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La saison des roses de Victoria Connelly

Présentation de l’éditeur : 

À tout juste trente ans, Céleste Hamilton voit son destin tout tracé changer radicalement quand son mariage malheureux prend fin au moment même où meurt sa mère, avec laquelle elle entretenait de très mauvaises relations. Cette dernière laisse en héritage à ses filles la roseraie familiale au bord de la faillite. À contrecœur, Céleste retourne vivre dans le manoir de son enfance pour aider ses deux sœurs à restaurer la propriété et remettre sur pied l’entreprise familiale. Rejetée dans son enfance par sa mère narcissique, Céleste est rongée par le manque de confiance en elle. Mais pour éviter de perdre le manoir familial, elle devra trouver le courage d’affronter l’avenir et de prendre des décisions difficiles. La Saison des roses est un roman inspirant et sensible sur le courage, la persévérance et le pouvoir rédempteur de la famille.

Merci à Netgalley et à Amazon crossing pour ce partenariat.

Mon avis : 

Ce roman aurait pu s’appeler  Trois soeurs, puisque ce livre nous raconte l’histoire de trois soeur, Celeste, Gertie et Evy. Trois soeurs, mais trois soeurs séparées puisque l’aînée a quitté le domaine familiale depuis trois ans et ne revient que parce que leur mère est décédée : les deux cadettes ont besoin de son aide. De son soutien moral aussi, même si elles ne comprennent pas pourquoi elle n’est pas revenue plus tôt.
De l’échec du mariage de Celeste, on saura peu de choses, si ce n’est que c’est une histoire tristement banale de personnes qui se sont mariés pour de mauvaises raisons et se rendent compte après coup. Ses soeurs n’ont pas non plus des vies sentimentales d’une extrême richesse, nous le découvrirons au fil de la lecture, nous le découvrirons avant même Celeste.
En effet, ce qui domine, ce sont les non-dits. Oui, les trois soeurs se parlent, mais elles se disent rarement ce qu’elles sont sur le coeur. Elles échangent, oui, au sujet des roses, du manoir, de la manière de se tirer d’affaires, et c’est tout. Les sujets intimes, les sujets qui leur tiennent vraiment à coeur, elles trouvent toujours les moyens de les éviter – une stratégie de la fuite.
Pourquoi ? La responsable n’est plus là : Penelope, leur mère, qui a dévié totalement leur rapport à la parole en ne jouant pas son rôle de mère. Egocentrée, elle n’a jamais cherché à donner confiance à ses filles, elle n’a cherché qu’à les rabaisser afin de paraître la meilleure en tout point. Elle a enfermé ses filles dans un cercle vicieux, dans lequel, quoi que ses filles fassent, elles avaient tort. Paraître, oui, la seule chose qui intéressait Penelope. Quant à son mari, il ne parvient, finalement, à vivre qu’en ne combattant pas, ni sa première femme, ni la seconde, Simone.Lui tenir tête : une des étapes vers la libération.
Dit ainsi, on pourrait croire que ce roman est assez sombre. Il n’en est rien. Il parle aussi d’une passion familial pour les roses, passion qui a rendu heureux les grands-parents des soeurs Hamilton, et qui a éloignée leur mère, passion qu’elles partagent toutes les trois.Il s’agit également du sens que l’on veut donner à sa vie – il n’est jamais trop tard pour envisager un changement.

Fairfiled, Ohio de Mia Topic

Mon résumé :

Jamie élève seul son petit frère Damian depuis la mort accidentelle de leurs parents. Un jour, il rencontre Logan, un avocat séduisant et séducteur. une histoire d’amour entre eux est-elle possible ?

Mon ressenti :

Ce livre existe aussi, réédité, dans la collection « Romance » de Milady. J’ai préféré la couverture de la toute première édition, celle que je possède, pour une raison toute simple : elle ne met pas la romance entre Jamie et Logan en avant, mais le lien qui unit Jamie à Damian, son petit frère.
Jamie s’est retrouvé orphelin jeune, mais pas suffisamment pour être pris en charge par les services sociaux. Il était suffisamment âgé aussi, paradoxalement, pour devenir le tuteur de son jeune frère – ou choisir de renoncer à ce droit et de confier l’enfant à « une vraie famille » qui lui ferait oublier la première qu’il aura à peine eu le temps de connaître. Jamie a choisi la première solution, même si elle signifie renoncer à ses rêves, renoncer à la possibilité d’une vie sentimentale – Jamie n’a aucune confiance en lui.
Ce sont ces deux personnages qui font l’intérêt de ce livre.Logan, l’amoureux de Jamie, est plus lisse, plus banal. Il est homosexuel, il l’assume, il enchaîne les bonnes fortunes. Il s’entend bien avec son frère. Il est plus ou moins rejeté par son père ce qui ne les empêche pas de travailler ensemble. Bref, le prince charmant d’une version gay de Cendrillon – j’exagère à peine.
Il rencontre cependant des difficultés, entre le manque chronique de confiance en lui de Jamie et le fait qu’il ne fera jamais passer cette relation avant son petit frère et son bien être. Ce n’est pas tant que ce n’est pas facile, c’est surtout que cela peut engendrer des situations très drôles.
Fairfield Ohio est une romance, oui, mais une romance qui raconte la vie quotidienne d’un ado puis d’un jeune adulte ordinaire confronté au harcèlement, à l’exclusion et qui parvient malgré tout à (re)construire sa vie.

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J’ai lu ce livre dans le cadre du challenge Livra’deux pour Pal’addict. C’est Ichmagbücher qui a choisi les trois livres pour ce challenge, parmi lesquels j’ai choisi Fairfield, Ohio. Les deux autres titres étaient  La ferme des Neshov d’Anne B. Ragde et Le jardin arc-en-ciel de Ito Ogawa. D’ici fin janvier, date de la fin du challenge, j’aurai peut-être le temps de lire un autre titre.

Harper & Hicks, tome 1 de Cyriane Delanghe

Merci au forum Livraddict et aux éditions Voy’El pour ce partenariat.

Présentation de l’éditeur :
David Harper, lieutenant à la brigade criminelle de la police de Pennsylvanie, poursuit sans relâche les malfaiteurs et les meurtriers. Il adore son job. Pour lui, les règles sont les règles et jeter les assassins en prison obéit à son sens de la justice. Quand un tueur mystérieux sème la terreur à Philadelphie en reproduisant sur ses victimes d’antiques rites funéraires, il n’a d’autre choix que de se tourner vers la victime survivante d’une agression identique. Depuis trois ans, Morgan Hicks est interné en hôpital psychiatrique pour avoir voulu agresser l’un de ses étudiants qu’il soupçonne d’avoir momifié sa petite amie. Pour les besoins de son enquête, Harper obtient de ses supérieurs qu’il soit provisoirement relâché. S’engageant dans une véritable course contre la montre, les deux hommes se lancent à la poursuite du serial killer, lequel semble bien décidé à semer la Mort sur la ville pour s’ouvrir ainsi les portes de l’au-delà… à moins qu’il ne s’agisse d’assouvir une terrible vengeance.

Mon avis :

J’ai sollicité ce partenariat pour plusieurs raisons :
– j’aime les romans policiers, spécialement quand ils se déroulent aux Etats-Unis.
– les histoires de tueurs en série sont très fréquentes, et je me demandais ce que ce récit pouvait apporter à ce genre.
– j’ai déjà lu quelques romances M/M mais je n’en avais jamais chroniqué, à la différence des yaoi. C’était l’occasion de sauter le pas.
Je le dirai d’entrée de jeu : je n’ai pas totalement apprécié ce livre. La faute sans doute à une scène choc, qui a lieu au tiers du livre. J’ai trouvé qu’elle banalisait un acte qui n’avait pas à l’être, qu’elle soulève (pour le lecteur mais aussi pour les personnages) de nombreuses questions. Pour moi, elle aurait pu être évitée, il aurait été possible de construire le récit autrement. Voilà, c’est dit (et je suis prête à recevoir toutes les foudres sur moi, j’assume).
C’est quasiment sur un Cold case qu’enquête Harper – n’étaient les crimes récents, qui réactivent le dossier. Cabossé par son expérience de soldat (il y a très souvent d’anciens soldats dans les romans situés aux USA), il sollicite l’aide d’une victime de la première vague, Hicks, victime, qui, curieusement, se trouve interné alors qu’aucune enquête ne semble réellement avoir été poursuivi pour trouver le coupable et que la visée de cet internement reste floue – en tout cas, il ne s’agit ni de protection, ni de guérison, sauf peut-être aux yeux de la maman d’Hicks, très protectrice, très castratrice même. Ne parlons pas de dialogue avec son fils, surdoué de l’ethnologie, il n’y en a pas, au contraire de sa fille, digne héritière de sa mondaine génitrice.
Les deux personnages principaux se répartissent équitablement la narration du roman. Des brefs retours en arrière permettent d’en savoir plus sur le passé (et les blessures) d’Harper. Les personnages secondaires sont véritablement secondaires, y compris les victimes qui ne sont nettement caractérisés non par leur identité, leurs caractères mais par la façon dont leur cadavre est mis en scène – réification suprême. Je ne peux nier la ténacité des enquêteurs, seulement je trouve que l’enquête, finalement, tourne un peu court. On pourra apprécier les deux coups de théâtre qui ponctuent le récit, on pourra aussi préférer que les motivations du tueur qui fait courir les enquêteurs soient davantage fouillées.
Ce premier tome des aventures d’Harper et Hicks (je pense qu’une suite est prévue) ne m’a pas complètement convaincue. J’attends maintenant les avis des amateurs de ce genre de roman.

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Au-delà des mots de Maya Banks

couv16965443Présentation de l’éditeur :

Eveline Armstrong est férocement aimée et protégée par son clan, bien qu’à l’extérieur de celui-ci, on la considère un peu « dérangée ». Car malgré sa beauté, elle ne parle pas. Personne, pas même sa famille, ne sait qu’elle ne peut rien entendre. Satisfaite de sa vie de recluse, Eveline a appris à lire sur les lèvres tandis que le monde la prend pour une idiote. Mais quand un mariage arrangé avec un clan rival fait de Graeme Montgomery son époux, Eveline accepte son devoir. Graeme est un rude guerrier avec une voix si grave et puissante que sa nouvelle épouse est capable de la percevoir, et des mains et baisers si tendres qu’il éveille en elle une passion intense.

challenge3Circonstance de lecture :

Ce livre m’a été proposé par Melymelo dans le cadre du challenge Livr’adeux pour pal’addict. Comme pour la dernière session, j’ai choisi la romance écossaise parmi les livres tirés de ma PAL. Je ne dis pas que je ne lirai pas les deux autres livres qu’elle m’a choisis, puisque, pour l’un d’entre eux, c’est déjà la troisième fois qu’il est sélectionné.

Mon avis :

Ce livre est une romance, certes, il est pourtant réducteur de penser qu’il n’est qu’une histoire d’amour entre un fier highlander et une jeune lady.

Tout ne commence d’ailleurs pas par une histoire d’amour, mais par un mariage arrangé par le roi d’Ecosse en personne, qui en a plus qu’assez de voir deux clans rivaux se disputer. Quitte à se battre, battez-vous pour votre roi ! Rien de mieux qu’un mariage pour les réunir. Deux fils et une fille d’un côté, trois fils et une fille de l’autre, tout semble donc facile, si ce n’est que Rorie Montgomery est un peu jeune pour être mariée (certains ne s’y seraient pourtant pas arrêté là, à une époque où l’on mariait les filles dès l’âge de 13 ans) et qu’Evelyne Armstrong est un tout petit peu différente. C’est à dire ??? C’est à dire qu’elle a gardé des séquelles d’une chute de cheval survenue trois ans plus tôt, alors qu’elle était sur le point de s’unir avec le fils d’un autre laird, Ian McHugh. Celui-ci en a profité pour rompre les fiançailles. Graeme Montgomery, lui, ne peut se le permettre : on ne désobéit pas à son roi, à moins de vouloir la guerre, même si cela signifie ne pas avoir d’héritier. En effet, Graeme ne veut pas s’imposer à une jeune fille qui ne comprendrait pas ce qui lui arrive – et l’histoire, la grande et la petite, est pleine d’hommes qui n’ont pas eu la même délicatesse.

Très vite, pourtant, Graeme découvre qu’Evelyne n’est pas attardée, elle est juste sourde, ce qui, aux yeux de Graeme, n’est pas si grave que cela. Muette aussi, simplement parce que la jeune fille ne s’entendant plus parler, elle craint de ne plus y parvenir, encore moins de parvenir à doser sa voix. Pourquoi n’a-t-elle pas tout révélé à sa famille, qui tient à elle ? Elle avait de bonnes raisons pour agir ainsi, et le cours du récit montrera assez qu’elle n’avait pas tort de se protéger – puis, personne n’a émis l’hypothèse, dans le clan Armstrong, qu’elle pouvait simplement être sourde.

« Simplement » – mais ce n’est pas si simple que cela. En France, il faut attendre l’abbé de l’Epée, qui mourut en 1789 (et ne reçut d’aide du roi Louis XVI que l’année de sa mort) pour qu’on se préoccupe de véritablement communiquer avec les sourds, de les rééduquer. Et si j’en crois le livre de Véronique Poulain, Les mots qu’on ne me dit pas, hors de Paris, point de salut pour les sourds qui souhaitaient poursuivre des études avant 1981 (et encore, très peu de voies professionnelles leur étaient ouverte. Alors, dans les Highlands, alors que la plupart des guerriers ne savent ni lire ni écrire…. Evelyne n’étant pas sourde de naissance (et n’étant pas sourde profonde non plus, elle perçoit encore certains sons) est parvenue à apprendre à lire sur les lèvres. Il sera presque aussi difficile pour elle de se faire accepter par son nouveau clan, qui n’a aucune, mais alors aucune envie d’accepter la fille de l’ennemi parmi eux.

Tout au long du récit, Graeme définit et redéfinit ce que constitue la loyauté envers le clan, n’hésitant pas à prendre des mesures extrêmes (avec l’approbation de ses frères et des anciens) pour faire respecter ce qu’il estime juste – et ce que tous devraient estimer être juste, d’ailleurs. Ce premier volume de la nouvelle trilogie de Maya Banks apporte son lot de péripétie, de rebondissement, de trahison, qui devrait ravir les amateurs du genre tout en abordant d’autres sujets plus dérangeants.

Challenge Ecosse 02

La séduction du Highlander de Maya Blanks

couv69810527Merci à Syl qui m’a prêté ce livre il y a très très longtemps.

Présentation de l’éditeur :

Bannie de son clan, Keeley McDonald vit dans une chaumière isolée où l’on vient de loin la consulter pour ses talents de guérisseuse. Lorsqu’un guerrier à l’agonie tombe de cheval devant sa porte, elle le recueille et le soigne. Mais les frères d’Alaric McCabe ne tardent pas à venir récupérer le blessé et emmènent la jeune femme pour qu’elle continue de veiller sur lui. Déja troublée par la virilité du Highlander, Keeley découvre un homme d’une sensualité exigente, qui l’initie aux secrets interdits de l’amour. Elle sait pourtant que, une fois rétabli, il devra en épouser une autre…

Challenge Ecosse 02

Mon avis :

Etre un fier Highlander, ce n’est vraiment, mais alors vraiment pas de tout repos. Prenez ce pauvre Alaric. Il chevauchait tranquillement avec ses compagnons, quand bim ! des ennemis lui tombent sur le dos, et tuent presque tout le monde. Alaric parvient à avoir la vie sauve, mais dans quel état ! Heureusement, il a beaucoup de chance car il tombe sur une nouvelle personne, non une farouche guerrière (du latin ferox, ferocis) mais sur une guérisseuse, Keeley, qui n’a pas eu la vie facile. D’ailleurs, dans « guérisseuse », il n’y a pas que le mot « guérir », on entend aussi le mot « guerre », et c’est une véritable guerre contre la mort que devra mener Keeley. Et celle-ci ne fait que commencer.

Soyons juste : Keeley reçoit de l’aide. Enfin, cela dépend de quel point de vue on considère la situation, parce qu’elle ne prend pas vraiment bien les choses. Ewan, grand frère protecteur d’Alaric, n’a strictement rien contre elle, après tout : il veut juste s’assurer qu’elle s’occupera de son frère, de sa propre épouse Mairin sur le point d’accoucher et de tout autre nouveau problème de santé qui pourrait surgir. Les femmes sont vraiment difficiles en générale, et les écossaises en particulier. Certes, Keeley n’était pas d’accord pour le suivre, mais elle ne laisse pas grand chose derrière elle (et personne, en fait), et se retrouvera gracieusement nourrie, logée chez le fier Highlander et ses frères.

On ne s’ennuie pas en lisant leurs aventures. Les menaces sont bien réelles, on ne se fait pas de cadeaux entre clans rivaux, et les alliances sont fragiles – il suffit de si peu de choses pour les nouer ou les dénouer, comme un stupide petit frère qui tombe amoureux de la femme qui s’obstine à lui sauver la vie. Ce n’est vraiment pas son rôle ! Que font les fiers guerriers qui l’entourent ? Trop occupés à faire de la luge avec leur bouclier ? Ou bien ils n’ont d’yeux que pour leur dulcinée et ne font pas attention aux autres ? Non, ce n’est pas leur rendre justice, ils sont vraiment toujours sur le qui-vive. Quand l’ennemi ne respecte pas les règles les plus élémentaires de savoir-vivre guerrier, cela complique quand même fortement les choses !

La séduction du Highlander est une romance historique agréable, qui fera passer un bon moment de lecture.

Satin et Silver-Luke

Le retour des Highlanders de Margaret Mallory

couv9191600Présentation de l’éditeur :

Après cinq ans passés à se battre sur le continent, Ian MacDonald revient sur son île natale de Skye, où il trouve son clan en péril. Bien décidé à réparer ses erreurs de jeunesse, il doit déjouer les manigances d’un adversaire sans scrupules, et faire face à Sìleas, l’épouse qu’il a délaissée pour partir au combat. Une surprise attend Ian : la gamine maigrichonne qui le suivait partout comme son ombre et qu’il a dû épouser à la suite d’un malentendu, est devenue une jeune femme aussi ravissante que farouche.

challenge3Mon avis :

Le retour des Highlanders est une saga qui comporte quatre tomes, chacun centré sur un des quatre héros, j’ai nommé Ian, Alex, Connor et Duncan (aucun prénom impossible à retenir, même pour de fiers Highlanders). En prologue, les quatre z’amis consultent Tearlag, une voyante respectée, afin de connaître leur avenir – vous vous doutez bien qu’ils n’étaient pas venus prendre le thé ! Et ce que vous Tearlag ne les satisfait pas vraiment. En plus, Sileas, une gamine très amie avec Ian, déboule juste après. Collante, cette gamine !

Les années passent, et là, catastrophe : à la suite de circonstances totalement indépendantes de sa volonté (et une arme dans le dos), Ian se voit contraint d’épouser Siléas, qui est toujours son amie, toujours collante, mais… il aurait vraiment aimé avoir une autre femme. Au revoir, Sileas, à peine marié, Ian prend la poudre d’escampette et espère sincèrement que la gamine jeune fille l’oubliera (et qu’il trouvera le moyen de se séparer d’elle, non mais !).

Cinq ans passent, il revient après avoir combattu avec ses amis, et avoir échappé à maints périls – autant vous le dire tout de suite, ce ne sont que les premiers. De retour au pays, il découvre que les combats ont fait rage aussi sur l’île, bien plus qu’il ne l’imaginait, et la situation est désespérante. Le père et le frère aîné de Connor ont été tués, son propre père est gravement mutilé, et il n’a dû sa survie qu’à l’aide de son jeune fils, au soin de sa femme et de sa belle-fille, Siléas.

Et là, boum ! Ian a un choc. Déjà, il se rend compte qu’il aurait peut-être dû rentrer bien plus tôt, pour aider sa famille, et il n’aurait pas dû sous-estimer l’évolution de Siléas, devenue une magnifique jeune fille. Et c’est là que commence un jeu de : « je t’aime, moi non plus », assaisonné de « je te désire, moi aussi, mais je n’en laisse rien paraître ». Ian, en plus de défendre son clan et sa famille, doit conquérir la jeune fille, la difficulté étant inversement proportionnelle à la confiance en lui, en ses charmes, en son bon droit (n’est-il pas son mari ?) qu’a le jeune homme. Autant dire que ce n’est pas gagné du tout !

Vous l’aurez compris, nous sommes dans une romance historique, et la romance l’emporte largement sur l’historique. Le contexte est vaguement présenté, la reine est là, on vient lui demander secours, mais elle n’est pas vraiment concerné, les intrigues se nouent autour d’elle dans la (presque) indifférence et les liaisons sont nombreuses. Voilà pour la cour. A Skye, les clans luttent, s’allient, se désunissent, sans que l’aspect romance ne quitte jamais le premier plan. D’ailleurs, la langue utilisée est très contemporaine, un peu trop parfois. Un peu plus de rigueur, sans sombrer dans la reconstitution historique linguistique, n’aurait pas été gênant.

Le retour des HIghlanders est une sympathique saga, distrayante, avec suffisamment de rebondissements pour retenir l’attention, même si le dénouement ne laissait aucun doute.

92458024Challenge Ecosse 02

La fille du New Hampshire

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Présentation de l’éditeur :

Quand sa rédactrice en chef découvre qu’elle a autrefois été la petite amie de Joe Kowalski, un auteur de best-sellers jaloux de son intimité, Keri Daniels se retrouve confrontée à un ultimatum : obtenir une interview exclusive avec Joe ou rechercher un nouvel emploi. Furieuse mais désireuse de promouvoir sa carrière de journaliste qu’elle adore, Keri accepte de tenter sa chance auprès de Joe, qu’elle n’a pas revu depuis dix ans. Mais elle n’est pas au bout de ses surprises, car Joe lui propose bientôt un marché aussi surprenant qu’audacieux : si elle vient camper avec lui dans le New Hampshire, elle aura le droit de lui poser chaque jour une question pour son interview. Si c’est le prix à payer pour rédiger l’article de sa vie, qu’à cela ne tienne ! En revanche, pas question de céder à nouveau au charme ravageur de son ancien amant. Même si Keri a bien remarqué l’étincelle de désir qui illumine le regard de Joe quand il pose ses yeux d’azur sur elle…

Mon avis :

Ce sont les vacances ! Par conséquent, j’ai voulu commencer mes congés en chroniquant un roman « de vacances », un roman reposant.

Et cela tombe bien, parce que Keri Daniels part en vacances, justement, des vacances studieuses : elle doit interviewer un écrivain qui vit reclus, n’accepte aucune interview. Alors pourquoi a-t-il accepté la sienne ? Parce qu’elle a été sa petite amie, 18 ans plus tôt, et qu’elle l’a plaquée comme une vieille chausse pas lavée depuis deux mois. Sa rédactrice en chef, croisement réussi d’une garce et d’un requin, l’a découvert et a sommé cette chère Kéri de parvenir à ses fins, ou sinon, elle pouvait prendre la porte. Joe a accepté, et comme la vengeance est un plat qui se mange froid, la contrepartie est qu’elle doit partir camper quinze jours avec lui, ses parents, ses frères, sa soeur, ses neveux, sa nièce… dans le New Hampshire. Autant dire Trou Perdu pour celle qui a quitté cet état dix-huit ans plus tôt pour le soleil de la Californie.

Oui, je sais, c’est horrible – et encore, vous n’avez pas côtoyé les quatre monstres qui tiennent lieu de neveux à l’écrivain, ou sa soeur Terri, son attachée de presse/assistante personnelle, qui ne se souvient que trop bien dans quel état était son frère après avoir été largué ! Vous n’avez pas dû faire du quad dans la boue, jouer au volley, et vous débarrasser de votre portable parce que, à moins de monter sur une table et de lever le bras le plus haut possible, impossible de capter le moindre signal !

En dépit de tous ses obstacles, le lecteur de roman normalement constitué se doute bien qu’ils vont retomber dans les bras l’un de l’autre, le tout est de savoir quand. Et bien, le plus tard possible ! En attendant, il aura découvert que Joe n’est pas un écrivain reclus pour façonner sa légende, mais un homme qui écrit, qui répond à des questions de ses fans via internet mais n’entend pas parler de sa vie privée, qui n’apporte strictement rien à ses oeuvres. Un peu de bon sens, cela fait du bien aussi.

Cet Harlequin moderne parle des difficultés dans les couples. Pourquoi se marie-t-on, pourquoi reste-on ensemble, comment se reconstruire après une rupture ? Comment forger son identité, quand on ne veut pas être que « la femme de, la maman de, la soeur de ? » Le livre n’apporte pas de réponses définitives (d’ailleurs, les livres qui le font sont trop souvent bien pensants) mais il a le mérite de montrer que tout n’est pas si rose au pays de la romance.

La fille du New Hampshire est un roman sympathique et reposant, qui remplit parfaitement son rôle.

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