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Phoenix, Arizona de Sherman Alexie

Présentation de l’éditeur :

Avec Phoenix, Arizona, Sherman Alexie nous offre les riffs d’une écriture joliment jazzée. La plupart de ses personnages sont des anges égarés dans une civilisation qui les méprise. Victor, le gavroche de la réserve, Adrian, le mordu de rock and roll, Julius et Arnold, qui se défoncent divinement sur les terrains de basket, Joe-le-Dégueulasse, qui vide les flasques de bourbon dans les fêtes foraines, Thomas-Builds-The-Fire, le baroudeur qui se prend pour Jimi Hendrix au volant de sa camionnette pourrie, la douce Norma, championne du monde du pain frit. […] Mêlant portraits de famille et légendes indiennes, comptes rendus de procès et souvenirs scolaires, coups de poing et coups de cœur, autobiographie et sociologie, émotion et lyrisme, Sherman Alexie écrit à fleur de peau des histoires débordantes de tendresse. Sombres, mais jamais larmoyantes. Et souvent pétries d’humour, « cet antiseptique qui nettoie les plus profondes des blessures ».

Mon avis :

Les nouvelles sont un genre littéraire que j’apprécie très peu – pourtant, j’ai été sous le charme de la plume de Sherman Alexie, peut-être parce que nous pouvons retrouver les personnages d’une nouvelle à l’autre, comme des membres d’une même famille que l’on prendra plaisir à revoir.
Pourtant, la vie n’est pas tendre, pour les indiens de la réserve – j’ai retrouvé l’écho de certains faits relatés dans Le premier qui pleure a perdu . La vie n’a jamais été tendre, comme le rappellent certains conteurs de la tribu. Leurs seuls compagnons fidèles sont l’alcool et le diabète : le diabète est pareil à une maitresse, il vous fait mal de l’intérieur. j’étais plus proche de mon diabète que de n’importe lequel de mes amis ou des membres de ma famille. Même lorsque j’étais seul, tranquille, occupé à réfléchir, et que je ne désirais aucune compagnie, mon diabète était là. C’était la vérité. Leur vie quotidienne est parsemée par les actes de violence des blancs. Après tout, Les blancs veulent toujours se battre contre quelqu’un et ils se débrouillent toujours pour que ce soient les hommes à la peau brune qui se battent à leur place. Quoiqu’il arrive, même s’il ne boit pas, l’Indien est toujours suspecté de boire – ce n’est pas que les clichés ont la vie dure, c’est que les clichés ont été parfaitement intégrés par ceux qui ont un soupçon d’autorité.
Il est tout de même, et heureusement, des moments de joie, des moments de bonheur, des faits drôles, de véritables bouffées d’optimisme. La « scolarité » du jeune indien n’est pas la même que celle de son homologue blanc. Il peut lui aussi compter sur le sport pour se sortir de sa condition – vive le basket. Vive l’amitié aussi, les rassemblements où l’on chante, où l’on danse, et le soda light, indispensable à cause du diabète.
Un recueil pour ne pas oublier la vie quotidienne des amérindiens.

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Cendres de Marbella d’Hervé Mestron

Présentation de l’éditeur :

Ecrit à la première personne dans une langue aussi incorrecte que truculente, Cendres de Marbella est le récit d’une trajectoire au ras du bitume, celle d’un petit gars qui voudrait bien s’extirper de sa banlieue en déliquescence autogérée, pour être quelqu’un d’autre du bon côté du périphérique.
Une nouvelle drôle et noire.

Merci à Hervé Mestron et aux éditions Antidata pour l’envoi de ce livre.

Mon avis :

Je crois que cendres de Marbella est le sixième ouvrage que je lis d’Hervé Mestron, et ce ne sera pas le dernier. Ce qui me frappe chez lui, c’est sa capacité à aborder des sujets très différents dans ces romans ou nouvelles, et peu importe que ces sujets ne soient pas attirants, pas glamour. Prenez Cendres de Marbella. Le narrateur/personnage principal/héros est un ado de banlieue, et déjà dealer chevronné. Il a d’ailleurs un plan de carrière tout prêt, des ambitions professionnelles avouées, des objectifs à atteindre aussi bien que s’il travaillait pour une société lambda. Il a également un modèle à suivre – ou pas : son frère aîné est en prison. Le plus important est tout de même de se faire respecter de ses « clients », quels qu’ils soient.
Le tour de force de cette nouvelle est de nous plonger véritablement dans la peau de Ziz (ou Mat, selon les circonstances), de ses pensées, de ses contradictions. Non, il n’est pas amoral, il est pire encore. Il n’est pas question qu’il laisse qui que ce soit briser ses rêves.
La nouvelle est écrite comme Ziz parle, en une langue fluide et imagée, qui ne s’embarrasse pas de contraintes, une langue qui reflète, finalement, l’absence de règles avec laquelle il vit. A aucun moment l’on ne plonge dans le pathos, ce qui aurait été possible et, finalement, assez facile, plus facile que de nous montrer ce portrait sans aucun fard.
Ziz ? Un anti-héros pas comme les autres.

Tombé du Ciel – une nouvelle de Craig Johnson

Présentation de l’éditeur : 

Walt Longmire est le shériff d’un comté du nord du Wyoming qui a du mal à surmonter le décès de son épouse. Le 1er janvier 2000, lendemain d’un cuite mémorable, il se met en tête de déposer son chèque de paye à son adjoint le plus éloigné. Le voilà partit à l’aube dans son véhicule de service, en peignoir dans un état franchement négligé. Arrivé sur place, il répond à un coup de fil et le voilà embarqué dans une étrange affaire. On lui signale une femme armée qui attendrai Jésus, dans sa voiture sur le parking d’une station-service…

Mon avis : 

Cette courte nouvelle est l’occasion de découvrir Walt Longmire dans un état rare c’est à dire non pas complètement bourré, mais au lendemain d’avoir été complètement bourré. Il lui reste encore quelques séquelles – comme le fait de se rendre chez son adjoint en peignoir pour lui payer son dû. Ce n’est pas seulement par altruisme qu’il agit ainsi, non, c’est également parce qu’il en veut à la charmante administration du Wyoming. Las ! A peine arrivé, le voilà plongé dans une affaire… nan, pas une affaire criminelle (encore que) mais une affaire surprenante et légèrement sordide quand on y réfléchit bien.

Moralité : pas rasé, pas trop dégrisé, pas vraiment coiffé, Walt Longmire parvient tout de même à mettre de l’ordre dans de sérieux gâchis.

The Pink tea time club de Cécile Guillot

Présentation de l’éditeur :

Lottie est une jeune Londonienne bien sous tous rapports, même si elle préfère s’informer des dernières modes plutôt que d’apprendre les convenances d’une future femme à marier.
Cependant, lorsque des engeances monstrueuses sorties tout droit d’une dimension parallèle s’attaquent à elle au cours d’une promenade, la lady saute sur l’occasion de chambouler son quotidien.
Mise au parfum par Mr Rabbit, un jeune horloger garant de la fermeture de ces portails, Lottie décide de partir à l’aventure. Dans son empressement passionné, elle embrigade sa sœur et sa meilleure amie avec lesquelles elle forme désormais le Pink Tea Time Club. Un groupe de lecture, en apparences, où l’on parle monstres, créatures fantastiques, royaumes féériques et autres mondes. Pour la soif de découverte, pour sauver Londres mais surtout, pour passer le temps.
En toute bienséance, cela va de soi…

Mon avis : 

Ce recueil de nouvelles est ma première incursion avec la maison d’édition du chat noir – et pourtant, j’ai plusieurs livres de cette maison d’édition qui m’attendent dans ma PAL.

Verdict ? Elle est sympathique, cette Lottie à la garde robe si colorée. Ce qui arrive à son petit chien l’est nettement moins – et l’animal qui le remplace est pour le moins original. Sous couvert de réunion autour d’une tasse de thé, elle et ses amies vont se retrouver à mener des enquêtes dans un univers bourré de références littéraires – et pas seulement de créatures roses.

Six nouvelles à déguster l’une après l’autre, avec une bonne tasse de thé. Six nouvelles qui sont liées entre elles chronologiquement, comme les chapitres d’un roman. Une charmante découverte.

Buenos aires noir

Présentation de l’éditeur :

Après Marseille Noir et Bruxelles Noir en 2015, la collection « Asphalte Noir » se penche sur le cas de Buenos Aires. Ernesto Mallo et treize auteurs portègnes nous montrent le côté obscur et méconnu de la capitale argentine, des cités dortoirs aux quartiers chics, des repaires de la jeunesse aux villas miserias (bidonvilles).

Mon avis :

Je ne suis pas très fan du genre nouvelle. Cependant, pour le mois espagnol, j’ai tenté le coup avec la lecture de ce recueil entièrement consacré à Buenos Aires. Techniquement, il comporte trois parties : Amour, Infidélités et Crimes imparfaits. Les deux premières parties contiennent trois nouvelles chacune, la dernière sept. Je dois dire que la première nouvelle m’a un peu rebuté, elle n’est pas la meilleure du recueil, elle m’a semblé même plutôt banale. Heureusement, les deux autres nouvelles de la première partie sont bien meilleure, surtout « Trois pièces avec patio », qui évoquent la dictature, les disparus, et les efforts que doivent accomplir leurs proches pour tenter de les retrouver et, qui sait ? de les sauver.

Pour la deuxième partie, c’est « Orange, c’est joli comme couleur » que je retiens. Cette nouvelle a des accents Hitchcockiens, et pas seulement. L’héroïne et sa détermination, si habillement campée en quelques pages, font tout le prix de cet écrit.

J’ai eu plus de mal à trouver, dans la troisième partie, une nouvelle qui me séduise complètement. Il manquait toujours quelque chose pour me plaire, comme le dénouement de « La part du lion », un peu trop prévisible à mon goût. Une exception, cependant : « ça brûle », qui exploite parfaitement la thématique induite par le titre, du plus futile au plus tragique. Ces sept nouvelles nous donnent une vision très noire de l’Argentine, entre corruption, prostitution presque institutionnalisée, trafic, racisme ordinaire, absence de justice et solitude. Note : pour obtenir de l’aide, il faut aussi en demander, et s’adresser à la bonne personne.

Un recueil de nouvelles qui donne envie de découvrir d’autres oeuvres de ces auteurs.

Sidney Chambers et l’ombre de la mort de James Runcie

Présentation de l’éditeur :

Sidney Chambers, le prêtre de Grantchester, est un célibataire de 32 ans. Grand, brun, les yeux noisette et l’air rassurant, Sidney est un homme d’église peu conventionnel qui peut aller là où la police ne le peut pas. Avec son ami, l’inspecteur Geordie Keating, il mène l’enquête. Le début d’une série où l’on croise les mânes de Chesterton et d’Agatha Christie.

Mon avis : 

Je suis fan de la série Grantchester, je ne pense pas être la seule, aussi, quand j’ai lu sur le blog de Syl qu’il existait un roman policier à l’origine de la série, j’ai mis du temps, mais je l’ai lu !
Ce livre est en fait un recueil de six nouvelles policières, dont le ton n’est pas sans rappelé les nouvelles d’Agatha Christie. Il est d’ailleurs fait allusion à l’auteur dans une conversion d’où il ressort que c’est toujours le médecin le coupable. Et c’est le chanoine Sidney Grantchester qui enquête. Pas vraiment de son plein gré : la toute première enquête s’avère délicate, personne ne pense d’ailleurs qu’un crime ait été réellement commis, tout porte à croire qu’il s’agit d’un suicide. Stephen Staunton ne noyait-il pas sa dépression dans le whiskey (à ne pas confondre avec le whisky) ? N’était-il pas marié à une allemande, ce qui est plutôt mal vu au lendemain de la seconde guerre mondiale ? Ne serait-ce pas à cause d’elle qu’il s’est suicidé ? Il est toujours des personnes promptes à accuser dans ses nouvelles, et ce sont, en général, les personnes qui ne suscitent pas vraiment la sympathie de Sidney – et du lecteur.
Meurtres, vol, séquestration – l’Angleterre des années 50 est tout sauf paisible, alors que Sidney Grantchester ne demande qu’à se consacrer pleinement à son sacerdoce et à pouvoir rencontrer toutes les semaines sont ami Geordie sans que leur amitié soit entaché par une enquête.
Ses proches se retrouvent d’ailleurs bien malgré eux au coeur de l’intrigue, que ce soit Jennifer, sa soeur, ou Amanda, son amie. Celle-ci poussera l’amitié jusqu’à offrir un chiot labrador à Sidney, qui devra convenir de l’utilité de la charmante bestiole.
A quand la traduction du tome 2 ?

Le cheval de discorde de Craig Johnson

Présentation de l’éditeur :

Dans cette nouvelle on retrouve Walt, Henry et Cady aux American Indian Days.
« Nous étions le week-end précédant Memorial Day et je dînais en compagnie de Henry et Cady au Busy Bee Café. Je n’étais pas encore complètement remis de mes aventures dans les Bighorn Mountains, lorsque j’étais parti à la poursuite de prisonniers en fuite. Je tripotais la bague trop grande que je portais à mon pouce et regardais les loups de turquoise talonner leurs frères de corail sur l’anneau en argent. Puis je l’enlevai et la rangeai dans la poche de ma chemise, sous mon insigne ».

Mon avis :

Cadeau de fin d’année des éditions Gallmeister que cette nouvelle disponible gratuitement sur leur site. Non, ce n’est pas une enquête policière – pas à proprement parler. Walt Longmire fait une pause, après Tous les démons sont ici et avant A vol d’oiseau. Oui, il est en repos, il prépare le mariage de sa fille et fait avec les affaires courantes – à savoir le vol d’un cheval de rodéo. Vol, ou bien son propriétaire, qui participe aux American Indian Days, a oublié l’endroit où il l’a laissé, ou il l’a mal attaché, ou bien, ou bien… Bref, Walt y va, quand même, parce que c’est son travail, et parce que le propriétaire de ce cheval rétif, il le connaît, il connait son parcours, l’historique de son mariage et de son divorce mouvementée.
Oui, cette nouvelle est une parenthèse dans les enquêtes difficiles de Walt, elle permet au lecteur de découvrir les American Indian Days et de voir Walt résoudre une affaire (en auriez-vous douté) sans trop de bobos.
Rendez-vous en mars pour la sortie du nouveau tome des aventures de Walt Longmire.

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