Archive | juin 2017

Journal d’un vampire, tome 2 de L.J. Smith

Présentation de l’éditeur :

Elena s’est métamorphosée en une créature de la nuit sanguinaire et incontrôlable. Tiraillée entre les frères vampires, plus que jamais ennemis, elle doit aussi affronter un terrifiant adversaire, dont la menace se fait chaque jour plus vive. Tapi dans l’ombre, celui-ci n’attend qu’une chose: déchaîner contre Elena sa furie bestiale… et la vider de son sang ! Stefan et Damon n’ont pas le choix. Ils vont devoir s’allier pour empêcher que la femme qu’ils aiment leur soit de nouveau arrachée. Et il va falloir agir vite! Car la force maléfique prépare un spectacle apocalyptique où, c’est sûr, personne ne sera épargné…

Mon avis : 

Si vous êtes fan de la série de romans (et non de la série tout court), merci de passer votre chemin, mon avis ne va pas vous plaire du tout. Par contre, si vous aimez les avis très subjectifs, vous êtes au bon endroit.

Déjà, un regrêt : lors de la première édition, les livres étaient scindés en deux tomes distincts, ce qui les rendraient bien plus faciles à chroniquer, tant le coup de théâtre qui surgit au beau milieu du tome modifie l’intrigue.

Certes, nous avons déjà un coup de théâtre au début du livre, à croire que cette saga ne fonctionne qu’ainsi : Elena est revenue du royaume des morts, elle est une vampire et elle en pince pour Damon. Note : elle a raison. Même si Stefan, après la « mort » de sa bien-aimée, a lâché prise et s’est livré à ses pires pulsions. Chassez le naturel vampirique, il revient au galop.

A côté du binôme vampirique masculine, nous avons un binôme humain féminin, Meredith et Bonnie. La première fait irrésistiblement penser, par sa capacité à ne faillir en aucune circonstance, à une autre Meredith – à croire que si l’on feuilletait un dictionnaire des prénoms américains, on trouverait cette qualité dans leur portrait. Bonnie, en dépit de ses dons surnaturelles, est plutôt la copine à laquelle on peut s’identifier. Avoir un esprit qui communique par son truchement n’est pas vraiment sa tasse de thé, non plus que d’affronter des forces obscures. Maintenant, il faut bien que quelqu’un s’y colle, et les habitants de cette ville semblent bien démunis, même s’ils ont fait appel à un spécialiste. Je peux bien vous le nommer, il s’agit d’Alaric. Il s’y connaît en vampire, lui qui a hébergé Damon – cela s’appelle avoir du flair – et logera Elena quatre jours à l’insu de son plein gré. Autant dire qu’il n’est pas le plus doué le moment venu et que l’issue viendra … d’une personne à laquelle on ne s’attendait pas. Ce qu’une femme a défait, une autre peut le renouer – maxime à méditer pendant la seconde partie du livre.

Ici, c’est clairement Bonnie qui a la vedette, elle qui tient à son tour un journal depuis la fin de la première partie. Les forces obscures n’ont pas dit leur dernier mot, et les agressions reprennent, avec des habitants toujours prompts à oublier les faits surnaturels survenus auparavant. Bonnie devra se servir du journal d’une des fondatrices de la ville pour affronter une nouvelle créature obscure. Enfin, quand je dis « nouvelle », elle était déjà là depuis le premier tome, il fallait simplement qu’elle soit révélée. Est-ce une surprise ? Pas vraiment. Il est rare de voir un personnage complètement antipathique basculer du côté lumineux de la force.

Quant au dénouement, il est sympathique. Pas vraiment le qualificatif qui rime avec vampire. Le bien et la morale triomphent presque entièrement. Trop chou, vous dis-je. Journal d’un vampire, tome 2 – ou le roman vampirique garanti peu sanglant.

Les aventures des petites chipies de Romoreau

Mon avis:

J’avais cinq ans quand je lisais ces livres – et croyez-moi, en 1983, trouver des livres qui sortent de l’ordinaire quand on vit à Pétaouchnok tenait du prodige (et en a tenu encore longtemps).
Qui sont-elles, ces petites chipies, terme à prendre au sens affectueux bien entendu ? Elles sont cinq, que nous découvrons dès la première planche : Brigitte, Zézette, Laurence, Véronique et Corinne. Ces deux dernières sont les moins fréquemment représentées, les deux vedettes, à mes yeux, sont véritablement Brigitte et Zézette, Laurence, celle qui a les cheveux attachés et porte des pantalons, représente finalement la médiane entre deux binômes.
Nous sommes dans un univers très différent de celui d’aujourd’hui, et j’aimerai le faire découvrir à nos jeunes ados. Les filles portent des robes, cousent avec plus ou moins de bonheur, cuisinent, gardent leur petit frère, leur petit cousin, s’entraînent à la gym – Nadia Comaneci est l’idole de toute une génération. Elles vont parfois à la bibliothèque – mais préfèrent les BD. Elles vivent en ville, certes, mais la campagne n’est pas très loin.
Les couleurs sont tendres, le graphisme est doux. Aucune bêtise n’est véritablement grave, il ne s’agit jamais de mal faire – simplement, de montrer que l’entente entre camarade de classe n’est pas toujours facile. Et si l’on choisit ses amies, on ne choisit pas ses cousins fans de promenade à la campagne, on n’a pas toujours envie de partager, ce qui ne fait pas d’elles des monstres d’égoïsme, mais des enfants ordinaires.
A relire, à découvrir et à partager.

L’or des fous de Rob Schultheis

Présentation de l’éditeur :

En 1973, Rob Schultheis retire ses maigres économies de la banque et prend la route de l’Ouest au volant de son minibus Volkswagen. Il débarque à Telluride, dans le Colorado. À l’époque, Telluride n’est qu’une petite ville minière coupée du monde, où vivent quelques familles isolées et où rôdent encore loups et grizzlys ; le genre d’endroit où l’on vous passe à tabac si vos cheveux sont trop longs. Trente ans plus tard, elle est devenue une destination de villégiature pour les riches skieurs du monde entier. Le rêve américain s’exprime ici dans toute sa folie, du médecin local qui chasse les ovnis à bord de son Cessna à la magie sinistre des fantômes qui peuplent le désert indien. Avec un style tout aussi indomptable que son sujet, L’Or des fous entraîne le lecteur à travers un voyage inoubliable et lui fait entrevoir le visage changeant et méconnu de l’Ouest américain.

Mon avis :

Presque six mois que je n’avais pas chroniqué un roman des éditions Gallmeister ! Je n’avais pourtant pas arrêté d’en lire, il me fallait simplement passer le cap de l’écrit.
Folie est vraiment le terme qui convient pour décrire ce livre et les chapitres qui les composent. Et s’il faut parler de réaliste et d’autobiographie, et bien cette écriture pourrait vraiment être le témoignage des deux, sans oublier la lucidité face à ce qu’est devenu ce petit coin du Colorado.
Inclassable ? Aussi. Parce que ce livre nous parle autant du passé que du présent. Il m’a fait penser aussi aux oeuvres d’Edward Abbey – ceux qui aiment l’un doivent nécessairement connaître les textes de l’autre.
Je terminerai par une spéciale dédicace pour les castors – qui ne se reconnaîtront pas.

La famille Souris dîne au clair de lune

Mon avis : 

Cet album est magnifique du point de vue des couleurs. Nous partons de tons jaune/vert pour tendre vers le bleu nuit profond en passant par le rose. Entre les deux, une famille de Souris qui monte jusqu’au sommet de l’arbre où ils habitent et contemplent les prés, la ville, tout en pique-niquant.
Il est toujours agréable de voir cette famille unie qui sort des sentiers battus, renouvelant un moment important de la journée, en se jouant également des contraintes. Oui, l’on peut dîner et dormir autrement, il est possible de vivre en famille autrement et de faire cohabiter trois générations ensemble, avec des parents et des grands-parents qui remplissent leur rôle, avec une fratrie bien éveillée. D’autres animaux peuplent également cet album, de la grenouille à la chouette, que nous découvrons au milieu de cette nature dense.
Un magnifique album à partager en famille.

Un corse à Lille d’Elena Piacentini

Présentation de l’éditeur :

Pierre-Arsène Léoni vient d’intégrer la P.J. de Lille, après s’être forgé une réputation de dur à cuire à Marseille. A peine est-il installé qu’une drôle d’affaire se présente : Stanislas Bailleul, chef d’entreprise, a été retrouvé mort dans son bureau après avoir disparu pendant une dizaine de jours. Le tueur a tracé une croix sur le torse de sa victime et dessiné un sourire au marqueur rouge. Cette mise en scène laisse le commandant et ses adjoints perplexes. Stanislas Bailleul ne semblait pas très apprécié de ses employés. Mais quand d’autres chefs d’entreprises sont enlevés, torturés et assassinés, Léoni s’interroge : rackets, crimes mystiques ou règlements de compte ?

Merci à Babelio et aux éditions Au-delà du raisonnable pour ce partenariat

Mon avis : 

De nos jours, la thématique de ce livre fait irrésistiblement penser à un film bien connu, qui est sorti la même année que la première édition de ce roman, si ce n’est que Pierre-Arsène est volontairement (ou presque) venu à Lille. Nous sommes dans un roman policier, qu’on se le dise, et le nouveau n’a pas vraiment le temps de prendre délicatement ses marques : deux meurtres ont eu lieu, et ce n’est qu’un début.
Deux meurtres, qui a aucun moment ne sont hiérarchisés : une prostituée, un entrepreneur aisé, la même énergie sera dépensée pour trouver qui les a tués. Peu importe que ce dernier soit profondément antipathique et que la liste de ses ennemis est presque infinie. Comme le dit Léonie : Madame, la sympathie n’a rien à voir avec mes enquêtes. Je fais toujours ce que je dois.
L’enquête est vraiment menée en équipe. Chacun accomplit les tâches qui lui sont assignés, et parfois elles l’amène à découvrir d’étranges coïncidences. Non, ne croyez pas que les deux affaires sont liées, simplement le monde est vraiment petit, le prix à payer pour (sur)vivre est parfois très lourd.
Et je ne vous ai pas présenté l’équipe ! Ce premier tome est l’occasion de faire connaissance avec ces membres, fortement caractérisés, parfois même un peu trop, comme s’ils incarnaient des stéréotypes. Je pense notamment à la fille de bonne famille entrée à l’école de police, ou au fils de prostituée avec lequel elle fait équipe, sans oublier l’ancien soldat au grand coeur. Mais le personnage le plus intéressant de tous est mémé Angèle, la grand-mère de Pierre-Arsène, qui a accompagné son petit-fils de la Corse jusqu’à Lille.
Les chapitres sont courts, mais ils contiennent une vraie unité narrative – les coupes ne sont pas arbitraires, histoire de maintenir le lecteur en alerte, elles insufflent un vrai rythme à l’action. Pas de redites inutiles non plus : les résumés, les ellipses, les retours en arrière ne sont pas interdits dans les romans policiers.
Un corse à Lille, un roman qui donne envie de lire tous les suivants de la série.

La mammouth académie de Neal Layton

Présentation de l’éditeur :

Assurément, les humains sont les êtres les plus dangereux de la Terre, continua le professeur Ivoire. Un nouveau frémissement parcourut la classe. Dès son entrée à la célèbre école, la Mammouth Académie, Oscar le mammouth laineux entendit parler de ces êtres horribles ; – et sans poils ! – qu’on appelle des humains. Ce qu’il ne savait pas, c’est qu’il les rencontrerait si vite, et que leur plat favori était justement… le mammouth rôti !!

Mon avis : 

Si vous êtes un mammouth laineux, un lapin, un tigre ou un ours des cavernes, alors cette académie est faite pour vous. Si vous êtes un rat, aussi, je vous rassure. Par contre, si vous êtes un humain, ce sera un peu compliqué. Pour une raison simple : les humains ont fait du mammouth laineux leur aliment de base (avec, ilfaut le dire, une manière très basique de le cuisiner).

On ne s’ennuie pas, à la mammouth académie. Oscar, qui, contrairement à Arabella, n’avait aucune envie de s’y inscrire, mais il n’a pas regretté bien longtemps, lui qui s’est fait des amis, comme Renardeau, et qui a eu l’occasion de tester ses inventions (ceux qui les ont testés ne lui disent pas forcément merci). Il a aussi l’occasion de tester l’infirmerie – pratique quand on a la trompe bouchée et que vos amis vous apportent pleins de feuille pour vous moucher – et ses capacités d’accueil : je vous laisse deviner qui a contaminé tous ses amis.

Le livre est facile à lire, les illustrations sont drôles et réussies, et l’on s’attache à Oscar, qui n’aime pas l’école mais n’est pas non plus un empêcheur de faire cours. Il devra aussi se livrer à une enquête, lui qui est le seul à « voir » certaines choses. Oscar, futur détective ? En tout cas, grâce à lui, le régime de l’académie sera rétabli – et tout le monde comprendra mieux pourquoi il est essentiel de respecter certaines interdictions !

 

Hercule,chat policier, tome 1 de Christian Grenier

Présentation de l’éditeur :

Madame Bodin, la voisine des jumelles Albane et Joyeuse a été cambriolée. Il n’y a aucune trace d’infraction hormis une chatière démontée sur une terrasse. Le chat Hercule suppose que le voleur est passé par les toits et mène l’enquête.

Mon avis :

Voici le premier tome des aventures d’Hercule (comme Hercule Poirot ?) un charmant chat d’appartement que ses propriétaires tiennent à garder en sécurité dans l’appartement. Aussi doit-il ruser pour sortir : il n’a pas la chance d’avoir, comme ses voisines les trois siamoises, une chatière à disposition, qui ne s’ouvre qu’avec la puce électronique contenue dans leur collier. On n’arrête pas le progrès.

Et justement, c’est à cause d’une chatière démontée qu’un cambrioleur a pu s’introduire dans l’appartement de madame Bodin, et c’est toujours à cause de cette chatière que les assurances renâclent à indemniser la victime, qui aurait dû prendre plus de précautions pour protéger ses biens. Autant dire que le sang d’Hercule ne fait qu’un tour, surtout qu’il partage le quotidien de Joyeuse et Albane, jumelles, filles d’un couple de policiers, Logicielle et…. Non, je ne révélerai toujours pas le nom de son conjoint, je dirai simplement qu’il fume parfois sur le balcon, ce qui permet à Hercule de prendre l’air, et qu’il est prêt à effectuer des acrobaties pour récupérer Hercule en difficulté.

C’est à une enquête rondement menée et bien construite que nous assistons. Elle a tout pour plaire aux plus jeunes et pour les initier à un genre que j’apprécie particulièrement. Hercule, sa famille, et les autres habitants de l’immeuble sont particulièrement attachants. Bref, encore un livre réussi signé Christian Grenier.