiu Xiaolong réinterprète à sa manière le scandale Bo Xilai qui secoua la Chine en 2013.

ThrillerPolar-PatiVore3Mon avis :

Ce livre est une enquête hors-norme, placée sous le signe de la mort, du début à la fin. Normal pour un roman policier, me direz-vous. Si ce n’est que Chen est hanté par les devoirs qu’il doit à sa famille, par les responsabilités qu’il a envers les siens, par les risques qu’il leur fait courir – et par les conséquences. Il y a rarement eu autant de cadavres ou de menaces dans une enquête de Chen Cao.

En fait, il est en marge de l’enquête, d’ailleurs il ne sait même pas sur quoi il doit enquêter – ou plutôt, quelle est cette enquête qui lui a valu cette éviction sous couvert d’une promotion. Il doit prendre d’infinies précautions, puisqu’aucune méthode traditionnelle ne peut être utilisée, aucun des moyens qu’il avait jusque là à sa disposition, à moins de faire courir des risques à son fidèle second Yu. Restent tous les autres.

La corruption semble avoir gagné les plus hauts niveaux de la société chinoise – à l’occidentale, si j’ose dire, si ce n’est que cela semblait impossible, quelques années plus tôt. Les Gros-Sous sont prêts à tout pour s’enrichir, et n’hésitent pas à partir aux Etats-Unis, à y envoyer leurs familles, leurs enfants, pour qu’ils y étudient – quarante ans plus tôt, c’étaient les étudiants albanais qui venaient en Chine pour y étudier. Ils ont également des maîtresses, signes extérieurs de richesse, des ernais, qui ne sont pas sans rappeler les concubines de la Chine ancienne. Chacun est prêt à tout pour conserver ses privilèges, cacher ses tripatouillages – et tant pis pour ceux qui pourraient leur nuire.

Est-ce parce que l’enquête est ancrée dans le présent que le passé est moins évoqué dans ce neuvième tome des enquêtes de Chen ? Il apparaît cependant en filigrane avec la renaissance de l’opéra, et les souvenirs que les chants rouges font naître chez les personnages principaux.

Est-ce parce que Chen est sur la touche ? J’ai trouvé cette enquête moins prenante que les autres, parce qu’elle prend trop de chemins détournées, parce que les véritables enjeux n’apparaissent que tardivement. Chen a beaucoup de chance d’avoir des proches aussi dévoués, qui tiennent autant à lui. Là est sans doute le plus grand intérêt de ce roman.

 

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Rendez-vous dans le 18e de Jake Lamar

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Présentation de l’éditeur :

Comme un certain nombre de Noirs américains, Ricky Jenks a quitté les Etats-Unis pour s’installer à Paris. Il est pianiste de jazz et subsiste en jouant dans une crêperie de Montmartre. Il se sent chez lui dans le 18e arrondissement avec Fatima, sa compagne du moment. Pour lui, l’Amérique c’est fini. Il ne retournera. pas dans ce pays où il a connu une terrible humiliation, une blessure jamais refermée : le jour de son mariage, il avait vainement attendu sa future femme. Elle était partie filer le parfait amour avec Cash Washington, son propre cousin, un riche médecin arriviste et sans scrupules. Or voici que huit ans plus tard, le cousin Cash débarque à Montmartre. Affolé, aux abois, il a perdu de sa superbe. Il a aussi perdu son épouse. Pas l’ex de Ricky, mais une beauté nommée Serena qui a pris la fuite après une violente dispute avec lui et se trouverait à Paris. Pour localiser Serena, Cash compte sur Ricky.

Mon avis :

Un roman qui se passe à Paris mais voit son héros partir en week-end à Gisors, cela se fête ! Surtout que la ville n’est pas présenté comme ne possédant que le vélo comme moyen de transport (il est des auteurs qui ne connaissent vraiment pas la Normandie). Oui, il y a une gare à Gisors, oui, il y a aussi des taxis. Je referme ma parenthèse et je reprends l’écriture de mon avis.

Dans un pays où l’Amérique fait encore un peu rêver, voici que des américains débarquent à Paris, y vivent et surtout y restent ! Hors de question pour eux de retourner aux USA. Ils se plaisent et ont bien l’intention de rester, à l’instard de Ricky, pianiste en situation plus ou moins régulière en France. Il a une amoureuse qu’il ne comprend pas parfaitement. Il a la tête farcie de clichés, le pauvre, et s’il est une personne qui n’en sort pas grandi, ce n’est pas Fatima, sa compagne, c’est bien lui.

Famille, je vous aime ? Pas vraiment. Ricky s’est toujours senti le vilain petit canard d’une famille où tous, sans exception, ont réussi. Et ce n’est pas le camouflet infligé par son cousin le jour de ses noces qui allait le faire se sentir mieux, pas même le fait que son ex-fiancée ait amèrement regretté son acte. Cash (quel nom peu adapté pour un éminent chirurgien) s’est mariée, avec la superbe Serena, qui l’a plaqué superbement. Et non, cela ne réjouit pas Ricky, ce n’est pas son genre du tout. Il voudrait juste qu’on lui laisse tranquillement vivre sa musique en vie (je pensais vivre sa vie en musique, tant pis, je garde le lapsus).

Ceci n’est pas un roman policier, mais un roman de rencontre. J’ai beaucoup aimé Serena, Fatima, d’autres encore y compris les travestis qui hantent le quartier, bien loin de la théorie du genre. J’ai aimé le fait que les musiciens soient de vrais musiciens, non des personnes qui parlent musique au lieu de la jouer. J’ai moins aimé le tourbillon de violence dans lequel se trouvent pris Ricky et Fatima – eux non plus ne l’ont pas apprécié.

Rendez-vous dans le 18e est un vrai roman franco-américain.

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Spécial Snoopy – Snoopy reste dans la note et Le petit monde des peanuts.

Couv_216220Nous connaissons tous Snoopy, Woodstock, Charlie Brown, sans oublier Sally, Linus ou Peppermint Patty. Snoopy et le petit monde des Peanuts nous permet de retrouver quelques-uns des strip les plus connus.

Le livre est très beau, le contenu l’est tout autant, et commence par une petite présentation des personnages principaux, Snoopy en tête.
Il est amusant de voir Charlie Brown, pas vraiment doué pour le base-ball, et client assidu de Lucy, psy à cinq cents. Il en a, des choses à lui dire, et elle a déjà parfaitement compris quel parti tirer de ses questionnements. J’ai une tendresse particulière pour Peppermint Patty, pas très douée à l’école, mais terriblement attachante. Elle n’est pas bonne élève, et alors ? Elle a en tout cas beaucoup d’inventivité, ce qui n’est pas le cas de tout le monde – voir Charlie Brown qui, décidément, ne comprend pas grand chose aux filles.

snoopy23_21022002S’il est de beaux albums, beaux objets livres, il est aussi, plus simplement, des bandes dessinées comme Snoopy reste dans la note. Un chien, un jeune garçon, des amis, sans oublier de petits oiseaux jaunes conquérants et un bus scolaire qu’il faut prendre, avant de prendre un autre bus pour une sortie scolaire. Pas toujours facile, la vie des écoliers américains ! Les jours de classe, les interrogations et les rédactions, et surtout, surtout l’amour. Non, pas pour une petite fille aux cheveux roux, Charlie Brown rencontre d’autres petites filles et découvre que l’amour, même partagé, ce n’est pas si simple.

 

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