Archives

Au bout de nos rêves de Théo Lemattre

Présentation de l’éditeur :

Alors que Tom se trouve au bord d’un ravin avec l’intention de mettre fin à ses jours, Léonie arrive sur les lieux avec la même idée que lui. C’est embêtant, aucun d’eux ne s’attendait à avoir un spectateur. Ils ne se connaissent pas et n’ont a priori aucune affinité, le désespoir mis à part. Mais lorsqu’ils se retrouvent dans un groupe de rigolothérapie, ils se rapprochent et découvrent qu’en réalité ils ont un point commun : des rêves brisés par une vie qui ne leur a pas fait de cadeaux. Ensemble, vont-ils trouver la force de se relever, de lutter… et d’aller au bout de leurs rêves ?

Merci à Netgalley et à Amazon Publishing France pour ce partenariat.

Mon avis :

Je ne suis pas une grande fan de romance, j’en ai lu beaucoup (enfin beaucoup… par rapport à ce que je lis d’habitude) entre mars et septembre, et je dois dire que ce livre m’a agréablement surprise.

Oui, Tom et Léonie veulent mettre fin à leurs jours, et c’est embarrassant, ils ont tous les deux choisi le même lieu au même moment. A croire que l’on ne peut plus couper brusquement le fil de sa vie, vouloir ne plus voir de lendemain tranquillement. Et tout cela pourquoi, je vous le demande ? Léonie a vu le rêve de sa vie brisé, et elle ne remarchera peut-être pas. Tom, lui, a été quitté par sa compagne, et pense avoir définitivement échoué à percer dans la musique. Leur rencontre entraîne finalement… un sursis qu’ils s’accordent à eux mêmes ? En quelque sorte.

Ils entament une thérapie avec un drôle de thérapeute, que l’on peut adorer détester, avec ses méthodes qui sortent de l’ordinaire. Qu’importe ! Il pousse chacun de ses patients – Tom et Léonie ne sont pas les seuls à participer à cette thérapie de groupe – à affronter qui ils sont vraiment, à faire des choix aussi, pour devenir ceux qu’ils sont vraiment. Il est question de rêves, mais il est aussi question de réussir sa vie – les deux ne correspondent pas forcément. Léonie était montée au sommet de son art, Tom, lui, s’est plutôt laissé couler, et son meilleur ami, le seul à lui tendre encore la main, est le modèle même de la réussite professionnelle – et qu’en est-il de ses rêves ?

Plus qu’une romance, c’est une interrogation sur le sens que l’on veut donner à sa vie, sur la manière de se reconstruire ou de se construire tout court. C’est aussi se demander si l’on a fait les bons choix, si l’on n’a pas été trop dur, parfois, avec soi ou avec les autres.

Sous le soleil de Key West de Priscilla Oliveras

édition de l’Archipel – 320 pages

Présentation de l’éditeur :

Sara, influençeuse mode et beauté sur les réseaux sociaux, a un problème. Et de taille ! Elle doit rejoindre sa famille à Key West pour les vacances. Mais son petit ami lui fait faux bond au dernier moment. Comment dès lors affronter les questions de ses frères – et de leurs épouses si parfaites – et de ses parents ? Qui tous s’attendaient à rencontrer le futur époux de la petite rebelle de la famille… Et si Luis, ce beau sapeur-pompier en congés forcés rencontré sur le tarmac de l’aéroport, se transformait en gendre idéal ? Voilà la bonne idée de Sara – ou pas… Après tout, pourquoi les rêves ne se réaliseraient-ils pas sous le soleil de Key West ?

Merci aux éditions de l’Archipel et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Sous le soleil de Key West
est une romance à la fois classique et différente. Classique, parce que j’ai pressenti le dénouement dès la lecture du résumé. Ne venez pas me dire que je spoile : quand on lit une romance, on a des attentes, et l’on sait très bien ce qui est le plus probable de survenir (je voyais mal Sara avoir une relation avec la soeur de Luis. Note : cela changerait). Le tout est de savoir comment les choses allaient se dérouler. Différente parce que ce roman aborde des thèmes que peu de romances abordent. La famille, d’abord, rarement mise en avant. Que ce soit celle de Sara ou celle de Luis, elles ont un point commun : tous les enfants ou presque ont fini par suivre la même voie professionnelle que leurs parents, comme si un autre choix était impossible. Sara, influenceuse mode, est l’exception, pour ne pas dire le vilain petit canard de sa famille de médecin. Elle a développé des troubles alimentaires, qui, en dépit des soins, lui empoisonnent un peu la vie, et les rapports qu’elle peut avoir avec sa famille – sujet rarement traité sur ses conséquences à long terme, comme dans ce livre.

Alors oui, il est des passages attendus que l’on trouve dans toute romance. Il est aussi des moments plus singuliers où Sara tente de se rapprocher de sa soeur, lui disant enfin ce qu’elle a sur le coeur, sans craindre les réactions de Robyn. Je me dis que cette dernière, brillante chirurgienne, a elle-aussi des choses à régler : sa mère a sacrifié une partie de sa carrière pour l’élever, aussi a-t-elle toujours voulu être au top de sa profession, et n’a-t-elle pas d’enfants (pour ne pas reproduire ce qu’a fait sa mère ? Elle ne creuse pas (encore) le sujet).

Et Luis ? A force de se protéger contre toute forme d’attachement, il en est venu à s’isoler complètement, sauf quand il s’agit d’aider les autres. Cela fait beaucoup, sauf qu’il a fallu, finalement, sa rencontre avec Sara pour qu’il pense enfin à cesser de s’isoler.

Sous le soleil de Key West est décidément un roman agréable à lire – et pas seulement l’été.

Un été dans la ville de l’amour de Sarah Morgan

Présentation de l’éditeur :

Pour célébrer leur vingt-cinquième anniversaire de mariage, Grace a prévu une surprise de taille pour son mari : une escapade romantique à Paris. Mais ce dernier lui a aussi réservé une annonce surprise : il souhaite divorcer. Dévastée par la nouvelle, Grace fait ses bagages et s’envole, seule, pour la capitale.
Lorsqu’Audrey quitte Londres pour la France, c’est avec la ferme intention de s’éloigner d’une mère alcoolique. Son objectif : dégoter un job dans une librairie et se familiariser avec le french kiss. Seulement, avec la barrière de la langue et sans argent, ses projets paraissent plus compliqués qu’elle ne le pensait.
La rencontre entre les deux jeunes femmes va alors tout changer. Et leur amitié naissante, bien que surprenante, pourrait bien devenir la meilleure chose qui pouvait leur arriver…

Merci aux éditions Harlequin et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

J’aurai presque envie de commencer ce billet en disant « oui, je lis de la romance aussi », j’en ai même lu quelques-uns depuis la fin de l’année 2019. Certains titres sont très réussis, d’autres le sont moins – malheureusement. J’ai lu trois romances quasiment coup sur coup, et j’ai décidé de chroniquer en premier celle qui m’avait le moins séduite, et d’expliquer pourquoi. J’aurai presque pu dire qu’elle m’avait mise en colère, mais non : ce n’est qu’un livre, pas une situation vécue dans la vie réelle.

Tout d’abord, je me suis sentie très jeune en lisant ce livre. Grace a 47 ans et elle se comporte comme une femme de trente ans d’un autre siècle, tout en restant dans le nôtre, ne ratant aucune des étapes imposés dans sa vie de femme et de mère : sa fille unique va quitter sa maison, et pour ne pas se livrer à son chagrin, elle organise, elle organise, elle organise. Quoi ? Un voyage surprise pour les 25 ans de mariage avec David, l’amour de sa vie. Sauf que David gère autrement le syndrôme du nid vide que sa femme, qu’il a pris une jeune maîtresse, amie de sa fille, ancienne élève de sa femme (n’oublions aucun cliché) et qu’il lui révèle le tout (à sa femme, sa maîtresse était déjà au courant) pendant le repas de leur vingt cinquième anniversaire de mariage. Il a aussi le bon goût de faire un infarctus (forcément, le stress et le surmenage sexuel) et sa femme lui sauve la vie – il en a de la chance. Je trouve d’ailleurs qu’il se remet assez bien de ce qui lui est arrivé, au point de continuer à se comporter comme le plus parfait des goujats, après avoir débordé de qualités pendant leur vingt cinq années de mariage, et même avant – David et Grace sont amis d’enfance.

Grace part donc à Paris seule, refusant que David et sa nouvelle compagne partent à sa place. C’est toujours bien de ne pas avoir de soucis financiers. A Paris, Grace rencontre Audrey, une jeune femme sympathique, débrouillarde, mais sur certains sujets seulement. Les deux femmes « que tout oppose » vont cependant devenir très vite amies. Elles se découvrent un point commun : une enfance merdique, avec une mère alcoolique, dont elles ne pouvaient parler avec quasiment personne, l’une (Grace) parce que son père lui disait que tout allait bien – l’alcoolisme mondain fait des ravages – l’autre (Audrey) parce qu’elle n’avait personne à qui se confier, et que sa mère, en dépit de son alcoolisme, parvient à garder son travail, ce qui est l’un des éléments constants de sa vie, avec la nécessité qu’elle a d’ingérer des doses d’alcool quotidiennes, avec sa capacité à dévaloriser sa fille voire à lui nuire fréquemment. Je vous rassure : nous sommes dans une romance, et si l’on ne peut plus rien pour les parents de Grace (ils sont morts), il n’en est pas de même pour la mère d’Audrey.

Oui, romance + Paris = même si des thèmes lourds sont abordés, quelques clichés. Paris est la ville des amoureux – et celle où l’on fauche les sacs à main des touristes. Paris est la ville où l’on trouve un appartement facilement, où l’on vous loge en plus de vous fournir un travail. Paris permet de renouer avec un amour de jeunesse, dont on ignore ce qu’il est devenu (à croire que Grace a vécu coupée du monde pendant toutes ses années, ou ne s’est absolument pas intéressée à la musique). Bizarrement, il est devenu un pianiste mondialement connu, et non un simple professeur de piano. Je ne dis pas que certains faits ne sont pas vrais, comme le fait qu’il est facile de se laisser influencer, ou « l’effet de masse » qui fait que l’on n’ose dire non. Je suis cependant étonnée qu’Audrey, capable d’une grande force de caractère vue ce qu’elle a traversé pendant son enfance, ne soit pas capable de plus de force dans certaines situations. A vrai dire, toutes les jeunes filles présentées dans ce roman (sauf Sophie, jusqu’à un certain point) sont influençables, qu’elles aient eu une enfance choyée, protégée ou non (note : je ne l’étais pas, heureusement pour moi).

Je terminerai avec le personnage de Mimi, la grand-mère de Grace, qui lui a apporté un cadre stable, cadre qu’elle-même n’a pas offert à sa fille. Mimi est présentée comme un esprit libre, qui n’en a fait qu’à sa tête étant jeune pour son art, qui a toujours mené sa barque comme elle l’entendait sauf que… ce qu’elle fait à sa petite-fille dans ce roman est tout à fait contraire au caractère qui lui est prêté. Y’a comme un hic, pour rester correct, parce que ce qu’elle fait à sa petite fille est tout simplement dégoûtant (version polie à nouveau). Grace ayant l’habitude d’oublier ses désirs au profit de ceux des autres, elle finit par… plier de son plein gré.

Fin heureuse, oui, mais pas de mon point de vue.

Je veux un homme qui de Tamara Balliana

Amazon Publishing France – 303 pages

Présentation de l’éditeur :

Oriane aime Jules, Jules veut l’aider à trouver l’amour.
Oriane, jeune policière sportive et célibataire, ne rencontre que des hommes qui ne l’intéressent pas, ou qui ne sont pas disponibles à l’instar de Jules, le patron du Café de la Place de Cadenel, qu’elle aime secrètement depuis l’adolescence.
De son côté, Jules est plutôt préoccupé par la préparation de sa soirée, qui s’annonce mémorable. Pari réussi… mais pas tout à fait comme il l’imaginait ! Voir tous ses plans partir en fumée, et se retrouver au poste menotté par Oriane ne faisait certainement pas partie du programme. Mais à cette occasion, lui qui n’a toujours accordé qu’une attention distraite à la jeune femme, s’aperçoit qu’il peut compter sur elle.
Petit à petit, leur amitié se développe, et Jules entreprend d’aider Oriane à trouver l’amour au moyen d’une liste : celle des qualités indispensables à l’homme de sa vie. Mais comment faire comprendre à Jules que le seul homme qu’elle veut, c’est lui ?

Merci à Amazon Publishing France et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

J’aime bien lire des romances de temps en temps. Je dois dire que celle-ci n’a pas été désagréable à lire même si, forcément, nous sommes dans une romance.
Des sujets graves sont abordés, comme le fait que le grand-père de l’héroïne, Oriane, soit devenu dépendant, obligé de vivre dans une maison de retraite, et perd peu à peu la mémoire au point de ne pas reconnaître, parfois sa petite-fille unique qu’il a élevé. Sujet sensible, abordé à la fois avec réalisme et sensibilité.
Oriane est donc l’héroïne de ce roman. Elle est policière, premier point qui peut faire fuir les hommes. Elle a un phsyique atypique, c’est à dire qu’elle est grande, sportive, et qu’elle a un nez que certaines se seraient empressés de corriger non grâce au contouring, mais par un chirurgien esthétique. J’ai aimé la manière dont Oriane assume son nez, et aussi le fait qu’elle rappelle que peut-être un de ses enfants en héritera, et qu’alors, il saura de qui il le tient (avec la chirurgie, ce serait fort compliqué). A méditer pour celles et ceux qui passent leur temps à retoucher leur apparence – ou à la modifier parce qu’ils n’assument pas leur ressemblance avec leurs parents, cela arrive aussi.
Autour d’Oriane gravitent ses amies, qui veulent absolument lui permettre de rencontrer quelqu’un. Nous suivons, aussi, leurs propres aventures amoureuses, qui viennent s’entrelacer avec celle d’Oriane. Après tout, il suffirait simplement que Jules, patron du café qu’elle aime depuis qu’elle est adolescente, tombe amoureux d’elle, lui qui ne pense qu’à demander en mariage sa compagne de longue date. Tout ne se passera pas vraiment comme prévu pour lui et pour Oriane, d’abord.
Jusqu’à présent, ma critique semble plutôt positive, alors qu’est-ce qui a coincé ? Le personnage du prêtre. Il a un nom tout droit tiré d’une romance irlandaise. Il est sympathique – tant mieux – et il marie en deux temps trois mouvements les amoureux qui le veulent (nous assisterons à un mariage dans ce roman). Si un tel prêtre existe, présentez le moi ! La préparation du mariage catholique dure à peu près un an, avec forces contraintes pour les futurs mariés. Peut-être les couples qui sont bien connus de leur paroisse, ceux qui allaient à la messe bien avant qu’un séduisant prêtre n’officie, ont droit à une préparation moins longue : je ne sais pas. J’ajoute que, s’il n’est plus nécessaire d’avoir communié pour être marié, les certificats de baptême des futurs mariés sont quasiment obligatoires (je modalise, en cas d’exception que je ne connaîtrai pas). Bref, de ce point de vue, nous sommes bien dans une romance – et moi, toujours anticléricale, cela ne changera pas. Cependant, je suis sûre que les amateurs de romance apprécieront ce roman.

Le lord, le magicien et la malédiction par Lee Welch

édition MxM Bookmark – 380 pages

Présentation de l’éditeur :

La campagne anglaise, un château en ruine et deux hommes que tout oppose… Lord Thornby est pris au piège sur la propriété isolée de son père depuis plus d’un an. Il n’y a ni cellule ni chaînes, mais il est incapable de quitter la demeure familiale. Au fil des jours, sa santé mentale commence à s’effriter. Lorsque le magicien industriel John Blake arrive pour enquêter sur un cas de sorcellerie, il trouve Thornby assez particulier. Arrogant certes, mais aussi inquiétant qu’il est séduisant. Sans s’en rendre compte, John se retrouve entrainé dans un conte de fée des plus sombres, où toutes les règles de la magie – et de l’amour – se trouvent altérées. Pour rendre sa liberté à Thornby, les deux hommes vont devoir affronter des vérités qui changeront leur vie à jamais – et John devra accepter que l’homme courageux et plein d’esprit qui gagne son cœur soit également sur le point de le briser. Peuvent-ils se dépêtrer de cette magie aussi dangereuse que l’amour ?

Merci à Netgalley et à MxM Bookmark pour ce partenariat.

Mon avis :

Après des lectures difficiles, pour ne pas dire douloureuses, j’ai eu envie de me tourner vers un genre plus léger : la fantasy et la romance. J’ai choisi ce livre aussi à cause de la couverture, magnifique – le contenu est à l’image du contenant.

Prenons d’abord les personnages, lord Thornby tout d’abord. Son père ne peut plus le supporter, et pourtant, il est loin d’être insupportable. Oui, il n’aime pas sa belle-mère, qu’il soupçonne d’avoir épousé son père uniquement pour son titre, et il est venu au mariage avec un perroquet. Oui, ces toiles ne plaisent pas à tout le monde, et provoquent même, parfois, un beau scandale. Oui, il ne veut pas se marier, et il a raison : il sait très bien que ce ne serait pas rendre service à la jeune femme qui serait son épouse et dont il ne serait pas vraiment l’époux. Ses goûts le poussent vers les hommes, et il le vit très bien – ce que sa femme vivrait plutôt très mal. De plus, il sait très bien que ce n’est pas pour son bien que son père veut qu’il se marie, mais plutôt pour renflouer les finances de la famille : il a déjà largement dépensé la dot de sa seconde épouse dans des investissements en Ecosse. Son père, qui ne s’est jamais vraiment intéressé à lui depuis la mort de sa mère quand il avait huit ans – si tant est qu’il se soit intéressé à lui avant – lance une malédiction pour empêcher son fils de quitter le domaine. Et cela fonctionne. Plus d’un an plus tard, Soren (le prénom de lord Thornby) ne peut toujours partir. Pire : sa belle-mère lady Dalton ressent elle aussi des manifestations étranges, constate l’absence d’entente entre elle et son mari, et, par le jeu des amitiés, parvient à faire venir John Blake, un jeune magicien très doué, dans le domaine : elle est persuadée que son beau-fils est la cause de tout.

John Blake est un magicien doué, je l’ai dit, et pourtant lui non plus ne comprendra pas de prime abord d’où viennent toutes ses bizarreries. Avec lui et lord Thornby, nous découvrirons ce qui ce cache, et ce que cache réellement le domaine. J’ai aimé la construction de ce récit, dans ce qui est d’abord un huis-clos, même dans le parc qui peut être source de bien des dangers. J’ai aimé aussi que ce titre de fantasy emprunte certaines de ses péripéties au conte, à la mythologie aussi – et je n’avais pas vu venir certains éléments, ce qui est plutôt une bonne chose. Parmi les personnages, j’ai aussi aimé celui de la tante Amélia Dalton, aussi excentrique ou presque que son neveu, qui a mené sa vie comme elle l’entendait, et elle ne manque pas de cran face à l’irascibilité de son frère – alors que d’autres n’osent pas vraiment lui tenir tête. Ah, si, son fils, John Blake aussi : les enjeux ne sont pas les mêmes pour l’un ou pour l’autre, les conséquences non plus. Plus le récit avance, plus l’on se rend compte que lord Dalton est véritablement prêt à tout, en comptant pour rien les souffrances qu’il afflige aux autres. Fantasy, oui, romance, oui, mais avec aussi des scènes relativement douloureuses.

Et la romance, me direz-vous ? Elle se noue entre le lord et le magicien, deux adultes consentants, sachant parfaitement ce qu’ils aiment, et surtout qui ils aiment. Que demander de plus ? En tout cas, j’ai passé un très bon moment de lecture avec ce livre, qui m’a apporté ce que je voulais.

 

Les demoiselles du cap Fréhel par Léna Forestier

Présentation de l’éditeur :

Manoir de Keroual, Bretagne, An II (1794)    Ses lèvres étaient tièdes et soyeuses, au point qu’Anne eut envie d’y mordre doucement. Envie d’être audacieuse, en cette période de troubles qui faisait de demain un horizon incertain. Demain avait de toute façon une saveur d’interdit, tout comme Malo Jakez, cet homme incroyable, ancien corsaire du roi et conteur émérite à qui elle mentait depuis leur rencontre houleuse sur la lande. Car Malo incarnait tout ce qu’elle exécrait et portait le flambeau d’une République qui avait ruiné les siens. Un homme à qui elle ne pourrait jamais se lier, à moins de vouloir en perdre la tête pour crime de chouannerie…

Merci aux éditions Harlequin et à Netgalley pour ce partenariat

Mon avis :

Le confinement mène à tout, y compris à recevoir via Netgalley un service de presse des éditions Harlequin. Et, par conséquent, il m’amène à chroniquer une romance.
Il s’agit ici d’une romance historique, qui parle d’une période historique qui m’a longtemps passionné et qui, si je suis honnête, me passionne toujours même si j’ai moins le temps pour lire des ouvrages à ce sujet : la Révolution française et plus particulièrement la Chouannerie. De plus, l’action se passe en Bretagne qui est, après la Normandie, ma région de France préférée. Bref, le roman réunit des composants qui devraient me plaire.
Alors oui, ce roman m’a plu, et a tranché avec mes lectures habituelles. L’héroïne, Anne, est singulière. Pour l’époque, elle est une « vieille » fille de 27 ans, dévouée à ses frères, à sa soeur de lait, dévouée aussi aux siens au sens large du terme. Le contexte est ce qu’il est, et Anne s’investit beaucoup dans la cause à laquelle elle croit. Ce qu’elle n’avait pas prévu est l’arrivée de Malo. Avant la Révolution, leur amour n’aurait pas été possible, d’ailleurs, elle n’aurait même pas connu son existence, voire même pas fait attention à lui – et son père avait beau être original, il n’aurait pas pu concevoir une telle union. Après la Révolution… ce n’est pas très possible non plus : la noblesse a beau avoir été abolie, Malo est un ancien corsaire et surtout, il a racheté le château de l’oncle d’Anne, tout en venant d’être nommé commissaire politique. Une histoire impossible ?
Je n’ai pas tellement envie d’en dire plus, si ce n’est que le roman montre que l’autrice s’est beaucoup documentée sur cette période historique, sans que jamais l’on ait l’impression de lire un ouvrage didactique – la romance est là, et bien là. Les personnages sont attachants, Anne en tête. Je nommerai aussi Ronan, son jumeau, dévoué pour aider les autres à fuir la violence révolutionnaire, Aesia, fidèle entre toute et sa fille Urielle : j’aimerai bien qu’un volume lui soit consacré. Les rebondissements sont nombreux, et même dans le cadre de la romance, le lecteur peut réellement trembler pour les personnages. Les espions peuvent être partout, et il est difficile de garder un secret.

Les McCabe, tome 1 : Dans le lit du Highlander de Maya Banks

Présentation de l’éditeur :

Mairin Stuart se sait perdue lorsque les hommes de Duncan Cameron envahissent le couvent où elle se cache. Cet ambitieux convoite sa dot et ne reculera devant rien pour la contraindre au mariage. Livrée à sa cruauté, Mairin résiste, puis parvient à fuir en compagnie d’un garçonnet. Or le père de ce dernier, Ewan McCabe, les rattrape et la soupçonne d’avoir enlevé son fils. Mairin ne porte-t-elle pas les couleurs de Cameron, son pire ennemi ? Face à la fureur du colossal Highlander, Mairin fait front de nouveau. Et curieusement, cette fois, elle n’a plus envie de fuir…

Mon avis : 

Je n’avais pas lu de romance historique écossaise depuis longtemps. A vrai dire, j’avais lu le tome 2 en 2014 (oui, j’avais commencé par le 2) et je ne me suis replongée dans le 1 qu’aujourd’hui, parce qu’il m’avait été proposé par Ichmagbücher dans le cadre du challenge Livra’deux pour PAL’addict. J’avais envie d’une lecture assez facile – les romances sont rarement causes de migraine, je me suis donc plongée dans ce livre.

Bingo ! ai-je envie de dire. Oui, le livre est facile à lire, tout s’enchaîne facilement. Un peu trop peut-être. L’Ecosse, ses clans, sa cruauté, bien visible, même chez les femmes. Mairin n’a pas de pitié pour ses ennemis – ils n’en avaient aucune pour elle, il faut bien le reconnaître. Mairin a été élevée dans un couvent, et elle ne sait pas grand chose de la vie d’un couple – mais elle apprend à une vitesse vertigineuse, comme souvent dans ce genre de roman. J’ai trouvé ces scènes pas toujours crédibles – si ce n’est la nuit de noces, très réaliste dans sa brutalité. Mairin multiple les gaffes, mais finalement, cela se passe assez bien pour elle. Certes, elle est victime « d’accident », ce n’est pas elle qui était visée, et le clan se ressoude vite pour la protéger, elle, la femme de leur laird, et leur laird, qui est la véritable victime désignée par toutes ses tentatives de meurtres. Qui est le traitre ? Je n’ai pas cherché, je me doutais bien que l’on trouverait ! Et la manière dont il se démasque est révélatrice de sa confiance en lui et en son véritable maître. Si la dernière partie est à ce sujet très mouvementée, les résolutions de tous les problèmes sont extrêmement rapides, et pas franchement vraisemblables. Les personnages du camp du bien ont tous eu beaucoup de chance, en dépit de la propension de certains de s’énerver très rapidement !

Il est des personnages attachants, néanmoins. Je pense à Crispen, le fils orphelin d’Ewan, ou Gertie, l’intendante des McCabe qui ne manque pas d’énergie.

Bref, une lecture qui fut plaisante à lire, mais pas inoubliable. Ah, si, tout de même : les marmites peuvent être très utiles, et pas seulement pour la cuisine.

 

L’amour est dans le chai par Tamara Balliana

Présentation de l’éditeur :

Léonie, aspirante actrice dont la carrière n’a jamais réellement décollé, est de retour dans son village natal de Cadenel. Désabusée, elle n’a d’autre choix que de remplacer sa sœur Laetitia, en congé maternité, au domaine viticole où celle-ci travaille. Mais dès son retour, elle tombe nez à nez avec Enzo, son voisin d’enfance qu’elle a toujours détesté. Comme un fait exprès, alors qu’elle pensait qu’il avait lui aussi quitté la région, leurs chemins ne cessent de se croiser. Heureusement, Léonie peut compter sur le soutien de ses nouvelles amies du clan des célibataires malgré elles pour lui redonner le sourire.

Alors que Léonie trouve peu à peu ses marques dans cette nouvelle vie, il ne reste qu’une seule ombre au tableau : Enzo. Comment faire pour s’en débarrasser ? Ou alors une trêve est-elle possible entre eux ?

Mon avis :

Troisième romance que je lis en peu de temps, et pour ceux qui me connaissent, vous savez que ce n’est pas vraiment mon genre.

Il est vrai que j’ai moins apprécié ce livre que les deux autres romances lues cette semaine – ou que les autres romans de cette auteure. Pourquoi ? J’ai trouvé cette romance très classique. Nous avons d’un côté une jeune femme, qui a quitté la province pour tenter une carrière de comédienne à Paris, et elle n’a pas véritablement réussi. Si elle revient dans son village natal, c’est pour remplacer sa soeur Laetitia, sur le point de partir en congé maternité. La solidarité familiale, c’est bien – techniquement, Léonie n’est pourtant pas la personne qui maîtrise le mieux le sujet. Zas ! Elle retrouve son pire ennemi, Enzo, son quasi-jumeau – à la suite d’un accident, les deux enfants, désormais grands, sont nés le même jour. Enzo lui a pourri la vie depuis tout ce temps, et tous les deux ont bien l’intention de continuer à se chamailler. J’ai eu l’impression en découvrant leurs aventures qu’ils n’avaient pas vraiment grandi, et que j’avais en face de moi deux collégiens – et encore, il en est de plus matures. Leurs mésaventures, l’énergie qu’ils mettent à s’envoyer des piques, à se déranger l’un l’autre ne m’ont pas vraiment passionné, et je me demandais seulement quand ils allaient enfin évoluer. Oui, cela arrive, heureusement, mais le développement de l’intrigue reste très classique, comme tous les autres événements qui surviennent, d’ailleurs. Trop classiques à mes yeux, d’ailleurs, à l’image de se retour au village natal.

L’amour est dans le chai est un roman qui ne fut pas désagréable à lire, mais il ne contient pas ce petit plus qui m’a fait aimer Quand l’amour s’en mail.

 

 

La gourmandise n’est pas un vilain défaut par A.L Morgann

Résumé

Un Noël Chat-leureux par Mary Ann P. Mikael