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L.O.L.A de Claire Garralon

Présentation de l’éditeur :

Quand Lola est entrée dans la classe, ce fut comme un éblouissement pour Charlie. Puis il y eut cette façon de se présenter, en épelant les quatre lettres de son prénom – L.O.L.A. –, comme une mélodie. D’inconnue, Lola devient pour Charlie une amie, puis une meilleure amie. Quelque chose d’indéfinissable chez Lola l’attire irrésistiblement. Du trouble, du désir sans doute. Les filles plaisent à Charlie mais certains garçons aussi, c’est confus. Mais on tombe amoureux d’une personne, pas d’un sexe. Pourquoi faudrait-il se définir selon une orientation sexuelle ? Pourquoi se conformer à une étiquette – hétéro, homo… ? Plutôt simplement mettre des mots sur ses pensées pour que ça existe vraiment.

Merci à Netgalley et aux éditions Actes Sud Junior pour ce partenariat.

Mon avis :

Avant d’écrire mon avis, je pense à tous ceux qui ne voudront pas lire ce livre ou qui ne voudront pas le faire lire. Pourquoi ? Parce qu’un garçon est un garçon, une fille est une fille, un garçon aime forcément une fille, une fille aime forcément un garçon – et puis c’est tout. Comme si la vie était si simple.

Pour les parents de Charlie et de Camille, son grand frère, oui, la vie est simple : ils aiment leurs enfants tels qu’ils sont. Oui, ils leur posent des questions, parce qu’ils s’intéressent à eux, à ce qui peut les rendre triste – surtout Charlie, qui est en plein doute, surtout depuis sa rencontre avec Lola. Elle a un joli prénom, Lola, qu’elle épèle quand elle se présente. Elle plaît, Lola, que ce soit aux garçons, ou aux filles. Elle s’est fait des amis facilement. Et pendant ce temps, Charlie se demande simplement ce qui lui arrive – avant de comprendre, tout simplement, que l’on tombe amoureux(se) d’une personne, et qu’il est trop facile, trop paresseux (à mes yeux) de définir quelqu’un par son orientation sexuelle.

Le roman est bref, pour nous montrer ce moment essentiel de la vie de Charlie, moment où le personnage parvient à définir et à affirmer ce qu’il est. Je pense aussi à une anecdote en particulier : Charlie et son frère sont tous deux passionnés par les voitures, les modèles réduits et, enfant, Charlie avait « emprunté » une voiture à son frère et l’avait cachée sous son oreiller. Il est beaucoup de grands frères qui l’auraient mal pris (j’ai un nom en tête).

Un roman pour dire la différence ? Un roman pour dire que l’on est tous unique.

Les aventures miraculeuses de Pomponius Flatus d’Eduardo Mendoza

Flatus

édition Points – 218 pages.

Ma présentation :

Ier siècle de notre ère. Pomponius Flatus accomplit un voyage pour trouver une source d’eau miraculeuse, capable de lui apporter la connaissance. En attendant, il goûte maintes eaux et en tire les conséquences, désastreuses, pour ses intestins, et pour ceux qui l’entourent. Après une mésaventure dans le désert, il se retrouve dans la petite ville de , à venir aux secours d’un charpentier condamné à mort.

Mon avis :

Gonflé  ! Et fortement érudit.
Je ne veux pas trop vous en dévoiler sur l’intrigue, pour ne pas vous gâcher l’effet de surprise de cette intrigue remarquablement construites, où chaque péripétie est à sa place, sans excès. Le propre de la véritable érudition est de passé tout seul, sans effet de manche, avec une écriture limpide, drôle, qui appelle un chat un chat, et une hétaïre, une hétaïre.
Pomponius écrit donc une lettre à son meilleur ami pour lui raconter ses tribulations en Palestine, et il n’est pas déçu de son voyage. Philosophe, mais pas passif, il est amené à enquêter pour innocenter un intègre charpentier, à la demande du jeune fils de celui-ci. Comme il n’est pas juif, il n’a pas les mêmes scrupuleuses règles que le condamné et peut se permettre quelques libertés dans son enquête, y compris celle de faire tourner en bourrique un humble porte-enseigne aussi baraqué que naïf. Comme il est romain, de l’ordre équestre qui plus est, il bénéficie d’une certaine impunité face à ses démarches un peu hasardeuse. Je me permets tout de même un petit spoiler : il bénéficie aussi d’aides en haut lieu.

Drôle et réaliste, émaillé de mythe et de récits érudits, les aventures miraculeuses de Pomponius Flatus est un roman policier non conventionnel, un roman historique pas barbant, une biographie non pontifiante, qui compose une oeuvre majeure, d’un écrivain qui ne l’est pas moins.

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