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L’empathe fait patte de velours de Claude Picq

Présentation de l’éditeur :
Mourad, champion de natation et pickpocket notoire, qu’on retrouve noyé dans le bassin de l’Arsenal à Paname. Ballot, non ? Pour une fois que j’ai de la viande fraîche à me mettre sous la dent, je rame comme un malade. D’habitude, mes cold case sont plus que refroidis quand on m’appelle mais, là, la commandante du 4ème arrondissement a tout de suite senti le coup foireux. Elle a donc décidé de balancer le bébé et l’eau du bain à mézigue. Le Génie de la Bastille qui survole toute la scène aurait-il décidé de me priver du mien ? J’empathe mollement. Mais vous me connaissez…
Un pied dans le 4ème arrondissement, l’autre dans le 12ème et le canal qui coule entre les deux, il va me falloir faire le grand écart pour ne pas boire le bouillon.
Mon avis : 
Il est des personnes qui n’ont pas de chance. Je ne parle pas seulement de Mourad, non, je reviendrai sur son meurtre après. Je parle de la commandante du 4e arrondissement. Si le corps avait été retrouvé un peu plus loin, ce n’est pas elle qui aurait été en charge du dossier, elle aurait pu dormir sur ses deux oreilles. Elle n’aurait ainsi pas été obligée de faire appel à Georges Marchais, aux parents non dépourvus d’un certain sens de l’humour, empathe de son état, qui va tacher de découvrir pourquoi Mourad a été tué.
Il ne faut pas se fier aux apparences. Il ne faut pas penser aussi, comme certains pourraient le faire assez vite, que quelqu’un « mérite » ce qui lui est arrivé. Mourad est un pickpocket, oui, ce n’est « pas bien », certes, cela pourrait être bien pire, et ce pourrait même être un odieux criminel qu’il ne mériterait pas d’être assassiné – note : j’imagine mal un tueur en série tué de la sorte, entre tueur, c’est assez rare.
C’est le cour d’une vie ordinaire que notre empathe remontera – oui, l’on peut exercer un métier qui n’est pas dans les normes et mener une vie qui l’est. Même si je n’ai pas aimé le crime commis – d’ailleurs, peut-on aimer un crime, je vous le demande un peu ? j’ai aimé cette promenade sur les quais de Seine, qui m’a rappelé les promenades que j’avais faites, étant très jeunes, quand nous rendions visite aux membres de notre famille vivant à Paris.
26e lecture – Paris.

Le Tableau Magique – Ca chauffe sur la banquise ! par Régis Delpeuch

Présentation de l’éditeur :

Une nouvelle série d’aventures illustrée en couleurs pour découvrir les mystères de la planète ! Un roman d’aventure où les enfants et leur maîtresse découvrent une autre culture et sauvent un ours polaire de façon originale ! Une histoire pleine de pep’s sur les aventures de Kim, Noah et leur classe, à travers le temps et l’espace !

Mon avis ; 

Merci aux éditions Scrinéo et à Netgalley qui m’ont permis de découvrir ce titre en avant-première.

Ce livre fait partie d’une nouvelle série, et je dois dire qu’elle est très réussie. Elle tient à la fois du roman d’aventures, du conte, mais elle donne aussi matière à réflexion. Il est un roman d’aventures, tout d’abord, parce qu’il envoie trois élèves et leur maîtresse sur la banquise, et ce n’est pas de tout repos, ils pourront constater par eux-mêmes dans quel état elle se trouve, et comment vivent les Inuits. Il est un conte parce que c’est par le biais du nouveau tableau interactif que les élèves peuvent voyager. L’on sait que, souvent, le matériel scolaire peut être sujet à défaillance, là, nous avons vraiment atteint un très bon niveau de bizarrerie. Oui, il serait tentant de le renvoyer à l’envoyeur mais… autant s’en servir, non ? Et les élèves, débrouillards, ne manquent pas d’humour. S’il est un personnage qui en manque peut-être, c’est le directeur, mais cela peut se concevoir, parce que diriger une école est tout sauf facile. Ce que les élèves ont vécu sur la banquise, le dossier final permettra aussi d’ouvrir un questionnement sur l’écologie, sur ce qu’il est possible aussi d’entreprendre pour que les choses changent enfin, et je me dis que les personnes qui feront découvrir ce livre à leurs enfants, à leurs élèves, seront forcément sensibilisés à l’écologie, et auront à cœur de transmettre ce désir de faire bouger les choses.

A découvrir !

Hybride T1 – La Levée du voile par Gwendoline Vervel

Présentation de l’éditeur :

Depuis dix ans, Margot Pommery est exilée dans un pensionnat au fin fond du Vercors. Sa mère, Adélaïde, l’a tenue éloignée de son foyer pour la punir d’un tragique événement, dont elle la tient pour responsable.

Contre toute attente, Margot est pourtant rappelée chez elle en Champagne, pour passer l’intégralité des vacances d’été. Alors qu’elle s’apprête à affronter sa mère, la jeune fille ignore encore les réelles motivations de cette dernière. Car le jour de son seizième anniversaire, Margot doit devenir un être spécial : une elfide. Une malédiction, selon sa mère.

À la fois descendante des elfes et des druides, gardienne d’un savoir ancestral et puissante guerrière en devenir, Margot doit se battre pour assumer sa différence et la faire accepter aux autres. À l’aube d’un destin fantastique et dangereux, la jeune fille peut compter sur ses amis de toujours, Violette et Baptiste, pour affronter avec elle les sombres secrets familiaux et le retour du légendaire tueur d’elfides : le Dépeceur sanguinaire immortel…

Merci aux éditions Scrineo et à Netgalley pour leur confiance.

Mon avis : 

La difficulté n’est pas tant de rédiger un avis, plutôt de savoir si j’ai apprécié ce livre ou pas. Je l’ai lu, rapidement une fois que je l’ai commencé, j’ai voulu savoir comment aller évoluer l’intrigue, et j’ai envie de connaître la suite. Bref, j’ai apprécié cette lecture, même si elle s’écarte de mon genre littéraire de prédilection, à savoir les polars.

Le point fort est la construction de l’intrigue. Nous sommes dans le premier tome d’une trilogie, et parfois, le décor est long à être planté, la mise en place de l’intrigue l’est encore plus, je ne parle même pas de la présentation des personnages et des liens qui les unissent. Rien de tout cela ici, et pourtant, les personnages sont clairement campés, les liens entre les personnages aussi, tout cela à travers le prisme du regard de Margot, l’héroïne de ce roman. Comme une jeune fille du temps jadis, elle a été envoyée en pension à six ans, et n’en est ressortie qu’à seize. Non, pas pour être mariée, pour découvrir un grand secret la concernant : elle est une elfide, ou plutôt, elle le deviendra à seize ans.

Non, je ne vais pas expliquer ce qu’est une elfide, parce que c’est très bien fait dans le récit. Ce qui est intéressant est que la filiation elfide est uniquement féminine : seule une femme peut transmettre ce pouvoir, elle seule décide ce qu’elle décide de révéler ou pas à sa fille (elles ne peuvent avoir que des filles), elle seule décide de l’éducation qu’elle lui donne. Margot découvre en même temps que le lecteur toutes les possibilités que cela offre, tout ce que cette règle a entraîné comme conséquences dans sa propre vie. Attention ! les femmes n’ont pas le monopole de ce savoir qui se transmet de mère, voire de grand-mère, grand-tante en fille, les elfides descendent aussi des druides. La Nature est au centre de leurs missions. Et tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes, Margot pourrait apprendre, avec les autres adolescentes, à utiliser ses pouvoirs sereinement avec professeurs et tuteurs, elle pourrait même, en dehors de ses cours, mener la vie d’une adolescente ordinaire avec ses amis, assouvir sa passion de l’équitation, si les elfides n’avaient des adversaires bien décidés à les éliminer : les kryms. Entre autre. Leurs ennemis sont bien décidés à les anéantir, sans aucune pitié; Je le dis, certaines scènes, certains faits sont très durs à lire, que cette violence soit physique, morale, ou les deux à la fois. Oui, je revendique le fait d’être peu sensible – à tout ce qui ressemble à de la guimauve, au mélo. Mais les scènes auxquelles je fais allusion sont fortes, percutantes, laissent des traces à la lecture, et montre bien à qui les elfides ont à faire, à des êtres qui aiment sincèrement faire mal, faire le mal et qui y prennent un véritable plaisir, sans demi-mesure aucune. Je reconnais une bonne saga à la qualité de ses « méchants », aux interactions qu’ils génèrent avec autrui : autant vous dire que nous sommes bien partis. De plus, le fameux « camp du bien » a peut-être aussi des choses à cacher, voire des défauts qu’il faudrait corriger, avant qu’il ne soit trop tard.

Une saga à découvrir.

Les aventures miraculeuses de Pomponius Flatus d’Eduardo Mendoza

Flatus

édition Points – 218 pages.

Ma présentation :

Ier siècle de notre ère. Pomponius Flatus accomplit un voyage pour trouver une source d’eau miraculeuse, capable de lui apporter la connaissance. En attendant, il goûte maintes eaux et en tire les conséquences, désastreuses, pour ses intestins, et pour ceux qui l’entourent. Après une mésaventure dans le désert, il se retrouve dans la petite ville de , à venir aux secours d’un charpentier condamné à mort.

Mon avis :

Gonflé  ! Et fortement érudit.
Je ne veux pas trop vous en dévoiler sur l’intrigue, pour ne pas vous gâcher l’effet de surprise de cette intrigue remarquablement construites, où chaque péripétie est à sa place, sans excès. Le propre de la véritable érudition est de passé tout seul, sans effet de manche, avec une écriture limpide, drôle, qui appelle un chat un chat, et une hétaïre, une hétaïre.
Pomponius écrit donc une lettre à son meilleur ami pour lui raconter ses tribulations en Palestine, et il n’est pas déçu de son voyage. Philosophe, mais pas passif, il est amené à enquêter pour innocenter un intègre charpentier, à la demande du jeune fils de celui-ci. Comme il n’est pas juif, il n’a pas les mêmes scrupuleuses règles que le condamné et peut se permettre quelques libertés dans son enquête, y compris celle de faire tourner en bourrique un humble porte-enseigne aussi baraqué que naïf. Comme il est romain, de l’ordre équestre qui plus est, il bénéficie d’une certaine impunité face à ses démarches un peu hasardeuse. Je me permets tout de même un petit spoiler : il bénéficie aussi d’aides en haut lieu.

Drôle et réaliste, émaillé de mythe et de récits érudits, les aventures miraculeuses de Pomponius Flatus est un roman policier non conventionnel, un roman historique pas barbant, une biographie non pontifiante, qui compose une oeuvre majeure, d’un écrivain qui ne l’est pas moins.

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