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L’attaque du train 921

édition Oxymoron – 95 pages
Présentation de l’éditeur :
La duchesse Charlotte-Adélaïde de Maubois, qui va se marier aux Indes, a pris place dans le rapide de Marseille. Elle emporte de merveilleux bijoux sur le sort desquels veille le policier Mirabel. Ce dernier, après avoir causé au moment du départ avec un riche américain, Harry Gedworth, remarque dans le wagon un individu qu’il croit reconnaître ; mais il ne peut préciser ses souvenirs. L’inconnu suspect s’est retiré de très bonne heure dans son compartiment. Le policier attend vainement son retour : lorsqu’il rentre enfin dans le sleeping, l’homme a disparu.

Mon avis :

C’est quasiment une formule consacrée : je n’attendais pas grand chose de cette lecture. Le bilan est donc simple : je n’ai pas eu grand chose. Et même si ce tome se termine par un « à suivre », je ne suivrai pas la suite des aventures de ce policier-détective (les deux sont dits, ce n’est donc pas très clair) dont les aventures me font penser à un ancien slogan publicitaire : « même mouillé, il est sec ! ». Ce n’est pas le seul souci dans la construction de l’intrigue.

Roman policier ? Roman d’aventures ? Roman sentimental ? Je penche plutôt pour les deux dernières catégories. La très belle Charlotte-Adélaïde de Maubois est veuve, son mari ayant eu la bonne idée de mourir d’un accident de chasse. Elle s’est mariée pour échapper à un milieu familial qui l’étouffait – la vie entourée par deux tantes célibataires n’était pas folichonne, et la jeune fille avait soif de divertissements, de voyage. Ce n’est pas auprès de son mari qu’elle a pu étancher cette soif. Aussi, elle ne se prive pas maintenant qu’elle est veuve, et c’est ainsi qu’elle rencontre un beau prince indien, qu’ils tombent amoureux l’un de l’autre, qu’il la demande en mariage, la couvrant de bijoux, et qu’elle accepte sa proposition. Pardon ? Oui, c’est bien un roman policier, mais là, nous sommes plutôt dans la romance. Son chaperon, préférant resté à une table de jeu plutôt que de s’occuper de Charlotte-Adélaïde (pas de diminutif, c’est dommage), il lui suggère d’embaucher le célèbre détective/policier (on ne sait toujours pas très bien) Mirabel (qui n’appelle pas Églantine).

Commence alors un roman d’aventures qui contient des éléments intéressants et des invraisemblances. Je ne passerai pas sous silence le cadavre nu dont on fouille les poches, ou le détective qui, pris d’une impulsion, saute à l’eau puis sort de l’eau sans être mouillé. Je n’oublie pas la « femme fatale » qui apparaît à la fin de la partie que j’ai lue, et la pincée de termes teintés de racisme. Oui, ce sont les termes employés à une époque, et que l’on se garderait bien d’utiliser maintenant. Je note cependant que les bandits du rail ne sont pas tout blancs – et cela me dérange fortement de verser ainsi dans le manichéisme, même dans la littérature populaire.

Tous les noms qu’ils donnaient à Dieu d’Ajali Sachdeva

Edition Albin Michel – 292 pages
Présentation de l’éditeur:
Mêlant passé, présent et avenir, Anjali Sachdeva signe un premier recueil magnétique et délicieusement inventif qui plonge le lecteur entre effroi et émerveillement. S’y côtoient une femme, au temps de la conquête de l’Ouest, qui attend son mari dans une maison perdue au milieu des Grandes Plaines et finit par trouver refuge dans une grotte secrète ; deux jeunes Nigérianes kidnappées par Boko Haram se découvrant le mystérieux pouvoir d’hypnotiser les hommes ; ou encore un pêcheur embarqué sur un morutier qui tombe éperdument amoureux d’une sirène dont chaque apparition engendre une pêche miraculeuse…
La prose étrange et magnifique d’Anjali Sachdeva embrasse le connu et l’inconnu avec une grâce et une puissance rares. Chacune de ses nouvelles interroge les forces implacables, cruelles ou bienveillantes, qui nous gouvernent, et donnent au lecteur la sensation de marcher sur un fil. Une révélation.
Merci aux éditions Albin Michel pour leur confiance.
Mon avis :
Il n’est pas facile de chroniquer un recueil de nouvelles, genre hélas sous-estimé en France, sans tomber dans les clichés. Vais-je les éviter ? J’essaierai en tout cas !
Dans ce premier recueil, Anjali Sachdeva nous emmène dans des univers différents, des univers qui ne sont pas forcément les miens, et parvient à faire se côtoyer la science-fiction, le policier ou le roman historique – s’il faut voir un lien entre les nouvelles, je vois d’abord une progression chronologique. Je vois aussi l’émotion que peuvent nous procurer les personnages. Je m’attarderai ainsi sur la première héroïne, Sadie. Albinos, elle ne supporte pas la lumière du jour, et effraie ceux qui la croisent – ne pas aller plus loin que ce que la superstition ou la crédulité leur dicte. Elle est pourtant mariée, depuis peu, et attend le retour de son mari, parti chercher fortune ailleurs. Elle est seule, inexorablement mais elle explorera une grotte, qu’elle a découverte, seule, toujours. Son destin, son courage, sa dignité aussi, sont poignants.
Jusqu’où peut-on aller par amour ? Très loin. C’est ce que fait Henrick van Jorgen, l’un des personnages principaux de « Poumons de verre » pour sa fille. Danois émigré à New York, il est resté handicapé après un accident du travail, comme nous dirions de nos jours. Mais nous ne sommes pas de nos jours, nous sommes et c’est avec courage qu’il prendra soin de sa fille, qu’elle prendra soin de lui, et qu’au bout du compte, ils se retrouveront en Egypte, à la recherche d’un tombeau.
Jusqu’où peut-on aller pour survivre ? Oui, les deux héroïnes de « Tous les noms qu’ils donnaient à Dieu » se vengent, elles se vengent de ceux qui les ont enlevées, violées, torturées, mariées de force. C’est une vengeance extra-ordinaire, une vengeance qui les fait aussi, non pas retourner dans leur vie d’avant, elles savent que c’est impossible, mais de renouer avec elle, peu à peu, sans être constamment dans la crainte.
J’ai trouvé presque drôle, en comparaison, l’aventure de Robert dans « Logging Lake ». Il a rompu avec Linda, sa compagne de longue date, il a rencontré une autre femme, Terri, et voici que lui, le sportif du dimanche (et encore) se retrouve à partir en randonnée. il vivra des péripéties parfois cocasses, parfois tragiques, et restera avec une énigme non résolue, et une vie remise dans… le droit chemin ? Peut-être.
Autre nouvelle qui se teinte de policier, « Tout ce que vous désirez » est l’histoire d’une jeune femme prisonnière de son milieu aisé, prisonnière de son père, et qui tend à s’émanciper, tout en cherchant à obtenir l’homme qu’elle désire. Au lecteur de voir jusqu’à quel point elle suit les préceptes de son père, et à quel point elle peut s’en désolidariser.
En écrivant cet article, j’ai déjà l’impression de beaucoup trop en dévoiler, et de risquer de gâcher le plaisir de lectures, si je parlais trop par exemple de « Robert Greenman et la Sirène »  ou de « Tueur de rois » qui sont deux nouvelles teintées de fantastique. Cependant, si vous aimez la science-fiction, les nouvelles « Manus » ou « Les Pléiades » devraient vous interpeler, vous questionner, sur ce que l’être humain est prêt à accepter, ou sur ce que l’être humain est capable de tenter. Pour le meilleur ? Parfois oui. Il est des personnes qui sont capables d’aller très loin pour faire (enfin) réagir les autres.
Un superbe recueil.

Ceci est mon coeur

Présentation de l’éditeur :

Le maitre de cérémonie d’Hervé Mestron

Présentation de l’éditeur :

Ziz, le Gandhi de la Kalach, débute en bas de l’échelle aux pompes funèbres Santini. Il se hisse rapidement au poste convoité de maître de cérémonie. Là où ça se passe. Là où, d’un regard compatissant, il peut remonter le moral des pleureuses. Aux côtés de Nadège qui cajole ses ambitions, notre Rastignac veut aller encore plus haut mais se fait renvoyer de son job. Ziz a la rage et décide de se perfectionner au stand de tir.
Ca va faire mal.

Merci aux éditions Atelier In8 pour l’envoi de ce livre.

Mon avis :

Ziz est de retour, voici le troisième volet de ses aventures. Cela fait toujours plaisir de voir quelqu’un qui a eu un parcours si complexe, qui a tant trébuché dans son chemin de vie réussir à se réinsérer dans la société. Certes, le travail qu’il effectue n’est pas le travail le plus convoité de tous, puisqu’il travaille dans les pompes funèbres. Pourtant, tel un Rastignac du XXIe siècle, Ziz est près à tous les efforts, tous les sacrifices pour gravir peu à peu les échelons de l’entreprise. Il ne ménage pas sa peine.

Ecrit ainsi, cela semble presque idyllique, non ? Bien sûr, il n’en est rien. Nous découvrons tout le récit à travers les yeux de Ziz, et quand il se confronte aux regards des autres, cela pourrait presque faire mal à son égo. Presque. Ziz en a vu d’autres, Ziz sait réellement ce qu’il veut, il sait aussi se retourner quand il est remercié, trouver un autre travail si besoin, travail dont je me demande toujours quelle filière il faut suivre pour y parvenir (non, je ne dirai pas lequel), un travail pour lequel les clients, étonnamment, ne manque pas, teintant encore plus en noir le récit que nous avons entre les mains. Ce travail n’est pas sans engendrer une certaine lassitude, comme tous les métiers, et Ziz craint de perdre la main. Oui, la vie est dure quand on sort du rang. Mais ses efforts le font à nouveau remarqué par monsieur Santini, oui, celui-là même qui l’avait remercié. Il est des petites entreprises qui ne connaissent jamais la crise.

Noir, cynique, drôle, le maître de cérémonie nous amène à nous interroger sur notre société, sur notre rapport à la mort et à la vie, sur le fait que, pour certains, la fin de vie est déjà une mort vécue, sur le fait, aussi, parce que les deux interprétations sont possibles, ce qui fait la richesse du récit, que certains humains ne sont plus, pour leur entourage, que des objets encombrants dont on peut se débarrasser facilement. Il nous interroge, et c’est le propre d’un livre intéressant de nous interroger, sur les casseroles que l’on traine avec soi, comment faire avec – ou s’en débarrasser.

Le livre mesure 80 pages, ce n’est pas un fait essentiel, ce qui l’est c’est sa force, et l’impact qu’il peut avoir sur nous, lecteurs.

Scarlett et Novak d’Alain Damasio

édition Rageot –

Présentation de l’éditeur :

Novak court. Il est poursuivi et fuit pour sauver sa peau. Heureusement, il a Scarlett avec lui. Scarlett, l’intelligence artificielle de son brightphone. Celle qui connaît toute sa vie, tous ses secrets, qui le guide dans la ville, collecte chaque donnée, chaque information qui le concerne. Celle qui répond autant à ses demandes qu’aux battements de son cœur. Scarlett seule peut le mettre en sécurité. A moins que… Et si c’était elle, précisément, que pourchassaient ses deux assaillants ?

Merci aux éditions Rageot et à Netgalley pour leur confiance.

Mon avis :

« J’ai toute ma vie dans mon téléphone ». Combien de fois ai-je entendu cette phrase ? Souvent. Pour ma part, dans mon téléphone il y a… peu de choses. Et si jamais il était volé, ce serait ennuyeux parce que mon portable m’accompagne depuis presque sept ans maintenant, mais celui qui le volerait ne saurait pas grand chose de moi, mis à part mon répertoire téléphonique, et dans le dossier « téléchargement », la liste des attestations de sortie que je n’ai pas pris la peine d’effacer.

Novak ne peut pas vivre sans son brightphone, et surtout, sans Scarlett, l’intelligence artificielle de son brightphone. Il a des « potes de course », il a « un ami chômeur », ceux-ci restent totalement dépersonnalisés. Il parle aussi de temps en temps avec sa concierge croate – mais pour cela, il se sert du logicielle de traduction de son brightphone. Pratique. Bref, Novak semble tragiquement seul puisque, dans sa course pour se sauver, il fait encore appel à une application pour le tirer de là.

Ce qui est inquiétant dans ce récit n’est pas la course poursuite folle de Novak à travers la ville. Ce qui est inquiétant est le fait qu’il ne peut quasiment plus vivre sans son brightphone. Alors oui, l’on peut ironiser à l’envie sur cette génération qui ne fait plus l’effort de mémoriser puisque les informations peuvent être trouvées sur internet, et oubliées aussitôt, puisqu’elles peuvent être retrouvées (le savoir ne servirait plus à rien, dit-on), qui ne fait plus l’effort de regarder autour d’elle, sauf à travers l’écran de son portable. Oui, le récit est perturbant, à cause de ce qui arrive à Novak. Il est surtout perturbant parce que cette société qui est décrite dans la nouvelle est quasiment la nôtre, et risque de la devenir si nous n’y prenons pas garde. Ce n’est pas seulement une invitation à regarder à nouveau autour de nous, à faire confiance aux autres, c’est une invitation à être vigilent à ce qui se passe dans notre société.

La maison de la falaise de Marcel Priollet

édition Oxymoron – 57 pages

Présentation de l’éditeur :

L’été, sur les plages normandes, la jeunesse est confrontée aux premiers émois. Mais Marcel Langevin, lui, n’a plus la tête aux filles de son âge. Il est hanté par une terrible et dramatique histoire s’étant déroulée dans une villa abandonnée qu’il a découverte, un jour, en se promenant au bord de la falaise. Trente ans auparavant, la femme d’un vieil Anglais a été retrouvée morte après y avoir vécu quasiment séquestrée à cause de la jalousie excessive de son mari. Marcel ne cesse, depuis, de penser à cette malheureuse. Il sent grandir en lui un sentiment profond. Il doit se rendre dans la demeure afin d’en connaître plus sur elle… Aussi, quand Marcel ne donne plus signe de vie à ses amis, ceux-ci sont persuadés que cette disparition est liée à la maison de la falaise… M. Langevin, apprenant que le célèbre détective Sébastien RENARD réside dans le même hôtel que lui, décide de faire appel à ses services…

Mon avis :

Je n’ai qu’un mot à dire : vous pouvez passer votre chemin sans problème. On me répondra peut-être que cela ne se fait pas d’être si brève. Si, si, je vais développer, mais je préfère avertir tout de suite : ce n’est pas la meilleure nouvelle policière qui m’ait été donnée de lire.
Le détective Sébastien Renard a fait ses débuts dans Cinq hommes tatoués qui n’était pas nécessairement une nouvelle inoubliable non plus. Là, c’est pire : le format court n’a pas permis à l’auteur, du moins, c’est ce que je pense, de déployer totalement cette intrigue policière.
Elle commençait comme un grand classique : le détective est en vacances. Surtout, il tient à y rester, et ne veut absolument pas s’occuper de l’étrange affaire qui lui « tombe » dessus. Non, pas question. Et tant pis pour les conséquences : il y aura mort d’homme. Pardon de l’expression, mais pour un brillant détective « cela la fout mal ». Imagine-t-on Hercule Poirot ou Sherlock Holmes ne pas lever le petit doigt pour empêcher un meurtre de survenir ? Non, bien sûr, l’un comme l’autre aurait tout tenté pour l’empêcher Lisez les vacances d’Hercule Poirot en cas de doute ! Quant à Sherlock, il ne supporte guère l’inactivité.
Alors, oui, l’on a des ingrédients intéressants. Il aurait simplement fallu que quelqu’un pense à les cuisiner pour faire une recette présentable. Il ne suffit pas d’aligner une maison soi-disant hantée, une jeune femme séquestrée puis décédée trente ans plus tôt, l’apparition d’une fantôme, et deux morts mystérieuses, qui trouveront une explication bien prosaïque pour faire une nouvelle policière prenante.

L’article 637 de Jules Lermina

Présentation de l’éditeur :

Le célèbre détective Maurice PARENT et son fidèle partenaire sont invités au repas de Noël chez Madame Liévin et ses deux filles, en compagnie de Monsieur Marion, un proche ami de la famille. La date de cette réception est curieusement choisie puisqu’elle coïncide avec le dixième anniversaire de l’assassinat de Monsieur Liévin.

Mon avis :

C’est un texte très court que celui-ci – vingt-cinq pages. Pourtant, je l’ai apprécié, parce qu’il va droit à l’essentiel. C’est le soir de Noël, et voici dix ans que le mari de  madame Liévin a été assassiné, dix ans que l’on ne sait pas qui l’a tué, ni même comment il a été tué. Détail sanglant et sordide : on n’a retrouvé de lui qu’une jambe, sciée au niveau du genou. Or, l’heure de la prescription a sonné, c’est ce que dit l’article 637 : même si le tueur faisait des révélations fracassantes, il serait impossible de l’assigner en justice. Oui, la prescription faisait déjà parler d’elle à cette époque, alors que cette nouvelle a été écrite voici plus de cent ans.
En peu de pages, nous saurons tout, sans aucun détail superflu. Nous saurons aussi qu’il faut bien être attentif au moindre détail – lire l’article 637 jusqu’au bout aurait pu être utile à certain.

Le chanoine rouge de Luc Valmont

édition Oxymoron – 56 pages

Présentation de l’éditeur :

Alain Barrois, le Roi des Détectives, en vacances près de Sens, est sollicité par son ami le maire de Crécy-les-Saules pour enquêter sur la disparition d’un jeune homme. Tout le village semble penser que celui-ci a été enlevé et probablement tué par le Chanoine Rouge, le fantôme d’un ecclésiastique assassiné pendant la Révolution de 1793 qui hante le château fort voisin. Une vieille légende prétend que l’esprit rôde, la nuit, accompagné de feux follets, afin de protéger un trésor enfoui quelque part… Alain Barrois, intrigué, va fureter autour de la fortification sans se douter une seconde des dangers qui l’attendent..

Mon avis :

Si, comme moi, à la suite d’insomnies particulièrement longues, vous avez regardé à la télévision une succession d’épisodes de séries télévisées françaises, vous pouvez constater les incohérences scénaristiques contenues dans un épisode – alors, quand on en enchaîne plusieurs, c’est un festival. Vous préférerez alors vous rabattre sur un ebook de « littérature populaire » parce que, même si le format est court, c’était une obligation, l’auteur a réussi à développer une intrigue cohérente, une de ses intrigues qui font dire lors du dénouement « bon sang, mais c’est bien sûr ! »
Oui, le récit reste classique, mais ce n’est pas si grave que cela. Notre cher détective est en vacances à Crécy-les-Saules (les détectives choisissent des lieux de villégiature peu prisés du commun des mortels) et se retrouve à enquêter, parce qu’un jeune homme a disparu. Comme si cela ne suffisait pas, un crime est commis.
Notre cher détective ne croit pas du tout aux fantômes. Par contre, il croit dur comme fer aux personnes qui peuvent se servir des croyances d’autrui pour atteindre leurs objectifs. Il se méfie aussi des personnes qui adorent colporter des rumeurs, comme ça, mine de rien, oh, juste pour aider le détective. Il tient aussi à passer de bonnes vacances, et mine de rien, il y parviendra.

Le Vent et le lion de James McBride

Présentation de l’éditeur :

Un vendeur de jouets émerveillé face au plus précieux jouet du monde dont l’existence n’était jusqu’ici qu’un mythe ; une bande de gamins dont la musique transforme le quotidien d’un ghetto noir en Pennsylvanie ; un conte de la guerre de Sécession avec un Abraham Lincoln aux allures de Père Noël ; un zoo avec des animaux qui parlent et se moquent des humains, si maladroits… Ces miniatures ont en commun la part de magie qui peut surgir à tout moment de notre existence. Lumineuse et imprévisible, la vie bouillonne et prend toujours le dessus, surtout si l’on tend la main aux autres.

Mon avis : 

J’ai lu ce recueil de nouvelles dans le cadre du challenge Livra’deux pour Pal-addict, et si Julie27 ne l’avait pas proposé, il serait peut-être resté encore longtemps dans ma PAL.

Ce recueil est composé de plusieurs nouvelles, la plupart très longue (de trente à quatre-vingt pages) autant dire que le lecteur a le temps de s’imprégner de l’ambiance, de sympathiser avec les personnages, qui, si les thèmes des nouvelles sont différents, sont tous d’une grande richesse.

Je ne vous les présenterai pas dans l’ordre, non, je commencerai par « Papa Abe », une nouvelle qui se situe au milieu du recueil, assez courte, et qui apparaît presque comme un conte. Nous sommes en Virginie, pendant la guerre de Sécession finissante, des soldats creusent, déblaient, et leur seule distraction est le passage de dix-huit orphelins noirs pris en charge par une religieuse. Parmi eux, le petit Abe Lincoln, prénommé ainsi par on ne sait qui, cinq ans, qui peut facilement croire tout ce que les soldats lui disent, notamment que son papa s’appelle aussi Abe Lincoln et qu’il viendra demain le chercher. Cela semblerait presque anodin, sauf que la guerre de Sécession n’est pas finie, et qu’en Virginie, ces petits orphelins noirs peuvent apparaître comme autant d’esclaves en fuite : il est toujours bon de ramener le lecteur à la réalité de cette époque. Et si cette nouvelle est presque un conte, c’est parce qu’il peut se trouver quelqu’un pour prendre en charge cet enfant, tel un cow-boy solitaire d’un nouveau genre.

« Le banc des jérémiades » qui lui fait suite contient quant à lui une bonne dose d’humour noir et de fantastique. Figure extraordinaire et charismatique que celle du boxeur Rachman, qui ne doute jamais de lui – même quand il se retrouve ni plus ni moins que dans l’anti-chambre des enfers et provoque le gardien du lieu en un combat singulier. Son énergie irriguera littéralement tout le texte. Et non, je n’y chercherai pas une morale religieuse, plutôt le fait qu’il faut croire en soi, croire en autrui aussi, et ne pas hésiter à s’unir, même si l’adversaire paraît plus grand que vous.

« Le Five-Carat Soul Bottom Bone Band » est ma nouvelle coup de coeur. En quatre parties, elle nous fait découvrir ce quartier paumé d’une ville de Pennsylvanie, quartier dans lequel les habitants n’ont souvent pas l’électricité chez eux – parce que la dernière facture n’a pas été payée, l’avant-dernière non plus – où l’avenir n’est pas vraiment envisagé non plus. La figure pas si charismatique que cela du pasteur émerge – cependant, il sait être là quand il le faut, au tribunal quand il tente d’éviter la peine de mort à un jeune du quartier. Il sait aussi utiliser un discours bien rôdé sur les jeunes noirs qui se font tuer – et le narrateur de jeter un regard ironique sur la manière dont il prend la défense de ce « jeune », qui n’avait rien fait de bon dans sa vie, alors que le pasteur n’a pas pris la défense d’autres membres de la communauté victime de violences policières ou de violences conjugales. Le seul personnage véritablement sincère, le seul qui assurera au jeune homme un enterrement décent est le commerçant qui l’a tué, alors qu’il était en train de se faire cambrioler. Oui, James McBride lance un regard dépourvu d’angélisme sur sa communauté.

De même, « Monsieur P et le vent », la dernière nouvelle du recueil comporte cinq parties, et l’auteur nous en explique la genèse à la fin – et nous explique aussi pourquoi il n’a pas le temps de détailler chacune de ses sources d’inspiration. Il s’agit de la vie quotidienne, mais aussi la vie nocturne, secrète, des habitants malgré eux de ce zoo. Ne l’oublions pas, les lions, les singes et autres zèbres n’ont rien à y faire, quoi qu’en disent certains hommes politiques. Aussi, le dénouement, qui choquera certains, est pour moi le plus beau qui soit.

Je termine par la nouvelle qui ouvre ce recueil, « Un train nommé « Under Graham Railroad » et nous parle d’un train magnifique, un train offert à un enfant, Graham Lee, fils du général confédéré Robert E. Lee qui mourra avant d’avoir pu s’en servir, et depuis, ce train est devenu une légende pour les collectionneurs. Après la mort subite de Graham, peu après le départ à la guerre de son père, le train et une esclave ont disparu tous les deux. Le narrateur est justement un acheteur/négociateur, et, en trouvant ce train, il réalise le rêve de sa vie, et peut-être pas seulement le sien.

Parlez-vous polar ? (collectif)

Présentation de l’éditeur :

Plongez dans l’ambiance polar !
Découvrez le style des différents auteurs des Editions du Palémon à travers leurs nouvelles.
Testez vos connaissances grâce aux quizz dédiés à cette thématique…

Mon avis :

J’ai reçu ce recueil en cadeau, voici quelques années, au salon du livre de Paris (disons que j’avais acquis quelques livres des éditions Palémon et que je n’ai pas perdu cette habitude depuis). Ce recueil comporte les nouvelles de huit auteurs, certains que je connaissais déjà, d’autres que je découvre grâce à ce recueil.

Que dire ? J’ai aimé retrouver la plume de Cicéron Angledroit. J’ai aimé le texte, fantastique, onirique de Gérard Chevalier, aussi à l’aise dans ce registre que dans l’humour. J’ai découvert Hervé Huguen et je dois dire que sa nouvelle m’a intéressé au point que, depuis, j’ai acquis deux romans de cet auteur, et que je compte les lire prochainement. Une histoire apparemment simple, un homme meurt en tentant de fuir la police… alors que la police ne le pourchassait pas, et n’avait aucune idée de la raison qui l’avait poussé à fuir. L’action se passe au Havre, ville que j’ai découverte l’an dernier et que j’ai appris à apprécier : au cours d’une enquête serrée, l’on remonte le fils de plusieurs destins qui se sont entrecroisés pour le pire (pas de meilleur à venir). Point commun entre les textes d’Hugo Buan et d’Anne-Solenn Kerbrat ? L’humour noir peut teinter les récits policiers à l’infini !