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De la même veine d’Agathe Portail

édition Calmann-Lévy – 448 pages

Présentation de l’éditeur :

Philippe Opras et sa sœur, Myriam, dirigent en tandem la tonnellerie familiale, maison réputée du Bordelais. L’affection qu’ils se vouent prend toujours le dessus sur leurs différends, au point de laisser leurs conjoints sur la touche. Pol, leur presque frère, a grandi avec eux et a installé son cabinet de dentiste à proximité. Or voilà que, la quarantaine bien tassée, il annonce son intention de se marier et de partir s’installer au Canada. Une page se tourne pour le trio d’inséparables. Quand le mari de Myriam vient signaler la disparition de sa femme à la gendarmerie, le major Dambérailh rechigne à démêler les fils d’un psychodrame familial. D’autant qu’un crime abominable mobilise toute sa brigade : celui d’une jeune fille qu’on a fait sciemment dévorer par un chien de combat. Partagé entre deux enquêtes qui vont raviver en lui des plaies secrètes –et toujours encombré de sa fureteuse tante Daphné ! – l’opiniâtre major n’est pas au bout de ses surprises…

Merci aux éditions Calmann-Lévy et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Troisième enquête le major Dambérailh, à la fois différente des deux autres (nous ne lisons pas deux fois la même intrigue) et dans la même lignée.

Cette fois-ci, le major doit enquêter sur une disparition et sur un meurtre. Les deux sont-ils liés?

Dès qu’il s’est agi de « bois merrain », je me suis vu dans l’univers de Thérèse Desqueyroux. Est-ce si différent ? Ce sont des histoires de familles, de plusieurs familles, toutes unies, toutes différentes, des familles avec leurs secrets (ou pas),les affinités plus fortes entre certains membres. Les liens sont différents, évoluent, ou pas, selon les âges de la vie – les liens entre les membres d’une même famille ne sont pas figés. Il est des familles qui peuvent sembler hors-normes et pourtant, l’amour, le respect, sont là, sans condition. Il est des familles qui se constituent ou se reconstituent, comme pour combler un manque. Il est des blessures d’enfance que l’on tait et qui ne guérisse pas, ou qui guérisse en laissant de profondes cicatrices. Les enquêteurs eux-m^mes sont confrontés à leurs propres soucis familiaux. Même l’indépendante Daphné Dambérailh doit régler ce que je nommerai des « soucis personnels imprévus » qui pourraient bien entraver sa propre indépendance. Comme si ces problèmes familiaux, ordinaires ai-je envie de dire (oui, les enquêteurs ont le droit aussi d’avoir des soucis) voici que la télé-réalité fait irruption, en terme de compétition inter-village, montrant  qu’il ne faut pas grand chose pour faire ressortir le pire chez certains compétiteurs ?

Oui, les affaires sont complexes, ce qui n’empêchera pas le major d’enquêter, patiemment, minutieusement, de s’appuyer sur la compétence des hommes et des femmes qui travaillent avec lui, pour découvrir ce qui s’est passé.

 

Les aventures miraculeuses de Pomponius Flatus d’Eduardo Mendoza

Flatus

édition Points – 218 pages.

Ma présentation :

Ier siècle de notre ère. Pomponius Flatus accomplit un voyage pour trouver une source d’eau miraculeuse, capable de lui apporter la connaissance. En attendant, il goûte maintes eaux et en tire les conséquences, désastreuses, pour ses intestins, et pour ceux qui l’entourent. Après une mésaventure dans le désert, il se retrouve dans la petite ville de , à venir aux secours d’un charpentier condamné à mort.

Mon avis :

Gonflé  ! Et fortement érudit.
Je ne veux pas trop vous en dévoiler sur l’intrigue, pour ne pas vous gâcher l’effet de surprise de cette intrigue remarquablement construites, où chaque péripétie est à sa place, sans excès. Le propre de la véritable érudition est de passé tout seul, sans effet de manche, avec une écriture limpide, drôle, qui appelle un chat un chat, et une hétaïre, une hétaïre.
Pomponius écrit donc une lettre à son meilleur ami pour lui raconter ses tribulations en Palestine, et il n’est pas déçu de son voyage. Philosophe, mais pas passif, il est amené à enquêter pour innocenter un intègre charpentier, à la demande du jeune fils de celui-ci. Comme il n’est pas juif, il n’a pas les mêmes scrupuleuses règles que le condamné et peut se permettre quelques libertés dans son enquête, y compris celle de faire tourner en bourrique un humble porte-enseigne aussi baraqué que naïf. Comme il est romain, de l’ordre équestre qui plus est, il bénéficie d’une certaine impunité face à ses démarches un peu hasardeuse. Je me permets tout de même un petit spoiler : il bénéficie aussi d’aides en haut lieu.

Drôle et réaliste, émaillé de mythe et de récits érudits, les aventures miraculeuses de Pomponius Flatus est un roman policier non conventionnel, un roman historique pas barbant, une biographie non pontifiante, qui compose une oeuvre majeure, d’un écrivain qui ne l’est pas moins.

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