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Souvenirs d’enfance de Rabindranaht Tagore

Présentation de l’éditeur :

Ce petit livre des Souvenirs d’enfance est l’une des dernières œuvres importantes de Rabindranath Tagore.Il a été écrit pendant l’été de 1940 dans la petite bourgade de Kalimpong, près de Darjeeling.

Mon avis :

L’auteur nous raconte ici, au soir de sa vie, ses souvenirs d’enfance, entre un frère aîné et son cadet – ceux, sans doute, dont il était le plus proche. Ce qui m’a frappé en premier, c’est son attachement au bengali, tout comme les autres membres de sa famille, dans un pays sous domination anglaise, qui était en train de s’occidentaliser.

Il parle de ses études, ou plutôt de son caractère rétif aux études, préférant lire ou faire de la musique. Il se souvient de la nourriture frugale, des jeux simples, et de sa santé de fer. Il n’est pas question de détails pittoresques, plutôt une volonté de se rappeler des moments heureux, ou moins heureux, comme lorsqu’il parle de sa belle-soeur et de sa mort.

Il nous fait partager aussi l’effervescence de la création littéraire en Inde à cette époque, où journaux et poésie étaient particulièrement vivaces.  Bien sur, ce livre n’est pas aussi exhaustif qu’une biographie, il a cependant le mérite de nous plonger dans l’Inde du début de la fin du XIXe siècle, plus connu vu par un regard occidental que par un regard indien.

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La confrérie de la conque, tome 2 : le miroir du feu et des rêves.

Présentation de l’éditeur :

Dans la Vallée d’Argent, Anand et Nisha perfectionnent leurs dons magiques au sein de la Confrérie des guérisseurs. Mais bientôt une vision avertit Anand : le mal est en marche ! Pour venir en aide à des villageois qu’un très puissant djinn vide de leurs âmes, ils vont se trouver projetés loin dans le passé de l’Inde, à l’époque du nawab Haider Ali.

Mon avis :

Le deuxième volet des aventures de la confrérie de la conque nous emmène cette fois-ci dans le passé, jouant avec le cadre spatio-temporel. Ce sont bien les mêmes personnages, mais dans d’autres lieus, à la fois dans le présent, puis dans le passé. Je vous rassure : les changements temporels restent faciles à suivre.

En revanche, il n’est pas facile pour Anand se s’adapter aux moeurs du temps, même si des éléments merveilleux maléfiques sont bien présents, histoire de lui rappeler qu’il ne voyage pas dans le passé pour son plaisir personnel. Anand est quasiment seul puisque non seulement lui et ses compagnons ont changé d’identité mais certains ont aussi perdu la mémoire, quand ce n’est pas leur don. Ce n’est guère pratique, même si Anand découvre un autre objet de pouvoir et parvient à nouveau à presque bien communiquer avec lui. « Presque », parce qu’Anand est un personnage qui évolue, qui grandit. Les personnages de cette saga ne sont pas manichéens. L’erreur est humaine, les sentiments, les impulsions aussi. Certains savent très bien reconnaître leurs erreurs et tenter de les réparer. Il faut parfois plus de courage pour le faire que pour livrer un combat, aussi il est bon qu’un livre jeunesse montre que les conflits peuvent aussi se régler par des mots.

Je terminerai cependant par un regret : certains personnages du passé sont véritablement attachants, et il est dommage de ne plus les revoir.

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Charulata de Rabindranath Tagore

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Présentation de l’éditeur :

Bhupati consacre sa vie au journal anglophone qu’il a fondé. Il en délaisse sa femme, la belle et jeune Chârulatâ, et confie à son cousin Amal, étudiant qu’il héberge, le soin de la distraire… A sa parution, au tout début du XXe siècle, Chârulatâ scandalise la bonne société bengalie

Mon avis :

Ce roman a été écrit en 1901. Inédit en français, il a été traduit en français par les éditions Zulma en 2009. Court (une centaine de pages), il nous en apprend pourtant beaucoup sur la bonne société indienne au temps de l’empire britannique.
C’est vrai : nous avons tous le souvenir littéraire de ses officiers anglais revenant au Royaume-Uni après avoir séjourné en Inde. Je pense aux romans de Sir Arthur Conan Doyle (le colonel Moran…) ou à ceux d’Agatha Christie. Mais qu’en était-il chez les indiens qui s’étaient intégrés à cette bonne société ? Nous avons ici Bhupati et Charulata, son épouse, Charu pour presque tous. Lui dirige un journal publié en anglais. Elle dirige sa maison, attend le retour de son mari. Union arrangée ? Bien sûr, comme toutes celles de cette période. Cependant, Bhupati a tenu cet union pour acquise, et n’a jamais vraiment cherché à avoir une communion, pour ne pas dire une communication avec sa femme. Et pourtant, ils ont été mariés pendant douze ans, et lui s’impliquait énormément dans son travail.
Il n’est pas un monstre d’égoïsme, pourtant. Juste quelqu’un qui a tout pris pour acquis et ne s’est jamais posé de question – ou alors, trop tard. Pour pallier la solitude de son épouse (ils n’ont pas d’enfants), il invite à vivre chez lui son neveu, étudiant. Et Bhupati est vraiment le seul à ne pas voir non la liaison de sa femme et de son jeune neveu, rien de tel ici, mais la profondeur des sentiments que Charu éprouve pour lui.
Nous ne sommes pas, à mes yeux, dans un vaudeville. Nous sommes dans une tragédie intime. Les sentiments sont impossibles à dire, encore plus à partager et à vivre. Chacun souffre, sans remède pour cette douleur. Ni le rapprochement, ni l’éloignement ne peuvent soulager les trois membres de ce trio amoureux. L’écriture, qui avait permis à Amal et Charu de se rapprocher, de s’opposer, inconsciemment peut-être, à Bhupati (lui publie un journal anglais, eux deux écrivent en bengali), est un nouvel instrument de séparation, prouvant l’impossibilité de dire, renvoyant aussi Bhupati à sa médiocrité.
Ce roman est à lire pour découvrir une autre facette de la littérature indienne. Son auteur a eu le prix Nobel de littérature en 1913.

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La confrérie de la conque, tome 1

Présentation de l’éditeur :

La rencontre d’Anand avec un vieil homme inconnu va décider de sa vie. Pour lui et pour un coquillage merveilleux – la conque – il quittera, par une nuit d’orage, sa cabane des bidonvilles de Calcutta pour courir après des rêves d’aventures et de magie, qui le mèneront dans une vallée de l’Himalaya, auprès de la Confrérie des guérisseurs. Mais le chemin est long jusqu’à la Vallée d’Argent. En compagnie de Nisha, une petite balayeuse têtue, Anand devra échapper aux sortilèges de Surabhanu et affronter ses propres démons intérieurs.

Mon avis :

Ce roman est le premier tome d’une trilogie (pratique quand votre bibliothèque ne possède que les deux premiers tomes). Il emprunte à la fois à la littérature contemporaine et à la fantasy. Littérature contemporaine, parce qu’il nous montre la vie quotidienne à Calcutta pour un adolescent pauvre. fantasy, parce que les épreuves qu’il va devoir surmonter pour protéger la conque et gagner le lieu de retraite de la Confrérie nous emmène réellement dans un autre univers.

Anand est très pauvre. Il a même dû renoncer à aller à l’école pour faire vivre sa mère et sa petite soeur, gravement malade (traumatisée, dirions-nous en occident) depuis qu’elle a été témoin d’un meurtre. Le travail acharné et les humiliations sont son quotidien, jusqu’à ce qu’il rencontre un vieux sage qui, comme dans toute quête, lui propose une mission. Contrairement à un ouvrage de fantasy « ordinaire », nous voyons le héros se questionner – beaucoup – lutter contre les tentations, contre sa nature profonde aussi. Les aventures sont bien là, pourtant, mais la manière de les surmonter est autant spirituelle que physique.

Bien sûr, le héros n’est pas seul. Il est accompagné par un vieux sage, qui devra le mener vers son propre chemin de connaissance, et par une jeune gamine des rues, une orpheline que personne ne voit, donc dont personne ne se soucie. Il n’est pas facile d’être une fille dans cet univers essentiellement masculin. Il est donc bon qu’il y en est une, à la personnalité complexe qui plus est.

Le porteur de conque est un roman de littérature jeunesse indienne à découvrir, surtout que l’auteur est plus connue pour ses livres de littérature contemporaine.

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Pour quelques millards et une roupie de Vikas Swarup

Merci à Babelio et aux éditions Belfond pour ce partenariat.

Présentation de l’éditeur :

Vendeuse d’électroménager pour entretenir sa famille, harcelée chaque jour par sa sœur, starlette en devenir, son propriétaire pressé et son patron incompétent, Sapna Sinha voit s’éloigner toujours un peu plus ses rêves d’avenir. Mais voilà qu’un jour, le plus grand patron d’Inde lui offre sa fortune et son entreprise, à condition qu’elle passe sept mystérieuses épreuves. S’agit-il d’un jeu cruel ou se pourrait-il que ses prières soient enfin exaucées ? Embarquée malgré elle dans d’incroyables aventures auprès de stars désespérées, de jeunes fiancées suicidaires et d’enfants exploités, Sapna devra prouver sa vaillance, son empathie et son honnêteté afin de construire un avenir meilleur pour elle et sa famille.

Mon avis :

Ce roman aurait aussi bien pu s’intituler : ceci n’est pas un conte. Et pourtant, c’est bien un conte de fée que semble vivre Sapna Sinha, avec tous les composants du conte. Ce n’est pas un roi qui lui impose ces épreuves, mais un milliardaire. Elle en subira sept, chiffre symbolique s’il en est. Elle n’agit pas seulement pour elle, mais pour les siens, sa mère, malade, sa soeur, ambitieuse. Elle aura même des adjuvants, dont une journaliste d’investigation très déterminée, et des opposants très nombreux. Le style est lui-même simplement exquis, d’une grande douceur, et la lecture se fait presque toute seule, tant le texte est fluide.

Pour mieux dissimuler le vrai sujet du livre.

Vikas Swarup nous dresse un portrait de l’Inde d’aujourd’hui, et il n’est pas très réjouissant. La corruption règne en maître, à tous les niveaux de la société. Se faire soigner décemment nécessite beaucoup de patience – et parfois, beaucoup d’argent. La police ? Il vaut mieux ne pas avoir affaire à elle, comme si, pour elle, enquêter était une perte de temps. Les politiciens ? Leur poste leur sert à augmenter leur pactole, en protégeant, ou en étant à la tête de trafic de toutes sortes, les pires qui soient, bien entendu. ? Ne songez même pas à vous divertir. Les actrices sont prétentieuses et imbuvables. Comme en France, les émissions de télé-crochet fleurissent, et les jeunes talents y tentent leur cachent quand ils n’y laissent pas des plumes, en plus de leurs illusions.

Bien sûr, la société indienne a évolué – en ville. Dans les campagnes les plus reculés, règnent en maître les traditions. Qui ira voir ce qui se passe, qui s’opposera à ces violences ? La route à suivre est encore longue, et pour une Sapna qui agit, pour une journaliste qui enquête, les tragédies individuelles restent souvent ignorées.  Même en ville, la violence n’est jamais loin – les coupables non plus.  Il faut à l’héroïne beaucoup de force, de courage et de détermination pour surmonter les épreuves que lui impose non son mentor improvisé, mais la vie quotidienne en Inde.

Un beau roman à découvrir.