Archives

Un corse à Lille d’Elena Piacentini

Présentation de l’éditeur :

Pierre-Arsène Léoni vient d’intégrer la P.J. de Lille, après s’être forgé une réputation de dur à cuire à Marseille. A peine est-il installé qu’une drôle d’affaire se présente : Stanislas Bailleul, chef d’entreprise, a été retrouvé mort dans son bureau après avoir disparu pendant une dizaine de jours. Le tueur a tracé une croix sur le torse de sa victime et dessiné un sourire au marqueur rouge. Cette mise en scène laisse le commandant et ses adjoints perplexes. Stanislas Bailleul ne semblait pas très apprécié de ses employés. Mais quand d’autres chefs d’entreprises sont enlevés, torturés et assassinés, Léoni s’interroge : rackets, crimes mystiques ou règlements de compte ?

Merci à Babelio et aux éditions Au-delà du raisonnable pour ce partenariat

Mon avis : 

De nos jours, la thématique de ce livre fait irrésistiblement penser à un film bien connu, qui est sorti la même année que la première édition de ce roman, si ce n’est que Pierre-Arsène est volontairement (ou presque) venu à Lille. Nous sommes dans un roman policier, qu’on se le dise, et le nouveau n’a pas vraiment le temps de prendre délicatement ses marques : deux meurtres ont eu lieu, et ce n’est qu’un début.
Deux meurtres, qui a aucun moment ne sont hiérarchisés : une prostituée, un entrepreneur aisé, la même énergie sera dépensée pour trouver qui les a tués. Peu importe que ce dernier soit profondément antipathique et que la liste de ses ennemis est presque infinie. Comme le dit Léonie : Madame, la sympathie n’a rien à voir avec mes enquêtes. Je fais toujours ce que je dois.
L’enquête est vraiment menée en équipe. Chacun accomplit les tâches qui lui sont assignés, et parfois elles l’amène à découvrir d’étranges coïncidences. Non, ne croyez pas que les deux affaires sont liées, simplement le monde est vraiment petit, le prix à payer pour (sur)vivre est parfois très lourd.
Et je ne vous ai pas présenté l’équipe ! Ce premier tome est l’occasion de faire connaissance avec ces membres, fortement caractérisés, parfois même un peu trop, comme s’ils incarnaient des stéréotypes. Je pense notamment à la fille de bonne famille entrée à l’école de police, ou au fils de prostituée avec lequel elle fait équipe, sans oublier l’ancien soldat au grand coeur. Mais le personnage le plus intéressant de tous est mémé Angèle, la grand-mère de Pierre-Arsène, qui a accompagné son petit-fils de la Corse jusqu’à Lille.
Les chapitres sont courts, mais ils contiennent une vraie unité narrative – les coupes ne sont pas arbitraires, histoire de maintenir le lecteur en alerte, elles insufflent un vrai rythme à l’action. Pas de redites inutiles non plus : les résumés, les ellipses, les retours en arrière ne sont pas interdits dans les romans policiers.
Un corse à Lille, un roman qui donne envie de lire tous les suivants de la série.

Les deux coups de minuit de Samuel Sutra

Présentation de l’éditeur :

Les coups de Tonton ? Un sans-faute, toujours ! Enfin, presque toujours… On n’ira pas jusqu’à dire que cette fois-ci, il y a eu une exception, mais il faut avouer qu’au lendemain de ce coup fumant dans un palace parisien, il y a comme du jeu dans la mécanique du baron de la truande. En effet, alors que le boss se réveille d’une soirée bien arrosée, il découvre sa maison totalement retournée. Plus rien n’est à sa place hormis le papier peint sur les murs. Mais que s’est-il passé ? Son équipe fait une drôle de mine, deux membres sont absents, et pire que tout : le fric récupéré la veille a disparu ! Il suffirait pourtant de poser les bonnes questions à cet inconnu vautré sur le divan, qui doit tout savoir de ce qui s’est passé durant la nuit. Mais Tonton a beau insister, l’invité surprise refuse obstinément de répondre. Il faut dire que les cadavres sont rarement bavards…

Mon avis : 

Il m’est toujours difficile d’écrire un avis sur un roman de Samuel Sutra – pas facile de faire aussi bien, de donner envie de le le lire sans trop en dévoiler.

Disons que cette fois-ci, tout s’est bien terminé, ce qui ne change guère des habitudes de Tonton et des siens, n’est-ce pas ? Sauf que là, après que le coup est accompli et que l’on peut fêter sa réussite tranquillement, joyeusement, festivement, vient la gueule de bois, et non des moindres : non seulement le butin a disparu, mais un cadavre est apparu. Tonton prend très mal les choses :

– Caner dans mon salon ! Sans se présenter ! s’emporta Tonton. Non, mais ce mec mériterait que je le ranime pour l’achever, tiens !

La colère de Tonton ne sera pas terrible, non, elle ne sera pas dévastatrice, non, elle sera à la mesure des désagréments qu’il a subis. Je ne vous en dresserai pas la liste, puisqu’il faut d’abord que Tonton et son équipe reconstituent ce qui s’est passé entre le casse, réussi, et le moment où ils se sont réveillés, après, semble-t-il, le passage d’Attila lui-même vu l’état de désordre régnant dans la maison. Et c’est pile au moment où l’on aurait besoin de Donatienne, femme de ménage officielle que sa disparition est constatée. Ce n’est pas la peine de dire que le petit personnel, ce n’est plus ce que c’était, nous sommes déjà au courant, mais comme c’est elle qui a mis Tonton sur le coup…

Tout sera examiné, réexaminer, passer au crible pour tout dire, pire qu’une enquête de police pour déterminer le ou les responsables. Filatures, interrogatoires, visionnage de video, oui nos as du cambriolage s’acharne, au service secret de la vérité. Et je peux vous dire que celle-ci dépasse l’imagination, même pour des personnes aussi hors-normes que Tonton et sa bande. Un seul commentaire : copier, ce n’est pas joli-joli, surtout quand on ne dispose pas, dans sa bande, de membres aussi brillants, aussi inimitables que Gérard et son neveu Pierre.

Une seule conclusion s’impose : si vous ne connaissez pas les six volumes des aventures de Tonton et sa bande, n’hésitez pas à les découvrir !

Karst de David Humbert

Présentation de l’éditeur :

Trop curieux, trop honnête. Pour le lieutenant Paul Kubler, la sanction est un aller simple Paris-Rouen, avec affectation dans un commissariat de quartier de la cité normande, sa ville natale. Les premiers dossiers n’ont pas de quoi faire vibrer cet ex du quai des Orfèvres: promeneurs agressés dans les bois, ouvriers en colère pour cause de plan social? Mais un matin, les robinets des Rouennais commencent à crachoter de l’eau en Technicolor. Rose pâle, puis vert fluo. Quelqu’un pollue les sources. Du ministère de la Santé à la préfecture, on met la pression: il faut éviter l’affolement des usagers et stopper la crise. À cent à l’heure sur sa vieille Honda ou suspendu en spéléo au coeur des grottes, Kubler doit à tout prix découvrir le secret des profondeurs de la craie, le secret du karst.

Mon avis :

Si vous aimez les romans policiers et la ville de Rouen, ce livre est fait pour vous ! Si vous ne connaissez pas Rouen, il est fait pour vous aussi : la ville est très bien décrite, son journal local aussi. Bref, l’auteur connaît son affaire – j’ai parfois été suffisamment agacée par des descriptions erronées pour le signaler.
Rouen n’est pas une ville que découvre Paul Kubler, l’enquêteur de ce livre. C’est même un retour pour lui, après avoir pourtant « réussi » à Paris. Trop honnête, trop envie de faire éclater des vérités que certains n’avaient pas envie d’entendre. Donc, direction Rouen, et des policiers qui n’ont pas vraiment envie de découvrir ce « nouveau ».
Il faut dire que tout est calme, ou presque, et ses premières missions semblent plutôt de la routine, comme la surveillance d’une manifestation. Cette dernière est malheureusement ancrée dans l’air du temps, entre plan de redressement et fermeture programmée. Même la coloration de l’eau passe presque inaperçue – une erreur, cela arrive. Deux, cela fait beaucoup – trop. Que cherche donc le ou les personnes qui se livrent à ces « plaisanteries » ?
Oui, Paul Kubler est amené à mener une enquête minutieuse, en respectant les procédures. Il est possible d’écrire un roman policier solide et sérieux sans pour autant assommer le lecteur avec des pages et des pages d’explications indigestes. Il est possible aussi de parler des eaux, de la craie, du karst, des domaines qui ne semblent pas vraiment séduisants de prime abord sans être ennuyeux ou dogmatiques : il est toujours utile d’avoir un personnage sympathique, qui n’y connaît pas grand chose mais se montre de bonne volonté pour apprendre, auquel le lecteur peut s’identifier – le lieutenant Paul Kubler, bien entendu.
Il est un personnage réellement attachant, jusque dans sa vie personnelle qui ne déborde pas sur l’enquête. Il en a une, j’ai envie de dire « heureusement » – rien n’oblige les policiers à ne penser à leurs enquêtes constamment. Il a une famille, des amis, des connaissances, bref, une vie sociale – un personnage qui donne envie de le suivre.
En effet, Karst est un premier roman. J’espère que David Humbert en écrira d’autres.

Le jour des morts de Nicolas Lebel

Présentation de l’éditeur : 

Paris à la Toussaint. Le capitaine Mehrlicht, les lieutenants Dossantos et Latour sont appelés à l’hôpital Saint-Antoine: un patient vient d’y être empoisonné. Le lendemain, c’est une famille entière qui est retrouvée sans vie dans un appartement des Champs-Élysées. Puis un couple de retraités à Courbevoie… Tandis que les cadavres bleutés s’empilent, la France prend peur: celle qu’on surnomme bientôt l’Empoisonneuse est à l’oeuvre et semble au hasard décimer des familles aux quatre coins de France depuis plus de quarante ans. Les médias s’enflamment alors que la police tarde à arrêter la coupable et à fournir des réponses : qui est cette jeune femme d’une trentaine d’années que de nombreux témoins ont croisée? Comment peut-elle tuer depuis quarante ans et en paraître trente? Surtout, qui parmi nous sera sa prochaine victime?

Mon avis : 

Si vous ne connaissez pas le capitaine Mehrlicht et si vous êtes fan de romans policiers, alors je vous conseille vivement de le rencontrer dans une de ses enquêtes. Il est un personnage des plus atypiques et des plus intéressants. Il n’aime pas avoir des stagiaires – mais il les apprécie à long terme. Il est hautement allergique à la province – il s’y rend pourtant et y fera une rencontre sincère. Il est fidèle en amitié, et cette fidélité nous voudra des pages drôles et émouvantes : un collègue et ami se meurt d’un cancer, et tant pis si le réconfort que Mehrlicht lui apporte est contraire à la médecine. Qu’est-ce qui peut lui arriver de pire, si ce n’est souffrir ?

Mehrlicht enquête donc, avec un fils à papa comme stagiaire, et ses fidèles lieutenants à ses côtés. L’enquête qui nous est racontée est dense et riche. Elle plonge le lecteur dans un passé qui s’est voulu glorieux, qui a encore des retentissements dans le présent :  certains n’hésitent pas à profiter des actes héroïques de leurs aïeuls. Elle fait froid dans le dos – cliché – mais ce qui est le plus inquiétant est la manière dont les médias instrumentalisent l’affaire. Rien n’a changé sur les conséquences des rumeurs, elles sont simplement amplifiées, multipliées par la vitesse avec laquelle elles peuvent être propagées. Ne pas sous-estimer le net et ses journalistes : on peut en faire les frais.

Oui, il est peu d’enquêtes criminelles dont les médias s’emparent au point qu’elle occupe toute l’attention et tous les esprits (pour une analyse de ce fait, je vous renvoie à Laetitia d’Ivan Jablonka). Les ingrédients ici réunis tiennent à la fois à la fragilité, la vulnérabilité des victimes (des enfants ! des personnes âgées !) qu’au caractère insaisissable de la tueuse, protéiforme et immortelle. Je paraphrase le capitaine Mehrlicht en disant que la vengeance est un des plus grands thèmes de la littérature. Et nous n’en avons pas fini avec elle.

PS : le nouveau roman de Nicolas Lebel sort prochainement.

 

Strad de Dominique Sylvain

 

Présentation de l’éditeur :

La détective privée Louise Morvan doit enquêter sur le vol d’un Stradivarius, un violon unique valant la bagatelle de 24 millions de francs. Pour cela, en collaboration avec l’Office central de répression du trafic de biens culturels, elle surveille l’appartement parisien de Christian Donovan, un antiquaire spécialiste des instruments anciens et receleur potentiel. Parallèlement, une artiste, Ophélie Reix, est assassinée alors qu’elle réalise une performance en descendant la Seine sur un pneumatique en forme de croix. Cette fois c’est le commissaire Serge Clementi, l’amant de Louise, qui va tenter de faire la lumière. Les deux enquêtes vont évidemment se rejoindre…

Mon avis :

J’ai dû finir ce livre voici une dizaine de jours, et je n’en ai pas gardé un très grand souvenir. A vrai dire, je n’étais déjà pas très convaincu par ce titre en cour de lecture, alors j’ai laissé traîner la rédaction de mon avis.
Pourquoi n’ai-je pas vraiment aimé ce titre ? Autant j’apprécie la série Lola Jost et Ingrid Diesel, autant Louise Morvan m’a laissée de marbre, non parce qu’elle est détective privée mais parce qu’elle manque de consistance à mes yeux. Elle est en couple avec un policier charmant, très pro, mais elle en pince (un peu) pour un autre sur lequel elle est chargée d’enquêter. Plus que le vol du Stradivarius, c’est l’assassinat du jeune violoniste à qui on l’avait prêté qui m’a marqué – de même que les méthodes de certains vendeurs/trafiquants que je ne dévoilerai pas ici.

Par contre, la seconde affaire… Je suis complètement hermétique au monde des performeurs, je suis trop rationnelle, trop « carrée » comme diraient mes collègues. Bizarrement, alors que la disparition de la soeur jumelle d’Ophélie aurait dû me toucher – et elle me touche – les décisions qu’elle a prises après m’ont semblé vraiment trop extrêmes. Les conséquences sont trop importantes pour celles et ceux qui l’entourent. Au fond, la seule personne qu’ait vraiment aimé Ophélie à mes yeux est Ophélie elle-même. Abandonner la musique et sa rigueur pour des performances est pour moi un signe de ce déséquilibre, même si son tatouage sonne comme un hommage à la défunte Olympia.

Pour conclure ce billet pas vraiment positif, un peu de musique :

Pars vite et reviens tard de Fred Vargas

Présentation de l’éditeur :

Qui glisse des annonces incompréhensibles dans la boîte à messages du Crieur de la place Edgar- Quinet ? Est-ce l’oeuvre d’un fou ? D’un maniaque ? Ou encore d’un pervers impuissant qui cherche à établir son pouvoir en enfonçant l’homme de la rue dans son inculture crasse ? Un retraité lettré, “conseiller en choses de la vie”, et le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg trouvent ces messages souterrains, putrides et dangereux. Et pour cause. Ce sont des annonces de mort, de destruction générale, de catastrophe : elles annoncent la peste. Lorsque d’étranges signes tracés à la peinture noire font leur apparition sur des portes d’appartements, le dispositif est en place. Le cauchemar peut commencer. Personnages sortis de nulle part, intrigue passionnante, dialogues jubilatoires… Auteure inspirée, Fred Vargas ne se rattache décidément à aucun courant et détourne avec brio les conventions du genre.

Mon avis :

J’ai relu ce livre, en attendant la sortie du prochain opus de Fred Vargas, début mai. Je l’ai relu moins comme une fan de romans policiers que comme une professeur de français, non que je me sois mise en mode « prof » mais je me suis étonnée de ne pas ressentir le même plaisir que d’habitude en lisant ce roman. Peut-être le fait que je l’ai relu dans une édition « scolaire » y est pour quelque chose.
Premier constat : l’intrigue est très longue à se mettre en place. Très. Je ne me souviens pas avoir trouvé que c’était si long la première fois.
Deuxième constat : nous trouvons bien Adamsberg et Danglard, qui emménagent dans leurs nouveaux locaux. Adamsberg ne se sent pas vraiment flic, et les autres (mis à part Danglard) ont du mal à le percevoir comme leur chef – il ne va pourtant pas manquer d’asseoir son autorité au cours de cette enquête hors norme.
Troisième constat : la peste est omniprésente (je ne vous apprends rien, je le sens) et surtout tout le savoir autour de la peste, ce qu’elle a provoquée, toutes les fausses informations à son sujet également. Une érudition pas toujours facile à accueillir, et que je mets en parallèle avec celle de Josse et sa connaissance approfondie des naufrages. Note : je proposerai bien ce livre à mes élèves mais je me dis que le vocabulaire particulièrement soigné pourrait les déstabiliser. A de très rares exceptions, je n’ai jamais réussi  à leur faire lire un roman de Fred Vargas.
Et l’enquête ? Je dirai qu’eu égard au riche matériel déployé, elle est presque secondaire. Cela ne veut pas dire qu’elle ne sera pas menée de bout en bout et que nous ne saurons pas tout sur les coupables et leur motivation. Cela veut simplement dire qu’elle n’aurait pu être menée sans la ténacité et la curiosité des personnages secondaires que nous avons rencontré auparavant – et sans la personnalité si particulière des deux enquêteurs de Fred Vargas. J’ai apprécié également de retrouver les Evangélistes en enquêteurs invités.
Je pourrai en dire plus, bien sûr. Je pourrai vous parler de la responsabilité des pères, ou plutôt de leur négligence. Je pourrai aussi parler des puissants qui se croient tout permis ou presque. Je pourrai aussi vous parler de la vengeance qui ne remplacera jamais la justice même si,parfois, certains ne voient que cette solution pour se (re)construire. Je pourrai vous en parler, mais je pourrai aussi vous dire de découvrir l’univers du commissaire Adamsberg par vous-même.

Rose sang d’Annabelle Demais

Présentation de l’éditeur :
2013. Marseille, capitale européenne de la Culture. La manne financière, répandue sur la ville, attise la convoitise d’élus, d’affairistes, de hauts fonctionnaires et même d’artistes prêts à tout pour faire parler d’eux…
Dans une cité des quartiers nord, un officier de police tombe dans une embuscade sous les yeux d’Annabelle, reporter du quotidien régional. Sa meilleure amie, devenue célèbre en quelques jours pour les clichés exclusifs de ce crime, se suicide. Avec l’energie du désespoir, Annabelle tente de comprendre…

Mon avis :

J’ai retrouvé ce livre dans ma PAL, par le plus grand des hasards, me demandant bien ce qu’il faisait là. Je l’ai donc lu, en deux temps, marquant une large pause après le premier tiers, parce que je n’étais pas certaine qu’il valait la peine que je le termine. Maintenant que je l’ai lu et que je rédige cette chronique, je me dis que tout le monde ne va pas apprécier cette chronique, tant pis !
L’action se passe à Marseille – Marseille méritait mieux. Les journalistes et les policiers qui y travaillent aussi. Tout ou presque parait gangrené par l’argent, par la soif de pouvoir, par la corruption.
Le récit donne une vision dégradante des femmes et des hommes. La narratrice ne fait pas exception, sa meilleure amie encore moins. La narratrice peut toujours se plaindre après, on ne lui a visiblement pas appris qu’une femme pouvait dire « non ». Ensuite, heureusement qu’elle n’est que journaliste et pas policière : elle n’a pas le sens de l’observation, surtout en ce qui concerne ses proches. Elle est un personnage féminin abominablement classique, la quarantaine, divorcée, deux enfants, des amants, des séances de gym obligatoires parce qu’elle a quarante ans, bref, elle m’a donné envie de la secouer.
D’autres faits m’ont agacés : le fait de s’attarder à décrire des faits sans intérêt, et de passer sous silence des points très importants, par exemple. Je n’oublie pas l’abondance de point de suspension (parfois une demi-douzaine par pages), les jugements lapidaires qui ralentissent encore plus le développement de l’action, les commentaires faussement naïfs – la narratrice donne l’impression de tout savoir sur tout et de l’imposer aux autres.
Et l’enquête policière, dans cette histoire ? Elle passe au troisième plan, tant les pensées de la narratrice monopolisent le récit. A vrai dire, ce roman pourrait presque être classé dans la rubrique érotique en ce qui concerne son dernier tiers.
Pour faire court, un roman dont je ne recommande pas du tout la lecture.