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Une arête dans la gorge de Christophe Royer

édition Taurnada – 384 pages

Présentation de l’éditeur :

Mutée depuis peu à la Criminelle de Lyon, le commandant Nathalie Lesage, mise à l’écart par sa supérieure, va devoir se battre pour trouver sa place…
Très vite, une série de meurtres atroces va la plonger dans les entrailles et les arcanes de la Ville des Lumières, lui réservant de bien sombres surprises…

Mon avis :

Tout d’abord, je voudrai remercier Joël, des éditions Taurnada, pour ce partenariat que je chronique avec quatre mois de retard. Fin février/début mars était une mauvaise période d’un point de vue professionnel, et la situation fut longue, très longue à se modifier. Finalement, l’avoir lu maintenant, en une période de grandes vacances m’a permis de vraiment apprécier ce livre.

J’avais beaucoup aimé Lésions intimes, dans lequel j’avais rencontré pour la première fois Nathalie Lesage. Après ce qu’elle a vécu dans ce tome, elle a eu besoin de faire une pause, une longue pause. Si elle reprend du service, c’est à Lyon qu’elle travaille désormais, avec le grade de commandant. Son arrivée ne semble pas vraiment faire plaisir à sa supérieure. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’elle la met dans un placard mais presque. Elle lui adjoint de plus un stagiaire – non, non, non, elle ne lui met pas des bâtons dans les roues. L’isolement imposé ne durera pas longtemps, un meurtre est commis, puis un deuxième puis… Tous les enquêteurs se retrouvent mobilisés, même si Nathalie Lesage est censée rester toujours discrète.

La bonne surprise, c’est que son stagiaire est d’ors et déjà un policier efficace, heureux d’être en binôme avec elle et avide de faire ses preuves. Attention ! Cela ne veut pas dire qu’il est une tête brûlée, prêt à faire n’importe quoi. Non : être prudent, ne pas faire cavalier seul font aussi partie des bonnes pratiques policières. J’ai aimé ce personnage à la vie personnelle bien remplie. Il adore manger, il adore le rugby (il pratique assidûment), il aime aussi le cosplay, bref, un personnage qui aime son métier sans vivre uniquement pour lui. Ils forment tous deux un binôme intéressant, et même un binôme qui obtient des résultats.

Le livre nous fait découvrir Lyon, de ce qui se passe dans cette ville et sous cette ville. Paris et ses catacombes ne sont pas seules ! Ce monde souterrain condamné (impossible de le visiter, pour cause de trop grande dangerosité) ne pouvait qu’intéresser des personnes avides de découvertes comme ce journaliste qui guidera généreusement Nathalie, ou d’autres, avides de secrets et de symboles.

J’espère retrouver Nathalie Lesage et Cyrille dans d’autres enquêtes.

PS : J’allais presque oublier le personnage de Diane, un personnage qui m’a fait tiquer (et Nathalie aussi). Diane a connu Nathalie à l’école de police, quinze ans plus tôt; Elle est lesbienne (aucun problème), elle va se marier (c’est une bonne nouvelle), Joanna dite Jo, sa fiancée, est extrêmement jalouse, au point que prendre un verre  avec Nathalie sans qu’elle ait donné son feu vert après avoir rencontré le commandant Lesage est impossible. Est-ce vraiment cela que les femmes veulent, la soumission, la peur perpétuelle de faire quelque chose qui déplaise à l’autre et provoque une crise ? Oui, je suis atterrée que l’on confonde encore amour et désir de possession. Oui, cela existe, c’est bien de le montrer, ce qui ne le cautionne aucunement, bien de montrer que cela existe aussi dans les couples homosexuels.

 

Les aventures miraculeuses de Pomponius Flatus d’Eduardo Mendoza

Flatus

édition Points – 218 pages.

Ma présentation :

Ier siècle de notre ère. Pomponius Flatus accomplit un voyage pour trouver une source d’eau miraculeuse, capable de lui apporter la connaissance. En attendant, il goûte maintes eaux et en tire les conséquences, désastreuses, pour ses intestins, et pour ceux qui l’entourent. Après une mésaventure dans le désert, il se retrouve dans la petite ville de , à venir aux secours d’un charpentier condamné à mort.

Mon avis :

Gonflé  ! Et fortement érudit.
Je ne veux pas trop vous en dévoiler sur l’intrigue, pour ne pas vous gâcher l’effet de surprise de cette intrigue remarquablement construites, où chaque péripétie est à sa place, sans excès. Le propre de la véritable érudition est de passé tout seul, sans effet de manche, avec une écriture limpide, drôle, qui appelle un chat un chat, et une hétaïre, une hétaïre.
Pomponius écrit donc une lettre à son meilleur ami pour lui raconter ses tribulations en Palestine, et il n’est pas déçu de son voyage. Philosophe, mais pas passif, il est amené à enquêter pour innocenter un intègre charpentier, à la demande du jeune fils de celui-ci. Comme il n’est pas juif, il n’a pas les mêmes scrupuleuses règles que le condamné et peut se permettre quelques libertés dans son enquête, y compris celle de faire tourner en bourrique un humble porte-enseigne aussi baraqué que naïf. Comme il est romain, de l’ordre équestre qui plus est, il bénéficie d’une certaine impunité face à ses démarches un peu hasardeuse. Je me permets tout de même un petit spoiler : il bénéficie aussi d’aides en haut lieu.

Drôle et réaliste, émaillé de mythe et de récits érudits, les aventures miraculeuses de Pomponius Flatus est un roman policier non conventionnel, un roman historique pas barbant, une biographie non pontifiante, qui compose une oeuvre majeure, d’un écrivain qui ne l’est pas moins.

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