Archives

Mato Grosso de Ian Manook

tous les livres sur Babelio.com

Mon avis :

Je tiens à remercier Babelio et les éditions Albin Michel pour m’avoir permis de découvrir ce livre en avant-première.
Bien que fan de Yeruldelgger, j’ai eu du mal à entrer dans ce livre – qui n’est pas une aventure de Yeruldegger, bien sûr. L’une des raisons est que l’action se passe au Brésil, et j’ai beaucoup de mal avec le climat, les paysages d’Amérique du Sud.
Roman policier ? Non, roman noir et mise en abîme. Le personnage principal est un auteur de roman policier qui s’est inspiré de faits trop réels pour écrire son oeuvre à succès. Il n’est pas le seul à puiser son inspiration dans le réel. IL se retrouve face à l’un des hommes dont il a mis en scène la vie dans son roman. Ou comment votre création littéraire vous demande des comptes.
Ce roman me fait penser à un exercice de style, avec le récit enchâssé, l’auteur/narrateur/personnage principal et lecteur, réhabilitant ainsi la lecture à voix haute comme re-création littéraire. Je n’ai garde d’oublier aussi ces questionnements, ces analyses – ou l’auteur sommé de rendre des comptes sur la manière de créer, de (dé)valoriser ses personnages.
Du coup, je me rends compte que j’ai à peine parler du sujet du livre : un meurtre sous fond de passion, de trafic dans un Brésil où l’amour ne cesse de se mêler à la violence. Un pays où les aventuriers peuvent tenter leur chance, tout perdre, tout regagner. La vengeance est l’un des maître-mots. Combien de temps peut-on mettre pour se venger ? Trente ans, répondront certains.
Même si je n’ai pas apprécier ce livre autant que je l’aurai aimé, je pense qu’il plaira aux amateurs de romans noirs et d’aventure.

Publicités

Le meurtre d’O’Doul Bridge de Florent Marotta

Quatrième de couverture : 

San Francisco, sa baie, son océan, sa population cosmopolite. C’est dans cette ville de l’Ouest américain que Michael Ballanger a décidé de se reconstruire. Mais le voilà mêlé au meurtre d’un notable. Au moment de mourir, l’homme a composé un numéro, le sien. Alors la tourmente l’emporte. Réveillant les douleurs du passé.

Merci au forum Partage-Lecture et aux éditions Taurnada pour ce partenariat.

Mon avis : 

Michael est coach, pas un coach sportif, non, plutôt un coach mental, qui aide ses clients à reprendre leur vie en main. Fait important : il ne les leurre pas avec de beaux discours, il les met face à leur problème, leur contradiction, et cette manière de faire son métier ne plaît pas à tout le monde (« collègues » y compris). Cette méthode, qui lui assure un certain succès (et une émission de radio) a tout à voir avec le passé de Michael. Il doit vivre avec ce qui s’est passé en France, ce qui l’a éloigné de sa famille, avec cette blessure dont nous connaîtrons l’origine au fur et à mesure du récit.  On emporte toujours son passé avec soi.
Le présent se complique quand son dernier client en date est assassiné. La police interroge le french coach, la veuve interroge le french coach à son tour (beaucoup d’argent = beaucoup de pouvoir) et le french coach s’interroge parce que l’enquête n’est pas un modèle du genre – ou plutôt du genre « ne cherchons surtout pas trop loin ». Michael Bellanger va donc enquêter – à nouveau. Il va aussi renouer avec sa fille Karine, qui est venue lui rendre visite aux Etats-Unis. Il lui faudra concilier les deux. Comme les chiens ne font pas des chats, sa fille s’interroge sur les motivations de son père, et en cherche la cause dans ce passé qui l’a conduit à s’exiler. Elle s’interroge aussi sur Kim, call-girl, étudiante et assistante de son père – presque son coach personnel finalement.
Au cours de ses recherches, Michael croisera une galerie de personnages haut en couleur, qu’ils soient déterminés à lui nuire ou à l’aider. Mention spécial pour un journaliste particulièrement précautionneux, Milgram : c’est le prix à payer quand on veut vraiment faire éclater la vérité. Tout comme il est impossible de prendre son temps : cette enquête est aussi une course contre la montre, pour qu’elle ne soit pas définitivement enterrée. Mention spéciale pour la couverture, particulièrement bien adaptée au récit.
J’ai parfois pensé aux romans d’Harlan Coben en lisant ce roman, en ce qui concerne son rythme ou les caractères très marqués, hors normes de certains personnages – et pas seulement parce que le french coach a les mêmes initiales que Myron Bolitar. D’ailleurs, j’ai bien l’impression que l’on reverra Michael Bellanger pour d’autres séances de « coaching ».

 

 

 

 

La falaise de Paimpol de Christian Querré

Mon résumé :

Franck Malbert est journaliste à L’écho du Goëlo. Marié à Arlette, atteinte de sclérose en plaques et surnommée « la dame aux mouettes », il arrondit ses fins de mois en traficotant avec son copain Martial Pinard dit Latreille et un certain Fouchardon. Or, celui-ci vient à manquer à l’appel. Que s’est-il passé ?

Mon avis : 

« J’aime Paimpol et sa falaise […] j’aime surtout ma paimpolaise qui m’attend au pays Breton. »

Oui, je n’ai pas résisté à l’envie de commencer mon billet ainsi. Il faut dire qu’il en sera question, dans ce livre, de cette « falaise » de Paimpol qui n’existe que dans la chanson de Théodore Botrel – et sur un tableau qui passera son temps à apparaître et à disparaître.
Franck Malbert est le narrateur de ce récit, et c’est lui, sa faconde, son style qui font vraiment toute la valeur, tout le plaisir de lecture de ce roman. Journaliste, il n’est ni honnête ni malhonnête, non. Disons qu’il a une combine avec son ami Latreille et qu’il achète des objets de valeur bien en dessous de leur valeur chez des personnes âgées. Abus de faiblesse ? Abus de confiance plutôt, puisqu’il a sous-estimé leur valeur, mais n’a pas usé de violence et n’a rien volé – il est toujours plus facile d’écouler la marchandise ainsi.
Rien volé ? Si ce n’est ce tableau qui se trouvait dans le grenier de la mairie, cette « falaise de Paimpol » – mais ce n’est pas lui, c’est Latreille. Quant à Fouchardon, il était assez long à s’acquitter de la partie du travail, au point que Latreille est allé… récupérer leur bien. C’est presque Noël avant l’heure. Si ce n’est que Malbert, par souci d’honnêteté, ira tout remettre en place (la porte était presque ouverte) et se trouvera nez à nez avec les décorations de Noël et avec le cadavre de Fouchardon.
Ce qui précédait cette découverte contenait déjà des scènes fort drôles – voir l’exposition de cet artiste qui a « découvert » la Bretagne. La suite en contiendra tout autant même si l’une d’entre elles est bien sanglante. Ne comptez pas trop sur la police ou sur les gendarmes pour démêler l’affaire – le narrateur ne les tient pas en haute estime, et l’on ne peut pas dire qu’on les voit beaucoup à l’ouvrage dans ce roman. L’affaire, comme dans tout roman policier qui se respecte, aura pourtant un dénouement, avec un zeste de folie. La peinture n’adoucit pas toujours les moeurs.

Boire et déboires en Val de Loire de Jean-Pierre Alaux et Noël Balen

Présentation de l’éditeur : 

Patrick Dieumegarde, considéré comme le plus grand acteur de sa génération, aborde la cinquantaine avec panache. Originaire de Touraine, il s’est offert une somptueuse propriété viticole sur les terres de Vouvray. En l’honneur de sa nouvelle conquête, la ravissante Victoire Margerolle, jeune étoile du cinéma français, il organise une fête en son château de Tremblay. L’oenologue Benjamin Cooker et son fringant assistant Virgile, winemakers sollicités par Dieumegarde pour leur réputation d’excellence, sont tous deux conviés à cette soirée où viendra briller le Gotha du show-business. Peu coutumier de ces festivités mondaines, les complices bordelais finissent par accepter l’invitation. Ils n’imaginaient cependant pas qu’ils allaient être témoins – et peut-être même acteurs – d’un crime particulièrement sordide.

Mon avis : 

Quand on lit ce livre, on se dit franchement qu’oenologue est tout sauf un métier de tout repos. Prenez Benjamin Cooker. Certes, il a accepté de participer à la création d’un documentaire, à la condition express que ce sera le vin, les viticulteurs qui soient valorisés. Le côté « people », très peu pour lui, et même si l’équipe qui le suit est bien gentille, il est hors de question qu’elle vienne filmer chez lui.
Certes, il est ami avec Patrick Dieumengarde, un acteur hors-norme, passionné par le vin, dont toute ressemblance avec un acteur français existant serait purement fortuite. Mais il est avant tout son conseiller plus qu’une personne qui saute de joie à l’idée de participer à un pince-fesse mondain – ou comment tuer le temps en notant l’oeuvre de divers bistouri et en se demandant où était passé Virgile, son cher assistant.
Il n’a pas vraiment eu la main heureuse, Virgile, puisqu’il se retrouve témoin (voir plus) de l’agression dont a été victime la protégée (et bien plus encore) de Patrick Dieumengarde. Assistant, encore un métier pas de tout repos, et il ne se privera pas pour râler, ce cher Virgile.
Il n’est pas le seul ! Nous croiserons aussi, comme c’est bizarre, un duo d’écrivain dont la série policière est sur le point d’être adaptée à la télévision, du moins, s’il est possible de trouver une distribution qui satisfasse tout le monde. Toute ressemblance avec un duo d’auteurs mettant en scène un oenologue est bien sûr totalement fortuit, et je le souhaite eu égard à ce qui arrive à l’un d’entre eux.
Cette série ne manque pas de charme à mes yeux. Certes, l’intrigue policière est au second plan par rapport au milieu qui est évoquée, à la région que l’on traverse. Elle reste cependant très plaisante à lire, notamment grâce à la personnalité de son personnage principal.

Un vélodrame en Normandie de Robert Vincent

Présentation de l’éditeur : 

Un policier bagnolais tournant au vélorail et au canard à la cocaïne. Étrela et Faidherbe sont confrontés à des vacances entachées de la mort d’un cycliste qui se révèle être le cousin d’Étrela.

Mon avis : 

A mes yeux, ce livre illustre vraiment la liberté créatrice des écrivains. Le lecteur, après, est tout à fait libre d’adhérer ou non à cet univers. Pour ma part, c’est le cas, et j’ai apprécié cet univers déjanté. Pour employer des termes plus techniques, je dirai que l’un des personnages fait plutôt partie du genre fantastique et bouscule complètement les repères du récit réaliste.
Etrela et les siens accompagnent le commissaire Faudherbe à Bagnoles-de-l’Orne où il est venu prendre les eaux, afin de se remettre de « l’expérimentation » qu’il a subi dans le volume précédent. Madame Ba, sa voisine qui venait faire le ménage chez lui, est du voyage également : il est hors de question de laisser son commissaire, même très « diminué » seul. C’est qu’elle tient à lui !
Seulement, comme dans la grande tradition des histoires de policiers en vacances, à peine sont-ils arrivés qu’Etrela apprend que son cousin Tom a été assassiné. Marginal, il n’est pas regretté par grand monde, pas même par ses proches, qu’il passait son temps à insulter. Cette mort n’est pas le seul problème auquel doit faire face la gendarmerie, pas vraiment heureuse de la recrudescence de la criminalité. Disparition ! Trafic de drogue ! Oui, même les villes d’eau tranquilles de Normandie peuvent cacher des surprises. Et même un commissaire de police qui a largement régressé peut être sur une bonne piste.

Commissaire Morteau, tome 2 : L’origine du crime de Sébastien Lepetit

Présentation de l’éditeur :

« Une toile de Gustave Courbet volée dans un musée, un peintre qui meurt avant même d’être interrogé par la police, un trafic de faux tableaux, une veuve troublante à bien des égards… Mensonges et faux-semblants, ce n’est plus une enquête, c’est un casse-tête !
C’est en boitillant que le fameux commissaire Morteau, aidé de son jeune collègue, tentera de remonter à l’origine du monde, non loin de la source de la Loue, pour essayer d’y découvrir l’origine du crime… »

Mon avis : 

Nous retrouvons le commissaire Morteau, quelques temps après Merde à Vauban. Quant au lieutenant Monceau, figurez-vous qu’il est en vacances à Paris ! Tant mieux, ou tant pis parce que lui n’aurait pas accepté la mission que Béatrice Montfort, veuve d’Antoine Montfort (voir le précédent volume de leurs enquêtes) confie au commissaire. Lui ne se serait jamais laissé embobiner/amadouer/séduire par une femme issue de la grande bourgeoisie, non. Par contre, par une jeune étudiante italienne…
D’ailleurs, Morteau est-il si naïf que cela ? Pas vraiment. Surtout que l’enquête qu’il mène a à peine débuter que la personne qu’il souhaitait interroger décède subitement chez son médecin de frère. Pas très rassurant pour ses patients, notez-le bien ! Mort naturelle ? Rien n’est moins sûr.
Légèrement déprimé (sa « cantine » préférée est en vacances), légèrement souffrant (aller consulter un médecin pour une enquête et hop ! vous vous découvrez une nouvelle maladie), Morteau enquête dans le milieu des peintres, et je pressens qu’il apprécie autant que moi les peintres prétentieux. J’ose même dire qu’ils sont imbuvables ce qui est tout de même un comble pour le commissaire Morteau.
Enquêter, ne rien lâcher, ne pas se fier aux apparences – Fabien Monceau a encore à apprendre du commissaire, il le reconnaît lui-même pour une enquête qui les a vraiment menés très loin du Doubs ! Elle les a amenés aussi, surtout le commissaire, à regarder différemment celles et ceux qui les entourent.
Mention spéciale pour le nouveau membre de la famille du commissaire Morceau, déjà muni d’une ex-femme, de trois enfants et d’un ours en peluche. S’entendra-t-il avec tout le monde ? Je l’espère bien !

Cauchemar dans les Cotes de nuits de Jean-Pierre Alaux et Noël Balen

Présentation de l’éditeur :

La Bourgogne va accueillir Benjamin Cooker avec faste. Entre Beaune la charitable et Dijon la conquérante, sous les arcades éternelles de l’abbaye de Cîteaux ou dans les ruelles paisibles de Nuits-Saint-Georges, notre brillant œnologue bordelais retrouve avec bonheur une terre vigneronne qu’il aime et respecte.
Il aurait pu passer un séjour de rêve si certains réveils n’avaient été aussi troublés et troublants. Qui peut donc rôder ainsi et hanter les esprits autour du château; du Clos de Vougeot ?
Que peuvent bien signifier ces messages venus d’un autre âge ? Faut-il que le sang coule pour aiguiser la mémoire des hommes ?
Cooker cherche à donner un sens à une étrange histoire qui semble remonter à la nuit des temps et qui pourrait presque lui faire perdre son latin…

Petite précision : 

Entre la lecture de ce livre et l’écriture d’une journée, j’ai appris une nouvelle pas très bonne. Comme quoi, il suffit d’une journée pour que…. badaboum. Alors je sens que je vais me lâcher encore plus que d’habitude en écrivant. Du moins, je l’espère.

Mon avis :

Bonjour. Vous vous appeler Benjamin Cooker et vous passez un magnifique séjour dans une magnifique région de France : la Bourgogne. Vous appréciez les vignes, et pas seulement les productions : les bourguignons savent tirer partie des  terres, sans ostentation. Vous avez même l’occasion de vous rendre dans un monastère pour retrouver un ami moine, qui n’est pourtant pas coupé de ce qui se passe en dehors de la clôture. Oui, tout irait presque bien dans ce volume, j’aurai simplement lu la vie quotidienne d’un oenologue connu dans une région que j’ai eu le plaisir de découvrir voici une dizaine d’années, si ce n’est que quelqu’un tague les murs avec des citations tirées d’un psaume. Les deux faits semblent incompatibles, les graffeurs usent rarement du latin, et encore moins de la Bible. Non, Benjamin Cooker ne mène pas l’enquête, il se questionne, et la réalité le rattrape, en pleine nuit. La province n’est pas exempte de violence ou de misère sociale.
J’ai passé un très agréable moment en compagnie de Benjamin Cooker et de son ami frère Clément. Je terminerai par cette citation, concernant un oiseau dont j’ai pourtant une phobie certaine :
– Les ignorants croyaient qu’elle [la chouette] portait malheur parce qu’elle ne sort que la nuit. Mais vivre dans l’obscurité aiguise la faculté d’appréhender l’inconnu, de mener à bien une réflexion qui vainc les ténèbres. D’une certaine façon, c’est mettre son expérience, sa culture et sa pensée au service de la sagesse.