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Amour givré, copines cinglées et crémes glacées de Brooke Blaine

Mon résumé :

Ryleigh tient une boutique/salon de crême glacé baptisé « Langoureusement vôtre » et participe à un concours télévisé dont le but est de l’aider à créer une chaine de magasin. Au cours d’une réunion d’anciens élèves, elle croise le chemin de Cameron, dont elle était secrètement amoureuse. Pourquoi ne pas commencer une histoire d’amour ? C’est sans compter leurs métiers respectifs, très prenants, et Hunter, meilleur ami et colocataire de Cameron : il trouve Ryleigh très à son goût.

Mon avis :

Je ne dis pas que l’heure est grave. Je dis simplement que j’ai enchaîné les lectures de romance – trois pour être exacte. Je ne prétends pas devenir une spécialiste de la romance grâce à cela, non. Je dis simplement qu’il est des romances qui sont plus en phase avec notre temps que d’autres.

Déjà, le quatrième de couverture, comme c’est hélas trop souvent le cas, en dit beaucoup trop, et mal, sautant des étapes, résumant ici, tronquant là. Par exemple, si Hunter est « en charge des rénovations de « Langoureusement vôtre », c’est parce que le précédent entrepreneur n’était pas vraiment efficace, et que Cameron, qui avait déjà présenté Hunter à Ryleigh, a suggéré à la jeune femme de faire appel à lui. Ensuite, la rencontre avec Cameron n’est pas un « effondrement » – et je pourrai continuer ainsi longtemps. Je préfère me concentrer sur l’intrigue.

Elle aurait pu être casse-gueule. En effet, retrouver son coup de coeur du lycée, celui à qui on n’a jamais osé dire qu’on l’aimait et penser nouer une histoire d’amour avec lui, est-ce vraiment… sérieux ? Cela fait un « joli » sujet de romance, et pour l’héroïne qui lit énormément de romans à l’eau de rose, qui pour certains se terminent très mal (contrairement à elle, je n’ai jamais lu de romans de Nicholas Spark, donc je la crois sur parole), je comprends que cela peut être tentant : prouver, se prouver que, maintenant, à l’âge adulte, elle peut vivre une histoire d’amour avec lui, elle qui était mise à l’écart au lycée parce que trop originale. Elle est restée fidèle au style qu’elle s’était crée à l’adolescence, ne cherchant pas à se fondre dans un moule quelconque. De même, ses meilleures amies sont elles aussi originales, un poil excentrique, et s’en portent très bien ! Ryleigh tient un salon spécialisé dans les crèmes glacées au nom assez évocateurs, coupes de crèmes glacées aussi élaborées que leur nom. Certaines bonnes âmes s’en offusquent – Ryleigh a mis un avertissement devant sa boutique (il ne manque plus qu’un rayon romance et littérature érotique et les mêmes bonnes âmes défailliront davantage).

J’ai craint à un moment que le roman ne montre une gentille petite femme bien soumise à l’homme qu’elle veut séduire. Ce n’est pas le cas. Ryleigh veut séduire, oui, mais pas s’effacer. Elle commettra des erreurs, aussi – qui n’en fait pas ? Les relations humaines, amoureuses, ne sont pas simples, et le récit nous montre qu’il faut savoir aussi laisser du temps à l’autre, et faire confiance. Pas forcément facile. Ryleigh et son amoureux sont des trentenaires, bien installés dans la vie, ce qui signifie qu’ils ont un passé amoureux et que leur vécu influence leur relation présente. Connaître l’autre prend du temps, et Ryleigh ne le prend pas toujours.

Ce roman sympathique est un tome 1. Il est dommage que les deux tomes suivants, consacrés à ces deux copines cinglées, n’aient pas été traduits en français.

Mariage à la campagne de Katie Fjorde

Présentation de l’éditeur :

Vous rêvez d’un mariage à l’anglaise : dentelles, cottages romantiques et fleurs à profusion ? Bienvenue dans le délicieux petit village de Chippingford. Beth et Rachel, deux citadines, viennent de s’y installer. À peine ont-elles rencontré Lindy, que les trois jeunes femmes décident de s’associer pour lancer une entreprise de mariages branchés et pas chers. Leur première mission n’est pas des moindres : organiser le mariage de la soeur de Beth… Tous les habitants du village s’en mêlent, et Cupidon est aussi de la partie !

Mon avis :

Ce roman est à réserver à toutes les fans de romance pure et dure. Elle est en effet très classique, très prévisible, jusque dans les personnages principaux. J’ai l’impression, à force de lire des romances contemporaines (oui, je sais, je n’en lis pas tant que cela) que ces récits comportent toujours trois héroïnes, trois amies, ou du moins trois jeunes femmes suffisamment proches pour qu’elles participent à des intrigues proches.

Je trouve que le titre anglais « A vintage weeding » était plus parlant, peut-être était-il déjà pris en français. C’est en effet l’aspect « vintage » des mariages qui est important, plus encore que le fait qu’ils se déroulent à la campagne. Beth, Rachel et Lindy associent leurs talents pour créer une société qui organise des mariages pas cher (ce qui ne signifie pas « au rabais ») et nous les suivons, dans leur vie professionnelle et dans leur vie personnelle. Je ne me suis attachée à aucune de ces personnages, je dirai même que l’une d’entre elles, Rachel, m’a passablement agacée, non parce qu’elle est une maniaque du rangement et du nettoyage à un degré extrême, mais parce qu’elle laisse un homme, dont le comportement fait presque penser à un harceleur, s’immiscer dans sa vie alors qu’elle lui avait dit « non » à plusieurs reprises. Certains diront qu’il a bien fait d’insister, puisqu’elle a fini par lui dire « oui », et qu’elle est très heureuse avec lui. Cet aspect me dérange, justement, montrant qu’il suffit pour un homme d’insister pour obtenir ce qu’il veut – et tant pis si l’héroïne disait non et qu’il finit pr lui imposer ses choix, dans plusieurs domaines. Je ne pense pas non plus que l’autrice se soit posé ce genre de question. Moi si, parce que cela a l’air de dire qu’un homme, même si de prime abord il ne semble pas rempli de qualités, prend de meilleures décisions qu’une femme pour cette femme.

Les deux autres personnages sont tout aussi « classiques ». Lindy a 23 ans, elle est divorcée, elle a deux fils, et un ex-mari qui, comme beaucoup d’ex-maris dans les romans ou dans la vie, se désintéresse de ses enfants. Elle doit mener de front vie familiale, aidée par ses parents, vie personnelle et vie professionnelle. Ne pas rester célibataire est une chose, elle sait cependant ce que cela signifierait pour ses fils : avoir un beau-père, ce qui ne sera pas forcément facile pour eux. C’est une question intéressante qui est soulevée ici – la place du beau-père dans une vie de famille. Elle n’est certes pas développée à l’extrême, au moins, elle est posée, avoir un beau-père, être un beau-père ne sont pas des évidences.

Reste Beth, celle qui a voulu en premier changé de vie, changement de vie symbolisé comme souvent par un changement de coupe de cheveux (cliché quand tu nous tiens). Elle organise le mariage de sa soeur, tente de se défaire de l’emprise de sa mère, qui veut toujours tout régenter, dans les moindres détails. J’admets qu’elle est LE personnage dont je me souviens le moins en rédigeant cet avis, alors que je me souviens de Viviane, qui n’apparaît pourtant qu’à la moitié du roman. Il faut dire que je comprends Viviane sur certains points. Penser à acheter une robe de mariée au dernier moment, ce n’est pas prudent. Dire que la salle qui a été réservée ne pourra pas être utilisée, parce que la priorité est donner à quelqu’un d’autres, c’est plus que cavalier à mes yeux. Les organisatrices auront beau répéter comme un mantra que « c’est la cérémonie qui compte, pas la noce ! » p. 459, je suggère dans ce cas de faire de plus grosses économies encore en organisant une simple cérémonie sans s’encombrer de tous les détails qui occupent des pages set des pages de ce livre. Oui, si elles avaient agi ainsi, en étant logiques jusqu’au bout, il n’y aurait pas de société « Mariages vintage ».

Ce n’est pas un livre désagréable. C’est simplement un livre qui ne sort pas de l’ordinaire.

Echange Loft londonien contre cottage bucolique par Beth O’leary

Présentation de l’éditeur :

Leena Cotton est épuisée. Ce n’est pas elle qui le pense, c’est son corps qui le lui dit. Son burn-out explosif en plein milieu d’une réunion capitale parle à sa place. Pour la peine, son employeur lui impose deux mois de congés qu’elle ira passer – en traînant les pieds – dans le cottage de sa grand-mère, à la campagne. Elle aurait encore préféré mourir de surmenage que d’ennui… Eileen Cotton a pris une décision : puisque son époux de toute une vie l’a quittée du jour au lendemain, elle a désormais le droit de vivre pour elle-même. Et pourquoi pas même… vivre une relation charnelle passionnée, à 80 ans ? Mais dans son petit village du Yorkshire, les candidats au poste d’amant ne sont pas légion… Un problème ? Une solution ! La grand-mère et la petite-fille n’ont qu’à échanger leurs vies. Eileen ira habiter dans la colocation de Leena à Londres, où les beaux messieurs pullulent, tandis que Leena a pour mission de se reposer à la campagne et… de régler tous les problèmes qu’elle avait tenté jusqu’ici de mettre sous le tapis.

Mon avis :

Voici encore un livre que l’on peut ranger dans la catégorie « romance, mais pas que ». Nous avons bien tous les ingrédients d’une romance, avec un happy end à la fin (pour ne pas dire plusieurs), cependant d’autres thèmes sont abordés, que l’on ne retrouvait pas forcément dans les anciennes romances.

Tout d’abord posons le cadre. Leena est au bord du craquage professionnel, pour ne pas dire qu’elle est en train de craquer, et c’est ce qui se passe. Sa chef lui impose deux mois de vacances, deux mois de pause pour qu’elle puisse récupérer. Or, pour Leena, c’est un choc. Elle ne vit que par et pour son travail. Certes, elle a un compagnon, tout aussi accro au travail qu’elle, mais le travail est devenu pour elle sa raison de vivre depuis la mort de sa soeur cadette Carla, d’un cancer, un an plus tôt. Depuis, elle a coupé les ponts avec sa mère. Elle a gardé des liens très fort avec Eileen, sa grand-mère, et c’est d’elle que viendra l’impulsion pour le changement. Eileen a toujours rêvé de vivre à Londres, elle propose donc à sa petite-fille d’échanger leur logement. A l’une le cottage bucolique. A l’autre le loft londonien et, qui sait ? La possibilité de faire des rencontres. ce n’est pas dans son petit village du Yorkshire qu’elle pense faire des rencontres, puisqu’elle connaît déjà tout le monde, de son irascible voisin au docteur, charmant au demeurant.

Vivre à la campagne et accomplir toutes les tâches que faisait sa grand-mère dans le village ne sera pas facile pour Leena. Découvrir la vie londonienne trépidante ne le sera pas non plus pour Eileen. Cet échange permet d’abord des rencontres entre personnes de génération différente, à la condition qu’elles soient ouvertes d’esprit. C’est le cas des colocataires de Leena. C’est un peu plus difficile pour les voisins d’Eileen. Cependant, faire de son mieux et ne pas se laisser aller à avoir des préjugés permettent de rompre la glace très vite. Oser aussi est très important, oser aller vers les autres, leur parler, être à l’écoute, proposer son aide, même si elle n’est pas accepté, même si elle ne sera peut-être jamais acceptée. Cela demande de prendre du temps, de prendre son temps pour les autres, et ne pas se cacher derrière des prétextes. Plus facile à dire, à écrire, qu’à faire.

J’en viens aux thèmes abordés dans ce roman, qui ne le sont pas si souvent dans la romance. Le premier, c’est le deuil d’un être plus jeune que vous, ces personnes dont on se dit qu’elle n’aurait pas dû partir si tôt. Leena n’accepte pas que sa soeur ne se soit pas davantage battue pour guérir. J’ouvre une parenthèse : il est très courant de nos jours de dire, de penser qu’il suffit de « se battre », d’être « positif », de le vouloir pour guérir. Cela véhicule l’idée très dangereuse à mes yeux que si l’on ne guérit pas, c’est qu’on ne le mérite pas. C’est ne pas laisser aux malades le droit de se plaindre, le droit de dire que les traitements sont insupportables et que, s’ils les endurent, c’est parce qu’ils espèrent guérir. Qu’on ne leur demande pas davantage. Je regrette aussi, puis je fermerai ma parenthèse, qu’on nous présente toujours, dans les séries surtout, des protocoles miraculeux qui permettent de guérir le malade en trois coups de cuillère à pot. Pour connaître un proche qui suit un protocole novateur depuis trois ans… tout est dans ma phrase. Fin de la parenthèse. La mort de Carla a mis en miettes sa soeur, sa mère, sa grand-mère, et chacune fait comme elle peut. La colère de Leena est une des étapes du deuil, que chacun vit comme il peut.

Le second thème est lié au premier. Qu’est-ce qu’une femme est prête à accepter pour conserver un homme à ses côtés ? Pour certaines, la réponse est simple : tout, tant que son mari reste avec elle. Rompre, divorcer, hors de question. Il faut rester mariées, ou rester en couple parce que c’est comme ça, un point c’est tout, parce qu’il vaut mieux être mal accompagnées que seules. Cela peut paraître une réflexion des années 50, 60. C’est encore valable de nos jours, pour des femmes qui se raccrochent à des points positifs, des qualités de leurs conjoints, qualités qui ont pu exister à une époque, et qui, bizarrement, se sont très vite envolées. Avoir le courage de dire : « stop, je veux une vrai relation, non vivre à côté de quelqu’un », c’est important aussi.

Merci aux éditions Hugo roman et à Netgalley pour ce partenariat.

Petite annonce, téléfilms & toi de Fanny André

Présentation de l’éditeur :

« Cherche partenaire pour marathon de films de Noël ! De Miracle sur la 34e rue à Love Actually, venez passer 24h dans le monde des rom-coms à flocons ! Je fournis des cookies, du chocolat chaud, mais tu peux amener des chamallows à mettre dedans. Marathon prévu pour le 23 ! Si ça t’intéresse, merci de répondre par PM. »
En passant cette annonce, Red ne s’attend à aucune réponse. Pourtant, quelqu’un semble intéressé. Pour Red, Vyi23 ou une autre, c’est pareil. Il ne veut juste pas être seul pour ce jour particulier. Alors quand il tombe nez à nez avec Ivy, son crush sur le campus, hétéro et donc totalement out of zone, il sait que cette journée va être compliquée. Surtout que tout se ligue contre lui, de la neige aux Oreo, en passant par Hugh Grant dansant dans les couloirs… ce marathon s’annonce exceptionnel.

Mon avis :

Ce livre est une romance toute mignonne, parfaite si vous n’êtes pas fanatique de récits érotico-passionné. Oui, l’on devine, du moins, l’on espère que, les deux personnages principaux vont passer un bout de chemin ensemble, même si l’action est resserré autour de Noël. Nous avons d’un côté Red, un charmant garçon, qui passe Noël seul et a envie de partager son marathon de film de Noël avec quelqu’un(e). Pour ma part, je trouve qu’un seul film de Noël, c’est déjà trop, alors un marathon… à moins de regarder le Noël d’Hercule Poirot, puis Le Noël de Maigret – et je suis presque sûre de trouver d’autres épisodes de séries policières qui se déroulent à Noël !

Red trouve une personne qui répond à son annonce, et qu’elle n’est pas sa surprise de constater que c’est un homme ! Pourquoi devrait-il s’en étonner ? Il en est bien un ! Pire (ou mieux, c’est selon, après tout, ce livre est une romance) : il s’agit du jeune homme pour lequel il éprouve une attirance certaine, sans pouvoir le lui dire. Compliquée, sa situation ? Il n’avait qu’à les regarder tout seul, ses films de Noël.

Comme dans un polar, c’est un huis-clos (si, si), un huis-clos dans lequel les personnages principaux risquent seulement l’hyperglycémie et la surcharge de guimauve dans certains films choisis (pas tous, loin s’en faut). Cette solitude choisie, coupée du monde pour un temps, leur permettra de régler quelques malentendus, de se faire des confidences, et aussi de reprendre contact avec le monde extérieur. De fêter Noël, en somme ! Bref, un livre qui sonne différemment cette année que les années précédentes – comme tout sonne différemment depuis presque un an, il faut bien le dire.

 

Un soupçon d’imprévu de Tamara Balliana

Présentation de l’éditeur :

À 38 ans, Romy est épanouie dans son métier de pâtissière, mais elle rêve désormais de fonder une famille. Autour d’elle, toutes ses amies sont en couple et déjà mamans… Bien décidée à avoir un enfant envers et contre tout, la jeune femme envisage plusieurs solutions pour devenir mère, quitte à revoir ses idéaux. Ce qu’elle n’avait pas prévu dans son plan ? Sa rencontre avec Alistair, un charmant maçon anglais de 11 ans son cadet, qui ne lui cache pas que la différence d’âge est loin d’être un problème pour lui… Mais est-il prêt à être père ? Au-delà de leurs âges respectifs, le jeune homme est tout juste en train de construire sa vie professionnelle, alors que Romy est installée et heureuse. Pourra-t-elle mettre son projet de vie entre parenthèses pour ce qui n’est peut-être qu’une amourette ?

Mon avis :

Je le dis et je le répète : la romance n’est pas mon genre de prédilection. J’ai même parfois, au tout début du livre, eu de sérieux doutes quant à l’orientation que prendrait l’intrigue. Je peux vous dire cependant une chose : ouf, l’intrigue est résolument inscrit dans les années 2020.
Pourquoi écris-je donc cela ? Voici quelques mois, j’ai lu une romance (de 2020 elle aussi) dans laquelle l’héroïne agissait de façon extrêmement datée : une bonne épouse, bien soumise. Ici, ce n’est pas le cas. Romy a 38 ans, n’a jamais été mariée mais est amoureuse depuis des années du beau Simon, journaliste toujours par monts et par vaux, qui ne pouvait donc pas, disait-il, se poser, se marier, fonder une famille, mais était ravie de retrouver ce que j’appelais « un plan couette fixe ». Seulement voilà : Simon va désormais se fixer, mais pas avec Romy, n’ayant pas vu (il était bien le seul) à quel point elle tenait à lui.
Romy a 38 ans, et si toutes ses amies sont mariées (elles ont été, chacune, l’héroïne d’une romance), si elles ont eu des enfants, elles se retrouvent elles aussi confrontés à l’un des fléaux réservés aux femmes : le droit de regard que n’importe qui se permet d’avoir sur leur famille. J’ai l’impression qu’il y a vingt ans, voire même dix ans, l’on en parlait moins ouvertement, moins frontalement aux femmes. Désormais, comme pour les héroïnes de Tamara Balliana, chacun se croit autoriser à donner son avis, tout droit sorti du café du commerce, bien sûr : un enfant ? Pas bien. quatre enfants ? Pas bien. Un enfant alors que l’on est handicapé ? Pas bien. Quoi que fasse une femme, ce n’est jamais bien, alors autant faire ce que l’on veut. C’est ainsi que Romy se jette à corps perdu dans son projet de maternité, sans suivre les conseils que lui donne sa mère – oui, faire un enfant dans le dos à un homme n’est jamais une bonne idée, même si elle semble penser le contraire.
Un soupçon d’imprévu offre un panorama contemporain de la parentalité, de la famille monoparentale (avec un père célibataire) à la famille homoparentale. Le roman n’oublie pas non plus qu’être parents peut être douloureux, et qu’il est des événements dont on ne se remet jamais. Etre parents, ce n’est pas simple, cela force à se poser beaucoup de questions, à envisager l’avenir autrement. Il montre aussi l’inégalité foncière entre un homme et une femme. L’homme peut attendre d’être prêt, et peut-être ne le sera-t-il jamais. Une femme n’a pas ce luxe.
Dernier fait qui ne change toujours pas : un homme avec une femme plus jeune ne choque pas. Une femme avec un homme plus jeune choque, alors que cela ne devrait pas. Deux personnes majeures font ce qu’elles veulent. Ceux qui se mèlent de la vie des autres l’oublient trop souvent.

Un chocolatier pour Noël de Hope Tiefenbrunner

Présentation de l’éditeur :

David n’y croit pas, pas plus qu’il ne croit qu’il pourrait se passer quelque chose entre lui et Nathan, qui travaille dans sa chocolaterie. Autant espérer croiser un lutin ! Après tout, Nathan est en couple et ne sort qu’avec des top models, pas vraiment la catégorie dans laquelle concourt David. Lorsque Séraphine, sa meilleure amie, l’incite à écrire Nathan sur sa liste de Noël, David ne le fait que pour l’humour. Tout le monde sait que le père Noël n’existe pas et qu’il ne dépose pas les cadeaux au pied du sapin, même quand on a été très sage ! La magie de Noël n’existe pas. Mais ça… c’est lui qui le dit !

Merci aux éditions MxM BookMark  et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis  :

Il est des romances qui ne remplissent pas vraiment le cahier des charges de ce que l’on attend d’une romance. J’ai quelques titres en tête qui sont extrêmement conventionnels pour ne pas dire décevants. J’en ai d’autres, par contre, qui remplissent parfaitement leur mission, et Un chocolatier pour Noël en fait partie.
Ah, pardon, pour certaines lectrices il y a un problème ? Nous sommes dans une romance homosexuelle ? Et alors ? Cela tombe bien, ce roman nous parle aussi d’homophobie, qui n’est qu’une variante de la connerie, finalement :
« Nathan n’habitait pas un mauvais quartier et le centre-ville était plutôt tranquille. Cependant, le look du jeune homme ne laissait pas trop de doute quant à son orientation sexuelles, et les cons n’avaient pas forcément besoin d’être homophobes pour s’en prendre à un mec parce qu’il portait une doudoune rose. »
Puis, pour ma part, je trouve toujours que réduire quelqu’un à son orientation sexuelle est particulièrement réducteur. David est chocolatier, il a plusieurs employés et ne compte pas ses heures, surtout en période de fête (Noël, saint Valentin, Pâques…). Parmi eux, se trouve le fameux Nathan, au physique aussi craquant que le chocolat. David, lui, a plutôt le physique de quelqu’un qui a beaucoup craqué pour le chocolat et qui n’a pas vraiment le temps et l’envie pour avoir des tablettes de chocolat. Bref, il a depuis longtemps renoncé à oser draguer Nathan, même si Séraphine, sa meilleure amie :
– voit bien qu’il est amoureux de Nathan ;
– lui conseille de se lancer.
Il faudra un concours de circonstances pour… amorcer les choses.
Oui, nous avons là une romance toute mignonne, avec des personnages qui assument parfaitement ce qu’ils sont, même si leurs parcours a été semé d’embuches. Comme le dit si bien Nathan : qu’est-ce qui se passait pour que des gens fassent des gosses et ne parviennent pas à s’y intéresser, à les accepter, à les aimer tout simplement ? Il est bon aussi que les roman(ce)s nous rappellent, justement, que tout n’est pas tout rose dans la vie, alors pourquoi ne pas vivre pleinement sa vie, d’oser vivre sa vie ? C’est aussi ce que fait Sébastien, le flamboyant Sébastien, meilleur ami de Nathan, parfaitement extravagant. Cliché, diront certains ? A une époque où l’on essaie toujours d’invisibiliser l’homosexualité (oui, j’ai un exemple pendant que je rédige mon avis), je trouve vraiment bien d’oser jusqu’au bout.
L’intrigue d’Un chocolatier pour Noël aura pris son temps pour se développer, et ce n’est pas plus mal. Ce fut un livre vraiment agréable à lire – et pas seulement pendant le confinement saison 2 2020.

Au bout de nos rêves de Théo Lemattre

Présentation de l’éditeur :

Alors que Tom se trouve au bord d’un ravin avec l’intention de mettre fin à ses jours, Léonie arrive sur les lieux avec la même idée que lui. C’est embêtant, aucun d’eux ne s’attendait à avoir un spectateur. Ils ne se connaissent pas et n’ont a priori aucune affinité, le désespoir mis à part. Mais lorsqu’ils se retrouvent dans un groupe de rigolothérapie, ils se rapprochent et découvrent qu’en réalité ils ont un point commun : des rêves brisés par une vie qui ne leur a pas fait de cadeaux. Ensemble, vont-ils trouver la force de se relever, de lutter… et d’aller au bout de leurs rêves ?

Merci à Netgalley et à Amazon Publishing France pour ce partenariat.

Mon avis :

Je ne suis pas une grande fan de romance, j’en ai lu beaucoup (enfin beaucoup… par rapport à ce que je lis d’habitude) entre mars et septembre, et je dois dire que ce livre m’a agréablement surprise.

Oui, Tom et Léonie veulent mettre fin à leurs jours, et c’est embarrassant, ils ont tous les deux choisi le même lieu au même moment. A croire que l’on ne peut plus couper brusquement le fil de sa vie, vouloir ne plus voir de lendemain tranquillement. Et tout cela pourquoi, je vous le demande ? Léonie a vu le rêve de sa vie brisé, et elle ne remarchera peut-être pas. Tom, lui, a été quitté par sa compagne, et pense avoir définitivement échoué à percer dans la musique. Leur rencontre entraîne finalement… un sursis qu’ils s’accordent à eux mêmes ? En quelque sorte.

Ils entament une thérapie avec un drôle de thérapeute, que l’on peut adorer détester, avec ses méthodes qui sortent de l’ordinaire. Qu’importe ! Il pousse chacun de ses patients – Tom et Léonie ne sont pas les seuls à participer à cette thérapie de groupe – à affronter qui ils sont vraiment, à faire des choix aussi, pour devenir ceux qu’ils sont vraiment. Il est question de rêves, mais il est aussi question de réussir sa vie – les deux ne correspondent pas forcément. Léonie était montée au sommet de son art, Tom, lui, s’est plutôt laissé couler, et son meilleur ami, le seul à lui tendre encore la main, est le modèle même de la réussite professionnelle – et qu’en est-il de ses rêves ?

Plus qu’une romance, c’est une interrogation sur le sens que l’on veut donner à sa vie, sur la manière de se reconstruire ou de se construire tout court. C’est aussi se demander si l’on a fait les bons choix, si l’on n’a pas été trop dur, parfois, avec soi ou avec les autres.

Sous le soleil de Key West de Priscilla Oliveras

édition de l’Archipel – 320 pages

Présentation de l’éditeur :

Sara, influençeuse mode et beauté sur les réseaux sociaux, a un problème. Et de taille ! Elle doit rejoindre sa famille à Key West pour les vacances. Mais son petit ami lui fait faux bond au dernier moment. Comment dès lors affronter les questions de ses frères – et de leurs épouses si parfaites – et de ses parents ? Qui tous s’attendaient à rencontrer le futur époux de la petite rebelle de la famille… Et si Luis, ce beau sapeur-pompier en congés forcés rencontré sur le tarmac de l’aéroport, se transformait en gendre idéal ? Voilà la bonne idée de Sara – ou pas… Après tout, pourquoi les rêves ne se réaliseraient-ils pas sous le soleil de Key West ?

Merci aux éditions de l’Archipel et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Sous le soleil de Key West
est une romance à la fois classique et différente. Classique, parce que j’ai pressenti le dénouement dès la lecture du résumé. Ne venez pas me dire que je spoile : quand on lit une romance, on a des attentes, et l’on sait très bien ce qui est le plus probable de survenir (je voyais mal Sara avoir une relation avec la soeur de Luis. Note : cela changerait). Le tout est de savoir comment les choses allaient se dérouler. Différente parce que ce roman aborde des thèmes que peu de romances abordent. La famille, d’abord, rarement mise en avant. Que ce soit celle de Sara ou celle de Luis, elles ont un point commun : tous les enfants ou presque ont fini par suivre la même voie professionnelle que leurs parents, comme si un autre choix était impossible. Sara, influenceuse mode, est l’exception, pour ne pas dire le vilain petit canard de sa famille de médecin. Elle a développé des troubles alimentaires, qui, en dépit des soins, lui empoisonnent un peu la vie, et les rapports qu’elle peut avoir avec sa famille – sujet rarement traité sur ses conséquences à long terme, comme dans ce livre.

Alors oui, il est des passages attendus que l’on trouve dans toute romance. Il est aussi des moments plus singuliers où Sara tente de se rapprocher de sa soeur, lui disant enfin ce qu’elle a sur le coeur, sans craindre les réactions de Robyn. Je me dis que cette dernière, brillante chirurgienne, a elle-aussi des choses à régler : sa mère a sacrifié une partie de sa carrière pour l’élever, aussi a-t-elle toujours voulu être au top de sa profession, et n’a-t-elle pas d’enfants (pour ne pas reproduire ce qu’a fait sa mère ? Elle ne creuse pas (encore) le sujet).

Et Luis ? A force de se protéger contre toute forme d’attachement, il en est venu à s’isoler complètement, sauf quand il s’agit d’aider les autres. Cela fait beaucoup, sauf qu’il a fallu, finalement, sa rencontre avec Sara pour qu’il pense enfin à cesser de s’isoler.

Sous le soleil de Key West est décidément un roman agréable à lire – et pas seulement l’été.

Un été dans la ville de l’amour de Sarah Morgan

Présentation de l’éditeur :

Pour célébrer leur vingt-cinquième anniversaire de mariage, Grace a prévu une surprise de taille pour son mari : une escapade romantique à Paris. Mais ce dernier lui a aussi réservé une annonce surprise : il souhaite divorcer. Dévastée par la nouvelle, Grace fait ses bagages et s’envole, seule, pour la capitale.
Lorsqu’Audrey quitte Londres pour la France, c’est avec la ferme intention de s’éloigner d’une mère alcoolique. Son objectif : dégoter un job dans une librairie et se familiariser avec le french kiss. Seulement, avec la barrière de la langue et sans argent, ses projets paraissent plus compliqués qu’elle ne le pensait.
La rencontre entre les deux jeunes femmes va alors tout changer. Et leur amitié naissante, bien que surprenante, pourrait bien devenir la meilleure chose qui pouvait leur arriver…

Merci aux éditions Harlequin et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

J’aurai presque envie de commencer ce billet en disant « oui, je lis de la romance aussi », j’en ai même lu quelques-uns depuis la fin de l’année 2019. Certains titres sont très réussis, d’autres le sont moins – malheureusement. J’ai lu trois romances quasiment coup sur coup, et j’ai décidé de chroniquer en premier celle qui m’avait le moins séduite, et d’expliquer pourquoi. J’aurai presque pu dire qu’elle m’avait mise en colère, mais non : ce n’est qu’un livre, pas une situation vécue dans la vie réelle.

Tout d’abord, je me suis sentie très jeune en lisant ce livre. Grace a 47 ans et elle se comporte comme une femme de trente ans d’un autre siècle, tout en restant dans le nôtre, ne ratant aucune des étapes imposés dans sa vie de femme et de mère : sa fille unique va quitter sa maison, et pour ne pas se livrer à son chagrin, elle organise, elle organise, elle organise. Quoi ? Un voyage surprise pour les 25 ans de mariage avec David, l’amour de sa vie. Sauf que David gère autrement le syndrôme du nid vide que sa femme, qu’il a pris une jeune maîtresse, amie de sa fille, ancienne élève de sa femme (n’oublions aucun cliché) et qu’il lui révèle le tout (à sa femme, sa maîtresse était déjà au courant) pendant le repas de leur vingt cinquième anniversaire de mariage. Il a aussi le bon goût de faire un infarctus (forcément, le stress et le surmenage sexuel) et sa femme lui sauve la vie – il en a de la chance. Je trouve d’ailleurs qu’il se remet assez bien de ce qui lui est arrivé, au point de continuer à se comporter comme le plus parfait des goujats, après avoir débordé de qualités pendant leur vingt cinq années de mariage, et même avant – David et Grace sont amis d’enfance.

Grace part donc à Paris seule, refusant que David et sa nouvelle compagne partent à sa place. C’est toujours bien de ne pas avoir de soucis financiers. A Paris, Grace rencontre Audrey, une jeune femme sympathique, débrouillarde, mais sur certains sujets seulement. Les deux femmes « que tout oppose » vont cependant devenir très vite amies. Elles se découvrent un point commun : une enfance merdique, avec une mère alcoolique, dont elles ne pouvaient parler avec quasiment personne, l’une (Grace) parce que son père lui disait que tout allait bien – l’alcoolisme mondain fait des ravages – l’autre (Audrey) parce qu’elle n’avait personne à qui se confier, et que sa mère, en dépit de son alcoolisme, parvient à garder son travail, ce qui est l’un des éléments constants de sa vie, avec la nécessité qu’elle a d’ingérer des doses d’alcool quotidiennes, avec sa capacité à dévaloriser sa fille voire à lui nuire fréquemment. Je vous rassure : nous sommes dans une romance, et si l’on ne peut plus rien pour les parents de Grace (ils sont morts), il n’en est pas de même pour la mère d’Audrey.

Oui, romance + Paris = même si des thèmes lourds sont abordés, quelques clichés. Paris est la ville des amoureux – et celle où l’on fauche les sacs à main des touristes. Paris est la ville où l’on trouve un appartement facilement, où l’on vous loge en plus de vous fournir un travail. Paris permet de renouer avec un amour de jeunesse, dont on ignore ce qu’il est devenu (à croire que Grace a vécu coupée du monde pendant toutes ses années, ou ne s’est absolument pas intéressée à la musique). Bizarrement, il est devenu un pianiste mondialement connu, et non un simple professeur de piano. Je ne dis pas que certains faits ne sont pas vrais, comme le fait qu’il est facile de se laisser influencer, ou « l’effet de masse » qui fait que l’on n’ose dire non. Je suis cependant étonnée qu’Audrey, capable d’une grande force de caractère vue ce qu’elle a traversé pendant son enfance, ne soit pas capable de plus de force dans certaines situations. A vrai dire, toutes les jeunes filles présentées dans ce roman (sauf Sophie, jusqu’à un certain point) sont influençables, qu’elles aient eu une enfance choyée, protégée ou non (note : je ne l’étais pas, heureusement pour moi).

Je terminerai avec le personnage de Mimi, la grand-mère de Grace, qui lui a apporté un cadre stable, cadre qu’elle-même n’a pas offert à sa fille. Mimi est présentée comme un esprit libre, qui n’en a fait qu’à sa tête étant jeune pour son art, qui a toujours mené sa barque comme elle l’entendait sauf que… ce qu’elle fait à sa petite-fille dans ce roman est tout à fait contraire au caractère qui lui est prêté. Y’a comme un hic, pour rester correct, parce que ce qu’elle fait à sa petite fille est tout simplement dégoûtant (version polie à nouveau). Grace ayant l’habitude d’oublier ses désirs au profit de ceux des autres, elle finit par… plier de son plein gré.

Fin heureuse, oui, mais pas de mon point de vue.

Je veux un homme qui de Tamara Balliana

Amazon Publishing France – 303 pages

Présentation de l’éditeur :

Oriane aime Jules, Jules veut l’aider à trouver l’amour.
Oriane, jeune policière sportive et célibataire, ne rencontre que des hommes qui ne l’intéressent pas, ou qui ne sont pas disponibles à l’instar de Jules, le patron du Café de la Place de Cadenel, qu’elle aime secrètement depuis l’adolescence.
De son côté, Jules est plutôt préoccupé par la préparation de sa soirée, qui s’annonce mémorable. Pari réussi… mais pas tout à fait comme il l’imaginait ! Voir tous ses plans partir en fumée, et se retrouver au poste menotté par Oriane ne faisait certainement pas partie du programme. Mais à cette occasion, lui qui n’a toujours accordé qu’une attention distraite à la jeune femme, s’aperçoit qu’il peut compter sur elle.
Petit à petit, leur amitié se développe, et Jules entreprend d’aider Oriane à trouver l’amour au moyen d’une liste : celle des qualités indispensables à l’homme de sa vie. Mais comment faire comprendre à Jules que le seul homme qu’elle veut, c’est lui ?

Merci à Amazon Publishing France et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

J’aime bien lire des romances de temps en temps. Je dois dire que celle-ci n’a pas été désagréable à lire même si, forcément, nous sommes dans une romance.
Des sujets graves sont abordés, comme le fait que le grand-père de l’héroïne, Oriane, soit devenu dépendant, obligé de vivre dans une maison de retraite, et perd peu à peu la mémoire au point de ne pas reconnaître, parfois sa petite-fille unique qu’il a élevé. Sujet sensible, abordé à la fois avec réalisme et sensibilité.
Oriane est donc l’héroïne de ce roman. Elle est policière, premier point qui peut faire fuir les hommes. Elle a un phsyique atypique, c’est à dire qu’elle est grande, sportive, et qu’elle a un nez que certaines se seraient empressés de corriger non grâce au contouring, mais par un chirurgien esthétique. J’ai aimé la manière dont Oriane assume son nez, et aussi le fait qu’elle rappelle que peut-être un de ses enfants en héritera, et qu’alors, il saura de qui il le tient (avec la chirurgie, ce serait fort compliqué). A méditer pour celles et ceux qui passent leur temps à retoucher leur apparence – ou à la modifier parce qu’ils n’assument pas leur ressemblance avec leurs parents, cela arrive aussi.
Autour d’Oriane gravitent ses amies, qui veulent absolument lui permettre de rencontrer quelqu’un. Nous suivons, aussi, leurs propres aventures amoureuses, qui viennent s’entrelacer avec celle d’Oriane. Après tout, il suffirait simplement que Jules, patron du café qu’elle aime depuis qu’elle est adolescente, tombe amoureux d’elle, lui qui ne pense qu’à demander en mariage sa compagne de longue date. Tout ne se passera pas vraiment comme prévu pour lui et pour Oriane, d’abord.
Jusqu’à présent, ma critique semble plutôt positive, alors qu’est-ce qui a coincé ? Le personnage du prêtre. Il a un nom tout droit tiré d’une romance irlandaise. Il est sympathique – tant mieux – et il marie en deux temps trois mouvements les amoureux qui le veulent (nous assisterons à un mariage dans ce roman). Si un tel prêtre existe, présentez le moi ! La préparation du mariage catholique dure à peu près un an, avec forces contraintes pour les futurs mariés. Peut-être les couples qui sont bien connus de leur paroisse, ceux qui allaient à la messe bien avant qu’un séduisant prêtre n’officie, ont droit à une préparation moins longue : je ne sais pas. J’ajoute que, s’il n’est plus nécessaire d’avoir communié pour être marié, les certificats de baptême des futurs mariés sont quasiment obligatoires (je modalise, en cas d’exception que je ne connaîtrai pas). Bref, de ce point de vue, nous sommes bien dans une romance – et moi, toujours anticléricale, cela ne changera pas. Cependant, je suis sûre que les amateurs de romance apprécieront ce roman.