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La nanny de Gilly MacMillan

Présentation de l’éditeur :

Jocelyn, sept ans, aime sa nourrice plus que tout. Lorsque celle-ci disparaît sans laisser de traces, Jo est inconsolable. Comment a-t-elle pu partir ainsi, sans même lui dire au revoir ?
Trente ans plus tard, Jo se voit obligée de retourner vivre dans la demeure familiale, malgré la relation conflictuelle qu’elle entretient avec sa mère.
Alors qu’elle passe des jours sombres dans la bâtisse immense et inquiétante, une nouvelle vient bouleverser son quotidien : Hannah, sa nourrice, est de retour. Jo exulte, ravie de retrouver enfin la seule personne qui l’a réellement aimée.
Mais lorsque des restes humains sont découverts dans le jardin, la situation vire au cauchemar. Que s’est-il réellement passé lorsqu’elle était enfant ? Quels secrets cachait sa nourrice et que fuyait-elle ? Peut-elle faire confiance à sa mère ?

Merci à Netgalley et aux éditions Les escales pour ce partenariat.

Mon avis :

La nanny est pour moi, avant tout, une histoire de femmes, une histoire de mère. Virginia, Jocelyn, Ruby : trois générations. Jocelyn est née à Lake Hall, un immense domaine, elle est la fille de Lord et lady Holt. Elle est très attachée à sa nourrice, Hannah. J’aimerai presque dire « gouvernante » à la place, tant Hannah s’occupe en permanence de la petite fille, Lady Holt lui déléguant totalement tout ce qui concerne sa fille, tous les « détails » la concernant – si elle a engagé une nourrice, c’est aussi pour cela. Un jour, Hannah disparaît, et Jo, qui lui est très attachée, ne comprend pas pourquoi. Les liens avec sa mère sont si distendus que Jo (elle ne supporte pas d’être appelée par son prénom complet) fait sa vie aux Etats-Unis, a une petite fille, et ne fait pas entrer ses propres parents dans la vie de sa fille. Mais son père meurt, son mari meurt, dans un accident de voiture. Il ne reste donc plus que la lignée féminine, et, ne pouvant rester aux Etats-Unis, elle trouve refuge auprès de sa mère. « Refuge », c’est beaucoup dire, tant les liens semblent impossibles à renouer.

Cela aurait presque pu être une histoire simple, si ce n’est que la narration, entre passé et présent, se double du récit d’Hannah, sur laquelle nous découvrons des éléments, ma foi, assez discordants – sa personnalité est loin d’être celle que percevait Jo. Il est non seulement intéressant de la découvrir elle, mais aussi de découvrir les personnes qui l’entouraient, et sa manière de percevoir la famille Holt.

Et elle réapparait, fusionnant ainsi le passé et le présent, nous poussant à découvrir ce qui s’est passé entre sa disparition et sa réapparition. Surtout, un squelette a été retrouvé au fond du lac, et puisque ce n’est pas Hannah, qui est-ce ? Plus la police (et Jo aussi, d’une certaine façon) cherche, plus des éléments inquiétants émergent. Et si l’enquêteur voit les événements de l’extérieur (du domaine), s’il les voit avec ses préjugés, force est de constater que Jo, pas plus que sa mère en son temps ne voit pas tout non plus, et un climat inquiétant s’instaure autour de Ruby, la seule qui n’est pas à même de se protéger.

Un polar qui m’a surprise, jusque dans son dénouement.

Les aventures miraculeuses de Pomponius Flatus d’Eduardo Mendoza

Flatus

édition Points – 218 pages.

Ma présentation :

Ier siècle de notre ère. Pomponius Flatus accomplit un voyage pour trouver une source d’eau miraculeuse, capable de lui apporter la connaissance. En attendant, il goûte maintes eaux et en tire les conséquences, désastreuses, pour ses intestins, et pour ceux qui l’entourent. Après une mésaventure dans le désert, il se retrouve dans la petite ville de , à venir aux secours d’un charpentier condamné à mort.

Mon avis :

Gonflé  ! Et fortement érudit.
Je ne veux pas trop vous en dévoiler sur l’intrigue, pour ne pas vous gâcher l’effet de surprise de cette intrigue remarquablement construites, où chaque péripétie est à sa place, sans excès. Le propre de la véritable érudition est de passé tout seul, sans effet de manche, avec une écriture limpide, drôle, qui appelle un chat un chat, et une hétaïre, une hétaïre.
Pomponius écrit donc une lettre à son meilleur ami pour lui raconter ses tribulations en Palestine, et il n’est pas déçu de son voyage. Philosophe, mais pas passif, il est amené à enquêter pour innocenter un intègre charpentier, à la demande du jeune fils de celui-ci. Comme il n’est pas juif, il n’a pas les mêmes scrupuleuses règles que le condamné et peut se permettre quelques libertés dans son enquête, y compris celle de faire tourner en bourrique un humble porte-enseigne aussi baraqué que naïf. Comme il est romain, de l’ordre équestre qui plus est, il bénéficie d’une certaine impunité face à ses démarches un peu hasardeuse. Je me permets tout de même un petit spoiler : il bénéficie aussi d’aides en haut lieu.

Drôle et réaliste, émaillé de mythe et de récits érudits, les aventures miraculeuses de Pomponius Flatus est un roman policier non conventionnel, un roman historique pas barbant, une biographie non pontifiante, qui compose une oeuvre majeure, d’un écrivain qui ne l’est pas moins.

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