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Il y aura du sang sur la neige de Sébastien Lepetit

Présentation de l’éditeur :

LA TRANSJURASSIENNE. Célèbre rendez-vous du ski de fond français. Tous les ans, plus de 3 500 skieurs se retrouvent sur les pistes du Haut-Jura pour braver le froid glacial, le vent et la fatigue, autour du même objectif : donner le meilleur de soi et franchir la ligne d’arrivée ! Le commissaire Morteau connaît bien cette compétition dont il suit chaque édition. Mais cette fois, l’événement lui réserve des surprises… Depuis quelque temps, l’organisation de la course reçoit des menaces de mort très sérieuses. Morteau, accompagné de son jeune collègue, Fabien Monceau, est appelé à se rendre sur place pour évaluer les risques. Mais lorsqu’un homme est retrouvé assassiné de plusieurs balles dans la tête en pleine montagne, la situation devient plus complexe que prévu. Jalousie personnelle, rivalité sportive ou jeu pervers ? Cette année, la neige pourrait bien prendre la couleur du sang…

Mon avis :

J’ai toujours un regret quand je referme une enquête du commissaire Morteau : comme je les ai lus au fur et à mesure de leur parution, je n’ai pas d’autres livres mettant en scène cet enquêteur sous la main pour prolonger le plaisir de lecture. J’ai, par contre, beaucoup de citations en réserve, et l’envie de découvrir le burger franc-comtois.
Morteau n’a pas de chance. Comme le commissaire Maigret en son temps, un ami d’enfance le contacte. « Ami », il faut le dire vite, plutôt une personne avec laquelle il est allé à l’école. Il est un grand sportif – son ami – marié à une ancienne championne de ski. Non, ce n’est pas sur lui que planent les menaces, non, c’est sur la célèbre course qu’il organise – la Transjurassienne. Qui peut vouloir nuire aux skieurs – qui ne sont pas des sportifs qui brassent autant d’argent que les footballeurs ? Et surtout, qui peut être assez bête pour prévenir avant d’agir ? Oui, là, c’est ma question, parce que la discipline est trop difficile pour donner envie d’avoir un coup de pub, cela ne fera pas venir les skieurs et les sponsors plus vite !
Morteau revient chez lui, c’est à dire dans sa région natale, et il entend bien mener l’enquête à sa manière, même si cela ne convient à personne, ni à Fabien Monceau, son parigot de lieutenant, ni à la juge d’instruction. Il faut agir vite, très vite ! Un meurtre a eu lieu, confirmant les menaces reçues par l’organisateur, et tous n’apprécient pas les méthodes de Morteau. D’ailleurs, j’ai apprécié que certains points de procédures soient rappelés – ce qui ne veut pas dire qu’ils alourdissent le récit. En effet, dans les séries policières qui envahissent nos écrans, il suffit quasiment d’un coup de baguette magique pour que le bon enquêteur soit chargé de l’enquête. Là, rien n’est si simple, et Morteau le rappelle : il ne peut littéralement pas enquêter comme ça, pour faire plaisir à un « ami », d’autant plus que d’autres (les gendarmes) sont tout aussi compétents que lui pour se faire. Pas de guerre des polices, pas non plus – et c’est très important pour moi – de fascination ou de compréhension pour les meurtriers. Pour une fois, le commissaire Morteau et le lieutenant Monceau sont d’accord : qu’on puisse vouloir tuer quelqu’un les dépasse, et l’on peut très bien enquêter sans partager le point de vue du meurtrier.
Le respect de la procédure, oui, mais pas les excès : le lecteur ne subit pas un cours magistral sur la manière de collecter les indices, sur les rapports à écrire, ou pire, trois pages de scènes d’autopsie : seules les informations nécessaires à la compréhension de l’enquête nous sont donnés (je crois que vous m’avez compris, je déteste les scènes d’autopsie).
Les fans de Morteau pourront être rassurés : il a toujours son ours en peluche, il l’a emmené. Par contre, son chat est resté chez lui, soigneusement gardé : il est le chat d’un policier, non un chat policier, et il se porte très bien ainsi.
Je n’en dirai pas plus sur l’enquête, les suspects, les indices, les fausses pistes. Je dirai simplement que l’intrigue est habilement construite, et que lire ce livre fut un véritablement plaisir.
Une petite citation pour la route :
Morteau montra l’ardoise où figurait la carte du restaurant. Il avait choisi l’établissement pour deux raisons. D’abord, il adora la viande fumée du Haut-Doubs, et un restaurant qui en avait fait sa spécialité ne pouvait que l’attirer. Ensuite, le nom du restaurant, Les plaisirs cochons, lui avait laissé peser que le restaurateur avait forcément de l’esprit, d’autant plus qu’il avait précisé sur la devanture « Pour les épicuriens ne mangeant pas de porc, des plaisirs végétariens sont également prévus ». Que l’on puisse imaginer l’existence de plaisir végétariens était à ses yeux le summum du sens de l’humour !

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Erectus de Xavier Müller

édition Xo – 440 pages

Présentation de l’éditeur :

Et soudain l’humanité se mit à régresser À Richards Bay, en Afrique du Sud, c’est le choc. Un homme s’est métamorphosé. Il arbore des mâchoires proéminentes, est couvert de poils, ne parle plus. Bientôt, à New York, Paris, Genève, des Homo erectus apparaissent en meutes, déboussolés, imprévisibles, semant la panique dans la population. De quel virus s’agit-il ? Que se cache-t-il derrière cette terrifiante épidémie ? Une scientifique française, Anna Meunier, se lance dans une course contre la montre pour comprendre et freiner cette régression de l’humanité. Partout, la question se pose, vertigineuse : les erectus sont-ils encore des hommes ? Faut-il les considérer comme des ancêtres à protéger ou des bêtes sauvages à éliminer ?

Merci à Netgalley et aux éditions XO pour ce partenariat.

Mon avis :

Je cherche comment qualifier ce roman. Ce n’est pas seulement un roman policier, c’est aussi un thriller scientifique, entre science-fiction et roman politique. Le point de départ est l’apparition d’un virus, qui fait régresser d’abord les animaux, puis les plantes, et enfin l’homme. Autant dire que la première phase est consacré au choc ressenti, à l’établissement de la preuve scientifique de l’existence de ce virus et de ses conséquences. Mais, après, que faire ?
Nous suivons des personnages qui sont directement concernés par le virus – parce qu’ils l’ont vu à l’oeuvre, parce qu’ils l’ont isolé, parce qu’un de leurs proches a été contaminé. Les problèmes qui se posent sont nombreux : comment l’empêcher de se propager ? Comment le guérir ? Et que faire des personnes atteintes, impossible à guérir au sens où on l’entend habituellement. Sont-ils encore des hommes ? Plus encore que la maladie, c’est le traitement que les grands de ce monde veulent réserver aux malades – parce qu’ils sont avant tout des malades, le lecteur ne doit pas l’oublier – qui fait froid dans le dos. Et si cela devait se produire, une épidémie de ce type ou un autre fléau qui exclurait une partie de la population, aurions-nous la force de nous rebeller ? C’est la vraie question que nous pose ce roman.
Erectus, un thriller efficace et effrayant.

Ceux qui vont mourir te saluent de Fred Vargas

Présentation de l’éditeur :

A priori, tous les dessins de Michel-Ange ont été répertoriés. Et lorsque l’un d’eux fait une apparition discrète sur le marché, il y a tout lieu de supposer qu’il a été volé. Le plus incroyable, c’est que celui qui est proposé à Henri Valhubert, célèbre expert parisien, provient probablement du Vatican!
Qui se risquerait à subtiliser les trésors des archives papales? L’affaire se complique lorsque Valhubert est assassiné, un soir de fête, devant le palais Farnèse.
Instantanément, les soupçons se portent sur le fils de la victime. Ce dernier fait partie d’un curieux triumvirat d’étudiants, aux surnoms d’empereurs: Claude, Néron et Tibère. En résidence à Rome depuis plusieurs années, tous trois entretiennent des liens singuliers avec la veuve de Valhubert. Une femme au charme envoûtant et dont le passé comporte quelques zones d’obscurité…

Mon avis :

Je conclus mon challenge ABC polar avec ce titre, et je ne peux que constater mon lent désamour pour l’oeuvre de Fred Vargas. Pourtant, j’avais beaucoup aimé ces romans, je guettais la parution de chaque titre. Aujourd’hui, je ne sais si un autre roman de la saga Adamsberg paraîtra un jour, je sais simplement que je ne le lirai certainement pas.
Dans les bois éternels reste mon titre préféré à ce jour. Puis est venu l’armée furieuse, qui se déroulait en Normandie. L’on a eu beau m’affirmer que la Normandie reflétée dans ce roman existait bien, y compris à notre époque, je ne reconnaissais pas ma Normandie, celle dans laquelle j’avais grandi et qui était pourtant, elle aussi, une Normandie des petits villages. Temps glaciaires ne m’avait qu’à moitié plu, certaines outrances m’ont dérangé – et je préférai l’Islande d’Indridason. Plus vint Quand sort la recluse, que je n’ai jamais terminé, les raisons personnelles ont fait qu’il est resté figé depuis mai 2017.

J’ai relu aussi Pars vite et reviens tard, parce que je voulais le faire étudier à mes élèves. Et là, sous leur questionnement, c’est comme si toutes les incohérences du livre me sautaient à la figure. Pour aimer un livre, il faut encore croire à son univers.

Je suis donc revenu à un des tous premiers titres de Fred Vargas, qui nous revoit à l’univers des évangélistes sans que ce soit eux les héros. Ce sont trois garçons qui sont quasiment leur version brouillonne. Le texte est très érudit. Les trois personnages, très soudés, sont comme autant de charmants dilettantes que je n’aurai pas aimé côtoyer dans la vie. Les joutes oratoires dans lesquelles il faut montrer son bel esprit pour contrer l’adversaire ne m’intéresse guère.

Puis, il y a la femme fatale. La veuve, pour tout dire. Elle et ses problèmes semblent venir d’un autre temps, et je n’ai guère envie de m’attendrir. En rédigeant cet avis, je me rends compte que je ne me souviens même pas de l’enquêteur alors que, huit ans après sa lecture, je me souviens encore très bien du Rovère de Thierry Jonquet. Ou alors, il n’est pas de policiers officiels dans Ceux qui vont mourir te saluent (j’en doute fort).

Bref, une ultime incursion dans l’oeuvre de cette auteur française.

Mauvais genre d’Isabelle Villain


Présentation de l’éditeur :

Hugo Nicollini est un garçon différent des autres gamins de son âge. Un père brutal. Une maman protectrice. Un soir, il est témoin d’une dispute entre ses parents. Une de plus. Une de trop. Cette fois-ci, sa mère succombera sous la violence des coups.
Vingt-trois ans plus tard, l’équipe du commandant Rebecca de Lost enquête sur la mort d’une jeune femme, sauvagement poignardée dans son appartement. Pas d’effraction. Pas de vol. Pas de traces de défense. L’entourage de la victime est passé au crible, et l’histoire du petit Hugo va refaire surface bien malgré lui.

Merci à Joël, des éditions Taurnada, pour ce partenariat.

Mon avis :

J’aimerai vous dire : nous entrons directement dans le vif du sujet, mais ce serait un peu trop simple. Alors je vous dirai : nous sommes plongés dans une tragédie ordinaire, banale, quasi-quotidienne en quelques pages. Puis, des années plus tard, nous nous retrouvons plongés dans un autre drame, tout aussi sordide. Etre soi n’est pas simple, l’actualité nous le rappelle presque quotidiennement.
L’équipe qui enquête est déjà constituée quand débute ce roman. Elle est soudée, même si chacun de ses membres a un caractère bien trempé. Le commandant Rebecca de Lost sait ce qu’elle veut, que ce soit dans sa vie professionnelle ou dans sa vie personnelle. Ce n’est pas forcément le cas de tous les policiers, qu’importe ! Elle mène sa barque, et son enquête.
Ses enquêtes, plutôt. En effet, une ancienne affaire ressurgit, un tueur sorti du passé, bien qu’il n’ait pas fait parler de lui pendant sept ans – de là à dire qu’il accélère subitement la cadence pour rattraper le temps perdu, il est un pas que j’aurai presque envie de franchir. Presque.
L’intrigue est vraiment menée tambour battant, on ne s’ennuie pas du tout en suivant le parcours de chacun des personnages, leur questionnement. Des thèmes actuels, d’autres intemporels sont intégrés à l’intrigue sans que jamais l’on est l’impression que cela soit plaqué dans le récit.
Certains personnages resteront des énigmes, comme le personnage de Mélina, qui en cache certainement plus que ce qu’elle veut bien révéler au moment du dénouement. D’autres ont appris beaucoup, par contre, et pas toujours à leur avantage. Oui, je n’en dévoile pas trop, parce que le but est de vous donner envie de lire ce livre, pas de vous gâcher le plaisir de lecture. Vous l’aurez compris, les pages se tournent très rapidement, tant on a envie de savoir ce qui va se passer ensuite.
Je prendrai plaisir à retrouver le commandant Lost dans une prochaine intrigue.

Les inconnues de la Seine de Frédérique Molay

Présentation de l’éditeur :

Depuis les attentats, le commissaire Nico Sirsky, chef de la brigade criminelle de Paris, et ses hommes sont sous tension. Difficile de maintenir un semblant de vie ordinaire lorsque les effectifs réduits obligent l’équipe à enchaîner mission sur mission. Mais lorsqu’une jeune fille est enlevée en plein jour au cœur de la capitale, c’est tout l’équilibre précaire de leur quotidien qui bascule.
Confronté à un adversaire redoutablement intelligent et pervers, l’affaire va prendre un tour personnel pour Nico Sirsky, rattrapé par d’anciens démons qu’il croyait enterrés depuis longtemps. Commence alors une course effrénée contre la montre qui va mettre le commissaire au pied du mur et le pousser dans ses derniers retranchements.

Mon avis :

Je n’avais pas vraiment aimé le précédent opus des enquêtes du commissaire Sirsky, mais là, je dois dire que j’ai retrouvé ce qui, pour moi, faisait la force de cette série.
Nous retrouvons le commissaire Sirsky peu de temps après sa précédente enquête. Il accueille un nouveau membre dans son équipe, ou plutôt, il salue le retour d’un de ses anciens co-équipiers, qui a dû quitter la crim’ pour cause de jusqu’au boutisme – bref, toute ressemblance avec le commissaire n’est presque pas fortuite. L’arrivée de ce nouvel ancien membre n’est pas sans faire grincer des dents à ceux qui espéraient une promotion. Le commissaire veille à ce que tout se passe bien, je vous assure.
Il faut dire que l’affaire sur laquelle ils doivent enquêter est tout sauf facile : une jeune femme a été retrouvée torturée et assassinée, plusieurs jours après son enlèvement. Un autre corps est bientôt retrouvé, et l’accélération du rythme laisse craindre qu’elles ne sont que les premières. L’intrigue est solidement construite, montrant à quel point le travail d’enquête est avant tout un travail d’équipe, équipe qui tente, aussi, d’avoir une vie privée. Solidité de l’intrigue et multiplicité des points de vue : nous ne restons pas dans les bureaux, nous allons sur le terrain. Sont intégrés aussi des chapitres qui nous confrontent au tueur. Ce procédé est fréquemment utilisé et j’apprécie rarement qu’il le soit. Alors, pourquoi ici, cela ne m’a pas autant dérangé que dans d’autres livres lus ? Non, l’on ne s’habitue pas à la violence, et ce roman ne la cautionne pas. Justement, c’est peut-être cela : nous découvrons la névrose du tueur, nous sommes davantage du point de vue de ses victimes, nous sommes avec leurs souffrances avant d’être avec lui. Nous découvrons aussi comment il parvient à passer inaperçu, à manipuler, et là, ce n’est pas dérangeant, c’est inquiétant, puisque cela ne paraît pas si difficile que cela. Il est facile, aussi, de passer à côté d’indices, parce que, justement, tout paraît banal, ordinaire, dans une ville où l’extraordinaire a eu lieu. Les attentats ne sont pas loin, et les effectifs de la crim’ en souffrent – difficile de rester aussi efficace dans ses conditions.
Le passé est bien présent – et l’on sait à quel point vivre dans le passé n’est pas judicieux. Le commissaire lui-même n’a pas fait son deuil de la première affaire à laquelle il a été mêlé – parce que, quoi qu’on dise, on ne le fait jamais vraiment entièrement. De même, l’enquête est traversé par un mythe un peu oublié, celui de l’inconnue de la Seine, dont on parlait déjà dans Bérénice de Louis Aragon. L’inconnue de la Seine, ou le rappel des « divertissements » particuliers du XIXe siècle. Que de jeunes filles innocentes, dans les oeuvres littéraires, se sont données la mort, gardant à jamais cette innocence – la mort plutôt que le déshonneur, ce qui, finalement, arrange bien les hommes.
Au centre du roman, la famille : celles des policiers (oui, je sais, j’en ai déjà parlé), celles des victimes – un être humain est rarement seule au monde – celle du tueur – tout le monde n’a pas la chance d’être orphelin.
Les inconnues de la Seine – un roman véritablement policier.

L’oeil du totem de John-Erich Nielsen

Présentation de l’éditeur :

..Après la découverte du corps d’une jeune Australienne, sauvagement égorgée en plein centre d’Edimbourg, l’enquête de l’inspecteur Sweeney va prendre une tournure inattendue. En effet, la victime n’est autre que la fille du magnat de la presse internationale, Robert Culloch. Et les investigations de Sweeney lui désignent clairement la piste australienne… Alors préparez-vous, et partez pour une aventure palpitante au coeur du bush !

Mon avis : 

L’inspecteur Sweeney enquête, mais ce qu’il n’avait pas prévu, c’est qu’il devrait partir pour l’Australie pour enquêter.
Le crime sur lequel il devait enquêter était déjà sordide : l’assassinat, peut-être même le viol (les résultats sont en attente) d’une jeune étudiante australienne. Elle était l’unique héritière d’un magnat australien, et celui-ci exige que le coupable soit identifié en moins de temps qu’il ne lui en faut d’habitude pour dénicher un scandale et le faire publier dans un de ses journaux. Oui, je sais, je ne suis pas tendre avec cet homme qui a perdu sa fille, mais il n’oublie pas ses obligations professionnelles alors que la tragédie vient d’avoir lieu.
Sweeney, qui a confié son chien à sa tante Midge, découvre doc les méthodes de la police australienne, la taille de leur zone d’action, et leurs moyens de transport : l’inspecteur écossais passera un temps conséquent dans les airs. Il en passera aussi auprès des Kooris, presque malgré lui. Où que se déroule l’enquête, les policiers sont toujours dépendants des témoignages, des indices, des alibis et des analyses ADN. Les résultats peuvent cependant toujours être surprenants. heureusement, tante Midge est toujours là pour l’écouter, même avec le décalage horaire.
Une bonne enquête dépaysante – le retour au pays sera rude pour Sweeney.

Les suppliciées du Rhône de Coline Gatel

Présentation de l’éditeur :

Lyon, 1897. Alors que des corps exsangues de jeunes filles sont retrouvés dans la ville, pour la première fois des scientifiques partent à la recherche du coupable, mettant en pratique sur le terrain toutes les avancées acquises en cette fin de XIXe siècle. Autopsies des victimes, profils psychologiques des criminels, voilà ce que le professeur Alexandre Lacassagne veut imposer dans l’enquête avec son équipe, mais sait-il vraiment ce qu’il fait en nommant à sa tête Félicien Perrier, un de ses étudiants aussi brillant qu’intrigant ? Entouré d’Irina, une journaliste pseudo-polonaise, et de Bernard, un carabin cent pour cent janséniste, Félicien va dénouer, un à un, les fils enchevêtrés de cette affaire au coeur d’un Lyon de notables, d’opiomanes et de faiseuses d’anges. Jusqu’à ce que le criminel se dévoile, surprenant et inattendu, conduisant le jeune médecin au-delà de ses limites.

Merci à Netgalley et aux éditions Préludes pour ce partenariat.

Mon avis :

La lecture de ce roman me confirme un fait que je savais déjà : les romans mettant en scène des médecins légistes, s’attardant sur les détails des autopsies, ne sont plus pour moi. J’en ai beaucoup lu à une époque, puis j’ai rencontré l’oeuvre d’Arnaldur Indridason, et mon point de vue sur le sujet a singulièrement changé.
Je ne doute pas, par contre, que les amateurs de romans policiers historiques et scientifiques n’aiment ce roman. Nous découvrons les premiers pas de cette médecin dite « légale », qui avait un peu de mal à s’imposer auprès des enquêteurs, que l’on ne voit guère, il est vrai, dans ce roman. Nous découvrons aussi les premiers pas de la médecine tout court, à une époque où les femmes qui mettaient au monde un enfant accouchaient chez elles, et ne se rendaient à l’hôpital qu’en dernier recours.
Autre catégorie de lecteurs qui devraient apprécier ce roman : les lyonnais. En effet, je me dis qu’il doit être agréable de « voir » sa ville, telle qu’était voici un siècle, et de reconnaître certains traits propres à la culture lyonnaise.
Mais… il faut vraiment aimer les romans sanglants. Certaines scènes sont vraiment à la limite du supportable. Ce qui m’indispose, dans les histoires de tueurs en série, quelle que soit l’époque à laquelle elle se passe, ce sont les parties qui leur sont consacrés, les montrant à l’oeuvre, sans fard, sans filtre, avec forces détails. Vous l’aurez compris, je n’éprouve aucune fascination pour ces personnages. Les victimes ne sont pas oubliées, j’ai presque envie de dire « heureusement » parce qu’elles doivent être au coeur du récit. Elles sont les seules personnes, dans ce roman, pour lesquelles j’ai éprouvé de la sympathie, de l’empathie face à leur souffrance.
Non parce que, le trio d’enquêteurs… Bernard m’a semblé assez étrange, rigide dans sa posture jusqu’à l’explosion. Félicien est bien plus ambigü, et ce que l’on découvre de lui au fur et à mesure du récit n’est pas forcément pour (me) plaire. Irina complète le trio. Femme libre, ne reculant devant rien pour écrire ses articles et ainsi percer dans le milieu du journalisme, elle n’a été pour moi qu’un personnage de « femme libérée » de plus, sans que je lui trouve vraiment de profondeur.
Les supplicées du Rhône, un roman à réserver aux amateurs de thriller historique.