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L’amour est dans le chai par Tamara Balliana

Présentation de l’éditeur :

Léonie, aspirante actrice dont la carrière n’a jamais réellement décollé, est de retour dans son village natal de Cadenel. Désabusée, elle n’a d’autre choix que de remplacer sa sœur Laetitia, en congé maternité, au domaine viticole où celle-ci travaille. Mais dès son retour, elle tombe nez à nez avec Enzo, son voisin d’enfance qu’elle a toujours détesté. Comme un fait exprès, alors qu’elle pensait qu’il avait lui aussi quitté la région, leurs chemins ne cessent de se croiser. Heureusement, Léonie peut compter sur le soutien de ses nouvelles amies du clan des célibataires malgré elles pour lui redonner le sourire.

Alors que Léonie trouve peu à peu ses marques dans cette nouvelle vie, il ne reste qu’une seule ombre au tableau : Enzo. Comment faire pour s’en débarrasser ? Ou alors une trêve est-elle possible entre eux ?

Mon avis :

Troisième romance que je lis en peu de temps, et pour ceux qui me connaissent, vous savez que ce n’est pas vraiment mon genre.

Il est vrai que j’ai moins apprécié ce livre que les deux autres romances lues cette semaine – ou que les autres romans de cette auteure. Pourquoi ? J’ai trouvé cette romance très classique. Nous avons d’un côté une jeune femme, qui a quitté la province pour tenter une carrière de comédienne à Paris, et elle n’a pas véritablement réussi. Si elle revient dans son village natal, c’est pour remplacer sa soeur Laetitia, sur le point de partir en congé maternité. La solidarité familiale, c’est bien – techniquement, Léonie n’est pourtant pas la personne qui maîtrise le mieux le sujet. Zas ! Elle retrouve son pire ennemi, Enzo, son quasi-jumeau – à la suite d’un accident, les deux enfants, désormais grands, sont nés le même jour. Enzo lui a pourri la vie depuis tout ce temps, et tous les deux ont bien l’intention de continuer à se chamailler. J’ai eu l’impression en découvrant leurs aventures qu’ils n’avaient pas vraiment grandi, et que j’avais en face de moi deux collégiens – et encore, il en est de plus matures. Leurs mésaventures, l’énergie qu’ils mettent à s’envoyer des piques, à se déranger l’un l’autre ne m’ont pas vraiment passionné, et je me demandais seulement quand ils allaient enfin évoluer. Oui, cela arrive, heureusement, mais le développement de l’intrigue reste très classique, comme tous les autres événements qui surviennent, d’ailleurs. Trop classiques à mes yeux, d’ailleurs, à l’image de se retour au village natal.

L’amour est dans le chai est un roman qui ne fut pas désagréable à lire, mais il ne contient pas ce petit plus qui m’a fait aimer Quand l’amour s’en mail.

 

 

La gourmandise n’est pas un vilain défaut par A.L Morgann

Résumé

Un Noël Chat-leureux par Mary Ann P. Mikael

Les Fjords de Santorin de Nick Alexander

Présentation de l’éditeur :

Pour Becky, son père n’est pas seulement absent : il est un mystère, un trou béant dans son passé… et un sujet tabou avec sa mère, Laura. Quand cette dernière décide sur un coup de tête de s’envoler pour la Grèce, Becky choisit de l’accompagner, bien décidée à se rapprocher d’elle – et de la vérité. Pendant leur voyage vers la magnifique île de Santorin, il devient vite évident que le choix de destination n’est pas aussi anodin que le pensait Becky. Laura lui cache quelque chose depuis toujours, et elle est déjà venue ici. Mais le souvenir de ce premier voyage est teinté de douleur et de secrets enfouis depuis vingt-cinq ans. Alors que la vérité éclate au grand jour, mère et fille pourront-elles enfin enterrer les fantômes de leur passé et trouver le bonheur auquel elles aspirent ?

Merci à Amazon publishing et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Oui, le titre peut surprendre, parce que, jusqu’à preuve géographique du contraire, il n’y a pas de fjords à Santorin, on en trouve plutôt en Norvège – ou alors, il faut vraiment que je révise ma géographie. C’est une romance, et après lecture, c’est une certitude : la romance n’est vraiment pas mon genre littéraire de prédilection, on ne m’y reprendra plus.

Dans ce roman, nous avons une alternance entre deux points de vue, deux temporalités, celui de Becky, la fille, dans le présent, et celui de Laura, la mère, vingt cinq ans plus tôt. Deux temporalités, et deux lieux aussi, entre le Royaume-Uni et la Grèce. Je pourrai dire aussi la Norvège, mais c’est vraiment très bref, les seules vacances partagées entre la mère et la fille, toutes deux donnant l’impression de ne pas avoir eu des enfances très rigolotes – très rigide convient mieux pour qualifier celle de Laura.

S’il est une chose qui lit Laura et Becky, c’est un secret de famille autour du père de Becky, un secret, ou plutôt une volonté de ne pas communiquer. La vie de Laura semble presque arrêtée depuis vingt-cinq ans, comme si elle n’avait pas pu construire une vie personnelle et professionnelle – et il est très fréquent de voir des récits semblables dans les romances : un événement majeur, puis plus rien, comme une hibernation, jusqu’au moment du récit. Certes, ce roman nous rappelle ce qu’était la vie voici vingt-cinq ans, mais Laura est quasiment de ma génération, et je suis étonnée qu’il ne soit pas question du SIDA, curieusement absent. Il est question aussi des rave party et de la banalisation de la drogue : je m’insurge toujours contre les personnes qui pensent que l’on ne peut s’amuser, profiter d’une fête qu’en prenant des substances illicites. C’est triste, c’est dommage, c’est réducteur. J’ai trouvé nettement plus intéressant le regard rétrospectif que Laura pose sur la question de consentement, question que l’on ne se posait pas pleinement à l’époque, et qui me semble seulement commencé à émerger de nos jours. Laura vit sa première véritable histoire d’amour, et n’a pas vraiment, elle qui a reçu une éducation religieuse très stricte, de modèle en ce qui concerne une relation normale. Ignorante, oui, mais elle perd très vite sa naïveté, même si elle ne sait pas dire « non », ou alors trop tard. Elle est une proie facile pour certains hommes – j’ai presque envie de dire « certains prédateurs ».

Vous allez me dire : « il n’est pas si mal, ce roman. » Oui, surtout qu’il n’oublie pas, en situant l’action en Grèce, la crise que traverse le pays actuellement. J’ai aimé aussi l’apologie de la vraie gentillesse, à la fin du livre, qui n’a rien à voir avec le fait de tout accepter, toujours – il est d’ailleurs intéressant que ce soit un personnage masculin qui illustre cette notion. Non, ce qui m’a le plus dérangé, au fur et à mesure du déroulement de l’intrigue, ce sont les trop nombreuses coïncidences, tout ce qui aurait pu se passer différemment si le hasard ne s’en était pas (mal ou bien) mêlé. Mais peut-être les vrais amateurs du genre apprécieront ?

 

Le bruit des pages de Livia Meinzolt

Présentation de l’éditeur

Éva hérite d’une librairie dans le quartier de la Butte aux Cailles. Les exigences du vieux propriétaire avec lequel elle s’était liée d’amitié ? Que la librairie ne soit jamais vendue et qu’Éva y conserve un tableau représentant une jeune femme, penchée sur un carnet, aux pieds d’un acacia majestueux. Bientôt, elle se prend à imaginer la vie de la femme du tableau, Apollinariya Ivanovna Lubiova, une jeune aristocrate russe, vibrante de rêves et d’idéaux au coeur de l’été 1916. Mais tandis que les mois passent, fiction et réalité semblent se confondre… Et si la librairie renfermait des mystères insoupçonnés ? Le voyage d’Éva à Saint-Pétersbourg pourrait-il l’aider à comprendre le lien étrange qui l’unit à Apollinariya ?

Mon avis :

Tout d’abord, je tiens à remercier le forum Partage-Lecture et les éditions Charleston pour ce partenariat.

J’avais très envie de découvrir ce roman, parce qu’il parlait de Paris, de livre, et aussi de Russie, pays qui est tout proche de celui dont ma famille paternelle est originaire. Ce que j’ai aimé ? Tout d’abord, j’ai apprécié la construction du roman. Nous suivons, dans le présent, Eva, une jeune femme qui vient de terminer sa licence, son installation dans la librairie, sa prise de possession des différents livres qui l’entourent. Elle aime son quartier parisien, elle déambule au parc Montsouris, ce qui m’a donné envie de le découvrir à son tour. Surtout, elle se lance dans l’écriture d’un roman, elle franchit enfin le pas, elle qui veut en savoir plus sur les origines de la librairie. En effet, si Ernest la lui a léguée, c’est pour respecter les volontés du précédent propriétaire, qui voulait que la librairie soit léguée ou donnée à un(e) passionné(e), qu’une oeuvre de Tchernychevski reste en vitrine sans jamais être vendue, et que le tableau La jeune fille sous l’accacia soit toujours exposé. Autant d’indices, de pistes pour recréer le passé. C’est de la jeune femme qui est sur le tableau dont Eva se met à écrire le journal fictif, le lecteur assiste ainsi, en direct si j’ose dire, à une création artistique. A ses affres, aussi : Eva se questionne sur la manière dont elle a décidé d’écrire, et sur l’orientation qu’elle donne à l’intrigue qui se noue entre les personnages fictifs. Celle-ci occupe une place grandissante dans sa vie. Je n’oserai pas dire qu’elle l’obsède, qu’elle devient presque plus réelle que sa vie même, mais presque. Alors oui, j’ai été emportée moi-même par ce récit de cette Russie qui était au bord de la révolution, de ces aristocrates, riches bourgeois cultivés, éduqués, de cet amour qui force Polina à sortir de sa cage dorée au contact de Sacha. La Russie contemporaine a aussi sa place, grâce au personnage de Vitya, surgi du passé d’Eva, et de son ami Dimitri qui, comme Eva, connaît les affres de la création artistique (il est peintre) et d’une vie sentimentale dénuée de sentiments. En effet, au cours des différentes parties du roman, le point de vue se déplace, passant d’Eva à Dimitri, pour la partie contemporaine, pour revenir à Sacha ou Polina, un siècle plus tôt. Déplacement géographique aussi, entre France et Russie, entre questionnement, aussi, sur ce que l’on veut dire quand on écrit un livre. Au cours des échanges d’Eva avec son amie au sujet de son écriture, je me suis demandée si l’autrice, qui a quasiment le même âge que sa narratrice/autrice s’était elle aussi posée de telles questions. J’ai apprécié aussi les références, qu’elles soient littéraires (ce qui est assez logique quand l’héroïne se destine à l’écriture) ou musicale (Polina et Eva sont violoncellistes).

Vous me direz alors, que n’ai-je pas aimé dans ce roman ? J’ai eu un peu de mal avec le style utilisé dans la partie contemporaine du roman, que ce soit avec les répétitions (l’utilisation du pronom démonstratif « ça ») ou l’oralité marquée de certaines phrases (les négations incomplètes). Que ce bémol ne vous empêche pas de découvrir ce roman.
Kentigern

Sign of love, tome 4 : lion d’Anna Wyle

Présentation de l’éditeur :

Le jour de ses 20 ans, Anna Wyle, apprentie photographe et parisienne depuis dix ans, est sous le choc : elle vient d’apprendre que son père, Jim, et sa mère, Grace disparue depuis, ne sont pas ses parents biologique ! L’homme de sa vie sera celui avec qui elle s’accordera d’un point de vue astral, elle devra le trouver.
Sauf qu’Anna ne connaît pas sa date de naissance !
Un nouveau tome à San Francisco. « La suite des aventures d’Anna sous le signe du… Lion !»

Mon avis :

Je commence la saga en cours de route, avec ce tome 4 qui me permet de rencontrer Anna Wyle, qui a la chance de partir en reportage à San Francisco pour interviewer un géant du net. Oui, je dis bien « la chance » parce qu’elle a pris du galon par rapport à ses premières aventures mouvementées.
En effet, Anna a découvert qu’elle était adoptée, que son père a eu un fils biologique particulièrement brillant (Anna dit de lui, non sans humour, qu’il est « beau comme un dieu, mais con comme une valise sans poignée ») et que sa véritable date de naissance est inconnue. Du coup, il lui est impossible de dresser son vrai thème astral; ce qui n’est pas pratique quand on croit à l’importance des astres dans sa vie amoureuse.
Et aujourd’hui, c’est un homme natif du signe du lion qu’elle rencontre, un homme qui a réussi, qui est riche, qui peut satisfaire tous ses désirs. Cela ressemble presque à un conte de fées, et l’on sait ce que certains auteurs en ont fait (suivez cinquante fois mon regard, d’ailleurs Anna elle-même fait allusion au livre !) mais ce n’est heureusement pas le cas ici, Anna n’a pas du tout l’intention de céder aux désirs qui ne lui conviendraient pas ou d’oublier qui elle est parce qu’elle est amoureuse. Parce que oui, elle est amoureuse mais elle est aussi raisonnable, même si ce n’est pas la chose la plus facile. Ne comprends-elle pas qu’elle est aimée avant tout parce qu’elle est Zodiac girl, non pour qui elle est réellement.
Alors, qu’adviendra-t-il dans la suite de ses aventures ? Un « signe » pourrait-il revenir ?
Merci à French pulp édition et à Netgalley pour ce partenariat.

La librairie des rêves suspendus d’Emily Blaine

 

Présentation de l’éditeur :

Sarah, libraire dans un petit village de Charente, peine à joindre les deux bouts. Entre la plomberie capricieuse de l’immeuble, les murs décrépis et son incapacité notoire à résister à l’envie d’acheter tous les livres d’occasion qui lui tombent sous la main, ses finances sont au plus mal. Alors, quand un ami lui propose un arrangement pour le moins surprenant mais très rémunérateur, elle hésite à peine avant d’accepter. C’est entendu  : elle hébergera Maxime Maréchal, acteur aussi célèbre pour ses rôles de  bad boy  que pour ses incartades avec la justice, afin qu’il effectue en toute discrétion ses travaux d’intérêt général dans la librairie. Si l’acteur peut survivre à un exil en province et des missions de bricolage, elle devrait être capable d’accueillir un être vivant dans son monde d’encre et de papier…  Une rencontre émouvante entre deux êtres que tout oppose mais unis par un même désir  : celui de vivre leurs rêves.

Merci à Netgalley et aux éditions Harlequins pour ce partenariat.

Mon avis :

J’ai découvert ce livre en avant-première grâce au challenge Netgalley. Avantage de ce challenge (et vous savez à quel point j’adore les challenges) : découvrir des romans vers lesquels l’on n’irait pas forcément. Ainsi, je n’avais jamais lu de romans d’Emily Blaine, et la romance n’est pas vraiment mon genre de prédilection.
Comme souvent, cette intrigue confronte deux personnages que tout oppose. D’un côté, nous avons Maxime, acteur qui a le vent en poupe. Il ne cultive pas seulement une image de bad boy, il en est un, et a été condamné, après une dernière bagarre, à des travaux d’intérêts généraux. De l’autre côté, nous avons Sarah, libraire, gérant un club de lecture, et incorrigible romantique. Ce qui les rapproche ? Un ami commun, qui se dit que la condamnation de l’un est l’occasion de donner un coup de main à l’autre – la discrétion de Sarah étant une valeur ajoutée.
Oui, l’on se doute qu’au cours de ses deux mois, ils vont se rapprocher. Reste à savoir comment et pourquoi. Déjà, le roman nous plonge dans la vie quotidienne d’une libraire qui peine à vivre de son « art » : le monde du livre est en crise, les petites librairies ont tendance à disparaître, malgré toute la bonne volonté des passionnés de livres que sont les libraires. Lire, c’est partager, partager les histoires que d’autres ont écrites, partager le plaisir de lire et d’écrire avec d’autres. Offrir un livre, c’est parler autant à la personne à qui on l’offre que de soi – en l’offrant.
Autre point fort de ce livre : des personnages secondaires qui tiennent la route, qu’ils soient masculins ou féminins. Ils ne sont pas lisses, ils sont nettement caractérisés – mention spéciale pour Mathilde, Anita et Elise. D’ailleurs, les personnages principaux ne sont pas non plus manichéens : on ne naît pas violent, ce sont les événements qui vous rendent ainsi.
En bref, un roman qui ne manque pas d’intérêt.