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L’affaire des « petits papiers » de Léo Frachet

Présentation de l’éditeur :

Un mystérieux assassin sévit dans la ville de Paris où il étrangle avec un fil de laiton ses victimes. Cinq crimes commis en moins d’un mois. Aucun indice. Aucune piste. Seul un papier épinglé sur chaque corps avec un message inscrit dessus : 3 + 6 = 0.

L’inspecteur Durieux est chargé par son supérieur de faire appel au PÈRE LEBŒUF, un ancien de la maison, désormais plus préoccupé par ses rosiers que par les faits divers, dans l’espoir qu’il puisse apporter un œil neuf sur le dossier…

Mon avis :

Je vous le demande un peu : on peut être policier, à la retraite après quarante ans de bons et loyaux services, et devoir enquêter à nouveau, en laissant de côté sa passion pour ses rosiers. Il faut dire que l’heure est grave : cinq meurtres ont eu lieu. Le point commun ? Le mode opératoire et un message mystérieux laissé près des corps. Les points communs entre les cinq victimes ? Des gens sans histoire, sans ennemi connu, ne laissant derrière eux que très peu d’argent, voir uniquement leurs yeux pour pleurer à leurs proches. La police piétine, et les journaux ne pourront pas toujours être muselés, surtout après qu’un sixième crime a été perpétré. A l’époque, on ne parle pas encore de tueur en série.

La brièveté du récit fait que l’enquête est résolue rapidement, sans que le lecteur ne soit entraîné sur des fausses pistes. Il faut dire aussi que le récit commence alors que de nombreux éléments ont déjà été débroussaillés – les enquêtes auprès des proches des cinq premières victimes notamment. Le père Leboeuf peut donc se concentrer sur les indices en leur possession, rappelant aussi comment les crimes ont été classifiés. Certes, le voir s’occuper de ses chers rosiers adorés ou partir à la pêche ne plait pas à tout le monde, mais n’est-il pas retraité ? Il pourra sembler, à l’aune d’aujourd’hui, trop calme, trop attentiste. N’attend-il pas qu’un nouveau crime soit commis pour arrêter le coupable ? C’est un peu ce qui se passe dans maints thrillers actuels, si ce n’est que les enquêteurs ne le formulent pas !

Comme souvent, un personnage que j’ai envie de retrouver dans d’autres enquêtes.

Philip Jackson, David Suchet

Les aventures miraculeuses de Pomponius Flatus d’Eduardo Mendoza

Flatus

édition Points – 218 pages.

Ma présentation :

Ier siècle de notre ère. Pomponius Flatus accomplit un voyage pour trouver une source d’eau miraculeuse, capable de lui apporter la connaissance. En attendant, il goûte maintes eaux et en tire les conséquences, désastreuses, pour ses intestins, et pour ceux qui l’entourent. Après une mésaventure dans le désert, il se retrouve dans la petite ville de , à venir aux secours d’un charpentier condamné à mort.

Mon avis :

Gonflé  ! Et fortement érudit.
Je ne veux pas trop vous en dévoiler sur l’intrigue, pour ne pas vous gâcher l’effet de surprise de cette intrigue remarquablement construites, où chaque péripétie est à sa place, sans excès. Le propre de la véritable érudition est de passé tout seul, sans effet de manche, avec une écriture limpide, drôle, qui appelle un chat un chat, et une hétaïre, une hétaïre.
Pomponius écrit donc une lettre à son meilleur ami pour lui raconter ses tribulations en Palestine, et il n’est pas déçu de son voyage. Philosophe, mais pas passif, il est amené à enquêter pour innocenter un intègre charpentier, à la demande du jeune fils de celui-ci. Comme il n’est pas juif, il n’a pas les mêmes scrupuleuses règles que le condamné et peut se permettre quelques libertés dans son enquête, y compris celle de faire tourner en bourrique un humble porte-enseigne aussi baraqué que naïf. Comme il est romain, de l’ordre équestre qui plus est, il bénéficie d’une certaine impunité face à ses démarches un peu hasardeuse. Je me permets tout de même un petit spoiler : il bénéficie aussi d’aides en haut lieu.

Drôle et réaliste, émaillé de mythe et de récits érudits, les aventures miraculeuses de Pomponius Flatus est un roman policier non conventionnel, un roman historique pas barbant, une biographie non pontifiante, qui compose une oeuvre majeure, d’un écrivain qui ne l’est pas moins.

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