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La naissance de Jalna de Mazo de la Roche

Présentation de l’éditeur :

Quand ils se rencontrent, c’est le coup de foudre. Pour Philippe Whiteoak, toutes les femmes sont des laiderons stupides auprès de la jolie Adeline Court. Aux yeux de la pétulante Irlandaise, nul homme n’a plus belle prestance que le capitaine Whiteoak. Leur mariage dépasse en splendeur ce qu’a connu la ville indienne de Jalna. Mais la naissance d’Augusta met fin à leur vie brillante – et l’ennui vient.
La mort de leur oncle de Québec qui leur laisse une fortune considérable les décide à quitter les Indes. Ils font halte en Angleterre, puis en Irlande. Après un faux départ et maints incidents, leur voilier les conduit à Québec, d’où ils partent s’installer dans les verts espaces de l’Ontario.

Mon avis :

Cet article risque d’être un peu long. Tant pis, pour une fois que je lis le premier tome d’une saga, tout en ayant la certitude que je ne lirai pas la suite. Lire un livre qui ‘est pas votre genre de lecture, oui. Poursuivre et découvrir la dizaine de volumes suivant, non.

Adeline et Philippe, c’est d’abord pour moi l’histoire d’un couple aisé, d’un couple qui peut se permettre de n’en faire qu’à sa tête. Ils se sont rencontrés puis mariés en Inde, leur fille Augusta y est née, et c’est après qu’ils décident de partir pour le Canada, où Philippe a hérité d’un de ses oncles. Ils se rendent néanmoins avant en Angleterre, puis en Irlande, pour voir leurs familles respectives. Au Québec, nous assisterons alors à la naissance de Jalna.

Simple et efficace. Sauf que…. il est des faits qui peuvent étonner, ce n’est pas une romance, c’est bien une saga familiale. Premier exemple : il est question, dans ce roman, de la dépression post-partum. Certes, elle n’est pas nommée ainsi, et elle ne l’est pas toujours actuellement (certains la confondent encore avec le baby blues), mais ce dont souffre Adeline est clairement décrit, tout comme est clairement décrit les maux de sa seconde grossesse. Autre point que l’on voit rarement dans les romans : alors qu’Adeline annonce cette seconde grossesse, Philippe lui reproche d’être tombé enceinte « trop tôt » – et elle de lui rappeler que c’est lui qui l’a mise dans cet état. Oui, Adeline ne se laisse pas faire, et c’est tant mieux. De même, Philippe se trouve fort démuni pendant la traversée quand Adeline ne peut pas s’occuper de Gussie, leur fille, parce qu’elle est trop malade du fait de sa grossesse et du mal de mer. Il confie donc la petite à une écossaisse mère de famille nombreuse : l’ayah dévouée n’a pas survécu à la traversée.

Je devrais dire « aux traversées » parce qu’ils ont dû rebrousser chemin, et que cela aura des conséquences pour la famille d’Adeline. Philippe dit tout le bien qu’il pense de certains membres, et Adeline de ne pas apprécier les reproches qui sont faits à elle et à sa mère. Oui, Adeline comme sa mère se « serre » pendant la grossesse – et même si cela est dit abruptement par Philippe, je me dis aussi que ce n’est pas très bon. Elle se serrera aussi pendant sa troisième grossesse, qui survient alors que Jalna est en construction – nom choisi en souvenir du régiment de Philippe, nom qui a vu naître leur amour.

Adeline tranche avec les autres femmes, parce qu’elle n’en fait qu’à sa tête et que personne ne parvient à raisonner. Le qu’en dira-t-on ? Très peu pour elle. Se rendre seule chez un homme ? Oui, c’est un ami, ils ont effectué la traversée vers le Québec ensemble, et il lui a livré un gros secret pas très reluisant (à mes yeux) même si, autre temps, autre moeurs, il aurait pu de nos jours résoudre ses soucis personnels autrement. Adeline tranche avec les autres femmes, plus conventionnelles, plus attentives à leur famille aussi – Adeline ne sait pas trop comment tenir une maison. Adeline est irlandaise aussi, qu’on se le dise ! Ne venez surtout pas lui dire du mal de son pays.

Adeline ne se laisse pas faire non plus. Les ordres du docteur, qui lui interdit de se lever avant trois jours après son accouchement ? Elle n’en tient pas compte. Ses menaces ? Elle s’en moque également. L’allaitement ? Avoir une charmante chèvre à disposition, c’est bien utile. Le slogan n’existait pas à l’époque, et pourtant : son corps, son choix, pourrait dire Adeline. Par contre, les enfants… sont souvent livrés à eux-même, la nurse semble débordée, prompte à se reposer sur la jeune Gussie (quatre ans), qui a bien compris que ses frères étaient les chouchous de la famille.

Jalna – un domaine dont nous assistons à la construction pas à pas, au fil des saisons, des joies liées à chacune d’entre elles, comme le fait de patiner, par exemple, ou de se baigner, l’été, au grand dam de certains canadiens.

La fin de ce tome 1 annonce déjà la suite – l’on sait qui sera le prochain maître de Jalna, liant ainsi trois familles entre elles.

Les petits secrets de Letitia d’Emily Larkin

Mon avis :

Après le tome 1 des sortilèges amoureux, voici le tome 2, dont l’héroïne est cette fois-ci Letitia. Note : je préfère le titre en VO « Trusting Miss Trentham ».
Contrairement à Charlotte, Letitia connait son don et le maîtrise très bien : elle sait quand quelqu’un ment. C’est un don extrêmement utile quand on est orpheline (elle aussi, ai-je envie de dire) et que l’on dispose d’une grosse fortune. Tous les coureurs de dote sont à vos trousses ! Elle a d’ailleurs repoussé dix-huit demandes en mariage rien que pour cette année, trente l’année dernière. Le major Icarus Reid n’en a strictement rien à faire de sa fortune, c’est son don qui l’intéresse, et il le dit en toute franchise – elle le perçoit très bien d’ailleurs. Ce qu’il veut, c’est savoir qui les a trahis, lui et ses hommes, au Portugal, et le lui faire payer – la cour martiale, pas la vengeance aveugle, même s’il craint de ne pas se maitriser quand il saura le nom du traitre.
J’ai préféré ce deuxième tome, parce que nous sommes davantage dans l’action. Attention ! Je ne dis pas que tout est crédible, Letitia se débrouillant toujours pour pouvoir enquêter avec le major, se moquant de sa réputation. Elle se montre aussi, sur certains points, extrêmement naïve, sur d’autres, elle a des réflexions qui sont trop contemporaines à mon goût. Cependant, ce sont des artifices propres à la romance qui ne sont pas tant génant que cela parce que ce n’est pas le coeur du sujet de ce livre.
La culpabilité du survivant, voilà le sujet. Le major Reid est un homme courageux, qui a servi son pays pendant des années, mais ceux qui l’ont connu ne le reconnaissent plus. Il a énormément maigri (six semaines d’hôpital), et la force qui était en lui s’est volatilisé. Ne parlons même pas de son humour ou de sa joie de vivre. En revanche, il est toujours prompt à aider ceux qui en ont besoin, surtout les anciens militaires, les vétérans, qui ont été blessés, mutilés pour leur pays et qui, pour certains, sont réduits à la mendicité. Letitia, elle, s’occupe des orphelins, des enfants abandonnés, des femmes enceintes abandonnées elles aussi, poursuivant l’oeuvre de sa mère. Oui, l’on voit gros comme une maison que ces deux-là vont finir ensemble. Letitia est certes naïve sur certains sujets, mais elle sait que les cauchemars du major ont une cause bien réelle : se sentir coupable d’avoir survécu quand quatre hommes sont morts. Et savoir que la vie, même hors du champ de bataille, ne tient parfois qu’à un fil, autre point commun qu’il partage avec Letitia qui vit avec la présence d’une absente – Julia.
Oui, c’est une romance, mais une romance bien construite, bien écrite, qui me donne envie de découvrir le tome 3 de cette série.

Les aventures de Charlotte d’Emilie Larkin

Présentation de l’éditeur :

Orpheline, Charlotte Appleby se morfond à la campagne chez son oncle quand lui apparaît, le jour de ses vingt-cinq ans, une fée qui lui offre le don de métamorphose. Elle peut désormais se transformer à sa guise en n’importe quel être vivant. Forte de sa magie, elle s’enfuit à Londres sous l’apparence de Christopher, jeune secrétaire zélé, qui ne tarde pas à être engagé par le comte de Cosgrove, un homme à la réputation sulfureuse. Charlotte n’en a cure. Elle découvre les joies de l’indépendance… et aussi les affres du désir !

Mon avis :

Bonjour, vous êtes bien sur le blog de Sharon. Sharon est toujours là, je vous rassure, seulement, l’heure est grave, elle a décidé de consacrer les jours autour de Noël à des romances. En effet, cela se lit vite, sans trop de soucis.

Charlotte est orpheline. Son oncle et sa tante l’ont recueillie, conformément à la promesse qu’ils sont faites à son père sur son lit de mort. C’est en revanche la seule promesse qu’ils aient tenu. La faire débuter dans le monde ? Très peu pour eux. L’exploiter ? Oui, sans souci. Seulement… à vingt-cinq ans, sa marraine lui apparaît – et elle ne ressemble pas vraiment à un personnage de contes de fée, sauf à penser aux véritables versions, non les versions édulcorées que certains trouvent encore trop violentes. Celle-ci lui accorde un don, et Charlotte choisit celui de pouvoir se métamorphoser en ce qu’elle veut. Elle en profite pour prendre sa liberté et voler à tire d’aile vers Londres. Là-bas, pour être libre, elle se métamorphose en homme et devient Christopher Albin, le secrétaire du marquis de Cosgrove.

Que dire sans trop spoiler ? Déjà, le récit comporte une bonne dose de fantastique. Ensuite, il parle aussi de sujets graves. En effet, le marquis de Cosgrove, que certains accusent injustement d’avoir poussé sa femme au suicide, est très investi dans la lutte contre l’esclavagisme. Il peut en parler à titre personnel : ses parents possédaient une plantation qu’ils ont fait visiter à leur fils. Grâce à l’argent qu’ils ont gagné à la sueur du front de leurs esclaves, ils ont même pu faire construire une magnifique serre dans le château de campagne, serre qui jouera un rôle important dans l’intrigue.

Il est question aussi des relations hommes/femmes, femmes que les hommes divisent en trois catégories : celles qu’on épouse, celles que l’on prend pour maîtresse, femmes qui se prostituent. Simple, clair, nette, et pas du tout misogyne. En écrivant ceci, je pense à une chanson des années 1970 (autant préciser le siècle) Les filles que l’on aime de Joe Dassin mais aussi à ces jeunes femmes (toujours dans les années 60/70) qui faisaient partie malgré elles des femmes que l’on prend pour maîtresse et que l’on plante là, enceintes, parce que l’on va épouser quelqu’une d’autres (j’ai trois exemples en tête). Ah, dans ce roman, il est bien spécifié que homme comme femme prennent des précautions, utilisent la contraception de l’époque. Non, je ne suis pas rassurée, je constate, c’est tout.

Je constate aussi que les scènes érotiques seront nombreuses, trop à mon goût. Et bien oui, le marquis de Cosgrove a un secrétaire, pas une secrétaire, il peut donc parler crument à celui-ci, l’entraîner dans une maison close, et même lui donner des conseils, à ce naïf jouvenceau qui rougit comme une pucelle. Normal, c’est ce qu’iel est (bien utile, ce pronom).

Bref, une romance qui mélange les genres et peut parfois se montrer cru et sanglante.

Au pied du sapin de Keira Andrews

Présentation de l’éditeur :

Après des années de solitude, Daniel Diaz est enfin prêt à abandonner sa vie bien rangée de célibataire. Alors qu’il s’apprête à partir pour une petite escapade de Noël avec son nouvel amant Daniel reçoit un coup de fil des urgences. Son ex demi-frère a été admis à l’hôpital et Daniel est la personne à prévenir en cas d’urgence. Pourquoi ? Ils se connaissent à peine. Le mariage de leur parent avait duré moins d’un an et c’était il y a une décennie de cela ! Mais Cole n’a personne d’autre pour veiller sur lui et le médecin lui a interdit de rester seul. Aussi, Daniel l’emmène avec lui en vacances histoire de s’assurer qu’il ne meurt pas de faim ou qu’il ne tombe pas dans le coma.

Mon avis :

Si l’on me demande pourquoi ce livre est entré (sûrement à Noël dernier) dans ma PAL, c’est très simple : la couverture ! Je n’ai sans doute qu’à peine lu le résumé. Par contre, je persiste et signe : la couverture est vraiment très réussie !

En revanche, l’histoire est une romance M/M des plus classiques. Deux hommes se retrouvent réunis pour Noël dans un chalet et finissent par nouer très rapidement une relation entre eux. Ou comment passer de « on ne sait pas vu depuis des années et tu as été appelé parce que j’ai eu un accident » à « conduisons-nous comme des lapins » – non, il ne s’agissait pas de battre un record de dégustation de carottes. Cependant, il a failli avoir un meurtre, voire plusieurs. Heureusement, les protagonistes de ce récit savent se maîtriser.

Certains pourraient être choqués par le fait que les deux personnages principaux soient présentés comme « ex demi-frère ». C’est le terme qui me dérange : le fait que leurs parents respectifs se soient unis pour divorcer aussi vite ne créer pas de liens du sang, pour ne pas dire qu’il ne créé pas de lien du tout – si ce n’est que le coming-out de l’un a favorisé le coming-out de l’autre.

Sympathique mais pas indispensable.

Un mariage (un peu trop) mortel

Présentation de l’éditeur :

Un roman hilarant et décalé qui est à la fois une histoire de meurtre, une comédie romantique et une célébration de l’amour familial ainsi qu’une plongée profonde dans la culture sino-indonésienne.

1 meurtre (accidentel)

2 mille invités au mariage

3 générations maudites

4 tantes asiatiques qui se mêlent de tout !

Lorsque Meddelin Chan tue accidentellement l’homme avec qui elle était en rendez-vous amoureux, sa mère appelle ses tantes à la rescousse pour l’aider à se débarrasser du corps. Malheureusement, un cadavre s’avère beaucoup plus difficile à éliminer qu’on ne le pense, surtout lorsqu’il est expédié par erreur dans une glacière au mariage d’un milliardaire sur lequel toute la famille travaille. C’est la plus grande mission à ce jour pour l’entreprise familiale, et rien, pas même un cadavre, n’empêchera le bon déroulement de cet événement aussi grandiose qu’extravagant.

Mon avis :

Merci aux éditions HLAB et à Netgalley pour ce partenariat.
J’ai été très mal à l’aise avec ce roman, qui est censé être un mélange de roman policier, de romance, le tout saupoudré de beaucoup d’humour. Je n’ai pas ri du tout, j’ai même été très mal à l’aise je le redis, face à des situations qui se voulaient drôles, et qui pour moi, ne l’étaient pas tant que cela.

Si je retiens un point positif, et il est tout de même de taille, c’est le fait de découvrir la culture sino-indonésienne. Meddelin a quatre tantes, Meddelin travaille pour l’entreprise familiale, entreprise uniquement composée de femmes parce que les hommes de la famille, à une exception près, ont tous mis les voiles le plus rapidement possible. Quatre tantes, donc cinq soeurs en tout, qui s’entendent plus ou moins bien entre elle, qui ont tenté, à nouveau, de caser Meddelin et qui ont échoué au-delà de toute espérance. Cependant, elles sont… bonnes joueuses. Aider leur nièce à se débarrasser du cadavre de l’homme dont elle a causé la mort accidentellement ne leur pose pas de soucis particuliers. Cependant, c’est à partir de ce moment que j’ai eu beaucoup de mal avec certains propos, certains faits, qui auront des conséquences pas drôles du tout à mes yeux. Ce n’est pas que j’ai du mal avec l’humour noir, c’est que, dans ce contexte de romance, cela avait du mal à passer pour moi.

Il ne faut pas oublier que ce livre est aussi une romance, il nous raconte comment Meddy a rompu avec le grand amour de sa vie, Nathan, et comment, au cours de ce week-end mouvementé, qui doit être le couronnement de l’entreprise familiale, elle retrouve Nathan, qui ne la laisse pas indifférent.

Je le dis souvent : ce n’est pas parce que je n’ai pas apprécié un roman que ce roman n’est pas bon. C’est simplement que nous n’étions pas fait pour nous rencontrer.

Love me doux de Sandra Nelson et Alice Quinn

édition Alliage – 269 pages.

Présentation de l’éditeur :

À deux jours de Noël, Angela, photographe de mode londonienne, doit se rendre en Provence, dans le village de son enfance, afin de toucher son héritage. Elle ne compte pas s’éterniser car son fiancé l’attend en Angleterre pour le réveillon. Mais une tempête de neige bouleverse ses plans (oui, il neige parfois en Provence !). Coupée du monde, elle est contrainte de dormir chez le gardien du domaine qui n’est autre que Matias, son amour d’adolescence. 15 ans sans se voir. Le temps pour l’adolescent gringalet de se transformer en vigneron sexy. Mais Matias a un gros défaut : il est obsédé par Noël, la pire phobie d’Angela. Sans compter son horripilante bonne humeur, sa manie de vouloir lui transmettre le goût des bonnes choses et sa chienne déchaînée qui ne veut plus la lâcher ! Un vrai cauchemar !

Mon avis :

Tout d’abord, je voudrai remercier les autrices qui m’ont permis de découvrir ce roman en avant-première.

Et maintenant, je peux déclarer ouverte la saison des romances de Noël – et je le fais le jour d’Halloween.
Nous avons deux personnages qui ont été proches, à une époque, et que la vie s’est chargée de séparer. Oui, écrit ainsi, je donne l’impression de chroniquer un mélo. Il n’en est rien ! Angela avait 15 ans quand elle a quitté la Provence, quinze ans plus tôt. Elle ne voulait plus vivre auprès de son père, dont elle se sentait totalement incomprise : elle n’était pas le fils qu’il aurait aimé avoir, le fils qui aurait pu lui succéder. Angela a quasiment réalisé son rêve : elle est photographe de mode à Londres ! Elle fait le maximum pour satisfaire sa chef, qui veut que ses ordres soient exécutés immédiatement (le plus rapidement possible, c’est encore trop long). Elle est en couple à un bel anglais, qui souhaite la présenter à ses parents. Pour lui, pour eux, Noël, c’est sacré. Pas pour Angela, et ce serait beaucoup trop long à lui expliquer pourquoi. Cependant, par facilité, pour ne pas avoir à s’expliquer, justement, elle accepte. Cependant, un contretemps la sauve (de son point de vue, pas de celui d’Edward) : elle doit se rendre en Provence pour régler la succession de son père, décédé six mois plus tôt. Elle doit donc retourner, pour la dernière fois pense-t-elle, sur les lieux de sa jeunesse.
Là, se trouve Matias. Lui adore Noël, en dépit des épreuves que la vie lui a réservé : la mort de ses parents, et, six mois plus tôt, la mort de son mentor, le père d’Angela. Matias est vigneron, et il s’inquiète de l’avenir de ce domaine qu’il aime tant. Casanier, il ne voyage que pour son travail, promouvoir « son » vignoble. Aussi le retour d’Angela lui permettra de savoir ce que deviendra le domaine – et ce qu’est devenue Angela.
Le retour d’Angela provoquera quelques étincelles, un choc des cultures, si j’ose dire. Et quand Angela se retrouve coincée pour cause de neige… oui, elle aura de la peine à faire contre mauvaise fortune bon coeur.
Oui, nous avons là tous les ingrédients d’une bonne romance : deux personnages que tout semble séparer, et qui ne demandent, finalement, qu’à se retrouver. Le comment, c’est ce doux récit qui nous le montrera. Doux, mais piquant aussi parfois : Angela a son franc-parler, et cela ne fait pas plaisir à tout le monde. Dans certaines situations, c’est tout de même très utile ! Et Matias a beau aimé Noël, être rempli de joie de vivre, il est aussi capable de dire tout ce qu’il a à dire. Romance de Noël ne signifie pas fadeur. Alors oui, nous aurons un happy end. Nous aurons même des recettes qu’il ne tient qu’à nous de tester. Bref, ce livre a tout pour faire passer un bon moment de lecture.

Amour givré, copines cinglées et crémes glacées de Brooke Blaine

Mon résumé :

Ryleigh tient une boutique/salon de crême glacé baptisé « Langoureusement vôtre » et participe à un concours télévisé dont le but est de l’aider à créer une chaine de magasin. Au cours d’une réunion d’anciens élèves, elle croise le chemin de Cameron, dont elle était secrètement amoureuse. Pourquoi ne pas commencer une histoire d’amour ? C’est sans compter leurs métiers respectifs, très prenants, et Hunter, meilleur ami et colocataire de Cameron : il trouve Ryleigh très à son goût.

Mon avis :

Je ne dis pas que l’heure est grave. Je dis simplement que j’ai enchaîné les lectures de romance – trois pour être exacte. Je ne prétends pas devenir une spécialiste de la romance grâce à cela, non. Je dis simplement qu’il est des romances qui sont plus en phase avec notre temps que d’autres.

Déjà, le quatrième de couverture, comme c’est hélas trop souvent le cas, en dit beaucoup trop, et mal, sautant des étapes, résumant ici, tronquant là. Par exemple, si Hunter est « en charge des rénovations de « Langoureusement vôtre », c’est parce que le précédent entrepreneur n’était pas vraiment efficace, et que Cameron, qui avait déjà présenté Hunter à Ryleigh, a suggéré à la jeune femme de faire appel à lui. Ensuite, la rencontre avec Cameron n’est pas un « effondrement » – et je pourrai continuer ainsi longtemps. Je préfère me concentrer sur l’intrigue.

Elle aurait pu être casse-gueule. En effet, retrouver son coup de coeur du lycée, celui à qui on n’a jamais osé dire qu’on l’aimait et penser nouer une histoire d’amour avec lui, est-ce vraiment… sérieux ? Cela fait un « joli » sujet de romance, et pour l’héroïne qui lit énormément de romans à l’eau de rose, qui pour certains se terminent très mal (contrairement à elle, je n’ai jamais lu de romans de Nicholas Spark, donc je la crois sur parole), je comprends que cela peut être tentant : prouver, se prouver que, maintenant, à l’âge adulte, elle peut vivre une histoire d’amour avec lui, elle qui était mise à l’écart au lycée parce que trop originale. Elle est restée fidèle au style qu’elle s’était crée à l’adolescence, ne cherchant pas à se fondre dans un moule quelconque. De même, ses meilleures amies sont elles aussi originales, un poil excentrique, et s’en portent très bien ! Ryleigh tient un salon spécialisé dans les crèmes glacées au nom assez évocateurs, coupes de crèmes glacées aussi élaborées que leur nom. Certaines bonnes âmes s’en offusquent – Ryleigh a mis un avertissement devant sa boutique (il ne manque plus qu’un rayon romance et littérature érotique et les mêmes bonnes âmes défailliront davantage).

J’ai craint à un moment que le roman ne montre une gentille petite femme bien soumise à l’homme qu’elle veut séduire. Ce n’est pas le cas. Ryleigh veut séduire, oui, mais pas s’effacer. Elle commettra des erreurs, aussi – qui n’en fait pas ? Les relations humaines, amoureuses, ne sont pas simples, et le récit nous montre qu’il faut savoir aussi laisser du temps à l’autre, et faire confiance. Pas forcément facile. Ryleigh et son amoureux sont des trentenaires, bien installés dans la vie, ce qui signifie qu’ils ont un passé amoureux et que leur vécu influence leur relation présente. Connaître l’autre prend du temps, et Ryleigh ne le prend pas toujours.

Ce roman sympathique est un tome 1. Il est dommage que les deux tomes suivants, consacrés à ces deux copines cinglées, n’aient pas été traduits en français.

Mariage à la campagne de Katie Fjorde

Présentation de l’éditeur :

Vous rêvez d’un mariage à l’anglaise : dentelles, cottages romantiques et fleurs à profusion ? Bienvenue dans le délicieux petit village de Chippingford. Beth et Rachel, deux citadines, viennent de s’y installer. À peine ont-elles rencontré Lindy, que les trois jeunes femmes décident de s’associer pour lancer une entreprise de mariages branchés et pas chers. Leur première mission n’est pas des moindres : organiser le mariage de la soeur de Beth… Tous les habitants du village s’en mêlent, et Cupidon est aussi de la partie !

Mon avis :

Ce roman est à réserver à toutes les fans de romance pure et dure. Elle est en effet très classique, très prévisible, jusque dans les personnages principaux. J’ai l’impression, à force de lire des romances contemporaines (oui, je sais, je n’en lis pas tant que cela) que ces récits comportent toujours trois héroïnes, trois amies, ou du moins trois jeunes femmes suffisamment proches pour qu’elles participent à des intrigues proches.

Je trouve que le titre anglais « A vintage weeding » était plus parlant, peut-être était-il déjà pris en français. C’est en effet l’aspect « vintage » des mariages qui est important, plus encore que le fait qu’ils se déroulent à la campagne. Beth, Rachel et Lindy associent leurs talents pour créer une société qui organise des mariages pas cher (ce qui ne signifie pas « au rabais ») et nous les suivons, dans leur vie professionnelle et dans leur vie personnelle. Je ne me suis attachée à aucune de ces personnages, je dirai même que l’une d’entre elles, Rachel, m’a passablement agacée, non parce qu’elle est une maniaque du rangement et du nettoyage à un degré extrême, mais parce qu’elle laisse un homme, dont le comportement fait presque penser à un harceleur, s’immiscer dans sa vie alors qu’elle lui avait dit « non » à plusieurs reprises. Certains diront qu’il a bien fait d’insister, puisqu’elle a fini par lui dire « oui », et qu’elle est très heureuse avec lui. Cet aspect me dérange, justement, montrant qu’il suffit pour un homme d’insister pour obtenir ce qu’il veut – et tant pis si l’héroïne disait non et qu’il finit pr lui imposer ses choix, dans plusieurs domaines. Je ne pense pas non plus que l’autrice se soit posé ce genre de question. Moi si, parce que cela a l’air de dire qu’un homme, même si de prime abord il ne semble pas rempli de qualités, prend de meilleures décisions qu’une femme pour cette femme.

Les deux autres personnages sont tout aussi « classiques ». Lindy a 23 ans, elle est divorcée, elle a deux fils, et un ex-mari qui, comme beaucoup d’ex-maris dans les romans ou dans la vie, se désintéresse de ses enfants. Elle doit mener de front vie familiale, aidée par ses parents, vie personnelle et vie professionnelle. Ne pas rester célibataire est une chose, elle sait cependant ce que cela signifierait pour ses fils : avoir un beau-père, ce qui ne sera pas forcément facile pour eux. C’est une question intéressante qui est soulevée ici – la place du beau-père dans une vie de famille. Elle n’est certes pas développée à l’extrême, au moins, elle est posée, avoir un beau-père, être un beau-père ne sont pas des évidences.

Reste Beth, celle qui a voulu en premier changé de vie, changement de vie symbolisé comme souvent par un changement de coupe de cheveux (cliché quand tu nous tiens). Elle organise le mariage de sa soeur, tente de se défaire de l’emprise de sa mère, qui veut toujours tout régenter, dans les moindres détails. J’admets qu’elle est LE personnage dont je me souviens le moins en rédigeant cet avis, alors que je me souviens de Viviane, qui n’apparaît pourtant qu’à la moitié du roman. Il faut dire que je comprends Viviane sur certains points. Penser à acheter une robe de mariée au dernier moment, ce n’est pas prudent. Dire que la salle qui a été réservée ne pourra pas être utilisée, parce que la priorité est donner à quelqu’un d’autres, c’est plus que cavalier à mes yeux. Les organisatrices auront beau répéter comme un mantra que « c’est la cérémonie qui compte, pas la noce ! » p. 459, je suggère dans ce cas de faire de plus grosses économies encore en organisant une simple cérémonie sans s’encombrer de tous les détails qui occupent des pages set des pages de ce livre. Oui, si elles avaient agi ainsi, en étant logiques jusqu’au bout, il n’y aurait pas de société « Mariages vintage ».

Ce n’est pas un livre désagréable. C’est simplement un livre qui ne sort pas de l’ordinaire.

Echange Loft londonien contre cottage bucolique par Beth O’leary

Présentation de l’éditeur :

Leena Cotton est épuisée. Ce n’est pas elle qui le pense, c’est son corps qui le lui dit. Son burn-out explosif en plein milieu d’une réunion capitale parle à sa place. Pour la peine, son employeur lui impose deux mois de congés qu’elle ira passer – en traînant les pieds – dans le cottage de sa grand-mère, à la campagne. Elle aurait encore préféré mourir de surmenage que d’ennui… Eileen Cotton a pris une décision : puisque son époux de toute une vie l’a quittée du jour au lendemain, elle a désormais le droit de vivre pour elle-même. Et pourquoi pas même… vivre une relation charnelle passionnée, à 80 ans ? Mais dans son petit village du Yorkshire, les candidats au poste d’amant ne sont pas légion… Un problème ? Une solution ! La grand-mère et la petite-fille n’ont qu’à échanger leurs vies. Eileen ira habiter dans la colocation de Leena à Londres, où les beaux messieurs pullulent, tandis que Leena a pour mission de se reposer à la campagne et… de régler tous les problèmes qu’elle avait tenté jusqu’ici de mettre sous le tapis.

Mon avis :

Voici encore un livre que l’on peut ranger dans la catégorie « romance, mais pas que ». Nous avons bien tous les ingrédients d’une romance, avec un happy end à la fin (pour ne pas dire plusieurs), cependant d’autres thèmes sont abordés, que l’on ne retrouvait pas forcément dans les anciennes romances.

Tout d’abord posons le cadre. Leena est au bord du craquage professionnel, pour ne pas dire qu’elle est en train de craquer, et c’est ce qui se passe. Sa chef lui impose deux mois de vacances, deux mois de pause pour qu’elle puisse récupérer. Or, pour Leena, c’est un choc. Elle ne vit que par et pour son travail. Certes, elle a un compagnon, tout aussi accro au travail qu’elle, mais le travail est devenu pour elle sa raison de vivre depuis la mort de sa soeur cadette Carla, d’un cancer, un an plus tôt. Depuis, elle a coupé les ponts avec sa mère. Elle a gardé des liens très fort avec Eileen, sa grand-mère, et c’est d’elle que viendra l’impulsion pour le changement. Eileen a toujours rêvé de vivre à Londres, elle propose donc à sa petite-fille d’échanger leur logement. A l’une le cottage bucolique. A l’autre le loft londonien et, qui sait ? La possibilité de faire des rencontres. ce n’est pas dans son petit village du Yorkshire qu’elle pense faire des rencontres, puisqu’elle connaît déjà tout le monde, de son irascible voisin au docteur, charmant au demeurant.

Vivre à la campagne et accomplir toutes les tâches que faisait sa grand-mère dans le village ne sera pas facile pour Leena. Découvrir la vie londonienne trépidante ne le sera pas non plus pour Eileen. Cet échange permet d’abord des rencontres entre personnes de génération différente, à la condition qu’elles soient ouvertes d’esprit. C’est le cas des colocataires de Leena. C’est un peu plus difficile pour les voisins d’Eileen. Cependant, faire de son mieux et ne pas se laisser aller à avoir des préjugés permettent de rompre la glace très vite. Oser aussi est très important, oser aller vers les autres, leur parler, être à l’écoute, proposer son aide, même si elle n’est pas accepté, même si elle ne sera peut-être jamais acceptée. Cela demande de prendre du temps, de prendre son temps pour les autres, et ne pas se cacher derrière des prétextes. Plus facile à dire, à écrire, qu’à faire.

J’en viens aux thèmes abordés dans ce roman, qui ne le sont pas si souvent dans la romance. Le premier, c’est le deuil d’un être plus jeune que vous, ces personnes dont on se dit qu’elle n’aurait pas dû partir si tôt. Leena n’accepte pas que sa soeur ne se soit pas davantage battue pour guérir. J’ouvre une parenthèse : il est très courant de nos jours de dire, de penser qu’il suffit de « se battre », d’être « positif », de le vouloir pour guérir. Cela véhicule l’idée très dangereuse à mes yeux que si l’on ne guérit pas, c’est qu’on ne le mérite pas. C’est ne pas laisser aux malades le droit de se plaindre, le droit de dire que les traitements sont insupportables et que, s’ils les endurent, c’est parce qu’ils espèrent guérir. Qu’on ne leur demande pas davantage. Je regrette aussi, puis je fermerai ma parenthèse, qu’on nous présente toujours, dans les séries surtout, des protocoles miraculeux qui permettent de guérir le malade en trois coups de cuillère à pot. Pour connaître un proche qui suit un protocole novateur depuis trois ans… tout est dans ma phrase. Fin de la parenthèse. La mort de Carla a mis en miettes sa soeur, sa mère, sa grand-mère, et chacune fait comme elle peut. La colère de Leena est une des étapes du deuil, que chacun vit comme il peut.

Le second thème est lié au premier. Qu’est-ce qu’une femme est prête à accepter pour conserver un homme à ses côtés ? Pour certaines, la réponse est simple : tout, tant que son mari reste avec elle. Rompre, divorcer, hors de question. Il faut rester mariées, ou rester en couple parce que c’est comme ça, un point c’est tout, parce qu’il vaut mieux être mal accompagnées que seules. Cela peut paraître une réflexion des années 50, 60. C’est encore valable de nos jours, pour des femmes qui se raccrochent à des points positifs, des qualités de leurs conjoints, qualités qui ont pu exister à une époque, et qui, bizarrement, se sont très vite envolées. Avoir le courage de dire : « stop, je veux une vrai relation, non vivre à côté de quelqu’un », c’est important aussi.

Merci aux éditions Hugo roman et à Netgalley pour ce partenariat.

Petite annonce, téléfilms & toi de Fanny André

Présentation de l’éditeur :

« Cherche partenaire pour marathon de films de Noël ! De Miracle sur la 34e rue à Love Actually, venez passer 24h dans le monde des rom-coms à flocons ! Je fournis des cookies, du chocolat chaud, mais tu peux amener des chamallows à mettre dedans. Marathon prévu pour le 23 ! Si ça t’intéresse, merci de répondre par PM. »
En passant cette annonce, Red ne s’attend à aucune réponse. Pourtant, quelqu’un semble intéressé. Pour Red, Vyi23 ou une autre, c’est pareil. Il ne veut juste pas être seul pour ce jour particulier. Alors quand il tombe nez à nez avec Ivy, son crush sur le campus, hétéro et donc totalement out of zone, il sait que cette journée va être compliquée. Surtout que tout se ligue contre lui, de la neige aux Oreo, en passant par Hugh Grant dansant dans les couloirs… ce marathon s’annonce exceptionnel.

Mon avis :

Ce livre est une romance toute mignonne, parfaite si vous n’êtes pas fanatique de récits érotico-passionné. Oui, l’on devine, du moins, l’on espère que, les deux personnages principaux vont passer un bout de chemin ensemble, même si l’action est resserré autour de Noël. Nous avons d’un côté Red, un charmant garçon, qui passe Noël seul et a envie de partager son marathon de film de Noël avec quelqu’un(e). Pour ma part, je trouve qu’un seul film de Noël, c’est déjà trop, alors un marathon… à moins de regarder le Noël d’Hercule Poirot, puis Le Noël de Maigret – et je suis presque sûre de trouver d’autres épisodes de séries policières qui se déroulent à Noël !

Red trouve une personne qui répond à son annonce, et qu’elle n’est pas sa surprise de constater que c’est un homme ! Pourquoi devrait-il s’en étonner ? Il en est bien un ! Pire (ou mieux, c’est selon, après tout, ce livre est une romance) : il s’agit du jeune homme pour lequel il éprouve une attirance certaine, sans pouvoir le lui dire. Compliquée, sa situation ? Il n’avait qu’à les regarder tout seul, ses films de Noël.

Comme dans un polar, c’est un huis-clos (si, si), un huis-clos dans lequel les personnages principaux risquent seulement l’hyperglycémie et la surcharge de guimauve dans certains films choisis (pas tous, loin s’en faut). Cette solitude choisie, coupée du monde pour un temps, leur permettra de régler quelques malentendus, de se faire des confidences, et aussi de reprendre contact avec le monde extérieur. De fêter Noël, en somme ! Bref, un livre qui sonne différemment cette année que les années précédentes – comme tout sonne différemment depuis presque un an, il faut bien le dire.