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Comme un cheveu sur le wok de Ciceron Angledroit

Présentation de l’éditeur :

C’est bien connu, quand on touche le fond, il suffit d’un coup de pied pour rejoindre la surface. Une rencontre avec un jeune avocat d’origine chinoise va me remettre sur les rails. Modestement mais indéniablement. Tout tourne autour du XIIIème arrondissement dans cette enquête. Une affaire fastoche. Quand on redémarre, faut faire gaffe de ne pas caler aussitôt !

Mon avis :

Vous connaissez sans doute ces polars dans lesquels, au début du récit, tout va bien, et puis brusquement, tout va mal ? Et bien, là, c’est exactement le contraire. Dans la vie de Ciceron, rien, ou presque ne va. Les clients ? Ah, si seulement leur absence était son seul souci ! Non, franchement, ce ne serait rien. La catastrophe, c’est que René a fait un AVC et que les médecins ne se prononcent pas beaucoup sur l’évolution de son état. La soeur de René ? Elle en profite, oui. Elle déborde tellement d’amour pour son frangin qu’elle l’a relooké façon Sherlock Holmes – ce qui sera totalement insuffisant pour qu’il puisse aider Ciceron dans ses enquêtes. Et Momo, me direz-vous ? Lui doit former son successeur, et tous ceux à qui c’est arrivé savent bien que cela n’est pas de tout repos. Il ne sera donc qu’une aide à temps partiel – mais toujours présent s’il s’agit d’aller voir René.

La vie sentimentale de Cicéron ? Presque calme, avec l’éloignement de certaines des femmes de sa vie. Il se met quasiment en couple avec Vanessa – tout est dans le quasiment. Serait-ce le début d’une vie conjugale ordinaire pour le détective ? Rien n’est moins sûr.

Heureusement, les affaires reprennent quand un avocat d’origine chinoise fait appel à ses services pour tirer une de ses clientes de prison. Oui, il est d’autres agences de détectives privés, mais elles ne montrent pas la même célérité à s’occuper de toutes leurs affaires – Cicéron, oui, il faut bien se remettre sur les rails. Son enquête nous emmène ainsi au coeur du XIIIè arrondissement, qu’il nous fait découvrir comme si nous y étions, avec l’humour en plus (et j’en profite pour dire que je serai avec une amie dans le XIIIe demain).

Bref, ce roman policier est drôle, divertissant, et permet de passer un bon moment de lecture, jusqu’à la surprise finale. Que demander de plus ?

Mary Lester, tome 50 : C’est la faute du vent de Jean Failler

édition du Palémon – 295 pages.

Présentation de l’éditeur :

Une interminable plage de sable fin balayée par les vents de l’Atlantique, un célèbre comédien en quête de solitude et une cavalière de concours hippiques venue entraîner son cheval sur cette grève… D’immenses bâtiments de béton édifiés au ras des marais par les Allemands pendant la Guerre 39-45 afin de concasser des galets destinés à construire leur mur…
C’est dans ce décor magnifique et désolé que le comédien et la cavalière vont se rencontrer et découvrir, au cours d’une promenade sentimentale, le corps sans vie d’une jeune femme. Impliquée bien malgré elle, Mary Lester est priée par sa hiérarchie de se pencher sur cette mort mystérieuse. S’agit-il d’un tueur en série ?
Un handicapé mental qui erre sur la palud semble faire un coupable idéal… Mary Lester se met en quête de la vérité.

Mon avis :

C’est presque un livre de saison que je vous propose là, puisque l’enquête débute à la Toussaint. Mary est en congé, peu importe, on vient la chercher, et la gendarmerie n’entend pas la laisser tranquille. Un papier sur lequel est écrit son nom a été trouvé sur un cadavre, ce n’est pas rien ! L’explication donnée en fin de roman inscrit d’ailleurs Mary au coeur d’un réseau de littérature policière : Jean Failler aime tisser des liens entre le réel et l’écrit.

D’ailleurs, le réel fait bel et bien irruption dans ce roman, et l’on n’a pas fini de se poser des questions sur la violence qui déferle pendant les manifestations, sur les difficultés que rencontrent les forces de l’ordre pour les juguler, quand elles ne deviennent pas leur cible. On n’a pas fini de s’interroger non plus sur ce qui pousse des jeunes gens venant de milieu relativement aisé, sans soucis particulier, protégé même à quitter ces milieux pour se marginaliser, et parfois, verser dans la violence pure.

Alors oui, ceux qui préfèrent la procédure à l’humain en prennent pour leur grade, dans ce roman. Un peu d’humanité, de « bienveillance », ce mot si à  la mode et si galvaudé en ce moment, ne fait pas de mal. Il faut simplement oublier ses préjugés.

Un roman policier qui se lit facilement, entre modernité et tradition.

 

Ce que diraient nos pères par Pascal Ruter

Présentation de l’éditeur :

La vie d’Antoine a basculé le jour où son père, chirurgien, s’est laissé accuser à tort d’une erreur médicale. Depuis, sa mère est partie et le quotidien est devenu plutôt morose. Peu à peu, le garçon se laisse entraîner malgré lui par une bande d’ados accros à l’adrénaline : il est complice de vandalisme, de cambriolage… jusqu’à un braquage, où tout bascule. Dans ce crescendo de violence, il ne se reconnaît plus. Pourtant, il peut encore se battre pour sortir de cette situation infernale.

Mon avis :

Il suffira d’un signe, un matin, quelque chose d’infime, c’est certain.

Pas grand chose ne va dans la vie d’Antoine. Il avait pourtant un avenir tout tracé, ou presque. Il était bon élève, il aimait lire, fréquentant assidument la bibliothèque municipale, puis tout a basculé. Son père a été accusé d’une erreur médicale, il n’a pu se défendre correctement, et il a perdu le droit d’exercer. Autant dire que la reconversion professionnelle d’un chirurgien est tout sauf aisé. Sa femme avait oublié qu’elle l’avait épousé pour le meilleur et pour le pire : elle a donc fui le bateau qui prenait l’eau et nous la verrons peu dans ce récit, tant elle est éloignée, géographiquement et humainement, de l’univers de son fils. Pour elle, c’était pourtant simple : il aurait suffi qu’Antoine vienne avec elle ! Oui, mais Antoine ne pouvait laisser son père, qui était en train de sombrer, entre petits boulots, kayaks et observation des oiseaux, presque une obsession.

Alors Antoine est devenu apprenti mécanicien. Surtout, il a rencontré une bande de jeunes qui ne trouve sa raison d’être que dans la violence. Alors oui, Antoine sait confusément que ce qu’il fait n’est pas « bien », seulement il se laisse entraîner, quitte à se mettre de plus en plus en danger, quitte aussi, à voir les conséquences de ses actes. La police est là, enquête, ne laisse pas les affaires non résolues.

Puis il suffit d’une autre rencontre, pour contrebalancer celle qu’il a faite avec cette bande de jeunes. Il suffit de rencontrer quelqu’un qui est dans une détresse physique, morale, plus forte que la sienne, il suffit de rencontrer quelqu’un qui est prêt à s’engager, à s’investir, il suffit aussi qu’une main se tende, sans balayer ce qui a été fait, mais pour aider à se sortir de là, sans aucune arrière-pensée.

Ce que diraient nos pères est un livre fort, qui va crescendo dans l’émotion et l’engagement personnel : Antoine découvre jusqu’où il est capable d’aller.

 

 

La piste aux étoiles L’Embaumeur de Nicolas Lebel

Présentation de l’éditeur :

Quand on propose à l’Embaumeur de participer à un projet d’exposition de cadavres, il faut s’attendre à un refus : un défunt, ça se respecte, ça ne s’exhibe pas ! Mais dans la vie, on ne fait pas toujours ce que l’on veut, encore moins lorsqu’Interpol s’en mêle. Mandoline va devoir s’inviter dans la folie morbide d’un artiste mégalo et s’infiltrer dans sa forteresse turque pour tenter de lever le voile sur un trafic international de cadavres… L’Embaumeur joue les Monsieur Loyal dans un drôle de cirque…

Merci à la maison d’édition French pulp et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Que ne ferait-on pas par amitié ? Que ne ferait-on pas pour aider son frère d’armes pour se sortir de la situation invraisemblable dans laquelle il s’est fourré tout seul, comme un grand ? Et bien on va contre ses convictions et l’on découvre des choses qui, pour ma part, me coupent franchement l’appétit – ceux qui liront le roman jusqu’au bout comprendront que certains faits évoqués m’ont littéralement fait bondir.
Je crois sincèrement que le personnage de Luc Mandoline la partage et dénonce certains faits. Ce n’est pas parce que nous sommes bien, ou presque bien tranquillement en France qu’il faut ignorer ce qui se passe autour de nous. Je commencerai par le premier point, bien réel : oui, il est des personnes qui font don de leur corps à la science, et c’est leur droit. Mais, voir ces corps participer à des expositions de cadavres comme c’est le cas partout dans le monde sauf en France, c’est non pour moi, quand bien même on me parlerait de pédagogie, je n’y vois qu’exhibition.  Et quand on sait d’où proviennent certains corps, cela questionne encore plus – des condamnés à mort chinois. Oui, c’est loin, très loin, donc on s’en moque un peu. Pourtant, nous portons tous du made in China sans aucun souci, et peu de dirigeants ont envie de se fâcher avec la Chine, quoi qui s’y passe.
Mais là, ce n’est pas en Chine que Mandoline va partir, mais en Turquie, sous les ordres d’un millionnaire qui se rêve en monsieur Loyal, un homme qui n’a pas vraiment digéré son enfance, l’évolution de la société, plein de choses en clair, et qui pourrait faire la fortune d’un bataillon de psychiatres – sauf qu’il fait celles des embaumeurs et des marchands de cadavres.
Là, nous sommes face au premier point de l’intrigue qui nous questionne. Quel est donc le second ? Et bien, tous les cadavres ne sont pas certifiés made in China, Mandoline, Interpol sont presque sûrs de cela, la preuve en étant que notre embaumeur ne règne que sur une partie de ce complexe mortuaire, il n’a pas du tout accès aux salles jumelles des siennes où se passe la même chose – avec d’autres corps dont il n’accuse pas réception. D’où viennent-ils, qui étaient-ils ?
Et là, j’aurai bien aimé me retrouver dans un livre d’horreur, comme si ce qui nous était conté n’était pas, en plus d’être horrible, possible, réaliste, comme si, finalement, on ne pouvait attendre que le pire de ceux qui nous dirigent. Ou comment régler un problème discrètement. A condition de définir ce que cachent les mots « problèmes » et « discrètement ».
J’aime beaucoup la saga de l’embaumeur, je les ai presque tous lus, et je dois dire que celui-ci frappe fort, parce qu’il est tragiquement contemporain.
A lire pour réfléchir.

Brelan de cadavres de Claude Michelet

Présentation de l’éditeur :

Nous sommes au tout début des années 1960, dans le Loir-et-Cher, chez le docteur Jean-Marie Lenoir. Son ami Marc Lascaut s’est invité. Ils étaient ensemble en Algérie, et Marc, qui travaille pour le contre-espionnage, vient de temps à autre en vacances chez lui. Le soir de son arrivée, un marchand de bestiaux voisin meurt attaqué par un taureau. Marc, qui trouve ce décès suspect, ne s’en ouvre pas immédiatement au docteur Lenoir mais, au deuxième cadavre, il est temps de mener l’enquête…

Voici le premier roman, inédit à ce jour, de Claude Michelet. Et c’est un polar !

Merci à Netgalley et aux éditions Presse de la cité pour ce partenariat.

Mon avis :

A une époque où l’on exhume des titres inédits et où l’on s’interroge sur le bienfondé de ces publications, Brelan de cadavres résout le problème, tout simplement parce que Claude Michelet est vivant, et a autorisé la publication de ce premier roman, qu’il aurait bien aimé voir publier à l’époque où il l’a écrit – époque où le roman policier n’avait pas le vent en poupe.

Il s’agit d’un roman policier du terroir, c’est à dire un roman policier qui prend place dans la campagne, non pas la campagne telle qu’un citadin peut l’imaginer, la raconter, avec parfois une légère incompréhension, pour ne pas dire exagération, mais la campagne vue par quelqu’un qui y vit, et qui comprend ceux qui y vivent – même si certains personnages peuvent nous sembler étonnant de nos jour.

Prenez la victime. Elle est à mes yeux le modèle même du propriétaire terrien qui ne pense qu’à augmenter la taille de son domaine, en ayant des terres, toujours plus de terres, encore plus de terre. J’ai presque envie de dire « un classique ». Seulement, il est assassiné, et il n’est que le premier. A lui, s’oppose le traditionnel hobereau voisin, ou plutôt son fils, qui entend s’unir selon sa naissance, et tant pis si la mariée n’a pas vraiment eu des fées qui se sont penchées sur son berceau, sauf pour son portefeuille. On ne peut pas tout avoir dans la vie.

Jean-Marie Lenoir est médecin, son ami Marc est espion – et j’aurai aimé que leur passé commun soit davantage évoqué. Je ne peux donc que regretter de ne pouvoir jamais lire d’autres de leurs aventures. Jean-Marie observe, constate, Marc est aussi dans l’observation, rien ne lui échappe, mais également dans l’action : il n’est pas question de laisser un meurtrier s’échapper.

Une intrigue bien menée, sans intrigue secondaire ou développement inutile. Un roman à découvrir, et pas seulement pour les fans de Claude Michelet.

Du poison dans la tête de Jacques Saussey

Présentation de l’éditeur :

Elle a incliné le cou, le visage déformé par les flocons épais qui se déposaient déjà sur le carreau. Elle a cherché son regard à travers le verre qui s’opacifiait de seconde en seconde, mais les lunettes noires l’ont empêchée de le trouver. Alors, elle s’est détournée vers le pont et elle a commencé à marcher en direction de la gare, son manteau ouvert claquant sur ses jambes face au vent glacial. Dans la voiture, le son des feux de détresse rythmait sa progression comme le tic-tac d’une minuterie. Une femme qui arrivait en sens inverse s’est retournée sur elle. Elle a eu un temps d’arrêt, comme si elle doutait de ce qu’elle venait d’apercevoir. Il a vu un panache de vapeur sortir de la bouche de l’inconnue. Elle s’est figée d’horreur au moment où Myriam a laissé tomber son manteau dans la neige et a enjambé le parapet. Elle s’est précipitée vers elle en hurlant, mais il était trop tard. Après un dernier regard en direction de la voiture immobile, Myriam, entièrement nue, avait déjà sauté dans le fleuve.

Mon avis :

Merci à Netgalley et aux éditions French pulp pour m’avoir permis de découvrir ce livre en avant-première.
Ce livre est la huitième enquête de Daniel Magne et Lisa Heslin. C’est toujours bon à savoir pour les fans qui, j’en suis sûre, se précipiteront sur ce volume, parce qu’il est toujours agréable de retrouver une nouvelle aventure de ses héros. Il est non moins agréable de découvrir de nouveaux héros, même en prenant, comme moi, le train en cours de route.
Daniel et Lisa sont en couple, ils sont les parents adoptifs d’Oscar, qui a été abandonné, déjà grand, quatre ans plus tôt. Ils ont également une magnifique bergère allemande, Sham, très attachée à Lisa. Dis ainsi, cela pourrait vous faire penser à une vie de famille très classique. Mais le passé revient en force, de trois manières différentes, et cela fait beaucoup pour un seul couple, un seul service.
Lisa ne voulait plus que Daniel ait de secrets pour elle, il en aura un, quand un vieux camarade d’enfance, décédé, lui fait envoyer une boite contenant des effets qui lui rappellent leur dernière année de collège, l’année où Fanny fut assassinée – et l’assassin jamais retrouvé. Cold case à l’américaine ? Ce serait vraiment trop facile, parce que l’on ne travaille pas ainsi en France (la prescription existe, les dates de clôture de dossier quand un nouvel élément n’est pas trouvé aussi) et parce que les enquêteurs ont déjà beaucoup à faire avec les affaires encore en cours, les affaires pour lesquelles on peut encore trouver de nouveaux éléments. Pourtant, Magne ne renonce pas – quarante ans qu’il traîne ce poids sur le coeur, il ne va pas renoncer maintenant que quelqu’un lui rappelle le passé. Il en devient obsessionnel au point de presque oublier Lisa et Oscar.
Et pourtant, pendant ce temps, le passé se manifeste d’une autre manière. Oui, je sais, écrit ainsi, c’est presque mélodramatique. Pourtant, c’est presque rempli d’espoir qu’est cette partie, pour Oscar. Vous me direz que l’espoir et l’amour ont une drôle d’apparence. Pourtant, il illustre jusqu’où une mère peut aller pour son enfant – loin, vous vous en doutez, et c’est vraiment le fil conducteur de deux des intrigues qui composent ce roman.
La troisième ? Comme la première, elle illustre le titre du roman. Oui, c’est du poison, littéralement, que distille un homme dans le coeur d’une femme, au point de l’amener à se couper des autres, à se vider de toute sa personnalité, au point de disparaître complètement. Oui, de tels hommes existent, malheureusement, et si je n’en ai pas croisé personnellement, j’ai pu constater les ravages qu’ils peuvent entraîner. Je ne pense pas être la seule. Ce roman les pousse à son paroxysme, en nous montrant les conséquences pour les proches, mais aussi le mécanisme par lequel le prédateur (je n’ai pas d’autres mots) met sa proie sous son emprise – le genre des mots convient parfaitement à la situation.
Alors, Du poison dans la tête n’est pas un livre facile, aimable, un roman policier que l’on lit pour se distraire. Il nous montre un instantané de la société française, de la place aussi que l’on veut bien donner à certaines personnes – leur valeur diffère selon leur date d’arrivée sur le territoire – la manière dont les femmes peuvent être protégées ou pas – la violence n’est pas que physique, nous ne devons pas l’oublier, et elle est encore plus difficile, pour ne pas dire impossible à prouver.
Et s’il fallait conclure d’une phrase, je vous dirai : « un livre à lire si la société française contemporaine vous questionne ».

Jackpot à Pau de Bernard Maignent

Présentation de l’éditeur :

Au retour de sa transhumance, un berger découvre une voiture calcinée avec deux corps à l’intérieur. Affaire de drogue ? Règlement de compte ? De l’inattendu au cœur des montagnes pyrénéennes ! De quoi motiver le commissaire Laffitte, fraîchement débarqué à Pau et pas encore affranchi des coutumes locales. Comme l’idée que le maire de la ville, un certain François Bayrou, veuille mettre son grain de sel dans son enquête. Tension, suspense et même romance hors des sentiers battus, cette affaire sent le soufre, les euros et les magouilles… jusqu’au cœur du pouvoir.

Merci à Netgalley et à Bookelis pour ce partenariat.

Mon avis :

Pour être un jackpot à Pau, c’est un jackpot. Le commissaire Laffite vient tout juste d’arriver à Pau, et franchement, pour sa première enquête, il a vraiment une chance inouïe, contrairement aux victimes : deux hommes morts, carbonisés, dans le coffre d’une voiture. Oui, cela ressemble furieusement à un règlement de compte. Je vous rassure tout de suite : le berger et ses moutons n’auront pas à en souffrir (oui, je ne peux pas résister à la tentation de vous spoiler un peu).  Je vous effraie tout de suite : rien n’est aussi simple qu’il y paraît dans la belle ville de Pau.
Non, on l’avait assuré au commissaire, la ville est parfaitement sécurisée, pas un traffic de drogue depuis une bonne décennie, et c’est le policier assigné à cette tâche qui le dit. De là à dire qu’il n’a pas été capable d’en découvrir un en dix ans, il n’y a qu’un pas que le commissaire n’a qu’une envie : franchir.
Oui, rien n’est simple dans cette ville, et quand la politique s’en mêle, tout peut se compliquer – ou pas : les magouilles ne sont pas toujours là où l’on pense, et il est des hommes politiques qui veulent véritablement valoriser leur ville (fort heureusement pour leurs habitants), qui veulent que la police fasse véritablement son travail.
Une personnalité, que ce commissaire Laffitte, précédé par un flot confus de rumeur dont il a raison de ne pas se préoccuper. Cette nouvelle ville est un nouveau départ, qui le mènera plus loin qu’il ne le pense. La cause ? Une femme, j’ai presque envie de dire « forcément ». Je ne dirai pas une femme qui est son exacte antithèse, je dirai une femme que l’on ne s’attendrait pas à trouver ici, tout simplement parce qu’elle ne sais pas où est sa place, elle ne sait pas quel sens donner à sa vie.
Jackpot à Pau, un polar dans lequel il ne faut pas se fier aux apparences.