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Je veux un homme qui de Tamara Balliana

Amazon Publishing France – 303 pages

Présentation de l’éditeur :

Oriane aime Jules, Jules veut l’aider à trouver l’amour.
Oriane, jeune policière sportive et célibataire, ne rencontre que des hommes qui ne l’intéressent pas, ou qui ne sont pas disponibles à l’instar de Jules, le patron du Café de la Place de Cadenel, qu’elle aime secrètement depuis l’adolescence.
De son côté, Jules est plutôt préoccupé par la préparation de sa soirée, qui s’annonce mémorable. Pari réussi… mais pas tout à fait comme il l’imaginait ! Voir tous ses plans partir en fumée, et se retrouver au poste menotté par Oriane ne faisait certainement pas partie du programme. Mais à cette occasion, lui qui n’a toujours accordé qu’une attention distraite à la jeune femme, s’aperçoit qu’il peut compter sur elle.
Petit à petit, leur amitié se développe, et Jules entreprend d’aider Oriane à trouver l’amour au moyen d’une liste : celle des qualités indispensables à l’homme de sa vie. Mais comment faire comprendre à Jules que le seul homme qu’elle veut, c’est lui ?

Merci à Amazon Publishing France et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

J’aime bien lire des romances de temps en temps. Je dois dire que celle-ci n’a pas été désagréable à lire même si, forcément, nous sommes dans une romance.
Des sujets graves sont abordés, comme le fait que le grand-père de l’héroïne, Oriane, soit devenu dépendant, obligé de vivre dans une maison de retraite, et perd peu à peu la mémoire au point de ne pas reconnaître, parfois sa petite-fille unique qu’il a élevé. Sujet sensible, abordé à la fois avec réalisme et sensibilité.
Oriane est donc l’héroïne de ce roman. Elle est policière, premier point qui peut faire fuir les hommes. Elle a un phsyique atypique, c’est à dire qu’elle est grande, sportive, et qu’elle a un nez que certaines se seraient empressés de corriger non grâce au contouring, mais par un chirurgien esthétique. J’ai aimé la manière dont Oriane assume son nez, et aussi le fait qu’elle rappelle que peut-être un de ses enfants en héritera, et qu’alors, il saura de qui il le tient (avec la chirurgie, ce serait fort compliqué). A méditer pour celles et ceux qui passent leur temps à retoucher leur apparence – ou à la modifier parce qu’ils n’assument pas leur ressemblance avec leurs parents, cela arrive aussi.
Autour d’Oriane gravitent ses amies, qui veulent absolument lui permettre de rencontrer quelqu’un. Nous suivons, aussi, leurs propres aventures amoureuses, qui viennent s’entrelacer avec celle d’Oriane. Après tout, il suffirait simplement que Jules, patron du café qu’elle aime depuis qu’elle est adolescente, tombe amoureux d’elle, lui qui ne pense qu’à demander en mariage sa compagne de longue date. Tout ne se passera pas vraiment comme prévu pour lui et pour Oriane, d’abord.
Jusqu’à présent, ma critique semble plutôt positive, alors qu’est-ce qui a coincé ? Le personnage du prêtre. Il a un nom tout droit tiré d’une romance irlandaise. Il est sympathique – tant mieux – et il marie en deux temps trois mouvements les amoureux qui le veulent (nous assisterons à un mariage dans ce roman). Si un tel prêtre existe, présentez le moi ! La préparation du mariage catholique dure à peu près un an, avec forces contraintes pour les futurs mariés. Peut-être les couples qui sont bien connus de leur paroisse, ceux qui allaient à la messe bien avant qu’un séduisant prêtre n’officie, ont droit à une préparation moins longue : je ne sais pas. J’ajoute que, s’il n’est plus nécessaire d’avoir communié pour être marié, les certificats de baptême des futurs mariés sont quasiment obligatoires (je modalise, en cas d’exception que je ne connaîtrai pas). Bref, de ce point de vue, nous sommes bien dans une romance – et moi, toujours anticléricale, cela ne changera pas. Cependant, je suis sûre que les amateurs de romance apprécieront ce roman.

Le lord, le magicien et la malédiction par Lee Welch

édition MxM Bookmark – 380 pages

Présentation de l’éditeur :

La campagne anglaise, un château en ruine et deux hommes que tout oppose… Lord Thornby est pris au piège sur la propriété isolée de son père depuis plus d’un an. Il n’y a ni cellule ni chaînes, mais il est incapable de quitter la demeure familiale. Au fil des jours, sa santé mentale commence à s’effriter. Lorsque le magicien industriel John Blake arrive pour enquêter sur un cas de sorcellerie, il trouve Thornby assez particulier. Arrogant certes, mais aussi inquiétant qu’il est séduisant. Sans s’en rendre compte, John se retrouve entrainé dans un conte de fée des plus sombres, où toutes les règles de la magie – et de l’amour – se trouvent altérées. Pour rendre sa liberté à Thornby, les deux hommes vont devoir affronter des vérités qui changeront leur vie à jamais – et John devra accepter que l’homme courageux et plein d’esprit qui gagne son cœur soit également sur le point de le briser. Peuvent-ils se dépêtrer de cette magie aussi dangereuse que l’amour ?

Merci à Netgalley et à MxM Bookmark pour ce partenariat.

Mon avis :

Après des lectures difficiles, pour ne pas dire douloureuses, j’ai eu envie de me tourner vers un genre plus léger : la fantasy et la romance. J’ai choisi ce livre aussi à cause de la couverture, magnifique – le contenu est à l’image du contenant.

Prenons d’abord les personnages, lord Thornby tout d’abord. Son père ne peut plus le supporter, et pourtant, il est loin d’être insupportable. Oui, il n’aime pas sa belle-mère, qu’il soupçonne d’avoir épousé son père uniquement pour son titre, et il est venu au mariage avec un perroquet. Oui, ces toiles ne plaisent pas à tout le monde, et provoquent même, parfois, un beau scandale. Oui, il ne veut pas se marier, et il a raison : il sait très bien que ce ne serait pas rendre service à la jeune femme qui serait son épouse et dont il ne serait pas vraiment l’époux. Ses goûts le poussent vers les hommes, et il le vit très bien – ce que sa femme vivrait plutôt très mal. De plus, il sait très bien que ce n’est pas pour son bien que son père veut qu’il se marie, mais plutôt pour renflouer les finances de la famille : il a déjà largement dépensé la dot de sa seconde épouse dans des investissements en Ecosse. Son père, qui ne s’est jamais vraiment intéressé à lui depuis la mort de sa mère quand il avait huit ans – si tant est qu’il se soit intéressé à lui avant – lance une malédiction pour empêcher son fils de quitter le domaine. Et cela fonctionne. Plus d’un an plus tard, Soren (le prénom de lord Thornby) ne peut toujours partir. Pire : sa belle-mère lady Dalton ressent elle aussi des manifestations étranges, constate l’absence d’entente entre elle et son mari, et, par le jeu des amitiés, parvient à faire venir John Blake, un jeune magicien très doué, dans le domaine : elle est persuadée que son beau-fils est la cause de tout.

John Blake est un magicien doué, je l’ai dit, et pourtant lui non plus ne comprendra pas de prime abord d’où viennent toutes ses bizarreries. Avec lui et lord Thornby, nous découvrirons ce qui ce cache, et ce que cache réellement le domaine. J’ai aimé la construction de ce récit, dans ce qui est d’abord un huis-clos, même dans le parc qui peut être source de bien des dangers. J’ai aimé aussi que ce titre de fantasy emprunte certaines de ses péripéties au conte, à la mythologie aussi – et je n’avais pas vu venir certains éléments, ce qui est plutôt une bonne chose. Parmi les personnages, j’ai aussi aimé celui de la tante Amélia Dalton, aussi excentrique ou presque que son neveu, qui a mené sa vie comme elle l’entendait, et elle ne manque pas de cran face à l’irascibilité de son frère – alors que d’autres n’osent pas vraiment lui tenir tête. Ah, si, son fils, John Blake aussi : les enjeux ne sont pas les mêmes pour l’un ou pour l’autre, les conséquences non plus. Plus le récit avance, plus l’on se rend compte que lord Dalton est véritablement prêt à tout, en comptant pour rien les souffrances qu’il afflige aux autres. Fantasy, oui, romance, oui, mais avec aussi des scènes relativement douloureuses.

Et la romance, me direz-vous ? Elle se noue entre le lord et le magicien, deux adultes consentants, sachant parfaitement ce qu’ils aiment, et surtout qui ils aiment. Que demander de plus ? En tout cas, j’ai passé un très bon moment de lecture avec ce livre, qui m’a apporté ce que je voulais.

 

Les demoiselles du cap Fréhel par Léna Forestier

Présentation de l’éditeur :

Manoir de Keroual, Bretagne, An II (1794)    Ses lèvres étaient tièdes et soyeuses, au point qu’Anne eut envie d’y mordre doucement. Envie d’être audacieuse, en cette période de troubles qui faisait de demain un horizon incertain. Demain avait de toute façon une saveur d’interdit, tout comme Malo Jakez, cet homme incroyable, ancien corsaire du roi et conteur émérite à qui elle mentait depuis leur rencontre houleuse sur la lande. Car Malo incarnait tout ce qu’elle exécrait et portait le flambeau d’une République qui avait ruiné les siens. Un homme à qui elle ne pourrait jamais se lier, à moins de vouloir en perdre la tête pour crime de chouannerie…

Merci aux éditions Harlequin et à Netgalley pour ce partenariat

Mon avis :

Le confinement mène à tout, y compris à recevoir via Netgalley un service de presse des éditions Harlequin. Et, par conséquent, il m’amène à chroniquer une romance.
Il s’agit ici d’une romance historique, qui parle d’une période historique qui m’a longtemps passionné et qui, si je suis honnête, me passionne toujours même si j’ai moins le temps pour lire des ouvrages à ce sujet : la Révolution française et plus particulièrement la Chouannerie. De plus, l’action se passe en Bretagne qui est, après la Normandie, ma région de France préférée. Bref, le roman réunit des composants qui devraient me plaire.
Alors oui, ce roman m’a plu, et a tranché avec mes lectures habituelles. L’héroïne, Anne, est singulière. Pour l’époque, elle est une « vieille » fille de 27 ans, dévouée à ses frères, à sa soeur de lait, dévouée aussi aux siens au sens large du terme. Le contexte est ce qu’il est, et Anne s’investit beaucoup dans la cause à laquelle elle croit. Ce qu’elle n’avait pas prévu est l’arrivée de Malo. Avant la Révolution, leur amour n’aurait pas été possible, d’ailleurs, elle n’aurait même pas connu son existence, voire même pas fait attention à lui – et son père avait beau être original, il n’aurait pas pu concevoir une telle union. Après la Révolution… ce n’est pas très possible non plus : la noblesse a beau avoir été abolie, Malo est un ancien corsaire et surtout, il a racheté le château de l’oncle d’Anne, tout en venant d’être nommé commissaire politique. Une histoire impossible ?
Je n’ai pas tellement envie d’en dire plus, si ce n’est que le roman montre que l’autrice s’est beaucoup documentée sur cette période historique, sans que jamais l’on ait l’impression de lire un ouvrage didactique – la romance est là, et bien là. Les personnages sont attachants, Anne en tête. Je nommerai aussi Ronan, son jumeau, dévoué pour aider les autres à fuir la violence révolutionnaire, Aesia, fidèle entre toute et sa fille Urielle : j’aimerai bien qu’un volume lui soit consacré. Les rebondissements sont nombreux, et même dans le cadre de la romance, le lecteur peut réellement trembler pour les personnages. Les espions peuvent être partout, et il est difficile de garder un secret.

Les McCabe, tome 1 : Dans le lit du Highlander de Maya Banks

Présentation de l’éditeur :

Mairin Stuart se sait perdue lorsque les hommes de Duncan Cameron envahissent le couvent où elle se cache. Cet ambitieux convoite sa dot et ne reculera devant rien pour la contraindre au mariage. Livrée à sa cruauté, Mairin résiste, puis parvient à fuir en compagnie d’un garçonnet. Or le père de ce dernier, Ewan McCabe, les rattrape et la soupçonne d’avoir enlevé son fils. Mairin ne porte-t-elle pas les couleurs de Cameron, son pire ennemi ? Face à la fureur du colossal Highlander, Mairin fait front de nouveau. Et curieusement, cette fois, elle n’a plus envie de fuir…

Mon avis : 

Je n’avais pas lu de romance historique écossaise depuis longtemps. A vrai dire, j’avais lu le tome 2 en 2014 (oui, j’avais commencé par le 2) et je ne me suis replongée dans le 1 qu’aujourd’hui, parce qu’il m’avait été proposé par Ichmagbücher dans le cadre du challenge Livra’deux pour PAL’addict. J’avais envie d’une lecture assez facile – les romances sont rarement causes de migraine, je me suis donc plongée dans ce livre.

Bingo ! ai-je envie de dire. Oui, le livre est facile à lire, tout s’enchaîne facilement. Un peu trop peut-être. L’Ecosse, ses clans, sa cruauté, bien visible, même chez les femmes. Mairin n’a pas de pitié pour ses ennemis – ils n’en avaient aucune pour elle, il faut bien le reconnaître. Mairin a été élevée dans un couvent, et elle ne sait pas grand chose de la vie d’un couple – mais elle apprend à une vitesse vertigineuse, comme souvent dans ce genre de roman. J’ai trouvé ces scènes pas toujours crédibles – si ce n’est la nuit de noces, très réaliste dans sa brutalité. Mairin multiple les gaffes, mais finalement, cela se passe assez bien pour elle. Certes, elle est victime « d’accident », ce n’est pas elle qui était visée, et le clan se ressoude vite pour la protéger, elle, la femme de leur laird, et leur laird, qui est la véritable victime désignée par toutes ses tentatives de meurtres. Qui est le traitre ? Je n’ai pas cherché, je me doutais bien que l’on trouverait ! Et la manière dont il se démasque est révélatrice de sa confiance en lui et en son véritable maître. Si la dernière partie est à ce sujet très mouvementée, les résolutions de tous les problèmes sont extrêmement rapides, et pas franchement vraisemblables. Les personnages du camp du bien ont tous eu beaucoup de chance, en dépit de la propension de certains de s’énerver très rapidement !

Il est des personnages attachants, néanmoins. Je pense à Crispen, le fils orphelin d’Ewan, ou Gertie, l’intendante des McCabe qui ne manque pas d’énergie.

Bref, une lecture qui fut plaisante à lire, mais pas inoubliable. Ah, si, tout de même : les marmites peuvent être très utiles, et pas seulement pour la cuisine.

 

L’amour est dans le chai par Tamara Balliana

Présentation de l’éditeur :

Léonie, aspirante actrice dont la carrière n’a jamais réellement décollé, est de retour dans son village natal de Cadenel. Désabusée, elle n’a d’autre choix que de remplacer sa sœur Laetitia, en congé maternité, au domaine viticole où celle-ci travaille. Mais dès son retour, elle tombe nez à nez avec Enzo, son voisin d’enfance qu’elle a toujours détesté. Comme un fait exprès, alors qu’elle pensait qu’il avait lui aussi quitté la région, leurs chemins ne cessent de se croiser. Heureusement, Léonie peut compter sur le soutien de ses nouvelles amies du clan des célibataires malgré elles pour lui redonner le sourire.

Alors que Léonie trouve peu à peu ses marques dans cette nouvelle vie, il ne reste qu’une seule ombre au tableau : Enzo. Comment faire pour s’en débarrasser ? Ou alors une trêve est-elle possible entre eux ?

Mon avis :

Troisième romance que je lis en peu de temps, et pour ceux qui me connaissent, vous savez que ce n’est pas vraiment mon genre.

Il est vrai que j’ai moins apprécié ce livre que les deux autres romances lues cette semaine – ou que les autres romans de cette auteure. Pourquoi ? J’ai trouvé cette romance très classique. Nous avons d’un côté une jeune femme, qui a quitté la province pour tenter une carrière de comédienne à Paris, et elle n’a pas véritablement réussi. Si elle revient dans son village natal, c’est pour remplacer sa soeur Laetitia, sur le point de partir en congé maternité. La solidarité familiale, c’est bien – techniquement, Léonie n’est pourtant pas la personne qui maîtrise le mieux le sujet. Zas ! Elle retrouve son pire ennemi, Enzo, son quasi-jumeau – à la suite d’un accident, les deux enfants, désormais grands, sont nés le même jour. Enzo lui a pourri la vie depuis tout ce temps, et tous les deux ont bien l’intention de continuer à se chamailler. J’ai eu l’impression en découvrant leurs aventures qu’ils n’avaient pas vraiment grandi, et que j’avais en face de moi deux collégiens – et encore, il en est de plus matures. Leurs mésaventures, l’énergie qu’ils mettent à s’envoyer des piques, à se déranger l’un l’autre ne m’ont pas vraiment passionné, et je me demandais seulement quand ils allaient enfin évoluer. Oui, cela arrive, heureusement, mais le développement de l’intrigue reste très classique, comme tous les autres événements qui surviennent, d’ailleurs. Trop classiques à mes yeux, d’ailleurs, à l’image de se retour au village natal.

L’amour est dans le chai est un roman qui ne fut pas désagréable à lire, mais il ne contient pas ce petit plus qui m’a fait aimer Quand l’amour s’en mail.

 

 

La gourmandise n’est pas un vilain défaut par A.L Morgann

Résumé

Un Noël Chat-leureux par Mary Ann P. Mikael

Les Fjords de Santorin de Nick Alexander

Présentation de l’éditeur :

Pour Becky, son père n’est pas seulement absent : il est un mystère, un trou béant dans son passé… et un sujet tabou avec sa mère, Laura. Quand cette dernière décide sur un coup de tête de s’envoler pour la Grèce, Becky choisit de l’accompagner, bien décidée à se rapprocher d’elle – et de la vérité. Pendant leur voyage vers la magnifique île de Santorin, il devient vite évident que le choix de destination n’est pas aussi anodin que le pensait Becky. Laura lui cache quelque chose depuis toujours, et elle est déjà venue ici. Mais le souvenir de ce premier voyage est teinté de douleur et de secrets enfouis depuis vingt-cinq ans. Alors que la vérité éclate au grand jour, mère et fille pourront-elles enfin enterrer les fantômes de leur passé et trouver le bonheur auquel elles aspirent ?

Merci à Amazon publishing et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Oui, le titre peut surprendre, parce que, jusqu’à preuve géographique du contraire, il n’y a pas de fjords à Santorin, on en trouve plutôt en Norvège – ou alors, il faut vraiment que je révise ma géographie. C’est une romance, et après lecture, c’est une certitude : la romance n’est vraiment pas mon genre littéraire de prédilection, on ne m’y reprendra plus.

Dans ce roman, nous avons une alternance entre deux points de vue, deux temporalités, celui de Becky, la fille, dans le présent, et celui de Laura, la mère, vingt cinq ans plus tôt. Deux temporalités, et deux lieux aussi, entre le Royaume-Uni et la Grèce. Je pourrai dire aussi la Norvège, mais c’est vraiment très bref, les seules vacances partagées entre la mère et la fille, toutes deux donnant l’impression de ne pas avoir eu des enfances très rigolotes – très rigide convient mieux pour qualifier celle de Laura.

S’il est une chose qui lit Laura et Becky, c’est un secret de famille autour du père de Becky, un secret, ou plutôt une volonté de ne pas communiquer. La vie de Laura semble presque arrêtée depuis vingt-cinq ans, comme si elle n’avait pas pu construire une vie personnelle et professionnelle – et il est très fréquent de voir des récits semblables dans les romances : un événement majeur, puis plus rien, comme une hibernation, jusqu’au moment du récit. Certes, ce roman nous rappelle ce qu’était la vie voici vingt-cinq ans, mais Laura est quasiment de ma génération, et je suis étonnée qu’il ne soit pas question du SIDA, curieusement absent. Il est question aussi des rave party et de la banalisation de la drogue : je m’insurge toujours contre les personnes qui pensent que l’on ne peut s’amuser, profiter d’une fête qu’en prenant des substances illicites. C’est triste, c’est dommage, c’est réducteur. J’ai trouvé nettement plus intéressant le regard rétrospectif que Laura pose sur la question de consentement, question que l’on ne se posait pas pleinement à l’époque, et qui me semble seulement commencé à émerger de nos jours. Laura vit sa première véritable histoire d’amour, et n’a pas vraiment, elle qui a reçu une éducation religieuse très stricte, de modèle en ce qui concerne une relation normale. Ignorante, oui, mais elle perd très vite sa naïveté, même si elle ne sait pas dire « non », ou alors trop tard. Elle est une proie facile pour certains hommes – j’ai presque envie de dire « certains prédateurs ».

Vous allez me dire : « il n’est pas si mal, ce roman. » Oui, surtout qu’il n’oublie pas, en situant l’action en Grèce, la crise que traverse le pays actuellement. J’ai aimé aussi l’apologie de la vraie gentillesse, à la fin du livre, qui n’a rien à voir avec le fait de tout accepter, toujours – il est d’ailleurs intéressant que ce soit un personnage masculin qui illustre cette notion. Non, ce qui m’a le plus dérangé, au fur et à mesure du déroulement de l’intrigue, ce sont les trop nombreuses coïncidences, tout ce qui aurait pu se passer différemment si le hasard ne s’en était pas (mal ou bien) mêlé. Mais peut-être les vrais amateurs du genre apprécieront ?

 

Le bruit des pages de Livia Meinzolt

Présentation de l’éditeur

Éva hérite d’une librairie dans le quartier de la Butte aux Cailles. Les exigences du vieux propriétaire avec lequel elle s’était liée d’amitié ? Que la librairie ne soit jamais vendue et qu’Éva y conserve un tableau représentant une jeune femme, penchée sur un carnet, aux pieds d’un acacia majestueux. Bientôt, elle se prend à imaginer la vie de la femme du tableau, Apollinariya Ivanovna Lubiova, une jeune aristocrate russe, vibrante de rêves et d’idéaux au coeur de l’été 1916. Mais tandis que les mois passent, fiction et réalité semblent se confondre… Et si la librairie renfermait des mystères insoupçonnés ? Le voyage d’Éva à Saint-Pétersbourg pourrait-il l’aider à comprendre le lien étrange qui l’unit à Apollinariya ?

Mon avis :

Tout d’abord, je tiens à remercier le forum Partage-Lecture et les éditions Charleston pour ce partenariat.

J’avais très envie de découvrir ce roman, parce qu’il parlait de Paris, de livre, et aussi de Russie, pays qui est tout proche de celui dont ma famille paternelle est originaire. Ce que j’ai aimé ? Tout d’abord, j’ai apprécié la construction du roman. Nous suivons, dans le présent, Eva, une jeune femme qui vient de terminer sa licence, son installation dans la librairie, sa prise de possession des différents livres qui l’entourent. Elle aime son quartier parisien, elle déambule au parc Montsouris, ce qui m’a donné envie de le découvrir à son tour. Surtout, elle se lance dans l’écriture d’un roman, elle franchit enfin le pas, elle qui veut en savoir plus sur les origines de la librairie. En effet, si Ernest la lui a léguée, c’est pour respecter les volontés du précédent propriétaire, qui voulait que la librairie soit léguée ou donnée à un(e) passionné(e), qu’une oeuvre de Tchernychevski reste en vitrine sans jamais être vendue, et que le tableau La jeune fille sous l’accacia soit toujours exposé. Autant d’indices, de pistes pour recréer le passé. C’est de la jeune femme qui est sur le tableau dont Eva se met à écrire le journal fictif, le lecteur assiste ainsi, en direct si j’ose dire, à une création artistique. A ses affres, aussi : Eva se questionne sur la manière dont elle a décidé d’écrire, et sur l’orientation qu’elle donne à l’intrigue qui se noue entre les personnages fictifs. Celle-ci occupe une place grandissante dans sa vie. Je n’oserai pas dire qu’elle l’obsède, qu’elle devient presque plus réelle que sa vie même, mais presque. Alors oui, j’ai été emportée moi-même par ce récit de cette Russie qui était au bord de la révolution, de ces aristocrates, riches bourgeois cultivés, éduqués, de cet amour qui force Polina à sortir de sa cage dorée au contact de Sacha. La Russie contemporaine a aussi sa place, grâce au personnage de Vitya, surgi du passé d’Eva, et de son ami Dimitri qui, comme Eva, connaît les affres de la création artistique (il est peintre) et d’une vie sentimentale dénuée de sentiments. En effet, au cours des différentes parties du roman, le point de vue se déplace, passant d’Eva à Dimitri, pour la partie contemporaine, pour revenir à Sacha ou Polina, un siècle plus tôt. Déplacement géographique aussi, entre France et Russie, entre questionnement, aussi, sur ce que l’on veut dire quand on écrit un livre. Au cours des échanges d’Eva avec son amie au sujet de son écriture, je me suis demandée si l’autrice, qui a quasiment le même âge que sa narratrice/autrice s’était elle aussi posée de telles questions. J’ai apprécié aussi les références, qu’elles soient littéraires (ce qui est assez logique quand l’héroïne se destine à l’écriture) ou musicale (Polina et Eva sont violoncellistes).

Vous me direz alors, que n’ai-je pas aimé dans ce roman ? J’ai eu un peu de mal avec le style utilisé dans la partie contemporaine du roman, que ce soit avec les répétitions (l’utilisation du pronom démonstratif « ça ») ou l’oralité marquée de certaines phrases (les négations incomplètes). Que ce bémol ne vous empêche pas de découvrir ce roman.
Kentigern

Sign of love, tome 4 : lion d’Anna Wyle

Présentation de l’éditeur :

Le jour de ses 20 ans, Anna Wyle, apprentie photographe et parisienne depuis dix ans, est sous le choc : elle vient d’apprendre que son père, Jim, et sa mère, Grace disparue depuis, ne sont pas ses parents biologique ! L’homme de sa vie sera celui avec qui elle s’accordera d’un point de vue astral, elle devra le trouver.
Sauf qu’Anna ne connaît pas sa date de naissance !
Un nouveau tome à San Francisco. « La suite des aventures d’Anna sous le signe du… Lion !»

Mon avis :

Je commence la saga en cours de route, avec ce tome 4 qui me permet de rencontrer Anna Wyle, qui a la chance de partir en reportage à San Francisco pour interviewer un géant du net. Oui, je dis bien « la chance » parce qu’elle a pris du galon par rapport à ses premières aventures mouvementées.
En effet, Anna a découvert qu’elle était adoptée, que son père a eu un fils biologique particulièrement brillant (Anna dit de lui, non sans humour, qu’il est « beau comme un dieu, mais con comme une valise sans poignée ») et que sa véritable date de naissance est inconnue. Du coup, il lui est impossible de dresser son vrai thème astral; ce qui n’est pas pratique quand on croit à l’importance des astres dans sa vie amoureuse.
Et aujourd’hui, c’est un homme natif du signe du lion qu’elle rencontre, un homme qui a réussi, qui est riche, qui peut satisfaire tous ses désirs. Cela ressemble presque à un conte de fées, et l’on sait ce que certains auteurs en ont fait (suivez cinquante fois mon regard, d’ailleurs Anna elle-même fait allusion au livre !) mais ce n’est heureusement pas le cas ici, Anna n’a pas du tout l’intention de céder aux désirs qui ne lui conviendraient pas ou d’oublier qui elle est parce qu’elle est amoureuse. Parce que oui, elle est amoureuse mais elle est aussi raisonnable, même si ce n’est pas la chose la plus facile. Ne comprends-elle pas qu’elle est aimée avant tout parce qu’elle est Zodiac girl, non pour qui elle est réellement.
Alors, qu’adviendra-t-il dans la suite de ses aventures ? Un « signe » pourrait-il revenir ?
Merci à French pulp édition et à Netgalley pour ce partenariat.